L’avenir de la Belgique (II. Le présent)

Il y a quelques mois, dans Bloguer en deux langues, j’avais écrit ceci :

« Je n’ai jamais pensé de la même manière en français et en hollandais, je n’ai jamais traduit d’une langue dans l’autre – même si je suis bien sûr capable de le faire. Forcé de dire quelque chose dans les deux langues dans le même contexte, je dis des choses différentes. « Question de cultures ! », dira–t–on, et cela joue effectivement, mais il y a bien davantage : dans les deux langues […] je suis un autre ; pas schizophrène, mais presque ».

En fait, mon cas personnel s’applique de la même manière à la Belgique bien entendu. Ce que je décris, d’être traversé par une frontière linguistique, est–ce inconfortable ? Je n’en ai jamais eu le sentiment mais bien entendu les choses n’auraient jamais pu être autrement, alors qu’un pays a le choix et peut décider qu’il n’a jamais été ou en tout cas n’est plus une seule nation. L’Autriche–Hongrie est devenue deux, la Tchéco–Slovaquie aussi. Mais ici les choses sont peut–être plus compliquées : c’est un vieux couple, où l’on se hait avec tendresse.

« Zonder liefde warme liefde
Waait de wind c’est fini
Zonder liefde warme liefde
Weent de zee déjà fini
Zonder liefde warme liefde
Lijdt het licht tout est fini »

(Marieke : Jacques Brel, Gérard Jouannest)

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