Le Président français à l’ONU

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Quand j’ai lu les propos du Président français à l’ONU, où il appelle à une réunion internationale pour résoudre la crise financière et parallèlement, à ce que l’on punisse les responsables, j’ai eu une vision irrévérencieuse : qu’au moment où tous les participants à cette réunion seraient dans la salle, Eliot Ness dirait à ses troupes « Allez les gars, on embarque tout ce beau monde ! »

Ce n’est certainement pas cela que Mr. Sarkozy envisage : il pense à des responsables de rang plus subalterne et plus particulièrement, je reprends ses propos, à « ceux qui mettent en danger l’argent des épargnants ». Ceci ne peut viser que les dirigeants de banques commerciales qui ont toléré que leur salle de marché se livre à des opérations spéculatives sur fonds propres. C’est-à-dire, à ma connaissance, à peu près tous. Mettre au pilori les spéculateurs et retrouver sur le banc des accusés les responsables de fonds de pension et les administrateurs d’ONG, ne résoudra rien non plus.

Et c’est là que le bât blesse, parce que si l’on châtie effectivement les responsables de la crise il ne restera pas grand-monde pour reconstruire ensuite.

Il y a eu des fraudes et ceux qui les ont commises doivent être punis mais ceci, absolument rien n’empêche de le faire maintenant, et ce devrait faire partie de la procédure courante. Mais changer les règles en cours de route et dire : « Tous ceux qui hier ont fait ceci – qui était légal à l’époque – seront punis aujourd’hui », est non seulement arbitraire mais aussi extrêmement dangereux.

Appeler à un nouveau Bretton Woods est une excellente initiative. Affirmer « Apprenons à gérer collectivement les crises les plus aiguës que nul ne peut résoudre tout seul » est également très louable et blâme à juste titre les autorités américaines pour leur orgueil. Ce qu’il convient de faire, c’est de réinventer les règles du jeu pour le rendre enfin humain. Ce ne sera pas facile et cela exigera beaucoup de remue-méninges et de dévouement. Désigner quelques « responsables » au hasard à la vindicte publique ne serait ni plus ni moins, et une fois encore, que du panem et circenses.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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19 réflexions sur « Le Président français à l’ONU »

  1. Si les propos des politiciens français étaient suivis des actes…
    Mais il n’en n’est rien.
    On s’aperçoit trés bien que seul les USA ont pris des mesures d’envergure de rétorsion contre certaines escroqueries financiéres.
    Il n’y a pas eu d’équivalent de l’action d’Eliot Spitzer en Europe. Il n’y a pas eu de réglements à la mesures des lois Sarbanes-Oxley en Europe.
    En France, la faillite du Crédit Lyonnais est traitée par une indemnisation monumentale pour un des protagonistes, Bernard Tapie.
    Alors les propos d’un président français pour la régulation de la finance mondiale, c’est peanuts.

  2. Peut etre enfin une bonne nouvelle :

    Les financiers /economistes Chinois viennent de remettre en cause la doctrine du Maitre (Paulson le coupable) qu’ils ont veneré :

    China Shuns Paulson’s Free Market Push as Meltdown Burns U.S.

    By Zhao Yidi and Kevin Hamlin

    Sept. 24 (Bloomberg) — Eighteen months ago, U.S. Treasury Secretary Henry Paulson told an audience at the Shanghai Futures Exchange that China risked trillions of dollars in lost economic potential unless it freed up its capital markets…..

    http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601109&sid=aCl7bFUJzWRk&refer=news#

  3. Il peut sembler qu’à défaut de relever des fautes légales, l’on puisse tout de même sanctionner les responsables pour incompétence. En tout cas rien n’empêche de déclarer que les sommes touchés par des responsables incompétents soient affectées à rembourser les gens qu’elles ont spoliées dans des fonds que l’Etat pourrait se charger de collecter….c’est certainement le sens profond de l’intervention de Sarkozy… éliminer les incompétents.On peut rêver non?

  4. Je cite Paul :
     » Désigner quelques « responsables » au hasard à la vindicte publique ne serait ni plus ni moins, et une fois encore, que du panem et circenses.  »
     » Ce qu’il convient de faire, c’est de réinventer les règles du jeu pour le rendre enfin humain.  »
     » Mais changer les règles en cours de route et dire : « Tous ceux qui hier ont fait ceci – qui était légal à l’époque – seront punis aujourd’hui », est non seulement arbitraire mais aussi extrêmement dangereux. »

    C’est cette idee-maitresse que j’exprime moi-meme avec regularite sur ce Blog, et qui suscite souvent l’incomprehension, et meme parfois l’indignation de certains intervenants : « Le fait culturel ne peut pas reposer sur les seules epaules de quelques-uns, ceux qui font l’actualite (et qui seront oublies demain). »

    Cette reflexion, je la poursuis depuis longtemps. Elle a pris ses racines dans ma lutte contre la maltraitance des enfants, lutte d’un demi-siecle deja (j’y inclus mon enfance) qui a donne sens a mon existence, ainsi qu’a ma recherche actuelle de formes de vie collective bien-traitante et respectueuse : dans le couple, la famille, la commune.

    Alors, je le formule une fois de plus :
    Fondamentalement, designer quelques responsables/coupables a la vindicte populaire, revient a « externaliser » la faute. Cette designation dedouane la societe du travail qu’elle aurait a faire sur elle-meme si elle voulait reellement changer les choses.
    En general, c’est le chemin inverse qu’elle choisit : designer des « monstres » la blanchit de toute implication – elle ne peut etre soupconnee d’etre monstrueuse globalement -, et surtout, et c’est la le plus decisif, lui permet d’eviter toute remise en question de son mode d’etre, de penser, de commercer, d’aimer.
    Au final, cela permet au « meme » de revenir sous une forme passee au lait de chaux, apres l’episode de lynchage hysterique de quelques-uns qui aura prouver la virginite de tous. CQFD.

  5. Le lien auquel renvoie Lebanquier me permet d’élaborer. Voici ce qu’on y lit.

    L’abécédaire des propositions due Nicolas Sarkozy

    Crédit hypothécaire

    Logement Injustices

    Les ménages français sont aujourd’hui les moins endettés d’Europe. Or, une économie qui ne s’endette pas suffisamment, c’est une économie qui ne croit pas en l’avenir, qui doute de ses atouts, qui a peur du lendemain. C’est pour cette raison que je souhaite développer le crédit hypothécaire pour les ménages et que l’Étal intervienne pour garantir l’accès au crédit des personnes malades.

    Je propose que ceux qui ont des rémunérations modestes puissent garantir leur emprunt par la valeur de leur logement.

    Il faut réformer le crédit hypothécaire. Si le recours à l’hypothèque était plus facile, les banques se focaliseraient moins sur la capacité personnelle de remboursement de l’emprunteur et plus sur la valeur du bien hypothéqué. Ceci profiterait alors directement à tous ceux dont les revenus fluctuent, comme les intérimaires et de nombreux indépendants.

    Au lieu de Crédit hypothécaire, ce petit texte pourrait être rebaptisé Comment créer une crise des subprimes ?. Rien n’y manque : l’encouragement au surendettement des ménages, la mise en gage de la maison comme tirelire, les banques qui se « focalisent moins sur la capacité personnelle de remboursement de l’emprunteur et plus sur la valeur du bien hypothéqué ».

    C’est le fait que cette « recette pour un désastre » ait été appliquée aux États–Unis avant la France qui sauvera probablement celle-ci.

  6. Effectivement le programme SarKozy était explicite et c’était bien d’une copie du système américain qu’il était question. Certains financiers de bon sens ( on en trouve quand même) s’étant d’ailleurs opposés à la mise en application d’une loi votée il y a quelques années et qui allait dans ce sens.

    Je suis profondément découragée, je rencontre à longueur de journée des banquiers qui m’expliquent que la crise passée, tout reviendra comme avant. Que quelques marchés disparaitront mais qu’ayant toujours besoin de couvertures et de performances, ils inventeront toujours des produits complexes. Je me suis penchée sur le marché des ETF et il est bourré de bombes à retardement des swaps de performance par exemple qui engagent des banques pour des montant inconsidérés qu’elles sont bien incapables de garantir en cas d’effondrement généralisé…

    Je ne vois pas bien comment sortir de tout ça. Parfois, je me dis « une bonne faillite du système  » comme d’autres disaient « une bonne guerre ». La nature humaine a pris un mauvais tournant, elle n’oeuvre plus pour sa survie mais pour sa destruction. Est-ce un phénomène normal qui menace toutes les espèces tôt ou tard ? Suis-Je excessive ?

  7. La crise des subprimes n’est qu’une infime partie de l’exubérance irrationnelle des marché pour citer Greenspan bien avant l’existence des subprimes.
    Le gros probléme est celui la valorisation exacte des entreprises côtés sur le marchés.
    Une croissance annuelle de 12% durant 25 ans des sociétés industrielles du Standard and Poors et du Dow Jones est en dehors de la réalité économique car elles croissent de 5% par an si elles investissent considérablement dans l’innovation et si elles ne font aucune erreurs de gestion.
    Or l’investissement productif innovant n’a pas été optimum pour beaucoup de sociétés (on le voit clairement pour le secteur automobiles, énergie, transport, santé…)
    Peut on imaginer que le secteur banquaire et financier aient pu faire autant d’erreurs stratégiques et que le secteur industriel n’ait pas commis le même genre d’erreurs durant cette période de dérégulation et d’exubérance irrationnelle?
    Toutes ces erreurs et ce maquillage pour faire plaisir ou faire croire aux actionnaires qu’ils pouvaient dégager des rendements de 15% annuel.
    Croisons les doigts pour que les erreurs commises ne le soient que dans la finance et pas dans l’industrie.
    Souhaitons que les USA investissent encore plus dans l’innovation.
    Prions que l’Amérique devienne encore plus intelligente.
    Rien n’est perdu, il n’est pas trop tard, enfin j’espére…

  8. @sounion,

    concernant les ETF je confirme que la croissance de ce marché a un air de déja vu. Quand il y a quelques mois j’ai vu les chiffre de croissance des ETF j’ai cru rêver, le corps des titrisations et ses avatars n’étaient pas encore refroidi qu’ ILS remettaient cà. De nouveau on rendait « liquide » ou accessibles des choses qui l’étaient moins, nouveaux produits structurés émis par une poignée de banque ignorant les black swan… http://www.boursorama.com/opcvm/detail-actualite-opcvm.phtml?news=5850682

    Il va bien falloir en finir avec tout cette masse de capitaux en déshérence à l’appétit insatiable, peut-etre que finalement le passage par la case purge devient il necessaire..

  9. Concernant la punition d’éventuels responsables, ne pourrait on pas imaginer de créer une sorte de droit au remord pour inciter les brillants financiers disposant de nombreuses compétences pour participer à la reconstruction du systéme.
    Mettre en place des Travaux d’Intêret Généraux pour remettre le capitalisme sur les rails.
    Utiliser les cerveaux de Wall Street pour recréer quelque chose de constructif pour la société.
    Paul Jorion dit: »Et c’est là que le bât blesse, parce que si l’on châtie effectivement les responsables de la crise il ne restera pas grand-monde pour reconstruire ensuite. »
    Il faudrait donc les faire participer à ce travail de reconstruction. Mais ils ont sans doute plutot envie de prendre des vacances actuellement plutot que de mettre les mains dans le cambouis.

  10. lebanquier dit:

    «  »Il va bien falloir en finir avec tout cette masse de capitaux en déshérence à l’appétit insatiable, peut-etre que finalement le passage par la case purge devient il necessaire.. » »

    C’est à peu près comme le fléau des sauterelles. Le cauchemar des nuages de sauterelles laissant à nu des populations entières hantées systématiquement par la famine…

    Vouloir en rendement (ROE, return on equity… quelle « equity »??) de 15%, alors que dans le même temps la moyenne de la croissance mondiale était de 4 à 5% relève du caprice d’adolescents gâtés. D’ailleurs l’attitude anglo-occidentale, répandue partout, ressemble à une société qui n’a pas fini d’assumer son adolescence et qui, soi-disant adulte (??!!) fait les pires bêtises, mêmes les plus graves! Bêtises orchestrées par des messieurs au cerveau atteint qui s’adorent le nombril. On appelle ça de l’omphalolâtrie. Quand on pense qu’un Sarkozy a été élu avec 53% des voix! Pourtant, on dit qu’on a les « dirigeants » (dirigeants de qui? De quoi?) qui nous reflètent… On a du mouron à se faire.

    Un de mes grand-pères était éleveur, mon père a été marin, sans idéaliser personne (c’est trop facile), ils accomplissaient là, sans doute sans en avoir pleinement conscience, l’assumation, somme toute banale et rude à la fois, du sens de la vie. Un sens de la vie qu’il nous faut retrouver en dehors des turpitudes engendrées par des forces qui nous échappent, nous prennent en « otages » et nous terrassent en nombre au travers de leurs discours soporifiques qui n’a plus prise sur rien.

    D’ailleurs, la preuve est que chaque jour, on attend « anxieusement » les « décisions » de messieurs Paulson et Bush, voilà l’attitude où, le clône Sarkozy à nécessairement la voix de son maître Bush. À ce sujet précis, bravo à lebanquier et Paul pour avoir repêché ce magnifique abécédaire de Sarkozy, copie certifiée exacte de : made in bureau ovale…

    Tout ceci confirme, au delà des attentes, qu’il faut individuellement et collectivement manœuvrer créativement, sans illusions déplacées, pour réédifier un sytème financier utile à tous, en commencant, s’il le faut, par des monnaies locales, ainsi que cela se fait pour la meilleure réappropriation de sens de la vie. Élaborer une structure financière et monétaire non contrôlée par les actionnaires bancaires, lesquels auront, d’ailleurs, toute possibilité de rester des actionnaires à leur guise, mais en prenant pour eux-mêmes tous les risques au jeu, et non plus de les faire porter, avec la complicité active des banquiers, par la société civile productrice qui n’en peut mais.

    Tel est le sens naturel et sain d’une couverture monétaire à 100% (au moins avec M1) où les faiseurs et les contrôleurs de l’argent ne seront plus les actionnaires des banques, mais, organiquement, la société civile productrice émettrice de son propre argent sans intérêts. Car avec 100%-monnaie, les pertes ne nuiront pas à ceux qui créent des biens et des services réels, mais à ceux, et seulement ceux qui pratiquent les orgies financières qui coulent la société. Les créateurs de biens que nous sommes tous à un degré ou à un autre auront ainsi la possibilité, selon leurs moyens propres, d’acceder aux biens que nous fabriquons nous-même, sans payer de rançons fatales à la marche de la vie, autrement dit, sans payer d’intérêts voleurs et tueurs à des bandits de grands chemins en col blanc devant lesquels il faut ramper.

    C’est beaucoup plus simple qu’on ne croit, et nullement une chimère ou une utopie de plus, tel que des esprits « raisonnables » et résignés à la servitude nous le distillent au quotidien et à tout propos.

  11. « changer les règles en cours de route et dire : « Tous ceux qui hier ont fait ceci – qui était légal à l’époque – seront punis aujourd’hui », est non seulement arbitraire mais aussi extrêmement dangereux. »

    Les choses ne se sont pas passées si légalement que les économistes le pensent et certaines annonces à la radio ce matin laissent supposer que des poursuites judiciaires pourraient bien être entreprises sans aucun souci de vengeance mais simplement de justice.

    Tout ne s’est pas passé si normalement que les économistes voudraient le faire croire. ‘il est semble-t-il parfaitement illégale d’accorder des crédits à ceux qui n’ont aucun moyen de les rembourser et il se pourrait que l’on s’aperçoive bientôt que les les dernières affaires ont ignorées toute légalité.

    Il est très dangereux à mon avis de ne pas voir que les affaires ne marchent pas toutes seules et d’accuser simplement un Système , de passer l’éponge comme on dit. C’est justement parce que les affaires humaines sont comprises par des spécialistes comme un système que chacun peu détrousser bien à l’abri son prochain à condition toutefois qu’il en ait les moyens.

    Les seuls sanctions auxquelles sont voués les responsables de ces vilenies sont , comme j’ai pu le lire dans un journal gratuit de voir leurs actions ne pas être aussi rentables qu’ils l’avaient escomptées. Des actions distribuées gratuitement ne donneraient pas autant qu’ils en espéraient. Et ce sont les fonctionnaires qu’ont accusent d’irresponsabilités.Ces dirigeants incompétents gagnent toujours quelquechose quoiqu’il arrive.

    C’est au peuple d’éponger leurs dettes, les bénéfices des phynanciers sont privatisés et leurs dettes nationalisées. Est ce cela le retour de l’Etat?. Monsieur Sarkozy peut donc tranquillement faire la leçon aux américains et Monsieur Hollande brocarder ce qu’il pense n’être que des mots , encore fallait-il que ces mots soient prononcés, les dirigeants du monde ne peuvent invoquer une quelconque fatalité économique qui les dédouanerait de toute responsabilité.

    Rien ne s’est passé aussi légalement que certains économistes vont avoir la surptise de découvrir. D’ailleurs n’est ce pas une espèce d’obéissance passive semblable qui fut reprochée aux dirigeants allemands lors de la dernière guerre mondiale.Ces gens là ne croyaient pas faire le mal mais simplement redresser le cours du monde.

  12. Je suis assez sensible aux mots employés et je constate que ceux qui souhaitent que le système se remette rapidement de la crise actuelle ont tendance à utiliser les mots «purge» ou «élagage» pour décrire ce qui devrait se passer. Je retrouve parfois ces mots sur ce blog et mettant ensemble les chiffres de bob et la logique de la purge ou de l’élagage, je crains que les branches mortes ou la résultante d’un traitement drastique forment un tas énorme, plus volumineux que la partie saine…
    Ce sont ces mêmes utilisateurs de comparaisons éradicatrices qui sont les plus prompts à souhaiter des «sanctions» contre des individus fautifs. Sur ce blog fort fréquenté par d’éminents anthropologues, je n’ose m’aventurer sur la signification de la recherche de boucs émissaires, mais j’ai tendance à suivre le raisonnement de ceux qui pensent que cela permet surtout de se dispenser d’une remise en cause profonde de la collectivité (ici le système financier mondialisé).

  13. De toutes façon, le changement vers un capitalisme innovant et performant ne pourra se faire que si les classes moyennes (et supérieure) mettent de l’énergie à faire bouger le systéme.

    Car les responsables de cette catastrophes économiques sont puissants, déterminés et trés organisés.
    Ce combat n’est absolument pas gagné d’avance pour les partisans d’une société de progrés et de justice.

    Paul Jorion disait que les USA pouvait s’orienter soit vers la social démocratie soit vers la dictature mais implicitement il s’agit du destin du monde occidental.
    Les citoyens sont-ils prêt à résister, on va s’en apercevoir rapidemment, mais une défaite de la démocratie est loin d’être exclue tellement les forces en présence semblent déséquilibrées.
    Hallelujah

  14. Lle contraste est saisissant entre deux mondes : l’Inde ou même les dirigeants politiques comprennent peu ou prou ce qu’ont fait les ouvriers en colère et l’Occident ou chacun s’abandonne au fatalisme économique. Ce n’est pas tant le capitalisme qui est en question dans la crise actuelle que l’économie, son idéologie qui justifie et déchaîne les égoïsmes que les sociétés avaient jusqu’à maintenant toujours repoussées.

  15. @lebanquier

    « Il va bien falloir en finir avec tout cette masse de capitaux en déshérence à l’appétit insatiable, peut-etre que finalement le passage par la case purge devient il necessaire.. »

    J’ai ce sentiment, qu’il n’y effectivement d’autre issue pour changer le système. J’ai eu l’occasion de passer du temps hier avec l’équipe dirigeante de l’une des grandes banques française, il y a très très peu de conscience des excès commis, la part de responsabilité des banques est totalement ignorée et la confiance dans le système quasi religieuse. A quelques exceptions ce dont nous discutons ici, ne les concerne absolument pas, disons même que nous sommes de dangereux individus rétrogrades et poujadistes.

  16. @ sounion. Toute réflexion sur le système doit également passer par une introspection personnelle. Une majorité d’entre nous ne se satisfait pas d’un placement à taux fixe et est prêt à assumer une part (variable) de risque. A quel niveau de risque estime-t-on que l’on est dans « l’excès » et « l’éxubérance » (pour parler comme Greenspan). La prise de risque est propre à chaque individu. Certains en prennent, d’autres non. Faut-il décréter un niveau de risque raisonnable, valable pour tous?

    Sommes-nous prêts à dire « non, je me satisfais de 4% de rendement pour préparer mes vieux jours? ». Sommes-nous capable de résister à un taux hypothécaire alléchant mais risqué afin d’acheter la maison de nos rêves alors que l’immobilier ne cesse de grimper et que l’on se dit que c’est maintenant ou jamais? Sommes-nous capables de résister devant une voiture aussi belle que celle de notre voisin ou de notre beau-frère? Rien n’est moins sûr.

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