En finir avec l’utopie capitaliste…, par Régis Pasquet

Ma contribution à l’expansion de la radicalité.

Il faudra bien accepter un jour de prendre les choses par le bon bout et se résoudre à oublier ‘’un monde indigne ‘’. Le capitalisme est la cause première, entre autres ignominies, de la ruine de notre environnement, du dérèglement climatique, de l’effondrement du vivant, du pillage des ressources, de l’empoisonnement de l’eau, de l’air et des sols, de la production ininterrompue de déchets et de la misère galopante. De la misère.

Alors ne rien faire ? Et attendre au bord de nos tombes, que la camarde fauche en ricanant, parmi les sept milliards et demi encore vivants, ceux qui pourraient encore l’être ?

Nous, les êtres humains, ne sommes pas ainsi. Nous avons, je veux le croire, gagné en sagesse et nous prétendons que, ‘’prendre les choses par le bon bout‘’ consisterait, toutes affaires cessantes, pour 99 % de l’humanité à remettre l’économie et la finance à leur place, au service de la vie et des humains, dans le respect absolu de la planète, de ses ressources et de ses capacités à se régénérer.

Nous avons permis que de nombreux habitants de notre pays occupent des ‘’niches‘’ professionnelles exposées à la faillite dont ils espèrent tirer une grande part de leurs revenus ou bien dépendent de secteurs économiques instables en raison des approvisionnements et des organisations des entreprises. À l’autre extrémité du spectre, nous avons admis qu’une infime partie de la population détourne à son profit la plus grande part des richesses produites aux dépens du plus grand nombre et au risque de détruire nos territoires.

Se demander s’il pourrait y avoir un monde d’après la crise sanitaire est sans intérêt car il s’agit plutôt de nous persuader, toutes affaires cessantes, de la nécessité d’un monde d’après l’effondrement en cours du capitalisme. Le retour à un ‘’monde immonde‘’ n’est pas et ne sera jamais une option. Il vaudrait mieux dès à présent croire à cette évidence pour tracer un nouveau cadre de réflexion et d’action. De recherche et de réparation.

Cela exige d’édicter démocratiquement de nouvelles règles collectives et contraignantes qui permettront l’émergence de nouveaux rapports économiques avec les autres. Cela signifie que ce monde neuf soit entièrement tourné vers le vivant ; un monde où l’on reconnaîtra que chacun, sans exception, pourra revendiquer une juste place  et faire valoir son droit d’y vivre pleinement ; un monde qui ne sera pas un champ de bataille où s’affrontent les milliardaires et prospère 1 % de l’humanité ; un monde dans lequel l’imagination collective aidera à trouver un passage vers la sérénité ; un monde dans lequel chacun aura le droit d’exister et de recevoir tous les moyens nécessaires pour participer aux échanges, sans s’endetter ni endetter les générations à venir. Un monde où l’on répondra à cette seule question : comment, dans un système qui en aura terminé avec le capitalisme, organiser des sociétés dans lesquelles aider les gens à vivre sera l’unique et ardente obligation ?

Pour illustrer, imaginons une communauté de cent personnes, sous une menace quelconque – conflit armé, pandémie, pénurie alimentaire etc. – dans l’obligation de réparer des pans entiers de son environnement et de repenser son organisation. Elle commencera sans aucun doute par identifier les besoins vitaux de chacun de ses membres. Elle poursuivra sa réflexion en dressant la liste de ses atouts. Aptitudes et compétences des humains et ressources naturelles. Etc. Tous se forgeront alors la conviction simple que chacun peut occuper une place et participer à la satisfaction de l’ensemble des besoins. Que chacun recevra de quoi vivre. Et que ne pourront prétendre jouer un rôle ceux qui pensent pouvoir ‘’gagner leur vie‘’ en apportant des capitaux. Il faudra bien apporter des réponses sans cette facilité. Des liens se tisseront et de nouveaux aménagements verront le jour. Et cela sera vrai pour 1000 ou pour 10 000 personnes. Si nous pensons que rien de tout cela n’est possible, c’est que la vie en société elle-même n’est pas possible et pire, que la vie des hommes n’a pas de sens. Au contraire, si nous pensons que c’est ainsi que nous devons pratiquer, alors nous disposerons d’assez de sagesse pour penser une nouvelle voie et proposer un nouveau cadre.

D’ores et déjà, proclamons une Déclaration du Droit de l’Humanité  dont l’article unique prétendrait que :
« Chaque être humain naît avec le droit imprescriptible et inaliénable de vivre dans la paix et le bien-être parmi ses semblables qui auront l’obligation d’y veiller. »

Rien ne sera interdit afin que chacun ait le droit de vivre. Par contre, ses semblables, à ses côtés, devront y pourvoir et s’organiser pour qu’il en soit ainsi. Le moment est venu d’autoriser, dans la transparence et la probité tout ce qui serait de nature à permettre à chaque être humain de vivre sobrement dans la satisfaction de ses besoins.

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34 réflexions sur « En finir avec l’utopie capitaliste…, par Régis Pasquet »

  1. Bonjour,

    Winston Churchil a dit : ”La démocratie est le pire des systèmes à l’exclusion de tous les autres”
    Par analogie, je suis porté à croire que le capitalisme est le pire des systèmes à l’exclusion de tous les autres. Je sais que je vais me prendre une volée de bois vert en écrivant cela sur ce site. Mais que proposez vous à la place du capitalisme. Votre système devra être cohérent, ne devra pas nous couper du reste du monde et ne sera pas liberticide.
    Beaucoup de gens comme vous s’y sont cassé les dents dans le passé. Communisme, socialisme, anarchisme, toutes ces idées ont échouées lorsque mises en pratique; même chose pour la belle utopie des kibboutz en Israël.
    Je ne suis pas obtus. Une bonne argumentation et qui sait vous pourriez me convaincre!

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    1. Vous disposez de 10 ans d’archives pour découvrir la bonne argumentation , mais “si vous êtes pressé” , vous pouvez lire les pages PPT résumant le dernier bouquin de Paul Jorion qui viennent d’être opportunément mises en ligne .

      Si ” les gens comme vous” acceptent d’évoluer ….

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    2. Voici la citation plus complète de Winston Churchill, elle donne plus de sens :
      “Beaucoup de formes de gouvernement ont été testées, et seront testées dans ce monde de péché et de malheur. Personne ne prétend que la démocratie est parfaite ou omnisciente. En effet, on a pu dire qu’elle était la pire forme de gouvernement à l’exception de toutes celles qui ont été essayées au fil du temps; mais il existe le sentiment, largement partagé dans notre pays, que le peuple doit être souverain, souverain de façon continue, et que l’opinion publique, exprimée par tous les moyens constitutionnels, devrait façonner, guider et contrôler les actions de ministres qui en sont les serviteurs et non les maîtres.”

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      1. Merci ; il faut toujours contextualiser avant de hiérarchiser ( Mona Ozouf, historienne des Lumières)

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    3. Le monde d’hier nous a appris un certain nombre de choses, le monde de demain nous en apprendra d’autres. Nécessité faisant lois, vous y viendrez de vous-même comme beaucoup d’autres même si vous ne les percevez pas à cette heure.

    4. Il y a encore des personnes qui vivent en kibboutz (sorte de maisons de retraite-ou hôtel de villégiature actuellement) mais les kibboutz ont toujours été des structures para-militaires des bastions avancés du sionisme et de la colonisation avant et après la création de l’Etat d’Israel ils ont accompagné la politique d’apartheid depuis 1948

    1. Vaste programme en effet, mais pourquoi pas. Il faudrait pour cela qu’un parti politique le prenne à son compte et s’en serve comme plateforme électorale; si le ou les candidats sont bons et convaincants, alors pourquoi pas même si je doute un peu que le centre de gravité politique de la France se situe au niveau de ces idées.
      Mais quid des pays partenaires européens et autres avec qui la France est inter-reliée politiquement et économiquement. À part une sorte de révolution mondiale pas trop démocratique, je ne vois pas comment un tel programme pourrait se mettre en place.
      Français d’origine, je vis depuis plus de 20 ans au Québec; cela me permet d’avoir du recul par rapport à ce qui se passe en France, tout en m’y intéressant et de faire des comparaisons avec la Belle Province (comme on dit du Québec) et plus largement avec l’Amérique du Nord.
      Des franges très minoritaires et très à gauche aussi bien au Canada et qu’aux USA pourrait prendre en compte votre programme mais ils sont très loin de se situer au centre de gravité de la politique de ces pays. Alors, le grand soir, ici c’est pas pour demain!
      Si le Big One n’est pas pour demain, la réforme elle est tout à fait possible. Le capitalisme a au moins un gros avantage sur le communisme; il sait jusqu’où il ne peut pas aller au risque de mettre son existence même en péril, il accepte des limitations, des régulations pour corriger ses excès; il y va de sa pérennité. Le communisme lui en est incapable; c’est un dogme intransigeant qui se brise dès qu’on y touche.
      Le point sur lequel nous pourrions trouver un accord c’est sur la nécessité d’une réforme du capitalisme financier; encore conviendrait-il de mettre une définition sur le mot réforme.

      1. Merci des commentaires d’outre atlantique mais je ne suis pas sûr que le capitalisme “accepte ses limites” mieux que d’autres mécanismes politiques qui s’approprient terres et ressources chacun selon ses propres règles du jeu. Et toute organisation de droite de gauche et d’ailleurs, a ses “zélites” sans réelle priorité politique sinon la carrière. https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-12-novembre-2020

      2. Bien gentillette , et loin des grandeurs et turpitudes de l’Etat , cette jeune femme . Hollande , qu’elle a servi , serait plus mesuré .

  2. Il me semble que votre exposé ne prend pas en compte la dissociation entre discours et action, qui fait que les 99% d’idealistes tombent bien bas lorsqu’il s’agit d’agir. Vouloir changer sans rien céder à son confort c’est un peu cela que représente une bonne partie des 99%. Du coup on ne vote pas pour ceux qui veulent agir. Alors nous sommes collectivement responsables. Il ne s’agit pas seulement d’un problème d’élites.
    Cela veut dire aussi que votre idée d’une transformation qui est probablement réaliste en temps d’urgence extrême ne l’est plus dans une période comme la nôtre où les personnes susceptibles de voter “démocratiquement” ne ressentent pas la pression dans leur chair.
    Par contre ce que je trouve intéressant dans votre déclaration c’est qu’on pourrait décréter qu’elle serait le point de départ d’un nouveau gouvernement mondial auquel adhéraient ceux qui le souhaitent. En construisant peu à peu une nouvelle constitution on pourrait alors créer une communauté qui serait engagée dans la pratique et non simplement le discours. Une sorte de gouvernement mondial virtuel qui se donnerait pour but, le temps voulu, de remplacer les structures actuelles.

  3. Ha tiens je viens de lire le billet “POUR NOS ENFANTS, IL IMPORTE QUE CE MONDE SOIT ENCORE PORTEUR DE PROMESSES” qui résonne bien avec ce que je disais ci-haut ! C’est ce que Jung appelait la synchronicité il me semble. C’est un signe !

  4. Le capitalisme n’est pas le problème, bien qu’il soit loin d’être parfait, c’est la cupidité qui l’est. Quant à l’éradiquer…

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      1. La cupidité , le capitalisme , l’autoritarisme , les cris et la rage …sont fils de cette même attitude , marque du cerveau reptilien : la survie immédiate au prix de la mort de l’autre , du pillage des ressources , de l’accumulation des “biens” qui ” garantissent” la survie future . La réponse du corps sans le filtre des expériences et de la gestion des temps longs .

        Dans un monde où les ressources ,que l’on continue à piller plutôt qu’à transformer, sont de plus en plus disputées alors que la conscience de la finitude de la terre s’accroit , il faudra beaucoup de courage et de créativité à ceux qui tenteront de s’opposer au chaos final , dans lequel se ruent de plus en plus de peuples par le capitalisme fou ou le fascisme , tous les deux bien structurellement incapables de parer , “en conscience du réel” et ” en humanité” , aux défis du temps présent et à venir .

      2. Un régime autoritaire me parait bien plus efficace pour assouvir la cupidité d’une minorité et c’est d’ailleurs probablement pour cela qu’un humain sur trois vit encore sous une dictature. On peut critiquer le capitalisme mais il faut tout de même reconnaître qu’il est synonyme de démocratie et d’amélioration du niveau de vie de la moitié de la planète…

      3. Le capitalisme fou ( qui ne peut que devenir fou lorsque la planète ne peut plus supporter l’accumulation et la destruction qu’il sous tend ) ne peut que s’appuyer sur des régimes de types dictatoriaux pour se maintenir . Ou tenter de le faire , car dictature , capitalisme ou pas , quand le réel ne suit plus ,les doctrines n’ont plus d’effet .

        L’accroissement du niveau de vie moyen a surtout été permis par le pillage et gaspillage des ressources , et la distribution du festin a été à hauteur des inégalités conditions du capitalisme . Mais là aussi le festin est terminé et les inégalités n’en ont pas fini de se creuser .

        Je vous laisse la responsabilité de l’affirmation selon laquelle le capitalisme “est synonyme” de démocratie.

        Disons que la démocratie “libérale” ( au sens philosophique du terme ) s’accommodait du capitalisme , parce que le libéralisme ( philosophique toujours ) a laissé un ver dans le fruit de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen avec “la propriété” non explicitée et non jugulée ( et un être suprême à virer aussi ) .

        Quelques vieilleries :

        https://www.pauljorion.com/blog/2010/01/03/capitalisme-economie-de-marche-et-liberalisme/

        https://www.pauljorion.com/blog/2013/05/21/derniers-espoirs-dun-pere-et-grand-pere-par-juan-nessy/

  5. Il ne me semble pas que quelques unes et uns soient capable de changer l’ensemble de l’espèce humaine.
    Qui, d’ailleurs en aurait la prétention? Quel serait “le droit chemin” pour Tous? Comment envisager que tous soyons d’accord pour vivre équitablement, égalitairement?
    Il en a toujours été ainsi, les Hommes se déplacent sur leurs deux pattes, se battent pour en avoir toujours un peu plus et démontrer leur force à ceux qui pourraient résister. Ils s’évitent ou s’accouplent mais à grande échelle, ils ne savent pas vivre ensemble.
    Oui, l’espèce humaine gagne peut-être en sagesse mais d’une manière collective, les leçons sont rarement acquises. Nous recommençons nos même erreurs, perpétuellement, depuis toujours.
    Ils sont nombreux (et puissants) ceux qui ne pensent qu’à eux sur le court et moyen terme. Même s’ils ont bien conscience que le capitalisme aura vite atteint ses limites, ceux-là pensent autrement et ont sûrement déjà envisager une suite qui leur sera de toute façon profitable et cela au détriment du reste du monde car le reste du monde, ils s’en moquent. À leurs yeux, nous ne sommes que des consommateurs, des moutons.
    Alors quoi? Où allons-nous? Que faisons-nous? Que pouvons-nous faire?
    Vivre libre, vivre heureux et faire rayonner notre état d’esprit au plus grand nombre. Il ne s’agit pas de s’enfermer dans un individualisme borné et aveugle mais d’accepter que la vie est courte et qu’entre une naissance et une mort, nous devrions choisir ce que nous y mettons.
    La position d’une maman française est évidemment différente d’une maman vivant en pays en guerre, en manque d’eau potable, en proie au terrorisme, au dérèglement climatique… C’est sûrement plus facile pour moi, pour nous, d’écrire sur la situation catastrophique de notre planète. Et pourtant, partout dans le monde, le rêve de n’importe quel enfant est, tout simplement, “La paix et le bonheur pour Tous”. Mais l’enfant grandit et le monde dans lequel il vit lui fait oublier son rêve.
    Malheureusement, je ne crois pas au changement miraculeux de la situation mondiale, et j’aimerai me tromper profondément, et peut-être que le futur me contredira. Néanmoins, je crois en nos petites actions individeulles et collectives; l’éducation que je donne à ma fille, que nous donnons à nos enfants, mes choix de consommation, mon discours que je prône ouvertement sans penser à la critique ou au jugement de la force sociale… Je vis en territoire libre et j’aspire à vivre bien en harmonie à celles et ceux qui œuvrent pour le respect de la dignité humaine et de la nature. Nous devons choisir d’être libre. Les autres, les mécréants, les canailles, je ne peux rien pour eux, ils sont mauvais, stupides. Mais il en est ainsi, je vis sur la même planète qu’eux et je dois la partager. par contre ce que je peux, c’est les ignorer le plus possible aussi difficile soit-il puisque je suis également une femme moderne qui profite d’un système que je déplore.
    Serions-nous, ad vitam æternam, soumis à notre état schizophrénique d’humain en perdition?

    1. @Morel (11/11 à 11h28) :
      … ” j’aspire à vivre bien en harmonie à celles et ceux qui œuvrent pour le respect de la dignité humaine et de la nature.
      Nous devons choisir d’être libre. Les autres, les mécréants, les canailles, je ne peux rien pour eux, ils sont mauvais, stupides.
      “…

      Les canailles … je vois bien.
      Les mécréants par contre… ça m’intéresse..
      C’est QUI vos mécréants..?

      1. Bonjour,
        merci pour votre commentaire qui me fait me rendre compte que le terme choisi n’est pas forcément approprié. Par mécréants j’entends ceux qui ne croient pas à la dignité humaine et de la nature,. Ceux qui, tête baissée dans leur croyance capitaliste, sont bornés et aveuglés dans leurs bêtises mercantiles.
        Je ne mettais dans ce terme aucune relation à la religion chrétienne mais l’utilisais plutôt comme le synonyme de Gredin.
        Bien à vous.

  6. Ce qui meut le capitalisme c’est la concurrence. Mais cette concurrence ne s’ exerce que dans le but de vendre plus que le concurrent. Le prix, principalement, et l’ image d’ un produit importent plus que sa qualité et son intérêt réel et utile pour la personne qui l’ achète. Par souci de prix concurrentiel, les machines et les robots, non grevés de charges sociales pour la santé et la retraite, remplacent l’humain pour la production des produits. Et cela a un effet. Imaginons, à terme de ce processus, un monde ou toute la production est assurée par des machines et des robots. Ensuite posons la bonne question, qui achète ces produits? Pas les humains, qui avant recevaient un salaire pour assurer la production, salaire leur permettant de les acheter, et qui, ne le percevant plus n’ont plus les moyens d’ acheter quoi que ce soit. Même taxer machines et robots n’y changerait rien, si les taxes étaient reversées aux humains privés de travail et donc de salaire, les taxes viendraient aussi s’ ajouter au prix de vente des produits, restant toujours inachetables. Opération blanche, et effet nul. Le capitalisme tend donc vers sa perte, de par son propre principe. D’ où vient le bénéfice que le capitalisme engrange? Des salaires, dont une partie est donc prélevée. Plus de salaires, plus de bénéfices, le capitalisme est mort. Démonstration simple, mais on ne peut plus logique, de l’ aberration de ce système. Le bénéfice tue le bénéfice et ce qui s’y rapporte. Le prix, en terme pécuniaire, ne peux caractériser l’utilité d’ un produit, contrairement à sa qualité, qu’ elle soit technique, ergonomique, ou liée aux services que peut rendre le produit. En fixer un coût, en terme d’ efforts humains pour l’obtenir, peut être utile, mais que dans un but de comparaison, en terme de rapport qualité/coût. Monnayer ce coût, soit le transformer en prix, et surtout y ajouter un bénéfice, détruit à terme le produit. Je m’ étonne juste que personne n’ y ait encore pensé, tant c’ est simple. Que penser de tous les prix Nobel d’ économie? Des divagations sans rapport avec une réalité physique, la vie.

    Morel parle de la schizophrénie de l’ humain en perdition, je parlerais plutôt de la schizophrénie de l’ Homme qui ne comprend rien à l’ inconscient de cet humain en perdition. Un humain que nous ne sommes pas, et dont l’ inconscient, c’ est à dire le cerveau d’origine de cet humain, cerveau auquel nous sommes rapportés, du moins l’ une des deux entités composant cet inconscient, nous parle indirectement. Cette entité nous parle, du moins essaie de se faire entendre, parce qu’elle a besoin de nous pour déjà comprendre le dysfonctionnement qui affecte l’ inconscient, ou cerveau d’origine, et pour ensuite, la chose comprise, aider à en pallier les conséquences néfastes pour l’ humain. Ce qui est affecté par le dysfonctionnement est très difficile à saisir pour nous et pas encore fait d’ ailleurs, bien que ça puisse condamner à terme la survie de l’espèce humaine, d’ où que cette entité y rajoute des effets beaucoup plus visibles, effets qu’on peut résumer par le “mal” et qui font que l’ humain déconne, ce qui n’ est pas un but, mais seulement une information pour nous dire et signifier que quelque chose n’ aille pas comme il faudrait. Vouloir empêcher le “mal” est illusoire, sans pallier d’abord ce qui est réellement affecté par le dysfonctionnement, d’autant que ces choses palliées, le “mal” n’ ayant plus la moindre utilité pour atteindre le but, remettre l’humain sur les rails d’ un fonctionnement naturel, disparaîtrait de lui-même, n’ étant pas naturel. Par contre, nous resterons, pour continuer à pallier ce qui ne va pas. Sans ce dysfonctionnement, nous n’ existerions pas, et l’ humain serait en tout point semblable aux autres animaux, ce qu’ il était avant que n’ apparaisse ce dysfonctionnement chez un ancêtre que tous les humains actuels ont en commun, il y a environ deux millions d’ années. Tous les descendants des humains non affectés ont depuis disparu, vraisemblablement exterminés par les affectés, les derniers étant peut être les hommes de Flores, vu la très petite taille de leur cerveau. Nous étions avant chez l’humain une entité non développée en sommeil, là en cas de besoin, en secours. C’ est son développement qui a amené l’ augmentation du volume du cerveau de l’ humain. Cette soif inextinguible de savoir et comprendre qui nous anime a un but, soit comprendre ce qui soit essentiel à l’ être, pour pouvoir aider à pallier ce qui ne va pas, ce qui est notre rôle et notre raison d’ être. Je pense donc je suis, mais restait à en connaître la raison et le but. C ‘est chose faite. Nous décidons certes pour l’ humain pas mal de choses, encore que pas toutes, rien de rien de l’ Amour, ou de l’ attirance qui ne soit pas un choix, mais l’ inconscient oriente toutes nos volontés. L’ inconscient peut interdire une action que pourtant nous voulons, et qui de ce fait n’ aura pas lieu. Il faut avoir en tête que le limbique du cerveau, l’ entité de l’inconscient qui nous parle, gère le corps de l’ humain, et que toute action que nous n’ avons pas décidée vient de lui, ce qui est le cas pendant une colère, tout comme les paroles prononcées pendant. La personne en colère n’ a conscience de rien, l’ autre entité de l’ inconscient ayant anesthésié sa conscience. Si les paroles prononcées par la personne en colère n’ ont souvent aucun sens pour l’ assistance, elles en ont pourtant un très clair en rapport avec ce qui a motivé cette anesthésie, et donc cette colère. Le dysfonctionnement fait que les deux entités de l’inconscient peuvent avoir des buts antagonistes. Pour la colère, l’une par cette anesthésie, nous cache des choses, tandis que par les paroles prononcées l’ autre, le limbique, cherche à les faire connaître.

    Pour parler politique, si le communisme ne marche pas, ou que rares sont ceux qui en veuillent, c’est que si ça marchait, le fait que quelque chose ne marche pas serait nettement moins évident alors, l’ affaire étant motivée par le limbique de tout le monde. Les idées, même paraissant bonnes, n’ ont jamais fait les actes, et ne peuvent le faire que si ce qui est à pallier l’ a été.

    1. Pardonnez-moi..J’ai lu trois fois lentement (et la dernière à haute voix) votre dernier paragraphe..
      Voudriez-vous le traduire en termes compréhensibles pour un esprit simple.
      Merci.

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      1. La principale chose qui ne marche pas c’ est l’ Amour. Une autre chose qui ne marche pas est le respect de la nature. Plus de 99,8% des gens actuellement n’ ont pas droit à l’ Amour, sans qu’ ils le sachent, car tout ce qui concerne l’ Amour est inconscient. Pour info ce pourcentage était d’ environ 95% jusque vers 1880, et depuis il augmente sans cesse. Le limbique du cerveau, la première entité de l’ inconscient, le génère entre deux personnes quand les deux conditions nécessaires pour qu’ il soit sont remplies entre elles, tandis que chez plus de 99,8% des gens l’ autre entité de l’ inconscient l’ interdit sans que le limbique puisse intervenir. Le but du limbique est que cette interdiction cesse, et il a besoin de nous pour ça. Ce que je veux dire c’est que si un bon communisme avait cours dans la société, presque tout le monde trouverait que tout soit bien, ce qui ne serait pas le cas, le communisme, système politique, n’ ayant aucune action sur l’ Amour qui continuerait d’ être interdit. Pour Le limbique qui veut absolument que tout le monde puisse constater que ça n’ aille pas, puisque l’ Amour ne marche pas, le communisme est de ce fait contre productif, car avec lui beaucoup de choses iraient mieux, voire beaucoup de gens trouveraient que tout aille bien. Il faut savoir et comprendre que le limbique gérant le corps de l’humain, sensations, goûts, attirances entre personnes, et d’autres mécanismes, inconscients donc, qui, eux, fonctionnent bien, oriente par eux nos volontés dont il fait pratiquement ce qu’ il veut. Nous pensons décider, mais c’ est le limbique qui, orientant nos décisions, décide. Le jour où l’ interdiction de l’ Amour sautera pour pratiquement tous les humains, et si la nature est quasi respectée, le communisme n’ aura plus aucun mal à être souhaité par pratiquement tous, et être mis en bonne pratique. En attendant c’est peine perdue. L’ état est impuissant face à la finance, très manipulatrice, le limbique chez les financiers étant à la manoeuvre, tout comme il l’ est chez tout le monde. Ce que la religion appelle le “mal” est un outil utilisé par le limbique, non comme but, mais comme information disant et montrant que ça n’ aille pas, et pour rien d’ autre. Sur cet outil, ni les lois de la religion, ni celles de la république n’ ont d’ action efficace. Nous pensons, avons des idées, mais les actes viennent du limbique et de l’autre entité de l’ inconscient. Il y a une bonne question à se poser, imparable, pour commencer à accepter une réalité pourtant assez invraisemblable. Si nous ne décidons de rien de rien de l’ Amour, qui n’ est pourtant pas rien, voire d’ importance, sinon la littérature n’ en serait pas pleine depuis toujours, et plus que de toute autre chose, pour quelle raison pourrions nous décider du reste?

  7. Je sais bien que j’écris sur “le blog le plus optimiste du monde occidental” mais je dois avouer avoir du mal à l’être. Aussi loin que je me retourne sur l’histoire de l’humanité, qui est largement celle de la cupidité et de la stupidité selon Stephen Hawking, je ne vois que la domination du plus grand nombre par le plus petit à des fins matérielles, quelques soient les civilisations, qui ont toutes une fin. Nous savons “officiellement” depuis le rapport Meadows de 1972 que nous courrons à l’effondrement de notre société thermo-industrielle à l’horizon du XXI° siècle et nous n’avons rien fait pour l’éviter : “business as usual”. Pire : nous avons aggravé la situation, comme s’il fallait prendre tout ce qui restait avant qu’il n’y ait plus rien. Et quand je dis “nous”, en l’occurrence, je vise clairement l’oligarchie économico-politique mondiale (les “capitalo-fascistes” d’Hervé Kempf) que je tiens pour seule responsable de ce que nous vivons. Car c’est bien elle, cette oligarchie, qui nous dirige droit dans le mur, et on ne peut pas à la fois être dirigeant et irresponsable, encore que l’actualité prouve le contraire. Les masses, dont nous faisons partie, ne font que suivre la voie que les dirigeants tracent pour elles, et “pour son bien”, évidemment. Or, jamais auparavant cette oligarchie n’a eu autant de moyens à sa disposition pour contrôler, manipuler et soumettre les populations, et tandis que les médias ne cessent de nous expliquer combien nous sommes en danger à cause d’une chauve-souris, discrètement, la société glisse vers un État policier (cf. par exemple : https://www.laquadrature.net/2020/11/06/securite-globale-la-police-fait-la-loi/). “There is no alternative”, c’est “le grand incendie” (https://youtu.be/dXLH5aTn6Fk).

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    1. Salut Wang !

      Je dois que oui : https://www.youtube.com/watch?v=3w5cwBrvtf4

      Je suis à la recherche du mouvement de ceux qui veulent arrêter de continuer à casser des cailloux comme des glands, quelqu’un connait ? Je sais que Philippe S, est dans cette mouvance il me semble par ouïe dire, mais il me semble que nous pouvons commencer à réellement nous agréger pour former un caillot qui fera faire un AVC au système. Ca ne demande aucun effort particulier, mais je dois être honnête cela peut entraîner la mort par manque. M’enfin aussi, faut être prêt à mourir pour ses idéaux sinon autant trader des crypto-monnaies ou des actions. D’ailleurs, ce truc est assez marrant le trading sur les crypto, le nouvel eldorado de la finance, des gains tout simplement hallucinants, très risqué, mais dans le mouvement de dingue en ce moment, moi même, c’est indécent, j’ai presque honte, je vous parle d’un facteur 10 en simplement 30 jours … Bref. Quelqu’un parlait de cupidité quelque part il me semble ici. Comme si le système ne vivait pas essentiellement là dessus ! LOL.

      1. Si Clo Clo pense à la mort , c’est vraiment que le système va changer sous les contraintes d’environnement , par obligation .

      2. Bonsoir CloClo,

        Merci pour le lien ! Je vois que Monsieur a des références 🙂 Je ne vois pas qui est “Philipe S” (j’imagine que ce n’est pas feu Philippe Séguin), mais j’en connais pas mal qui ont arrêté de “casser des cailloux comme des glands”, bien que la majorité continue de le faire (la force de l’habitude, sans doute…). Et ça ne date pas d’hier : Paul Valéry en 1919 (https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/paul-valery-poete-d-etat-de-la-225834), Günther Anders en 1956 (https://www.lelibrepenseur.org/lobsolescence-de-lhomme-par-gu%CC%88nther-anders/) ou encore, tout fraîchement, ce documentaire : https://vimeo.com/478354841. À voir tant que c’est possible, histoire d’élargir le débat. Il y a d’ailleurs un passage très intéressant sur les crypto-monnaies vers la fin… Et oui, Juannessy, selon ledit documentaire, il semblerait bien que le “système” va changer, et pas qu’un peu (https://www.weforum.org/great-reset) !

      3. @Wang :

        Le Philippe S. en question , c’est une Philippe du blog avec S. pour STOP ( arrêtez tout) . A force d eprêcher dans le désert , il y est resté et il ne doit plus rester que son squelette que les urubus et les vautours se disputent .

        Clo Clo a le langage fleuri , mais au moins il met ses propres mots et développements sur son type .

        Quel serait votre propre expression de votre pensée , plutôt que la collection de citations et liens que vous donnez ?

  8. Bonjour Juanessy,

    Merci pour la précision concernant Philippe S. Avez-vous consulté ” la collection de citations et liens” que j’ai donné ? Si oui, à l’exception du dernier (qui n’est plus actif…), ils expriment ma pensée. La citation de Paul Valéry est extraite de “La crise de l’esprit”, texte de 1919 que je tiens pour visionnaire (https://www.babelio.com/livres/Valery-La-crise-de-lesprit/1002291 ; désolé pour ce lien supplémentaire), de même que l’extrait de Günther Anders qui me paraît exactement décrire l’époque que nous vivons. Mais pour répondre à votre sollicitation, je considère que nous assistons et sommes victimes ou otages d’un “Grand Bon en avant” capitalo-fasciste planétaire qui exige le contrôle strict des populations à base de propagande et de surveillance de masse (sur ce dernier point : https://www.laquadrature.net/ ou https://www.babelio.com/livres/Snowden-Memoires-vives/1162306 ; mince, encore des liens). Qui plus est, je ne crois pas que “le système va changer sous les contraintes d’environnement , par obligation”, comme vous dîtes, mais plutôt que ces contraintes étaient et sont l’une des conditions indispensables au basculement dans “le Monde d’après”, comme la lutte contre le terrorisme ou les pandémies.

    1. Merci de l’écho .

      En somme ” vous ne croyez pas ” ce que vous pensez et dites vous même , puisque nous sommes d’accord pour considérer qu’on ne change que sous la contrainte !

      Mais j’ai bien compris que nous divergeons par contre sur les causes et les effets , car vous penchez pour dire que les contraintes d’environnement ( je visais de mon côté uniquement les contraintes physiques des ressources terrestres et de conditions physio-biologiques de survie ) poussent à un monde capitalo-fasciste , alors que je suis à la fois plus pessimiste et optimiste que vous :
      – pessimiste car je suis sur qu’un monde capitaliste ou fasciste ( je fais la différence même si les deux sont compatibles ) , ne peut rien , au contraire , contre l’épuisement des conditions de survie terrestre ,
      – optimiste car je pose que ces conditions d’environnement ( toujours strictement et tragiquement de la réalité ” matérielle” ) n’ont d’autre issue que par des voies plus vertueuses telles que celle rappelée au crédit de notre hôte .

      PS : je connais Paul Valéry et ça n’est pas par hasard que je l’avais cité en exergue dans un vieux billet .

  9. Bonsoir,

    Non, pas tout à fait : je ne pense pas qu’on ne change que sous la contrainte puisqu’on peut à l’opposé changer par adhésion à des idées ou à des projets, notamment de société.
    Ainsi, nos dirigeants auraient pu adhérer aux conclusions du rapport Meadows en son temps, d’autant qu’ils l’avaient eux-mêmes commandé, et corriger leur modèle de développement en conséquence de façon à ne pas risquer de compromettre les conditions de vie des générations futures. Mais ils n’ont pas fait ce choix.
    Au contraire, ils ont délibérément choisi de privilégier leur intérêt matériel immédiat et de conserver leur modèle en niant ce risque, qu’ils ne pouvaient plus ignorer, pour continuer de s’enrichir et d’étendre leur pouvoir sur l’ensemble de la planète en exploitant hommes, bêtes et plantes, jusqu’à provoquer la sixième extinction de masse par leurs activités.
    Maintenant que nous sommes au bord de l’abîme, ces mêmes dirigeants se présentent comme les seuls sauveurs possibles avec leur modèle 2.0 qu’ils imposent * parce que, encore une fois, “there is no alternative” : c’est leur ordre ou le chaos qu’ils ont eux-même organisé.
    Mais quid de la justice, de leur responsabilité sociétale, sinon pénale, et pourquoi leur faire confiance ? Parce qu’on n’a pas le choix et qu’ils disposent du “monopole de la force légitime”. C’est le grand triomphe du capitalisme néo-libéral “en marche”, si j’ose dire… Quelle honte, quel scandale et en même temps bravo : un coup de maître.

    * The Globals Goals (https://www.globalgoals.org/), The Great Reset (https://greatreset.com/), Pionneers of Change Summit (https://www.weforum.org/events/pioneers-of-change-summit-2020).

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