L’actualité de la crise: le compte à rebours est lancé pour l’Europe, par François Leclerc

Billet invité.

LE COMPTE A REBOURS EST LANCE POUR L’EUROPE

Il règne un silence assourdissant parmi les chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro, alors que la crise dans la crise que connaît l’Europe est en train de progressivement s’élargir. Centrée initialement sur la Grèce, elle est en train de s’étendre résolument en Espagne et au Portugal. Nous étions suspendus à un signal, qui aurait pu être donné par Jean-Claude Trichet, le président de la BCE – dont une réunion des gouverneurs avait lieu aujourd’hui – mais il n’est pas venu.

La Grèce doit continuer à ne compter que sur elle-même. Jean-Claude Trichet s’est contenté de déclarer que le gouvernement grec avait fait « des pas dans la bonne direction », ce qui impliquait qu’il allait devoir en faire d’autres. Cherchant à relativiser la crise actuelle, comparant le déficit public de la zone euro à celui des Etats-Unis ou du Japon : 6% pour la première et 10% pour les seconds. Une faible parade, puisque ce sont les maillons faibles de la zone euro qui sont menacés (et elle dans son entier, par ricochet) et qu’aucune manifestation de solidarité financière de sa part n’est donc toujours annoncée.

Car il y a dans la situation actuelle une nouveauté importante : ce ne sont plus seulement les situations particulièrement périlleuses de tel ou tel pays de la zone euro qui semblent motiver les marchés, mais aussi l’inaction et le silence des principaux pays membres, l’Allemagne et la France. Il est en effet clair que les efforts qui sont demandés à la Grèce, vu leur importance extrême, ne pourront être réellement accomplis que si une aide financière lui est par ailleurs accordée. Sa fragilité de départ est accentuée par sa solitude dans l’épreuve, et non le contraire.

Les déclarations prononcées par Joaquim Almunia, commissaire aux affaires économiques sortant, avaient aggravé hier la tension. « Certains membres de la zone euro, avec des positions de départ différentes, des caractéristiques différentes, partagent des problèmes communs », avait-il déclaré à propos de la Grèce, du Portugal et de l’Espagne. Un autre son de cloche prévalait aujourd’hui, afin de tenter de calmer le jeu. Le chef de file de l’Eurogroup, Jean-Claude Junker, déclarait que l’Espagne et le Portugal « ne posent pas de risque ». Caroline Aktinson, la porte-parole du FMI, choisissait pour sa part de décerner un satisfecit aux Grecs: « Nous pensons assurément que les objectifs du plan sont bien choisis ».

Les regards se tournent désormais vers Madrid, qui a préventivement annoncé un plan d’austérité de 50 milliards d’euro sur trois ans, accueilli avec scepticisme tant en raison de son montant et des mesures qu’il implique que des prévisions de croissance sur lequel il repose. Or, les rumeurs se multiplient à propos d’un abaissement de la note de la dette publique espagnole par une nouvelle agence de notation, emboîtant le pas de Standard & Poor’s, qui l’a fait en décembre dernier. Le taux des obligations à trois ans passant en moyenne à 2,61% à l’occasion d’une nouvelle émission, au lieu de 2,13% début décembre. L’Espagne a un autre poids économique au sein de la zone euro que la Grèce, elle en est la 4 éme puissance économique, et tout problème l’atteignant aurait d’importantes répercussions dans toute la zone.

Faute d’informations, on en est réduit à faire des suppositions, afin de comprendre les raisons de l’attitude des principaux pays de la zone euro. Il a été largement fait état de discussions, dans un premier temps, puis plus rien n’est sorti…. On sait seulement qu’une des solutions qui aurait pu être trouvée était la création d’euro-obligations, mais qu’elle a été refusée, depuis déjà des mois, tout à la fois par les Allemands, les Français et les Néerlandais. Car elle reviendrait, tous les pays de la zone émettant ce nouveau type d’obligations bénéficiant du même taux, à faire profiter de celui-ci les pays les plus vulnérables sur le marché de la dette, au détriment des plus forts, qui obtiennent actuellement de meilleurs taux que ceux qu’obtiendraient des euro-obligations. On a également envisagé de réunir des soutiens d’Etats isolés ou de groupes d’Etats, ainsi qu’une intervention de la Banque européenne d’investissement (BEI), qui a aussi été étudiée.

En réalité, le dossier n’est pas technique mais politique. Les mesures qui pourraient être adoptées pour soutenir la Grèce seront inévitablement appelées, en effet, à faire jurisprudence. Les sommes qui devraient être engagées et levées suivant des modalités ad hoc seraient plus que conséquentes et entraîneraient ceux qui les garantiraient, de jure ou de facto, plus loin qu’ils ne sont prêts à l’envisager. Créant par ailleurs une sorte d’aléa moral qu’il est hors de question d’accorder aux gouvernements (alors qu’il l’a été aux banques). Risquant de les induire à chercher à esquiver la mise en vigueur de plans d’austérité, l’objectif numéro 1.

Ce calcul risque d’être de plus en plus difficile à tenir, si l’Espagne et le Portugal entrent à leur tour dans la zone de tempête, risquant de déstabiliser celle de l’euro bien au-delà de ce que pourrait faire la Grèce. En réalité, la solidité de la zone euro est menacée dans les deux cas de figure possibles, en cas d’un secours généralisé à tous ses membres (mutualisant le coût d’une dette devenue énorme), ou en cas d’abandon des pays les plus faibles, ce qui sera très probablement illusoire. Il faut donc choisir entre deux risques.

Car qui dit que les marchés en resteraient là  ? N’ont-ils pas compris que, dans la crise actuelle, c’est l’Europe en entier – zone euro et Grande-Bretagne – qui est le maillon faible qu’il faut attaquer  ? Que l’éclatement de la zone euro ouvrirait un terrain spéculatif d’élection, permettant d’élargir le champ d’action du Forex (l’énorme marché hautement spéculatif des devises)  ? Ils feraient ainsi coup double, disposant de nouveaux leviers pour leurs opérations financières et obligeant les gouvernements à entrer dans la dynamique vertueuse – de leur point de vue – de la résorption de leurs déficits, et de leur sollicitation moindre du marché obligataire. Laissant aux établissements financiers la place pour se financer à moindre coût.

Le compte à rebours est lancé.

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75 réflexions au sujet de « L’actualité de la crise: le compte à rebours est lancé pour l’Europe, par François Leclerc »

  1. ‘Qui ne dit mot consent’ …
    C’est ce que doivent, aussi, se dire, les ‘marchés’.
    En l’absence de position, notamment franco-allemande sur le sujet, feu vert.
    Licence to kill.
    La responsabilité est ici associée à celle des spéculateurs : non assistance à état en danger.

    Pour quelles raisons ?
    Aveuglement idéologique ?
    Besoin de faire un exemple au sein des états de l’UE ?
    Détourner l’attention ?
    Accointances avec les spéculateurs ?
    Sacrifier une victime expiatoire sur l’autel des ‘marchés’ vengeurs ?
    Absence de décision quant au choix à réaliser entre deux mauvaises solutions ?
    Absence de volonté politique ?

    L’Europe est en train d’assister au peloton d’exécution d’un de ses membres sans broncher outre mesure. A tel point que DSK a même proposé ses services et déclaré publiquement que le rôle des états membres serait bien justement d’exercer la solidarité, ce qui est une déclaration inégalée jusqu’à maintenant concernant les affaires ‘internes’ de l’UE de la part du FMI.

    Si, je dis bien si, l’UE (ou du moins la France et l’Allemagne) pense qu’en laissant s’exercer le pouvoir des spéculateurs ils pourront in fine en retirer un quelconque bénéfice tout en ayant la possibilité à tout moment de dire ‘stop’, ceux là sont des apprentis sorciers : ils ne savent pas ce qu’ils font ni à qui ils ont affaire.

    C’est maintenant ou ce sera trop tard. Qu’on ne vienne pas ensuite pleurer sur l’euro.

  2. En gros, les gouvernements allemands, français, etc. sont plus réticents à sauver un Etat de l’eurozone que leurs banques privées ! Un bel exemple de solidarité européenne – et surtout d’indépendance vis-à-vis des marchés financiers. Grandiose.

    1. Mais il n’y a jamais eu de solidarite europeenne, sauf sur des sujets anodins. Ce qu’il y a c’est des rapports de force entre nations, comme toujours, qui aboutissent a des accords, des traites, etc.

    2. USA encore bien pire pour une Nation

      « Il faudrait vraiment que les détenteurs de T-Bonds possèdent la foi du charbonnier pour ne pas penser que la faillite de la Californie, de l’Illinois, du Nevada, de l’Ohio et de tant d’autres Etats de l’Union n’auront pas de conséquences aussi dommageables pour leur épargne que la situation budgétaire « tendue » du Portugal et de l’Espagne (qui sont encore loin de la banqueroute, alors que la Californie y est déjà). »

      http://www.la-chronique-agora.com/articles/20100205-2478.html

    3. Au risque de choquer,

      Je me demande si la solidarité n’est pas carrément antinomique à la modernité. Les banquiers sont ceux qui font marcher tout le système. L’argent est le moteur, l’huile, l’air de tout le système. Sans argent, tout s’arrête dans notre monde. Sans solidarité, le système continue. Je ne vois pas du tout où cela poserait un problème. Pire, la solidarité revient à agir contre ses propres intérêts en faveur d’un autre. Selon ma compréhension de la modernité, agir contre ses propres intérêts pour quelque motif que ce soit touche à l’obscène.

    4. @ Didier

      Vous avez raison, il faudrait être vraiment fou pour vouloir supprimer l’air ! Et pour s’intéresser à son voisin !

    5. SOLIDAIRES envers ses CLIENTS ?
      l’Espagne, l’Irlande et la Grèce.
      Ces trois pays ont ensemble importé presque autant de produits exportés d’Allemagne que les Etats-Unis en 2007,
      et le double de produits exportés de France, remarque-t-il.
      Autrement dit, leur marasme pourrait avoir un impact non négligeable sur les poids lourds de la zone euro.

      Reuters 05/02/2010 à 12:48 La zone euro subit sa plus grosse tempête
      http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=b8562d4805858017ff93fe16edb301f2

  3. Pour information, pour moi c’est un domaine de spécialistes et votre avis nous sera précieux.
    Grèce, régulation, relance, réforme bancaire
    Au coeur des enjeux planétaires actuels, une matinale d’un niveau particulièrement élevé sur France Inter jeudi 4 avec :
    . Georges Ugeux ex Vice-Président de de la bourse de New-York
    . Charles Wyplosz prof. d’économie à l’institut des Hautes études internationales de Genève
    Des pros de la finance qui arrivent à causer avec une simplicité époustouflante et qui inversent la maxime « pourquoi faire compliqué quand c’est simple »
    http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/septdix/index.php?id=88133

  4. 4 février, pour mémoire (hors sujet, mais TOUJOURS d’actualité) ….

    Un peu de géopolitique ….
    ….. Et un peu d’histoire ……

    Conférence de Presse du Général de Gaulle, sur le système monétaire, le dollar et l’or
    Palais de l’Elysée, 4 Février 1965
    Extrait de « Discours et Messages » – Charles de Gaulle – Plon, 1970 – pages 330 à 334
    (Conférence visible en version intégrale sur le site de l’INA, à voir et à revoir….)

    Question – M. le Président, en changeant en or une partie de ses avoirs en dollars, la France a provoqué certaines réactions qui ont fait apparaître les défauts du système monétaire actuel. Etes-vous partisan de réformer ce système, et, si oui, comment ?

    Réponse (De Gaulle) – Je vais tâcher d’expliquer ma pensée sur ces points, A mesure que les États de l’Europe occidentale, décimés et ruinés par les guerres, recouvrent leur substance, la situation relative qui avait été la leur par suite de leur affaiblissement apparaît comme inadéquate, voire abusive et dangereuse. Rien, d’ailleurs, dans cette constatation n’implique de leur part et, notamment, de celle de la France quoi que ce soit d’inamical à l’égard d’autres pays, en particulier de l’Amérique. Car, le fait que ces États veuillent, chaque jour davantage, agir par eux-mêmes dans tout domaine des relations internationales procède simplement du mouvement naturel des choses. Il en est ainsi pour ce qui est des rapports monétaires pratiqués dans le monde depuis que les épreuves subies par l’Europe lui firent perdre l’équilibre. Je veux parler – qui ne le comprend ? – du système apparu au lendemain de la Première Guerre et qui s’est établi à la suite de la Seconde.

    On sait que ce système avait, à partir de la Conférence de Gênes, en 1922, attribué à deux monnaies, la livre et le dollar, le privilège d’être tenues automatiquement comme équivalentes à l’or pour tous paiements extérieurs, tandis que les autres ne l’étaient pas. Par la suite, la livre ayant été dévaluée en 1931 et le dollar en 1933, cet insigne avantage avait pu sembler compromis. Mais l’Amérique surmontait sa grande crise. Après quoi, la Deuxième Guerre mondiale ruinait les monnaies de l’Europe en y déchaînant l’inflation. Comme presque tontes les réserves d’or du monde se trouvaient alors détenues par les États-Unis, lesquels, en tant que fournisseurs de l’univers, avaient pu conserver sa valeur à leur propre monnaie, il pouvait paraître naturel que les autres Etats fissent entrer indistinctement des dollars ou de l’or dans leurs réserves de change et que les balances extérieures des paiements s’établissent par transferts de crédits ou de signes monétaires américains aussi bien que de métal précieux. D’autant plus que l’Amérique n’éprouvait aucun embarras à régler ses dettes en or si cela lui était demandé. Ce système monétaire international, ce « Gold Exchange Standard », a été par conséquent admis pratiquement depuis lors.

    Cependant, il ne paraît plus aujourd’hui aussi conforme aux réalités et, du coup, présente des inconvénients qui vont en s’alourdissant. Comme le problème peut être considéré dans les conditions voulues de sérénité et d’objectivité – car la conjoncture actuelle ne comporte rien qui soit, ni très pressant, ni très alarmant – c’est le moment de le faire.

    Les conditions qui ont pu, naguère, susciter le « Gold Exchange Standard » se sont modifiées, en effet. Les monnaies des Etats de l’Europe occidentale sont aujourd’hui restaurées, à tel point que le total des réserves d’or des Six équivaut aujourd’hui à celui des Américains. Il le dépasserait même si les Six décidaient de transformer en métal précieux tous les dollars qu’ils ont à leur compte. C’est dire que la convention qui attribue au dollar une valeur transcendante comme monnaie internationale ne repose plus sur sa base initiale, savoir la possession par l’Amérique de la plus grande partie de l’or du monde. Mais, en outre, le fait que de nombreux Etats acceptent, par principe, des dollars au même titre que de l’or pour compenser, le cas échéant, les déficits que présente, à leur profit, la balance américaine des paiement, amène les États-Unis à s’endetter gratuitement vis-à-vis de l’étranger. En effet, ce qu’ils lui doivent, ils le lui paient, tout au moins en partie, avec des dollars qu’il ne tient qu’à eux d’émettre, au lieu de les leur payer totalement avec de l’or, dont la valeur est réelle, qu’on ne possède que pour l’avoir gagné et qu’on ne peut transférer à d’autres sans risque et sans sacrifice.

    Cette facilité unilatérale qui est attribuée à l’Amérique contribue à faire s’estomper l’idée que le dollar est un signe impartial et international des échanges, alors qu’il est un moyen de crédit approprié à un Etat.

    Évidemment, il y a d’autres conséquences à cette situation.

    Il y a en particulier le fait que les Etats-Unis, faute d’avoir à régler nécessairement en or, tout au moins totalement, leurs différences négatives de paiements suivant la règle d’autrefois qui contraignait les États à prendre, parfois avec rigueur, les mesures voulues pour remédier à leur déséquilibre, subissent, d’année en année, une balance déficitaire. Non point que le total de leurs échanges commerciaux soit en leur défaveur. Bien au contraire ! Leurs exportations de matières dépassent toujours leurs importations. Mais c’est aussi le cas pour les dollars, dont les sorties l’emportent toujours sur les rentrées. Autrement dit, il se crée en Amérique, par le moyen de ce qu’il faut bien appeler l’inflation, des capitaux, qui, sous forme de prêts en dollars accordés à des Etats ou à des particuliers, sont exportés au dehors. Comme, aux États-Unis même, l’accroissement de la circulation fiduciaire qui en résulte par contrecoup rend moins rémunérateurs les placements à l’intérieur, il apparaît chez eux une propension croissante à investir à l’étranger. De là, pour certains pays, une sorte d’expropriation de telles ou telles de leurs entreprises.

    Assurément, une telle pratique a grandement facilité et favorise encore, dans une certaine mesure, l’aide multiple et considérable que les États-Unis fournissent à de nombreux pays en vue de leur développement et dont, en d’autres temps, nous avons nous-mêmes largement bénéficie. Mais les circonstances sont telles aujourd’hui qu’on peut même se demander jusqu’ou irait le trouble si les États qui détiennent des dollars en venaient, tôt ou tard, à vouloir les convertir en or ? Lors même, d’ailleurs, qu’un mouvement aussi général ne se produirait jamais, le fait est qu’il existe un déséquilibre en quelque sorte fondamental. Pour toutes ces raisons, la France préconise que le système soit changé. On sait qu’elle l’a fait, notamment, lors de la Conférence monétaire de Tokyo. Étant donné la secousse universelle qu’une crise survenant dans ce domaine entraînerait probablement, nous avons en effet toutes raisons de souhaiter que soient pris, à temps, les moyens de l’éviter. Nous tenons donc pour nécessaire que les échanges internationaux s’établissent, comme c’était le cas avant les grands malheurs du monde, sur une base monétaire indiscutable et qui ne porte la marque d’aucun pays en particulier.

    Quelle base ? En vérité, on ne voit pas qu’à cet égard il puisse y avoir de critère, d’étalon, autres que l’or. Eh ! oui, l’or, qui ne change pas de nature, qui se met, indifféremment, en barres, en lingots ou en pièces, qui n’a pas de nationalité, qui est tenu, éternellement et universellement, comme la valeur inaltérable et fiduciaire par excellence. D’ailleurs, en dépit de tout ce qui a pu s’imaginer, se dire, s’écrire, se faire, à mesure d’immenses événements, c’est un fait qu’encore aujourd’hui aucune monnaie ne compte, sinon par relation directe ou indirecte, réelle ou supposée, avec l’or. Sans doute, ne peut-on songer à imposer à chaque pays la manière dont il doit se conduire à l’intérieur de lui-même. Mais la loi suprême, la règle d’or – c’est bien le cas de le dire – qu’il faut remettre en vigueur et en honneur dans les relations économiques internationales, c’est l’obligation d’équilibrer, d’une zone monétaire à l’autre, par rentrées et sorties effectives de métal précieux, la balance des paiements résultant de leurs échanges.

    Certes, la fin sans rudes secousses du « Gold Exchange Standard », la restauration de l’étalon -or, les mesures de complément et de transition qui pourraient être indispensables, notamment en ce qui concerne l’organisation du crédit international à partir de cette base nouvelle, devront être concertées posément entre les Etats, notamment ceux auxquels leur capacité économique et financière attribue une responsabilité particulière. D’ailleurs, les cadres existent déjà où de telles études et négociations seraient normalement menées. Le Fonds monétaire international, institué pour assurer, autant que faire se peut, la solidarité des monnaies, offrirait à tous les Etats un terrain de rencontre approprié, dès lors qu’il s’agirait, non plus de perpétuer le « Gold Exchange Standard », mais bien de le remplacer. Le « Comité des Dix », qui groupe, aux côtés des États-Unis et de l’Angleterre, d’une part la France, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas et la Belgique, d’autre part le Japon, la Suède et le Canada, préparerait les propositions nécessaires. Enfin, il appartiendrait aux Six États qui paraissent en voie de réaliser une Communauté économique européenne d’élaborer entre eux et de faire valoir au-dehors le système solide que recommande le bon sens et qui répond à la puissance renaissante de notre Ancien Continent.

    La France, pour sa part, est prête à participer activement à la vaste reforme qui s’impose désormais dans l’intérêt du monde entier.

    Et en particulier (extraits de l’extrait….) :

    (…..)
    « Cependant, il ne paraît plus aujourd’hui aussi conforme aux réalités et, du coup, présente des inconvénients qui vont en s’alourdissant. Comme le problème peut être considéré dans les conditions voulues de sérénité et d’objectivité – car la conjoncture actuelle ne comporte rien qui soit, ni très pressant, ni très alarmant – c’est le moment de le faire.

    Les conditions qui ont pu, naguère, susciter le « Gold Exchange Standard » se sont modifiées, en effet. Les monnaies des Etats de l’Europe occidentale sont aujourd’hui restaurées, à tel point que le total des réserves d’or des Six équivaut aujourd’hui à celui des Américains. Il le dépasserait même si les Six décidaient de transformer en métal précieux tous les dollars qu’ils ont à leur compte. C’est dire que la convention qui attribue au dollar une valeur transcendante comme monnaie internationale ne repose plus sur sa base initiale, savoir la possession par l’Amérique de la plus grande partie de l’or du monde. Mais, en outre, le fait que de nombreux Etats acceptent, par principe, des dollars au même titre que de l’or pour compenser, le cas échéant, les déficits que présente, à leur profit, la balance américaine des paiement, amène les États-Unis à s’endetter gratuitement vis-à-vis de l’étranger. En effet, ce qu’ils lui doivent, ils le lui paient, tout au moins en partie, avec des dollars qu’il ne tient qu’à eux d’émettre, au lieu de les leur payer totalement avec de l’or, dont la valeur est réelle, qu’on ne possède que pour l’avoir gagné et qu’on ne peut transférer à d’autres sans risque et sans sacrifice.

    Cette facilité unilatérale qui est attribuée à l’Amérique contribue à faire s’estomper l’idée que le dollar est un signe impartial et international des échanges, alors qu’il est un moyen de crédit approprié à un Etat.

    Évidemment, il y a d’autres conséquences à cette situation.

    Il y a en particulier le fait que les Etats-Unis, faute d’avoir à régler nécessairement en or, tout au moins totalement, leurs différences négatives de paiements suivant la règle d’autrefois qui contraignait les États à prendre, parfois avec rigueur, les mesures voulues pour remédier à leur déséquilibre, subissent, d’année en année, une balance déficitaire. Non point que le total de leurs échanges commerciaux soit en leur défaveur. Bien au contraire ! Leurs exportations de matières dépassent toujours leurs importations. Mais c’est aussi le cas pour les dollars, dont les sorties l’emportent toujours sur les rentrées. Autrement dit, il se crée en Amérique, par le moyen de ce qu’il faut bien appeler l’inflation, des capitaux, qui, sous forme de prêts en dollars accordés à des Etats ou à des particuliers, sont exportés au dehors. Comme, aux États-Unis même, l’accroissement de la circulation fiduciaire qui en résulte par contrecoup rend moins rémunérateurs les placements à l’intérieur, il apparaît chez eux une propension croissante à investir à l’étranger. De là, pour certains pays, une sorte d’expropriation de telles ou telles de leurs entreprises.

    Assurément, une telle pratique a grandement facilité et favorise encore, dans une certaine mesure, l’aide multiple et considérable que les États-Unis fournissent à de nombreux pays en vue de leur développement et dont, en d’autres temps, nous avons nous-mêmes largement bénéficie. Mais les circonstances sont telles aujourd’hui qu’on peut même se demander jusqu’ou irait le trouble si les États qui détiennent des dollars en venaient, tôt ou tard, à vouloir les convertir en or ? Lors même, d’ailleurs, qu’un mouvement aussi général ne se produirait jamais, le fait est qu’il existe un déséquilibre en quelque sorte fondamental. Pour toutes ces raisons, la France préconise que le système soit changé. On sait qu’elle l’a fait, notamment, lors de la Conférence monétaire de Tokyo. Étant donné la secousse universelle qu’une crise survenant dans ce domaine entraînerait probablement, nous avons en effet toutes raisons de souhaiter que soient pris, à temps, les moyens de l’éviter. Nous tenons donc pour nécessaire que les échanges internationaux s’établissent, comme c’était le cas avant les grands malheurs du monde, sur une base monétaire indiscutable et qui ne porte la marque d’aucun pays en particulier.»
    (…..)

    Et encore plus particulièrement (extraits des extraits de l’extrait ! …..) :

    « Mais, en outre, le fait que de nombreux Etats acceptent, par principe, des dollars (…) pour compenser, le cas échéant, les déficits que présente, à leur profit, la balance américaine des paiement, amène les États-Unis à s’endetter gratuitement vis-à-vis de l’étranger.
    (….)
    Cette facilité unilatérale qui est attribuée à l’Amérique contribue à faire s’estomper l’idée que le dollar est un signe impartial et international des échanges, alors qu’il est un moyen de crédit approprié à un Etat.
    (….)
    Il y a en particulier le fait que les Etats-Unis, faute d’avoir à régler nécessairement en or, tout au moins totalement, leurs différences négatives de paiements suivant la règle d’autrefois qui contraignait les États à prendre, parfois avec rigueur, les mesures voulues pour remédier à leur déséquilibre, subissent, d’année en année, une balance déficitaire.
    (….)
    Il apparaît chez eux une propension croissante à investir à l’étranger. De là, pour certains pays, une sorte d’exproprition de telles ou telles de leurs entreprises. »

    C’était le 04 février 1965…..Il y a 45 ans jour pour jour….

    1. Merci Kitalu.
      Mais pourquoi donc Besancenot ou Cohn-bendit ne potassent pas leur petit De Gaulle? Vous avez dit anti-capitaliste? Anti-impérialiste?
      D’ailleurs pas plus que nos Villepin ou Dupont-aignan, les quelques restes de l’armée gaulliste en déroute. Troublant non?
      Ce n’est pourtant pas de la « théorie »….. Mais de l’histoire.
      Oubliée.
      Autre temps, autres mœurs, où la Politique ne se faisait pas à la corbeille et les hommes à la télé. En l’occurrence, là le discours, c’est du « live », sans pisses-copies et face à un vaste parterre de journalistes internationaux.
      Et il en a commis d’autres et autrement salées, sur l’Europe ou la politique Israëlienne notamment !!!
      Anti-américanisme-primaire me direz-vous? Nostalgique-de-l’avenir? Parfaitement politiquement incorrect pour notre présent en tout cas.
      Les défaites de la « guerre silencieuse » se font sans bruit et ne se commémorent jamais.
      Les PIGS se meurent mes l’Europe ne se rend pas…. Ils n’ont qu’à « sauter comme des cabris »….
      Et ‘Vive l’Europe libre de l’Atlantique à l’Oural !!! »

    2. Charles de Gaulle était un géant ; il reste un géant.
      Tous ceux que nous avons au pouvoir actuellement sont microscopiques.

      Finalement, pour rappel, c’est en 1971 que le dollars ne fut plus convertible en or : six ans avant, il avait compris.

      Je suis sûr qu’il dirait aujourd’hui ce que dit Paul Jorion, avec un chapitre sur l’écologie, parce qu’il l’aurait pris comme conseiller : Les géants savent s’entourer.

    3. Vous demandez un retour à l’étalon or. Selon mes souvenirs, l’or métal était déposé chez le bijoutier. Il émettait des billets garantissant le versement d’une masse d’or. Un bijoutier peu scrupuleux a émis des billets sans contrepartie en or. J’y vois la naissance de la finance moderne.
      Je vois dans ces billets les ancêtres de la monnaie que j’ai en poche.
      Maintenant, les banquiers ont accumulé ces billets et on émis des promesses de les rendre à leurs propriétaires. Etant de bons financiers, ils ont émis plus de promesses que de billets disponibles.
      Je note, avec un triste sourire, que les CDS m’apparaissent comme des promesses sur les promesses faites par les banquiers sur les promesses de redonner de l’or.
      Un processus analogue se retrouve dans chacun de ces cas. Les financiers font le passage de l’or aux billets, des billets aux promesses, des promesses aux CDS. Vu sous cet angle, inventer les CDS au carré est normal. Sous le même angle d’approche, ces niveaux représentent des papiers auxquels sont attribués des valeurs ou des catégories différentes. Le papier de la catégorie antérieure garantit le papier que vous tenez en main.
      Actuellement, les papiers de seconde catégorie servent à sauver les détenteurs de CDS et analogues. À la base, cela revient à décréter que plus d’argent circule. Il y a eu le décrochage de l’étalon or de la monnaie. Je me demande si nous ne vivons pas un décrochage des CDS et analogues de la monnaie.

      Vouloir revenir à l’étalon-or m’apparaît comme un rejet radical de toute cette évolution. Pour atteindre ce but, je vous vois devoir vider les grandes places financières actuelles, les transformer en lieux tranquilles, d’une activité si légère que j’ai le sourire. Pour atteindre ce but, vous allez devoir affronter tout ce monde de la finance et il sait se battre. Bonne chance.
      Revenir à l’étalon-or me semble avoir d’autres conséquences. La masse d’argent en circulation subirait une contraction assez ahurissante. Les échanges entre les états européens et des pays comme la Chine devraient cesser. Vu le déficit commercial que nous avons envers ce pays, nous n’aurions jamais assez d’or pour pouvoir payer nos importations. Il faudrait réindustrialiser massivement notre continent pour éviter ce problème. Celui qui contrôle l’or dans un pays y aurait le pouvoir effectif quelque soit le mode de gouvernement. J’ignore si ce serait pire ou meilleur. Mais la situation actuelle me déplaît si souverainement que je serais d’accord pour un changement de cette importance.

      Je vois encore deux difficultés. Comment oublier tout ce qui a été appris entre aujourd’hui et le moment où l’or a cessé d’être un étalon ? Comment faire accepter que la croissance (de tout ce qui est économique) ne marche plus ?

    4. Un courant d’air frais, une brise agréable soufflent subitement. Plus de mensonges, plus de langue de bois ou d’énarque. Une vision et une intelligence pure.

      @Didier:
      « je vous vois devoir vider les grandes places financières actuelles, les transformer en lieux tranquilles, d’une activité si légère que j’ai le sourire. »
      Je vote pour.
      « Les échanges entre les états européens et des pays comme la Chine devraient cesser. »
      Je vote pour.
      « Il faudrait réindustrialiser massivement notre continent. »
      Je vote pour, et avec moi, tous les chômeurs, les RSAistes, les précaires, les intermittents, les immigrés et de façon générale, tous les pauvres.

      On signe ou?

  5. Y a t’il aujourd’hui une autre solution pour éviter une catastrophe économique, sinon politique (et donc sociale) que de reprendre le contrôle de la monnaie et envoyer valser les marchés financiers ? Je ne le crois pas. Le vrai problème est donc de trouver comment opérer…

    1. Comme d’autres l’on déjà dit : privilégier les circuits non marchands type AMAP
      On peut aussi pratiquer le don et l’échange d’objets ou de services.
      Ceci existe déjà sur internet ou par le biais d’associations.
      Et aussi court circuiter les banques comme je l’ai déjà posté ailleurs sous une forme humoristique, en privilégiant chaque fois que c’est possible un paiement en espèces en ne laissant sur son compte bancaire que le strict nécessaire pour payer ce qui ne peut être payé que par virement ou prélèvement.
      Mais tout cela demandera du temps et j’ai malheureusement l’impression que le temps nous est compté.

    2. @ Louise :
      ‘sous une forme humoristique’ : et même sérieusement. Je suis en train d’étudier la possibilité de domicilier mes salaires sur une banque coopérative puis d’ouvrir un compte sur une autre banque (ou banque coopérative ou banque publique) car les banques coopératives n’ont pas toutes des comptes courant et des possibilités de retrait/paiement ou d’agences physiques de proximité (c’est par contre le cas de la NEF par exemple, associée au Crédit Coopératif).
      Dans ce cas, mes dépôts ne serviraient pas à cautionner les agissements de ces banques qui les utilisent pour tout autre chose que ce pourquoi ce devrait être utilisé, notamment pour du crédit (aux entreprises, aux particuliers). Et contribueraient à renforcer l’action de ces banques coopératives, sans compter, aspect très important, que ces mêmes dépôts ne seraient pas engagés dans des investissements financiers autres que du crédit (pas de produits dérivés par exemple), ce qui renforce évidemment la solidité de la dite banque et donc la sécurisation des dépôts des épargnants.
      Précision : en ouvrant un compte dans une banque coopérative, on ‘achète’ aussi des parts sociales, ce qui permet de renforcer le capital social de ces coopératives. Ces parts sociales ne sont pas des actions : elles ne sont pas monnayables sur un ‘marché’ et elle ne sont pas cessibles non plus (normalement).
      Dans le cas de la CASDEN par exemple, les actifs propres de la banque représentent près de 20% du CA.

      Bref, rigolons donc mais puissance n.

    3. Les Amap, je veux bien mais quand 80% de la population est citadine, ça pose un léger problème logistique. Mais la relocalisation des productions est une piste, ce qui permettrait de plus de faire progresser l’autosuffisance alimentaire dans les pays émergents (abandon partiel des cultures d’exportation qui ne profitent qu’à une minorité en affamant ou asservissant les populations locales)

      Les banques publiques ou coopératives, c’est une solution intéressante. Quelqu’un pourrait-il lister ces banques et expliquer succintement leur fonctionnement ?

      Cela dit, je crois qu’on peut difficilement se passer des institutions au final. Le problème de leur direction est donc toujours posé, avant même leur éventuelle transformation ou nouvelle orientation…

  6. Je voudrais savoir si plus que la Grèce, le Portugal ou l’Espagne, la prochaine bombe à retardement ne serait pas l’Angleterre. Si ce pays n’est pas dans le groupe Euro, il n’en demeure pas moins que sa situation n’est pas brillante non plus. C’est d’ailleurs le seul pays européen qui n’ait pas retrouvé un semblant de croissance positive.
    Quelle seraient les conséquences d’une banqueroute – sur un modèle islandais » du Royaume Uni, et donc de Londres, toujours capital de la finance?
    Pourriez-vous nous éclairer et croyez-vous en la fragilité de ce pays?

    1. La situation du Royaume Uni (et non de l’Angleterre !) est effectivement particulièrement problématique, tant en ce qui concerne sa dette que la valeur de la livre britannique vis à vis des autres monnaies.

      Il est significatif que les conservateurs, donnés gagnants des prochaines élections, ont une approche de plus en prudente des mesures qui devraient être prises. En attendant, avec les travaillistes, ils défendent à bec et ongles la City et sa contribution au PIB du pays.

      L’héritage de la désindustrialisation et du désinvestissement dans l’économie britannique n’a pas fini d’être payé. La City est une île dans l’île, qui ne sera que très marginalement atteinte par la crise dans le pays. Elle le sera d’avantage par les mesures de régulation actuellement envisagées, en dépit de leurs grandes limites, si toutefois elles résistent à l’offensive des intérêts financiers.

    2. L’Angleterre est une planche pourrie… Il n’y a aucune raison pour que ce pays soit épargné, conservateurs ou pas, la vérité c’est que les dirigeants ne vont pas du jour au lendemain ramener une activité économique qui produit effectivement quelque chose. Ces gens ne fabriquent plus rien que du vent déguisé en courant d’air depuis deux décennies : le modèle anglais repose entièrement sur son industrie financière qui traitait ce que NYC ne voulait pas faire. En résulte des banques avec des placards infestés de cadavres… Tant que les marchés continuent à buller ça ira, mais au bout d’un moment il faudra bien gérer les hordes de chômeurs et les montagnes de dettes qui continuent à s’accumuler. Il serait intéressant d’illustrer tout ce que je dis par des chiffres, je vais m’y atteler d’ici ce WE tiens ! C’est un beau sujet, au moment où l’on voit que la logique reprend le dessus sur la folie des marchés, on peut recommencer à envisager l’évidence, c’est à dire le pire !

    3. Je ne pense pas que les anglais (ni aucun pays puissant) puisse « faire banqueroute »
      Les anglais peuvent monétiser toute leur dette, ce qui fera probablement dévaluer (plutôt bon pour leur balance des échanges) , augmenter les taux d’imposition, ou choisir une des solutions suggérées par Patrick Artus http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=51403),

    4. La theorie de la specialisation des nations sur leur avantage competitif s’ecroule sous nos yeux. Theorie absurde mais qui avais quand meme trouve des thuriferaires.

    5. T. Blair l’ex premier ministre de GB conseillé de LVMH et d’un hedge fund explicite pour ceux qui ne l’avaient pas encore compris le rôle des travaillistes à la suite de Thatcher: ils sont les exécuteurs du capitalisme. Comme le dit François Leclerc, l’ensemble du pays va payer très cher cette crise hormis la city (les dirigeants et les gros actionnaires).

      La GB (la city) pourrait-elle se détacher de l’Europe et avoir une relation avec les USA plus forte ou reste-elle une tête de pont de Wallstreet au sein de l’Europe ?

    6. La BoE vient de « suspendre » son programme d’achats de bons du trésor britanniques (les gilts), les derniers chiffres parus ce matin faisant état d’une augmentation des prix plus forte que prévue, ce qui l’explique. Le pays étant tout juste et à peine sorti techniquement de la récession, ce qui reste à être confirmé.

      Le Royaume Uni semble entrer dans ce que l’on appelle la stagflation: une faible croissance assorti d’une forte inflation. Il lui reste une alternative, la slumpflation, association d’une décroissance et de l’inflation.

      L’orthodoxie monétaire, qui a déjà failli, est impuissante devant ces maux. Faut-il donc changer le monde, pour qu’il soit en adéquation avec la théorie, ou bien le contraire ?

    7. Pour ceux que ça intéresse, j’ai fait un papier sur mon blog sur le développement des thématiques d’extrême droite en Angleterre :
      http://bloginlondon.wordpress.com/2010/01/29/les-anglais-decouvrent-les-charmes-du-lepenisme/
      Je m’auto-cite :
      « Les élites britanniques vont en effet être confrontés dans les prochaines années à un défi redoutable : comment maintenir la structure fortement hiérarchique et inégalitaire de leur société dans une période d’appauvrissement, et empêcher tout restauration sous une forme ou une autre des mécanismes de redistribution et de solidarité collective que trente années de thatchéro-blairisme ont voulu détruire ? »
      Réponse : par le lepénisme.

    1. Une révolution, dans un monde officiellement régit par des taux de changes flottants ! Certains préconisent aujourd’hui une réforme du système monétaire revenant à ce principe, mais cela reviendrait à fermer le terrain de jeu du Forex, comment y croire ?

  7. Les tensions entre la Chine et les USA montent… possibilité d’une guerre économique ….A mon avis les USA et l’Europe vont protéger leurs marchés vis-à-vis de la Chine et peut-être aussi vis-à-vis les autres pays BRIC….

    1. J’ai l’impression que c’est plus les multinationales que les nations qui décident, or je vois mal Wal Mart (1er employeur privé des USA) accepter des barrières protectionnistes avec la Chine alors que 75% de ce que vends cette entreprise y est fabriqué.

    2. Les américains, qui ont l’avantage d’être moins empotés que nous, ont déjà clairement entamé leur politique protectionniste, un signe flagrant, l’affaire Toyota.

  8. Les finances des pays occidentaux deviennent ingérables parce qu’il devient évident que de nouvelles mesures de soutien à l’économie s’imposent en vue de l’échec des stimulis de 2009, et que l’ampleur des déficits budgétaires interdit toute nouvelle dépense.
    En refusant de faire assumer au système financier le prix de ses fautes, (en croyant les banques qui leur ont dit que les sauver, c’était sauver l’économie), les dépenses publiques et en particuliers les systèmes sociaux risquent d’être affectés et laisser les plus défavorisés à la dérive.
    Les banques centrales sont sur le point (et devront en partie) se reconvertir à l’or, ennemi de la Reserve Fédérale US, sans encore le déclarer « officiellenent ».
    Nous assistons actuellement sur les marchés (à mon avis) à une tentative délibérée de la part de Wall-Street et de la City de faire croire à une fracture de l’UE et d’instiller l’idée d’un risque mortel pesant sur la zone euro, en relayant et tentant de stimatiser une zone euro « frileuse » face aux mesures « volontaristes » américaines ou britanniques.
    L’un des objectifs étant de détourner l’attention internationale de l’aggravation des problèmes financiers à New-York et à Londres, tout en affaiblissant la position européenne.
    La zone euro (qui a les réserves d’or les plus importantes de la planète) rassemble également des pays qui ont accumulé des excédents budgétaires jusqu’à l’année dernière, et une banque centrale qui n’a pas transformé son bilan en réservoir à « actifs pourris » (comme l’a fait la FED depuis 18 mois). Donc la crise annonce un problème plus général sur le fait que les obligations d’Etat forment une bulle sur le point d’exploser : (plus de 49 500 milliards de $ us ) au niveau mondial, sot une augmentation de 45% en 2 ans…!

  9. @ le marin, bonjour,

    vous dites:

    « A mon avis les USA et l’Europe vont protéger leurs marchés vis-à-vis de la Chine et peut-être aussi vis-à-vis les autres pays BRIC »

    Si l’Europe colle sa conduite aux USA alors on est fichus ! Non elle ne le fera pas, elle essaie de se défaire de sa dépendance sans que cela ne se voit trop … l’euro baisse …. c’est bon pour l’Europe, car si l’on achète moins d’Euros c’est que les marchés monétaire ralentissent la pompe de conversion euro dollar, et cela veut dire que les marchés traités en euros augmentent !!!

  10. Il leur aura fallu attendre dix ans, mais les économistes anglo-saxons eurosceptiques tiennent leur revanche. Ils avaient émis des doutes sur la capacité de l’Union monétaire à résister à un gros choc récessif. On y est.

    La Grèce, le maillon faible de la zone, est en train de craquer. Victime de la défiance des investisseurs internationaux après l’annonce d’un dérapage record de son déficit, Athènes a de plus en plus de mal à se financer. Le défaut de paiement la menace, comme l’Argentine il y a quelques années.

    La Grèce cherche désespérément une aide extérieure, qui tarde à venir. Le Fonds monétaire international (FMI) se contente d’une assistance technique et les Chinois ne semblent guère décidés à acquérir des emprunts qui ressemblent un peu plus chaque jour à des junk bonds (obligations pourries).

    […]

    Le Monde

  11. cher François Leclerc,
    il faut arrêter de trop lire Ambrose Evans-Pritchard, il voit trop noir sur l’Euro, sans voir les pb qui s’amoncellent sur le dollars, sur les états américains en faillite, et la crise immobilière, dont les subprimes étaient juste le hors-d’œuvre. Il faudra bien faire une vraie Europe politique, fiscale, économique, sociale, un jour ou l’autre, faute de mieux, vu l’effondrement progressif et inévitable du moteur de l’économie mondiale. suis-je trop optimiste? je ne crois pas, je vois bien ce qu’il en coutera à tous le monde (classes moyennes en tête) pour en arriver là.

    1. Ambrose Evans-Pritchard, dont je lis la colonne dans le Daily Telegraph, n’a jamais été totalement conquis par l’euro ! C’est sans doute en employant ce genre de formule qu’il le reconnaîtrait lui-même.

      Le savoir permet de le lire avec la distance de rigueur, comme d’ailleurs tous les chroniqueurs qui ne font qu’exprimer leur compréhension des choses…

    2. 1- Pritchard est un monomaniaque anti-européen, plus précisément
      anti-europe continentale. Ses idées font vendre du papier,c’est
      sa fonction. Il faut lui reconnaître du talent et le souci d’ appuyer
      ses analyses sur des chiffres ou des faits concrets.
      Sa production journalistique est exemplaire.

      Son point de vue est-il représentatif de l’opinion britt ?
      Vue de loin, j’imagine que la classe dirigeante britt ne détesterait
      pas d’avoir raison contre tous. Et le pays en a vu bien d’autre.
      Qui ne se souvient de Wilson ? ou des rebuffades avalées
      par Macmillan face à Kennedy ?.

      2- de Loredana 5 février 2010 à 08:45 :
      « Il faudra bien faire une vraie Europe politique, fiscale, économique, sociale, un jour ou l’autre,
      faute de mieux, vu l’effondrement progressif… »
      Une Europe sociale est en effet hautement souhaitable . C’est même un projet
      – une construction en devenir- grandiose et exemplaire.
      Avant l’introduction de la Brittanie dans la construction européenne, ce projet
      avait de bonnes bases de départ. Les hommes en charge avaient vécu
      les désastres du 20. ième siécle (1929 et guerres) et les réalisations de la social-démocratie
      US (Rooseveltienne) de l’ après guerre. Ils l’avaient vécus mais aussi étudiés. Ils étaient
      prévenus et pouvaient agir prudemment.
      Maintenant, c’est impensable. Aucune évolution favorable n’ est possible avec le virus
      de l’ égoisme ( « I want my monay back ») et les présupposés libéraux introduits et
      défendus activement par les Britt.

      Une pédagogie de la crise c’est que les petits pays sont seuls.
      Le protecteur des jours heureux que l’on flattait pour mieux lui tirer
      des avantages devient impuissant quand une vraie crise s’installe.
      Les britts, toujours à l’affut d’ alliance sur le continent, devraient s’en
      trouver dévalué…

      L’Europe a peut-être atteint une stase dans son évolution possible et refuse
      l’inconfort et l’incertitde d’une marche en avant… Un pays ou un groupement
      ne peut pas déclarer une halte, sous peine de régresser.
      Et l’Europe vieillit …

  12. A quoi ça sert dans un monde où les autres monétises de vouloir à tout prix imposer la rigueur ici en Europe.En imposant la rigueur on va tuer ce qui reste de l’économie,
    Dans quel but, en quoi cela va avantager l’Europe, monétisons aussi.

    1. A part pour l’énergie et les matières premières qui couteront plus cher, si l’euro flanche ce n’est pas plus mal, les importations des pays comme la chine seront moins compétitives.

  13. Vous nous voyez après les régionales entendre qu’il va falloir payer plus à l’Etat pour moins, tout cela parce que nos chers banquiers ont été se mélanger avec les fraudeurs de crédit américains et qu’ils ont cassé la machine, et qu’il nous appartient à nous peuple qui n’avons pas touché un sous de leurs petits arrangements entre amis de payer la note.
    Sincèrement, si il n’y a pas de défilés de révoltes partout en Europe, nous sommes soit fous soit totalement endormis soit nous avons trop peur pour bouger, mais peur de quoi ?

    1. Le problème c’est la peur, oui, mais pas seulement. Le propre d’un esclave c’est qu’il a intériorisé l’argumentaire de son maître: règle n°1, le maître a toujours raison; règle n°2, si le maître se trompe, appliquer la règle n°1. Si on pense à l’esclave d’Hegel (dans la dialectique maître-esclave), on n’a pas l’impression que l’esclave se soit vraiment à travailler et penser…Mais cela viendra…peut-être…

    2. @ liervol

      les peuples ne sont pas endormis ; simplement ils ont peur et surtout il n’y a pas d’espoir en un autre monde possible .

      l’expérience stalinienne a tué toute idée d’un possible et donc souhaitable changement de société.

      le pire c’est que l’on risque de se retrouvé avec une montée des extrèmes droites et du nationalisme : les élites économiques y ont intérêts si ça commence à chauffer

      plutôt des dictatures d’extrème-droite que les « rouges » : tel sera le cri de ralliment de tous les accapareurs

      donc le chantier le plus important à mon sens ce n’est pas de sauver ce système mortifère mais bien de construire des alternatives

  14. Les anatiofurtifs savent donc retrouver le chemin de la base, recoller un drapeau sur leur dérive, revenir dans le champ des radars, pour refaire le plein, quitte à siphonner le réservoir des avions de ligne…
    Et repartir sans être inquiétés, ni inspection, sous protection même…
    Mais qu’un avion de ligne s’écarte de son plan de vol…

  15. Bonjour Messieurs (Dames).
    Quelqu’un sait-il comment procède l’état chinois pour financer ses dépenses ?
    Fait-il appel à l’impôt ou imprime t’il directement la monnaie via sa banque centrale ?
    Si non, fait-il supporter une charge de la dette à ses ouailles ? Merci.

  16. @liervol

    Je posais cette question sur l’euro car ma banquière me propose une Assurance-Vie en support en euros… Pensez-vous que c’est risqué au vue de la situation ?

  17. Les Echos (05.02.2010) semble avoir compris pas mal de choses: http://www.lesechos.fr/info/marches/020350084842-les-marches-testent-la-solidite-de-la-zone-euro-en-ciblant-la-grece-le-portugal-et-l-espagne.htm. Voir notamment la fin: les marchés financiers réclament des plans d’austérité, mais sansq croire à leur efficacité.

    Dans de courts billets parallèles, le journal signale l’avertissement de Moody’s concernant la notation AAA des Etats-Unis, la nouvelle augmentation du chôma

    1. Oui, mais pas tout !

      On aboutit ainsi à un paradoxe : les marchés sont demandeurs d’austérité budgétaire pour la zone euro ; mais la perspective de voir ces mesures effectivement appliquées, couplée aux craintes d’un resserrement monétaire chinois, pèse sur les perspectives de croissance.

      Edouard Lederer, que je cite, évoque un paradoxe (une proposition qui contient ou semble contenir une contradiction logique). Encore un petit effort à faire, pour lever la contradiction…

    2. L’article pointe bien la contradiction insurmontable des marchés : ils veulent des plans d’austérité pour s’assurer de la crédibilité du débiteur (sur sa capacité à rembourser ses dettes), mais ils savent aussi que plus d’austérité, c’est moins de croissance, donc moins de revenus et moins de capacité à rembourser ! Dialectique infernale !

    3. La stratégie des marchés comme celle des banques qui cherchent le ‘pauvre’ ne contient pas de contradiction quand on le redéfini.
      Cela parait paradoxal de penser qu’un banque recherche des clients potentiellement insolvable.
      Il n’y a pas de paradoxe quand un maître recherche un faible, un futur esclave qu’il pourra asservir.
      Il faut remplacer le concept de concurrence libre et non faussée par celui du servage.
      La diminution des dépenses publiques en temps de crise conduit à l’affaiblissement de la future victime, jusqu’à ce qu’elle n’ait d’autre choix que la servitude.
      Ce phénomène se retrouve à l’échelle individuelle, du groupe(l’entreprise), de la nation(la Grèce).
      C’est systémique.

  18. Je reprends (désolé pour la coupure!): …et la nouvelle augmentation du chômage aux USA. L’heure de vérité est proche…

  19. Dans de nombreux Etats membres de l’Union Européenne, l’heure est aux plans de rigueur.

    Concrètement, ces plans de rigueur imposent aux citoyens un démantèlement de la protection sociale. Ces plans de rigueur sont la pire régression sociale depuis 1945.

    Par exemple, le gouvernement socialiste grec a dévoilé son plan de rigueur. Le gouvernement socialiste espagnol a dévoilé lui-aussi son plan de rigueur. En France, Nicolas Sarkozy ne dévoilera son plan de rigueur qu’en avril : il attend que les élections régionales soient passées (tu m’étonnes !).

    Le plus scandaleux, c’est ceci :

    – en 2008, quand les banques privées ont frôlé la faillite, les dirigeants politiques ont soudain trouvé des centaines de milliards d’euros pour sauver les banques privées ;

    – aujourd’hui, il s’agit de sauver la protection sociale, et là, surprise ! Les dirigeants politiques nous racontent qu’il n’y a pas d’argent ! Les dirigeants politiques nous expliquent qu’il faut démanteler notre système de protection sociale parce que « Vous comprenez, c’est la crise, il faut faire des efforts, il faut faire des sacrifices. »

    C’est scandaleux.

    Une dernière chose : en 1992, les dirigeants politiques ouistes (de gauche, et aussi de droite) nous ont expliqué qu’il fallait voter « oui » au traité de Maastricht, qu’il fallait voter « oui » à la monnaie unique, qu’il fallait voter « oui » à l’euro.

    Il faut lire et relire le livre « Le bêtisier de Maastricht », édition Arléa.

    Les dirigeants politiques ouistes nous avaient promis le progrès économique et social si nous votions « oui » à l’euro.

    Aujourd’hui, 18 ans plus tard, nous pouvons comparer toutes ces belles promesses et la réalité : l’euro ne nous a pas apporté le progrès économique, l’euro ne nous a pas apporté le progrès social, l’euro ne nous a pas protégés de la désindustrialisation, l’euro ne nous a pas protégés de l’appauvrissement des classes populaires et des classes moyennes, l’euro ne nous a protégés de rien du tout.

    Aujourd’hui, les 16 Etats de la zone euro peuvent être comparés à 16 nageurs qui nagent au beau milieu de l’Océan. Chacun de ces 16 nageurs ont un boulet accroché à sa cheville : ce boulet, c’est la monnaie unique. Ce boulet, c’est l’euro.

    L’euro est un boulet qui est en train de nous entraîner vers le fond de l’Océan.

    1. La création de l’euro est avant tout un acte politique.
      Cela à été la monnaie d’échange en regard de la réunification allemande.
      La France à voulu s’accrocher au wagon qu’est l’Allemagne en Europe, en abandonnant ses prérogatives monétaires.
      Seulement la culture politique allemande, de droit privé et corporatiste, ne reconnait pas à l’Etat jacobin ces prérogatives. De plus la stratégie allemande de déflation salariale pour intégrer sa zone d’influence économique à l’Est réduit les marges de manœuvre.
      Aujourd’hui, le marché à bien compris comment il pouvait tiré avantage de cette situation.
      Les Anglo-saxons ont eux aussi bien compris ou était leur intérêt, veille stratégie de division continentale,il ne faut cependant pas conclure au complot, mais plutôt à un sauve qui peut de leur part.

    2. Ca n’est pas l’euro la cause, c’est la maniere dont il a ete instaure et la maniere dont on s’en sert.

      Le probleme n’est pas la monaie, mais les politiques suivies.

    3. 100 fois d’accord avec vous BA
      « Ils » oublient par exemple que tout ce qui va à la santé (issu des recettes de la SS et de son « déficit » couvert par l’emprunt ») crée en fait du PIB… de l’activité pour toutes les professions de santé.
      Leurs recettes rentreront dans le circuit économique chez les autres producteurs et intermédiaires.
      Il y a volonté certaine à « privatiser les zones de profits, collectiviser les zones de pertes »

    4. Vous commettez à mon avis un contresens, à l’image de beaucoup des ‘nonistes’ au traité instituant l’euro. L’euro n’est qu’un objet monétaire comme un autre. Or, c’est la volonté de faire une Europe politique cohérente (soit fédérale, soit d’états-nations corrélant leur politique, notamment fiscale) qui a toujours été absente. En tout cas elle n’a jamais été majoritaire, et de loin, au parlement de Strasbourg, où siègent aussi les représentants des états non membres de la zone euro!

      Imaginez-vous ce qui se serait passé si l’euro n’existait pas? La Grèce, le Portugal, l’Espagne, l’Italie et l’Irlande seraient déjà en faillite (comme l’Islande depuis un an). En fait, ne surnageraient temporairement que l’Allemagne, les Pays-Bas et la Finlande, en attendant une attaque en règle contre ces pays également, tout comme le Royaume-Uni, qui n’est pas dans la zone euro, mais dont le destin ne tardera sans doute pas à être tranché à son tour. Le problème n’est PAS l’euro, mais l’hégémonie politique néo-libérale, qui a fait sentir ses effets partout.

      Maudire l’euro aujourd’hui, c’est dissiper ses forces et mener le mauvais combat (sauf lorsqu’il s’agit de la politique de la BCE, mais c’est une autre histoire). Nous vivons sur une planète financièrement mondialisée, et l’euro n’est pas en soi « responsable » de quoi que ce soit. Ce sont les hommes qui font la politique, pas leur monnaie.

  20. On apprend que le G7 (eh oui, il existe toujours !) se réunit au Canada. Selon « Le Monde », les organisateurs veulent « revenir aux « racines » du G7, conçu en 1975 par le président français comme « des causeries au coin du feu ». » Comme ‘ »causeries au coin du feu », ça va être réussi : c’est plutôt près d’un immense brasier, d’un incendie gigantesque qu’ils vont devoir se réchauffer !

  21. Le Premier Ministre grec vient de présenter un plan de rigueur COMPLETEMENT PIPEAU, dans lequel il explique que le déficit public grec sera ramené de 12,7 % aujourd’hui, … à 2,8 % en 2012 !

    Vous avez bien lu : 2,8 % en 2012 !

    La Commission Européenne a approuvé ce plan COMPLETEMENT PIPEAU !

    La Banque Centrale Européenne a approuvé ce plan COMPLETEMENT PIPEAU !

    Non mais ils rigolent ou quoi ?

    Ils nous prennent vraiment pour des c….

    Le Premier Ministre grec n’a plus aucune crédibilité.

    La Commission Européenne n’a plus aucune crédibilité.

    La Banque Centrale Européenne n’a plus aucune crédibilité.

    Pierre-Antoine Delhommais écrit dans Le Monde ces phrases décisives : « il y a aussi dans l’attitude intransigeante de l’Allemagne une vraie conviction économique, résumée sèchement par Axel Weber, le patron de la Bundesbank : « Il est impossible de justifier auprès des électeurs qu’on aide un autre pays afin que ce dernier puisse s’épargner les douloureux efforts d’adaptation qu’on a soi-même endurés. »

    Les dirigeants allemands avaient accueilli, on s’en souvient, avec beaucoup de réserve l’idée de faire entrer dans l’euro des pays d’Europe du Sud, « les pays du Club Med », « les cueilleurs d’olives ». Ils avaient fini par accepter mais, précisément, en obtenant l’ajout d’une clause de no bail out, de non-assistance financière à pays en danger.

    La Bundesbank, notamment, considérait que ces pays n’étaient pas assez solides et vertueux pour partager la même monnaie qu’eux. »

    Fin de citation.

    Toute la tragédie grecque est résumée dans ces phrases remarquables. Les pays du sud de l’Europe ne sont pas assez solides et pas assez vertueux pour partager la même monnaie que l’Allemagne.

    Tragédie grecque. Tragédie portugaise. Tragédie espagnole. Tragédie italienne. Tragédie française.

    Le compte à rebours est lancé pour l’Europe.

    1.  » Le compte à rebours est lancé pour l’Europe. »

      C’était quand même un beau rêve L’Europe des Marchands, paix et sécurité pour tous disaient-ils avant que que …

      Johnny tu es là ? Tu ne pourrais pas au moins nous chanter quelque chose sur la crise, pour les ondes.

      Sous le ciel, il n’y a rien qui soit stable, rien qui ne dure à jamais. [ Jérémie citant le Bouddha cherche l’erreur Dédé ? ]

    2. Ce scenario est-il possible ?

      Le silence de l’Allemagne et de la France pourrait être une stratégie afin de contraindre les pays dits « parasites » comme la Grèce, l’Irlande, le portugal et les autres afin, et à terme, de recréer une Europe et une zone euro plus restreinte mais beaucoup plus équilibré en terme d’échanges économiques et fiscale, et donc plus dynamique économiquement. Refaire marché arrière sur les 15 dernières années et ne plus recommencer les mêmes erreurs comme réunir sous une même monnaie des pays si inégalitaires à tout point de vue.

      C’est un scénario osé mais inespéré pour la France et l’Allemagne de recréer une nouvelle zone euro sous le prétexte de la crise économique

      Merci pour votre point de vue

    3. Coucou écrit : « Le silence de l’Allemagne et de la France pourrait être une stratégie ….. »

      Je suis en total désaccord avec cette hypothèse.

      Mon interprétation est la suivante :

      – l’Allemagne et la France sont elles-mêmes dans une situation dramatique sur le plan économique et social ;

      – l’Allemagne et la France savent que le gouvernement grec leur présente des chiffres complètement bidons depuis 20 ans (dernier exemple avant-hier : le gouvernement grec leur a annoncé que son déficit passera de 12,7 % du PIB aujourd’hui, … à 2,8 % du PIB en 2012 ! ! ! ) ;

      – l’Allemagne et la France n’ont même pas réagi à cette histoire à dormir debout : elles n’ont pas voulu faire un scandale de peur d’affoler les marchés ;

      – l’Allemagne et la France ne peuvent plus faire quoi que ce soit, car ce serait donner le départ pour le sauve-qui-peut généralisé : dans la panique, chacun se précipiterait vers les canots de sauvetage du Titanic ;

      – l’Allemagne et la France continuent donc à faire comme si de rien n’était. A ce sujet, la rencontre bilatérale Merkel-Sarkozy était hallucinante : la bateau « Titanic » coule et l’orchestre continue à jouer de la musique ;

      – l’Allemagne et la France ne contrôlent plus rien du tout.

  22. @coucou: amha interpréter ce silence comme un aveu d’impuissance, comme le souligne Francois Leclerc, à moins que l’émission d obligations européennes », auxquelles ces pays et d’autres se sont opposés, mais qui pourraient revenir
    d’actualité, elles auraient beaucoup de sens non seulement pour aider les pays en difficultés mais le financement de plans pour l’emploi, mais concurrenceraient de fait les émissions obligataires allemandes. Van Rompuy avait annoncé la tenue d’un sommet européen pour l’emploi, car il y a le réel, une impérieuse nécessité : avec une croissance estimée de 1% pour l’Eurozone en 2010 , il n’y aura pas de décrue du chomage….

  23. Too big to fail : on peut le dire pour une entreprise , une société financière , un état , voire pour une zone comme l’euro…mais pas pour le monde .

  24. Bonsoir !

    Au risque de contrarier,
    je suis satisfait de ce qui se passe .
    Je souhaite ardemment que les silences présents mentionnés dans ce billet, perdurent le plus longtemps possible.

    Nous avons, beaucoup , à y gagner …. Notre réveil ! notre bon sens !!! notre instinct animal , aussi !!!
    Notre solidarité, union ( enfin …????!!! ).

    Vivement demain !!
    Nous vivons une époque formidable… Nous sommes des acteurs..témoins !!!
    Tous responsables, en effet, …moi le premier !!!

    1. Vous avez raison tomate, nous entrons en phase d’éveil.
      Les choses peuvent se passer rapidement, désormais. De nouvelles opportunités vont s’ouvrir…

  25. A propos de:

    « Le compte à rebours est lancé pour l’Europe »

    Il n’y a pas une Europe, il y en a plusieurs … la difficulté vient de cela, je m’explique :

    1) l’Europe des dirigeants des banques qui ne peut faire des bénéfices que dans la devise dollar.

    2) l’Europe des technocrates de Bruxelles qui est manipulée par les lobbies internationaux

    3) l’Europe des politiciens qui essaient de conduire les pays sans montrer qu’ils n’ont pas accès aux leviers de commande

    4) l’Europe des citoyens qui sont la richesse historique culturelle économique et spirituelle

    5) … et autres ?

    Le seul lieu commun de toutes ces personnes ? Elles sont toutes liées par …

    La famille. Les conflits extérieurs peuvent être résolus si le silence des familles est abolit.

  26. A propos de: « Le compte à rebours est lancé pour l’Europe » (suite …)

    Mai 68: sex drug and rock’n’roll, no limits, libération de la femme par les mouvements lesbiens et homos

    1978: abolition de la morale, il est interdit d’interdire

    1988 : génération nintendo, pour gagner il faut tuer

    1998: graine de killer, les jeux vidéos basés sur le nombre de morts à la seconde, les familles recomposées ou comment éviter d’affronter les vrais difficultés en divorçant

    2008: tu seras trader mon fils …

  27. Le danger des PIGS, ce n’est pas qu’ils fassent faillites, c’est que leurs dettes fassent monter les taux des autres mécaniquement aussi. Regardez les contrats d’assurances vies, qui va vouloir acheter de la dette Française à 3.5% par exemple si la Grece est garantie par l’Europe à 6% ? Donc que vont devenir ceux qui sont investit via leur contrats d’assurance vie en emprunt français des années à 3.5%

  28. Compte tenu que nous faisons le chemin en marche inverse : des taux des années 80 à ceux d’aujourd’hui, de ceux d’aujourd’hui à plus haut, nous ne pouvons pas exclure un risque de faillite des assureurs.

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