L’anonymisation des données pour protéger clients et citoyens est un leurre !, par Jean-Baptiste Auxiètre

Avec l’arrivée du Big Data, l’anonymisation des données est devenue illusoire.

Aujourd’hui pour chaque client ou individu lié à un système informatique on récupère une multitude de données, souvent plusieurs dizaines, voire plusieurs milliers. L’anonymisation des données n’était pas illusoire tant que le nombre de ces données était faible, mais aujourd’hui les fichiers produits permettent souvent de détecter le métier, le montant des revenus, les goûts détaillés des clients, des données relatives à leur santé, etc.

Il est facile de calculer par exemple combien de données à choix oui/non permettent de déterminer l’identité d’un Français parmi les 67,4 millions. Ainsi, 226 = 67.108.864. Il suffit donc de 26 questions à choix oui/non pour potentiellement déterminer qui est le répondant. Or la majorité des données récupérées sont bien plus qualitatives et quantitatives qu’un simple choix oui/non, ayant souvent de 10 à 100 valeurs possibles. Or 1004 = 100 millions, ce qui fait qu’en 4 questions seulement il est alors potentiellement possible de déterminer l’identité de la personne !

Dans le domaine médical, par exemple, dans le cadre du Big Data, le nombre de données récupérées par individu rend impossible toute protection de l’anonymat. Les compagnies d’assurance pourraient très aisément faire des recoupements à partir de données prétendument anonymes, calculant votre risque spécifique, ce qui irait à l’encontre du principe de mutualisation des risques qui est la justification au plan théorique de la compagnie d’assurance.

Un élément a totalement échappé à nos décideurs : anonymiser les données, tout en autorisant par ailleurs d’enregistrer la « description détaillée » d’une personne, permet d’identifier aisément cet individu. Il aurait fallu limiter de manière draconienne à une poignée seulement par individu le nombre de données pouvant être conservées dans un système d’information.

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64 réflexions sur « L’anonymisation des données pour protéger clients et citoyens est un leurre !, par Jean-Baptiste Auxiètre »

  1. Comment ne pas deviner, que loin de la voie démocratique, la capacité de relier l’ensemble des individus vià des échanges numérisés ne favoriserait pas in fine le contrôle absolu ?
    La liberté ce n’est pas l’affaissement des clôtures, l’écroulement des murs, c’est une solidarité tournée vers l’apprentissage de la vie et de ses conjectures, c’est l’apprentissage de la conquête de son autonomie autour de valeurs qui assurent le renouvellement des chances de profiter de la vie.

  2. J’avais lu un article que je ne retrouve plus sur cet exemple :

    Il y a sur votre téléphone portable, des accéléromètres, petits capteurs qui analyse les déplacements du téléphone dans les 3 dimensions, dont les données servent à des jeux, ou encore au stabilisateur d’image de l’apareil photo.

    La sensibilité est telle que le stabilisateur est capable de compenser les battements de votre coeur.

    Partant de là, pas très compliqué de constituer une  » signature accéléromètre  » qui va stocker les données de base de votre rythme cardiaque, du pas de votre marche, et permettre de vous retrouver en un clin d’oeil de data Center….même si vous changez de téléphone .

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  3. allez j’ouvre le ban ! j’ai découvert cette interview de M. Aldous Huxley par Mike Wallace .

    On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas.

  4. Ce que vous exprimez là est probablement vrai mais il est une chose qui est infiniment plus puissante que toute IA , big data et tutti quanti ! Vous ne voyez pas ? Oh c’est simple laissez votre téléphone portable éteint ! Emportez le avec vous mais éteint . Oui j’entends déjà certains dire que même éteint un portable dialogue , c’est pas faux mais bon sang reprenons le contrôle de nos vies !

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    1. Une des utilités du téléphone portable, c’est d’être « toujours joignable », ce qui est évident pour le professionnel, et sert aussi à rassurer les anxieux qui pensent à vous et disent « je t’ai appelé, tu n’as pas répondu, j’ai eu très peur, etc. » En Israel dès le début du réseau mobile, il y avait un abonnement spécial dont le titulaire ne pouvait appeler qu’une petite liste de numéros, et être appelé. Souscrit par les parents qui voulaient savoir si leur enfant était toujours vivant. Sauf erreur, cet abonnement existe dans pas mal de pays. Certes, on s’est passé de ce genre de service pendant des siècles.

      Les Amish, qui n’ont pas le téléphone à la maison (c’est un moyen de se parler sans être vu, or quand deux personnes se rencontrent, elles ne doivent pas se cacher ; le téléphone est donc dans une cabine au bout du jardin, où on se rend pour téléphoner, ou pour attendre un appel à l’heure du rendez-vous prévu) ont admis le téléphone portable pour ceux dont le métier le nécessite (médecin, plombier …). Au retour à la maison, le téléphone mobile est placé dans la cabine au bout du jardin, à côté du téléphone fixe.

      Faisons comme les Amish, qui refusent tous les jouets technologiques en dehors de leur usage indispensable.

      1. j’avoue ne pas comprendre cette évolution du comportement qui consiste à falloir être obligés d’être joignable en permanence . Il y a là une évolution qui doit cacher quelque chose de malsain ;

        1. … quelque chose de malsain…

          Être joignable en permanence, c’est en effet une plaie parce qu’il y a des gens qui vous appellent à tout bout de champ pour un oui pour un non. Mais pouvoir joindre les autres aussitôt que la nécessité s’en fait sentir, quel gain d’efficacité !

          Mais la solution est là : le « numéro privé », comme l’ont bien compris les administrations. Ou bien masquez votre appel : « composez simplement le #31# avant le numéro de votre correspondant. Grâce à cette démarche, votre interlocuteur ne peut pas voir votre numéro, vous passez un appel masqué. »

          Emmerder les autres, sans qu’ils puissent vous emmerder en retour : la recette moderne de la félicité !

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          1. jusque dans les relations humaines il faudrait qu’il y ait efficacité ?? C’est un mantra du capitalisme : efficacité, productivité .
            A l’heure où la société est empreinte d’un individualisme prôné par le capitalisme il faudrait une efficacité dans les relations ?
            Alors qu’il faudrait une cohésion interhumaine , un sens commun qui manque dans nos choix électoraux on continue à nous faire passer dans un isoloir pour voter . J’y vois là une aberration. S’isoler alors qu’on cherche à créer du lien .

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            1. Je peux me moquer de vous de la manière la plus éhontée qui soit (comme dans ce commentaire qui m’a fait beaucoup rire en l’écrivant), il y aura toujours l’un ou l’autre d’entre vous pour tomber dans le panneau ! Vous êtes trop !

              Piqûre de rappel : « Le temps qu’il fait le 1er avril 2011 ».

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              1. votre espièglerie me surprendra toujours ! A ce stade j’ai deux solutions : soit je me vexe pour être tombé dans le panneau ( je n’ai pas encore déterminé lequel ) soit je passe outre en ravalant mon amour propre .
                La moquerie est un privilège que peu savent utiliser à bon escient.

                1. Écoutez, ma conclusion « Emmerder les autres, sans qu’ils puissent vous emmerder en retour : la recette moderne de la félicité ! », aurait quand même pu vous mettre la puce à l’oreille ».

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                  1. j’avais donc bien saisi votre commentaire sauf que je ne sais pas qui mettre dans la catégorie des « emmerdeurs » et qui dans celle des « emmerdés ». Les « emmerdés » pouvant devenir des « emmerdeurs » . Ceci est le premier point. Ensuite si la félicité ne tient qu’au statut « d’emmerdeur » alors pour moi ce n’est pas de la félicité mais plutôt du vice .
                    Tout ceci dit vous êtes peut être en train de vous moquer de moi en induisant ce commentaire que je donne . Qui sait ?

                    fraternellement .

                    1. La laîcité donne une recette ancienne de la félicité: tu ne m’emmerdes pas avec ta religion, je ne t’emmerde pas avec mon athéisme.

          2. le #31# c’est parfois l’inverse !
            https://www.commentcamarche.net/mobile/operateurs-forfaits/591-appeler-en-numero-masque-inconnu/

            Les gens qui ont une pratique intense du téléphone portable (et même fixe) n’acceptent pas les numéros masqués et sont en fait injoignables.

            Hors commerciaux la pratique courante consiste à laisser le répondeur en service.
            ce qui fait que l’accès imédiat n’est pas possible et le mobile inutile !
            (il est possible depuis très longtemps d’avoir un service de répondeur sur un fixe).

          3. C’est même vrai pour l’email, à la base du début de généralisation d’Internet.
            Quel n’est pas le prestataire, ou même le service public qui maintenant ne cherche pas à obtenir un email de vous ?

            Alors que si vous cherchez bien sur tous ces sites officiels ou commerciaux il sont très nombreux à ne fournir aucun email !

        2. N’est ce pas là une manière de se sentir exister comme pour les amis Facebookiens, ou le nombre de pouces levés à un commentaire ? 😁

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  5. Si on redoute d’être suivi à la trace par le Big Data, d’être épié dans ses moindres faits et gestes à cause d’un smartphone, c’est simple, il suffit de ne pas en avoir. La liberté consiste à se détacher de ces boulets qui, sous prétexte de nous rendre service, nous enchaînent à leur nécessité et vont jusqu’à nous rendre dépendant de leur contrôle.
    L’addiction aux nouvelles technologies, comme à toute autre d’ailleurs, est une servitude en contradiction avec la liberté.

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      1. Et faire de nécessité, vertu. Mais c’est cher payé quand même…

        (Y’a pas un petit temps partiel à dégoter à la modération histoire de freiner les ardeurs du CloClo ?!)

        1. Tu veux encore être payé en pourboire, à t’occuper du pilier de comptoir ? C’est pas possible c’est une manie chez toi, que dis-je un destin !

              1. Ok, merci pour la ristourne sur les billets.

                Mais même si c’est loin, la dualité onde-corpuscule, c’est du deug 1 ou 2 de philo en épistémo et en philo des sciences. Tu comptais m’éclairer sur quoi par cette expérience cruciale mon chat ?

                (Parce qu’à partir d’une certaine heure, mes fléchettes elles font exactement la même chose…)

    1. @Defrance Pierre « il suffit de ne pas en avoir. »
      C’est quand même difficile maintenant de passer un appel loin de chez soi en l’absence de cabines publiques.

      C’est moins facile (est-ce possible ?) de valider une double authentification, parfois exigée (de plus en plus).

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  6. Il y a une évolution certaine liée aux possibilités permises par l’évolution de la technologie. Mais l’évolution réelle n’est que le résultat de choix politiques conscients ou inconscients.

    La CNIL a été créée il y a bien longtemps à un moment où l’on prenait conscience des risques inhérents à une interconnection de données accrue, rendue possible par l’informatique naissante.
    Les limitations exprimées à l’époque pour des raisons justifiées seraient-elles devenues caduques parce que la technologie est devenue plus pervasive ?

    L’évolution n’est pas décrétée d’un coup mais le résultat de multiples petits pas dont le rapprochement ne peut être évité, dénié ou rendu non significatif qu’en le qualifiant de conspirationisme.

    La banalisation progressive de la transmission TV par l’ADSL ou la fibre pour savoir qui regarde quoi et quand, et les postes reliés à Internet.

    La suppression des cabines téléphoniques en France à l’initiative de Hollande et l’acceptation du Sénat.

    La généralisation des accès aux guichets, spectacles, expositions, examens, médecins sur rendez-vous nécessitant une saisie informatique préalable !

    La suppression du ticket de métro ne permettant de tracer que l’utilisation successive de plusieurs autobus par un badge cumulant tous les trajets, acceptée en région Ile de France par Valérie Pécresse.

    La suppression de la délivrance obligatoire d’un ticket de caisse (sous le fallacieux prétexte d’écologie) pour le remplacer par l’envoi sur un email qui a de grande chance d’être lu sur un téléphone portable individuel géolocalisé de plus en plus lié aux offres promotionelles des fichiers clients (fidélité) ôtant tout anonymat aux achats.

    Le double identification de l’accès au comptes et services permettant de relier ces accès aux numéros de mobile et à la géolocalisation ainsi qu’aux fadettes !

    La création imposée d’un dossier médical où l’opt-in est implicite et l’opt-out nécessite une action volontaire (Nudge).

    La réussite des programmes Gazpar et Linky (Nudge très fort).

    La prochaine introduction de documents d’identité sur une application portable.

    Les paiements par portables ou sans contact.

    Les transferts par virement immédiats de portable à portable.
    Les sites de cagnotte.

    La banalisation des QR codes reliés à des bases de données accessibles par Internet.


    à compléter

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    1. La technologie est essentiellement nocive par l’usage que l’on en a. Mais la propagande consumériste et technologiste s’appuie sur notre mal-être humain pour nous faire croire que les objets technologiques pourront nous consoler.
      Il y a aussi une constante universelle du vivant a toujours s’orienter vers le moindre coût énergétique. C’est à la base, uniquement un critère de survie. Mais quand la survie organique n’est plus menacer, quelle raison pour poursuivre cette réduction du coût énergétique ? Et l’homme inventa le « progrès ».
      Il nous a fallu quelques sciècles pour comprendre que le « progrès » était aussi source de destructions et il a fallu ce siècle dernier pour prendre conscience que ce que nous prenions pour une réduction du coût énergétique, n’était en fait que le pillage des autres ressources énergétiques. Nous avons fait notre « grandeur » sur la destruction de notre biotop. Notre croyance dans le progrès et la fascination que nous procure la puissance de nos outils, nous aveuglent complètement au point de ne plus avoir la volonté de freiner notre course à la destruction.
      Si l’on comparait l’humanité à un processus de combution, nous sommes passés des étincelles des feux de bois d’il y a 100 000 ans à une sorte de combustion permanente, exponentielle et, semble-t-il, irréversible de tout ce qui peut se consummer sur la planète. Un peu comme un processus thermonucléaire au coeur d’une étoile qui ne prendra fin que lorsqu’il aura consommé tout son combustible.
      Il y a là, semble-t-il, comme une connerie de la nature qui nous a affublé d’une « intelligence » à forte capacité évolutive et disproportionnée, vis à vis de notre conscience qui n’a finalement que peut évolué depuis que nous avons commencé à enterrer nos morts.

  7. Il y a une erreur de raisonnement: si n informations sont propres à un seul individu, elles ne l’identifient pas.
    Exemple, si vous connaissez ma taille, mon poids, mon taux de cholestérol, mon sexe, mon âge, ma tension et d’autres paramètres, vous ne connaitrez pas mon nom.

    1. Mais si je connais votre taille, votre poids, votre taux de cholestérol, votre sexe, votre âge et votre tension, je n’ai plus besoin de connaître votre nom.
      Le simple fait de surfer sur le net, de façon tout à fait anonyme, laisse une signature qui permet de vous retracer, car nous avons nos habitudes, visitons régulièrement les même sites, souvent dans le même ordre, il n’en faut pas plus pour vous identifier

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      1. tout à fait d’accord avec vous . ce n’est pas l’identité des personnes qui est nécessaire mais leurs habitudes de vie . N’oublions pas que pour le capitalisme nous ne sommes que des parts de marché, du temps de cerveau disponible .

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        1. Tout à fait, ça s’appelle du profilage. L’objectif n’est pas de vous identifier en tant que individu dont on n’a rien à faire, mais de votre profil de consommateur, y compris de consommateur d’ internet et de « contenus » tant culturel, que politique, que psychologique, qu’orientation sexuelle, que hobbies, voire que travers sociaux. Votre réseau social et votre moteur de recherche préférés en savent plus sur vous que vous même. 😆

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          1. Oui mais est ce que c’est vraiment efficace? P. Guillemant dans une vidéo dit avoir travaillé sur un ciblage « aléatoire » avec un feedback me demandez pas comment mais le gars a quand même des états de services qui semblent sérieux en IA avant de virer « Newage ». Il m’a semblé comprendre que l’idée est de cibler les comportement qui justement sortent de la routine, par exemple vous avez jamais fait de tricot et d’un coup l’envie vous prend et comme par hasard paf! une pub pour des aiguilles quand vous ouvrez votre navigateur, succès garanti, petite chance que ça arrive pour le publicitaire par contre énorme taux de concrétisation quand ça matche. En plus votre pub n’est pas noyée dans la concurrence et interpelle les gens car elle sort de l’ordinaire voire crée un nouveau désir et une pulsion d’achat (d’ou le feed back ?)

            1. @Dup Le contre-ciblage, ou au moins une minorité de propositions aléatoires non corrélées, mais peut-être populaires par ailleurs est semble-t-il ce que pratique l’algorithme de Youtube pour vous garder le plus longtemps possible sur le site (en variant de sujet) et en permettant également par feedback de caractériser vos (cookies, navigateur, OS, IP) centres d’intérêts.

        1. @Ar c’hazh du Le VPN comme TOR ne protège que votre IP et seulement pour le site que vous visitez. Il ne change pas votre OS, votre navigateur, vos cookies y compris les cookies tiers (fb, google, Youtube …) et en cas de ciblage plus précis que dans la mesure ou vos transactions ne sont pas mémorisées (volontairement, involontairement ou réglementairement), et de la confiance que vous en avez.

    2. oui et non , tout dépend comment vous donnez ces informations . Je dirai que si c’est une transmission « analogique » -parole, écrit- il y a peu de probabilités pour que l’on sache à qui appartiennent ces données, sauf si le récepteur vous connaît. Par contre dès que la transmission est « numérique » là cela devient beaucoup plus aléatoire .

    3. Mais qui sommes nous ? That is the question my dear !

      Si je connais toutes les informations concernant, ton âge, ta taille, ton sexe, tes dents, et toutes les micros physiologies te concernant et ton visage et ton ADN qu’importe ton nom, non ?

      Et comme Dupond ou t je dirais même plus , qu’est ce que connaître ?

      1. C’est augmenter la contribution au PIB de ceux qui connaissent.

        C’est la forme qu’a pris ce qui dans la longue durée, pour bien des vertébrés en général — et donc pour des primates en particulier — faisait coïncider assez grossièrement la recherche du bien-être et la survie au sens darwinien (descendance plus nombreuse qu’une espèce compétitive, mais pas au point de trop déséquilibrer une espèce symbiotique ou conviviale).
        Le poulpe « sait que » (ou l’écureuil « se rappelle que ») à sa façon. Il à un cerveau qui gère la connaissance.

        Nous avons forgé un équivalent universel du bien-être, –l’argent — faute d’avoir su garder au chaud les autres choses dont les morceaux d’humanité avaient hérité localement (la pléonexie, l’insoumission aux chefs, chez divers amérindiens par exemple suivant Graeber).

        Il est urgent de connaitre « à nouveaux frais » comme dit –ironiquement– l’expression philosophique, pour dire ici « en se débarrassant de la référence à l’argent, dans ce qu’il entraine de subordination (par l’intérêt qu’il doit produire notamment), et de mauvais choix d’affectation (« plus de banquises, moins de banques »).

    4. Croire qu’un gouvernement, une organisation, une société ou une entreprise ne vous retrouverait pas si elle n’a pas votre nom directement est d’une naïveté extraordinaire, si vous croyez que les Allemands se sont préoccupés du noms des juifs plus du fait qu’ils soient juifs vous êtes naïf ou plutôt probablement vous feignez de ne pas comprendre le réel problème!

      1. Pas plus que les amis de Mélenchon et de Le Pen ne se préoccupent du nom des Ukrainiens qu’ils massacrent. Ce n’est pas le sujet.Le réel problème est là: la démocratie.

        1. Et les amis de Macron vous nous faite la liste des êtres humains qu’ils massacrent? Vous faites un sacré démocrate avec vos raccourcis fallacieux… Comment voulez vous avoir la moindre crédibilité?

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          1. Vous dupez et vous vous dupez en camouflant les massacres des uns que vous êtes prêt à accepter par ceux des autres que vous haïssez.

  8. C’est pas directement le sujet du billet, mais c’en est une conséquence, ou encore l’autre mâchoire de la pince qui nous saisit.
    Cet article porte sur le pouvoir des Réseaux sociaux à maitriser le récit de la (des) guerre(s) et à interdire les contre-récits. C’est dans cet article que j’ai entendu parler des recherches de Scott Ritter, censurées par FB. (On trouve cet article en français sur LegrandSoir.info).
    https://chrishedges.substack.com/p/american-commissars?s=r&utm_campaign=post&utm_medium=web

    1. Je sais, on voudrait tous que la liberté d’expression soit disponible partout gratuitement et massivement, sur les réseaux sociaux, remarque elle l’est, vu que tu trouves toujours quelque part ce que tu cherches, et d’ailleurs à ce sujet que penser des contre-récits sur la Shoa par exemple Chabian ?

      Vrai ou faux les récits doivent-ils être donc mis sur un pied d’égalité partout et pour tout le monde en étant disponible au moindre clic ?

      Mais pour la censure, disons que c’est comme juste comme dans la rue, encore qu’aux USA si, on ne voit pas trop les gens s’afficher avec des croix gammées ou hurler mort à untel, juste faut pousser plus de portes pour y accéder, est-ce un mal ?

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      1. « Vrai ou faux les récits doivent-ils être donc mis sur un pied d’égalité partout et pour tout le monde en étant disponible au moindre clic ? »
        Dilemme de l’autocrate, assurément. Cloclo, tu quoque filii ?
        Je vous recommande l’article de Florence Aubenas que j’ai mis en bout d’un fil précédent (sur Ruffin je crois). Elle dit : les gens (du peuple) se sont senti tellement reniés par la mafia des médias, inexistants (en plus de « les sans-dents, je vous emmerde, etc.) que la parole libre des réseaux les a libérés. Et donc le rôle de « pied d’inégalité » (gage de sérieux, hiérarchisation de l’info, etc) des journaux est devenu intenable.

        1. « Dilemme de l’autocrate, assurément. Cloclo, tu quoque filii ? »

          Comprends pas ta remarque avec ce que j’ai écris, et mettre du latin n’éclaire en rien.

          Soyons bien clair, tu es pour la liberté d’expression totale et sans aucune limite ?

        2. @Chabian Les réseaux sociaux issus d’Internet sont structurés comme amplificateurs d’opinion (? PCR) et leur succès a été vanté il y a plus de 10 ans comme facteurs salués et (? favorisés) dans l’éclosion du printemps arabe en 2011 pour destabiliser des régimes en place.

          Lorsque ce succès se révèle aussi dans nos sociétés occidentales où le complexe médiatique plus prégnant ou développé pouvait en masquer encore l’impact, les réseaux sociaux commencent à être vilipendés ou à ŝubir des tentatives de contrôles analogues à ceux critiqués précédemment dans des sociétés plus conscientes de leur instabilité, sous de bienveillants prétextes.

          Twitter (à fort impact sur le monde journalistique) ou Facebook (initialement interne aux universités d’élite) sont par la liberté d’écriture et la diffusion comparables aux dazibao de 1968 qui ont pu avoir cours au nom de la liberté d’expression pendant la flambée « révolutionnaire » mais ont vite été réprimés pour que tout rentre dans l’ordre.

          Il n’y a pas de tableau d’affichage public libre dans nos sociétés.

          1. Béh dis donc Ruiz tu es allé lire un peu l’article sur le Dazibao de wiki ?

            Dis on n’est pas sur « Tripadvisor » ou « Google avis »là, mais plus sur « je suis partout ». Non ?

            Tu ne fais pas la différence entre tout ça ? Et surtout sur l’utilisation à dessein de ce genre de chose lorsque cela dépasse le niveau de lecture dans la rue ou du café du commerce ?

  9. S’il n’y a plus d’anonymat , est ce qu’il n’y a plus de société anonyme ( et plus de « personne morale » ? ), ou même plus de lettre anonyme , de calomnie , ni de coup de fil anonyme ?

    Suffit il de nous connaître pour nous manipuler?

    Le plus grand danger ne serait il pas l’anonymat de qui cherche à nous connaitre et nous maitriser ?

    PS : j’ai oublié les alcooliques anonymes .

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  10. Dans notre humanité matérialiste, c’est dans la qualité des données que se trouve la valeur. Elles permettent de construire des objets statiques aux propriétés connues, la publicité ciblée à partir des caractéristiques d’un consommateur exacerbe, renforce son plaisir jusqu’au dégoût en monétisant son addiction.
    Combinée avec la rationalité économique et technique, elle conduit naturellement les objets-humains vers l’uniformisation, générateur de grand profit qui se concentre dans les mains des propriétaires les plus puissants.
    D’un coté des consommateurs compulsifs qui travaillent pour se droguer et de l’autre des milliardaires compulsifs qui investissent leurs fortunes dans la technique de contrôle des masses et dans la production d’objets de désire.

    Dans une humanité de l’éducation et de la transmission, c’est la qualité du message qui la concentre.

  11. Bonsoir à tous,

    Ce que ne dit pas ce billet mais qui est pour autant tout le paradoxe des réglementations internationales, européennes et françaises actuelles, c’est que la loi impose aux entreprises – notamment aux banques et assurances – à la fois de capter une multitude de données personnelles au nom de la « connaissance du client » (ou KYC) dans le cadre de la lutte contre le blanchiment et la fraude (LCB-FT) et d’anonymiser, d’assurer un droit à l’oubli ou la portabilité des données personnelles dans le cadre de la réglementation générale sur la protection des données personnelles (RGPD).

    Pour beaucoup de ces entreprises (notamment les mutualistes), stocker de la donnée même sous couvert de la réglementation pour ne pas pouvoir l’exploiter du fait de la réglementation (et la CNIL est très regardante et pas très permissive sur le sujet), c’est pas « top » – surtout quand on veut être un chantre du RSE (ce n’est pas très responsable de stocker de la donnée en masse). Aujourd’hui, certaines entreprises stockent sur leur clients 40 à 60% de données inutiles opérationnellement parlant pour satisfaire des réglementations.

    Quant aux expérimentation « Big Data », dans le secteur de l’assurance en France, malgré toutes les belles communications que peuvent réaliser certains acteurs (et les investissements massifs chez certains acteurs), il y a très peu de projets montés en production (et industrialisés). Parce que anonymisation ou non, il y a sur certains types de données des problème patents de qualité des données rédhibitoires pour tout type de travaux prédictifs (garbage in… garbage out quelque soit l’algorithme appliqué).

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  12. @Benjamin Cet aspect  » connaissance du client  » pour des raisons réglementaires s’est accru de plus en plus récemment et corresponds donc
    – pas du tout à du ciblage publicitaire (ce que l’on veut nous faire croire).
    – pas du tout à une nécessité des nouvelles technologies.

    Donc uniquement à une volonté de contrôle accru des populations.

    L’assurance étant un secteur privilégié pour cerner une personne.
    habitation, véhicules, voyages, santé, investissements …

    La RGPD n’est qu’un faux-semblant pour donner confiance avec des effets de bords pervers : dépôt d’un cookie tiers pour préciser qu’on refuse les cookies !

  13. Je ne suis pas sur que l’individualisation du traitement soit plus rentable qu’un bon calcul d’ensemble. Est il vraiment bcp moins intéressant de faire payer cher un vaste groupe de risque modéré que de faire payer très cher un petit groupe à fort risque et presque rien un petit groupe à faible risque? Vous perdez forcément en nombre de clients total du fait que par la force des choses vous excluez du groupe très cher ceux qui n’ont pas les moyens et qui les avaient à cher, et arriver à convaincre un nombre de clients pas cher qui ne risquent rien à mettre en face n’est pas si évident, d’autant plus qu’ils sont les premiers à bien connaitre leur exposition individuelle au risque… Au final c’est peut être bien parce que c’est inutile de nous identifier qu’on continue à tolérer l’anonymat, tout ce qui compte pour vraiment nous manipuler est la connaissance approfondie de la masse, pas besoin de cibler l’individu car il est incapable de se soustraire à la masse. Le pêcheur se fout de ce que va faire la sardine X seul le comportement du banc l’intéresse.

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  14. A lire pour comprendre :
    La publicité, la communication, les relations publiques et le marketing occupent une place de plus en plus importante dans les dépenses du CAC40. Pour certains groupes, ils représentent désormais le tiers du chiffre d’affaires. Une augmentation qui semble en proportion inverse de leurs investissements dans la recherche ou de l’utilité sociale réelle de leurs produits.
    https://multinationales.org/Les-folles-depenses-publicitaires-du-CAC40

  15. https://www.theatlantic.com/magazine/archive/2022/05/social-media-democracy-trust-babel/629369/
    Réflexions intéressantes à l’heure où Twitter est racheté par Elon Musk pour « améliorer la liberté d’expression ».
    Résumé : les réseaux sociaux encouragent les extrèmes, propagent des fake news, et sapent la confiance ds les institutions (média, état, école). Ce faisant, ils fragilisent les démocraties. Comment lutter contre cela sans entraver la liberté d’expression ?

    1. « Comment lutter contre cela sans entraver la liberté d’expression ? »

      Facile ! Payer les gens comme Paul Jorion, et bien d’autres à intervenir régulièrement en tant que » Troll d’Etat démocratique » avec à leur disposition une masse de données fiables, pertinentes, actualisées, variées et aisément accessibles, des équipes en réseaux et coordonnées prêtent à intervenir dans plusieurs langues et sur plusieurs territoires.

      Des groupes de gens suffisamment motivés et formés, disposant de moyen pour cela peuvent franchement défoncer n’importe quel réseau, groupe conspi, groupe extrémistes, ou autres sites ou blogs tendancieux. Je sais on va me dire que c’est pas très propre non plus, mais c’est l’Esprit avec lequel on fait cela qui change tout, et les informations et idées qu’on veut défendre ou mettre en avant qui compte. Une bonne charte éthique par dessus et hop on est parti pour écumer les vagues du net à la recherche des pirates et autres faussaires de l’information.

      Bref un truc dans le genre.

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