Le Parti démocrate… la gueule de bois une fois dissipée

Au soir du 6 novembre, les Démocrates ont commencé par minimiser l’amplitude de leur victoire aux midterms, les élections à mi-mandat présidentiel, ceci en raison de leur échec à emporter la majorité au Sénat comme ce fut au contraire le cas au Congrès. Furent observés chez eux les effets de la décompensation, cet état dépressif dans lequel chacun tombe après avoir consenti un effort considérable.

Un raz-de-marée électoral était quasi impossible pour diverses raisons que j’ai eu l’occasion de mentionner mais dont la principale est la concentration des électeurs de gauche dans les zones urbaines sous-représentées au Congrès comme au Sénat américains, le système de représentation n’ayant pas suivi la tendance à l’urbanisation des États-Unis au fil des siècles.

Continuer la lecture de Le Parti démocrate… la gueule de bois une fois dissipée

14Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

L’humanité à l’heure du choix : grande bifurcation ou grande liquidation ?, par Roberto Boulant

Ouvert aux commentaires.

Bernard Stiegler dans un tout récent entretien avec Aude Lancelin (Éviter l’apocalypse) défend l’idée que face au nihilisme d’un capitalisme nous conduisant directement à l’extinction, il faut que l’humanité construise de toute urgence (et c’est le GIEC qui le dit) une vision alternative à même de nous redonner espoir. Il ne s’agit plus de résister, de tenter de limiter les ravages humains, sociaux et écologiques du Moloch mondialisé et financiarisé, mais de renverser la domination, c’est-à-dire de faire la révolution (bifurcation) qui nous permettra de survivre. Pour cela le philosophe défend l’idée que nous devons passer du système fermé du néolibéralisme – incapable par construction d’évoluer (TINA) – à un système dynamique ouvert qui bien qu’utilisant le calcul, admet que tout ne peut pas être calculé.

Continuer la lecture de L’humanité à l’heure du choix : grande bifurcation ou grande liquidation ?, par Roberto Boulant

35Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

Étude de l’Université de Gand sur la relation Bonheur-salaire en Belgique, par Marc Debliquy

Ouvert aux commentaires.

Une étude de l’Université de Gand a été publiée récemment qui peut renforcer les thèses et l’argumentation développées sur le Blog de Paul Jorion : le dossier Bonheur-argent.

Cette étude porte sur la relation entre le bonheur des Belges et leur salaire. Une des conclusions est que le bonheur n’augmente plus et même diminue pour les salaires très élevés alors qu’il y a de manière assez logique une bonne corrélation entre bonheur et salaire pour les petits salaires. La raison pour ceux-ci est le sens de la sécurité en tant que tranquillité d’esprit.

Ce document va à l’encontre des thèses ultralibérales. Il démontre en particulier, statistiquement, que non seulement l’enrichissement des très riches n’apporte rien à la société (la théorie du ruissellement est notoirement fausse) mais qu’il n’est pas même utile pour leur bonheur à eux.

128Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

Kurt Vonnegut : Player Piano (New York : Scribner 1952) – Extrait

Ouvert aux commentaires.

Pages 18 et 19.

    « Kuppo ! » dit le Shah, secouant la tête.
    Khashdrar rougit, et traduisit mal à l’aise, d’un air de s’excuser. « Shah dit : ‘Communisme’. »
    « Pas Kuppo ! » dit Halyard avec véhémence. « Le gouvernement n’est pas propriétaire des machines. Il taxe tout simplement la part des revenus de l’industrie qui allait autrefois au travail, et la redistribue. L’industrie appartient et est gérée par des personnes privées, et coordonnée – pour éviter le gaspillage qui découle de la concurrence – par un comité de dirigeants du secteur privé, pas par des politiques. En éliminant l’erreur humaine par la mécanisation, et la concurrence inutile par l’organisation, nous avons considérablement élevé le niveau de vie de l’individu moyen. »
    Khashdrar interrompit sa traduction. Il fronçait les sourcils avec perplexité. « S’il-vous-plaît, cet individu moyen, il n’y a pas d’équivalent dans notre langue, je crains bien. »
    « Vous savez », dit Halyard, « l’homme ordinaire c’est, eh bien, ‘tout le monde’ – comme ces travailleurs qu’on a vus sur le pont, le type dans la vieille bagnole qu’on a croisée. Le petit bonhomme, pas une lumière mais le coeur sur la main, sans chichis, ordinaire, une personne dans la vie de tous les jours. »
    Khashdrar traduisit.
    « Aha ! », dit le Shah, opinant du bonnet : « Takarou ! »
    « Qu’est-ce qu’il a dit ? »
    « Takarou », dit Khashdrar. « Esclave. »
    « Pas Takarou », dit Halyard, s’adressant directement au Shah : « Ci-toy-en. »
    « Ahhhhh », dit le Shah, « Ci-toy-en ». Il souriait tout heureux. « TakarouCi-toy-en. Ci-toy-enTakarou. »
    « Pas Takarou ! » dit Halyard.
    Khashdrar haussa les épaules. « Dans le pays du Shah, il n’y a que l’Élite et les Takarou. »

5Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

Forum national de la Gratuité du service public et des biens communs, à Lyon, le samedi 5 janvier

Forum national de la Gratuité du service public et des biens communs

Samedi 05 janvier 2019 à Lyon (69001) de 9 h 30 à 19 h Salle Paul Garcin (impasse Flesselles)

L’Observatoire International de la Gratuité (OIG), dirigé par le politologue lyonnais Paul Ariès, et la Mairie du 1er arrondissement de Lyon, représentée par sa Maire Nathalie Perrin-Gilbert, s’associent pour organiser le deuxième Forum national de la gratuité du service public ouvert à toutes/tous.

Continuer la lecture de Forum national de la Gratuité du service public et des biens communs, à Lyon, le samedi 5 janvier

0Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

Fédérons ! par Patrick Dumont

Ouvert aux commentaires.

Cher Paul,

Je termine en ce moment la lecture du dernier livre de Raphaël Glucksmann – Les enfants du vide – qui y met très bien en avant LA question essentielle du messager que je me pose après chacune de mes – nombreuses – visites sur votre blog.

Il cite un édito de Bruno Latour dans Le Monde dans lequel celui-ci souligne l’inversion des rôles à laquelle nous assistons à la lumière du réchauffement climatique : « autrefois les scientifiques étaient des gens rassis, et les politiques ou les citoyens, les gens qui s’agitaient en tous sens. Aujourd’hui, c’est le contraire : ce sont les scientifiques qui s’agitent, qui s’angoissent, qui alertent, et ce sont les politiques, vous, moi, qui restent froids comme des concombres, les savants s’énervent et se mettent en colère, les ignorants restent sages comme des images ».

Continuer la lecture de Fédérons ! par Patrick Dumont

4Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

Réchauffement climatique : catastrophes en cours et à venir

Ouvert aux commentaires.

Quarante-quatre morts et deux-cent-vingt disparus aux dernières nouvelles dans l’incendie de Camp Fire en Californie, qui a vu la ville de Paradise (26.000 habitants) entièrement carbonisée.

Plutôt que d’incriminer le réchauffement climatique (les incendies cataclysmiques remontent d’année en année sur la carte de la Californie), Trump a bien entendu préféré s’en prendre aux ingénieurs forestiers et a menacé l’État d’un refus d’aide au niveau fédéral, du fait probablement qu’il y est universellement haï (au poste de gouverneur, le Démocrate Newsom l’a emporté sur le Républicain Cox par un écart de 17 points).

Vu la brusquerie de l’incendie, les habitants de Paradise se sont retrouvés tous ensemble sur la même quatre voies, bientôt totalement embouteillée par une accumulation de voitures en panne de carburant. La police et les pompiers enjoignaient aux automobilistes de quitter leur véhicule bloqué et de s’enfuir à pied.

Les plans d’évacuation étaient au point mais supposaient des incendies à la progression plus lente.

J’ai lu quelque part qu’après trois jours sans électricité dans une grande ville, il n’y a plus d’eau au robinet. Comment faire évacuer en bon ordre alors ses habitants ? Et pour leur dire d’aller où ?

29Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

*Le seul Blog optimiste du monde occidental*