Veille effondrement #94 – Il est choquant de voir tant de gauchistes attirés vers l’extrême-droite par les théories du complot, par George Monbiot

Il est choquant de voir tant de gauchistes attirés vers l’extrême-droite par les théories du complot.

The Guardian, mercredi 22 septembre 2021

Il n’y a pas que les anti-vax. Les thèmes de la résistance au pouvoir et de la reprise en main de nos vies ont été cyniquement détournés.

C’est une chose inconfortable à admettre, mais dans les mouvements de la contre-culture où se situent mes sympathies, les gens tombent comme des mouches. Tous les jours, j’entends parler d’une autre connaissance qui est tombée gravement malade du Covid, après avoir fièrement proclamé les avantages de « l’immunité naturelle », dénoncé les vaccins et refusé de prendre les précautions qui s’appliquent au commun des mortels. Certains ont été hospitalisés. Au sein de ces cercles, qui cherchent depuis si longtemps à cultiver la bonne société, il y a des gens qui menacent activement la vie des autres.

Ce ne sont pas seulement les croyances anti-vax qui se sont répandues dans ces mouvements. Presque tous les jours, je vois des théories de la conspiration se déplacer sans heurts de la droite vers la gauche. J’entends des gens fiables reprendre les revendications des suprémacistes blancs, apparemment dans l’ignorance totale de leurs origines. Je rencontre des hippies qui cherchaient autrefois à construire des communautés partageant les mèmes de l’individualisme extrême. Quelque chose a mal tourné dans certaines parties de la scène alternative.

Il y a longtemps eu un chevauchement entre certaines idées du new age et de l’extrême droite. Les Nazis ont adopté l’astrologie, les festivals païens, l’agriculture biologique, la conservation des forêts, l’éducation écologique et le culte de la nature. Ils encourageaient l’homéopathie et la « guérison naturelle », et avaient tendance à résister à la vaccination. Nous devons être conscients de cette histoire, mais sans céder à ce que Simon Schama appelle le « syllogisme obscène » : l’idée que, parce que les Nazis ont encouragé les croyances du new age, la médecine alternative et la protection de l’environnement, toute personne qui le fait est un Nazi.

Dans les années 1960 et 1970, les fascistes européens ont cherché à se réinventer, en utilisant les thèmes développés par les anarchistes révolutionnaires. Ils ont trouvé un terrain fertile dans certaines parties des mouvements anarcho-primitivistes et de l’écologie profonde, qu’ils ont essayé d’orienter vers des notions de « séparatisme ethnique » et d’autonomie « indigène ».

Mais une grande partie de ce que nous voyons en ce moment est nouvelle. Il y a quelques années, des hippies dreadlockés diffusant des mensonges de QAnon et marmonnant à propos d’une conspiration contre Donald Trump auraient semblé impensables. Aujourd’hui, les anciennes frontières se sont effondrées, et les personnes les plus improbables sont devenues sensibles à l’extrémisme de droite.

Le mouvement anti-vaccin est un canal très efficace pour la pénétration des idées d’extrême-droite dans les contre-cultures de gauche. Depuis plusieurs années, les anti-vax sont à cheval entre la gauche verte et l’extrême droite. Trump a flirté avec elle, invitant à un moment donné l’anti-vaxxer Robert F Kennedy Jr à présider une « commission sur la sécurité de la vaccination et l’intégrité scientifique ».

Les croyances anti-vax recoupent fortement la sympathie envers les théories du complot. Cette tendance a été renforcée par les algorithmes de Facebook qui orientent les personnes hostiles à la vaccination vers des groupes conspirationnistes d’extrême-droite. Les liens anciens entre les mouvements de « mieux-être » et la paranoïa antisémite ont été rétablis dans certains cas. La notion de « corps souverain », non contaminé par les produits chimiques, a commencé à fusionner avec la crainte qu’une cabale obscure tente de nous priver d’autonomie.

Il est tentant de trop réfléchir à tout cela, et nous ne devrions jamais négliger le rôle de l’idiotie pure et simple. Certains anti-vax se qualifient désormais de « sangs purs », un terme qui devrait faire froid dans le dos à toute personne connaissant même vaguement l’histoire du 20e siècle. Pour leur défense, cependant, s’ils ne sont même pas capables de comprendre Harry Potter (les méchants s’appellent les « sangs purs »), on ne peut pas s’attendre à ce qu’ils détectent un écho des lois de Nuremberg.

Je crois que cette synthèse des cultures de gauche-alternative et de droite a été accélérée par le découragement, la confusion et la trahison. Après que les partis politiques de gauche se sont alignés sur le pouvoir des entreprises, la droite s’est emparée du langage qu’ils avaient abandonné. Steve Bannon et Dominic Cummings ont brillamment réinterprété les thèmes de la gauche, à savoir la résistance au pouvoir des élites et la reprise du contrôle de nos vies. Aujourd’hui, il y a eu un échange de langage presque parfait. Les partis qui appartenaient autrefois à la gauche parlent de sécurité et de stabilité tandis que ceux de droite parlent de libération et de révolte.

Mais je pense que cela a également quelque chose à voir avec les problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui. Une suspicion justifiée quant à l’intérêt personnel des grandes entreprises pharmaceutiques se heurte à la nécessité d’une vaccination de masse. Les fermetures et autres mesures nécessaires pour empêcher la propagation du Covid-19 sont des politiques qui, dans d’autres circonstances, seraient à juste titre considérées comme un contrôle politique coercitif. Pour enrayer la pandémie, la dégradation du climat et l’effondrement de la biodiversité, il faut conclure des accords puissants entre les gouvernements, ce qui peut être difficile à avaler pour des mouvements qui ont longtemps combattu le pouvoir multilatéral tout en mettant l’accent sur le local et l’artisanal.

Alors comment s’y retrouver ? Comment rester fidèles à nos racines contre-culturelles tout en résistant à la contre-culture de droite ? Il y a un principe hippie sain que nous devrions nous efforcer d’appliquer : l’équilibre.

Je ne parle pas de la doctrine compromise et soumise qui s’appelle le centrisme et qui mène inexorablement à des résultats extrêmes comme la guerre en Irak, la croissance économique sans fin et le désastre écologique. Je veux parler de l’équilibre entre des valeurs concurrentes dans lequel se trouve le véritable radicalisme : raison et chaleur, empirisme et empathie, liberté et considération. C’est cet équilibre qui nous défend à la fois de la cooptation et de l’extrémisme.

Si nous pouvons rechercher la simplicité, nous devons également reconnaître que le corps humain, la société humaine et le monde naturel sont d’une complexité phénoménale et ne peuvent être facilement compris. La vie est désordonnée. La souveraineté corporelle et spirituelle est une illusion. Il n’existe pas d’essence pure ; nous sommes tous des sangs-mêlés.

L’illumination, quelle qu’elle soit, n’est possible que par un engagement long et déterminé avec les découvertes et les idées des autres. La réalisation de soi exige une remise en question constante. La véritable liberté naît du respect des autres.

George Monbiot est chroniqueur au Guardian.

DeepL (avec l’aide de PJ).

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43 réflexions sur « Veille effondrement #94 – Il est choquant de voir tant de gauchistes attirés vers l’extrême-droite par les théories du complot, par George Monbiot »

  1. Je reproduis ici un billet du blog de Descartes que vous trouverez ici : https://descartes-blog.fr/2021/09/23/en-revenant-de-la-manif-des-anti-tout/

    « Ce week-end, je suis descendu rendre visite à des amis à Aix en Provence. Une ville que je connais bien pour y avoir autrefois travaillé et fait pas mal de politique. Et même si la plupart de mes connaissances ont maintenant déménagé – pour certaines vers ce pays d’où aucun voyageur n’est jamais revenu – j’ai toujours plaisir à me balader dans les rues, entre les belles maisons « à l’italienne » et les hôtels particuliers du quartier Mazarin. Et bien entendu, de prendre un café sur les terrasses du cour Mirabeau ou de la place de la Mairie. Il faut dire qu’Aix en Provence est une ville riche, et il est bien connu que les riches ont bon goût.

    J’étais donc en train de siroter tranquillement mon café, lorsque j’ai entendu les bruits bizarres : des cris, des slogans, le bruit des bidons en plastique frappés par des bâtons. Une manifestation, à Aix en Provence ? Le lecteur comprendra mon étonnement : dans cette ville bourgeoise, la chose est fort rare. La révolution aurait elle commencé sans me prévenir ? Point d’inquiétude, chers bourgeois : il s’agissait, vous l’aurez compris, de la manifestation des « anti-tout » qui ont défilé dans plusieurs villes de France comme ils le font depuis quelques semaines chaque samedi.

    Personnellement, pour reprendre la formule de Jean Ferrat, je suis plutôt « de ceux qui manifestent ». J’ai une sympathie instinctive pour les citoyens qui sont prêts à consacrer un peu de leur temps à marcher pour amener une question qui leur paraît importante sur la place publique. Que je sois ou non d’accord avec la cause défendue, je préfère ceux qui marchent aux indifférents et aux aquabonistes. Mais franchement, en observant cette manifestation, j’ai eu peur. Et pourtant, j’en ai vu d’autres…

    Pourquoi ? D’abord, parce que je n’avais jamais vu dans une manifestation autant d’agressivité à peine contenue. Il était effrayant de voir des hurluberlus hurlant se précipiter sur les terrasses pour crier sur les gens attablés les mots de « salauds », « collabos », « assassins », du simple fait que ces gens montraient leur passe sanitaire avant de s’asseoir, conformément à la réglementation. Une agressivité qui, du point de vue politique, est absurde. Le propre d’un mouvement politique, c’est de chercher à attirer, à convertir, à convaincre, à rassembler. A quoi cela peut bien servir d’agresser des passants ? Au mieux, vous ne gagnez rien, au pire, vous perdez l’opportunité d’attirer vers votre position des gens qui n’en sont pas acquis.

    Ensuite, parce que dans les pancartes portées par les manifestants – dans lesquelles il n’y avait aucune référence politique, si l’on oublie un militant isolé portant un drapeau des « insoumis » et un T-shirt frappé du « phi », et quelques drapeaux tricolores frappés de la croix de Lorraine, symbole des « Patriotes » – on pouvait lire les pires excès, les pires absurdités. Entre celui qui dénonçait un « génocide vaccinal », celui qui affirmait que le vaccin est une « thérapie génique obligatoire », celui qui portait l’interrogation « pourquoi il faut que je me vaccine si papy est déjà vacciné ? », sans compter les amalgames avec le nazisme et les « touche pas à Raoult », on avait l’embarras du choix.

    Mais le plus terrifiant, c’était la composition sociologique de la manifestation. Comme dans toute manifestation, il y avait le fou à la barbe hirsute, la queue de cheval, les vêtements folkloriques, le bob couvert d’autocollants. Mais pour l’essentiel, la manifestation était faite de gens bien habillés avec des vêtements de marque, les hommes avec les barbes et cheveux bien taillés, les femmes maquillées avec goût. Bref, les bonnes classes intermédiaires aixoises. Age moyen autour de 40 ans. Des gens dont on peut raisonnablement penser qu’ils vivent dans des logements décents, qu’ils ont un métier intéressant et rémunérateur, un haut niveau de vie, qu’ils ont bénéficié d’une éducation primaire et secondaire de qualité, et pour la majorité d’entre eux, d’une formation universitaire. Comment expliquer que des gens qui bénéficient d’un tel capital matériel et immatériel manquent de sens critique au point de défiler derrière une banderole dénonçant le « génocide vaccinal » et la « thérapie génique obligatoire » ?

    Talleyrand nous a laissé l’idée que tout ce qui est excessif est insignifiant. Ici, ce n’est certainement pas le cas. Que de telles manifestations puissent avoir lieu dans nos villes montre que quelque chose s’est cassé – ou plutôt a été cassé – au pays de Langevin et de Pasteur dans le dernier quart du XXème siècle. Nous étions un pays où le « sachant » était respecté, admiré, et même craint. Les figures de l’intellectuel, de l’ingénieur, du savant bénéficiaient chez nous d’un prestige et d’une autorité inégalée dans le monde. A ceux qui conseillaient à De Gaulle de faire arrêter Sartre après des propos subversifs, mongénéral répondait « on n’emprisonne pas Voltaire ». Mais ça, c’était avant. Nous sommes devenus un pays ou le véritable intellectuel a laissé la place à l’intellectuel médiatique, le dilettante façon Bernard-Henri Lévy ou Michel Serres ; le véritable savant au savant médiatique genre Didier Raoult ; le véritable ingénieur au conseiller touche-à-tout façon Minc ou Attali.

    Comment en sommes-nous arrivés là ? Si le faux savant a pu remplacer le vrai, si la popularité, l’argent ou la surface médiatique ont remplacé le travail, la rigueur, le dévouement, c’est parce que le savoir lui-même est méprisé. Au mieux, il s’agit d’une décoration prétentieuse, une pédanterie qui cache mal sa nature. Au pire, d’un accessoire parfaitement inutile dans un monde où l’argent et la célébrité sont devenus la mesure de toute chose. Comment traiter autrement qu’avec condescendance celui qui brule pendant des années ses yeux sur les livres, celui qui s’astreint à une véritable ascèse de ne parler de ce qu’il connaît, de n’exposer que des raisonnements rigoureux, de préférer la vérité à la démagogie, et le tout pour un salaire de fonctionnaire alors que le « start-upper » qui trouve une façon ingénieuse d’exploiter des chômeurs pour faire livrer des repas à domicile fera fortune, qu’une vedette de la télévision qui fait régulièrement étalage de son ignorance et de sa vulgarité (1) sans le moindre complexe gagne mieux sa vie que le scientifique le mieux payé de France, qu’on paye un footballeur chaque mois l’équivalent du budget d’un laboratoire de recherche ? Comment le savoir et la rigueur inséparable du véritable travail intellectuel pourraient être respectés ? « Je vis de bonne soupe, et non de beau langage/Vaugelas n’apprend point à bien faire un potage », voilà la devise du jour.

    Et ce n’est pas, contrairement à ce que crie une gauche inconséquente, la faute à Macron. L’élection de Macron est un symptôme, et non une cause. Sous ses habits de « révolutionnaire », Macron ne fait que continuer la politique de son – ses – prédécesseurs. Et s’il va plus loin, c’est parce que les digues qui avaient empêché Hollande d’agir ont sauté. Et elles n’ont pas non plus sauté en un jour : elles ont été régulièrement affaiblies par des coups de pioche qui se succèdent depuis les années 1980.

    C’est pourquoi je ne peux pas empêcher l’indignation de me gagner quand j’entends tous ces personnages qui animent notre vie politique et intellectuelle exprimer leur surprise de voir l’ignorance et l’irrationnel s’étaler au pays de Descartes et de Pasteur. Ils ont cassé la cruche dans la joie et l’allégresse – en se moquant de ceux qui voulaient la protéger, traités de « passéistes » ou de « réactionnaires ». Aujourd’hui, ils s’étonnent devant le lait renversé. Depuis quarante ans on détruit systématiquement l’éducation, qu’elle soit formelle ou informelle, dans une formidable démagogie qui ne veut pas dire son nom. Dans le système éducatif, on a réduit à la portion congrue les langues mortes ou les mathématiques car « trop difficiles », on a allégé les programmes pour les « adapter aux élèves » – c’est ce qu’on appelle placer ces derniers « au centre du système » – ce qui permet de donner à tout le monde l’illusion de savoir. On a baissé systématiquement l’exigence à tous les niveaux pour faire plaisir aux parents et aux élèves, pour qui la réussite à l’examen n’est plus qu’une formalité. Dans les médias, on a laissé s’établir une course à l’échalotte d’émissions qui se disputent la palme de l’irrationnel et de la vulgarité, entre deux séries américaines qui montrent des gros flingues et des petits cerveaux.

    Et aujourd’hui, tous ces personnages s’interrogent gravement. Les gens se méfient des vaccins pourtant scientifiquement testés ? Ils sont prêts à suivre n’importe quel charlatan plutôt que l’avis scientifique ? Comment est-ce possible ? Les dieux sont contre nous ! Et bien, ça n’a rien à voir avec les dieux. Nous ne faisons que goûter aux fruits amers de l’arbre que nos élites ont planté et arrosé soigneusement pendant trente ans. Car on ne peut pas demander à Madame Michu d’être plus savante, plus rationnelle que les élites à qui elle est censée faire confiance. Et comment faire confiance à la science quand un professeur d’économie – et probable futur candidat à la présidence de la République – peut affirmer urbi et orbi « je préfère les sorcières qui lancent des sorts aux ingénieurs qui construisent des EPR », quand un homme politique proclame qu’on a « donné trop de poids au principe de réalité par rapport au principe de plaisir » (2), quand un président de la République va rendre visite à un charlatan dans son antre alors qu’il n’accorde le même honneur à aucune société savante, à aucune institution universitaire ? Comment Madame Michu pourrait faire confiance à la Raison quand des juges accordent des dommages-intérêts aux « électrosensibles » et autres victimes de maux imaginaires, quand au nom d’on ne sait quelle « liberté académique » on permet à des soi-disant « scientifiques » non seulement de s’affranchir de toute méthode, mais de soutenir que la méthode est inutile et même nuisible, sans que tonne la sanction des pairs ?

    Il n’y a pas « d’économie de la connaissance » sans « connaissance ». Aucun fonctionnement civique n’est possible si les citoyens n’ont pas les instruments pour comprendre le monde, ou tout au moins pour apprécier l’action de ceux à qui la société délègue la tâche de comprendre et d’expliquer. Mais aussi et surtout, il faut que ces derniers soient à la hauteur de leur tâche. Et c’est là que le bât blesse : nos élites ne sont pas insensibles à la baisse générale du niveau, parce qu’elles ne sont pas non plus insensibles à la « marchandisation » générale de la société. A quoi bon s’astreindre à l’effort, à la rigueur si cette ascèse n’est pas socialement reconnue, si elle ne se traduit pas en argent, en célébrité, en tout ce qui dans notre société tient lieu de récompense ? C’est pourquoi il sera si difficile de sortir du marais actuel sans des mesures brutales : comment les professeurs mal formés dans un système qui n’exige rien pourraient se montrer exigeants à leur tour avec leurs élèves ?

    Descartes »

    (1) Je pense notamment à Nagui, qui s’est illustré dans une émission de questions-réponses à la radio en affirmant doctement qu’avec l’invention de l’écriture « on sort de la préhistoire et on entre dans le moyen-âge ».

    (2) La première citation appartient à Sandrine Rousseau, la seconde à Pierre Laurent.

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    1. Excellente réflexion qui complète le non moins bon billet de Monbiot.
      Cependant, il me semble que l’auteur cède à la facilité entre pointant du doigt Sandrine Rousseau quand elle dit « je préfère les sorcières qui lancent des sorts aux ingénieurs qui construisent des EPR »
      C’est une boutade à ne pas prendre au pied de la lettre, ici ce n’est pas le savoir scientifique qu’elle remet en cause, la compétence des ingénieurs du nucléaire dans leur domaine, mais leur utilité sociale. Une sorcière qui lance un sort fait potentiellement moins de mal qu’un ingénieur qui met au point une bombe atomique susceptible de faire des centaines de milliers de morts s’il elle est utilisée.

      Ce à quoi fait référence en réalité Sandrine Rousseau c’est à la sorcière comme symbole féministe.
      https://www.nouvelobs.com/election-presidentielle-2022/20210827.OBS47957/je-prefere-des-femmes-qui-jettent-des-sorts-d-ou-vient-la-reference-aux-sorcieres-citee-par-sandrine-
      rousseau.html

      https://www.lejdd.fr/Societe/lappel-de-200-personnalites-sorcieres-de-tous-les-pays-unissons-nous-3928922

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      1. Oui, très intéressant le fait aussi que cet avis, qui ne mâche pas ses mots tout en étant très charpenté,
        est occulté par le service communication du même CNRS.

    2. Je suppose que Monbiot n’a jamais entendu parler de Sandrine Rousseau, sans quoi il aurait sans doute mentionné ses mémorables propos. Mais il ne faut pas rire : elle sera peut-être la candidate des Verts à la présidentielle. On aura fait du chemin depuis René Dumont…

      1. Paul, il faudrait que tu sois plus explicite je ne suis pas sûr de comprendre où tu veux en venir.
        Sandrine Rousseau, une dangereuse obscurantiste d’après toi ? Ou une radicalité assumée qui peut faire avancer la cause du féminisme et de l’écologie politique ?
        PS. Du temps de René Dumont, #MeToo n’existait pas encore. Changement d’époque.

          1. Bon, j’ai tout de même ma petite explication, je ne sais pas ce qu’elle vaut, je suppute en tous cas que cela à voir avec Heidegger et sa funeste déconstruction lorsque Paul Jorion semble s’inquiéter que Sandrine Rousseau puisse être désigné candidate des écologistes. puisque que celle-ci a évoqué son compagnon comme étant un « homme déconstruit. » J’y ai fait allusion dans un commentaire où j’évoquais le débat avec Jadot sur LCI.
            Sandrine Rousseau subit l’influence de la «  French Théorie », un courant d’idée autour de Derrida, Foucault, et autres post-modernes qui s’est surtout développé ces dernières décennies aux Etats-Unis notamment avec les « gender studies », et qui nous revient depuis quelques années en France, alimentant le courant féministe et la réflexion sur les minorités. Personnellement cela me gênerait qu’une compagne fasse référence à moi comme « homme déconstruit », mais je comprends ce qu’elle veut signifier par là, qui relève en fait de la prise de conscience des schémas intellectuels qui reproduisent la domination masculine, et genrée plus généralement. Cela me semblerait un peu réducteur si l’on devait penser que les femmes soumises ne devraient pas elles-aussi déconstruire ce qui en elle il y a d’aliénant. IL y a aussi l’intersectionnalité, une notion qu’elle a évoquée dans le même débat, une notion critiquée surtout par la droite, mais aussi parfois par une partie de la gauche qui estime que poussée à ses limites elle peut remettre en cause l’universalité, ouvrant la voie à un certain exclusivisme. Tout cela est questionable, et je me pose moi-même ces questions, mais avant de le faire je me renseigne sur le parcours de Sandrine Rousseau, dont il me semble elle n’a pas à rougir, et surtout j’essaie de contextualiser ses propos.
            Concernant la filiation avec Heidegger elle ne me semble pas du tout évidente, Heidegger était pour l’ordre établi, un ordre fondé sur le racisme. Rousseau c’est exactement l’inverse. Quant à déduire de son propos sur les sorcières qu’elle serait obscurantiste, cela me paraît tiré par les cheveux, je m’en suis expliqué plus haut.

            1. Repentir : plutôt que de dire que Rousseau « subit l’influence de la French théorie », je devrais plutôt dire qu’elle s’en s’approprie certaines des idées qui lui semblent émancipatrices, pour mener ses combats concrets contre les inégalités.

        1. Salut PYD,

          Les temps difficiles sont. En toutes choses croyances nichées sont. Ne pas voir ce côté aujourd’hui, pour nous un danger d’être aveugle représente. Même pour grand vieux sage, et a fortiori chacun de nous se tromper arrive.

          Me demande pas pourquoi inversion je fais, idée marrante je trouve.

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      2. Pas sûr : Le Guardian a fait écho au succès de Sandrine Rousseau à peu près en même temps que le billet de Monbiot était publié.
        Un Monbiot sauce France serait davantage concerné par un Michéa que par une Sandrine Rousseau.

        Lors des débats, elle a explicité que sa radicalité était de fixer des vrais objectifs, alors que Jadot était prêt à quelque chose
        comme « prendre la meilleure mesure verte possible », incluant la possibilité de pas mal d’eau dans le vinho verde écologique,
        donc d’objectifs trop mous.
        Ce en quoi Sandrine Rousseau n’est pas si loin d’une Greta Thunberg, ou encore des « fondamentalistes » chez les Grünen allemands,
        alors que les « Realos » (réalistes) ont pris les manettes (Analena Baerbock et son binôme) dans l’espoir de faire un carton électoral, (à l’époque, avant qu’Analena ne trébuche quelque peu).

        On n’est effectivement pas dans la rationalité de chacun des objectifs pris isolément (Sylvestre Huet a ainsi justement pointé l’invraisembalnce d’une sortie des engrais chimique en 5 ans, azo-cyborgs nous fûmes, et par un jeu de mot, l’article que pointe Huet ensuite indique que notre futur est fumure, l »agriculture « organique » ne se passe des engrais azotés chimiques (issus de NH3 disons) qu’à condition de remettre en prairie moultes hectares et les ruminants sur ces hectares, et de s’abstenir de cultures pour l’élevage des « monogastriques », volailles et cochon).
        Mais la radicalité du #MeToo façon Adèle Haenel ou Sandrine Rousseau , allons jusqu’à la mouvance intersectionnaliste, est un « rationalité de l’action » :
        puisque les discours rationnels n’ont pas marché, puisqu’ils ont tant d’armes pour invisibiliser les vraies causes et puisque leur résultat fait que les buts ne sont même pas atteints (ou dans 100 ans autrement dit jamais car des mouvements tectoniques de toutes sortes nuiront à la lente amélioration qu’on peut encore mesurée sur un temps décennal),
        on dynamite (au semtex rhétorique !?) tout ce qui en est odeur d’accommodation, pour une logique d’objectif,
        viser d’emblée et sans mollir le point a atteindre réellement.

        On peut dire que c’est une forme d’aveuglement ou un mécanisme pas infiniment loin de ceux de type « Terreur » Robespierienne.
        Dire donc que c’est un passage à la limite sur les bords de ce que le corps sociétal pourrait faire s’il n’était un système tissé d’inerties aussi,
        pas toutes imputables au Capitalocène en tant que tel, celui-ci s’étant contenté d’y jouer sa partition,
        et d’étouffer les instruments qui en jouaient d’autres.

        Son point aveugle en tout cas est d’ignorer si les dynamiques systémiques peuvent se conjoindre constructivement vers ces objectifs.
        On déplace le terrain de conflit parce que les batailles sembles perdues sur le terrain du moment.
        Ce n’est pas forcément ce qu’un Sun-Tzu aurait dit, il pourrait s’agir plutôt de détourner les forces existantes contre certaines inerties,
        là où cela est le plus efficace.
        Le monde assurantiel a ainsi donné des signes de son possible sens d’une anticipation (discours de Carney en 2015). Si on prend comme modèle réduit
        les forces étatsunienne sous la forme de Wall Street [~côte ouest et licornes, le pan Facebook des gafam)+ la chambre du commerce US (~industries, le pan Amazon des gafam)
        c’est une étoile double dont il convient de faire dévier la trajectoire par l’irruption d’une logique tierce, qui fissure les deux étoiles et
        qui se sert idéalement surtout de l’effet de fronde pour que les morceaux deviennent des acteurs d’une transition .

        Dit en raccourci, les unes (éco-féministes) jalonnent une guerre de mouvement là où les autres (l’armée des mille Jadot) parlent de remplir les douves de plus ou moins d’eau, se qui est un façon implicite de dire qu’on ne déplace pas le château.

        Enfin, le tableau ainsi formé en cet automne 2021 n’est pas vraiment une nouvelle en terme de psychologie à deux balles:
        Celle qui dit pour ce qui en est de la façon d’assumer de la charge mentale dans le monde occidental,
        la gent masculine excelle à l’esquive (sauf mythe type St Georges et Dragon) là où la gent féminine qui voit l’affaire mal emmanchée en devient « rugueuse »,
        et conflictuelle, avant d’être déclarée hystérique.

        1. hello Timiota,

          On peut écrire que Jadot est un nain de l’écologie, un as de l’esquive, le roi de l’arrivisme, le nul de service, le business as usual peint en vert, le bouffon d’avant la mort, le roi des crétins, l’idiot du village, le néant politique, le vide de la pensée, l’amuseur public des riches, le profiteur sans conviction autre que son propre cul ?

          On ne peut pas ? Mince, désolé alors je viens de le faire.

          Il y a moins de différence entre Jadot et Zemmour qu’entre un pigeon et un pigeon.

          https://www.youtube.com/watch?v=koRPuV4NPBs

          1
        2. Cher Timiota,
          Je constate que tu as dans un autre commentaire recommandé l’usage du Semtex pour dynamiter les silos de la pensée, Paul lui faisait il n’y a pas si longtemps l’éloge de Robespierre, j’en déduis que tous deux irez finalement voter Rousseau 😉 ! 😀 Celle qui fera dévier dévier l’étoile double. 🧚

          1. Rousseau l’écologiste au semtex entre les dents ?

            En ces périodes de jugement des attentas de Paris , il n’est peut être pas trop porteur de parler de semtex .

            1. Loin de moi l’idée d’allumer le feu. Je laisse cela à Johnny !

              Non, pour dire vite à la façon Bourdieu vu par Pierre Carles : “la sociologie est un sport de combat. “ https://fr.wikipedia.org/wiki/La_sociologie_est_un_sport_de_combat

              Ou encore : avec des mots faire des phrases qui changent notre appréhension des choses ; tenir un discours qui bouscule les schémas de pensée, pour transformer la société. C’est l’usage linguistique du Semtex. C’est râpeux, rugueux, parfois au premier abord, et puis souvent en fait cela fait du bien, à soi, et à une communauté politique.

    3. @ Khanard

      J’ai longtemps lu sur son blog ce très cher «  Descartes », ce fier grognard de la république, tendance Jean-Pierre Chevènement avant que ce dernier ne fricote et ne s’égare avec Henri Guaino avant de capituler en rase campagne en dressant des couronnes à Macron. Un bien triste destin politique en vérité. Mais Max Gallo n’était-il pas passé à la fin de sa vie vers la droite extrême en rejoignant Nicolas Sarkozy et la mafia L.R qui accompagnait leur mentor dans ses déambulations géographiques via toutes sortes de mallettes remplies de petites coupures ?

      Ce qu’il manque à « Descartes », c’est la critique de sa propre pensée et surtout de l’humour. Il n’a aucun humour et il campe sur des positions hiératiques sans trop se poser de questions. Il devrait aussi se tenir au courant de certains corpus de philosophes et d’autrices, cela lui ferait gagner pas mal de temps. Cela le décentrerait un peu de sa propre personne et il ne pourrait que se bonifier. Je rappelle que Sandrine Rousseau est économiste et elle est aussi lectrice de Mona Chollet, autant d’informations conséquentes que « Descartes » préfère ignorer et du coup il rate complètement l’esprit de la saillie  humoristique et résistante de Sandrine Rousseau : « Je préfère les sorcières qui lancent des sorts aux ingénieurs qui construisent des EPR » … et voyez comme n’y comprenant plus rien, il finit par proposer une solution politique autoritaire en fin d’article ! Pauvre «Descartes» qui vire en fin de parcours bonapartiste et désirant ardemment un peuple français docile et soumis…

      Pour sa gouverne, voici quelques liens qui devrait l’obliger un tantinet à se décaler et ne pas prendre les petites phrases médiatiques sorties de leur écosystème signifiant pour argent comptant.

      1/ Sandrine Rousseau / Mona Chollet :
      https://www.nouvelobs.com/election-presidentielle-2022/20210827.OBS47957/je-prefere-des-femmes-qui-jettent-des-sorts-d-ou-vient-la-reference-aux-sorcieres-citee-par-sandrine-rousseau.html

      2/ Reporterre EPR : « Le nucléaire anglais à la charge des Français » :
      https://reporterre.net/Le-nucleaire-anglais-a-la-charge

      3/ Réseau Sortir du Nucléaire« Réacteur EPR : un fiasco monumental »
      https://www.sortirdunucleaire.org/EPR-fiasco-monumental

      4 / Observatoire du Nucléaire : «  Déficit budgétaire : Macron muet sur les milliards déjà détruits
      par EDF et Areva et sur ceux qui vont suivre ! » :
      http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article339

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      1. je vous remercie d’avoir précisé votre perception de « Descartes » . Et par là même d’avoir éclairé mon analyse sur cette personnalité.
        Je plussoie (j’adore ce verbe) votre analyse surtout pour ce qui concerne son manque d’humour ; quant à ses analyses on ne sort que très rarement vainqueur, si vainqueur il peut y avoir, dans ce genre d’exercice .
        Il me semble qu’idéologiquement il se « cherche » , tantôt on a des billets qui fleurent bon le pétainisme voire le maurassien, tantôt (mais c’est plus rare) des exhalaisons de socialisme.
        En tout état de cause ce n’est pas trop mon attirance depuis que des bloggeurs d’extrême droite viennent y tenir le pavé .
        Quant à Max Gallo je lui préfère ,et de loin, Henri Guillemin que vous pouvez retrouver sur la RTS .

        Merci pour vos liens

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        1. @ Khanard

          Vous dites à propos du dénommé « Descartes » et de son blog :  » Il me semble qu’idéologiquement il se “cherche” , tantôt on a des billets qui fleurent bon le pétainisme voire le maurassien, tantôt (mais c’est plus rare) des exhalaisons de socialisme « .

          Je suis tout à fait d’accord avec vous, c’est exactement ça ! Très bien vu.

          Hélas, j’ai bien peur par contre, que le bonhomme ne se cherche plus et se soit parfaitement trouvé : une franche louche de Manuel Valls, un saupoudré d’Arnaud Montebourg, une bonne lampée d’Henri Guaino et une bonne rasade d’Eric Ciotti. Bref, un petit bonapartiste rationalisant dans sa cellule et soliloquant sous la lune en imaginant comment pouvoir remettre au pas une réalité humaine qui sort de son cadre de pensée et dont il ne pige plus que kouik !

          Henri Guillemin, ô oui !

      2. Salut Hervé,

        Merci pour tes précisions, qui confirment que l’humour et le sens critique de bon aloi sont les premières choses à disparaître lorsque la confusion survient dans les têtes.

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    4. « pour apprécier l’action de ceux à qui la société délègue la tâche de comprendre et d’expliquer. »
      Cette phrase mérite d’être décortiquée tant elle est révélatrice de la pensée profonde de l’auteur. Qui sont ceux à qui la société délègue ? Quelle société délègue ? Comment la société délègue ? J’ai peur que derrière cette formulation confuse se cache une pensée élitiste et anti-démocratique. Dans l’opposition binaire « sorcière » « ingénieur », l’auteur ne nous précise pas pour qui travaille l’ingénieur. Pour le bien public ou pour l’intérêt privé ? J’ai peur que la rationalité des choix de l’ingénieur soient celle de l’intérêt bien compris.

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    5. Tout l’essor du consumérisme repose sur le passage à l’acte d’un achat et les compulsifs sont à l’honneur. Il faut fabriquer des instinctifs tant que possible et c’est en ôtant des individus tous les freins possible que l’on obtient les manifestants dont parle Khanard.
      Il y avait cette publicité qui montrait une famille aimante et qui expliquait que pour tout le reste il y avait Euro card master card.
      Comme quoi il reste encore des espaces à conquérir.

      1. Oui, Stiegler avait explicité en quoi la pub trahissait un point de dynamitage de la transmission entre générations,
        non pas à l’encontre d’un « conservatisme pétainiste » de ce qui était,
        mais plutôt comme destruction de « ce pour quoi la vie vaut d’être vécue », la forme de sublimation/dépasssement
        qu’y s’exerce entre l’autonomie et l’héritage culturel reçu.

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  2. Merci énormément pour cette traduction !
    Ce texte me semble d’utilité publique, et va déjà m’être utile dès ce soir…

    Et merci à @Khanard pour avoir rapporté cet autre article en rapport.

    Sinon, il y a aussi ce constat :
    https://rapportsdeforce.fr/classes-en-lutte/lyon-deux-manifestations-anti-passe-sanitaire-de-meme-taille-en-concurrence-090510940
    « Deux manifestations anti passe sanitaire défilent tous les week-ends à Lyon depuis la fin du mois de juillet. Ce samedi, elles ont rassemblé environ 2000 personnes chacune. Une dynamique nouvelle dans la ville puisque les deux cortèges n’avaient jamais été de même taille auparavant. »

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  3. Je me demande quel individu , groupe , parti , philosophie …;ne revendique pas l’équilibre dans ses finalités et suis très surpris d’apprendre que c’est une vertu brevetée par « la contre-culture de gauche « .

    J’ai moi même souvent rapporté ici comment ….l’harmonie pouvait naître d e….l’équilibre entre le Lien ( empathie , créativité) et la Loi ( organisation , action visant un avenir proche ) , de l’équilibre entre « l’anarchisme » ( je fais donc je suis ) et la « raison  » ( je pense donc je suis ) .

    Mais équilibre ( et Montbiot le signale lui même) , c’est étymologiquement un rapport de forces qui se valent : ce peut être alors un phénomène statique en physique , un conservatisme en politique qu’il attribue au centrisme . Camus aussi avait repéré que rien n’était simple :  » La révolution …ne peut se passer d’une règle , morale ou métaphysique , qui équilibre le délire historique « ;

    Au niveau géopolitique , faut il toujours croire Paul Valery :  » Si le monde moderne doit atteindre un certain équilibre politique , culturel ou économique , il faut regarder comme probable que les diverses régions du globe , au lieu de s’opposer par leurs différences de tous ordres ,se complèteront par elles . » Ou l’issue passe-t-elle par la « créolisation  » du monde ?

    Je tenterai que le bon équilibre , c’est en fait une succession de déséquilibres supportables et repérables qui permettent de survivre dans son environnement sans le détruire , et que notre responsabilité s’exerce dans cette charge et dans notre faculté à « voler » avec ou sans ailes , sans se vautrer .

    Et que l’équilibre démocratique se trouve dans le meilleur cas entre les vertus de gauche ( cerveau de droite ) et vertus de droite ( cerveau de gauche) . Les grecs l’appelait un « chiasme  » . et ajoutaient  » jamais trop  » ( soit toujours un peu ) .

    Je me demande si une IA globale saura relever le challenge , qui est celui de la pertinence de la « décision » que je signalais ailleurs .

  4. L’information en continue reprise par tous les médias et réseaux sociaux diffuse et rend compte des nombreuses manifestations de rues de par le monde (Melbourne, Barcelone, Berlin, Londres, Paris), ce qui génère et entretien une actualité qui de jour comme de nuit répand un climat schizophrène qui coule comme une source toxique et envenime une réalité déjà suffisamment stressante.
    Ce pauvre monde n’est donc pas épargné par les reflets du miroir qui lui est tendu.
    Faut se débrancher et partir de bon matin en forêt.

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  5. De la responsabilité des responsables en matière de confusion…

    La cacophonie générale est facilitée par une  » parole officielle  » sans ligne directrice, qui va où le vent des intérêts et de l’opinion la mènent.

    Une gestion de la pandémie par les ténors du blog aurait évité quelques morts, sauvé l’hôpital et rendu les gens moins c…

  6. Titre :
    « Il est choquant de voir tant de gauchistes attirés vers l’extrême-droite par les théories du complot »

    Vous donnez un élément de réponse dans votre texte :
     » …Algorithmes Facebook… »
    Rajoutez Algorithmes Youtube et Algorithmes Google et on se rapprochera de ce qui fait que les gens auto-alimentent, bien aidés par ceux-ci, leur convictions fantaisistes.

    Le jour où l’on aura un message émanant d’une des IA en question nous disant :
     » Bon, ça commence à bien faire ton intérêt pour des sujets insensés, voilà des suggestions pour te changer les idées  »
    … ça se verra et ça se saura.

    Faites l’expérience suivante : allez sur Youtube et déconnectez-vous de votre identifiant. Fermez et rouvrez Youtube sans vous identifier … Toutes les suggestions auront changé.

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    1. Votre vision d’une IA « rebelle » est savoureuse et m’a vraiment fait sourire.

      Ceci dit, il y a mieux, je crois, que l’expérience que vous proposez :
      1) Ne créez pas de compte sur YT. Ce n’est pas nécessaire pour regarder une vidéo (quant à savoir si regarder une vidéo sur YT est une bonne idée, ceci est une autre question). Si vous avez déjà créé cet identifiant, ne vous connectez pas avec – ne vous connectez jamais.
      2) Paramétrez votre navigateur pour supprimer systématiquement tous les cookies à chaque fois que vous le fermez.
      3) Ne commentez jamais une vidéo sur le site de YT.
      4) Éteignez et rallumez votre box au moins une fois par jour, ceci afin de provoquer un changement d’IP aussi fréquent que possible.

      Dès lors, les algorithmes, freinés dans leur tentative de vous identifier et disposant de très peu d’information à votre sujet (il y en a quand même un peu qui leur est fournie, mais se débarrasser de cette dernière couche demande des compétences techniques plus poussées) ne seront plus réellement en mesure de vous faire des suggestions ciblées. Il ne s’agit pas là de faire une expérience, mais simplement de règles d’hygiène de base sur internet ou, si l’on préfère, d’auto-défense intellectuelle. Elles sont valable pour tout site, mais particulièrement utiles pour tous ceux qui vous « suggèrent » du contenu (c’est vrai pour les sites marchands aussi).

      En attendant votre IA raisonnable…

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  7. Le mensonge a pignon sur rue, Pinocchio a gagné. Internet permet la marchandisation avec rémunération sonnante et trébuchante d’idées, de concepts, de théories.
    Il y une bourse sémantique qui phagocyte toutes les richesses du langage et aussi les grands principes chrétiens pour en faire de l’argent. C’est le cancer de l’Occident et bientôt de l’humanité qui existe que par et pour le langage et ses messages. Aucune autorité officielle n’a le pouvoir d’arrêter le massacre. Il ne faut pas s’apitoyer sur ce délitement, les structures physiques résisteront plus longtemps pour rappeler aux bons souvenirs celui qui éteindra la lumière.

  8. La liberté, belle illusion entretenue par l’océan de biens de consommations, mais n’oublions pas que la raison d’état, si il le faut, nous sacrifiera, nous individus et pas plus que cela & cette raison n’est pas rationnelle, elle est l’expression d’une autre loi ; la puissance ne négocie pas.
    Paranoîaques, tous les ingrédients sont là, pour celui qui n’a pas le doigt sur la couture du pantalon, les outils techonologiques permettent une surveillance, une intrusion, dans la vie privée des gens comme jamais – ce fameux bon sens dont se drapent les pourfendeurs des « complotistes » procèdent d’une condescendance, d’une naïveté qui doit les rassurer sur leur propre autonomie intellectuelle – moi je vois des gens déboussolés, qui ont peur d’un monde scientiste et prestidigateur, qui manipule l’atome et les consciences – il a les outils pour cela.

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      1. « la personnalité rigide, à tendance paranoïaque : »

        Salut, sauf erreur, traits vachement répandus dans le milieu universitaire si je me souviens bien certaines lectures de description de ce milieu, ici même d’ailleurs, et d’autant plus avéré quand on monte sur les plus hautes marches du « podium » !

        C’est pour ça que j’ai toujours préféré « jeunes et jolies »…

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    1. Je suis d’accord qu’il y a une sur représentation du complotisme dans l’extrême droite, mais là où je ne suis plus d’accord c’est de faire l’identification de ces deux catégories. Il y en a aussi ailleurs, dans toutes les couches sociales.
      Par ailleurs, je pense que brandir le mot « complotisme » pour désigner toutes les gradations de ce phénomène est trop à l’emporte-pièce. Le phénomène recouvre des aspects divers et variés, depuis ceux qui pensent qu’il peut y avoir parfois des complots qui vont contre l’intérêt général (il faut être bien naif pour croire que c’est faux) jusqu’à ceux qui en voient partout et en tout temps, et perdent tout esprit critique et toute raison.

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    1. Cloclo
      A mon humble avis ce n’est pas tant que les gens se désintéressent du climat que le fait que les marches pour le climat se succèdent depuis plusieurs années déjà, et que, rie n’y fait, nos gouvernants entrouvrent une oreille, et cela ressort par l’autre quand ce n’est pas le mépris qui s’exprime toute honte bue, ainsi notre président évoquant Greta Thunberg la qualifiant en substance d’extrêmiste et de trouble à l’ordre public.
      Je suis bien curieux de voir si aux prochaines élections les bobos écolos, car cela existe, vont revoter Macron. Pas si sûr.

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  9. L’éducation et l’enseignement sont bien, à mes yeux, le cœur du problème et des problèmes actuels.

    Lors du « débat EZ vs JLM » cela a d’ailleurs été fort bien soulevé par JLM : sur investissement dans la police sans résultat alors que l’enseignement est délaissé (pas budgetairement semble t il par ailleurs).

    A propos de la présence des « éduqués », ou prétendus, tels dans les théories du complot : mes deux centimes : lors du canular de la rtbf, ma compagne de l’époque, doctorante en droit, gisait dévastée devant la télévision jusqu’à ce que je change de chaîne pour vérifier l’information. J’ai eu depuis de nombreuses occasions pour vérifier ceci : le sens critique fait cruellement défaut.

    N’ayant pas de diplôme, je ne peux en faire la remarque lors des « dîners », on me reprochera immédiatement (verbalement ou non) la jalousie ou le ressentiment de n’avoir pas réussi d’études.

    Bref, tant qu’il y aura des livres, il y aura des hommes

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    1. Une partie du savoir devient de l’air chaud qui fait monter les montgolfières dans l’éther des hautes sphères sociales.
      (Comme disent les anglais « hot air », c’est aussi du baratin).

      Il faut aimer les montgolfières quand elles redescendent.

      Dit autrement, un savoir qui circule dans les deux sens comme une sève constitue une analogie intéressante
      pour classifier la valeur ajoutée de l’éducation (valeur ajoutée dont nous avons cruellement besoin,
      puisque c’est elle qui opère, très fondamentalement, le découplage entre « richesse » (actuellement PIB, peut mieux faire) et énergie
      (efforts mis pour un certain but, par exemple se faire plaisir à la Elon Musk à 100 km d’altitude, un exemple de découplage pas encore fait, pour le moins).

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