Biden : bien mais pas assez…, par Yorgos Mitralias

États-Unis 2021 : Néolibéralisme malmené et la gauche en embuscade !

Ayant été député ou sénateur pendant 39 ans, et vice président du pays pendant huit ans supplémentaires, Joe Biden a eu évidemment tout le temps pour se faire un profil de politicien que Wikipedia situe avec raison à “l’aile droite du parti Démocrate”. Alors, que se passe-t-il que les uns après les autres des économistes de gauche et même d’extrême gauche se déclarent “surpris agréablement” par le bilan des 100 premiers jours de la présidence de Biden, allant même jusqu’à constater qu’il s’éloigne du néolibéralisme dominant ?

Comme en notre époque il n’y en a plus de miracles, ce qui se passe c’est tout simplement qu’il y a désormais aux États-Unis non seulement de très importants mouvements populaires mais aussi des forces de la gauche radicale jouissant d’une influence sociale sans précédent, capables de faire sentir leur présence au centre de la scène politique, et même d’imposer quelques unes de leurs thèses et de leurs propositions ! Et pour preuve, voici tout de suite comment se manifeste cette capacité sans précédent de la nouvelle gauche américaine d’influencer et de “gauchiser” les politiques de ce président Biden, par ailleurs conservateur chevronné, tout en luttant et mobilisant sur son propre programme revendicatif et émancipateur.

Alors, tandis qu’en Europe, où les gouvernants ne ressentent pratiquement pas des pressions venant de la gauche, les plans de relance économique se résument à la recette usée jusqu’à l’os de l’austérité draconienne, les plans correspondants de la présidence de Biden se distinguent par leurs différences quantitatives et surtout, qualitatives. Non seulement parce qu’ils représentent des investissements de plusieurs milliers de milliards de dollars, mais surtout parce qu’ils ignorent les vaches sacrées du néolibéralisme que sont la dette et l’inflation, mettent en avant la politique au lieu de l’économie et partent de la satisfaction des besoins de la population. En d’autres termes, ils constituent un changement de cap après un demi-siècle de politiques néolibérales de tous les gouvernements précédents, tant républicains que démocrates. Et certainement, ils constituent un éloignement sinon une première rupture avec les dogmes et les contraintes du néolibéralisme !

Évidemment, la situation politique pour le moins malsaine et la menace permanente représentée par Trump et les siens, ainsi que la pression asphyxiante exercée par les crises cataclysmiques économique, sanitaire, climatique et sociale expliquent en partie le changement de cap de la nouvelle administration américaine. Cependant, les plans de relance du président Biden n’auraient jamais été axés sur la lutte contre la catastrophe climatique et les inégalités, si on n’avait pas vu se développer ces 5-6 dernières années aux États-Unis des mouvements sociaux de masse (pour le climat, la santé, l’éducation, les salaires, le logement, l’antiracisme, les infrastructures délabrées et évidemment, les droits des femmes et des minorités) qui ont convaincu et mobilisé des dizaines de millions de citoyens autour de la nécessité de donner au plus vite des solutions à ces problèmes.

Mais, tout ça étant dit, que fait actuellement la nouvelle gauche américaine? Est-ce qu’elle se repose sur ses lauriers et se limite au classique “soutien critique” au président Biden? La réponse est un Non catégorique. D’autant plus que la politique étrangère de la nouvelle administration est -pour l’instant- très agressive et réactionnaire, ne se différenciant substantiellement de celles des administrations précédentes. (1) C’est ainsi que tandis que, tout au moins à l’intérieur du pays, prévaut le constat que Biden surprend agréablement de puisqu’il prend la bonne direction, tous les mouvements sociaux, les syndicats de lutte de classes et les représentants de la gauche radicale (d’Alexandria Ocasio-Cortez et Bernie Sanders au vieux anarchiste Noam Chomsky) déclarent d’une seule voix qu’il “s’agit seulement d’un premier pas positif”, qui n’est pas pourtant suffisant car les temps et les besoins des gens demandent beaucoup plus !

Voici donc pourquoi, dans la rue mais aussi dans le Parlement et le Sénat, la gauche radicale américaine choisit de contrer et dépasser Biden pas seulement en paroles mais surtout en actes. C’est ainsi qu’au plan présidentiel de 2 mille milliards de dollars à investir dans les cinq ans à venir principalement dans les infrastructures et contre les inégalités, elle oppose son propre projet de loi -déjà déposé au Parlement- qui prévoit des investissements de mille milliards de dollars par an, ou 10.000 milliards pour les 10 ans à venir, dans les infrastructures, le climat et l’emploi ! Mais, la différence avec le plan présidentiel n’est pas seulement quantitative. Elle est surtout qualitative puisque son propre plan appelé THRIVE (Transform, Heal, and Renew by Investing in a Vibrant Economy), met en toute première ligne de ses priorités les minorités opprimées, les peuples indigènes, les syndicats ouvriers et plus généralement, les victimes des politiques néolibérales et de la catastrophe climatique. De quelle manière? En stipulant que 50% des investissements du plan devront aller à ces communautés opprimées, lesquelles devraient d’ailleurs fournir 50% des citoyens embauchés pour travailler pour le plan THRIVE. Et aussi, en prévoyant la constitution d’organes communs représentatifs de ces groupes sociaux opprimés, afin qu’ils soient ces organes et nul autre, qui décident où et comment se feront les investissements, et quels de leurs besoins devront être satisfaits en priorité.

Ce n’est pas un hasard que le plan THRIVE qui tire son inspiration de Green New Deal, est signé et présenté par le sénateur Ed Markey qui, ensemble avec Alexandria Ocasio-Cortez, a élaboré le plan Green New Deal il y a deux ans. Il est donc intéressant de voir comment ce même sénateur Markey a présenté il y a quelques semaines, la “philosophie” du plan THRIVE et plus généralement, de la nouvelle gauche américaine: “Les politiciens ne peuvent plus ignorer les réalités vécues par des millions de Noirs, de “Browns”, des Indigènes, des immigrants et des familles ouvrières dans toute l’Amérique. Les quatre crises qu’affronte l’Amérique nous tuent littéralement. C’est le changement climatique, la pandémie de la santé publique, l’injustice raciale et l’inégalité économique. Nous ne pouvons pas vaincre une seule de ces crises. Nous devons développer un plan d’action qui les affronte toutes à la fois…

Est-ce qu’il est envisageable qu’un projet de loi comme THRIVE soit voté et devienne loi? Ses inspirateurs n’ont pas d’illusions. Il ne sera pas voté bien qu’il y a déjà une centaine de députés Démocrates qui s’empressent de le parrainer! Cependant, pour l’instant, leur objectif est tout autre: Ayant ce projet de loi comme arme, provoquer une agitation sociale de grandes dimensions, en mobilisant les communautés et les classes directement intéressées sur leurs concrètes revendications et plans d’action. D’ailleurs, le même objectif est partagé par les auteurs d’un autre projet de loi encore plus ambitieux et radicale, qui vient lui aussi s’opposer un plan du président Biden.

Il s’agit du gigantesque plan CCC (Civilian Climate Corps for Jobs and Justice Act) d’Alexandria Ocasio-Cortez (dite AOC) et du sénateur Ed Markey, lequel est opposé au plan présidentiel du même nom. Tous les deux sont une version actualisée du célèbre CCC (Civilian Conservation Corps) du président Roosevelt qui, aux années ‘30, a mis au travail 3 millions de chômeurs pour mettre en application son New Deal. Mais, les ressemblances s’arrêtent là. En effet, tandis que le plan de Biden ne prévoit pas d’embaucher plus de 200.000 travailleurs, celui de AOC-Markey veut créer une “armée” de 1,5 million de travailleurs destinés à soigner quelques unes des plus grandes plaies des États-Unis: les infrastructures vieillissantes et délabrées, l’eau dangereusement polluée au plomb (presque la moitié des Américains ne boivent pas de l’eau propre), la pollution atmosphérique, les incendies de plus en ravageuses, et avant tout, le changement climatique mais aussi le chômage puisqu’ il est calculé que ce plan pourrait bien créer 15,5 millions de nouveaux emplois.

Mais, attention: Les différences entre ce plan et ceux de Biden et Roosevelt sont énormes. Tandis que le plan de Roosevelt, et dans une certaine mesure celui de Biden, laissent leurs travailleurs sans sécurité sociale et ne les rémunèrent pas bien, celui des AOC-Markey qui vient d’être déposé à la Chambre des Représentants, garantit une pleine et complète couverture maladie, un salaire horaire de 15 dollars et des bourses pour la formation professionnelle de ses 1,5 million travailleurs. Et à l’opposé du CCC de Roosevelt, qui acceptait les discriminations raciales et excluait les femmes et les minorités, le CCC de la nouvelle gauche américaine donne la priorité à la satisfaction des besoins des communautés opprimées (dont la toute première est celle des peuples indigènes), libres de décider en commun avec les syndicats ouvriers et les collectivités locales, le contenu et la planification de leurs actions!

Ceci étant dit, il est clair qu’on se trouve devant des plans qui dépassent largement la simple résolution des problèmes, aussi grands soient-ils, et nous introduisent potentiellement à la problématique de la construction d’une société démocratiquement organisée de transition méta-capitaliste. Et tout ça de manière claire, concrète et directement compréhensible par une grande partie de la population, et aussi avec la participation active de cette même population, laquelle y aura le rôle de protagoniste!

En dernière analyse, beaucoup sinon tout dépendra de la direction que prendra la lutte de classe, de quel côté va pencher la balance sociale. Et avant tout, dans quelle mesure on assistera à la répétition des grèves de masse et des autres grandes mobilisations sociales sur lesquelles s’est appuyé le New Deal dans les années ‘30. Nous terminons donc en donnant la parole à celle qui est peut être la figure la plus emblématique du nouveau syndicalisme de lutte de classes américain, la présidente du syndicat des personnels navigants Sara Nelson, qui déclare sans ambages que le moment de la mobilisation des travailleurs est arrivé : “C’est à nous d’exploiter ce moment et construire sur cette conjoncture favorable pour faire passer la PRO Act (le projet de loi qui protège les droits syndicaux), récupérer les droits électoraux, s’organiser par millions, battre l’inégalité, lutter pour l’égalité, gagner l’assurance maladie pour tous, sauver la planète avec des bons emplois syndiqués, et assurer l’épanouissement de notre démocratie”…

Notes

1. C’est peu après la publication de la version en grec de ce texte qu’est tombée la nouvelle du positionnement de l’administration américaine en faveur de la suspension des brevets sur les vaccins anti-covid. Il s’agit d’un énième, mais cette fois très important développement qui confirme pleinement que les mouvements sociaux et la nouvelle gauche américaine sont bien capables d’influencer et même de changer en mieux les politiques du président Biden et de son administration. La suite des événements promet d’être passionnante..

Partager :

42 réflexions sur « Biden : bien mais pas assez…, par Yorgos Mitralias »

  1. C’est effectivement un évènement historique, l’action de Biden rendue possible par la mobilisation depuis quelques années déjà de la gauche radicale États-unienne.
    La preuve en est que pour une fois Chomsky voit d’un œil positif l’action du gouvernement !
    C’est un signe qui ne trompe pas.

  2. Avec un racisme anti-blanc, camouflé sous des termes nouveaux, l’extrême gauche souffle sur les braises toujours actives du trumpisme. Pour en finir avec les problèmes des Noirs ou autres, il faut lutter contre la monoparentalité le crime et les drogues.

    1. Donc le racisme anti-noirs n’aurait rien à voir avec l’histoire ségrégationniste des Etats-Unis ?
      Les principaux fautifs c’est la gauche radicale…. pas le début du sentiment, de l’analyse chez vous que la gauche radicale s’est investie dans les mouvements pour les droits civiques depuis des décennies ? Rien, nada !?

      1
      1. La gauche radicale d’aujourd’hui s’est dévoyée dans un communautarisme victimaire et sectaire: on est loin de Martin Luther King.
        Ce que j’écris et que vous ne lisez pas sous le coup de vos émotions, est que ceux qui ne s’en sorte pas le doivent plus aux conditions familiales et sociales ainsi qu’à certains de leurs choix qu’à leur couleur de peau. Selon les statistiques US, 9 meurtres (élucidés) de noirs sur 10 sont commis par des noirs. Idem pour les blancs.

        1. Il était question dans un article récent du New York Times ou du Washington Post (si vous me menacez physiquement, je vous retrouverai la référence exacte) d’une famille afro-américaine aux États-Unis, dont la rédaction du journal était parvenue à reconstituer l’histoire.

          Les descendants sont aujourd’hui nombreux, dont certains ignoraient l’existence même d’autres avant que le journal ne les mette en contact.

          Ce qui apparaissait alors c’est que l'”esclave” de ce Blanc pas très riche, eh bien c’était ce qu’on appellerait aujourd’hui “sa femme”. Le gars n’avait pas eu beaucoup de chance : il s’était démené comme un beau diable pour protéger sa femme et ses enfants, au sein d’abominables tribulations, et son comportement s’apparentait clairement à ce qu’on appelle de nos jours “la sainteté”.

          Qu’en pensent aujourd’hui ses descendants ? Une partie de la famille voit en lui une “crapule d’ordure d’esclavagiste”, et l’autre : “un héros que ses descendants n’ont d’autre choix que de révérer”.

          Rien n’est simple…

        2. En france, combien de pauvre sur 10 sont “non blancs”? La est la question à laquelle il faut répondre… Je suppose que vous êtes au courant que critiquer l’anti-racisme fait le jeu des pire racistes d’extrême droite, et que vous y avez bien réfléchi avant de vous y mettre… “On a que ce que l’on fait dans la vie” J. Brel.

          https://www.youtube.com/watch?v=qXNJvxTjOrs

    2. “Racisme anti-blanc.”
      “Lutter contre la monoparentalité”

      Vous vivez dans un monde étrange, vous.

  3. Qu’est-ce qui nous empêche d’exiger des gouvernants et des aspirants gouvernants, dans quelque domaine qu’ils exercent leurs responsabilités, de faire précéder tout projet de la mention d’une exigence qui sera son but ultime : LA DISPARITION PURE ET SIMPLE DU CAPITALISME.

    Ce qui pour commencer se traduirait ainsi …
    – chacun en naissant serait assuré que les autres veilleraient sur lui sa vie durant,
    – suppression de la propriété exorbitante,
    – gestion collective des communs,
    -pas de salaires mensuels au-dessus de 2 500 euros,
    – pas de rémunérations excédant 4 X 2 500 euros,
    – zéro investissement privé dans l’économie et la finance relevant du collectif,
    – pas de rémunération publique des capitaux

    – à suivre

    Ne serions-nous pas assez nombreux, par hasard, pour imposer ces conditions ?
    Il n’est pas assuré que nous serions minoritaires…

    Mais sommes-nous assez courageux et assez imaginatifs?

    1. @PASQUET Régis Les modèles ne peuvent plus guère être recherchés à la Havane, mais peut-être à Pyongyang ou plutôt au coeur de l’Amazonie.

      1. Très bien.
        Mais au fait, comment un pays sous embargo doit-il s’organiser ?
        Et question subsidiaire, plus large : comment la France sous effondrement devra-t-elle s’organiser ?
        Ah bon, ce n’est pas la question. Désolé !

  4. Cité en toute fin d’article la demande de levée de propriété des brevets sur les vaccins est un pas de plus vers un changement de fond. Là où notre président soutenait le contraire en ayant voté 2 fois contre cette levée aujourd’hui il se dit favorable. Lequel de ces Macron croire ? Au delà il va être très très intéressant d’analyser la réaction de l’Europe et de la France en particulier face à cette volte face. Le Medef doit avoir des sueurs froides !
    En France nous sommes , une fois de plus, en train de rater notre salut économique, sociétal, climatique dans des controverses stériles sur l’islamo-phobie, l’islamo-gauchisme et tutti quanti .
    On reproche aux intellectuels d’importer ces problématiques des universités étasuniennes sans se rendre compte qu’une gauche existe aux états unis et, à l’heure où on cherche la
    nôtre , certains politiques français feraient mieux de regarder ce qu’il se fait outre atlantique ainsi qu’en Amérique Latine.

    1. Vous croyez qu’il n’ y a pas de medef aux USA et qu’ils vont se contenter d’avoir des sueurs froides?… Quand vous jouez contre un joueur lambda et qu’il perd bêtement un fou (Trump) réjouissez vous, quand c’est contre Kasparov vous êtes déjà mat… Le volte face de Biden n’est absolument pas du à la pression de la gauche mais bel et bien à celui de l’extrême droite regardez le nombre de voix de Trump. Qui plus est de ce coté de l’atlantique la même tactique semble se dessiner, comme par hasard la pression de l’extrême droite atteignant des sommets. Je ne présume pas de voir le jeu plus loin que vous, mais ça sent le coup fourré à des km… Le putain de but hors jeu à la 98ème minute parce que notre entraineur se refuse noblement à saloper le jeu jusqu’à la montre… Pourvu que je me trompe.

      https://www.youtube.com/watch?v=1vNKZTV09aI

      2-1 à la fin du temps règlementaire, défaite 3-2, élimination… Depuis je sais ce qu’est un silence de mort qui tombe d’un coup dans un bar espagnol, ça n’a même pas protesté, les verres sont resté pleins sur le comptoir le patron a même pas encaissé tout le monde est rentré chez soi et le rideau a été baissé sans un mot… 🙁

      1
      1. bien sûr que non! Je sais pertinemment qu’il y a aussi un “Medef” étasunien . Ceci dit si je comprends bien votre raisonnement Biden applique une politique sociale parce qu’il est sous la pression de l’extrême droite … et donc (voir commentaire ci-dessous) plus Biden fera une politique sociale plus Trump sera plébiscité dans 4 ans . Donc Biden travaille pour Trump … ai-je juste ou faux ?

        1. @khanard La voix du peuple s’exprime par Trump qui l’a senti et Biden y répond pour sauver les meubles de son équipe et de ses sponsors, ce qu’Hillary n’a jamais compris !

          1. Absolument pas, Biden ne répond pas du tout à la voix du peuple comme vous dites, il lui reprocheront même d’avoir amélioré leur conditions de vie pour peu que le voisin en ai profité aussi…

            1. Par voisin entendez selon le contexte, le coloré, le musulman, le chinois, même l’extraterrestre s’il le faut, bref ce que fera dire Trump à la voix du peuple…

        2. Quand vous choisissez entre la tour ou la reine suite à une fourchette effectivement on peut dire que vous travaillez pour l’adversaire, mais ce n’est pas ce que j’ai voulu dire du tout. Ce que j’ai voulu dire c’est que je ne vois pas le moindre semblant de stratégie offensive “sale” de la part du camp Biden… que sa volonté de jouer propre soit honorable, naïve (ça j’en doute quand même à son âge) ou hypocrite je n’en ai aucune idée. La politique ce n’est pas tant faire des choses bonnes pour le peuple que le convaincre que c’est le cas, je le déplore autant que vous mais c’est de plus en plus évident, que ce soit à Madrid avant hier ou en Angleterre aujourd’hui, je crains que Les USA n’échappent pas à la règle :

          https://www.francetvinfo.fr/monde/royaume-uni/legislatives-britanniques/royaume-uni-percee-des-conservateurs-de-boris-johnson-dans-un-bastion-travailliste-du-nord-est-de-l-angleterre_4614457.html

      1. En référence à quoi vous me répondez ceci ? Vu mon âge il est probable que j’aie perdu de l’audition mais j’ai par contre une excellente vue .
        cordialement.

        1. @Khanard

          Je vous présente mes excuses. Il semblerait que je ne retrouve pas votre commentaire ou bien je me suis trompé de personne.

          Je dois apprendre aussi sans aucun doute, à moins surdéterminer certains de vos propos.

          Il est vrai que pour moi, la gauche n’est pas “à rechercher”, elle est déjà là.
          Il faut simplement la fertiliser par notre participation individuelle active pour l’étoffer et la faire croître.
          Nous avons à notre disposition toutes les analyses, les concepts nouveaux et les moyens humains pour y parvenir.
          Ce qui nous manque encore, c’est d’être clair avec notre désir.

          Cordialement.

          1. Rassurez vous il n’y a aucun mal . Je suis par contre tout à fait d’accord avec vous lorsque vous dites que la gauche est encore là , il n’y a qu’à voir la quantité de sites internet qui ont cette culture (Politis, Mediapart, là-bas si j’y suis, LVSL, Syllepse, Contre temps, A l’encontre et j’en oublie certainement) . Par contre , et c’est ce qui peut être explique son éloignement des classes ouvrières , ce sont les conditions d’accès à ces médias. Là où le capitalisme et surtout le néo- libéralisme ont gagné c’est en s’appropriant le média qu’est la télévision à savoir un média “facile d’accès” et populaire. Ce qu’on nomme les médias “mainstream”.
            En paupérisant les classes populaires le capitalisme s’est garanti l’inaccessibilité de celles-ci à cette mouvance prolifique de gauche ( abonnements, fracture numérique …etc)

            Au plaisir de vous lire

            1
  5. Quand il s’agit d’une politique de gauche ça n’est jamais assez, par contre la droite plus elle tape fort plus les gens sont content, mieux il fera plus les gens le sanctionneront dans les urnes dans 4 ans ce sera le grand retour de Trump juché sur quatre années de propagande supplémentaire. Les Trumpistes ne sont pas devenus Bidenistes, et quelque soit l’amélioration de leur situation personnelle il chercheront toujours quelque chose qui ne va pas pour finir par dire “j’avais bien raison” ainsi en va t il de l’égo. Le secret de l’extrême droite (et plus généralement de la droite) c’est que c’est toujours de la faute des autres, leurs électeurs sont toujours en paix avec leur égo, pas besoin d’auto-critique. La gauche modérée sera toujours battue à ce jeu là. Reste l’option pour la gauche de jouer le même jeu sale de propagande anti droite, on sait ou ça mène et pourtant ça a été le seul moyen de trouver un équilibre au siècle dernier… On a toujours le choix entre se défendre ou se laisser bouffer, hélas je soupçonne qu’aucun des deux n’est bon…

    1. Le secret de l’extrême gauche (et plus généralement de la gauche) c’est que c’est toujours de la faute des autres, leurs électeurs sont toujours en paix avec leur égo, pas besoin d’auto-critique.

      1. Non, pas (plus généralement de la gauche), c’est bel et bien le propre de l’extrême gauche : pour résumer, la faute aux riches, au bourgeois etc. même s’il fut un temps ils avaient tendance à être surtout Juifs les riches en question, rien à envier au camp d’en face… La gauche modérée et/ou pacifiste s’emploie beaucoup moins à cet exercice et du coup elle se fait systématiquement rouster. Je répugne à dire qu’il faut jouer “sale” mais une petite voix chaque jour un peu plus pressante me dit : “Gaffe on joue bcp trop propre, on va encore se faire baiser”. Sans les cocos bolchos fous furieux on aurait jamais fait le poids contre les fachos svatikés au siècle dernier, le prix pour trouver l’équilibre a été exorbitant mais quel aurait il été si un des deux camps avait pris le dessus?

        1
  6. Merci. J’ai beaucoup appris.

    Descriptions remarquables des forces de gauche à l’œuvre aux USA. Le contraste avec notre pays, concernant la gauche, ne saurait être plus grand. Vitalité là-bas, atonie ici. En contre, la Chambre de commerce là-bas, les pseudo-grands moyens d’information ici.

    Concernant la douce violence que s’infligerait Biden, on pourrait peut-être invoquer la manœuvre politique dite de triangulation, qui consiste simplement à voler les idées de l’opposition pour la neutraliser. Staline (pour mémoire), Mitterrand, plus récemment Blair et Clinton en ont été des champions. Vu les résultats, préparer son mouchoir semble prudent.
    Comme le dit l’auteur, et pas seulement sur l’abandon des brevets des vaccins, ‘la suite des événements promet d’être passionnante…’

    1. Biden a déjà eu une vie bien remplie, je ne suis pas certain qu’il se fasse réellement violence en faisant ce qu’il fait. Il nous surprend, mais pourquoi ne se surprendrait-il pas lui-même ?
      Et puis il n’est pas seul, il y a toute une équipe avec lui, l’émulation doit être à son comble.
      Pourquoi ne serait-il pas simplement heureux de voir son pays aller dans la bonne direction ?

      Joe Biden n’est pas un saint, ni le Che, mais il me semble que c’est la bonne personne au bon endroit, compte tenu de la situation, de ce qui a précédé.

      4
      1. Il est surtout assez vieux pour savoir que les temps changent et qu’il faut savoir s’y adapter. Le libéralisme n’est pas par principe réactionnaire, simplement égoïste. C’est la grande différence entre les libéraux anglo-saxons et les notre qui n’en sont que des ersatz ploutocrates qui, plus encore que de leur situation personnelle, sont au service d’une dominance de classe millénaire.

        2
      2. @ PYD

        Concernant Joe, vous êtes incroyablement naïf.
        La fiscalité du Delaware est la pierre de touche pour juger de sa sincérité et de son succès dans son aggiornamento à couleur socialiste. Comme le dit l’auteur, il a été ‘député ou sénateur pendant 39 ans’, précisément du Delaware.

        Selon Wikipédia, l’état de Delaware est un paradis fiscal. ” Environ 50 % des entreprises américaines cotées en bourse à New York ont leur siège au Delaware, fournissant environ un cinquième du revenu de l’État. ”
        Il est difficile de croire que Joe n’est pour rien dans cette situation.
        Si ses projets de taxation du capital reçoivent un début d’exécution, il n’y aura pas assez de boîtes aux lettres dans tout le Delaware pour domicilier les grandes entreprises et les grandes fortunes cherchant un refuge fiscal.

        En plus, comme, à nouveau, Yorgos Mitralias l’écrit, il a un passé de droite. J’ajoute de droite dure et va-t-en guerre, interventionniste obstiné et bête à bouffer du foin. Les inférences sont évidentes à l’international. Il était parfait dans cet emploi comme VP d’un président réputé libéral. Lyndon a joué ce rôle pour Kennedy, un classique dans la composition des tickets démocrates. (La comparaison entre Lyndon et Joe serait instructive. Lyndon n’a jamais caché son jeu pour une politique intérieure généreuse. Pour l’anti-communisme forcenée non plus, hélas. Son habileté à manœuvrer les assemblées assez rétives est bien connues. une différence essentielle avec Joe.)

        Il a peut-être rencontré son chemin de Damas socialiste. Les laissés pour compte aux USA peuvent le souhaiter très fort. Cependant, faire l’impasse sur un passé si chargé, ou l’ignorer volontairement, expose à des déconvenues toujours possibles, pas probables mais possibles.

        Attendre et voir. Après tout, pour l’instant, nous sommes simples spectateurs. Et, pour la troisième fois, comme Yorgos Mitralias l’écrit mais en creux, les situations des gauches sont très différentes des deux cotés de l’Atlantique. Pourrait-il orienter la gauche en France par ses actions? Je ne sais pas. Telle que cette gauche est et réfléchie, des succès matériels de Joe ne seraient pas suffisants. Il y faut une infrastructure conceptuelle. Elle semble faire défaut.
        La question pour notre intérêt serait de savoir si il a assez de charisme ou de convictions pour influencer les gouvernants de notre côté de l’océan. La cour constitutionnelle de karlsruhe ne semble pas très favorable à ce qui s’apparente à la distribution de liquide par hélicoptère, même sélective. Une (petite) révolution européenne est bien improbable.

        Vous pouvez rêver. Reste qu’un engouement en aveugle est prématuré. A titre perso, jouer à la groupie de Joe est, disons, hors de propos.

        1
        1. Daniel,
          Pas naïf, au contraire, c’est parce que je sais combien les défis sont immenses, qu’en début de mandat c’est pas encore le moment de tirer à boulets rouges sur un homme et son gouvernement qui crée la surprise, une surprise qu’on s’empresse d’oublier comme si ce qui vient d’être fait était fastoche.
          Tout cela n’à rien d’évident. On peut toujours s’attendre au pire, alors quand ça va mieux, et même qu’il y a des brèches dans lesquelles d’autres que Biden peuvent possiblement s’engouffrer pour aller plus, loin, c’est pas encore le moment de faire la fine bouche.

          1
  7. J. Biden de gauche ? N’est-il pas plutôt pragmatique et rusé, un peu comme l’a été F. Mitterrand laissant penser que ‘le grand soir’ était advenu et très vite, il est rentré dans le rang pour finalement mettre le P.S. sur les rails de la droitisation, laquelle a abouti récemment à la destruction de ce qu’a été un grand parti, avec également au passage la destruction du P.C., bref, la gauche en France n’est plus qu’un champ de ruines.
    Pour en revenir à ‘Joe le rusé’, il fait en sorte de désamorcer le mécontentement d’une fraction de la population qui s’estime négligée par le pouvoir, mais cette opération d’apaisement réalisée, il reviendra de manière naturelle aux principes du système capitaliste.
    Un indice:sa politique extérieure ne s’est nullement adoucie vis à vis de Cuba, pays qui récemment s’est partiellement ouvert aux initiatives privée, mais qui présente un gros problème, en l’occurrence, il est inscrit dans la loi que si l’initiative privée est permise, elle est limitée et surtout il ne sera pas permis de s’enrichir et d’acquérir une position dominante ; l’investissement issu de l’extérieur doit obligatoirement se faire avec le partenariat de l’État, bref, des principes qui donnent la nausée aux capitalistes de tous bords, lesquels ne cessent de seriner qu’il faut établir la liberté à Cuba, mais chacun sait qu’il s’agit de la liberté du renard dans la basse-cour… 🙂

    1. La population ne se contentera pas du pain, il lui faut du cirque, et bien saignant de préférence.

    2. La comparaison avec Mitterrand a ses limites car le contexte n’est plus le même.
      Mitterand arrive au pouvoir alors que le néo-libéralisme s’apprête à entrer en scène ; Tchatcher 1er ministre en 1979 ; Reagan élu président en 1980 .

      Biden du gauche ou pas, est-ce si important ? Ce qui compte ce sont les actes qu’ils pose et auront des conséquences plus longues que celle de son mandat.

      Et en 100 jours il a déjà plus fait que n’importe quel président américain depuis Roosevelt.
      IL ne va pas sauver l’humanité, sans doute pas abolir le capitalisme, mais au moins il s’emploie à réintroduire un peu de justice sociale dans ce pays qui en a tant manqué depuis des décennies.

      Bien sûr il faut être vigilant, exigeant, et pour ça j’ai cru comprendre que la gauche américaine radicale saura lui rappeler qu’elle existe et que sans elle il ne serait pas aujourd’hui à la Maison Blanche.
      Rusé sans doute, mais n’en fallait pas un peu de sens politique pour comprendre qu’un tournant devait être pris ?

      J’aimerais surtout que la gauche française en prenne de la graine, pour faire au moins aussi bien !

      Qu’espériez-vous, que les Bolchéviques prennent le Capitole ?

      1
      1. Les bolcheviques au capitole, non, mais j’espérais au moins une prise en compte de la détresse actuelle des cubains frappés par les mesures restrictives de D. Trump et un allègement de cet embargo imbécile.
        Certes, du point de vue de ce qui semble se mettre en place au profit des classes défavorisées aux U.S.A., cela est très positif, mais n’est en aucune façon l’indice que J. Biden aurait abjuré sa foi dans le capitalisme 🙂
        Ce qui est gênant également , est la politique menée par le secrétaire d’État A. Blinken vis à vis du Venezuela et surtout de la Chine, ne se trouve-t-on pas dans les prémices d’une situation semblable à celle qui a prévalu avec le Japon peu avant la 2e guerre mondiale ?

        1. Pour Cuba, ce blocus n’ a plus lieu d’être.
          Concernant les US et la Chine, c’est la confrontation d’une superpuissance et d’une nation, la RPC, qui aspire à l’être. Avec l’enjeu Taiwan, et l’enjeu du contrôle des zones maritimes alentours. Certes Blinken n’a pas mâché ses mots, mais difficile de nier que la RPC a une attitude agressive dans la région. La doctrine actuelle des US est le maintien du statu quo, c’est à dire le maintien du régime de Taipei avec son régime politique actuel, mais Xi a promis de réunifier … alors. Washington ne peut pas faire moins qu’assurer Taipei de son soutien, même si Washington n’à pas formellement, il faut le préciser, dit qu’elle serait son attitude effective si Pékin agressait Taiwan.

          1. PS. Je n’ai pas été clair, je voulais dire que je suis d’accord avec vous au sujet de Cuba.

  8. “Le syndicat des personnels navigants US ” , en post covid , risque d’être de facto plus en position de demandeur que de juge de paix .

  9. la progression continue de l’indice dow jones à la bourse de new york, l’augmentation des crédits militaires, la politique étrangère du nouveau président montrent à quel point les financiers, les capitalistes craignent le “socialiste” Biden. La politique de Biden est une politique étatique de relance économique dont les principaux bénéficiaires sont les capitalistes eux-mêmes qui se voient confier d’importantes commandes d’Etat. L’Etat prend à son compte (c’est à dire au compte des contribuables américain) le coût très important de remise en état d’une partie des infrastructures dégradées. La “gauche” qui s’extasie sur le “miracle” Biden montre la limite de ses propres ambitions

    1. Je ne comprends pas pourquoi le fait que la puissance publique prenne en charge les remises en états des infrastructures ( et forcément au compte des contribuables ) vous choque !
      Vous préférez les autoroutes concédées ? (même si on peut se poser clairement la question de savoir si c’est bien toujours au contribuable de payer des équipements qui sont utilisés par des consommateurs – de bagnole – il est vrai presque aussi nombreux que les titulaires du droit de vote ).
      La politique dite de “grands travaux” pour redonner du boulot et de quoi survivre à une forte population en déshérence , est d’ailleurs un standard historique ( voir Roosevelt , Keynes , chez nous la politique du même nom par Napoléon III , qui a assez largement contribué au développement économique de la France à défaut d’éviter la défaite contre les prussiens ) .

Les commentaires sont fermés.