Les fausses excuses, par Cédric Chevalier

– « Il nous faut plus de science ». Non : science is settled = nous savons tout ce que nous devons savoir d’un point de vue scientifique, du moins l’information est largement disponible et diffusée, régulièrement, depuis longtemps (GIEC, IPBES, IRP, presse, etc.). Les décideurs ne peuvent prétendre à l’ignorance, ni la majorité de la population, sur l’écocide mondial en cours. Certains climatologues proposent même de supprimer le GIEC et de se consacrer entièrement à l’activisme. Nous n’avons pas besoin de plus de science stricto sensu.

– « Il nous faut plus de technologie ». Non : technology is settled = nous avons toutes les technologies nécessaires pour effectuer une métamorphose écologique complète, depuis longtemps. Il n’y a pas besoin d’attendre les technologies du futur pour la transition. Les technologies ne suffiront pas. Il est nécessaire de modifier les modes de vie et de production (décroissance ou post-croissance). Nous n’avons donc pas besoin de plus de technologie stricto sensu.

– « Il nous faut plus d’argent ». Non : finance is settled = nous avons largement assez de ressources pour réussir une métamorphose écologique complète, en redirigeant les flux de ressources déjà existants (j’évalue le surplus économique mondial arbitrairement à 90% de la production mondiale en termes biophysiques : cf. les montants faramineux dégagés pour la crise financière, la pandémie, les plans de relance, la guerre en Ukraine, les inondations, etc.). Bref, soyons sérieux, il y a plus de ressources économiques que nécessaire, surtout pour une économie qui doit décroître, donc utiliser de moins en moins de ressources ! Nous n’avons pas besoin de plus d’argent stricto sensu.

– « Il nous faut plus d’idées de politiques publiques ». Non : policy is settled = nous savons exactement quelles mesures de politique publique doivent être adoptées pour réussir une métamorphose etc. Factor 4, plan du Shift français, les innombrables rapports et catalogues de mesures écologiques… (ex : 101 Nobel Laureates call for a phase out of fossil fuels — The Fossil Fuel Non-Proliferation Treaty (fossilfueltreaty.org))

Nous n’avons pas besoin de plus d’idées de mesures stricto sensu (la boîte à outil est suffisante).

– « Il faut changer les institutions ». Non : institutions is settled = nous avons déjà les institutions suffisantes pour réussir la métamorphose, la démocratie libérale représentative est capable de se mettre en « économie de guerre » pour lutter contre un ennemi humain ou viral (40-45, pandémie 2020), elle peut donc aussi le faire pour survivre… Les initiatives de délibération citoyenne sont donc intéressantes mais pas indispensables in fine. Les blocages intrabelges sont moins dus à nos institutions qu’aux vétos politiques des entités fédérales. Nous n’avons pas besoin de « grandes réformes de la démocratie » pour réussir la transition stricto sensu.

Reste qu’on n’observe PAS la métamorphose. On observe une inertie générale. Donc on doit trouver d’autres explications au blocage que celles qui précèdent.

Les points bloquant en première analyse

– are politics settled ? = y a-t-il une réelle volonté politique ? A mon sens, une volonté existe en partie chez certains décideurs « en off » mais pas « en clair » dès qu’on examine le niveau de l’organisation, du syndicat, de la fédération, du parti. Il n’y a ni débat public suffisamment radical ni programme politique crédible pour la métamorphose, ni vision à la hauteur des enjeux sur le « marché politique ». Si on prend le périmètre de l’offre politique actuelle, on est vraiment très loin de ce qui est nécessaire. On n’a pas encore vraiment commencé à discuter sérieusement dans la Cité. Et à côté, ne soyons pas naïfs, des courants politiques sont vent debout contre la transition écologique. Donc la volonté écologique suffisante, n’est toujours pas majoritaire.

– is citizen will settled ? = y a-t-il une réelle volonté citoyenne ? A mon sens en partie chez nombre d’individus, et même peut-être une majorité d’individus (selon les sondages répétés : la majorité mondiale est éco-anxieuse, veut la transition écologique et trouve que les gouvernements ne font pas assez) MAIS : il y a encore un énorme écart entre les déclarations spontanées, les votes effectifs (Verts à 4% en France… 15% en Belgique… pas mieux pour la gauche éco-consciente, pas vraiment de droite éco-consciente encore…) et ce que les électeurs sont prêts à exiger et accepter EN PRATIQUE. Une sorte d’incompréhension, d’hypocrisie ou de défaite morale chez la majorité de la population qui prétend s’inquiéter mais vote pour l’extrême-droite, la droite, et des partis centristes et de gauche qui n’ont pas un programme assez radical pour satisfaire ce qui est nécessaire d’après les scientifiques. Si la fin du mois, l’immigration ou la liberté de ne pas payer d’impôts est ce qui motive l’électeur, ben la fin du monde passe à la trappe (et nous avec).

Débloquer ces points en première analyse

–> c’est pourquoi je pointe l’absolue nécessité d’un Contrat social reformulé = un « Pacte social-écologique », un « Green New Deal » entre les citoyens et les gouvernements/Etat, même au niveau des Constitutions. = je veux bien faire ça mais alors toi tu fais ça. Le Contrat social formule un principe d’entraide entre tous les citoyens via leur Etat, au sens théorique et pratique (comme via la Sécurité sociale).

Je pense que la clef, c’est garantir le sentiment de justice entre tous, le sentiment d’équité, et la protection de chacun par le collectif, afin de pouvoir demander aux gens de faire des efforts.

Chaque proposition de réduction d’empreinte écologique doit comporter un avantage social juste évident.

Exemples de combinaisons sociales-écologiques :

– Suppression voiture de société + développement des transports en commun (gratuits) ;

– Taxe carbone + redistribution du montant collecté vers les plus pauvres afin de financer leurs travaux d’isolation du logement ;

– Phasing out des secteurs économiques fossiles + phasing in des secteurs soutenables afin de garantir du travail, des revenus et de l’activité économique soutenable ;

– Interdiction de bâtir encore des villas 4 façades sur des sols naturels + construction de logements sociaux en centres villes ;

– Taxation de la viande + droit garanti et gratuit à l’alimentation de qualité (nouveau pilier dans la Sécurité sociale) ;

– Création d’un revenu de transition écologique pour les entrepreneurs/permaculteurs/associatifs

– Sécurité sociale-écologique

– Semaine de 4 jours, réduction du salaire + accès gratuit aux biens de base

– etc.

Comment arriver au point où on peut forger ce Pacte social-écologique ?

–> Mais avant d’en arriver là, il faudrait déjà qu’il existe un débat public pour réclamer ce « Green New Deal », ce « Pacte social-écologique », une plateforme de la société civile pour le porter et animer ce débat public.

Le problème est plus profond que nous ne le pensons

–> In fine, je pense que le problème est plus profond. Il touche à notre vision du monde, à notre « métaphysique », à notre « capacité éthique », à notre « inconscient collectif », à notre Culture comme grand récit qu’une civilisation se raconte à elle-même.

Nous sommes comme des Inuits à qui on parle du danger d’une tempête de sable. Les mots « tempête de sable » n’existent pas en langue Inuit. Ils ne peuvent pas imaginer, concevoir quelque chose qui n’existe pas dans leur Culture, inconscient collectif, imaginaire et même langue.

Notre Culture ne peut pas concevoir l’existence des Limites (limites planétaire, etc.). C’est inimaginable dans notre inconscient collectif nourri à l’imaginaire de Progrès et de Croissance et de Technoscience salvatrice.

Pareil pour l’Ecocide mondial, une espèce de génocide mondial causé par la destruction de l’habitabilité de la planète par les gens riches surtout. C’est un crime dont notre éthique traditionnelle peine à rendre compte. Il faut donc tout un travail d’élaboration dans le débat public pour faire prendre conscience aux gens que l’Ecocide, c’est un crime contre l’humanité, un véritable génocide dont nous sommes collectivement responsables.

C’est la même chose dans la lutte historique contre l’esclavagisme, il a fallu des luttes et une bataille des idées pour imposer un framing éthique de cet enjeu, pour que les gens comprennent que l’esclavage est moralement inacceptable.

Idem dans les luttes de Act Up pour le sida, idem pour les féministes, idem pour les luttes ouvrières, l’abolition du travail des enfants, les activistes ont dû faire reconnaître une terrible injustice morale avant que la politique prenne cet enjeu au sérieux… et légifère.

C’est pourquoi le travail de création de nouveaux mots et nouveaux imaginaires initié notamment par Edgar Morin est si essentiel : nous devons créer des supports culturels pour permettre aux gens de concevoir des choses réelles que rien dans leur culture ne permet de concevoir (dont des mots, des images, des idées, des mèmes, etc.) : les Limites et la nouvelle éthique mondiale qui en découle.

Nous savons, nous pouvons, nous voulons…. mais nous ne comprenons pas le fonctionnement réel du monde et nous ne croyons pas (au sens de foi athée) à ce que nous savons, pouvons, voulons.

Notre imaginaire n’est pas encore capable de nous « donner à voir le monde tel qu’il est », à cause de l’hégémonie d’un imaginaire qui ne donne pas place au vivant non humain et à notre corporéité vivante (capitalisme, néolibéralisme, colonialisme, patriarcat, etc.)

Nous ne parvenons pas à concevoir, voir, sentir, ce que le réel nous hurle chaque jour.

« Eveillés, ils dorment » a dit Héraclite (repris par Morin). C’est la marche des zombies, comme dans les années 30. Nous marchons les yeux fermés vers l’abîme alors que si nous ouvrions les yeux, nous verrions le gouffre en approche (certains tombent déjà).

Il faut un mouvement social, culturel, historique pour gagner la bataille des idées et permettre de nouvelles politiques concrètes

Donc on revient ici à l’hégémonie culturelle selon Gramsci, la bataille des idées à gagner avant de gagner la bataille électorale puis la bataille politique pour la mise en œuvre des mesures nécessaires en démocratie.

Il faut donc donc une propagation éclairée des idées, comme lors de la Renaissance, du Siècle des Lumières, du New Deal, du fameux Pacte social de 1944 formulé à la fin de la Seconde guerre mondiale.

Le rôle des élites culturelles est ici fondamental : intellectuels, journalistes, artistes, scientifiques, enseignants, leaders d’opinion, services d’étude, etc.

Conclusion

Voilà, mon résumé est à la fois un formidable espoir (on peut encore faire quelque chose tous ensemble politiquement, même si ça se résume à amortir la chute, c’est déjà une visée éthique tout à fait acceptable) MAIS en même temps terrible désespoir par rapport à notre aveuglement subconscient et conscient qui nous rend aveugles et impuissants.

Nous avons toutes les ressources matérielles et immatérielles… sauf la capacité métaphysique et éthique à nous éveiller au réel qui nous hurle de changer de voie. (du moins la majorité pour le moment, face à une minorité plus éveillée)

Donc même si j’essaie de formuler ce nouveau contrat social-écologique dans mes livres, j’ai conscience que ce contrat sera signé dès le jour où une majorité aura adopté la nouvelle métaphysique de reconnaissance de la Limite, d’autonomie interdépendante, de reliance, d’entraide, nécessaire et la nouvelle éthique planétaire pour traverser le XXIe siècle.

Donc le travail psychologique, psychiatrique, culturel, artistique, narratif, pour « révéler le champ des possibles et des impossibles » à l’échelle politique est la clef.

Partager :

57 réflexions sur « Les fausses excuses, par Cédric Chevalier »

  1. Après La Guerre, nous avons vécu le « progrès » qui a signifié l’abondance pour tous dans les « pays développés » comme aiment à s’appeler les pays occidentaux. Nous sommes entrés dans le « paradigme de la croissance » qui nous nourrit depuis l’enfance. Toujours plus de consommation, toujours plus de performance, toujours plus, toujours plus. ….
    Nous devons maintenant entrer dans une culture de la restriction inversement proportionnelle à notre capacité d’accumulation. Celui qui n’a rien, n’a rien à perdre mais celui du haut de la pyramide de la croissance à tout à perdre, y compris son identité de « winner ». On l’entend dans le discours des Xmen français (vidéo précédente), abandonner l’idée d’être une élite.
    Faut il inventer de nouveauX mots ?
    Pas si sûr. Mais il est indispensable de nommer un nouveau paradigme et l’orient pourrait nous donner une piste avec sa notion d’harmonie (voir les terminologies veritables ). Dans l’harmonie, nul besoin de domination, nul besoin de croissance, nul besoin d’élite.

    1
    1. @Pascal La guerre est un moyen simple de reconstituer une marge de progrès, les guerres au moyen orient, Irak Syrie n’ayant pas montré de vertus sufisantes pour relancer la croissance, malgré les destructions réalisées, il paraît normal de s’intéresser à l’Europe et l’Ukraine constitue une cible adéquate.

      Tout l’art consiste à y intéresser suffisament les populations et donc les états européens afin de permettre une alimentation à long terme du phénomène voire un embrasement, ce qui est facilité par la proximité ethnique et géographique.

      Le conflit actuel encore localisé et permettant de relancer les fabrications d’armement, de valider les nouveaux armements, et de nouvelles tactiques voire confirmer celles validées en Irak ou en Syrie comme le choix du combat urbain au milieu des civils et sa résolution par l’écrasement, devrait faire penser à la guerre d’Espagne, prémice d’un conflit plus vaste où elle n’a pas participé.

      D’autant plus que le conflit ne semble pas (à première vue) économique, ce qui le rendrait susceptible de compromis compensation négociation, mais relève de l’idéologie et de l’appartenance à deux espaces impériaux rivaux donc a priori irréconciliables.

      L’aspect économique, sous-sol, mais surtout céréales, recouvre curieusement le sud est de l’Ukraine et déborde encore pour le moment largement les zones perdues par le gouvenement de Kiev.

      1. @ Ruiz,

        Encore une fois, votre discours pseudo analytique n’a qu’une seule motivation : dédouaner Poutine de ses responsabilités dans le conflit en cours en Ukraine.

        A vous lire, on en arriverait presque à croire que c’est Biden et l’UE qui ont soufflé à l’oreille de Poutine l’idée d’attaquer l’Ukraine… Vous avez l’art et la manière pour inverser les responsabilités quand cela arrange votre discours idéologique.

        4
        1. @Benjamin « ….Biden et l’UE qui ont soufflé à l’oreille de Poutine l’idée d’attaquer l’Ukraine…  » C’est effectivement une hypothèse explicative à prendre en considération, inconsciemment (mais il est peu probable qu’ils n’aient pas eu le moindre signe annonciateur de l’existence de ce risque) ou consciemment, mais à leur niveau il est plus vraisemblable d’envisager que ce soit un piège tendu, sans pour autant que les scénarios pris en compte soient conformes à la réalité actuelle, un peu comme le pari du referendum sur le Brexit pour Cameron.

          Mon commentaire préédent ne cite pas Poutine, mais resitue sa responsabilité de ne pas avoir eu le sursaut de surmoi pour s’empècher de déclencher une opération militaire dont le risque (argument de négociation) était parfaitement connu et même proclamé par l’empire adverse (mais peut être pas cru par tous).

          Dans des temps antérieurs ni Georges W Bush en Irak, ni Sarkozy en Libye n’ont obéi à une telle limitation psychologique.

          1. @ Ruiz,

            « Mon commentaire préédent ne cite pas Poutine, »…

            C’est bien là le problème : vous le suggérer sans jamais le nommer !

            Après, vous pourrez tourner le problème dans tous les sens sur la forme, ça ne changera rien à son fond : Poutine est un impérialiste dans l’âme (que cela plaise ou non à votre idéologie).

            1. @Benjamin Bien sûr et avec un impérialiste on négocie, on tient compte de ses menaces voilées ou non ou on accepte les conséquences.
              on ne brandit pas ses valeurs supérieures universelles, sauf à être sûr d’être en position de les imposer par la force ce qui ne semble pas encore envisagé entre puissances nucléaires.
              De plus Poutine n’est qu’un détail de l’histoire et la vision impériale russo-centrée est partagée par d’autres individus.

  2. Globalement un très bon diagnostic de la situation actuelle avec des pistes intéressantes, sauf que l’auteur oublie de mentionner l’élément qui bloque tout : le système capitaliste en vigueur sur l’ensemble de la planète car celui-ci a comme principal moteur la croissance et cette croissance ne peut pas être compatible avec la lutte efficace contre le réchauffement climatique et les avancées sociales.
    Donc, sortir du cadre actuel est la priorité absolue, sinon, comme dit l’auteur, « nous marcherons les yeux fermés vers l’abîme ».

    2
    1. D’abord, je trouve aussi que c’est un excellent billet de Cédric Chevalier.
      Mais j’ai envie de faire tout de même une petit remarque, lorsqu’il écrit : « Je pense que la clef, c’est garantir le sentiment de justice entre tous, le sentiment d’équité, et la protection de chacun par le collectif, afin de pouvoir demander aux gens de faire des efforts. » En effet, là, je pense que la clef principale ne se situe point vraiment à ce niveau, car, comme Chevalier le dit lui-même plus loin, in fine, « le problème est plus profond que nous ne le pensons ». D’où, selon moi, cette clef – s’il y en a une – devrait se situer plus exactement au niveau de la vision même que nous avons du monde, et donc, pour cela, la nécessité de revenir aux origines de la culture du capitalisme de l’époque dite moderne.
      Aussi, Chevalier évoque notre « métaphysique », ainsi que notre « capacité éthique », voire notre « inconscient collectif », etc. Mais, il me semble qu’il oublie, ici, tout de même, encore une chose : « l’esthétique ». L’Esthétisme comme stratégie du Capitalisme, qui nous rend justement « aveugles et impuissants ».
      Car, pour que notre imaginaire soit capable de nous « donner à voir le monde », autrement que nous le propose et/ou impose le capitalisme, néolibéralisme, colonialisme, patriarcat, etc., il nous faut en plus, je crois, préciser ce qui lie profondément le capitalisme au sens de la vue. À ce stade, je repense à plusieurs choses simultanément. Premièrement (même si cela peut paraître très bizarre), à mon commentaire sur le blog de Paul Jorion, à propos de l’œuvre de Toyen du 18 juin 2022 – commentaire que j’ai d’ailleurs très envie de prolonger, sur cette-dite « description du phénomène de vision », à travers notamment le chef-d’œuvre de Toyen « Le paravent », (cf. couverture du livre de l’exposition du Musée d’Art Moderne de Paris – Toyen, l’écart absolu). Deuxièmement, si nous ouvrions les yeux, nous nous demanderions pourquoi, dans le dernier chef-d’œuvre de Stanley Kubrick, « Eyes Wide Shut » – qu’il considérait personnellement comme le plus réussi – le thème ou motif de Venise parcourt-il tout le film ? « Eveillés, ils dorment » disait Héraclite… Bref, c’est comme si l’opacité du masque et la transparence du verre faisait écho à cette citation de Toyen : « Dans la salle obscure de la vie, je regarde l’écran de mon cerveau ». Enfin, troisièmement, je repense à un « clin d’œil » qu’un professeur, je crois, fit un jour à Monsieur Paul Jorion… en me disant intérieurement : et si la clef était là, cachée derrière ce clin d’œil… (à suivre).

      1. en lisant votre commentaire , fort pertinent à mes yeux, je me suis dit que de nombreux intellectuels avaient déjà travaillé sur le fond : Marcel Mauss avec son ouvrage « théorie du don » et peut être aussi Michel Clouscard avec « Capitalisme de la séduction » en référence à votre affirmation « L’Esthétisme comme stratégie du Capitalisme, qui nous rend justement « aveugles et impuissants ». Au sujet de ce dernier ouvrage la théorie de Michel Clouscard peut paraître désuète aujourd’hui mais pertinente aussi.

        1
      2. #Philgill
        « D’où, selon moi, cette clef – s’il y en a une – devrait se situer plus exactement au niveau de la vision même que nous avons du monde »

        J ai complètement ressenti ce phénomène de « la vision » (« cette clef ») depuis les années 80 en le matérialisant par la publicité (qui présente, donne à voir). A ce moment là je concevais avec l’équipe de graphistes dans un bureau de style des PLV (« Publicité sur les Lieux de Vente ») comme me l’avait enseigné mon mentor qui a été un des premiers à les utiliser dans la mode. C’est ainsi que j’ai pu en constater l’efficacité remarquable.
        Dans mon post plus bas je l’ai mise en tête des causes de la surconsommation capitaliste.
        Les premières « publicités » ont été retrouvées sous forme de pièces dans des vestiges à Thèbes, puis elles ont existé sous formes diverses tout au long de l’histoire à peu près partout.
        Mais les premières publicités au sens moderne (« qui donne à voir le monde ») ont été inventées en 1836, c’est à dire au plein essor du capitalisme de la révolution industrielle ayant légalisé la spéculation très vite après (1885, source Paul Jorion).
        Ce sont elles à mon avis qui ont engendré dès fin 50 début 60 une forme d’addiction généralisée à la consommation. D’où la surconsommation, mal majeur de notre époque qui est la cause des problèmes écologiques galopants que nous connaissons tous.

        1
        1. « La surconsommation, mal majeur de notre époque… »
          Edward Bernays : son travail est-il d’une valeur tout aussi importante que celui de son oncle ?

          1. Philgill
            Probablement, parce la publicité moderne utilise aussi (et peut être surtout) les progrès de la psychologie ET de la psychanalyse (le nec plus ultra pour manipuler, encore plus que la répétition pour le bourrage de crâne)

          2. Philgill
            Je corrige en précisant :
            « valeur » probablement pas (sauf dans le sens « valeur du profit pécunier »), mais « importante » certainement « !
            On pourrait même soupçonner E. Bernays d’avoir engendré les progrès remarquables de la publicité grâce aux travaux de son illustre oncle.

  3. « la démocratie libérale représentative est capable de se mettre en « économie de guerre » pour lutter contre un ennemi humain ou viral (40-45, pandémie 2020), elle peut donc aussi le faire pour survivre… »

    Dans les deux cas, 40-45 et pandémie, il a fallu attendre qu’il y ait un grand nombre de morts clairement imputables à Hitler et Hirohito et leurs armées ou au covid-19 pour que des moyens d’un ordre de grandeur suffisant soient mis en oeuvre.

    Dans les deux cas des spécialistes*, sans être réellement pris au sérieux, avaient tenté de prévenir les responsables politiques et même parfois ceux qui les élisent. Pourtant ni les électeurs ni les élus n’étaient en mesure de se faire une opinion fondée sur l’ampleur de la menace et sur l’efficacité des mesures (parfois en contradiction les unes avec les autres) qui étaient proposées.

    Évaluer les conséquences d’une élévation de la température moyenne de un ou deux degrés n’est réellement possible que pour une infime minorité de gens, les autres ne peuvent guère faire mieux que de regarder comment réagissent ceux qui sont autour d’eux, jusqu’à ce qu’ils prennent peur en voyant à la télé ce qui est en train de se passer plus ou moins près de chez eux.
    ___
    * : De Gaulle à propos des chars et de l’aviation pour le premier cas, un article dans une revue de vulgarisation scientifique décrivant de manière très réaliste une épidémie de grippe mondiale à la suite d’un incident dans un labo pour le second (j’ai été impressionné par cet article, je n’ai osé en parler à personne…)

    1
    1. @Lagarde Georges « sans être réellement pris au sérieux » C’est la clé du comportement sociétal.
      Les informations sont presque toujours disponibles et les lanceurs d’alerte nombreux.
      En 39-45 pour la France des moyens importants de réarmement (Maginot / aviation) avaient été mis en place quelques années avant mais un peu tard.
      La mobilisation générale a eu lieu bien avant qu’un allemand passe la frontière et même qu’il y ait eu de nombreux morts.
      Pour la pandémie en cours, l’état de préparation était meilleur (mais plus couteux) 10 ans avant et ce n’est pas le nombre de morts constatés qui a incité à agir (160/jours -on a fait beaucoup mieux après) mais la perspective de voir des soignants désemparés psychologiquement face à des malades qui ne mourraient pas tout de suite chez eux mais pouvaient bénéficier de traitement lourds en réanimation, forcément limités en nombre.
      La reprise actuelle (doublement en 15 jours) d’un variant Ba5 mieux adapté dans un contexte hospitalier dégradé depuis 2 ans n’incite pas à adopter officiellement les mesures de freinage de propagation en transport en commun pourtant encore en place dans les pays voisins.
      Le scénario d’une fuite de labo n’a depuis de nombreuses années aucun caractère de nouveauté pour qui s’intéresse un peu au sujet.
      L’impensabilité du risque est rassurante.
      La prise en compte du risque épidémique qu’elle qu’en soit l’origine est depuis longtemps réclamée par de nombreux acteurs (Bill Gates)

  4. @l’arsène. Je cite le capitalisme ici : « Notre imaginaire n’est pas encore capable de nous « donner à voir le monde tel qu’il est », à cause de l’hégémonie d’un imaginaire qui ne donne pas place au vivant non humain et à notre corporéité vivante (capitalisme, néolibéralisme, colonialisme, patriarcat, etc.) »

    Pour moi « capitalisme, néolibéralisme, colonialisme, patriarcat, extractivisme, productivisme, consumérisme, matérialisme, impérialisme, etc. » peuvent être englobés sous la coupole « ILLIMITISME » : le refus métaphysique, culturel, politique, économique, scientifique, social, anthropologique… des limites, de l’altérité, et le fantasme de transgresser toutes les limites et de façonner le monde à notre image (supprimer la limite et l’altérité : plusieurs courants du transhumanisme US avec la conquête de l’espèce, le remplacement de l’humain par l’IA et les robots, l’artificialisation du monde, etc.).

    Le capitalisme est clairement au coeur du processus d’Ecocide.

    Mais j’itère mon questionnement un niveau plus loin que l’anticapitalisme. Le capitalisme étant une création culturelle humaine, les créations culturelles pouvant être supprimées et/ou dépassées, pourquoi acceptons-nous de maintenir en place la capitalisme ? (alors qu’il nous tue)

    A mon sens, nous avons des blocages métaphysiques et éthiques qui nous empêchent d’abandonner le capitalisme (et tous les ismes de l’illimitisme), qui tournent autour de notre refus/déni des limites / de l’altérité (vivante).

    Donc il faut un gros travail des philosophes, éthiciens, métaphysiciens, et puis des artistes et des leaders culturels, politiques, pour traduire cette nouvelle cosmologie en symboles, langages, récits, signes, institutions…

    En résumé selon moi : il faut instituer la limite et accéder à l’autonomie interdépendante (auto – nomos + inter – dépendant = nous fixer à nous-mêmes nos propres limites/lois de manière libre et éclairée, en tenant compte de nos liens d’interdépendances avec le reste du monde (vivant)).

    Il y a là un nexus inconscient et conscient, une psyché collective, un grand récit civilisationnel, qui nous conduit à l’abîme.

    4
    1. @ Cédric Chevalier
      Merci pour votre réponse et surtout vos précisions.
      C’est exact que la sortie du modèle capitaliste actuel est certes nécessaire mais reste malheureusement insuffisante, et la notion  » d’llimitisme » est vraiment très intéressante et à creuser.

      1
    2. Cette limite que nous refusons de voir, n’est-elle pas notre limite individuelle en tant qu’individu mortel.
      Quand nous regarderons en face (en pleine conscience) notre réalité mortelle, nous pourrons comprendre que notre individualité n’est qu’une illusion, que nous ne sommes qu’un fruit du vivant. Prenant conscience de cela, nous serons à même de considérer notre rôle (limité dans le temps) de conscience du vivant. C’est le vivant qui prend conscience au travers de nous et non l’inverse.
      Lorsque nous prenons conscience de cela, nos petites ambitions humaines ne deviennent-elles pas ridicules ? Et le désir d’être (l’identité) s’efface libérant la jouissance d’être.

      2
  5. oui très bon diagnostic . un de plus . Cédric Chevalier a les compétences , le talent pour les coucher dans ses deux ouvrages. Très bien . Et alors ? ça fait 50 ans que ça dure ! Vous ne croyez pas que la plaisanterie a assez duré ?
    Que faire ? Attendre, attendre que l’on soit touché dans nos chairs, que nos vies soient de plus en plus insupportables parce que tôt ou tard il faudra lutter pour avoir sa nourriture, son eau !
    Mais alors il sera trop tard et ne croyez pas que cela va être rapide , comme une attaque nucléaire , non cela va être long , très long …..tic tac tic tac le compte à rebours a commencé.

    1
  6. @Cédric Chevalier
    «un gros travail des philosophes, éthiciens, métaphysiciens, et puis des artistes et des leaders culturels, politiques, pour traduire cette nouvelle cosmologie en symboles, langages, récits, signes, institutions…»

    n’est-ce justement pas là une erreur fondamentale de croire en ça ? il me semble que c’est encore une fois à la bourgeoisie que l’on demanderait de trouver une solution ? Cette même bourgeoise qui a toujours été aux commandes pour nous imposer sa propre survivance ? N’est ce pas cette bourgeoisie qui nous a mis dans ce bourbier ?
    C’est demander au bourreau d’être clément .

    2
    1. @Khanard
      Comme disait mon prof de lycée (R. Maggiori) : « l’important n’est pas la philosophie mais de philosopher ». Et si la philosophie peut parfois se cantonner dans les salons (plateau TV) bourgeois, philosopher est accessible à tous quand il s’agit d’avoir une réflexion sur la vie et quelque soit le niveau d’étude.

      1. @Pascal
        pour paraphraser notre ami CloClo il serait peut être temps d’arrêter de se masturber les neurones et d’agir . 😉
        Puisque vous mentionnez votre prof de philo à mon tour de vous parler du mien . Bernard Ibal qui nous a pondu un livre : aux risques de l’autre . Je trouve que nous sommes dans cette situation . https://www.lecese.fr/membre/bernard-ibal

  7. Augmenter le prix du Bifteck
    Augmenter le prix à la pompe
    Diminuer les salaires
    Payer les transports en commun par des majorations d’impôts
    Quel beau programme politique, hélas il ne semble pas que les mouvements les plus sensibles à la contrainte écologique en portent l’étendard, mais plutôt le contraire !
    Et que ce soit dans l’opposition la plus radicale de gauche comme de droite
    (plafonnement des produits essentiels, baisse de TVA, ristourne sur le carburant, Smic à 1500 € .. ) voire la coalition progouvernementale (pas d’impôts en plus).

    L’abaissement (abonnement subventioné au mois sans distance) voire la gratuité du coût des transports pour l’usager ne peut que favoriser l’étalement urbain et l’artificialisation des terres.

    Plutôt que d’abaisser le temps de travail il serait préférable de faire rémunérer le temps de transport et défrayer le coût. Celà rendrait inemployable les résidents trop éloignés et inciterait à localiser les activités proches des habitats.

    2
  8. Je regrette qu’ici même l’urgence de la mise en œuvre d’une bifurcation socio-économique n’ait pas suscité un soutien à la candidature de Jean Luc Mélenchon.
    Les 148 propositions de la Convention citoyenne pour le climat était à 90% compatible avec son programme, programme qui avait reçu un des meilleurs avis que l’équipe du Shift project avait donné pendant la campagne.
    Une opportunité concrète a été délibérément ignorée. Nous avons perdu 5 ans, et sans doute plus.

    1
    1. Ne faites pas l’andouille svp, vous savez parfaitement que les réserves vis-à-vis de JLM sont sans rapport avec les termes de son programme : elles sont dues au fait que son comportement effectif suggère beaucoup trop souvent qu’il est le dernier à souscrire à ce qu’affirme son programme.

      9
      1. Ok, admettons : Mélenchon = graine de dictateur.
        Mais alors, faut-il qu’il soit bête comme chou, pour se faire le porte parole d’un tel programme qui, outre ses orientations résolument écologiques, constitue par ses propositions (6ème rep, etc.) une sérieuse entrave à l’exercice autocrate du pouvoir.
        Ou alors, sacré bonhomme quand même, qui défend un truc complètement contradictoire avec sa soooombre nature, juste pour le plaisir de tester sa capacité à s’en défaire victorieusement ?
        Ouahouuuu ! Mais c’est bien sûr !!!

        Un peu d’ironie dans un monde bien mal barré…

        4
      2. Une fois c’est une parole rapportée ne pouvant être rendue publique, une autre fois c’est un comportement lors d’une rencontre où il se serait mis la salle à dos alors qu’il avait raison sur le fond et une autre fois c’est le sentiment qu’il n’adhère pas à son programme. N’en jetez plus la coupe est pleine.
        Résultat des courses 5 ans de perdu, sans regrets.

        1
      3. Mon commentaire s’inscrit en faux contre l’affirmation que :
        « y a-t-il une réelle volonté politique ? A mon sens, une volonté existe en partie chez certains décideurs « en off » mais pas « en clair » dès qu’on examine le niveau de l’organisation, du syndicat, de la fédération, du parti. Il n’y a ni débat public suffisamment radical ni programme politique crédible pour la métamorphose, ni vision à la hauteur des enjeux sur le « marché politique ». Si on prend le périmètre de l’offre politique actuelle, on est vraiment très loin de ce qui est nécessaire.  »
        ________________________________________
        Je connais les réticences que vous avez exprimées sur le bonhomme, qui au risque de m’attirer de nouveaux sobriquets, me paraissent quelque peu inconsistantes au regard des enjeux.
        (Paroles rapportées à son propos ne pouvant être divulguées en public, attitude lors d’une conférence se mettant la salle à dos alors que son contradicteur avait tord et maintenant comportement suggérant qu’il ne souscrit pas à son programme)

        1
    2. @Romain Vitorge
      Vous tenez Paul Jorion responsable des 400 000 voix manquantes à JLM pour accéder au second tour ?
      Je ne savais pas l’audience du blog aussi fantastique 🙂
      (De toute façon il se serait planté au 2eme tour et c’est très bien comme cela puisque maintenant il y a la Nupes et une nouvelle génération à LFI).

      1. Et si « on » lui foutaient tous la paix à Mélenchon….

        Il a des « héritiers »…
        Soutenons- les , au minimum en mettant en évidence leurs initiatives….Et , SURTOUT , dans le pseudo -foutoir actuel , où tous les coups sont permis ( et amplifiés de manière orchestrée ..pour dégommer les LFI.. ) , « on » aurait bien besoin d’éviter de tirer sur le camp allié (fût-ce t-il « objectif »)…non?

  9. « Donc le travail psychologique, psychiatrique, culturel, artistique, narratif, pour « révéler le champ des possibles et des impossibles » à l’échelle politique est la clef. » Noble tâche mais à mon avis mission impossible. Il y a des choses trop ancrées et consubstantielles à l’espèce. Ce n’est pas la première fois que des sociétés humaines atteignent leur capacité de charge et que les aléas climatiques donnent un coup de pouce aux crise latentes. Généralement ça se finit par des effondrements, plus ou moins dilués dans le temps.

  10. Les gouvernements s’en moquent ils vivent sans se priver, enlever les voitures thermiques MAIS pas les Porsches, les bateaux, les jet privées….. comme d’habitude ils vont mettre des taxes pour les « gueux » et eux continueront leur train de vies anti écolo. Quand je vois tout ce que j’ai reduit, supprimé et quand je vois ces élites hyper riches ne faire aucun effort au bout d’un moment j’en ai marre d’être prise pour une imbécile.
    Oh et ils sont tous aussi tellement écolo ces gouvernements, qu’ils reouvrent les mines de charbon et sont pour le gaz de schiste mais continuons nous petit peuple de culpabiliser.
    je me dis que comme le film : don’t look up, les élites s’en fichent de tout detruire car ils ont probablement déjà prevu d’aller ailleurs au moment où cette planète s’enfoncera dans le néant, ont ils déjà une « arche » dans l’espace ? ont ils déja prevu d’habiter une autre planète ? Avec des milliardaires comme Musk ou Besos qui peuvent construire en secret des engins spaciaux, je me dis que c’est loin d’être de la fiction que de penser qu’ils ont déja prevu pour eux des portes de sorties le moment venue.

    2
    1. @sydney Le train de vie de l’élite, n’a que peu d’influence sur le résultat global, vouloir le réduire en laissant les comportements de la masse inchangés addicts à l’énergie et au CO2 ce serait faire du « green-washing » !

      La réouverture des mines de charbon et le basculement vers le gaz de schiste liquéfié d’outre-atlantique, sont le prix à payer pour tenter d’étendre notre mode de vie en Ukraine, pour ne pas décevoir des populations sensibles à nos médias par des sanctions économiques aux effets secondaires auto-infligées, étendant au domaine économique un conflit politique et hégémonique, faute d’accepter l’affrontement direct sur le plan militaire, sur lequel l’adversaire l’avait limité.

      Celà montre que cet objectif est jugé supérieur aux objectifs climatiques.

  11. Je pense que le capitalisme est le meilleur système pour organiser, structurer les sociétés humaines qui jouissent d’une bonne connaissance de leurs environnements (sciences), d’une population éduquée (techniques) et de ressources énergétiques de substitutions à la force animale, pour leurs ouvrir de nouvelles perspectives (upgrade, le matérialisme au service de la dématérialisation des sociétés). Le christianisme a permis à l’Occident sous l’Empire romain d’accomplir un bond en avant par sa capacité unificatrice. Le capitalisme a ensuite effacé le christianisme en rendant possible, le temps de griller la Terre, une encore plus puissante unification des humains en les connectant pratiquement tous entre eux. Si cette vision (mystère du vivant) porte en elle un début de réponse à ce qu’il faut faire, alors peut-être qu’une partie de la solution pour continuer notre voyage dans l’Univers, se trouve dans toutes les entreprises qui pourront nous rapprocher au point de ne faire plus qu’UN.
    Le christianisme a unifié les modalités du vivre-ensemble (amour, réciprocité positive) 500 ans, le capitalisme a unifié les modalités du partage des ressources matérielles, 200 ans. Nous avons quelques années pour unifier les modalités du vivant.

  12. Excellente synthèse de Cédric Chevalier

    J’y adhère pour l’essentiel par rapport à mes conclusions actuelles après y avoir longtemps réfléchi, mais j’y mettrais cependant quelques bémols par rapport à ce qui me chiffonne encore.
    Mes réflexions étant encore loin d’être abouties (le seront-elles un jour ? « that is the question », sourire) je ne peux en faire un résumé pour vous rapporter toutes les nuances que j’en ferais.

    Celles qui me viennent spontanément :

    1 – «  y a-t-il une réelle volonté citoyenne ? »

    Je dirais « non » quant à l’imprégnation de l’automatisme (inconscient) dans les modes de vie des sociétés modernes depuis le développement de la consommation (surconsommation), laquelle insidieusement imposée par un mercantilisme effréné via les techniques de vente & publicités de plus en plus intrusives grâce aux progrès à la fois de la psychologie et de la psychanalyse ( conscient-inconscient ) mais bien sûr aussi de la technologie (ex.internet) diffusant ventes & publicités, puis l’IA qui anticipe  besoins, désirs, envies…
    Personne n’y échappe.
    (J’aurais aussi bcp de choses à dire quant au rôle de l’enseignement dans ce constat, déjà un peu écrit en commentaires sur ce blog mais encore en cogitation )

    Mais « oui » pour ce qui résiste de conscience individuelle : on voit tous, on apprend tous, on constate tous et de + en + vite.

    Mais s’il faut peu de temps à l’individu pour admettre l’évidence, il faut a contrario à la collectivité humaine des années et des années pour que les mœurs & habitudes changent , de même qu’il faut des années pour que l’organisation sociétale s’adapte aux nouveaux besoins autres que mercantiles . Sauf si  révolution « sanglante » (c’est une image) , dont personne ne veut à raison à l’exception des quelques « fascisants » toujours prompts à la faire ; il y a aussi des fachos chez les écologistes, il y en a partout et pour toute cause.
    (bizarrement il n’y a pas eu besoin de révolution pour le développement du « confort  individuel », c’est une quête universelle depuis les hommes de Cromagnon)

    2- « Suppression des voitures de société + développement des transports en commun (gratuits) »

    J’ai déjà écrit un commentaire « clin d’oeil » (Jac) sur ce sujet. Je réitère de manière plus précise :

    Le développement des transports en commun ne résoudra pas les problèmes écologiques.
    Outre qu’ils sont contraignants malgré leur multiplication (je ne circule qu’en transports en commun urbains, périurbains, trains depuis 1999), leur surdéveloppement qu’imposerait la suppression ou limitation des véhicules particuliers obligerait un aménagement territorial tel qu’il faudrait toujours grignoter sur la nature et ses écosystèmes détruisant par cela toujours + la biodiversité.

    Ce qu’il serait plus judicieux à mon avis ce serait de limiter les déplacements obligatoires (ce que permet certes le télétravail qui par ailleurs crée de la désocialisation), en recréant une proximité entre lieu d’activité préservant le lien social et lieu de résidence plus intimiste (de + en + impossible à cause de la spéculation immobilière qui renvoie toujours plus loin les familles des lieux d’activité).
    Pourraient s’y adjoindre lieux de loisirs et commerces à échelle plus modeste (limiter les hypercentres commerciaux), mais sans toutefois trop concentrer les regroupements catégoriels de personnes travaillant dans telle ou telle activité pour ne pas revenir in fine à l’extrémité mononucléaire des « tributs » et/ou « villages médiévaux » entourés de ramparts parce que fragiles, ce qui asservirait à nouveau l’individu.
    Pour éviter cela les véhicules particuliers offrant une grande liberté joueraient un rôle stabilisateur entre « enfermement  collectif » et « ouverture individuelle ».
    Encore faudrait-il qu’elles demeurent financièrement accessibles au plus grand nombre et donc qu’elles ne soient pas à nouveau réservées à une élite.

    En bref, on n’a pas besoin d’interdits par des lois ou des taxes, on a besoin d’équilibre.

    Parenthèse concernant « l’écologisme » :

    Il me paraît aberrent que l’écologisme soit un parti.
    C’est pour moi comme s’il y avait le parti « économiste », le parti « éducatif », « fiscal », « judiciaire », « culturel », etc. c-à-d. toutes les charges qui incombent à un gouvernement quel qu’il soit. A la différence des partis socialiste, républicain, conservateur, libéral, etc chacun ayant un objectif sociétal qui lui est propre impliquant organisation & orientation différentes de toutes ces mêmes charges.
    Même s’il est vrai que l’écologie n’était prise en compte dans aucun gouvernement démocratique dans l’histoire puisqu’il n’y a eu conscience collective que dès lors que sont apparues les conséquences climatiques dues aux suractivités humaines & ses abus mettant en danger tous les humains, tous régimes politiques confondus. Ce qui de fait créait – ou aurait du créer – une nouvelle charge pour tout gouvernement.

    J’admets que sans les écologistes la plupart des gouvernements de tout parti, et particulièrement des partis de droite faisant de l’économie une priorité, les chefs de gouvernement de droite ou de gauche et surtout néolibéralistes faisaient la sourde oreille, persistant dans leurs objectifs politiques de profits rapides pour résoudre endettements, charges sociales etc, et pouvoir accroître les profits nationaux ( profits se confondant pour plusieurs chefs d’état et/ou membres de gouvernement à leurs profits personnels).

    Mais a contrario, le fait que les écologistes aient créé des partis pour mieux faire entendre leurs revendications, ils créaient en même temps une opposition à tous les autres partis politiques (concurrence démocratique oblige). De la sorte, au lieu de créer une adhésion collective tous partis confondus, ils ont accentué les divisions.
    Ce qui a contribué à retarder d’avantage la conscience collective et la prise en charge de l’écologie par les gouvernements.

    1
    1. NB : « En bref, on n’a pas besoin d’interdits par des lois ou des taxes, on a besoin d’équilibre. »

      A cela je précise :

      On n’a pas besoin de + de lois (tant et tant de lois que le citoyen ordinaire ne peut plus les connaître ) ni surtout de + de taxes dont on est déjà saturé, lesquelles aggravent les inégalités car elles sont les mêmes pour tous, riches et pauvres (à l’inverse de l’impôt sur le revenu) ce qui par conséquent accentuent les colères.
      Le score de ML le démontre bien, car les colères engendrent la perte de visions & perceptions claires et rendent plus vulnérables au point de se laisser envouter par les sirènes du fascisme donnant illusion d’un « progrès social » (alors qu’il n’est que régression) .

      1
    2. Suite de mes « bémols » pour ce qui me « chiffonne » :

      « Taxe carbone + redistribution du montant collecté vers les plus pauvres afin de financer leurs travaux d’isolation du logement ; »

      En somme par la taxe carbone dont ne seraient pas exemptés les pauvres (ni les modestes d’ailleurs bien plus nombreux devant se priver de + en + de choses dont ils ont besoin), les pauvres contribueraient au financement des travaux d’isolation (!!!).
      Alors qu’ils ne peuvent plus payer l’absolu nécessaire comme : nourriture saine et équilibrée, les loyers (même HLM), mutuelles santé devenues obligatoires pour un remboursement à 100% (non pas 100% du remboursement de la sécurité sociale, mais 100% des réels frais engagés. La CMU à laquelle ils ont droit ne permettant que les soins de base d’une efficacité minimale par rapport aux progrès de la médecine et de la pharmacopée)… etc.
      Pour se protéger du froid dans les apparts & maisons il y a une solution encore facile pour eux (je pratique) : bien se couvrir et c’est très sain. Par contre il y a un hic pour se protéger de la canicule, on ne peut pas se dévétir plus qu’à poil ni vivre dans une baignoire remplie d’eau froide.
      Et ne vous leurrez pas, les aides de financement ne couvrent qu’une partie des frais réels parce qu’ils correspondent aux frais médians. Pour les HLM les plus anciens qui en auraient le + besoin (les plus accessibles pour les pauvres) sont si délabrés qu’une réelle isolation coûterait bien plus cher.
      C’est pourquoi d’ailleurs les organismes publics HLM ne font même pas les travaux d’isolation de base malgré les aides déjà existantes. Les plus pauvres ne leur rapportant rien (ils leur coûtent même) ils se concentrent d’avantages sur la construction de nouveaux immeubles respectant les normes d’isolation mais dont les loyers sont bien plus élevés, donc non accessibles pour les plus pauvres malgré allocations logement ; lesquelles d’ailleurs ont été récemment réduites puisqu’elles sont à présent indexées sur les m2 estimés « suffisant » :
      par exemple on considère à présent pour les métropoles hors Paris (2ème catégorie, Paris étant la 1ère et la 3ème étant le reste) qu’une personne seule peut se suffire d’un loyer de 250 euros (!!!!! ça existe ??? alors que + un logement est petit + il est inversement proportionnel plus cher qu’un logement plus grand ! : effets de la spéculation immobilière).
      Ceux qu’ils sont ignares ceux qui créent les normes ! Ou pas du tout ouverts sur la réalité du monde qui les entoure (effet de « l’entre soi »)

      1. « effets de la spéculation immobilière »,

        loi de l’offre et de la demande bien sûr. Toutes les villes, leurs banlieues et même plusieurs villages (s’il fait bon y vivre) proposant des logements de + en + chers, forcément il y a + de demandes pour les appartements + petits …. CQFD
        Ce que ne comprennent pas ceux qui font les règles pour l’accès aux APL et qui sont bien logés, en supposant qu’ils les fassent en toute bonne foi quand bien même, si on n’est pas trop dupe, on peut douter et penser que ce n’est que manoeuvre comptable pour dépenser moins (puisque notre président s’étonne qu’il donne de + en + d’argent aux pauvres et que cela ne fait pas réduire leur nombre, à quoi bon en donner encore et encore. Il doit penser qu’en donnant moins aux pauvres ils disparaîtront, « logique » à la MLP)

  13. Cédric Chevalier a raison.

    Mais le constat du comportement des gens me porte au pessimisme absolu:
    Que veut la foule ? du POUVOIR D’ ACHAT ! – et c’est bien ce que les politiques promettent. Ils rouvrent des centrales au charbon, distribuent des primes, accordent des hausses de salaires.

    La seule solution ? Une politique mondiale de l’enfant unique pendant 3 ou 4 générations accompagnée de l’interdiction des gaspillages les plus honteux par les plus riches.
    Sinon: la guerre.

    1. P.S.
      Quand donc se rendra-t-on compte que plus de pouvoir d’achat, outre plus de destruction du biotope, entraîne plus de capitalisme !
      Consommation – capitalisme – même combat !

      2
    2. Cédric Chevalier
      suite mes bémols
      (attention, sur les bémols je suis capable d’être très très prolixe)

      – Taxation de la viande + droit garanti et gratuit à l’alimentation de qualité (nouveau pilier dans la Sécurité sociale) ;

      Encore une taxe !!!
      Décidément, ceux qui raisonnent le mieux pour faire des constats précis et cohérents sont les moins aptes à trouver des solutions aussi précises et cohérentes que leurs raisonnements…
      Faut être dans le concret pour ça ! Pas dans la théorie !
      Faut être capable de trouver rapidement des solutions chaque fois qu’on tombe sur un os.
      Et puisque vous vous préoccupez des pauvres – je vous en remercie – et qu’en cela je vous crois très sincère, sachez que dans la classe du très bas que je connais très bien, il s’y développe une importante ingéniosité digne des plus grands ingénieurs, grace à la vitale obligation de trouver trucs et astuces pour pouvoir vivre correctement avec le moins d’argent possible. D’ailleurs ils réinventent plein de choses qui existent déjà mais dont ils n’avaient pas eu connaissance (et pas à leur portée) à cause de leur manque d’accès au « savoir universel » , pas parce qu’ils ne sont pas capables mais parce qu’ils n’en ont pas le temps.
      Alors que la plupart des riches deviennent de plus en plus cons à force de ne trouver des solutions qu’avec leur carte gold et non avec leur cerveau.

      ma critique :
      je sais je sais, manger de la viande c’est pas bien. Ca tue des animaux qui n’ont rien demandé à personne : Mal ! Alors que dans la nature les animaux n’hésitent pas à tuer d’autres animaux pour se nourrir, je ne vous apprends rien… (zut j’oublie que nous ne sommes pas des animaux mais des « êtres supérieurs » …. heu… mon chat va m’en vouloir s’il lit ce que je suis entrain d’écrire)

      Je suis bien d’accord qu’on n’a pas besoin d’en manger beaucoup (j’en mange très peu) du moins pour ceux qui sont le plus souvent assis devant un ordinateur. Donc je comprends bien la solution facile et spontanée de la surtaxer.

      Mais les pauvres, eux, qui triment pour 3 francs 6 sous en portant des poids toute la journée , en manipulant des marteaux piqueur, en déplaçant plein d’objets lourds pour faire le ménage …etc …etc (je vais quand même pas vous refaire Zola) ont le plus besoin de protéines !
      J’ai recherché rapidement un site qui vous l’expliquera mieux que moi :

      https://www.anses.fr/fr/content/les-prot%C3%A9ines

      Et c’est encore dans la viande qu’on en trouve le plus pour un prix moindre, quand bien même elle n’est pas la meilleure pour la santé ; et ce d’autant plus que la cuisine végétalienne ou végane -bio- n’est pas à la portée de toutes les bourses parce qu’elle implique nombreux produits qui doivent voyager en porte-conteneurs ou avion, ce qui n’est pas très écologique; alors que de la viande il y en a chez nous.
      De plus, avec les végétaux contenant des protéines, nombreux sont allergènes (à force d’être « aseptisé » l’humain moderne développe pleins d’allergies par réaction de son système immunitaire qui se défend pour continuer à exister… très raccourci j’en conviens)

      https://allergies-alimentaires.org/regime-vegetalien-et-allergies-alimentaires/

      Que d’incohérences !!!!

      SUGGESTION
      pour les plus pauvres qui ont besoin de protéines , sans qu’ils aient besoin pour cela de fournir un « passe droit » pour justifier qu’ils en ont besoin (faut quand même arrêter de les insulter indirectement en les obligeant à faire fi de leur dignité ):

      Obliger les grandes surfaces (les moins chères) à ne vendre que de la viande d’excellente qualité à prix moindre (donc détaxée) et non plus les filets de poulets Pec.
      (Là je vous rejoins, mais sans les surtaxes parce qu’il y en a marre !)
      Bien sûr les plus riches en profiteraient alors qu’ils n’en ont pas besoin, mais au moins cela mettrait au même rang d’égalité toutes les classes sociales. Et si ça risque fort de vexer les plus riches, cela honorerait les plus pauvres, ils en ont bien besoin.
      Quel réconfort pour donner du courage !
      Jac

      1
        1. # Pierre-Yves
          Oui, l’idée vient de plusieurs forums et a pu remonter jusqu’à lui, mais accordons lui le mérite d’y avoir réfléchi.
          Mais moi je suis contre le principe des chèques réservés aux plus pauvres, bien que j’ai eu droit au chèque énergie même principe, et qu’il m’a rendu bien service pour mon budget très serré.
          Je l’ai écrit en commentaire plusieurs fois (Jac, mon pseudo qui s’est perdu en route, peut-être dans les méandres d’Askimed ? sourire)
          Je suis contre les aides avec un plafonnement de revenu, sauf s’il y a -avait- un montant progressivement dégressif au delà de ce plafonnement (principe en sens inverse des impôts sur le revenu, ou principe dans le même sens des APL) .
          Je considère que cela crée des injustices par rapport à nombreux qui ont un revenu légèrement supérieur au plafonnement et qui doivent payer plein pot : Ils en sont plus appauvris que ceux qui gagnent moins qu’eux.
          Trop de calculs peut-être ? Trop de frais ? Brrrr

          Cela me parait simple à comprendre, je l’ai suggéré depuis longtemps , gouvernement Jospin sous Chirac, et Hollande l’a mis en pratique pour la CMU par le biais de chèques dégessifs destinés aux mutuelles.

          1
    3. Hadrien

      « Que veut la foule ? du POUVOIR D’ ACHAT !  »

      La foule ne raisonne pas, elle réagit. Même les personnes les plus intelligentes qui s’y trouvent mêlées peuvent ne pas se distinguer de la masse et crier par mimétisme ou réflexe les mêmes slogans.
      La réaction rend « stupide » surtout quand elle est portée par le ras le bol, le « trop c’est trop ».
      Mais réclamer + du pouvoir d’achat ne signifie par pour autant vouloir pouvoir dépenser + , du moins pour un grand nombre.
      Il faut savoir interprêter le langage de la colère : il a plusieurs sens selon problèmes différents qui engendrent les mêmes conséquences. Cette revendication spontanée signifie pour beaucoup (je ne compte pas les décérébrés, il y en a partout) :
      « on n’en peut plus de devoir travailler toujours + pour ne pas pour autant avoir suffisamment pour vivre »
      ( c’est plus long, moins percutant, avouez donc).

      Franchement je préfère cette réaction qui me paraît plus légitime que celle de notre président quand il s’exclame  » je donne de + en + d’argent aux pauvres et il y en a toujours autant » (ou « de + en + » je ne sais plus).
      Lui n’a aucune excuse d’être aussi stupide.

  14. En tout cas, l’environnement n’attend pas, lui :
    https://www.20min.ch/fr/story/un-hotel-en-emmental-submerge-611640020172
    « Après les orages de lundi, un débit maximal de 273 mètres cubes par seconde a été mesuré dans l’Emme. «Cela correspond à un événement qui se produit environ tous les 80 à 100 ans», écrit SRF Meteo sur Twitter. En juillet 2014, des quantités d’eau encore plus importantes s’étaient toutefois écoulées à la même station d’Eggiwil: 338 mètres cubes par seconde avaient alors été mesurés. »

  15. Aucune intention n’a l’air mauvaise, et rien de tout cela n’est faux.
    Mais il faudrait, encore et toujours, « faire prendre conscience… » : les éveillés (woke) parlent aux masses. Et la bataille électorale sera gagnée (?)
    Ben non, moi je n’y crois pas à la Prise de Conscience Finale.
    Si les élites intellectuelles et culturelle doivent s’atteler à quelque chose, c’est à bâtir un projet politique. A le faire connaître puis adopter par le plus grand nombre. Jusqu’à l’ultime confrontation.
    Certains (trop rares) se sont attelés
    Le gars qui peut vous faire rire, et parfois vous émouvoir, avec un projet communiste. Conférence donnée chez nos amis suisses. Il s’est même trouvé un nouveau slogan :
    « There Is No Alternative »
    https://www.youtube.com/watch?v=l-yHD8hwukc

  16. J’arrive un peu tardivement pour faire un commentaire sur ce billet de Cédric Chevalier.
    Je suis d’accord pour les deux premiers points : nous avons tout ce qu’il faut pour comprendre ce qui se passe et pas besoin d’attendre plus pour agir.
    Mais j’ai une réaction allergique lorsqu’il s’agit de Pacte Social-Ecologiste.
    Fin du mois et fin du monde ne sont pas à mettre sur le même plan. La fin du mois ne nous est pas imposée par la nature, la fin du monde est une limite physique. La fin du mois est un problème politique et économique (et donc uniquement politique), la fin du monde un (gros) problème factuel qui va s’imposer à tous quelles que soit les opinions politiques, philosophiques… Et donc, que l’une est affaire de sciences sociales et l’autres de sciences expérimentales. Et que les sciences expérimentales s’imposent à tous. On ne discute pas, on ne négocie pas une loi de physique, de chimie, de biologie ou d’écologie… Et l’écologie est affaire d’écologues, pas d’écologistes. Nous nous soumettons (comment faire autrement ?) aux lois de la physique, de la chimie, et nous le ferons (et cela va faire mal) aux lois de l’écologie-science. Voila l’obstacle principal, l’obstacle premier : l’écologie-politique est, par son positionnement politique LE frein à l’avancée dans les consciences de l’écologie-science. Instinctivement, les 3/4, voir les 9/10 de la population associe écologie-politique et écologie-science. Et c’est un repoussoir absolu pour cette dernière (exemple : les saillies assassines de N. Sarkozy sur les bobos-écolos avec leurs gros 4-4 qui roulent au centre ville ..etc). Donc le premier obstacle est l’écologie-politique. Donc il faut faire sauter le verrou. Donc il faut euthanasier l’écologie politique, rien de moins. Libérer les consciences de ceux qui se ferment dés qu’ils entendent le mot « gauche », voient rouge dès qu’il lisent « extrême gauche », pour qu’ils puissent sereinement mais profondément, en pleine conscience, accepter l’écologie-science.
    Dans le domaine de l’écologie-science, la partition n’est pas écrite par les politiques mais par les scientifiques. Que chacun écoute ce que scientifiques et ingénieurs ont à dire. Ensuite, et seulement ensuite, que les politiques mettent en oeuvre la résolution nécessaire. A charge aux politiques, avec l’appui du peuple, de faire en sorte que cette partition soit socialement supportable par la majorité.
    Comprenez-bien, la science expérimentale établie des lois qui sont chacunes dictatoriales. Pas question encore une fois de négocier ces lois. Seules peuvent être négociées les lois humaines pour que cela soit supportable.
    J’ai vu dans les commentaires que Jacqueline Subias avait seule soulevée ce point.
    Il faut que je vous cite cet extrait du livre de Delphine Batho, Ecologie Intégrale (12/2018), membre connu et actif de partis écologistes : « La gauche et la droite c’est terminé. Ces repères sont historiquement datés. Surtout, l’opposition entre la gauche et la droite est devenue factice (p 30 chapitre 2), … L’écologie intégrale consiste à ce que tout choix politique soit fondé, dans tous les domaines, sur et pour l’écologie. (p45, chapitre 5). »
    Suis-je seul à penser cela ? Qu’il n’y a pas de parti « physiciste », pas de parti « chimisiste », pas de parti « mathématiciste »….

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.