Le « moment Welch » de la présidence Trump

Jeudi dernier, le 12 juillet, Peter Strzok, agent du FBI en charge du contrespionnage, accusé de biais anti-Trump par les Républicains, avait été sommé de se présenter à une audition du comité judiciaire du Congrès. Sa déposition constitua sans doute le « moment Welch » de la présidence Trump, du nom de Joseph N. Welch (1890 – 1960) qui, le 9 juin 1954, mit fin au McCarthysme par sa déposition, dont l’histoire a retenu en particulier une phrase. S’adressant à Joseph McCarthy (1908 – 1957 *), il lui dit : « Au risque de me répéter, Monsieur, ne vous reste-t-il aucun sens de la décence ? » Quelques instants plus tard, après une dernière question de McCarthy, l’assemblée applaudit Welch. Le McCarthysme avait pris fin.

* La mort de McCarthy à l’âge de 48 ans est attribuée à son alcoolisme.

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La nasse de la haute trahison s’est refermée sur Trump

Au cas où vous imagineriez que j’avais la berlue dans ma vidéo ce matin intitulée Donald Trump et la haute trahison aux Etats-Unis, le titre d’un article du Guardian publié à 18h43 : « Trump ‘treasonous’ after siding with Putin on election meddling », Trump « traîtreux » après avoir pris le parti de Poutine sur la question des interférences dans les élections.

Quant à ma vidéo d’hier, intitulée Le ministère de la Justice américain laisse entendre que Donald Trump est l’agent d’une puissance étrangère hostile, j’y expliquais que Trump dirait

« Poutine mon gars, est-ce que c’est vrai ce qu’on raconte chez nous ou bien est-ce que tu es le gars honnête que j’imagine que tu es ? »

Vous serez alors content d’apprendre que les paroles exactes ont été :

Ils ont dit qu’ils pensent que c’est la Russie, moi j’ai le Président Poutine, il vient de dire que ce n’est pas la Russie. Je vais dire ceci : je ne vois aucune raison pourquoi ce serait le cas. J’ai grande confiance dans mes gars du renseignement, mais je vous dirai que le Président Poutine a été très affirmatif et convaincant quand il a nié ça aujourd’hui.

La nasse de la haute trahison s’est donc refermée ce soir sur Trump (Sorry, guy!), alors qu’il aurait pu écouter mes avertissements d’hier 😛 :

il ne s’agit pas pas tant de collusion entre M. Trump et son équipe et les Russes dans la période qui précède vendredi, il s’agit plutôt de mise en place d’un système qui établira une fois pour toutes sa collusion de fait avec la Russie s’il se conduit de manière amicale envers M. Poutine lundi, c’est-à-dire dans 24h.

Cela fait onze ans que je rejette l’appellation de « prophète » en disant que « non, je lis simplement les journaux ». Je crois que je vais mettre fin à mes futiles dénégations et admettre une fois pour toutes que je lis tout cela dans le marc de café.

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Le ministère de la Justice américain laisse entendre que Donald Trump est l’agent d’une puissance étrangère hostile, le 15 juillet 2018 – Retranscription

Bonjour, nous sommes le dimanche 15 juillet 2018, et aujourd’hui ma vidéo a un titre un peu long, mais c’est dans le but précis de lui donner une formulation sans la moindre ambiguïté.

Le ministère de la justice américain laisse entendre que Donald Trump est l’agent d’une puissance étrangère hostile. Je répète : Le ministère de la justice américain laisse entendre que Donald Trump est l’agent d’une puissance étrangère hostile.

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Le peuple roulé dans la farine : c’était déjà le cas en 1904

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Ce qui suit est un passage d’un livre de Thorstein Veblen (1857 – 1929), sociologue et économiste américain marginal, publié en 1904 sous le titre The Theory of Business Enterprise.

Le gouvernement représentatif veut dire, essentiellement, la représentation des intérêts commerciaux. Le gouvernement travaille généralement dans l’intérêt des hommes d’affaires avec une unicité d’objectif assez constante. Et, dans sa sollicitude pour les intérêts des hommes d’affaires, il est soutenu par l’opinion publique, car il y a une certaine conviction naïve, inconditionnelle, répandue dans le peuple, selon laquelle les intérêts matériels de la population coïncident, d’une manière occulte, avec les intérêts pécuniaires des hommes d’affaires qui vivent à l’intérieur du champ d’action des mêmes règles gouvernementales.

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Donald Trump et la haute trahison aux Etats-Unis

Blog de Paul Jorion : Le ministère de la Justice américain laisse entendre que Donald Trump est l’agent d’une puissance étrangère hostile, le 15 juillet 2018

The Washington Post : Putin must wonder what else America knows about Russia, par David Ignatius, le 15 juillet 2018

La définition de la haute trahison aux Etats-Unis :

The United States Constitution. Article III, section 3 reads as follows:

Treason against the United States, shall consist only in levying War against them, or in adhering to their Enemies, giving them Aid and Comfort. No Person shall be convicted of Treason unless on the Testimony of two Witnesses to the same overt Act, or on Confession in open Court.

The United States Code at 18 U.S.C. § 2381 states:

Whoever, owing allegiance to the United States, levies war against them or adheres to their enemies, giving them aid and comfort within the United States or elsewhere, is guilty of treason and shall suffer death, or shall be imprisoned not less than five years and fined under this title but not less than $10,000; and shall be incapable of holding any office under the United States.

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Le ministère de la Justice américain laisse entendre que Donald Trump est l’agent d’une puissance étrangère hostile

Blog de Paul Jorion : Inculpation de 12 fonctionnaires russes par la justice américaine, le 14 juillet 2018

Le texte de l’inculpation

Oups ! En une occasion je dis « Trump » au lieu de « Poutine », et en une autre, « soviétique » pour « russe », j’espère que l’on voudra bien excuser ces confusions impardonnables. Je dis aussi « trois mille » au lieu de « trente mille » mails.

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Un non-Brexit, mais le pire de tous ? le 10 juillet 2018 – Retranscription

Retranscription de Un non-Brexit, mais le pire de tous ? le 10 juillet 2018. Merci à Marianne Oppitz !

Bonjour, mardi 10 juillet 2018 et une petite vidéo, juste un supplément à ma vidéo d’hier : Un Brexit en forme de non-Brexit – j’ai fait ça hier matin et je vous annonçais qu’il y aurait sûrement des événements dans la journée. J’envisageais même la possibilité d’une démission de M. Boris Johnson, le Ministre des affaires étrangères, en lui recommandant de ne pas le faire… il l’a fait quand même, dans l’après-midi.

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Un Brexit en forme de non-Brexit, le 9 juillet 2018 – Retranscription

Retranscription de Un Brexit en forme de non-Brexit, le 9 juillet 2018. Merci à Marianne Oppitz !

Bonjour, nous sommes le lundi 9 juillet 2018 et vous le savez sans doute, ma réputation aux yeux du public est liée à un livre assez épais – 250 à 300 pages, je ne sais plus [254 pages] – consacré à prévoir une crise du capitalisme qui serait due à un secteur relativement mineur dans l’économie américaine qui est le secteur des titres subprimes . Mon manuscrit – ça a été répété partout, mais c’est vrai – était prêt en 2006, non pardon en 2005, écrit en 2004-2005 et a trouvé un éditeur : La Découverte, au mois de janvier 2007. Il a paru au mois de janvier 2007. La crise, à proprement parler, a débuté le mois suivant, au mois de février et le grand écroulement a eu lieu un peu plus d’un an plus tard en septembre 2008.

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Le Journal des Entreprises – Rencontre Paul Jorion : « Pourquoi il faut se débarrasser du capitalisme », juillet-août 2018

L’article sur le site du Journal des Entreprises.

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Inculpation de 12 fonctionnaires russes par la justice américaine

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Je suis en train de lire les documents et en particulier bien entendu le texte de l’inculpation qui fait que cette affaire est en train de changer de nature du tout au tout. L’image qui est en train de se dessiner est en effet absolument inédite : l’élection de Trump en tant qu’acte de guerre de la Russie contre les États-Unis, dans ce nouveau type de guerre qu’est la guerre numérique.

Point remarquable : si les opérations de déstabilisation de l’élection présidentielle de 2016 sont le fait de fonctionnaires russes – comme l’affirme l’inculpation, il s’agit bien d’un acte de guerre entre deux nations, et la question d’une collusion ou non de Trump et/ou de son équipe devient subsidiaire (de l’ordre de la collaboration ou non d’une cinquième colonne).

Ce nouveau développement est tout particulièrement intéressant alors que les deux présidents, américain et russe, se rencontrent lundi : tout mot aimable de Trump envers Poutine apparaîtrait alors comme collusion de Trump et son équipe, non pas simplement avec une puissance étrangère mais avec une puissance étrangère ayant posé un véritable acte de guerre contre les États-Unis.

1° L’inculpation de vendredi soir pour nous vient parfaitement s’articuler avec ce que j’écrivais ici dans la matinée :

Aujourd’hui nous avons à la tête des États-Unis, un président porte-parole servile mais déterminé de Moscou. Rien qu’il ne dise ou décrète qui ne corresponde à la ligne définie au Kremlin en vue d’affaiblir l’influence de l’Europe, en plus de celle de son propre pays bien entendu.

Et aussi avec ce qu’affirmait hier The Guardian dans son éditorial :

Mais M. Trump […] n’est pas notre allié. Il est hostile à nos intérêts et à nos valeurs. Il peut même, si cela continue, devenir une sérieuse menace.

2° Le recours au bitcoin

La direction générale des renseignements (GRU) de l’État-Major des Forces Armées de la Fédération de Russie, à laquelle appartiennent les douze inculpés, aurait utilisé le jeton numérique bitcoin pour le paiement de ses opérations en raison de sa quasi non-traçabilité ; d’autres jetons numériques auraient été utilisés pour des transferts de fonds. Les opérations auraient été financées par l’extraction (« mining ») de bitcoins ; elles se seraient faites par l’intermédiaire de compagnies américaines.

3° Le rôle joué par WikiLeaks

Si WikiLeaks est bien l’organisme auquel renvoie l’étiquette « Organization 1 » de l’inculpation, comme tout semble le suggérer, et si l’échange suivant est avéré (WikiLeaks affirmant au truchement russe Guccifer 2.0 : « envoyez-nous tout matériau pour que nous l’évaluions et cela aura bien plus d’impact que ce que vous faites ») : « Nous pensons que trump a seulement 25% de chances de l’emporter contre hillary … du coup un conflit entre hillary et bernie est intéressant », il est alors clair que WikiLeaks ne diffusait pas les documents hackés dommageables à Hillary Clinton en vue de favoriser Bernie Sanders, mais en vue de favoriser Donald Trump.

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