Covid-19 : Est-ce que je « juge opportun d’épargner » ?

Un article dans Le Monde, par Mathilde Damgé : Confinement et économie : huit graphiques qui montrent l’onde de choc depuis mars, le 30 octobre 2020.

Les graphiques sont intéressants pour ce qu’on y voit. Les explications qui en sont données apparaissent plutôt elles comme de l’association libre : « Qu’est-ce que je pourrais bien dire à la vue de ce diagramme ? »

Exemple (graphique ci-dessus) :

La frilosité des différents acteurs économiques se ressent aussi chez les ménages qui préfèrent mettre de côté, en ces temps incertains : leur taux d’épargne a bondi depuis le début de l’année. Et le bas de laine ne devrait pas maigrir puisque ceux qui jugent opportun d’épargner sont plus nombreux de mois en mois, selon l’Insee.

« Les ménages préfèrent mettre de côté, en ces temps incertains… » ? Bon, réfléchissons un instant. Je donne cours à Lille. Mes frais de transport et d’hébergement me sont remboursés. Donc en principe, cela me coûte autant d’être à Vannes, mon lieu de résidence, ou d’être à Lille. Sauf que… quand je suis à Lille, je ne cuisine pas dans ma chambre d’hôtel : je vais au restau, que quand je bois une bière place Rihour après mon cours, je ne la sors pas de mon réfrigérateur après l’avoir achetée en promotion à Carrefour, que quand le train arrive en retard à Montparnasse (incroyable mais vrai !), je dois prendre un taxi pour ne pas rater ma correspondance en gare du Nord (le métro va plus vite que le taxi ? ah oui ? on marche combien de temps de la gare Montparnasse à la station Montparnasse-Bienvenüe de la ligne 4, tapis roulant même tenu en compte ?), de même quand j’arrive à Lille-Europe et qu’il pleut des cordes, etc.

En ce moment je donne mes cours, je fais mes conférences, je participe à des séminaires, aux réunions de l’équipe, le tout en distanciel. Est-ce que je « préfère mettre de côté, en ces temps incertains » ? Non ! je ne fais pas preuve de « frilosité », non je ne « juge pas opportun d’épargner », j’exerce la même activité qu’avant le confinement, mais dans un nouvel environnement où cela me revient bien meilleur marché. C’est tout.

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37 réflexions sur « Covid-19 : Est-ce que je « juge opportun d’épargner » ? »

  1. Les baignoires avec fuite (taxis et bières) et robinet qui remplit (revenus, salariés pour une grosse majorité de français), ça dépasse sûrement les capacités intellectuelles du Monde.
    Ou plus exactement, à St Germain des prés et autres lieux parisiens, « l’adaequatio rei et intellectus » ça devient fade, parce qu’il manque « la(les) chose(s) » (rei).

  2. Bis :

    http://www.cae-eco.fr/dynamiques-de-consommation-dans-la-crise-les-enseignements-en-temps-reel-des-donnees-bancaires

    La  » sur-épargne  » de cette période serait de l’ordre de 40 milliards d’euros , dont la moitié sur les produits type livret A , et une bonne partie la deuxième moitié sur un gonflement des comptes courants . Elle est en majorité le fait des 20 % des ménages les plus aisés , et elle intéresse particulièrement Bercy car il s’agit d’une épargne liquide , instantanément mobilisable . Pisani Ferry avait émis l’idée de la taxer pour encourager à la remettre dans le circuit . Lemaire s’est empressé de corriger en disant qu’il n’en était pas question .

  3. C’est ballot, beaucoup de professions dites indispensables en période de confinement ne seront pas épargnées par les vrais ou faux frais ! 😑

  4. C’est donc que les hypothèses sur les « intentions » des consommateurs et des épargnants sont hasardeuses et construisent une illusion. Selon le document cité par Juannessy, les pauvres ont moins dépensé pendant le confinement, mais bien plus immédiatement après. Ils ont donc des dépenses contraintes. D’autant qu’on parle ici dans ce graphique « hors dépenses d’habitat ». Les autres auraient des intentions. Par exemple, des urbains cherchent à quitter la ville, ce qui soutient le marché immobilier — malgré les restrictions de crédit par les banques : il leur faut une épargne, ce n’est pas une frilosité.
    En fait, ces commentaires se fondent généralement sur la masse de l’épargne. Que pourrait faire l’économie avec cet argent ? Où affecter les capitaux ? On vise donc à changer l’intention supposée, on l’interprète comme une frilosité devant le risque boursier. Ce sont des projections. Est-ce de l’association libre ? ou bien de la « science économique » (au doigt levé) ?

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    1. – si les ménages les moins à l’aise ont moins épargné , c’est parce que pas mal ont du assez rapidement puiser dans leur épargne ( et donc plutôt produire une décollecte ! ) car les alaires n’étaient plus assuré à 100 % ( voir 2 Casa , sans doute , surtout , dans pas mal de cas parce que la forme de demi – gratuité de la nourriture assurée par les cantines des gamins n’a plus été prise en charge pendant de long mois . Ce point au moins devrait être soulagé cette fois ci .

      Que faire avec cet argent ? La première ( et bonne ) idée de Bercy a été de la flécher vers le plan de relance et les efforts de relocalisation aussi écologiques que possible . J’imagine que certains planchent sur ce thème , mais je n’ai rien vu de bien clair transpirer là dessus , et il est vrai que quand les français ( ceux qui le peuvent ) commencent à thésauriser  » par précaution » , c’est dur de leur faire cracher le pognon pour agir et parier . C’est une constante et une lamentation depuis …toujours en France .Paul Jorion a peut être des infos .

      Selon le focus que je mettais en lien , il ne semble pas que depuis 5 mois , ceux qui en avaient les moyens aient bien placé leur marge sur les produits financiers aptes à alimenter l’économie .

      Sans doute 800 000 chômeurs de plus à fin 2020 ., au sens du BIT .

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      1. @Ruiz :

        Bof , dans cette pouponnière ce n’est pas l’étiquette qui prime .

        Ou plutôt ce ne sont pas les étiquettes qui priment .

        Ou alors pas trop longtemps .

        ( Mais ça confirme que Bayrou n’est pas prêt de faire le poids devant Bercy ) .

      2. Salut Juan,

        Sur les 84% du salaire en chômage partiel, c’est quasi une opération blanche pour moi, sachant que c’est compensé par les économies de pétrole de la chignole (en gros 10% de mon salaire, l’impôt forfaitaire « Total ») pour aller bosser. On perd les avantages en nature (sur lesquels on est imposé) mais surtout, hélas, le fait de pas avoir à se faire à manger, ce qui dispense la plupart du temps de la corvée, ô combien pénible, des courses et des tentations diverses des temples de la consommation.

        Pour le reste, à part une petite période de rattrapage au début de mon nouveau taf (mise à jour du matériel informatique, réparation de ce qui restait en suspens sur la caisse pour passer le CT et renouvellement de la garde-robe qui commençait à craindre un peu vu le standing du nouveau boulot) je ne dépense rien. Habitudes acquises et volonté délibérée de ne pas répondre aux sirènes du consumérisme font que, confinement ou pas, je ne sors pas dans les bistrots, je ne vais pas au resto, je ne prends jamais de vacances ni n’ai aucune dépense ostentatoire.

        Pas de gros changement, donc, en ce qui me concerne. Les dépenses contraintes restent fixes (50%) loyer inclus. Aucun crédit. Tout ce que je possède tient dans ma bagnole, qui vaut 200 balles avec le plein.

        Le seul poste à la noix, qui commence à douiller vraiment, c’est le tabac… 11h25, ça paraît une bonne heure, reste plus qu’à choisir le jour et l’année ! 😉

  5. Si je comprends bien, votre interprétation est que cet excès d’épargne est , pour partie, au moins, dû à de moindres dépenses vu le nouvel environnement dû à la crise sanitaire. Je le pense aussi … Et cet environnement nouveau ( avec, par exemple, télétravail obligatoire pour ceux qui peuvent l’exercer) ne me parait pas près de revenir à son état antérieur même si je le souhaite…

      1. je suis belge, né en mai 1952 et ai travaillé jusque septembre 2018 (carrière pour 1/2 en tant que salarié et pour 1/2 en tant qu’indépendant), soit passé mes 66 ans. ce dépassement de l’âge légal plus l’année de service militaire m’ont valu un petit bonus mensuel. ma petite épargne me permet de compléter mon budget mensuel pour vivre sans soucis mais sans dépenses extravagantes. vu les taux d’intérêts actuels, le carnet d’épargne ne me sert qu’à une chose, y placer mon épargne pour la distinguer de mes dépenses mensuelles courantes. Effectivement mon épargne croit légèrement vu la raréfaction de mes déplacements (trips à Paris, Londres etc…) moins de frais de carburants, c’est à peu près tout. Mobiliser les fonds déposés sur ces carnets ? De quoi vivrions nous alors?

        D’autre part, je m’occupe de la gestion d’un immeuble de 30 appartements (copropriétaire de l’un d’eux). ayant une expérience du bâtiment, je m’investis gratuitement dans la gestion de son entretien à court et long terme pour le bien de tous. j’en reçois en retour une reconnaissance gratifiante. faire quelque chose de gratuit aujourd’hui est vu comme de l’exploitation ou de la faiblesse . ce désintéressement financier me permets de recevoir la confiance de tous.

  6. Pour envisager de dépenser son épargne, il faut avoir pu en constituer une, et avoir « confiance », du moins des « certitudes » que le « marché » sur lequel la placer, soit porteur.

    La correspondance des courbes montrant l’épargne « d’acteurs économiques », hors dépense logement, et celle ci incluse… semble attester que le public que l’article est censé « rassurer » dans les « incitations » à dépenser son « bas de laine », est très loin de connaitre les mêmes soucis, que ceux qui, sous payés, sous protégés, sur-exploités… ont… parmi toujours plus de dépenses pré-engagées, plus qu’élevées, pour se loger… – privatisation/technocratisation.digitalisation rampante de services publics (connectivité, transport en commun dans certaines « zones… » etc) protections sociales (mutuelle de santé, etc) induisant des arbitrages dans le budget toujours plus compliqué (assurance privée…)… incluant les nouveaux « impôts injustes » (Taxes, TVA…) y affairant. Cette distinction ne semble pas être le souci dans la façon de traiter le sujet…

    Cette manière de ne pas faire de distinction, ou du moins de tenter de les rendre confuses, d’amalgamer des contradictions… devient « monnaie courante » dans les médias de masse.

    Une exemple en fut donné hier, concernant celles et ceux, pour qui épargner, est d’être une priorité, quand leurs arbitrages quotidiens, se contentent de décider s’il faut ou pas… ne pas tomber malade, du moins « suspendre » les soins leurs pathologies chroniques (sont suspendus aussi les « réformes structurelles néolibérale » de l’assurance chômage, des régimes des retraites… soit autant d’incertitudes) pour sauver l’hôpital qui essaie de sauver des vies… s’il faut ou pas baisser son salaire de 20% sacrifier leur RTT, congés payés, jours fériés, majorations d’heures sup… pour sauver un travail de « gagne petit »… un emploi « subordonné » aux propriétaires privés d’entreprises, d’actions, de « marchés »…

    « Juste une mise au point ? Ou une mise au point plus juste… ?

    Je viens d’entendre un discours qui me révolte à plus d’un titre… lorsqu’il est prononcé sur le service public audiovisuel (F5 « C dans l’air »)… Égrainant les risques qu’une crise sociale grave (et « sociétale », on l’oubli alors ?) succède, à partir de janvier, à la gestion de la crise sanitaire (qui étant gérée de façon NEOLIBERALE, qu’on se le dise, pourrait durer et durer – « stratégie du choc » oblige) une intervenante parla de commerçant.e.s, artisant.e.s… qui sombrant dans la pauvreté ne veulent pas recourir à leur droit au RSA, sous prétexte de ne pas devenir des « assisté.e.s ».

    Mettant en contrepartie asymétrique, au niveau moral, du dit discours « victimaire », que leurs employé.e.s sont garanti.e.s de toucher le chômage partiel… eux, elles… au moins… l’analyse semble s’arrêter à un amalgame ressemblant étrangement à celui que l’extrême droite et droite extrême… font régulièrement… Ce mélange des genres assimile l’islamisme, dont la connotation terrorisante actuellement, écrase la raison avec des attentats… autant émotionnels par le traitement fait par les médias de masse, qu’horrifiques dans les faits… à toutes et tous les Mulsuman.e.s, pratiquant.e.s du culte, ou seulement des mœurs… Qu’on ne se méprenne pas, ce billet ne se révolte pas contre des commerçant.e.s, artisant.e.s… honnêtes, intègres, au sens moral et éthique honorable… risquant de mettre la clef sous la porte.

    La confusion est totale dans cette comparaison faite entre des commerçant.e.s, artisant.e.s, ne demandant pas, et/ou n’allant pas demander… à bénéficier du RSA, parce que ne voulant pas paraître assisté.e.s… et les bénéficiaires du RSA dans leur ensemble complexe… Elle s’opère avec d’une part l’origine connotée négativement du mot assisté… qui donna lieu à « starifier » l’expression « d’assistanat des pauvres, gangrenant comme un cancer, la société », dont est fait ignoré aux « temps de cerveaux disponibles »… l’Histoire… Cette origine née après la crise des subprimes, dont les dettes publiques, déficits, en payent encore le prix de l’austérité, des « réformes structurelles néolibérales » … Il paraît que c’est le pib, la croissance, le « ras le bol fiscal »… qui souffrent plus que les 10 millions de citoyen.e.s -mères isolées, individus… – vivant sous le seuil de pauvreté…

    Est-ce que respecter à minima, le droit de savoir de la citoyenneté, et la neutralité, impartialité du traitement de l’info, n’a pas le devoir de rappeler qu’une réforme constitutionnelle en 2008, conditionna la distribution du droit à la solidarité (RMI, jadis inconditionnel) aux conjonctures défavorables structurelles du pib, des « marchés »… faisant des « dépenses sociales », services publics (hospitaliers par exemple), une vulgaire variable d’ajustement… ?

    La crise économique conjoncturelle actuelle, occasionnée par la « stratégie du choc » d’une gestion de celle sanitaire, que subit les commerçant.e.s… n’empêche pas la macronie… d’assister sans contrepartie des propriétaires privés d’entreprises d’actions, de la « start-up nation » (et autres plate-formes numériques Amazon, etc) qui ne sachant plus ou placer de quoi obtenir des rendements à deux chiffres, prétendent prendre des risques dans « l’ubérisation » d’activité économique qui une fois certains commerces disparus… n’auront plus de concurrents (FNAC/DARTY…), ni d’accusation de concurrence déloyale dans leur disruption de la consommation de l’économie…

    Pareillement cette dite recherche de dividende indécent, des grands groupes… de leurs actionnaires, des CSP+ en résidence secondaire, pour éviter le reconfinement… « télétravailler »… mise sur « l’ordinisation » du travail segmenté à la tâche, des savoirs privatisés, technocratisés, digitalisés et de l’emploi précarisés, supplantant la disparition des dits commerces, en prétendant « offrir » un service « salvateur », pour redynamiser les territoires (affaire du père Leclerc. Caisses automatisées de supermarchés. Supérettes de « proximité » sans personnel humain).

    La concurrence, déloyale, se joue dans un rapport de force s’opérant entre petits commerces… livrés à eux même et se battant entre eux… et d’autres obtenant un assistanat sans contrepartie (clientélisme, favoritisme, conflits d’intérêt…) lui aussi, avec des socialisations de « charges », impôts, loyers, etc.… des « subventions » pour « blanchir » l’impunité, l’illégalité, de leur pratiques discriminatoires, en embauchant leur victime… Elle n’est pas la même non plus au niveau des grande agglo, et des zones rurales, déjà désertifiées de services publics… L’explosion des loyers, jouant un rôle à part entière … des bulles immobilières en centre urbain profitent aux trucs du genre airbnb – la même plate forme numérique… louant des résidences aux CSP+ en profitant pour prospecter en zones rurales durant ce confinement, là ou les commerces disparaissant les prix du mètre carré, terrain… s’effondrent … Les baisses d’impôts sur société, de production (finançant pour partie le système redistributif des aides sociales des territoires…), de cotisations sociales patronales, la flat tax, et « l’immorale optimisation fiscale », la suppression partielle de l’ISF, s’arbitrent auprès des pantoufleurs du verrou de Bercy, de la technocratie territoriale, et leurs « secrets d’affaires »…

    Est donc confondu au fait que des commerçant.e.s… ne demandent pas le RSA… des contextes différents, des causes contradictoires, et des conséquences à dissocier les unes des autres…

    Ne sont-ce pas à dissocier par exemple dans les causes, et conséquences de ne pas demander le RSA, et la raison de qui ne le demande pas… ce que les doutes, incertitudes du « ras le bol fiscal », « poujadisme », des « bas instincts » sondés par la « DICTATURE des émotions » préfèrent ignorer, et/ou être infantilisés pour s’en foutre… de la situation réelle de la hausse des cas de NON RECOURS, « inégalités de destin » qui sont passés de 30 % avant la crise sanitaire (avant donc que l’argument de la crise sanitaire justifie et excuse des commerçant.e.s de ne pas vouloir être assisté.e.s), à actuellement 50 % des « bénéficiaires » du RSA, ne touchant aucun « pognon de dingue mis dans les minimas sociaux, qui fait que les pauvres et se déresponsabilisent »….?

    N’y a t-il pas une différence majeur à faire entre ne pas demander le RSA, parce qu’on ignore y avoir droit, personne des « donneurs de leçons de morales » s’enquérant d’en informer le « monde »… du fait de ne pas vouloir être ostracisé, méprisé, et pire… à faire valoir ce droit, quand d’autres ne le demandent pas en toute connaissance cause, celle d’être assimilés aux premiers…?

    Est sciemment ou pas ignoré et/ou occulté le fait que ce soit parce qu’ils sont dissuadés de faire valoir leurs droits, n’ont aucune « représentativité » politique pour les défendre, ont peur d’être ostracisés… alors que la majorité des cas de NON RECOURS subie les inégalités territoriales, scolaires, et des « discriminations systémiques » (discriminations impunies dans les 80 % d’embauches ne se faisant plus qu’en CDD très courtes, temps partiel subi, discriminés dans l’accès au logement et dans les brutalités commises lors de contrôles aux faciès, »manifestations interdites », par les 50 % du personnel du « monopole de la légitime violence de l’Etat » votant pour l’extrême droite)…?

    Ce discours précisé en introduction aurait-il voulu sans en avoir l’air… mépriser, stigmatiser, plus encore, les victimes contre leur gré, majoritaires, de NON RECOURS, en faisant que l’amalgame opéré pour parler de celles et ceux ne demandant pas le RSA pour ne pas paraître assisté.e.s, fasse oublier l’aspect institutionnalisé d’un dispositif voulant les dissuader de connaître leurs droits… de les faire respecter (tous les ans, ce sont plus de 10 milliards d’euros, que les « NON RECOURS font faire comme économies aux dépenses sociales ») qu’on trouverait pas meilleurs raccourci pour démontrer que le fascisme en col blanc, peut s’accommoder tout à fait des pratiques du fascisme en col bleu… et demain, qui sait, fusionner avec comme il est envisagé de faire fusionner toutes les aides sociales des plus pauvres (RSA indemnité chômage sous le seuil de pauvreté, retraite, prestation logement, familiale…) pour après leur faire payer un impôt sur revenu, en prétendant mieux lutter contre les « fraudes sociales »… ? »

    Pour l’anecdote, lors de campagne présidentielle de 2012, j’eus l’occasion de rencontrer M. A. Vidalies, qui, au cours du quinquennat Hollandais, occupera discrètement des fonctions et responsabilités, non négligeables, dans l’avènement du macronisme. Alors que militant pour le mouvement « Occupons Pôle emploi », sur Bordeaux, à l’époque, je lui demandais ce qu’il pensait d’élu.e.s (Éric Ciotti…) menant la « chasse contre les gens aux RSA », sa réponse me laissa si perplexe, que sur le moment, j’eus rien à lui rétorquer… Alors qu’il répondit en substance qu’il y a des gens qui touchent le RSA, et d’autres qui en profitent, en étant propriétaires privés de demeures somptueuses, la distinction qu’il fit, me semble de « bon sens », sur l’instant. Sauf que me laissant dans le doute, l’incertitude, se fut en fouillant un peu plus dans l’actu, les articles de presse, communiqués d’assoc, etc… que je découvris, mais trop tard donc, que la chasse menée par M. Éric Ciotti, se maquillant sous les mêmes intentions que celle énoncées si dessus, dans les actes, semblait avoir plus qu’un trou dans raquette, quand le principe républicain du « sans distinction aucune », était largement enfreint… C’est à cette occasion que je découvris la tragique Histoire des NON RECOURS.

    1. Pour envisager de dépenser son épargne, il faut avoir pu en constituer une, et avoir « confiance », du moins des « certitudes » que le « marché » sur lequel la placer, soit porteur.

      Mais non, ça c’était l’époque où on allait, à pied le plus souvent, à la banque ou à la caisse d’épargne. Maintenant s’il reste quelque chose à la fin du mois, on clique sur « Transfert entre vos propres comptes », et on met quelque chose sur le livret. Ça ne rapporte que des quantités infinitésimales, mais ça permet à l’INSEE de considérer que l’épargne est en hausse.

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      1. L’INSEE je sais pas , mais ce que le CAE appelle la  » sur épargne  » ( c’est en tous cas ce que j’avais lu il y a deux semaines ) , c’est la somme de la « sur -épargne » au sens  » caisse d’épargne » ( soit à peu près 20 milliards ) et du gonflement des comptes -courants ( soit presque 16 milliards de mémoire ) .

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      2. Comment M. Jorion ? Vous oseriez avancer l’hypothèse qu’à l’occasion de la reconduction d’un choc sanitaire, et d’une gestion stratégique d’une infantilisation « rassurante » de « nos » schizophrénies consuméristes… de « nos » problèmes hypocondriaques (sur-médication d’anxiolytiques, etc… Sont-ce pour autant hypocondriaques les plus pauvres atteints de pathologies chroniques, dont il fut demandé de ne pas tomber malade, pour sauver les hôpitaux…?)… ce serait le gouvernement, des « plates-formes numériques » bancaires, financières… qui devraient arbitrer à notre place (le mot soulager étant peut être trop connoté, alors) la rentabilité du fléchage des dépenses, qui épargnées d’un coté, parce que « jugées », trop « inutiles », « futiles », durant le confinement… reconfinement ( le peu que rapport le livret par exemple), pourraient bénéficier « en même temps » à ce « qu’il il y a de bon dans le coté obscure de la force » du « progrès » de la « start-up nation »… du « make French, great again » (Voire comment les grandes enseignes, l’industrie agroalimentaire… se sont gavés, en s’étant accaparés le « marché » de la distribution de repas… qui n’ont pas pu être fournis gratuitement, « à pas chers », par les services publics des cantines scolaires, collectivités, aux enfants de familles pauvres, modestes… Voir aussi la coïncidence « d’offres » de consoles de jeu vidéo « à pas chères », dans certaines grandes surfaces, « en même temps » qu’étaient distribuées les premières « primes » – une exception qui elle ne deviendra pas la règle – aux plus pauvres )…?

  7. Coucou,

    Toute ma vie j’ai épargné à la banque d’avoir trop de stock: je suis en rouge depuis que j’ai un compte en banque.
    J’ai appris en 2008 que grâce à mon mode de vie, la banque creait un max de pognon !
    Un expert comptable m’a dit un jour: Qui paye ses dettes s’enrichit. Je suis probablement trés riche !
    Je dépense tout ce que je gagne, ou le peu, c’est selon comme disait hollande .
    Bernard maris proposait la monnaie fondante, sans doute une idée de keynes, je ne sais plus, une idée de trés riche. J’ai bientot 60 ans, j’aurai peut-être une maison dans dix ans. Pour le moment, j’en ai la moitié. et quand je serai mort, les ruines seront à moi, comme disait coluche.

    Alors covid ou pas …

    Bonne journée

    Stéphane

    1. Mais non : la monnaie fondante de Silvio Gesell (1862-1930), un anarchiste. J’y ai consacré 5 billets en 2009.

      Quand vous ne savez pas quelque chose sur un sujet important, pensez à la fonction « Recherche » sur le Blog de PJ : 15.000 articles !

      1. Coucou,

        ok paul, j’essaierai d’y penser. Je croyais de Keynes y avait pensé pour éviter de tomber dans la trappe à liquidité, période dans laquelle nous sommes puisque l’inflation ne repart pas pour le moment, malgré l’hélicoptére bce reserve fédérale.

        j’irai lire votre point de vue.

        Bonne journée

        Stéphane

    2. Mais comment vous vous êtes débrouillé malheureux ? à la moitié de votre age je suis deja propriétaire d’une maison ainsi que d’une BMW

  8. Si on épargne c’est parce que l’on ne peut pas consommer (magasins fermés, voyages loisirs impossibles, alors que les revenus restent identiques (sauf pour les salariés précaires)
    Mais ça c’est un peu trop compliqué pour un journaliste du « Monde »

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  9. Il y a de bonnes raisons de prévoir une baisse du pouvoir d’achat , qui est d’ailleurs en route, à bas bruit, depuis quelques années (sauf pour les 1% d’accapareurs), COVID ou pas, donc de mettre de côté de quoi subsister plus tard.

    Cette baisse est d’ailleurs une excellente chose pour tous ceux qu’un déménagement très haut ou très au nord ne tente pas : https://jancovici.com/publications-et-co/articles-de-presse/moins-de-degres-et-plus-dargent/

  10. Bonjour à toutes et à tous
    Et si le confinement faisait découvrir à certains qu’il n’est pas indispensable d’avoir x vêtements de plus, des gadgets qui ne font qu’encombrer, des voyages lointains, si, coupés des sollicitations habituelles de la pub à la télé, des affiches, des promotions dans les centres commerciaux, des pages d’annonces qui ont disparues des magasines, tout cela en conséquence de l’impossibilité physique d’aller faire des achats ? Beaucoup découvrent que finalement on est plus malheureux de manquer de lien social que de « choses ». L’argent ainsi non dépensé est sur une voie de garage, en attente, une sorte de sobriété sinon heureuse, du moins acceptée ; l’abondante documentation sur les causes du changement climatique et ses conséquences encourage aussi une économie plus frugale. L’épidémie est peut-être l’accélérateur d’un changement de comportement dans les classes moyennes, qui au lieu de se dérouler sur 10 ans est accéléré brutalement. Je me doute qu’on ne reviendra jamais à la situation antérieure, de gré ou de force.
    On est en train d’ouvrir les yeux, en fait tout est à réinventer, c’est une époque formidable. Et les 800000 chômeurs de 2021 seront reconvertis dans de nouvelles activités, utiles, écologiquement compatibles et humainement souhaitables…

  11. La Covid-19 semblait vouloir diviser un peu plus le monde entre l’Est et l’Ouest, entre les jeunes entrant dans le monde du travail et les anciens qui s’en éloignent, entre les riches et les pauvres…
    Mais Ô surprise, ce petit virus serait porteur de quelques vertus nouvelles, laissant trainer derrière lui quelques soulagements insoupçonnés : ses effets anti-parasitaires actuellement à l’étude diviseraient le monde scientifique !
    Nous ne sommes pas au bout de nos surprises avec son internationalisation !

    Attention toutefois, les banques anti-covid veillent et vont vous pénaliser pour avoir fait circuler le virus.

  12. Intéressant…

    Et en valeur absolue ça représente combien d’euros l’épargne moyenne des ménages en France ?

    On peut lire beaucoup de choses dans les chiffres. Encore plus dans les pourcentages.
    Si la courbe traduit un passage de 100 à 120 euros d’épargne par mois en moyenne… une hausse de 20 euros ne reflètent pas nécessairement une inquiétude en l’avenir.
    J’aimerai bien connaître le revenu disponible moyen des ménages une fois leurs dépenses habituelles fixes effectuées (habitation, téléphonie, crédit, alimentation).

    J’imagine que comme le montre l’exemple de la ligne 4 du métro parisien, le budget minimum de chacun varie inévitablement selon la villes et le quartier dans lequel on consomme.

    Un découpage par décile serait le bienvenu car il apporterait encore davantage de précisions et élargirait le spectre des interprétations possibles de ces données.

    1. Éléments de réponses auprès de l’Autorité des marchés financiers.

      En 2019 l’épargne mensuelle moyenne des francais était de 230 € et 227 € en 2018, 230 € en 2017. 61% épargnaient en 2019 moins de 200 €.

      Donc pour au moins 61% des épargnants, une hausse de 15% de leur épargne sur les derniers trimestres représente maximum 30 €.
      Allez savoir si les gens consomment car il y a moins d’occasions d’aller dans les lieux clos comme les théatres, cinémas ou musées pour raison sanitaire ou pour économique… Je penche pour l’option 1.

      – 2019 : https://www.amf-france.org/sites/default/files/2020-02/barometre-amf-de-lepargne-et-de-linvestissement-novembre-2019.pdf
      – 2018 : https://www.francetransactions.com/spip.php?page=document&id_document=31598&id_art_doc=79044

      1. A ce bonus il faut ajouter le coût d’achat de masques, visières, thermomètres, vitamines, dtecteurs de taux d’oxygène, stocks pâtes, PQ … qui obère les économies.

        Il faut remarquer que ce nouveau pouvoir d’achat ne semble pas se diriger vers une consommation supplémentaire sur Amazon Aliexpress ou une frénésie d’abonnement Netflix, ou de forfaits télécom qui restent accessibles, témoignage d’une certaine inélasticité du besoin ressenti ?

  13. Paul Jorion : un homme de son temps, tout simplement ?
    Finalement, c’est peut-être ça un Blog optimiste : rester à l’écoute du temps qu’il fait, quoi qu’il arrive. Comme si le temps était-il lui-même optimiste par nature, en prenant les choses toujours du bon côté… vers le futur ?

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  14. EST-CE QUE JE « JUGE OPPORTUN D’ÉPARGNER » ?

    Mais Paul, il vient un âge ou il n’y a plus aucune raison d’épargner, cela en deviendrait grotesque, sauf soi bien sûr.

    Amicalement.

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