Quand on n’est pas fière…, par Armelle Pélaprat

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Aubervilliers, pause.

Après avoir évalué une élève dans un commerce d’Aubervilliers, j’attendais sur un banc, au bord du canal la navette fluviale quand une voix douce me sortit de ma rêverie :

– Donne-moi un euro !

Je regardais la jeune fille. L’échange qui suit fut ponctué de très très longs silences.

– Quel âge as-tu ?
– 11 ans.
– Où sont tes parents ?
– Ils sont partis.
– Ah ?
– Tu es toute seule ?
– Non… je suis avec mon frère.
– Où est-il ?
– Il fait la manche au MacDo, là-bas.
– Quel âge a-t-il ?
– Il a cinq ans.
– Où vis-tu ? Dans les campements ? Avec des connaissances de ton pays ?
– Non.
– Tu dors où ?
– Là où tu es.
– Et la police ne t’a pas emmenée avec ton frère ?
– Non.
– C’est pas possible ça !!
– Si.
– Depuis quand ?
– Un an.

Je laissai passer la navette.

– Et toi quel âge as-tu ?
– 57 !
– C’est pas possible ça !
– Si, je vais les avoir après-demain. Tu parles bien le français dis donc.
– Je suis allée à l’école un an.
– Et tu n’y vas plus ?
– Non, pas depuis que mes parents sont partis.
– Partis où ?
– Ils sont retournés en Bosnie
– Et toi tu voudrais retourner en Bosnie ?
– Oui… Je ne sais pas comment y aller.
– Mais c’est incroyable ce que tu dis ! Tu me dis la vérité ? !!!
– Oui.
– Tu n’es pas en train de me raconter des histoires ? Tu me mens ?
– Non… Pourquoi je te mentirais ?
– Je ne sais pas… Tu ne veux pas que je vous emmène au commissariat ? Vous pourrez dormir dans un foyer ou à l’hôtel et puis tu irais à l’école. J’ai des élèves comme toi dans mes classes.
– C’est grand ton école ?
– Oui. Mille élèves.
– Donne-moi un euro.
– Tu as besoin que je vous emmène à la police.
– À trois heures j’irai.
– Pourquoi à trois heures ?
– Je dois acheter une veste pour mon frère, il a froid…
– C’est cher une veste !
– Regarde, il y a Tati, j’ai vu une veste à cinq euros… Après j’irai à la police… J’irai à trois heures.
– À trois heures je ne peux pas vous emmener, je dois reprendre le travail. Tu sais où est le commissariat ?
– C’est loin.
– Non !
– Je n’ai pas de quoi … le bouze.
– Quoi ?
– Le bouze.
– Quoi ? La blouse ?
– Non, le bouss.
– Ah, tu n’as pas de quoi prendre le bus !! Mais ce n’est pas loin, on peut y aller à pied. Tu as besoin d’être protégée, d’être accompagnée d’adultes.
– Qu’est-ce que c’est, adulte ?
– Un adulte est une grande personne, tu es une enfant toi, tu ne dois pas rester seule. Mais comment fais-tu pour te laver ?
– Je vais à Crimée. À Crimée, on a la douche gratuite une fois par semaine. Le samedi.
– Hmmh… C’est pas une vie ça !
– Non. C’est pas une vie…
– Des hommes vont te proposer de te prostituer, des gens peuvent t’encourager à te droguer…
– Oui, des hommes souvent. Je cours très vite.
– Non non, je dois vous emmener.
– À trois heures.
– C’est pas un euro dont tu as besoin, c’est de changer cette situation.
– Oui. Tu vois la dame qui vend des choses par terre, elle nous donne à manger.
– Ah, tu connais quelqu’un ?
– Oui.
– Elle est de ta famille ? De ton pays ?
– Non.

(J’ai laissé passer deux navettes) je dois prendre celle-là car j’ai des rendez-vous.

Oui.

… Je me dirigeais vers la file pour la navette, elle s’éloignait et, montant dans le bateau, elle se rapprochait pour me montrer son petit frère. Elle me fit signe de la main que je lui rendais.

Regardant le soleil et les sillons dans l’eau, mille pensées et émotions se bousculaient. Je décidai de revenir, ce weekend.

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79 réflexions au sujet de « Quand on n’est pas fière…, par Armelle Pélaprat »

    1. Leurs avez vous donné 1€? Je l espère,
      Un enfant sait très bien ce qui lui faut.
      Sinon , si le cœur le temps et l’esprit vous en dit, devenir un de leurs repère.

      Les donner aux institutions sans pouvoir s’assurer de ce qu’ils deviennent c’est souvent de la connerie.

      1. Les institutions :
        Oui, en effet, je patauge pas mal dans cette histoire. Je suis venue un soir, mon emploi du temps ne me permettant pas trop de venir la journée et je n’ai trouvé ni la gamine ni son petit frère.
        Le lendemain matin, j’ai téléphoné au commissariat qui m’a envoyée sur les roses. Je suis allée à un autre commissariat sur place, qui, pour faire court, a expédié mes questions aussi, pas très aimablement non plus….

  1. La vie ordinaire de milliers de personnes dans la cinquième puissance du monde qui s’apprête à supprimer 120000 fonctionnaires et à frapper seule en Syrie ce qui se traduira par moins de structures d’accueil et plus de réfugiés.

    1. Ceux et celles qui travaillent dans l’EN ont en outre une fonction de veilleur, notamment auprès d’enfants voire d’adolescents et sont donc en lien direct, soit, avec l’assistante sociale de l’école et/ou du collège, s’ils ont la chance d’en avoir une; et/ou connaissent les services sociaux à contacter pour un signalement d’enfant qui leur semble en danger. Les enfants errants sont très libres, évidemment les policiers les effrayent, amha donc signaler leur présence au SAMU social (très bien habitué à cette approche et très humains) qui effectue des maraudes et/ou a une assistante sociale de ce secteur. Mais libres et aguerris, comme le sont ces mineurs, survie oblige, ils ont sans doute déjà fugué et changé de quartier…

  2. Si vous revenez ( le plus simple aurait été de ne pas partir sans aller jusqu’au bout , pas forcément jusqu’au commissariat de police , mais avec un coup de fil à l’aide sociale à l’enfance -ça doit se trouver très facilement sur internet ou un bête annuaire ) , j’espère que les deux gamins seront encore là , et que vous ne vous quitterez pas sans avoir accroché une piste de solution à une situation gravissime .

    A minima un signalement à la gendarmerie ou au commissariat de police .

      1. Police direct… Au banc de tes grandes écoles, t’as pas dû en avoir beaucoup de futurs flics à côtoyer… Ben moi, j’ai eu cette chance. Il n’y a pas que des ramassis de vermine, mais pour la plupart, c’était les braves qui piétinaient les camarades ayant la gueule en biais et les fringues TEX plutôt que Chevignon, qui crachaient sur les visages des profs manquant d’autorité, et n’étaient pas défoncés quand le prof se faisait respecter. Donner les niards aux flics, ouaouh, la belle idée.

      2. Tout le monde n’a pas eu la chance de fréquenter la flicaille en devenir pour mieux l’agonir d’anathèmes mon cher.

      3. Quand la police se contenterait là de renvoyer les niards chez papa-maman, en Bosnie, si tant est qu’ils s’y trouvent.

      4. En fait et beaucoup plus simplement , un commissariat de police informé de ce type de situation est (en tous cas était ) tenu d’alerter le juge des enfants .

        La police de proximité , c’est même pour ce type de choses qu’elle a sa raison d’être .

        Encore faut il se servir des compétences des fonctionnaires avant de commencer par se foutre de leur gueule .

      5. « Tout le monde n’a pas eu la chance de fréquenter la flicaille en devenir pour mieux l’agonir d’anathèmes mon cher. ».

        Il faut croire en effet que je peux m’offrir ce luxe. A chacun le sien hein 😉
        Quand à s’imaginer que les flics en l’occurrence puissent être d’un quelconque recours, la situation telle que décrite par le témoin semble penser que la présence des enfants ne date pas d’hier, et donc les gardiens de l’ordre décoifferaient déjà le sens du mot « incurie ».

      1. La protection de l’enfance est confiée aux départements et ce depuis la loi de décentralisation (années 82-83), le commissaire de police peut saisir le parquet en urgence pour confier l’enfant à un foyer le we où les jours fériés et la Pjj et les services sociaux prennent le relais. En semaine il contacte les services sociaux départementaux ou au tribunal la PJJ. Les services sociaux sont habilités à saisir le substitut pour un placement en urgence, mais peuvent très bien prendre une décision administrative en vue de protéger le mineur menacé par des conditions de vie qui le mettent en danger et à la merci des prédateurs et autres trafiquants. Donc le signalement à des services adaptés ou en relation avec eux est capital et très important. En outre, l’État et les collectivités, ont l’obligation légale de prise en charge effective des enfants mineurs, y compris étrangers et sans papier et leur porter assistance. Éventuellement, chercher s’il y a de la famille ou par sur place, mais hors de question de les laisser à la rue, a fortiori lorsqu’ils sont signalés par des associations, des médicaux voire tout un chacun etc. La croix rouge et autre associations habilitées, les sociaux, la police, dont la brigade des mineurs, les médicaux, les pompiers, le SAMU social, travaillent tous ensemble et se connaissent et échangent pour prendre en charge les individus mineurs, étrangers ou pas, livrés à eux m^mes.
        http://www.info-droits-etrangers.org/index.php?page=2-2-4-1

        Protéger les enfants des bidonvilles comme les autres
        http://www.metropolitiques.eu/Proteger-les-enfants-des.html

      2. @Arkao

        « J’ai vu cet enfant dormir sur un tas d’immondices aujourd’hui 8 juillet 2017, à Metz.
        « Parmi les rares qui ne se taisent pas, saluons l’initiative de la députée Caroline Fiat, 6e circonscription de Meurthe-et-Moselle, unique députée de « La France Insoumise » de Lorraine »

        À raison. Je précise que je me fiche comme d’une guigne que cette députée soit fi ou autres, pour moi elle a fait ce qu’il faut faire agir concrètement et interpeller qui de droit face à cette situation inacceptable. J’ajoute que la solidarité et la protection des plus faibles n’ont pas à être prise en otage pour des raisons bassement politiciennes mais elles exigent au contraire d’aller bien au-delà et ce pour l’intérêt des plus fragiles. J’approuve la réaction de C. Fiat, m^me si je ne partage pas ses convictions. 😉

      3. Ça , il ne faut pas compter sur la police pour héberger ( vaut mieux pas d’ailleurs) les enfants en détresse .
        Pour faire son travail en rendant compte au juge des enfants , on doit y compter car c’est la loi .
        Et si la loi n’est pas respectée par ses servants ( je pense que la députée évoquée la connaît ) , les recours sont possibles .

        C’est plus complexe et fatigant qu’une photo et un article de presse , mais plus sérieux .

        Et quand il s’agit d’enfants c’est la moindre des exigences .

      4. C’est de toute façon, dans un cas pareil, la justice, via donc éventuellement la flicaille puis les services sociaux du département, qui va décider de leur sort, que tu le veuilles ou non.
        Dans l’urgence c’est bien police secours que t’appelles… si t’as pas Google sous la main…
        http://www.infomie.net/spip.php?rubrique272

      5. @ Julien Alexandre :

        Je ne pense pas que les policiers français soient plus ou moins humains que leurs collègues américains ou que la moyenne de la population , je voulais simplement souligner qu’un commissariat n’est pas une destination réjouissante ou formatrice pour un enfant de 5 ans ou 11 ans ou plus ou moins .

        Les policiers , gendarmes , soignants , pompiers ,travailleurs sociaux , à un degré moindre employés de la voierie .. sont parmi celles et ceux qui ont le plus l’occasion de nourrir vraiment leur compassion , si la stupidité et la brutalité du monde ne les rend pas fous avant .

    1. Après l’impasse du commissariat, j’ai finalement contacté la croix rouge du secteur. La croix rouge qui me dit, si c’était possible, de poursuivre le dialogue. Probablement, des thénardiers doivent être derrière cette histoire.
      Le soir, je n’ai pas vu les gamins. Quand j’ai pu venir le midi, à l’heure où j’étais venue, elle était là.
      Elle dit avoir perdu ses papiers. La dame qui lui donne à manger n’était pas là par contre.
      Toutes mes excuses pour la réponse tardive. Cet événement intervient alors que mon emploi du temps est très pris par l’association (après l’école :-)) et dès que j’ai un moment, je prends le tram pour Aubervilliers.

      1. Les parents ne sont pas loin. Les Thénardiers ont le plus souvent le même nom que les enfants. C’est quand même plus facile et moins risqué pour un père ou une mère de faire marner les niards.

  3. C’est bien d’avoir partagé cette expérience. Elle vous a visiblement fortement marqué. Pour preuve, la reconstitution très complète de votre échange avec cette petite fille. Votre métier d’enseignante (en commerce probablement) vous a probablement préparé (sans que vous le sachiez) à cet exercice d’écoute dramatique.
    Que vous ayez laissé la situation en l’état sur le terrain est très compréhensible tant il est choquant que des enfants puissent être, dans notre société soi-disant évoluée, à ce point, abandonnés à leur sort.
    J’espère que vous pourrez y retourner et faire avancer les choses. Ce serait bien de nous tenir informés de vos efforts et d’appeler à l’aide les lecteurs de ce blog, si cela peut être utile. 🙂

    1. J’acquiesce vivement au commentaire publié ci-dessus par Frank. Merci à lui.

      Oui, tenez-nous régulièrement au courant Armelle de cette histoire vraie et abracadabrantesque qui a lieu en France en 2017.

      J’ai bien compris que vous n’alliez pas abandonné ces enfants à leur triste sort et que personne au delà de vous, ne doit le faire !

      Nulle doute que les économies d’argent publique à hauteur de 60 milliards d’euros prévue par la Commission européenne et actées par le premier ministre, pour payer le service de la dette, ne vont pas arranger les choses, notamment en ce qui concerne le service public dédié à la Petite Enfance.

      Tenez-nous au courant Madame Pélaprat !

      1. Il y a déjà pas mal de temps que l’état a refilé aux départements la charge de l’aide sociale à l’enfance ( qui justifie une partie des dotations globales de fonctionnement versées aux dits départements ) . Si l’effort vous parait insuffisant , depuis déjà quelques années , vous connaissez donc la solution : demandez au président de votre conseil départemental d’augmenter les impôts locaux départementaux .

    2. Ce sont les « risques » du dialogue avec une personne de la rue… Généralement, je me contente de sourire aux personnes qui mendient ou bien de faire ce que j’ai vu faire un jour : déposer un café chaud et une cigarette prêt d’un SDF qui dort dans le froid. Je trouvais que c’était une bonne idée.
      Au lycée, les situations précaires…. que dis-je, ultra précaires ne manquent pas et j’admire le boulot de ma copine l’assistante sociale pour son travail qui devient de plus en plus difficile, d’année en année. La nouvelle lors de la dernière réunion de secteur : des retraités vont être sollicités pour renforcer les services de l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance) et la fin des mesures de jeunes majeurs, ce qui pour nous, est une tuile de taille.
      Oui, j’étais en commerce cette année, l’année prochaine je serai en gestion administrative.

  4. Merci pour ce témoignage.
    Vous avez donné un peu d’humanité et d’espoir à cette petite.
    En espérant une suite heureuse.

    En face de chez nous il y a un squat avec deux familles. Leurs gosses ont ce qu’il faut… pour combien de temps?

  5. Il n’y a pas si longtemps, j’ai lu ici beaucoup de messages témoignant d’une brûlante indignation pour une femme chinoise exécutée dans l’indifférence par des automobilistes.
    Là, il s’agit d’enfants crevant doucement sous les yeux de tout le monde.
    Ce paraît moins violent, et pourtant…
    Je ne blâme pas la dame qui est venue témoigner ici de son expérience. Et je la remercie même de dévoiler son sentiment coupable à sa manière, qui rappelle le mien… Je ne sais même pas moi-même si j’aurais eu le courage de répondre à l’interpellation de l’enfant. Regarder ailleurs est si confortable.
    La lâcheté petit bourgeois est l’un des maux les plus cruel.

      1. Il ny a pas qu’en région parisienne et croyez moi elle est identique voir pire dans certaines grandes villes de province. ..Et croyez moi vu la conjoncture on a pas fini de voir des mineurs et jeunes majeurs dehors…
        Alors que d’autres s’ engraissent un.peu plus avec de l’argent public. …et je ne parle pas de politiques….beaucoup de fonctionnaires sont concernés….a l’EN pour commencer…
        Armelle…je te connais trop pour t’inclure dans ce système qui use et abuse. ..
        Cependant tout ceci, comme toi, me laisse sans voix. …comme toutes ces situations que je côtoient chaque jour….comment agir?
        Donner 1e? La police??? Interrogez aussi la justice….ceux qu’on ne voit pas mais qui font encore moins que les flics. …sinon les prendre chez soi….
        Alors Armelle…je ne sais pas ce que j’aurais fait…rien de mieux c’est sur
        .mais tout ça donne la nausée. ..

  6. Parfois les situations sont tellement incroyables que l’on est plongé dans la stupeur. Mais pourquoi ne pas avoir amené ces deux enfants chez vous et réfléchir calmement pour trouver une solution réaliste ?

    1. @ Béotienne

      Votre proposition généreuse dans l’esprit est hautement délicate.
      On aurait pu accuser l’auteure de ce texte « d’enlèvement d’enfants ». Il fallait donc raison garder, régler les affaires courantes et appeler les services publics compétents dans ce genre d’affaires ou se rapprocher d’associations tout aussi compétentes pour tenter de voir ce qui pouvait être fait. Je ne doute pas que Madame Pélaprat a préféré choisir cette option.

      1. « Enlèvement d’enfants « … Ça ne me serait pas venu à l’esprit si j’avais pensé que la seule solution était celle là .

        Par contre , s’il fallait absolument être motivé pour être efficace , on peut rappeler que la non assistance à personne en danger peut « valoir » cinq ans de prison et 75 000 € d’amende .

      2. Depuis quand donner asile provisoire à des enfants de rue, pourrait-il être assimilé à un enlèvement. Il n’y a pas d’assistants sociaux en France ? Le risque d’enlèvement est plus important sur un banc public que chez un particulier de bonne volonté. Il serait aussi humain de pas séparer cette petite de son frère (sa seule famille)

  7. Ramener les enfants chez vous…….
    Eh oui, les citoyens finissent par faire le travail évident de l’état. Ça ne devrait pas être la tâche des citoyens de protéger… Mais heureusement qu’ils sont là, souvent, pour remédier aux carences criminelles de l’état.
    Ces deux enfants sont le symboles de ce monde financier qui nous écrase, ils sont les grecs de Panagiotis Grigoriou, ils sont les migrants qui se noient dans la méditerranée, les esclaves qui font les vêtements que nous achetons à Zara, H&M et consorts…
    Il est de notre devoir d’être solidaire, de ne plus accepter l’inacceptable, de dire haut et fort ce qui est choquant, de ne pas transiger avec l’éthique.
    Pourquoi le blog ne ferait pas un appel citoyen pour aider ces deux enfants? Je sais, c’est une goutte d’eau dans la mer mais, cette goutte, on nous l’a racontée, nous la connaissons. Nous ne pouvons pas fermer les yeux, nous ne pouvons pas oublier que nous sommes solidaires.

  8. Ce sont probablement des « Rom » Alors tout le monde est indifférent, sauf cette dame qui a pris la peine de s’informer et de publier.

  9. Je sais pas exactement où on en est aujourd’hui mais il faut savoir que l’Etat français se fait habituellement un devoir de ne pas mobiliser les crédits européens que la Commission met à sa disposition pour l’accueil des 15 à 20 000 roms présents sur le territoire…
    C’est comme ça en France, depuis… bouhhh…très longtemps, la IIIème République, au moins…
    http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2014/04/16/le-droit-des-roms-de-vivre-en-france-896513.html
    https://blogs.mediapart.fr/caro-andreani/blog/271015/la-situation-des-roms-deurope-de-lest-en-france#sdfootnote21sym

    1. Grâce à la loi notre de 2015, le FSE revient dans le giron des régions. Dans mon dpt les fonds du FSE sont répartis dans le social et tous les types d’actions afférentes. Les enfants roms ou pas confiés à l’ase ont été suivi sans distinction aucune, depuis des années et appréciés avec leurs spécificités humaines et des traducteurs aussi, entre autres. Il y a des vagues migratoires régulières, constantes, et elles sont assumées par tous les intervenants avec les moyens du bord, sans forcément que la presse en face écho; comme le souligne Juan avec clairvoyance et pertinence, et cela FSE ou pas. Autant qu’un malade qui va se présenter au service des urgences, m^me si il n’a pas la CMU…
      http://europe.regionpaca.fr/jai-un-projet/programmes-europeens/po-feder-fse/

      Les dotations
      « La baisse des dotations semble inévitable avec le départ britannique. Cela dit, les régions les plus développées veulent la garantie que toutes les régions européennes continuent de bénéficier des fonds européens après 2020. L’Allemagne a même proposé que l’allocation de ces fonds soit conditionnée au respect de l’Etat de droit, des valeurs de l’UE et des clauses de répartitions des réfugiés entre Etats membres. Une proposition qui vise directement les pays de l’Est, au premier rang desquels la Pologne et la Hongrie. »
      https://www.taurillon.org/l-avenir-incertain-de-la-politique-de-cohesion-apres-2020

  10. C’est malheureux de lire des récits pareils mais c’est devenu un réalité: de plus en plus de mineurs étrangers non accompagnés arrivent en Europe. Difficile de les expulser, c’est connu. Et ce n’est qu’un début, paraît-il; nous sommes au seuil d’une migration de masse venant du sud. On connaît les raisons: pauvreté et pression démographique, guerres et changement climatique. Mais quand on dit qu’il faut contrôler les frontières, refouler les étrangers sans visa, on passe pour un affreux jojo, un rassiste, ou carrément pour un suiveur de Le Pen. Mais on y vient: l’Autriche veut fermer sa frontière avec l’Italie……..Et l’Italie est au bout du souffle.

    1. Ce n’est pas en fermant les frontières qu’on sera à la « hauteur » de notre humanité. C’est bien une refondation et une abolition des frontières qui permettra de passer ce cap. Je sais pas moi mais y en a encore ici en occident qui n’ont pas compris où nous sommes ? Tant qu’y a de quoi gérer matériellement ce changement de paradigme, faudrait voir à enclencher la première avant que d’être embourber dans l’horreur.

      1. Yep, le statut de travailleur détaché par exemple, un bon moyen de faire tomber des frontières et limiter l’immigration sauvage.
        Tu sais les zigues « qui viennent voler le pain des travailleurs sur place » comme disait un clown fossilisé national-popu-mouffiste du début du troisième millénaire…

      2. Je pensais à une vision du truc un peu plus Humaine, que tes « travailleurs détachés » qui ne volent rien du tout, les pauvres c’est même tout le contraire on leur vole leur vie loin des leurs. En revanche on peut dénoncer comme criminel le fait de profiter et favoriser les malheurs des uns et des autres, en jouant des inégalités sociales et fiscales en Europe. Cela au bénéfice d’une caste de profiteurs et de la bêtise ambiante d’une société gangrenée par l’idéologie libérale et la stupidité de chacun de ses membres.

        Non, moi je penche plus pour une abolition des nations, des frontières, avec des droits uniques et véritablement Universel. Ca va pas être du coton, pour sûr, mais c’est la seule issue. La seule ! Et cela implique une remise en cause profonde du libéralisme économique, de l’organisation de nos sociétés, et de l’éducation. La voie passe obligatoirement par une prise en compte de tous les êtres vivants et par une décroissance ainsi qu’une réorientation des ressources et des énergies.

    2. Je ne sais pas pour les adultes mais si j’en crois les récits des jeunes qui ont pu trouver les chemins de l’école, ils peuvent mettre des mois à venir et débordent d’ingéniosités pour arriver jusqu’à nous. C’est dire à quel point leurs motivations sont fortes et indépassables je crois. On pourra faire tout ce qu’on veut, ils y parviendront. C’est bien à l’échelle politique qu’il faut agir en rééquilibrant les richesses au niveau international. « En attendant », on ne peut plus ignorer l’ampleur de l’exode qui demande, de fait, un autre positionnement.
      J’en étais restée à mettre dans le jardin du lycée des conteneurs pour loger certains jeunes,… mais alors là…

  11. Rien à voir, au sujet du succès de la dette argentine à 100 ans.
    François Leclerc finit par :
    « Comment le marché peut-il s’y retrouver ? »
    Et dans ce cas précis faut pas chercher bien loin.
    Les fonds de pension et assureurs, qui se sont rués pour acheter ces titres au prix de 90 cents pour 1$, vont récupérer 71 cents en 10 ans rien qu’avec le flux des coupons et il paraît difficile d’imaginer qu’ils ne récupèrent pas au moins 30 cents à la revente sur les titres en question, y-compris après un haircut aussi radical que ceux des derniers défauts de l’Argentine.
    Bref, que le bin’s tienne dix ans et les pensionnés et assurés derrière les détenteurs LT de dette séculaire argentine concernés « retrouvent » leur mise plus 12% (1,01$ pour 0,90$ avancés).

      1. Ah ouais ?
        Et c’est moins long 10 ans avec du titre pourri « Côte d’Ivoire » 16 ans à 6% ou du titre pourri itou « Illinois » 10 ans à 4,4 qu’avec du 100 ans « Argentina » à 8% ?

  12. « (…) de plus en plus de mineurs étrangers non accompagnés arrivent en Europe. »

    Et le truc sympa avec les enfants c’est qu’ils grandissent, même sans parents, et qu’ils s’adaptent à leur environnement… A moins que la République bourgeoise se débarrasse (état d’urgence légalisé oblige) de ces petits Gavroche au cours d’une belle émeute de la faim !

    Ô, les beaux lendemains que nous préparent nos dirigeants !

    1. T’as raison, on va embaucher les mercenaires de la République Bolivarienne conseillés par leurs garde-chiourmes de la République Populaire Démocratique de Corée pour s’occuper sur le pavé parisien du sort des Gavroches venus des PECO, z’ont l’art et la manière et pis pourquoi salir des mains trisocolores, hein ?

      1. M. Vigneron, votre fixette sur JLM scandée à tout propos, et votre admiration pour Jupiter ne vous donne pas le droit de me faire dire le contraire de ce que j’ai écrit.
        Par ailleurs la « reductio ad SeptentrionalisKorea », c’est d’un ringard…
        Notre République retourne au XIXe siècle surfant sur un bonapartisme dévastateur pour le prolétariat et meurtrier pour le sous-prolétariat.
        Vous avez le droit d’en refuser l’augure, vous n’avez pas celui de me prêter des intentions génocidaires que tout au contraire, je redoute de voir arriver.

      2. C’est ça, j’ai cré cré peur pour le prolétariat et suis accablé pour les classes dangereuses, tu peux pas imaginer à quel point.
        Surtout au Venez.

  13. Il y a beaucoup de « bons conseils » voire de reproches prodigués par les intervenants ici.

    Parmi eux, combien auraient simplement « évité » en passant son chemin ?

    Armelle Pélaprat aurait-elle dû se vanter d’avoir, quand-même, donné 1€ ?

    1. C’est à elle de penser ce qu’elle peut , et de retourner sur les lieux sur lesquels d’autres commentateurs parisiens peuvent aussi se rendre rapidement pour agir .

  14. Pour bien faire, mais c’est long, il faut signaler au procureur Général du TGI du coin par un courrier, qui fera suivre au Juge des Enfants, en relatant l’échange donné plus haut.
    Une autre façon de faire est de se pointer avec les enfants à l’UTPAS de secteur, ou le CCAS, ou encore un organisme de type AREAS (sur Lille) ou CIMADE. Voire la Police.
    Mais si Armelle prend les enfants avec elle, tôt ou tard, elle sera considérée comme kidnappeuse ou je ne sais quoi d’autre qui l’enverra en prison………..
    Malheureusement, la France est ainsi faite. Directement, on ne peut pas grand chose sinon on risque gros, il faut donc solliciter une institution.

    1. Que je sache, la demande de la gamine n’avait pas grand chose à voir avec une prise en charge par quiconque et il aurait fallu s’occuper de leur cas par la voie normale en loucedé pasque pas du genre à apprécier les formalités et les représentants d’une quelconque administration, en uniforme ou pas.

      1. Bonjour Armelle :

        D’abord chapeau pour votre action et votre ténacité dans la responsabilité , mais je n’en suis pas étonné pour avoir déjà compris depuis de nombreux commentaires que vous faisiez partie des personnes qui rendent le monde moins désespérant .

        Sur la méthode ( et c’est pour ça que je l’indiquais ), je pense qu’un signalement ( i.e déposition écrite et signée dont on doit vous laisser copie ) suffit à assurer , de droit et de règlement, une transmission du service de police au juge ( que ce soit procureur ou juge des enfants ). Il m’est arrivé d’employer ce biais , et, si l’urgence me paraissait devoir un peu secouer les errements administratifs , de faire copie, simultanément, au maire , au député , au préfet , voire au conseiller départemental s’agissant de cas social , en indiquant ses transmissions au service en charge .

        Bises et bonne journée !

  15. Et pendant ce temps là, au chapitre VI du feuilleton Bruno Iksil , l’intangible devient tangible .
    Et un robot découvre que Dominique Temple lui a donné une âme .

    1. « C’est plus court que si c’était moins long. Et vice versa. »

      Les rossignols apprécieront et Juan aussi. Mais, dans l’autre sens, pour tous les sens, histoire de s’y retrouver, tout de même.
      Et dans toutes les dimensions et les non dites, ni mentionnées d’ailleurs. A trouver.
      Les joies insoupçonnées de l’exploration.

  16. Dernier passage avant départ en déplacement pour demain, puis, weekend.
    Personne à l’endroit dit. Je me suis adressée au vigile dans la guérite de la navette fluviale qui a levé les bras au ciel en disant : enfin une personne qui s’intéresse à ces enfants-là qui ne vont pas à l’école, etc, etc. Il pense qu’ils s’agit de roms et m’a indiqué l’emplacement de l’adulte pointé du doigt par la gamine l’autre jour. Il m’a dit qu’ils n’étaient pas là tous les jours. Lui non plus car les vigiles tournent…. pas très commode tout ça. Il m’a dit aussi que parfois ils étaient quatre ou cinq enfants.
    Merci pour les conseils ! Je vais prendre ma plume.

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