Vivre enfin ce message que nous avons affirmé être le nôtre, par Jean-Baptiste Auxiètre et Paul Jorion 

Il va falloir enfin comprendre et vivre authentiquement cette injonction des Évangiles : « Tendre l’autre joue ». L’habitude a été prise de considérer Jésus de Nazareth comme un prophète, or le moment est maintenant venu d’écouter ses paroles comme celles d’un philosophe parmi les plus grands, et non celles d’un prophète ayant fait espérer aux laissés pour compte, un paradis de réparations des injustices subies ici-bas.

Il y a dans la réciprocité positive du « tendre l’autre joue », un apport décisif par rapport à la philosophie grecque, qui imprègne d’ailleurs notre justice par son esprit de désescalade, et s’écarte de la réciprocité négative incarnée dans la loi du talion, de l’« œil pour œil » qui, si elle permet une compensation des torts, le fait au prix de l’injustice envers les individus et alimente les vendettas par sa logique de réparation nécessaire pour chaque nouveau tort commis.

Le moment est venu parce que dans la guerre en Ukraine, il ne nous reste que cette approche comme principe unificateur des deux camps en présence, même si les chrétiens affirmés n’ont jamais historiquement véritablement vécu cette injonction du « tendre l’autre joue » et y ont vu plutôt un aveu de faiblesse. Le moment est venu de rappeler aux chrétiens de chacun des camps que leur religion est celle de la réciprocité positive : celle du « tendre l’autre joue », celle de l’esprit de désescalade. 

Cette réciprocité positive est en réalité l’arme absolue, à la fois  intellectuelle et pratique, permettant de faire face à la réalité physique de toutes ces autres armes auxquelles il faudrait que nous recourions sinon un jour. Le moment est venu pour ceux qui se disent chrétiens, ou héritiers en tout cas d’une civilisation chrétienne, Russes, Ukrainiens, et tous les autres, de vouloir véritablement mettre en œuvre, vivre, le passage essentiel des Évangiles, qui n’est pas la promesse d’un autre monde ailleurs, mais l’outil à la fois intellectuel et pratique qui rend possible de vivre heureux dans ce monde-ci, et non dans un autre :  « Vous avez appris qu’il a été dit : œil pour œil, et dent pour dent, et moi je vous dis de ne point résister au mal que l’on veut vous faire : mais si quelqu’un vous a frappé sur la joue droite, présentez-lui encore l’autre. Si quelqu’un veut plaider contre vous pour vous prendre votre tunique, abandonnez-lui encore votre manteau ». L’esprit de désescalade, l’esprit du temps pour la réflexion, du retour à la Raison, le logos, le Verbe.

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104 réflexions sur « Vivre enfin ce message que nous avons affirmé être le nôtre, par Jean-Baptiste Auxiètre et Paul Jorion  »

  1. Jésus de Nazareth est-il philosophe plus que prophète ? Ne serait-il pas surtout anthropologue ?
    La bible hébraïque est un traité d’anthropologie, elle nous décrit tels que nous sommes, et d’abord : envieux, meurtriers par envie. Et elle nous dit comme résister à ces funestes penchants : « tu ne convoitera pas », « tu ne tueras pas ».
    Jésus, fort de ce savoir anthropologique, le rappelle à ses coreligionnaires et à ses autre contemporains.
    Et il leur dit aussi, et il nous dit à nous, en cela il est prophète, que nous ne voulons pas de ce savoir, que nous ne voulons pas de la vérité. Annonçant par là le sort qui risquait d’être le sien.
    Les deux premiers serviteurs de la parabole des talents se laissent guider par leur croyance en l’argent et par leur envie d’en avoir plus. Le troisième serviteur croit en la parole : il fait ce qui lui est dit de faire, il protège le talent qui lui est confié. Mal lui en prend.
    Le sort du troisième serviteur annonce le sort de Jésus qui, lui aussi, croit en la parole. Et il annonce le sort du peuple juif qui, mieux que les peuples dit chrétiens, respecta pendant des siècles (jusqu’au piège de l’émancipation) la parole biblique et évangélique, car il n’enviait pas les populations qui l’entouraient ni ne se vengeait de ses persécuteurs.
    Et maintenant ?
    L’apocalypse ?
    Le héros de 1984 d’Orwell, à la toute fin du livre, comprend tout, en une fulgurance instantanée, au moment où l’atteint la balle qui le tue.
    Est-ce cela qui nous attend, nous qui assimilons à des sornettes obscurantistes le savoir susceptible de nous sauver ?
    Est-ce cela qui est en train de se jouer dans cet affrontement forcené, insensé, dément, entre Est et Ouest, en cette malheureuse Ukraine ?
    Que la France sort du rang et crie « Stop ! » ! Que l’un des candidats à l’élection présidentielle française (Mélenchon ?) sort du rang et crie « stop ! »

  2. L’or a trouvé son marchand. Avance. Joli sourire. Jusqu’au bout de mes lèvres. Fais négoce. Conforte le flux des noms lancés de mon front. Compte-moi.

  3. Mon commentaire n’est pas passé hier. En fait, face à un pacifisme béat, je préfère la philosophie et les techniques de la non-violence. Celle-ci a été portée en France par des personnes comme Lanza Del Vasto (pour la version catholique, mais transposée de la vision de Gandhi) ou Jean-Marie Müller (version non confessionnelle).
    La non-violence se prépare dans tous les aspects de l’éducation et, en particulier, dans les modes de communication.
    Elle ne rejette surtout pas la légitime défense.

    Par ailleurs, je repense aux paroles simples de La Complainte du Partisan et à son indignation fondamentale qui l’encourage à se maintenir en résistance : « On m’a dit « résigne-toi ! », mais je n’ai pas pu et j’ai repris mon arme ».
    Une jolie version folk en existe par le groupe Hamon-Martin : https://www.youtube.com/watch?v=nh9i-N4n3HE

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  4. Interview de 20′ d’un expert franc et cynique de l’OSCE. Les populations anti-guerre sont une variable d’ajustement… et nous devrions redevenir patriotes (comme en 1914 ?).
    https://www.rtbf.be/article/guerre-en-ukraine-et-si-poutine-gagnait-la-guerre-10955890

    Par ailleurs j’aimerais en entendre plus sur la possibilité d’une crise économique due à la guerre : bulle spéculative du prix du gaz (et donc des autres énergies indexées sur le gaz) causant des faillites de négoces énergétiques (déjà en fin 2021), puis des faillites de ménages ne payant pas leurs factures et de PME liées à l’énergie, régression du commerce et donc yo-yo de la finance. Risque ou pas risque sérieux ?

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    1. Aujourd’hui :
      – Le fournisseur d’énergie pour entreprises Elexys, basé en Flandre occidentale, arrête ses activités en Wallonie et à Bruxelles en raison de la crise des prix de l’énergie. L’entreprise est contrainte d’arrêter ses activités en Wallonie et à Bruxelles « en raison des tensions géopolitiques, du conflit en Ukraine et de l’approvisionnement gazier incertain ». « Les prix du gaz et de l’électricité ont atteint des niveaux que personne n’aurait pu prévoir », a-t-elle indiqué. Elexys affirme aussi que les fournisseurs d’énergie subissent une pression supplémentaire de la part des entreprises qui ont des difficultés à payer leurs factures à temps.
      – Le gestionnaire de réseau a refusé vendredi à AECO/Energie2030 l’accès au réseau de distribution de gaz flamand, le fournisseur d’énergie n’étant plus en mesure de remplir ses obligations contractuelles à l’égard du marché flamand depuis vendredi 6h00.

  5. Poutine n’a aucune considération d’aucune sorte pour le peuple Ukrainien, il veut juste annexer ce pays à la Russie. Lui offrir l’autre joue ou lui foutre des baffes ne changera rien à l’affaire, ne lui fera prendre conscience de rien de nouveau qu’il ne sache déjà.
    Ou alors, je suis trop bête pour comprendre la parabole.

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    1. La question n’est pas ce que pense et fait Poutine, elle ce que nous, nous pensons et faisons.
      Il est dans une escalade démente de bombardements.
      Nous sommes dans une surenchère démente de menaces et de sanctions.
      Escalade et surenchère s’entretiennent l’une l’autre.
      Nous pouvons persévérer dans la surenchère ou nous pouvons faire un pas de côté, ouvrir les yeux, retrouver la raison, « tendre l’autre joue ». À nous de choisir…

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      1. C’est un entre deux. Certains ont fait des propositions de rétorsions bien plus virulentes que celles qui ont été choisi et donc dans les limites du cadre de l’OTAN. Le président Zélinsky continue de demander une zone d’exclusion aérienne par exemple ou encore des avions. Mais ce serait probablement le pas de trop qui encouragerait Poutine à aller encore plus loin dans l’horreur.
        Ne rien faire du tout est peut-être ce qui a été fait avant l’entrée des troupes Russes sur le sol Ukrainien. Mais aussi, ne donner aucun signe à Poutine de notre profond désaccord avec son invasion et lui tendre l’autre joue pourrait s’apparenter à une invitation à continuer sa conquête de l’ouest…non…?

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        1. Le désir d’Ukraine de la Russie s’oppose au désir d’Ukraine des USA. Ces deux désirs, si semblables, s’alimentent l’un l’autre. Et les Ukrainiens meurent. Renonçons à notre désir, afin que l’Ukraine vive.

          Faisons les concessions qu’il faut et un chemin vers la paix peut être trouvé. C’est cela, « tendre l’autre jour ».
          « Un homme, ça s’empêche » selon la belle phrase de Camus. « Une nation, ça s’empêche » : que la France montre la voie, qu’elle sorte du rang et crie « stop ! ».

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          1. N’importe quoi pourvu que ça mousse, renvoyer dos à dos USA et Russie en Ukraine c’est nier en fait la volonté propre des Ukrainiens. Misère.

            Quant aux paroles de Poutine faut écouter ça sur la souveraineté des ex républiques soviétiques :

            https://www.youtube.com/watch?v=SW-fqQIlMGk

            « Cela dit si d’autres république de l’ex URSS adhère à l’OTAN, nous respecterons leurs choix, c’est leurs droit souverain… »

            Et je vous passe les avis sur l’OTAN qui fait bien ce qu’il veut…

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    2. Oui, mais comme les miracles n’existent pas – faudra quand même les expurger des évangiles avant qu’on disparaisse – c’est tout ce qu’il reste.

    3. Bonne question : faut-il tendre l’autre joue à un autocrate qui pense et qui dit : « je vous emmerde, mes amis » ? Et peut-on espérer qu’il nous présente autre chose que son c… à botter ?

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      1. Prêter ce genre de pensée à l’adversaire, pour conforter sa propre innocence, est justement ce qu’il ne faut pas faire. En écrivant ce que vous écrivez ne lui dites-vous pas, implicitement, à l’autocrate en question : « je t’emmerde, mon ami » ?

  6. La seule explication rationnelle de la guerre ‘russe’ en Ukraine est que poutine est – médicalement – un psychopathe sadique. Il se prend pour Ivan le terrible, autre psychopathe. Il jouit littéralement des souffrances qu’il inflige. La 3ème guerre mondiale dépend de ce qu’il reste de rationalité et de courage dans la chaîne de commandement nucléaire russe et de la détermination de l’occident à assurer cette chaîne que la riposte sera inévitable.

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    1. Je vous signale, à toutes fins utiles, que « nous » avons, nous aussi, ces dernières années, jeté d’innombrables bombes sur d’innombrables populations, civiles et militaires mêlées. Comme nous ne l’avons pas fait par plaisir sadique, n’étant évidemment pas, nous, des psychopathes, nous avons dû le faire par l’effet d’une très innocente inadvertance… Je ne suis pas sûr que cela fasse une grosse différence pour ceux qui ont péri sous nos bombes.

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      1. Zelinsky vaut – il Saddam Hussein ?
        Un crime n’en excuse pas un autre.
        Une démocratie imparfaite vaut-elle une dictature parfaite ?

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        1. La question en l’affaire n’est pas le régime interne des États, mais la façon dont les Etats se comportent les uns avec les autres.

          En Ukraine, aux dépens de l’Ukraine et des Ukrainiens, combattent l’Etat russe et l’Etat US, celui-là se livrant à une terrifiante escalade militaire, celui-ci (avec ses fidèles vassaux européens) à une terrifiante escalade économique et financière. Si nous voulons que l’Ukraine vive, ayons le courage et la sagesse de faire un pas de côté, de tendre l’autre joue, de sortir de cet engrenage mortel.

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          1. « Si nous voulons que l’Ukraine vive, ayons le courage et la sagesse de faire un pas de côté, de tendre l’autre joue, de sortir de cet engrenage mortel. »

            Denis, moi je pense que tu n’en as rien à battre des Ukrainiens, c’est plutôt pour tes fesses que tu as peur, et c’est bien normal, on est tous pareil, simplement pour me détendre dis moi où je peux venir t’en coller une, j’ai une bonne droite ? 😀

            Tes « nous » et tes « nos » n’engage que toi, stp utilise le « je ». Dis « je pense que » pas « nous », j’ai rien à voir avec tes « nous » et tes « nos ». Les Ukrainiens dans leur ensemble et individuellement feront ce qu’ils veulent et tant qu’ils veulent, devant l’agression militaire violente et mortelle qu’ils subissent.

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          2. @Denis; Vous ne semblez pas pouvoir distinguer entre un humain qui se vide de son sang et un compte qui se vide de son fric.
            Cet aveuglement ne peut s’expliquer que par une haine crasse des US, caractéristique des chauvins et des gauchistes.
            Réfléchissez (si vous en êtes capable), que préférez vous: votre ruine ou une balle dans votre tête ?

            Si les ricains….

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          3. @Denis Sauf si nous voulons en fait une ruine économique en Russie aboutissant à un changement pour un régime plus conforme à nos intérêts (valeurs proclammées pour la cantonade) au prix d’un coût acceptable limité à l’Ukraine sur le plan humain.

            1. @ Ruiz. Si je vous suis bien, sacrifions quelques Ukrainiens pour assouvir notre besoin de vaincre un tyran, pardon d’écarter un tyran ayant le tort immense de ne pas défendre nos intérêts. Et c’est à moi qu’il est reproché de ne pas me préoccuper du sang qui coule !… Ne devriez-vous pas remuer la plume 7 fois dans l’encrier avant d’écrire, cela vous éviterait peut-être d’écrire des choses pareilles ?

  7. Sur le principe, oui tendre l’autre joue dans la vie ça peut marcher. C’est très déstabilisant et ça peut enclencher un dialogue.
    Face à Staline je pense que ça ne servait à rien.
    Face à Poutine, pas mieux.

    Si j’en crois l’article ci-dessous, pour la guerre en Tchétchénie, les terroristes tchétchènes qui ont « justifié » la guerre étaient mandatés par le Kremlin.
    https://www.nouvelobs.com/guerre-en-ukraine/20220318.OBS55853/poutine-l-ukraine-et-la-propagande-europeenne-le-monde-reve-d-andrei-makine.html
    De +, Poutine semble avoir pris l’habitude de bombarder les couloirs humanitaires et les hôpitaux (déjà en Syrie), et de faire emprisonner/empoisonner ses opposants. Les diplomaties allemandes et françaises de ces dernières années n’ont abouti à rien.

    Non, je ne vois pas vraiment de réponse pacifique adaptée pour mettre fin au conflit. Ce monde est déprimant.

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  8. Coucou,

    Quid de « la guerre d’algérie ? »

    Je pense à çà car le parallèle avec la guerre actuelle n’est peut-être pas inutile.

    Je n’ai pas connu cette période, mais je crois savoir que l’on ne disait pas la guerre, mais « les évenements » !

    Etonnant, non ?

    Bonne journée

    STéphane

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  9. « Cette réciprocité positive est en réalité l’arme absolue »

    Et voilà! Le mot est lâché: « absolu ».
    Or il n’y a pas d’arme absolue, de réponse ou de parade « absolue », il n’y de bonnes mesures que relatives au contexte, aux conditions.

    Dans quelles conditions « tendre l’autre joue » est-elle une réponse efficace? …Je vous laisse y réfléchir. Il est certain que dans certaines conditions, cela peut s’avérer productif, car prenant à contre-pied et produisant un arrêt. L’efficacité dépend alors de la suite, comment mettre à profit l’ouverture, ce qui représente un vrai talent.

    Par ailleurs, pourquoi foutredieu chercher dans le délire christique l’arme absolue d’aujourd’hui ? Délire ? « Fils du Père », « fils de Dieu », « Royaume des cieux », « vierge mère » …
    Et même dans le cadre christique, il faudrait relativiser et articuler la prescription de la joue tendue : d’après la doxa officielle, quand Jésus s’est fâché sur les marchands du temple, il a fait tout autre chose que tendre une joue…

    La graine de positivité, d’inventivité et de fécondité qu’il y a dans cette « arme absolue », il est intéressant de la reconnaître et d’en voir le domaine de définition et d’efficacité, à l’aune non pas d’une religion d’il y a deux mille ans, née dans une population occupée soucieuse d’échapper à la douleur indépassable (d’où la fuite méta-physique), mais des savoirs actuels.

    Et là, pour commencer, on peut consulter la « psychologie contraire » de Milton Erickson. Très surprenant , très stimulant, très efficace.

    1. Ah ben voilà qui va faire plaisir à Stéphanie : l’hypnothérapie comme remède historique au christianisme !

      La réciprocité positive se trouve déjà en germe chez Confucius et chez Socrate (voir ce que j’en dis dans Défense et illustration du genre humain, où je fais l’historique de la notion, en reconnaissant tout ce que je dois à Dominique Temple en tant que premier théoricien systématique des formes de la réciprocité).

      1. Bon, je ne pensais pas à l’hypnothérapie, que je ne connais pas, mais à l’espèce de jonglerie relationnelle paradoxale d’Erickson, qui est son autre domaine d’intervention. Elle est difficile à formaliser, et on en voit comme une illustration en-dehors du champ thérapeutique dans le manière dont François Ruffin, dans son film « Merci patron », emberlifiocote et piège Bernard Arnault. Cet Erickson-là.

        Plus proche de votre réciprocité positive peut-être, ou sans doute, il y avait le pédagogue Alexander Neill qui dans son école de Summerhill récompensait les élèves qui avaient fait une incartade.

    2. Mais qui parle d’efficacité ?

      « Dans quelles conditions « tendre l’autre joue » est-elle une réponse efficace ? »

      Tendre l’autre joue n’est pas une réponse, et n’est pas qualifiable en terme d’efficacité.

      Tendre l’autre joue est tout au contraire absence de réponse, renoncement à la vengeance, à la réplique, à la riposte, aux représailles…

      Résister à l’entraînement, faire un pas de côté, tendre l’autre joue, c’est rester libre, c’est retrouver la responsabilité de ses actes, c’est s’empêcher selon le mot de Camus.

      À chacun d’en faire sa propre interprétation mais la formule et son sens sont universels.

      Les jeter dans les ténèbres extérieures pour cause de religiosité n’est pas sérieux. Le « délire christique » a encore de beaux jours devant lui.

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        1. À propos du « délire christique », j’aurais pu citer Paul : « Jésus, scandale pour les Juifs et folie pour les Grecs ».
          L’Ecriture décidément nous comprend mieux que nous ne la comprenons. Étrange…

  10. C’est dimanche. L’entracte religieux… , cet instant de calme et de paix entre les hommes…! :

    https://www.franceculture.fr/emissions/la-revue-de-presse-internationale/la-revue-de-presse-internationale-du-lundi-14-mars-2022
    DIFFUSÉ LE 14/03/2022
    La guerre en Ukraine va-t-elle provoquer un nouveau schisme au sein de l’église orthodoxe ?

     » … Samedi 12 mars, le clergé de la paroisse d’Amsterdam a décidé de quitter l’église de Moscou, afin d’exprimer son opposition à la guerre en Ukraine et aux positions du Patriarche Kirill, chef de la puissante Eglise orthodoxe russe.
    …(…)…
    Les quatre prêtres et le diacre de cette paroisse hollandaise ont donc demandé « une destitution canonique » à leur hiérarchie, invoquant des pressions reçues de la part de l’archevêque orthodoxe russe aux Pays-Bas, Elisey, relate la chaîne néerlandaise Nederlandse Omroep Stichting (NOS).
    Elisey, n’a pas apprécié la décision de ce clergé rebelle de ne plus mentionner le nom du patriarche russe Kirill dans leur liturgie, afin d’exprimer leur opposition à la guerre en Ukraine. Conséquence : l’archevêque leur a rendu visite pour les sermonner, les avertissant au passage que le chef de la diplomatie russe suivait leur église avec « un grand intérêt ».
    …(…)…
    La BBC nous rappelle de son côté que l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014 avait déjà poussé l’Eglise orthodoxe ukrainienne à rompre avec celle de Moscou, grâce à un décret signé par le patriarche grec Fener Bartholomeos.
    À l’époque déjà, à Moscou, le Patriarche Kirill soutenait cette annexion, et ce dernier mène encore aujourd’hui ce qu’il considère comme une véritable « guerre sainte » , commente en Suisse « Le Temps »( https://www.letemps.ch/monde/guerre-sainte-patriarche-cyrille-moscou), qui décrit cet ancien espion du KGB à Genève comme un féru de ski et surtout un soutien passionné de Vladimir Poutine dans sa guerre en Ukraine. Alors que nombre de ses fidèles le supplient de freiner le maître du Kremlin, les différents sermons qu’il a délivré depuis le 24 février « ne laissent pas vraiment de doute sur son appui au président russe », commente Le Temps. Trois jours après le début de l’invasion en Ukraine, il évoque une intervention dirigée contre « les forces du mal qui combattent l’unité historique entre Moscou et Kiev ». Le dimanche suivant il évoque un Occident décadent, dénonçant les Gay Pride qui feraient partie d’un plan occidental pour détruire la société russe.
    …(…)…
    Seizième patriarche de Moscou et de toute la Russie, intronisé en 2009, le parcours de ce personnage « aussi influent que mystérieux en dit long sur la violence dont fait preuve le Kremlin aujourd’hui », poursuit le quotidien suisse qui a interrogé à ce sujet le professeur Antoine Nivière, spécialiste de l’histoire culturelle et religieuse russe à l’Université de Lorraine. Ce dernier rappelle que le patriarcat moscovite a longtemps eu des liens étroits avec les autorités, de l’Union soviétique d’abord, et aujourd’hui avec celles du régime de Vladimir Poutine.
    À l’instar de ce dernier, le patriarche Kirill a adopté la théorie du choc des civilisations… ..
    d’un côté le « monde russe », orthodoxe, traditionnel et nationaliste, de l’autre un Occident perverti, décadent et moralement dégénéré.
     »

    Bref, on est loin..! Quoique cette petite musique nous soit familière… mais pour d’autres motifs.

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    1. Ce mec est un patriarche d’Eglise ? Ca tombe bien moi je suis pape ! 😀

      https://observers.france24.com/fr/20120425-photoshop-rate-patriarche-russe-aimait-montres-luxe-kirill-breguet-excuse-orthodoxe

      On dirait ces anciens papes bourrés aux as, partouzeurs devant l’Eternel, buveurs invétérés et ripailleurs comme 12 !

      Pauvres Russes aussi mal menés par des dirigeants politiques et spirit(ueux) tous corrompus et pourris jusqu’à l’os. Faudrait quand même qu’ils se réveillent on pourrait finir par penser qu’ils aiment ça, se faire mettre…

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      1. Coucou,

        Moi qui pensait qu’un homme d’eglise pourrait diriger ou du moins inflechir poutine !

        J’avais oublié les guerres de religions déclenchées paar tous les fadas !

        Bonne journée

        STéphane

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