Drame à la Bourse !

Un ami m’envoie le lien d’un article intitulé « Les jeunes banquiers de Goldman Sachs se révoltent contre les semaines de 100 heures », La Libre, le 28 mars 2021. Et il commente

… peut-être la conclusion de Goldman Sachs est qu’il faut remplacer ces humains défaillants par des IA non susceptibles de burn-out, ce qui augmentera encore… le taux de profit ?

Je lui réponds ceci :

Ce n’est pas ça : ces jeunes réagissent au fait qu’ils sont la première génération de gens issus d’écoles de commerce, ou avec des doctorats universitaires en maths ou en physique, qui est entièrement SUBORDONNÉE à l’IA : ils ont DÉJÀ été remplacés par elle. Ils sont désormais comme ces quelques rares ouvriers qu’on voit encore sur les lignes d’assemblage, à vérifier simplement qu’il n’y pas de robot qui merde quelque part. Crois-moi, quand les jeunes gens qui les ont précédés dans les salles de marché pouvaient faire tout ce qui leur passait par la tête, il n’y en avait pas un qui se serait plaint des 100 heures de boulot, c’est eux qui les voulaient : ils étaient shootés à leur propre adrénaline (+ amphés + coke). On quittait le bureau à 20h, on allait dans le bar qu’il y a là en face, à la Madeleine, et à une heure du mat’ on regardait comment ouvrait Tokyo, pour passer quelques ordres si ça pouvait être rentable ou si ça s’avérait indispensable. Des journées comme ça, en sensations, ça valait la chasse au lion : « Top of the World! », en français = c’était fun ! Mais c’est fini : à la Bourse, il y a maintenant plus malin que nous.

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7 réflexions sur « Drame à la Bourse ! »

  1. Les malheureux, et mal aimés en plus.
    Leurs souffrances devraient nous préoccuper tous.
    Montrons-leur notre compassion et notre solidarité.
    Le capitalisme est vraiment impitoyable. Et toujours les mêmes victimes…
    Heureusement, la presse indépendante veille et porte à notre attention les cas d’exploitation les plus révoltants, comme celui-là.
    Oui, n’en doutons pas, tous ensemble nous sommes plus forts. Nous pouvons agir, comme pour le Climat, comme pour la Protection de la nature, pour la Voiture électrique et contre le Nucléaire. Et pour Wall-Street. De grands succès qui donnent confiance.

    Je propose une quête ou une cagnotte, comme pour les Gilet-Jaune ayant perdu un oeil. Comme un cagnotte ne fera qu’un temps, on pourrait leur indiquer un syndicat indépendant apte à les défendre dans la durée. Justement, Biden, et surtout Sanders font de la pub pour que les travailleurs se syndiquent.

    Le montant de la cotisation syndicale devrait être négociable, ou des facilités de paiement accordées gratuitement, un atout précieux. Peut-être une prime pour les premiers. Quels chance pour ceux-là!
    Qu’ils restent optimistes. Les solutions existent. Là où croit le danger, croissent les moyens d’y faire face.

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  2. En même temps … (non, pardon)
    « Mes amis, si nous avons réussi avec les vaccins, c’est grâce au capitalisme, grâce à la cupidité », se réjouissait Boris Johnson devant les députés conservateurs …
    Aussitôt l’Histoire rebondit, le mode marchand est relancé.
    La course continue.

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  3. Ah les pauvres, pas mal de soignants tournent peut-être à ce régime actuellement… ?

  4. Des travailleurs qui se révoltent contre la machine, d’abord parce qu’elle volent et dévaluent leur savoir-faire, ensuite parce qu’elles leur demandent ce travail insensé de surveiller une machine et de réagir comme il faut à cette ennemie quand elle va à la faute… il y en a des millions de par le monde, et depuis des siècles. Et qui s’en émeut ? Seule la lutte paye.

    1. Plutôt que la lutte , d’après Paul Jorion , c’est une certaine taxe sur le travail des robots et sur les logiciels qui devrait « payer » .

      Dès lors la lutte utile serait la lutte pour instituer cette taxe .

      Et peut être savoir ce qu’on veut fait de tout ce temps « sans heure de travail » .

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