Même vainqueur, Macron n’a-t-il pas d’ores et déjà perdu la partie ?, par Régis Pasquet

Habitué depuis son enfance aux louanges sur son intelligence et aux lauriers tressés par tous pour ses réussites scolaires, Macron est beaucoup trop sûr de lui. Pourtant, il devrait faire preuve de modestie et se demander s’il comprend vraiment tout. Peut-il comprendre le monde en constante mutation si, dans son entourage, nul ne l’informe ni ne le met en garde contre les influences néfastes. Comme pour chacun de nous la question est : croit-il ce qu’il sait ?

Comment Macron peut nous protéger du capitalisme qui a fini par ‘’ foutre ‘’ le feu à la planète ?

Comme lui, beaucoup de Français ne parviennent pas à concevoir l’effondrement en cours et ses conséquences dramatiques dans lesquels nous serons bientôt amenés à réfléchir et à agir. Comme lui, beaucoup de Français ne comprennent pas l’impérieuse nécessité de mettre en place une programme écologiste radical.

Même vainqueur de l’élection présidentielle de 2022, demandons-nous si paradoxalement il n’a pas d’ores et déjà perdu la partie ? Car la crise écologique qui menace d’être terrible serait suffisante pour ne voter ni pour Macron, ni pour Le Pen qui n’ont pas de programme écologiste. Mais dès lors, comme nous pouvons considérer que nous avons une raison supérieure de ne pas voter pour Le Pen : le racisme et, si elle était élue, une détérioration profonde des rapports sociaux et internationaux, que nous importe, au fond, de voter pour Macron le 24 avril ?

Des gens misérables souffriront plus encore si nous ne réclamons pas à Macron des engagements inflexibles en échange de nos votes. S’il souhaite vraiment nous protéger comme il le proclame à l’envi, qu’il donne le signal et la preuve de sa bonne volonté en reprenant à son compte les 150 préconisations de la Convention Citoyenne pour le Climat qu’il s’était engagé à mettre en œuvre. La ligne rouge est là. Inutile d’aller chercher plus loin.

LA FEUILLE DE ROUTE DU PROCHAIN GOUVERNEMENT EST PRÊTE.

Mais, s’il choisit le mensonge, le boniment ou la propagande, la dissidence d’une partie importante de la société le guette ?

Macron ne pourra ignorer plus longtemps qu’un entrelacs de crises nous conduira à coup sûr vers une situation complexe, dangereuse pour tous sans exception et dont nous ne nous arracherions seulement si nous les considérions dans leur globalité ?

Ainsi les éléments suivants constituent-ils un décor implacable : le dérèglement climatique, la montée du niveau des mers et des océans, les vagues de chaleur et les sécheresses, les inondations, une population mondiale croissante et des migrations de plus en plus nombreuses, la déplétion des ressources fossiles, des difficultés à trouver assez de terres cultivables en bon état pour nourrir les populations. La croissance ne sera plus un objectifs à atteindre.

Il faudra élargir le principe de la gratuité pour le minimum vital. ( Eau, Énergie, Transports, Habitat, Santé, Éducation / Culture, Accès à des réseaux divers ) avec des écotaxes très élevées pour les consommations superflues. Et puis, changer de régime alimentaire et produire sa nourriture, économiser l’eau, réparer, recycler, ne pas générer de déchets. Arrêter de toujours penser à nous connecter à des serveurs et / ou à communiquer avec quelqu’un quelque part. Ce sera la fin de la mondialisation des échanges, la fin du tourisme de masse, la fin de l’agriculture productiviste, la baisse du niveau de vie. La justice sociale… Création et spiritualité donneront un sens à notre existence.Nous apprendrons à vivre avec l’effondrement comme on apprend à vivre avec la mort. Nous accepterons que les catastrophes qui arrivent puissent mettre fin aux civilisations. Nous serons très vite contraints d’envisager une renaissance même si cela ne devait pas advenir.

Voici donc, grossièrement brossé, l’environnement qui s’imposera à tous et dans lequel les uns et les autres – Macron comme nous tous – devront poursuivre puis achever leurs vies. La destruction de l’environnement des humains est en cours, celle de leurs structures étatiques ne tardera guère. Néanmoins, nous ne voudrons ni de nouveaux partis ni d’hommes ou de femmes providentiels. Nous voudrons des citoyens responsables, décidés à tout recommencer et à faire reposer leurs pratiques sur la remise à sa place d’une économie au service de l’humanité et du vivant dans le respect absolu de la planète Terre, de ses ressources et de ses capacités à se régénérer. Le travail déjà effectué par celles et ceux qui ont déjà beaucoup réfléchi et mis en place des idées, doit être l’une des bases incontournables de l’avenir.

Alors quels problèmes devront être abordés en priorité au plus tôt ?

La préservation de la vie, la sobriété, la sécurité alimentaire, le logement, la santé et l’éducation pour tous, le maintien de terres saines, d’eau potable et d’air pur. La diminution draconienne des déchets. La mise en œuvre d’une démocratie directe fondée sur l’information rigoureuse, sur la formation des citoyens et sur l’entraide et le partage des biens communs.

Participer à la vie de la société sera très compliqué mais tellement exaltant. Choisir Macron dans cette circonstance si particulière c’est faire un pari osé, celui de croire que ce dernier s’engagera sur une voie de rupture. Mais pas tout seul, avec nous tous.

Il nous reviendra vite de lui faire comprendre que nous ne nous  résoudrons pas à vivre dans une Start-Up Nation, vouée au tourisme et qu’il aura bientôt besoin de nous tous dans la paix et dans l’Amour. Sauver la vie exige des évolutions radicales des sociétés humaines. S’il songeait à passer à la trappe ses déclarations et ses engagements précédents nous saurions les lui rappeler dès la proclamation des résultats.

Ainsi : 1 / « Je veux que toutes vos propositions ( celle de la convention pour le climat ) soient mises en œuvre au plus vite. »
2 / « On doit remettre l’ambition écologique au cœur du modèle productif. »
Avec cette ambiguïté toutefois qu’il conviendra de dissoudre :
/ « Je crois à la croissance de notre économie », a-t-il ajouté, en se félicitant que la CCC ne prône pas un modèle de décroissance, comme le font certains écologistes.

Alors, il faudra sortir de l’ambiguïté le plus tôt possible pour circonvenir les déceptions violentes qui ne manqueront pas de survenir et éviter les traquenards.

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55 réflexions sur « Même vainqueur, Macron n’a-t-il pas d’ores et déjà perdu la partie ?, par Régis Pasquet »

  1. Comme disait Lordon, Macron a été élevé hors sol, comme une tomate hydroponique. Macron est un bourgeois riche qui ignore tout du quotidien des gens « en bas ». D’ailleurs, il s’en fiche, il est seigneur.
    Quand on est assez con pour voter Macron et Le Pen, on n’a plus qu’a se taper sur les doigts, la bite, le cul et tout ce qui vous passe par la tête…

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  2. Absurdistan que dans un monde comme jamais peuplé, d’un homme nous espérons une inclaison qui favorise le destin de millions.
    Ce n’est pas Macron, ce n’est pas la bourgeoisie, ce n’est même pas la société qui est à convoquer – c’est notre irrépressible besoin d’éxister à travers le regard des autres invités & quoi de mieux que l’admiration, la convoitise que nous pouvons susciter pour subjuguer l’attention de nos compagnons – de là la surenchère et la perte de la nécessaire communion avec tout ce qui vit parmi nous, nous nourri, nous protège, nous renseigne….perdus nous sommes dans la compétition de ce que le meilleur règne.

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    1. C’est du niveau de ceux qui disent : « Un camp de concentration ? Mais nous vivons déjà dans un camp de concentration ! »

      Ne dites pas de telles choses, c’est irresponsable.

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        1. Ben, oui ! On sait ce qu’on quitte mais on ne sait pas ce qu’on gagne.
          Faut il que ces personnes soient au désespoir. La frustration àa grandi tout au long des années Macron, se rajoutant à la déception socialiste. Et comme dit Manu « There is no alternative « . Pour sortir de l’impasse sociale, peut on reprocher aux gens de se jeter dans la gueule du loup ?
          Je suis petit fonctionnaire qui n’a pas besoin de regarder son compte en banque chaque fin de mois. Qui serai je pour juger des agriculteurs qui ne se sortent pas de salaire, des travailleurs à temps partiel obligé de vivre sous le seuil de pauvreté, des retraités qui retounent bosser quelques heures par semaine parce que leur pension ne suffit pas. … La tentation de tout foutre en l’air est grande. « Je veux pas être le seul à en chier et peut être que Marine va changer les choses. Pourquoi je devrais pas la croire quand l’autre nous a déjà enfumé pendant 5 ans ?…. » Le désespoir peut pousser au chaos ou à tout faire péter. « Et de quel autre moyen on dispose pour tout faire péter dans notre belle démocratie ? De quel moyen autre que cette seule misèrable élection présidentielle au suffrage universel ? On irait bien voter pour 5 ans de Macron2, si c’était pour ensuite aller vers du mieux ! Mais là, c’est du pire qu’il nous promet. »
          Je sais, c’est pas bien de faire parler le peuple. Parce qu’on ne sait pas ce qu’il a vraiment à dire mais je pense qu’on doit qu’en même essayer.

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      1. Paul, j’ai été un des premiers ici à dire que c’est la violence (raciste, sexiste, anti-etc) qui était au programme avec l’arrivée de MLP. Je ne plaide aucunement pour elle. Disons : « Le pire est déjà là, mais elle sera encore pire », si vous voulez.
        Mais je tombe des nues en voyant ce qui est dit et montré par l’OBS dans cette vidéo. Où sont encore « nos valeurs » avec cela ?
        De plus l’essentiel n’est pas là : il faut plutôt écouter François Ruffin ci-dessous et se demander ce qu’il faut faire pour donner des représentants à des segments entiers de l’électorat.
        C’est la démocratie libérale qui fait naufrage (s’effondre !) avec Macron, mais elle débouche sur le fascisme…

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        1. On peut s’apitoyer, mais poses toi d’abord la question de ce qu’il y a dans la tête des gens, et de la majorité des gens. Les riches de l’individualisme bien compris pour conserver leur richesses, les pauvres un individualisme construit et attisé par les mêmes riches qui leur font croire que c’est la faute des autres encore plus pauvres ou des élites. Non c’est un problème d’éducation d’une espèce animale qui a oublié depuis longtemps qu’elle était prédatrice, et qui l’est devenu pour elle même, comble de la prédation oubliant que sa survie passait par une vie en groupe équilibrée. Comble de la dégénérescence.

    2. Ci-joint, une synthèse sur une affaire de plus qui nous rend encore plus responsables en votant pour le candidat Macron au 2ème tour.

      [P.J. J’ai regardé la vidéo après avoir autorisé votre commentaire. Comme ça ne dépasse malheureusement pas le niveau du ragot, j’ai retiré le lien].

  3. Malaise démocratique, démocratie intermittente : Attention ne pas confondre les structures et l’usage que nous en faisons dit Rosanvallon ce matin même sur France INter.

    Désespérer de la démocratie positive à la démocrature et la démocratie négative !

    Pierre Rosanvallon : « L’élection présidentielle va se jouer sur le sentiment de proximité ou de distance » (franceinter.fr)

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    1. Il semble qu’à l’issue de cette vidéo, une tendance lourde se profile : le pull marin dessine un front commun de Jorion à Ruffin.

      (Le port de la chemise reste à clarifier, dedans, dehors, le haut, le bas. Nos envoyés spéciaux vous tiendront informés !)

  4. Je vais faire mon Philippe S :

    Quoi !!!!!! Régis !!!!

     » iI va falloir « Sortir de l’ambiguïté  »

    !!!! VOUS EN ÊTES ENCORE LÀ !!!!

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    1. Je pense que vous pouvez accéder à tous mes contributions publiées par PJ sur son blog et vous rendre compte que je n’ai pas attendu cette élection pour alerter les consciences.
      Voilà une quarantaine d’années que je secoue les cocotiers et en appelle à l’écologie radicale.
      Voilà plus de temps encore que j’essaie de faire partager des idées alternatives en proposant des auteurs anarchistes dont il ne me paraît pas qu’ils aient séduits beaucoup, ici ou là.
      Pourtant…
      Mais il reste une semaine pour lire :  » Comment je suis devenu anarchiste  » d’Isabelle Attard au seuil. Donnez-vous la peine, vous m’en direz des nouvelles.
      Peut-être irez-vous voter le coeur en fête et non la bave mauvaise…
      Tant pis si je n’ai pas vu poindre votre humour. Il y a des moments ou le second degré me fatigue.

      1. Désolé, je ne partage PAS votre espoir ( « Macron ne pourra ignorer plus longtemps qu’un entrelacs de crises nous conduira à coup sûr vers une situation complexe, dangereuse » )

        Mais si, il pourra l’ignorer, puisque tout son être est bâti sur une représentation du monde hors sol, qui se suffit à elle même.

        Ne faites pas comme si il pensait comme vous et moi : sa perception de chaque événement est totalement différente de la nôtre.

        De son point de vue, le quinquennat est une réussite, ses sponsors sont comblés, et la situation législative / sécuritaire permet de controler la suite.

        Chaque catastrophe naturelle est l’occasion de faire du business, chaque entreprise en difficulté est une occasion d’avancer des pions.

        Entendons nous bien, je voterai pour lui.

        Mais mon vote vaut engagement à lutter contre lui et son monde, de toutes mes forces, et sans compter 1/2 seconde sur une inflexion de sa part.

        Il EST la corruption.

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  5. Demander à un représentant et à un gérant des intérêts capitalistes comme Macron d’avoir l’écologie comme priorité et lui demander aussi de remettre en question le modèle de la croissance à tout prix alors que sans croissance le système capitaliste s’effondre, c’est comme demander à un tigre de devenir végétarien.
    Que ce soit Macron ou Le Pen, de toute façon ils nous emmènent droit dans le mur.

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      1. Je ne me souviens pas que depuis 2017 le parlement ait eu son mot à dire et une quelconque influence sur la politique suivie, en particulier sur l’écologie mais pas seulement, toutes les lois votées ont été élaborées par les conseillers de Macron à l’Élysée ( et par McKinsey and Co ) .
        Sous Macron le parlement n’a jamais autant ressemblé à une simple chambre d’enregistrement et le pays devenu une démocrature.
        Avec Le Pen ce sera sans doute pire, mais à la condition qu’elle obtienne une majorité à l’assemblée, ce qui me semble très improbable.

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        1. En dehors des phases de cohabitation que le basculement de majorité provoque, le parlement n’est qu’une comédie d’enregistrement.

      2. Mais de grandes chance que tout le monde soit dans la rue tout de suite, le pays paralysé, etc. Alors qu’avec Macron ça prendra un peu plus de temps. La question est : quel est l’adversaire qui mobilisera le plus contre lui au final ? Et malgré cela serait-il le plus facile à battre ?

  6. Bonjour
    Pourtant cela est simple, MAcron défend le système capitalisme
    Et mêmes il n’a pas abandonner le libéralisme.il s’appuie pour cela sur les élites technocratiques,les classes supérieurs aisées ,les retraites aisées….ce qui fait pas mal de monde. Ces gens freinent des quatre fers,pour empêcher ,toutes évolutions,progrès,ils s’accrochent bec et ongles à leurs interets,et ils pensent que c’est bien pour tout le monde……hors du capitalisme point de salut.
    Quitte à bousiller la planète,provoquer des guerres ,appauvrir encore plus certaines catégories sociales

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  7. Entièrement d’accord, sauf sur la cause première de l’effondrement écologique.
    Vous dites: « … capitalisme qui a fini par ‘’ foutre ‘’ le feu à la planète ».
    NON.
    La cause première, c’est notre consommation, le capitalisme y participe en favorisant cette consommation:
    Pour rappel: notre problème est simple (ce qui ne veut pas dire facile):
    1) l’effondrement physique de la biosphère est dû à notre consommation de ses ressources, transformées en pollutions, que nous appelons aussi « richesse », mesurée par le « PIB ».
    2) L’équation de Kaya simplifiée lie ce PIB aux humains sur cette terre: PIB = N*PIB/N = nombre de consommateurs N * niveau de vie moyen par consommateur PIB/N.
    3) Donc, si nous voulons diminuer l’effondrement physique de la biosphère il n’y a que deux solutions:
    3.1) Diminuer le nombre de consommateurs;
    3.2) Diminuer le niveau de vie moyen;
    Et/ou toute combinaison des deux.
    SIMPLE mais pas facile et TRES peu populaire.
    D’où le succès des populistes qui promettent de continuer notre gloutonnerie de gilets jaunes, comme la fasciste brune n’hésitant pas à promettre de subsidier les combustibles fossiles.
    Certes, Macron est mauvais, mais l’autre, nauséabonde !!!

    1. @ Hadrien qui a écrit « La cause première, c’est notre consommation, le capitalisme y participe en favorisant cette consommation ».
      Mauvais départ à mon sens, car la consommation au sens où nous l’entendons (= conso de masse) est un effet du capitalisme depuis Henri Ford si on veut.
      Ne pas oublier que la consommation (si « futile ») de la classe d’en bas (au moins 50 % avec bas revenus et patrimoine nul ou de sauvegarde) n’est rien dans la crise écologique. Supprimons d’abord les déplacements inutiles par avion intercontinental, ensuite les avions de tourisme plus continental. Et surtout pas le train, ni l’autoroute (taxe carbone) car plein de gens en profitent pour le travail, les visites de famille ; et ce n’est pas le plus grave, ce n’est pas prioritaire.
      On nous bassine sur les « petits gestes » pour la planète (je suis un des coupables, j’ai promu dans les années ’90 la prévention des déchets). Mais c’est un effet à la marge concernant la sauvegarde de la planète et de la ressource, mais un effet boeuf de culpabilisation de la basse classe cherchant elle aussi un supplément de jouissance de compensation.
      La prédation des hyper-riches et des super-riches n’est qu’une fraude aux charges de l’Etat, donc à la transition écologique, grace à la libre circulation des capitaux. Il faut tuer cela avant toute autre chose. Ce peut être une sanction vertueuse, telle le financement exceptionnel de a charge de la dette pandémie, mais en fait affecté à la réorientation de la dépense énergétique.
      Mais lutter contre la prédation est un préalable à la restriction contre la consommation, parce que le sentiment d’injustice se nourrit là !

      1. D’accord, si nous voulons maintenir la démocratie, il faut s’attaquer aux gaspillages des plus riches (c’est nous !) à commencer par l’avion – à expliquer aux travailleurs d’ air-france et d’air-bus.
        Mais cela ne suffit pas.
        Démonstration:
        En ce qui concerne la moyenne, je propose de raisonner comme suit:
        PIB= N*PIB/N= N*n = Nn (pour simplifier l’écriture).
        N= R+P (R= le nombre de riches, P= le nombre de pauvres).
        PIB= Rr+Pp (r, p = consommation moyenne par riche, par pauvre).
        On décide, par choix éthique :
        1) On veut diviser le PIB par e (comme écologie) afin de retarder l’effondrement. PIB/e.
        2) On veut une société plus juste, sans riche, où les pauvres (et les ex-riches) consommeraient j (comme justice) fois la consommation actuelle des pauvres (cad une augmentation par j du niveau de vie des pauvres).
        Il vient : PIB/e=(R+P) jp, avec PIB=Rr+Pp.
        On a : r= ejp(1+P/R), avec 1+ P/R l’inverse de la proportion de riches N/R,
        Soit r= ejp N/R.
        Pour N/R =10 (800 millions de riches, cad les pays développés – c’est NOUS ! – et les riches du sud)
        e= 2 (minimum pour la durabilité)
        j= 3 (choix politique – éthique),
        on obtient r= 60 p, Il faut donc que, en moyenne et par individu les 800 millions de riches consomment 60 fois ce que consomme chaque pauvre et qu’ils acceptent de diviser par 20 leur niveau de vie.
        Ceci dit, combien les 800 M de riches consomment ils ?
        Je raisonne en ordre de grandeur, par échantillonnage chiffres de 2020.
        PIB France+Belgique (blog franco-belge 😉 ) : 2.6+ 0.515 = 3.115 10**9 USD.
        Pour 66 + 11= 77 Mhabitants, soit +- 40.500 usd/an habitant.
        USA : 63 540 usd.
        Combien consomment les pauvres ?
        PIB/an habitant :
        -Chine : 10 500 usd
        -Inde : 1900 usd
        Nigéria : 2180 usd.
        Nous sommes donc très loin d’un facteur 60 ! Autrement dit il n’est pas possible mathématiquement d’éviter l’effondrement avec uniquement de la justice et de l’éthique car l’écart entre pauvres et riches est insuffisant

        1. @Hadrien C’est donc bien en baissant le niveau de vie des pauvres, – et les pauvres chez nous sont des riches- , que l’on peut essayer de transiger avec l’évolution climatique au lieu de s’y adapter.
          Il est probable qu’un régime autoritaire soit plus adapté.

          1. Non, vous ne comprenez pas (ou faites semblant): il faut diminuer plus le niveau de vie et le nombre des plus riches, en fonction de leur richesse. Par exemple il faudrait taxer les naissances chez les riches plus que chez les pauvres et interdire l’avion. Il faut taxer la viande , les SUV et les vastes villas de campagne.
            Je vous conseille de lire les propositions du shift project de JM Jancovici en ce qui concerne l’évolution du niveau de vie et de l’économie.

            1. @Hadrien Il faut surtout éviter toutes les migrations qui amènent de nouvelles populations dans les pays riches.
              Chaque migrant dans ce sens a un impact carbone considérable.

            2. @Hadrien Avec la modélisation précédente :

              PIB/e=(R+P) jp, avec PIB=Rr+Pp.
              PIB=(R+P) ejp, avec PIB=Rr+Pp.
              (R+P) ejp = Rr+Pp
              ejp = (Rr+Pp)/(R+P)
              jp = (Rr+Pp)/e(R+P)
              j = (Rr/p+P)/e(R+P)
              soit avec
              r/p= 20 40 000 / 2000 à voir à exprimer plutôt en bilan carbone
              R=1 P =9 pour e = 2
              j=(20+9)/2×10= 1,45
              il est donc possible d’améliorer très sensiblement les ressources (bilan carbone) allouées aux pauvres + 45 %
              mais pour les riches
              leur allocation résiduelle :
              jp/r = (R+P p/r)/e(R+P) = j x p/r = 1,45/20 = 7 %

              reste très inférieure au niveau de vie actuel y compris pour les pauvres !
              parmi les 10 % de riches !!

              Ça risque de coincer dur !

        2. Salut Hadrien,

          De mon point de vue, partir d’un gâteau (PIB) et faire des divisions ou des ratios, c’est prendre le problème à l’envers.

          D’abord partir de la base, des besoins basiques et naturels humains, (eau, nourriture, énergie, biens, infrastructures, services (éducation, soins, culture)) en rapport aux moyens et besoins de la production et reconstruire le « gâteau » en tenant compte du critère essentiel de la biosphère comme contrainte. Ce qui exclut de facto, le système capitaliste, les modes de vies prédateurs, les nationalismes de tous bords, les armées, les armes, les industries négatives, les productions accessoires et délétères, les doublons inutiles, etc etc, et ce qui implique obligatoirement pour espérer y parvenir avec une chance de succès (sans massacres généralisés) une entente mondiale totale de différentes strates de localité qui échangent dans un sens commun d’intérêts bien compris et un effort de chacun pour se mettre droit en conscience et dans son rapport à l’autre. De cela pourra peut-être naître une Humanité paradisiaque et apaisée (mais avec son lot de bêtises et de violences incompressibles individuellement parlant).

          Conclusion provisoire au 16/04/2022 : on va disparaître rapidement.

          1. Bien d’accord, je me croirais à la messe de Pâques.
            Dans une semaine, les électeurs choisiront le fascisme blanc ou le vrai fascisme brun.
            La gauche manque de pugnacité contre la pétain de poutine.

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            1. « Bien d’accord, je me croirais à la messe de Pâques. »

              Tu veux dire qu’on entend trop les cloches en ce moment pascal ? Je suis bien d’accord.

            2. « Communiqué OXFAM Publié: 5th novembre 2021 : « Les émissions de CO2 des 1 % les plus riches parties pour être 30 fois plus élevées en 2030 que le niveau requis pour limiter le réchauffement à 1,5 °C. L’empreinte carbone des 50 % les plus pauvres devrait rester bien inférieure à cette limite. »
              Idée de Piketty déjà citée : c’est « La libre circulation des capitaux » qui fait que les riches échappent à toute contribution juste à la collectivité.
              Je pense que nous ne savons pas assez ce que les Hyper-riches font à la planète et à la société. Et si nous n’avons pas les leviers là-dessus, nous n’arriverons à rien pour le climat, et rien qu’à frustrer les gens aux petits revenus. D’ailleurs je me méfie toujours des moyennes qui disent que nous sommes tous riches, que nous avons trop d’épargne, etc.
              Nous avons eu ici jadis (avec Paul) cette discussion à propos de la planification « pour sauver l’humanité ». En fait, il faut organiser le rationnement. Augmenter les prix, oui, mais avec un (des) « bon d’achat à prix de soutien » pour un voyage, pour une croisière, etc. et pour ce qui est utile collectivement. Plutôt qu’un revenu universel, un soutien à une consommation mesurée.
              Et encore des restrictions mesurées pour la classe moyenne (le percentile 60 à 90, on dit je crois).
              Le programme doit rester « des jours heureux collectivement » pour rendre la consommation plus dérisoire et alors rationnée sauf pour l’essentiel. (Je ne suis pas entré dans vos calculs en détail)

  8. « S’il songeait à passer à la trappe ses déclarations et ses engagements précédents nous saurions les lui rappeler dès la proclamation des résultats. » Je comprends votre raisonnement Régis, mais que comptez-vous faire si Macron ne fait même pas l’effort de faire ces déclarations ?

    1. Moi seul ? Rien.

      Mais nous tous, à condition d’accepter que l’effondrement nous contraindra à IMAGINER TRÈS TRÈS VITE CE QUI NE L’A JAMAIS ÉTÉ, nous pouvons envisager les organisations d’entraide nécessaires à des disettes prochaines qui menacent sévères dans des environnements de plus en plus hostiles .
      Il faut regarder autour de soi et aussi se rappeler certaines périodes historiques.
      Des humains, aujourd’hui vivent dans la misère et savent aller à l’essentiel.
      Des humains, naguère ont vécu des vies entières dans le plus absolu dénuement et ont trouvé des voies.
      Hélas nous n’avons été ni sages ni clairvoyants.

      Pendant que j’y suis :
      S’empailler sur le blog de PJ en échangeant des arguments désormais d’un autre âge parce qu’aux oubliettes de l’histoire ne nous conduira à rien.
      S’empailler en attendant la venue du messie qui nous assurera une vie pépère sans que nous ne fassions le moindre effort et la moindre concession est une perte de temps.

      Rien ne sera jamais plus comment avant.

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      1. Je n’ai pas posté ma première réponse au bon endroit (décidément…) :
        J’ai relu votre post, et je me rends compte que j’en avais mal compris la fin (désolé !) J’ai cru que vous exigiez certaines déclarations de la part de Macron afin de lui donner votre voix. Mais du coup je m’étonne : il a déjà passé à la trappe ses déclarations, il n’y a aucune ambiguïté. Les « déceptions violentes et les traquenards » ont lieu depuis qu’il est élu, les lois issues de la CCC en sont une preuve éclatante et nous savons bien que cela continuera sans cesse. Vous nous dites « qu’il faudra lui faire comprendre », NON ! ce qu’il faut c’est imposer un rapport de force. Je ne voterai pas au second tout car je pense qu’il va être élu, et je veux qu’il le soit le plus mal possible. Désolé si vous trouvez qu’échanger des arguments est de l’empaillage, sans doute avez-vous raison, mais pour ma part j’ai besoin de mettre à l’épreuve mon point de vue et de lire celui des autres

        1. La dénonciation de l’empaillage que vous pointez concernait la remarque de PJ sur le ton employé parfois.
          Pour le reste je pense que nous n’avons pas de désaccords profonds.
          Il est si difficile de se faire une opinion…

  9. Avec l’autorisation de M. Jorion voici un article de M. François Ruffin . (blog de M. Ruffin )

    La gauche est debout. Voilà la gloire de Jean-Luc Mélenchon, voilà la trace qu’il laissera : l’histoire continue, le fil n’est pas rompu. Mais comme il le disait dimanche : nous n’avons pas gagné, la pierre est retombée en bas du ravin, il faut désormais la remonter. En nous demandant comment, une prochaine fois, comment la mener au sommet ?

    Ruffin François
    Ruffin François

    Député de la Somme

    La gauche est debout. Voilà la gloire de Jean-Luc Mélenchon, voilà la trace qu’il laissera : l’histoire continue, le fil n’est pas rompu. Sans lui, sans nous, après les années Hollande, après sa créature Macron, la gauche pourrait être liquidée, enterrée. Elle ne l’est pas, loin de là. Elle ne l’est pas parce que, par trois fois, 2012, 2017, 2022, il a ramassé le drapeau en guenilles, et nous avec lui, nous derrière lui, par dizaines de milliers dans les marches, par millions avec un bulletin à son nom dans les urnes. Nous sommes vivants, ouf !

    C’est un soulagement. Et même, mieux : la gauche a retrouvé droit de cité dans les cités, mobilisant comme jamais. Les jeunes, des jeunes éveillés, réveillés, se sont tournés vers l’Union populaire. C’est une fierté, un immense travail accompli, avec vous qui avez tracté, collé, et surtout, surtout, causé, causé pour convaincre. C’est notre œuvre commune.

    Mais comme le disait Jean-Luc dimanche : nous n’avons pas gagné, la pierre est retombée en bas du ravin, et il faut désormais la remonter, en nous demandant comment, une prochaine fois, comment la mener au sommet. Quelle est la suite du chemin pour gagner demain, pour crever notre plafond de verre, pour devenir majoritaires. Et les résultats du week-end indiquent une voie claire : la France périphérique, la France des ronds-points et des Gilets jaunes, pour l’instant, ne vient pas à nous.

    Un peuple fracturé

    « Amiens, la ville natale du président, a placé Jean-Luc Mélenchon en tête avec 31,45% des voix. Dans ce bastion du député La France insoumise François Ruffin, Emmanuel Macron remporte 29,65% des voix. » BFM titre ça, et tous les médias pareils, à peu près. Je pourrais m’en flatter, mais je connais la vérité – qui me paraît empreinte de gravité.

    Le candidat LFI arrive en tête, notamment, et largement, dans les bureaux d’Amiens-Nord. En revanche, dans les campagnes, et les campagnes ouvrières, c’est la cata : à Flixecourt, par exemple, au centre de ma circonscription, au cœur de mon film Merci patron !, à Flixecourt, Marine Le Pen dépasse les 44%, et gagne 3 points comparé à 2017. Jean-Luc Mélenchon, lui, atteint les 15%, et en perd plus de 7.

    C’est un cas chimiquement pur, je crains : les métropoles votent plutôt pour nous, et surtout les quartiers populaires de ces métropoles. Mais dans les bourgs, dans les périphéries populaires, nous sommes loin, loin derrière.

    Un coup d’œil à une carte du pays suffit : pour LFI, une zone rouge autour de Paris, et les territoires d’Outre-Mer. Le bleu foncé de Le Pen sur tout le nord, le Pas-de-Calais, la Picardie, la Champagne, la Lorraine, 42 départements, des terres ouvrières. Des terres où le vote Mélenchon recule, dans les (anciens) bassins industriels.

    C’est, d’après Elabe, pour JLM, 24% en agglo parisienne (+8 points comparé à 2017). Mais c’est 14% dans les communes entre 20 000 et 100.000 habitants (-7 points). C’est 20%, 23%, 27% chez les ouvriers, selon les instituts, mais c’est 42%, 36% , 35% chez Marine Le Pen. C’est, pour IPSOS, 14% chez des non-diplômés, BEP, CAP, et 26% chez les au moins bac +3.

    Le constat est plus parlant, encore, avec l’analyse de « Cluster 17 » – qui a toujours placé Mélenchon assez haut. Chez les « révoltés », en gros les quartiers, JLM est à 79%. La même razzia, presque, chez les « multiculturalistes », féministes, antiracistes : 75%. A peine moins chez les « solidaires », syndiqués, petite fonction publique : 66%. Carton plein, dans tout ça. Les « progressistes », jeunesse diplômée, les urbains, se divisent, eux, entre un vote Macron (39%) et un vote Mélenchon (34%).

    En revanche, là où ça peine, c’est chez les « Réfractaires » (16%), les « Euro-sceptiques » (22%), les « Sociaux-patriotes » (14%). Trois groupes que Jean-Yves Dormagen, sociologue, initiateur de la méthode, décrit comme « de gauche économique, ayant longtemps voté à gauche ». Trois groupes où Marine Le Pen domine désormais largement (53%, 58%, 52%). Les « fâchés pas fachos » ne viennent pas chez nous, nous ne servons pas de paratonnerre à leur colère.

    A regarder ce tableau, on se dit que l’ « Union populaire » n’existe encore qu’à demi, fracturée. Un gros bout, un énorme bout, nous manque, pour qu’il y ait vraiment « Union ». Pour faire ce bloc historique, ce bloc populaire, majoritaire, qui fera basculer le pays, qui pourra bousculer les nantis.

    Quel chemin demain ?

    Cette « mauvaise nouvelle » (mais qui n’est pas neuve) attristera peut-être. Je la regarde, moi, comme une bonne nouvelle : elle ouvre la suite du chemin. Elle nous dit quoi faire, quoi tenter du moins, où jeter nos efforts. Et je vois, dans cette élection présidentielle, une autre bonne nouvelle : quand nous voulons, nous pouvons.

    La France insoumise a voulu l’emporter dans les Outre-Mer, Jean-Luc Mélenchon a mené cette bataille : nous avons gagné. La France insoumise a voulu l’emporter dans les quartiers populaires, Jean-Luc Mélenchon a mené cette bataille : nous avons gagné. La France insoumise a voulu l’emporter dans la jeunesse écolo, Jean-Luc Mélenchon a mené cette bataille : nous avons gagné.

    Ce scrutin, c’est la formidable démonstration d’une volonté, de la volonté d’un homme, de la volonté d’un groupe : nous pouvons faire l’Histoire, un peu au moins.

    Camarades Insoumis, militants de l’Union populaire, citoyens de gauche, nous pourrions choisir de nous replier sur nos bastions, l’Île-de-France, la banlieue rouge, les métropoles – qui devraient, logiquement, pousser à l’Assemblée un quota de députés.

    Nous pourrions simplement renforcer nos places fortes, avec, derrière, sinon une rente politique, du moins une zone de confort.

    J’espère autre chose, bien sûr, que nous avancerons plus loin, ailleurs, sur des routes escarpées, des terrains plus hostiles. Que nous partirons à la reconquête des périphéries aphones, de la France des Gilets jaunes, qui se tournent très largement vers l’extrême droite. Ce sera beaucoup d’inconfort, de l’incertitude, des tensions : comment gagner les uns sans perdre les autres ? Mais c’est notre seule chance, je crois, de renverser la table, d’allier le bas, tout le bas, contre le haut, les gens, les gens dans leurs différences, les gens même dans leurs contradictions, contre les puissants de l’argent.

    Que nous soyons forts, partout, confiants dans notre force, conscients de notre force, sûr de représenter le pays, tout le pays, et que ça change pour les caristes, qu’ils s’appellent Mohamed ou Gérard, pour les auxiliaires de vies, qu’elles s’appellent Aline ou Hayat, que ça change, surtout, pour les enfants de Mohamed, Gérard, Aline et Hayat.

    Tenir les deux bouts

    Voilà le choix devant nous.

    Personnellement, j’ai déjà choisi, et depuis longtemps.

    Pourquoi ai-je lancé Fakir, il y a 23 ans, en Picardie ? Parce qu’à l’époque, j’assistais dans ma ville à des délocalisations en série, parce qu’à l’époque, un Premier ministre socialiste n’osait plus prononcer le mot « ouvrier », parce que je voyais les gens de chez moi, de mon coin, crier leur colère avec Le Pen père.

    Pourquoi je fais des articles sur le camping, des discours sur les clubs de foot, des films sur les auxiliaires de vie ? Pour donner à voir cette France-là, dans sa lumière aussi, pour la représenter.

    Pourquoi je me suis engagé, quelle est ma ligne ? C’est d’être « l’anti-Terra Nova », ce think-tank « progressiste » qui en 2011 recommandait une « stratégie centrale “France de demain”, une stratégie centrée sur les valeurs », avec « 1. Les diplômés. 2. Les jeunes. 3. Les minorités ». Tandis que les ouvriers seraient abandonnés au Front national : « Le FN se pose en parti des classes populaires, et il sera difficile à contrer. » Inutile même d’essayer…

    Nous devons essayer, encore.

    Nous devons essayer, toujours.

    C’est ma raison d’être, en politique du moins : tenir les deux bouts, les recoller, qu’aucun morceau de la France populaire ne soit oublié.

    Ce fut ma raison d’être, durant la présidentielle, à ma mesure : ne pas négliger les banlieues, avec des meetings à Evry, à Choisy, aux Lilas, mais aussi, faire campagne à la campagne, dans une France plus reculée, à Carbonne, Aurillac, à Saint-Calais, Aubenas, etc. Et dire partout, dire aux uns, aux autres, que ce divorce doit cesser, dire à la Sarthe que « le premier désert médical de France, c’est la Seine-Saint-Denis », qu’ils ont les mêmes intérêts.

    Ce sera ma raison d’être, à nouveau, durant ces législatives, dans les 84 communes de ma circonscription : faire l’union populaire des quartiers nord d’Amiens aux communes du Val-de-Nièvre, arracher pour de bon les « fâchés pas fachos », nettoyer « la couche ed’brin » et retrouver le fond rouge dessous.

    Ce sera notre raison d’être, je le souhaite, une fois les larmes séchées, les plaies pansées, pas juste pour ici, pour tout le pays.

    Et c’est comme ça, j’en suis convaincu, la chance existe, c’est comme ça qu’à la fin, c’est nous qu’on va gagner !

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    1. @ khanard
      Très beau texte de François Ruffin et surtout très bonne analyse, merci de l’avoir mis en ligne.
      Le gros handicap vient du fait que des personnes comme Ruffin sont étouffés médiatiquement, leurs discours sont noyés dans la propagande en faveur du système actuel représenté par Macron et parallèlement par l’appel à l’exclusion ciblée contre  » l’étranger » propagé par les Le Pen et Zemmour.
      Y a du boulot !

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      1. La situation de JLM me rappelle celle de Moïse aux portes de la Terre Promise après 40 ans dans le désert.

        Lui JLM n’y entrera pas, en terre promise, mais il a évité au troupeau d’écouter les sirènes de Terra Nova, le veau d’or de la politique bobo post-vallso-hollandaise, qui lorgnera sur Macron comme un succès pour le restant de ses jours.

        Les axes de la lutte à mener, tels que les analyse très bien l’ami Ruffin, sont maintenant au fond plus net encore que si JLM avait été au second tour.
        Car nous sentons la réalité de l’entourloupe RN, qui définit bien, fût-ce en creux, là où il faut porter l’effort.

        Cela passe par un arraisonnement des excès capitalistes (en attendant plus) là où ils deviennent diffus et multiples, et se sont installés dans le vide des précédentes références (Eribon l’explique en long, même en large et en travers, à vrai dire), de type syndicat, etc.

        En menant au moins quelques actions ciblées (comme à Flixecourt), on pourrait observer empiriquement et analyser les résultats parmi des angles d’attaques (activité industrielle, service public, questions « urbaines » du type « sécurité » à reformuler, montre l’imposture qu’est l’accusation de séparatisme à tire-larigot, etc.) , en agissant dans des circonscriptions des législatives ciblées, , et en comparant aux présidentielles… gros taf…

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      1. « I ‘m so tired » : La fatigue est une mauvaise réponse. (J’aime bien les Beatles).
        Vous ne savez pas où situer votre combattivité ! citoyenne, républicaine, laïque, tolérante, etc. Elle se situera bientôt aux meetings, aux rond-points…
        Il faut se dire qu’on doit participer par principe, puis on est fier d’être là, d’avoir amené sa famille et ses amis. faisant effet boule de neige.
        S’ébrouer, sortir de ses ornières.

    2. J’allais l’insérer aussi et prévenir Paul Jorion. Bravo.
      Je trouve que cela vaudrait un billet.
      Je trouve qu’il ne faut plus parler de JLM, de Roussel, de Jadot, mais trouver des manières de rassembler quartier par quartier, comme il a dit, notamment en vue des élections parlementaires, et des combats à venir. Il faut laisser les sujets qui fâchent, qui clivent, et que les médias vont mettre en avant. Eolienne ou nucléaire, Europe ou non, Poutine ou pas Poutine ne sont pas les enjeux dès aujourd’hui : c’est contraindre le pouvoir du président futur (je le laisse au masculin).
      Un programme rouge-vert contre un programme bleu-brun.
      C’est : améliorer la situation des gagne petits, faire financer la transition par les plus riches.
      Etc…

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  10. L’énoncé du problème , en terme politique , dans le laps de temps imparti ( 5 ans ) , pour qui que ce soit, ce sera :

    1- https://www.pauljorion.com/blog/2022/04/13/mais-de-quelle-guerre-defensive-contre-lotan-parlent-ils-par-yorgos-mitralias/#comment-898778

    2- https://www.pauljorion.com/blog/2022/04/13/video-aux-abstentionnistes-de-second-tour/comment-page-1/#comment-898764

    Il est énorme , et jamais peut être dans l’histoire du pays sinon de la planète , il n’a été aussi grave ,complexe , multifactoriel .

    Ce qui condamne à des remises en question idéologiques fortes , un chef de l’état quel qu’il soit, et même les partis , acteurs sociaux et forces associatives . Pour avoir une chance de vraiment servir le pays , il faudra savoir répartir les efforts ( accrus ) de façon équitables et savoir négocier avec sincérité et engagement , aussi bien au sein des acteurs et forces nationaux , qu’avec nos partenaires internationaux .

    Tout en gardant en ligne de mire la paix mondiale dans de nouveaux rapports .

    C’est dire si tout ça ne pourra se donner une chance de réussite qu’en partage de responsabilités et de confiance , assez loin de la pratique habituelle française du pouvoir gaullien , mais avec un Etat ensemblier ( sinon Providence) transparent .

    1. Au delà des  » animations  » habituelles qui reconstitueront les cases institutionnelles , on saura quelle direction et ligne de confiance on prend quand on aura la première proposition de Loi de Finance .

    2. Juannessy,
      je comprends plus ou moins votre logique, mais vous prétendez dire ce que doit faire de son pouvoir un président « bleu clair – brun ». Or il fera tout sauf ce qu’il dit qu’il va faire, comme depuis 5 ans. Il est destructeur. Il faut bâtir un contrepouvoir à partir de préoccupation citoyennes, concrètes. Seul enjeu, non ?

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      1. Bien sur qu’il faut des contre pouvoirs , mais si pouvoir et contre pouvoir n’ont pas conscience de la situation et des enjeux réels , notre sort se traitera ailleurs que chez nous , comme c’est déjà un peu le cas, et quels que soient nos jeux politiques rhétoriques , ou didactiques , mais certainement pas logiques.

        Que nous servent un pouvoir et un contre pouvoir s’ils se disputent sur des données mal nommées et sur ou sous estimées , et qu’ils continuent à nous jouer une variante des  » plaideurs » , là où l’on est dans la tragédie grecque et l’interrogation essentielle de la démocratie ?

        Et nous , nous ne pouvons plus être de simples spectateurs . Nous « sommes  » la pièce qui pose les données dans un monde qui en est le décor .

        C’est pour ça que les « systèmes » qui prétendent au pouvoir ou au contre pouvoir , doivent répondre à ces « données » de façon cohérente et crédible ( le propre d’un système) pour au moins s’opposer utilement pour servir la pièce et les peuples qui la jouent .

        En l’état , chez nous ( cf mon évocation des trois forces et trois systèmes censés les définir ), via les items qui m’ont paru composer a minima la réponse systémique utile rapidement , il n’y a rien qui tienne la route ( ce qui explique sans doute les trois tiers équivalents ) .

        Côté gauche , les dernières conditions léonines mises par JLM ( LFI ?) à un « front commun » aux prochaines législatives , me paraissent de nature à bloquer tous progrès pour mieux régler le « système gauche » pour rassembler les forces de gauche d’une part , et entrainer une majorité de français d’autre part .

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        1. @Chabian :

          Par contre , vous avez raison , la situation réelle interroge le rôle et la place du Président de la République ( et sa place dans une mécanique européenne à repenser ) , la nature du premier ministre , le rééquilibrage parlementaire , la part de participation citoyenne et associative , les compétences décentralisées et celles qui ne le sont pas .

          Mais ça ne peut se faire sur un coup de baguette magique , et on aurait tort de se contenter de s’attacher à la forme ( qui sera toujours polémique) sculptée dans la pierre , là où ce sont les contenus et les souplesses en confiance qui peuvent trouver les bonnes solutions à la seule bonne question à résoudre : Servir et s’adapter à la marche du monde .

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  11. Chères toutes, chers tous,
    Ouais oauis,
    En fait la physique nous dit qu’il y aura moins de tout.

    Et c’est pas glamour le moins de tout.

    L’arbitrage actuel pour parfraser Ruffin : « A la fin c’est les riches qui gagnent ».

    Et oui c’est les deux premiers déciles qui prennent le plus de tout et après c’est toujours toujours moins.

    Faire glisser une cohorte mondiale vers le moins, et bien il faut un P…. de récit.

    Quelqu’un à le 06 de Dieu.

    Bises à toutes et tous, je vous aime.

    1
  12. Je signale une bonne page sur les sondages des présidentielles sur Wiki, avec un suivi sur les reports de voix des électeurs des candidats éliminés (en bas de page).
    La droite allait peut être se reporter sur Le Pen à 50/50 ! Mais elle s’est ressaisie. Cela explique sans doute la sortie de Sarkozy.
    (Au même moment JLM interroge ses soutiens comme promis, sans que cela doive faire consigne, dit-il.)
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_sondages_sur_l%27%C3%A9lection_pr%C3%A9sidentielle_fran%C3%A7aise_de_2022

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