SPÉCULATION SUR LES MATIÈRES PREMIÈRES ALIMENTAIRES

5 septembre 2011 par Paul Jorion | Print SPÉCULATION SUR LES MATIÈRES PREMIÈRES ALIMENTAIRES

Markus Henn, de WEED, m’envoie ceci. L’AITEC prépare une traduction en français que Lucie propose à votre sagacité ici avant adaptation.

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60 commentaires

  1. Laurent

    Vidéo bien conçue. La question étant de savoir à partir de quel moment peut on juger que les spéculateurs exercent une action négative n’ayant plus de lien avec la simple couverture pour les « agents primaires » (agriculteurs et meuniers de la vidéo) ?

    • Une position de couverture n’est pas spéculative : on ne peut pas se couvrir et spéculer en même temps. Quand on parle de « spéculateur », on ne parle pas d’un intervenant qui se couvre pour un risque qu’il court effectivement, on parle d’un créateur de risque systémique : qui crée un risque là où il n’existait pas auparavant.

      • chris06

        Il est impossible d’estimer avec certitude les besoins de couverture pour des activités futures.C’est vrai pour les matières premières, les taux de change, les taux d’intérêts, etc… Il arrive que des projets ne se concrétisent pas, que des ventes soient bien inférieures à ce qui était prévu, etc… Si on se contente d’interdire les positions nues que faire des positions nues qui résulteront de ces sur-couvertures?

      • Laurent

        Je vais préciser mon propos qui n’était sans doute pas suffisamment clair. A partir du moment où le fermier et le meunier souhaitent s’accorder sur un prix futur et qu’ils se protègent donc contre sa variation future, il faut bien qu’en contre partie un agent supporte ce risque, c’est là qu’apparaît le spéculateur. Le spéculateur n’existe pas seulement de par sa propre volonté, mais aussi parce qu’il répond à une demande de couverture d’un risque de la part de certains agents refusant de supporter un certain type de risque (change, prix, taux…). Le spéculateur permet ainsi de « fluidifer » les échanges. La question que je me posais était de savoir si l’on pouvait déterminer le moment à partir duquel les spéculateurs ne répondent plus à cette demande de couverture. Et là, la réponse me parait évidente tout à coup… Dans un « monde parfait », les contrats futures sur matières premières devraient porter sur exactement les mêmes quantités qui seront échangés physiquement à échéance. Si cette égalité n’est pas respectée, on a effectivement affaire à des spéculateurs qui créent des risques systémiques n’ayant aucun lien avec le monde réel.

      • Mais, non, personne n’a besoin du spéculateur : l’acheteur qui veut se couvrir trouve en face de lui un vendeur qui veut se couvrir. Pourquoi devrait-il aller se couvrir à un niveau de prix spéculatif ? N’écoutez pas les boniments des spéculateurs.

        Il y a un an ou deux, un négociant cherchait à défendre ici le spéculateur. Il en avait besoin disait-il, d’une certaine manière. Poussé dans ses derniers retranchements, il a dû reconnaître que s’il avait besoin d’un spéculateur en face de lui, c’était parce qu’en plus d’être négociant, il voulait aussi … spéculer !

      • jean

        En tant qu’agriculteur j’utilise les marchés à terme du blé et du colza: je suis déjà couvert en grande partie pour ma prochaine récolte qui aura lieu en juillet 2012.
        Il faut juste avoir de la trésorie diponible car 1 lot (50 t) de colza mobilise 1750 €, en plus des appels de marges journalieres (dans le cas ou le cours monte)

        Mais je peux aussi conclure des contrats ‘physiques’. ainsi j’ai engagé une partie de ma future récolte.

        Ainsi, je peux vendre ET mon physique ET vendre sur le MATIF (ou vendre plus de lots que ce que l’on va produire): dans ce cas je spécule à la baisse ! Ce qui est mon cas en ce moment…

        Dans une position de couverture ‘classique': je ne vend mon physique que le jour ou je rachete mes lots sur le MATIF et mes ventes ‘MATIF’ correspondent à ma production.

        Il est également possible d’acheter des options ‘call’ ou ‘put’. Mais le procesus de décision est complexe, source d’indécision et de frustation.

      • chris06

        @Laurent,

        Dans un « monde parfait », les contrats futures sur matières premières devraient porter sur exactement les mêmes quantités qui seront échangés physiquement à échéance.

        Ce « monde parfait », ça serait pas une grosse boule de cristal? Sans cela, comment savoir à l’avance la quantité exacte de matières qui va être échangée à une date ultérieure?
        PS: avec une boule de cristal, il n’y aurait même plus besoin de marchés à termes ou de couvertures de risques.

      • Laurent

        Sans cela, comment savoir à l’avance la quantité exacte de matières qui va être échangée à une date ultérieure?

        Je pense pas qu’on ait besoin d’une boule de cristal pour déterminer cela (les surfaces cultivables sont connues et stables à moyen terme). Surtout les événements naturels affectant les récoltes (déluge en Australie, incendie en Russie) restent identifiables. Ainsi les récoltes respectent très probablement (ceci reste à vérifier) un mouvement de loi normale au tour d’une moyenne. Grosso modo à l’échelle mondiale tu as une moyenne de récolte / an sur un bien donné, et on peut probabiliser les écarts à cette moyenne au dessus et en dessous. Si tu es dans un rapport de 1 à 10 sur les quantités traitées sur le physique et sur les contrats à terme, cest qu’il y a un problème.

      • timiota

        @ Laurent

        Non non NON ça ne suit PAS une loi normale sur une moyenne.
        Lire N N Taleb.
        Ca suit des lois à longue queue dont la valeur moyenne est dominée par peu d’évènement,
        ce que Taleb appelle « l’extrémistan ». (Mandelbrot en était d’accord, grosso modo).

        A titre d’exemple, regardez si vous pouviez déduire les deux tsunamis de 2004 et 2011 des 50 années précédentes, la réponse est non ! Certes, cela peut être du à quelque paramètre de convection du manteau sous-jacent, et du passage d’un lobe de convection qui vient chatouiller ou gratouiller la ceinture de feu du pacifique, mais ça ne change pas l’idée n°1 que ce n’est pas gaussien et que les bouquins qui disent que des séries « naturelles » comme ça sont des gaussiennes ont choisi leur échantillon de façon ad hoc.

        L’argument suivant de Taleb est d’ailleurs encore moins trivial : la capacité de créer et/ou résister aux extrêmes va de pair avec la préservation de la vie dans sa complexité. Autrement dit, la part de la vie qui n’engendre pas assez de complexité mais seulement des moyennes gaussienne, a été éjectée du processus d’évolution, idem le gros des espèces « monoprésente » (ronce ET ortie ? vous avez remarqué souvent non , j’embraye : ) Pourquoi si peu de prairies fleurissent d’une seule herbe , et la plupart d’une assez grande variété de différentes herbes ? Une herbe unique n’aurait pas les moyens d’apprendre à résister aux variations extrêmes; la vie s’impose ce pensum à elle-même comme condition de sa « résilience ». Bien sûr, transitoirement, on verra le contraire. Après tel évènement, ou dans tel cas limite, une seule herbe reste. Mais c’est une démonstration à contrario, puisque l’exceptionnalité se définit dans ce cas sur la frange dans l’espace ou dans le temps.
        Si vous pensez quand même à des grandeurs biologiques dont la moyenne semble exister, comme la température de votre corps, tournez sept fois votre langue dans la bouche: (i) vous n’avez jamais la fièvre ? (ii) les fluctuations résiduelles sont liés à votre métabolisme, aux régulations hormonales,etc. ?
        Bref tout ça bouge, et les fluctuations sont dominées par des évènements rares, la moyenne ne sert bien que a posteriori.

        Après vous pouvez continuer à faire tourner Excel, je ne vous en voudrai pas.

      • chris06

        @Laurent,

        la quantité de blé récoltée l’année prochaine, vous pouvez me dire exactement de combien elle sera? Et la demande mondiale, même question.

        Oui, on peut sans doute prévoir à peu près ce que seront ces quantités et fixer une marge d’erreur, mais on peut pas prévoir exactement (c’est vous qui avez employé ce terme).

        Ceci dit, je suis d’accord que les quantités sur lesquelles portent les contrats à terme ne devraient pas être supérieures à une quantité estimée plus une certaine marge à déterminer pour chaque type de matière.
        Aujourd’hui, c’est le grand n’importe quoi!

      • chris06

        @timiota,

        d’accord avec les évènements rares qui pourraient faire chuter la production ou la demande de matières premières bien au delà d’une marge prévisible « normalement ». Mais quels évènements rares pourraient la faire monter bien au delà d’une marge prévisible « normalement »?

        Vu qu’il s’agit de mettre un seuil maximum sur les quantités sur lesquelles portent les contrats à terme, je ne vois pas où est le black swan.

      • Otto di Dacte

        @ Timiota.

        Ca suit des lois à longue queue dont la valeur moyenne est dominée par peu d’évènement, ce que Taleb appelle « l’extrémistan »

        La loi normale +- 2 écart types donne une excellente approximation des récoltes à venir nous en sommes en plein « normalistan ».

        Si la production de blé était concentré en un petit endroit précis de la planète alors oui une loi normal pour prévoir les récoltes présenterait des risques.
        Mais même des inondations en Australie plus la sécheresse en Chine plus le Feu en Russie … n’ont pas fait varier la production de plus d’un ET.

        Après nous ne sommes bien sûr pas à l’abri de la chute d’une météorite, de l’éruption d’un volcan et donc d’un hiver glaciaire.

      • yvan

        Laurent, d’accord avec toi. Les variations sont prévisibles ET l’incertitude peut en plus être calculée grâce aux historiques.
        En encore mieux : tout comme les cultivateurs gardaient 10% des récoltes pour la saison suivante, rien n’interdit de créer des stocks tampons servant à lisser les pics de demande.
        Le système, tel qu’il est fait actuellement, ne vise qu’à maximiser une marge, c’est tout.

      • chris06

        @Paul Jorion,

        Mais, non, personne n’a besoin du spéculateur : l’acheteur qui veut se couvrir trouve en face de lui un vendeur qui veut se couvrir.

        Est ce vrai? Pour que cela marche il faudrait que l’acheteur puisse toujours trouver un vendeur qui veulent se couvrir exactement du risque inverse de l’autre, avec les mêmes préférences temporelles. Qu’est ce qui vous assure que c’est vrai? Et quid de la liquidité dont le vendeur a besoin (par exemple l’agriculteur) pour mettre en place sa production, qui lui la procure? L’acheteur, bien sûr, il sera toujours d’accord pour payer avec 6 mois ou un an d’avance sur la livraison. Ou le contraire?
        Etes vous bien sûr que cela peut marcher, un marché à terme sans le moindre spéculateurs?

        Je me demande d’ailleurs pourquoi cette video n’est pas aussi catégorique que vous, puisqu’elle dénonce l’excès de spéculation. Ou la FAO et la CNUCED dans leur différents rapports très détaillés sur la question, pourquoi ne proposent ils pas d ‘interdire tout bonnement la spéculation sur ces marchés? Pourquoi condamnent ils eux aussi l’excés de spéculation? Y a t’il quelque chose qui leur a échappé?

      • vigneron

        @A toi mit

        Arrêtez le délire, emphigourique et référencé à la Poclain qui plus est et comme d’hab ! Les récoltes mondiales de céréales comme la demande, très inélastique et peu substituable certes, d’où l’efficacité majeure de la spéculation d’ailleurs, sont remarquablement stables. Par exemple depuis trois ans autour de 2 225 / 2 228 milliards de kilos, soit grosso merdo un kilo par jour et par tête de pipe.
        L’année 2009/2010 qui a vu à nouveau les prix mondiaux s’envoler a correspondu à un déficit de 1,2 % de la récolte mondiale… Et il faut savoir que le blé tendre, troisième production céréalière mondiale derrière le riz et le maïs, qui mène la danse des prix du fait entre autres de la proportion relativement importante de la production exportée (20 % des 650 millions de tonnes produites bon an mal an) et de la domination du marché par le trio USA, France, Canada, plus la Russie un peu derrière, qui représentent plus de la moitié de l’offre à l’export, il faut donc bien voir que le prix mondial du blé peut faire la culbute presque deux fois (de 100 à 280 entre 2006 et 2007/2008) pour une « chute » de seulement 3 % de la production mondiale, soit seulement 10 à 11 jours de conso mondiale, quand les stocks, comme pour toute production céréalière sont en permanence de l’ordre de 75 à 80 jours…
        Pour résumer, en 2010, une production céréalière mondiale en baisse « cataclysmique de 1,2 % a vu ses prix quasiment multipliés par deux.
        Alors je sais bien le refrain, les coûts de production because prix du baril, plus la demande en hausse brutale sur les biocarburants because toujours prix du baril, plus subventions massives offertes indirectement par les représentants politiques à leurs agriculteurs profitant de cette filière, les 100 millions de tonnes de céréales balancées dans les réservoirs de bagnoles… Sauf qu’au total on devrait avoir tout au plus une hausse de 40 ou 50 %, pas de 180 % comme en 2007/2008, et si ces 100 millions de tonnes avaient été consacrées à l’alimentation humaine, ben on aurait été en excédent massif sur ce marché « vital » puisqu’on y aurait vu les disponibilités augmenter de 10 % (céréales pour consommation humaine : 1 milliard de tonnes)…
        Cela dit je suis pas du tout certain que les consommateurs français ne doivent pas payer leur blé 20 ou 25 centimes d’€ le kilo. C’est peut-être bien le prix à payer pour assurer les investissements nécessaires dans l’agriculture et inverser la catastrophique tendance structurelle à la baisse des prix agricoles. Mais que ce prix mondial doive être aussi le prix payé en Afrique, non, sûrement pas. C’est juste du racket. Un racket toléré ou organisé par des régulateurs et politiques au bénéfice de l’aristocratie des landlords céréaliers francais, américains, canadiens, argentins, australiens ou russes, à celui des traders/négociants, Big Five du négoce céréalier (ou  » ABCD Group » avec ADM, Bunge, Cargill, Dreyfus et Glencore) en tête, ou d’un méga groupe coopératif français comme Invivo, offrant un terrain de jeu gâteau- gâteau aux « si précieux » spéculateurs, qu’ils soient « pure players » ou producteurs/négociants profitant de l’aubaine sous prétexte de « couverture », de la manière que Jean nous résume parfaitement au-dessus.

      • daniel

        CQFD parfaitement clair: la spéculation amplifie l’ augmentation « naturelle »
        des prix. La vérité des prix en est obscurcie.
        Cette daube sur l’utilité de la spéculation marche encore, elle est éternelle:
        Un exemple, une brève du Point:
        – Publié le 17/02/2011 à 11:09 – Modifié le 17/02/2011 à 11:11
        [...]
        La ministre française des Finances, Christine Lagarde:
        « Nous ne disons pas que la spéculation nourrit la hausse des prix », a-t-elle a déclaré lors d’une conférence organisée à Paris par l’Institute of International Finance, à la veille de la première réunion des ministres des Finances du G20 sous présidence française.
        « Peut-être que ça l’anticipe un peu, peut-être que ça l’accélère un peu, il y aura un débat à ce sujet, peut-être que ça n’a aucun effet, c’est aussi une éventualité », a-t-elle ajouté.

        S’agissant d’une matière première alimentaire: la manipulation à la hausse est constitutif de crime.
        en tout cas: famine ou faim, émeutes, violence, extrémismes favorisés;
        Il n’est pas indifférent que les US bazardent , sous le le vocable d’aide alimentaire
        leur produit de mauvaise qualité. Et alimentent directement ou non les seigneurs
        de la guerre locaux, de pauvre types à Kalachnikov pratiquant l’extraction directe
        de la plus-value.

        Une remarque: j’ai difficilement suivi la discussion. C’est manifestement complexe,
        plus que nécessaire. Tout ce qui est complexe est destiné à tromper et devrait être supprimé
        pour cette simple raison = 1000 y perdent, un clampin manipulateur y gagne.

  2. Je veux pas dire , mais l’or qui ne sers à rien , permet déviter çà .
    Parce que créér des gros stocks , par intervention étatique , çà résoult pas forcémment , si l’état
    tout au moins les politiques sont corrompus , çà aggrave . Et je crains qu’ils ne le soient . Voir
    Sarkhozy donner des leçons à l’Iran , c’est pas rassurant , pour qui travaille t il au juste ? Pour
    son idéal des droits de l’homme ? …
    Bref , spéculer sur l’or n’affame personne . C’est un aspect de l’or à ne pas négliger pour les grandes ames .
    Mets avis que le survivalisme va devenir un courant porteur , c’est rassurant de savoir qu’il existe un tas de racines sauvages utiles , ne serait que les orties , on sous estime les vertus des orties ,
    ou méme des ronces qui donnent de magnifiques mures en ce moment .

    • loire42

      La confiture de mure est un regale.
      Faire cuire les mures
      Les pressées dans un presse purée, pour obtenir un « jus »
      Faire bouillir
      Ajouter du sucre, le même poid que le  » jus » de mure.
      Refaire bouillir pendant 5 ou 6 min
      Mettez en bocaux et retournez les.
      A dégustez le matin au petit déjeuné sur du pain boulanger ( pas de super marché), ou sur du fromage blanc fais maison.
      Bon appétit

      • Dans les recettes bateaux on met beaucoup trop de sucre. Maintenant je préfère la mireville (ou méréville), pourquoi, moins long à ramasser. A couper en petits clairs de lune, rajouter la moitié de son poids en sucre plus des battons de vanille et de l’écorce d’orange. Faire cuire et recuire ensuite doucement jusqu’à obtenir une consistance de miel d’acacia pour le jus; excellent.

      • kercoz

        Perso , je ne mets plus de sucre : agar agar pour la « prise » et stévia pour le gout sucré . En ce moment , un max de cynhorodon a ramasser …15 x plus de vitamine C que ds le citron ..tres bon , mais valable en mélange ..un vrai médicament .

      • loire42

        @kercoz
        on trouve cet agar agar ou, dans quel type de magasin.
        De plus je voudrai savoir si les algues rouges viennent de France ou d Europe, et dans ce cas c est bien.
        Si cet agar agar vient de l asie vous comprendrez que les effets positif ( moins de sucre dans la confiture ) sont contre balancés par les effets négatifs ( longue distance de transport et saccage, peu être, de l éco système local, pour récolté plus de cette algue ).

      • vigneron

        @Hervey

        Allons bon… alors toi aussi t’es du club des mémés-confiture du blog à papy Paul ? En tout cas te v’là en belle compagnie avec les trois autres belles mamans…

      • Pierre-Yves D.

        Si j’ai bien compris, après la déconfiture, les confitures.

        La déconfiture est une notion en droit civil qui désigne l’insolvabilité d’un débiteur non commerçant qui ne peut faire face à ses dettes. Dans le premier sens du terme, la « déconfiture », expression de moins en moins usitée, désigne la situation dans laquelle se trouve un débiteur insolvable durant la période ayant précédé l’ouverture d’une procédure collective (redressement fiscal, liquidation judiciaire, surendettement).

        On utilise cependant le mot dans un sens plus large pour désigner un débiteur insolvable ayant déjà fait l’objet d’un jugement le plaçant dans une des situations ci-dessus. (wikipédia)

  3. loire42

    Sinon pour revenir a nos cochons ( élever en batterie, et donc non consommable).
    Désolé c est en Anglais.
    Twenty-five of the 100 highest paid U.S. CEOs earned more last year than their companies paid in federal income tax

    http://www.reuters.com/article/2011/08/31/us-usa-tax-ceopay-idUSTRE77U0KW20110831

    Et qui se rapporte a l article
    http://edito-matieres-premieres.fr/29-et-26-sur-juillet-aout%C2%A0-ble-et-mais-se-decorrelent-des-marches-actions/

    • Renard

      Si votre trader ou votre banquier vous propose une placement sur, c’est qu’il a déjà pris position sur sa chute.

  4. chris06

    @Paul Jorion,

    vous noterez que cette video:

    1. parle de l’excès de spéculation
    2. caractérise les intermédiaires qui vendent des positions de couverture aux producteurs et transformateurs de matières premières en tant que spéculateurs utiles qui ont une bonne connaissance de ces marchés et qui sont considérés généralement comme une force stabilisatrice.
    3. dénonce l’arrivée grandissante sur ces marchés de spéculateurs qui, au contraire, amplifient la volatilité intrinsèque des prix et donc augmentent le risque à leur profit : notamment Hedge Funds et Index funds (ETFs).

    Elle ne prône pas l’interdiction de la spéculation mais sa limitation.

    J’en reste toujours a mon juste milieu : pas de spéculateurs c’est pas bon, trop de spéculateurs, c’est pas bon non plus.

    • C’est comme la peste et le choléra : c’est l’excès qui est dangereux.

    • timiota

      Et les médias
      (in media stat virtus)

    • Samuel

      chris06, revient à la réalité, aucun producteur n’a besoin de spéculation si on lui laisse la possibilité d’un rapport de force sur un marché (or y à que l’état ou un appui des consommateurs).
      De toute façon les puts et les calls sont des assurances à double tranchants, pour un producteur, c’est comme prendre une assurance pour une voiture et que ton assureur te demande si tu vas avoir un accident dans l’année, si il y aura beaucoup (des morts) ou peu de dégâts (de la tôle froisser).
      Il faut déjà maitriser le marché, savoir l’anticiper (ce qui est une blague voir un commentaire plus bas) et si tu en es capable à quoi bon financer un assureur?
      Tu laisses ton blé en dépôt chez ton négoce et tu le vends le jour le plus favorable.
      Et si tu ne sais pas anticiper, tu risques d’avoir bien plus que l’assurance à financer.

  5. Charles A.

    Ce qui va affamer les peuples, c’est aussi l’accaparement des terres, décrit ici par Esther Vivas:
    http://www.npa2009.org/content/moins-de-terre-plus-de-faim

  6. eric

    Bonjour,dans notre systeme de commerce internationnal,deux pays peuvent ils s’entendrent et echanger directement et facilement des marchandises? ou bien est ce que le passage par la case fric est incontournable,ou rendu quasi comme tel?

    • Oui, c’est la chambre de compensation internationale multilatérale de Keynes et Schumacher préconisée ici depuis plusieurs années dans une grand nombre de billets signés par Pierre Sarton du Jonchay ou par moi-même. Voir aussi Le capitalisme à l’agonie, pages 164 à 187.

    • Charles A.

      Les peuples qui auront pris en main leur destin,
      c’est à dire exproprié le capital,
      pourront échanger sur la base d’accords de coopération,
      en dehors de toute considération marchande.

  7. Arnaud

    Vidéo bien pédagogique, idéale avant le journal de Jean Pierre Pernot :-)

    • Toine

      Avant le journal de JPP? En Anglais? Je crois qu’il faudra attendre la VF, pour les nuls comme moi.

  8. GL

    En 1900, 70% de la population française travaillait la terre, ils ne sont plus que 1% aujourd’hui.

    L’office du blé, a été créé en 1936 par le Front populaire pour stabiliser le marché et garantir des revenus aux producteurs par une politique dirigiste de prix. Il avait le monopole de l’exportation et de l’importation du blé et de la farine. Il était placé sous le contrôle du Ministère des Finances et du Ministère de l’Agriculture.

    Un sénateur de droite déclara qu’il est «le plus beau monument d’organisation marxiste que l’on connaisse».

    Le prix du blé a été fixé jusqu’en 1953 par l’office

    (D’après ONIGC sur wikipedia)

    A cette époque le prix du blé pour certains et le prix du pain pour d’autres – même s’ils avaient tendance s’inquiéter d’abord du comportement des commerçants auxquels ils avaient directement affaire – avait un effet réellement important sur le vote des français.

    La spéculation n’est pas une chose nouvelle mais, depuis que ce commerce relève de la politique agricole commune (PAC) et l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et que pratiquement plus personne n’a encore affaire à un boulanger ou un marchand de grain, ces choses ne font plus partie des préoccupations des électeurs ni des revendications qu’ils expriment.

  9. Lucie

    Voici une traduction de la voix off, première étape avant un film tout en français!
    A l’image du film, la trad se veut pédagogique mais à trop rechercher l’accessibilité par le plus grand nombre, ça tombe dans l’excès (comme la spéculation!) avec des phrases assez hachées.
    Toute suggestion d’amélioration serait donc hautement appréciée!!
    Un grand merci!

    « En 2007 et 2008, une très forte hausse des prix des denrées alimentaires a causé de nouvelles famines. Des révoltes de la faim éclatèrent dans plus de 30 pays ; 115 millions de personnes supplémentaires tombèrent dans l’extrême pauvreté en raison de cette augmentation sévère des prix des aliments.

    Entre 2006 et 2008, l’indice des prix des produits alimentaires de la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, a enregistré une hausse de 71% des prix des produits les plus essentiels. Cette augmentation a même atteint 126% pour le riz et les céréales. Juste après, les prix sont redescendus, pour ensuite mieux repartir à la hausse. Au début de 2011, ils atteignaient de nouveau leurs niveaux de 2008.

    Les populations des pays émergents et des pays en développement sont les premières victimes de ces hausses de prix. Alors qu’un ménage moyen d’un pays industrialisé dépense environ 10 à 20% de son budget pour ses besoins alimentaires, les foyers des pays les moins développés y consacrent entre 60 et 80% de leur budget. Les effets de ces hausses des prix sont par conséquent beaucoup plus dévastateurs dans ces pays.

    Conformément à ces statistiques, une augmentation de 71% des prix des denrées de base conduirait à une augmentation d’environ 10% des dépenses alimentaires d’un ménage d’un pays industrialisé. En revanche, cela représenterait presque 50% de dépenses supplémentaires dans les pays en développement.

    Les raisons suivantes sont fréquemment évoquées comme pouvant être les causes de l’augmentation des prix des denrées en 2007-2008 :
    1. L’augmentation de la demande
    2. La baisse du dollar
    3. Le manque d’investissement dans l’agriculture
    4. Les restrictions sur les exportations par les principaux pays producteurs
    5. La production d’agrocarburants
    6. Des prix élevés du pétrole et des engrais
    7. Des mauvaises récoltes

    Initialement, la hausse actuelle des prix peut s’expliquer par les pertes des récoltes ces derniers mois en Russie, Australie et dans d’autres pays producteurs. Mais tous ces éléments ne peuvent à eux seuls expliquer les pics extrêmes des prix. De nombreux observateurs évoquent un autre facteur : une spéculation de plus en plus forte sur les marchés des produits agricoles.

    Les produits alimentaires ne sont pas seulement achetés et vendus directement ; ils sont aussi sujets à des achats à terme, un procédé par lequel les futures récoltes sont négociées. Un agriculteur qui ne peut pas prévoir quelle sera la valeur de sa récolte peut se protéger contre la fluctuation des prix sur le marché. Dans sa forme la plus simple, un céréalier peut établir avec un meunier un contrat qui fixe le prix et la date de sa livraison. Ces accords d’achat ou de vente d’une marchandise pour une livraison dans le futur sont appelés « contrats à terme » sur les marchés boursiers.

    Afin de faciliter ces échanges entre céréaliers et meuniers sur le marché des « contrats à terme », des intermédiaires jouent le rôle d’opérateurs de couverture. Ils contactent par exemple le céréalier et lui propose de couvrir ses pertes si le prix des céréales tombe en dessous d’une certaine marge. Cependant, si le prix dépasse le niveau fixé, ils empocheront les bénéfices. L’opérateur de couverture facture également au céréalier son effort et sa prise de risque. Il contracte dans le même temps et dans les mêmes termes avec le meunier.

    Cela signifie que le prix des céréales augmente légèrement dans l’ensemble mais le céréalier comme le meunier sont assurés de revenus fiables. Ce type de spéculateur connaît souvent très bien le marché des produits agricoles et est généralement perçu comme le stabilisant.

    D’autres spéculateurs s’associent aux opérateurs de couverture qui, selon leur volonté d’assumer les risques, les répartissent ou multiplient avec d’ autres contrats à terme et d’autres mécanismes du marché financier.

    S’il y a eu pendant longtemps relativement peu de spéculateurs sur les marchés agricoles, la situation s’est complètement renversée. Deux raisons principales à cela. D’une part, les lois encadrant la spéculation se sont considérablement assouplies au cours des 10 dernières années. Aux États-Unis par exemple, les banques et les fonds d’investissement ont été progressivement autorisés à investir de plus en plus sur les marchés à terme. D’autre part, ce renversement s’est produit car le marché de l’immobilier s’est complètement effondré dans le sillage de la crise économique mondiale et les spéculateurs ont alors cherché de nouveaux marchés. Beaucoup d’entre eux ont été attirés par les marchés agricoles.

    Les nouveaux spéculateurs sur le marché agricole sont des fonds de couverture ou hedge funds et des fonds indiciels. Les fonds indiciels cherchent à reproduire le marché physique en achetant d’énormes quantités de contrats à terme. Cependant, il est reconnu qu’ils poussent les prix à la hausse étant donné qu’ils achètent principalement les contrats à terme, qui misent sur une hausse des prix. Les fonds de couverture très controversés procèdent différemment : ils spéculent par divers moyens sur le marché financier et emploient des stratégies variées, ce qui leur permet d’engranger des profits même lorsque le marché s’effondre.

    Ce nouveau type de spéculation à terme joue désormais un rôle croissant en Europe, en particulier sur les bourses de Londres et de Paris. Mais c’est certainement aux États-Unis qu’il s’est le plus développé. Là-bas, la proportion de producteurs, consommateurs et opérateurs impliqués dans les contrats à terme est passée de 39% en 2000 à 15% au début de 2008. Le ratio entre le nombre de contrats à terme de blé et la production réelle de blé aux États-Unis s’est catégoriquement modifiée. En 2002, le nombre de « contrats à terme » était 11 fois plus élevé que celui de la production, contre 16 fois en 2004 et 30 fois en 2007.

    L’afflux de spéculateurs signifie que de plus en plus de contrats qui n’ont rien à voir avec les conditions de l’économie réelle sont signés. Certains spéculateurs commencent à manipuler les marchés afin de générer des profits. La majorité spécule simplement sur le comportement des autres spéculateurs ou exploitent des tendances à court terme. Par conséquent, même des changements mineurs de prix deviennent des tendances lourdes. La spéculation provoque des pics de prix qui profitent principalement aux spéculateurs eux-mêmes. Cet afflux de spéculateurs a l’effet inverse à celui de stabilisation des prix qui existe lorsqu’il y avait peu de spéculateurs.

    A travers la montée de la spéculation sur les contrats à terme, les produits agricoles perdent leur valeur utilitaire et deviennent un investissement financier. C’est ce qu’on appelle la financiarisation. Les prix dépendent de plus en plus des fluctuations du marché financier et non plus des besoins des populations, agriculteurs et établissements commerciaux.

    Suite à ces expériences négatives liées à la libéralisation des marchés, les États-Unis ont d’ores et déjà rétablit des règles de régulation plus contraignantes. Il a été décidé :
    1. d’obliger les transactions opaques de gré à gré à s’effectuer sur les places boursières où elles seront supervisées et standardisées.
    2. de restreindre les spéculateurs en leur imposant des « limites de position » quant à la quantité de produit qu’ils peuvent soumettre à spéculation
    3. d’assurer plus de transparence sur les marchés en obligeant les spéculateurs à fournir plus d’informations sur leurs activités

    Ces sujets sont désormais discutés par l’Union européenne. Aujourd’hui, les bourses européennes sont sous-réglementées et une spéculation financière toujours plus forte menace de provoquer de nouvelles bulles. C’est pour cela que nous avons besoin de lois plus strictes, d’une plus grande transparence des marchés financiers et de réglementations commerciales plus fortes pour les spéculateurs. »

  10. Toine

    A chris, maintenant que j’ai lu du texte en français, je crois comprendre que que la vidéo utilise un sens élargi pour le terme spéculateur, en ce sens qu’il semblait y avoir des spéculateurs cantonnés à une certaine activité, qui ne spéculaient pas vraiment…! Ou plutôt une activité sur les marchés qui n’intéressaient pas beaucoup les « vrais » spéculateurs. On pourrait très bien appeler cela organisme de régulation ou autre… La vidéo ne défend pas et ne justifie pas la spéculation mais constate les faits et précise qu’il faurait plus réglementer la spéculation telle qu’elle existe désormais. Il faut bien commencer par quelque chose. Dire que les spéculateurs ne servent à rien n’est pas contradictoire, leur rôle factuel éventuel pouvant être remplacé par autre chose.

    • Toine

      au fait, merci Lucie.

      • Samuel

        @chris06 (à quoi bon) sur ce graph:
        http://www.terre-net.fr/cours_marches_agricoles/cotations.html
        Tu constates qu’à partir de février le blé ce casse la gueule, les récoltes ce font de juin à septembre dans l’hémisphère nord et autour de novembre dans l’hémisphère sud quoique le blé soit peu produit. Sans nouvelle récolte (depuis 2 mois donc comptabilisé) et avant des nouvelles pour juin (sachant qu’il n’y avait rien anticipant une baisse de précipitation pour l’Europe), les mois de janvier février sont de natures stables (hormis gelé forte en orient, mais cette année c’était correcte).
        Alors pourquoi ça tombe dés le 22, à cause de La Libye dont le pétrole qui nécessite peu de raffinage (pour compenser les américains ont incité l’Arabie Saoudite a augmenté la cadence, mais il est très difficile a raffiné, du coup y a des bateaux qu’on fait des aller retour à plein), c’est l’anticipation du défaut libyen qui fait chuter le blé le févier à mars.
        Et sans corrélation avec des bio carburants, juste des positions débloqués sur le blé, car elles seront plus profitable sur le pétrole
        Un exemple de ce qu’en pense un acteur sérieux sur ces marchés:
        http://marchedescereales.over-blog.com/article-wheat-ete-en-cour-avec-pour-cible-6-80-de-la-folie-69067796.html
        Après tu peux trouver d’autres sources (agritel) mais vu qu’ils sont aussi bon que nos politiques sur l’anticipation et la compréhension des marchés…
        Enfin tu vois, ce que tu veux croire

    • chris06

      @Toine,

      qu’est ce qu’un vrai et un faux spéculateur?

      Si on propose d’interdire les spéculateurs sur les marchés à terme, il s’agirait peut être de donner une définition précise de ce terme, et de ce qu’on veut interdire, ne pensez vous pas?

      Je suis entièrement d’accord avec cette video:

      Afin de faciliter ces échanges entre céréaliers et meuniers sur le marché des « contrats à terme », des intermédiaires jouent le rôle d’opérateurs de couverture. Ils contactent par exemple le céréalier et lui propose de couvrir ses pertes si le prix des céréales tombe en dessous d’une certaine marge. Cependant, si le prix dépasse le niveau fixé, ils empocheront les bénéfices. L’opérateur de couverture facture également au céréalier son effort et sa prise de risque. Il contracte dans le même temps et dans les mêmes termes avec le meunier.

      Cela signifie que le prix des céréales augmente légèrement dans l’ensemble mais le céréalier comme le meunier sont assurés de revenus fiables. Ce type de spéculateur connaît souvent très bien le marché des produits agricoles et est généralement perçu comme le stabilisant.

      C’est en contradiction avec ce que pense Jorion : il pense clairement que ces spéculateurs (ces intermédiaires entre acheteur et vendeur de marchandises qui leur vendent des positions de couverture c’est à dire qui ne font effectivement qu’un pari sur la fluctuation de prix sans acheter ou prendre livraison de la marchandise) sont inutiles, puisqu’un acheteur qui cherche à se couvrir pourra toujours trouver un vendeur qui cherche à se couvrir.

      Je ne pense pas que cela soit vrai.

      Qui a raison? Cela serait quand même bien si on pouvait finaliser cette discussion une bonne fois pour toutes.

      • Oui, elle a été finalisée une fois pour toutes : Le capitalisme à l’agonie (Fayard 2011) : pages 187 à 194.

        Dans toutes les bonnes librairies !

      • chris06

        C’est quand même bizarre que cette discussion n’ai pas déjà eu lieu sur ce blog.

        Vous affirmez qu »un acheteur qui cherche à se couvrir pourra toujours trouver un vendeur qui cherche à se couvrir exactement du risque inverse, avec les mêmes préférences temporelles. De plus vous affirmez que la liquidité apportée par les acheteurs et vendeurs sur ces marchés est suffisante pour couvrir les besoins en financement des deux types d’intervenants.

        Rien de cela n’est démontré ni n’a jamais fait l’objet d’un quelconque billet ou discussion sur ce blog (oui, j’ai cherché au tag spéculation).

        C’est dommage que ces questions ne soient traitées que dans votre livre, vu l’importance du sujet.

        Je commande le livre mais a quand un billet là dessus?

    • chris06

      @Toine,

      La video conclut par :

      C’est pour cela que nous avons besoin de lois plus strictes, d’une plus grande transparence des marchés financiers et de réglementations commerciales plus fortes pour les spéculateurs.

      Ce qui est exactement la conclusion de la CNUCED, dans son rapport que j’ai lu entièrement et dont j’ai donné le lien plus haut. Je vous conseille de le lire si le sujet vous intéresse. Vu que ce problème de spéculation sur les marchés à terme des matières premières est un des problèmes les plus urgents à régler, il me semble que l’on devrait au moins pouvoir se mettre d’accord sur ce blog sur ce qu’il faut faire.

      Vous dites:

      Dire que les spéculateurs ne servent à rien n’est pas contradictoire, leur rôle factuel éventuel pouvant être remplacé par autre chose.

      Ben s’ils ne servent à rien, pourquoi les remplacer par autre chose? Jorion pense que les spéculateurs sont inutiles et que les marchés à terme pourraient très bien fonctionner sans eux, uniquement avec ceux qui achètent, livrent et vendent et prennent livraison de la marchandise. La video termine en demandant, comme la CNUCED, non pas d’interdire mais de réguler plus fortement la spéculation.

      Faut il réguler plus fortement la spéculation ou tout bonnement l’interdire? C’est quand même important comme question, non?

      • vigneron

        @Lièvre variable de Menton levé

        Mais non de d’la ! Faudra bien un jour expliquer comment t’arrives à être « totalement favorable » à l’IPSLP – avec les sempiternels préalables christiques du contrôle des flux de capitaux et du multilatéralisme… – et d’avis tout aussi favorable sur les conclusions plus que modérato-moyennardes de rapports aussi innombrables que convenus et frileux affirmant, mezzo-voce voire au clairon, l’utilité de la pure spéculation sur les variations de prix sur les marchés à terme des matières premières agricoles.
        Y’a comme un iguane sous le caillou, mon lapin.

  11. GL

    Ci-dessous ce que j’ai cru comprendre sans en être certain et ce que je n’ai pas compris:

    « une augmentation de 71% des prix des denrées de base conduirait à » — une augmentation des prix des denrées de base de 70% provoque (indicatif ou futur en français à la place du would anglais)

    « Initialement, la hausse actuelle des prix peut s’expliquer par les pertes des récoltes ces derniers mois  » — Au départ la hausse des prix a pu provenir d’une diminution des récoltes de ces derniers moi

    « de couvrir ses pertes si le prix » — compenser ses pertes quand le prix

    Au passage opérateur de couverture est pour moi bien plus mystérieux que « contrat à terme », est-ce que couvrir les pertes c’est compenser la différence? si c’est bien d’eux qu’il s’agit ne vaudrait-il pas mieux appeler les hedge funds par leur nom habituel?

    « Cela signifie que » — cela entraîne que

    « selon leur volonté d’assumer les risques, les répartissent ou multiplient avec d’ autres contrats » — ?

    « Les fonds indiciels cherchent à reproduire le marché physique en achetant d’énormes quantités de contrats à terme. » — reproduire ?

    « Cependant, il est reconnu qu’ils poussent les prix à la hausse étant donné qu’ils achètent principalement les contrats à terme, qui misent sur une hausse des prix. » — « contrats à terme, qui misent » : virgule très gênante.

    « Le ratio » — en français la proportion me semble préférable.

    « En 2002, le nombre de « contrats à terme » était 11 fois plus élevé que celui de la production, contre 16 fois en 2004 et 30 fois en 2007. » — En 2002 les contrats à terme représentaient 11 fois la production, 16 fois en 2004, 30 fois en 2007. (Si c’est bien ça alors je comprend pas, c’est en contradiction avec « 39% en 2000 à 15% au début de 2008″…)

    « qui existe lorsqu’il y avait peu de spéculateurs. » — qui existait lorsqu’il y avait

    « La spéculation provoque des pics de prix qui profitent principalement aux spéculateurs eux-mêmes. » … à la limite on s’en fout : ce qui est grave c’est que les agriculteurs produisent moins (ou autre-chose) et plus mal quand les cours s’effondrent. Même très très riches les spéculateurs ne consomment que fort peu de blé et de riz mais il importe que les agriculteurs en produisent beaucoup, de quoi nous nourrir tous!

    Vu l’importance de ces questions ça vaudrait le coup d’aboutir à un texte entièrement compréhensible par un élève de terminale (en plus c’est le genre de choses auxquelles ils sont sensibles.)

    • Lucie

      merci pour toutes ces remarques et corrections; je vais remettre une nouvelle trad de suite.

      je vais tenter de répondre aux questions mais j’appelle l’aide de Paul Jorion car je ne suis pas économiste et risque plus d’obscurcir les choses…
      déjà quelques éléments:
      un opérateur de couverture n’est pas un hedge fund même si ce dernier est utilisé comme couverture contre les fluctuations du marché. un paysan lambda est susceptible de faire appel au premier alors que les produits financiers de hedge fund s’adressent à un certain type de clientèle, aisée et rodée sur les mécanismes boursiers. les opérateurs de couverture sont plus anciens que les hedge fund. ces derniers ne se prêtent qu’à des stratégies de nature spéculative en prenant délibérément des risques, notamment en tentant de maintenir simultanément une position longue sur les titres dont la valeur est susceptible d’augmenter et une position courte sur les titres dont la valeur est susceptible de diminuer. En spéculant sur la valeur boursière de leurs actifs, le seul objectif est l’appréciation du capital, et ces acteurs ne visent généralement que des profits à court terme, la rentabilité sur le long terme étant inférieure. En outre, ces fonds sont généralement des actionnaires activistes qui utilisent un certain volume de leurs parts pour influencer l’issue de l’assemblée générale des actionnaires et donc la stratégie à long terme d’une entreprise afin de faire des profits à court terme.
      L’opérateur de couverture se finance sur les marges des deux côtés.

      « En 2002, le nombre de « contrats à terme » était 11 fois plus élevé que celui de la production, contre 16 fois en 2004 et 30 fois en 2007. » — En 2002 les contrats à terme représentaient 11 fois la production, 16 fois en 2004, 30 fois en 2007. (Si c’est bien ça alors je comprend pas, c’est en contradiction avec « 39% en 2000 à 15% au début de 2008″…)
      – « la proportion de producteurs, consommateurs et opérateurs impliqués dans les contrats à terme est passée de 39% en 2000 à 15% au début de 2008″: la part des producteurs, consommateurs et opérateurs diminue car celle des purs spéculateurs augmente.
      – « En 2002, le nombre de « contrats à terme » était 11 fois plus élevé que celui de la production, contre 16 fois en 2004 et 30 fois en 2007″: étant donné que les spéculateurs émettent successivement plusieurs contrats à terme sur un même volume de production, et que cette tendance s’accélère, le nombre de contrats à terme est de moins en moins en lien avec la production réelle.

      « Les fonds indiciels cherchent à reproduire le marché physique en achetant d’énormes quantités de contrats à terme. »: reproduire n’est peut-être pas le bon terme; suggestion? (reproduire’ car ils se fondent sur l’évolution à la hausse et/ou à la baisse des titres pour réajuster de manière similaire leur position)

  12. GL

    Challenge pour P Jorion: un site web (pas forcément un blog) pour expliquer la crise aux lycéens.

    J’espère que Michel Serre qui rappelle aujourd’hui dans Libé que En 1900, 70% de la population française travaillait la terre, ils ne sont plus que 1% aujourd’hui serait d’accord.

  13. Alexandria

    Quelques corrections mineures :
    « 7. Des mauvaises récoltes » = de mauvaises récoltes
    « Ils contactent le céréalier […] et lui proposent de couvrir ses pertes »
    « les États-Unis ont d’ores et déjà rétabli (pas de t) des règles de régulation plus contraignantes. »

    Merci pour votre traduction.

  14. Lucie

    Nouvelle proposition de traduction

    En 2007 et 2008, une très forte hausse des prix des denrées alimentaires a causé de nouvelles famines. Des révoltes de la faim éclatèrent dans plus de 30 pays ; 115 millions de personnes supplémentaires tombèrent dans l’extrême pauvreté en raison de cette augmentation sévère des prix des aliments.

    Entre 2006 et 2008, l’indice des prix des produits alimentaires de la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, a enregistré une hausse de 71% des prix des produits les plus essentiels. Cette augmentation a même atteint 126% pour le riz et les céréales. Juste après, les prix sont redescendus, pour ensuite mieux repartir à la hausse. Au début de 2011, ils atteignaient de nouveau leurs niveaux de 2008.

    Les populations des pays émergents et des pays en développement sont les premières victimes de ces hausses de prix. Alors qu’un ménage moyen d’un pays industrialisé dépense environ 10 à 20% de son budget pour ses besoins alimentaires, les foyers des pays les moins développés y consacrent entre 60 et 80% de leur budget. Les effets de ces hausses des prix sont par conséquent beaucoup plus dévastateurs dans ces pays.

    Conformément à ces statistiques, une augmentation des prix des denrées de base de 70% provoque une augmentation d’environ 10% des dépenses alimentaires d’un ménage d’un pays industrialisé. En revanche, cela représenterait presque 50% de dépenses supplémentaires dans les pays en développement.

    Les raisons suivantes sont fréquemment évoquées comme pouvant être les causes de l’augmentation des prix des denrées en 2007-2008 :
    1. L’augmentation de la demande
    2. La baisse du dollar
    3. Le manque d’investissement dans l’agriculture
    4. Les restrictions sur les exportations par les principaux pays producteurs
    5. La production d’agrocarburants
    6. Des prix élevés du pétrole et des engrais
    7. De mauvaises récoltes

    Au départ, la hausse actuelle des prix a pu provenir d’une perte des récoltes de ces derniers mois en Russie, Australie et dans d’autres pays producteurs. Mais tous ces éléments ne peuvent à eux seuls expliquer les pics extrêmes des prix. De nombreux observateurs évoquent un autre facteur : une spéculation de plus en plus forte sur les marchés des produits agricoles.

    Les produits alimentaires ne sont pas seulement achetés et vendus directement ; ils sont aussi sujets à des achats à terme, un procédé par lequel les futures récoltes sont négociées. Un agriculteur qui ne peut pas prévoir quelle sera la valeur de sa récolte peut se protéger contre la fluctuation des prix sur le marché. Dans sa forme la plus simple, un céréalier peut établir avec un meunier un contrat qui fixe le prix et la date de sa livraison. Ces accords d’achat ou de vente d’une marchandise pour une livraison dans le futur sont appelés « contrats à terme » sur les marchés boursiers.

    Afin de faciliter ces échanges entre céréaliers et meuniers sur le marché des « contrats à terme », des intermédiaires jouent le rôle d’opérateurs de couverture. Ils contactent par exemple le céréalier et lui proposent de compenser ses pertes lorsque le prix des céréales tombe en dessous d’une certaine marge. Cependant, si le prix dépasse le niveau fixé, ils empocheront les bénéfices. L’opérateur de couverture facture également au céréalier son effort et sa prise de risque. Il contracte dans le même temps et dans les mêmes termes avec le meunier.

    Cela entraine une légère augmentation du prix des céréales mais le céréalier comme le meunier sont alors assurés de revenus fiables. Ce type de spéculateur connaît souvent très bien le marché des produits agricoles et est généralement perçu comme le stabilisant.

    D’autres spéculateurs s’associent aux opérateurs de couverture qui, selon leur volonté d’assumer les risques, les répartissent ou multiplient avec d’ autres contrats à terme et d’autres mécanismes du marché financier.

    S’il y a eu pendant longtemps relativement peu de spéculateurs sur les marchés agricoles, la situation s’est complètement renversée. Deux raisons principales à cela. D’une part, les lois encadrant la spéculation se sont considérablement assouplies au cours des 10 dernières années. Aux États-Unis par exemple, les banques et les fonds d’investissement ont été progressivement autorisés à investir de plus en plus sur les marchés à terme. D’autre part, ce renversement s’est produit car le marché de l’immobilier s’est complètement effondré dans le sillage de la crise économique mondiale et les spéculateurs ont alors cherché de nouveaux marchés. Beaucoup d’entre eux ont été attirés par les marchés agricoles.

    Les nouveaux spéculateurs sur le marché agricole sont des fonds de couverture ou hedge funds et des fonds indiciels. Les fonds indiciels cherchent à reproduire le marché physique en achetant d’énormes quantités de contrats à terme. Cependant, il est reconnu qu’ils poussent les prix à la hausse étant donné qu’ils achètent principalement les contrats à terme qui misent sur une hausse des prix. Les fonds de couverture très controversés procèdent différemment : ils spéculent par divers moyens sur le marché financier et emploient des stratégies variées, ce qui leur permet d’engranger des profits même lorsque le marché s’effondre.

    Ce nouveau type de spéculation à terme joue désormais un rôle croissant en Europe, en particulier sur les bourses de Londres et de Paris. Mais c’est certainement aux États-Unis qu’il s’est le plus développé. Là-bas, la proportion de producteurs, consommateurs et opérateurs impliqués dans les contrats à terme est passée de 39% en 2000 à 15% au début de 2008. Le ratio entre le nombre de contrats à terme de blé et la production réelle de blé aux États-Unis s’est catégoriquement modifiée. En 2002, le nombre de « contrats à terme » était 11 fois plus élevé que celui de la production, contre 16 fois en 2004 et 30 fois en 2007.

    L’afflux de spéculateurs signifie que de plus en plus de contrats qui n’ont rien à voir avec les conditions de l’économie réelle sont signés. Certains spéculateurs commencent à manipuler les marchés afin de générer des profits. La majorité spécule simplement sur le comportement des autres spéculateurs ou exploitent des tendances à court terme. Par conséquent, même des changements mineurs de prix deviennent des tendances lourdes. La spéculation provoque des pics de prix qui profitent principalement aux spéculateurs eux-mêmes. Cet afflux de spéculateurs a l’effet inverse à celui de stabilisation des prix permis par la présence d’un nombre limité de spéculateurs.

    A travers la montée de la spéculation sur les contrats à terme, les produits agricoles perdent leur valeur utilitaire et deviennent un investissement financier. C’est ce qu’on appelle la financiarisation. Les prix dépendent de plus en plus des fluctuations du marché financier et non plus des besoins des populations, agriculteurs et établissements commerciaux.

    Suite à ces expériences négatives liées à la libéralisation des marchés, les États-Unis ont d’ores et déjà rétabli des règles de régulation plus contraignantes. Il a été décidé :
    1. d’obliger les transactions opaques de gré à gré à s’effectuer sur les places boursières où elles seront supervisées et standardisées.
    2. de restreindre les spéculateurs en leur imposant des « limites de position » quant à la quantité de produit qu’ils peuvent soumettre à spéculation
    3. d’assurer plus de transparence sur les marchés en obligeant les spéculateurs à fournir plus d’informations sur leurs activités

    Ces sujets sont désormais discutés par l’Union européenne. Aujourd’hui, les bourses européennes sont sous-réglementées et une spéculation financière toujours plus forte menace de provoquer de nouvelles bulles. C’est pour cela que nous avons besoin de lois plus strictes, d’une plus grande transparence des marchés financiers et de réglementations commerciales plus fortes pour les spéculateurs.

  15. Bonjour Mr. Jorion,

    que pensez-vous de cet article de Gilian Tett (consœur anthropologue?) Beware whacking speculators for commodity swings du 8 sept dans le FT?

  16. Pourquoi ne peut-on pas se prémunir des variations de prix en souscrivant une simple assurance ?

    • Vous pouvez, c’est effectivement une assurance si vous êtes producteur ou récepteur (et transformateur/distributeur) de la marchandise. Si vous n’êtes pas exposé au risque, c’est un pari, pas une assurance. Si vous n’êtes pas en mesure de prendre livraison de la marchandise et que vous achetez donc pour revendre, l’accès au marché devrait vous être interdit, comme les outils de couverture.

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