Pour un nouveau New Deal

Bill Gross (William H. Gross) est un personnage haut en couleurs. Il est Directeur des Investissements à PIMCO, le plus important fonds mutuel d’obligations aux États–Unis (filiale du groupe Allianz). Son intérêt pour la combinatorique détermina son premier métier de joueur professionnel. Il utilisa ensuite les méthodes économétriques et l’optimisation pour constituer sa collection philatélique : il est l’un des deux collectionneurs possédant la série complète des timbres américains du XIXè siècle. Il est également très riche : la 233ème fortune des États–Unis.

Bill Gross a aussi son franc-parler. À propos des Collateralized Debt Obligations (CDO) que j’ai évoquées longuement dans Comment fonctionne l’indice ABX et dans La brouille des frères siamois il déclara en juin que les investisseurs ne s’étaient pas aperçus qu’il s’agissait de putains outrageusement maquillées aux talons de 15 centimètres.

Ce qui a fait la une aujourd’hui, ce sont des propos de Bill Gross d’un tout autre ordre : son appel à un nouveau New Deal, à l’image du programme socialisant de Franklin D. Roosevelt qui, en 1933, avait remis sur ses pattes une Amérique KO sur le plan économique. Avec la plongée du prix de l’immobilier américain que l’on connaît en ce moment, la Grande Crise, annonce–t–il, est de retour. Une baisse du taux directeur par la Federal Reserve n’aurait pas l’effet escompté pour les consommateurs, en raison du repli des organismes de crédit. Le seul impact possible d’une telle mesure serait de relancer la spéculation qui a caractérisé les années récentes aux États–Unis tout en portant le coup de grâce au dollar. Non, poursuit–il, la sortie du marasme ne dépend pas de mesures monétaires mais de mesures fiscales.

« Comment se fait–il qu’il ait été possible au début des années 1990 de venir au secours des pirates des Caisses d’Épargne en difficulté, et en 1998 de prendre par la main le gratin financier de Wall Street pour sauver le fonds Long Term Capital Management, alors que l’on s’apprête en 2007 à jeter aux loups deux millions de propriétaires ? » Et il ajoute, à l’intention du président : « Sortez votre chéquier : tirez–les d’affaire, stoppez une déflation destructrice de l’immobilier que Ben Bernanke [le président de la Federal Reserve] est bien incapabler d’arrêter. Après tout, « W » (*), c’est bien vous, n’est-ce pas ? qui – comme vous l’affirmez aux quatre vents – décidez ? »

(*) L’initiale qui distingue le président actuel, George W. Bush, de son père : George H. W. Bush.

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Une réflexion sur « Pour un nouveau New Deal »

  1. Ces responsabilités qui sont aussi les nôtres… New Deal ?

    En Belgique, la directive européenne (2004) obligeant les banques à établir le profil financier personnalisé de chacun de ses clients afin de le prémunir contre le risque de prendre une décision de placement qui ne correspondrait pas à son profil est aujourd’hui d’application !

    Le 30/6/2007, une loi obligeant les citoyens belges à déposer toutes leurs armes dans les commissariats est entrée en application, bien entendu seuls quelques-uns se sont exécutés, ainsi pratiquement deux millions d’armes sont d’un coup devenues illégales et bon nombre de citoyens hors la loi.

    Par ces lois, la classe politique avoue son impuissance: le citoyen est un danger, le petit porteur un incapable à protéger contre lui-même! L’état n’a plus le monopole de la force dans les zones grises de toute nature ou la police ne met plus guère les pieds, sauf parfois déjà la main. Les citoyens le savent et planquent leurs armes, en dernier recours, les citoyens vont-ils planquer leur or ?

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