Jeunes gens, déclenchez une révolution pacifique, paysanne et poétique ! par Régis Pasquet

Jeunes gens, mêlez-vous de ce qui vous regarde !

Pendant combien de temps encore accepterez-vous de subir les contrecoups de la crise sanitaire, composante bien visible d’une incontestable crise écologique majeure ?

Nombre d’entre vous, et cela est intolérable, ont faim, sont mal ou pas logés, sont mal ou pas soignés et la mort dans l’âme se résignent à abandonner leurs études, ignorant si cette décision est provisoire ou définitive. Les difficultés que vous rencontrez pour trouver les stages indispensables à votre formation et à la validation de vos travaux ajoutent à votre détresse.

Nombre d’entre vous constatez avec colère la dégradation de notre environnement et l’insuffisance des décisions prises pour y remédier.

Néanmoins, d’un peu partout, des associations, des particuliers qui croient plus que jamais à l’entraide, proposent leur soutien et leur concours.  Cela est essentiel car il s’agit maintenant de sauver des vies. Cela témoigne aussi de la tristesse des habitants de ce pays qui comprennent à quel point la situation est périlleuse et sera terrible lorsque leurs enfants et petits-enfants auront définitivement perdu l’espoir.

Face au désarroi, on vous suggère de consulter des psychologues, cela n’est pas une mauvaise idée car parler de ce qui nous angoisse ou désespère est nécessaire. Las, il s’agit d’une décision individuelle et cela demeurera insuffisant pour imaginer collectivement des objectifs et ouvrir des voies.

Face au désarroi, on vous prie d’attendre que les conditions soient de nouveau rassemblées pour qu’enfin la vie reprenne comme avant. Mais croyez-vous vraiment au retour du monde d’avant ?

Face au désarroi, on vous prescrit la réussite individuelle, on vous recommande la croissance, le commerce et son frère jumeau le gaspillage, on vous enjoint de croire en une religion féroce – le capitalisme –. Mais ne faudrait-il pas d’abord songer à s’en débarrasser ?

Jeunes gens, rassemblez-vous ! Rassemblons-nous ! Votre responsabilité collective sera d’aider vos concitoyens et notamment les enfants à supporter les chocs et à ne pas abandonner la partie.

Jeunes gens, les générations qui vous ont précédés n’ont pas su analyser comme il convenait les situations sociale et environnementale dans lesquelles vous vous démenez. Elles sont également impuissantes à vous proposer une vision globale et positive de l’avenir et à vous montrer un chemin à suivre. Alors comme « Il n’y a aucun autre choix que d’inventer ce qui n’a jamais été » selon Aurélien Barrau, qui lors d’une autre prise de parole précisait : « Aucun pouvoir politique qui ne fait de l’écologie sa priorité n’est aujourd’hui crédible. » Alors, mettez-vous en mouvement avec une idée simple : tout transformer radicalement. 

D’une manière générale, dans les vingt prochaines années, nous serons les témoins de changements considérables. Changement climatique, baisse des ressources, pression démographique, pollutions diverses et empoisonnement des sols fertiles, surabondance des déchets, urbanisation incontrôlée et artificialisation des sols, érosion de la biodiversité, corruption des océans, emplois en forte diminution, fragilité des circuits d’échanges marchands, gestions crapuleuses, logique de l’illimitation et injustices sociales nombreuses à l’origine dans nombre de pays de crises démocratiques et de tentations totalitaires ; en outre la perspective de vivre pendant les prochaines décennies avec des virus en grand nombre nous contraint dès à présent à nous inspirer de la crise sanitaire actuelle pour changer de cadre et pour trouver un mode de vie adapté aux nouvelles conditions sans penser à coloniser d’autres planètes. Oui, le monde aura bien changé.

Après des décennies d’agressions diverses, de dégradations et de pollutions infligées par l’espèce humaine, la terre n’en peut plus. Ses réponses pour préserver la vie et venir à bout des souffrances sont jour après jour plus brutales. Par conséquent, de plus en plus d’êtres humains se rendent compte qu’il n’existe plus qu’un seul remède efficace : soumettre l’espèce humaine à une cure de désintoxication du capitalisme jusqu’au retour à la raison.

Difficile donc de ne pas remarquer que le cadre économique et financier dans lequel nous existons est la cause principale d’injustices sociales considérables. L’encouragement de la maximisation illimitée des profits est précisément la cause directe de l’effondrement des systèmes.

Nous sommes de plus en plus nombreux à espérer que de cette période difficile subsistent des comportements nouveaux adossés à des valeurs nouvelles parmi lesquelles portées par des écolo-anarchistes : la sobriété, l’entraide, la gratuité des biens communs indispensables à l’humanité et l’amour des autres. Nombreux à espérer que, pour échapper à l’éco-anxiété, chacun se mettra en chemin pour retrouver la paix intérieure et croire enfin qu’il peut être heureux. 

Alors, l’alternative est simple. Soit nous acceptons l’affaiblissement voire l’explosion des états et donc la coexistence de zones opulentes défendues par des milices et de zones misérables tournées exclusivement vers leur survie ; soit nous décidons de nous en remettre à la fraternité et d’aimer nos différences.

En effet, l’alternative est simple. Soit nous continuons à consommer  en cinq mois les ressources d’une année entière – l’équivalent chaque année de 1,7 planète – , soit nous décidons ensemble de changer nos modes de vie pour sauver l’espèce humaine et maintenir en état la planète Terre. 

Ce que nous savons, ce que vous savez, les détenteurs divers des pouvoirs le savent aussi. Mais ils ne font rien et surtout ils ne feront rien. Votre attente est vaine.

Soyez attentifs à vos nouveaux désirs ; soyez attentifs à vos nouveaux besoins pour leur faire correspondre de nouvelles activités. Ce devra être votre ambition. L’ambition de tous.

Avons-nous d’autres choix que de nous déclarer favorables à une économie au service de l’humanité et du vivant dans le respect absolu de la planète, de ses ressources et de ses capacités à se régénérer. Et de proposer à nos concitoyens une vision globale, positive et réaliste de l’avenir pour répondre à la seule  question qui vaille : 

« Dans quelle société voudrions-nous vivre dans les 20 ou 30 prochaines années ? » 

Cette vision fera du changement climatique le premier défi à relever sans omettre les autres et elle s’appuiera sur le retour de la nature dans nos vies, sur l’ensauvagement de zones artificialisées à l’extrême, sur la cohabitation avec les virus ; votre vision devra prévoir de mettre en œuvre un plan audacieux de sobriété dans tous les domaines. Faute de quoi l’espèce humaine disparaîtra.

Renonçons ensemble à la logique des petits pas car il est urgent de proposer, et d’obtenir, un changement significatif de nos comportements en une dizaine d’années.

Sommes-nous incapables de proclamer ce qui niche dans le secret de nos cœurs : nous en avons assez de ce monde exigeant : aller vite, gagner de l’argent, consommer, posséder, se déplacer sans raison, avoir tout vu ou tout écouté, vouloir tout goûter et tout savoir. Vouloir Noël tous les jours ; assez d’un monde dans lequel on ne consacre plus beaucoup de temps à sa vie ni à celle des autres ; d’un monde où marchands et spéculateurs appellent à la défense d’un mode de vie qui n’est qu’une chimère de citadins déconnectés de la nature ; d’un monde qui n’est pas le nôtre.

Et si cette crise nous offrait l’occasion de nous demander si nos désirs sont des besoins, de quoi nous pourrions nous passer sans ressentir un douloureux manque et ce que nous exigerons, ce que nous imposerons, après, lorsque le virus aura baissé la garde pendant un instant. Ce moment viendra et nous triompherons.

Ceux qui appartiennent aux générations qui vous ont précédés vous en conjurent. Ne laissez plus le désarroi nous miner, l’angoisse nous ronger, l’intolérance nous envahir. N’acceptez plus les mensonges ni les récits produits par celles ou par ceux qui souhaitent nous manipuler ou instrumentaliser notre fragilité ; ne cédez pas aux théories fumeuses. Renoncez à vous glisser dans les rêves de vos parents et grands-parents. Regardez la réalité en face et faites-vous confiance.

Jeunes gens, proposez-nous une autre vision du monde : tous pour chacun.

Le  moment est donc venu d’imaginer ensemble, là où nous vivons,  un monde qui présente la double particularité d’être déjà là et de se dérober à toute tentative de l’imaginer. Nous serons seuls responsables de notre avenir dans des contrées devenues défavorables. Rien ne sera simple mais nous savons que nous pourrons compter sur quelques valeurs : l’entraide, la mutualisation des moyens, la sobriété, l’éducation, le respect et l’abnégation… À condition de renforcer les liens qui nous unissent pour, grâce à l’intelligence collective, développer la résilience nécessaire et nous rendre compte que nous pouvons être autosuffisants si nous nous demandons d’abord quels sont nos besoins réels et de quels moyens nous disposons pour les satisfaire. À condition que la création artistique remplace la fuite en avant technologique. Nous devons fournir la preuve que nous sommes capables de porter une manière nouvelle d’être au monde. Alors, de toute urgence, commençons à réfléchir à un projet de société qui nous aidera à partager et à supporter nos craintes et nos peurs.

Jusqu’à une époque récente, la réussite professionnelle valait réussite d’une vie. Les parents rêvaient que leurs enfants volent de succès en succès dès l’école élémentaire. Chacun s’accordant à dire que plus on menait d’études longues plus on disposait de chances d’occuper un poste important et bien rémunéré. Tout cela fut vrai tant que l’économie reposant sur une croissance forte générait des emplois nombreux. Et puis, il fut clair à partir des années soixante-dix du vingtième siècle que la croissance était liée au coût de l’énergie et singulièrement à celui du pétrole dont la production diminuerait inexorablement. Si l’on ajoute l’arrivée depuis une vingtaine d’année de l’informatique, des logiciels et des algorithmes, des robots, des banques de données, il est plus facile d’apprécier la diminution inévitable du nombre d’emplois. Malgré les efforts des familles usant alors de tous les stratagèmes pour maintenir les enfants dans le peloton de tête, l’évidence a fini par s’imposer : pour être heureux dans sa vie il ne fallait pas seulement compter sur l’exercice d’un métier. 

Pour libérer les enfants – quel que soit leur âge –  de cette pression  considérable, génératrice de troubles psychologiques et physiques divers, de souffrance sociale, de comportements addictifs et déviants, il est désormais nécessaire que leur éducation, leur formation reposent sur trois piliers : un apprentissage le plus large possible dans un esprit de coopération, une participation à la production collective de biens utiles à la communauté et un enrichissement artistique et philosophique dans les domaines les plus variés.

Jeunes gens, libérez-vous des fausses certitudes, de vos servitudes, et constituez des groupes autonomes pour vous émanciper ! 

Constituez des groupes prêts à intervenir à proximité, dans tous les domaines de la vie quotidienne, sur le modèle des résistants des années quarante. Pour faire cesser les injustices et les atteintes à notre écosystème, pour réparer et / ou reconstruire…

Réorganisez la démocratie et implantez partout des réseaux. Accueillez les femmes et les hommes de bonne volonté et de tous âges.

Rencontrez celles et ceux qui détiennent des pouvoirs, non loin de chez vous, vos professeurs, les dirigeants d’entreprises, les bénévoles des associations, les femmes et les hommes politiques. Exigez d’être consultés pour toutes les décisions car il s’agit avant tout de votre vie et de votre avenir. Participez à la définition du cadre dans lequel s’effectuera nécessairement la réorganisation des niveaux de notre sociétés, la réparation de notre milieu dans les domaines les plus divers et la lutte contre les injustices. 

Demandez tous à participer à un service civil, appuyez-vous sur l’entraide et la mutualisation des ressources pour donner gratuitement votre travail et faire profiter de vos connaissances. 

Demandez à intervenir dans les écoles. Préparez-vous à exercer plusieurs métiers, à accorder à l’agriculture une nouvelle place, prépondérante et régénératrice. Encouragez l’habitat et le travail à la campagne car chaque région de France mérite qu’on la respecte. Participez à la production de la nourriture pour tous. Exigez de vivre dans la beauté et encouragez la création artistique, l’écriture, la poésie, la musique. 

Faites confiance aux mots pour désamorcer la violence répandue sur la terre et déclencher une révolution pacifique, paysanne et poétique.

Voici peu de temps, vous étiez de jeunes enfants chéris, idolâtrés.Vos parents et vos éducateurs étaient persuadés qu’il fallait vous encourager à prendre la parole très tôt. Vous l’avez prise, sans savoir hélas qu’en faire. Désormais, on vous la donne mais comme personne n’est plus sûr de rien, on insiste pour que vous la preniez et proposiez des solutions dont les vieux sont incapables. C’est votre chance, saisissez-là !

En effet, la crise sanitaire peut être considérée comme une bonne nouvelle. Profitons de cette période de confinement /déconfinement / reconfinement / couvre-feu pour apprendre ou réapprendre à ralentir, pour imaginer une manière solidaire de vivre, pour renoncer à certains de nos tics et manies et pour changer nos habitudes coûteuses.

Demandez-vous quelle vie vous désirez mener parmi les autres ? Ne vous demandez pas ce que vous voulez faire mais qui vous voulez être. Comprenez qu’il vous faut choisir entre la vie qui s’étend et s’étale devant et autour de vous, une vie de mauvais bruits et de sales odeurs, de trognes moches et de foutaises diverses et variées contre une vie à inventer. Comme jamais femmes et hommes du temps passé n’ont eu l’occasion de créer la leur. Une vie où l’on vit, d’harmonie et de paix  et ce n’est pas trop demander. Une vie avec des arbres et des animaux, une vie qui ne dévore pas notre liberté et s’écrive en poésie. Rien qu’une vie simple où les humains  ne s’embarrasseront pas de leurs différences.

Jeunes gens, mobilisez-vous ! L’immense tâche qui vous attend, promet d’être exaltante. 

Alors, soyez créatifs ! Prenez le pouvoir tous ensemble et ne le rendez pas !

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48 réflexions sur « Jeunes gens, déclenchez une révolution pacifique, paysanne et poétique ! par Régis Pasquet »

  1. Euh, c’est moi ou le texte est dupliqué? 2 fois l’un derrière l’autre c’est peut-être un peu un de trop non?

  2. Ouf!!! ça au moins on a plaisir a le lire !
    Ce texte rend compte de notre réalité et confirme que la seule issue possible est d’imaginer un monde différent .
    Il montre à l’évidence qu’il faut sortir du cadre imposé par les esprits étroits actuellement à la “manœuvre” dans cette société pour l’immobiliser .
    Il me semble qu’un certain Paul Jorion a déjà évoqué les cliquets anti-retour…. pas d’autres choix que de les faire sauter….
    Et si la jeunesse est certainement plus apte à être innovante et dispose de la nécessaire énergie il ne faut surtout pas l’ abandonner et lui montrer comme c’est fait ici qu’elle a notre soutien , notre confiance et pourra compter sur notre aide.

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    1. Pardonnez moi Stéphane,

      Mais ne pensez vous pas qu’un bon coup de pied au derche serait plus profitable ?

      (Je sais c’est un peu facile ma sortie, mais à la vérité votre commentaire me laisse un peu perplexe quant au fond et à la forme)

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      1. Ouais, moi je sais pas pourquoi mais cet article, il me donne l’impression de se résumer par : allez les jeunes au charbon… quand on voit comment sont reçus les manifestants c’est un peu facile et légèrement irresponsable à mon goût. Je sais pas à qui ça viendrait à l’idée de motiver son gamin pour aller se faire éborgner… Mais bon, quand on en est à reconnaitre qu’on a été une génération en dessous de tout, on est peut être plus à ceci près…

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  3. Formellement :
    • S’adresser aux “jeunes gens”, c’est tout sauf inclusif* – c’est à peine si on se croirait en 2021…
    • Quant à l’impératif, on sent bien qu’il émane d’un vieux** – peut-être est-ce d’avoir tout raté qu’il pense pouvoir se permettre de donner des conseils (sauf qu’en fait, l’impératif ce sont des ordres)
    • Bref, fallait oser : (je cite) «Ce devra être votre ambition. L’ambition de tous.» C’est beau comme du Macron, on croit rêver…

    * ah qui se risquerait à suggérer du point médian ici ou là? lol
    **étant vieille moi-même, je n’en fais pas reproche 😉

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  4. Prémisse : vous serez des « disoccupati » 🙁 désormais la production est aux mains des propriétaires de robots).

    Citation « Malgré les efforts des familles usant alors de tous les stratagèmes pour maintenir les enfants dans le peloton de tête, l’évidence a fini par s’imposer : pour être heureux dans sa vie il ne fallait pas seulement compter sur l’exercice d’un métier. »

    Conclusion :

    Ne cherchez pas à reprendre en main la propriété des robots, mais organisez-vous pour passer le temps agréablement en réparant les dégâts créés par les propriétaires de robots :

    Citation « il est désormais nécessaire que leur éducation, leur formation reposent sur trois piliers : un apprentissage le plus large possible dans un esprit de coopération, une participation à la production collective de biens utiles à la communauté et un enrichissement artistique et philosophique dans les domaines les plus variés »

      1. @ Cherlokness,

        Iis ne refuseront pas, puisqu’il leur faut passer de – l’en soi – de leur condition objective (mais non consciente) de « disoccupati », au – pour soi – de la conscience de l’être en raison de leur remplacement par des robots. De plus, pour que les générations concernées accèdent , plus rapidement, à – l’en soi et pour soi – de leur propre situation, et donc , puissent agir sur les conditions qui leur sont faites , le blog de Paul Jorion peut aider.

        1. J’en ai parlé à Zézette , qui m’a dit que le dernier bouquin de Paul Jorion et Vincent Burnand -Galpin , c’était du jus de bureauliers , et qu’ils auraient mieux fait de le diffuser en langue SMS sur les réseaux sociaux .

          Déjà qu’elle avait eu des difficultés avec la BD de la survie de l’espèce …

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    1. Et des séviotes (la sève circule mieux que le capitalisme, il faut que ce qui descend nourrir les racines soit aussi nutritif que ce qui en remonte vers le feuilles, aussi une voie “séviotique” est-elle plus appropriée que la soviétique)

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      1. Si les soviets ne se font pas embourber par les bolchos, il y aura “l’union séviotique”.

  5. J’avais lu le livre de Stéphane Hessel – “Indignez-vous” Malheureusement cet appel n’est plus suffisant aujourd’hui avec la montée de l’extrême droite un peu partout en Europe (Hongrie, Autriche, Italie, ….. et la France avec Marine Le Pen, Marion Maréchal Le Pen…… Les Français hélas ont oublié ce qu’était le fascisme ordinaire et malheureusement l’Education nationale notamment, se garde bien de faire connaitre aux enfants ce qui se passait sous Pétain: sa poignée de mains à Montoire avec Hitler et le “je souhaite la victoire de l’Allemagne” de Laval, les millions de morts de cette deuxième guerre mondiale notamment dans les camps de concentration et d’extermination
    Il est vrai que les derniers anciens Résistants et Résistantes ceux et celles qui avaient entre 16 et 20 ans à l’époque sont en train de disparaitre ; Quand ils allaient encore dans les écoles il fallait voir les enfants s’enthousiasmer et se voir en “nouveaux résistants” Lutter contre l’oubli. Etre vigilants. Voilà ce que les intellectuels de ce blog doivent faire et être

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  6. Ah l’appel à la jeunesse, comme si celle-ci formait une unité magique qui se lèverait d’un seul tenant
    dans
    une conscience collective de classe (d’âge ^^), mais la jeunesse, que vous circonscrivez, est la première victime de l’atomisation des individus, peut être que le fait de la voire regroupée, pour une partie, dans des institutions, des établissements peut donner l’impression d’une masse encore homogène, mais la réalité est tout autre que cette jeunesse qui jusqu’au début des années 90 partageait encore 4 programmes de TV, qui pour communiquer devait se rassembler.
    La jeunesse n’est pas d’un seul tenant, dispersée par une offre démentielle d’identités culturelles, pris dans des réseaux communicationnels omniprésents, le futur est loin et déprimant, alors que le présent est prégnant et vibrionnant.
    Non la jeunesse n’a jamais réformé le vieux monde, elle a servie de chair à canon, on a utilisé son enthousiasme, sa fougue pour colorer de sang bien des révolutions, mais la partition à toujours été écrite par des hommes de leur temps, mûrs de l’expérience de l’injustice et du commerce avec les puissants de ce monde.

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  7. “Alors, soyez créatifs ! Prenez le pouvoir tous ensemble et ne le rendez pas !”
    Ou encore,” Indignez-vous !”

    Je ne sais pas si vous avez des jeunes autour de vous mais les miens, si je leur dis ça, ils me répondent :
    “Attends, c’est vous qui nous avez mis au monde dans ce truc que vous n’avez pas su gérer et maintenant vous nous balancez des injonctions à faire ce que vous n’avez pas réussi ! ”

    Enfin, les miens sont ce qu’ils sont, d’autres peut-être…

    Sinon, pour le billet, peut-être faudrait-il le proposer à McFly et Carlito, parce que sur le blog de Paul Jorion, il risque d’avoir un peu moins d’échos ! 😉

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  8. Résumé:
    Jeunes gens, réalisez ce que nous avons été infoutus de faire!

    Un thème semblable, increvable avec imprimatur de l’Education Nationale:
    Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait.
    ( Vous avez 4 heures)

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    1. Ben oui les jeunes , allez recolter des patates dans des Kolkhoze avec un masque , nous notre jeunesse on l’a passé en californie en tant que trader à 20 000 $ par mois , et tout les soirs c ‘était vla la teuf dans les bars avec les chanteuses country .. impayables les mecs ! 🙂

  9. Prenez le pouvoir tous ensemble et ne le rendez pas !

    Je ne sais pourquoi, cette phrase m’a rappelé cette chanson de Brel…

    Ah, le cycle de la vie !

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  10. Ce texte tombe à pic.
    Nous échangions sur ce sujet ce dimanche lors d’une réunion familiale au cours de laquelle ma petite fille désormais bien grande nous faisait part de la détresse psychologique de nombre de jeunes.

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  11. “Jeunes gens, mobilisez-vous ! L’immense tâche qui vous attend, promet d’être exaltante. Alors, soyez créatifs ! Prenez le pouvoir tous ensemble et ne le rendez pas !”
    En russe version 17 ça devait sonner le même clairon : Молодежь, мобилизуйтесь! Огромная задача, которая ждет вас, обещает быть захватывающей. Так что будьте креативны! Возьмите власть в руки и не отдавайте ее!
    Lève toi et marche jeunisme…

    1. Rosebud ,

      J’ai encore dans le nez, et l’odeur de l’encre et la prosodie de la revue (équivalent A3) l’Union soviétique ; votre “ça devrait” Deepl ne nous aide pas.

      1. 1917 n’était ni possible, ni impossible, ni nécessaire mais contingent. Sans le contingent au Front, de guerre lasse, probable que le train train en place aurait perduré. Combien de têtes couronnées en Europe ? La passion des anglais perdure, avec ou sans Brexit. L’odeur de 1917 et ses suites vous dérange ? elle a parfumé le 20ème au point que vous en êtes imprégné, certes différemment de chacun mais tous sont concernés. Les débats sur la fiscalité des entreprises, des particuliers, de l’héritage, des dons des enrichis, masquent le seul vrai enjeu : propriété collective, associative, des grands et moyens outils de production, et ça l’URSS l’a fait, un peu trop même. Et l’histoire montre que ça ne se fait pas gentiment mais avec autorité de diverses formes, n’en déplaise aux accros d’un imaginaire de leur liberté, auxquels répond laconiquement le droit en vigueur.

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        1. Comme le souligne Besancenot, à gauche, ni lui ni personne, n’a conçu une stratégie (autre qu’électorale) adaptée à notre temps.

          Je propose au blogue de Paul Jorion de retravailler – participation gaullienne- (déjà pour les gaullistes de gauche: les moyennes entreprises, devaient progressivement, au bout d’une ou de deux générations, être transférée au collectif des travailleurs. La question de la renationalisation des grands moyens de production est plus une question de technique financière.

          1. “Une stratégie (autre qu’électorale)” ? Plus en vogue depuis que le Chassepot cède face à la mitrailleuse ! Depuis que le prolétariat s’individualise, depuis que la dictature du prolétariat a vécue. “Technique financière” ? Dans le cadre du plan comptable et des lois en vigueur en Vème République avec respect des traités européens et internationaux ? Je comprends mieux votre appel à la participation gaulliste ! http://www.gaullisme.fr/2017/10/16/macron-le-grand-chantier-de-la-participation-gaulliste-lance-en-2018/

            1. Bonjour,

              il est nécessaire de lire les textes qui ont servi de base à la construction du concept de Participation . Rappelez vous l’expression du banquier Pompidou lorsque de Gaulle a présenté la participation: ‘ le vieux est tombé sur la tête” ; c’était en effet trop révolutionnaire et pour les banquiers et pour les syndicats.

              Votre point d’interrogation : “Une stratégie (autre qu’électorale)” ?

              La question n’est pas d’acquérir légalement le pouvoir politique , mais de construire une stratégie objective qui permettra de modifier les rapports de forces économiques.

              La France est ruinée, désindustrialisée, bureaucratisée, coincée pour trente ans par un nucléaire pourri; son agro-industrie est au bout du rouleau en réserve d’eau et par l’épuisement des sols, etc.

              Pour faire face à cette désespérance, dix ans seront nécessaires au réarmement intellectuel des classes dominées, pour autant que le blog de Paul Jorion participe à la création d’un vaste mouvement organisé autour de cercles de réflexion populaire. Aussi, je ne doute pas que votre enthousiasme accompagnera cet objectif.

  12. texte incantatoire de l’impuissance. A ce stade une bonne dose de Frédéric Lordon semble nécessaire.

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  13. Vous analysez très correctement le problème, mais vous ratez votre conclusion (comme P Jorion himself): Non ! le capitalisme n’est pas la cause, mais le moyen de la cause qui est le nombre et l’appétit des humains, jeunes ou vieux.

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    1. Le plus simple est de supprimer les humains .

      Plus de cause , plus de problème , pas besoin d moyen .

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    2. Oui et nous sommes a priori à un grand tournant là même ce printemps parce que enfin, enfin!! ouffff! ça y est.. le mode de pénurie apparait en grand dans les supermarchés du bricolage : le vendeur m’a annoncé un été “sec” sec de bois.. les fabricants de plaques agglomérées se plaignent : y a plus de matière 1ere.. tout part pour les pellets etc… c’est les US qui bricolent et qui achetant tout, c’est la chine.. c’est.. ouille aie aie.. ca tire de partout..!

      Et ca c’est génial parce que cela nous met devant ce concept poussiéreux de RATIONEMENT : et zou.. comme en 40 faut s’y replonger.. !! Et la faut s’organiser, gérer des priorités. Quelles sont les priorités, les fioritures..

      J’avais lu une étude sur l’Angleterre pendant le blocus de la 2eme guerre mondiale : la conclusion était que c’était la période ou la population globalement a été en meilleure santé : un objectif de combat, produire de quoi se nourrir partout (floraison de jardins potagers de partout) et moins de nourriture pour les plus riches et par la rationnement.. plus pour les plus pauvres = rééquilibrage.. ! Bref.. y a de l’espoir 🙂 ??

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      1. Votre vision de la période 1940-1945 ( et même jusqu’en 48 ) me fait douter de vos visions printanières .

  14. Je reprends volontiers à mon compte la critique formulée par certains avant moi sur la dimension incantatoire de ce texte. La référence à Aurélien Barrau en est un symptôme évident. Mais en plus, il semble ignorant qu’une partie de ce qu’il invoque existe dors-et-déjà, dans les ZAD et les squats notamment.

    Il semble également ignorer qu’à ces expérimentations d’autres formes de production et de société, la population générale, plus ou moins embourgeoisée, leur oppose une fin de non recevoir au mieux goguenarde, au pire franchement hostile, telle que celles qu’on a pu lire sur ce blog même dans des références aux amishs ou encore au désormais bien connu “retour à la bougie”; et que ces lieux sont partout menacés par la répression féroce d’un État qui revêt chaque jour un peu plus les atours du fascisme.

    “Les jeunes” (je doute en fait que ce soit une question de génération mais bien plutôt d’état d’esprit, disons donc plutôt “Des gens”) ne vous ont pas attendu, pas plus que la crise sanitaire, pour tenter de construire une (des?) alternative(s) au capitalisme, et ne peuvent en aucun cas être tenus responsables pour vos propres ignorance ou aveuglement.

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  15. Déjà tenté à la fin des années 60 alors que le contexte était globalement plus favorable. On ne peut que constater que ça a foiré en beauté. Pour ma part je suis totalement désabusé et désespéré de voir advenir le changement radical dont l’espèce humaine a besoin pour assurer sa survie en harmonie avec le vivant.

  16. Quand j’étais djeune , je pensais que si on n’avait pas pris le pouvoir à 25 ans on avait raté sa vie ..
    Quelque chose me dit que je ne l’aurais pas gardé longtemps ….

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