Chaîne de télévision d’État à Moscou : le doute s’installe

Dans un moment extrêmement rare de franchise à la télévision d’État russe aujourd’hui, le chroniqueur de la défense Mikhail Khodaryonok a dressé un bilan accablant de la guerre de la Russie en Ukraine et de l’isolement international de son pays. C’est assez long mais cela vaut le coup de s’y attarder.

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27 réflexions sur « Chaîne de télévision d’État à Moscou : le doute s’installe »

  1. Il faut être prudents.

    Cela fait déjà une semaine au moins que ce genre de propos sont largement diffusés par les médias publics russes.

    Il ne faudrait surtout pas négliger la possibilité que la Russie puisse se préparer à désigner de nouveaux ennemis…

    Les américains quant à eux continuent d’alerter en ce sens du fait de la menace bien réelle qui pèse d’ores et déjà sur la Moldavie.

    La stratégie ou la ruse de Vladimir Poutine, ou comment feindre sa propre mort avant de forcer encore plus loin !!!

    Ces médias font toujours leur job de propagande ! Y aura-t-il prochainement une mobilisation générale en Russie ?

    A suivre…

    Philippe

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  2. La première impression sur cette intervention est indubitablement positive. Lorsqu’on creuse… Mais n’allons pas trop vite en besogne. Qui est Mikhaïl Khodarionok ?

    C’est un journaliste spécialisé défense (1) qui a la particularité d’avoir une longue expérience militaire – raison sans doute de son réalisme.

    (1) https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%A5%D0%BE%D0%B4%D0%B0%D1%80%D1%91%D0%BD%D0%BE%D0%BA,_%D0%9C%D0%B8%D1%85%D0%B0%D0%B8%D0%BB_%D0%9C%D0%B8%D1%85%D0%B0%D0%B9%D0%BB%D0%BE%D0%B2%D0%B8%D1%87

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  3. Notice particularly the talk-show host’s efforts to persuade Khodaryonok, a retired army colonel, to get back to singing from the same hymn sheet as everyone else. Instead of complying, he did not even consent to articulate agreement either that Russia had no alternative to engaging in this conflict with Ukraine or that « our great country will win ». On the contrary, he persisted in delivering an evidently honest and professional analysis which by its very nature implies the strongest possible questioning of the policy direction and competence of the Putin administration.

    This occurrence is likely to mean that criticism of the « special military operation » has been spreading in Russia. Even if that is not the case, criticism and doubt will be spreading now. That being so, conditions in which a coup might take place may conceivably be developing .

    For a retired army colonel to acknowledge that regular soldiers of the Russian army lack professionalism is astonishing, although from our perspective it may seem obvious that that is so. For a retired army colonel to acknowledge that the Russian army is inadequate not only in terms of professionalism but also in terms of morale suggests remarkably strongly that the whole enterprise is doomed. If it is doomed, it should clearly be abandoned. For it to be abandoned there needs to be regime change.

    So we witness reasoned argument based on verifiable fact, which is apparently highly unusual on Russian television these days, countered by mere parroting of Kremlin propaganda based on falsehood. This is nothing less than an uncompromising exposure of falsehood and as such an implied challenge to the authority of the government.

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    1. Traduction :

      Remarquez en particulier les efforts de l’animateur du talk-show pour persuader Khodaryonok, un colonel de l’armée à la retraite, de reprendre le même refrain que tout le monde. Au lieu d’obtempérer, il n’a même pas consenti à exprimer son accord sur le fait que la Russie n’avait pas d’autre choix que de s’engager dans ce conflit avec l’Ukraine ou que « notre grand pays va gagner ». Au contraire, il a persisté à livrer une analyse manifestement honnête et professionnelle qui, par sa nature même, implique la plus forte remise en question possible de l’orientation politique et des compétences de l’administration Poutine.

      Cet événement est susceptible de signifier que la critique de l' »opération militaire spéciale » s’est répandue en Russie. Même si ce n’est pas le cas, la critique et le doute se répandent maintenant. Dans ces conditions, il est concevable que les conditions d’un éventuel coup d’État soient en train de se développer.

      Il est étonnant qu’un colonel de l’armée à la retraite reconnaisse que les soldats réguliers de l’armée russe manquent de professionnalisme, même si, de notre point de vue, cela peut sembler évident. Le fait qu’un colonel de l’armée à la retraite reconnaisse que l’armée russe est inadéquate non seulement en termes de professionnalisme, mais aussi en termes de moral, suggère très fortement que toute l’entreprise est condamnée. Si elle est vouée à l’échec, il est clair qu’elle doit être abandonnée. Et pour l’abandonner, il faut un changement de régime.

      Nous assistons donc à une argumentation raisonnée fondée sur des faits vérifiables, ce qui est apparemment très inhabituel à la télévision russe ces jours-ci, contrebalancée par un simple perroquet de la propagande du Kremlin fondée sur des mensonges. Ce n’est rien de moins qu’une exposition sans compromis de la fausseté et, en tant que telle, un défi implicite à l’autorité du gouvernement.

      Traduction DeepL

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  4. De deux choses l’une, soit un vent de réalisme se met à souffler et les choses reviennent en bon ordre (ie : paix et désengagement), soit en fait ce genre de position met en fait le pays devant l’option unique de l’utilisation de l’arme atomique puisque …. ils perdent et sont menacés par : au moins 1 Million d’ukrainiens mobilisable et armés par UE et NATO.

    En 2022 même en Russie il faut un minimum de « pédagogie » militaire pour que la population « accepte éthiquement » le bombardement à coup de nuke de civils d’autres pays. On n’est pas des bêtes !
    En gros : « On n’avait plus le choix, sinon on perdait au niveau existentiel ».

    Ce qui ,tant que le discours était à dire : » on est les plus forts et les meilleurs avec nos armes et nos vaillants soldats » était contradictoire.

    Le doute en fait devient mortellement exponentiel maintenant !

    Enfin voilà mon premier ressenti à ce genre de message maintenant envoyé dans une TV d’Etat.

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    1. « De deux choses l’une, soit un vent de réalisme se met à souffler et les choses reviennent en bon ordre (ie : paix et désengagement), soit en fait ce genre de position met en fait le pays devant l’option unique de l’utilisation de l’arme atomique… »
      Je pense au contraire qu’on peut dorénavant en conclure, après une poursuite de l’escalade, que les deux choses deviennent plus que jamais possiblement réalisables : utilisation d’une arme nucléaire tactique, et en même temps, d’un retour en arrière de Poutine, contre toute attente occidentale… encore une fois.

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  5. A partir du moment où Poutine s’est planté sur son agenda et surtout qu’il existe au sein du Kremlin des personnes beaucoup plus extrémistes que lui, il était évident qu’il fallait chercher des responsables, et cet entretien démontre que toutes les options restent ouvertes.
    Et ce bilan accablant donné sur cette chaine par Mikhail Khodaryonok n’augure rien de bon.
    Tout dépendra en fait de la volonté ou non des USA à le renverser, tout le reste est peanuts, en fait la balle est dans notre camp pour éviter le pire.
    ( je sais, je vais encore passer pour un poutiniste, alors que j’en suis à des années lumières ).

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    1. Tu ne passes pas pour un Poutiniste, mais toujours voir la solution entre les mains des USA ou des occidentaux c’est assez étrange en fait voir même carrément humiliant pour les autres sur cette planète.

      « Tout dépendra en fait de la volonté ou non des USA à le renverser, tout le reste est peanuts, en fait la balle est dans notre camp pour éviter le pire. »

      Ou comment nier totalement toute autonomie à la … Russie. Et faire des USA une sorte de deux ex machina.

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      1. @Cloclo
        « toujours voir la solution entre les mains des USA ou des occidentaux c’est assez étrange »
        Les USA+l’OTAN c’est dix fois le budget militaire de la Russie, ce sont donc les USA qui détermineront si oui ou non ils veulent renverser Poutine, si oui ou non ils veulent la guerre totale par Ukraine interposée avec toutes les pertes qui en découleront afin de garantir leur hégémonie sur l’UE.
        Et Poutine le sait qu’il n’a aucune chance de vaincre par une guerre classique, essaie si tu peux d’en tirer toutes les conséquences si tu arrives à sortir de ton envie d’en découdre.

        1. Aucune envie d’en découdre. Vraiment.

          Tu te gourres. Et si ce que tu dis est vécu ainsi par Poutine c’est une drôle de démarche que de se lancer dans un conflit perdu d’avance. Et vouloir en découdre avec l’OTAN…

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        2. « Les USA+l’OTAN c’est dix fois le budget militaire de la Russie, ce sont donc les USA qui détermineront si oui ou non ils veulent renverser Poutine »

          Il n’y a aucun rapport entre les deux. Le budget ne fait pas tout. Les blindés, avions, etc. ne donnent pas de capacité directe de renverser un gouvernement étranger.

          La France a dix fois le budget militaire du Vietnam, est-ce donc que Macron n’a qu’à donner un ordre pour renverser le gouvernement vietnamien 😀 ?

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            1. Oui, une autre façon de voir ce qui conduit à l’échec ou la réussite,
              c’est qu’il y a des conditions « et » et des conditions « ou ».
              Quand on n’a pas d’autre base que militaire, il faut que tout marche :
              « et » la logistique d’approvisionnement en nourriture, « et » en munition, « et » en lieu de repos pour les soldats, « et » en connaissance de la position d’ennemis, « et » en identification du niveau de menace précis.
              Ce qui fait qu’une seule rupture est grave, et rompt le cours prévu.
              A l’inverse, quand on est « chez soi » (bien que dans le cas du Mali, c’est plus compliqué), on dispose de temps
              pour appliquer une stratégie « ou » : « ou » je vais me réfugier dans le village du plateau ; « ou » si les hélicoptères sont insistants, je me réfugierai dans la bergerie de la vallée; « ou » je lance un leurre, pour que mon peloton aille se reposer dans telle zone sans se faire repérer, etc. Il n’y a rapidement plus beaucoup de place pour l’effet de surprise de l’agresseur.

              Dans le cas de défaites cuisantes comme en France en mai-juin 1940 (il y a 82 ans) et envahissement, la « surprise » était surtout due à une forme de prétention des militaires français (via l’Ecole de Guerre notamment), notant qu’ils n’avaient pas compris les changements depuis 1918, (en simplifiant un peu et avant d’avoir relu « l’Etrange défaite » de Marc Bloch dont le site wikipedia résume bien le contenu).

              Dans ce cas, finalement, au lieu d’être une « armée de guérilla » prompte au « ou » flexible, l’armée française avait fabriqué un « chez soi » qui n’était qu’une façade bureaucratique, et qui ne tenait pas compte des réalités de tous ordres, ce qui fait que les « ou » ne se présentaient pas et où les tentatives d’y répondre dans le logiciel ancien ont fait flamber les vulnérabilité « en série » (les « et »).

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              1. Oui, la défense a toujours un avantage sur l’attaque, surtout lorsqu’elle est sur son terrain.

                La thèse des « et » des uns contre les « ou » des autres est intéressante, je ne connaissais pas. Merci timiota.

              2. Le delta entre les avantages du « ou » et les inconvénients du « et » s’atténue en guerre de position, où il faut avoir la maitrise du renseignement dans ce cas pour savoir où, quand et comment frapper. Les ukrainiens, avec l’aide de la population d’un côté, des USA de l’autre, ont un renseignement militaire plus efficace, notamment sur la précision et la rapidité de transmission à l’état major d’un côté, aux troupes concernées de l’autre.

                Quant à la défaite de 1940, c’est sans doute une explication, mais pas la seule : la préparation et l’équipement ont joué pour beaucoup (à titre d’exemple, mon grand-père avait une arme entre les mains, mais pas de munition ! Et surtout, la chaine de commandement était défectueuse (ordres contradictoires reçus). Cet exemple est probablement loin d’être unique).

                1. Oui Marc Bloch a parlé de tout cela. Ordres + Contre-ordres à foison, et pas à propos car déphasés, le tout lié à la culture du secret et à la transmission hiérarchique érigée en dogme au-delà du raisonnable (Ecole de Guerre aussi, donc…).

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      2. @CloClo Cette hypothèse est peut êtrre fausse et la Chine pourra sans doute le montrer un jour, mais elle reste cependant bien tentante pour expliquer ce qui arrive.

        En effet que peut/pouvait faire la Russie ?
        Envahir la Crimée oui ça a été réussi.
        Influencer le système politique Ukrainien par des moyens d’influence adaptés (type Breixt Trump cambridge analytica) alors que l’élection prsidentielle avait échapé et le corps électoral était privé du Dombass et de la Crimée potentiellement moins hostiles ?
        Déclencher une opération militaire spéciale (et rapide ? et joyeuse ?)
        oui c’était pas obligatoire mais possible et ça a été fait.

        Que faire maintenant pour la Russie à part conclure un cessez le feu (en Corée il n’y a pas de traité) si l’adversaire le veut bien (ukrainien).
        – s’engager dans une mobilisation générale face à l’escalade du flux d’armes américaines endettant l’Ukraine (prêt bail), qui sera sans doute renflouée par L’U.E. ?
        – Renoncer et retirer unilatéralement ses troupes sur les frontières d’avant 2014, laissant les coûts des destructions à l’Ukraine et à l’U.E.
        – Changer le régime et concéder le but de guerre des Etats-Unis (l’adhésion de la Suède et la Finlande à l’OTAN semble déjà acquise).

        oui la Russie est libre ….

        Mais les choix restent contraints.

        1. « Que faire maintenant pour la Russie à part conclure un cessez le feu »

          – Conclure un cessez-le-feu et tenter de « geler » le conflit, ce serait l’option modérée. Je n’ai pas l’impression que ce soit la direction que privilégie Poutine, à voir la propagande russe interne.

          – Le retrait unilatéral, suivi pourquoi pas d’un aller simple de Poutine pour la Haye pour s’y constituer prisonnier… non, évidemment.

          – La « mobilisation générale » présenterait des risques importants pour le régime, car demander à la population de soutenir une guerre (patriotique et anti-nazie, cela va de soi !) est une chose, demander aux jeunes d’aller s’y battre alors que le pays n’est pas envahi, c’est tout autre chose.

          Je ne sais pas ce que va choisir Poutine, mais j’imaginerais plutôt la recherche de la victoire militaire au prix d’une guerre longue :
          – Série d’offensives, la Russie en est à la deuxième, il y aurait une offensive d’été, puis une autre etc.
          – Augmentation des effectifs par tous moyens autres qu’une mobilisation générale – appels aux réservistes, à des volontaires payés très généreusement, Syriens etc.
          – Guerre économique contre l’Ukraine avec continuation du blocus de la Mer Noire, voire interruption du trafic ferroviaire, voire de la production électrique (sauf centrales nucléaires trop risquées à bombarder)
          – Voire intimidation de nature terroriste de la population « Toute ville qui résiste connaîtra le sort de Marioupol » (message naturellement implicite, non proclamé ouvertement, mais prouvé dans les actes)

          Ceci jusqu’à destruction de l’armée ukrainienne, laissant le champ à Moscou pour décider d’annexer une partie de l’Ukraine et d’intimider le reste pour signer un traité léonin – beaucoup plus dur sans doute que ce que la France a du accepter après 1871.

          Cela me semble (?) possible étant donné que l’économie russe « plie mais ne rompt pas », que les ressources en hommes et matériels sont tout de même nettement supérieures en Russie qu’en Ukraine (et le soutien matériel américain a tout de même des limites), et que les erreurs militaires ne sont pas nécessairement permanentes, celles des militaires russes au début de l’invasion ne seront probablement pas répétées indéfiniment.

          Je ne crois personnellement pas à une escalade nucléaire, du moins pas à ce stade. L’escalade oui, mais il me semble qu’il y a encore pas mal de barreaux sur l’échelle avant que Moscou n’en arrive à la question nucléaire.

          Si le scénario que je dessine se réalise vraiment, j’imagine qu’on pourrait reparler d’armes nucléaires lorsque l’Ukraine sera au bord de s’effondrer militairement, si des propositions d’intervention militaire occidentale en Ukraine sont discutées un peu sérieusement. Là, Poutine pourrait redire ce qu’il a déjà répété plusieurs fois depuis le 24 février « Si l’Occident intervient militairement, je passe au nucléaire »

          Désolé de proposer une vision tout sauf champêtre et paisible 🙁

          1. Hmm… tout cela supposerait une grande maîtrise et beaucoup de rationalité. Ce qui constituerait quand même une première en temps de guerre…

            Je vais aller réécouter Mikhaïl Khodarionok et son splendide éloge des Ukrainiens : Olga en a perdu ses moyens. Ce qui va se passer est écrit là d’une manière ou d’une autre.

          2. Pour que l’économie russe fonctionne, il lui faudra exporter vers les (et importer des) pays qui acceptent encore de commercer avec la Russie. Par où ? la mer Baltique, la mer Noire, le Pacifique. Les deux premières routes maritimes peuvent être fermées facilement par l’OTAN, et les frontières terrestres de l’ouest également. La troisième voie maritime est compliquée pour les russes, puisqu’elle est très loin des centres économiques. Et se trouve face à l’Alaska et au Japon (allié des USA). Au sud, lorsqu’il n’y a pas de montagnes, il faut traverser des pays plus ou moins en guerre… Donc malgré sa taille, la Russie est plus à risque de subir un blocus que l’Ukraine ! Blocus qui peut être décidé n’importe quand par les occidentaux (mais probablement pas avant la fin de la dépendance aux pétroles et gaz russes, soit pas avant fin 2022 au plus tôt).

            Par conséquent, une guerre longue conventionnelle ne peut pas être gagnée par la Russie. Reste donc deux choix :
            – un traité de paix, où les russes peuvent proposer d’arrêter la guerre sale (d’où l’appel à celle-ci, si j’ai bien compris, par Mikhail Khodaryonok) versus garder la Crimée et éventuellement une partie du Dombass.
            – une guerre autre que conventionnelle (ce qui est à priori ce que craint Paul Jorion).

            Un renversement du pouvoir en Russie amènerait les nouveaux maitres du Kremlin à privilégier la première solution s’ils sont modérés, la seconde s’ils sont des faucons.

          3. Le côté « guerre longue » est la seule manière pour les militaires et le renseignement de ne pas perdre la face : que le feuilleton feuilletonne un maximum, histoire qu’on oublie ou qu’on reconfigure dans les têtes le désastreux épisode 2 de l’offensive pan-ukrainienne février-mars 2022 (l’épisode 1 étant la préparation), au profit d’épisodes 4 ou 5 au moins, qui feront des pschitt moins flagrants.

            Sur l’été, les Russes ont encore une bonne chance de piller quelques centaines de millions de $ en céréales, entre silos et récoltes de juillet. N’oublions pas que c’est un financement par le pétrole qui joua dans l’expansion de Daech en 2014 vers Mossoul. Ces céréales n’auront pas d’odeur à l’est de la Volga.

            Après, sur l’hiver, le gaz redeviendra la ressource (n’oublions pas que Gazprom continue de payer la redevance de passage aux … ukrainiens !, où l’on voit le côté destructeur et un peu maudit des énergies fossiles, qui dans le cas d’espèce arment en $$ les deux belligérants ).

            Donc une dynamique ponctuée par les tensions sur ces différents marchés. Attachons nos ceintures.

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            1. Le côté « guerre longue » est la seule manière pour les militaires et le renseignement de ne pas perdre la face.

              A l’international, les militaires russes ont déjà perdu la face. Reste à l’Intérieur de la Russie mais là, ce sont les moyens militaires russes qui commencent à manquer compte tenu du rythme élevé des pertes en hommes et en matériel. L’armée russe aurait perdu en 2 mois et demi, un tiers des forces engagées. C’est un rythme bien supérieur à sa capacité de renouvellement et un risque considérable de fragilisation de sa capacité à se défendre.
              Ruiz à raison pour ce qui est des intérêts militaro-économiques US d’une guerre longue pour un pays en paix sur son territoire et dans une économie ouverte mais pour la Russie c’est tout l’inverse.
              Il est clair que si on choisit d’exclure l’option apocalyptique nucléaire, la Russie ressortira ruinée économiquement et militairement de cette guerre . Poutine a fait une énorme connerie qui en voulant restaurer la « Grande Russie », fera de la Russie l’avenir, un pays fragile et possiblement déstabilisé de l’intérieur au risque d’un éclatement régionaliste.

          4. @Toulet Alexis L’hypothèse d’une guerre conventionelle longue sur un terrain ukrainien est tout à fait satisfaisante pour le complexe militaro industriel et technique américain, celà pourrait même être l’occasion de développement de concepts nouveaux et l’irrigation du tissu universitaro-industriel néo-technologique (à l’instar de HP dans WW2). Economiquement le maintien d’un cours élevé des ressources fossiles est indispensable au gaz et pétrole de schiste, avec de plus l’ouverture des marchés européens.
            Seule la forte réduction des exportations chinoises pour cause de covid notamment, serait de nature à plonger l’économie américaine dans la désorganisation et l’inflation.
            L’industrie chinoise, maintenant assez diversifiée pourrait privilégier ses ressources de composants et sous ensembles internes vers ses besoins internes propres et ses exportations de produits complets (sous marque chinoise) vers le reste du monde.
            Ses produits finaux ou intermédiaires pourraient dans une grande mesure se substituer en Russie aux sources occidentales taries en échange de produits énergétiques et de technologies militaires diverses.

  6. Pas étonnant que ce genre d’intervention arrive maintenant.

    Depuis quelques jours la presse anglo-saxonne (mais pas seulement) se fait l’écho de dissensions autour du pouvoir à Moscou (ex : FSB vs Forces Armées) et il est annoncé, sous couvert d’anonymat, l’imminence d’un coup d’état.

    Le plus virulent dans les critiques un certain Girkin (Igor Girkin ancien « ministre » de la « république du Donetsk ») qui s’en prend violemment à Poutine pas assez belliqueux.

    Ne pas se leurrer, la chute de Poutine pourrait être le signal de l’arrivée de faucons va t’en guerre plus radicaux encore.

    Après le chaos le KO ?

    A ce propos, on peut lire avec intérêt l’interview de l’écrivain Russe Mikhaïl Chichkine sur le site du journal belge L’Echo (😉) en date du 8 mai dernier.

    1. Merci pour l’idée, l’entretien avec Chichkine est intéressant en effet.

      Voici le lien https://www.lecho.be/dossiers/conflit-ukraine-russie/mikhail-chichkine-pour-battre-l-armee-russe-il-faut-gagner-economiquement/10386332.html

      Cela dit, je ne crois personnellement ni à un effondrement économique de la Russie, ni aux chances d’un coup d’Etat qui serait motivé par une « faiblesse » supposée de Poutine incapable de gagner la guerre en Ukraine.

      Je soupçonne plutôt que Poutine fera le nécessaire pour gagner la guerre en Ukraine. Parce qu’il n’a pas le choix, maintenant qu’il l’a déclenchée, il serait très dangereux pour lui de la laisser se terminer par autre chose que par ce que la spécialiste de la Russie Tatiana Kastouéva-Jean appelle une « victoire convaincante »

      Voir https://www.ifri.org/fr/espace-media/lifri-medias/meme-russes-ne-voulaient-de-cette-guerre-attendent-de-president-une
      « Même si les Russes ne voulaient pas de cette guerre, ils attendent de leur président une victoire militaire convaincante »

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