La métastase VI – Les patrons

Bilan et bilans du troisième trimestre.

Bear Stearns
Les résultats financiers de la plus petite des cinq grandes banques d’affaire de Wall Street sont en baisse de 61 % par rapport à la même époque l’année dernière, ils reflètent une baisse de 88 % de ses revenus liés à l’émission d’obligations et 200 millions de dollars en frais liés à la clôture de deux fonds spéculatifs (épisodes que j’ai rapportés dans Wall Street, cette semaine, Le baromètre signale une dépression et La métastase (III) : Wall Street).

Le 1er août, l’un des deux Co–Présidents de la firme, James Cayne, déposait l’autre, Warren Spector, autrefois son protégé, tous deux parmi l’élite des joueurs de bridge américains, Spector irritait son aîné, Cayne, par son activisme débordant (et envahissant ses heures de bureau) en faveur de candidats présidentiels du parti démocrate.

Citigroup
Revenus en baisse de 57 % par rapport à 2006 à la même époque. La banque a inclus dans son bilan une charge de 6,4 milliards de dollars. Citigroup est le principal acteur du marché des Structured Investment Vehicles (SIV) (voir Comment fonctionnent les SIV) avec une part de marché de 23 % et tente en ce moment de mobiliser Wall Street en vue de sauver ce qui peut l’être encore dans ce secteur (voir Les grandes manoeuvres).

Charles « Chuck » Prince, le PDG de Citigroup devrait annoncer sa démission dans la journée d’aujourd’hui. On se souviendra de la compréhension dont il avait fait preuve lorsqu’en 2002, après la chute d’Enron, Citigroup avait été impliqué dans certains prêts déguisés en ventes consentis à la firme de Houston, l’exclusion de sa banque pour grandes fortunes du marché japonais pour blanchiment d’argent et la manipulation du marché des obligations allemandes par certains des courtiers de Citigroup dans l’affaire dite « Dr.
Evil », ces deux derniers événements en 2004.

Merrill Lynch
La firme inscrit à son bilan une charge financière de 8,4 milliards de dollars, un des montants les plus élevés jamais enregistrés à Wall Street et supérieur à ses recettes pour l’année 2006, ainsi qu’une perte de 2,2 milliards de dollars pour le trimestre écoulé, la perte la plus importante jamais subie par la firme au cours des 93 ans de son histoire. 7,9 de ces 8,4 milliards résultent de la ré–évaluation d’obligations adossées à des prêts hypothécaires. Merrill Lynch, le premier émetteur de Collateralized Debt Obligations (CDO) s’était retrouvé avec sur les bras un montant de 32,1 milliards de ces contrats et 8,8 milliards d’invendus en Asset–Backed Securities (ABS), obligations adossées à des prêts hypothécaires subprime.

Le 28 octobre, la firme remercia son PDG Stan O’Neal, un autocrate qui s’était empressé de se débarrasser de ceux qui l’avaient porté au pouvoir en 2001.

Voici pour le plus récent épisode de la crise des subprimes.

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