Covid-19 : Nombre de décès dus à la première et à la deuxième vague

On montre souvent des nombres de cas, il s’agit ici de décès attribués à la Covid-19. J’ai rangé les pays selon leur atteinte jusqu’ici : le chiffre après le nom du pays est celui du nombre de morts par million d’habitants. L’échelle varie bien entendu selon les pays. Des pays de populations comparables n’ont cependant pas la même échelle : elle est établie selon le plus haut pic de décès journaliers. La France a ainsi eu des pics journaliers  plus élevés (±1400) que l’Allemagne (±330).

Belgique (925)

Espagne (743)

États-Unis (694)

Royaume-Uni (658)

Italie (616)

France (530)

Pays-Bas (409)

Suisse (240)

Russie (178)

Allemagne (121)

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77 réflexions sur « Covid-19 : Nombre de décès dus à la première et à la deuxième vague »

      1. Bonjour a tous, je vais être un peu exigeant, mais existe-t-il les mêmes données mises à la même échelle avec ratio de nombres de morts par un même nombre d’habitants ?
        …/…
        Ça donnerait une lecture comparative assez simple.

        1
  1. A part la Russie sur ces graphes qui semble incohérente, et les USA accessoirement et dans une moindre mesure, pour les autres est-il question de deuxième vague ou d’un ressac ?

    Après si ça devient saisonnier et endémique, la répétition va être de mise, faudra adapter le système de santé et moduler les modes de vie, mais faudra en discuter, c’est aussi simple que cela. Petit message amical à ceux qui se pensent détenteur de la Vérité vraie, et qui en oublie des principes fondamentaux en société. Qui si ils disparaissent la pandémie passera pour un amusement question mortalité.

    Qui vivra verra.

    1. Un ‘ressac’ étant plutôt un courant de reflux, je préfère la ‘marée’. 😉
      Dont on ignore pour le moment le coef…

      1. Fin mars grosse pénurie seulement 5000 tests par jour en france , aujourd’hui 100 000 tests par jour , ces vagues doivent être modulées par le nombre de tests , comment pouvez vous passer à coté de ça ?

      2. Quand Trump a dit qu’on pouvait faire baisser le nombre de cas en diminuant le nombre de tests, sa porte-parole, qui justifie pourtant d’habitude toutes ses âneries, a expliqué qu’il y avait eu malentendu.

        Il y a sûrement des gens qui ont dit : « C’est pas en France qu’on entendrait ça, quand même ! » Et puis, c’est comme le ketchup et le hamburger… c’est quand même arrivé !

        Et nous, on n’a pas Trump, mais on a Seb et Alain Samoun…

        2
    2. Sur fond endémique de faible intensité (cet été par exemple) nous assistons maintenant à une résurgence saisonnière.
      Ce n’est donc pas la 2ème vague attendue après le déconfinement. Plutôt acte 2 comme disent certains à raison.
      Cela risque de devenir saisonnier. En espérant que les résurgences saisonnières soient de plus en plus faibles, car l’immunité collective se construit et le virus ne mute pas aussi rapidement que celui de la grippe.

      1. Pierre-Yves, ce n’est pas de la provocation. Juste une petite mise au point, une nuance apportée, en réponse à celles et ceux qui prévoyaient une deuxième vague (courbe épidémique en dos de chameau) dès le déconfinement, qui n’a pas eu lieu. Et ça ne change rien à la situation actuelle qui reste dramatique sur le plan sanitaire mais plus encore sur le plan économique. Et on peut parler de 2ème vague, cela me va très bien cependant.

  2. Curieux cycles hebdomadaires où l’on semble nettement moins décéder de la Covid-19 le dimanche et le lundi. A priori, phénomène administratif au niveau de l’enregistrement des décès ou de la collecte des données, avec report de certains décès vers les jours suivants, j’imagine.

    Grosse bizarrerie aussi au niveau des cas actifs de la Norvège, avec une courbe en aileron de requin ( https://www.worldometers.info/coronavirus/country/norway/ ). Changement de la définition locale de « cas actif » ?

    Au final, évolutions fort similaires d’un pays européen à l’autre, et des premières vagues n’ayant jamais vraiment refluer en Russie et aux États-Unis (ni au Brésil). On pourrait y voir une victoire pour ce qu’il reste de social-démocratie, mais ce serait oublier que la Chine, elle, semble ne connaître aucune seconde vague.

  3. Bonjour

    Tout est prêt:

    https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000042430554

    Décret n° 2020-1262 du 16 octobre 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l’épidémie de covid-19 dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire

    Toutes les dispositions mises en place durant la première vague se retrouvent dans le décret et applicables selon les besoins par le préfet et le monde hospitalier dans tous les domaines:

    – transport ( aérien , ferroviaire , terrestre , fluvial,..)
    – quarantaine et placement en isolement
    – établissements et activités ( entreprises, enseignement , cultes ,commerces , restaurations , sports, culture , loisirs, ..)
    – réquisitions ( lieux de quarantaine, personnels hospitaliers, établissements de santé et médico-social, stocks de médicaments..)
    – dispositions relatives aux soins funéraires et aux médicaments et tout particulièrement de l’utilisation du Rivotril pour la prise en charge palliative lors de la détresse respiratoire.
    – contrôle des prix ( gels, moyens de protections,..)
    -..

  4. Bonsoir,
    Que s’est il passé pour qu’il y est autant de décès dans les pays concernés par le tirage de PJ ?

  5. Que donneraient des graphiques de mortalité dûe
    -aux guerres pour du pétrole, du gaz
    -aux guerres pour de l’eau
    -aux guerres pour des ressources minières
    -à l’exploitation des enfants, des pauvres, des exploités
    Existe-t-il des xèmes vagues décrites pour ces morts ?
    Quelles échelles comparatives faudrait-il mettre en oeuvre pour que ces graphiques ne nous empêchent pas de dormir ?

    1
      1. Etcetcet

        Votre info sur le capitalisme me rappelle une phrase de Desproges il me semble :

        L’alcool tue, oui, mais combien sont nés grâce à lui !!

    1. Vous faites de mauvaises comparaisons, avec la covid c’est autre chose, ce sont des gens qui meurent sans que personne n’ait cherché à les assassiner pour faire du profit…

      1. En Etes-vous sûr ? Il y a beaucoup de profit à faire en Bourse, à condition d’être au courant et qu’il y ait des fluctuations.
        Lors de la première vague, il fallait vendre assez tôt (y compris à découvert !) et pour celà rassurer et ne pas prendre de mesures avant d’avoir vendu. Puis laisser le marché s’écrouler, au besoin en noircissant les perspectives économiques.
        En profiter pour apitoyer et amadouer les Banques centrales trop peu laxistes.
        Racheter à bas prix les actions dévaluées, voire les emplacements commerciaux de chaînes en faillite.
        Laisser le marché remonter et recommencer avec une deuxième vague.
        Et pour celà ne pas trop vite précipiter l’effondrement avant de s’être correctement positionné.
        Les industries du vaccin attendent des profits.
        Les milieux hospitalier et médicaux une revalorisation économique.
        Les chercheurs en virologie sur les coronavirus une reprise des financements en diminution.

      2. Ruiz vous psychotez ils font ça 3 a 4000 fois par secondes de nos jours…. Les grosses tendances mon petit doigt me dit que ça les emmerde plus qu’autre chose de nos jours (la volatilité ça implique de grosses réserves immobilisées longtemps pour encaisser de fortes variations sur de grosses sommes avec levier, ces gens là se rêvent liquides…). Même si ça fait quelques pigeons à plumer qui rentrent dans la ronde je crois qu’ils les préfèrent à payer religieusement leurs impôts pour rembourser « LA DETTE »… Mr Jorion nous dira si je me trompe car je suis mais alors très loin d’être sur de moi sur le sujet.

    2. « Que donneraient des graphiques de mortalité »

      Vous posez une bonne question.

      Pourriez vous envisager de créer ces graphiques ?

      Au moins s’agissant des guerres pour les ressources, les données même approximatives sont assez faciles à trouver : deux guerres du Golfe, surmortalité due aux embargos contre Irak et Iran, guerre du Congo à la fin des années 1990…

      1
  6. Voyage d’un réalisme d’intérêt général… MDP du jour , Caroline COQ-CHODORGE. Autant savoir..et faire savoir.

     »  »  » Marseille (Bouches-du-Rhône).
    – Comme au printemps dernier, le pouls du pays bat dans les services de réanimation. Et le battement s’affole : la France a compté, le 21 octobre, 41 593 contaminations dans une seule journée, 1 754 nouvelles hospitalisations, 284 nouvelles admissions en réanimation, 138 nouveaux décès. Tous ces chiffres sont croissants et dessinent une nouvelle vague épidémique.

    Les évacuations de malades du Covid-19 ont repris, des hôpitaux saturés d’Auvergne-Rhône-Alpes vers ceux de la Nouvelle-Aquitaine, moins surchargés. Seulement, à la différence du printemps, très peu de régions ne sont pas en tension.

    À l’hôpital de la Timone à Marseille, le plus grand de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, les services de réanimation poussent les murs. La réanimation polyvalente compte 20 lits en temps normal. La semaine dernière, elle a gagné 12 lits supplémentaires, puis encore 10 lits de plus depuis jeudi dernier. Et l’ouverture de 12 nouveaux lits de réanimation est prévue la semaine prochaine. Ce sont autant de « réanimations éphémères ».

    C’est, en réalité, à tous les étages du vaste bâtiment médico-technique de l’hôpital Timone 2 – il héberge les urgences, les blocs opératoires, l’imagerie et les réanimations de l’hôpital – que s’activent, au milieu des cartons, les personnels administratifs, techniques ou soignants pour créer de nouveaux lits pour les malades du Covid-19. Il y a normalement 109 lits de réanimation à l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM), il devrait y en avoir 160 la semaine prochaine. Dans les Bouches-du-Rhône, 56 % des lits de réanimation sont occupés par des malades du Covid-19, qui cohabitent avec les autres malades à un niveau de saturation déjà très élevé.

    Le Covid est en train de ronger l’hôpital. Mardi et mercredi à Marseille, 15 des 20 lits de la réanimation polyvalente étaient occupés par ces malades. Dans les 5 autres lits, il y avait des victimes d’accidents de la route ou d’anévrisme, des convalescents d’une opération neurochirurgicale ou d’une greffe cardiaque. Vendredi, la réanimation n’avait plus rien de polyvalente : elle était tout entière réservée au Covid-19, les autres malades étant envoyés dans d’autres services.

    Pour eux, l’hôpital manque déjà de places. Les opérations qui nécessitent une réanimation sont déprogrammées, si elles ne sont pas jugées urgentes par un conseil des médecins de l’hôpital. La semaine prochaine, l’AP-HM s’est fixé un objectif de déprogrammation de 25 %.

    Cette situation est anormale, insiste le professeur Lionel Velly, numéro deux du service de réanimation polyvalente de la Timone : « Cela fait vingt-cinq ans que je fais de la réanimation, je n’avais jamais vu une unité entièrement occupée par une seule maladie. »

    Deux fois par jour, le matin à 8 heures et en début de soirée, se tiennent les réunions de service des équipes de jour, puis de nuit : tous les médecins sont autour de la table, du chef de service aux externes, ainsi que les « majors de soins », les infirmières les plus expérimentées. Tous les patients sont passés en revue. Puis Lionel Velly prend le temps d’évoquer l’évolution de l’épidémie. Le matin du mardi 20 octobre, il montre la courbe ascendante, à la pente très forte, des hospitalisations, qui annonce celle, à venir, des admissions en réanimation.

    Et il transmet le « message d’alerte de la direction. Hier, il n’y avait plus de places disponibles pour les malades du Covid en hospitalisation conventionnelle. On est déjà dans un goulot d’étranglement, très peu de places se libèrent en réanimation, il va falloir ouvrir plus de lits de réanimation éphémère ».

    Dans le département, il n’y a pas de réserves de lits cachées : les cliniques privées du département sont d’ores et déjà sollicitées pour prendre elles aussi en charge des malades du Covid. Lionel Velly montre les tableaux d’occupation des lits, partagés entre les établissements publics et privés : à Marseille, la moitié des lits de réanimation de l’Hôpital européen sont occupés par ces malades, les trois quarts à l’hôpital Saint-Joseph.

    En région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, la 2e vague, moins haute mais plus longue, n’a toujours pas atteint son pic. Elle s’annonce plus dure que la première. Il y a eu 210 morts en réanimation au printemps, déjà 105 depuis la fin de l’été.

    Mardi, la réunion de service s’attarde sur un malade du Covid. Sa courbe de saturation en oxygène s’est effondrée dans la nuit, à moins de 75 %. Chez une personne en bonne santé, la saturation est autour de 100 %. Le patient a frôlé l’arrêt cardiaque hypoxique. L’équipe regarde le scanner de ses poumons. Ils devraient être noirs, ils sont piquetés de taches blanches ou grises. « Ils se fibrosent, deviennent rigides comme une balle en cuir, ils ne font plus passer l’oxygène dans le sang, explique Arthur Malet, médecin sénior du service. Ce sont des malades gravissimes, très instables, qui nous obligent à une escalade thérapeutique pour suppléer leurs fonctions vitales. »

    Au cours de la réunion, il y a un peu d’agitation, un médecin entre, parle à l’oreille d’un autre, qui sort : une malade est décédée brutalement, d’un arrêt cardiaque. Son corps, préparé par les aides-soignants, sera rapidement évacué dans une chambre mortuaire, où sa famille pourra la voir brièvement.

    Dans la réanimation, les visites des familles des malades du Covid ne sont toujours pas possibles, parce qu’elles sont souvent elles-mêmes contaminées. Mais le service travaille à une procédure de visite, limitée à une seule personne par famille dans la semaine.

    Dans l’heure qui suit, un homme sera admis dans la chambre de réanimation laissée vide. Il a attrapé le Covid dans sa petite entreprise, probablement contaminé par un de ses salariés. Il vient de son domicile, où son niveau de saturation en oxygène mesuré par le Samu a justifié une admission directe en réanimation. Le scanner des poumons confirme le diagnostic, ainsi que le test PCR. Comme la plupart des malades du Covid-19, il ne réalise pas la gravité de son état. Chacun dans leur chambre, comme dans une bulle, ils ne savent rien des drames qui se jouent tout près d’eux.

    Nicole Zerbib est en train de surmonter le Covid et s’apprête à quitter la réanimation. Elle a 64 ans et a été probablement contaminée à l’intérieur de sa famille : sa fille, son petit-fils et son mari ont été testés positifs. « Avec mon mari, nous avons été hospitalisés ensemble. Nous manquions d’oxygène, mais nous n’en étions pas conscients. Mon mari est sorti au bout de vingt-quatre heures. Mais mon état s’est aggravé : quand j’allais aux toilettes, je mettais beaucoup de temps à récupérer. J’ai été admise en réanimation : j’étais si essoufflée que je n’arrivais plus à parler. Cette maladie, je ne l’ai pas vue venir. Je pensais avoir une bonne immunité », dit-elle, encore incrédule.

    Pour elle, l’oxygénothérapie à haut débit a suffi : l’appareil peut insuffler jusqu’à 60 litres d’oxygène par minute, par un tuyau souple simplement posé sous le nez du malade.

    Tout près d’elle, une autre grand-mère, à peu près du même âge, a, elle aussi, été contaminée à l’intérieur de son cercle familial. Hospitalisée depuis quinze jours, elle a été foudroyée par la maladie. Ses cheveux ont encore les reflets d’une récente coloration. D’abord placée sous oxygénation à haut débit, elle est ensuite passée à la ventilation non invasive. Au 6e jour, sa saturation en oxygène a encore chuté, elle a été intubée, mais cela n’a pas encore suffi.

    Elle est, ce jour-là, sur le ventre, en position de decubitus ventral, son corps inerte et nu, caché par un simple drap. Sa tête repose sur un coussin, elle est sédatée, curarisée, sous oxygénation par membrane extra-corporelle, l’ECMO, le dernier recours pour ces malades, qui n’est accessible que dans quelques services de réanimation. « C’est une thérapeutique de l’extrême, généralement utilisée pour les insuffisants cardiaques dans l’attente d’une greffe, explique le professeur de réanimation Lionel Velly. Pour les malades du Covid, on l’utilise lorsque les poumons ne fonctionnent plus, en espérant passer ainsi la phase la plus aiguë de la maladie. Ensuite, les patients peuvent récupérer petit à petit leur capacité respiratoire. »

    Un tuyau extrait le sang des malades par la veine fémorale, il est oxygéné par une machine, puis réinjecté par la veine jugulaire, au débit de 4 litres par minute. Il y a deux gros tuyaux, l’un est rouge sombre, c’est la couleur du sang manquant d’oxygène, l’autre rouge sang, chargé d’oxygène.

    La plupart de ces patients ont des facteurs de risque – souvent un diabète, une hypertension, une maladie grave –, mais pas tous. Ils sont en surpoids, mais parfois très légèrement. Ils ont entre 50 et 74 ans, « 70 % ont moins de 65 ans, ils sont plus jeunes que lors de la première vague. On a toujours autant d’hommes, à 80 % », détaille Lionel Velly.

    Par rapport à la première vague, la contagiosité du Covid a été dédramatisée. À l’intérieur du service de réanimation, les malades du Covid et les autres peuvent cohabiter dans le même service, chacun dans leur chambre, dont l’air est renouvelé par l’extérieur. Le port du masque FFP2 est généralisé. Avant d’entrer dans la chambre d’un patient positif, il faut s’équiper d’une surblouse, de chausses et d’une charlotte, immédiatement jetés en sortant. Pour les soins, en plus du masque, les médecins portent des lunettes et des visières. Lorsque le test PCR d’un patient devient négatif, la plupart de ces mesures d’hygiène sont abandonnées : les soignants ne portent plus que le masque, des gants et des chausses, comme pour les autres malades.

    Si certains soignants du service ont contracté le virus, c’est pendant leurs vacances ou leur repos, pas à l’intérieur du service, assure Lionel Velly. Les agents de service hospitaliers (ASH), qui ont en charge l’hygiène du service, en témoignent : « Nous n’avons pas eu le Covid. Nous sommes très pointilleuses, car nous sommes en première ligne, dans la chambre du patient : nous ramassons les poubelles, nettoyons les urines, les selles. Nous ne quittons pas notre masque, nous nous lavons les mains sans arrêt. Nous sommes beaucoup moins angoissées que lors de la première vague », témoignent Myriam Ricard, Lila Bouchara et Samantha Brunel. À leurs proches, elles recommandent ces « gestes barrières » dans lesquels elles ont une grande confiance.

    Les ASH « voient bien » que les malades du Covid-19 ne vont pas bien. Tous les soignants, de l’aide-soignante au chef de service, ont le sentiment qu’ils sont encore « plus graves » que ceux du printemps. « C’est notre ressenti clinique, qui est confirmé par notre logiciel d’intelligence artificielle, qui évalue leur gravité », confirme Lionel Velly. « Ils sont tellement instables, raconte l’infirmière Natacha Perrin. Ils se dégradent très vite, on le voit, ils sont essoufflés au moindre mouvement, ils n’ont plus aucune réserve », confirme l’infirmière Natacha Perin.

    Leurs hospitalisations sont très longues. L’un d’eux est en réanimation depuis trente-cinq jours, toujours intubé. Ces malades-là sont décharnés par la réanimation, marqués au visage par le decubitus ventral : le frottement des coussins a irrité leur peau, ils ont des croutes au front, au menton, autour de la bouche. Ils souffrent de neuropathie de réanimation : leurs nerfs, leurs muscles sont atteints, ils ont les plus grandes difficultés à bouger. Ils ont devant eux des mois de rééducation, comme témoigne le député alsacien Jean-Luc Reitzer, qui a passé quatre semaines en réanimation et, en tout, deux mois et demi à l’hôpital.

    Mardi, dans la réanimation polyvalente, de nombreux malades du Covid-19 sont instables. Les soignants ont dû procéder dans la journée à quatre decubitus ventraux. Lorsque la saturation en oxygène d’un patient baisse, qu’il soit conscient ou non, les soignants l’installent sur le ventre, en espérant ainsi dégager l’arrière des poumons. Mais, parfois, cela ne fonctionne pas et il faut le remettre sur le dos. La manipulation des patients inconscients est difficile, périlleuse, elle exige 7 soignants : un médecin à la tête du patient, 3 médecins, infirmiers ou aides-soignants de chaque côté du malade. Délicatement, ils les retournent en les faisant glisser à l’aide de draps en veillant à ne pas arracher les tuyaux d’air ou de sang qui les maintiennent en vie.

    Ce jour-là, un homme toujours conscient est au bord de l’épuisement. À l’extérieur de sa chambre, le médecin senior Arthur Malet et plusieurs internes analysent ses constantes sur l’écran du monitoring : son taux de saturation en oxygène s’effondre, il doit respirer 45 fois par minute, malgré les litres d’oxygène pur qu’il respire.

    Les médecins entrent dans sa chambre, lui parlent : « Si vous êtes trop fatigué, on peut prendre le relais, on peut vous faire respirer. » Il y consent, avec un signe de tête. Il a le temps d’échanger quelques appels, des SMS avec ses proches, puis les médecins lui administrent un puissant sédatif, un hypnotique et un curare, il entre en coma artificiel.

    L’équipe de soignants l’entoure. À sa tête, un médecin sénior insère la sonde d’intubation, dans un geste rapide. Mais le moment est périlleux : le temps que la machine prenne le relais, la saturation en oxygène du patient s’effondre. Le respirateur le fait enfin respirer, en envoyant directement dans ses poumons des bouffées d’oxygène à petites doses fréquentes, pour ne trop gonfler des poumons rendus rigides par la maladie. L’oxygène dans son sang remonte enfin, très doucement. Pour l’aider encore, il sera placé sur le ventre dans la journée.

    Depuis la première vague, les réanimateurs ont retardé le moment de l’intubation, mais ils doutent encore : « Certains passent le cap sans être intubés, mais ceux qu’on intube sont plus fatigués », constate le docteur Arthur Malet.

    Les médecins sont entrés dans la 2e vague avec l’espoir d’une meilleure efficacité des traitements, en particulier grâce aux corticoïdes, il est douché (lire aussi notre article) : « Il n’y pas de traitement miracle. Lors de la première vague, un patient sur deux était intubé, explique Lionel Velly. Actuellement, même si on fait mieux, 35 % des patients nécessitent encore une intubation. Une fois intubés, ces patients vont occuper, comme pendant la première vague, des lits de réanimation pendant plusieurs semaines. C’est très long pour les sevrer du respirateur.

    Entrer dans un service de réanimation, observer longuement ces malades si graves du Covid, si différents des autres malades, puis en ressortir, retrouver la vie normale, où beaucoup doutent de la gravité de cette maladie, est un étrange exercice de dissonance cognitive. Les soignants le font tous les jours.

    Pour le psychologue du service, Yann Guogan, « on vit quelque chose qui rend fou. On guérit la plupart des malades du Covid, heureusement. Mais ceux qui se dégradent sont très graves. Les gens ne veulent pas l’entendre, tant qu’ils ne sont pas touchés. Mais cette épidémie nous impose de faire des choix de société, en tant que citoyens : est-on prêts à faire des efforts collectivement, ou à assumer les morts » ?
    …(…)…
    Lionel Velly, qui ouvre chaque jour de nouveaux lits de réanimation, reconnaît : « On est limités, pas seulement par le matériel, mais surtout par le manque de personnel qualifié, en particulier d’infirmières. Et est-ce que cela a du sens de multiplier les lits de réanimation ? Le bâtiment où nous sommes, qui est magnifique, a été construit en 2013. Il a coûté 260 millions d’euros, il a fallu quatre ans pour le construire. » Le professeur de réanimation prévient : « Nous ne voulons pas à avoir à choisir entre les malades ou les prendre en charge dans des couloirs. C’est d’autant plus problématique que tout cela serait évitable avec les gestes barrières. »
    …(…)…
    La réanimation est l’une des spécialités hospitalières les plus exigeantes. Avec le Covid-19, des limites sont franchies : Lionel Velly fait trois gardes de vingt-quatre heures dans la semaine et des journées en plus. On commence la journée avec lui à 8 heures du matin, on le quitte à 23 heures et on le retrouve le lendemain matin à 8 heures. Il ne quittera l’hôpital qu’en milieu de matinée. Pendant les deux mois et demi de la première vague, il n’a pas vu ses deux filles.
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    1. « Pour le psychologue du service, Yann Guogan, « on vit quelque chose qui rend fou. On guérit la plupart des malades du Covid, heureusement. Mais ceux qui se dégradent sont très graves. Les gens ne veulent pas l’entendre, tant qu’ils ne sont pas touchés. Mais cette épidémie nous impose de faire des choix de société, en tant que citoyens : est-on prêts à faire des efforts collectivement, ou à assumer les morts » ? »

      « Lionel Velly, qui ouvre chaque jour de nouveaux lits de réanimation, reconnaît : « On est limités, pas seulement par le matériel, mais surtout par le manque de personnel qualifié, en particulier d’infirmières. Et est-ce que cela a du sens de multiplier les lits de réanimation ? Le bâtiment où nous sommes, qui est magnifique, a été construit en 2013. Il a coûté 260 millions d’euros, il a fallu quatre ans pour le construire. »  »

      Il me semble, mais je peux me tromper que malheureusement, les choix ont été fait dans le passé. Et je ne parle pas que de la crise du Covid.

      En tout cas certains territoires de la République sont Free-Covid et Free geste barrière inside. Car ce sont des îles… En particulier la Nouvelle Calédonie, qui depuis mars impose une quarantaine à tout arrivant et limite les arrivants. Ils doivent aussi désinfecter les cargaisons qui arrivent non ?

      1. Le portage du virus dans autre chose qu’un humain (et dans l’aéorosol qu’il diffuse) est minime, Cloclo.
        Certes on a reporté X heures de survie du virus sur plastique (X>24 des fois), mais c’est des manips de labo où on met une méga dose de virus dans un « buffer » dont j’aimerais bien avoir la composition (salinité, pH, …) et qui ne ressemblera pas à la salinité, pH d’une tache de doigt contagieux sur un carton d’agrume ou autre.
        Et ensuite, on détecte par PCR ce qu’on peut, je ne suis même pas sûr qu’on vérifie la viralité de ce qu’on retrouve après les X heures. L’ADN n’est pas encore foutu entièrement, donc la PCR marche (elle « raisonne » sur des bouts de 100-200 bases typiquement, obtenus par une forme de « lyse » de l’ADN complet, celui-ci est en effet trop long pour se prêter à une diffusion dans le fluide aqueux assez rapide pour que l’enzyme se mette où il faut, n’ait pas à lui débobiner ses noeuds, et autres joyeusetés qui font que le virus s’en remet plutôt à la machinerie de l’hôte pour être minimalement « nourri logé blanchi ».

        Quant à la diffusion directe du virus « tout nu » dans l’air, elle est peut-être possible (entre un nanoaérosol de 100 nm et une coquille hydratée de 10 nm autour d’un virus, je ne sais pas comment distinguer « au vol » , ce n’est pas interdit par la physique, mais c’est un secteur de la « néphélométrie » encore pas très au point). Mais pas dans la cale du bateau, et pas quand un peu d’UV va agir « au vol », le virus n’ayant rien « sur lui » pour réparer (de mémoire, on sait qu’il fait une mutation pérenne tous les X semaines, l’immense majorité n’étant pas pérenne, celles qui affectent l’affinité de la protéine « spike » pour le récepteur ACE2 notamment, c’est comme ça qu’on arrive à le pister au fur et à mesure de ses mutations, et pour l’instant ces mutations ne changent pas la virulence).

        Bref, humain, trop humain, ce coronavirus (et en-deça du bien et du mal, comme dirait l’autre).

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      2. @timiota

        ARN plutôt qu’ADN, il me semble. Du reste, je n’ai aucune compétence scientifique personnelle, mais j’entendais mentionner très récemment (RTBF) une étude japonaise concluant à un danger de contamination pendant neuf heures pour une présence du virus sur la peau, d’où l’invitation renouvelée à se laver les mains régulièrement.

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      3. @timiota
        Pr. Raoult dit que la contamination se fait essentiellement par contact avec les mains. Il semble donc que l’utilisation de gants jetables serait plus efficace que les masques.

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      4. Notre Paul ne serait-il pas un peu jaloux de Raoult ? Y a pas de quoi, ce ne doit pas être agréable tous les jours d’être psychopathe.

      5. Vous n’avez pas noté que je tente de reproduire son apparence physique pour provoquer la confusion ? Cela marche d’ailleurs : une personne m’a abordé l’autre jour et m’a demandé mon avis sur la pandémie. Las ! au bout de trois minutes, cette personne a fait un saut en arrière et m’a dit : « Ce que vous dites tiens debout ! Pas une seule contradiction, pas une seule erreur de raisonnement en trois minutes : vous êtes clairement un imposteur ! »

        Je vais peut-être aller chez le coiffeur.

      6. « Je vais peut-être aller chez le coiffeur. »

        N’y pense même pas malheureux ! Si près (euh en fait pas sur) du but, craquer ainsi c’est dommage … 😀

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      7. Oui mais le risque d’être à nouveau confondu avec Raoult ? La mort n’est pas grand-chose devant cela !

        (Je le soupçonne d’organiser des accidents de trottinettes pour que le décompte des décès dus à l’engin continue de dépasser celui des morts de la Covid-19).

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      8. @ Marcel
        Oui en effet, ARN, et on commence par une reverse transcriptase pour faire la PCR ensuite,
        mais ça ne change pas l’histoire qu’un dosage de « bouts d’AxN » (x=R ou D) n’est pas un dosage de virus actifs.
        Pour les bactéries, les spécialistes utilisent une unité que les physiciens (comme moi) ont déjà du mal à lire, les « CFU »,
        C’est pour « colony forming unit », chaque tache de la boite de Petri est une colonie, et donc cette unité fait sens si on voit tout à travers le prise
        de la culture en boit de Petri sur gel ad hoc.
        J’avoue que la culture de virus est un autre sport, puisqu’il faut un milieu de culture vivant (et sa machinerie en état), et que dans ces conditions, la quantification n’est vraiment pas triviale. Il doit y avoir des choses dans les recoins de la fluorescence (les N avatars du FRET, du FLIP et autre) mais j’avoue ne pas avoir vu vraiment de « dosage in situ » du genre « 10 virions par cellule sur le lot de 750 cellules cultivées ». Ca ne doit pas marcher comme ça les cultures, et c’est sans doute un des gros points durs de la compréhension des virus, on ne les a perçu et dosé que par des biais biologiques ou en chimie moléculaire (PCR) et plus rarement sur les photos en microscopie électronique, mais cela a surtout pour but d’élucider dans quels coins de cellules lesdits virus s’active. La technique cryogénique la bonne, coûteuse en temps (et astucieuse pour ne pas « casser les molécules en les gelant » et aussi : nobélisée pour son utilité) , ne se prête pas à du quantitatif.

        J’ai eu un peu de temps pour méditer ça a posteriori après avoir eu affaire à quelques sympathiques virus du « chik » (chikungunya) dans mes articulations en 2005… On n’a pas dosé grand chose à l’hosto qui m’a accueilli qui soit spécifique du virus, labo pourtant top en infectiologie, on a dosé tout le reste qu’on sait doser dans l’analyse sanguine de ce genre d’endroit. On ne m’a de fait pas identifié le chik sur place d’ailleurs, juste une « arbovirose », et ce n’est qu’un peu après que la science a compris que le virus s’abritait longuement dans les astrocytes qui sont les balayeurs lents de la moelle épinière, pas pressé vu la gueule peu liquide du milieu, ça serait assez invasif d’aller le détecter (prélèvement de moelle…). C’est donc moi qui dit que c’est le chik parc que les symptomes sont exactement ceux que j’ai eu et qu’il y avait l’épidémie à la Réunion à peu près dans ces eaux là et que j’étais sans doute passé par le mauvais moustique dans un grand aéroport eurasien 5 ou 6 jours avant les premières fièvres.

    2. Merci pour ce témoignage d’un service de réa en début de deuxième vague. Aujourd’hui , la France dépasse les 50.000 cas confirmés, avec 52.010 cas, taux de positivité à 17% (16% hier), 116 décès, et une occupation des réas à 51% sur la France entière.

      21 maires du département de la Loire demande l’installation d’un hôpital militaire de campagne.

      Et le gouvernement ne fait rien.

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      1. Je suis si peu naturellement un avocat de ce gouvernement et de ce président…

        Mais si l’armée a des services médicaux, ce n’est pas pour remédier aux carences en effectifs de la médecine civile mais avant tout pour soigner les militaires. Or, d’une part, les risques de saturations vont s’accroître sur l’ensemble du territoire et pas seulement dans la Loire, du fait d’une exponentielle et de son inertie, et les effectifs de l’armée seront certainement incapables d’y remédier ; d’autre part, les risques d’engagement militaire sont très sérieux en Méditerranée orientale. Il n’y a que dans les films hollywoodiens que l’arrivée de l’armée sauve les protagonistes d’une catastrophe naturelle.

        À partir du moment où il agit trop tard par rapport à une exponentielle, et sans l’adhésion d’une partie de la population, que peut faire le gouvernement ? Bah, euh, rien, en effet. Grosso modo, quand le nombre d’admissions en hôpital double en une semaine, doubler les capacités du système de santé ne fait que gagner une semaine avant la saturation. Les quadrupler : deux semaines. Multiplier par 16 : un mois. Or, doubler ou quadrupler les capacités implique de produire magiquement en temps réel des médecins, des infirmiers, des infrastructures, des équipements, etc. Matériellement impossible, évidemment. On ne court pas après une exponentielle, on ne peut qu’essayer de l’enrayer. Donc, tout ce que le gouvernement peut faire, c’est essayer de casser le caractère exponentiel de la progression de l’épidémie. Et ça nécessite l’adhésion de la population.

        Donc, confinement, qu’on accepte de prononcer le mot ou pas, ce que vient de faire Elio Di Rupo en Wallonie, en l’accompagnant de l’adjectif « partiel ».

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      2. « Donc, tout ce que le gouvernement peut faire, c’est essayer de casser le caractère exponentiel de la progression de l’épidémie. Et ça nécessite l’adhésion de la population. »

        Exactement, et pour casser efficacement une exponentielle, il n’y a pas de mystère :
        1. Il faut s’y prendre tôt
        2. Il ne faut pas lésiner sur les moyens

        Un papier qui brûle, c’est un verre d’eau pour l’éteindre. Cinq minutes plus tard : un seau. Encore dix minutes : le camion de pompiers.

        Pour un papier qui brûle, on peut s’en tenir à un verre d’eau. Mais en cas de doute, mieux vaut y aller franchement avec trois seaux, plutôt que de devoir sortir le camion de pompiers plus tard parce qu’on aura trop tardé. En somme, mieux vaut errer du côté de la précaution excessive que de la négligence.

        Je ne dis pas que c’est vrai dans tous les cas. Mais c’est vrai quand on fait face à un phénomène exponentiel.

        Bien sûr, pour cela, il faut obtenir l’adhésion des gens. La recette est simple : il faut expliquer. Et il est préférable de commencer assez tôt, oui.

        Depuis deux ou trois jours, on nous parle de l’éventualité d’un reconfinement. Il est clair que quelqu’un en haut lieu vient de tomber de l’armoire « Ah m…. ça me file entre les doigts, j’ai essayé de l’éviter mais je vais devoir ordonner le reconfinement. Zut, j’ai laissé entendre jusqu’ici que ce ne serait pas nécessaire, il faut changer la comm en urgence ! »

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      3. Comment voulez-vous avoir l’adhésion de la population quand ça fait plus de deux mois, et encore maintenant (mais du bout des lèvres) que vous (vous = Macron et ses ministres) répétez systématiquement qu’il n’y aura pas de confinement, que ce serait une catastrophe, qu’une autre solution sera possible,… Forcément que la population ne va pas l’accepter. La faute à qui ?

        Quant à une escalade militaire avec la Turquie, elle n’est pas pour tout de suite. Donc les hôpitaux militaires de campagne peuvent être déployés, seulement cela déshabillera les hôpitaux militaires fixes (Percy, Bégin,…)
        https://www.defense.gouv.fr/sante/sante-publique/hopitaux-militaires

        1
      4. @Toulet Alexis On n »a pas eu assez de temps pour expliquer car on ne savait pas …

        https://www.pauljorion.com/blog/2020/01/27/la-progression-du-coronavirus-est-jusquici-pratiquement-exponentielle-par-alexis-toulet/

        – les masques sont inutiles
        ….
        – nous ne reconfinerons pas

        Même les épidémiologistes semblent maintenant être surpris de la dynamique des 10 derniers jours, ne parlons pas des modélisateurs de (courbe en ) plateau ..
        Le rôle d’un politique responsable est de ne pas les écouter et de prendre le risque du seau d’eau au lieu du verre
        -c’est trop tard-
        Quand on a loupé le camion de pompier on fait quoi ?
        Dès que le caractère exponentiel de la dérive est confirmé (disons vers le 15 septembre ?) il faut y aller franco quitte à lever/alléger les mesures au bout de 15 jours … et pas l’inverse.

        Surtout qu’il s’agit d’une première reprise de feu.

    3. Magnifique témoignage, et il y a un mois il n’était question que de protéger les bistrotiers et les élus de Marseille se plaignaient d’être contraints …

  7. Bonjour,
    Malheureusement aucune comparaison entre les pays n’est possible tant les échelles sont changeantes et les populations des pays non indiquées. Cependant, il semble que la Belgique soit à nouveau en tête pour cette seconde vague.

      1. Rebonjour, je voulais parler des gradations des graphiques qui sont différentes par pays et pas en rapport avec sa population. Par exemple pour la Belgique, le pas est de 100, pour les Pays-Bas un pays dont la population est x1,5 environ, le pas est de 50, avec dans les deux cas les bâtonnets sont quasi de même dimension. l’Italie, dont la population est 5,5x plus élevée, le pas n’est pas de 500 mais de de 250. Si le lecteur se base sur la hauteur des bâtonnets pour comparer les pays il est vite induit en erreur.
        Ceci dit la Belgique avec 17 à 18 000 cas quotidien (le week-end) caracole en tête. A l’échelle de la France (x 6) cela ferait 100 à 110 000 cas quotidien, alors qu’elle se trouve autour de 45 000 cas environ. La Belgique est le pays le plus atteint du globe (excepté quelques petites principautés) : 3% de la population déclarée positive, 1 pour mille de décès (ici seul le Pérou je pense la dépasse d’une poussière). Etrangement aucune explication plausible à ce jour, et surtout aucune interpellation : l’âge moyen élevé de la population ? pas plus que l’Allemagne ou la France, la densité ? pas plus que l’Île de France ou la Ruhr, le nb de tests (le taux plutôt) ? pas plus qu’ailleurs. Plus inquiétant est le taux de décès : 2 x plus élevé que la France, pays pourtant très atteint. Aucune explication avancée, sinon peut-être la fragmentation des institutions publiques (de décision), ou la pilarisation des institutions hospitalières. Mais le plus inquiétant c’est que personne ne semble vouloir relever ce record, poser des question, mis à part quelques mentions de temps à autre dans un journal.
        Merci de m’avoir donné l’occasion d’exprimer ma perplexité.

      2. Nous avons une sorte d’allergie à imaginer que ces différences pourraient être purement aléatoires, ce qu’elles sont probablement vu le niveau de communications entre les pays.

        Mais nous aimons attribuer des bons et des mauvais points : voyez cet article finlandais ici dans les commentaires qui donne des bons points à l’Estonie, le Kosovo et la Serbie. Dans un mois, ils seront parmi les pires, et d’autres iront beaucoup mieux. Et on se demandera de la même manière, pourquoi ?

        Dans notre culture la notion de « cause » a été dérivée de celle de « responsable », pas l’inverse. Comme disait Lacan : « Le Moi est paranoïaque. Mais s’il ne l’était pas, nous n’aurions jamais cherché à comprendre quoi que ce soit.

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    1. PS.
      Delfraissy son président, a quant à lui disparu des radars médiatiques…. depuis la mi-octobre
      Allo, le Conseil scientifique !?

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    2. Je pense que le gouvernement lui a demandé de la fermer… Toute vérité n’est pas bonne à dire pour les Medef men.

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    3. Début septembre le Conseil scientifique avait exprimé la nécessité de mesures désagréables.
      Le PM a décidé de tergiverser et temporiser (à l’écoute des élus ?).
      Le conseil scientifique a été accusé de brouiller le message en s’exprimant.

      Le Conseil scientifique est resté sans voix !

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  8. 1/ Rappelons que les nombres de morts définies comme Covid, ne permettent pas de comparaisons entre les pays. Seule la surmortalité permettra a posteriori de donner une indication (imprécise) sur le nombre comparable. Nous avons discuté de tout cela dès la première vague. Peut-on encore dire que la Belgique est la plus touchée ? On ne sait toujours pas !
    2/ Mais l’impact sur l’Ouest Européen et cette deuxième vague survenant partout en même temps sont pourtant intrigants. (Je viens de lire une hypothèse que ce soit les campagnes de vaccins anti-grippe qui ont perturbé une immunité globale dans ces pays : on vaccine moins en Allemagne, etc. Mais c’est une hypothèse, selon une simple corrélation).
    3/ Ce qui me frappe dans ces graphiques, c’est que la courbe des décès, est actuellement très lente à monter, alors qu’elle était abrupte en mars. Pourquoi ? On a fait d’énormes progrès dans la remédiation des malades ; on a fait des progrès dans la protection du personnel soignant et des malades en hôpital (les italiens avaient découvert que leurs hôpitaux étaient les premiers clusters). Et on a du matériel de protection et de soin en suffisance ; enfin les maison de vieux et Ehpad sont mieux avertis et protégés contre la contamination. C’est plutôt une bonne nouvelle pour les vieux croûtons comme moi : on passera peut-être l’hiver. Qu’on se le dise !
    4/ Par contre on parle d’une vague de deux à trois mois, donc plus longue et plus répandue dans la population, ce qui craindre des hospitalisations en forte hausse (mais peut être moins abrupte qu’en mars) et une limite en lits disponibles et surtout en personnel disponible. D’autant que on cherche à maintenir les soins pour d’autres affections, autant pour les malades que pour des médecins spécialistes qui n’acceptent plus d’interrompre leur activité spécifique… Mais on n’utilise plus la métaphore de la courbe à maîtriser pour que le système hospitalier résiste. Comme si le système, déjà ébranlé, ne pouvait plus encaisser une situation de pression, du fait des tensions entre personnels et entre les soignants et les élus chargés de coordination.

    1. Il me semble que le synchronisme en Europe est celui de deux facteurs :

      – les rentrées scolaires/universitaires/écoles

      – le passage à un temps humide et frais depuis ~20/09 sur presque toute l’Europe.
      Si les aérosols sont plus stables, et que les gens sont plus souvent les uns sur les autres à l’intérieur…

      Cela expliquerait un peu a contrario la Finlande, pas tant par une météo différente (j’ai pas été voir)
      que par le peu d’effet de la météo à partir de fin août sur les habitudes des finlandais, déjà rentrés chez eux et ayant donc pris le couloir adéquat
      dès les starting-blocks et pas au second tour du stade seulement.
      Bon, perso, je trouvais toujours les finlandais que je croisais un peu taciturnes et peu aérogénérateurs hors d’un moment alcoolisé, mais ne cédons pas trop à la facilité du cliché (Jacques S. nous en dirait plus…) .
      C’est surtout un pays où le pragmatisme et la confiance ont eu une certaine force,
      voir leur système éducatif qui parie sur une organisation libre et répartie, mais responsable et cohérente. Chaque chef(fe) d’école fait ce qu’il(elle) veut, mais doit se concerter avec les chefs d’écoles voisines pour garder une certaine cohérence. Et idem pour le responsable « départemental », etc.

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      1. Au fait, on pourrait parler de la pression sociale ou du contrôle social. On connait l’expression « qu’en dira-t-on ». Plus ce sentiment est fort, plus on respecte les usages, plus on est discipliné. Il peut y avoir des variations selon les cultures nationales. Remarquons qu’on peut râler plus ou moins bruyamment au café du commerce, et pourtant respecter en pratique les usages. On pourrait faire une comparaison religieuse, où les protestants se disciplinent plus individuellement pour « gagner leur ciel », tandis que les catholiques se font facilement pardonner par les « officiants ».
        Les sociétés socialistes ont un contrôle social bien plus prégnant. On connaît le contrôle policier du KGB et de la Stasi par exemple. Le soupçon est partout, le mensonge aussi, la dénonciation est avantageuse. Aillsuers le contrôle était moins « vertical « et centralisé. A Cuba par exemple, le contrôle est le fait de comités de quartiers, qui font des remontrances. Cela peut vous donner une renommée défavorable à la vie sociale et professionnelle quand même. Mais dans le cas de la pandémie, nous avons vu les avantages du contrôle social diffus : les équipes médicales ont pu suivre plus précisément les populations, les symptômes et les quarantaines, etc. Bref, le traçage.
        Quand la pression sociale (religieuse, idéologique) est faible, l’individualisme grandit et l’irresponsabilité et un sentiment de liberté excessif, a-social.

      2. Covid-19 ferait du tourisme de croisière sur nos petites têtes blondes.
        Si c’est le cas, c’était parfaitement prévisible.

    2. Bonsoir, intéressant votre passage sur la perturbation de l’immunité par le vaccin anti-grippe. Avez-vous la référence de l’article, si celui-ci est accessible ? Merci.

  9. Résumé assez synthétique des perf 1ères/2èmes vagues en Europe dans le Guardian : seule la Finlande semble s’en sortir.

    A second coronavirus wave is sweeping continental Europe, with new infection records broken daily in many countries. There are wide variations, but almost no country has been left untouched – even those that fared well in the first wave.

    Across the 31 countries from which the European Centre for Disease Prevention and Control collects national data, the average 14-day case incidence rate per 100,000 inhabitants has multiplied from just 13 in mid-July to almost 250 last week.

    While hospitalisations, ICU admissions and deaths are not so far following the same steep upward curve and generally remain far below levels this spring, they are rising steadily – and already causing severe problems for health services in some countries.

    France reported more than 40,000 new cases on two days this week, bringing its 14-day incidence rate to 521. Strict measures including a 9pm-6am curfew now cover two-thirds of the population.

    Germany, whose infection rate was far lower than most EU countries this spring, is also seeing new daily cases surge alarmingly: from 5,250 a day to 13,500 this week for an incidence rate of 319 – a “very serious” rise, a senior official warned.

    Spain, one of the worst affected during the first wave, is again facing crisis, becoming the first western European country to pass 1 million cases this week after recording 20,000 new infections on two consecutive days.

    Italy, another country hit hard this spring, hit a new case record on Friday with 19,000 infections amid fears the pandemic is again spiralling out of control. With a 14-day incidence rate of 240 per 100,000, the situation is “dramatic”.

    The epidemic in Belgium, which suffered one of Europe’s highest per-capita death tolls this spring, is “out of control” and “the most dangerous in Europe”, the health minister has said, with a 14-day incidence rate of a startling 1,115.

    The Czech Republic, lauded as a first wave success with infection rates among the lowest on the continent, is now among the highest with an even higher incidence rate of 1,210. Like Belgium, it seems headed for a new lockdown.

    Sweden, an international outlier with its anti-lockdown strategy, has introduced mandatory regional measures to combat a sudden surge that last week saw the number of new daily infections exceed 1,000 from barely 150 in early September.

    Finland, with one of Europe’s lowest infection and death rates first time round, is one of few EU countries to be fighting this second wave effectively. Tough regional measures have reversed a surge in new cases over the past week, leaving the country’s 14-day incidence rate at 52 per 100,000 inhabitants.

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    1. On savait depuis longtemps déjà qu’une diminution des moyens hospitaliers allaient fortement perturber l’efficacité des soins.
      Cette pandémie + tout le reste aggravent considérablement l’offre que le patient est en droit de recevoir.
      Et maintenant que va t’il se passer ?

    1. Ah ! oui ? Le nombre des décès ? Vous allez nous expliquer ça, et l’histoire des statistiques va faire un véritable bond un avant !

      P.S. Mais ne vous inquiétez pas, on comprend la manoeuvre : à chaque graphique qui apparaît, un trouffion de service est chargé de dire « Ces graphes sont corrélés au nombre de tests ». Mais je suis bon prince : dites-nous qui vous a donné l’ordre de dire ça et je vous laisserai filer.

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      1. Ben je vois pas ce qu’il y a à expliquer ? C’est une evidence , et l’histoire des stat n’y changera strictement rien

      2. Vous confondez « cas enregistré » avec « décès ».

        Puisque vous n’arrivez pas à reconstituer votre raisonnement, répondez alors au moins à la seconde question : « Qui vous a dit que c’était une évidence ? »

      3. Mais non voyons, allez je vous explique : c’est à cause du cotontige qui frotte la paroi hémato-encéphalique qu’il y a corrélation entre les test et les décès tout le monde est au courant sur son groupe facebook 🙂 🙂

    2. Soyons charitables : les nombres de tests sont (mal mais un peu) corrélés a ces graphes.
      Il y a eu peut-être 20% ou 25% d’écart entre France et Belgique dans les morts d’EHPAD typiquement
      quand on essayait de comprendre en mars-avril, qui faisait quoi :
      Compte-t-on les morts « suspectées covid » sans confirmation PCR dans le lot covid ou pas (France non Belgique oui) ?
      C’est le seul point où « les tests » (ceux de l’hosto) ont eu un rapport réel avec les comptages.
      J’espère bien quand même que ça n’a concerné que quelques centaines de morts, parce que les soignants
      savaient que la contrepartie, interdire de voir le défunt si c’est un décès covid, est lourde pour la famille.

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  10. @Paul Jorion
     » les trottinettes, apparence physique etc… »
    Dur dur de faire de l’humour en temps d’épidémie, faut pas se forcer, je prefere ecouter la musique Cajun…

    1. Le commentaire vaut aussi pour l’initiateur des apparences et des trottinettes .

      Mais s’il aime la musique cajun , personne ne lui en voudra .

      1. Moi je vous trouve dur avec Raoult, si on se force à lui accorder le bénéfice du doute (je suis bien d’accord que chaque jour il faut se forcer un peu plus mais admettons) s’il n’est pas un charlatan depuis toujours (la dessus ya pas vraiment de doute, de deux choses l’une :soit il l’a toujours été soit il l’est pas plus aujourd’hui qu’hier même s’il s’est planté et refuse de l’admettre) Bref s’il est compétent et a essayé de bien faire mais qu’il se soit planté, la façon dont tout le monde lui tombe dessus et se délecte à le mettre plus bas que terre c’est pas très ragoutant. Pire! il semble le chercher désespérément, et vient vous porter le bâton pour se faire battre à chaque fois qu’il intervient… ça me fait carrément penser à un plan SM au point ou on en est rendu 🙂

        L’autre option : il a toujours été un charlatan et a mystifié tout le monde tout au long de sa carrière, je dois avouer qu’il me faut me forcer pour en rire ou alors c’est que vous êtes carrément pas assez durs du coup 😉 … Je m’explique : Y en a un comme ça qui voulait m’enlever 10 cm de tripes quand j’avais 9-10 ans pour un supposé cancer (300 balles en liquide dans les années 80 pour le rdz vous avec le grand professeur qui donnait des cours à la faculté… je rentrais à l’hôpital dés le lendemain matin…) mon père était effondré mais ma mère a piqué une crise et changé direct de crémerie, résultat après deux semaines d’examen a coups de tuyaux dans le cul, on s’embarrassait pas d’anesthésie à l’époque (je dois être parmi les rares personnes qui ont jeté un oeil sur ce qu’ils ont dans le ventre au sens propre vu qu’un jour on m’a autorisé à regarder dans l’endoscope lol…) ben j’avais des amibes enkystées sur la paroi intestinale soignées en un gros mois de bonne vielle pénicilline visiblement, j’avais trop joué à l’indien qui lave et mange son poisson moitié cuit dans des feuilles de rhubarbe au bord de la rivière! 🙂

      2. Il y a une explication plus simple : qu’il ait fait attention à ce qu’il disait à une époque, et qu’il ait cessé de le faire. Tournant psychologique « biker ».

      3. @Dup le cas Raoult est intéressant, mais vos hypothèses constituent les 2 branches d’une alternative inconnaissable comme en mécanique quantique.
        Il semble cependant, outre l’opportunité de publiciser un papier chinois préliminaire, que la motivation profonde, explicitée dans une interview ait été de rassurer pour éviter une panique, un peu comme l’attitude initiale de Trump.
        Il faudrait donc s’attendre avec l’assombrissement actuel des perspectives à une autre déclaration « rassurante ».

      4. Qu’il ait fait attention ou que Nous ayons prêté attention… il n’a peut être aussi pas su gérer du tout les nouveaux outils médiatiques? A mon petit niveau si on me met une nouvelle variété de raisin et un nouveau pressoir je garantit pas la perfection, mais comme je suis compétent je saurais avoir la qualité au détriment de la quantité ( je ne m’en servirais tout simplement pas 😉 et me contenterai du jus de goutte).

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