PAUL JORION
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Result of the research Result of the research : 'confond'


CHAPITRE 11

UN CATALOGUE RAISONNÉ DES INSTRUMENTS FINANCIERS

Au chapitre précédent, j'ai envisagé le rapport qui pourrait exister entre les notions de rareté des hommesau sein de leur condition, de risque et de statut social ainsi que les deux pôles du partage du risqueque sont la « location » qui assigne au locataire l'entièreté du risque encouru sur la fructification de la chose empruntée en l’obligeant à verser comme loyer une proportion fixe du principal, et le « métayage » qui partage le risque entre prêteur et emprunteur sur la base préétablie non d’une proportion fixe du principal mais du revenu, écartant automatiquement le risque de défaillance de ce dernier. Ici j'examinerai systématiquement l'ensemble des stratégies possibles de partage du risque au sein de l'univers économique contemporain. Je pourrai alors montrer comment, à l'échelle macro-économique, la location débouche sur une logique du prêt à taux fixe (je signalerai au passage le lien entre l’assurance et la location), et le métayagesur une logique du prêt à taux variable (je décrirai, entre autres le fonctionnement d'un des principaux instruments financiers contemporains, le « swap de taux d'intérêt&nbs

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La vérité (anthropologique) sur les extra-terrestres

publié dans L'Homme 157 : 197-216


Pour certains, l'événement le plus remarquable du récent millénaire fut l'écrasement d'une soucoupe volante à proximité de Roswell (Nouveau Mexique, États-Unis) en juin ou juillet 1947. La constatation de l'accident par le fermier Sid West date des premiers jours de juillet mais l'état de décomposition des cadavres découverts dans l'épave par d'autres témoins était suffisamment avancé pour que l'on puisse dater en réalité la catastrophe du mois de juin.

Comme le font très justement remarquer les auteurs de UFO Crash at Roswell : The Genesis of a Modern Myth (1997) l'incident n'est mentionné dans aucune des grandes encyclopédies en langue anglaise : « Manifestement », écrivent Ziegler et Saler, « cette ommission est due au fait que les moyens d'évaluation épistémologiques utilisés par les intellectuels en charge de tels relevés historiographiques appartenant au courant de pensée dominant, diffèrent de ceux utilisés par les ovnistes et autres croyants à la matérialité de l'incident de Roswell » (Saler, Ziegler & Moore 1997 : 154). Autrement dit, les maîtres à penser de l'opinion commune considèrent que l'événement n'a pas eu lieu. Pourtant les témoins de manquent pas, disposés à coucher leurs observations sur le papier - voire à les confier aux bons soins d'un huissier. De deux choses l'une alors, ou bien ces personnes - généralement qualifiées dans la presse américaine de « citoyens responsables » - mentent, ou bien on nous cache des choses.

* * *

Deux ouvrages récents, l'un en anglais : celui que je viens de mentionner : UFO Crash at Roswell, l'autre en français : Des hommes, des
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1978
      -  Projet de gestion piscicole de la rivière "Le Scorff" , Paul Jorion, Ministère de l'Environnement et du Cadre de vie, 120 pages
1979
      -  Encyclopédie de l’Ethnologie et Histoire des doctrines ethnologiques , Paul Jorion, édition 2000, Presses Universitaires de Bruxelles, 56 pages
1983
      -  An algorithm for the analysis of genealogies as to prior kin connection between spouses , Paul Jorion & E. Lally, Nuffield Foundation, 8 pages
1985
      -  The Influence of Socio-Economic and Cultural Structures on Small-Scale Coastal Fisheries Development in Bénin , Paul Jorion, IDAF/WP4, F.A.O., 42 pages
      -  Non-Monetary Distribution of Fish as Food in Béninois Small-Scale Fishing Villages and its Importance for Self-Consumption , Paul Jorion, PMB/WP4, F.A.O., 26 pages
1987
      -  An alternative approach to Artificial Intelligence , Paul Jorion, LISH, Artificial Intelligence Working Papers, 2, 7 pages
1988
      -  Intelligent Machine. Update 1 , Paul Jorion, LISH, Artificial Intelligence Working Papers, 3, 6 pages
      -  ANELLA: Associative Network with Emergent Logical and Learning Abilities , Paul Jorion, LISH, Artificial Intelligence Working Papers, 4, 37 pages
1989
      -  Le pêcheur rencontre l'économie , Paul Jorion, Ministère de la Culture, Direction du Patrimoine Ethnologique, 147 pages
      -  A Test-Case for Knowledge Representation , Paul Jorion, British TELECOM, CONNEX Project, 63 pages
1990
      -  Note sur l'utilisation de méthodes empruntées à la physique dans l'analy
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Paul Jorion

 

Le mathématicien et sa magie : théorème de Gödel et anthropologie des savoirs

 


Actes STP. 2000

 

Jacques Bouveresse a publié en 1999 un petit livre intitulé Prodiges et vertiges de l'analogie où il revient sur l'affaire Sokal et Bricmont. Rappelons, à l'intention de ceux qui nous lisent alors que les cendres de cet incident sont depuis longtemps refroidies, qu'à la fin du XXè siècle le physicien Alan Sokal de l'Université de New York parvint à faire publier dans Social Text, une revue ayant pignon sur rue

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   Paul JORION, Intelligence Artificielle   

Ce qui fait encore cruellement défaut à l'Intelligence Artificielle

Paul Jorion


Référence officielle : Informations In cognito, No 7, 1997: 1-4

 

Bien entendu nous aimerions être plus avancés que nous ne le sommes aujourd'hui . Des progrès ont été réalisés et très loin d'être négligeables. Mais par rapport aux ambitions affichées à l'époque du Handbook of Artificial Intelligence (Barr & Feigenbaum 1981, 1982 ; Cohen & Feigenbaum 1982), ou de PDP (Rumelhart & McLelland 1986 : McLelland & Rumelhart 1986), il s'agit bien seulement de pas de souris.

 

Nous mimons l'intelligence sous quelques-uns de ses aspects et prétendons quelquefois n'avoir jamais rien visé d'autre. Mais lorsque nous nous contemplons le matin dans le miroir, il nous faut bien admettre que nous avions en tête l'émergence d'un sujet au sein de la machine. Ce que nous imaginions, c'était une machine dont l'expression manifesterait au-delà de tout doute possible l'existence d'une individualité - sinon d'une conscience.

 

Ce n'est donc pas par hasard si une partie du débat - par opposition aux réali

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Ce que Penrose dit vraiment

Paul JORION


Référence officielle :
Groupe de Réflexion en sciences de la cognition. Théorie et clinique des pathologies de la pensée -
(devenu STP en 1998)
Textes des séminaires de recherche. Seconde année (1996)
, Paris : Maison des sciences de l'homme, 1997 : 9-13

  L'objection faite à l'intelligence artificielle par Roger Penrose dans ses deux récents livres (The Emperor's New Mind, 1989, Shadows of the Mind, 1994) n'est pas à prendre à la légère car le personnage est tout à fait considérable, Rouse Ball Professor à l'Université d'Oxford, il dispose d'une réputation enviable à la fois comme mathématicien, pour son exploration des dallages non-cycliques dits « de Penrose », et comme physicien, pour sa théorie des « twistors », contribution originale visant à lever certaines des ambiguïtés de la mécanique quantique.

Dans son premier ouvrage consacré à l'intelligence artificielle (The Emperor's New Mind, 1989), Penrose avançait que nos connaissances scientifiques actuelles sont insuffisantes pour produire la théorie nécessaire à la réalisation de l'intelligence artificielle. L'objection mérite d'être prise en considération : la physique que nous avons produite jusqu'ici ne nous permet pas de rendre compte de phénomènes pourtant aussi élémentaires que l'influence de deux corps sur un troisième, alors, qu'est-ce qui nous permet de supposer en effet que nous disposons du corpus théorique qui nous permettrait de reproduire l'intellig

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Emile Meyerson, De l'explication dans les sciences, Corpus des oeuvres de philosophie en langue française; Paris : Fayard, 1995; 979 pp., 1ère édition : Payot, 1921

Paul Jorion

Référence officielle: L'Homme, 139, 1996: 146-150

 

Quelle est la part de l’explication scientifique qui relève d’un enchaînement logique de propositions et quelle est la part qui relève de raisonnements d’ordre mathé matique ? Telle est la manière dont Emile Meyerson résumait en 1921 la question de l’explication dans les sciences. Comment, s’interrogeait-il ensuite, les différents courants épistémologiques se sont-ils situés par rapport à cette problématique ? Parmi ceux-ci Meyerson distinguait alors trois grandes tendances : l’idéalisme mathématique, héritier d’une tradition inaugurée par Pythagore et poursuivie par Platon, la philosophie de la nature telle que l’exposèrent Schelling et Hegel et le positivisme de Comte, Sophie Germain et Mach.

Pour ce qui touche à la représentativité de ces courants parmi les praticiens contemporains, Meyerson constatait que pour la quasi-totalité d’entre eux, la "philosophie spontanée des savants" - selon les termes d’Althusser - se confond avec l’idéalisme mathématique, une poignée se déclarent positivistes, tandis que plus personne ne s’affirme "philosophe de la nature" (Meyerson écrivait en 1921 et n’a pas connu, bien entendu, l’oeuvre de René Thom).

En dépit de leur grand nombre, les tenants de l’idéalisme mathématique ne retiennent que très peu l’attention de Meyerson : il n’a aucune peine à mettre en évidence, comme l’avait fait avant lui Pierre Duhem - dans une perspec

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Paul JORION, Philosophie des sciences

Physique contemporaine et pathologie de la langue

Paul Jorion


paul_jorion@msyn.com

Référence officielle: La Revue du MAUSS, n.s., 8, 1990: 137-141

 

Friedrich Max Müller fut l'un des mythologues qui domina sa discipline durant toute la seconde moitié du dix-neuvième siècle. Allemand d'origine, étudiant à Leipzig, il n'en devint pas moins l'une des figures les plus populaires de l'Université d'Oxford où il enseigna la philologie comparée durant plus de quarante ans. Souvent malmené (entre autres par Durkheim [1912] et par Cassirer [1953]), il se voit aujourd'hui à nouveau mentionné par-ci par-là, et de manière pas entièrement négative (Detienne 1981 ; Olender 1989), mais toujours à propos de deux initiatives perçues tout au long du vingtiè siècle comme intellectuellement malencontreuses : l'introduction par lui de l'adjectif "aryen" et sa théorie du mythe comme pathologie de la langue. Pour évoquer cette dernière, Cassirer prenait soin d'ailleurs de s'excuser : "Il pourrait sembler vain de revenir à de telles conceptions, abandonnées depuis longtemps par la linguistique et la mythologie comparée de notre époque... " (Cassirer 1973 [1953] : 13).

 

Or, si l'on relit Müller, on s'aperçoit qu'il n'était pas seulement un écrivain savoureux mais aussi un penseur d'une grande acuité. Qu'on en juge.

 

Voici par exemple en quels termes il présentait sa théorie du mythe comme pathologie de la langue :

"La mythol

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L'intelligence artificielle au confluent des neurosciences et de l'informatique

Paul JORION



paul_jorion@msn.com


Référence officielle : Lekton, vol IV, N° 2, 1994 : 85-114

 

Suivant l'usage commun, j'appelle intelligence artificielle, la technologie informatique qui vise à simuler le comportement intelligent de l'être humain, c'est-à-dire le comportement qui permet à l'homme de résoudre les problèmes qui se posent à lui, intellectuels ou pragmatiques, soit de manière systématique et consciente, soit de manière intuitive et inconsciente.

L'intelligence artificielle est l'héritière de plusieurs traditions dont les principales sont la biologie, la psychologie, l'informatique et la linguistique. Le mot de « tradition » n'est bien entendu jamais innocent : une tradition intellectuelle est à la fois l'armature épistémologique qui soutient un corps de savoir dans ses avatars historiques et un ensemble permanent de contraintes quant à la manière légitime de définir des problèmes et de les résoudre. J'envisagerai ici les trois premières traditions : biologie, psychologie et informatique, la quatrième, la linguistique, nécessitant à elle seule un développement séparé.

 

Les sciences particulières

L'idée d'une science unifiée est jusqu'à présent un leurre : la réalité foisonnante du monde naturel a encouragé la diversité des angles d'attaque pour en rendre compte mais les portraits auxquels ceux-ci ont conduit demeurent souvent inconciliables. Aristote le premier avait reconnu que

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La linguistique d'Aristote

Paul JORION

paul_jorion@msn.com


Référence officielle: V. Rialle & D. Fisette (eds.), Penser l’esprit: Des sciences de la cognition à une philosophie cognitive, Grenoble: Presses Universitaires de Grenoble, 1996, 261-287

 

La pensée qui engendrera la pensée moderne ne s'éveille pas brutalement au Ve siècle av. J.-C. en Grèce ancienne : elle fut en gestation durant des millénaires dans le bassin méditerranéen. Même si nous manque cruellement la connaissance de cette culture méditerranéenne qui s'envola en fumée dans l'incendie de la bibliothèque d'Alexandrie, il s'est bien en effet passé quelque chose de tout à fait spécial au Ve siècle et Aristote peut être compté au rang des quatre ou cinq luminaires authentiques de la pensée. Lorsque, tout récemment (1990), Geoffrey Lloyd tenta de comprendre pourquoi il y eut un « miracle grec » et non un « miracle chinois » - alors que la Chine possède à cette époque un léger avantage technologique sur la Grèce (cf. Graham 1973), il fut obligé de considérer comme un élément essentiel de la différence, la présence en Grèce d'un penseur de la stature d'Aristote.

Pour pouvoir construire l'intelligence artificielle, il faut disposer d'une théorie du langage. La linguistique a produit de nombreuses théories du langage au cours des années récentes. Celles-ci sont souvent exclusives l'une de l'autre et l'on pourrait penser qu'il en existerait parmi elles l'une au moins qui pourrait nous servir d'outil. Or ce n'est pas le cas, toutes - et chacune à sa façon - se révèlent inadéquates. Pourquoi la

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CHAPITRE 6

LA RÉPARTITION DU SURPLUS

La vérité sur l'offre et la demande

La prise de décision économique à la petite pêche se situe pour le pêcheur dans le cadre d'une représentation globale : celle de la pêche comme « jeu à somme nulle ». Tout gain de l'un est en effet censé se faire aux dépens des autres : pêcheurs concurrents comme mareyeurs adversaires. On reconnaît là la conception dite des biens en quantités limitées, mise à jour pour la première fois par George Foster (Foster 1965) pour rendre compte de la représentation spontanée du processus économique au sein d'une population de paysans mexicains (pour l'application du concept au cas des pêcheurs de l'Ile de Houat, voir Jorion 1984a : 90-91).

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CONCLUSION

L'Economique comme l'interaction humaine dans la perspective du prix


Une nouvelle théorie de l'économie est impliquée par la double hypothèse développée dans cet ouvrage, du « prix comme interaction humaine », et de « l'économie comme les choses dans la perspective du prix ». Il a été suggéré ici que l'équation abondance ou rareté des personnescontribuant à définir le risque de créditqu’elles constituent pour les autres, à quoi s’ajoute la dangerosité des activités exercées et l’irrégularité de celles-ci, le risqueglobal des personnes déterminant leur statut, le statut relatif de différents

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paul_jorion

 

Le miracle grec : pouvoirs de la pensée anti-symétrique

in Papiers du Collège International de Philosophie, N° 51, Reconstitutions, 17-38, 2000 

Notre pensée moderne, contemporaine, et son corrélat scientifique est une, et pratiquement indiscutable dans son unicité, en raison des immenses retombées technologiques qui lui sont attribuées. Or, cette pensée a une histoire et cette histoire-même conduit à mettre en doute d'une part que l'unicité de cette pensée est nécessaire, d'autre part que le lien entre elle et la technologie dont nous disposons aujourd'hui dans son sillage est lui aussi nécessaire.

Pour que l'éventail des potentialités culturelles cumulatives puisse se déployer, il convient auparavant que des conditions initiales aient été rassemblées, il faut qu'ait déjà eu lieu une réflexion du type de celle que nous caractérisons aujourd'hui, à la suite de Renan, de « miracle grec ». Alors, et alors seulement s'ouvre un univers de posssibles dont nous sommes les héritiers, mais dont le cheminement, qui conduit du couple antithétique et complémentaire composé de Platon et d'Aristote à nous-mêmes, aurait pu prendre des formes infiniment variées.

La condition initiale du « miracle grec » était celle d'une langue du type du grec ancien permettant d'établir entre concepts des relations aussi bien anti-symétriques que symétriques (les catégories aristotéliciennes, soit l'ensemble des figures de prédication pour un sujet). Il fallait que soit définie comme critère d'un disc

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Paul J.M. Jorion

Publié dans Revue Philosophique,
4, 1989 : 515-541.



Intelligence Artificielle et Mentalité Primitive

Actualité de quelques concepts lévy-bruhliens





Lévy-Bruhl offrit à l'ethnologie
l'objet d'étude le plus central à son entreprise intellectuelle : l'anthropologie
des modes de pensée. Que l'ethnologie n'ait pas jusqu'ici tiré pleinement parti
de cet objet s'explique par de multiples raisons liées à ce que les Allemands
appellent les « intérêts » de la discipline, c'est-à-dire les enjeux
qu'elle doit à son enracinement social. Qu'une science de l'Homme - elles
étaient qualifiées il y a peu encore de « sciences morales » - ait
des objectifs cachés autres que le progrès du savoir, on laissera aux Alcestes
contemporains le soin de s'en émouvoir.

Du parti-pris de l'« unité
psychique de l'Homme », si convenant quand il fallut apporter des
arguments intellectuels à la tâche - effectivement louable - de la
d&eac
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Paul JORION

published in D. Chevallier (ed.),Savoir faire et pouvoir transmettre, Maison des Sciences de l'Homme, Paris, 1991: 169-187

 

Typologie des savoirs et transmission informatique

 

          L'homme ne transmet du savoir à une machine que dans une intention précise : que la machine régurgite ensuite ce savoir à d'autres hommes sous la même forme ou sous une forme traitée, la médiation par la machine n'ayant de sens que s'il en résulte une plus-value par rapport à la transmission immédiate d'homme à homme. Cette plus-value peut se manifester sous des formes diverses :

1) en termes de disponibilitéd'un savoir rare : un expert humain pourra, par exemple, être représenté par le logiciel d'un système expert reproduisant une version "rectifiée" (See the continuation... ]

Paul Jorion

Publié dans , L'Homme, 145, 1998: 239-248

Le moment du Verbe : le signifiant et son efficace *

 

 

Dans le Dictionnaire de la psychanalyse d'Élisabeth Roudinesco et Michel Plon, on trouve des articles biographiques, d'autres consacrés aux sociétés et écoles psychanalytiques, des monographies conceptuelles, ou ayant trait aux ouvrages de Sigmund Freud et aux revues où ses articles furent publiés pour la première fois.

 

Les biographies constituent la majeure partie de l'ouvrage, elles portent non seulement sur les psychanalystes et cas célèbres mais aussi sur divers acteurs de la première heure, comme des parents proches de Freud, ou des écrivains et musiciens entrés en contact avec lui, comme Thomas Mann, Gustav Mahler ou Romain Rolland. L'intérêt prêté aux tragédies personnelles fait de la lecture de ces articles une expérience souvent émouvante. Ces drames sont bien entendu nombreux au sein d'un mouvement que le nazisme voulut doublement anéantir, de manière directe en éliminant les personnes du fait d

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L'invention de la réalité objective

Paul Jorion
paul_jorion@msn.com

 

"... une naïveté qui confond le simple reflet du monde, les faits et les chiffres, avec son principe." T.W. Adorno, Trois études sur Hegel.

 

"... il est clair que notre physique n'est qu'une fabrication mentale, dont le symbole mathématique est l'instrument." J. Lacan, Discours de Rome.

 

"Le petit jeu symbolique à quoi se résument le système de Newton et celui d'Einstein a finalement fort peu de choses à voir avec le réel. Cette science qui réduit le réel à quelques petites lettre s, à un petit paquet de formules, apparaîtra sans doute avec le recul des âges comme une étonnante épopée, et aussi s'amincira peut-être comme une épopée au circuit un peu court." J. Lacan, Séminaire II, 1954-1955.

 

Je vais définir ici la sciencecomme ce discours dont l'objectif est la description exhaustive, dynamique comme statique, de la Réalité-objective. Les termes de cette description sont mixtes: partiellement discursifs, partiellement mathématiques. Dans sa partie discursive, la science se donne comme garantie de sa rigueur sa réf&eacu

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LES TROIS MOMENTS HISTORIQUES DU SACRIFICE

Paul JORION

published in A quoi bon (se) sacrifier ?, sacrifice, don etintérêt,revue semestrielle du MAUSS N° 5: 170-180

 

(pour Edmond Jorion)

Don et sacrifice « païens »

 

            Conceptuellement, au début, avant le « don » et avant le « sacrifice », il y a la vengeance pure et simple. La réparation a lieu sur le mode de la loi du talion : oeil pour oeil, dent pour dent, un tort occasionné à soi-même ou à l'un des siens se voit rétribué par la pareille (au sein de la sphère de ce que Lévy-Bruhl appelait les « appartenances » de chacun : tout ce qui se trouve à l'intérieur du périmètre que délimite une identitédistincte et qui correspond souvent à ce que nous appe

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La pensée se confond-elle avec la parole intérieure ?

Paul Jorion

in Groupe de réflexion en sciences de la cognition. Théorie et clinique des pathologies de la pensée - Textes des séminaires derecherche. Première année (1995)

Le travers Wittgenstein

            J'ai choisi ici de présenter « en l'état », l'ensemble des questions qu'à un endroit ou un autre de Principes des systèmes intelligents j'avais laissé en suspens. Ce n'est pas pour autant que je dispose aujourd'hui de réponses sur ces questions mais je fais ici le saut de les aborder de front et de soumettre au monde l'état présent de ma réflexion.

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© Paul Jorion
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