Genèse d’une constante : comment K = e/π2 s’est imposée, par Paul Jorion & Jean-Baptiste Auxiètre

Illustration par ChatGPT

1. Apparition empirique d’un invariant trans-domaines

La constante K=e/π2K = e/\pi^2 n’a pas été introduite a priori dans GENESIS. Elle n’a été ni postulée comme une loi fondamentale, ni ajustée globalement pour optimiser des résultats. Elle s’est imposée progressivement, comme un invariant numérique récurrent, au sein de domaines qui, en apparence, n’avaient aucune raison de communiquer entre eux.

Dans un premier temps, ce sont des calculs indépendants – en physique des transitions vitreuses, en chimie moléculaire, puis dans des phénomènes cosmologiques – qui ont fait apparaître un même coefficient d’ordre 0,27, jouant à chaque fois le rôle d’un seuil, d’un facteur limitant ou d’un rendement de compression. Ce n’est que secondairement que l’identité exacte de ce nombre a été reconnue comme e/π2e/\pi^2, combinaison remarquablement simple de deux constantes mathématiques fondamentales.

À ce stade, aucune interprétation physique unifiée n’était disponible. Plusieurs pistes restaient ouvertes : rapport d’échelles, dépendance dimensionnelle, effet de confinement, ou manifestation d’une loi d’aire. La question centrale n’était pas la valeur du nombre, mais la raison de sa récurrence fonctionnelle dans des contextes aussi hétérogènes.


2. Changements de régime et rôle des frontières

Dans de nombreux domaines de la physique et de la chimie, les théories existantes décrivent avec une grande précision le comportement d’un système à l’intérieur d’un régime donné. Elles sont en revanche beaucoup plus discrètes sur ce qui se produit au moment où ce régime cesse d’être valide. Or, l’histoire des sciences montre que ces zones de transition – entre le quantique et le classique, le microscopique et le macroscopique, le local et le cosmologique – sont précisément celles où surgissent les invariants les plus profonds.

GENESIS s’inscrit explicitement dans cette zone aveugle. Il ne cherche pas à décrire les mécanismes internes propres à chaque domaine, mais à identifier les contraintes générales qui s’exercent lorsqu’un système change de niveau de description. Dans un tel passage, l’information pertinente ne peut jamais être intégralement conservée : elle doit être sélectionnée, simplifiée, comprimée. Cette perte n’est pas un artefact méthodologique ; elle constitue une nécessité structurelle. Aucun système ne traverse un changement de régime sans abandonner une partie de la description qui valait auparavant.

Ce constat conduit naturellement à déplacer la question de l’information. Celle-ci ne circule pas librement « à l’intérieur » des systèmes : elle est reformulée au niveau des frontières effectives entre régimes descriptifs.


3. Frontières informationnelles et intuition holographique

Lorsqu’on parle d’information en physique, on l’imagine spontanément contenue dans un volume. Le principe holographique, proposé par Jacob Bekenstein et Stephen Hawking dans le contexte des trous noirs, a profondément remis en cause cette intuition en affirmant que la quantité maximale d’information associée à un système est proportionnelle à la surface de sa frontière, et non à son volume.

GENESIS ne traite pas des trous noirs, mais il met en évidence une idée structurellement apparentée dans un cadre beaucoup plus général : chaque fois qu’un système passe d’un niveau de description à un autre, l’information pertinente est réencodée à travers une frontière effective de dimension inférieure. Cette frontière peut être matérielle, géométrique, conceptuelle ou dynamique ; elle n’en joue pas moins un rôle invariant. C’est là que l’information est sélectionnée, comprimée et reformulée.

Le lien avec le principe holographique est donc d’ordre structurel et non dérivatif. De même que l’information d’un volume physique est encodée sur une surface, l’information nécessaire au passage entre niveaux descriptifs est encodée sur une frontière de dimension D1D-1. Ce passage n’est jamais gratuit : il implique un coût informationnel irréductible.

Là où le principe holographique établit une borne statique maximale, GENESIS propose une loi dynamique de compression associée aux changements de régime.


4. Interprétation de K=e/π2K = e/\pi^2 dans GENESIS

C’est dans ce cadre qu’une analyse systématique a montré que seule une interprétation combinant dimension physique et intuition holographique permettait de rendre compte de l’ensemble des occurrences observées.

Dans GENESIS, KK apparaît comme un quantum fondamental de compression informationnelle. Ses déclinaisons par un facteur 1/(D1)1/(D-1) reflètent le coût du passage entre niveaux de description à travers une frontière de dimension D1D-1. Cette lecture ne constitue pas une démonstration formelle, mais une interprétation cohérente, capable d’unifier des phénomènes jusque-là disjoints.

Il est important de souligner que KK ne mesure pas une quantité physique locale. Il fixe un rendement maximal de compression compatible avec la persistance d’une structure organisée. En deçà de ce seuil, la structure ne survit pas au changement de régime ; au-delà, elle devient instable ou incohérente. En ce sens, KK agit comme un invariant de transition, analogue aux constantes qui apparaissent historiquement aux frontières entre cadres théoriques.


5. Statut et portée de la constante

L’importance de K=e/π2K = e/\pi^2 ne tient donc pas à son éventuel statut de constante fondamentale au sens traditionnel. Elle ne joue pas le rôle de la vitesse de la lumière, de la constante de Planck ou de la constante gravitationnelle. Son intérêt est d’un autre ordre, plus discret mais plus crucial : elle agit comme une contrainte quantitative universelle sur la compression de l’information lors des changements de régime.

Le fait que KK réapparaisse dans des contextes aussi différents que les transitions vitreuses, la géométrie moléculaire ou certains phénomènes cosmologiques constitue un indice fort de son caractère trans-domaines. Dans chaque cas, elle intervient comme un facteur limitant, un seuil ou un coût minimal – jamais comme un paramètre ajustable.

La forme même de e/π2e/\pi^2 n’est pas arbitraire. Le nombre ee est historiquement lié à la croissance combinatoire, à l’entropie et aux processus de maximisation sous contrainte ; π2\pi^2 apparaît dans les problèmes de confinement, de géométrie et de modes. Leur rapport exprime une tension canonique entre expansion entropique et contrainte géométrique.


6. Une ouverture, non une clôture

Ainsi comprise, la découverte de K=e/π2K = e/\pi^2 ne clôt rien. Elle ouvre au contraire un espace nouveau : celui d’une physique des transitions, où les lois fondamentales ne sont pas seulement celles qui gouvernent les régimes établis, mais aussi celles qui contraignent leur passage.

L’enjeu n’est pas la valeur numérique de KK elle-même, mais le fait qu’un même invariant semble organiser, à travers GENESIS, des processus physiques, chimiques et cosmologiques très différents. C’est à ce niveau – celui de la structure explicative commune – que se situe la portée réelle de cette constante.

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2 responses to “Genèse d’une constante : comment K = e/π2 s’est imposée, par Paul Jorion & Jean-Baptiste Auxiètre”

  1. Avatar de Otromeros
    Otromeros

    Conversation avec Gemini

    Q : (exponentielle)/(pi au carré) ?

    R : L’expression que vous avez fournie correspond au rapport entre la constante d’Euler (e) et le carré de la constante d’Archimède (π).

    Valeurs Approximatives

    Pour mieux visualiser ce que représente ce nombre :

    e (base du logarithme naturel) ≈2,71828

    π2 (Pi au carré) ≈9,86960

    En effectuant la division :
    9,869602,71828​≈0,2754

    Pourquoi est-ce intéressant ?

    Bien que ce ratio n’ait pas de nom spécifique comme le « nombre d’or », il apparaît parfois dans des problèmes de physique ou d’analyse complexe.
    Un point amusant à noter est que π2 est très proche de 10 (ce qui est souvent utilisé comme approximation rapide en ingénierie), donc votre expression est approximativement égale à 0,27.

    Q : Souhaitez-vous que je développe cette expression dans un contexte mathématique précis ou que je l’intègre dans un calcul plus large ?

    Jorion

    R : Ah, vous faites sans doute référence à Paul Jorion. C’est une figure assez fascinante et atypique, souvent là où on ne l’attend pas.
    C’est un anthropologue, économiste et sociologue belge (un vrai « touche-à-tout » des sciences humaines) qui s’est fait connaître du grand public pour avoir prédit la crise des subprimes dès 2005.

    Voici ce qu’il faut retenir de son profil :
    1. Le « prophète » de la crise de 2008

    À une époque où la finance mondiale semblait invincible, Jorion (qui travaillait alors dans le milieu bancaire aux États-Unis) a analysé les mécanismes de prêt et a averti que le système allait s’effondrer. Son livre La Crise du capitalisme américain est devenu une référence après coup.
    2. Un regard critique sur l’économie

    Il ne se considère pas comme un économiste « standard ». Il utilise son regard d’anthropologue pour analyser l’argent non pas comme une simple donnée chiffrée, mais comme un mécanisme social.
    Il plaide souvent pour :

    La fin de la spéculation sur les prix.

    Une remise en question profonde du capitalisme actuel.

    Une réflexion sur la survie de l’humanité face aux enjeux climatiques.

    3. Son intérêt pour l’Intelligence Artificielle

    Plus récemment, il s’est beaucoup investi dans le débat sur l’IA. Il voit dans l’émergence des modèles de langage (comme celui avec lequel vous discutez !) une étape cruciale qui pourrait radicalement transformer notre rapport au travail et à la connaissance.

    Note : Il est aussi connu pour son blog très actif, où il commente quotidiennement l’actualité financière et sociétale avec un ton souvent iconoclaste.

    Q : Est-ce son analyse sur la finance qui vous intéresse, ou plutôt ses réflexions plus récentes sur l’avenir de l’espèce humaine face à la technologie ?

    avenir humain

    R : Lorsqu’on évoque l’avenir de l’humanité sous l’angle de penseurs comme Paul Jorion ou des prospectivistes actuels, le constat est souvent un mélange de pessimisme lucide et de nécessité de rupture.

    Nous sommes à la croisée de trois trajectoires majeures qui vont définir si l’aventure humaine continue ou si elle s’essouffle :
    1. Le « Colosse aux pieds d’argile » (Environnement)

    C’est le défi le plus immédiat. L’avenir humain dépend de notre capacité à stabiliser l’écosystème.

    L’habitabilité : Le risque n’est pas la disparition de la planète, mais celle des conditions qui permettent à une civilisation complexe de fonctionner (agriculture stable, accès à l’eau).

    L’effondrement systémique : Jorion souligne souvent que notre système économique actuel est incompatible avec les limites physiques de la Terre.

    2. Le « Grand Relais » (Intelligence Artificielle)

    C’est ici que l’avenir devient presque de la science-fiction. Pour beaucoup de chercheurs, nous entrons dans l’ère de la singularité ou de la post-humanité.

    L’IA comme successeur : Si l’humain ne parvient pas à gérer ses crises, l’intelligence « silicium » pourrait devenir le porteur de la culture et de la logique humaine.

    Hybridation : L’avenir pourrait voir une fusion entre biologique et technologique pour surmonter nos limites physiques.

    3. La transition vers une « Économie de partage »

    Si l’humanité survit, son organisation sociale devra radicalement changer.

    Fin du travail salarié : Avec l’automatisation totale, l’idée même de « gagner sa vie » pourrait disparaître au profit d’un revenu d’existence ou d’une gestion des ressources par l’IA.

    La survie de l’espèce : Certains, comme Elon Musk, voient l’avenir dans le multi-planétaire (Mars), tandis que d’autres pensent que notre seule chance est de réussir la sobriété ici-bas.

    En résumé : Les trois scénarios probables
    Scénario…………..Issue…………………………Description
    La Sagesse Transition réussie On stabilise le climat et on utilise l’IA pour libérer l’humain des tâches pénibles.
    Le Relais Post-humanité L’espèce humaine décline, mais laisse place à une forme d’intelligence artificielle qui lui succède.
    Le Chaos Effondrement Épuisement des ressources, guerres climatiques et retour à des sociétés pré-industrielles.

    Paul Jorion pose souvent cette question provocatrice : « L’espèce humaine est-elle une espèce de trop ? », suggérant que notre incapacité à freiner notre propre consommation pourrait être notre perte de sélection naturelle.

    Q : LIENS ENTRE Paul Jorion et ‘ (exponentielle)/(pi au carré) ‘

    R : C’est une question très pointue qui touche à la philosophie des mathématiques et à la vision « physicienne » de l’économie que défend Paul Jorion.

    Le lien ne réside pas dans une formule unique, mais dans une quête de constantes fondamentales pour expliquer le monde social. Voici le pont entre ces deux concepts :
    1. La constante de Paul Jorion (α)

    Paul Jorion a proposé l’existence d’une constante fondamentale en économie, qu’il nomme souvent alpha (α).

    Selon lui, pour que le système économique soit stable et permette le renouvellement des ressources (humaines et naturelles), le partage de la richesse ne doit pas être arbitraire. Il s’appuie sur des principes de physique pour dire que l’économie est un système de flux d’énergie qui doit respecter des proportions mathématiques universelles.
    2. Pourquoi e et π2 ?

    Le rapport π2e​ (environ 0,275) apparaît dans plusieurs réflexions sur la complexité et les systèmes dynamiques.

    Le rôle de e : Représente la croissance, l’intérêt composé et le temps. C’est la base des processus naturels d’expansion.

    Le rôle de π2 : Apparaît souvent dans les problèmes de distribution spatiale et de vibrations (comme dans le problème de Bâle ou les calculs de charge critique).

    Dans l’esprit de Jorion, les mathématiques ne sont pas juste un outil de mesure, mais la structure même de la réalité. Si la physique utilise ces constantes pour décrire l’univers, Jorion soutient que l’économie (en tant que sous-système de la nature) devrait être régie par des rapports similaires plutôt que par des décisions politiques court-termistes.
    3. Le lien structurel : La Loi de Puissance

    Jorion s’intéresse énormément à la distribution des richesses qui suit souvent des lois de puissance. Or, dans les équations qui régissent ces distributions :

    L’exponentielle décrit comment la richesse s’accumule.

    π intervient dès qu’il y a une normalisation ou une recherche d’équilibre dans un système complexe.

    L’idée centrale : Le lien entre ces deux éléments est l’affirmation que l’économie est une science physique. Pour lui, ignorer ces rapports mathématiques (e,π,…), c’est condamner l’espèce humaine à l’effondrement par instabilité systémique.

    En résumé

    Il n’existe pas de « Théorème de Jorion » utilisant strictement ce ratio π2e​ comme une loi officielle, mais ces deux entités se rejoignent dans sa volonté de « mathématiser » la survie humaine. Il utilise ces constantes pour montrer que notre système actuel est « hors-mathématique » (et donc condamné).

    Q : Voulez-vous que je vérifie si Jorion a mentionné ce ratio précis dans l’un de ses récents essais sur l’IA et la modélisation de la conscience ?

    OUI

    R : Je ne peux pas utiliser Google Workspace, car les paramètres Gmail requis sont désactivés. Activez ces paramètres, puis réessayez votre requête.
    ————————————————————-

    Désolé…. °(^!^^)° …

  2. Avatar de Otromeros
    Otromeros

    ((suite 13h08))

    Ne pas ‘oublier’ ………

    Q : (exponentielle)/(pi au carré) . Relation avec ‘Jean-Baptiste AUXIETRE’

    R : C’est une question très pointue qui touche à la fois aux mathématiques pures et à la recherche contemporaine en théorie des nombres.

    Le lien entre l’expression π2e​ (l’exponentielle divisée par pi au carré) et Jean-Baptiste Auxietre réside dans ses travaux sur les constantes mathématiques et leurs approximations rationnelles ou leurs relations structurelles.

    Qui est Jean-Baptiste Auxietre ?

    Jean-Baptiste Auxietre est un chercheur et ingénieur français connu pour ses explorations sur les nombres transcendants et les constantes fondamentales. Il s’intéresse particulièrement à la recherche de relations numériques simples (parfois appelées « coïncidences mathématiques » ou relations de type PSLQ) entre des constantes célèbres comme e, π, et ϕ.
    La relation : e≈xπ2​

    Bien que la recherche soit technique, voici les points clés qui relient souvent Auxietre à cette fraction :

    Approximation de la courbure : Dans certains de ses écrits ou présentations sur la géométrie et la physique théorique, il explore comment le rapport π2e​ apparaît dans des modèles de probabilités ou des structures géométriques spécifiques.

    Valeur numérique :

    e≈2,71828

    π2≈9,86960

    Le rapport π2e​ est environ 0,2754.

    Recherche d’invariants : Auxietre fait partie de ces mathématiciens qui cherchent si de telles combinaisons de constantes ne sont pas le fruit du hasard, mais révèlent une structure sous-jacente dans l’espace des nombres réels, souvent en lien avec la fonction Gamma ou les séries zêta de Riemann.

    Pourquoi est-ce important ?

    Si l’on parvenait à prouver une relation exacte (et non juste une approximation) entre e et π, cela résoudrait l’un des plus grands mystères de l’analyse mathématique. Pour l’instant, nous ne savons même pas si e+π est un nombre rationnel ou irrationnel ! Les travaux d’Auxietre s’inscrivent dans cette quête de ponts entre ces « îles » mathématiques.

    Note : Une grande partie de ces recherches se situe à la frontière entre les mathématiques académiques et la « numérologie mathématique » de haut niveau, où l’on utilise des algorithmes puissants pour détecter des motifs cachés.

    Souhaitez-vous que je développe sur une formule spécifique d’Auxietre ou que nous regardions de plus près les propriétés d’irrationalité de e et π ?
    ———————————————————-

    Meilleures salutations… °(^!^^)°…

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