Bonne journée pour la bourse, mauvaise pour les investisseurs

La bourse de New York ouvrait dans l’euphorie ce matin à la nouvelle que le ministre des finances américain, Henry Paulson, était en train de négocier avec les partenaires du secteur immobilier résidentiel un plan d’aide aux emprunteurs subprime dont le prêt doit quitter sa période de taux promotionnel (« teaser rate ») dans les années à venir : ils seront 1,54 millions dans ce cas d’ici à la fin de l’année prochaine. Les organismes prêteurs vont examiner la situation de l’emploi de ces ménages et comparer le montant qu’il leur reste à rembourser à la valeur – aujourd’hui déclinante – du logement dont ils sont les propriétaires et les classer ensuite en trois catégories : 1) ceux qui seraient à même de payer leurs mensualités une fois que le vrai taux d’intérêt sera d’application, 2) ceux qui sont d’ores et déjà incapables de faire face à leurs charges – alors que le taux promotionnel est toujours en vigueur, 3) ceux qui seraient sauvés si le taux promotionnel était maintenu au–delà de la période initialement prévue ou si le remboursement était étalé sur une période plus longue que celle initialement prévue (portée de trente à quarante ans en général). Les nouvelles mesures ne porteront que sur les consommateurs tombant dans la troisième catégorie – dont on ignore aujourd’hui quelle proportion du total ils représentent.

Le sénateur démocrate Charles Schumer a fait remarquer que « C’est la première fois que l’administration Bush envisage une solution qui soit du même ordre de grandeur que le problème lui–même ». Il ajoutait cependant : « Mais que vont en penser les investisseurs ? Vont–ils souscrire au plan ? Et si non, pourra–t–on les forcer ? » Bonne question : les Residential Mortgage–Backed Securities qu’ils ont achetées et qui sont adossées à ces prêts encaisseraient aussitôt le manque–à–gagner qui serait entériné par l’accord. Autre question : au taux promotionnel, les banques travaillent à perte ou presque puisque celui–ci est souvent moins élevé que celui auquel elles doivent elles–mêmes emprunter. Une industrie qui travaille à perte ne le fait jamais pour très longtemps.

Nouvelles du baromètre : la rumeur court que l’usine va fermer ! Comme je l’expliquais dans Comment fonctionne l’indice ABX : « Le sous–jacent de l’indice ABX est un panier de vingt Asset–Backed Securities (ABS), ces obligations que l’on construit en agrégeant plusieurs milliers de prêts au logement subprime, ceux qui sont accordés aux consommateurs les moins fortunés. Et ce qu’il reflète, c’est la valeur de ce panier de vingt ABS émises par un éventail d’organismes financiers ». Or, pour le nouveau contrat qui doit débuter en janvier 2008, il est d’ores et déjà douteux que l’on trouve les vingt ABS qui seraient nécessaires à la constitution du panier !

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