16 réflexions sur « Veille effondrement #85 – Il y a trois ans : le 9 septembre 2018 »

    1. Deux inconscients collectifs s’affrontent : celui du vieux monde qui veut continuer comme avant , celui de l’ego qui accumule pour remplir son manque, et un nouvel inconscient collectif , en majorité celui des jeunes, qui prend conscience de la férocité prédatrice de l’inconscience du vieux monde.

    2. Merci CloClo. Je voulais le mettre aussi en lien. En complément pour les non-abonnés au Monde (comme moi).
      https://reporterre.net/Les-jeunes-sont-terrifies-par-la-crise-climatique-Et-l-inaction-des-gouvernants
      Une majorité d’inquiets? Ça doit pas être les mêmes que je croise le smartphone dernier cri rivé dans la paume de la main, les fringues branchées qui vont avec, prêts à sauter dans l’avion lôcôste qui les conduira au bout du monde pour pas cher et révoltés parce qu’ils ont été privés de teuf quelques semaines à cause d’un sale virus.
      Z’auront peut-être un avenir comme troufion ou mercenaire.
      https://reporterre.net/
      Contre la peinture verte, ça réagit quand même un peu. Pas l’impression que ce soit une question de génération.
      https://reporterre.net/Les-cyclistes-perturbent-la-fete-allemande-de-l-industrie-automobile
      Il en faudra beaucoup, beaucoup plus pour faire peur aux rois de la bagnole.
      Quant aux plages, ils ont raison d’en profiter. Quoi que nous fassions, quasiment plus une d’ici la fin du siècle.

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      1. Salut Michel

        Tu as raison, mais avoir un écran et le dernier Tee-shirt à la mode en souhaitant passer 1 semaine au soleil et profiter de l’insouciance n’est pas en soi un crime. C’est juste absurde mais c’est naturel aussi. Et être stupide n’empêche pas forcément au fond de soi d’être conscient que quelque chose cloche. C’est cela qui m’intéresse. La mise en résonnance.

        Après soyons sérieux, les dirigeants sont fait pour diriger, et y en a marre de voir toute la pyramide renvoyer la balle à la base en permanence. Si cela doit être le cas, alors qu’ils s’attendent tous en haut quelque soit leur niveau et grade à finir la tête en bas. La base sait très bien prendre les décisions qui s’imposent quand on la prend pour une buse…

      2. Je trouve maladroit, Michel, de s’en prendre à ces jeunes rebelles mais ayant un smartphone « dernier cri » (peut-être). En fait, les rebelles sont une minorité et ils doivent avoir un lien avec les autres pour être bien d’une part, et pour agir d’autre part. Nous les vieux ne sommes pas à l’abri d’une contradiction (que ceux qui n’ont plus pris d’avion ou acheté de bagnole ou remplacé un ordi ou un vélo qui marchaient encore, depuis 20 ans, lèvent le doigt). Tiens j’ai pas la télé, je regarde peu de vidéos, mais j’ai un flux de dingue dans ma box pour interagir en militant sur Fassbouc.
        Il y a peut-être un côté « signes extérieurs de richesse » (la technique pour le fisc de taxer les riches sans leur demander de déclaration sincère), mais il y a un côté intégration participation compréhensible. Mais soyons coopératifs au lieu d’être critiques, désignons des solutions au lieu de bloquer les choses par des problèmes.
        En réalité l’énergie du changement viendra des jeunes (15-50), une minorité de pionniers. Et ils doivent se constituer un cadre culturel (cfr mon commentaire sur un plan D sur le billet sur Malraux). C’est tout.

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      3. prêts à sauter dans l’avion lôcôste qui les conduira au bout du monde pour pas cher

        @michel ce n’est pas qu’une question de frime ou de consommation excessive… C’est aussi un choix économique ratoonnel. Partir en week-end à Madrid ou à Budapest en avion low-cost était objectivement devenu moins cher que de partir en week-end à la Baule

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    3. Moi je conteste que ce ne soit que d’aujourd’hui que le pressentiment que le XXI ème siècle devrait connaitre des changements encore insoupçonnés jusqu’alors .

      Dès la fin des années 90 , le sentiment que la simple reconduite des errements occidentaux ( on ne connaissait vraiment que ceux là ) ne faisait pas de place au bonheur était déjà là chez les jeunes qui ont 40 ans aujourd’hui et chez certains de leurs parents ( dont je pense avoir été ) . Dans mon entourage , ça a été par exemple le début des engagements auprès de la confédération paysanne ou d’associations dans la mouvance ESS . Ce qui a évolué assez vite , dès le passage de l’an 2000 , c’est la prise de conscience ( ou du moins le consta)t que cela ne suffisait pas pour ébranler le rouleau compresseur de la consommation capitaliste , et que la défense de l’environnement restait du domaine de la défense de maigres bastions et non de la reconquête .

      Bref la montée en puissance , sans qu’on trouve de prises pour lutter contre, de ce que Paul Jorion a appelé le soliton ( système économique débile , ruine écologique accélérée , accroissement de la complexité en tous domaines ) .

      Ce qui est nouveau , c’est , avec le coup de tonnerre du virus covid , la révélation que là où on pouvait encore se résigner à une survie morne , il pouvait , il peut , y avoir la mort , la vraie , et alors la peur prend la place de la frustration . Elle frappe et frappera selon moi de plus en plus de monde , sans que je sois sur que les jeunes , qui ont le plus à « perdre » évidemment si on raisonne en espoir de jouissance de la vie , soient plus armés que les plus vieux ( qui vont aussi être de plus en plus nombreux à ouvrir les yeux) pour apporter facilement des réponses efficaces et humaines à la menace accrue , lesquelles réponses , si on peut les porter ne le seront que par la coopération , la solidarité de tous , de 3 voire 4 générations , et sans s’arrêter aux frontières .

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  1. Merci pour cette vidéo qui pourrait se passer de commentaire.

    Il y a même un limonaire comme dans la chanson de Jean-Roger et Léo.

    « …
    « Ni gris, ni vert
    « Ni gris, ni vert
    « Comme à Ostende
    « Et comm’ partout

    « Quand sur la ville
    « Tombe la pluie
    « Et qu’on s’demande
    « Si c’est utile

    « Et puis surtout
    « Si ça vaut l’coup
    « Si ça vaut l’coup
    « D’vivre sa vie

    « …

    Ni gris, ni vert, plutôt noir l’avenir pour tous ces gens.

    La solastalgie est toujours ce qu’elle était !

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  2. VEILLE EFFONDREMENT #86 – Dans le Gard, alors que les modèles météo n’ont strictement rien vu venir, tout a basculé entre 7h00 et 9h00 du matin – Une tempête en V orientée d’ouest en est s’est soudain déclenchée accompagnée d’orages violents sur tout le centre du Gard – Déjà deux personnes disparues – Darmanin se rend sur place :

    https://www.youtube.com/watch?v=sWK1wDvOa18

    1. On a eu juste la queue de la comète en Basse-Ardèche (devenue « Ardèche Méridionale »: plus vendeur, Coco!): un petit dix millimètres dans le pluvio à jeun depuis plusieurs semaines. Pas d’épisode cévenol en vue ici. Mais si les prévisions sont aussi bonnes que chez vous…

  3. « Comme à Ostende » je pense à Jean-Roger;
    Comme je pense à Jean-Roger je pense à « L’aïeul »:

    Ma brû m’a conduit par la manche
    Jusqu’au p’tit banc qu’est sous l’tilleul.
    Y vont s’ promener, dame, c’est dimanche!
    Je reste là, je suis…l’aïeul.

    Je suis né… Bah !… Y a si longtemps
    Que ça m’ fatigue de faire la somme
    De mes hivers ou d’ mes printemps
    Enfin quoi, j’ suis un vieux bonhomme.
    Mes prunelles sont d’venues toutes grises.
    Depuis que’ques mois, j’ peux plus rien voir,
    Mais j’ devine le temps ! J’ai des crises,
    J’ suis tout rouillé quand va pleuvoir

    Mais aujourd’hui, j’ sens qu’y fait clair
    Et j’entends qu’ c’est plein d’oiseaux, dans l’air
    Et qu’ dans les branches, c’est plein d’abeilles !
    Pas de danger qu’une me pique !
    Elles savent que j’leur veux pas du mal
    Et qu’jaime écouter leur musique.
    J’entends des filles qui vont au bal;
    Elles vont, comme ça, par cinq ou six
    Et l’ soleil leur fait des diadèmes.
    C’était pareil, dans l’ temps jadis,
    Seulement, les filles, c’est plus les mêmes.

    On veut pas croire, dans sa jeunesse,
    Qu’un beau jour, faudra céder l’ pas
    On croit que ça dur’ra sans cesse
    Ou, mieux encore, on n’y pense pas.
    On s’ marie, on a des bambins,
    On en est fier, on désespère
    De les voir grandir, ces bambins
    Et puis, un jour, va t’ faire lanlaire

    Voilà qu’ la fille prend du corsage
    Et qu’ le fils part pour l’ régiment.
    On s’ dit « j’ suis dans la force de l’âge »
    On se l’ redit, jusqu’au moment
    Où on s’ trouve seul, deuil après deuil.
    Et la grand’ route qu’on a suivie,
    On la r’voit toute, en un clin d’œil.
    Que c’est long, que c’est bref, la vie.

    Ma brû m’a conduit par la manche
    Jusqu’au p’tit banc qu’est sous l’ tilleul.
    Y vont s’ promener, dame, c’est dimanche!
    Je reste là, je suis…l’aïeul.

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  4. Delphine Batho face au patron des petits patrons : «Pour moi la décroissance, c’est plus d’emplois»

    https://www.liberation.fr/politique/elections/pour-moi-la-decroissance-cest-plus-demplois-20210914_KIQF5LJRKJBDLGJ7EBHQ5CDBEE/

    Dans le cadre de la primaire écologiste, Libération a mis les candidats verts face à des acteurs ou représentants de domaines qui pourraient être chamboulés s’ils prenaient le pouvoir. Quatrième épisode : Delphine Batho, députée et présidente de Génération écologie, et François Asselin, entrepreneur et président de la Confédération des petites et moyennes entreprises. Nous les avons réunis pour parler décroissance.

    Delphine Batho, pour vous la décroissance est le seul «chemin d’efficacité». Pouvez-vous la définir ?

    DB : Nos sociétés sont dans une situation d’hypervulnérabilité, avec l’accélération du changement climatique et l’effondrement de la biodiversité. La faute à un modèle économique qui ignore les limites planétaires et qui se trouve lui aussi dans une situation d’hypervulnérabilité, avec des chaînes d’approvisionnement internationales à flux tendus. Face à cela, une option doit nécessairement être écartée, celle de l’immobilisme. On ne peut pas continuer avec un bandeau sur les yeux. La décroissance est au contraire un mouvement volontaire et progressif, choisi démocratiquement et mis en œuvre par le dialogue social, de réduction progressive de notre empreinte écologique, c’est-à-dire de la consommation d’énergie et de matières premières. Elle s’entend au sens macroéconomique. Cela veut dire qu’il faut sortir d’un certain nombre d’actifs toxiques et développer ce qui a une utilité sociale, ce qui concourt à atteindre l’objectif de bien-être humain avec une empreinte carbone neutre.

    François Asselin, qu’en pense le chef d’entreprise ?

    FA : Les chefs d’entreprise sont climato-réalistes. L’action des écologistes a eu le mérite de poser le débat sur l’évolution de notre planète. Et je suis d’accord sur un point : nous sommes tout sauf condamnés à l’immobilisme. Nous n’avons pas de souci avec l’écologie. En revanche, nous sommes beaucoup plus inquiets avec les écologistes (rires), et notamment avec cette notion de décroissance qui n’est pas compatible avec la logique d’entreprendre. Qui a envie de décroître ? Quand vous êtes entrepreneur, vous voulez entreprendre !

    Les logiques entrepreneuriales et l’idée de décroissance sont-elles incompatibles ?

    DB : La décroissance n’est pas une économie administrée, c’est un mouvement qui vient d’en bas. Elle a besoin de l’agilité, de l’inventivité des entreprises. Il y a aujourd’hui un tissu économique, notamment des PME, en rupture avec les pratiques habituelles du toujours produire et consommer plus, qui développent de nouveaux modèles. Pour parvenir à faire mieux, certaines demandent des régulations, car elles font face à des règles du jeu «truquées», puisqu’aujourd’hui la croissance est basée sur la destruction gratuite du climat et de la biodiversité. C’est le cas des acteurs de la filière du textile français. Ils disent «forcez-nous à faire mieux, mettez en place des régulations sur le carbone, les importations, les règles sociales, sinon notre nouveau modèle vertueux ne pourra s’épanouir.»

    FA : Les entreprises sont en effet des acteurs incontournables de la transition verte. Elles imaginent de nouvelles façons de créer de manière décarbonée, des solutions antigaspis… Les initiatives ne manquent pas. Le marché appelle de plus en plus ces démarches vertueuses, à la relocalisation, à l’économie circulaire. Et c’est une bonne nouvelle. Pour autant, la manière d’y arriver doit être beaucoup plus incitative que coercitive. Les chefs d’entreprise sont assommés de règles, de normes, qui s’empilent. Plutôt que de mettre sans arrêt des mesures coercitives, incitons, encourageons plutôt les acteurs vertueux ! La responsabilité sociale de l’entreprise (RSE), qui repose sur trois piliers – l’environnement, le social, la performance économique – est à ce titre une démarche intelligente pour répondre aux enjeux : décarboner l’économie, faire en sorte que les salariés ne soient pas les premières victimes de cette transformation et que les entreprises restent florissantes.

    DB : Je vous rejoins sur ces grands maux de la France que sont la bureaucratie et la maltraitance administrative. J’y ajoute que, depuis des années, Bercy a plutôt le tropisme du CAC 40 que du tissu des PME qui font vivre les territoires et créent de l’emploi local. Et cela doit changer. Mais malgré la RSE, la réalité, pour avoir vécu le débat parlementaire sur la loi climat, c’est que les entreprises ont freiné des quatre fers contre les propositions de la Convention citoyenne qui portaient la rupture avec le consumérisme ! On va, de gré ou de force, vers des changements difficiles. Or, quand on fait preuve d’aveuglement, à l’arrivée, il y a beaucoup de casse sociale et entrepreneuriale. La France a pendant des années été dans le déni sur la fin du diesel, puis il s’impose par un changement du marché brutal qui provoque beaucoup de dégâts. On ne peut pas s’en remettre à la main invisible du marché. Donc, oui, il faut de la régulation couplée à un mécanisme de «sécurité sociale écologique», avec un vrai dialogue social. Au siècle dernier, quand il a été question de créer les congés payés, une autre forme de régulation, des entreprises criaient à la catastrophe, mais l’économie ne s’est pas effondrée.

    FA : Si demain on voulait «réguler», il faudrait aussi réguler la consommation de tous les Français ? Cette affaire-là n’est pas si simple que ça ! Je ne vois pas comment vous comptez faire sans passer par des mesures coercitives.

    DB : Par exemple, une TVA à taux réduit sur les produits vertueux, est ce coercitif ? Non !

    FA : Non, c’est incitatif, on est d’accord.

    DB : La conditionnalité écologique des aides publiques aux entreprises, c’est coercitif ? Non ! Vous craignez la «coercition», mais vous verrez que la convention des entreprises pour le climat, qui démarre ses travaux, en demandera. Il y a beaucoup d’exemples d’entreprises, et même des très grandes, qui ont par le passé demandé l’intervention de la puissance publique pour fixer des règles du jeu écologique. Mais le combat n’a été mené ni par la France, ni à l’échelle européenne.

    Par exemple ?

    DB : Quand Michelin demandait des règles du jeu en faveur des pneus rechapés plus vertueux, pour éviter l’importation massive de produits fabriqués en Asie. Ça n’a pas été fait, et ça a détruit de l’emploi en France. Quand PSA demandait que la réglementation européenne sur le CO2 ne soit pas basée sur la masse des véhicules et cesse de favoriser l’augmentation sans limites des véhicules très haut de gamme et lourds, ça n’a pas été fait non plus.

    FA : En fait, vous êtes pour la souveraineté économique ?

    DB : La décroissance se conçoit dans une logique de relocalisation. Aujourd’hui, on ne prend en considération que les émissions de gaz à effet de serre sur notre sol. Il faut désormais compter en empreinte carbone, c’est-à-dire en bilan global, y compris avec les émissions importées. Si on ne regarde que la moitié du problème de l’empreinte écologique de la France, on est dans une mécanique contraire à la relocalisation.

    FA : L’économie de marché n’est pas une mauvaise chose en soi, mais si elle n’est pas régulée, c’est vrai, ça peut devenir la loi de la jungle. Si une entreprise est face à un concurrent qui produit sans faire attention aux règles environnementales, elle se fait laminer, parce qu’elle est trop chère par rapport à lui. Je vous rejoins sur ce point. Le critère environnemental doit être un critère à part entière qui régule l’économie de marché. L’idée de taxe carbone aux frontières de l’Europe me semble par exemple très bonne. Mais lier cet impératif écologique à la décroissance me pose problème, parce qu’il va à l’encontre de l’esprit d’entreprendre. Quand on se met à son compte, on n’espère qu’une chose : c’est de ne pas décroître.

    DB : C’est au contraire la décroissance qui va être un accélérateur d’inventivité et de créativité pour les entreprises, car c’est une boussole qui fixe un horizon clair de réduction de l’empreinte écologique. Quand une entreprise – c’est arrivé dans l’électroménager – est concurrencée sur le plan international par des prix cassés, elle peut chercher une alternative à la concurrence par la durabilité, la réparabilité de ses produits.

    FA : Inciter à changer de modèle économique et demander de décroître ce n’est pas la même chose

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    DA : Un point très important : la décroissance est un terme macroéconomique. Ça ne veut pas dire que toutes les entreprises doivent décroître, mais dans certains secteurs, extrêmement dépendants des énergies fossiles, il le faut. On doit faire moins de 65 % d’émission de gaz à effet de serre en dix ans. La décroissance vise ce résultat. Comment fait-on sans faire des choix de réduction dans certains domaines, pour permettre à d’autres secteurs de s’épanouir ? La décroissance de l’aéronautique et de l’industrie automobile, deux filières majeures en France, doit être regardée en face et organisée avec méthode. Sinon, ce sera dangereux sur le plan climatique, social, et territorial.

    FA : C’est là que ça devient très compliqué. On ne peut et ne pourra souffrir une transformation de notre modèle que si ceux qui créent la richesse de notre pays restent en pleine forme. Et ce sont les entreprises qui créent la richesse. Ce tissu, il faut y faire très attention parce que si on est brutal dans la temporalité et les mesures coercitives, beaucoup d’acteurs risquent de ne pas pouvoir suivre.

    Delphine Batho, peut-on maintenir le niveau de vie des ménages en créant moins de richesses ?

    DB : Le niveau de vie de qui ? Les inégalités sont spectaculaires aujourd’hui ! Les inégalités de richesse sont aussi des inégalités d’empreinte écologique. Ce ne sont pas les catégories populaires et modestes qui ont l’empreinte la plus destructrice et doivent faire le plus d’efforts. Autre aspect fondamental : pour moi la décroissance, c’est plus d’emplois. Parfois, ce terme de décroissance a été employé dans le cadre d’une vision qui est celle de la fin du travail. Ce n’est absolument pas celle que je porte. L’effort de transformation de nos modes de vie quotidiens va créer de l’activité.

    FA : Ce qui permet de créer de la richesse, c’est plus et mieux travailler. Employeurs et salariés partagent la même inquiétude : si la transition écologique implique du chômage, ça nous tétanise.

    DB : L’augmentation des richesses, au sens PIB du terme, c’est plus de carbone et de destruction de la nature. C’est le logiciel dont il faut sortir. Vous dites qu’il ne faut pas contraindre, mais on est contraints par les événements, par des phénomènes physiques, auxquels on ne peut pas échapper. Le choc de la pandémie crée une situation assez inédite en termes de marges de manœuvre, car le carcan du cadre budgétaire des politiques d’austérité a volé en éclat. Les Etats sont venus au secours de l’économie. La question qui est posée aujourd’hui est de savoir si tout cet argent public injecté va servir à figer ou à transformer le modèle actuel ? Hélas, en l’absence de conditionnalité écologique aux aides, il est en train de le figer.

    La primaire écolo en débat

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