Rappel : L’effondrement à venir : Le temps qu’il fait le 28 février 2014

C’est l’un d’entre vous qui me rappelle cela. Je suis d’accord qu’il n’y a pas grand-chose à changer à ce que je dis là. La seule chose que je ferais différemment, ce serait montrer en conclusion, au lieu de Comprendre les temps qui sont les nôtres (Odile Jacob 2014), un livre qui ne paraîtrait que deux ans plus tard : Le dernier qui s’en va éteint la lumière (Fayard 2016).

Le tragique dans cette affaire, c’est qu’aussi justifiées qu’aient été les alertes que je lançais, aussi sages qu’aient été mes propos il y a huit ans, ils n’ont fait aucun différence au niveau des décisions prises par les gouvernements. Oui, mes livres sont au Top 10 des plus piratés (comme me l’annonce avec un enthousiasme mal dissimulé l’un d’entre vous 😉 ), oui, et cela me fait chaud au cœur, on en entend l’écho dans les déclarations contestataires des récemment promus de certaines grandes écoles, mais nos systèmes politiques n’ont pas permis à une quelconque de mes propositions de se concrétiser en décision effective.

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48 réflexions sur « Rappel : L’effondrement à venir : Le temps qu’il fait le 28 février 2014 »

  1. Le point d’orgue de vos publications sera à mes yeux, et là je me répète, « comment sauver le genre humain » . Aujourd’hui vous finiriez peut-être votre vidéo par l’accent à mettre sur une trilogie: « comprendre les temps qui sont les nôtres » , « le dernier qui s’en va éteint la lumière » , et enfin « comment sauver le genre humain » .
    D’ailleurs en cheminant dans les titres de ces ouvrages on peut faire une sorte de panégyrique sur la condition humaine.

    Si après ces 3 ouvrages , et je ne tiens pas compte de vos articles, conférences , nos cranes d’œuf ne comprennent pas c’est qu’il leur manque une case ! Laquelle ? Ce qui est sociétalement acceptable .

  2. Il y a exactement 233 ans ce soir, la nuit du 4 août 1789, l’assemblée constituante votait « l’abolition des privilèges ».

    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b69439979.item

    Quand vous nous parlez de certains qui gagnent 800 fois votre revenu, ou d’autres (les mêmes ?) qui ont le pouvoir de s’opposer à l’intérêt général afin de ne pas réduire leurs dividendes, il me semble bien que tous les privilèges ne sont pas abolis !

    Le seront-ils un jour ? Oui quand l’effondrement sera total et qu’il n’y aura plus aucun humain pour en profiter puisque, nous en sommes persuadés, même le privilège de l’ « oasis » n’existe pas.😠

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    1. @ Gaston,

      Les privilèges ne sont pas abolis… j’en conviens largement :
      https://twitter.com/i_fly_Bernard

      Les six avions des plus grandes fortunes française ont émis 520 tonnes de CO₂ sur ce mois de juillet, soit l’équivalent des émissions d’un Français moyen pendant 52 ans !

      Mais point de « zone à faible émission » (ZFE) pour ces gens là… 🙁

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      1. @ Benjamin,

        Puisque nous en sommes dans la turpitude des aéronefs, avez-vous déjà eu la curiosité de consulter le site des vols commerciaux et privés Flightradar24 ? Voilà le résultat :

        https://www.flightradar24.com/32.67,-14.17/2

        Elle est pas belle notre belle planète bleue ? Elle ressemble à une bouse sur laquelle se serait jetée une nuée d’insectes coprophages.
        Ils vont tout bouffer et nous avec !

        Alors pour être plus « vertueux » prenez une montgolfière me direz-vous, ? Eh bien détrompez-vous : 1 heure de Montgolfière = 450 km en voiture question CO² :

        https://reporterre.net/Voler-en-montgolfiere-c-est-mauvais-pour-l-atmosphere

        Pilâtre de Rozier n’aurait jamais imaginé qu’il serait un jour le précurseur de privilégiés oisifs et insouciant. 😠

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        1. @ Gaston,

          A trop vouloir se prendre pour Icare, les ailes (et autres appendices nous permettant de voler) nous emmènent vers une mort « certaine ».

    2. Hélas nous sommes plus près de 1939 que de 1789…
      On ne peut pas choisir son époque.
      Mais on peut montrer son cul sur Tiktok. C’est toujours ça de gagné.

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  3. Je ne sais pas si d’autres ont déjà constaté celà, mais moi je constate de plus en plus que des gens qui habitent plus en ville sont déconnectés de la réalité, des problèmes du monde : guerre, ecologie…. peut être le fait qu’ils sont plus riches et que tout consumerisme est a porté de main je ne sais pas mais ces « petits bourgeois » du confort facile risquent d’être les premieres victimes enfin dans nos pays occidentaux a avoir du mal a s’adapter aux changements proches et aux privations.

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    1. Qui habitent plutôt en ville, vous voulez dire ? Pas évident, l’écologie y est méditée y compris dans les quartiers pauvres…

      1. oui je faisais une comparaison, en tout cas de mon côté c’est ce que j’ai constaté assez souvent, ce n’est peut être pas une généralité ,que ceux qui habitent en grandes villes qui ont un bon revenu ne veulent pas trop se preoccuper l’esprit, pour eux le plus important c’est : restos, café, sorties loisirs …. J’ai eu des conversations lunaire même parfois avec ce genre de personne deconnectée des graves problèmes écologique.

        1. IMPORTANT

          Bonjour à tous,
          Bonjour Sydney,

          Vous faites erreur ! Vous vous faites piéger dans votre analyse par la densité de population qui est forcément plus importante au sein d’une ville qu’à la campagne. Or, en réalité, l’excès de soif mesurable de libertés individuelles reste le même au sein de la population en général, et ceci quel que soit sa localisation, tant il s’agit d’un facteur déterminant propre à l’être humain uniquement. Ainsi, que vous vous trouviez en ville ou bien à la campagne, ce facteur déterminant le niveau d’indifférence vis à vis de la crise systémique globale en cours, reste strictement le même. Ce qui vous donne l’impression que c’est bien plus mesurable en ville que partout ailleurs, c’est la densité de population au m2. Un point c’est tout.

          J’en veux pour preuve que je vis dans un village où il a plu durant ces trois dernières années, des dizaines et des dizaines de permis de construire de piscines ou de spa de luxe, quand il ne s’agit pas tout « simplement » de constructions purement et « simplement » clandestines, et ceci alors même que chaque été, les menaces de sècheresse se font de plus en plus pressantes jusqu’à atteindre un point culminant de dangerosité extrême cette année. Or même là, cela n’empèche pas ces êtres humains peu scrupuleux de faire fi ! des arrêtés préfectoraux, de défier leurs rares voisins engagés dans la lutte, et de décider de leur plein gré de remplir en toute impunité leurs immenses bassins de luxe !

          La question primordiale découlant de tout cela est donc plutôt celle-ci :

          Mais alors, que fait la justice lorsque ces rares voisins engagés dans la lutte, prennent le risque de dénoncer ce type de comportements erratiques dont ils sont eux-mêmes victimes, si ce n’est faire semblant de tergiverser pendant des mois, voire des années, tout en fixant des jalons provoquant ces fâcheux délais d’attente judiciaire se révélant tout « simplement » systémiquement INSOUTENABLES au regard de l’urgence systémique en cours !

          Moralité, comme beaucoup d’entre vous sur ce Blog, y compris notre hôte, vous ne regardez plus du tout du bon côté de la crise systémique globale en cours en 2022. Car que vous soyez en ville ou bien à la campagne, les méthode dilatoires employées par la défense des libertés individuelles restent strictement les mêmes. Voilà donc ce qu’il faut impérativement montrer du doigt en 2022 de tous côtés, ce pourquoi très peu de personnes osent vraiment franchir le pas ; il est hélas ! plus facile de tergiverser que de passer à l’acte…

          Si vous cherchez l’erreur, regardez-vous « simplement » dans un miroir.

          Ah ! Ça ! Dès qu’il s’agit de devoir faire preuve de courrage, là malheureusement, il n’y a plus personne ; j’en sais quelque chose…

          Pourtant, ce n’est pas faute de ma part de tous vous alerter sur ce point sulfureux depuis quelques temps, sachant qu’en France, le dernier rapport de 250 pages des états généraux de la justice en dit suffisamment long également…

          Avez-vous seulement lu ce rapport accablant, sachant en outre qu’il faut aussi savoir le lire entre les lignes :

          https://www.vie-publique.fr/rapport/285620-rapport-du-comite-des-etats-generaux-de-la-justice-oct-2021-avril-2022

          Mes Amitiés du Midi où le Mistral ne cesse de souffler sur une garrigue totalement grillée,

          Tic Tac Tic Tac …

          Philippe

          1. Salut Philippe,

            Quand je lis le mot « voisin » et aussi à la suite « Mais alors, que fait la justice lorsque ces rares voisins engagés dans la lutte, prennent le risque de dénoncer ce type de comportements erratiques dont ils sont eux-mêmes victimes, »

            Je t’avoue que j’ai toujours un petit mouvement de recul. Si un système fonctionne sur la dénonciation c’est un système qui est très largement hypocrite en amont et qui distille un venin, car la dénonciation relève du venin de mon point de vue. Il est assez simple à une collectivité organisée et éduquée et informée comme notre pays d’interdire les piscines, les voitures qui consomment plus de 3L/100Km, bref tout ce qui n’est pas dans les clous si on le décide collectivement volontairement. Ensuite le contrôle par un tiers dument mandaté est assez simple et officialisé et accepté.

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            1. Dans ce cas, surtout ne t’arrêtes pas ! Continue de prendre du recul, cela t’aidera à remettre tes pendules à l’heure au regard de l’urgence systémique en cours…

              Car pour ma part, ce n’est pas faute de vous alerter depuis des années, et donc à ce stade, toute nouvelle tentative de dénigrement de mon propos est non seulement abusive après tant d’années, elle est surtout non productive au regard de l’urgence systémique en cours…

              De plus, lorsque tu écris, je te cite : « Il est assez simple à une collectivité organisée et éduquée et informée comme notre pays d’interdire […] tout ce qui n’est pas dans les clous si on le décide collectivement volontairement. Ensuite le contrôle par un tiers dument mandaté est assez simple et officialisé et accepté. », c’est peut-être vrai sur le papier, cela ne l’est absolument pas à court-moyen terme dans les faits du fait notamment des manoeuvres dilatoires de la défense des libertés individuelles, ce qui prouve au passage que tu n’as aucune expérience de ce que tu avances ici, voire aucune connaissance de l’état de profond désarroi auquel est confronté l’ensemble de notre justice, et par ricochet celui des victimes.

              Donc continue de prendre du recul, car comme beaucoup d’autres ici, tu en as vraisemblablement grand besoin toi aussi en 2022…

              Sur ce, j’en ai assez lu et surtout assez dit pour ce matin…

              Mes Amitiés,

              Philippe

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    2. Bonjour,

      je connais l’inverse : des gens qui habitent en ville par conviction écologique:
      – déplacements à pieds ou en transport en commun,
      – chauffage d’un immeuble + performant que celui d’une maison car chaque étage chauffe celui du dessus,
      – immeuble => moins d’étalement urbain aussi.
      – infrastructures (eau élec fibre) + partagé (- de maintenance/utilisateur)

      Et c’est vrai que ça se défend: petit j’habitais à la campagne, entre l’école, les courses et le travail des parents, on faisait plus de 10000 km/an !

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  4. Au sujet de l’effondrement, je viens de découvrir « Time for the planet », je ne sais pas si quelqu’un en a déjà parlé ici, mais je trouve l’initiative carrément excellente : rassembler des talents, du pognon et développer en open source des entreprises pour lutter contre le réchauffement climatique.
    Une longue vidéo de présentation ici (1h) :

    Je trouve ces deux gars très convainquant.
    Pour les pressés, une courte ici pour comprendre l’idée en 2 minutes (« Pisser sous la douche ne suffira pas ») assez percutant.

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        1. Sens usuel : (Wikipedia) « Dans la terminologie informatique moderne, un « kludge » (ou souvent un « hack ») est une solution à un problème, l’exécution d’une tâche, ou un correctif de système qui est inefficace, inélégant (« hacky »), ou même incompréhensible, mais qui fonctionne en quelque sorte. Elle est similaire à une solution de contournement, mais rapide et peu élégante. »

          Leur sens : « Point de faiblesse d’un vaste système informatique sur lequel appuyer pour obtenir l’effet maximal pour le changer en entier ».

          La différence essentielle me semble-t-il est qu’ils font d’un terme péjoratif (« bidouillage infâme »), un terme positif (« astuce géniale »).

        2. Un peu comme on dit « marabouter » pour dire qu’une personne a pris le contrôle d’une autre supposée avoir son libre arbitre au début de l’histoire.

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      1. Je fouille leur site depuis ce soir seulement. Très intéressant. J’y ai vu Jean Jouzel en membre, déjà c’est un gage intéressant.
        Les projets en route (innovations financées) :
        https://www.join-time.com/fr/innovations?status=star
        C’est assez motivant je trouve : les dons sont utiles, on voit se développer les projets.
        Le point le plus fort, c’est l’open source.
        Avec donc la contrainte forte qu’une société qui reprend une innovation est contrainte à laisser ses éventuelles améliorations en open source également.
        Libérer l’innovation et coopérer.

    1. GRAVE !

      Tout cela est totalement bidon !

      C’est pathétique !

      Partout, les émissions de CO2 eq. (équivalent), et pas uniquement celles du CO2, on atteint de tels niveaux ces dernières décennies, que les stocks atmosphériques sont d’ores et déjà stratosphériques pour les 100 prochaines années ; belle image n’est ce pas ?

      L’emballement climatique est donc déjà là malgré des décennies d’alertes également !

      L’heure n’est donc plus aux changements chronophages et illusoires de comportement, ce qui a déjà fait l’objet en vain de nombreuses méthodes d’accompagnement au changement, mais à la condamnation pure et « simple » de tous ces comportements erratiques clairement identifiables.

      L’urgence systémique en cours n’est donc pas à une énième méthode d’accompagnement au changement de comportement comme celle-ci dont les auteurs se situent eux-mêmes à des années lumières de la réalité vécue !

      C’est pathétique !

      Et vous voir tous débattre de ce sujet sans réagir spontanément comme je le fais ici, me déprime au plus haut point…

      La seule sobriété systémiquement utile à court-moyen termes, c’est celle consistant à devoir TOUT STOPPER !

      Il n’existe aucune autre possibilité à court-moyen terme au regard de l’urgence systémique en cours !

      Et là encore, ce n’est pas faute de ma part d’essayer de tous vous alerter…

      Mes Amitiés,

      Philippe

      ps : je vous renvoie à mon commentaire important situé sous celui de Sidney…

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      1. Oui oui, on est d’accord sur le constat et sur ce qu’il faudrait faire.

        Cependant, aucun gouvernement ne prendra ce genre de décision extrême, à mon avis…
        Pour un couple de classe populaire ou moyenne, la « durée de survie » ou la « qualité de survie » à court terme semble meilleure en continuant ainsi plutôt qu’en devant supporter des décisions politiques fortes maintenant.

        Oui, ces décisions politiques fortes sont nécessaires et feraient mieux d’être prises le plus tôt possible pour atténuer le choc. On est d’accord.

        je ne veux pas les défendre, mais l’approche de Time for the planet m’a l’air constructive et positive, pousse à la coopération et à l’innovation et en plus peut motiver des gens qui voudraient bien agir mais ne savent pas comment (et il y en a beaucoup, pas seulement pour se donner bonne conscience).

        Hacker le capitalisme sur son terrain, grâce à l’open source et à une diffusion rapide des brevets.

        Enfin, ce que je veux dire, c’est du positif, acceptable pour les gens.

      2. « La seule sobriété systémiquement utile à court-moyen termes, c’est celle consistant à devoir TOUT STOPPER ! »

        A combien de morts tu évalues le bilan sur une simple année si on stoppe tout ? Ici rien qu’en France ?

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  5. Bonsoir Paul,

    « […] mais nos systèmes politiques n’ont pas permis à une quelconque de mes propositions de se concrétiser en décision effective. »

    N’est-ce pas parce que nos gouvernants politiques actuels ne sont pas la cause du problème mais plutôt sa conséquence ?

    Je m’explique : si on considère nos systèmes politiques actuels comme une émanation non pas de la volonté du peuple mais bien plus de la « volonté » du système capitaliste, alors il devient évident que l’action politique n’a comme seul objectif de répondre aux besoins du système capitalisme.
    Le tour de « passe-passe » depuis près d’un demi siècle étant de faire croire au peuple que ses besoins à lui sont « implicitement » alignés avec ceux du système capitaliste (merci les médias occidentaux de masse pour leur « lavage » de cerveaux).

    Ce ne sont pas nos gouvernants politiques qui génèrent le système capitaliste… C’est le système capitaliste qui génère nos gouvernants politiques… Et nous, on nous hypnotise gentiment mais sûrement (via les médias) pour nous faire avaler la « pilule » sans trop rechigner, même si elle a un gout de plus en plus amer.

    C’est pourquoi, je m’étonne que vous désespériez que nos systèmes politiques n’est pas mis en œuvre des actions pour lesquelles ils n’ont pas reçu « mandat » de la part du système capitaliste ?!…

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      1. @ Paul,

        Je dira même plus : très choquante 😉

        Mais je ne désespère pas qu’une part non négligeable d’humains finisse (face à l’accumulation d’indices sur l’effondrement en cours) par trouver l’idée salutaire et s’attaque sérieusement au problème en arrivant à entrainer dans son sillage le gros des troupes !

    1. « (…) depuis près d’un demi siècle étant de faire croire au peuple (…) »

      Bien avant en fait ; certains date ça de 1789 – 1790.
      D’autres (dont je suis) pensent que le « tour de passe-passe » date de l’instauration de la 3ème république, après le massacre de la commune de Paris, lorsque Tiers a su convaincre les tenants du capital qu’ils auraient meilleur compte à tenir le pouvoir via une république « bourgeoise » plutôt qu’à l’abandonner à un roi, toujours susceptible de décider de s’appuyer sur le peuple en cas de conflit d’intérêt avec les détenteurs du capital.

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  6. Chapeau, en tous cas.

    Beaucoup sentaient depuis longtemps  que la trajectoire était foireuse,  ici sur l’énergie,  là sur les ressources, les pollutions diverses,  la biodiversité, l’économie.

    Tu as su mettre en place une grille de lecture de ce qui se passe, le soliton tout ça, ce qui évite de prendre des symptomes pour des causes, et permet de relier les points, petit à petit.

    A part le travail de Dennis Meadows, peu d’études ont été aussi larges et claires.

    On va sans doute griller,  ou suffoquer, ou crever de faim ( je ne rigole pas en écrivant ça  à côté de mon fils de 14 mois ) mais au moins, on saura exactement pourquoi !

    Je suis également sidéré par la puissance du syndrome  » don’t look up » , de ceux qui se tortillent sur leur chaise dès que j’aborde des questions existentielles.

    La nature pourtant hurle plus fort aujourd’hui  en se désechant,  que tous les militants écolos reunis…mais non ! :

    Ils ne pensent qu’ au pédalo qu’ils ne pourront pas louer.

    Ils ont oublié qu’il nous faut de l’eau , tout d’abord, pour boire.

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    1. @ Thomas Jeanson,

      Ils n’ont pas oublié : on leur a fait croire que c’était devenu un sujet secondaire, l’eau étant jusqu’alors facilement accessible dans les pays occidentaux.

      C’est pourquoi, je pense que le réveil (et la gueule de bois qui va avec) est douloureux pour beaucoup : ils se tortillent sur leur chaise car ils sont rattrapés par une réalité qui ne colle pas (ou plutôt « plus ») avec le mythe qu’on leur a vendu des décennies durant. Ils remettent les pieds sur terre…

      Ceux qui sont dans la posture « don’t look up » ce sont pour l’essentiels ceux qui profitent du système capitaliste : eux ne veulent surtout pas voir la réalité en face. Ca leur demanderai des faires des « efforts » qu’ils ne sont pas prêts à consentir.

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      1. Les métaphores liées à l’eau sont en général assez puissantes
        (le Déluge, Moïse, la mer rouge, dans l’Ancien Testament, le baptême dans le nouveau,
        et puis la notion de source, d’estuaire est riche et « intersectionnelle ».

        C’est un bon point d’appui pour diffuser des idées…
        Et aussi pour des savoirs de reprise en main du capitalisme : les régies municipales de gestion de l’eau plutôt que Les géants exploiteurs
        du type Véolia etc.

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        1. Ici, le syndicat intercommunal soutenu par le département des landes est devenu à son tour un affreux géant.

          Dans ma commune, en 2022, ils viennent de construire une nouvelle station d’épuration, en betonnant une zone naturelle en bord de rivière , sur des habitats de loutre et de cistude, alors que le projet de Veolia était d’agrandir l’installation existante…bien plus soft en terme d’impact.

          Tout le monde se fout de l’environnement dès qu’il s’agit d’infrastructure.

          La réponse du maire à mon questionnement c’est :

           » On a respecté toute la procédure légale  »

          Et ma réponse :

           » Mais bien sur : la loi t’autorise à tout foutre en l’air, et c’est pour ça qu’on vit la sixième extinction !
          le seul qui peut protéger ces milieux, c’est toi. « 

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  7. Bonjour Paul, bonjour à toutes et à tous,

    Oui vous avez raison Paul. Personnellement, cela m’a pris plusieurs années mais aujourd’hui j’en suis aux mêmes conclusions que vous. Nous nous dirigeons vers l’effondrement voire même vers l’extinction. Les dernières études (très peu nombreuses) les plus solides sur le sujet le montrent. C’est le cas de l’étude « Climate Endgame: Exploring catastrophic climate change scenarios » publiée dans la revue PNAS le 1er août, exposée sur votre blog et d’une étude publiée, l’année dernière par Gaya Herrington et son équipe, dans le Yale Journal of Industrial Ecology, sur la mise à jour des résultats des auteurs du livre « The limits to growth » qui s’avèrent en fait très proches de la réalité.
    https://medium.com/revolutions-de-la-transition/v%C3%A9rification-des-donn%C3%A9es-sur-le-mod%C3%A8le-mondial-qui-pr%C3%A9voyait-leffondrement-mondial-the-limits-to-9a03fe8aea06

    Nous avons, aujourd’hui, les trois quarts des responsables politiques qui ne sont pas à la hauteur des enjeux (et encore je suis gentil quand je dis les trois quarts). Cela concerne aussi bien les hommes et les femmes politiques de gauche et de droite même si, ce sont majoritairement, les responsables de droite qui sont à la rue… Le problème est le même dans le monde des affaires. Les citoyens font l’autruche et ne votent pas pour les bonnes personnes…
    Il existe une minorité de gens motivés comme vous Paul qui a le courage de dire la vérité et petit à petit, de plus en plus de personnes s’aperçoivent que ces gens-là ont raison mais on est encore très loin du point de bascule qui pourrait nous permettre d’éviter l’effondrement. Le problème c’est que nous courrons après le temps et que plus les jours passent plus la possibilité de limiter la casse se réduit…

    Ci-dessous, un fil Twitter d’Extinction Rebellion sur le même sujet dans lequel ils indiquent que selon Bill McGuire, professeur émérite de risques climatiques à l’université de Londres « Nous avons dépassé le point de non-retour […] il n’y a plus aucune chance que nous évitions une crise climatique périlleuse et omniprésente » Pour lui, la plupart des experts.tes du climat soutiennent en public qu’il nous reste du temps pour parvenir à réduire les émissions de gaz à effet de serre… alors qu’en privé ils.elles sont terrifiés.ées par l’avenir. « J’appelle ça l’apaisement climatique et je crois que cela ne fait qu’empirer les choses. Le monde a besoin de savoir à quel point les choses vont empirer pour que nous puissions espérer nous attaquer à la crise. »

    https://twitter.com/xrFrance/status/1555287059912396805?s=20&t=bdioUwSdKBSxWxmSCREJGQ

    Il nous faut pour autant continuer afin d’essayer de limiter la casse et d’arriver à ramener l’humanité à la raison. Ce ne sera pas facile, mais il nous faut continuer.

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  8. « nos systèmes politiques n’ont pas permis à une quelconque de mes propositions de se concrétiser en décision effective. »
    Ce ne sont pas les idées qui mènent « le monde », en tous cas pas directement.
    Il faut d’abord un mouvement social, mis en route par une étincelle : une grande peur, l’acquittement de meurtriers, une taxe sur le carburant… Cela donne une émeute (sans lendemain souvent).
    Il faut ensuite un dirigeant déterminé, dont les idées sont pour une part émotionnelle, romantique mais aussi « rentre-dedans », dénonciatrice, et avec un fort charisme, réunissant un mouvement grandissant. Je pense à Castro, à JL Mélenchon, mais aussi à Beppe Grillo (et je rapproche intentionnellement ces trois noms : c’est l’idée qui compte, pas le factuel). Mais ce dirigeant et ce mouvement ne renversent rien s’ils ne se combinent pas avec un mouvement : ils se limitent à une option d’alternance électorale…
    Nos dirigeants visent à gérer l’existant bien plus qu’à réaliser leurs promesses. Et à se maintenir au pouvoir. En gérant l’existant, il gèrent surtout les surprises (pandémie, sécheresse) en cherchant à gagner du temps. Et à éviter les étincelles qui provoqueraient un mouvement social (voir ci-dessus).
    Il y a des gens clairvoyants dans leur époque, mais ils sont de ce fait des solitaires. Par leurs livres, et leurs paroles, ils font avancer les idées. Mais le changement social est indirect, ayant besoin d’autres moyens. Leurs propositions ont plus ou moins d’écho suivant le réseau d’entourage qui les relient : un milieu universitaire, un groupe de praticiens, un blog, etc. Mais ce n’est pas une relation de mise en mouvement et d’action. (Souvenez vous du mouvement « Place Publique », qui n’a pas laissé une place à Paul).
    Nous attendons trop de nos dirigeants ! C’est une terrible illusion, à laquelle on échappe difficilement.
    Nous cherchons les dirigeants de remplacement du système. Et même les créateurs d’un autre système politique.
    Et nous attendons que « la mayonnaise prenne ». Les ingrédients sont-ils réunis ?
    N’oublions pas que, après la révolution, vient un nouveau pouvoir, qui cherche à gérer et à durer… et d’abord à s’installer (la Bourgeoisie capitaliste de 1789 à 1871 comme dit ci-dessus).

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  9. Je prolonge ce que je dis dans le précédent message (que je ne vois pas encore publié), par cette contribution de François Ruffin:il nous faut une nouvelle abolition des privilèges, une nouvelle nuit du 4 aout.

    Dans les cinq dernières minutes, il dit que la Nupes détourne un peu le calendrier de réformes de Macron (les retraites) et ne gagnera pas grand chose à ses électeurs ; et il dit que, DANS LE CONTEXTE DE LA SOMME, il est « la voix des caristes, des auxiliaires de vie, des camionneurs ». Et au fond il répète ces slogans simples depuis deux mois. Car rien ne sera possible si on ne mord pas sur l’électorat qui balance entre le RN et le discours de type PCF. Et le RN est en train de gagner dans la Somme et dans le Nord, il faut d’urgence répéter les vérités sur la situation sociale d’un point de vue de gauche. Bref, actuellement l’urgence n’est pas à la bonne idée ou au bon dirigeant, mais plutôt à sortir les gens des haines simplistes.

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  10. J’ai lu ça la nuit dernière, parce qu’un algorithme qui sait à quoi je m’intéresse (l’aviation, entre autres) me l’a montré:

    Un article du Figaro intitulé « Boeing développe un Amazon des services aéronautiques, » du 9 février 2022, qui parle de BGS, la branche de Boeing qui s’occupe de suivi et d’entretien des avions. La fin donne le plan de développement dans les 20 prochaines années de l’activité de rajeunissement des vieux avions.

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    Conversion d’avions en appareils cargos

    Autre axe de développement, la conversion d’avions de transport de passagers en appareils cargos. BGS a signé cent commandes de ce type en 2021 pour transformer des 737 et des 767. «Nous venons de livrer le cinquantième 767 converti en cargo. Nous avons décidé de renforcer cette activité avec 10 nouvelles lignes dédiées à la conversion de 737 et 767 dans le monde, car la demande de fret aérien progresse fortement avec notamment le développement de l’e-commerce», annonce Ted Colbert. Boeing anticipe une demande pour 890 avions-cargos neufs et 1 720 avions convertis d’ici à 2040. À cet horizon, la flotte dédiée au fret devrait avoir augmenté de 70 %.
    Afin de répondre à la demande, Boeing étoffe son offre avec le développement d’une version fret du 777X et renforce son réseau mondial de sites de conversion, détenu en propre, à l’instar des installations ultramodernes de Londres Gatwick, ou en partenariat avec des spécialistes de la maintenance. C’est par exemple le cas en Chine où BGS, qui dispose de 9 sites de conversion d’avions, prévoit d’en ouvrir 5 de plus dédiés aux 737 et 767. Une nouvelle installation doit aussi entrer en service, cette année, au Costa Rica, en Amérique du Sud, et une autre base au Canada en 2023.
    Enfin, BGS compte sur ses solutions numériques pour compenser le moindre besoin en maintenance, lié au renouvellement des flottes. Le remplacement d’avions âgés par des appareils modernes consommant entre 20 et 25 % de carburant en moins, devrait représenter 40 % de la demande en avions neufs, soit plus de 20.000 appareils, dans le monde d’ici 2040.
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    Donc il n’est pas prévu que l’activité matérielle se tasse le moindrement, dans les 20 années qui viennent, climat et effondrement ou pas.
    Et je suis du même avis. A partir d’ici je vais me mettre à radoter, c’est de mon âge.

    Dans les années 1950 j’habitais dans une grande ville qui avait été bombardée. Dans la cave de la maison, les précédents propriétaires avaient aménagé un abri, quatre troncs d’arbre qui soutenaient des madriers appuyés contre le plafond ; si la maison s’efffondrait, ceux qui seraient dans ce carré ne seraient pas écrasés. Le centre ville, entre la cathédrale et le fleuve, était fait de grands trous avec un peu d’eau au fond et des petits arbres. La cathédrale elle-même était soutenue, dedans et dehors, par de grandes poutres en bois. J’avais entendu l’histoire de la flèche qui n’était pas tombée alors qu’un des quatre grands piliers avait été détruits : le vent soufflait fort, dans la bonne direction, et les ouvriers d’une entreprise de bâtiment dont le dépôt en ville n’avait pas brûlé avaient eu le temps d’étayer. Tout me paraissait normal, j’allais à l’école, mes frères et soeurs aussi, mon père travaillait, et je me demandais quand il y aurait d’autres bombardements.

    Dix ans après, la ville était reconstruite, j’étais au lycée. Le grand discours du moment, c’était la faim dans le monde. Notre professeur de géographie expliquait la croissance irrésistible de la population, la raréfaction et la dégradation des terres cultivables, et concluait : « Il va falloir s’habituer à moins manger » (comme il avait presque deux mètres de haut, large et épais en proportion, c’était encore plus impressionnant). On sait, ou pas, que cinquante ans plus tard la population mondiale a été multipliée par 2.4 et l’obésité est un fléau mondial (banalité).

    Il y a dix-sept ans, les hasards de la vie m’ont fait habiter dans une grande ville de la Chine du nord (pas Pékin, l’autre). Quand il faisait beau, les couchers de soleil avaient des teintes orange et mauve, le ciel était blanc, rarement bleu, l’air n’était pas transparent sauf pendant une journée quand il y avait eu un orage et du grand vent. Et la circulation (principalement des autobus qui fumaient noir, des camions, des taxis et des voitures visiblement de fonction) était tellement dense et confuse que traverser une avenue était une affaire périlleuse pour un piéton (les cyclistes s’imposaient par leur foule). Le fleuve avait une eau opaque qui sentait mauvais.
    Quinze ans après (il y a deux ans donc, je n’ai pas pu y retourner depuis à cause de la proscription des étrangers qui apportent le virus), le ciel par beau temps est généralement bleu (« comme en France », dit mon épouse qui compare); il y a toujours des couchers de soleil colorés mais pas souvent, l’air est transparent sauf si le vent n’a pas soufflé depuis trois jours (ça arrive) ; les autobus diesel-électrique encore plus nombreux ne fument plus, et la circulation (au moins deux fois plus, la moitié de voitures particulières) est presque harmonieuse. La population de la ville a doublé, au moins, et la ville est nettement plus habitable. L’eau du fleuve n’est pas encore transparente, mais on s’y baigne, et les pêcheurs vendent leurs poissons et leurs coquillages sur les quais (ils ont un petit goût typique, le poisson de mer est meilleur).

    Début 2008, des amis m’avaient persuadé de mettre de l’argent dans une affaire à Pékin; qui devait bien démarrer grâce aux Jeux olympiques et prospérer ensuite. Entre la paranoïa sécuritaire qui a asséché le tourisme et la fête dans les villes olympiques, et la « crise » qui a dissuadé tout le monde de dépenser son argent, même ceux qui en avaient, l’affaire a fermé et j’ai perdu cet argent. Tant pis, je l’avais risqué parce que je n’en avais pas besoin. En même temps, j’essayais de suivre dans les journaux la catastrophe en marche, les dirigeants qui se démenaient pour empêcher le naufrage des banques et des budgets publics. Je me suis souvenu des histoires de chômeurs sans pain que ma grand-mère, qui était mère de famille en 1930, m’avait raconté, et de l’arrêt de l’entreprise familiale qui avait obligé, plus tard, ma mère et mes tantes à travailler pour payer leurs études (ma grand-mère leur ayant interdit de renoncer). On a l’impression, 12 ans après, que ce n’était qu’une encoche dans les courbes et que la vie n’a pas changé.
    Aussi bien, j’aurais dû le savoir. Fin 2008 j’avais été invité (par erreur; on m’avait attribué une qualité que je n’a pas) à visiter l’usine Airbus de Tianjin qui venait de démarrer (le premier A320 chinois était à la peinture, et les cinq ou six suivants sur la chaîne d’assemblage). Plusieurs conférences sur la naissance du projet, l’organisation, les prévisions de montée en production, l’équilibre économique de l’affaire ; personne n’avait parlé de crise ou équivalent.

    Je vous épargne la grande peur atomique ; quand on a 12 ans, voir au cinéma les petits écoliers américains s’entraîner à plonger sous les pupitres pour échapper à la bombe, les somptueux bombardiers décoller à la file, une famille suisse faire visiter son abri anti-atomique bourré de provisions, ça impressionne.

    Pour la pandémie en cours de liquidation, il est encore trop tôt, l’histoire n’est pas finie. Quand même, je cochais toutes les cases pour ne pas réchapper à ma première contamination (j’ai possiblement fait partie de ceux qui ont apporté le virus en descendant de l’avion d’Air China en février 2020), âge, surpoids, maladie chronique de la liste. J’ai été malade (pas hospitalisé : « votre état général est bon, nous réservons les lits aux cas graves; voici votre ordonnance de paracetamol remboursé ») et donc encore là. Et autour de moi je vois ceux qui voulaient toujours plus de protection pour eux et donc de contraintes pour les autres se taire et/ou se raréfier.

    Tout ce qui précède est pour dire que toutes les catastrophes annoncées jusqu’ici m’ont déçu (à supposer que j’ai eu un espoir ou un désir dans ce domaine). la capacité des êtres humains à remédier à tout ce qui arrive, à repartir après chaque choc, me semble illimitée. Il fait déjà plus chaud. L’eau de la mer va monter. L’eau douce va manquer ou inonder selon l’endroit, il y aura davantage de tempêtes. C’est certain, ce n’est sûrement pas l’obligation de rouler en voiture électrique en Europe à partir de 2035 qui y changera quelque chose, et les éoliennes ne sauveront pas plus le monde de la colère divine (ceci pour ceux qui y croient) que les cathédrales neuves il y a quelques siècles.

    Mais les moyens matériels et humains qu’on peut mettre en oeuvre pour faire face sont tellement gigantesques qu’il est possible de réussir à assurer la vie et même le confort de tout le monde. Je crois avoir aperçu dans « Comment sauver le genre humain » un compte-rendu très optimiste de l’économie de guerre en Grande-Bretagne de 1940 à la fin, disant que les plus pauvres ont fini par manger mieux et être plus confortablement habillés en temps de pénurie qu’avant (je mélange peut-être avec un autre livre, je suis trop paresseux pour vérifier) ; il n’a pas été nécessaire de mettre fin au capitalisme ni d’appauvrir les riches pour cela (on peut percevoir dans les Agatha Christie des années 1950 le gémissement de la classe moyenne privée de sa petite différence de confort avec le peuple si elle applique honnêtement les restrictions, ce qu’elle a fait, semble-t-il).

    Pour faire aussi bien en temps de réchauffement que les Américains et les Anglais en temps de guerre, il faut vouloir. Et pour cela avoir des gouvernants de la qualité adéquate. Le spectacle de ceux de l’Europe en face du malheur du gaz russe me rend pessimiste, une partie du temps seulement.

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    1. Cher Pierre
      « Tout ce qui précède est pour dire que toutes les catastrophes annoncées jusqu’ici m’ont déçu, la capacité des êtres humains à remédier à tout ce qui arrive, à repartir après chaque choc, me semble illimitée » – on pourrait en tirer un slogan « anti-boomer » – génération née entre 1943 et 1960 – si on n’était pas entre gens bien éduqués – bon pour mon cas on ne peut pas dire que je le sois – bien élevé – donc je m’autorise cette grossièreté – donc à vous suivre, comme l’humanité s’est toujours relevée, plus fortes, de toutes les crises jusqu’alors traversées – Peste Justinienne (541 – 767), Peste noire (1346 -1353) – l’éruption volcanique du Tambora en 1815 qui annula l’été de la même année, la seconde guerre mondiale (1939-1945) – et depuis le risque d’hiver nucléaire par l’utilisation de l’arme atomique – alors notre pessimisme est de mauvais aloi ?

    2. @Pierre Guillemot
      C’est bien d’essayer de s’auto-rassurer, ou de se trouver des arguments pour se disculper (au niveau générationnel), mais il est important de se rappeler que … les arbres ne montent pas jusqu’au ciel. Et ces temps-ci, ils vont même plutôt tomber raide mort.

      L’effondrement du vivant est en cours, l’homme en est responsable. On est dans une autre dimension que celle de la seconde guerre mondiale ou de l’augmentation de la population humaine. Le vivant autour de nous est ce qui nous fait vivre, nous, espèce humaine. Plus de vivant, plus d’espèce humaine.

      Mais bon, visiblement vu votre âge, vous choisissez de rester dans le « don’t look up ».

      1. Ami François. Comme je le disais précédemment, chaque génération croit qu’elle verra la fin du monde, en particulier celles, comme la mienne et la vôtre, qui ont manqué de vrais malheurs. Un de mes émerveillements de jeunesse, c’était que mes parents et leurs amis tiraient de l’époque de la guerre et de l’occupation, alors qu’ils avaient faim et peur, un flot de souvenirs de bonheur. Eux ne pensaient pas à la fin du monde, certes. Et mon grand père paternel, qui avait connu dans sa jeunesse la précarité absolue du prolétaire vivant chaque mois de ce que son travail avait rapporté le mois précédent, considérait qu’il avait eu une bonne vie, juste un peu trop longue (il avait enterré tous ses amis ; il est mort accidentellement à 90 ans).

  11. Cher Naroic, vous m’avez compris. La prétention d’être les derniers avant la fin du monde est de chaque génération, ou presque. Celle dont nous parlons en ce moment est inédite : l’humanité étouffée par l’abondance qu’elle a créé elle-même. Je suis (nous sommes) de la génération qui a vu se réaliser toutes les utopies agitées depuis des siècles : tout le monde rassasié, tout le monde instruit, les enfants ne meurent plus et les vieux vivent tous très vieux, on se parle d’un bout du monde à l’autre et on va à l’autre bout du monde en si peu de temps que ce n’est pas un problème (c’est vrai pour la moitié de l’humanité et presque, ou bientôt, pour les autres. Exemple : mon épouse a des souvenirs d’enfance où elle avait faim et froid, comme tout le monde autour d’elle, elle avait atteint la quarantaine avant qu’il lui soit permis de voyager à l’étranger, et vingt ans après elle vit entre deux continents, elle discute avec ses vieilles copines au pays en n’oubliant pas le décalage horaire, tout ça sans avoir changé de classe sociale, son mari étranger est presque anecdotique là dedans, une autre est en Amérique.) Et on a l’idée que ce qui va arriver est un effondrement, tout le monde va mourir. On a transformé l’évidence (on en a tellement fait depuis quelques dizaines d’années, à peine plus d’un siècle, qu’il va falloir freiner) en épouvante. Or la grande stabilisation est en marche, et pour commencer celle de la population. Les riches ont arrêté de faire assez d’enfants pour ne pas diminuer en nombre. Les autres suivent, et dans une génération tout le monde y sera (sauf peut être en Afrique, le dernier continent où il y a beaucoup de place et de richesses mal exploitées). Il y aura peut être une grande convulsion, comme celle que les gens qui étaient vieux quand j’étais jeune ont vécu dans leur jeunesse. Mais un anéantissement … Ceux qui comptent dessus vont être déçus.

    Une bonne lecture, l’Essai sur l’inégalité des races humaines, Arthur de Gobineau, 1852. Il était convaincu que l’humanité était déjà sur son déclin, que la Terre désertée continuera de décrire, mais sans nous, ses orbes impassibles. Il finira probablement par avoir raison, mais pas de notre vivant.

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      1. Cher Paul, on dirait que l’idée qu’en lisant on attrape des maladies de l’âme n’est pas partagée par tous . C’est Claude Levi Strauss (entretiens avec Didier Eribon, de mémoire) qui m’a incité à lire Arthur de Gobineau, que je n’avais que survolé. Son malheur, c’est qu’il a eu trop de mauvais lecteurs. Lui même démontre qu’il n’y a pas de races, seulement des cultures nées du contact entre les hommes. Très étonnant, à condition de ne pas le prendre au sérieux autant qu’il l’a fait lui même.

      2. Citation des derniers paragraphes de l’ouvrage :

         » …. On serait donc tenté d’assigner à la domination de l’homme sur la terre une durée totale de douze à quatorze mille ans, divisée en deux périodes : l’une, qui est passée, aura vu, aura possédé la jeunesse, la vigueur, la grandeur intellectuelle de l’espèce ; l’autre, qui est commencée, en connaîtra la marche défaillante vers la décrépitude.

         » En s’arrêtant même aux temps qui doivent quelque peu précéder le dernier soupir de notre espèce, en se détournant de ces âges envahis par la mort, où le globe, devenu muet, continuera, mais sans nous, à décrire dans l’espace ses orbes impassibles, je ne sais si l’on n’est pas en droit d’appeler la fin du monde cette époque moins lointaine qui verra déjà l’abaissement complet de notre espèce. Je n’affirmerai pas non plus qu’il fût bien facile de s’intéresser avec un reste d’amour aux destinées de quelques poignées d’êtres dépouillés de force, de beauté, d’intelligence, si l’on ne se rappelait qu’il leur restera du moins la foi religieuse, dernier lien, unique souvenir, héritage précieux des jours meilleurs.

         » Mais la religion elle-même ne nous a pas promis l’éternité ; mais la science, en nous montrant que nous avons commencé, semblait toujours nous assurer aussi que nous devions finir. Il n’y a donc lieu ni de s’étonner ni de s’émouvoir en trouvant une confirmation de plus d’un fait qui ne pouvait passer pour douteux. La prévision attristante, ce n’est pas la mort, c’est la certitude de n’y arriver que dégradés ; et peut-être même cette honte réservée à nos descendants nous pourrait-elle laisser insensibles, si nous n’éprouvions, par une secrète horreur, que les mains rapaces de la destinée sont déjà posées sur nous.  »

        Un discours pas contemporain, certes.

        1. Un salmigondis incompréhensible oui – non mais franchement que retenir de ce genre d’assertion « La prévision attristante, ce n’est pas la mort, c’est la certitude de n’y arriver que dégradés ; et peut-être même cette honte réservée à nos descendants nous pourrait-elle laisser insensibles, si nous n’éprouvions, par une secrète horreur, que les mains rapaces de la destinée sont déjà posées sur nous. » – Gobineau y a rien à garder – un enfant gâté de la noblesse qui avait trop de temps à tuer pour avoir le loisir de laisser divaguer sa pensée, l’entregent pour la publier et l’orgueil pour la sophistiquer sous les oripeaux de la scientificité.
          Un dilettante qui n’a jamais rien supporté d’autre que sa vanité.

          1. Cher Naroïc, remerciez moi. Au moins vous aurez lu un échantillon de ce qui se racontait à cette époque lointaine, celle où Karl Marx écrivait Le Capital (paru en 1867). 70 ans seulement après, Hitler (qui avait lu Gobineau) et Staline (qui avait lu Marx), démontraient combien les écrits peuvent refonder le monde (enfin, c’est ce que ces lecteurs espéraient faire, et ils ont essayé).

            Conseil d’ancien : pour briller en société, dire « Gobineau, j’ai lu et c’est surprenant, dommage qu’il ait eu tant de mauvais lecteurs » est meilleur que « Gobineau il n’y a rien à garder ». Les mains rapaces de la destinée … qui oserait mettre ça dans un poème aujourd’hui (Houellebecq, peut-être).

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