21 réflexions sur « Noël matérialiste, par Chantal Montellier »

  1. Noël matière à liste,
    Saint-Sylvestre confiné,
    Feu de paille et gueule de bois,
    Discours utopistes et grandes résolutions,
    Pour éclairer les tréfonds de notre déni.

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  2. Bonjour madame,
    Je suis un petit enfant qui ne comprend pas bien ce que vous avez voulu dire avec votre dessin. J’ai demandé à mon papa et à ma maman, et puis à mon bon papy et ma bonne mamy mais ils ne comprennent pas non plus. Alors, comme je n’avais pas de solution, j’ai envoyé une lettre au père Noël pour savoir s’il pouvait m’expliquer… J’attends le 25 décembre avec impatience. Est-ce que vous pensez qu’il déposera une enveloppe pour de vrai dans mon petit soulier?

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    1. — Mon cher enfant, Vous avez demandé au Père Noël des sous tous les mois ! Sous forme de salaire ou de retraite pour des grandes personnes. En plus je vois que vous portez tous des vêtements de luxe, petit luxe j’en conviens, mais avec des marques quand même. Et vous avez en main un jouet de marque également. Je vois que vous n’avez rien compris.
      Ecoutez, moi le père Noël j’apporte du rêve. Et rien qu’une fois par an. Je n’ai pas la mission d’apporter du quotidien pour se nourrir et pour se soigner. Le rêve apporte du bonheur : votre papa jouit d’une voiture qu’il paye chaque moi. Votre papa n’a plus sa voiture qu’il a mis au fossé parce qu’il avait trop bu, mais il continue de la payer. Mais il ne faut pas parler avec moi de payement, ce n’est pas mon problème ni le vôtre.
      Avec moi, ce qui compte ce sont les marques. Vous voyez les marques ici sur le mur et sur vos vêtements. Cela apporte une dimension supplémentaire de rêve. Imaginez une vie sans marque, ce serait comme une belle à qui il manque un oeil, non vous ne pouvez comprendre, ce serait comme un jour sans pain. Imaginez une famille avec une voiture d’occasion dont on ne peut payer le carburant, imaginez des puzzles de Leboncoin auxquels il manque un pièce sur 500. Vous devez rester dans le rêve, mon enfant, rêver que les retraites ne sont pas diminuées, que le chômage va reculer, que vous aurez des chances de partir en vacances. Rêver c’est être optimiste, être pessimiste c’est le matérialisme, cela ne fait pas rêver. Regardez moi qui plane dans le ciel avec un traîneau et des rennes, alors que je pourrais être encore vivant dans un tonneau sur une place d’Athènes. Bien sûr j’étais au soleil alors que je suis dans la neige, mais faut pas trop demander. Bien sûr je dois en exploiter d’autres qui font les cadeaux à ma place, mais ils vous expliquerons cela plus tard.
      — Non, je sais déjà tout en lisant le blog de Paul Jorion. Mais je voulais une retraite pour mes grands-parents et un salaire pour mes parents. Vous comprenez ?

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      1. Chabian, vous pouvez vous vanter de m’avoir fait rire, et Diable comme j’en avais besoin !! MERCI. Bises de Noyel de la « gueuse » ostracisée que je suis, (berk? comment ça berk!?)

    2. Ca dépend, si ton soulier est vernis ou pas, le père noyel capitaliste n’aime pas les souliers des enfants de gueux qui puent, et ne met jamais rien dedans à part des épines et des ronces. C’est comme ça, c’est la vie petit con! Alors demande à tes parents pour qui ils votent et surtout combien ils gagnent de pognon chaque mois, au lieu de venir m’emmerder avec tes questions débiles. Signé= La fée Carabosse. (LOL !)

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  3. Superbe critique stylisée comme toujours Chantale Montellier.

    A ce propos…?

    « Je viens de découvrir une pub de la « Grande enseigne Intermarché », qui surfant sur le pathos, en profitant de « l’aubaine » d’une crise sanitaire, « offre » à la « demande » de sa clientèle l’occasion de se rendre compte de ce que vivent les personnels des services publics hospitaliers, sauvant les vies d’un de vos proche, et de le remercier, en cuisinant pour eux des plats, lors de la sorti du patient ayant été sauvé…

    La sensiblerie télégénique et cultuelle (cette pub sortant lors des fêtes de Noël) jouant à fond dans la décérébration, devrait-elle faire presque oublier, que des cantines collectives, proposant des repas, variétés de menus quotidiennement aux soignant.e.s ,docteurs, profs… et familles en visite… dont du personnel de la fonction publique – pour les grands centres hospitaliers en étant équipés… – œuvre à satisfaire autant la demande du personnel hospitalier, etc. que celle des patient.e.s en fonction de régimes divers… que la lobotomie généralisée ne serait-elle pas mieux atteinte… ?

    Faut-il être lobotomisé jusqu’à la déraison, pour ne plus garder à l’esprit, que faire ses courses dans les « grandes enseignes » de la distribution alimentaire, pour remercier en cuisinant des petits plats, en « offrandes » distribuées au personnel se vouant à servir l’intérêt général, à sauver des vies… flatte peut être « l’égo » – dans la réalité subjective, augmentée, optimisée immoralement – d’une partie de la fonction publique (qui fut applaudie fut un temps aux bacons et fenêtres avant d’être tabassée lors de manifestation), mais engraisse surtout en réalité objective, les actionnaires, CSP+, propriétaires privés de titres, salaires variables, stock-options, etc.… assistés sans contreparties… ?

    Il est certain que cette pub n’aurait pas pu voir le jour lors du premier confinement, ou était applaudi aux fenêtres et bacons, ce personnel, devant opérer un « tri sélectif » façon « Darwinisme social » (ou du ventre…?) des patient.e.s à sauver atteint.e.s soit de facteurs multiples de comorbidité – et de la covid-19 – et celles et ceux dont les pathologies chroniques, sont de moins en moins soignées, lors des pics de saturation de ses « capacités d’accueil »… disons que l’indécence n’a meilleurs valeur, que si elle dépasse les limites de la morale et de l’éthique.

    D’autant plus que lors de ce premier confinement (mais celui actuel, « couvre feu »… leurs permets d’envisager des « étrennes de Noël », conséquentes) seules les « grandes enseignes », leurs actionnaires, les CSP+ et « grands patrons » confinés en résidences secondaires, se sont gavés de dividendes obtenus au cours de « l’effet d’aubaine » leur ayant offert la privatisation de la distribution de repas gratuits, à pas chers, aux enfants de familles pauvres, modestes, par d’autres services publics, les cantines scolaires territoriales… et de la distribution de repas pour leurs parents en activité, pris dans les restos, bras brasseries, cantines d’entreprises, « offrande » faite sur un plateau d’or massif…

    Leur spéculation sur la hausse ou baisse (pénuries, problèmes d’approvisionnement) des stocks gérés en flux tendu, et des prix, de masques, gel hydro-alcoolique, gants, blouses, médicaments, vaccins, respirateurs, places de lits de réa, denrées alimentaires… et donc ses paris ayant empêché de sauver des vies… ne les ont pas non plus fait perdre le sommeil… »

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    1. Costaud, comme d’habitude, Pierre… Merci! Sinon, la Chine va très bien merci. ( Vous avez écrit bacon au lieu de balcon, vous avez faim?)

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      1. J’ai si faim de prendre une revanche sur l’hypocrisie mercantiliste, sur le cynisme de la communication de l’individualisme sacralisé… sur l’immondice consumérisme prêt à toutes les vilénies, tromperies, tricheries pour être béatifié, que j’en mange des lettres au passage de fautes… écorche des mots, jusqu’à en dévorer leur sens…

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        1. Quoiqu’il en soit ce que vous écrivez reste beau et fort. Quand à moi je ronge ma patte, mais vous embrasse. Chan.

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  4. Dans le système capitaliste actuel, où la finance est devenu le seul moteur de croissance , la valeur travail a perdu tout son sens, alors pourquoi s’embarrasser de travailleurs ?
    Quant aux retraites, dans ce même système, elles sont un poids insupportable, pensez-donc, payer des gens qui ne sont plus productifs, qui ne seront plus jamais des premiers de cordée et qui coûtent un pognon de dingue !
    Alors merci Chantal de faire appel au père Noël pour faire changer tout ça, mais j’ai comme un doute, faudrait peut-être envisager d’autres moyens, moins softs !

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    1. Oh! que oui, l’Arsène, faudrait imaginer..!, mais je crains qu’il ne soit un peu tard… Mais en même temps (sic) « mieux vaut tard que jamais », et puis, comme Micron a le Covid…/…

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  5. Comme quoi même les enfants manquent d’imagination (disons qu’elle est à la mesure de celle de leur entourage, déterminisme social oblige)…

    Moi pour noël je voudrais l’abolition du capitalisme.

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  6. MƎRCI Chantal pour cǝttǝ bǝllǝ invǝrsion dǝs valǝurs rǝprǝsǝntǝǝ par cǝttǝ invǝrsion dǝs lǝttrǝs E !

    Des adultes en général, un père-Noël Coca-Cola (j’aime le rappel en bas à gauche) en particulier, qui tous ne devraient être que soucieux d’éduquer les enfants dans le non matérialisme mais qui, les uns, payent des vêtements de marque à leur fille alors qu’ils n’ont pas assez pour vivre, l’autre montrant ostensiblement le doigt vers le mur de logos. Et une gamine qui ne souhaite uniquement que ses parents et grands-parents puissent vivre dignement.

    Petite pub pour une amie chanteuse : https://www.youtube.com/watch?v=0KgaueR3j7c

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  7. Je ne sais pas qui il faut le plus blâmer : le père Noël hypocrite néolibéral , ou les parents et grands parents qui s’en remettent à une gamine pour se soucier de leur sort , de consumérisme , de libéralisme et de visions à long terme , à l’âge où elle ne devrait que se nourrir de découvertes et de soif d’être , plutôt que de s’inquiéter de ses vieux ( lesquels vieux actuels étaient tout heureux de recevoir pour Noël , dans leur prime jeunesse , une orange et parfois des  » papillotes » , presque héritage des saturnales romaines )

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    1. Ah oui, c’est vrai, je recevais une orange et des papillotes, moi aussi! Et puis , parfois, un jouet. Une poupée ou un petit ours en peluche. Je n’en ai reçu qu’un seul d’ailleurs, couleur châtaigne avec des yeux en verre légèrement dorés. Je lui avais noué un joli ruban mauve autour du cou et je l’avais prénommé Joseph… Pourquoi Joseph ? Comme le petit père des peuples dont j’ignorais alors l’existence? Non, plutôt comme le mari de la sainte Vierge, mère de Jésus. Bref, deux histoires de fous pour les enfants un peu niais que sont les peuples. Mais ça branle de plus en plus dans le manche, la crédulité a elle aussi ses limites. Baci. Chan.

    1. L’espoir fait vivre dit-on, mais sait-on jamais… Quoiqu’il en soit ce sont des bonnes paroles, et si les actes suivaient ce serait une petite lumière dans la nuit de ce Noël si triste.

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