LA DETTE PUBLIQUE… OU LE PARTAGE DU BUTIN ?, par Jean-Luc D.

Billet invité. Suivi d’une conclusion.

Les recettes de l’État français exprimées en pourcentage du produit intérieur brut (Cliquer sur le graphique pour l’agrandir)

La dette… toujours la dette. Partout, nous entendons le même discours transformant la dette publique en épée de Damoclès dont le fil tranchant et menaçant justifierait une nécessaire et irrémissible rigueur devant laquelle le bon peuple serait prié de s’agenouiller et de s’offrir en sacrifice sur l’autel du Dieu Marché.

Comment ne pas être dubitatif devant la généralisation d’un discours relayé jusqu’à la nausée par nos élites politiques et repris en un chœur assez peu dissonant par une majorité des médias ? Intox ou réalité ? Propagande ou vérité ?

Fort de la lecture de ce blog dont la 1ère qualité est de nous dessiller l’esprit en levant  le voile sur une réalité financière nébuleuse et donc complexe, mon daimôn me soufflait à l’oreille que ce discours sur la dette publique était trop insistant pour être vrai, trop simpliste pour décrire une réalité complexe, trop accusateur pour ne pas cacher derrière son index pointé une éventuelle autre cause à nos supposés malheurs d’aujourd’hui.

Bien sûr, la dette existe, elle est réelle, mais qu’en est-il de sa cause ? Les néolibéraux vous répondront à l’unanimité et dans un chœur harmonieux que l’État dépense trop, qu’il gaspille ses recettes dans des investissements non productifs (entendu récemment dans la bouche de J.-C. Trichet), en d’autres termes que le social lui coûte ses deux bras et ses deux jambes. Par contre sur les recettes, pas un mot, rien, nada… Ils y ont bien sûr tout intérêt quand vous verrez les  graphiques ci-dessous. D’autant plus d’intérêt que dans le monde doré et angélique qu’ils nous proposent – un monde capitonné d’« épanouissement au travail », de « développement personnel », de « plan de sauvegarde de l’emploi » et j’en passe -, moins-disant social rime avec moins-disant fiscal. Or, pour en revenir au sujet qui nous préoccupe, l’absence faisant sens, nous avons toute légitimité à nous poser quelques questions sur cette omission, et c’est là que la propagande intervient par troncature de la réalité. Rien de bien nouveau dans tout cela… Frédéric Lordon a déjà, depuis longtemps et sous cet angle, évoqué cette question (1).

Toutefois, soumis aux interrogations obsédantes de mon daîmon, je cherchai un graphique qui puisse visuellement nous apporter une preuve que la cause de cette dette était principalement liée à une baisse des recettes. Peut-être ai-je mal fouillé, mais quoi qu’il en soit, faute d’avoir trouvé, je me mis en quête des éléments nécessaires à cette démonstration, et finalement parvins à les dénicher au cœur des statistiques de l’Insee – institut au dessus de tout soupçon.  

Alors de quoi s’agit-il ? En vérité, c’est très simple, et je suis fort surpris de ne pas les avoir trouvés sur le net. J’ai simplement croisé le PIB avec le budget de l’État français et calculé le pourcentage de l’un par rapport à l’autre ce qui nous donne le graphique suivant :

Édifiant n’est-ce pas ? Il ne faut pas être grand clerc pour constater de visu que les recettes de l’État ont fait un grand plongeon depuis l’année 1978 et que les choses s’accélèrent depuis le début de la présidence Sarkozy.

À noter également que le différentiel entre l’année 1978 et l’année 2009 de 6 points, soit un manque à gagner de près de 120 milliards d’euros, correspond précisément au besoin de financement de 117,6 milliards d’euros (ou déficit budgétaire) tel que le définit l’Insee (2). Pour comble de mauvais esprit et même s’il n’est point besoin de le rappeler aux lecteurs  avertis et informés de ce blog, je rappelle qu’entre 1982 et 2007, la part des dividendes dans le PIB est passé de 3,2% à 8,5% (3). Allez chercher l’erreur !

En outre, pour parer à toute critique contre l’objection des transferts de compétences aux collectivités locales et donc une augmentation des impôts locaux, j’ai réalisé le même graphique en ajoutant à celles de l’État les recettes des collectivités locales (4). Les deux graphiques ne sont pas  comparables sur la durée, les chiffres donnés par l’Insee commençant en 2000. Néanmoins, même si la période est plus courte, nous pouvons constater une tendance baissière des prélèvements fiscaux.

Parmi les autres objections possibles, citons celle d’une comparaison entre recettes des administrations publiques (APU) et PIB dont la courbe montre une plus grande stabilité, comme les dépenses (en % du PIB) de ses mêmes administrations depuis 1992. Cette comptabilité des APU présente un inconvénient : celui de regrouper l’État, les Organismes Divers d’Administration Centrale (dont la CADES qui gère la dette sociale, les universités, l’Anpe, etc…), les administrations publiques locales (régions, départements, communes, régie de transport, chambre de commerce etc…) et les administrations de sécurité sociale (essentiellement les caisses de sécurité sociale, l’UNEDIC et les hôpitaux publics) en une unité comptable unique. Autant dire une usine gaz dans laquelle il est difficile de retrouver ses petits et qui tend à diluer l’impôt dans une masse de recettes polymorphes. Or, l’État reste avec les collectivités locales (taxes foncières, taxe d’habitation…) le principal bénéficiaire  de l’impôt (IR, IS, ISF, TVA, TIPP, droits de succession, etc.) lequel constitue ses recettes principales et donc l’assiette de ses dépenses de fonctionnement. Dès lors, en rester au budget de l’État seul me semble suffisant pour démontrer que la cause principale de la dette réside avant tout dans un problème de recettes.

Le graphique suivant vous donnera une idée plus précise de ceux qui bénéficient de cette réduction des prélèvements fiscaux :

Cette baisse de l’impôt sur les sociétés correspond à lui seul à 70% de la diminution des recettes fiscales (42,5 milliards d’euros entre 2008 et 2009), baisse significative dont le bon peuple français est remercié par une augmentation significative des plans sociaux qui passaient, sur la même période, de 1061 à 2242 (5). Bien sûr, on vous expliquera que tout cela est de la faute de la crise, cette hydre malfaisante, source de tous nos malheurs, hydre malfaisante tombée du ciel telle la vermine sur le pauvre monde et devant laquelle une seule solution s’impose : accepter, prier et se sacrifier sur l’autel du temple des temps modernes : le Marché. Pour nous… la masse informe des salariés –  impudents suceurs de dividendes – « la descente aux Enfers », mais pour une poignée d’autres… une heureuse « Résurrection ». Surtout quand nous subodorons que la Crise alias le Diable (6) sert d’alibi parfait et fumeux aux intérêts des « stratèges du choc » – les nouveaux cardinaux -, si bien mis en lumière par Naomi Klein (7), ces mêmes « stratèges du choc », avec leurs prêtres et leurs séides, qui omettent de vous préciser au passage que, suite à une décision éminemment politique, les entreprises ont bénéficié d’une exonération sur les plus values induites par la cession de leurs titres de participation dont le coût est estimé à 20 milliards d’euros (8). Crise et propagande ou les deux faces d’un heureux ménage…

À ce stade de la démonstration et au vu du 1er tableau, point n’est besoin de long discours pour en conclure que la dette publique est sciemment entretenue et élevée au rang de nouvel épouvantail à la solde d’un néolibéralisme débridé à la recherche de nouveaux territoires à conquérir, et tout cela, avec la sainte bénédiction d’une grande majorité de nos élites politiques.

La propagande bat son plein œuvrant sans cesse à la manipulation des opinions publiques et à la fabrique des consentements. Edward Bernays, neveu de Freud et 1er grand théoricien de la propagande, n’hésitait  pas écrire au tout début du 1er chapitre de son livre Propaganda ou Comment manipuler l’opinion en démocratie : « la manipulation consciente, intellectuelle, des opinions et des habitudes organisées des masses joue un rôle important dans une société démocratique » et de conclure dans une formule derrière laquelle perce un cynisme à peine voilé :  « les esprits intelligents doivent comprendre qu’elle (la propagande) leur offre l’outil moderne dont ils doivent se saisir à des fins productives, pour créer de l’ordre à partir du chaos ». Le message étant clair et le décor bien planté, il nous appartient d’en déjouer les rouages et de proposer, dans un au-delà prospectif et constructif, à partir de toutes vos contributions, un contre-modèle syncrétique.

Face au rouleau compresseur de la propagande, j’ai la faiblesse de penser que le succès récent du petit opuscule de Stéphane Hessel Indignez-vous !, outre l’espérance qu’il suscite dans nos esprits sidérés par l’apathie de nos concitoyens, atteste d’un début de prise de conscience… enfin, espérons-le ! La résistance est en marche. Armons-l par nos commentaires et nos propositions !

=====================

(1) http://blog.mondediplo.net/2010-05-26-La-dette-publique-ou-la-reconquista-des

(2) http://www.insee.fr/fr/themes/comptes-nationaux/souschapitre.asp?id=62 puis Dépenses et recettes de l’État (S.13111)

(3) Frédéric Lordon  http://blog.mondediplo.net/2009-02-25-Le-paradoxe-de-la-part-salariale

(4) http://www.insee.fr/fr/themes/comptes-nationaux/souschapitre.asp?id=62 puis Dépenses et recettes des collectivités locales (S.13131)

(5) http://www.lesechos.fr/patrimoine/famille/300412508.htm

(6) J’utilise à dessein les symboles de la religion chrétienne. D’un point de vue sémiologique, les analogies sont frappantes. Seuls les noms changent, les  mécanismes en action, eux, restent les mêmes.

(7) Naomi Klein « La stratégie du choc » Actes Sud 2008

(8) http://www.lesmotsontunsens.com/l-allegement-de-la-fiscalite-sur-les-plus-values-a-co-te-20-5-milliards-d-euros-a-l-etat-au-lieu-d-un-selon-cope-6109

Conclusion :

12/01/2011 à 02:22

Bonjour à tous,

je vous remercie tous pour vos commentaires… des plus encourageants aux plus critiques.

Rien n’est simple en ce bas monde, d’autant moins simple que la complexité nous environne quel que soit l’endroit où nous portions le regard. Par définition, la complexité est déjà difficile à appréhender par nos intelligences cognitivement limitées, mais encore plus quand elle est opacifiée par l’interférence des philtres idéologiques qui en biaise ou en tronque la réalité.

Ce billet sans prétention avait pour but de soulever des questions sur un problème d’actualité et tentait d’éclaircir l’horizon en proposant un antidote au philtre médiatico-politique du moment. Au delà de cela, la question essentielle qui s’apparente à une posture philosophique consiste à chercher, derrière les fausses évidences ou les apparences premières, les vérités ou réalités cachées. Démêler le grain de l’ivraie est un travail fastidieux, de chaque minute, nécessitant une vigilance constante, qu’un homme seul ne peut accomplir d’où l’impératif – aujourd’hui plus que jamais – d’un travail collectif par l’entremise d’un processus de pollinisation intellectuelle.

Chacune de vos contributions est venue éclairer, préciser ou nuancer mon propos initial, sans pour autant que soit en remis en cause, par une grande majorité d’entre vous, mon postulat de départ. Néanmoins, je reconnais une maladresse à ma présentation : celle de ne pas avoir assez nuancé mes propos sur l’IS, lesquels ont focalisé l’attention sur une problématique ponctuelle qui n’explique pas à elle-seule la tendance baissière des 30 dernières années et ont un peu occulté du débat la guerre idéologique qui la sous-tend, une guerre idéologique qui oppose deux conceptions économico-politiques du monde et que l’on pourrait ramener, dans un raccourci un peu simple et très connoté « 20ème siècle », à deux pensées et à deux hommes : Friedmann et Keynes.

Un autre problème intéressant a été soulevé, notamment par Chris06, qui mériterait lui aussi d’être approfondi :celui du paradoxe entre le budget de l’Etat et celui des APU.

Quoi qu’il en soit, je vous remercie tous de votre participation active et de vos diverses contributions qui illustrent parfaitement les bienfaits d’une réflexion collective et de l’intérêt majeur d’une démarche pollinisatrice dont ce blog est la ruche.

Espérons que le miel qui en ressortira viendra à son tour vivifier et donner de l’énergie aux forces de la Résistance et que les petites abeilles que nous sommes en essaimeront quelques germes dans les consciences endormies.

Partager

331 réflexions au sujet de « LA DETTE PUBLIQUE… OU LE PARTAGE DU BUTIN ?, par Jean-Luc D. »

  1. vous êtes nul ou orienté ? la recette IS à chuté de 50 à 20 depuis la crise faute de bénéfices , allez faire un tour dans les entreprises avant de déclamer des bétises.

    1. Personnellement je ne suis pas allé faire un tour dans les entreprises vérifier les « bétises » décriées ci-dessus.
      A l’opposé, les médias nous assènent au quotidien les profits faramineux des entreprises du Cac 40 ainsi que la progression des dividendes qui n’a jamais été aussi élevée depuis … la crise.
      Parallèlement les petites entreprises souffrent de voir leurs carnets de commande péricliter car les particuliers sont déargentés. A cela il convient d’ajouter la pression des donneurs d’ordres (grosses entreprises) qui sous-traitent à outrance faisant peser sans cesse les prix vers le bas, minimisant les bénéfices des uns au profit des autres : les leurs.

      Enfin, il ne vous aura pas échappé que les grosses entreprises bénéficient de montages financiers défiscalisant permettant de minimiser l’imposition.
      Avec la complicité des paradis fiscaux, la création de filialles, ils peuvent générer en toute légalité immorale de faramineux bénéfices et réduire considérablement leur imposition.

      J’ « ignore » qui écrit des bêtises, Jean-Luc D., vous-même ou … moi-même mais visiblement il y a encore beaucoup de travail à effectuer afin d’ouvrir les yeux à nos contemporains sur ce qu’il se passe en réalité.

    2. Piotr a raison, dans ma ferme le revenu était négatif, mais certaines laiteries (Lactalis ou Danone, celle qui ont garder des produits avec de meilleur valeur ajouté, Entremont avait choisit le bas de gamme mondial pour ce développer et a été l’excuse pour tout les industrielles) n’ont pas vraiment eût de baisse au contraire, l’actionnaire Beignet a augmenté son capital de 20%.

    3. Pour mémoire, les recettes fiscales tirées de l’impôt sur les sociétés avaient représenté 49,3 milliards d’euros en 2008. Cette chute des versements est due, outre le recul de 25 % du bénéfice fiscal 2008 des entreprises (sur la base duquel est calculé l’essentiel de l’IS 2009), au plan de relance gouvernemental qui a permis aux entreprises de réduire l’impôt versé cette année, via le remboursement anticipé des crédits de report en arrière de déficit (« carry-back ») et de crédit d’impôt recherche.

      En 2009, l’Etat devrait engranger 21 milliards d’euros au titre de l’IS contre les 19 milliards initialement attendus.
      Extrait article du Figaro…

      Il y a effectivement un effondrement des recettes…

    4. Je ne sais pas si je suis nul ou orienté, mais en ce qui vous concerne, vous avez la vue un peu courte ou la pensée facilement manipulable. A vous lire les paradis fiscaux n’existeraient pas, ni les montages financiers permettant de réduire considérablement l’assiette de calcul de l’impôt?
      Quant à l’exonération des plus values sur les cession des titres de participation, ce n’est certainement aussi qu’une bêtise.

      Je travaille justement dans une multinationale, et je suis tenu de ce fait à une certaine discrétion. Néanmoins, je peux vous dire qu’entre 2008 et 2009, son CA a progressé de 3% et son résultat opérationnel (résultats avant impôts) diminué de 6% suite à d’importants investissements en R&D. Je recherche encore les effets de la crise sur ses finances.

      Par contre, les actionnaires peuvent s’estimer heureux et comblés. Les sommes distribuées à ce titre ont augmenté de plus de 11% entre 2008 et 2009, et des exemples de ce genre, vous en trouverez à la pelle sur le net.

      Démonstration qui illustre parfaitement que la crise a bon dos et sert les intérêts d’une caste de privilégiés.

    5. à Jean Luc D.

      Mon commentaire s’adresse à « bertrand » et non à vous.

      Je dis plus loin tout ce que je trouve intéressant dans votre intervention.

    6. à Jean-Luc et aux autres,

      Confondre une PME/PMI et une entreprise du CAC 40 est le résultat d’une manipulation.
      Ce n’est pas parce que dirigeants et/ou propriétaires d’une entreprise sont les prisonniers, trop souvent volontaires, d’une idéologie, que leur sort est le même.

    7. Pour l’année 2009 je pense que bertrand a raison, la chute brutale de l’IS est due principalement à la chute des bénéfices cette année là.
      Rassurez vous pour les actionnaires CAC 40, ils se sont bien rattrapés en 2010, mais en général, pas en France (La pauvre société TOTAL, par ex, perd beaucoup d’argent dans ses raffineries en France à cause de sa généreuse politique sociale et de ce fait ne paye pas d’IS en France).

      Pour le reste, la plupart des autres intervenants sur ce post ont certainement raison, en fait cette courbe est assez mal choisie pour étayer le discours de Jean-Luc D (Ah les statistiques économiques, ….c’est à peu prés aussi « piégeux » que le reporting dans une grosse entreprise)

    8. à hema

      pour tout vous dire, je n’ai pas souhaité que le graphique sur l’IR et l’IS soient mis en tête. Mon objectif 1er était de démontrer une baisse significative des recettes de l’Etat, et secondairement, de pointer la baisse de l’IS qui n’est pas le point d’appui central de ma présentation.

      Pour aller plus loin, même si je ramène l’IS à son niveau de 2008 (49 milliards) et rajoute la différence au budget de l’Etat (29 milliards), la courbe s’infléchit légèrement sans modifier la tendance.

      Le différentiel entre 1978 et 2009 passe alors de 6 points à 4,5 lesquels 4,5 points représentent un manque à gagner de 86 milliards de quoi financer largement le déficit des retraites et la dépendance (environ 60 milliards).

    9. @ Marlowe,

      Merci, j’avais bien noté. Mais il ne s’agit pas non plus d’UNE entreprise du CAC 40 mais de l’ensemble…
      Je voulais juste signaler qu’apparemment, si l’IS diminue, ce n’est pas le cas de la richesse produite par ces entreprises, et qu’elles alimentent souvent les carnets de commandes des PME-PMI…

    10. Hhmm..

      Pour relativiser un peu et … complexifier beaucoup, une entreprise non financière pure peut aussi jouer sur les « provisions ». Et cela fausse tout car est complètement subjectif, il suffit de convaincre le commissaire aux comptes…
      Et c’est assez facile 😉

    11. Ce dont parle Bertrand c’est, approximativement, des taux d’imposition…

      Ceci dit, une image parlant bien davantage qu’un long discours, je suggère que tous ceux qui ont l’occasion de parler de « la crise » ou d’être en situation d’intervenir sur ce thème, gardent une copie de ces graphs (ou mieux en transparents) dans leur poche histoire de re-situer le débat.
      Ceux qui ont l’opportunité de rencontrer de « futurs candidats » à la candidature devraient faire de même et trouver l’opportunité de leur demander comment ils comptent résoudre le problème. Ca risque de ne pas être triste !

    12. Pour info:

      Evolution des bénéfices et dividendes des sociétés du CAC 40

      2007 : 105 Md
      2008 : 84,1 Md
      2009 : 56,4 Md
      2010 : 86,1 Md

      Sachant que les entreprises du CAC40 ne paient, en moyenne, que 8% d’Impôts sur les bénéfices (au lieu des 33,3% théoriques, grace aux niches fiscales et toutes les techniques d’offshoring et de prix de transferts), on peut en déduire qu’elles ont payé les sommes suivantes d’impôts sur les bénéfices:

      2008 : 6,7 Md
      2009 : 4,5 Md

      Aussi, tableau intéressant donnant la Ventilation des paiements d’IS selon la taille des
      entreprises (2007)
      (voir page 43)

      En ce qui concerne l’optimisation fiscale des entreprises, je conseille la lecture détaillée du rapport récent de la cour des comptes, conseil des prélèvements obligatoires :

      Entreprises et « niches » fiscales et sociales, mercredi 6 octobre 2010

      Il y a là une mine d’informations pour ceux qui sont intéressés …

    13. Le figaro nous dit « Cette chute s’explique d’abord par la diminution de 25 % des résultats fiscaux des entreprises en 2008, du fait de la crise. »
      OK , c’est vrai .Mais bon, c’est le figaro …, faut creuser .

      Le bug caché au populo? Pour une baisse de 25% des résultats fiscaux des entreprises , on applique une réduction de plus de 50% de l’impôt sur les sociétés ….

      Sacré Dassault ! Il nous a embauché une bande de sacrés farceurs !
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Serge_Dassault

    14. Le plus triste dans l’histoire, c’est que les moyennes lissent la vérité .
      Le dernier graphique s’observe , mais se comprend il ?

      Probablement que ceux qui avaient le plus besoin n’ont certainement pas assez reçus, et que ceux qui n’avaient point besoin de doper leur bénéfices se sont vu accorder la cerise sur le gâteau
      Que dit le figaro ?

      « Le nombre d’entreprises défaillantes augmenterait de 25% en 2009. Euler Hermes SFAC estime que les défaillances d’entreprises pourraient atteindre «le record historique de 72 000 en 2009, et continueraient de progresser en 2010». En 2008 déjà, les faillites avaient bondi de 15%, pour atteindre 57 700 entreprises, le chiffre le plus élevé depuis les 61 000 cas de 1997.. »
      source: http://www.lefigaro.fr/lentreprise/2009/03/04/09001-20090304ARTFIG00548-un-record-de-faillites-en-2009-selon-euler-hermes-sfac-.php

      Que nous dit 20mn ?

      « Dans une conjoncture mondiale difficile, les entreprises du CAC40 ont eu les reins solides en 2009. Globalement, elles affichent plus de 47 milliards de profits selon les données du cabinet PriceWaterHouseCoopers (PWC) pour Le Monde.

      Cette performance est toutefois en baisse de 20% par rapport à 2007 et de 50% par rapport à 2007 – année record où les 40 plus grosses entreprises françaises de la cote avaient présenté 100 milliards de bénéfices.  »
      et
      « Les financières (banques et assurances) sortent en tête du classement des résultats. Pourtant au cœur de la crise financière (même si la crise vient des Etats-Unis), les bénéfices des banques ont représenté un quart des profits du CAC40 avec 11 milliards de résultats. Tout a souri pour la BNP-Paribas qui a vu son bénéfice bondir de 93% en 2009 à près de 6 milliards d’euros. Sans les banques et assureurs, les bénéfices du CAC 40 auraient baissé de 35 %.  »

      source http://www.20minutes.fr/article/564371/Economie-Le-CAC40-sauve-ses-benefices-en-2009.php

    15. Puisqu’il n’y a pas moyen d’empêcher les grosses boîtes d’optimiser leur fiscalité, est-ce qu’il ne serait pas plus simple de défiscaliser fortement toutes les entreprise, ce qui serait nettement à l’avantage comparatif des petites et moyennes, et de transférer la plupart des prélèvements sur les individus (directs (tous les revenus) et indirects). Il faut savoir si on est pour l’emploi ou non.

    16. @Michel MARTIN, une simplification (notamment sur les charges salariales, on en est arrivé qu’il faut des spécialistes pour gérer les bulletins de paye, qu’il faut payer, la paperasse nourrit nos centre de gestion) serait déjà bien compris par les patrons (je précise pas petit, car un patron possède la majorité du capital de son entreprise ce qui exclut le CAC), sans déranger les salariés.

    17. Comment l’IS passe de 50 à 20 Milliards d’€ entre 2008 et 2009?
      L’explication est peut-être là :
      http://www.senat.fr/rap/l10-111-1/l10-111-17.html

      1. Le produit de l’impôt sur les sociétés en 2009
      Dans le cas de l’année 2009, on peut faire le raisonnement simplifié suivant (en retenant des chiffres volontairement arrondis) :

      – les bénéfices de 2008 correspondent à un produit de l’ordre non pas de 50 milliards d’euros, comme ceux de 2007, mais (du fait d’une diminution de 20 % du bénéfice fiscal en 2008) de 80 % de ce montant, soit 40 milliards d’euros ;

      – en 2009, les quatre acomptes, chacun égal au quart de ce montant, ont donc été au total de l’ordre de 40 milliards d’euros ;

      – par ailleurs, les entreprises ont trop payé d’impôt en 2008, puisqu’elles l’ont payé sur la base de bénéfices correspondant à une imposition de plus de 50 milliards d’euros, alors qu’elles n’auraient dû acquitter que 40 milliards d’euros, d’où en 2009 le versement par l’administration fiscale de plus de 10 milliards d’euros aux entreprises ;

      – à cela s’ajoute que les divers allégements mis en oeuvre en 2009 ont été de l’ordre de 10 milliards d’euros.

      Au total, le produit d’impôt sur les sociétés en 2009 a donc été de l’ordre de 40-10-10 = 20 milliards d’euros.

      Il y aurait donc bien eu une diminution des bénéfices (ou accroissement de l’optimisation fiscale?), mais aussi 10 Milliards d’allégements fiscaux

  2. Merci,
    pour cette démonstration édifiante, mais j’ai peur que sa pertinence ne tarde pas à être réfutée rapidement, dans l’urgence, par les « séides » et autres grand prêtres, abbés et bedeaux de l’idéologie dominante.
    bonne journée.

    1. « Réfuter en bloc », la démonstration sera difficile, mais »nuancer », j’en accepte les termes.

  3. j’avais dit dans un commentaire d’un autre billet que la dette cela n’existait pas et que c’était des impots necessaires non perçus. Confirmé semble-t-il. La guerre coute cher et fait des morts. Remplacer les canons par d’autres moyens ne change rien. Bref rien de nouveau dans le monde du bien, de l’égalité et de l’universalisme. Qui bien sur sont pour dans mille ans. Qui n’ont donc jamais éxisté nulle part et n’éxisteront jamais nulle part sauf dans la tête de ceux qui gobent ces aneries.

    1. @ scaringella du 8 janvier 2011 à 13:22 :
      « j’avais dit dans un commentaire d’un autre billet que la dette
      cela n’existait pas et que c’était des impots necessaires non perçus. »
      L’ article confirme votre commentaire.
      L’argent ne manque pas. Il n’est pas là
      où il serait socialement et politiquement nécessaire.
      Tout gouvernemt tend à faire échapper sa classe
      à l’impôt. Rien d’autre que se servir sur la bête.
      Mais sans doute est-ce trop simple, donc populiste,
      pour être admis.
      Cette masse de capitaux libérée est à la recherche
      d’ un rendement toujours plus élevé.
      Elle alimente et fait vivre la spéculation pure (irrésistible:sale)
      et l’assassinat de l’industrie – soit l’activité productrice- locale.

  4. Superbe, merci Jean-Luc, je travaillais moi aussi sur les chiffres de l´INSEE (notamment les énormes tableaux économiques d´ensemble) et je peinais à aboutir. Vous l´avez fait et très bien.

    Il convient de communiquer un maximum ce type d´éléments afin d´ouvrir les yeux de nos compatriotes sur les réalités de l´origine de la dette. Il s´agit bel et bien d´une guerre du capital contre les peuples, guerre dans laquelle les peuples doivent se décider à entrer de plain pied avec la certitude de la légitimité et de la victoire (ce qui n´implique pas la violence).
    El pueblo unido jamas sera vencido.
    Il nous reste à l´unir ce peuple, à autogérer les luttes pour faire sauter les verrous d´intérêts partisans. La classe du capital est très organisée, organisons nous à notre tour.

    1. Vous indiquez ce qui ne sera pas utilisé (à savoir la violence), mais vous n’indiquez pas vraiment quels moyens seront utilisé : une fois le diagnostic établi, quel sera le traitement ??

    2. Warren Buffett répondant à une interview en 2005: » il y a bien une guerre, et c’est ma classe, celle des riches qui la mène, et cette guerre, nous sommes en train de la gagner ». Quel que soit le côté de l’atlantique, la certitude de la victoire définitive s’affiche avec une insolence véritablement obscène. Les aspirations des peuples sont aujourd’hui, comme cela a souvent été le cas auparavant, considérées au mieux comme totalement incongrues, sinon comme signe d’un profond attardement mental. Déja en 1948, en RDA, suite à des manifestations ouvrières, le Parti avait signifié à la population que, par son attitude, elle venait de perdre sa confiance, ce qui avait suscité la réponse suivante de Bertold BRECHT: « puisqu’il en est ainsi, il ny a qu’à démissionner le peuple et en nommer un autre ». Ainsi, peu importe l’idéologie, le pouvoir induit les mêmes réflexes. Sur le colossal travail à fournir pour déconstruire l’ idéologie du tout marché, la réflexion de Georges CORM dans son livre « le gouvernement du monde » est intéressante à plus d’un titre.

    1. Votre remarque est intéressante et je viens de me pencher sur le problème.

      Entre 2000 et 2009, les recettes des collectivités locales sont passées de 128,3 milliards d’euros à 204,4 milliards. Si nous ramenons ces chiffres au PIB, la quote part passe de 8,9 à 10,7%.
      Cette progression de 20% reste malgré tout inférieure à la progression du PIB qui sur la même période évoluait de + 32%, confirmant la tendance baissière des prélèvements fiscaux.

      Quant à la TP, je suppose qu’elle était intégrée aux recettes des collectivités locales. Se pose en effet la question des conséquences de sa suppression… Sera t-elle compensée, en totalité ou en partie, par un nouvel impôt ou une augmentation des taxes locales? Si la compensation est partielle, mes propos en sortiront renforcés.

    2. à Jean-Luc D.

      Tout me fait pensez que la compensation de la taxe dite professionnelle est partielle, du moins pour l’entreprise que dirige Marlowe (c’est évidemment une agence de détectives privés)

    3. Alors soyons clairs au sujet de la réforme de la Taxe Professionnelle

      1/ Les collectivités locales seront toutes INTEGRALEMENT compensées.

      La compensation va prendre deux formes, qui sont le transfert de taxes auparavant perçues par l’Etat d’une part et le versement d’allocations compensatrices d’autre part.

      Toute la question est en réalité de savoir si ces ressources de substitution progresseront à l’avenir autant que l’ancienne Taxe Professionnelle.

      Concernant les allocations compensatrices, je vois se profiler gros comme une maison une réfaction annuelle de leur montant (c’est déjà le cas pour près de 5 milliards de compensations diverses).

      Concernant les nouvelles ressources fiscales, est-ce que la Cotisation à la Valeur Ajoutée progressera autant que le permettaient les hausses du taux de Taxe Professionnelle ? Aucune idée.

      2/ Les entreprises ont TOUTES bénéficié en 2010 de la réforme de la Taxe Professionnelle : en effet, elles ne commenceront à s’acquitter des nouvelles taxes venues s’y substituer qu’à compter de 2011 et n’ont rien versé en 2010 (suppression de la Taxe Professionnelle proprement dite), soit un cadeau d’environ 26 milliards d’euros.

      3/ A compter de 2011, les entreprises seront assujetties à la Cotisation sur le Foncier d’Entreprise, un reliquat de la Taxe Professionnelle correspondant aux seules bases de Foncier (les Immobilisations qui représentaient 80% des bases de l’ancienne Taxe Professionnelle étant quant à elles supprimées), ainsi qu’une Cotisation à la Valeur Ajoutée.

      Concrètement, cette dernière ne sera acquittée que par les seules entreprises réalisant plus de 500 000 € de chiffre d’affaires, avec une cotisation minimum de 250 € et un taux d’imposition allant croissant avec le chiffre d’affaires, et se fixant à un maximum de 1,5% de la valeur ajoutée.

    4. la taxe pro a tout simplement été remplacée par 7 nouvelles taxes ( 1 sur le foncier, 1 sur la valeur ajoutée, 1 pour faire vivre les CCI et 4 taxes spécialement adaptées aux entreprises de réseaux et à la GMS ), avec des modes de calcul établis par nos chères grosses têtes de l’administration.
      il faudra attendre un peu pour se rendre compte de ce que les entreprises vont payer et du montant total récupéré par les collectivités.

    5. Je me marre, quand j’entends que certains comme Cayla affirment péremptoirement que les collectivités locales seront intégralement compensées, allez demander à votre maire, à votre communauté de commune, à votre conseiller général si l’état lorsqu’il restructure reverse rubis sur l’ongle les compensations. Ma communauté de commune pour récupérer l’argent qu’elle ne percevra pas de la réforme de la taxe professionnelle, envisage de prélever un impôt supplémentaire auprès de la population. Et je n’ai pas souvenir que les élus locaux aient sauté de joie à l’annonce de la suppression de la TP, enfin ici les maires de droite comme de gauche font grise mine..

    6. A Eve37 :

      Faites l’effort de me relire, s’il vous plaît…

      J’ai bien précisé que les collectivités n’ont pas perçu moins de ressources en 2010 qu’elles n’en ont perçu en 2009, qu’une partie des nouvelles ressources (les compensations) est susceptible d’être soumise à réfaction (autrement dit, elles diminueraient chaque année), et enfin que je ne savais absolument pas dans quelle mesure la Cotisation à la Valeur Ajoutée (application d’un taux national unique) pourrait progresserait moins ou davantage que l’ancienne Taxe Professionnelle sur laquelle les collectivités disposaient du pouvoir de fixer un taux d’imposition (donc d’accroître les recettes en votant des hausses de taux).

      Dans l’immédiat, si votre communauté de communes entend voter des hausses de taux pour « compenser les pertes de ressources de TP », c’est un mensonge éhonté. Ils ont fait beaucoup d’investissements en tablant sur des hypothèses de croissance irréalistes, et aujourd’hui ils se retrouvent avec une dette en hausse, de nouveaux équipements dont il faut assurer le fonctionnement, et des recettes en berne (les droits de mutation, par exemple… il n’y a pas que les conseils généraux à en percevoir…).

      Ensuite, concernant les compensations, il faut savoir que l’Etat considère en bloc l’ensemble des dotations et compensations qu’il verse aux collectivités locales, et fixe globalement un taux de croissance à l’ensemble de ces ressources (elles sont désormais gelées). Mais, à l’intérieur de cette enveloppe, le gros des ressources que constitue la Dotation Globale de Fonctionnement continue de progresser… Cette croissance étant financée par une diminution de certaines compensations.

      Enfin, il est vrai que les conseils généraux en particulier subissent aujourd’hui de plein fouet la diminution des droits de mutation d’une part (quoique 2010 aura été une bonne année… en attendant l’effondrement à venir de l’immobilier après deux années de rémission) et la hausse des charges liées au RMI, à l’APA,… D’autre part… Et ceci alors que les ressources qui leur ont été transférées par l’Etat (TIPP et TSCA) ne progressent pas ou peu… Et qu’ils n’ont quasiment plus aucun levier fiscal (il ne leur reste que le Foncier Bâti, qui ne représente que 10% de leurs recettes totales).

      Or, les conseils généraux ont été de très gros financeurs des investissements communaux ces dernières années, à la fois parce que les montants conséquents des droits de mutation perçu pendant les années du pic de l’immobilier (de 2005 à 2008) leur ont donné des ressources supplémentaires dont ils ne savaient littéralement que faire, et aussi parce que le pouvoir de voter des taux sur la taxe d’habitation, le foncier bâti et la taxe professionnelle leur ont permis de disposer de ressources qui n’ont jamais servi à financer les compétences départementales proprement dites mais plutôt à subventionner les investissements communaux ce que leur permettait la clause dite de compétence générale.

      En même temps, on pourra dire qu’il s’agissait là d’une forme de péréquation des ressources au niveau départemental, et que cela permettait de mobiliser des ressources que de petites communes notamment auraient été bien incapables de mobiliser par elles-mêmes.

      Il n’empêche, le résultat est là : les subventions des conseils généraux pouvaient financer 20% en moyenne des investissements communaux. Mais les conseils généraux ne peuvent plus le faire. Ni les conseils régionaux. Ni l’Etat. Donc, 40% environ des financements ont disparu pour les communes… Ce qui signifie un quasi-doublement de l’effort de financement mis à leur charge, et financé soit par leur autofinancement propre, soit par recours à l’emprunt… Avec des taux d’intérêt qui commencent à remonter…

    7. Sur la suppression de la TP pour 2010, il semble que le remplacement pour les TPE ait eu lieu dés 2010 et non pas 2011 comme le suggère D Cayla . De plus, pour les TPE, sur 3 exemples parmi mes proches (entreprise de mecanique, menuiserie et librairie) le montant appelé en 2010 pour la taxe de remplacement est, soit égal, soit supérieur à celui appelé en 2009 pour la TP.
      Aucune des 3 entreprises concernées ne connaissait bien l’affectation des fonds ni avant, ni après la réforme, il sont juste un plus furieux ou agacés (suivant leur caractère), ceci venant après les agios des banques pour 2 d’entres eux, et l’augmentation des tarifs d’assurances (pour 2 d’entre eux aussi) et en attendant EDF.

      Ce sujet est effectivement à suivre avec attention, ça sent un peu le marché de dupe, les grosses entreprises sont très bénéficiaires mais les TPE ??? (comme pour l’optimisation fiscale???), si c’est le cas (à vérifier) ça va commencer à faire beaucoup.
      Cordialement à tous

  5. Merci pour cette démonstration sans appel, mais 2 questions
    1) pour le dernier graphique qu’elle est l’unité en ordonnée : milliards d’euros ou % ?
    2) cette chute de l’impôt sur les sociétés prend elle en compte également les profits dissimulés dans les paradis fiscaux ?

    1. Comment voulez-vous que quelqu’un connaisse et publie des données sur des paradis fiscaux, dont par nature les chiffres sont secrets, sinon ils ne seraient pas dissimulés. Je pense que çà doit être de l’ironie, sinon c’est grave. Pourtant votre première question à l’air sérieuse, c’est ce qui me fait douter (encore que, si vous faites bien attention, la réponse peut être déduite..).

    2. pascal b-eisenstein.
      Vous vous trompez. Ou ignorez.

      En 2007 avait été établi que la différence entre les PIB sortants et entrants de l’ensemble des pays montrait une différence de 10%.
      Ainsi, chaque année, et cela doit avoir été en augmentation depuis 2008, ce sont 10% du PIB mondial qui s’ « évaporent » alors que la planète est en principe un système clos.
      Nous pouvons donc en déduire ce qui se trouve dans les paradis fiscaux qui ont de beaux jours devant eux.

    3. @Charles A., non te laisse pas faire, c’est un breton, il faudra encore deux siècles pour qu’ils pardonnent aux vendéens (Quand Yvan ce retourne c’est encore pour ce garantir d’une attaque de vendéen, ils sont nés sur des cailloux, ils n’ont pas besoin de muscles juste de nerfs), ne répond pas, sinon dans quatre siècles tes enfants devront encore préciser leurs liens.

    4. Merci beaucoup Charles. 😉
      Et excuses-moi de t’avoir sollicité…

      Samuel. 🙂
      Je ne suis pas « si » rancunier que cela. Surtout envers Charles. Là, ce serait un comble.

  6. Merci pour cet éclairage pertinent.
    Le 1er ennemi du peuple est cet oligarchie de droite et de gauche qui nous gouverne depuis 40 ans avec un dogmatisme arrivé à son aboutissement et dont nous sommes tenus de payer l’addition mais dont le maintien est aveugle puisque les ponctions du système se basant sur une masse de plus en plus étroite en gros les salariés, le condamne à sa perte : mais qu’importe il n’est de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.
    Mais il existe un autre ennemi du peuple : les médias avec leurs valets serviles. Doute mais que non : à qui appartiennent les médias : à Sarko pour les médias publics et pour les soit-disant médias privés à ses amis du club du Fouquet’s. Un pays sans médias indépendants, n’est plus en république ou alors bananière. Fouquet nom prémonitoire
    Aussi, je pense que pour dénoncer l’imposture il est temps de s’élever contre la trahison des médias : Radio Paris ment, radio Paris boniment…

  7. Donc pour résumer….
    L’impôt sur les sociétés à fondu comme neige au soleil…Par conséquent les bénéfices des entreprises se fait grandissant (moins d’impôt). Le PIB augmente, mais les recettes de l’état par rapport aux PIB diminue. Vous en concluez que la cause principale de la dette réside avant tout dans un problème de recettes.

    Donc pourquoi l’état ne prend pas plus de recettes par rapport au PIB ? Le pouvoir des entreprises est conséquent. Mais peu être que c’est le but de l’état ? Que les entreprises françaises aient la possibilité de concurrencer les grandes entreprises du monde…. enfin c’est juste une supposition…… je veux dire qu’il y a de plus en plus de changements dans les entreprise mondiale, ça peut être une stratégie.
    Voir classement fortune global 500 des plus grandes entreprises mondiale. Dans le top 500 :
    – US 139 entreprises
    – Japon 71
    – Chine 46 entreprises
    – France 39 entreprises
    – Allemagne 37 entreprises
    (…)
    – Inde 8

    1. La Chine et l’Allemagne ont une balance commerciale excédentaire tout en aillant moins de grandes entreprises (proportionnellement à leur PIB) que la France. Donc je ne pense pas qu’une politique visant à favoriser uniquement les grandes entreprises soit une bonne stratégie. Je pense même que c’est tout le contraire car cela favorise le conformisme et décourage la prise de risque et l’innovation.

  8. Pas seulement, la dette permet aussi de stabiliser la balance commerciale, la production délocalisé n’apporte aucun impôt.

  9. Faites gaffe Jean-Luc, bien que votre effort, travail, et résultat soient intéressants, à ramasser chez l’Insee, vous ramenez de la moyenne.
    Comme dit Piotr plus haut, mais pas pour les mêmes raisons, les entreprises sont inégales, et aussi devant l’impôt, même si de petits patrons sont contents d’avoir pu adhérer au Medef. C’est flatteur, faut le comprendre.

    L’évasion fiscal, le paradis fiscal, la dissimulation, c’est très pratique pour ceux qui ont les clés pour entrer dans ce jeu là. Ceci dégage un budget libre de toutes contraintes. Vous connaissez la liberté libérale, n’est-pas ? Voici sa vérité

    Les grosses entreprises soit disant françaises, qui arrivent à prétexter mondialisation pour éviter d’avoir un quelque devoir envers leur pays d’appui premier, trichent sciemment, et il est important de les montrer du doigt.

    … Et comme au Medef, elles se cachent derrière les petites qui elles, rament vraiment, pour dire : « Mais voulez-vous tuer l’emploi en France ? » . Alors qu’elles se moquent et de la France, et des autres pays, et de l’emploi.

    Bref, pour compléter l’article, il vous faudrait séparer entreprises et entreprises. Ah ben je me doute que ça doit prendre du temps, mais vous vous exposez à la critique sur ce talon ci.

    1. Vous connaissez la liberté libérale, n’est-ce pas ? Voici sa vérité

      Coquille faux sens, pardon

    2. Vous avez raison, en ce sens qu’il aurait été nécessaire de distinguer entre les différents types d’entreprises. Je ne nie pas le fait que certaines PME aient pu voir une baisse significative de leurs bénéfices, et par voie de conséquence de leur imposition à l’IS.
      J’ai uniquement travaillé à partir des chiffres de l’Insee et des grandes masses comptables.
      Néanmoins, mon objectif est de démontrer que la problématique réside essentiellement dans un problème de recette avec une diminution significative sur la durée.
      La perception de l’IS est peut-être un épiphénomène passager. Toujours est-il que cela n’invalide pas la tendance nette qui se dégage sur le 1er tableau comme le fait justement remarquer François Le Sombre.

      En outre, je vous renvoie à cet article paru dans Alternatives Economiques qui est assez édifiant sur les taux d’imposition des entreprises françaises, très loin du taux de 33,3.

      Fiscalité des entreprises : les plus gros paient moins
      Christian Chavagneux | Alternatives Economiques n° 287 – janvier 2010
      Selon le dernier rapport du Conseil des prélèvements obligatoires, les entreprises françaises sont très loin d’acquitter le taux officiel d’imposition de leurs bénéfices fixé à 33,3%. Leur taux d’imposition implicite (les impôts sur les bénéfices ramenés à l’excédent net d’exploitation) se situe en effet en moyenne à 18%, soit plus de 15 points de pourcentage en dessous du niveau légal!
      On pourrait penser que la moyenne est tirée vers le bas par les PME qui bénéficient d’une imposition allégée. Il n’en est rien. Ce sont en effet les plus grosses entreprises, celles du CAC 40, qui bénéficient du taux d’imposition le plus faible: 8% seulement (une étude américaine a montré que les multinationales états-uniennes ont un taux d’imposition équivalent). Quant aux PME, leur taux se situe en moyenne à 22%.
      Les grandes entreprises réduisent leur fiscalité… en appliquant la loi, grâce aux nombreuses dérogations disponibles. Elles le font également, souligne le rapport, par une utilisation abusive des prix de transferts – les prix auxquels les filiales d’une même entreprise s’échangent des biens et des services. Selon le Conseil des prélèvements obligatoires, notre pays encadre insuffisamment ce genre de pratiques « d’optimisation fiscale ». Du côté de Bercy, on répond que la France représente environ 40% de l’ensemble des redressements liés aux prix de transferts dans l’Union européenne.

  10. @Jean-Luc D.

    J’attire votre attention sur le fait que vous avez illustré les recettes « nettes de restitution » de l’IS (c’est-à-dire après remboursement, dégrèvements, etc…). L’année 2009 avait fait l’objet de restitutions fortes (liées à la diminution des bénéfices, mais aussi à des dispositions transitoires sur la TVA).
    Pour 2010, à peu près connue maintenant, on revient à 37 milliards, et la loi de finances 2011 (ce n’est qu’une prévision, incluant un scénario optimiste sur la croissance) revient à 44 milliards.
    Une source permettant de l’illustrer : http://www.budget.gouv.fr/presse/dossiers_de_presse/plf2011/chiffres_cles.pdf

    Néanmoins, je crois que ces précisions n’infirment pas la tendance que vous avez détectée, et qui se situe dans la longue durée.

    Ces chiffres sont aussi à rapprocher de la discussion sur les très grandes entreprises (type CAC 40) internationalisées, et leur très faible taux d’imposition réel, lancée il y a quelques jour sur ce blog. Il serait notamment intéressant de rapprocher les baisses tendancielles d’imposition que vous mettez en évidence et « le manque à gagner » induit par leurs techniques d' »optimisation fiscale ».

    Cordialement,

  11. Merci mille fois. Impôts, dette et revenus de l’Etat, la grande mystification est clairement démontrée .
    Les conséquences, ou les à-cotés, sont multiples:
    les revenus du capital sont libres d’impôts dans les faits. Le Travail
    et la consommation (TVA) sont laminés.
    Les PME sont euthanasiées, l’Industrie est sacrifiée.

    Nous importons, par nécessité, la majorité de notre consommation commune, de faible technologie:
    textile et habillement, agro-alimentaire etc…
    C’est stupide à plus d’un titre.
    Un seul pourrait retenir notre attention: nous sommes complices
    de l’ exploitation renforcée des travailleurs du tiers-monde.
    La liberté du commerce (international) est devenue la liberté
    donnée aux petits chef locaux d’opprimer leurs peuples.

    Il y a un lien puissant entre notre feuille d’impôts
    et le reste du monde.
    Nous n’en sortirons pas sans l’acceptation de l’impôt,
    affecté d’une haute progressivité, par la classe qui nous gouverne.

    1. « nous sommes complices », certes, mais également prisonniers d’une organisation sociale toute entière tournée vers le travail (chômage, retraite, sécu dépendent de l’acte de travail salarié) qui n’a aujourd’hui d’autre sens que celui de consommer de moins en moins des produits de basses qualités et de rapporter de plus en plus aux rentiers… c’est de l’aliénation pure et simple.

      La complicité renvoi à la culpabilité… vous vous sentez coupable de quoi ?

      L’impôt, cent fois oui, mais pas pour rembourser une dette contractée par une élite bien trop proche des rentiers et des investisseurs justement…

  12. Merci Jean-Luc.
    Ce texte, sans demander la permission (!) va circuler massivement,
    Il vient renforcer avec chiffres actualisés ce que tous les économistes non larbins
    ont mis en évidence depuis un moment.
    Voir par exemple: http://www.cadtm.org/La-charge-de-la-dette-francaise
    Extrait:

    Une campagne idéologique mensongère

    Les gouvernements qui se sont succédé depuis une trentaine d’année nous ont tous tenu le même discours : « la dette publique est abyssale, c’est le 2ème poste budgétaire, il faut réduire les déficits publics et la dette ».

    Ils ont même essayé (et essaient encore) un discours culpabilisant (« nous laisserons un fardeau pour les générations futures »).

    Au nom de cette dette « abyssale », nos gouvernants n’ont pas décidé d’augmenter les impôts des grandes entreprises ou des ménages fortunés, ceux qui ont les moyens de contribuer à la chose publique, mais, bien au contraire, ils les ont diminués, en France comme tous les pays de l’UE, aux Etats-Unis et au Japon, diminuant ainsi les ressources de l’Etat et aggravant, année après année, le déficit budgétaire et empruntant pour boucher les trous. Par contre, ils ont privatisé à tout va, ils ont réduit les dépenses sociales, comprimé les dépenses publiques, réformé l’Etat et supprimé des centaines de milliers de postes de fonctionnaires dans la fonction publique.

    Et depuis des années, les gouvernants nous assènent la charge de la dette comme étant le summum de la monstruosité cataclysmique, le tsunami qui risque fort de nous emporter si nous ne nous serrons pas la ceinture !

    Nous, c’est aujourd’hui la grande majorité de la population qui subit les plans d’austérité.

    Et alors que leurs moyens de contribuer se sont accrus avec les cadeaux fiscaux et autres éxonérations de cotisations sociales, rien n’est exigé des ménages les plus fortunés, rien n’est exigé non plus des grandes entreprises ou des institutions financières, pourtant responsables de la crise économique et fnancière mondiale.
    En diminuant la part des salaires dans les richesses produites par le travail, en privilégiant les investissements spéculatifs plutôt que productifs, ils ont créé les conditions qui sont à l’origine de cette crise. Ce sont ceux-là qui spéculent aujourd’hui contre les dettes souveraines des pays de la Périphérie de l’Union Européenne et de la Zone Euro (ZE).

  13. Monsieur, il serait intéressant de confronter vos idées avec celles de Charles Gave, le débat serait très instructif.

  14. à Jean-Luc D.

    Votre étude est très intéressante et à deux titres :
    1. Vous considérez l’économie dite réelle, c’est-à-dire l’économie de la production de marchandises autres que la marchandise-argent.
    2. Vous rappelez que l’impôt doit, en théorie, dans les régimes dits démocratiques, contribuer à une répartition plus juste de la richesse et à servir l’Etat dans ce qu’il a de fonction protectrice pour l’ensemble des citoyens.
    L’économie dite réelle, c’est celle des entreprises qui produisent, ou plutôt font produire par des salariés, des marchandises bien réelles.
    Ces entreprises vont du maraîcher « bio » qui vend ses légumes sur le marché aux entreprises de taille moyenne (PME/PMI) qui sont soit indépendantes, soit filiales de groupes mondialisés et dont les productions recèlent ou non quelque utilité pour le public.
    Sans donc s’appesantir sur les choses réellement produites, leur valeur d’usage et leur degré de nocivité, il faut constater que, d’un point de vue purement économique, toute ces entreprises semblent égales alors qu’elles ne le sont pas.
    Les entreprises de taille moyenne qui appartiennent à des groupes mondialisée, reversent, par les coûts de transfert ou de cession, leurs bénéfices à leurs clients qui sont en fait leurs propriétaires et/ou actionnaires.
    Les autres, dites indépendantes, sont étranglées par leurs clients qui sont les groupes mondialisés déjà évoqués, et les banques qui leur consentent des prêts pour les investissements dits indispensables qui suppriment des emplois et réduisent la masse salariale, et pour la trésorerie nécessaire pour faire de grands crédits à leurs clients.
    Dans le cas des entreprises dites indépendantes, le bénéfice est en grande partie pompé par la Banque.
    La Banque étant à la fois l’ensemble des banques et le concept de crédit réalisé.
    De ce fait, aucune de ces PME/PMI, ou presque, ne paye plus d’impôt sur le bénéfice car tout le bénéfice part ailleurs, dans la Banque, les actionnaires et les clients « grandes entreprises », alors que l’entreprise est sommé « de réduire sa masse salariale ».
    Quant vous ajoutez à ce schéma si simple, si évident et si dissimulé, que les particuliers eux-mêmes, dès qu’ils ont quelques revenus imposables se voient offrir, à des fins électorales et de maintien de l’ordre établi, des avantages fiscaux, pour entretenir à temps partiel des serviteurs alors que, officiellement, les domestiques n’existent plus en France, vous comprenez comment tout fonctionne dans cette fin de cette civilisation où le mensonge est devenu roi, « quand plus rien n’est vrai et que tout est permis ».

  15. L’épouvantail de la dette publique (les néolibéraux, étrangement, ne parlent jamais de la dette privée des ménages) et la crise que nous vivons sont effectivement un formidable alibi pour les néolibéraux pour réduire le poids de l’État. Puisqu’il est moins efficace et qu’ils réduisent les recettes, ils vont jusqu’à le discréditer, jusqu’à provoquer la fin des aides « sociales » (on peut penser au sabrage du gouvernement anglais), à l’heure précisément où la population en a le plus besoin.

    Je vis en Amérique du nord (Canada) et ici, les think tank de droite (le CD Howe Institute à Toronto, l’IEDM à Montréal, Le Fraser Institute, etc) répandent depuis longtemps et avec insistance depuis le début de la crise ce genre d’inepties sur la dette publique. Ici, par exemple, au Québec, la différence entre les impôts payés par les ménages et ceux payés par les entreprises est bien plus importante qu’en France. Les entreprises (plus spécifiquement les grosses entreprises) sont subventionnées et ne paient pas d’impôts dans certains cas. Les recettes, on pourrait les trouver mais ces conservateurs ressortent aussi la menace des délocalisations et la concurrence internationale pour justifier le coup de main au privé. Ces mêmes politiciens, une fois qu’ils ne sont pas réélus, travaillent dans ces entreprises privées.

    1. Ces mêmes politiciens, une fois qu’ils ne sont pas réélus, travaillent dans ces entreprises privées.

      nous avons les même ici ! …ils se reproduisent entre eux …Ce n’est pas sain ! ça va mal finir …

  16. Les graphiques, il n’y a rien de plus clair pour expliquer.
    Les intérêts notionnels, les invitations des sociétés étrangères, les prêts à taux réduits, les invitations à participer dans les dettes des États. ON a commencé par l’Afrique, ensuite le Pirée, l’Irlande, la Belgique, l’Espagne… Beaucoup d’âmes charitables, mieux que le Téléthon…
    Je vous laisse découvrir qui est le « ON ».

  17. Voilà un billet instructif. Comment se fait-il que les États se trouvent en situation de devoir emprunter aux marchés financiers? Comment se fait-il que les marchés financiers se sont formés, grandis, devenus si riches? Quel est l’historique d’un tel états des choses? Quels sonts les soubassements idéologiques et politiques qui ont permis une telle situation? Il faut décortiquer la l’immense complexité d’instruments juridiques, politiques, financiers qui permettent une telle situation. Il faut faire l’historique d’une telle situation, l’envisageant d’un point de vue global.

  18. Il semble que le commentateur « Bertrand » (« vous êtes nul ou quoi…etc ») n’a pas bien réalisé que si l’article de Jaen-Luc D… parait sur le blog de Paul Jorion, c’est que, au minimum, Mr.Jorion en accepte la teneur , sinon, il ne l’aurait sans doute pas publié.
    Mr Bertrand, vous connaissez ce blog depuis combien de temps?

    Parce que, Mr Bertrand, c’est Mr Jorion, et tous les commentateurs habituels de ce blog dont vous semblez inférer la « nullité »…

    Hum…vous avez du boulot, là, avec tous ces « nuls »….

  19. Très intéressant le graphique recettes / PIB. C’est tout le drame : des recettes de droite, et des dépenses de gauche 😉

    D’accord avec Bertrand : c’est la chute des bénéfices et non la baisse de la fiscalité que l’on observe à partir de 2008. Notez d’ailleurs que l’IS a eu tendance à augmenter avant cette date, ce qui peut correspondre à une bulle d’actifs (profits fictifs, mais vrais impôts, et puis crac!).

    Cdt,
    GSF

    1. Le rapport des recettes de l’Etat sur le PIB, vous savez lire ? La baisse des bénéfices entrerait au dénominateur et ferait monter la courbe vers le haut. Réfléchissez

    2. à GSF,

      Ne savez vous pas comment il est facile de déclarer ou non des bénéfices, d’en faire ou de ne pas en faire ?
      Allez voir les contributions de Paul Jorion à ce sujet et aussi ma contribution N° 18.

    3. @lisztfr

      Si le PIB augmente alors que le bénéfice des sociétés diminue c’est peut être parce que chaque année il y a une part de plus en plus importante du revenu des français qui provient indirectement de la dette de l’Etat qui ne cesse d‘augmenter!
      Il me semble que Gu Si Fang a raison.

    4. @CHR :

      Il s’agit des *recettes de l’Etat* sur le PIB et pas de votre équation.

      – > Il ne s’agit pas des bénéfices des sociétés. GSF a tort.

    5. rien ne nous sera épargné avec des idéologues libéraux de votre genre !!

       » profits fictifs, mais vrais impôts, et puis crac « 

      quels profits fictifs ? c’est bien du fric qui est tombé dans l’escarcelle des actionnaires ?

      votre remarque comme celle de Bertrand ne répond pas à l’essentiel : la tendance depuis de nombreuses années de la chute des recettes .

      pour paraphraser les idéologues libéraux : jamais un bon père de famille accepte une baisse de son salaire de 20 ou 30% en bon gestionnaire …….. car il sait que le déficit vient soit de la baisse des recettes ( ça c’est la tactique libérale ) soit de l’explosion des dépenses.

      remarquez un état recentré sur son coeur de métier ( pour reprendre les termes des idéologues libéraux ) c’est à dire la police la justice et l’armée ne coutera pas cher et surtout permettra aux plus riches d’avoir les armes necessaires pour mâter tous les pauvres qu’ils fabriquent.

    6. En effet, bertrand a exagéré, mais sur ces recettes 2009 liée à une année 2008 mauvaise (la bourse passe au pic en 2007, aux « subprimes »), ça me semble évident.
      Une boite commence pas vendre mal, puis restucture si elle ne voitg pas le bout du tunnel, et alors le PIB se rétrécit, car ici l’épargne n’augmentant pas, le PIB suit les salaires de pas trop loin.
      Bref, le PIB est beaucoup moins élastique que le bénéfice des sociétés,

      la masse salariale itou est moins élastique (c’est pour cela que l’Espagne se prend la crise en pleine poire, ne pouvant abaisser ses salaires en même temps que la bulle immobilière qui les avaient entraîné à la hausse, dixit Krugman qui ne doit pas se tromper là-dessus)

      Ca n’enlève pas le trend de fond, mais les 6 points vers le bas deviennent 4 points.

      C’est vrai aussi qu’un lot (de quelle taille, comme demande Piotr en peu de mots) parmi les sociétés ne fonctionnent pas en (i) vendant mal d’abord et (ii) restructurant après, mais en restructurant coute que coute (les LU étaient bénéficiaires sur la seule usine de Savigny, je crois), pour presser le citron à 15%, LBO etc.

      Pour celles là, la courbe de Jean Luc D. est raisonnablement pertinente.

      Tout en défendant jean Luc D. globalement, je comprends qu’on ressente l’ulcération de bertrand à voir baser une argumentation sur un schéma qui comporte une faiblesse aisément reprochable, même si cette faiblesse n’entame pas le tout.

    7. @ liszt

      Le rapport des recettes de l’Etat sur le PIB, vous savez lire ? La baisse des bénéfices entrerait au dénominateur et ferait monter la courbe vers le haut. Réfléchissez

      Ah oui ? Donc selon vous on a : PIB = bénéfices + … ? plus quoi, au juste ?

      Non, ce que je dis c’est que l’inflation en général – et une bulle de crédit en particulier – fait mécaniquement monter les recettes de l’Etat (temporairement). Comment ? Quelques exemples sont :
      – hausse des prix d’actifs, et donc des impôts corrélés à ces prix (plus-values, ISF, etc.) : les recettes de l’Etat irlandais avaientt augmenté de près de 1% sous l’effet de la bulle immobilière ;
      – hausse des bénéfices des sociétés (si elles sous-estiment l’inflation et les provisions pour amortissement).

      C’est pourquoi je parle de prix fictifs et de vrais impôts, n’en déplaise à J. Gorban. Si la banque centrale laisse se gonfler une bulle de crédit, l’immobilier et la bourse montent artificiellement et les recettes fiscales aussi. Lorsque la bulle éclate, les recettes fiscales s’évaporent car elles ne reposaient pas sur des activités économiques soutenables. C’est comme ça que j’interprète le graphique en montagnes russes…

      Cdt,
      GSF

  20. La dette publique ne vient pas d’une hausse des dépenses, mais d’une baisse des recettes. L’État dispose d’un moyen dont les particuliers sont dépourvus : il fixe lui-même ses recettes par l’impôt, alors que ce n’est pas nous qui décidons de nos salaires ! Et quand on limite soi-même ses propres recettes, il faut bien trouver d’autres sources de financement : c’est l’emprunt. Et à qui emprunte-t-on sous forme d’obligations du Trésor ? Aux plus riches évidemment ; si au lieu de faire payer les plus riches par les impôts, le gouvernement leur emprunte, cela ne peut qu’aggraver le déficit ! Alors, pour payer, il faut vendre EDF, GDF, autoroutes, ouvrages d’art, patrimoine administratif, industriel etc. Il faut vendre nos services publics aux services privés, réduire les effectifs de la fonction publique et nos dépenses sociales, fermer nos maternités, nos hôpitaux. Il faut ouvrir le secteur public au secteur marchand.

    Conscience Citoyenne Responsable

    1. Vous avez raison. Non seulement la baisse des recettes crée la dette, mais surtout elle enrichit les plus riches puisque ce sont les seuls qui peuvent prêter, et qu’ils gagnent de l’argent en octroyant cet emprunt. A chaque baisse de recette c’est non seulement une part de la richesse qui est soustraite du bien commun, mais c’est en plus la création d’un moyen de gagner de l’argent dont est exclu la plus grande partie de la population.
      Cette baisse de recette est tout sauf subie : c’est une décision librement consentie de nos dirigeants. Surement par aveuglement pour la plupart d’entre eux parierai-je. Ce qui n’excuse rien.
      Dommage que le graphique « recette en % PIB » n’ait pas de repères en vertical, cela permettrait de voir comment se comporte cette valeur en fonction des gouvernements.
      Ceci dit, une fois mis en place le dogme de la concurrence « libre et non faussée » (wouaf, wouaf, wouaf), les gouvernements avaient-ils le choix, au risque de voir la « fuite des capitaux ».
      Dans tous les cas, et quelle qu’en soit la raison, il va être temps de redresser la barre.

  21. @Gu Si Fang :

    « c’est la chute des bénéfices et non la baisse de la fiscalité que l’on observe à partir de 2008 »

    Seulement en partie, et pour moitié semble-t-il : voir les commentaires éclairants de Piotr à ce sujet – billet n°1- (incidemment, le mien aussi) sur les diverses dispositions qui ont creusé un écart faramineux entre recettes brutes et nettes (50% en 2009). A se demander, avec le recul, si on n’a pas alourdi volontairement le déficit public…

    @Piotr et Jean-Luc D. : sur la modification de la TP, elle a été versée trop récemment (15 Décembre) pour avoir le résultat précis de son produit. Des surprises ont été observées (Entreprises Individuelles sans bénéfice devant s’acquitter de la « cotisation Foncière des Entreprises », par exemple, ce qui leur rend le changement trsè désavantageux. Des compensation sont à l’étude…).

  22. La propagande est définie comme « une action en vue d’influencer un public »
    La publicité est définie comme « une action en vue d’influencer un public ».

    Seuls ceux qui ont la mémoire courte, ou, comme disent de nos jours les ordinateurs et ceux qu’ils commandent, ceux pour lesquels la mémoire a été effacée, ne savent pas que propagande est l’ancien terme qui désignait la publicité et que ce mot a changé parce que le terme propagande était trop chargé (des passifs nazis et staliniens entre autres)

    1. à domini CB,

      D’après le Robert, le mot réclame a dispoaru pour s’être chargé au fil du temps de connotations négatives et donc, mais pour des motifs autres, a accompagné le terme propagande dans les oubliettes.

    2. réclame : sorte de pipeau pour attirer des oiseaux dans des pièges.
      (« Littré le dit, qui ne se trompe jamais »)

    3. du pipeau aux oreilles des dindons, des dodos, des pigeons
      qui, espérons, ne se laisseront plus si facilement tromper

    4. Déjà le mot « Publicité » est caduc. Il s’inscrit péjorativement dans une réalité dite de conditionnement et perd en période de crise sa crédibilité pour les plus avertis. On emploie plus astucieusement le terme de « com » bien évidement l’abréviation du mot communication. Ainsi et depuis bien des années déjà, une agence de publicité se fait appeler une agence de communication. Inutile de préciser ce qu’induit dans les esprits le concept de communication : un précepte inter-actif qui offre l’illusion d’une liberté de pensée dotée de l' »esprit critique » insidieusement bridée.

    5. A propos de la COM.

      Ce qui est communiqué, ce sont des ordres.
      Fort harmonieusement, ce sont ceux qui donnent les ordres qui disent ce qu’il faut en penser.

  23. A propos des mots et des jeux qui vont avec, j’ai un ami qui en est friand et qui vient de me suggérer qu’il ne faut plus dire « la zone euro » mais « l’euro c’est la zone » et d’après le Robert, « zone » est équivalent de « terrains vagues ».

    1. et sur terrains vagues, avec loppsi 2, sur simple arrété préfectoral, destruction de toutes constructions non conformes.

    1. @Julien :

      La version locale de mai 2010 de la résistance « historique » à Sarkozy , avec son courant PC nationaliste , anti euro , mais en fait ce jour là nettement anti Sarkozy , qui vient périodiquement , par effet médiatique, récupérer les souffrances de plus de 500 morts de tous bords sur le plateau des Glières , ce qui outrage une majorité silencieuse mais résistante , ici .

      http://www.comite-valmy.org/spip.php?article654

    2. A propos de la Résistance et du CNR : l’« Affaire » de Signes

      Claude Roddier et Bernard Oustrières

      samedi 8 janvier 2011, par Comité Valmy

      L’ANACR rend chaque année hommage aux dix maquisards assassinés par les nazis à la ferme de La Limatte, près de Signes dans le Var, le 2 janvier 1944. La cérémonie se déroule selon un protocole quasi-immuable : rassemblement et dépôts de gerbes au pied de la stèle où sont gravés les noms des martyrs et celui du berger venu les prévenir de l’arrivée des Allemands ; défilé dans les rues du village ; nouveaux dépôts de gerbes au monument aux morts ; recueillement dans le cimetière devant la tombe des Résistants ; enfin, discours et vin d’honneur dans une salle municipale. Cette manifestation annuelle, qui revêt un caractère sacré pour les Résistants, leurs familles et les amis de la Résistance du Var, attire toujours de nombreux élus auquel se joint le représentant du préfet.
      Rien ne laissait présager que la dernière commémoration, le 2 janvier donc, donnerait lieu à un vif incident. Qui l’a provoqué ? Est-ce le discours iconoclaste de la présidente départementale de l’ANACR, Claude Roddier, résolue à dénoncer l’hypocrisie de ceux qui laissent « se dissoudre la France » ou bien, très en amont, ceux-là même qu’elle a dénoncés parce qu’ils ont déclaré une guerre totale au programme du Conseil national de la Résistance ? La présidente, rappelant que les martyrs de la La Limatte avaient aussi combattu pour l’instauration d’un monde plus heureux, expliqua que les Résistants et leurs amis ne pouvaient plus longtemps accepter ces atteintes réitérées aux acquis du CNR, en particulier les mesures contre les retraites et le démantèlement en cours de la Sécurité sociale. Présents à la tribune aux côtés de Claude Roddier, le représentant du préfet et la députée de la circonscription, Mme Josette Pons, donnèrent très vite les signes les plus évidents d’une grande nervosité. La présidente continuant d’appeler un chat un chat, tous deux se levèrent bientôt pour quitter la tribune et la salle, marquant leur désapprobation. Situation inouïe que le maire de Signes, Jean Michel, écartelé entre ses devoirs protocolaires et ses propres engagements de fils de Résistant, eut bien du mal à arbitrer.

    3. Dans l’affaire de Signes , ce qui m’épate le plus c’est qu’une vulgaire députée se croit autorisée à s’offusquer d’une atteinte à la personne du président de la République dans un type de cérémonie ( j’en ai vécu pas mal ) où le caractère sacré du respect du aux morts , quelque soient leurs convictions philosophiques , politiques ou religieuses , fait que l’on s’impose de mettre son mouchoir sur ce genre de  » contrariété » .

      Faut il que la majorité ( pas tous ) des députés UMP soit à ce point redevable de leur élection à leur asservissement aveugle à la paroleet la personne du chef , pour qu’on en trouve pour s’abaisser à ce genre de comportement .

      Sur l’attitude du  » représentant du préfet  » , pour avoir observer ( et tirer mon chapeau à ) certains préfets , quelque soit leur « étiquette » en relation avec le pouvoir , confrontés à ce genre de situation , je crois que c’est une attitude de sous fifre sans doute pas encore aguerri , car , dans les cas que j’ai connu , un préfet digne de ce nom pâlit , perd le sourire s’il l’avait , et attend patiemment que son temps de parole vienne ( c’est toujours le représentant de l’Etat qui clot les discours ) pour faire honneur à la cérémonie et à ce qu’elle représente , mais en profiter discrètement , au détour d’une phrase pour relever que tous les propos émis précédemment ne recueillaient , » comme on pouvait s’en douter » , pas son aval . Et on termine toujours par des remerciements , des félicitations et la Marseillaise ( qui est toujours un moment fort même pour les plus jeunes dans des cérémonies concernant la résistance ).Les journalistes savent très bien décoder ce qui s’est échangé sans ne froisser personne .

      Si la préfectorale devient aussi bête que les députés ou certains barons de collectivités locales …

      Mais , au bénèfice de merveilleux souvenirs et de sympathie pour beaucoup de préfets de toutes obédiences que j’ai connus , je me refuse à leur faire l’indignité de le croire .Il y a parmi eux et elles , d’authentiques hommes et femmes d’Etat .

      Je leur fais confiance pour le rester .

    4. Correction après relecture : il y a eu environ 160 morts aux Glières sur les 500 maquisards présents .

    5. oui, c’est dans la suite logique de tout le reste …

      cf, « Walter (Bassan), retour en résistance », où l’on arrive à partir d’un hommage aux résistants des Glières, et dans le cimetière, à l’indécence la plus totale …et, où il y a menace non voilée d’un affidé de « qui-nous-savons » au journaliste-documentariste …

      A propos de Préfet, il y en aura qui, j’espère, « tiendront la route » …
      Deux figures-clef de la résistance, d’accord sur rien, mais luttant pour l’essentiel :
      – Jean Moulin : Préfet …désobéisseur, pour le moins.
      – Et Pierre Brossolette, brillant Normalien.
      ont pris le Maquis, ont fait ce qu’ils savaient faire : organiser …
      Avec leur talent, ils auraient pu chercher à « se placer », se planquer, attendre que ça se passe,
      se mettre à l’abri : ils ont choisi tout le contraire …sachant ce qu’ils risquaient !
      Nous devons beaucoup à la désobéissance de tous : humbles, paysans, ouvriers, intellectuels (Musée de l’homme, G.Tillion( ethnologue), JP Vernant ( agrégé de philo, communiste ) et bien d’autres, avec ou sans papiers, de nationalité française ou pas : ils se sont réunis pour refuser ce qui semblait irrémédiable .
      C’est à eux que , tous, nous devons, ce qui s’est construit ensuite …et qui a été détruit par négligence, oubli de l’Histoire, mise en place d’un système qui n’est pas le nôtre … qui nous fait violence …qui ne correspond en rien à notre structuration, notre recherche d’équilibre …notre devise est une idée vers laquelle il faut tendre …rien n’est jamais acquis : la preuve …mais, dans ce Pays, nous le savons …
      Si nous voulons, enfin, construire une Europe généreuse, il faut recommencer par cela : c’est un point d’appui sur lequel il n’y a pas à rougir .

    6. Ah oui! En effet, à la lecture de l’article et du discours, on peut légitimement dire que l’attitude de cette députée et de ce préfet est absolument abjecte.

      Ces deux guignols renient tout pour leur place.
      C’est à vomir!

      Décidément, je trouve que l’attitude de nos politiques aujourd’hui ressemble étrangement à certains des pires politiques de la dernière décennie de la 3ème République ou de la 4ème République. Quelle atmosphère malsaine! Quelle médiocrité, quel avilissement!

      De Gaulle les appellera « les profiteurs d’abandon ».
      A leur place (préfet, député…) ils profitent. Et ils nous abandonnent.

    7. @ M dit : 8 janvier 2011 à 23:01

      oui, c’est dans la suite logique de tout le reste …

      Oui, c’est navrant, regrettable, condamnable, que sais-je encore.
      Mais suffit-il de s’indigner, de se dire que c’est dans la logique du reste, que ça n’est pas surprenant, et…d’en rester là ?
      C’est aussi le courage et l’union, au-delà des divisions partisanes, qui étaient célébrés en rendant hommage à ces résistants. C’est très difficile de s’unir, quand on n’est pas du même bord. C’est très facile de se désunir et stupide de le faire en de pareilles circonstances.

      Ces deux dames sont probablement torturées dans leur conscience en ayant créé cette image négative.

      L’une, en se disant qu’elle a été maladroite ou provocante en adressant son discours aux « préfet, maires, conseillers généraux, régionaux…. » sans citer le député qui est quand même le représentant du « local » au niveau de l’assemblée « nationale ». Ou bien aussi, qu’elle aurait pu rédiger autrement la nécessité de préserver l’œuvre du CNationalR, lorsque 70 ans après, des adaptations sont nécessaires.
      L’autre, en se disant qu’elle n’en serait pas morte si, se sentant visée, elle avait serré les dents et était restée digne, malgré l’affront.

      Or, ni l’une ni l’autre n’a su faire ce qu’il aurait fallu faire pour éviter ce qui est arrivé. Parce que les hommes (femmes) ne sont pas parfaits.

      Ce qu’on peut espérer, c’est qu’une connaissance commune à ces deux personnes, les aide à se réconcilier. Qui aura le courage de le faire, pour montrer au pays qu’on a davantage besoin d’union que de désunion ?

      Si cela se faisait, il faudrait ne pas manquer d’agiter les média pour le faire savoir et diffuser une image positive.

    8. @ jducac

      Le raccourci qui consiste a mettre sur un quasi-pied d’égalité un « oubli » (volontaire ou pas d’ailleurs) de citation et le boycott d’une cérémonie commémorative me semble maladroit.

      Pourquoi ? Parce que dans le premier cas, même si l’on est pessimiste et considère que l’oubli était volontaire, il ne s’agit au mieux que d’un manque de savoir vivre.

      Alors que dans le deuxième cas, il s’agit d’une atteinte à la mémoire de dizaines de morts et à une certaine idée de la République.

      Alors je suis désolé de vous le dire, mais vous n’avez pas le droit de laisser sous-entendre que les torts sont partagés et que tout cela se réglera autour d’une tasse de thé.

    9. @M
      La Résistance une référence pour construire le monde de demain. Oui… mais à condition d’y faire le tri au préalable.

      Les noms que vous citez sont inattaquables. Il y en a bien d’autres et des sans grades qui le sont tout autant. C’est d’ailleurs parmi les sans grades que l’on retrouve le plus de résistants inattaquables. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y ait pas eu de sans-grades résistants qui soient plus que méprisables. Les FFI par exemple comportaient de nombreux criminels d’avant guerre qui ont sévi dans les campagnes françaises. Leurs méthodes n’avaient rien à envier à celle de la Gestapo.

      Il faut se rendre à l’évidence même si cela ne fait pas plaisir à lire:
      1°) la Résistance ne regroupait que de très faible effectif. La majorité de la population soutenait le Maréchal Pétain.
      2°) la Résistance elle-même comportait un grand nombre de « résistants » à la moralité plus que douteuse. En tête de liste on retrouve les hauts-fonctionnaires de l’état qui travaillaient pour Vichy.et qui sont devenus « résistants » sur le tard. La plupart entre octobre et décembre 1943. Cette faible fenêtre n’est pas un hasard, elle est liée au recrutement massif lancé par les bureaux du Général de Gaulle à Londres. Objectif: recruter les futurs cadres de la France pour l’après libération. Les plus malins sont entrés en « résistance » fin 1942 mais sans quitter le régime de Vichy (on ne sait jamais les allemands pouvaient la perdre cette guerre. Il est toujours plus prudent de « manger » aux deux râteliers). Il est vrai que certains ont été d’authentiques résistants mais ils furent une minorité et même une toute petite minorité. Leur destin fut pour la plupart tragique alors que les « résistants du dernier quart d’heure » seront amenés à un avenir brillant au sein de la IVème puis de la Vème république.

      Parmi ces personnalités « illustres » du monde politique (et même industriel pour M. Schueller) on retrouvent par exemple (la liste est loin d’être exhaustive); François Mitterrand, Michel Debré (l’un des rédacteurs de la Constitution de la Vème République et accessoirement premier ministre et… fondateur du SAC), Eugène Schueller (le fondateur de L’Oréal et collaborationniste parisien tendance « le régime de Vichy ne va pas assez loin dans le soutien du régime nazi allemand »). Peu ou prou, ils ont tous à peu prêt la même histoire:
      1°) activiste d’extrême extrême droite avant guerre,
      2° soldat mobilisé comme tout le monde en 1939,
      3°) prisonnier de guerre comme la plupart,
      4°) évadé des camps de détention allemands,
      5°) traversé homérique de l’Allemagne et de la France occupée sans se faire arrêté par les Allemands
      6°) entrée au gouvernement de Vichy
      5°) décoré par ce régime (la Francisque mais aussi d’autres décorations moins ostensiblement typique du régime de Vichy comme la Légion d’Honneur ou l’Ordre du Mérite),
      6°) Entrée en « résistance » suite au recrutement sus-nommés,
      7°) Arrestation par les sans-grades pour motif évident lors de la Libération,
      8°) Disculpation pour acte de résistance par les hautes autorités,
      9°) participation aux gouvernements de la IVème puis de la Vème république.

      Pas étonnant après cela que la décolonisation se soit si mal passée. On retrouve ces profils aux commandes aussi bien à Alger, qu’en Indochine ou encore à la préfecture de police de Paris.

      Aujourd’hui, ils ont tous passé, au sens propre et certains aussi au sens figuré, l’arme à gauche. Ce sont les successeurs qu’ils se sont choisis qui nous dirigent. Ne croyez pas pour autant que leur passé soit aussi sans tâche qu’ils veulent nous le faire croire. A titre d’exemples, voici trois personnages qui aujourd’hui si on leur reprochaient les mêmes faits seraient accusés d’activités « terroristes ». Rien que l’entrée en scène de ce mot est tout un symbole. C’est ainsi que les allemands appelaient les « résistants »: M. Jorion a croisé la route de deux d’entre eux:
      Patrick Devedjian
      Gérard Longuet
      Alain Madelin

      L’histoire et son enseignement joue un rôle dans ce « régimeé. On retrouve donc tout naturellement la peste brune au sein de l’institution académique universitaire. La encore M. Jorion a croisé la route et même le fer avec l’un d’entre eux: Alain-Gérard Slama. Ce personnage a des idées pour le moins méprisables à propos de la période de Vichy qu’il qualifie d’ailleurs de Révolution Nationale comme le faisait le régime de l’époque… Il ne se prive pas d’ailleurs d’attaquer les autres historiens qui ne partagent pas ses points de vue.

      Bref, tout cela pour dire que le vers est dans le fruit depuis longtemps. Ce qui ce passe aujourd’hui n’est que le résultat logique d’un continuum qui remonte à la fameuse « résistance » et plus précisément à ce que l’on pourrait appelé son « côté obscure ».

    10. à Olivier Kaeppelin,

      Merci pour votre édifiante et très utile petit rappel historique synthétique. De Gaulle a été et est toujours resté très isolé…

    11. @ Julien Alexandre : je signe bien évidemment votre reprise des propos de Jducac , en exprimant même que la femme qui s’est exprimée au nom des résistants morts et auxquels on rendait hommage , avait le droit et la mission de proférer ce jour là toutes les indignations que la période actuelle lui suggérait : c’est pour avoir ce droit et cette liberté d’interpellation que ces garçons sont morts .

      Sur les donneurs de commentaires sur ce qu’a été ou pas la résistance , le seul témoignage à peu près fiable que je connaisse , outre ceux , rares et pudiques de ceux de ma propre famille , est par exemple celui ci ( un peu long mais réel , vécu , circonstancié …) … par un homme mort des suites de sa déportation, un curé :

      http://beaucoudray.free.fr/maquisdg.htm

    12. C’est toujours la saison des discours bien assaisonnés, même et surtout à la Cour de Cass…
      Et là on parle d’aujourd’hui et d’ici, et c’est le plus haut représentant du parquet qui s’exprime, librement, à en faire jubiler un Badinter,un Jean-Paul Costa, président de la Cour européenne des droits de l’homme, ou un Jean-Marc Sauvé, vice-président du Conseil d’Etat au premier rang, qui doivent se retenir pour ne pas sourire…
      « Le gouvernement se fait étriller par le procureur général Nadal de la Cour de cassation « :
      Le Monde.fr

      Lors de son dernier discours après six ans à la tête du parquet général à la Cour de cassation et quarante-quatre ans de vie judiciaire, et Jean-Louis Nadal, l’un des plus haut magistrats de France, a vendredi 7 janvier, sonné la charge avant que sonne la retraite. Le procureur général de la Cour de cassation a, sans les nommer, étrillé Brice Hortefeux, le ministre de l’intérieur, mis en garde le président de la République, botté le train du Conseil supérieur de la magistrature qui termine péniblement son mandat, et réclamé, une nouvelle fois, une réforme du statut du parquet.(…)

      Le discours du Procureur Nadal en PDF.

    13. @ Julien Alexandre dit : 9 janvier 2011 à 10:20v
      @ Juan Nessy dit : 9 janvier 2011 à 14:27

      En m’exprimant ci-dessus, je me suis efforcé d’émettre un commentaire aussi équilibré que possible pour tenter de nous sortir de cette fâcheuse, néfaste et honteuse tendance à la division. C’est notre caractéristique nationale. Elle nous détruit chaque jour davantage.

      J’ai parlé d’union et de réconciliation pour ce faire, considérant qu’une communion dans une commémoration devait nous amener à penser à notre destin commun. J’ai agis en conscience en vue de faire mon devoir à mon modeste niveau.

      Ne faudrait-t-il pas se référer plus souvent aux devoirs qu’aux droits, surtout en pensant à ces martyrs ?

      Manifestement je n’ai pas été entendu, mais j’ai fait ce que j’ai pu.
      Cordialement.

    14. Olivier Kaeppelin dit :

      Je ne fais pas d’illusion à ce point !
      Pour les personnes citées par vous, parmi la première génération de politiques : ils ne sont pas sans tâches.
      Parmi les grands patrons collabos de l’époque : c’est le degré de gravité au dessus : ils sont en grande partie responsables de ce qui est advenu …
      Parmi la plus jeune génération de politiciens que vous citez : ils n’ont pas fait cette guerre là : ne risquaient pas d’être résistants ; étaient à l’extrême-droite …et avaient de fâcheuses tendances à se mettre au dessus des Lois …( nous en avons quelques exemples gratinés dans le gvt actuel ) …pour moi, le capitalisme de trés à droite est un sorte de mvt anarchiste : dérégulation, refus de la Loi ( pour leurs petites affaires )
      Néanmoins, la résistance a existé, bel et bien ;~4 % de personnes dans une population, risquant sa peau, alors même que le Pays avaient capitulé : c’est déjà bien : il y a toujours trés peu de personnes prêtes à tout larguer [ il suffit de voir la vie sur certains open space, quand un manager est un peu « tordu » : le courage n’est pas la vertu la mieux partagée : car là, il n’y a pas de risque vital ! : je parle, de plus, de bien avant la crise] …
      Raison de plus pour respecter ceux qui furent réellementcourageux, et, ou téméraires : la plupart étaient trés jeunes !
      Quant à ceux qui ont pris du temps – je ne parle pas de ceux qui ont joué sur tous les tableaux –
      lorsque nous voyons ce qui se passe actuellement, ce monde inversé, et la période de paralysie, de sidération qui nous a tous saisi(e)s, on comprend mieux le doute qui a pu saisir la population de l’époque …( je ne le comprends que maintenant ).
      Mais, je pense que s’il n’y avait pas eu de nombreuses complicités ( des petites choses, mais quand-même : il y a un âge où l’on ne peut faire que de petites choses ) dans la population, beaucoup plus de personnes seraient mortes . Cacher une personne voulait dire risquer la peau de sa propre famille, de ses enfants, de tout le village …Ce n’est pas une mince affaire.
      Qui, ce jour, serait prêt à faire la même chose, dans nos Pays ?

    15. Vous parlez du côté obscur de l’homme; en effet ! impossible de le nier …
      Mais, il est bien préférable, d’essayer de relever le front, et d’aller avec ceux qui vous y engagent, de tendre vers, à son petit niveau …que de baisser les bras, et de dire, par exemple : la corruption, on n’y peut rien, donc, on laisse faire : voilà ce à quoi nous en sommes arrivés aujourd’hui …
      ce n’est pas une bonne idée !
      Je préfère dire ce que j’ai dit, je ne sais plus où, tout être humain est susceptible d’être corruptible, mais après il y a des choix à faire …
      Je n’aurais jamais de respect pour un politicien qui attise les côtés sombres, pour faire sa tambouille malhonnête : c’est minable !
      La liberté intérieure, c’est aussi faire des choix, quitte à ce ne soit pas conforme à la théorie en cours .

    16. Je n’ai pas suivi les débats sur l’identité nationale. Néanmoins, il me semble que ces acquis en font pleinement partie. Ils sont issus d’un constat terrible qui devrait éclairer ce nouveau siècle : la cupidité a provoqué la guerre, elle doit être sévèrement et sérieusement bridée.

      Au même titre que notre siècle des Lumières, de notre constitution, ces acquis rendent envieux tous les autres pays.

      A tel point que les USA ont réussi à mettre dans les esprits qu’il valait mieux une liberté libérale (en mauvaise santé pour les pauvres) qu’un état défensif (contre l’oppression du système)- petite aparté, leur jeune génération n’y croit plus du tout.

      Il est clair que la guerre a commencé il y a très longtemps (bien avant la terrifiante, comme disait le grand père). Petit à petit nos dirigeants ont vendu nos âmes au diable (à l’argent). Les générations précédentes en ont profité -comme dans tout conte, nous la subissons actuellement, et ce qu’ils ne nous disent pas, c’est qu’il est temps d’enterrer nos enfants dans un système sans politique, dirigés par des agglomérats économiques apatrides. Autrement dit, le diable vient demander son dû -sous forme de dette ou autre.

      On peut, sans virer à l’extrême conspiration, constater vers quoi tendent toutes ces entités en expansion continue. Les grands groupes possèdent des filières dans quasi tous les domaines. Quand cela est régi dans un pays, ils créent une entité détachée qu’ils rattacheront quand la loi sera plus « indulgente » envers leurs pratiques (ou rachèteront une coquille).

      Il me semble d’ailleurs que c’est pour cela que nos politiques font de plus en plus tête basse envers ces monstres -quant ils n’en sont pas issus. S’ils se montrent trop réticent, leurs descendances seront grillées.

      C’est pour qu’ils puissent se passer de cette tentation que nous les payons si chers et maintenant ils revendiquent le fait de pouvoir travailler dans ces groupes en même temps que leurs mandats. (c’est le cas dans ma boîte, le directoire est dirigé et composé d’UMPistes sénateurs, ou de leur épouse quand le montage est trop tendancieux).

      Merci en tout cas pour ce lien et cette information forte à mes yeux et, malheureusement, dans la continuité. N’oublions jamais qu’on ne tue pas un syndicaliste pour tuer un syndicaliste mais bien parce qu’il nous empêche de gagner plus en faisant travailler plus, cela ne vous rappelle pas quelque chose ?

    17. Un ami vient de me signaler l’intérêt que ce blog porte à l’histoire de Signes et je remercie tous ceux d’entre vous qui ont posté des commentaires, en particulier Julien Alexandre et Paul Jorion lui même.
      Pour que vous puissiez situer mon discours à Signes dans son contexte « politique » je vous donne le nom du site du maquis Vallier. C’est ma photo qui est tout en haut à gauche, elle est prise durant l’hiver 45 et j’ai le képi de lieutenant de mon père. Ceci pour vous dire que je me sens assez forte pour parler au noms des « Résistants » bien que n’étant qu’une amie de la Résistance moi même. Je suis à la fois élue et « héritière ».

      Je commence par répondre à jducac qui me reproche, avec raison, de ne pas m’être adressée à la Députée. Mon Dieu! Je ne m’en étais pas aperçue jusqu’à ce que je lise ce commentaire. J’avais simplement recopié sur le discours de mon prédécesseur la liste des personnes auxquelles le discours est adressé. Ce qui montre d’ailleurs qu’il n’y avait pas obligation pour un(e) député à assister à la commémoration.

      Maintenant je vais vous le dire franchement. Je suis très déçue de la teneur de vos commentaires. Une fois de plus c’est comme si la Résistance était pétrifiée en 1944. Non. Tout mon discours essayait de sortir de ce piège. S’il y a un endroit où il pouvait être commenté c’est bien ici, dans ce billet, justement dans ce billet. Vos commentaires jusqu’à celui ci vont totalement dans le sens de ce que j’ai voulu dire. Que ce soit Jacquesson @4, les fougerets @8, marlowe @27, ils citent comme moi Warren Buffet ou la trahison des media.

      Mon discours n’était pas « maladroit ». J’ai dit ce que les Résistants varois m’ont chargée de dire. Nous avons eu plusieurs réunions et avons décidé que désormais nous faisions nôtre la demande de Lucie Aubrac de résister « au présent ». Je n’avais pas imaginé un instant l’attitude des autorités. Surtout qu’on ne parle que de la députée et du préfet mais il y avait aussi de nombreux élus UMP et ils ont tous suivi le mouvement. Je savais qu’ils n’apprécieraient pas le milieu de mon discours mais c’était la fin qui était importante à mes yeux et je vous la redonne
      « Bernie Sanders vient de retrouver la solution que les Résistants avaient appliquée avec la création du CNR. Nous devons tous nous unir contre ce 1%. Dans cette salle où nous ne sommes pas cent, statistiquement il ne devrait pas y avoir de représentant de ce groupe. Nous sommes donc d’accord entre nous. Pourquoi croyons nous que nos positions politiques sont si éloignées les unes des autres que le mot “politique” doive être tabou? Le CNR n’était-il pas un concentré de politique? Et l’union de toutes les familles politiques en son sein n’a-t-il pas été plus efficace que leur négation?

      Oui, nous devons arriver à nous unir, ne serait ce que pour pouvoir nous dire que les 10 maquisards morts le 2 janvier à Signes nous donnent raison. »

      Les autorités ont montré que j’étais beaucoup trop optimiste. Bien qu’aucune des personnes présentes dans la salle ne fasse partie du 1% des personnes les plus riches et les plus puissantes du monde dont parle le sénateur américain Bernie Sanders, c’est leur défense qu’elle ont prise. Violemment. C’est ceci le message que nous devons faire passer.

  24. « Goth ver dutsch noch a mal », je suis sidéré, les bras m’en tombent ou presque.
    Bravo et chapeau bas Monsieur Jean-Paul D, c’est du beau travail.
    Il est essentiel de le soumettre aux critiques les plus vives et de démonter les contre-vérités de celles-ci.
    Il y a des experts crédibles et pour lesquels je privilégie avant tout l’honnêteté intellectuelle pour conforter et soulever les lièvres par leur approche rationnelle et argumentée.
    Ce matin j’entendais pas mal d’arguties de la part des débatteurs de l’économie en question mais pas que, tel les propos de Jean Arthus.

    Il faudrait entamer un travail similaire sur l’efficacité au travail, le coût du travail car mes cheveux se dressent à entendre certaines déclarations péremptoires sur les 35 heures.
    Pour des vieux de la vieille comme moi ou l’enfoiré on oublie trop facilement des réalités simples en ce qui concerne les gains de productivité rien que dans le domaine informatique, la loi de Moore y a participé.
    Nous avons bien mis en oeuvre sur le terrain et en avons mesuré l’impact, des innovations comme :
    . l’informatique de gestion dans les domaines de la compta, des salaires, de la gestion budgétaire, des gestions de production, de la gestion des flux de toutes natures et même des prix sans oublier les statistiques, l’aide à la décision, le data mining et autres data-trucs. L’info ne sert pas qu’à jouer
    . l’EDI qui gère les flux commandes/prépa/livraison/facturation/règlements sans oublier l’approvisionnement. Tout est t’automatique et parfois même tendu.
    . la bureautique (écrits, calculs, documentation, archivage, suivi de projets,…..)

    Où sont passés tous ces gains de productivité, envolés, au ciel, ou tout simplement dans des liquidités qui servent des éternels affamés.
    Si encore cela permettait de lutter plus efficacement contre la faim, la misère, les maladies. Oui on peut être indigné mais surtout vouloir que ça change sur le FOND et proposer des chemins vierges.

    Mais demain est un autre jour, consolidons déjà vos graphiques éloquents.

    1. Les gains de productivité ont été accumulés par les capitalistes
      comme l’indique la hausse de la part des profits dans le produit national.
      Ils ont peu investi, mais les bling bling ont dépensé un max…
      Ca ne suffit toujours pas et crée les bulles financières.
      Le capital, d’une certaine façon, étouffe dans son propre sang.

    2. à Charles A.

      « Les gains de productivité ont été accumulés par les capitalistes  » : on peut affirmer que tous les gains de productivité, comme l’ensemble des gains, sont accaparés per les propriétaires et les gestionnaires du monde qui servent le dieu Capital.
      « Ils ont peu investi » : doit-on le regretter ?
      Tout investissement productif sert à augmenter la rentabilité du capital, et d’abord par les prêts à intérêt qui sont consentis aux investisseurs.
      La rentabilité de ces investissements doit être prouvée, d’une part par les intérêts qu’ils créent et par la baisse des prix de revient qu’ils sont censés provoquer.
      Ce mouvement s’accompagne nécessairement d’une baisse de la masse des salaires distribués.
      Le plus grand investissement mondial réalisé depuis deux décennies a été fait dans l’informatique.
      L’informatique a supprimé massivement du travail.
      Ce qui manque maintenant c’est le travail pour tous et il faudrait pour le moins la semaine de 10 heures pour que chacun ait sa part.
      Ce qui est nommé « classe moyenne », c’est à dire pour l’essentiel, les CADRES, se voient petit à petit perdre leur emploi, remplacés qu’ils sont par des logiciels de gestion, d’analyse et de décision.

    3. @ Marlowe
      Parfaitement d’accord avec la semaine de 10h, non pas par fainéantise – en temps qu’insomniaque, je bosse nuit et jour, notamment pour de l’associatif ou du freelance pour des PME d’amis- mais parce que l’on est devenu « trop » productif pour que le plein emploi soit réalisable.

      Je suis content de voire que je ne suis pas le seul à faire tendre ma pensée vers cela. Je n’en attendais pas moins de votre extrême finesse 🙂

    4. Salut Papinam,
      Puisque vous reprenez mon pseudo dans votre commentaire, je reviens.
      Oui, je suis un vieux de la vieille.
      Les filières de l’informatique, ce qui en est fait, je connais et pendant 40 ans, sans interruption.
      Au sujet des graphiques dont je connais les avantages et les failles, j’ai aussi écrit un billet.
      Un graphique éloquent, qu’est-ce si les données de départ ne sont pas complets volontairement ou non?

  25. Pour continuer sur l’impôt des entreprises………………….autrefois il y avait un impôt sur les fenêtres ..résultat chacun murait sa fenêtre.
    Aujourd’hui il y a un impôt sur les bénéfices…..résultat chacun réduit son bénéfice.
    Aujourd’hui il n’y à pas d’impôt sur les pertes………résultat tout le monde veut en faire.
    O combien d’entreprise ne vivent que de la perte…….et vivent bien.
    O combien d’entreprise ne vivent que du dépôt de bilan …..et vivent bien.
    Comptez les dépôts de bilan annuels…estimez les pertes finales et vous serez éffarés en milliards.
    Militez pour l’imposition des pertes à un taux supérieur à celui de l’impôt des bénéfices.
    Je ne parle même pas encore de la dette interentreprises.

    1. Cette réflexion suscite une bonne question : sur quoi assoir les impôts de manière intelligente ? Les bénéfices pouvant être artificiellement réduit, on voit bien la limite du système. Un impôt sur les pertes ? C’est iconoclaste en tous les cas. J’ai du mal à imaginer son efficacité, bonne ou mauvaise. Sans doute que les entreprise en perte n’auront plus même la valeur pour payer un impôt.
      Assoir l’impôt sur la valeur ajoutée ? C’est promouvoir les entreprises qui ne feront presque rien si ce n’est générer du CA et siphonner de la valeur au passage.
      Sur l’utilisation des ressources mise à disposition de la collectivité (infrastructure, matière grise, etc.) ? C’est promouvoir la délocalisation.
      Sur quoi alors ?

    2. Vieilles questions dans tous les pays :

      – Qu’imposer ? :

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Imposition_en_France

      – contrôle et efficacité du contrôle ? :

      http://www.ccomptes.fr/fr/CC/documents/RPA/8_methodes-et-resultats-du-controle-fiscal.pdf

      De bons esprits travaillent actuellement à essayer d’avoir une similitude entre la France et l’Allemagne .

      Pour les Anglais , j’ai entendu récemment que , paradoxalement , ils s’apprêtent à adopter une invention des socialistes français , à savoir la TIPP flottante .

    3. @Juan Nessy

      Votre 1er lien (wikipedia) est un peu convenu, et donne une vision très orthodoxe des choses.

      Votre 2ème lien (cour des comptes) est en revanche extrêmement informatif. Si les lecteurs du blog passent par là, ils auront l’occasion de découvrir un aspect méconnu et très informatif des choses. Avec cette référence et le billet de jean-Luc D., qui remporte un succès d’estime mérité, nous pourrons considérer que nous nous coucherons moins ignorants…

      Et enfin, je viens de percevoir (on apprend à tout âge), que la cour des comptes siège symboliquement rue Cambon, personnage absolument essentiel et complexe de la Révolution. Voir le portrait qu’en fait Michelet…

    4. Juan, ceci dit, la TVA, invention française, a été reprise mondialement.

      Bertrand.
      Vous avez « quelque part » raison. Mais je vous rassure : les « pdg » qui usent un peu trop du dépôt de bilan sont assez vite repérés.
      Maintenant, il faut aussi que vous sachiez que la période actuelle pousse beaucoup à travailler avec les pires truands.
      Voire même, accepter des politiques véreux.

      Chacun voit midi à sa porte.
      Et provoque collectivement une gentille crise.

    5. à Olivier,

      Le problème n’est en effet pas le taux mais l’assiette de l’impôt. Et la problématique fiscale de l’assiette de l’impôt suppose résolue une problématique sociale et politique : celle de choix de société librement faits et consentis. Vous voyez ainsi que l’on est loin d’un système d’imposition serein et que l’on s’en éloigne chaque jour un peu plus : c’est des valeurs sociales qu’il faut discuter, la problématique de l’impôt en découle. Et discuter des valeurs sociales nécessite que l’on discute également de la problématique des paradis fiscaux, à défaut de quoi la Société passera à côté de l’essentiel et tous les rapports sociaux réformés ou non resteront voués à l’échec.

      Cdt.,

  26. Vos graphiques sont très éclairants. vous soulignez effectivement le fait que la dette publique a trop augmenté, faute de recettes. cela est, à mon sens, évident.
    Or, pour compléter votre analyse, vous devriez vous intéresser aussi aux autres dettes.
    En effet, celles-ci grossissent aussi. Sans doute, elles ont parfois moins grossi dans la mesure où l’état a renoncé à certaines créances fiscales, ce qui creusait sa dette, et l’état a donc pris à son compte certaines dettes privées selon des vases communicants.
    Mais au fond, les dettes privées et de les dettes publiques s’additionnent parfaitement pour nourrir les revenus générés pour ceux qui détiennent les créances, à savoir les avoirs financiers comme les obligations ou les hypothèques. Ces avoirs sont replacés comme des actifs financiers auprès des épargnants tout venant dans des comptes d’épargne, des assurances vie, etc.
    Je m’abstiens d’accabler les « banques », car celles-ci replacent ce que les particuliers déposent, elles sont pratiquement autant créancières que débitrices. Leur rôle est d’être un intermédiaire. Certains employés de ces établissements (les traders par exemple) se sont bien sûr gavés au passage.
    Quoi qu’il en soit, selon les chiffres publiés par les banques et les assurances, elles versent tous les ans, pour un pays comme la France, autour de 800 milliards d’euros sous forme d’intérêts et de revenus financiers aux détenteurs d’avoirs financiers, et elles perçoivent évidemment légèrement plus auprès des débiteurs, entreprises collectivités et particuliers, histoire de pouvoir fonctionner et de pouvoir distribuer des profits aux actionnaires.
    En clair: sur un PIB de l’ordre de 2000 milliards d’euros annuels, la rente du capital représente désormais 40%.
    Pas étonnant que les revenus distribués au reste de la population soient toujours plus faibles.
    Cerise sur le gâteau: selon la loi mathématique de la croissance selon une courbe exponentielle, les revenus du capital, et donc les dettes en face selon un mode parfaitement jumeau, doublent tous les sept à dix ans. C’est pourquoi les 40% du PIB ne sont qu’une évaluation provisoire, et la proportion de la rente du capital augmente tout le temps.
    Evidemment, nous atteignons la limite du défaut de paiement d’une proportion croissante de débiteurs, et cet état de fait est ce que nous observons comme crise systémique.
    Et c’est pourquoi, devant la contrainte de devoir renoncer à une part de la rente du capital, les créanciers exigent des primes de risque plus élevés; et ils accélèrent ainsi les défauts de paiement qui interviendront désormais à un rythme accéléré.
    Tant que nous aurons une monnaie qui fonctionne sur ce mode capitaliste, il est absolument impossible, quelles que soient les décisions politiques et budgétaires, de réduire significativement le poids de la dette.
    Ce que l’on observe, c’est un jeu de mistigri où les spéculateurs détiennent les meilleures cartes en se défaussant du mistigri sur d’autres, plus faibles sans doute, ou plus malchanceux.

  27. Article de parfaite mauvaise foi qui oublie de préciser que l’Etat pompe plus de 54% du pib. Ne cherchez pas plus loin si les recettes diminuent. On a fait fuir les riches, les entreprises, les emplois, les profits, les industries et les IRRESPONSABLES que vous êtes continuent à vouloir ponctionner. Vivement que le chinois arrivent pour vous mener à la BAGUETTE.

    1. Quand je vous dis que la propagande marche à fond!!
      En voilà un bel exemple et des plus caricatural!

      54%?? on les cherche, même la totalité des recettes des APU n’arrive pas à ce chiffre.
      On a fait fuir les riches, les entreprises, les emplois, les profits… et blablabla et blablabla.
      En bref, vive la flexibilité du travail, l’abolition du code du travail et les salaires à 20 euros/mois…

    2. Julien Alexandre, je trouve votre modération très… modérée face à cet hurluberlu. Je me souviens d’une autre verve dans le passé, contre des interventions bien plus étayées que ces 3 lignes et demi d’imbécilités. Du nerf, que diable (et par la même occasion, renvoyons les baguettes à Pékin, elles y seront mieux qu’ici) !

    3. à juan nessy,

      mon image de « l’usine à gaz » trouve ici sa justification. LOL
      Il s’agit des finances des APU (voir explications plus haut dans mon billet). Il est donc difficile d’y retrouver ses petits.

      Par contre quelque chose me saute aux yeux immédiatement : où est le déficit soi-disant abyssal des administrations de sécurité sociale (colonnes orangées)?

      Je ne sais quelle est la source de ce graphe, mais il aurait été intéressant de dissocier l’Etat des Odac dont vous trouverez le détail en cliquant sur le lien ci-dessous :
      http://www.insee.fr/fr/methodes/default.asp?page=definitions/odac.htm

      Néanmoins, en me référant toujours aux chiffres de l’Insee, je viens de faire un tableau en comparant le total des recettes de l’Etat et des Odac au PIB. Et Ô surprise, c’est la même tendance que celle de mon propre tableau. Entre 2005 et 2009, le différentiel est de -4,5 points et la tendance à la baisse quasi constante depuis 1982 avec un différentiel de – 6,5 points. Ce graphe ne permet pas de mesurer avec exactitude l’ampleur du phénomène en commençant en 1993 et en s’arrêtant en 2006. Sur une période plus longue, l’effet est plus saisissant.

      En ce qui concerne la courbe des recettes qui s’arrête à 2006 dans votre graphe, si vous y rajoutiez les années 2007, 2008 et 2009, vous constateriez une tendance à la baisse depuis 5 ans avec un différentiel négatif entre 2005 et 2009 de 2 points soit la bagatelle de 40 milliards.
      Les recettes des APU représentaient en 2005, 50,42% du PIB, en 2006 50,39%, en 2007 49,57%, en 2008 49,47% et en 2009 48,42%.

      Cdlt

    4. @Jean Luc D.
      quelques définitions:

      Ratios de déficit public et de dette publique
      http://www.insee.fr/fr/methodes/default.asp?page=definitions/ratios-deficit-publ-dette-pub.htm
      « Les ratios de déficit public et de dette publique sont les deux principaux indicateurs de finances publiques que les États membres de l’Union européenne (UE) notifient début mars et début septembre à la Commission européenne conformément au Traité de Maastricht. Les ratios sont calculés en pourcentage du PIB. Ils s’appuient sur les notions de comptabilité nationale (SEC95) et notamment sur la définition du secteur des administrations publiques ; ils présentent toutefois quelques divergences avec celles-ci, conformément aux règlements européens. »

      Administrations publiques
      http://www.insee.fr/fr/methodes/default.asp?page=definitions/administrations-publiques.htm
      « Ensemble des unités institutionnelles dont la fonction principale est de produire des services non marchands ou d’effectuer des opérations de redistribution du revenu et des richesses nationales. Elles tirent la majeure partie de leurs ressources de contributions obligatoires.
      Le secteur des administrations publiques comprend les administrations publiques centrales, les administrations publiques locales et les administrations de sécurité sociale. »

      Donc si on parle de la dette publique, on doit regarder les recettes des administrations publiques.

      Et elles ne sont pas en diminution sur la période considérée!

      Si vous parlez de l’augmentation de la dette publique et que vous contentez d’un graphe des recettes d’administration centrale (ce que je suppose vous appelez recettes de l’état) vous faites une erreur monumentale.

  28. ll y a quelque chose de Darwinien ,là-dedans,nous grandes entreprises pour survivre sommes obligées d’élargir notre terrain de jeu au delà de notre biotope d’origine (hexagone par exemple).
    En fait nous grandes entreprises, nous n’avons rien à foutre de l’hexagone.Nous grandes entreprises devons sans cesse grossir ,manger ou être mangées(fusac ,m&a).
    Une histoire de petits et gros poissons.
    Des lois anti-trust et anti-holding?
    De quoi je me mêle!

    1. sauf que l’évolution (à terme) ne fait pas la part belle aux gros (Diplosocus, mais aussi ours loups, les fins de chaines alimentaires sont dépendantes de tous les maillons). L’évolution c’est une affaire de petit, les gros tigres a dents sabres ont les oublient .

    2. @ Alexandre, même moi j’ai honte du t après mon on final (et pourtant mon cerveau dénigre l’orthographe au plus haut point)

    3. @gemissel

      Ne vous inquiété pas de l´orthograf, ce qui comte s´est le font de ce que vous disez, que l´ont comprenne et le plaisir que nous avons à vous lire 😉 Ont n´est pas ici entre Z´élites Zélés, ont ai entre membres de l´espèce humaine qui sortent de la cervitude volontaire.

    4. Piotr 8 janvier 2011 à 20:16

      Votre

      « nous grandes entreprises »

      me rappelle un « nos entreprises » entendu récemment – mais c’est courant – énoncé par un membre du PS, représentant politique, et ma remarque vaut tout autant quelque soit l’énonciateur politique.
      « Nos » entreprises ?
      Qui parle ? Un propriétaire d’entreprises multiples ? Je comprendrais
      Si le « nos » évoque celles du CAC 40 j’ai le souvenir d’avoir lu qu’elles sont à plus de 50% sous propriété étrangère.
      Quand bien même ces entreprises, ces personnes morales comprendraient 100 % de capitaux de personnes physiques de nationalité française en quoi un représentant politicien serait fondé de pouvoir dire « nos » sinon par l’identification des propriétaires de la dite entreprise à la Nation.
      Identification non réciproque, à l’exclusion des entreprises qu’on nomme justement « entreprises nationales » celles en voie de disparition.
      Je sais bien que le salarié lambda use du possessif à la première personne, « mon » entreprise, que les Conti ont pu parler de « leur » entreprise, mais de quoi s’agit-il dans ces possessifs imaginaires ?

      Dans les manifs j’oublie toujours ce qu’ils chantent c’est :
      Tout est à nous, rien n’est à eux
      ou
      Tout est à eux, rien n’est à nous.
      Où est la vérité ?
      Entre les tanoux et les tanneux… quels tribu ou tribut supporter ?

      J’ai peu entendu
      Mon jardin public, ma bibliothèque municipale, mon service public, ma place de la Concorde, etc.
      Mais souvent ma banque.

      Le possessif est un article trouble dont chacun devrait se mé-fier plutôt que faire le fier avec son possessif.

  29. Monsieur le président,comprenez nous bien,ce n’est pas de gaité de cœur qu’on délocalise.
    On a des actionnaires…Nous mêmes, on des actions de notre propre entreprise,c’est vous dire…
    Conflit d’intérêt? Bin non!

  30. @Jean-Luc D.

    Merci pour ce billet très éclairant. Il confirme ce que d’autres rapports récents (ex. Conseil des prélèvements obligatoires) nous font entrevoir: la France est devenue un paradis fiscal pour les grosses entreprises et les grosses fortunes. Le seul moyen de faire remonter cette courbe, ce serait que l’Etat fasse défaut et d’inscrire dans la Constitution l’interdiction pour l’Etat de se financer par l’emprunt.

  31. Stock-option ;une belle dégueulasserie pour se faire de l’argent sans trop se fatiguer…
    Délit d’initié ;que nenni!
    Bin non ,c’est de la participation …

    1. Petite comptine des multinationales :

      Fonds de pension
      Actions
      Pressions
      Direction
      Stock-options
      Participation
      Falsification
      Restructuration
      Délocalisation
      Pions

      Pions ?
      Jeux
      Mafieux .

  32. Article très intéressant. Les graphiques illustrent une fois de plus que la mondialisation économique a un coût que le bon peuple endossera.
    « L’apathie de nos concitoyens »
    Depuis des décennies on raconte au gens que la mondialisation économique et les effets qui en découlent sont sans alternative (« there is no alternative », TINA). Idem en ce qui concerne le chômage de masse; partout il y en a, pourquoi la France serait-elle exempt de ce fléau, il faut vivre avec, le temps portera conseil, il faut voter pour le bon candidat. Autrement dit: les gens s’accommodent à tout ca tant une majorité a encore un emploi, que le salarié précarisé peut s’acheter une baguette et peut règler sa facture d’électricité pour regarder la télé. Il est simple de contenter un peuple, il est encore plus simple de lui raconter des histoires, des histoires qu’il ne peut vérifier par manque de culture économique.

    Mais restons optimiste: supposons qu’un jour le bon peuple commencera à se poser des vraies questions et, ô miracle, il décide d’agir.
    Dans ce cas, je prends mon passeport et je m’envole à Tahiti 🙂

    1. j’ai pas de culture économique mais il a falu la crise actuelle pour que je m’intéresse a l’économie et puis on peut pas être bon partout. quand j’écoute tous ses économistes ils disent tous qu’ils avaient prévu la catastrophe pourquoi ils n’ont rien fait ? et quand j’écoute christine lagarde de dire a cantonat de s’occuper de ballon et de laisser l’économie au professionnel mais cantonat n’ai pas plus incapable qu’elle puisque gouverner c’est prévoir ces ministres de l’économie, n’ont pas été foutu de prévoir cette crise et encore moins de nous préserver de cette faillite. jean claude trichet a foutu les taux au ras des pâquerettes pour ne pas avoir de l’inflation et maintenant il obtient le contraire les matières première grimpe au plafond. combien est il payé pour nous mettre dans la mouise?

    2. à Woiry,

      Eh oui!! Notre époque adore les experts en tout genre, les seuls accrédités selon la bien-pensance doctrinale, à émettre un avis éclairé. Or, c’est oublier un peu vite qu’un expert est un petit ilot de connaissance dans une mer d’ignorance. L’expertise est parfois couplée, sinon souvent, avec une ignorance abyssale des autres domaines. C’est la rançon de la sur-spécialisation. Seule la transdisciplinarité permet d’ « embrasser large », et bien souvent les intellectuels les plus clairvoyants dans certains domaines sont issus de disciplines très éloignées. (Mr Jorion en est – me semble t-il – un exemple)

      C’est aussi le gros avantage de l’autodidaxie qui n’enferme pas l’intelligence et la réflexion dans un formatage académique, une intelligence et une réflexion qui, sans chaîne, peut librement s’envoler vers les espaces de la pensée originale et imaginative. La majorité de nos grands écrivains et de nos grands philosophes sont des autodidactes, comme le furent aussi d’immenses compositeurs comme Bach et Schoenberg. Sans entrave et sans camisole intellectuelle, la pensée devient plus libre et si vous êtes curieux, avide de connaissance et de savoir, l’intuition – plus haut degré de connaissance selon Spinoza – trouve alors à s’exprimer pleinement et nous ouvre les portes de la lucidité à un degré souvent très supérieur à celui de tous nos chers experts.

    3. Jean-Luc D.
      Il faut savoir que la plupart des experts en économie appartient à un parti politique ou est « acheté » par un lobby. Leurs visions ne sont jamais exempt de partialité. Il est vrai que presque personne n’a senti venir (ou ne voulait pas voir venir) la crise actuelle.
      La presse non plus.
      Les raisons en sont multiples. il était inimaginable, pour de nombreux acteurs dans l’arène politique et économiques, que des traders, employés de banques et même des banquiers de très haut niveau (hiérarchique) pourraient commetre des actes illicites, criminels ou semi-criminels – il n’y avait personne pour contrôler leur besogne. –
      Nota bene: Bach n’était vraiment pas un autodidacte. Il a fait des études sérieuses et didactiques avant de se mettre à l’oeuvre. Je le défend, car je joue moi-même Bach avec passion au piano. C’est mon préféré.

    4. Merci de votre commentaire Germanicus.

      Quand j’ai écrit que Bach était un autodidacte, je voulais juste insister sur le fait qu’il n’avait pas suivi l’enseignement classique de la musique à son époque. Certes, son père et son oncle lui apprirent quelques rudiments techniques mais la composition, il l’apprit en recopiant des centaines et des milliers de partition. C’est par l’intégration manuscrite des oeuvres de ses pairs qu’il devint l’immense compositeur qu’il fut. Personne ne lui enseigna l’art de la fugue. Il se fit tout seul à la force du poignet en quelque sorte.

  33. Bravo, pour ce billet…Les graphiques sont parlants…Plus le papier lumineux de Frédéric Lordon… C’est époustouflant.
    Existe-il une solution?

    1. Bonsoir idle ,pardonnez moi si je vous ai froissé.J’ai la chance de pouvoir rester neutre ,encore qu’un de mes neveux ait épousé une libanaise.Maman qui est morte depuis,faisant sa connaissance ,s’est enquis de savoir si elle observait des interdits alimentaires.Elle lui a répondu qu’étant chrétienne,elle n’avait pas à s’inquiéter.Le monde est petit idle…

    2. « Existe-t-il une solution » ?

      Alors ça c’est la bonne question !

      Ben essayons: On retaxe les profits des entreprises en re-régulant et du coup les recettes sont de nouveau présentes. Les actionnaires hurlent (et oui, la rentabilité des fonds propres chute…) – et donc souhaitent dégager leurs sacro-saints capitaux du notre douce France et se casser. Et alors là, en paraphrasant F Lordon dans « là-bas.. » et bien qu’ils se cassent, car il faudra bien que quelqu’un leur rachète, leurs capitaux. Et bien pourquoi pas ceux-là même qui s’indignent des graphiques présentés aujourd’hui ? Et là, la boucle est bouclée, car ces nouveaux actionnaires ne toucheront donc plus que du 7% au lieu des 15 à 30 % des anciens actionnaires, mais si c’est le prix à payer pour que ça fonctionne à nouveau, et accessoirement faire vivre ici ma famille mes amis mes voisins, ben j’achète … Et tant pis pour les cupides. Et s’il faut rendre quelques points supplémentaires de rentabilité pour rester compétitif et continuer à vivre, ben ça vaut peut-être le coup.

      A moins qu’il y ait d’autres solutions …

      PS: Que pense Mr Jorion du discours de Bernie Sanders cité dans l’affaire de Signes ?

    3. Merci Tcx32fr…Bien vu…pour cette solution, qui reste la plus efficace…On ne fait pas d' »hommelette » sans casser d’oeufs…Monsieur mesdames les actionnaires préparez-vous à la descente de votre capital, mais c’est pour la bonne cause et pour sauver votre descendance.

    4. Idle.
      C’est en effet LA solution.
      Le souci est qu’il ne faut pas compter sur les politiques quelque soit le pays. Au pire, la récente taxe de la Hongrie sur les sociétés étrangères se verra interdire par les dogmes européens…
      Tout comme a vécu l’interdiction d’achat à nue allemande.

      Un investisseur veut le maximum. Voire… plus. 😉

  34. C’est frappant ce graphique.

    Si on y rajoutait les intérêts de la dette, dus aux taux d’emprunt « proposés » par les « marchés », ce serait le pompon !

    Le problème de la dette ?

    L’obligation pour l’Etat de ne plus emprunter à la Banque de France
    Les cadeaux aux grandes entreprises, sous toutes ses formes (impôts, mais également charges salariales allégées dans d’innombrables cas, etc.)

    1. La dette nationale c’est très simple :
      1. L’Etat, c’est-à-dire ceux qui ont été élus, emprunte.
      2. Les électeurs remboursent
      3. Le Capital, réellement représenté par ceux qui sont, ou qui voudraient être, aux commandes de l’Etat, grossit, mais à la manière de la grenouille qui se voulait aussi grosse que le boeuf.
      Et pour finir, BOUM !

  35. Comparaison n’est pas raison… mais j’ai eu envie de faire moi aussi un petit graphique avec les chiffres de mon petit pays.
    Voici donc les recettes fiscales (communes, cantons + confédération = structures stables dans le temps) suisses comparées avec le PIB : http://img28.imageshack.us/i/partdpenseschaupib.png/
    Plutôt stables, légère hausse.
    Voici un pays dont les finances sont plutôt saines (dette faible, déficit limité, bref dans les critères de Maastricht… c’est très ironique, tout ça…), dont les lois fiscales sont décidées démocratiquement par « votation populaire » et qui joue aussi avec une certaine fibre « paradis fiscal ». En tout cas, un pays qui n’a pas vu chuter ses recettes et qui ne se retrouve donc pas sous la coupe des « marchés ».
    Cela dit, je ne suis pas fier de voir mon pays pomper la manne fiscale des voisins… 🙁

    1. Merci Daniel,

      un graphique qui montre qu’il existe bien – ou qu’il existait – d’autres voies possibles.

  36. Superbe travail, bravo.
    Reste à mettre en parallèle les bénéfices des grandes entreprises (après cadeaux fiscaux et avant évasion fiscale, si possible), celles du CAC40 par exemple, et la dette nationale, et puis pourquoi pas, le revenu médian et la différence des revenus extrêmes.

  37. Le problème des recettes a été évoqué et c’est une bonne chose, de même que la relativité de la notion de déficit, était-ce une raison pour éviter de parler des économies que l’Etat peut faire (notamment sur le niveau trop important du nombre de fonctionnaire à caractère purement administratif, sur certains scandales pointés par la cour des comptes etc…), je me pose la question. D’autant plus que cette omission, alors que le post est brillant, va contribuer à laisser croire, comme je l’entend ici et là, que ce blog, très objectif, est très orienté à gauche, ce qui n’est bien entendu pas le cas.

    1. C’est tout de même fantastique, vous voyez une courbe qui montre de façon évidente la baisse des recettes prélevées sur la création de richesse, et votre seule réaction est d’appeler à plus d’économies… Désopilant.
      La connotation dominante du blog, c’est le bon sens. Évidemment, il n’est pas nécessairement partagé par tous 😉

    2. Ravi de vous avoir fait plaisir. N’hesitez pas à vous manifester de nouveau :

      – lorsque vous verrez un cadavre : proposez donc qu’on le tue pour son propre bien.
      – lorsque vous entendrez le tonnerre : proposez à ceux qui vous entourent d’aller s’abriter sous un arbre avec un parapluie. Pour leur bien, bien sûr.
      – lorsque vous prendrez l’avion la prochaine fois : faites l’économie du pilote, vous arriverez à destination plus vite.
      – etc.

    3. Je suis à la frontière patron mais citoyen, ce que dit pascal b-eisenstein, c’est ce mélange de jalousie et en même temps de réalité, je trouve que la fonction publique est mal répartie (cela ne fausse pas le graphique c’est qu’est-ce qu’on fait de nos fonctionnaire), personnellement il y a les fonctionnaires visibles (police, santé, éducation), ceux là on en manque et il y a l’administration (et la j’ai envi de mordre, inventé 0.4% de CSG non déductibles qu’il faut rajouté au salaire déclaré…) , or c’est l’administratif qui s’accroit (par les collectivités aussi).
      C’est un débat qui doit être poser, la fonction publique sert à nous garantir une éducation une santé une sécurité et au contrôle, où doit-elle uniquement s’accroitre (au dépit des autres) de règles que seul les riches peuvent contournés.

    4. Je m’attendais à voir apparaître à un moment ou à un autre ce genre de remarques sur le « trop » de fonctionnaires qui serait, en sous entendu, responsable d’une partie du déficit.

      Encore récemment, je ne sais plus quel journal pointait du doigt l’augmentation du nombre de fonctionnaires, mais là encore essayons d’y voir clair.

      Ce n’est pas tant le nombre de fonctionnaires qui importent que leur coût dans les finances publiques et là encore, ô surprise, le coût total des rémunérations des fonctionnaires (toutes administrations publiques confondues : Etat, Odac, Collectivités locales,etc…) est étonnamment stable depuis 1975 en % du PIB, oscillant entre 12,24 et 13,54% pour une moyenne sur 35 ans de 13,10% du PIB. Sur les 5 dernières années, cette moyenne est de 12,96%. Le coût total a donc suivi celui du PIB.

      Ramené en pourcentage des dépenses des APU, là aussi force est de constater que le coût des rémunérations des fonctionnaires est stable avec une moyenne de 53,18% depuis 1995 (j’ai pris volontairement comme début de calcul la présidence Chirac), et sur les 5 dernières années de 53,44% avec – et c’est une surprise – un pic en 2009 à 55,99% alors qu’en 2008, nous étions seulement à 52,80% et en 2007 à 52,31%. Si j’exclus 2009, la moyenne des 4 années précédentes tombe à 52,8.

      Le nombre de fonctionnaires est donc un faux problème, encore jeté en pâture au bon peuple pour détourner son attention du seul vrai problème : celui des recettes.

    5. Ce ne sont pas les fonctionnaires qui sont le problème, c’est l’usage qui peut en être fait.
      Quand la destruction du service public est engagée depuis trente ans et que ce choix éminement économique et politique est présenté comme la seule direction possible, il est vrai que les fonctionnaires sont toujours surabondants et que dans le mouvement de privatisation généralisé leur emploi, à tous les sens du terme, doit disparaître.
      Encore une fois les gestionnaires n’ont pas consulté les électeurs sur ce choix.
      La pérennité de l’Etat protecteur (je ne veux pas utiliser le qualificatif de providence qui est fortement connoté) est pourtant la condition minimum de l’existence d’un minimum de démocratie dans le monde où rêgne l’appropriation privative.
      Beaucoup de commentateurs ont raison de déplorer la disparition des acquis du CNR, mais de quelle guerre auront nous besoin, non pas pour revenir en arrière, mais pour donner au nom citoyen toute sa valeur ?

    6. Encore un truc qui m’énerve.

      SI on remplace une structure de service public par des structures privées, ce n’est pas QUE l’aspect service rendu au public qui chute.

      C’est AUSSI une chute d’investissements lourds dont seul un état est capable de se permettre..
      et AUSSI une coordination sur un public assez large qui permet des économies d’échelle.

      Pour ceux qui viendrait essayer de me contredire, sachez que je connais assez bien le privé
      ET j’ai une épouse fonctionnaire.

      Je peux donc faire un comparatif d’organisation économique neutre.

    7. @pascal
      Pour le vivre actuellement dans un conflit lourd avec mon employeur, je crois qu’il faut savoir de temps en temps (et une fois qu’on à choisi son camp) être manichéen pour gagner certains combats, (même si il faut parfois se forcer un peu).

    8. Le déficit budgétaire n’est qu’un pseudo problème pour nous faire avaler l’austérité qui enrichit les riches (ils n’ont plus que cela puisqu’on a atteint les limites planétaires)
      Le capitalisme a besoin de la croissance de la consommation pour exister, et on nous demande de réaliser des économies, il faudrait savoir ce que l’on veut.
      Si il y a trop de fonctionnaires, c’est parcequ’il y a trop de règlementations pour gérer cet enrichisement des riches .
      Et comme le dit très bien Marlowe, ils sont aux service des riches et prêts à être privatiser, s’ils étaient au service de citoyens responsables il en irait tout autrement.
      Mais bon, faut pas rêver, cela va prendre des années (voir des décenies).
      Marlowe, de quelle guerre aurons nous besoin?
      Dernièrement, j’ai changé la plaque d’immatriculation de ma voiture ( obligé 20€), hier, j’ai fait la demande d’une nouvelle carte d’identité (obligé 16€).
      L’employée m’a dit que bientôt ce serait le permis de conduire, et en forme de boutade elle m’a dit que la puce (1h45min) suivra.
      Il y a de quoi frémir, si en Belgique on y arrive sans gouvernement!!
      C’est cette guerre là qu’il faut mener, contre le formatage, contre la fatalité, contre toutes ces peurs qui nous paralysent et pour la libéralisation de tous les cerveaux pour imaginer et créer un monde durable encore valable dans mille ans.

      @ hema

      Bonjour et meilleurs voeux pour 2011 à vous et votre famille.
      C’est marrant, moi aussi j’ai été en conflit avec mon employeur, il était aussi en conflit avec ses clients et a dû remettre son affaire.
      Je n’ai pas perdu au change, ce nouvel employeur est beaucoup plus humain et me permet de libérer ma créativité.

      La connotation dominante du blog, c’est le bon sens.

      Merci Julien

    9. Proposition de bon sens:

      Multiplier par 3 le nombres des agents du fisc, et leur salaire par 2, avec un intéressement (comme les commerciaux). Après tout, ce sont les seuls fonctionnaires qui rapportent directement à la communauté.

      Quand on aborde le cout de l’État, c’est à dire 3ce que la communauté politique coute à la communauté politique3, pour dire les choses comme elles devraient être dites, et non pas « ce que la fonction publique coute à la société civile », qui est une formulation anti-démocratique, on devrait sotir des logiques comptables.
      la comptabilité ne pense pas, et ne fera jamais office de stratégie à court ou moyen terme. Ce qui doit revenir au public et ce qui peut revenir au privé, cela ne dépend pas de critères comptables in fine, mais de critères politiques (un peuple peut très bien choisir de sacrifier une partie de son bien-être matériel, et du bien-être matériel des individus qui le composent pour maximiser la force de son lien: ce sont là des questions de principe) ou militaires (imagine t-on des secteurs stratégiques entiers soumis à la vacuité des intérêts privés?).
      Si l’on suit certains, le public (dans tous les sens du terme) devrait même payer pour les externalités générées par l’activité des firmes… privées!

      Aux US, le chirurgien et son équipe s’assurent « par tranches », associant une protection à chaque type de risque (évidemment on s’arrange pour que la responsabilité du praticien soit minime, par rapports à d’autres « aléas moraux »). Au final, le coût total généré pour la communauté par cette émiettement du risque est largement supérieur à ce qu’il est chez nous. Je ne parle même pas de la logique actuelle de privatisation du secteur de l’assurance, avec individualisation des profils de risque (chacun a sa « biographie », et ses risques). Résultat: seul l’aval est considéré par les marchés. Rien n’est fait pour modifier le contexte environnemental et minimiser le nombre de cancers du sein (la prévention ne rapporte rien) mais on propose régulièrement aux clientes des ablations « préventives ». Ou ce genre de côut induit par la gestion privée (et on le suppose de type capitalistique) apparait-il? La vérité, c’est que le privé a souvent un coût bien supérieur au « public » pour la communauté.
      En terme de gestion pure, la question de savoir quel modèle de gestion choisir/ collectif commun public ou capitalistique (il y en a 4, et ensuite différentes formes de combinaisons…) dépend à chaque fois du type de « bien/srvice » et du contexte stratégique. Ainsi les banques de sang privées pouvaient mieux gérer l’épidémie de sida que les banques publiques (en récpercutant le coût de traitement du sang sur le « patient » final).
      De même, attaquer la bureaucratie, par exemple, est une erreur, car la bureaucratie touche toutes les organisations, qu’elles soient publiques ou privées, dès qu’elles atteignent un certain niveau de complexité et une certaine taille critique. En fait, la situation est même pire dans une grande multinationale (où il faut des mois pour obtenir les n signatures permettant de renouveler le stock de crayons de couleurs…, et on ne parle même pas du morcellement des responsabilités, de la perte d’autonomie et d’efficacité, sans parler de décisions stratégiques ubuesques ou carrément irrationnelles…).

      Public/Privé: du baratin idéologique 90 pour-cents du temps.

    10. je crois qu’il faut savoir de temps en temps (et une fois qu’on à choisi son camp) être manichéen pour gagner certains combats,

      oui,
      dans certaines périodes de la vie …( ce qui ne veut pas dire que l’on n’est jamais dans le doute, bien sûr )

      ceux d’en face, ayant une organisation sans failles, et n’ayant pas de conscience encombrante …

      ou alors, ce n’est plus de la finesse, de la nuance, mais du syndrome de Stockholm .

    11. cancers du sein (la prévention ne rapporte rien) mais on propose régulièrement aux clientes des ablations « préventives

      oui, c’est l’effet pervers d’un système poussé à l’extrême …
      Je pense qu’il ne faut pas négliger la peur extrême de la mort – dans une société sans but – qui conduit à l’absurde : comment imaginer qu’une jeune femme de 30 ans, par ex., parce qu’elle est d’une « famille à risque », accepte de se faire retirer seins, et pourquoi pas ovaires , sans raison formelle ! alors que, peut-être, elle ne serait jamais tombée malade , ou alors à un âge mûr, ce qui n’est jamais drôle, mais aurait pleinement vécu sa vie, et aurait pu se faire soigner alors, et guérir !
      Faut-il qu’il y ait une ambiance de dinguerie, pour accepter ce genre de chose !

      il y a également tout un état d’esprit induit par un environnement ( business is business) =) précisément, n’est-ce pas un choix politique de décider que le business ne doit pas intervenir dans certains secteurs ? c’est le choix que nous avions fait en France : j’ai vu nombre d’anglais et d’américains ayant choisi, à une époque de s’installer en France, pour le système de santé, et aussi pour l’éducation …ils appréciaient beaucoup, en dépit des nombreux défauts dont nous sommes pourvus ! ( en Angleterre, il y a une 30 aine d’années, par ex. il y avait des pôles d’excellence, et des échanges trés bénéfiques dans certains secteurs du soin, plus en avance qu’ici : ex. hôpital pour enfants spécialisés en chir-cardiaque …mais le système de soins pêchait globalement , et des personnes adultes nécessitant des pontages coronariens urgents étaient sur des listes d’attente, pouvant aller jusqu’à un an : RIP.
      Certes, les techniques évoluent, et il y a de grands progrès, mais, la cotation à l’acte, qui a pris racine chez nous, entraîne parfois des dérives : style « poseurs de stents « fous » ( pas les stents ) …
      Bref, de quoi réfléchir , ou bien admettre qu’il y aura un système de soins à trés nombreuses vitesses, et qu’une partie, importante, de la population sera abandonnée …ce qui n’était pas dans nos moeurs ( trés civilisées, jusqu’alors, sur ce plan )…

    12. @M
      « je crois qu’il faut savoir de temps en temps (et une fois qu’on à choisi son camp) être manichéen pour gagner certains combats »,
      oui,
      dans certaines périodes de la vie …( ce qui ne veut pas dire que l’on n’est jamais dans le doute, bien sûr )
      ceux d’en face, ayant une organisation sans failles, et n’ayant pas de conscience encombrante …
      ou alors, ce n’est plus de la finesse, de la nuance, mais du syndrome de Stockholm . »

      Message parfaitement compris, merci pour votre précision sur le manichéisme et la subtilité.
      Pour certaines personnes, le manicheïsme est une manière d’être , un manière »d’affronter » la vie, laquelle est « bien sur » un combat.
      Pour d’autres, dont je fais partie malgré tout ce que j’ai pu lire et vivre avant, ils ne l’apprennent qu’a leur dépends, plus ou moins tôt, et de façon plus ou moins violente, plus ou moins grave.

      Rien que la compréhension profonde du fait que l’excès de la subtilité peut nuire face à la mauvaise foi (laquelle est souvent l’arme préférée du manichéïsme) peut nous sauver du pire.

    13. @hema, le manichéisme en terme d’idéologie est dangereux, mais à titre personnel, face à un con on développe pas, d’où le danger a ce projeter face à sa propre expérience, crois-tu que Trichet imagine l’expérience d’autrui non, par conséquent tu te défends c’est essentiel, mais est-il nécessaire d’en définir une règle, car le danger est avec l’usage d’en être dangereux.
      Il n’y a pas à angeliver sur le manichéisme ni sur les cons.

  38. Extrait du manifeste d’ économistes atterés

    Cependant la montée de la dette publique, en France et dans de nombreux pays européens a d’abord été modérée et antérieure à cette récession: elle provient largement non pas d’une tendance à la hausse des dépenses publiques – puisqu’au contraire celles-ci, en proportion du PIB, sont stables ou en baisse dans l’Union européenne depuis le début des années 1990 – mais de l’effritement des recettes publiques, du fait de la faiblesse de la croissance économique sur la période, et de la contre-révolution fiscale menée par la plupart des gouvernements depuis vingt-cinq ans. Sur plus long terme la contre-révolution fiscale a continûment alimenté le gonflement de la dette d’une récession à l’autre. Ainsi en France, un récent rapport parlementaire chiffre à 100 milliards d’euros en 2010 le coût des baisses d’impôts consenties entre 2000 et 2010, sans même inclure les exonérations de cotisations sociales (30 milliards) et d’autres « dépenses fiscales ». Faute d’harmonisation fiscale, les États européens se sont livrées à la concurrence fiscale, baissant les impôts sur les sociétés, les hauts revenus et les patrimoines. Même si le poids relatif de ses déterminants varie d’un pays à l’autre, la hausse quasi-générale des déficits publics et des ratios de dette publique en Europe au cours des trente dernières années ne résulte pas principalement d’une dérive coupable des dépenses publiques. Un diagnostic qui ouvre évidemment d’autres pistes que la sempiternelle réduction des dépenses publiques.

  39. une loi on l’a fait voter mais on peut aussi l’abroger, pourquoi on nous empêche d’emprunter a taux zéro auprès de la banque de France. et la loi de pompompidou on l’abroge.

    1. Comme tout l’UMPS est pour..cqfd…demandez au grand ‘socialiste’ manuel Valls..sans évoquer D$K….dont le projet est une europe fédérale 100 pct anti démocratique et y arriver par la stratégie de Naomi Klein ,celle du choc…soit une fois les pays du coeur menacés de faillite….nous sortir le grand jeu avec les trémolos itou itou….la SEULE solution pour sauver l’Euro et l’Europe…perte totale de souveraineté(on pourra encore décider de la couleur des chassis de la mairie et encore)..tout est prévu il y a juste les dates qui ne sont pas encore précisées…avant ou après l’élection de 2012??Pourquoi croyez-vous qu’il y a tant d’insistance à nous fourger soit sarko 2.0 ou dsk??Ce qui revient à bonnet blanc et blanc bonnet….

    2. à dissy,

      Il est très facile de comprendre ce qui est à l’oeuvre dans les coulisses du pouvoir où les ententes décident de tout.
      Les gestionnaires et les propriétaires du monde ne veulent plus de représentants élus car le procédé commence à avoir fait son temps à un moment où la gestion des affaires est visiblement entrée dans une période hasardeuse : ils veulent de la GOUVERNANCE, c’est-à-dire le rêgne des experts cooptés et stipendiés.
      Ce choix n’est pas incompatible dans les pays de tradition démocratique avec le fait de montrer des acteurs sur les tréteaux, ceux qui amusent la galerie.
      Je vois dans cette hypothèse une explication au fait que les médias proposent aux français pour 2012 un de ces experts comme premier amuseur.

  40. La dette explose à partir de la fin des années 1970. On peut invoquer la crise énergétique, le
    vieillissement de la population, la baisse des recettes fiscales, la concurrence internationale sur le marché du travail.
    Mais il ne faut pas oublier ce point fondamental. Pour la France en particulier: « en janvier 1973, intervient une réforme des statuts de la Banque de France, en particulier Article 25: ‘Le trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France’. La Banque de France abandonne donc son rôle de service public. » (G.Pompidou Président, Giscard D’ Estaing ministre des finances.)
    « En 1992, le Traité de Maastricht instituant l’Union Economique et Monétaire, prélude à la monnaie unique l’Euro. La loi n° 93980 du 4 août 1993 marque un tournant décisif dans l’histoire de la Banque en lui donnant son ‘indépendance’. Cette loi interdit à la Banque de France dans son article 3, d’autoriser des découverts ou d’accorder tout autre type de crédit au Trésor public ou à tout autre organisme ou entreprise publics, de même que l’acquisition de titres de leur dette. »
    « L’article 104 du traité de Maastricht, qui est devenu l’article 123 du traité de Lisbonne: ‘Interdit à la BCE, et aux banques centrales des Etats membres, d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions ou organes de la Communauté, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publiques des Etats membres; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la BCE, ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite. »

    Ce qui fait que depuis plus de 30 ans, les Etats doivent s’endetter auprès des banques privées
    pour boucler leur fins de mois. Cette mécanique rend les Etats tributaires des intérêts privés, qui réclament toujours plus de rendement.
    Donc les politiciens dits néo-libéraux, suivi en cela par les sociaux-démocrates ont sciemment mis en place ce mécanisme qui a livré les Etats aux intérêts privés et à la finance.
    Le but était de gérer un Etat comme une entreprise, et non plus comme une entité politique: le peuple souverain, en démocratie. Ce mécanisme atteint aujourd’hui son plein rendement, l’explosion voulue de l’endettement de l’Etat-Entreprise permet de justifier des dégraissages de tous les services publics, et de tous les organismes sociaux.
    Le peuple n’est, dès lors, plus souverain, les élections ne sont que des mascarades qui n’intéressent vraiment que les poulains des écuries des différents partis et les médias « mainstream ». Ces écuries sont financées par les intérêts privés, qui une fois leur poulain élu attendent des retours sur investissement: de nouveaux dégraissages des services publics ou organismes sociaux, ou leur transfert à ces mêmes intérêts privés.
    Toutes ces réformes néo-libérales ont transféré le vrai pouvoir des représentant élus par le peuple, aux représentants non élus des institutions financières privées. C’est pour cela que les Banques sont systématiquement renflouées quoiqu’il arrive et que les poches des peuples sont vidées.
    Lorsque vous avez compris cela vous regardez le cirque politico-médiatique d’un autre oeil et n’avez plus d’illusion sur le rôle des institutions européennes et internationales.
    Et après que faire ? S’indigner ? comme le demande Stéphane Hessel, sûrement. Mais le temps viendra où il faudra aller plus loin que l’indignation et remettre à l’endroit, ce qui a été sciemment mis à l’envers dans l’intérêt d’une minorité cupide.

    1. Merci Joan pour la synthèse et la conclusion:
      il faudra aller plus loin que l’indignation et remettre à l’endroit, ce qui a été sciemment mis à l’envers dans l’intérêt d’une minorité cupide.

  41. à partir du moment où le travail doit être considéré
    comme un coût, les travailleurs sont regardés de travers ;
    et maintenant que le service publique coûte tellement cher,
    c’est à la population tout entière que des regards bizarres sont jetés

    dans la mesure, évidemment, où travailleurs et populations
    seraient pris en compte autrement que comme des instruments

    … et si jamais le besoin s’en faisait sentir, faudrait-il les hausser au rang d’ennemis ?

  42. @Jean-Luc D.

    ce que je n’arrive pas à comprendre dans votre billet, c’est que vous parlez du problème de la dette publique, c »est à dire celle des Administrations Publiques, et ensuite de la recette de l’état.

    Or les recettes des APU, les prélèvements obligatoires, ne sont pas en diminution sur la période considérée :

    1980 40,1% du pib
    2000 44,1% du pib
    2008 42,8% du pib

    En ce qui concerne la part des prélèvements obligatoires sur les entreprises, la même chose :

    1980 15,7% du pib
    2000 17,3% du pib
    2008 16,7% du pib

    source : rapport de la cour des comptes, conseil des prélévements obligatoires, p.74
    http://www.ccomptes.fr/fr/CPO/documents/divers/Prelevements-obligatoires-entreprises.pdf

    Comment peut on donc suggérer que l’augmentation de la dette publique vient d’une diminution des recettes, ou encore mieux, des recettes qui proviennent des entreprises?

    1. Et les X X X % d’éxonération de prélévements obligatoires, n’étant pas perçue, l’état compense au niveau des caisses sociales.

      Prélévements obligatoires ne sont pas impôt mais salaire différé ou social. De l’ordre dans les comptes, ne mélangeons pas les torchons et les serviettes.

    2. Et les X X X % d’éxonération de prélévements obligatoires, n’étant pas perçue, l’état compense au niveau des caisses sociales.

      Les chiffres cités plus haut ont ceux des prélèvements obligatoires perçus, c’est à dire les recettes des administrations publiques.

      Prélévements obligatoires ne sont pas impôt mais salaire différé ou social.

      Les prélèvements obligatoires sont la somme des recettes des administrations publiques, c’est à dire impôts, taxes diverses et variées, charges sociales, etc…

      De l’ordre dans les comptes, ne mélangeons pas les torchons et les serviettes.

      Tout à fait d’accord :
      si on cherche à analyser les causes de l’augmentation de la dette publique, c’est à dire la dette des administrations publiques, il faut analyser les recettes et les dépenses des admininistrations publiques. Et non pas une partie, a perimetre variable (et indéfinie?) , des administrations publiques.

    3. Je vous renvoie à la définition de la dette publique (au sens de Maastricht), celle dont tout le monde parle:

      http://www.insee.fr/fr/methodes/default.asp?page=definitions/dette-sens-maastricht.htm
      « La dette au sens de Maastricht couvre l’ensemble des administrations publiques au sens des comptes nationaux : l’État, les organismes divers d’administration centrale (ODAC), les administrations publiques locales et les administrations de sécurité sociale.

      La dette au sens de Maastricht est calculée dans le cadre des comptes nationaux mais elle est définie de façon spécifique. Elle ne comprend pas l’ensemble des passifs financiers mais uniquement les numéraires et dépôts, les titres autres qu’actions que sont les bons du Trésor (BTF et BTAN), les obligations assimilables du Trésor (OAT), les Euro medium term notes (EMTN), ainsi que les emprunts ; en sont exclus les produits dérivés et les autres comptes à payer et à recevoir.
      C’est une dette brute au sens où on ne soustrait pas aux éléments de passifs retenus les actifs financiers des administrations publiques.
      Elle est consolidée : sont donc exclus du calcul de la dette les éléments de dette d’une administration détenus par une autre administration. C’est le cas par exemple des dépôts des administrations publiques au Trésor.
      La dette au sens de Maastricht est évaluée en valeur nominale, c’est-à-dire à la valeur de remboursement du principal. Ainsi, les intérêts courus non échus ou les fluctuations des cours des titres ne sont pas compris dans l’évaluation des instruments, alors que la réévaluation de la valeur de remboursement des titres indexées sur l’inflation (OATi, BTANi et CADESi) est prise en compte. »

      Et ensuite à celle des prélèvements obligatoires :
      http://www.insee.fr/fr/methodes/default.asp?page=definitions/prelevements-obligatoires.htm
      « Les prélèvements obligatoires sont les impôts et cotisations sociales effectives reçues par les administrations publiques et les institutions européennes. Cotisations sociales et impôts sont comptabilisés pour leurs montants dus, mais les prélèvements obligatoires sont nets des montants dus non recouvrables.

  43. Oui je sais c’est ignoble puisque des innocents ont été tué dont un enfant de neuf ans. Mais comment ne pas méditer sur un tel fait -divers qui en annonce d’autres ? Surtout si on continue à s’évertuer à les décrire ainsi :

    « «Ce matin, dans une tragédie indicible, un certain nombre d’Américains ont été tués à Tucson, en Arizona, lors d’une réunion constitutive du Congrès avec Gabrielle Giffords (Élue démocrate ). Et pendant que nous continuons à recevoir des informations, nous savons que certains ont disparu, et que le représentant Giffords est gravement blessé.Nous n’avons pas encore toutes les réponses. Ce que nous savons, c’est qu’un tel acte insensé et terrible de violence n’a pas sa place dans une société libre.  »

    – « Ce que nous savons, c’est qu’un tel acte insensé et terrible de violence n’a pas sa place dans une société libre » –

    C’est bien évidemment cette dernière phrase qui est à mourir de rire. Tout le monde aura compris. Oui c’est terrible. L’incompréhension, l’écart , la spoliation, le mépris, l’arrogance, le renflouement des banques par les deniers publics et la misère du peuple qui s’ensuit est terrible et cela ne fait que commencer. Il faut être fou pour ne pas comprendre les incidences que l’arrogance des puissants qui nient le peuple – les peuples – occasionneront comme conséquences inouïes et inévitables.

    Le systéme qui broie 90 % d’individus pour contenter 10 % des autres n’est absolument pas viable ni à long terme ni même à court terme. La révolte sera mondiale évidemment. Et oui, des innocents en paieront hélas, le prix. Oui c’est regrettable mais à qui la faute initiale ?
    L’important serait que les coupables des politiques administrées réfléchissent sérieusement aux conséquences de leurs actes avant l’irrémédiable. C’est à dire, la guerre civile et planétaire. Oui ça tombe sous le sens si nous continuons sur cette voie là.

    Il ne faut pas prendre les peuples pour des troupeaux. Après Auschwitz, il est clair que ce n’est plus possible, ni tolérable. Les puissants – qui que ce soit – doivent se mettre ça dans la tête, coûte que coûte. La société ne saurait être  » libre  » uniquement pour 10 % de la population pendant que 90 % tire la langue. C’est basique mais visiblement certains n’ont toujours pas compris.

    http://www.slate.fr/lien/32551/une-%C3%A9lue-d%C3%A9mocrate-abattue-en-arizona

    1. Dans la série « drôle », le pays de la liberté est celui du plus fort pourcentage de citoyens en prison…
      Encore un truc que je ne comprend pas 😉

    2. Ces quelques tueries me sont indiffférentes.
      Elles sont mises en avant pour faire oublier les bombardements et massacres
      organisés aux quatre coins de la planète depuis des dizaines d’années,
      sous le commandement en ce moment d’un prix Nobel de la paix des cimetières

  44. Bon, c’est entendu, globalement, la pression fiscale sur les entreprises baisse depuis 30 ans et vous y voyez un complot du grand capital contre les peuples par l’entremise de la dette publique qui diverge. Vous reconnaissez aussi que tous les pays occidentaux font de même ; le complot serait-il donc international ? Suffirait-il d’augmenter les impôts pour résorber la dette et pour que tout s’arrange ?

    Raisonner ainsi, c’est ne rien comprendre au fonctionnement d’une économie libérale à laquelle bon gré mal gré, le Monde entier s’est converti après l’échec de la plus grande expérimentation d’économie collectiviste de tous les temps que furent l’URSS et le bloc de l’Est.

    Ce qu’il faut comprendre, c’est la nature de l’initiative privée : un individu ou un groupe d’individus disposant d’un capital, décide de l’engager volontairement au risque de le voir disparaître, pour mener à bien un projet qu’il juge rentable à terme.

    Une initiative privée ne peut pas être forcée, il faut simplement que les conditions environnementales soient réunies pour qu’elle apparaisse. Essayez donc de faire sortir un escargot de sa coquille ! Le seul moyen d’y parvenir est de le mettre dans dans un environnement favorable : humidité, verdure, fraicheur et…patience. Créer cet environnement favorable, c’est ce vers quoi tendent les États en réduisant la fiscalité. C’est pourtant simple à comprendre !

    1. Beau résultat sous nos yeux:
      le dumping fiscal permet de soutenir les profits du capital,
      et d’accroître l’attractivité dans la concurrence entre territoires,
      Ce dumping conduit à l’endettement auprès ce même capital
      qui fait monter la rémunération des bons publics qu’il détient,
      grâce à l’endettement croissant…
      Il faudra bien en sortir, en commençant par répudier la dette auprès de ces double profiteurs
      puis en mettant la production au service des besoins durables.
      Mais c’est une révolution ?
      L’humanité n’a jamais procédé autrement pour avancer.

    2. le Monde entier s’est converti après l’échec de la plus grande expérimentation d’économie collectiviste de tous les temps que furent l’URSS et le bloc de l’Est.

      Conversion ou soumission?? Je crains qu’aujourd’hui, ce système soit à bout de souffle et au bord de la rupture. Nous ne sommes pas encore à la fin de l’histoire tel que l’avait prévu Fukuyama.

      Une initiative privée ne peut pas être forcée, il faut simplement que les conditions environnementales soient réunies pour qu’elle apparaisse. Essayez donc de faire sortir un escargot de sa coquille ! Le seul moyen d’y parvenir est de le mettre dans dans un environnement favorable : humidité, verdure, fraicheur et…patience. Créer cet environnement favorable, c’est ce vers quoi tendent les États en réduisant la fiscalité. C’est pourtant simple à comprendre !

      En 1978, le terrain était-il moins humide, moins vert, moins frais qu’aujourd’hui? L’air était-il si vicié qu’il empêchait toute initiative privée?

    3. extrait :
      … »l’heure de la reconquista avait sonné. L’éloignement historique de la situation qui avait fait leur relégation, et la déstabilisation du corps de doctrine sur lequel cette relégation avait monté ses structures, ont ainsi rendu possible le grand aggiornamento d’abord intellectuel ensuite institutionnel. Il est hors de propos ici de raconter cette histoire dans son détail – elle l’a été longuement dans plusieurs ouvrages [5] –, mais s’il fallait, ne retenant que la perspective fiscale, arrêter une date-témoin, ce serait sans doute l’année 1978 et la proposition 13, adoptée par la Californie à l’initiative d’une mobilisation des républicains. L’événement en soi n’est pas majeur – il s’agit de plafonner un impôt sur la propriété immobilière – mais il prend, à l’époque même, la consistance symbolique d’une rébellion ouverte et de principe contre l’impôt (le mouvement de la tax payer revolt ne contribuera pas peu à l’élection de Reagan en 1980).

      Il faut vraiment du sang-froid pour résister à propos des possédants à l’hypothèse de la haine sociale car leur révolution anti-fiscale a pour double propos délibéré et de les ré-enrichir et de ramener les pauvres à leur solitude (« leur responsabilité individuelle ») en démantelant du même mouvement les régulations de l’État-providence (puis de l’État tout court). La stratégie déployée pour parvenir à ce double objectif s’est même donné un slogan : starving the beast ! – affamer la bête ! La « bête » bien sûr, c’est l’État, dont le dépérissement sera organisé par un processus méthodiquement conduit d’attrition fiscale : commencer par le priver de ses recettes pour forcer l’ajustement de ses dépenses. Mais seule la première partie de ce programme va connaître un réel succès, pas la seconde. Les déficits budgétaires chroniques sont le produit de ce milieu du gué…. »
      http://blog.mondediplo.net/2010-05-26-La-dette-publique-ou-la-reconquista-des

    4. la nature de l’initiative privée : un individu ou un groupe d’individus disposant d’un capital, décide de l’engager volontairement au risque de le voir disparaître, pour mener à bien un projet qu’il juge rentable à terme.

      La « nature » de l’URSS c’était un groupe d’individus disposant d’un capital (au sens du travail mort) qui a décidé de l’engager volontairement sans risque de le voir disparaître, pour mener à bien un projet qu’il jugeait conforme à l’intérêt général à terme.

      J’ai cru comprendre qu’il existait des assurances pour que le capital ne disparaisse pas. Je voudrais savoir qui paye à terme l’assurance du capital ?
      Je suis un escargot qui comprend lentement.
      Pouvez-vous m’expliquer ?

  45. Bravo pour la dézmonstration.

    Le questionnement reste pour moi cependant entier: de quoi parle-t-on précisément, quant on parle du PIB? Quant on sati que la TIPP (une taxe) est incluse, on peut rester dubitatif…

    De plus, j’ai entendu un jour, sur les ondes, un économiste d’un certain âge (n’ayant plus rien à démontrer), affirmer que la masse salariale des fonctionnaire en faisant partie!

    Si cela est le cas (1. Sûr: une taxe, la TIPP, considérée comme une création de richesse, et 2. Moins certain, tout autant pour la masse salariale des fonctionnaires, alors qu’elle est payée par les impôts + l’endettement), cela remet en cause bien des perspectives, concernant les données de ces graphiques. Et pas forcément en bien…

    De plus, la France a, à l’international, certes parmi quelques autres de moindre importance, une excellente réputation concernant le « bidouillage de chiffres ».

    Cordialement

  46. Pourquoi la Commission sur la Fiscalité ne sert pas le peuple Américain Par James K. Galbraith

    « 2. Les déficits actuels et l’augmentation de la dette publique sont causés par la crise financière.

    De façon écrasante, les déficits publiques actuels sont causés par la crise financière. La crise financière, la chute de la valeur des biens (en particulier l’immobilier) et la suppression du prêt bancaire aux entreprises et ménages correspond a un déclin aigu de l’activité économique et par conséquent, a un déclin aigu des revenus de l’impôt et une augmentation du payement des indemnités de chômage et autre.

    Selon une nouvelle analyse du FMI, au moins la moitié de l’augmentation importante des déficits budgétaire dans les principales économies du monde est du a l’effondrement des revenus de l’impôt et une autre partie encore plus large est du a une croissance économique faible (et bien souvent negative) en relation avec le payement des interets sur la dette publique existante. Moins de dix pour cent est du a l’augmentation de la depense publique discretionnaire tel que le stimulus fiscal.
    Ce point est important parce qu’il montre que l’affirmation selon laquelle les déficits sont le résultat de trop de dépenses publique est fausse, a la fois aux États-Unis et ailleurs. »

    « La seule façon de réduire un déficit causé par le chômage est de réduire le chômage. Et cela doit être fait avec un substantiel élément de financement privé, c’est a dire par le crédit bancaire, si le déficit public doit être réduit.
    C’est un fait comptable. Ce n’est pas une affaire de théorie ou d’idéologie; c’est simplement un fait. La seule façon de réduire le déficit est de résoudre la crise financière. »

    « Pour être clair: le chômage peut être résolu sans le financement privé, si le déficit public est assez large — comme cela a été fait pendant la seconde guerre mondiale.
    Mais si l’objectif est de réduire le déficit public, quelle qu’en soit la raison, alors la large contribution du crédit privé est essentiel. »

    @chris06
    Le pourcentage prélevé ne change pas mais le PIB s’est effondré.

  47. Jean Gadrey, sur son blog « Alternatives Économiques » arrive aux mêmes conclusions que les vôtres
    http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2010/11/24/sur-les-dettes-publiques-en-france-et-en-europe/

    Il suffirait en France d’annuler les baisses d’impôts et les niches créées depuis 2000 pour retrouver des niveaux de dettes sans risque et des moyens d’action additionnels, sans même parler de l’effet positif qu’aurait la suppression mondiale des paradis fiscaux dont on estime qu’ils coûtent entre 30 et 40 milliards d’euros par an aux finances publiques françaises.

    Un rapport parlementaire de juin 2010, présenté par Gilles Carrez, député UMP, estime que les réductions ou « niches » ou exonérations d’impôts et de cotisations sociales accordées depuis 2000, au bénéfice pour l’essentiel des plus riches et des entreprises, représentent pour le budget de l’État un manque à gagner annuel compris entre 100 et 120 milliards d’euros, soit 5 à 6 % du PIB. Il y a là largement de quoi organiser une relance « durable », une réduction des inégalités et le retour à des déficits publics raisonnables.

    Néanmoins, les plus ou moins 1300 milliards d’euros, cumul des intérêts qui a fallu emprunter depuis 1973, sont également une cause fondamentale du niveau de la dette publique ( 85% en fait) ; comme il n’y a pas de solution pour rembourser cette dette due aux assurances vies, aux fonds de pension et aux banques, sans doute faudrait il faire défaut ?…

    1. La Dette est à la fois une réalité et une fausse barbe.
      En tant que réalité elle permet la perception d’intérêts croissants ad vitam eternam et en tant que fausse barbe elle permet de supprimer tout ce qui a été acquis par des luttes dans le cours du développement capitaliste.

    2. Mercci Vincent.

      Enfin quelqu’un qui met le doigt sur la cause principale de l’augmentation de la dette publique :

      = l’augmentation des dépenses pour intérêts de la dette.

      La thèse de Jean Luc D. , ie la cause principale est une diminution des recettes, est totalement fausse.

    3. Chris06,

      vous ne savez pas lire? Même Vincent précise en préambule de son commentaire que Gadrey arrive aux mêmes conclusions que moi.

      De quoi parle Gadrey sinon de baisses d’impôts et donc par voie de conséquence de recettes? Que dit Gilles Carrez, en plus député UMP – pas un de ces vilains gauchos – quand il parle d’un manque à gagner annuel de 100 à 120 milliards ce qui correspond pile poil à la baisse de 6 points du PIB entre 1978 et 2006? Il sait certainement, mieux que quiconque ici, de quoi il parle en sa qualité de Rapporteur Général du Budget.

      Et puis allons plus loin si vous le voulez bien ! Quelle est la cause, selon vous, de l’augmentation des dépenses pour intérêts de la dette »?? En d’autres termes pour quelles raisons, l’Etat se serait-il endetté? Par pur plaisir masochiste? En vérité, il a fait comme tout le monde : quand vous voulez quelque chose et que vous n’en avez pas les moyens, vous allez voir votre banquier pour qu’il vous prête la somme nécessaire, et si vous n’en avez pas les moyens, c’est bien parce que vos recettes sont insuffisantes. Retour à la case départ…

  48. @Chris06

    Pour ma part, après lecture rapide de ce rapport (300 pages bien serrées…), j’aurais les remarques suivantes :

    Remarque 1

    p.72, juste en-dessous du graphique que vous mentionnez, le rapport dit que :

    « Le taux de prélèvement obligatoire sur les entreprises en France a
    crû entre 1965 et 2006 de 5,7 points. Cette progression est cependant à
    relativiser au regard de celle du taux global de prélèvements obligatoires
    en France, supérieure à 10 points sur la même période. »

    Donc, la part revenant aux ménages a davantage augmenté. La thèse de Jean-Luc D est confortée

    Remarque 2 :

    les données du graphique s’arrêtent en 2006, et n’intègrent pas le plan de relance 2008/2009, plus favorable aux entreprises

    Remarque 3 :

    Le rapport dit p.15 : « La notion de prélèvement obligatoire des entreprises n’est pas pleinement pertinente »

    C’est d’ailleurs le titre du chapitre. Les auteurs sont saisis de remord méthodologique en précisant notamment que le périmètre de calcul n’intègre pas le revenu des personnes physiques (dirigeants, administrateurs), qui de nos jours peut être considérable. Il y a d’autres considérations du même type, que je vous laisse lire.

    Cordialement,

    1. Donc, la part revenant aux ménages a davantage augmenté. La thèse de Jean-Luc D est confortée

      Non, la thèse de Jean Luc D est que « la cause principale de l’augmentation de la dette publique est une diminution des recettes, notamment provenant des entreprises »

      Or ni les recettes publiques, en % du pib, n’ont diminué sur la période considérée (les 30 dernières années), ni les recettes provenant des entreprises

      Et son graphique « recettes de l’état » (qu’est ce que cela veut dire recettes de l’état???) n’a aucune relevance vis à vis l’augmentation de la dette publique puisque la dette publique provient des déficits des administrations publiques, et non pas, d’une partie, vague et indetérminée à périmêtre variable.

      La notion de prélèvement obligatoire des entreprises n’est pas pleinement pertinente

      soit, mais les graphiques proposés par Jean Luc D. pour arriver à ces conclusions, sont encore moins pertinents.

    2. De toutes façons, François, il n’y a pas à ortiller :

      si on veut analyser les causes de l’augmentation de la dette publique, il faut analyser les recettes et les dépenses des administrations publiques.

      Et si on fait cette analyse, on verra bien que la cause principale de l’augmentation de la dette publique n’est aucunement une diminution des recettes, mais une augmentation des dépenses, presque entièrement due à l’augmentation phénoménale des dépenses pour intérêts de la dette.

      Donc une conclusion toute autre, et bien plus truculente !

    3. @chris et françois
      je ne comprends pas votre débat, il semble évident que les 2 phénomènes jouent
      -A la louche 50M€ /an pour les intérêts (indus) de la dette (thèse Chris)
      -Toujours à la louche 100M€ /an pour les exemptions d’impôt en tout genre depuis 30 ans (thèse JL D)

    4. @hema :

      Sous réserve d’accord sur les montants ( voire même les définitions des termes des ratios utilisés !) , je partage plutôt votre synthèse à laquelle j’ajouterai que si le pays n’est pas assez riche , c’est qu’il n’investit pas , au sens large , par ses entreprises privées ou publiques , les domaines créant vraiment de la richesse ( phénomène lié aux délocalisations aussi ) .
      Sur le dérapage de la dette « publique » je crois cependant que le plus stratégique et grave , est l’intérêt de la dette comme le souligne Chris . C’est d’ailleurs le fond de ce qui anime ce blog dans la critique d’un système capitaliste et bancaire structuré pour créer de la dette , s’en nourrir , s’en gaver , persuadé de tenir là la garantie de sa survie et maîtrise du monde ( Minck dirait « le mouvement  » …!) .
      @ Chris : vous m’inquiètez si vous ne savez pas ce qu’est une recette de l’état . En tant que chef de famille , j’espère que vous en avez une idée plus claire .

      @ sur les fonctionnaires :
      J’ai été fonctionnaire pendant 40 ans et 4 mois . Autant dire que j’en ai entendu pas mal . Avec la sérènité de celui qui n’attend bientôt plus rien du privé et du public ( encore qu’on pourrait engager un débat sur le statut des pomes funèbres ) , j’en suis parvenu aux idées simples suivantes :

      – Il appartient à la nation et à elle seule ( par sa représentation territoriale ou parlementaire ) de définir les domaines où elle souhaite se doter d’une fonction publique . Les fonctions régaliennes comme celles qui le sont moins ont un coût que la nation doit connaître et supporter , mais dont les agents doivent rendre compte .

      – la fonction publique et ses agents ont des devoirs que tous les citoyens n’ont pas . La mesure de leur efficacité est une fonction nécessaire ( et d’ailleurs pratiquée depuis longtemps ) . La définition de cette efficaccité est du ressort de la nation . Elle ne peut ni ne doit se faire selon les seuls ratios de l’économie capitaliste et libérale appliquée à un marché .

      – le poids économique des actions de la fonction publique peut être mesuré dans des approches plus fines telles que celles sur la meilleure définition du PIB , même si tous les domaines couverts ne se prêtent pas tous avec la même facilité à être valorisés . Il y a des avancées nécessaires et utiles à la meilleure appréhension du  » bien public » ( y compris écologique ) dans ces nouveaux outils de mesure .

      – ce qui a toujours emmerdé le pouvoir et la plupart des élus , avec la fonction publique , c’est le statut protecteur ( voulu comme tel à la libération ) de ses agents : emploi  » à vie » ( en gros 40 ans ) remarque faite qu’une faute grave peut valoir comme partout éviction et que cet avantage ( car s’en est un ) a été consenti au regard des obligations particulières de la FP et d’un niveau de rémunération en gros 30 à 50 % inférieur ,selonles catégories et le métier, à l’équivalent privé . Je considère pour ma part que cet avantage ( pour autant qu’il puisse être supporté par la nation , ce qui renvoie aux choix des domaines que l’on prétend assumer ) est le dernier rampart démocratique contre le court termisme ( après moi le déluge ) de nos élus ou entrepreneurs et , en ce qui concerne les élus , contre la tentation désastreuse de croire que toute action publique peut se conduire avec des pions polyvalents , sans culture du domaine , sans métiers , sans histoire et capitalisation multiforme des savoirs faire dans le domaine .
      Sont bien sur nécessaires souplesse et évolution , parfois lourdes , comme par exemple dans le ministère d’où je viens qui s’adapte en troquant 300 ans d’histoire ,depuis Colbert ,pour prendre en charge la composante du siècle , écologique , avec la rigueur de l’ingénieur et tout le poids de la suspicion de ceux qui se demandentcommentles anciens conquistadors peuvent sincérement devenir indiens ( que j’ai été moi même en étant chagé de constructions neuves ET d’entretien/gestion ).
      Sans hésitation , j’affirme que le statut protecteur de la FP ( Etat , CL , Santé ) est le dernier frein qui oblige les gouvernants à voir plus loin que le bout de leur élection .
      On pourra en reparler quand les élus auront donner des gages , dans l’action actuelle , ou dans les projets de campagne , de leur sincérité et lucidité dans leurs projections d’un avenir compréhensible et enthousiasmant pour une ou deux générations ( au moins ) .

    5. @Hema,

      non, ce n’est pas satisfaisant. D’abord, il faut faire les calculs., et vos deux louches me semblent, à la louche, incorrectes.

      cela ferait 2 postes à 150 Md/an 7,5% du pib//an sur 30 ans cela ferait a eux seul 225% du pib alors que la dette publique est à 90% du pib environ.

      A mon avis il faut faire une analyse plus approfondie. C’est ce que j’ai répondu à Jean Luc D; Ici

      Mais l’idée est bonne, très bonne, il faut faire ce travail.

      @juan nessy,

      vous parlez des recettes fiscales?
      (NB: j’ai un parcours particulier, je suis Anglais, ma jeunesse et études en France, travail hors de France en Europe,Asie et aux USA pendant 30 ans, et je viens juste de revenir sur la côte d’azur il y a quelques mois. Donc je n’ai pas encore eu affaire avec le fisc français. Il faut sans doute que je me renseigne sur la chose….)

    6. @juan
      Pendant longtemps, travaillant dans le privé, je me disais comme un beauf moyen, « si ils n’avaient pas la sécurité de l’emploi, ces fonctionnaires, avec un bon management, ça marcherait mieux.  » Mais depuis que je vois notre système démocratique s’effondrer et que notre système économique s’enliser (quelques années seulement, pour ce qui me concerne), je ne me permets plus ces pensées péremptoires et stupides…, et j’aurai tendance à approuver votre programme pour la fonction publique.

      Cordialement

    7. @Chris 06 ( je viens de comprendre le 06 ) :

      Sur une défintion asssez sommaire mais pas trop fausse des recettes ou dépenses de l’Etat français , voir , en chapitres 3 et 4 ,ce qui est raconté ici :

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Budget_de_l%27État_français#Recettes

      Les recettes non fiscales de l’état sont en fait assez maigres et tiennent aux dividendes que l’Etat peut toucher des organismes où il est actionnaire ( si un anglo-saxon peut imaginer ça !) , ou aux revenus qui lui sont apportés par la gestion de son patrimoine immobilier par exemple .On a évoqué aussi ici le versement de la CDC au budget de l’Etat .

      Dans des cas rares ( exemple passage du franc à l’euro que j’ai déjà signalé , avec des bas de laine qui ne sont pas convertis à temps ) , l’Etat peut avoir des recettes imprévues d’ailleurs ainsi désignées .

      J’ai aussi connu une époque où l’Etat vendait quelques prestations faites par ses ingénieurs pour le compte de collectivités locales . Ce qui , au passage lui permettait d’alimenter un compte particulier par lequel , après avoir ponctionné quelque 42 % au passage dont je n’ai jamais bien su ce qu’il en faisait , il assurait un part de la rétribution de ces mêmes métiers techniques ( du dessinateur à l’ingénieur en chef ) . Ce système , mis en place au lendemain de la libération avait des inconvénients et , pour l’Etat ,l’avantage de pouvoir s’offrir des techniciens de qualité moins sous payés par rapport au privé que leurs collègues administratifs .
      A l’echelle qui nous préoccupe c’est moins qu’anecdotique . Le sytème est d’ailleurs abandonné depuis une dizaine d’années . Dans un débat sur la motivation et la qualité de la FP ce sont cependant des phantasmes qui reviennent souvent .

      Comme j’ai souvent mangé , sinon du curé , mais de l’anglo-saxon ici ( ça n’est sans doute pas terminé ! ) , je me réjouis par contre , et vous pardonne beaucoup , au bénéfice de votre très grande maîtrise de notre langue .

      J’espère que l’assimilation ne s’arrêtera pas là !

  49. @ chris06 SEMANTIQUE:

    cotisations obligatoires ou primes d’assurances, la première est décomptée dans les dettes, la deuxième ne l’est pas.

    Socialisation, mutualisation, assurance couvrir un risque, en assurance plus la base cotisante est large, plus la mutualisation est performante dans son rapport cotisation prime / risque.

    Et si en plus la mutualisation assure des rendements financiers privés, le rendement prime/couverture est au détriment du payeur.

    Considérant ces paramètres, je fais le choix de ne pas être libre d’aller me faire spolier, vive la cotisation obligatoire bien gérée.

    1. Vous avez sans doute raison.

      Mais cela ne change pas le fait qu’on ne peut pas déduire de cette analyse, comme le fait Jean Luc D., que l’augmentation de la dette publique provient d’une diminution des recettes et pas moins d’une diminution des recettes provenant des entreprises.

      C’est là mon seul commentaire à ce sujet.

  50. J’entends encore des personnes se plaindre des niches fiscales mais beaucoup d’entreprises se sont développées sur ces niches, de l’aide aux personnes agées, aux installateurs de photovoltaique les niches fiscales sont depuis longtemps une subvention déguisée a l’économie, le problèmec’est que l’état n’a plus les moyen de faire des cadeaux aux riches car entre les travailleurs pauvres, les rmistes et les riches qui s’évadent le nombre de moutons a tondre se réduit mais les besoins augmentent.
    Il y a donc une incompréhention totale du phénomène chez nos politiques on plutôt un cynisme
    du genre en période de crise mieux vaut rester au pouvoir, la place est bonne.
    Evidemment le choix a été fait d’aider les entreprise en priorité mais le cynisme va peut etre plus loin, en aidant uniquement les entreprises, on maintient une pression sur les salaires,
    on évite ainsi l’accélération de l’inflation( à tres court terme) la misère a du bon elle préserve la valeur relative du capital des investisseurs, la création monétaire peut donc se faire
    sans que l’inflation explose. Le choix de l’austérité va dans ce sens quoi de mieux que l’austérité pour maintenir la pression sur les salaires et sauver les investisseurs.
    Nous ne sommes apparemment pas prêts à faire évoluer notre rapport a l’argent
    une certaine pauvreté morale et un conditionnement nous empêche de le voir autrement
    que comme un moyen de domination et d’asservissement des autres.L’accumulation de richesses devrait plus être considéré comme une tare qu’autre chose dans une société moralement évoluée. Car pourquoi se glorifier de faire de gros bénéfices quand on est une entreprise? Ca tient le plus souvent au fait que les employés sont très peu payés par rapport aux services rendus, ou que les clients payent trop cher( situation de monopole).
    La concentration de capital dans une société a toujours été le symptome d’une maladie, d’une déficience morale ou idéologique, notre rapport à l’argent doit avant toute chose évoluer.
    Le ^grand capital est une forme de stagnation de l’énergie, il s’apparente au cancer dans les domaine médical, il grandit au dépend de la société qui l’a vu naitre et finit par la détruire.
    La question de l’amputation est un peu celle de l’imposition du capital.
    Mais doit on s’attacher a son cancer? Ca fait longtemps qu’on sait que la mesure du Pib est aussi utile que de peser un malade pour savoir si il est en bonne santé. Quel doit être exactement notre nouveau rapport a l’argent pour que notre société ait une chance d’évoluer?

  51. Une chose est sûre : un capitaliste ne pense jamais à ses dépenses sans penser aussi à ses recettes. Le bilan inputs/outputs, c’est le B. A. BA du capitalisme, sans lui les notions de pertes et profits seraient inconcevables. Or, s’agissant des finances publiques, le discours libéral « oublie » systématiquement cette « vision stéréoscopique » propre au capitalisme pour ne retenir que le bilan des dépenses. L’astuce propagandiste est tellement vieille que ce n’est plus la peine d’en parler.

  52. Globalement le problème vient sans doute qu’on croit n’exister que par ce que l’on possède
    dans une société plus évoluée spirituellement ou moralement, les riches rendraient l’argent a l’état sans qu’on leur demande ne rigolez pas Warren Buffet l’a proposé et il n’est pas le seul
    si le sens de la vie n’est que faire augmenter son capital peut être que la crise est d’abord la, peut etre que nous formons la jeunesse pour qu’elle soit incapable de penser pas elle même, ou même de croire en sa propre valeur au dela de ses revenus, mais peut être que l’échec de la société de consommation telle que nous la connaissons est ce qui peut arriver de mieux.
    Le problême c’est que très peu de personnes sont prêtes a l’admettre et que beaucoup sont capable du pire pour sauver ce système.

  53. @Jean-Luc D
    Je ne sais pas si vous avez raison ou tort mais les remarques de chris06 ne sont pas à prendre à la légère.
    De plus on peut aussi faire le raisonnement suivant pour expliquer votre courbe recette/PIB:
    Si le PIB ne baisse pas et que les prélèvements obligatoires des 3000 000 d’entreprises françaises résidentes en France ne baissent pas non plus (d’après chris06) c’est que nécessairement ce sont les marges de celles ci qui ont baissé à cause d’une concurrence effrénée dans le jeu économique mondial.
    Je ne sais pas si ce raisonnement est juste mais il explique aussi votre courbe.

    1. Raison pour certains économistes (Lordon, Askenazy, Coutrot, Orléan, Sterdyniak,…), tort pour d’autres… Un point partout… balle au centre…. Quoi qu’il en soit, ce débat soulève de nombreuses interrogations, et le fait est que l’irruption virulente dans le débat public du problème de la dette n’est pas anodin. Parmi les 10 stratégies de manipulation des masses de Noam Chomsky, il en est une qui doit retenir particulièrement notre attention et correspond parfaitement à la situation actuelle : celle du « problème-réaction-solution ». Dans cette stratégie, l’objectif est simple : on crée sciemment une situation difficile pour faire accepter ensuite comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics. A méditer…

      Quant à l’objection de Chris 06, elle est tout à fait légitime. J’y réponds partiellement un peu plus bas.

    2. « Dans cette stratégie, l’objectif est simple : on crée sciemment une situation difficile pour faire accepter ensuite comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics. » : c’est exactement la stratégie employée par la droite pour « les banlieues » : supprimer les aides qu’elles reçoivent, (police de proximité, tissu d’associations, investissements publics dans les institutions,…) afin que leur situation se dégrade davantage, et ainsi justifier des moyens de répression encore plus rudes. Le tout en dénonçant, évidemment, « l »angélisme » de ceux qui prônent d’autres solutions.

  54. à Chris06,

    votre objection, en ce qui concerne les APU, est recevable. Toutefois, cela appelle plusieurs commentaires de ma part :

    1°) Comme je l’ai déjà écrit plus haut, les recettes des APU sont en retrait de 2 points sur la période 2005-2009. Ces recettes représentaient en 2005, 50,42% du PIB, en 2006 50,39%, en 2007 49,57%, en 2008 49,47% et en 2009 48,42%.

    2°) En ce qui concerne les prélèvements obligatoires des APU, la baisse en % du PIB est de 3,5 points entre 1999 et 2009.

    3°) Ces recettes sont polymorphes. Elles vont des impôts au Loto en passant par les cotisations salariales. Autant dire un vaste champ hétérogène dans lequel il est difficile de s’y retrouver. Certaines subtilités nous échappent, notamment en ce qui concerne les déplacements de recettes, et plus particulièrement vers les cotisations sociales. En outre, l’utilisation des grandes masses comptables lissent les différences, et nous sommes en droit de nous poser la question légitime de savoir si l’utilisation de ce critère ne cache pas une manipulation. C’est une question pas une affirmation. D’autres commentateurs, férus de finances publiques, seront peut-être en mesure d’y répondre. L’article de Philippe Laurent est à ce titre très intéressant.

    1. @Jean Luc D.

      l’état magouille avec la répartition des prélèvements obligatoires et les compensations entre les différentes APU depuis que celles ci existent :

      un peu plus d’impôts ici, un peu moins là
      un peu plus de taxes ici, un peu moins là
      un peu plus de cotisations sociales ici, un peu moins là
      cperte ici, compensation là
      etc…

      Je ne sais pas d’où viennent vos chiffres, ceux que j’ai cité plus haut sont ceux du conseil des prélèvements obligatoire. Ils font état :

      1) d’une augmentation sur la période 1980- 2000 des recettes des APU de 4% du pib (de 40,1% à 44,1%)
      2) d’une diminution sur la période 2000-2008 des recettes des APU de 1,3% du pib (de 44,1% à 42,8%)

      La moyenne sur les 30 dernières années est de l’ordre de 42% du pib pour les recettes des Administrations Publiques. Si l’on fait une régréssion linéaire sur ces 30 années, on constate une très légère tendance haussière sur cette période longue.

      Si on cherche à analyser les causes de l’augmentation de la dette publique, il faut faire un double travail, puisque l’augmentation de la dette publique provient, année après année, d’une double cause : pas assez de recettes et trop de dépenses.

      1) quels sont les postes de recettes qui ont le plus diminué, et pourquoi?
      On pourrait par exemple citer les 3 postes principaux, par ordre de contribution à la dette
      2) quels sont les postes de dépenses qui ont le plus augmenté, et pourquoi?
      Même chose, citer les 3 postes principaux, par ordre de contribution à la dette

      Ce serait un travail très intéressant, qui pourrait être fait à plusieurs d’entre nous car il s’agit de beaucoup de travail.
      Vous savez bien que l’état aime beaucoup l’opacité, énnoncer clairement, correctement, avec les chiffres de l’INSEE à l’appui, quelles sont les causes principales de la dette publique??? Vous vous rendez compte du rafût que cela ferait.

      Dans l’ensemble, on ne peut pas dire que la cause principale provient de la diminution des recettes, puisque celles ci ont eu pluôt une légère tendance a augmenter sur la période considérée (comme en Suisse et d’autres pays).

      Par contre on peut dire que les dépenses ont augmenté trop rapidement par rapport aux recettes, pusiqu’on assiste à la fois à l’augmentation des dépenses, l’augmentation des recettes (plus lente) et l’augmentation du déficit.

      A mon avis, le poste de dépenses qui a augmenté le plus rapidement, et qui est sans doute (il faudrait faire le calcul) la première cause d’augmentation de la dette publique, par ordre de contribution, c’est tout simplement, les intérêts de la dette.

    2. Je ne sais pas d’où viennent vos chiffres, ceux que j’ai cité plus haut sont ceux du conseil des prélèvements obligatoire. Ils font état :

      Je tire les miens directement de l’Insee.
      Il y a une légère distinction entre recettes des APU et prélèvements obligatoires.
      Wikipédia : Les prélèvements obligatoires ne recouvrent pas l’intégralité des prélèvements opérés sur les agents économiques ni l’ensemble des recettes des administrations publiques. Ils regroupent les impôts (directs et indirects), les taxes et certaines cotisations sociales (en France, 85 % des cotisations sociales sont comptabilisées mais sont exclues les cotisations sociales dites « imputées », c’est-à-dire ne donnant pas lieu à versement effectif). Au sein des autres recettes publiques figurent les recettes non fiscales et les fonds de concours[4]. Les recettes publiques représentaient 50,8 % du PIB en France en 2006 pour 44,2 % de prélèvements obligatoires.

      A mon avis, le poste de dépenses qui a augmenté le plus rapidement, et qui est sans doute (il faudrait faire le calcul) la première cause d’augmentation de la dette publique, par ordre de contribution, c’est tout simplement, les intérêts de la dette.

      Je crains que vous vous ne trompiez. Si je cumule sur la période 1990/2000 et 2000/2009 le total des dépenses d’un côté et le total des intérêts de la dette de l’autre puis que je compare les deux périodes, j’obtiens les chiffres suivants : le total cumulé des dépenses augmente de 38,61% entre les deux périodes contre 11,13% pour les intérêts cumulés.

      Quant au % des intérêts par rapport aux dépenses, il reste quasiment stable avec une moyenne de 6% pour la période 1990/2000 et 5,82% pour la période 2000/2009. Toujours d’après l’Insee…

  55. @jean-luc D + Julien
    Merci pour le changement de courbe en entête du billet, la nouvelle est effectivement plus en phase avec le texte et ainsi on excite moins les « retords ».

  56. Le stock de la dette publique en France devrait dépasser 83% du PIB fin 2010. En 2011 elle montera à 86,2%. Pour 2012 : 87% du PIB. Quant aux prélèvements obligatoires ils vont augmenter en 2011 d’un point de PIB, passant de 41,9% à 42,9% (43,9% en 2014). Le service de la dette devient en 2011, pour la première fois de l’histoire économique de la France, le premier poste du budget (il passe désormais devant celui de l’Education Nationale et la Défense) : 46,9 milliards, contre 44,5 pour l’Education ( 30,1 pour la défense). Il représente maintenant un montant supérieur à celui de l’impôt sur le revenu.

    Si le taux de croissance nominale du PIB est inférieur au taux d’intérêt apparent de la dette, la dette des administrations publiques tend spontanément à augmenter sous l’effet d’un processus auto-entretenu (« effet boule de neige ») : la charge d’intérêt conduit à augmenter le déficit, ce qui augmente à nouveau la charge de la dette. Taux de croissance prévu en France pour 2011 (FMI) : 1,6%. Le 10 ans était à 2,70% en octobre dernier… Les taux d’emprunt étant historiquement bas c’est bien une progression trop faible du PIB (des recettes) qui explique l’effet auto-entretenu de la croissance de la dette. A noter qu’en cas de hausse des taux longs l’effet sur le service de la dette peut devenir très douloureux en France, accentuant encore cet effet auto-entretenu…. Cet effet auto-entretenu est une conséquence non une cause : conséquences d’une croissance trop faible. C’est un problème de flux et non de stock. Le stock de la dette devient problématique parce que le flux des recettes a chu ou ne croît pas assez vite (merci Lapalisse).

    . Question 1 : ce flux est-il devenu trop faible parce que la répartition du pouvoir d’achat global au sein de la société (via la fiscalité et le partage de la valeur ajoutée pour les salariés) est devenue trop inefficace pour favoriser son développement ?

    C’est l’idée du billet (découplage part des recettes/évolution du PIB): la société dans son ensemble supporte le poids (via les prélèvements obligatoires) d’une dette en augmentation, alors et parce que, une partie croissante du flux qui permettrait de la résorber est dérivée à son profit par une minorité. Il faudrait donc mettre en parallèle l’évolution des prélèvements obligatoires en France avec celle de la dette.

    On observe que c’est en 1974 que le déficit de l’Etat est apparu dans la période récente. Premier choc pétrolier (le plus violent) : 1973.

    . Question 2 : qu’est-ce qui freine aujourd’hui en France une plus grande création de richesse ? Question facile, mais c’est bien le point central.

    . Question 3 : ce flux est-il devenu trop faible parce que pour des raisons objectives, qui ne sont pas forcément directement liées au point de la question 1, la France créant moins de richesses, l’Etat, pour acheter la paix sociale, compense le maintien des revenus (ou leur diminution) par de la dette (la question du point 1 renforcerait ce phénomène mais ne suffirait pas à l’expliquer). Le fait que le stock de dette devienne une rente de situation pour ceux qui disposent du capital suffit-il à expliquer historiquement, et à lui seul, l’accumulation du stock depuis les années 70 ?.

    Qui étaient les rentiers de la dette publique en 2007 ?:

    60% des OAT émises par l’État étaient détenues par des non-résidents (entreprises et ménages étrangers). 40 % restants détenues par des entreprises ou des ménages français, 60 % étaient détenues au sein de contrats d’assurance (comme les contrats d’assurance-vie), 20 % par des établissements de crédit, et 17 % par le biais d’OPCVM créés principalement par les banques. La part des rentiers non nationaux a encore cru depuis 2007, de sorte qu’on ne peut pas se contenter de poser comme hypothèse du gonflement de la dette un déséquilibre seulement endogène.

    Il faudrait reprendre l’historique des déficits budgétaires depuis 1974 et déterminer, à chaque exercice, les uns après les autres, la logique de leur apparition.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Dette_publique_de_la_France
    http://www.groupesankara.be/IMG/doc/la_dette.doc

    Une petite rengaine simplette d’un pays qui ne connaît pas de problème de dette. (« Зачем вы, девочки ? Qu’avez-vous les filles » – 1984 Union soviétique) http://www.youtube.com/watch?v=iQwAmZfThL0&feature=related

    1. Il me semble avoir lu quelque part que le solde primaire (sans intérêts) cumulé de 1979 à 2008 des budgets des APU était quasi à l’équilibre et que le stock de dette ne dépasserait pas fin 2010 actuellement 10% du PIB si on en retranche les intérêts comptabilisés… moins qu’en 1979 (c’était aux alentours de 20% je crois). Vous confirmez ?

      Ceci ne signifierait-il pas que si l’Etat (la collectivité) pouvait laisser monétiser ses besoins monétaires par la Banque Centrale (c’est à dire ne pas payer d’intérêts) les APU n’auraient quasiment pas de dette?

      Ceci semble confirmer l’affirmation de « chris06 » (réponses au commentaire 55) .

      Qu’en pensez-vous ?

    2. N’y a t’il pas également un léger rapport avec le pouvoir donné au privé de financer les Etats et la mise en orbite pseudo-indépendante des banques centrales précisément à partir du milieu des années 70 avec l’apothéose du traité de Maastricht ? Cela a un impact direct avec les intérêts de la dette et avec la crise de l’euro actuelle. Pour résumer, le monétarisme ne serait-il pas un chouïa sacrément coupable ?

    3. @Nicks

      Qui autre que le privé peut financer un Etat ? Les taux des BC n’ont sans doute jamais été aussi bas.

      L’effet auto-entretenu de la dette devient considérable : cette partie seule de la dette publique représentait environ 20% du PIB déjà en 2003 ! (je ne connais pas les données pour 2009 en 2010, il faudrait fouiller dans les rapports du Sénat). Cette partie a commencé à prendre de l’ampleur seulement au début des années 90.

    4. @Ando

      Vous vous fichez de ma figure ? Comment fonctionnait les banques centrales auparavant ? Ce n’est pas un peu étrange que la dette explose au moment même où les Etats ne peuvent plus émettre leur monnaie et que les intérêt privés s’en saisissent ?

    5. Par ailleurs, le taux des banques centrales ne favorise que les banques. Si vous avez deux yeux, je vous conseille d’ouvrir l’autre…

    6. Le financement direct des Etats par la banque centrale ou par eux même si cette dernière n’existe pas, ça ne permet pas de jouer sur les taux d’intérêts par hasard. D’être en plus davantage maître de ce qu’on fait de l’argent emprunté sans avoir l’épée de Damoclès des agences de notation (et de leurs clients financiers) au dessus de la tête ?

      Si vous ne voyez pas ce que je veux dire, c’est plus du formatage idéologique là, c’est de l’aveuglement…

    7. Comment fonctionnait les banques centrales auparavant ?

      Ben elles imprimaient les billets dont l’état avait besoin. Donc les citoyens payaient les déficits de l’état via l’inflation.

      Mais remarquez avant, il n’y avait pas non plus des monnaies de singes, sans aucune valeur par rapport à un étalon or.

      Si on avait combiné financement des états par les banques centrales via impression de billets et monnaie de singes, alors là cela serait vraiment devenu n’importe quoi. Cela n’aurait pas duré très longtemps remarquez.

      Ce n’est pas un peu étrange que la dette explose au moment même où les Etats ne peuvent plus émettre leur monnaie et que les intérêt privés s’en saisissent ?

      Ben les états ne peuvent plus émettre leur monnaie parce que c’est une monnaie de singes (rappelez vous, Nixon, 1971). Sinon, cela devient vraiment n’importe quoi, imaginez, l’état veut dépenser sans limites, pas de problème, on imprime des billets de singes sans limites…

      Et je vous rappelle, quand même, que l’explosion des dettes publiques, il y en a eu, souvent et régulièrement, dans l’histoire de l’humanité, et bien avant 1973…

      Comment croyez vous qu’on a financé les guerres et toutes les bétises de nos gouvernements, rois, reines et empereurs par le passé?

    8. @Nicks,

      Le financement direct des Etats par la banque centrale ou par eux même si cette dernière n’existe pas

      Le financement par soi même, ça doit être génial. Racontez un peu,comment ça marche?

      D’être en plus davantage maître de ce qu’on fait de l’argent emprunté sans avoir l’épée de Damoclès des agences de notation (et de leurs clients financiers) au dessus de la tête ?

      Il n’y a que des avantages…. et vous ne voyez absolument aucun inconvénients?
      Dites moi, vous croyez aux miracles?

      Réflechissez quand même un petit peu. Vous imaginez, une monnaie de singes, comme la nôtre, sans aucune valeur, et l’état qui puisse en imprimer autant qu’il veut, dés qu’il en a besoin. Vous croyez vraiment que ça durerait longtemps?

  57. effectivement; ces 30 dernières années ont vues une baisse généralisée des salaires pour les qualifications basses et moyennes-basse (et certainement les autres mais je ne dispose pas des éléments) : mécaniquement, le PIB s’est redistribué en un nombre élevé de petits salaires, lesquels sont non imposables, ceci expliquant en partie cette courbe, l’habileté des avocats fiscalistes aidés par des mesures d’exonération expliquant le reste. Certains ultra-libéralistes y ont vu l’argument pour rendre imposables les petits salaires, sans bien évidemment demander leur augmentation, au nom également de la justice fiscale (« tout le monde imposable, même faiblement, mais il faut au moins il faut payer quelque chose »). Or il apparaît évident, pour les raisons ci-dessus, mais aussi pour d’autres raisons macro-éco évoqués par Jorion, que ce sont les salaires qui doivent être augmentés (et même si après un impot, à priori faible, s’applique sur ces salaires), en priorité à d’autres mesures fiscales, toujours aléatoires dans leur application et de toute façon politiquement mal perçues (même par une partie de la gauche).

    1. L’augmentation des salaires est d’autant plus d’actualité que l’on peut constater, tous les jours, les gains de productivité liés à l’informatique, à l’internet, l’amélioration continue des infrastructures, logistiques, la connaissance, etc…

  58. @ D.Cayla

    Petit rectificatif tardif par rapport à votre message (8/01 18H53) sur la Contribution foncière des entreprises et la CVAE.
    Les entreprises ont bien versé en 2010 (acomptes juin et septembre, solde le 15 décembre au Centre de paiement de Créteil) leur CFE 2010.
    Le solde de la CVAE 2010 sera pour Mai 2011.
    Toutes les prévisions indiquent une diminution des rentrées par rapport à l’ancienne TP d’environ 20% ou plus lié au mode de calcul de l’assiette de ces taxes.
    Les régions et départements ne percevront plus la CFE.
    Maintien de la compensation?

  59. Les graphiques nous parlent , mais c’est un peu comme les photos .
    On n’a pas la même tronche au réveil que devant un bon verre de pinard, pourtant c’est bel et bien le même bonhomme , et dans le cas des graphiques économiques , la même situation .

    L’étonnant , c’est la chute de 2009 , qui n’est du tout dans la tendance habituelle des mouvements de la courbe . Une explication possible du Figaro , qui incite à penser que la vérité devrait être interprétable avec les chiffres de 2010 .

    extrait :
    « En 2009, les rentrées d’IS se sont effondrées : elles n’ont été que de 20,9 milliards d’euros, contre 49 milliards en 2008. Cette chute s’explique d’abord par la diminution de 25 % des résultats fiscaux des entreprises en 2008, du fait de la crise. L’IS est en effet globalement perçu avec une année de retard. Mais la baisse des recettes a été aggravée par les mesures du plan de relance consistant à rembourser de façon anticipée les entreprises de leurs créances d’impôt (crédit d’impôt recherche et report en arrière notamment).

    En 2010, l’État profitera d’un contrecoup positif, ces remboursements n’étant plus à faire. »
    source :
    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2010/07/25/04016-20100725ARTFIG00216-impot-sur-les-societes-l-incertitude-sur-les-recettes.php

    PS : Néanmoins, pour tirer le vrai du faux, il faudra tenir compte du regard orienté du figaro et aux amitiés sarkozienne du directeur de l’insee.

  60. Agitez la cape de la défiscalisation et aussitôt tout bon sens disparaît chez beaucoup d’épargnants.
    Combien d’immeubles relevant de la loi Scellier ou en Résidence de Tourisme sont vendus à des prix au m2 exorbitants et dans des conditions d’aveuglement de la part de leurs acquéreurs..
    Pour beaucoup de citoyens, l’idée de la contribution fiscale est perçue négativement.

    Utiliser en priorité son épargne pour défiscaliser..C’est souvent dans ces mêmes milieux que le thème de la dette publique est analysé uniquement comme celui d’un excédent de dépenses sociales ou de coût du service public.
    Excusez cette contribution un peu basique.

  61. Très significatif de l’effet dévastateur du néo-libéralisme:
    – Appauvrissons l’état
    – Retirons à l’état les moyens de nous contrôler
    – Spolions tout ce qui pourrait être rentable

    Un autre mensonge sur la dette publique consiste à ne pas tenir compte du poids des services publics dans l’économie nationale. Par ex. en France, Belgique, on a encore des services publics importants au contraire des pays anglo-saxons où beaucoup de ces services sont privatisés (spoliés conviendrait mieux 😉 )

  62. @Ando

    le « taux d’intérêt apparent de la dette »: qui le décide?
    Est-ce une donnée définitivement incontournable?
    Ne fut-il pas une époque où il en allait autrement?
    Sommes nous définitivement condamnés à la course entre le taux de croissance du PIB (auquel l’évolution des rentrées fiscales serait ajustée par l’effet d’un consensus européen ou mondial à trouver) et les taux d’intérêts décidés par les institutions financières?

    1. C’est une donnée incontournable quand, par le poids de sa dette, un Etat se met de facto entre les mains de ses créanciers. La dure réalité du rapport de force.

      Le travail de Jean Luc D est à saluer. Mais je ne vois comment on peut traiter cette question sans passer par une étude type travail universitaire sérieux, avec une méthodologie, un traitement rigoureux des donnes, et sans a priori. Qui doit même, peut-être, déja exister.

  63. @ Jean-Luc D

    Bravo et un grand merci pour ces graphiques instructifs et pédagogiques.

    « Par contre quelque chose me saute aux yeux immédiatement : où est le déficit soi-disant abyssal des administrations de sécurité sociale (colonnes orangées)? »

    Vous auriez des précisions ? Car je subodore comme vous qu’on nous manipule depuis longtemps avec le « Trou de la Sécu ».

    1. Non, il ne s’agit pas de « manipulations ».

      La dette des administrations de sécurité sociale n’est pas très élevée, puisqu’elle est seulement de 78,3 Md au 3eme trimestre 2010.

      Ce qui est inquiétant, c’est son évolution :

      Q3 2010 78,3
      fin 2009 54,3
      fin 2008 35,4
      fin 1998 14,2

      Autrement dit, le « trou de la sécu »,

      sur les 9 premiers mois 2010 : 24 Md
      sur l’année 2009 : 19 Md
      sur les dix années antérieures : 21 Md au total

      Une sacrée exponentielle…

      pour l’ensemble des dettes publiques, elles ont augmenté :

      sur les 9 premiers mois 2010 : 85 Md
      sur l’année 2009 : 174 Md
      sur les dix années antérieures : 529 Md

      Autrement dit le « trou de la sécu » a représenté, du « trou des administrations publiques »

      sur les 9 premiers mois 2010 : 28 % du total
      sur l’année 2009 : 11% du total
      sur les dix années antérieures : 4% du total

      Alors vous comprenez, il y en a qui s’inquiètent …

      source Insee

    2. Excusez-moi, Chris06, mais j’ai l’impression que vous lisez un peu trop vite les commentaires. Votre envie de convaincre, à tout prix, que j’ai tort oriente vos lectures et votre compréhension des commentaires.

      Maître Dong fait référence à un de mes commentaires suite à la mise en ligne de juan nessy du tableau suivant :
      http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/b8/Graphe_D%C3%A9penses_et_recettes_publiques%2C_France%2C1993-2006.png

      Si vous le regardez bien, vous verrez que le fameux « trou de la sécu » semble avoir été partiellement rebouché. Les Administrations de Sécurité Sociale réussissent même l’exploit d’être à l’équilibre en 2005 et excédentaire en 1999, 2000 et 2001. Si nous allons voir au delà de 2006, les chiffres de l’Insee nous confirment les chiffres précédents et nous montrent que les comptes était quasi à l’équilibre en 2006, 2007 et 2008. Où est donc passé le trou???

      Quand on va regarder d’un peu plus près les chiffres de l’Insee, là encore la surprise est au rendez-vous. Si j’exclus l’année 2009 avec son déficit de 24 milliards, je constate que le déficit cumulé entre 1999 et 2008 est seulement de 16 milliards d’euros soit 0,1% du PIB cumulé sur la même période. Voilà qui permet de relativiser.

    3. @ jean-luc D le trou

      Creuser un trou, puis le reboucher vaut salaire, salaire égal cotisation, le trou provenant d’un manque de cotisations, le trou se remplit en même temps que notre pauvre travailleur s’escrime à le creuser, une honte c’est pire que le bagne d’ou mon militantisme pour l’allocation universelle ou toute autre dénomination.
      Et dire que l’on est prêt à se faire la guerre pour des dettes qui ne valent rien.

    4. @Jean Luc D,

      Votre envie de convaincre, à tout prix, que j’ai tort oriente vos lectures et votre compréhension des commentaires.

      Pas du tout. Je réponds ici à Maitre Dong :

      « Vous auriez des précisions ? Car je subodore comme vous qu’on nous manipule depuis longtemps avec le « Trou de la Sécu ». »

      Il y a t’il quoi que ce soit de faux dans ce que j’ai écrit? Pointez moi du doigt s’il vous plait. Les chiffres proviennent exactement de la même source.

      PS : par contre je maintiens qu’aussi bien la méthodologie que vous avez utilisé que votre conclusion…

      Dès lors, en rester au budget de l’État seul me semble suffisant pour démontrer que la cause principale de la dette réside avant tout dans un problème de recettes..

      … ne sont pas correctes:

      1. il n’est pas suffisant de se limiter au budget de l’état pour analyser les causes de la dette
      Bien évidemment puisque la dette provient d’une inadéquation entre recette et dépenses, non pas de l’état, mais des administrations publiques.

      2. il ne s’agit pas avant tout d’un problème de recettes.
      Il s’agit aussi bien d’un problème de recettes que de dépenses, et tant que vous n’avez pas fait un travail d’analyse rigoureux des différents postes, comme je l’ai expliqué plus haut, rien ne vous permet de conclure qu’il s’agit avant tout d’un problème de recettes

      Mais ne prenez pas l’impression que je suis négatif envers vous, je trouve votre idée pour ce billet excellente : analyser les causes principales de l’augmentation de la dette publique. Maintenant il reste à bétonner la chose.

    5. Merci Chris06 pour vos dernières lignes.
      Comme vous, j’habite la région niçoise. Demandez mon mail à Julien. Nous pourrons ainsi confronter nos « méthodo » et éventuellement continuer ce travail.
      Cdlt

    6. @Jean Luc D

      pour revenir sur le « trou de la sécu », le problème c’est qu’avant 2008, il n’y en avait quasiment pas, comme vous l’avez justement remarqué, et comme je l’ai indiqué plus haut, il représentait seulement 4% du déficit public.

      Et depuis 2009, il explose, puisqu’il a représenté sur les 3 premiers trimestres de 2010 28% du déficit public.

      Remarquez, on savait bien que cela allait arriver puisque la cause de cette soudaine explosion est un phénomène démographique bien connu et de longue date, l’arrivée des baby boomers en retraite…

      Et comme de bien entendu nos politiciens ont attendu la dernière minute pour bacler une réforme des retraites, sans aucune concertation avec les citoyens.

  64. Contradictions

    Votre très bel article se termine de la manière suivante :

    « Le message étant clair et le décor bien planté, il nous appartient d’en déjouer les rouages et de proposer, dans un au-delà prospectif et constructif, à partir de toutes vos contributions, un contre-modèle syncrétique. »

    Une fois que nous aurons proposé un contre-modèle, que ferons nous ? Serons-nous fiers d’avoir participé à l’édification d’une armature conceptuelle, ou irons-nous plus loin ? En d’autres termes, quelle action comptez-vous mener dans l’optique de 2012 ? Car si les propositions contenues dans ce blog ne pénètrent pas la sphère publique, tout le travail aura été vain et le dictat de la finance continuera. A mon sens, il vous faudra rejoindre une formation politique pour faire de la pédagogie et gagner la bataille des idées. Sans cela, votre démarche restera sublime intellectuellement mais inefficace politiquement.

    1. Peut être l’Éducation populaire. Je veux dire, l’originelle, pas les colo ou centres de loisirs.

      L’éducation populaire : pour quoi faire et comment faire ? »

      mardi 11 janvier 2011 à 18h45
      à la Maison des Sciences Economiques (MSE) de l’Université Paris 1
      106 – 112 boulevard de l’Hôpital
      Paris (13e) – Métro : Campo Formio (ligne 5)
      Salle de conférences du 6e étage

      avec Christian Maurel, sociologue,
      ancien délégué régional des MJC et professeur associé à l’Université Aix-Marseille 1,
      Cofondateur du collectif « Education Populaire et Transformation Sociale »
      Publication récente : « Education populaire et puissance d’agir. Les processus culturels de l’émancipation » (L’Harmattan, 2010)
      discutant : Régis Juanico (Député PS)

  65. Instructif.

    Mais vraiment il faut pas confondre les PME/PMI qui paient TOUT plein pot et rament, et les grosses boites qui défiscalisent comme des porcs, quand elles ne sont pas domiciliées dans un paradis fiscal. A ce niveau on ne peut pas lutter.

    Et la je parle en petit patron qui galère et qui se dit qu’il ferait mieux de fermer et de virer tout le monde pour aller bosser dans une boite du CAC40. J’y gagnerai enfin plus que le smic.

    Il y aurait a dire la dessus, mais franchement, on en est arrivé a un niveau ou la collusion grands patrons/politique fait que les PME/PMI vont toutes crever.

    1. J’espère que vous tiendrez bon, malgré les difficultés …les boites du CAC 40, c’est un autre genre d’enfer …surtout, si vous êtes quelqu’un d’autonome …( rien à voir avec les entreprises qu’ont connues les septuagénaires: « évolution de carrière régulière et reconnaissance du travail dans sa qualité » : c’est le jour et la nuit.) [ je ne parle pas de moi-même, hors quelconque carrière, mais ayant vu et entendu beaucoup ]

  66. C´est quand même aberrant de tier des conclusions en étudiant qu´une seule partie des revenus, effet l´IS n´est « que » 17/18% des revenus de l´état en 2009.

    Par ailleurs, il est bien évident que si les revenus de l´Etat baissent, l´Etat doive baisser ses dépenses afin de limiter les pertes…

    Votre étude est intéressante mais mériterait d´être approfondie afin de voir la distribution des recettes en fonction de leur nature et leurs évolutions dans le temps. De même avec les dettes.
    Sans ces deux études supplémentaires, je ne vois pas comment on pourrait conclure..

  67. Où avez-vous lu que j’avais tiré des conclusions en étudiant qu’une seule partie des revenus?
    Le 1er tableau repose sur la totalité des recettes perçues par l’Etat.

    1. Oui mais on ne voit pas la distribution par conséquent vous tirez vos conclusions principalement sur le graph de l´IS d´où mon commentaire.

  68. En ce qui me concerne, j’œuvre dans les RD d’un grand groupe, je gère des projets de création d’outil de suivis d’exploitation.

    L’exploitation a augmenté. Sauf que le CA se délocalise, à l’instar des prix de transferts, vers des lieux où se trouvent les serveurs et quelques « pellos ».

    L’effet est multiple : moins d’impôts sur le sol français, baisse de la rentabilité (PSE/PDV tous les ans), management par le « qu’est ce qu’ils sont rentables au Mexique ! », conf call du PDG assis entre 2 palmiers à Miami dont le but est de déterminer comment rendre la France plus rentable, masse salariale précarisée en constante fonte (avec accélération de cette fonte).

    De mon côté, afin de ne pas perdre pied-sont très forts ces communicants, je ramène le CA à l’octet traité sur nos serveurs (nous facturons nos clients au volume). De ce fait, je peux voir l’évolution réelle des comptes d’exploitation. Et nous sommes toujours en croissance (+5 à +12% selon année) alors que les comptes français sont en baisse (-2,5% / an depuis 3 ans). Ironie du sort, j’ai été félicité par nos grandes pompes pour cette étude…

    Sans virer vers une pensée hyper protectionniste, il est clair que la crise est un argument de terreur en management comme en politique.

    Pour faire dans l’image, si les bourses sont les tables de poker de la finance, la crise est le flingue que l’on pose sur la table lorsque la partie se tend.

    Citoyen, la ruée vers l’or est repartie.

    Ego addon : me concernant, je n’ai aucun doute sur ma situation, l’étape qui se met en place est l’ouverture de nouveaux sites à l’étranger dont le but est de « pérenniser la rentabilité de la France en différenciant les pays dans lesquels sont traités les données des clients facturés en Euros ». (y comprendre que le sort de la France est déjà plié, ils passent à la zone euro)

    For the pleasure addon : un email de bonne année de la part du PDG France incitant à choisir le pdv, avec la mention des montants alloués par année d’ancienneté, où il conclue « à diffuser sans modération 🙂 », c’est de bon goût ? (oui, oui, le smiley en fait partie…)

    1. @tous
      Pour poursuivre ce que dit James, résumé d’une conversation, il y a 10 jours avec une relation proche « Directeur Financier d’une filiale d’un grand groupe industriel équipementier de l’automobile ».

      Cette filiale (pus de 1000 personnes) gagne beaucoup d’argent (ainsi que le groupe) grâce aux usines et aux marchés chinois entre autres, il y en France 4 usines, dont une n’est pas jugée compétitive pour des raisons historiques de mauvais management et de conflits syndicaux à répétition.

      3 usines sont en projets (Chine, Russie, Inde), une va fermer…. en France.
      Quelle sera la raison invoquée?
      -le coût du travail en France
      -le basculement du monde « économique » vers l’Asie
      Je veux bien prendre les paris

    2. Pour poursuivre un peu le tableau noir (oui, j’écris encore à la craie), lorsque les premiers signes étaient apparus dans ma boîte (à clous), j’en avais parlé à quelques amis proches, histoire de vérifier si je devenais (trop) parano.

      Résultats :
      – un pote dans la finance m’explique que des mecs du groupe monde (grandes pompes dont la fonction hiérarchique reste elliptique) descendaient régulièrement recevoir l’ensemble du staff, afin de leur expliquer qu’on allait les « niveler par le haut » -outre l’accent argentin du mec, cela n’avait pas grand chose de drôle. Il en est résulté une annonce de plan social, qui au bout d’un mois a été annulé, puis remis sur selle, puis annulé, puis plus rien. (ce qu’on appelle avoir le derrière entre n chaises, n n’étant pas défini, volontairement). Enfin, rien… Pas tout à fait, ils se sont faits brider leurs primes au passages (Travailler plus, pour… ok, j’arrête là, vous avez compris).

      – mon frangin m’explique que, dans sa boîte, le rachat par une boîte américaine remettait toutes les conventions à plat avec au passage un statut unique pour tous les non cadres, « agent technico commercial ». Depuis, tout le monde fait du technique et du commercial, le tout avec la partie variable « réajustée » (je vous laisse deviner si la tendance est à la hausse ou à la baisse)

      – un autre pote dans les R&D Telecom a vu son service fondre vers des horizons plus orientaux.
      – son père, dans la métallurgie fine, a vu son secteur se recentrer sur des secteurs hyper concurrentiels alors qu’il avait oeuvré à diversifier le biz’

      – mon père (commerce) se voit obligé de ne pas renuoveler certains contrats pour des raisons « stratégiques »

      – etc… Y comprendre que chacun a vu, dans son réseau, un nombre de cas à peu près similaire.

      On peut en déduire que la France vit un plan social généralisé (avec grattage de subventions au passage et digestion de bassin d’emploi), une restructuration des outils de production et de distributions. Vers où cela nous mène, bien malin est celui qui pourra nous le dire (le rêve américain ?).

      En définitive, je n’étais pas plus parano’ que cela, maintenant, si 🙂

  69. Il y a un truc idiot dans toute cette histoire que fait oublier l’excellente qualité de ce billet : dans un système où dominent les entreprises privées, les déficits de l’état alimentent in fine des comptes privés. Et les capitalistes le savent bien. On glose sur le « trou de la sécu », mais ce trou fait le bonheur des laboratoires pharmaceutiques. Les capitalistes n’arrêtent pas de se plaindre qu’il y a « trop d’état », mais sont bien contents de le trouver quand il protège leurs intérêts, en intervenant par sa police à l’intérieur, et son armée à l’extérieur. Loin d’être de trop, l’état est au contraire la condition sine qua non du capitalisme. Donc, la bonne question serait de savoir pourquoi les capitalistes font mine de vouloir sa disparition. Le vrai conflit est idéologique : le capitalisme redistribue ses richesses par les salaires, de façon individualisé et sous contrainte de rentabilité, alors que l’état le fait de façon collectiviste et sans rentabilité mesurable. (Ce qui ne veut pas dire sans effets mesurables.) Que le second mode puisse exister, ça les fait flipper à mort nos capitalistes ! Tout est là, et tout autre débat ne vise qu’à cacher celui-là.

    1. Comment pourrions-nous estimer le nombre de personnes salariés des entreprises privées qui sont employables et rémunérées en partie ou à temps complet pour fournir une prestation par délégation de service public (sans véritable concurrence). Plus tous les salariés dont les emplois dépendent de la redistribution sociale. Plus tous les emplois dit  » normatifs  »

      Au dessus ou en dessous des 44% de prélévement du PIB?

  70. Entre 2002 et 2008 :

    – le nombre de foyers fiscaux est passé de 33 364 000 à 36 633 000.
    – le nombre de foyers imposables est passé de 17 310 000 à 19 100 000.
    – le revenu déclaré par ces foyers fiscaux est passé (en euros constants) de 518 417 000 000 euros à 818 291 303 523 euros.
    – l’impôt sur le revenu (IRPP) collecté (en euros constants) est passé de 44 473 000 000 euros à 49 104 000 000 euros.

    Ce qui signifie que, simplement entre 2002 et 2008, et juste pour ce qui concerne l’impôt sur le revenu :

    – le revenu fiscal global déclaré a augmenté de près de 60%,

    – l’impôt (IRPP) collecté a augmenté de moins de 10%,

    – le taux d’imposition moyen pour ce qui concerne l’impôt sur le revenu est passé de 8,5% à 6%, soit une baisse de près de 30% de la pression fiscale directe.

    Et donc rien que sur 2008, 20 MILLIARDS d’euros de « manque à gagner » pour le budget de l’État…
    20 Milliards de plus pour alimenter les marchés financiers, en une année, juste pour une année.
    Soit un tiers du budget de l’éducation nationale 2010 (60,8 milliards), soit plus que le coût de l’enseignement scolaire public du premier degré dans le budget 2010 (17,6 milliards). Soit 40% du service de la dette en 2010 ou bien encore soit 500 000 fonctionnaires à un coût moyen annuel de 40 000 euros …

    Montesquieu :

    Il y a, dans les États modérés, un dédommagement pour la pesanteur des tributs (impôts) : c’est la liberté. Il y a dans les États despotiques un équivalent pour la liberté : c’est la modicité des tributs.

    http://www2.impots.gouv.fr/documentation/statistiques/2042_nat/2009/2042_anonym_montant.pdf

    1. Merci !
      Comme la tendance est la même, voire plus forte pour l’impôt sur les sociétés…
      Je crois qu’après cela, le débat est clos !

  71. A bien y réflechir: aller aussi du côté des prix de transfert.

    Le « phénomème graphique » ne seratit-il pas dû aussi en partie à l’externalisation du paiement de l’impôt sur les sociétés (concerne les multinationales)?

    PIB= Produit INTERIEUR Brut, autrement dit: valeur de l’ensemble de ce qui a été produit par l’ensemble des entreprises installées en F, qu’elles soient à capitaux français ou étrangers. Théoriquement, puisque (au moins) une taxe en fait partie (la TIPP), et en ferait aussi partie – à vérifier -, la masse salariale des fonctionnaires, aussi (même si elle est financée par l’impôt, et la dette).

    Ce qui serait intéressant de savoir: qu’est-ce qui a changé sur la période incriminée, dans le mode de calcul. On a en effet l’habitude d’utiliser en économie « toutes choses égales par ailleurs » (ceteris paribus), il serait à mon avis utile de s’appesantir sur les modifications de « mode de calcul », qui doivent exister, pour une raison ou pour une autre. Le phénomène est important, et en contradiction avec l’avis général « ambiant ». Prise en compte « en PIB » de ce qui ne l’était pas auparavant? Ce qui aurait pour effet de baisser la proportion des prélévements, comparés au total du (soit-disant) PIB?

    De plus: 1. les modes de calculs sont-ils similaires à ceux d’autres pays, dits « comparables »? 2. Ledit phénomène existe-t-il aussi dans ces pays?

  72. chris06 dit :
    10 janvier 2011 à 00:38

    Réflechissez quand même un petit peu. Vous imaginez, une monnaie de singes, comme la nôtre, sans aucune valeur, et l’état qui puisse en imprimer autant qu’il veut, dés qu’il en a besoin. Vous croyez vraiment que ça durerait longtemps?

    Comme l’a bien montré Lordon (je n’ai pas la référence sous la main) le fait que l’Etat puisse émettre la quantité de monnaie « qu’il veut », ne détermine en rien qu’il le fera: il peut y avoir un tas de limites légales.
    Le problème actuellement est de sortir de l’article 123 de Lisbonne
    Permettez moi de penser que l’Etat est bien plus comptable du bien public (la quantité de monnaie) que ne le sont les actuels émetteurs.
    De plus, il est fort possible de limiter constitutionnellement l’utilisation de cette monnaie créée aux investissements ou aux seuls remboursements progressifs de la dette publique et des 50 milliards d’intérêts annuels!.

    1. Permettez moi de penser que l’Etat est bien plus comptable du bien public (la quantité de monnaie) que ne le sont les actuels émetteurs.pourquoi?

      Vous avez besoin de références historiques pour vous démontrer que cela n’a pas été le cas par le passé. Pourquoi le serait ce dans le futur?

      On parle bien d’un a priori, un dogme, contre un autre.

      Il n’existe pas de solutions miraculeuses à ce problème

    2. @Chris :

      Il y a une différence sensible : la légitimité !

      Je préfère , quant à faire , un pouvoir même incompétent dont j’ai pris la responsabilité de l’élire , répèrable et que je peux dézinguer , plutôt qu’un pouvoir diffus , invisible , qui ne rend de compte à personne et dont j’ignore le projet autre que faire du fric pour une minorité même pas éclairée .Et qui échoue pour les préoccupations qui sont les miennes et apparemment celles d’une majorité .

      PS : vous êtes vraiment 100 % d’origine anglo-saxonne ? Pour le talent et le goût du  » debate » , j’en suis sur ; par d’autres détails , j’en doute .

  73. Vos stats sont très intéressantes, mais à trouver trop vite une explication on passe souvent à coté de la réalité.
    Vos graphiques montrent un effondrement res recettes de l’IS sur la dernière année. Il y a, en partie, des explications économiques à cela, disons la crise très grossièrement, et un scandale qui correspond aux modalités plus que laxistes du Crédit d’Impôt Recherche dont bénéficient d’autant plus les sociétés qu’elles sont importantes avec des structures de groupe leur permettant de déduire un optimum par filiale…

    Cependant, une seule année de baisse de recettes fiscales, ne justifie pas des dizaines d’années de déficit budgétaire ! Vos emportements, avec de bons éléments d’analyse et une conclusion hâtive, peut-être parce que trop partiale, ne me feront pas prendre une vessie pour une lanterne.

    Oui il est manifeste que globalement les prélèvements fiscaux comme la répartition de la plus-value se font au profit des sociétés et du capital et au détriment des salariés et des « petits contribuables » d’une manière générale. Non ce n’est pas la cause unique, voire principale, des déficits de l’Etat, des collectivités publiques et de l’URSSAF.

    Cherchez encore, mais avec un peu plus d’ouverture et moins de hâte à conclure…

    1. Cherchez encore, mais avec un peu plus d’ouverture et moins de hâte à conclure…

      Votre intervention aurait été plus convaincante si vous donniez en même temps un début de réponse que vous semblez avoir…

    2. @Franck

      Désolé j’aimerais bien mais il me semble qu’il est difficile d’isoler les multiples causes, les responsabilités et leur intrication…
      Tout ce qui m’apparait, c’est qu’il y a eu, pendant plusieurs décennies en France, un consensus assez général pour ne pas regarder cette situation en face et en arriver là où nous en sommes.
      Dit autrement: tous coupables et tous responsables, moi le premier… Ce constat, malheureusement, ne change pas la réalité et ne donne pas de solution pour le futur.

    3. @EOLE
      Depuis 30 ans et plus (sauf pour 2009 et 2010) les budgets cumulés ne sont « en déficit » que du fait des intérêts .. les déficits dits « primaires » (sans charge d’intérêts) ne le sont pas.

    4. @ Vincent

      Vous ne dites pas autre chose que la France est un état surendetté comme pourrait l’être un ménage abusant de crédits revolving… Peut-être a-t-on voulu vivre au dessus de nos moyens? Ne croyez-vous pas?

    5. @Eole
      Je dis seulement que la France ne serait quasiment pas endettée si les rentiers et les banques n’avaient pas ponctionné des intérêts que la traitrise des dirigeants leur a accordé alors que ce n’était nullement nécessaire.

  74. Très instructif.

    La dette est une ponction. Comme la finance. Comme les prélèvements de l’Etat pour lesquels le citoyen n’obtient rien en retour. Les ponctions ont un rôle vital dans la mécanique du système. S’y attaquer c’est s’attaquer au système, et sans solution de rechange c’est dangereux : c’est la justification des responsables.

    Le peuple lui, ne voit pas les choses sous le même angle. Il considère cette justification comme méprisante. Mais il semble oublier un peu vite, et notamment à chaque fois que les effets d’une crise se font sentir, que le système c’est lui ! C’est lui qui bosse, c’est lui qui élit ses représentants ou qui les accepte, c’est lui qui consomme les produits que le système lui propose, ou lui impose, c’est lui qui achète moins cher à l’étranger… bref le système c’est lui. C’est nous. « Quand on pense qu’il suffirait que les gens arrêtent de les acheter pour que ça se vendent plus ! Quelle misère ! »

    Et pourquoi accepte-t-on de vivre ainsi, sous la tyrannie du système ?
    Personne ne semble vouloir s’attaquer à cette question, et il semble que ce soit la même chose à chaque crise, à chaque fois que les consciences se réveillent et qu’elles ont l’occasion d’être écoutées. Pourquoi à chaque fois sont-ce des solutions issues de la réflexion d’une minorité, clés en main pour le peuple, qui émergent ? Pourquoi ne considère-t-on pas que la mort du système est une aventure comme une autre, que chacun peut y participer ? Il me semble que c’est une des dernières défenses du système, si ce n’est la dernière : refuser la prise de conscience.

    S’il y a prise de conscience le système explose : qui accepterait consciemment de se le laisser dicter sa vie par la société, qui accepterait d’aller bosser seulement pour gagner des sous, de consacrer sa vie à gagner des sous, qui accepterait que son travail – par sa production et par les possibilités que lui apporte son salaire – contribue à détruire son habitat (autres êtres vivants (in)compris), qui accepterait un mode de vie qui le pousse à ne plus avoir de respect pour sa propre nourriture ?

    Qui ?

    Personne.

    C’est un constat. Il faut le faire. C’est un travail ; ce n’est pas ne rien faire, au contraire : c’est le constat de sa propre existence. Le travail par excellence : la vie. Un travail qui construit. Un travail où chacun se construit, où chacun construit sa vie, au lieu d’attendre l’hypothétique résultat du travail de division – de tout : de la pensée à l’organisation sociale, l’économie – qu’a entrepris notre civilisation. Travail grâce auquel aucune tyrannie ne pourra plus s’imposer. Travail difficile, parce que la conscience d’exister associée à l’incompréhension de l’existence, c’est pas simple. Et chaque civilisation s’est trouvé sa propre échappatoire. Chaque génération la confirme et la renforce. Et régulièrement, les limites de cette échappatoire font surface, on ressent qu’il serait bon de faire quelque chose, de réagir… et à chaque fois on choisit la méthode facile, rapide : se cacher dans le groupe.

    Notre croyance actuelle, celle sur laquelle s’appuie notre civilisation, est celle d’une cause finale (la cause finale sera le genre humain). Elle permet de continuer d’avancer et d’être convaincus qu’il est nécessaire d’avancer. C’est elle qui permet de justifier l’idée d’un destin commun pour les hommes. C’est elle finalement qui légitime la philosophie et la science actuelles. C’est elle encore qui permet une forme de progrès, bien évidemment, c’est même son principal carburant que de progresser. Mais elle ignore la possibilité d’autres formes de progrès, la possibilité d’autres croyances : chaque croyance, chaque courant philosophique, trouve là sa faiblesse.

    Mais baste ! Ne retombons pas dans le même engrenage. Si l’on considère que l’individu devrait être maître de son propre dessein, on ne peut admettre la tyrannie de la société. Et on voit la société comme un voile que l’homme a tiré sur son existence, sur l’incompréhension de son existence : c’est la réponse qu’il s’est trouvée pour continuer à vivre… dans l’incompréhension. Et l’on voit alors l’économie, la politique, l’éducation, etc. comme un seul et unique mécanisme dont le rôle est de soutenir cette réponse, cette croyance. Et l’on observe l’homme qui se débat dans son environnement, s’appliquant à un exercice d’une grande difficulté : répondre aux exigences du groupe tout en les critiquant ! L’armée a résolu ce problème.

    Et surtout, vu sous cet angle, on comprend mieux que le dernier rempart de notre civilisation, sa dernière défense, on y revient, est de s’opposer à la prise de conscience individuelle !

    Pour conclure : l’Homme n’a pas dépassé la nature. La feuille est sans que la nature ait besoin d’avoir conscience de son existence. L’individu est sans que la société ait besoin d’avoir conscience de son existence. Une société qui n’a pas besoin d’avoir conscience de l’existence de ses membres, qui n’a pas besoin que ses membres aient conscience de leur propre existence, ça fait brouillon, expérimental. Pour ne pas continuer à s’autodétruire en se dissolvant dans le groupe, l’individu doit prendre conscience de sa propre existence, et non pas d’accepter à la naissance et sans vérification la conscience que le groupe lui impose.

    Ça fait beaucoup de mots pour pas grand chose, j’en conviens, mais il semble qu’il faille en passer par là ! Il semble qu’il faille affronter le système avec ses propres armes, encore une de ses forces que d’imposer les armes. Alors que la solution est si simple, que nombre de penseurs et de sagesses l’ont exposée depuis des siècles et des siècles ! Mais les sagesses demandent du travail : elles proposent à l’homme de faire ce travail comme un chemin, comme une vie, alors que notre société en fait un but à atteindre, si l’on veut.

    Bonne journée

    1. Il est vrai que se conquérir soi-même est une mission plus difficile que de conquérir l’autre…Reste que chacun choisi sa mission en fonction de ses acquis…Et en fonction bien sûr du travail qu’il a soutenu pour se conquérir…Mais je craints chère Fab que peu d’âme en soit rendu là où vous semblez vouloir nous acheminer.

    2. Merci Fab ,

      il faut sans cesse rappeler cela :

      tant que nous ne changeons pas nous mêmes, nous sommes les meilleurs alliés du système.

      Mais ce blog est une opportunité inouïe de ‘entamer ou de poursuivre ce chemin de
      transformation 🙂

    3. Idle, lau,

      Conquérir l’autre est un divertissement de notre civilisation pour ne pas avoir à se conquérir soi-même. Plus facile ou pas, je ne sais pas. Ce qui est sûr c’est que ça occupe, et que ça n’a pas apporté la preuve de son efficacité, si ce n’est l’organisation actuelle de la société, son économie, et qu’en ces temps de crise beaucoup s’appliquent à critiquer.

      Se conquérir soi-même peut être le chemin d’une vie. Le nombre de ceux qui empruntent ce chemin n’importe pas autant que de faire savoir (c’est triste quand même d’en être arrivés là) qu’il est possible que chacun emprunte le chemin qu’il veut, au lieu d’accepter à la naissance le chemin imposé par le groupe. Un peu comme ces missionnaires qui parcourent le monde pour faire savoir qu’il est possible d’avoir une opinion ou de l’exprimer, qu’il est possible que les enfants (à quand les adultes !?) ne travaillent pas, qu’il est possible de respecter la nature, etc. Bref : propager le message qu’il est possible de suivre un autre chemin est plus important que de chercher à convaincre l’autre de suivre le même chemin que soi. Sinon on retombe dans les mêmes travers que les croyances.

      Merci, Bonne journée

  75. @julien
    SVP comment fait on pour mettre en relief les commentaires d’un commentateur ou les passages d’un texte, pour moi les icônes (gras italique, guillemets,..) en haut à droite du cadre pour commentaire ne fonctionnent pas. Ou plutôt, je ne sais pas m’en servir …
    cordialement

    1. Il faut d’abord sélectionner le texte que vous voulez formater, puis seulement cliquer sur l’icône correspondant au formatage désiré. La balise html vient alors « encadrer » le texte sélectionné.

    2. Méthode julien

      Il faut d’abord sélectionner le texte que vous voulez formater, puis seulement cliquer sur l’icône correspondant au formatage désiré. La balise html vient alors « encadrer » le texte sélectionné.

      Méthode Piotr conseillée par Jean-Luc
      Sinon, hema, il y a aussi la méthode scientifique du tâtonnement, autrement appelée méthode Piotr !

      ca marche ou pas

    3. Ça marche Hema.
      Emoticone « smiley » : vous faites deux points + parenthèse fermée, comme ceci mais sans espace

      : ) donne 🙂

      Emoticone « clin d’oeil » : vous faites point virgule + parenthèse fermée, comme ceci mais sans espace

      ; ) donne 😉

      Et c’est tout, parce que nous ne sommes pas non plus sur un forum de gamers pré-adolescents même pas encore boutonneux 😉

  76. Il n’ y a pas besoin d’être devin ou savant pour comprendre que les recettes de l’Etat français ont une forte tendance baissière, due à la baisse des impôts que devraient verser les contribuables, personnes morales ou physiques les plus riches, et que dans un même mouvement comme les intérêts de la dette augmentent et vont augmenter durablement (la dette a trouvé son « développement durable »), la masse d’argent disponible pour le fonctionnement de ce que plus personne n’ose encore appeler le service public, diminue sans cesse.
    Je crois que « le service de la dette » comme disent les communicants, représente en masse celui des impôts sur le revenu.
    Détrompez moi si je me trompe.

    1. Détrompez moi si je me trompe.

      Non, exact, autour de 45 à 50 milliards, à quelque chose comme 3 à 3,5 de taux d’intérêt moyen sur l’encours.
      La France et France Trésor privilégiant désormais les OAT et BTAF à long et moyen terme en se débarassant des BAT à court terme, ramenés à 15,7% du stock total de dettes fin 2010 (194 milliards d’euros) contre 18,6% fin 2009, avec objectif à 14,6% pour fin 2011, anticipant bien sûr une hausse des taux sur les renouvellements d’emprunts à court terme, même si les taux sur les longs termes sont évidemment plus élevés, et tentant de diminuer rapidement la maturité de la dette. La durée de vie moyenne de la dette d’Etat française est ainsi passée de 6 ans et 233 jours fin 2009 à 7 ans et 52 jours fin 2010 (après Swap).

      http://www.aft.gouv.fr/aft_fr_23/dette_etat_24/indicateurs_dette_97/duree_vie_moyenne_166/index.html

    1. Lau

      Ici 😉

      Suis juste en baisse de régime. Des petits ennuis au boulot. Il faut un minimum de sérénité pour lire tous les billets et commentaires (toujours plus nombreux et de qualité), écrire et réfléchir sur le blog…
      Rien que du très banal en réalité pour beaucoup de salariés en ce régime capitaliste.
      Ce régime certes à l’agonie mais toujours en pleine possession de ses moyens pour ce qui est d’utiliser l’arme suprême du chantage à l’emploi à l’égard des salariés qui ont l’heur de ne pas dire oui amen à tout !
      N’en déplaise à Jducac dans sa réponse à un commentaire qui évoquait mon environnement professionnel, Il n’y a pas le bon capitalisme d’antan à promouvoir et de l’autre le mauvais capitalisme, financier celui-là, car le premier a conduit au second, même si d’un point de vue stratégique il importe aujourd’hui de concentrer nos efforts sur la destruction du capitalisme financier.
      S’agissant de se mettre à la place des supérieurs hiérarchiques, des objectifs de l’entreprise et des « clients » comme me le suggère jducac, c’est accepter de subir les contraintes du cadre général du système et donc le type de rapport de force qui lui permet de se maintenir. Encore une fois, non merci.

    2. @Pierre-Yves D, tu personnifie trop le capitalisme, il n’est que l’œuvre de l’homme, il n’est pas humain (sans capital la justice n’est pas plus forte, malheureusement si on pouvais simplifier l’humain à ce point) , cela étant dit, bon courage…

    3. Génissel Samuel

      Bien entendu que le capitalisme est l’oeuvre de l’homme, ce système qui a été inventé par l’homme peut donc aussi bien être défait par l’homme. A l’échelle de l’histoire de l’humanité il n’est même presque rien. Le capitalisme est une construction sociale, et il est (re)produit par l’action des acteurs sociaux, des personnes en chair et en os.

      Le capitalisme est le régime économique qui fait de la rémunération de l’argent (autrement dit le capital, l’argent qui est placé et n’est plus disponible pour d’autres emplois, si ce n’est sous forme de prêts) une finalité sociale garantie par un certain régime politique et juridique qui fait la part (trop) belle à la notion de propriété individuelle et la portion congrue aux biens communs.

      … Le capitalisme ne fonctionne dans cette perspective que parce que, dans un premier temps, nous compensons le fait que le capital constitue un ensemble de ressources qui manquent à la place où elles sont nécessaires, où elles doivent être mobilisées comme « avances » pour permettre la production ou la consommation. Si les ressources manquent là où elles sont nécessaires, nous compensons cette distorsion en important le capital de là où il est vers là où il manque, et nous récompensons dans un cadre de propriété privée généralisée celui qui consent à ce transfert en lui versant des intérêts. La pratique des intérêts présente cependant un effet secondaire : une concentration de richesses en découle immanquablement qui fait qu’au bout d’un moment, le capital cesse d’être là où il est nécessaire dans la quasi-totalité des cas, et le système se grippe dans sa totalité. On en a vu des exemples criants au moment où se dessinent les plus grandes récessions : ce fut ainsi le cas de l’Amérique en 1929 et également, en 2007. Il nous faut alors, dans un deuxième temps, combattre cette concentration du patrimoine qui finit par gripper le système, par différents moyens redistributifs visant à la contrer, tels que l’impôt progressif, l’inflation délibérément provoquée ou, sur un mode involontaire, la guerre.

      L’amorce du capitalisme, c’est l’hétérogénéité dans la distribution première des ressources que crée le droit du premier occupant. John Locke, le premier théoricien du libéralisme l’a justifié. Cette hétérogénéité est ensuite renforcée par la pratique des intérêts qui fait que l’argent appelle nécessairement l’argent. …

      Paul Jorion in Le capitalisme et l’économie de marché en tant que dysfonctions

      AInsi la distinction entre capitalisme tout court et capitalisme financier qui prétendrait identifier une différence fondamentale est trompeuse, car le capitalisme a toujours été financier, les premiers capitalistes occidentaux ne furent-ils pas les banquiers lombards. La tendance s’est seulement gravement accentuée ces dernières décennies via l’entreprise de dérégulation inspirée par le néo-libéralisme, idéologie aux services des intérêts d’une classe. Le prêt à intérêts inhérent au capitalisme met ipso facto en place une contrainte générale qui affecte tous les acteurs sociaux. En permettant de faire fructifier le capital, l’argent et les richesses se concentrent, ce qui structurellement confère un pouvoir pour ceux qui en disposent en abondance. Un pouvoir individuel et collectif. Individuel dans telle ou telle entreprise pour tel ou tel employeur, tel ou tel supérieur hiérarchique à l’égard des salariés et/ou à l’égard des agents économiques tiers. Collectif lorsque le régime politique local sur lequel prend appui le capitalisme est mis à contribution pour faire adopter des lois sur mesure favorables au maintien et au développement dudit capitalisme à l’échelle nationale et mondiale.

      Sans capital, dans le sens précis que lui donne Paul Jorion, notre monde demeurerait certes imparfait, d’autres injustices que celles produites par le système ne manqueraient pas d’exister, mais au moins nous n’aurions plus à subir celles qui découlent de ce système, capitaliste, qui sacrifie l’humain, l’humanité, pour sa survie imbécile.

    4. @ Pierre-Yves D. dit : 11 janvier 2011 à 01:47

      Bien entendu que le capitalisme est l’oeuvre de l’homme, ce système qui a été inventé par l’homme peut donc aussi bien être défait par l’homme. A l’échelle de l’histoire de l’humanité il n’est même presque rien. Le capitalisme est une construction sociale, et il est (re)produit par l’action des acteurs sociaux, des personnes en chair et en os.

      Je suis en parfait accord avec cette déclaration. Là où nos visions divergent, à mon avis parce que vous refusez de voir les choses avec suffisamment de recul et de liberté de pensée, c’est par les arguments que vous alignez ensuite. Même s’ils sont souvent développés notre hôte que je respecte, notamment à cause des sentiments qui me semblent l’animer, ces arguments ne sont pas inattaquables.
      Leur point faible résulte probablement de la non prise en compte d’une partie des données permettant d’expliquer le phénomène qui a permis à une lignée animale de devenir homme. Il faut à mon avis chercher à intégrer au plus large, donc au plus loin qu’il est possible dans le passé.

      Ainsi la distinction entre capitalisme tout court et capitalisme financier qui prétendrait identifier une différence fondamentale est trompeuse, car le capitalisme a toujours été financier, les premiers capitalistes occidentaux ne furent-ils pas les banquiers lombards.

      Voila où se trouve à mon avis le point faible de votre argumentation. Vous placez le début du capitalisme au temps des banquiers lombards car vous ne voulez pas voir de capital sans finance, donc pas de capitalisme sans finance.

      Quelle grave erreur.

      Regardez à la fois plus loin et plus près de vous.

      Plus loin de vous, rien ne vous permet d’exclure les données antérieures aux banquiers lombards (déjà roublards) et d’exclure du champ de votre analyse, les constitutions et destructions de richesses antérieures. Je me suis permis d’en imaginer le début avec une robinsonnade pour faire apparaitre le principe de base du capitalisme travail>accumulation(épargne)>construction d’outils plus performants> élimination des outils les moins performants. http://www.pauljorion.com/blog/?p=13534#comment-95198

      Plus près de vous, rien ne vous empêche de voir que vous êtes parti d’un capital génétique résultant d’une fusion. Qu’ensuite vous avez accumulé en vous un capital, notamment de connaissances, sans qu’entre en vous la moindre finance, pas plus que ce qui s’est produit au sein de quelqu’un, s’il en reste encore, qui est né en même temps que vous au sein d’une peuplade primitive et qui, n’ayant jamais connu la finance, avait probablement aussi des valeurs à transmettre sans qu’elles soient financières, tout comme l’ont fait vos parents.

      On ne sait pas pourquoi l’humanité vit mais on finit par savoir comment elle vit, se développe et pourrait mourir.

      Quand Paul Jorion a lancé son billet sur « la transformation du capitalisme avec l’accord de tous » je lui ai tout de suite apporté mon soutien en ouvrant une file, parce que je crois préférable de progresser par adhésion. http://www.pauljorion.com/blog/?p=19715#comment-137065

      L’adhésion peut conduire à la fusion et à la constitution d’un alliage aux propriétés bien plus fortes que celles des constituants de base. Elle est de loin plus efficace, une fois réalisée, que le processus de séparation, d’exclusion, de mise à l’écart qui, au fond, vise à l’élimination et conduit ainsi à une perte de valeur globale. Elle oblige au ralliement et parfois à la conversion ou à la reconversion qui sont la marque du courage, une des plus nobles qualités de l’homme.

  77. @Chris06

    Je n’ai pas l’impression d’avoir été en économie de guerre ces trente dernières années et pourtant, si vous regardez les courbes de la dette, elle enfle précisément à partir du moment où le monétarisme s’applique à plein (tout comme le consensus de Washington). Faire tourner la planche à billets n’est certes pas une solution à tout, mais comme le dit je ne sais plus quel commentateur, pouvoir le faire ne conduit pas forcément à le faire. On peut en outre mettre des garde-fous. Vous avez lu Lordon à ce sujet ?

    L’inflation est surtout difficile pour les rentiers, un peu moins pour les salariés (mes parents ont pu s’acheter un pavillon avec un seul salaire, j’en suis bien loin aujourd’hui..) Pour autant, je ne la considère pas comme une solution à tout (il faut la contrôler ce qui n’est pas facile), mais le pouvoir d’émettre la monnaie est un pilier de la souveraineté politique.

    Ce que je vois c’est qu’aujourd’hui le chantage exercé par les créanciers privés n’est plus supportable et qu’une partie au moins de la solution exigera de revenir sur le fonctionnement actuel des banques centrales. En Europe, c’est l’article 123 qui devra être abrogé (autant dire que ça va être coton de convaincre les Allemands, même s’il en va de la pérennité de l’Euro).

    Vous préférez l’austérité et le choix de la finance plutôt que des contribuables ?

  78. @Ando
    « C’est une donnée incontournable quand par le poids de sa dette l’ Etat se met de facto entre les mains de ses créanciers ».
    N’y a-t-il pas là une tautologie?
    Ce « de facto » résulte d’une décision politique.
    Sous le Général De Gaulle, et jusqu’en 1973 l’ Etat fabriquait donc de la « monnaie de singe ».
    Interdiction du recours à la BDF , privatisation des principales institutions financières.
    N’est-ce pas depuis qu’il est au main de ces (ses) créanciers que le service de la dette vient amplifier celle-ci d’une façon irréversible sauf à détruire tout le socle social, compte tenu du dumping fiscal qui résulte lui aussi d’une « dure loi » (l’IS à 50%, ce n’est pas si loin), celle de la mondialisation.
    Il est vrai que d’aucun qualifient de « barbarie » l’idée de ne pas dépendre du marché financier.
    Où voyez-vous une solution dans le cadre actuel?

    1. Aucune solution n’est possible dans le cadre actuel!
      Il faudra bien évidemment passer par de la monétisation directe de la banque centrale (BCE si nous restons dans l’euro, Banque Centrales Nationales si nous le quittons), inflation importante, ou défaut partiel ou total. Comme l’écrit Sapir, pourquoi les banques centrales prêtent à 1% (taux de refinancement) aux banques commerciales qui elles vont pouvoir ainsi prêter à 3%, 4, 5 ou beaucoup plus aux Etats ?

  79. Pour le trou d’IS de 2009, plusieurs facteurs ont été évoqués, j’en rajoute un :

    Il me semble me souvenir que l’annonce des résultats des grandes entreprises en début 2009 avait donné lieu à la stratégie consistant à « grouper les pertes » :
    puisque l’actionnaire n’attendrait rien de bon pour l’année de l’après faillite d’un « not big enough not to fail » (Lehman Brauzeur), autant rassembler les pertes (par des reports comptables adéquats) cette année là, pour paraitre plus fringant à l’heure des jeunes pousses …

    C’est pas très différent de ce qui arrive entre pêcheurs et mareyeurs en cas de mauvaise pêche, dit-on chez le Croquant (sans avoir révisé, M’sieu Julien)

    J’en profite pur redemander s’il est prévu de rassembler des erratum de « Le prix » en quelque page blogguistique d’ici ou d’autres lieux ?

  80. [P.J. Egalement ajouté en conclusion au billet]

    Bonjour à tous,

    je vous remercie tous pour vos commentaires… des plus encourageants aux plus critiques.

    Rien n’est simple en ce bas monde, d’autant moins simple que la complexité nous environne quel que soit l’endroit où nous portions le regard. Par définition, la complexité est déjà difficile à appréhender par nos intelligences cognitivement limitées, mais encore plus quand elle est opacifiée par l’interférence des philtres idéologiques qui en biaise ou en tronque la réalité.

    Ce billet sans prétention avait pour but de soulever des questions sur un problème d’actualité et tentait d’éclaircir l’horizon en proposant un antidote au philtre médiatico-politique du moment. Au delà de cela, la question essentielle qui s’apparente à une posture philosophique consiste à chercher, derrière les fausses évidences ou les apparences premières, les vérités ou réalités cachées. Démêler le grain de l’ivraie est un travail fastidieux, de chaque minute, nécessitant une vigilance constante, qu’un homme seul ne peut accomplir d’où l’impératif – aujourd’hui plus que jamais – d’un travail collectif par l’entremise d’un processus de pollinisation intellectuelle.

    Chacune de vos contributions est venue éclairer, préciser ou nuancer mon propos initial, sans pour autant que soit en remis en cause, par une grande majorité d’entre vous, mon postulat de départ. Néanmoins, je reconnais une maladresse à ma présentation : celle de ne pas avoir assez nuancé mes propos sur l’IS, lesquels ont focalisé l’attention sur une problématique ponctuelle qui n’explique pas à elle-seule la tendance baissière des 30 dernières années et ont un peu occulté du débat la guerre idéologique qui la sous-tend, une guerre idéologique qui oppose deux conceptions économico-politiques du monde et que l’on pourrait ramener, dans un raccourci un peu simple et très connoté « 20ème siècle », à deux pensées et à deux hommes : Friedmann et Keynes.

    Un autre problème intéressant a été soulevé, notamment par Chris06, qui mériterait lui aussi d’être approfondi :celui du paradoxe entre le budget de l’Etat et celui des APU.

    Quoi qu’il en soit, je vous remercie tous de votre participation active et de vos diverses contributions qui illustrent parfaitement les bienfaits d’une réflexion collective et de l’intérêt majeur d’une démarche pollinisatrice dont ce blog est la ruche.

    Espérons que le miel qui en ressortira viendra à son tour vivifier et donner de l’énergie aux forces de la Résistance et que les petites abeilles que nous sommes en essaimeront quelques germes dans les consciences endormies.

    1. Cette dernière réflexion nous renvoie à la question de JT GIO, déjà soulevé par d’autres commentateurs :

      si les propositions contenues dans ce blog ne pénètrent pas la sphère publique, tout le travail aura été vain et le dictat de la finance continuera. A mon sens, il vous faudra rejoindre une formation politique pour faire de la pédagogie et gagner la bataille des idées. Sans cela, votre démarche restera sublime intellectuellement mais inefficace politiquement.

  81. MERCI pour tout ce que j’ai entendu ce matin, vraiment par hasard.
    enfin, une personne qui sait de quoi elle parle pose clairement la situation.
    grand merci pour cet espoir d’enfin vivre autrement, même si l’on ne sait pas encore comment.

Les commentaires sont fermés.