63 réflexions sur « Vidéo – D’où vient la souffrance ? »

  1. Très bien.
    Le « transfert » de souffrance du particulier au général est très éclairant, pareil à ce phare qui éclaire et signale au bateau en détresse les points litigieux à éviter s’il cherche à venir s’abriter tout comme s’il souhaite aller plus avant et poursuivre sa route.
    Le dire et le souligner c’est de la vraie vitamine, car cela débloque et peut libérer de l’enfermement qui ligote le patient.
    De plus vous êtes « habité », convainquant.
    Et bigre, c’est pour ça que l’on vous suit !

    1. Quelqu’un qui a été « entrepreneur » et qui fait faillite souffre souvent énormément. C’est un échec financier qui le rend suspect, c’est un échec vis à vis des clients, des fournisseurs et une rupture de liens de confiance, c’est un échec qui fait couler aussi le personnel. De là une culpabilité énorme, un dégoût, un défaitisme, et une forte souffrance. Je connais deux proches qui l’ont vécu (un boulanger, un industriel). La « reconstruction » est difficile. C’est un exemple de traumatisme social, contextuel, qui réveille évidemment les souffrances individuelles, éventuellement peu douloureuses auparavant.
      De nombreux acteurs liés à un parti (et cela part du petit militant, du petit fonctionnaire…) peuvent donc aussi souffrir de la débandade d’un parti, de scandales évidents, etc., si cela influe sur les liens sociaux qui vont avec. On déchire sa carte de parti, on perd sa « raison de vivre », son réseau d’amis et d’activités. Et sa participation à une force, à un pouvoir éventuellement, direct ou indirect.
      En juin 40, la France est défaite, elle signe une armistice. Le gouvernement belge, qui a voulu depuis le 26 mai suivre les autorités françaises, se trouve perdu, sans légitimité (l’opinion belge est alors favorable au Roi, resté au pays mais inactif). C’est « la débandade » dit Paul-Henri Spaak. Presque tous les ministres seront dans la dépression, relogés à Vichy et ne sachant que faire. Cela dura deux mois (ou presque) sans se décider et refusant de laisser les autres partir à Londres. C’est un cas de « faillite politique » manifeste. (En octobre, quatre ministres méprisés se retrouvent à Londres, « misérables » mais utiles selon les anglais.
      Bien des acteurs du PCF vivent cela depuis des années. Ceux du PS depuis 2017. Du côté de la droite, après Sarkozy et Fillon, ce ne doit pas être très gai non plus.

      1. « Est-ce que des acteurs politiques âgés peuvent souffrir  »

        Sûr. Juste voir les réactions quand les communiste français ont perdu leur maison-mère.
        Babylone l’immortelle, vers qui ils se prosternaient, s’est effondrée sans avertissement (*), ses ruines lavées par un courant irrésistible. Et ils sont devenus orphelins, après toute une vie de dénis (du réel) et d’erreurs conceptuelles.
        Plus vous êtes un croyant accrochés aux rites, plus la souffrance intime est profonde.

        Paix à leur cendre.
        (*): pas out à fait juste. Certains savaient. La CIA n’a rien vu venir.

        Revenons à plus modérés: la politique politicienne est sûrement une drogue accrocheuse. En être privé doit être difficile à vivre.

  2. Dans le prolongement de mon précédent message, je voulais apporter une précision.
    Un élu a été roué de coups par un fou qui ne s’exprime que par la force.

  3. Sympathique, cette formule, et la dame est aussi charmante que bienveillante, ce qui peut être consolant… La souffrance? Ma psy me disait souvent:  » la société re-emprisonne ce que la création et le travail d’analyse libèrent « . J’ai pu constater des milliers de fois à quel point elle avait raison. Elle disait aussi, *Celui qui dit le mal, devient ce mal pour les autres. » Je ne l’ai vraiment compris que trop tard… Tout cela incite à se taire, ou à ne plus représenter que les aspects les plus
    rassurants et euphorisants, du monde dans lequel on vit. « Be happy! » C’est un ordre. L’image graphique semble n’avoir plus d’autre vocation que de distraire du désastre dans lequel nous sommes… Ainsi du dessin de presse politique qui n’est là bien souvent que pour faire rigoler le lecteur lambda, voire, l’emoustiller. De la maintenance et de l’infantilisation à la tonne. Une vulgarité consensuelle, aussi. Bref, de la cretinisation massive. Quelle part, quelle place pour dire la souffrance la représenter?

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    1. On mettra cette souffrance de l’artiste au chapitre des causes par  » injustice sociale et crise » .

      Par contre , une question intéressante pour nos deux duettistes : est ce que la représentation et dénonciation de la souffrance permet de la guérir ?

      1. Ah la souffrance de l’artiste !
        Mais n’est-ce pas là, la souffrance de l’artiste de culture chrétienne ?
        Il me semble qu’en dehors du monde occidental, c’est plutôt l’extase qui est moteur de l’art.

        1. La souffrance de l’artiste, suite, sans fin: l ‘artiste de culture chrétienne et de sexe féminin, ne souffre pas forcément de créer, ce qui est toujours un bonheur, une jouissance, un émerveillement, et une victoire sur la mort, l’anonymat, la réification, la chosification, et la mise en troupeau,, elle souffre plutôt de ce qu’une société patriarcale, capitaliste, bourgeoise, policière, répressive, inégalitaire, réactionnaire, hiérarchisée, ségrégée, raciste, misogyne, régressive, sexiste, et teintée de Mac carthysme,, empêche ses oeuvres de circuler normalement ou les occulte. Les dévalue et les dégrade. La femme artiste de culture chrétienne, et de sensibilité progressiste, voire radicalement de gauche, souffre de ce que cette société l’inferiorise, la surexploite, l’ostracise, la censure, et la blackliste, sans que personne n’en soit particulièrement choqué, indigné, comme si ce traitement de défaveur était une chose absolument normale et naturelle. L’artiste en question sera , si elle proteste contre ce traitement, décrétée « paranoïaque » , à la satisfaction du troupeau des gens « ordinaires » , dits « normaux », (imaginaire et créativité castrés). On va , comme toujours, depuis que le monde est monde, chercher des poux dans la tête de l’artiste, de sexe féminin,
          qui dérange, au lieu de questionner la société responsable de sa souffrance… un bon artiste est un artiste mort et museifié .Vivant, il pourrait , par la puissance de ses oeuvres, changer la société, ses systèmes de représentations, ses affects, ses hiérarchies, son imaginaire… À moins d’appartenir, de part sa naissance, au monde des dominants. Bref, rien de nouveau sous le soleil de Satan.

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          1. La femme souffre lisiblement.
            Je vous invite à écouter mon partage musical un peu plus bas dans les messages, je suis curieux de votre avis artistique et féminin.

          2. Merci de votre témoignage Chantal. J’attends qu’en même que vous partagiez avec nous une de vos oeuvres dictée par un moment d’extase en regardant la vie qui n’est pas qu’un combat. 😉😁
            Vous devriez tenter le bouddhisme ! 😁

            1. Merci Pascal, vous devriez être coach (à l’américaine)… Mais vous devriez peut-être tenter la colère? Elle est salutaire, parfois, et c’est le meilleur moyen d’éviter de grossir. Si,si. Quand aux oeuvres que je partage avec vous tous, sur ce blog à vocation critique, (presque le dernier), ce sont des dessins POLITIQUES au cas ou vous ne l’auriez pas remarqué. Pas très baba cool, la politique en ce moment, si? Pour le boudhisme, allez plutôt voir du côté des BD américaines des Sixties… Sinon, je vous conseille aussi, dans le genre mou et passif, le chien Doopy… « You know what !? i am happy ». Amicalement. Chantal

              1. J’ai vécu avec la colère pendant près de 50 ans, alors pour finir ma vie j’ai voulu essayer autre chose. 😉
                Avec le recul, à part de l’hypertension, la colère ne m’a jamais apporté beaucoup de bénéfices. 😁
                Le bouddhisme en BD américaines !? Autant manger du foie gras australien 😂
                Amitiés
                Pascal

                1. J’ai associé bouddhisme et baba coolisme, peace and Love, et imbécillité heureuse, pardon. Il était 13h 47, je crois, et je venais de finir de déjeuner… Pizza bio et vin italien un peu fort, 2 verres. Quand au chien mou c’est Droopy pas Doopy.

                    1. Merci Pascal pour ce moment délicieux en compagnie de « Simplet », Vous avez raison, pour vivre heureux vivons insouciant, même si le monde d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celui de cette chanson. Les chances d’y survivre pour l’idiot du village, aussi attachant soit il, sont plus que faibles. On arrête pas le progrès. Sinon je trouve une certaine ressemblance entre Fernandel, et l’auteur, entre autres, d’homo violens, ce cher Roger Dadoun, philosophe, psychanalyste, et que sais je encore?

                  1. Chère Chantal
                    On peut aussi vivre heureux dans les pires moments sans que ce soit de l’insouciance.
                    Le simplet nous montre quelque chose mais définitivement nous ne pourrons avoir la naïveté du simplet. Ce qui est important c’est ce qu’il nous montre.
                    J’étais au collège quand la prof d’histoire géo nous a présenté une dame déjà âgée mais pleine de vie qui nous a dit : « vous savez, faut pas croire que dans la Résistance on était triste, on faisait souvent la fête même s’il y avait des moments très durs ». JEn n’ai jamais oublié le visage de Lucie Aubrac.
                    Beaucoup plus tard, j’ai découvert une chose qui m’a libéré. Après avoir pris conscience que je ressentais de la colère, j’ étais toujours libre de choisir que la colère m’emporte ou que je tourne le dos à la colère. Ce fut pour moi une grande découverte. Ainsi j’ai toujours ce sentiment de colère qui vient parfois (les occasions sont suffisamment nombreuses ) mais prenant conscience de ce sentiment, je lui « dis » : je t’ai reconnu et je choisis de ne pas me laisser emporter par toi.
                    Vous voyez qu’on est bien loin du simplet par naissance mais il nous montre quelque chose.
                    Bon weekend j’espère sous le soleil et dans le plaisir de vivre chaque instant. 😊🙏

      2. La souffrance de l’artiste n’est pas une « question intéressante »! Patatra! Le bruit que vous entendez est le buste de Juan tombant de son piédestal.

        1. Peut être n’y avait il pas de réponse à la question .

          Pour la chute du piédestal , même pas mal , le piédestal n’est pas assez haut pour que j’en tombe !

          PS : toujours pas de nouvelles d’Octobre ?

            1. C’est le pseudo d’un autre écorché vif , de son vrai nom Martin je crois , et qui est peintre . Communard donc et semble -t-il communiste , pour se sentir moins seul . Fan de Léo Ferré aussi .

              1. « Heureux les simples d’esprit, le royaume des cieux leur appartient ». C’est cela qu’il nous montre, vous croyez, Simplet ? Le royaume des cieux? Peut être, car plus on est conscient, plus on s’enfonce en enfer. Non?

                1. Bonsoir Chantal,

                  Je dirai que plus on s’identifie à nos pensées plus on s’enfonce en « enfer ». Paul et Stéphanie parlent des souffrances, c’est notre identification à la forme qui crée nos souffrances. Arrêtons nous un instant pour observer nos pensées et laissons l’observateur se dévoiler. Laissons l’observateur s’effacer. Il n’y a ni royaume, ni cieux, il y a juste ce que nous sommes réellement dans l’instant et je peux vous assurer qu’il n’y a ni souffrance, ni personnage mais juste une joie infinie et sans objet.

                  Oui heureux les simples d’esprit. L’histoire ne dit pas le « Simplet d’esprit » 😉

                1. J’aurais du faire un tiré à part .

                  C’était une question à la cantonade , mais je suis apparemment le seul à m’inquiéter du sort de ce vieux fidèle du blog .

  4. Bonjour,

    S’il fallait citer un exemple éloquent illustrant parfaitement votre propos à tous les deux, relatif au traumatisme remontant à l’enfance, mais pas seulement, ce serait probablement celui d’Alan Turing, dont le traumatisme, ou plus exactement les traumatismes accumulés, quand ce ne sont pas tout « simplement » soit la condamnation due à la Criminal Law Amendment Act d’une part, soit l’omission de ses titres due au Secret Act d’autre part, le conduisirent progressivement, faute de thérapie appropriée, au suicide…

    L’Humanité perdait ainsi en 1954 l’un de ses plus grands génies, la grace accordée en 2013 par Elisabeth II, n’étant dans un cas comme celui-ci que pure hypocrisie…

    Amitiés,

    Philippe

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  5. Comment expliquer que le sens pour nous le plus commun de « souffrance » ( être  » mal » ), que ce soit au physique ou au psychique , soit en fait un sens dérivé secondaire de sa signification étymologique  » endurer , supporter tolérer  » ?

    PS1: après la joute Jorion vs Bernard , je n’ose pas m’appesantir sur La genèse , entre accouchement et pain à gagner .

    Ps 2 : peut on totalement être soi sans souffrir (….un peu) ?

    1. La douleur est inéluctable mais la question est que fait-on pour que cette douleur ne se transforme pas en souffrance. Si l’on considère que la souffrance est issu de notre « arrangement » psychique avec la douleur.

        1. Dis autrement, la douleur est un mécanisme de survie particulièrement compréhensible concernant la douleur physique. Quand je me brûle, ma main se retire par réflexe. Les personnes qui ont une insensibilité cutanée sont exposées à certains danger car elles ont perdu ce réflexe salvateur.
          Maintenant quand la douleur s’exprime qu’en faisons nous psychiquement ? Certains vont se plaindre pour attirer l’attention sur eux, d’autres vont au contraire la cacher parce que culturellement « ça ne se fait pas », d’autres tomber en dépression, d’autres encore vont en faire une source d’énergie (pour le pire et le meilleur ). C’est là qu’est le siège de la souffrance, dans cette construction tournée vers le passé pour la victime ou vers le futur pour celui qui cherche à y échapper.
          Mais notre culture n’est pas habituée à voir les choses sous cet angle. Dans la chrétienté, il y a une valorisation de la souffrance, à l’image du Christ dont nous sommes tous très imprégnés.

  6. Mauvaise pensée: la comédie de Molière L’Amour médecin. Sganarelle est très soucieux, sa fille chérie dépérit (le spectateur sait déjà qu’elle est amoureuse). Il tient conseil avec ses voisins commerçants comme lui, et chacun lui propose de la soigner en lui achetant des belles choses qui la rendront heureuse. Il les écoute, puis il se réveille, d’où la réplique « Vous êtes orfèvre, Monsieur Josse, et votre conseil sent son homme qui a envie de se défaire de sa marchandise. » Dans la suite de la pièce, l’amoureux habillé en médecin prescrit un traitement au Matrimonium ; mariez-la à quelqu’un pour qui elle pourra avoir un penchant ; Et tout finit bien.

    Les thérapeutes de l’âme que je viens d’entendre proposent de soigner avec leur marchandise, c’est normal, et ça peut marcher. Il y a longtemps, il s’agissait de se tourner vers Dieu, et ça marchait aussi. Les sorciers soignent par des rites et des sacrifices (y compris le sacrifice d’argent, ce qui les fait tangenter les psychanalystes) ; leurs clients sont certains que c’est efficace, donc ça marche.

    Avec ma petite expérience personnelle, je prétends que le pire est de croire que « quelqu’un » ou « quelque chose » va vous sauver. Se dire « Mon malheur est irrémédiable, je vais vivre avec. » Ainsi, ayant eu un accident de la route (passager ; collision que j’ai vue arriver, nombreux blessés, j’ai été le seul à sortir tout seul de la tôle.) être dans une voiture me rendait malade. J’en ai acheté une et ça a fini par passer (je suis toujours un peu malheureux quand ce n’est pas moi qui conduis, tant pis). J’ai aussi soigné un mal-être au travail en persécutant mes supérieurs et le DRH (tant pis pour eux, ils avaient reçu l’ordre de me persuader de démissionner). Je crois avoir persuadé des femmes qui avaient peur d’être agressées dans le métro d’acheter une clé pipe de 19 (celle qui permet de dévisser les boulons pour changer une roue; en promener une est donc légitime), de s’entraîner à cogner avec et de la mettre dans leur sac, en leur disant « Ca se verra sur votre figure que vous êtes prête à cogner, plus personne n’osera. » Certes, s’apaiser en étant méchant, ça pose un problème moral; il faut essayer de faire le moins de dégâts possible.

    Je viens de lire le livre d’Emmanuel Todd « Le Fou et le Prolétaire » (1979, vient de reparaître en numérique grâce à FeniXX). Il y parle, avec des chiffres, des petits-bourgeois dévorés par la nécessité de monter et de réussir, qui s’alcoolisent et se suicident en masse, alors que les prolétaires insouciants se suicident beaucoup moins et s’enivrent mais ne meurent pas à cause de l’alcool (France et Allemagne, fin XIXe et début XXe, avant le suicide collectif de 1914 ; la Grande-Bretagne, qu’il décrit peuplée de prolétaires et d’aristocrates, comme dans le « Pygmalion » de Bernard Shaw, se suicide et s’alcoolise peu). On dirait que les petits-bourgeois autour de l’an 2000, dévorés par le devoir de bien-être moral, se rendent malheureux et recherchent frénétiquement les causes et les remèdes de leur malheur. « The Pursuit of Happiness » dans la version psy contemporaine n’est peut-être pas une bonne idée.

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    1. Passer de l’amour médecin , à la bagnole ( mort à la bagnole ! ) , à la clé à molette , puis au suicide à l’absinthe , j’avoue que j’ai eu du mal à vous suivre .

      Mais pour  » le petit jaune » , Clo Clo a des tuyaux .

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      1. La clé pipe est tubulaire et se termine d’un côté par une tête à angle droit qui donne une très bonne prise , ou un choc plus lourd si elle est tenue par l’autre bout. La clé à molette est moins facile à tenir dans un usage défensif. Mais la connotation est plus forte, sauf chez les mécaniciens.

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  7. Mettre fin à sa souffrance par l’action politique, la rebellion !?
    Mais nos grands dictateurs de l’histoire ne sont-ils pas l’exemple de ce que chercher à résoudre sa souffrance dans une action politique représente un danger pour les autres ?
    Le personnage Trump s’est construit dans la souffrance d’une famille toxique !
    https://www.franceinter.fr/monde/clown-fils-de-sociopathe-ce-que-raconte-le-livre-de-la-niece-de-trump-sur-le-president-americain
    Sortir de la souffrance est un cheminement intérieur. Projeter sa souffrance sur l’extérieur, l’environnment, me semble représenter un grave danger et pour l’environnement de cette personne (l’enfer étant pavé de bonnes intensions, comme on le sait), et pour la personne elle-même qui dans cette projection risque de n’aboutir qu’au prolongement de sa propre souffrance.
    Peut-être ai-je mal compris, mais une clarification me semble utile car j’ai le sentiment que les tourments de la société que nous connaissons, sont directement issus de la souffrance de ces gens ambitieux qui nous gouvernent.

    1. Et la nièce de Trump, dont le livre est beaucoup plus intéressant par ce qu’elle dit de la société américaine que par ce qu’elle dit de son oncle Donald (pas grand-chose, beaucoup moins que son père et son grand-père), s’est épanouie dans son personnage de victime.

      Son livre tourne au panégyrique de l’entreprenariat américain. Des gens toxiques comme son grand-père, par exemple, beaucoup de pays se porteraient mieux en en ayant un peu (pas trop). Après tout, il a construit des logements en faisant fortune avec les subventions, là où d’autres font fortune sans construire les logements (j’ai envie de dire où mais ça ne plairait pas ici). Certes, son père, le frère ainé de Donald, qui était un médiocre hédoniste, s’est fait écraser.

      « Too Much and Never Enough: How My Family Created the World’s Most Dangerous Man » Il faut lire ce livre. Pour les radins : https://1lib.us/book/5622085/0f7a38 (z-library)

  8. 1/ Si on part du point de vue de soignants « libéraux », on s’interroge sur « ce que disent nos patients à propos de leur souffrance ».
    On manque la souffrance collective, telle que nous la vivons avec la pandémie, telle que nous l’avons vécue avec les attentats, avec l’affaire Dutroux, avec l’incendie de l’Innovation, avec l’occupation nazie… , telle que nous la vivons par anticipation angoissée avec les perturbations climatiques.
    Les principaux traitements sont la messe et le foot (cérémonie religieuse, communion dans le sport) qui sont des dérivatifs collectifs. La TV a fonctionné pour une part là-dedans aussi. C’est le symbolique, qui nous réunit dans une communion virtuelle.
    En fait il y a un traitement collectif symbolique : un discours du chef, avant tout. Tourné en cérémonie. « C’est la guerre ».
    2/ Je croyais avoir lu ici un message d’Arkao parlant de la souffrance collective transcendée en colère(ai-je rêvé ?). C’est un aspect important des luttes sociales. En partageant notre émotion de colère, en en faisant un collectif (et c’est l’exemple vécu des Gilet Jaunes), nous expulsons notre souffrance.
    3/ Là-dessus je me suis interrogé sur la notion d’égalité. EGALITE. Partie de la devise républicaine, elle est le parent pauvre, elle est dans ces droits de l’homme (droit au logement décent, à l’environnement sain, à l’école et la culture) qui s’effacent devant ceux liés à la Liberté et Solidarité. Définition lamentable sur Wikipédia. Le contraire de l’égalité c’est l’injustice, et donc la colère. Ce qui met en colère, ce qui est injuste, c’est la hiérarchie et la domination. Dont on parle si peu, qu’on dénie.

    1. C’est intéressant de parler de souffrance collective.
      « En partageant notre émotion de colère, nous expulsion notre souffrance  » dites vous. Avez vous remarqué (comme Paul le signalait il n’y a pas si longtemps ) que notre ressenti et nos émotions ne sont pas les mêmes quand il s’agit d’un attentat en plein coeur de Paris ou d’un autre en plein coeur de Kaboul ? Il ne s’agit pas de juger mais de constater seulement. N’est ce pas là une question d’identification ? (« Nous sommes tous Charlie « ). Cette identification apporte t elle un terme à notre souffrance (« expulsion ») ou n’est elle qu’un mécanisme de soulagement temporaire ?
      Une souffrance commune peut elle être réelle c’est à dire vécue de manière identique pour chaque participant ou bien créons nous une souffrance commune virtuelle à laquelle nous choisissons de nous identifier ?

    2. L’égalité , c’est l’égalité des droits et des devoirs . Nos anciens choisissaient leurs mots sans ambiguïté .Des mots …justes .

      La justice , ça pourrait être la somme des trois sœurs : liberté , égalité , fraternité . Etendue au vivant .

      Ça s’appelle la République .

      J’ai un peu d’interrogation sur la souffrance collective mise en avant , qui , rapportée à cette vidéo serait une sorte de  » pandémie  » de souffrances issues de  » l’injustice sociale et des crises « . Comme il est dit , cette souffrance là , le psychiatre et l’hypnose n’y ont pas de remèdes , juste peuvent ils indiquer la direction où trouver la source du mal être. Je pense par ailleurs que ça n’est pas la souffrance la plus dure à supporter ou à réduire , justement parce qu’elle est ….collective . Pour la réduire ou supprimer , on est plus dans la psychiatrie , comme dit dans la parenthèse  » éco-anxiété » ; on est dans la politique et ses outils habituels .

      1. Définition formelle et bourgeoise : L’égalité , c’est l’égalité des droits et des devoirs . Cela ne nous empêche pas de dormir.
        Ah bon, et l’abolition ou le partage de la propriété privée, concrètement c’est pour quand ?
        Et la fiscalité moins injuste, c’est pour quand ?
        N’y songez pas, Bercy ne voudra jamais. Et essayez de dormir, vous aussi.

        1. C’est la définition de révolutionnaires pas spécialement bourgeois , à la fois inflexibles et conscients de leurs propos , eux .

          Le « partage de la propriété privée » comme idéal ? Ça c’est une idée de bourgeoise auquel les gratuités ne viennent pas à l’esprit .

          La fiscalité moins injuste ou plus juste , elle ne tient qu’à nous , pas aux interprétations tarabiscotées ou fantasmées du vocabulaire de nos aïeux .

          Les mots sont des repères , mais on peut en faire aussi des prétextes pour se mettre à l’abri .

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    1. Catharcis
      En théâtre : plaisir éprouvé par le spectateur grâce à la dérivation causée par ces sentiments. ,,Le mot s’emploie toutefois pour désigner surtout le ravissement esthétique«  (Bénac Dissert. 1949).
      En psychanalyse : Moyen thérapeutique (ex. hypnose, suggestion, etc.) par lequel le psychiatre amène le malade à se libérer de ses traumatismes affectifs refoulés.
      https://www.cnrtl.fr/definition/catharsis
      « L’amour perdu » le thème qui semble éternel de la souffrance liée à l’attachement.
      Qu’est-ce qui nous fait aimer ainsi la souffrance ?

    2. Je ne vois pas le public en pleurs, mais c’est peut être parce que moi aussi j’ai les larmes aux yeux, en me souvenant que j’ai cru en la vie.

      1. Vu sur scène en octobre 2019, une bonne partie du public les larmes sur les joues et debout à la fin de la chanson.
        Mais personnellement j’étais très gêné, car arrivé très tôt j’avais eu le temps de discuter avec tout le monde y compris la chanteuse et que je savais que dans la salle, ce soir là, il y avait son père et sa sœur.

  9. L’ Apocalypse ne nous est d’aucune aide, pauvre lemming chrétien que nous sommes, devant le choix de devoir changer notre condition d’être parlant social, colonisateur opportuniste.

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    1. Bonus pour ceux qui aiment poser des questions. Devant une menace déjà bien présente, comme le réchauffement climatique, le corps active la peur pour le pousser à prendre une décision. Notre réaction suite à la crise de 2008, à la pandémie de la covid19, est celle de la fuite dans le statu quo, qui a pour effet de ne pas faire retomber la peur mais d’y ajouter un sentiment d’urgence.
      Nous sommes en fuite devant des menaces que nous avons produites, sur une planète finie avec un compte à rebours qui a démarré il y a déjà plus d’un siècle.
      Fuir où se soumettre correspond à un suicide collectif.
      Nous n’avons pas le choix, il faut combattre, ce que la Chine se prépare à faire tandis que l’Occident rétrograde, se replie en mode fasciste avec une ploutocratie qui se réfugie dans des délires transhumanistes.

  10. Comment peut on amener une personne névrosée (enfance) et qui a subit de très graves traumatismes à l’âge adulte, à consulter pour une démarche de psychothérapie ou psychanalyse, quand cette personne est persuadée ou se réplie dans un discours « je suis nulle et ça ne peut pas marcher »?

    1. Voilà. Proprement anonymisés, mais authentiques :

      Je viens de voir votre vidéo dans laquelle vous décrivez votre façon d’analyser et votre méthode d’analyste. Votre regard, et la façon dont vous prenez en main le développement de vos réflexions m’interpelle. C’est pourquoi je me décide à vous écrire.

      Je suis en analyse depuis plusieurs années. Le bilan est globalement positif. J’ai pourtant l’impression de piétiner depuis plusieurs mois et surtout, de ne pas réussir à dénouer ce qui me tenait vraiment à cœur de dénouer lorsque j’ai commencé.

      J’ai changé 3 fois de psy, mais cela n’avance pas trop, or j’ai un besoin impératif de régler mon problème.

      J’ai toujours refusé toute aide extérieure jusqu’à présent. Mon boulot faisait sans doute office de béquille efficace. Aujourd’hui il me semble que ce soit le moment et l’occasion.

      J’ai débuté une analyse il y a plusieurs années, j’ai arrêté récemment car j’avais davantage l’impression de prendre le thé que d’avancer lors des séances. Je n’arrive plus à travailler efficacement, interagir avec les autres m’angoisse et me demande beaucoup d’effort. Je suis conscient d’éviter de faire face à moi-même et au « vide » qui refait surface régulièrement. J’aimerais me libérer de ce cercle et avancer.

      1. L’écriture en italique est presque invisible, illisible, on a impression qu’elle est derrière un papier calque. C’est vraiment un choix?

    2. @Arnaud :

      Toujours vu que , si un plus ou moins proche peut avoir son rôle en indiquant les différentes sources d’aide possibles ( dont il fait partie pour une petite part ), c’est toujours quand la souffrance devient trop intense pour celle ou celui qui est dans l’ impasse , qu’ils se décident à aller chercher cette aide et ça fait partie du début de la reconquête . Parfois ça coïncide avec un acte grave qu’il commet ou s’apprête à commettre et qui lui crie ( ou crie au corps ) que vraiment  » ça ne peut pas continuer comme ça  » .

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