La Tribune, « La fronde des petits porteurs à Wall Street est un combat perdu d’avance » (Paul Jorion, anthropologue), par Éric Benhamou, le 4 février 2021

« La fronde des petits porteurs à Wall Street est un combat perdu d’avance » (Paul Jorion, anthropologue)

L’affaire GameStop et son retentissement médiatique renvoient à des questions de fond, comme les mécanismes de fixation des prix ou les rapports de force sur les marchés. Le poids des petits porteurs, à la fois faible mais potentiellement grandissant avec les réseaux sociaux et les plateformes de courtage sans frais, semble s’entrechoquer avec les fonds d’investissement passifs et alternatifs, en très forte croissance, chacun étant persuadé de sa force respective. Paul Jorion, ancien banquier aux Etats-Unis, et auteur de nombreux ouvrages sur la crise financière de 2008, analyse pour La Tribune ces nouveaux rapports de force et leurs conséquences sur le fonctionnement sur les marchés.

L’irruption des petits porteurs, via les réseaux sociaux et les plateformes de trading sans frais, marque-t-elle une rupture dans le fonctionnement des marchés ; particulièrement à Wall Street ? 

Des petits investisseurs commencent à gagner beaucoup d’argent en se mettant d’accord sur des forums sur l’achat ou la vente d’une action. Cela fait plusieurs mois que cela dure. C’est une tactique très dangereuse car il vient toujours un moment où il n’y a plus d’acheteurs pour des prix de marché surfaits et la bulle se dégonfle. C’est ce qui semble d’ailleurs se passer sur GameStop. 

C’est d’autant plus dangereux qu’une immense majorité de ces boursicoteurs, qui intervient sans doute de bonne foi, ne comprend pas vraiment comment fonctionnent, en réalité, les marchés et par quels mécanismes se fixent les prix. Il faut pour cela une solide culture financière et économique, qui fait évidemment défaut sur ces réseaux sociaux. Rappelons simplement que le prix d’une action repose avant tout sur une actualisation des flux financiers futurs, dividendes ou cash flow, qui détermine une valeur économique (fair value).  Par ailleurs, le jeu de l’offre et de la demande peut faire s’écarter, dans un sens ou dans l’autre, le cours par rapport à cette valeur économique, mais en général dans des proportions raisonnables. Dans le cas de GameStop, nous avions des manants contestataires qui estimaient la valeur de l’action à 400 dollars alors que sa valeur économique oscillait plutôt autour de 2 dollars. C’est bien évidemment une situation qui ne peut perdurer et je crains beaucoup de désillusions ! L’ajustement sera forcément brutal. 

Mais l’union fait généralement la force. Ces forums ne peuvent-ils pas instaurer un nouveau rapport de force sur la fixation des prix ? 

Pour ce qui est d’un des deux mécanismes de la fixation des cours : l’offre et la demande, que l’on qualifie de « spéculative » à la Bourse, mais pas pour l’autre, celui de la valeur économique, que l’on appelle là, les « fondamentaux », ce qui signale la préférence dont il bénéficie. On ne fera pas changer d’avis « les marchés » sur le fait que 400$ pour l’action d’une compagnie qui périclite ce n’est pas raisonnable, alors que 2$, oui. Il y a, je le répète, beaucoup d’investisseurs de bonne foi, mais aussi des investisseurs, souvent avertis, qui jouent sur des logiques de bulles et de spéculation, pour revendre aussitôt au meilleur prix.  Et il y a aussi beaucoup de gens qui s’imaginent ressusciter le mouvement « Occupy Wall Street », qui se voient comme des black block de la finance. Ils ne se rendent pas compte qu’ils ont en face d’eux des professionnels de la finance qui raisonnent à partir de la valeur économique des actions, mais aussi des intervenants dans toute la chaîne de la finance qui raisonnent de cette manière, notamment les chambres de compensation et les régulateurs. La chambre de compensation dont relève la plateforme Robinhood (Robin des bois) n’a pas ainsi hésité à relever ses appels de marge et à réclamer 2 milliards de dollars de fonds propres supplémentaires, à partir d’un simple calcul entre la valeur économique (2$) de GameStop et son cours (400$). De quoi remettre le courtier dans le droit chemin ! 

Le combat de David contre Goliath est donc, selon vous, perdu d’avance… 

Nous sommes dans un malentendu total et cela risque d’aller de mal en pis : dans l’esprit des petits, des manants, il s’agit d’abattre les vauriens que sont les fonds spéculatifs, et Wall Street en général, et ils dénoncent les chambres de compensation et les régulateurs qui cherchent très raisonnablement de leur propre point de vie, à assurer la survie des marchés. Le seul moyen, à mon sens, pour créer un réel contre-pouvoir pour ces petits porteurs, serait qu’ils se forment sérieusement à la finance. Malheureusement, on n’apprend pas la finance dans les livres, mais seulement sur le tas ! Alors, oui, la lutte entre le prix spéculatif d’une action (dont sont partisans les manants contestataires) et sa valeur économique (dont sont partisans, les gros), est un combat perdu d’avance. 

Pourtant, de nombreux professionnels s’interrogent eux-mêmes sur la valorisation des marchés actions et l’existence de bulles financières… Peut-on encore valoriser une action alors que les taux à zéro, voire négatifs ? 

Il est clair qu’il devient de plus en plus difficile de valoriser une action avec les mêmes outils. Avec des taux négatifs, la préconisation de la monnaie fondante de l’anarchiste Silvio Gesell s’est matérialisée. Un signe très inquiétant pour le système capitaliste dans son ensemble ! Et le baromètre des marchés boursiers est cassé. Car plus les taux sont bas, plus la valeur actualisée des flux et des dividendes à venir est élevée. Quand les pros des marchés boursiers ont cessé de savoir comment valoriser une action, comment voulez-vous expliquer aux manants. contestataires quelle est sa « vraie valeur » ? Surtout sur des sociétés manifestement moribondes. Il faudra bien que les marchés financiers trouvent de nouveaux repères. 

Il est clair que le système financier dans son ensemble est plombé depuis longtemps par la chute de la rémunération du capital, ou plus exactement, par l’absence de rémunération du rentier. C’est dire que le capitalisme est atteint dans son principe même. Le ver est dans le fruit et les bulles financières ne sont qu’une des manifestations de la maladie. En arrière-plan des taux négatifs, ce qui ne fonctionne pas, c’est la politique monétaire expansionniste des banques centrales, mise en œuvre bien avant la crise de 2008, et qui repose sur un postulat qui s’avère faux : celui que l’argent donné aux banques finance l’économie. Nous sommes dans le mirage de la théorie du ruissellement, qui n’a jamais été démontrée, ni par la science économique, ni par les faits. L’argent donné aux banques reste dans les banques qui l’utilisent pour des « paris directionnels » (la spéculation) et alimente les bulles financières.  Tous ces déséquilibres apparaissent en surface à l’occasion de la fronde des investisseurs contestataires. 

Comment expliquez-vous la quasi-absence de réaction des autorités de régulation ? 

La SEC (le gendarme de la Bourse de New York) a un nouveau patron, Gary Gensler mais qui n’est pas encore entré en fonction. C’est un homme à poigne, qui s’est fait une solide réputation d’interventionnisme quand il était à la tête de la CFTC, le régulateur des instruments financiers dérivés. Gary Gensler va réagir, c’est certain. Mais sa marge de manœuvre sera étroite. Le mythe ultra libéral est toujours dominant et repose sur l’idée que tout cours d’une action est forcément le bon puisqu’il résulte de la loi du marché « omniscient ». Un interventionnisme excessif de sa part, notamment sur les ventes à découvert ou sur les courtiers gratuits, pourrait renforcer les manants contestataires soutenus par Robinhood (Robin des bois) dans leur conviction que le système est truqué en faveur seulement des gros. Ce qui n’est pas très bon en ces temps de défiance avancée dans la population sur la manière dont fonctionne le système au sommet. Mais, malgré tout le sheriff va arriver. Son rôle c’est d’exercer la justice. Chacun est curieux de voir comment il s’y prendra. 

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53 réflexions sur « La Tribune, « La fronde des petits porteurs à Wall Street est un combat perdu d’avance » (Paul Jorion, anthropologue), par Éric Benhamou, le 4 février 2021 »

    1. Gilles Mitteau il est excellent, très bon et très pédagogue. Ses vidéos sur le réchauffement climatique, la croissance et le capitalisme sont également très intéressantes. Il s’appuie pour cela sur les travaux d’Antonin Pottier qui a notamment écrit le livre « comment les économistes réchauffent la planète » dans lequel il explique que William Nordhaus (prix Nobel d’économie) a sous-estimé, dans ses travaux le coût socio-économique du réchauffement climatique.
      Je recommande aussi fortement cette vidéo récente de Gilles Mitteau dans laquelle il met en exergue certains points faibles de l’analyse d’Eugène Fama (prix Nobel d’économie lui aussi) qui fait l’hypothèse que les marchés financiers sont efficients.
      https://www.youtube.com/watch?v=zRPiNFhkb0w&t=2463s
      Après, il y a heureusement d’autres prix Nobel d’économie dont les analyses sont plus robustes ou exactes comme Lloyd Shapley par exemple.

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      1. Lloyd Shapley est le pionnier de la théorie des jeux coopératifs. Mr Jorion si jamais vous lisez mon commentaire, je ne sais pas si vous connaissez cette branche de l’économie. Récemment, Gaël Giraud a expliqué, au regard de la crise de la Covid-19, qu’on pourrait utiliser (ou du moins s’inspirer de) la valeur de Shapley pour réduire les inégalités. Chacun serait alors rémunéré au regard de sa contribution sociétale. Les infirmiers et les infirmières, par exemple, verraient leurs salaires progresser tandis que ceux dont les salaires sont trop hauts verraient leurs salaires revus à la baisse. Dans la pratique, il serait néanmoins assez difficile de calculer la valeur de Shapley de chacun des métiers (cela demanderait un travail considérable et ne pourrait être réalisé que grâce à un logiciel…).

          1. N’exagérez pas trop quand même :). Vous auriez le salaire de ce que la valeur de Shapley attribue à un professeur d’université je pense. Avec l’idée de Gaël Giraud il y aurait moins de dispersion dans les revenus qui seraient beaucoup plus proches les uns des autres. La théorie des jeux coopératifs montre que les solutions dans lesquelles les joueurs collaborent entre eux sont meilleures et plus équitables que les solutions individualistes (prônées par les ultra-libraux).

            1. « Avec l’idée de Gaël Giraud il y aurait moins de dispersion dans les revenus qui seraient beaucoup plus proches les uns des autres. »

              J’ai le sentiment que ce serait tout le contraire. Voyez dans une entreprise moyenne : les 20% du personnel qui font 80% du boulot, en ce moment, ils sont rémunérés de la même manière que les autres, disons 3.000 €. Si on applique la valeur de Shapley, ils se partageront les 80% des rentrées, donc leur salaire passera à 12.000 €, et les autres verront leur salaire divisé par 4 : 750 €.

              C’est maintenant qu’il y a mutualisation de fait, que les moins bons bénéficient de l’apport des meilleurs.

              Ce qu’il y a c’est que ce seraient d’AUTRES que maintenant qui seraient les riches et les pauvres.

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              1. Oui mais si on appliquait Shapley il y aurait beaucoup moins d’incitations à être égoïste car l’égoïsme serait très peu rémunéré contrairement à l’altruisme et au fait de jouer collectif. Donc ça permettrait de corriger certains comportements. On peut logiquement penser que certaines activités prédatrices seraient abandonnées ou diminuées par l’homme car leur rentabilité serait beaucoup plus faible.

                1. On joue « perso » dans le milieu académique et en politique (cf. House of Cards) parce que c’est un zero-sum game : « si tu gagnes, je perds », mais on joue collectif dans le milieu des affaires parce que chacun peut contribuer à améliorer le chiffre d’affaires et la part de marché de la firme.

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              2. Ok je vois ce que voulez dire. Ça ferait aussi que certaines personnes seraient toujours peu payées comme les SDF par exemple ou les gens qui sont en difficultés… Par contre, beaucoup de métiers comme les équipés du Mc Do, les enseignants, ou les infirmiers verraient leurs situation s’améliorer. Ça n’apporte pas la solution parfaite vous avez raison. Mais il y aurait quand même une meilleure répartition des richesses. Il ne faut pas raisonner uniquement au niveau d’une entreprise mais de la collectivité. Les agriculteurs verraient leur situation s’améliorer tandis que les rentiers auraient moins de revenus provenant de la rente…
                Par contre ça créerait moins de dispersion des revenus car la valeur de Shapley c’est la moyenne des contributions incrémentales donc il y aurait moins d’inégalités. Il y a quand même un effet de réduction des inégalités.

                1. Il y aurait en effet quand même réduction des inégalités parce que je passerais d’un revenu à 5 chiffres à un revenu à 6 chiffres, mais MM. Arnault et Pinault tomberaient d’un revenu à 9 chiffres à un revenu à 6 chiffres.

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                  1. Oui je suis d’accord avec vos remarques (y compris votre mail). Il y a plusieurs choses auxquelles je n’avais pas pensées. Il y a une multitudes d’effets. Il y a quand même des choses intéressantes dans Shapley comme le dit Gaël Giraud même si ce n’est pas la solution miracle.

                    Bonne soirée !

                    1. La mérito-cratie ne peut se concevoir qu’une fois les besoins vitaux de tous assurés (les fameuses conditions de reproduction matérielles dont parle souvent Lordon) car sinon c’est une horreur, tout simplement parce que de fait c’est la peine mort pour le non productif. Il n’y a même pas besoin d’aller jusqu’à se poser la question de qui dicterait la sentence.

              3. « Voyez dans une entreprise moyenne : les 20% du personnel qui font 80% du boulot,  »

                Dans une entreprise moyenne ? Si tu le penses vraiment, alors comment dire, étrangement c’est un sacré coup de pouce intellectuel à tous les « cost killer » et autre dégraisseur de mammouth en milieu économique, un vrai argument pour justifier des mégas plans sociaux non … ?

                L’actionnaire en est ravi ! Mais j’ai dû mal lire ou comprendre.

                1. Sauf que : burn-out pour les 20%. Parce qu’on a viré les 80% et qu’on demande aux 20% qui faisaient 80% du boulot de faire désormais les 100% parce que les autres sont partis, alors que ce sont des workaholics, des stakhanovistes, qui travaillaient déjà 60 heures par semaine. Et alors là, ça pète.

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                  1. Comme quoi faut les foutre sous Coc ou de bons médoc ces 20% et conserver une bonne portion des 80% qui font les 20% de taffe, pour leur amener le café, leur faciliter la vie quotidienne, les aider dans les trucs de routine naze. Ce qui laisse objectivement un bon gain je dirai à la louche de 50% des effectifs des 80% soit dans une boîte de 1000 personnes : 200 + 400 = 600 personnes au lieu de 1000 ! Purée de pognon ainsi gagné sur 400 baltringues. Et chaque 20% dispose ainsi de 2 pinpins toute la journée pour les assister.

                    2 pinpins + Coc + médoc + sport = ZERO burn out ! Tout bénéf pour l’actionnaire.

                2. Ce 80/20 me fait m’apercevoir que si Vilfredo Pareto , qui avait établi sa fameuse  » Loi » en constatant que 80 % de la richesse était détenue par 20 % de la population, revenait aujourd’hui , il devrait réécrire son 80/20 en …..80/1 .

                  En un siècle . Démonstration aussi radicale que celle de Piketty .

                  S’agissant de l’entreprise , il aurait été plus consensuel que vous deux , en se contentant d’avancer que 20 % des efforts ( sans dire d’où ils viennent ) produisent 80 % des résultats ( sans dire à qui ils profitent ).

        1. La valeur de Shapley est un de ces petits exercices en théorie des jeux qui sont très amusants et qui peuvent avoir des applications pratiques, par exemple pour déterminer le poids de différents facteurs dans les conclusions sur lesquelles débouchent des intelligences artificielles.

          Quand je lis sa définition je m’aperçois qu’en fait, c’est une reformulation du « problème du chevalier de Méré » (± 1650) : comment partager équitablement les enjeux d’une partie de cartes interrompue.

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        2. @Antonin Arlandis

          Pourquoi ne pas demander d’accomplir ce  » travail considérable  » à notre  » génie des Carpates  » qui nous gouverne ? Au moins ses cinq ans à l’Élysée n’auraient pas été complètement vains et cela compenserait avantageusement le fiasco sanitaire en cours. Cela nous changerait aussi de ses vœux initiaux de régression sociale tous azimuts à coup de LBD dans la tête de ses citoyennes et citoyens ?

  1. Est-ce hors sujet…?

    Je trouve que la formule qui suit, M. Jorion, bien qu’elle puisse être compréhensible dans un contexte ou les généralités sont de mise pour « relativiser », paraît plus incohérente face à la réalité d’une focalisation spécifique… Alors que vous dites « … Il est clair que le système financier dans son ensemble est plombé depuis longtemps par la chute de la rémunération du capital, ou plus exactement, par l’absence de rémunération du rentier. … » il n’y qu’à voir la constante, voir croissance des records de distribution des dividendes, au pays de la déclaration universelle des droits de l’Homme et du citoyen, malgré les contextes de graves crises sanitaires, « économiques », etc… et les explosions des inégalités (pas qu’en France : voir les disputes pécuniaires entre pays « civilisés » pour avoir le plus de doses de « vaccins à arn.m », le plus tôt, faisant ainsi exploser les prix – gestion en flux tendu des stock, dont la pénurie d’offre, fait gonfler la demande – que les pays pauvres ne peuvent débourser), de la précarisation dans l’emploi « ubérisé »… qu’induisent les intensions de « désuspendre » les « réformes structurelles néolibérales » (assurance chômage, régimes vieillesses, etc.) pour ne pas manquer de s’étouffer avec la dernière nouvelle : le vote de la hausse de 15% des rémunérations des frais des parlementaires, qui pourraient vouloir voter « demain, après demain »… des lois de baisses de 20% des salaires, des sacrifices des RTT, jours fériés, congés payés, majoration d’heures sup… des travailleur.e.s paupérisé.e.s, pour rembourser le « quoi qu’il en coûte »…

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    1. Comme si l’appétit des « rentiers français » (étonnante expression d’ailleurs sachant que la spéculation, et le boursicotage en général sur la hausse ou baisse des stocks gérés en flux tendu et des prix…, n’y est pas dominant chez le « grand public » mais plutot une « culture d’entreprise chez les CSP+, propriétaires privés d’entreprises, parachutes dorées, stock-options, etc et « formenteurs » de « secrets d’affaires », « conflits d’intérêts » dans les hautes administrations -pantouflage au sein du verrou de Bercy…) , n’était pas assez rassasié… en battant des records de fortunes (voir ce que dit le dernier rapport d’OXFAM concernant la « remontada » de la fortune du propriétaire privé de LVMH et sa marchandisation du « culte du luxe et de la luxure à la française ») malgré une crise sanitaire qui va laissée des séquelles et traumatismes incalculables à ce jour – pas pour tout le monde ? – voila que l’ancien « fleuron » de l’industrie pharmaceutique français a le sien aiguisé en faisant une culbute…

      Revendant ses actions dans Regeneron, connu pour un traitement aussi dangereux, qu’il reste celui « des maîtres du monde à voir » (seuls à avoir les moyens de conforter la richesse du commerce du lucre luxuriant), il promet à court-terme 4 milliards d’euros de dividendes à se partager, redistribuer, aux propriétaires privés d’actions…

      Et qui sait combien d’autres « promesses de ruissellement »reste à faire sur les traitements de l’asthme, que des licenciements boursiers et le stress s’en suivant, le dérèglement climatique, la perte de la biodiversité, et autres guerres commerciales, monétaires, de civilisation pourrait déclencher, « quoi qu’il en coûte » au denier public qui aura arrosé le « cœur sec » d’un désert d’humanisme… et d’humanité… Mais à en croire les « chiens de garde » et les macroniens interrogés, c’est scandaleux certes, mais au point de corréler des faits d’actualité comme la « morale de l’histoire » est écrite si dessus… avec optimisation de « l’optimisme ».

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  2. Alors, ça fait beaucoup d’explications. Je ne comprends pas bien. Le spéculateur est désintéressé – et m.c.c.d.p. T’en veux une aile ? – ou alors la spéculation pour la gloire renaîtra… le mode d’emploi, svp. You have lost me.

    1. Oui on voit bien que vous ne comprenez pas bien. C’est très clair !

      Mais on se rassure en voyant que vous n’êtes pas aussi perdu que vous l’affirmez pourtant.

  3. Je vous aime bien, Monsieur Paul. La question, comme Vous l’avez souvent soulignée est de savoir quelles normes comptables valorisent l’humain. Évidemment comme le souligne jancovici, sans calories fossiles, nous avons le nucléaire. Le reste, c’est la rançon de sauve-qui-peut. Vous êtes juste. J’aimerais lire la résultante de Stiegler-jancovici-jorion. Bien à vous.

  4. « Alors, oui, la lutte entre le prix spéculatif d’une action (dont sont partisans les manants contestataires) et sa valeur économique (dont sont partisans, les gros), est un combat perdu d’avance.  »

    Euh… non.
    Les « gros » s’en fichent comme les petits. Les gros ne s’intéressent qu’au rendement, peu importe ce qui le fonde. Ils ont bien compris que le cours des actions étaient désormais complètement décorrélé de la « performance économique » de l’entreprise. Tous les fonds qui s’en tiennent aux fondamentaux boivent la tasse. Aux USA, c’est simple, la bourse n’a plus le droit de baisser (et quand un crack arrive, une « panne technique » suspend a cotation).
    Entre, effectivement, la spéculation, les quantités de liquidités, les arnaques des fonds vautours, et la manipulation des cours sur fond d’entente (or, argent), il y a belle lurette que plus personne n’accorde d’importance aux fondamentaux. Et les « gros » les premiers.
    Je note simplement que d’après PJ, pour résumer:
    . Les gros s’appuient sur les fondamentaux. Quand ils ne le font pas c’est pas de leur faute, c’est à cause de la machine à imprimer les billets… y a plus de prix de marché, alors ils sont perdus les pauvres.
    . Les petits sont des « boursicoteurs », qui eux, ne comprennent rien bien sûr.
    La réalité : les gros sont quasiment tous des escrocs de la pire espèce qui se sont gavés sur les petits. Ken Griffin par exemple. Les petits ont juste envie de les détruire : le but étant de tenir la position le plus longtemps possible pour leur faire le plus de dégâts possible, jusqu’à les ruiner.
    Tout le monde sait que ça n’a rien à voir avec les fondamentaux Vs la spéculation. C’est juste une forme de guerre civile d’un nouveau type.

    « Avec des taux négatifs, la préconisation de la monnaie fondante de l’anarchiste Silvio Gesell s’est matérialisée »
    Ca y ressemble, mais ce n’est pas du tout ce que Gesell avait en tête.

    « C’est un homme à poigne, qui s’est fait une solide réputation d’interventionnisme quand il était à la tête de la CFTC, le régulateur des instruments financiers dérivés ».
    Un homme à poigne? Un corrompu de la pire espèce, oui. Qu’il soit devenu le « régulateur » a fait rire sous cape tout Wall Street. Quels marchés n’a t-il pas manipulé (pas celui des métaux précieux en tout cas!)? On a pu apprécier sa grande probité morale sur le marché des dérivés (prlifération des CDS). Quand à son oeuvre sur les matières premières… Au passage, ca en dit long aussi sur Biden.

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    1. Oui, je ne comprends pas ici la position de P Jorion. Les gros (au sens de : les acteurs classiques sur les marchés), en tout cas certains d’entre eux, se fichent de la valeur « réelle » ou sous -jacente d’une entreprise. ils recherchent une plus-value. D’ailleurs P Jorion le dit plus bas dans l’article. En outre je pense qu’il sous-estime la connaissance des marchés que peuvent avoir les « manants »

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      1. Je vous rassure : vous comprenez parfaitement.

        L’intervenant précédent qui affirmait qu’il « ne comprenait pas » voulait simplement dire que mes conclusions le dérangeaient.

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  5. Article inaccessible, dommage ! Mais GME de 483 à 53 game over (même si rebond demain).

    Cependant c’est peut être une piste pour contrer le système ? Je me suis toujours posé la question de concurrencer facebook par un même système libre, mais les gens donnent leur vie à fb qui ensuite la revend. Trop bon trop c… et les vieux c. sont de + en + jeunes de nos jours

    Il va pourtant falloir contre le meilleur des mondes si on veut un monde meilleur

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  6. Pour la plupart, les cours des valeurs en bourse divergent maintenant de leur valeur fondamentale.

    – la formule d’actualisation des flux futurs donne des résultats absurdes avec des taux négatifs (allemagne, japon, suisse)
    – des milliers d’entreprise côtées sont en fait des zombies, dont les cash flows projetés permettent à peine de payer les intérêts de leur dette. Donc valeur actualisée égale à leurs actifs courants au maximum et en chute plus ou moins rapide: dans les années 90 un raider les aurait demantelées, vendues en morceaux. Et les zombies étaient déjà là avant 2020 et les subventions des états, grâce aux taux commerciaux près de zéro (0 pour l’instant… ces entreprises doivent constamment renouveller leur dette, c’est 2 à 5 ans de maturité, puis roll-over au nouveau taux)
    – le top de la côte SP500 (US) atteint des ratios P/E (prix en bourse/bénéfice annuel) jamais vus, 100, 150 et ça monte encore. Plus d’un siècle de bénéfices escomptés… (non, ça n’a plus de sens d’escompter à un taux négatif…) un siècle acheté en avance.
    – aux US et partout, certains entreprises n’ont jamais fait un bénéfice, ne semblent même pas les chercher, plutôt juste une position hégémonique sur un champ de ruines. Uber, AirBnB et d’autres disrupteurs/destructeurs semblent complètement nier les fondamentaux pour ce qui est de leur valorisation boursière.

    En dehors de la bourse il y a moins d’information, mais ça pousse fort aussi, avec les SPAC (fonds dédiés au capital-risque, à l’aveugle, avant de constituer un portefeuille même prospectif) qui ratissent les milliardaires Instagram puis s’arrachent les start-up, bonnes ou pourries.

    Donc, les fondamentaux dans tout ça ?
    Ils reviendront pour la vengeance.
    Mais pour l’instant ils sont aux fraises.
    Ce qui prime dans les marchés aujourd’hui c’est l’hubris à tous les niveaux

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  7. Bonjour M Jorion
    Dans votre description du mécanisme de vente à découvert, je ne comprends pas l intérêt de celui qui loue ses actions. Quand il les loue elles valent 10, quand on lui rend elles valent 5. Je suppose qu au moment de louer ses actions, il doit se douter de ce qui va arriver. Le montant du contrat de location ne peut pas combler la différence, sinon l opération n aurait aucun intérêt pour le vendeur à découvert. Donc je ne comprends pas pourquoi le loueur loue. A sa place je vendrais vite fait. Merci de vôtre explication.

      1. J ai bien remarqué que ce n était pas le cas. C est même pour ça que je vous ai posé la question. Ce que j aurais voulu comprendre, c est pourquoi ils préfèrent perdre de l argent plutôt que vendre. Ça ne correspond pas à ce que j imagine être le comportement habituel et pragmatique d un financier .

        1. Peut être parce qu’il est des combats perdus d’avance qui valent la peine d’être menés, moi j’ai quand même un peu honte d’avoir vendu mes dogecoin (et surtout de les avoir vendu au pire moment lol… je me demande si j’aurais moins honte si j’avais vendu tout à fait en haut). D’ailleurs j’ai withdraw juste ce qu’il faut pour racheter la même quantité quand la folie sera passée pour ne pas trahir l’esprit qui (outre la curiosité vis à vis du procédé) m’avait conduit à miner cette crypto plutôt qu’une autre (un meme coin sans valeur destiné à tiper des contenus appréciés sur la toile, soit signifier aux créateurs une gratitude sans passer par une rétribution matériellement significative).

        2. En temps sans tempête, c’est un business rentable de louer. Pourquoi ne le feraient-ils pas ?
          Ils le font sur des portefeuilles qu’un « quant » leur garantit assez gros et assez diversifié pour que le risque soit faible (si la VaR multipliée par l’âge du CFO est égale au quotient de l’inclinaison de Jupiter par l’azimut de Mars sous (J)Orion).
          Imaginez Hertz voulant assurer sa réputation et louant des voitures même quand il se doute qu’un Big One Sismique (j’allais écrire Sismondique) en Californie va accidenter la moitié de sa flotte là bas, et puis que ça s’amplifie la veille parce que les gens ont mis leur super SUV à l’abri au Nevada, et sont revenus louer tout ce qu’ils trouvait pour finir de sauver les meubles à J-1.

  8. Par contre, en dehors de ces 3 points qui ne sont quand même que des détails au fond sur l’ensemble du billet (PJ sait tout cela, et je suppose qu’il a un peu calibré son papier pour le journal), je partage complètement son point de vue.
    1. C’est quand même perdu d’avance pour les « petits », parce que les gros ont avec eux les GAFAM et les régulateurs et la classe politique US (au delà de quelques cris d’orfraie, ils ne laisseront pas menacer ce qui reste de stabilité potemkin du système qui les nourrit).
    2. Beaucoup de petits porteurs vont donc se faire rincer, ignorant la nature réelle du rapport de force, même si quelques fortunes seront faites (point positif, ils vont en prendre conscience).
    3. A la fin des fins, il est probable que les fondamentaux se mettent un jour à parler (mais s’il reste possible d’imprimer une infinité de billets pendant des siècles… quand?). C’est normalement comme ca que ca se passait, et c’est d’ailleurs pour cette raison que les fonds les regardaient, ces fondamentaux. Donc ce que dit Paul n’est pas faux non plus.
    4. Il vaudrait mieux interdire tout ça (pour les gros ET pour les petits). c’est à dire interdire la spéculation au sens de P.J (pari sur la fluctuation des prix générant un risque qui n’existait pas antérieurement au dit pari, grosso modo). On remarque d’ailleurs au passage que la seule cotation à la journée n’empêcherait pas ce genre de magouille (pour les gros comme pour les petits).

    1
  9. Pour en finir, bien que je sois incompétent en finance, mon hypothèse est que l opération de vente à découvert de A au détriment de B, le loueur, sera suivie d une autre opération en inversant les rôles, cette fois de B au détriment de A . Comme ça ils auront « assaini le marché  » comme vous dites, et personne n aura perdu d argent. Sauf les petits porteurs bien entendu . Mais tant que vous n expliquez pas la logique, à priori incompréhensible, de l un des protagonistes du processus, j ai du mal à comprendre. Ça ne se passe peut être pas comme j ai dit, c est peut être bien plus subtil, mais il y a nécessairement une explication de ce genre.

    1. Vous ne comprenez pas le mécanisme si vous écrivez « l’opération de vente à découvert de A au détriment de B, le loueur » : un locataire ne loue pas « au détriment » de son loueur. Revoyez ma vidéo, j’ai l’impression que j’explique tout ça clairement ou bien ceci :

      Un extrait de mon billet du 27 mars 2020 : Bourses : la nouvelle déprime. Expliquons pourquoi

      Vous avez pu observer que la Bourse remontait ces jours derniers et on pouvait penser du coup que son moral était au beau fixe mais ceux qui sont un peu allés fouiller ont observé qui achetait : les acheteurs short, vendeurs à découvert, durant la plongée [* vous verrez maintenant l’expression « vendeurs courts » qui est une traduction littérale de l’anglais mais on n’en a absolument pas besoin, on dit en français « vendeurs à découvert »].

      Pourquoi les vendeurs à découvert ont-ils dû faire le plein – avant la rechute prévisible ? En raison de la manière dont il faut faire quand on vend à découvert.

      Je vous rappelle comment ça marche.

      Principe général : on fait de l’argent en achetant pas cher et en revendant cher. Normalement on le fait dans cet ordre-là : on achète et puis on revend. Mais – et c’est là que le génie du premier vendeur à découvert s’est exercé – il n’y a pas de raison qu’on le fasse dans cet ordre-là : on peut d’abord vendre cher et acheter bon marché ensuite.

      Mais comment vendre quelque chose qu’on n’a pas, me direz-vous ? En faisant semblant qu’on l’a : en vendant quelque chose qu’en réalité on a loué.

      Alors voilà comment ça marche. Un vendeur à découvert est sûr que le prix de quelque chose va baisser. Il le loue. Aussitôt qu’il l’a loué, il le revend. Il attend que le prix baisse, et quand le prix est bien bas, il va acheter ce qu’il a loué et qu’il a revendu et il le rend à son légitime propriétaire. Il a vendu cher et il a acheté bon marché. Dans cet ordre là. cqfd

      D’où les achats massifs des jours derniers : ceux des locataires d’actions indélicats, qui ont fait remonter un peu les prix.

      Vous avez dû voir : on a interdit ici et là récemment la vente à découvert, parce que les autorités ont peur. Et dans quelque temps on dira, comme d’habitude : « Ah ! on avait sur-réagi ! Abrogeons cette interdiction stupide ! ».

      Il y a une méthode plus simple mais là, elle serait permanente : qu’on fasse appliquer la loi (qui vaut dans tous autres domaines) qui dit qu’on n’a pas le droit de vendre quelque chose qu’on a loué, qu’il n’y a que le propriétaire légitime de quelque chose qui a le droit de la vendre, pas son locataire.

      Mais ça – comme la plupart des évidences – ce serait, bien entendu, LA RÉVOLUTION ! »

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      1. De ce que je comprends c’est qu’une action est considérée comme un bien mobilier (pas immatriculé, pas gageable) et que donc possession vaut titre.

        La « location » est une remise « physique » de la chose contre un montant faible assortie d’une promesse inconditionelle (mais ? reportable) de restitution d’une chose identique (mais pas forcément la même (c’est quantique) à une date ultérieure déterminée.

        Il est bien évident alors que celui qui a reçu la chose moyennant cette promesse peut la vendre et la remettre à son acquéreur aussitôt.

        Celà ne me semble pas vraiment une location, (essayez avec une perceuse).

        certainement pas comparable à de l’immobilier (notaire) ou automobile (carte grise).

        Quelle est vraiment l’écriture comptable ?
        L’action sort elle du bilan du propriétaire initial ?
        Apparaît elle dans le bilan de l’emprunteur ?
        Est-elle dupliquée ?

        1. Il ne me semble pas que l’action « sorte » du bilan comptable, en fait ça m’étonnerait même sacrément ! C’est dans un nombre d’action déterminé et connu que peuvent changer en fait les « propriétaires » qui se positionnent pour vendre selon les cours (sans impact comptable) et les éventuels dividendes (impact comptable). En contrepartie d’une action (passif ce qu’elle doit aux autres), l’entreprise touche du cash (actif sur son compte courant). Pour les cotations « publique » en revanche cela n’a plus d’impact directement comptable sur l’entreprise.

          Enfin un truc comme ça, si je me souviens bien à peu près.

          D’ailleurs c’est marrant mais d’un point vu purement comptable un actionnaire lorsqu’il perçoit ses dividendes ne s’enrichit pas ! Eh oui, c’est une diminution du bilan (passif) strictement égale au dividende qu’il touche donc la valeur de son patrimoine reste strictement identique. (en vrai il s’enrichit bien car il monétise en sonnant et trébuchant ce qui n’est bien souvent que du vent hypothétique, appliquant ainsi le fameux adage, « un tient vaut mieux que deux tu l’auras ! »)

          1. La comptabilité n’est qu’une écriture.
            Elle n’a aucun rapport avec le « jus », sur lequel normalement elles devraient être alignées.
            Pis encore, le réel n’est pas forcément juridiquement conceptualisable (c’est le cas en droit français pour la notion de trust à l’anglaise, et plus généralement en droit pour tout ce qui semble impliquer un « réseau » d’intérractions conditionnelles).
            Dans la réalité, comme l’a bien expliqué M. Weber, on se retrouve avec un conflit de rationalité typique, la même interraction pouvant être décrite différemment par le juriste, le comptable et… l’entrepreneur.
            Autrement dit, la manière dont la comptabilité tient compte de la maoeuvre (c’est le terme qui convient) n’est d’aucun secours pour comprendre ce qui se passe. Elle est bien plutôt, le plus souvent, un coup de force visant à nous faire comprendre les choses autrement que comme elles se passent en réalité.

            1. @Killinthezone On progresse. Si ce sont des points de vues différents leur rapprochement est sans doute intéressant.
              Dans une économie officielle seule la comptabilité compte en fait.
              Et la confiance voir Madoff, Enron.
              Vente et location sont des notions juridiques.

      2. « Il y a une méthode plus simple mais là, elle serait permanente : qu’on fasse appliquer la loi (qui vaut dans tous autres domaines) qui dit qu’on n’a pas le droit de vendre quelque chose qu’on a loué, qu’il n’y a que le propriétaire légitime de quelque chose qui a le droit de la vendre, pas son locataire. »

        C’est un principe de base du droit islamique.

  10. @paul
    1)The game stop ride is over 😏
    2) La vente à découvert semble toujours poser question à certains des lecteurs du blog 😏

  11. Voici ce que ça donne vu de l’intérieur, raconté par un anonyme dans le billet de Martine Orange sur MP
    (laquelle s’épanche notamment sur le « gamma squeeze », ~ nom du flanc nonlinéaire de la spéculation quand les appels de marge divergent sérieusement) :
    Passez les premières phrases pas très constructives pour voir la suite.

    Mediapart Le 05/02/2021 21:34 Par H418ov21.C

    « La plateforme Robinhood, robin des bois, vend les données des transactions de ses clients à des hedges funds, notamment de trading haute fréquence » !!! Genre les mecs qui ratiboisent les petits porteurs !!

    le gamma squeeze…pas sûr que le marché option soit si gros sur ce genre de nom. Ce sont les fonds qui spéculaient à la baisse sur le titre qui ont souffert:

    – la boite n’avait pas un grand avenir, genre le futur Blackberry du jeu vidéo, du coup des fonds la vendent à découvert (ils la « short ») soit dans l’absolu, soit contre une position longue dans un titre qu’ils estimaient bons (pour faire un long/short, un truc de hedge fund)

    – pour ce faire, tu emprunte le titre à une banque et tu donne du cash en hypothèque. Tu vends l’action et tu espères qu’elle baisse pour la racheter moins chère au moment de la rendre à la banque (qui te rends ton cash)

    – en attendant tu paies des appels de marge afin que le cash à la banque servant d’hypothèque soit suffisant. Si l’action monte, tu rajoute du cash, sinon la banque t’en rends.

    – le stock s’est mis à trop monter, les appels de marge arrivent et la valeur de ton fonds baisse (car tu spéculais à la baisse du titre) et ces fonds ont donc voulu couper leur position short en rachetant l’action pour la rendre à la banque. Ce faisant le cours monte et c’est un effet procyclique. Pour que cela finisse comme ça, ils devaient y avoir de gros volumes short comparés au volume de trading sur cette action. N’oubliez pas: le prix d’une action c’est le prix du dernier trade. Si plus personne ne traite l’action apple et qu’un gus arrive en voulant vendre 100€ de Apple et qu’il ne trouve qu’un prix de merde genre 1€ par action en face et qu’il l’accepte et bien le prix de apple devient un euro par action. Du coup tout le monde revalorise sa pose à un euro. J’exagère à dessein mais un déséquilibre offre / demande énorme a du arriver (des fonds qui ont shorté comme des porcs comparés au volume d’offre typique sur cette action).

    après, peut être qu’en intraday des algos de trading haute fréquence ont senti le sang et ont accentué (momentum chaser ou pire encore).
    [[fin de citation ]]

    1. @timiota C’est un peu plus clair, le fait qu’il y ait un dépôt de cash en garantie/caution lié à la valeur est tout à fait différent d’une location immobilière, où l’on ne cautionne pas la valeur de l’immeuble.
      C’est un peu alors une sorte de consignation.
      Mais le fait qu’il y ait un appel de marge en fonction du prix/cotation en temps réel montre le niveau de confiance sur ce marché.
      La promesse/obligation de restitution ne suffit pas.

      Cette « location avec consigne » ne peut se transformer en vente au prix initial.
      En fait ce mécanisme mets en évidence un intermédiaire à la transaction, ce n’est donc pas une simple location en face à face.

      D’ailleurs pour les bouteilles de gaz par exemple la tendance est la vente pure avec engagement d’échange (pas de reprise). Le bilan est sans doute simplifié.

  12. Bonsoir et merci de votre réponse.
    J ai bien écouté la vidéo, c est limpide en ce qui concerne le vendeur à découvert. Il n y a malheureusement pas un mot qui réponde à mon interrogation (qui est je le rappelle : qu est ce que le propriétaire de l’action a à gagner en se lançant dans cette histoire). Dans votre réponse il y a ça :

    D’où les achats massifs des jours derniers : ceux des locataires d’actions indélicats, qui ont fait remonter un peu les prix.

    qui indique qu’au moment du rachat les prix remontent « un peu ».
    Peut être que je surestime les risques de perte du propriétaire en pensant qu’il va récupérer une action côtée 5, allez disons 8 à la place d une action qu’il a louée qui cotait 10?
    Peut être que je sous estime les gains qu il réalise en louant ses actions?
    Peut être qu’il est protégé par des mécanismes comptables que je n’imagine même pas?
    Peut être qu’à cause de tout ça je me trompe en jugeant sa démarche pour le moins hasardeuse?
    Si quelqu’un pouvait juste m’expliquer voilà le propriétaire de l action il est sûr que cette histoire va lui rapporter quelque chose pour telle et telle raison, j’aurais l impression d’avoir tout bien compris les ventes à découvert.

    1. La vente à découvert est une méthode pour rincer les bleus que d’autres se chargent de rabattre, la chasse à courre, le tire aux pigeons en quelque sorte. Les gros sont tous dans le coup, en terrain conquis, le truc est sur le point de crever, autant se faire encore un peu de tune sur le dos de gogos. Welcome in the jungle !

        1. C’est un jeu à haut risque. Il faut les reins solides, les pertes peuvent être astronomiques. Tous les gens de la place (Paul Jorion aussi en quelques cliques sur internet) savent qui vend et que les actions concernent un business en fin de vie. Ces traders ne sont pas là pour « découvrir le prix juste des actions », mais pour gagner de l’argent en abrégeant l’agonie. Il faut donc des gogos qui achètent et/ou d’autres qui louent. C’est à vous de voir lequel des deux est le mieux informé.

          1. C est l histoire de 2 gros poissons de la finance. Ils étaient bien embêtés parce qu’ils avaient des titres surcotés, et ils risquaient de perdre de l argent si ces titres redescendaient à leur valeur réelle. Alors l’un dit à l’autre « Je te loue mes actions surcotées, tu les shortes et tu te fais de l’argent. Tu me loues tes actions surcotées, je les shorte et je me fais de l’argent. Comme ça nos titres ne seront plus surcotés, le risque de perdre de l’argent sera éliminé sans que ça nous coûte rien, l’opération aura été payée par ceux qui n’etaient pas dans la combine.  »
            Décidément, je suis un incurable complotiste.

  13. Bonjour Paul

    « La chambre de compensation dont relève la plateforme Robinhood (Robin des bois) n’a pas ainsi hésité à relever ses appels de marge et à réclamer 2 milliards de dollars de fonds propres supplémentaires, à partir d’un simple calcul entre la valeur économique (2$) de GameStop et son cours (400$). De quoi remettre le courtier dans le droit chemin !  »

    Si j’ai bien compris on est donc sur des marchés réglementés ,et des contrats à terme ,et non de gré à gré.

    Donc les échanges sont réglementés par la Chambre de Compensation qui garantit la bonne fin des opérations et élimine les risques de contreparties et gère les positions ( enregistrements , gestion et paiement: débit-crédit)

    Les contrats short ont du se clôturer fin de mois

    Les investisseurs ont du couvrir leurs positions par les appels de marge (un appel de fond) de la Chambre de Compensation pour garantir leurs positions au jour le jour . D’où l’appel de 2 milliards de la Chambre

    Le pic de valeur : 483€ le 28/01

    Il sera intéressant de connaitre le bilan global de cette opération : gagnants-perdants

    qui aura commencé mi janvier
    – valeur 15€ le 06/01
    – démarrage de la hausse
    38€ le 14/01
    483€ point haut le 28/01
    – point bas :54€ le 05/02 pour le moment

    Dans un autre registre , cette opération me fait penser au WTI à -40$ fin avril 2020 sur des contrats à terme dont les courtiers ont du se débarrasser en payant pour ne pas gérer les stocks à prendre en charge.

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