Faire tout ce que les hommes peuvent faire

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Trop peu, trop tard. J’aurais quand même préféré que le plan Paulson « version centre-gauche » passe. Ce ne fut pas le cas : avec 47,3 % de voix en sa faveur, il a raté de peu la majorité. Les parlementaires démocrates ont voté pour à 60 % et les républicains à 33 %. Le compte n’y était pas. L’indice Dow Jones a perdu dans la foulée, 6,98 %. Plus fort que Paris un peu plus tôt dans la journée, avec – 5,04 %.

Qu’est-ce qu’il faut faire ? A ce stade-ci, le mieux que l’on puisse espérer, c’est un gel de la situation. Ce serait déjà une très bonne chose. Je le disais il y a quelques jours, quand je résumais l’article qui a paru aujourd’hui dans Le Monde – Economie : « Je reviens sur l’idée d’un moratoire. Il ne s’agit pas de « résoudre » la crise mais de trouver le moyen d’introduire au moins un temps d’arrêt qui permette de déterminer un plancher » (Le Monde, lundi 29 septembre). Dans l’article du Monde, « Le piège des Credit–Default Swaps », je suis plus explicite. En voici le dernier paragraphe :

Mais il faut aller beaucoup plus loin : d’ici à ce qu’un marché organisé puisse être mis en place, un moratoire permettrait d’examiner les conditions à remplir pour que les CDS puissent être relancés sans générer un danger systémique. Et si ces conditions ne peuvent être réunies, il conviendrait de transformer ce moratoire en interdiction permanente. Tant que les autorités n’auront pas réglé la question des Credit–Default Swaps, leur affirmation qu’elles prennent toutes les mesures qui s’imposent pour résoudre la crise ne pourra pas être prise au sérieux.

Arrivé à ce stade-ci, il faut abandonner l’ambition de résoudre les problèmes : il faut d’abord stopper la finance dans sa chute en gelant la situation. Si on tarde trop, il ne restera plus que la méthode ultime, celle que j’évoquais dans un autre billet. J’y reproduisais le texte d’un ex-voto de marins bretons :

« Ayant fait tout ce que les hommes peuvent faire, nous nous mîmes en cercle, et nous tenant par la main, nous recommandâmes notre âme à Sainte Anne » (De la prière).

Ils avaient quant à eux au moins commencé par « faire tout ce que les hommes peuvent faire ».

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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45 réflexions sur « Faire tout ce que les hommes peuvent faire »

  1. Vous avez malheureusement raison ( P…. de républicains! ).Les Clash pourraient rajouter un couplet à leur chanson : »I’m so bored with the USA « . Je préfère meme pas voir la réaction des marchés asiatiques.

  2. Selon vous, il faudrait donc geler la situation, avoir un temps d’arrêt. Mais est-ce seulement imaginable? Qu’entendez-vous dans les faits? Une fermeture mondiale des bourses jusqu’à une nouvelle réglementation consensuelle mondiale?
    Et si ce n’était pas le cas. Ce serait la fin du système? Mais que signifie vraiment la fin d’un système?
    La situation semble irréelle. Je ne sais plus quoi penser. Aurait-on franchi une barrière de non-retour, et si oui, que signifierait-elle.

  3.  » Considérons-nous cependant le contenu de cette expérience dans son intégralité : ce contenu est l’oeuvre qui disparaît ; ce qui se maintient, ce n’est pas le fait de disparaître, mais le fait de disparaître est aussi effectivement réel, et attaché à l’oeuvre et disparaît lui-même avec celle-ci ; le négatif s’enfonce avec le positif dont il est la négation. »

    « La conscience fait donc l’expérience de la réalité effective comme moment dont l’essence est de disparaître… »

    Hegel, Phénoménologie de l’esprit.
    😉

  4. @ Paul

    Une question générale me taraude avec son corrolaire actuel

    1) Si je comprends bien que les produits dérivés de la finance ont généré quelque chose comme 500 000 milliards $
    Si ces fonds spéculatifs (annuels?) existent depuis 8 ans ce que je ne comprends pas, surtout vu l’opacité de ces montants, c’est comment ces sommes astronomiques n’ont pas créés une hyperinflation mondiale depuis tout ce temps?!

    2) Si ce n’est pas le cas depuis tout ce temps en quelle mesure cette épée de damoclès là serait alors un danger pour l’économie réelle?

    Maintenant est il possible que ces montants une fois la panique enclenchée va t elle se distribuer
    sur le marché des changes?
    le marché des matières premières?
    sur l’achat d’entreprises?
    sur l’achat de n’importe quoi?
    Va t on alors vers une hyperinflation galopante??

    Cet argent va t il tout simplement s’évaporer ??

  5. @ Nikademus

    Le problème Nika c’est que Hegel postule néanmoins dans le même mouvement de « disparition » l’aufhebung c’est à dire l’emporté avec soi du moment qui précède dans son moment dialectique

    Donc fourte on en est pas débarrassé , celà demeure dans le placard quand le mari se pointe!!

  6. @ Nikademus
    Cognitivement et affectivement impressionné par le phénomenologue hégélien. Etes-vous un UFO de l’anthropologie ?

  7. Je ne sais pas ce que tout cela cache, mais il y a certainement quelque chose de louche. Les humains sont des êtres rationnels, même s’ils nous arrive parfois de faire des bêtises. Tant de personnes avaient tiré la sonnette d’alarme depuis si longtemps. Parmi les plus notables « prophètes » en économie, bien sur notre cher Paul, mais aussi Mr Doom alias Nouriel Roubini, des groupes comme LEAP 2020, Lyndon Larouche (oui le bonhomme semble un peu fantasque) et sans doute tant d’autres. Je ne peux pas croire que tant de personnes compétentes et qualifiées, qui ont mis en garde tout le monde contre ce qui allait nécessairement arriver, n’aient pas été écoutées. Ceux qui tiennent les clés du pouvoir économique et politique on péché par ignorance, incompétence, où peut-être je ne sais quelle autre raison.

    Cela me faire revenir encore aux théories du complot et de la conspiration. Pour que tant d’hommes politiques, d’économistes, tout le système économico-financier aient fermé les yeux, il faut une très grosse raison. Certainement plus que l’incompétence, la naiveté, l’appat du gain. J’ai peur que tout ceci ne cache de noirs desseins…

  8. @paul,

    il me semble que le gel des positions soit la meilleure des solutions qui s »offre à nous. Cela n’avait il pas été le cas dans les jours qui ont suivi le 11 septembre avec la fermeture de wall-street pendant une semain ou la décision récente des autorités russes de fermer temporairement les bourses? Il faut faire refroidir le système, briser l’emballement remettre de la raison là où il n’y en a plus. Une fois la part du feu faite comme disent les pompiers et un véritable plan de continuation établi alors oui on pourra de nouveau relancer la machine mais cette fois sans subir la situation.

    amicalement,
    christophe

  9. La crise, par conséquent, ce n’est pas quand le capitalisme fonctionne mal, c’est au contraire quand il fonctionne au mieux. :

    FERMETURE IMMEDIATE DE TOUTES LES BOURSES AU MONDE

    MORATOIRE SUR LES INTERETS DES DETTES publiques et privées

    ETATS GENERAUX MONDIAUX DES PEUPLES pour une ALTERNATIVE MONDIALE

  10. Un « bank holiday », comme en 1933 au début du mandat de Roosevelt ? qui sera roosevelt cette fois ? à moins bien sûr que GWB ou Cheney et sa clique ne trouve (comprenez : fabrique) un prétexte pour activer les lois d’exceptions votées par le congrès en mars 2007 et conserve le pouvoir en « repoussant les élections ».

    Ce qui est réjouissant est que le peuple (une partie) a harcelé ses élus pour bien leur faire comprendre qu’il ne paierait pas pour les criminels de WS et de la finance créatrice.

    Ce qui est triste est que les « Nous Le Peuple », majoritairement hostiles à cette loi (selon des sondages, donc …) l’est par réflexe pavlovien — depuis le temps qu’on (les élites) leur bourre le cerveau avec le slogan : l’état c’est mal, les impôts, c’est mal ; c’est le socialisme, c’est le Mal. Le marché c’est le Bien.

    Ce qui est lamentable est que les élus qui ont le vent dans les voiles (démocrates) se soient rangés au plan Paulson, que les élus sortants qui ont la trouille de perdre leur siège se soient mis à entendre (mais pas à écouter) le peuple révolté, par peur, pour leur propre intérêt. Pas par raison.

  11. Déclaration de l’attaché de presse de la maison blanche en date du 23 septembre 2008:

    Tony Fratto  » insisted that the plan was not slapped together and had been drawn up as a contingency OVER PREVIOUS MONTHS AND WEEKS by administration officials. He acknowledged lawmakers were getting only days to peruse it, but he said this should be enough. »

  12. @ leduc

    J’ai la même crainte. Parallèlement au gonflement des dettes des pays occidentaux depuis 20 ans, dont l’issue était claire pour les esprits en peu lucides, ont été développés et installés tous les outils permettant la mise en place d’un monde orwellien (du paiement par CB à la téléphonie mobile, en passant par la surveillance d’internet…), avec une accélération depuis le 11 septembre 2001.

    Je ne crois pas à la théorie trop facile d’un « complot », mais tout de même, la concomitance des deux évolutions est inquiétante. Si McCain est élu, il pourrait faire basculer le pays des libertés dans une nouvelle forme de totalitarisme qui permettra le lancement d’une croisade meurtrière. Une situation de guerre permettra d’apurer les dettes en enrichissant certains. Les explosions sociales pourront également être contenues dans un tel contexte.
    Brrrr…

    Une question pour l’immédiat : que vont faire les fonds souverains, la Chine va-t-elle changer de stratégie économique (voir la très intéressante interview d’un ancien conseiller de banque centrale chinoise sur ContreInfo) ?

    Merci à Paul Jorion pour ses passionnants billets, et à tous les contributeurs pour la pertinence de leurs remarques.

  13. Journées noires pour le capitalisme sauvage, mais belle journée quelqu’en soit le prix à payer pour la démocratie parlementaire américaine. Non les logiques de partis, de lobbies, ne peuvent pas tout, il y a encore des doigts qui appuient sur les boutons pour voter et aussi paradoxal que cela puisse paraitre aux USA pour punir la soif du profit et de la spéculation.

    Certes ça peut déboucher sur un sabordage du « système » et coûter très très cher mais un système qui concourt à affamer sciemment une partie de la terre, entretenir des tensions géopolitiques, polluer à outrance, consommer et gaspiller de manière idéologique, et en l’espèce virtualiser les échanges entre les hommes en détournant des produits de couverture et d’assurance pour en faire des outils de spéculation pure n’arrive -t-il pas en bout de course et ne mérite t il pas de récolter ce qu’il a semé ?

  14. Il semblerait qu’il y ait des problèmes essentiellement dans nos têtes, bien plus que dans le réel (lequel doit rigoler de nous voir dans tous nos états!). Restons sérieux, justement, et on peut être très sérieux sans se prendre au sérieux. Car si nous nous prenons au sérieux cela donne la crise qui se déroule sous nos yeux. Et nous savons bien que quel que soit l’enchaînement des faits et des événements, cela peut mener aux pires situations.

    Qu’est-ce à dire? Il s’agit d’une crise financière, bancaire et monétaire à la fois. Mais au fait, regardez bien : c’est une crise du miroir. C’est une crise qui reflete notre propre image. Celle qui est concoctée dans nos cervelles et pas ailleurs.

    Voyons. Il y a crise majeure du côté de la contrepartie du réel. Cette contrepartie est, À LA BASE, seulement, je dis bien: seulement, un signe, un chiffre (bout de papier ou bits) désignant la possibilité d’accès aux biens produits.

    Et c’est cette réalité de sens du signe ou du chiffre qui a déserté nos cervelles et qui nous fait confondre ici le signe et la chose. Le signe-argent comme moyen d’accès aux produits. Produits que nous fabriquons nous-mêmes et qui, à la base, dans la VÉRITÉ, détermine la création de la monnaie servant à acheter ces produits.

    L’argent est comme une marchandise ai-je entendu des milliers de fois. C’est l’un des principaux canons de la croyance des libéraux, un véritable point aveugle qui nous fait nous « fracasser » misérablement contre un ECTOPLASME que nous croyons aussi vrai et dense qu’un massif montagneux aux falaises vertigineuses infranchissables…

    Il y a crise majeure sur plusieurs plans dis-je, financier, bancaire et monétaire. Dans la vérité de la production des biens et des services, rien, absolument RIEN dans ces domaines qui ne produisent AUCUN BIEN si ce n’est d’être seulement le REFLET des biens produits, c’est pourquoi ni le financier, ni le bancaire, ni le monétaire ne peuvent imposer leur diktats sur le domaine productif autrement plus vital que tout le « reste ».

    Or, que constatons nous, les domaines financiers, bancaires et monétaires génèrent de façon récurrente des dépressions, des crises, des guerres et des révolutions. La banque a usurpé le pouvoir sur les hommes, ele fomente les guerres, les révolutions, tout ce qui peut amoindrir les hommes et les faire s’entretuer.

    Nous nous « affolons » d’une crise et restons sans voix à apprendre que des milliards s’évanoussent… Mais alors nous avons perdu toute logique? Car les usines, les unités de production, l’infrastructure industrielle et agricole, les PME, toutes les forces inventives et productrices ne sont ni des fantômes ou des ectoplasmes. Toutes ces unités de production dans tous les pays sont bien réelles, elles ne se sont pas évaporées en même temps que les bourses et les banques. Elles sont là et bien réelles qu’est-ce qui les empêcherait de fonctionner et de prospérer? J’attends avec curiosité de bonnes et intéresantes « explications »…

    Cette « situation » de crise me fait penser au scénario de Ghostbusters, ce très remarquable film des années 80 (il y en a eu deux ou trois), style comédie musicale, et qui m’avait marqué » (remarquablement documenté par ailleurs) c’est un excellent coup d’éclairage, très réussi, sur notre imaginaire, les fantômes et les ectoplasmes dont certains sont comiques, d’autres effrayants, finissent par retourner au néant d’où notre psychisme les avait fait venir…

  15. J’ai écouté le discours de Nancy Pelosi avant le vote. C’était incroyable! Au lieu d’appeler à l’unité de la nation dans une situation difficile et urgente, elle a fait une sorte de discours électoraliste très agressif. Je ne discute pas ici de son opinion mais de son manque de diplomatie de dernière minute alors qu’elle avait pourtant participé à la mise au point et à l’amélioration de ce plan de sauvetage. Au lieu de convaincre les républicains – dont la base populiste était résolument contre le plan et qui les menaçait de ne pas les réélire, – elle est parvenue à se les mettre à dos. Quel gâchis!

  16. Le système ne serait-il pas en train d’imploser parce que son expansion, qui était réputée infinie, est en train de rencontrer les limites bien réelles de notre planète ? Nous vivons tous dans un monde fini, l’expansion perpétuelle (la croissance continue….) est intenable sur le moyen terme. L’épuisement des ressources, les pollutions mortelles vont mettre un sacré coup de frein à l’ensemble, personne n’y échappera.

  17. Paul Avez vous traité ailleurs dans ce blog de l'(in)utilité des bourses ? peut-on proposer de fermer les bourses, quel sens cela peut avoir pour vous ? Merci

  18. @ leduc

    Je doute que les hommes soient vraiment rationnels. On l’est à certains moments de la journée. Pour le reste c’est l’habitude, l’inconscient qui dictent nos actes. Et puis tant que le système ne semble pas hors de contrôle on rechigne à penser contre soi-même pour élargir les horizons. La rationalité elle-même n’est pas d’un grand secours si on est pas capable d’avoir une vue différente de la situation. La rationalité n’est pas la pensée.

    En ce qui concerne Bush les choses sont claires :

    « Mon premier instinct a été de laisser agir les lois du marché, avant que je réalise, après avoir été informé par des experts, toute l’ampleur du problème» (Bush le 20 sept 2008)

    Lui et son équipe ont pris la crise en cours de route. Bush est passé sans transition intellectuelle de son « instinct » aux « experts ». Autrement dit, complètement largué. Hébété, il semble découvrir la nature du système économique dans le lequel il se trouve. Comme en Irak c’est l’incompréhension.

    Je crois donc que beaucoup de dirigeants sont restés prisonniers de leur idéologie (au sens de système de pensée prédominante », même si forcément il ont eu des informations, — d’ailleurs il suffisait de naviguer sur Internet pour les trouver. Ils n’ont pas voulu les voir ou prendre au sérieux ce qu’on leur disait. Et l’entourage, ou les présidents eux-mêmes, proches des milieux d’affaires, n’ont pas non plus eu le recul nécessaire pour être à même d’écouter les voix quelques peu hétérodoxes qui leur disaient : « attention ».

    Les gouvernants sont aussi prisonniers de leur mode de gouverner dépendant de l’agenda de politique intérieure. Dans le démocraties occidentales où la majorité a son centre de gravité au centre – c’est un pléonasme – il est assez malvenu de faire du catastrophisme avant que la catastrophe n’ait lieu. Car faire du catastrophisme c’est adopter la posture des extrêmes. Etre élu président de la République n’est pas forcément un signe de compétence ou de sagesse. C’est plutôt le résultat d’un compromis social. Et qui dit compromis, dit prudence. Il faut des èvènements exceptionnels comme les guerres ou les graves crises économiques et financières pour voir émerger des hommes d’exception. Les F. Roosvelt, W. Churchill, C. De Gaulle qui osent aller à contre courant.

    Mais je partage tout de même votre sentiment général, même si je ne crois pas à un complot. Les politiques sont trop préoccupés par leurs agendas, ils raisonnent peu souvent à long terme, ils réagissent au coup par coup.

    @ Jean-François
    D’accord avec vous, si les choses tournent très mal on peut craindre en effet pour les libertés, aux USA mais aussi en France, où l’on vient, par exemple, par décret, de créer un fichier (ex EDVIGE) lequel servira à ficher toute personne susceptible de porter atteinte à l’ordre public, notion on ne peut plus vague et qui fait de n’importe quel citoyen un suspect potentiel. Ce fichier n’est que le dernier élément de tout un dispositif juridique et policier (les lois en cascade sur la sécurité). En temps de « paix » ces lois, ces dispositifs sécuritaires, font des dégâts limités, leur nocivité résident surtout dans le fait qu’elle conditionnent les esprits, mais en cas de troubles sociaux, ils pourraient être utilisés à plein rendement.

    Quant aux « outils permettant la mise en place d’un monde orwellien » c’est à dire toutes les technologies numériques, de contrôle et de tracabilité, d’information et de communication, elles ne sont pas simplement des outils qui seraient une menace en cas de dictature, elles sont d’ores et déjà aujourd’hui des instruments d’un capitalisme devenu totalitaire. (voir mon commentaire suite à l’article 4 principes et 9 propositions). Car comme l’avait pressenti le philosophe Deleuze, nous sommes dans l’ère de la société de contrôle. Un contrôle qui a ses ratés évidemment. Le contrôle opére sur l’organisation du capitalisme industriel, et à travers lui sur tout la société, mais le « système capitaliste », si préoccuper de formater les consommateurs et leurs modes de vie, a « oublié » de contrôler ce qui constitue le coeur même de son économie, la sphère financière.

  19. @emmanuel
    tres bonne question… quels sont les avantages/désavantages de l’existence des bourses ? (en dehors d’une croissance tres mal partagée et dont on soupconne que l’immobilier soit le moteur principal)

    @gibus
    Un monde fini mais aussi une croissance finie de la consommation… Cette croissance ne fonctionne que si les produits achetés ont des cycles de vie tres courts. Il faut que les acheteurs changent de telephones tous les 2 ans voir moins, de voiture tous les 5/6 ans, … tout ca pour que le système tourne, que la croissance tienne… D’une part, ce n’est pas possible economiquement pour beaucoup, d’autre part, c’est environnementalement une catastrophe et enfin c’est inutile pour certains … Le seul moyen d’enchainer les gens, c’est de faire des produits qui ne depassent pas les cycles (soit en n’etant plus assurés, soit plus réparable car trop couteux/ un nouvel achat). Le modèle du business informatique a été bien copié !

    La croissance de la consommation est finie (surtout dans les pays occidentaux) puisque leurs revenus le sont relativement à ce qu’on leur demande de dépenser pour faire tourner le système. Cela est vrai dans des pays à la fievre acheteuse comme dans ceux qui ne consomment pas assez au gout des vendeurs… le miracle des gens qui consomment sans se poser la question s’ils ont l’argent pour cela…

  20. Un moratoire sur les CDS? Admettons. Et pourquoi pas sur d’autres instruments dérivés? Pourquoi pas sur les futures et les options? Et pourquoi pas sur le principe de la titrisation? Et plus généralement, comment distinguer le « bon » risque du « mauvais » risque? Et qui va décider de ce qui est un bon ou un mauvais risque? Dès qu’un individu agit, dans un environnement incertain et sans information complète, il prend un risque. Le risque fait partie de l’action. Le calcul du risque est une conséquence du risque. L’individu qui prend un risque cherche aussi à couvrir ce risque. Va-t-on lui interdire de prendre une assurance? L’interdiction provisoire de la vente à découvert sur les titres financiers est un bon exemple. On a certes coupé les ailes aux short sellers purs mais du même coup, on a plombé les hedgers qui ne faisaient que se prémunir contre des risques liés à l’achat d’autres actifs. On a également nui aux arbitragistes qui tirent leur bénéfice en réduisant les différences de prix anormales entre actifs. La question fodamentale posée par le billet de Paul Jorion dépasse à mon avis la question du capitalisme financier. Elle est liée au principe même de toute action humaine dans un contexte complexe et incertain qu’il ne contrôle pas et au risque qu’il encourt.

  21. Pour un gel de la situation, il faudrait que les acteurs de déclarent en « Market Disruption »…
    Mais quelle banque va oser en premier se mettre dans cette posture en prenant le risque d’accélérer une possible faillite ?…

    Il faudrait faire preuve d’intelligence afin de communiquer et de trouver un commun accord entre les acteurs du marché sans quoi la situation va rester intenable et dans une totale incertitude.

    Qui va dégainer en premier?

  22. Tiens ! et toujours dans le parallèle avec 1929 – 1933, deux députés (un Dem’ et un Rep’) viennent d’introduire une résolution pour la création d’une commission d’enquête sur les renflouements financiers de Paulson, Bernanke and Co.

    Les esprits attentifs auront bien sûr remarqué que depuis le début (faillite de BS) deux banques profitent de l’aubaine, avec les sous du contribulables, GS (Goldman Sachs dont j’ai déjà éccrit ici ce que j’en pense et dont le PDG Henry « Hank » Paulson passa à la tête du Trésor US) et JPM (JP Morgan, idem)

    Déjà en 1933, rappelle LaRouche, la commission Pecora (du nom du procureur en charge) visait … Goldman Sachs et JP Morgan !

    Ils s’en tirèrent modulo la loi Glass-Steagall (séparation des activités bancaires et muraille de Chine) dont j’ai déjà parlé ici. Loi qui fut répudié sous Clinton et sous le lobbying des ces banques pour les libérer des entraves des réglementations socialistes.

    Comme déjà dit ici aussi, les mêmes cons-tribuables vont devoir payer, la même ficelle va être remise en service sous forme d’une nouvelle loi de séparation … et les moutons pourront à nouveau être tondus.

  23. Bien que fondamentalement athée (il n’existe pas d’entité transcendante), je n’ignore pas les vertus de la prière en tant qu’occasion – en particulier dans les situations les plus extrêmes, et, pourquoi pas, au jour le jour -, de célébrer ce qu’il y a de merveilleux et étonnant dans cette vie, et pourquoi, au fond, aucune autre. Quelle grande chance de parcourir un moment cette terre, malgré tout, en dépit de tout.

    Or, l’exemple de Paul est judicieusement choisi, l’une des caractéristiques méconnues du mal de mer est de précisément mener à très grande vitesse à un état où tout devient indifférent, y compris d’abord son propre sort. Si bien que, dégoûté de tout, apitoyé sur soi – on en passe toujours par là –, on y touche finalement la vie nue. Tout disparaît, tout a disparu, les soucis, les traites, les ennemis, les regrets, l’angoisse du lendemain. Et, si la mer est réellement démontée, sur ce pauvre bateau perdu, frêle coquille de noix qui ne vaut rien, contraint de tout abandonner (« ayant tenté tout ce que les hommes peuvent tenter »), espoir et désir, et, à la fin, même la peur, alors il ne reste que l’émerveillement ; tout est réconcilié, tout est pardonné, il ne pouvait en aller autrement, cette vie pour en arriver à cet instant unique, rien n’a été vain.

    Les analogies entre conscience et lumière ont ceci de vrai que ce moment s’apparente à ce rayon de soleil qui, crevant la masse noire et grise du ciel, annonce la fin de la tempête. Et voilà pourquoi les marins recommandent leur âme (ce que j’ai appelé la vie nue) et non pas leur vie (la simple vie biologique). Et pourquoi, ayant traversé toutes les tempêtes, encore et encore, ils ne rêvent, ayant touché terre, que de repartir, encore et encore… Or donc, si on a la chance d’en sortir, il en reste que l’on sait que, d’une certaine manière, tout est bien. Avec toutes ses horreurs et ses bonheurs qui font le relief l’un de l’autre, ce monde a l’inestimable perfection d’être, et moi, nous, dedans pour le voir, pour en être, aussi.

    Fermons la parenthèse maritime, et voyons voir la tourmente en cours. Inattendue, ou inespérée, ou encore « bien prévisible » pour d’autres, il n’en reste pas moins que d’abord, et pour tous, pour continuer dans l’anthropologie hégélienne ( 😉 ), c’est tout d’abord incroyable. Au fond, nous ne pouvons d’abord pas y croire. Encore plus si l’on est fermement confiant (s’il en reste !), mais tout autant aussi désabusé que l’on soit sur la nature de la construction qui s’effondre, le premier mouvement est de s’accrocher fermement à ce que l’on connaît. On ne peut pas, on n’arrive pas complètement à lâcher prise avec l’ancien. Il faudrait quand même faire quelque chose, ils vont quand même faire quelque chose, qu’est-ce je ferais moi qui suis si intelligent, qu’est-ce qui va arriver, qu’est-ce qui va nous arriver, je le savais, voyons jusqu’où iront ces imbéciles, on n’a encore rien vu, etc. ; c’est toujours la même fascination que tous partagent, horrifiée ou enjouée, pour la chute elle-même. « Et si, quand même, ça s’arrêtait là, l’ancien avait quand même quelques qualités. » Il en avait bien une, avec tous ses défauts, il était, et il était familier !

    Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, le monde est complètement unifié. Il faut le comprendre dans ce double sens que, non seulement ce qui est fait à New York a un effet en Chine, et inversement, mais en plus que l’on commence à le savoir et à pouvoir y faire quelque chose. Quand les spéculations des Anglais du XIXème affamaient l’Inde, qui s’en souciait ? Certainement pas le paysan européen (je veux dire l’immense majorité de la population) qui n’en avait ni la possibilité ni les moyens. Mais, ici, sur ce blog et dans bien d’autres endroits ailleurs, on lit des profs et des instits, des ingénieurs et des ouvriers, des cadres et des employés, femmes et hommes, qui possèdent tous, collectivement, un savoir sur l’humain dans tous ses aspects, et cela était inimaginable il y a encore seulement 50 ans. Et cela précisément dans le moment où les crises environnementales, politiques, économiques « arrivent à maturité » en même temps, et pas sans raison comme on s’en doute. Où l’on peut lâcher prise sur beaucoup de choses qui paraissaient si importantes : ma voiture, mes habitudes, mes idées et mes opinions… Où l’on va pouvoir peut-être vérifier que, contrairement à ce que, et la bonne conscience critique et le cynisme positiviste, pour des raisons fort différentes, se complaisaient à se répéter, la plupart des gens « normaux » (hors spéculateurs ?!) cherchent seulement à assurer une vie décente et apaisée à eux-mêmes et à leur proche, ne sont pas indifférents aux malheurs qui accablent leurs voisins, et peuvent travailler ensemble à un monde commun.

    Alors, bien sûr, rien n’est garanti, et c’est aussi la chance de ce temps, du temps. L’occasion, et plus encore la responsabilité, sont immenses. Toutes les générations n’ont pas eu cette chance. Il ne reste qu’à s’en montrer digne en faisant advenir le nouveau. Et bien sûr, il n’y a pas de table rase, il reste toujours quelque chose (au fond du placard ? ) de l’ancien ; ne serait-ce qu’un tas de psychotiques fermement attachés à ce que rien ne change ou que le monde entier se conforme à leur névrose particulière. Pauvre humanité, contrainte de faire à partir de la situation créée par l’état précédent ! Avec ce qui disparaît, quelque chose d’autre naît. Et c’est cela qu’il faut prendre au sérieux, dès maintenant. Et commencer, dès maintenant. Car, tout se résout finalement en ceci : et si vraiment tout était perdu, ne vaudrait-il pas mieux partir en abandonnant la fascination du pire à elle-même et en donnant une chance au meilleur dont on est capable ?

    D’une certaine manière, tout est bien. Ou, le monde est parfait, en ce qu’il n’est pas fini et qu’il continue constamment son œuvre de disparaître et commencer autre chose. Pour le pire, et aussi pour le risque du meilleur, tout est remis en jeu.

    Il est clair qu’une situation de tensions extrêmes ou d’émeutes (type Nouvelle Orléans ou Los Angeles) amènerait à reporter sine die des élections intenables dans ces conditions. Trop déconsidérés et trop affaiblis, Bush, Cheney et consorts devraient alors constituer un « gouvernement « provisoire » d’union nationale » avec les démocrates. Ce ne serait certes pas un bon signe pour cette démocratie, qu’hier encore, on se proposait d’exporter partout. « Gouvernement d’union nationale », la tendance mondiale est en effet assez lourde (en Belgique, en Allemagne, en Israël, …). On sait qu’il n’est pas dans la culture nord-américaine de faillir un seul instant quand il s’agit de mater les pauvres, surtout s’ils sont noirs, ou latinos. Pour autant, aucune « société de contrôle » n’est possible, ni instituable, ni tenable dans une situation sociale explosive.

    Et comment s’y prendre pour attribuer la crise à Ben Laden et à ce « terrorisme international » qui a déjà tant fait d’usage ? Hmm, cela paraît bien difficile à monter… Au contraire, comme il est d’usage dans ces cas-là, les démocrates exigeraient de très fortes garanties, sinon quant à des élections, du moins quant à un plan de relance crédible. S’appuyant sur ou menant vers une industrie de guerre ? Mais pour cela il faudrait au moins avoir des bases assurées, du type que permet un capitalisme complètement dirigé comme l’avait mis en place les nazis (en très peu de temps il est vrai), et pour conquérir quoi et avec quel nationalisme ? Le Mexique ou le Venezuela ? Mais l’armée nord-américaine est constituée de lumpenprolétaires chicanos ? Nul doute qu’on a monté, « à titre préventif », de tels plans, mais cela ne semble pas très crédible, n’est-ce pas ?… La Chine ? Il semble qu’elle va à avoir sous peu très fort à faire chez elle pour se porter elle à la confrontation, non seulement parce qu’elle ne pourra plus placer ses marchandises à bon marché, qui donc pour les acheter ?, mais aussi parce que sa population va exiger d’obtenir plus que de la pacotille empoisonnée pour prix de ses efforts. (Quand on a trafiqué jusqu’au lait maternel, on imagine bien que tout le reste est de la même farine.) Elle va devoir se concentrer sur ce qui se passe chez elle.

    Et en France ? Culture historique oblige, avant même d’en être venus aux dernières extrémités, on entend déjà parler d’union nationale… Et bien entendu, de l’autre côté politique, des exigences et des contreparties sont posées. C’est qu’on a connu quelques révolutions déjà, et quelques alertes chaudes (ce Mai 68 soi-disant enterré), on est plus prudent. D’ailleurs, « l’homme fort du régime » est beaucoup plus calme et conciliant quand le rapport de force ne lui est pas favorable (comme on s’en est avisé de Tripoli à Tbilissi !), mais aussi, on l’a peu remarqué, pendant les émeutes des pauvres (des banlieues en Novembre 2005 ou de la classe moyenne pendant le CPE). Plus de rodomontades, ce n’est plus la même chanson. On discute, on écoute, on comprend, on compatit !

    Il n’y a rien de magique, ici, comme partout ailleurs dans le reste du monde, la solution est connue : plan de relance, investissements massifs d’État, emplois soutenus, aidés, créés de toute part, dans cette voie toute tracée et absolument consensuelle : la transformation et la reconstruction de tout en vert. Avec l’avantage d’être à peu près capitalistiquement orthodoxe, seules quelques modalités sont incertaines : protectionnisme européen ?, suppression des intérêts sur l’émission de monnaie par les Etats ?, toutes choses discutées ici et ailleurs et dont on peut dire encore bien des choses (quant à la spéculation, il semblerait qu’on est déjà au-delà de la question de son abolition, non ?).

    Une difficulté pourtant : l’inculture économique crasse de la majorité politique au pouvoir. Je le dis sans (trop de) méchanceté, car je crois que c’est purement structurel : quel besoin a-t-on d’étudier l’économie quand on en profite « naturellement », de naissance ? Je note juste que quand elle a besoin d’un ministre de l’économie (et de Mer à Lagarde on a vu quelles étoiles elle recrute !) ou d’un directeur du FMI, elle est obligée d’aller les chercher ailleurs que dans ses propres rangs. Bref, elle vient de voir tous ses rêves partir en fumée mais elle pourrait vouloir garder quand même quelque chose de l’auto-régulation et du non-interventionnisme… Mais l’instabilité sociale – et je le redis il ne faut pas sous-estimer les traumatismes révolutionnaires -, ou le pragmatisme, il va falloir rapidement choisir, sous la menace d’une dissolution du parlement dont ils sortiraient évidemment grands perdants, s’il le faut. Actualisée, on aurait ce genre de gouvernement d’union nationale spécifiquement français qu’on appelle cohabitation. Et en voilà assez pour la prospective à grande portée…

    Toujours est-il que les épuisantes querelles de la paresse et de la valeur travail, du terrorisme ou de la liberté, de la circulation des marchandises et de l’hyper-contrôle des hommes, sont descendues du ciel et ont fait apparaître leur noyau concret : qui produit quoi et pourquoi faire ? Tout est remis en jeu ? Le pire pourrait advenir ? Et alors ? Que risque-t-on à l’éviter et à pousser dès maintenant au meilleur ? Alors, à l’œuvre !

    « Aes triplex circa pectus… : Il avait la poitrine trois fois bardée de fer celui qui le premier a confié son frêle esquif à la mer immense. » Horace.

  24. Crise de confiance (du crédit)?

    Ou dérive de produits financiers dits « dérivés »?

    Les économistes et responsables politiques des grandes puissances économiques nous
    expliquent depuis plus d’un an, et particulièrement depuis quelques semaines, que la crise
    de confiance (le crédit) qui grippe la machine économique trouve son origine dans la
    politique Nord‐américaine qui a laissé se développer des crédits hypothécaires dits
    « subprimes » risqués.

    Et ils nous disent que dés lors que les pouvoirs publics et contribuables des Etats Unis
    d’Amérique vont assumer les risques de pertes induites, la machine peut fonctionner à
    nouveau.

    Mais le cancer qui mine l’économie des trente dernières années, celui des « produits
    financiers dérivés » fruits de l’imagination de brillants cerveaux déconnectés de l’économie
    réelle sera t’il éradiqué ?

    Le fondement des marchés financiers est de créer de la valeur : créer de la valeur est le
    credo des écoles de management commerce, et des comités de direction des entreprises.

    Les premiers marchés financiers dérivés sur les matières premières, nés à Chicago au 19°
    siècle étaient ils créateurs de valeur ? Oui sans doute si des positions prises par des
    acheteurs intelligents auprès de vendeurs ayant un lien réel avec des actifs physiques
    conduisaient les uns et les autres à trouver (pendant le délai de l’option achetée ou vendue)
    des ressources (blé, cuivre, pétrole…) moins chères, ou disponibles chez un consommateur
    dont la prévision d’usage change, ou à détourner un bateau dont la cargaison sera mieux
    valorisée ailleurs, etc. L’intelligence des uns et des autres, s’exerçant sur des ressources
    rares ou limitées pour mieux les utiliser, peut être créatrice de valeur.

    J’accepte de considérer que, à l’image des assureurs qui bénéficient à l’économie de la
    planète en permettant à des entrepreneurs de prendre des risques, les marchés de
    « swaps de change» soient aussi créateurs de valeur pour stimuler la créativité
    d’entrepreneurs dans le domaine de la production et commercialisation de biens physiques.

    Je m’interroge sur l’efficience de la gestion des loyers du logement des salariés des usines
    nucléaires d’EDFautrefois recouvrés par cette entreprise, puis « titrisés » par
    DEUTSCHEBANK : je vois bien l’effet sur les comptes bilanciels d’EDF, mais où donc se trouve
    la création de valeur ?

    Et personne ne m’a encore convaincu de ce que les marchés de warrants (accessibles à tout
    investisseur en bourse) sont créateurs de valeur : où se trouve le bénéfice d’intelligence qui
    permettra à la valeur de l’action MICHELIN (définie par un très faible échange d’actions à un
    moment donné) d’atteindre une certaine valeur sur laquelle des options ont été prises
    quelques mois auparavant ?

    A fortiori, où donc s’exerce l’intelligence d’acteurs qui permettrait à l’indice DAX (moyenne
    de valeurs boursières allemandes) de passer de 100 à 90 ou 110 dans un terme de trois
    mois ? C’est dans ces produits financiers qu’a dérivé Jérôme Kerviel, dans un contexte
    consentant des responsables de la SOCIETE GENERALE.

    Le monde des banquiers et financiers qui a imaginé et institué depuis les années 1970 ces
    marchés financiers de produits dérivés déconnectés d’actifs physiques a perdu la tête.
    Les responsables politiques qui prétendent vouloir réguler leur activité devront passer à la
    paille de fer tous ces produits pour les classer dans la bonne catégorie créatrice de valeur,
    ou dans l’économie de casino gaspilleuse de crédit…

    Et nos meilleures intelligences devront être plutôt intéressées à la recherche et l’innovation
    technologique, pour un développement dit durable, qu’à la finance qui ne sait plus montrer
    sa capacité à créer de la valeur pour les humains.

    Denis Oulés, Fontainebleau.

  25. Pierre-Yves D. dit:

    «  »Lui et son équipe ont pris la crise en cours de route. Bush est passé sans transition intellectuelle de son “instinct” aux “experts”. Autrement dit, complètement largué. Hébété, il semble découvrir la nature du système économique dans le lequel il se trouve. Comme en Irak c’est l’incompréhension. » »

    En effet, sous réserve que ces photos ne soient pas un montage, voici de quoi « expliquer » un peu mieux cette immense vaque « euphorique » qui déferle sur nous depuis les Ètats-Unis… la « confiance généralisée » étant enfin retrouvée…

    http://www.voltairenet.org/article157973.html

    Voici donc des images qui nous feraient assister à la fin convulsive d’un sytème mensonger, voleur et criminel. Mais comme, jusqu’à plus ample informé, nous avons encore les mêmes « cadres dirigeants », formés durant ces 25 dernières années de frimes, de bluf, d’escroqueries en col blanc, nous avons toujours en place les mêmes (n’ayons pas d’illusions sur les élections américaines qui auront lieu, « en principe », dans quelques semaines) qui essaient, à toute vitesse, de se recycler tant qu’il est encore temps…

    Voici ce qui devrait se terminer sous réserve que les mêmes remettent ça, avec seulement un faux nez pour qu’on ne les reconnaisse pas

    http://www.fauxmonnayeurs.org/

  26. Dans la comparaison avec 1929, le probleme est de savoir de quoi on parle…
    – Du montant de la crise ? (en relatif car les montants ne sont pas comparables)
    – Des causes de la crise ?
    – Des consequences de la crise ?

    Pour le montant, l’addition est de plus en plus salée… et je serais curieux de connaitre les chiffres comparés maintenant ou dans qq mois…

    Pour les causes de la crise, il faut demander à des specialistes (comme ici) qui n’ont pas d’oeillères. Au dela, par exemple, de l’explication par l’existence des prets subprimes, pourquoi autant de gens se retrouvent à avoir fait ou à devoir faire usage de ces prets ? (Pourquoi entend t-on parler d’augmentation généralisée des revenus alors qu’un grand nombre de gens sont surendettés ?)
    Que se serait il passé au niveau economique si les prets subprimes n’avaient pas vu le jour ? Dans une emission grand public hier, un « expert » en pret disait que les beneficiaires du credit etaient 20% de moins (car desormais insolvable) depuis 1 an et pour résumer que cela entrainait un ralentissement généralisé dans la vente (et donc les prix et l’emploi), la construction (et donc l’emploi)
    A t-on gagné 3/4 ans de croissance immobilière pour avoir l’effondrement actuel ?

    Pour les consequences, dont le montant financier est un des elements, qqun tient il les comptes des pertes d’emplois directs (finance-banque, immobilier) ou indirects (liés à la récession) ? les comptes des gens qui ont perdu leur maison, des gens qui ont perdu d’abord leur boulot puis leur maison ? Qui sur ses investissements financiers, immobiliers a rellement perdu ou gagné malgré la crise actuelle relativement à sa mise de départ ?

    Ces comptes n’ont rien d’amusant bien au contraire mais ils permettent d’evaluer la gravité de la situation et d’eviter des discussions sans aucun sens sur le fait que la crise actuelle est très ou peu ressemblante à celle de 1929, de 1987, … l’objet n’est pas de dire qui a raison ou tort mais de situer l’importance de la crise sans apeurer inutilement ou rassurer demesurement les gens.

    Force est de constater que depuis un an (au vu de certaines informations, on devrait dire 2 à 3 ans), certains etaient soient incompetents pour evaluer cette crise, soit malhonnetes ou un peu des 2 !
    Et je ne parle pas seulement de Mme Lagarde, notre specialiste es finance 🙂

  27. @ lebanquier
    « Une fois la part du feu faite comme disent les pompiers et un véritable plan de continuation établi alors oui on pourra de nouveau relancer la machine mais cette fois sans subir la situation.  »
    Croyez-vous vraiment que c’est cela qu’il faut : relancer cette machine ? Ne pourrait-on tenter d’en changer ?

    @ Nikademus

    « Où l’on va pouvoir peut-être vérifier que, contrairement à ce que, et la bonne conscience critique et le cynisme positiviste, pour des raisons fort différentes, se complaisaient à se répéter, la plupart des gens « normaux » (hors spéculateurs ?!) cherchent seulement à assurer une vie décente et apaisée à eux-mêmes et à leur proche, ne sont pas indifférents aux malheurs qui accablent leurs voisins, et peuvent travailler ensemble à un monde commun. »

    Je le pense comme vous : le besoin de sécurité et de paix est général et l’altruisme n’est pas absent de la nature humaine. Nous ne sommes pas obligés de continuer à croire les meneurs qui tablent sur d’autres sentiments . Notre génération a la chance de pouvoir avancer dans cette direction. Techniquement c’est possible mais cela suppose une véritable dépollution mentale.

    Ainsi quand vous écrivez : « Il n’y a rien de magique, ici, comme partout ailleurs dans le reste du monde, la solution est connue : plan de relance, investissements massifs d’État, … seules quelques modalités sont incertaines : protectionnisme européen ?, suppression des intérêts sur l’émission de monnaie par les Etats ?, … » Il me semble que parler d’ « émission de monnaie par les Etats » est inexact pour ne pas dire faux. Les Etats, en général, notamment dans la zone euro n’émettent plus de monnaie ( à l’exception des pièces métalliques …). Cela leur est interdit, par exemple par l’article 104 du traité de Maastricht. Ce sont les banques de dépôts qui émettent la monnaie bancaire et les banques centrales qui émettent la monnaie centrale. Les Etats sont désormais – depuis 1973 en Fance – contraints de s’endetter comme n’importe qui auprès des banques. Ils doivent à terme rembourser et s’acquitter des intérêts. Ces jours-ci les Etats, ou les banques centrales,( l’ambiguïté est souvent présente), « injectent » , « débloquent » , « investissent » … des milliards. J’ai entendu aujourd’hui pour la première fois deux journalistes ( sur France Inter ) poser la question à l’économiste de service : mais d’où viennent donc ces milliards ? Ni ce matin, ni ce midi ces curieux n’ont reçu de réponse, si ce n’est que ce sont des processus courants et normaux. Nous voilà renseignés et rassurés !
    La transparence monétaire est à conquérir et le pouvoir d’émission monétaire relève, à mon avis, de l’ensemble de la société et non d’une minorité manipulatrice et prédatrice en son sein.

  28. bis repetita:

    Le GEAB vient de rendre public cette analyse destinée aux abonnés;on peut supposer institutions, banques etc.

    Six mois décisifs pour éviter une récession mondiale : Cinq conseils stratégiques pour les banques centrales, gouvernements et autres institutions de contrôle

    Extrait GEAB N°26 (15 juin 2008)

    J’invite tout le monde a le lire et a le diffuser

  29. Les français sont bêtes à manger du foin ! J’ai eu aujourd’hui quantité d’appels d’épargnants, de banquiers français… Tous à vilipender les journalistes et les spéculateurs. Les premiers auraient obligé les Etats à recapitaliser Dexia parce que .. un journaliste du Figaro a fait s’effondrer le cours en disant que la banque avait besoin d’une recapitalisation ! Les seconds ( les spéculateurs) auraient eux aussi précipité le cours à la baisse et obligé à recapitaliser alors qu’on a oublié que les ventes à découvert sur les bancaires sont maintenant interdites en France. On ne se demande pas d’ailleurs pourquoi les mêmes spéculateurs ne jouent pas la remontée de Dexia qui vaut 7,52 e alors que les Etats ont recapitalisé à 9,90 e
    Les patrons de Dexia virés ( par les belges) n’y sont pour rien bien sûr…

  30. @ Jean Jégu,

    Précisément! Mais c’est seulement faux parce que c’est interdit… C’est avec grand intérêt, comme beaucoup d’autres je pense, que j’ai pu lire ici, et grâce aux liens qui renvoyaient ailleurs, les échanges sur « le scandale de la monnaie ». Mais, autant que je sache, un plan de relance par les investissements d’Etat est tout aussi bien interdit, vous savez les sacro-saint déficits à renflouer et à ne surtout pas creuser… Quant au protectionnisme européen, houlà… ça être Grand Tabou! Mais je vois, grâce à l’obligeance de Vladimir, que même un GEAP ne craignait pas d’évoquer l’un et l’autre déjà (comme je l’ai écrit, rien n’est magique en ce domaine), le premier de manière extrêmement conservatrice (les infrastructures, mon dieu que c’est peu ambitieux…) et aussi bien le second dans sa section « Un « sauve qui peut » généralisé si les deux premières mesures ne sont pas mises en oeuvre d’ici la fin de l’été 2008 » (c’est moi qui souligne!).

    Ainsi donc, encore un petit effort pour faire progresser le débat sur la monnaie, cela pourrait aller bien plus vite que prévu… Pour faire plus court que ma prose précédente, mais dans le même esprit : de telles périodes sont aussi l’occasion d’une progression phénoménale des consciences : les oeillères se dessillent d’un coup. Bien plus stimulant et prometteur qu’un lent et fastidieux travail d’explication au porte à porte, n’est-ce pas?

    Je ne peux que souscrire sur le fond à votre remarque: « La transparence monétaire est à conquérir et le pouvoir d’émission monétaire relève, à mon avis, de l’ensemble de la société et non d’une minorité manipulatrice et prédatrice en son sein. » Tant il est vrai qu’énormément de choses relève de l’ensemble de la société et non pas d’une minorité, des experts auto-proclamés aux prédateurs. Pourtant, si c’est souhaitable, est-ce bien probable? Vous, vous voudriez qu’ils rendent toutes les clés en même temps! Cela frise l’anarchisme mon cher! Ou bien est-ce moi qui manque d’ambition cette fois? Bienheureux nous tous, s’ils vont rapidement au plus nécessaire en nous évitant à tous d’en passer par les confrontations les plus dures… Mais, vous êtes en train de me convaincre, exiger le plus maintenant, pour obtenir le plus!
    Hmm, la dialectique du souhaitable et du probable, on va sans doute en reparler…

  31. En matière de souhaitable et de probable dans le domaine de l’économie, le « marché » va toujours dans le sens qui enrichit le moins de monde. C’est le point de vue contrarian. Plus personne n’y croit, donc il y a de l’espoir. C’est le retour des capitalistes qui investissent dans la croissance et la chute des arbitragistes qui cherchent la plus-value à court terme.

  32. Je n’y connais pas grand chose au monde de la finance, rien serait même plus juste, je vous demande donc l’ indulgence si ce que j’avance est pure sottise, mais j’aimerais alors qu’il y ait une bonne âme qui m’explique en quoi c’est sottise que de dire cela et je l’en remercie par avance.

    Cette prévention étant faite, de quoi s’agit-il?

    Tout le monde semble se plaindre de l’absence de régulation en terme de finance.

    Mais qu’est-ce que réguler, au juste?

    Réguler c’est régler un système de telle sorte qu’il soit mis au service d’une grandeur donnée la plus proche possible d’une grandeur de référence.

    Là en l’occurrence, la référence absolue c’est le profit toujours plus.

    La dé-régulation n’est-elle pas en soi une régulation, perceptible différemment selon les points de vue?

    Pour ceux qui la subiront et mesureront tous les impacts négatifs, elle sera lue comme le terme d’une dérégulation qui sera à l’origine de nouvelles régles qui devront être mises sur pied absolument.

    Mais pour celui qui en tirera bénéfice au bout du compte, cette dérégulation est une régulation, car elle aboutit à l’objectif fixé, à la mesure référencée dès le début, et cette mesure c’est peut-être celle de phagocyter, de digérer certains espaces financiers particuliers au profit de quelques autres ,les concentrer encore plus, qui asseoir ainsi davantage le pouvoir de quelques uns, principe de l’entonnoir.

    Les risques qui ont été pris , l’ont été sans l’être, car les financiers dominent les politiques c’est un secret de polichinelle et dès lors ils n’ont pas de grandes inquiétudes à avoir.Ils savent qu’ils seront soutenus et ils ont raison de le croire car c’est bien ce qui se passe en réalité.

    Mais en fait , on ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs, il semble bien que l’adage se vérifie une nouvelle fois.

    Celles qui se casseront le nez auront été aveuglé par leur désir irrepressible de voir croître leur profit, mais elles auront été piégé par un poisson plus gros qu’elles qui aura tiré les ficelles en n’empêchant pas certaines choses de se faire( les sub-primes) et en préfigurant qu’au bout du compte elles en tireraient davantage d’assise qu’au début.Je parle bien sûr de celles qui ont pris l’initiative de ne rien faire en laissant faire car ne rien faire c’est faire quelque chose n’est-ce-pas, ça produit quelque chose.Et là, c’est patent, c’est une évidence .

    Bien sûr, cette vision machiavélique me fera passer pour une paranoïaque en puissance plus sûr moyen de neutraliser quelqu’un et son discours,ça devient un réflexe, un automatisme mental, vous discréditez la doxa, vous êtes d’emblée suspect d’une tare psychiatrique, ça marche à presque tous les coups, mais sachez qu’une vraie structure paranoïaque est incapable de se remettre en cause, les responsables sont toujours dehors jamais en lui, ce qui n’est pas mon cas, je tâtonne et suis tout à fait prête à revoir ma copie si les arguments qu’on m’apporte tiennent la route.

    Je ne peux nier que mes attentes structurent mes perceptions, c’est le cas de tous et je ne suis pas autrement qu’une autre, de plus la lecture de Machiavel renforce encore cette orientation naturelle, n’empêche, ça ne me semble pas complétement stupide.

    ça reste bien sûr une lecture tout à fait libre et personnelle qui n’engage que moi, il va sans dire.

    C’est l’après cette vraie crise ou pseudo crise selon la perspective que l’on prend qui me donnera raison ou tort, en observant qui tirera bénéfice de tout cela.

  33. « Les œillères se dessillent … » Le tableau est plutôt sombre et je ne vois, quant à moi, qu’une petite lueur…

    En Belgique, l’épisode de la nationalisation de Fortis et de Dexia, ne provoque essentiellement que quelques des sursauts d’indignation vertueuse, les politiques et les journalistes (sauf de très rares exceptions) sont à des kilomètres des analyses de Paul. La « critique médiatique » se résume en trois volets. « Non aux parachutes dorés », sous entendu cela relève du contrat privé, après un petit moratoire de discrétion, nous ne pourrons tout de même rien y faire. Pour les plus éclairés, la crise est structurelle, mais la solution se limite au renforcement des systèmes de contrôle. L’armature conceptuelle de la classe médiatique ne semble pas être à même d’intégrer l’idée d’une constitution économique. Dernier point, pour les banquiers, des erreurs ont été commises bien sûr, mais la preuve est devant nos yeux : l’équilibre peut toujours être retrouvé !

    Par contre, il semble que la classe politique ait, de fait, adopté la vision d’Aglietta en matière de « valeur de la monnaie », je ne sais pas si les hommes et les femmes politiques qui l’expriment en sont au stade de « l’en soi » du « pour-soi » ou déjà plus loin …

    je cite.

    “Cela ne fait que révéler l’essence d’une économie monétaire. C’est une économie dans laquelle la valeur est un pur processus social, sans aucun fondement naturel exogène, pas d’utilité prédéterminée, pas de ressources données. Le monde des biens virtuels et des actifs intangibles ne saurait être régulé par un indice conventionnel de prix.Tous les biens virtuels doivent être traités comme des actifs, c’est-à-dire des promesses incertaines de paiements futurs. La politique monétaire doit poursuivre un aggiornamento pour se détacher complètement de la croyance dans une économie « réelle » sous-jacente. Il n’y a d’autre ancrage que la confiance dans l’unité de compte que seule la politique monétaire peut conférer. Pour ce faire, elle devra surveiller les prix d’une très vaste gamme d’actifs. Elle devra avoir une conduite agressive en auscultant en permanence les foyers de tension disséminés dans les systèmes de paiements. En bref, elle devra affirmer que seule la continuité du flux de la monnaie est valeur et désamorcer les pertes de confiance qui déstabilisent ces flux. »

    CF. LES DEFIS DE LA MONNAIE ELECTRONIQUE POUR LES BANQUES CENTRALES
    Michel Aglietta et Laurence Scialom

    La question n’est évidemment pas le rapport de force État contre Capital, mais jusqu’ou l’État que nous connaissons sera-t-il assez fort que pour « danser le tango » avec un capital vacillant? Par exemple, l’Europe et les États-Unis sembleraient bien démunis contre les conséquences des décisions de la Chine en matière de politique financière et monétaire.

    Dans la population l’inquiétude est grande et à la prochaine grande secousse, je ne sais pas … l’émeute sans doute.

    La colère « à froid » des intellectuels n’a pas vraiment eu lieu, maintenant cela me semble très tard, la colère à chaud des épargnants ne réfléchira guère. Les gouvernements tiendront les médias encore quelque temps et j’imagine aisément que nous allons assister à un « barnum new deal de la finance » destiné à faire croire que ceux qui sont chargés de nous diriger, « tiennent la barre » comme dans « a perfect storm ».

    D’un autre côté, en cas de grosse panique, avouons déjà que Larouche and co bien appuyés par un stock de papier mis de côté, peuvent d’une campagne d’affiche au bon moment s’emparer de l’opinion publique, pour aller où, je ne sais pas où…

    J’espère néanmoins que, localement, autant pour contenir son inquiétude par l’action que pour parer aux besoins immédiats, la population serait prête, à soutenir certaines expériences de changement, c’est peut-être le bon moment pour valoriser l’expérience des réseaux d’échanges et des monnaies locales. La décroissance nous devrons peut-être bien faire avec…

    Moi je me vois bien, dans trois cent ans, dans l’atmosphère des romans de Clifford D. Simak, sous le porche en fin d’après midi, on discuterait en famille d’un commentaire de Jorion sur un passage d’Aristote en écossant les petits pois…

  34. Catherine,

    Moi aussi je suis un béotien en matière économique et financière. J’essaie de m’informer, de me constituer une « culture économique » en lisant diverses choses à droite à gauche, et, bien sûr, en venant lire ici les articles très éclairants et « pointus » de Paul Jorion. Et je n’oublie pas les commentaires d’une grande richesse.

    Ce blog prouve qu’il est possible de parler un langage commun avec des « spécialistes ». Il n’est rien d’humain qui ne soit transmissible, compréhensible. Certes j’aurais beaucoup de mal à saisir le détail de certains mécanismes financiers, notamment ceux qui font appel aux mathématiques, mais, la compréhension de globalité du système et les liens qu’entretiennent entre eux les sous-systèmes est, je pense, à la portée de n’importe quel citoyen désireux de se coller au sujet et surtout de se poser des questions. L’économie ne mobilise pas des conceps plus ardus que ceux de la philosophie, je dirais même plutôt que c’est une branche morte de la philosophie depuis qu’en s’est artificiellement séparée. L’économie ne peut être séparée des sphères politiques et culturelles. Si il y a une crise aujourdhui c’est que justement la sphère économique et financière a trop longtemps été laissée à elle-même. Cette sphère est pourtant une construction sociale et politique et à ce titre elle est une oeuvre de langage avant d’avoir une existence physique, sonnante, et parfois trébuchante, comme aujourd’hui !

    J’aime bien votre commentaire à propos du concept et de la réalité du mot régulation. Un certain flou artistique est entretenu par beaucoup des acteurs économiques et politiques — y compris parfois les économistes — sur le sens à donner aux mots régulation et dérégulation. Ils parlent sans arrêt de réguler tel ou tel aspect visible de l’économie, mais ils évitent de préciser ce qu’est, au fond, le système qui est à réguler ou à déréguler.

    On se paie alors de mots du genre, moralisation des pratiques financières, meilleur contrôle des agences de notation, transparence, pour ne pas avoir à dire de quoi on parle exactement. Le système de référence n’est pas défini. Il est seulement implicite. Or, comme vous le rappelez, un système régulé est un système qui ne peut se définir comme tel qu’à partir du moment où son fonctionnement permet la poursuite d’un objectif bien déterminé. Ici le profit à court terme, le plus important possible. Ce qui suppose un certain type d’odre poltique et social car il faut pouvoir justifier des inégalités engendrées par un tel système. En ce cas une dérégulation peut alors s’interpréter comme un réajustement du système, et donc une régulation, pour maintenir en vie le système et les classes sociales qui en tirent les plus gros avantages économiques.

    A partir des années 70, devant l’inflation, le renchérissement du coût du travail (syndicats trop actifs aux yeux du patronat), la baisse tendancielle des taux de profit, le premier choc pétrolier, les néo-libéraux parurent détenir la clé permettant de sortir de l’ornière si bien qu’au tournant des années 80, y compris à gauche, dans tous les pays de l’OCDE ont pris le train de la « réforme » (néo) libérale. La « modernisation » était alors le mot poli pour parler de dérégulation dommageable en terme social.
    La gauche Française, par exemple, privatisait après avoir nationalisé, Jacques Delors en tant que commissaire européen entamait la marche de la dérégulation financière en ouvrant les vannes des flux de capitaux. Ce qui se passe aujourd’hui est le mouvement inverse. Pour préserver le système capitaliste, il faut désormais réguler, c’est à dire établir de nouvelles règles devant permettre au système de continuer à fonctionner. Le gros problème c’est qu’il n’y a plus de marges de manoeuvres commme dans les années 80. A l’époque le capitalisme avait devant lui des opportunités immenses pour développer le marché. Ce fut la mondialisation. Aujourd’hui la finitude du globe terrestre apparaît tous les jours de plus en plus évidente.

    Certes, le système peut se réajuster de façon à relancer la machine à faire des profits, mais il bute sur un écueil immense.

    S’il continue comme avant à consommer sans modérations les énergies non renouvelalbles, les produits d’une agriculture elle-même dépendante de ces énergies et qui épuise les sols. Si son moteur industriel demeure la nécessité de renouveller constamment la gamme des produits, ce qui veut dire une course mondiale pour l’accaparement des matières premières. Le système économique (et non plus seulement financier) va atteindre ses limites. Non seulement le combustible essentiel au fonctionnement du système viendra à manquer, mais aussi, les sociétés, les Etats seront en tension permanente.

    La crise actuelle peut déboucher sur une sorte de néo-keynésianisme, mais cela ne résoudra pas le problème de fond si la finalité et les modalités de la production industrielle ne sont pas remises en question. Mais peut-être la crise actuelle est-elle si grave — ce que je pense –qu’il n’y aura pas d’autre issue que de revoir le modèle de développement basé sur le progrès infini des richesses matérielles. Si la machine repart comme avant, cela signifiera que les démocraties disparaîssent, car les contradictions actuelles du système dépassent les capacités de régulation sociale des systèmes parlementaires.

    Au passage je dois dire que je souscris entièrement à votre analyse de Faye faisant référence à Karl Schmitt. Mon analyse disait que les dégâts causés par les lois dérogatoires à l’ordre républicain, étaient limités en temps de « paix ». Mais j’aurais dû ajouter que le mal est déjà fait, en partie. Les dispositifs consistant à donner du pouvoir ou le pouvoir à une administration policière, sont bel et bien en place. Il ne reste plus qu’à les activer et les étendre à d’autres domaines. Les républiques, sans même parler de démocratie – ne sont déjà plus tout à fait des républiques. Des trous béants menacent désormais de les emporter. Pour reprendre l’expression de René Dumont, aujourd’hui, plus que jamais , la perspective c’est : « l’utopie ou la mort ». L’utopie était de renfondre le système dans son ensemble, c’est à dire ses objectifs et ses modalités d’existence afférentes. Nous vivons une période très politique, comme nous n’en avons pas vécu depuis longtemps. Un réajustement ne sera pas suffisant. Passer d’un régime d’hyper profit à un régime réglementé, fait diminuer les taux de profit, car les profits actuels dépendent en partie d’une masse monétaire qui va diminuer avec la rarefaction du crédit accordé par les banques et toutes les institutions financières. Les Etats eux-mêmes devront bien eux-aussi se financer quelque part, Or si il y a moins de profits il y a moins d’épargne, et donc moins de bons du trésors, en volume. Certes un rééquilibrage en faveur de la rémunération du travail dans la part du PIB serait une manière de relancer le crédit sur en favorisant les banques de dépôt. Mais les capitalites y sont-ils prêts, et le voudront-ils ? Le réponse est évidemment politique et dépendra des mouvements d’opinion et des mouvements sociaux et, bien entendu, des décisions qui vont être prises par les gouvernants, lesquels ont un rôle pivot car devant arbitrer entre les intérêts du monde économique et financier et les renvendications des électeurs.

    Seule une relocalisation de l’économie pourrait être un début de réponse. Dans cette hypothèse les nations n’auraient plus à subir la compétition des systèmes sociaux. Evidemment cela supposerait aussi une diminution des niveaux de vie, en termes de besoins et de revenus qui leur sont associés. Car la qualité de vie n’est pas intrinsèquement liée à un revenu. C’est l’organisation sociale, et l’économie qui en découle, qui définissent la qualité et la nature des conditions de vie, non pas le rvenu en lui-même. Si l’hypothèse néo-kéynésienne et écologique basée sur une relocalisation (au moins partielle) et donc forcément protectionniste comme l’entrevoit Nikademus, ne se réalise pas, alors nous pouvons nous attendre à des jours sombres.

  35. @ Paul Jorion
    Je ne suis pas certain de vous comprendre. Vous semblez considérer que les CDS sont le noeud gorgien de la crise. Il suffirait donc de les « geler » ou de les « extraire » des marchés ? Un  » Plan Paulson mondial  » ? Autre chose ?

    Fort bien. Mais alors… quid de ce qui va suivre ? :

    Un autre typhon financier pourrait poindre prochainement, faisant courir le risque de donner raison aux Cassandre qui, depuis longtemps déjà, avertissent que la crise de 1929 est devant nous. Il est lié, cette fois, à la titrisation des cartes de crédit et des crédits automobiles de ménages américains, un exercice auquel beaucoup de banques se sont livrées sans discernement l’an dernier, alors mêmes qu’elles se brûlaient les doigts avec les subprimes.

    Nombre d’Américains – les plus pauvres en particulier – ont été incités à utiliser des cartes de crédit reçues dans leurs boîtes aux lettres, dont les autorisations de découvert sont presque sans limite à court terme ( mais les taux d’usure prohibitifs ! ).

    Ceux qui risquaient de perdre leur maison ont tiré sur toutes leurs cartes de crédit avant de se résoudre à habiter sous la tente ou dans leur voiture, allant jusqu’à financer à crédit leur alimentation quotidienne. Le niveau d’endettement en cartes de crédit outre-Atlantique dépasse aujourd’hui les 2500 milliards de dollars. Ces créances ont été regroupées, comme pour les subprimes, en titres financiers revendus sur les marchés internationaux. À présent, nul ne sait exactement où se trouvent ces titres.

    Le géant bancaire britannique HSBC provisionnait cet été 3,9 milliards de dollars sur ses créances douteuses, fermait ses agences américaines de prêts à la consommation et gelait ses contrats en cours dans le financement automobile : certains se sont déjà préparés au pire. De fait, le nombre de défauts sur les cartes de crédits américaines a augmenté de près des trois quarts au cours de l’été, alors qu’il atteignait déjà un niveau anormalement élevé. Et, en 2007, la Grande-Bretagne avait déjà fait état de 120 000 faillites de ménages. Si d’autres centaines de milliers de ménages devaient se retrouver à la rue, outre leur propre détresse, cela signifierait des créances perdues plus exorbitantes encore que pour les subprimes. Une voiture d’occasion perd au moins 50 % de sa valeur d’achat aux États-Unis et on n’imagine guère les banques revendre les ordinateurs acquis par les ménages auxquels elles avaient consenti des prêts hasardeux.

    La prochaine bulle dont l’éclatement est susceptible d’ébranler notre système financier et d’aggraver durablement la récession pourrait donc concerner les cartes de crédit et les prêts automobiles américains.

    La France, pour l’ instant, est peu concernée par l’ivresse du crédit à la consommation. En revanche, depuis l’an 2000, l’Espagne a emboîté le pas aux Anglo-Saxons et se retrouve à présent dans une situation explosive. Par ailleurs, tous les pays européens sont indirectement concernés via les créances douteuses, liées au crédit à la consommation, détenues par leurs banques, et dont la valeur s’écroulera aussitôt qu’apparaîtront les premières faillites en chaîne.

    Touchée au cœur de ce qui fait sa force , et compte tenu de la fragilité actuelle des milieux bancaire et assuranciel, c’est la logique du compromis économique élaboré dans les pays du Nord qui pourrait alors être remise en cause: une consommation de masse accompagnée d’une faible augmentation des prix et des salaires, d’un chômage massif masqué par les emplois précaires et d’une répartition de la valeur ajoutée entre salaires et rendements du capital de plus en plus profitable à ces derniers.
    Le crédit à la consommation en est un rouage essentiel : il gonfle la demande et engendre des rendements financiers sans précédents, incitant les instituts de crédit à accorder des prêts sans précaution dont ils peuvent transférer à d’autres les risques de non-paiement grâce à la titrisation. Par où ils répandent dans l’ ensemble de nos sociétés le danger induit par des ménages surendettés.

    Il est temps que la BCE exige des banques de la zone euro qu’elles fassent la transparence sur leurs portefeuilles et qu’elles provisionnent le nécessaire en vue d’un possible krach des cartes de crédit, même si l’onde de choc provoquée par la chute de Lehman Brothers et la dégringolade des cours accaparent aujourd’hui l’attention de tous. II est temps aussi de mettre en place une déontologie du « crédit responsable ». Il est temps, enfin, non seulement de réguler les marchés financiers, mais encore d’imaginer un autre compromis social afin d’alimenter la vitalité de nos économies autrement que par la consommation à crédit.

  36. @ jlm

    Hélas LaRouche n’a pas le pouvoir de « s’emparer de l’opinion publique », par contre, vu qu’il est pas bête, plutôt que des affiches, il a fait une conférence internet ce soir-même, où il a redonné les principales orientations qui doivent être prise par ceux qui ont du courage.

    essentiellement il a parlé de mise en redressement judiciaire des banques et du retour au Glass-Steagall Act, puis de la dynamique Etats-Unis, Ruussie, Chine, Inde (et il a aussi mentionné le ministre de l’économie italien Giulio Tremonti, puis également Sarkozy, tout en précisant que si la confusion règne sur ce qu’il veut faire exactement, il est prêt à faire quelquechose) menant à une nouvelle conférence de Bretton Woods, qui doit être basé (et ce n’est donc plus de la « régulation ») sur des projets d’équipement à grande échelle des pays du monde (énergie, transport) qui sont dans l’intérêt de tous et qui créérai les conditions de l’accès de toutes les populations au développement (projet sur 2 générations).

    Le mieux c’est tout de même de le regarder soi-même :
    voici la page des archives (il y a une version française)
    http://larouchepac.com/news/2008/10/01/larouche-webcast-now-more-ever-big-four.html
    sinon il sera en ligne peut-être demain ou après demain sur dailymotion et le site de solidarité et progrès.

  37. Le style Larouche et ma réponse

    From: anna morvant [mailto:melle.anna.morvant@hotmail.com]
    Sent: Tuesday, September 30, 2008 8:48 AM
    To: paul_jorion@msn.com
    Subject: Quand allez-vous défendre publiquement le vrai Nouveau Bretton Woods? (« ,)

    Bonjour !

    Pas mal l’article sur les CDS…
    Mais quand allez-vous oser défendre publiquement le vrai Nouveau Bretton Woods de M.Cheminade et de Mr Larouche?

    Pour en savoir plus sur les causes profondes de cette crise de civilisation, et les solutions qui fonctionnent réellement, consulter autant que vous voulez nos sites internet: on a fait ça pour vous; voici le lien. Puis tant qu’à dénoncer les financiers, dénoncez-les jusqu’au bout (enfin j’ai pas lu vos bouquins, vous en parler peut-être), je vous conseille ces vidéo faite par notre mouvement de jeunes aux etats-unis et traduite par les jeunes du LYM français: Firewall & 1932 ..

    Oh, et j’allais oublier le webcast de Lyndon Larouche demain soir, mercredi 1er octobre à 19h; où suite au rejet du plan Paulson, et à la publication des bilans trimestriels pestiférés des banques, il présentera (encore) ses solutions. N’hésitez-pas à en parler autour de vous car les gens que vous connaissez n’auront pas forcément l’occasion d’en entendre parler, malheureusement.

    Merci,
    amitiés humanistes et politiques,

    Anna (du LYM de Paris: Larouche Youth Movement).

    ________________________________________
    From: Paul Jorion [mailto:paul_jorion@msn.com]
    Sent: Wednesday, October 01, 2008 2:43 PM
    To: ‘anna morvant’
    Subject: RE: Quand allez-vous défendre publiquement le vrai Nouveau Bretton Woods? (« ,)

    Je ne sais pas qui vous êtes mais je sais en tout cas que je n’ai pas de comptes à vous rendre.

    Oui, je vais appeler à un nouveau Bretton Woods mais ce ne sera pas celui de Mrs. Larouche et Cheminade, ce sera celui des peuples de la terre.

    Effectivement, lisez mes livres avant de me recontacter.

    Paul Jorion

  38. @Paul Jorion

    Je suis d’accord avec la réponse que vous faites à l’e-mail d’Anna. Toutefois, si visiblement c’est une sympathisante de Solidarité & Progrès et qu’elle s’intéresse à la pensée de LaRouche, elle n’est pas une représentante de Lyndon LaRouche, ni de Solidarité & Progrès. Je vous suis donc gré de ne pas tirer de ses propos à elle des conclusions sur « le style de LaRouche ».

    Je vous adresse donc, dans le cadre de l’objet de la discussion sur ce blog, une invitation a regarder le webcast de LaRouche d’hier soir où il redéveloppe à la lumière de la situation actuelle son plan pour un nouveau Bretton Woods qu’il défend, nominalement, depuis 1997 lorsqu’il a appelé le président Clinton à prendre cette initiative, et que Clinton avait d’ailleurs répondu après la chute de LTCM en 1998 en ouvrant un débat trop vite fermé sur une nouvelle architecture financière internationale.

    Cordialement.

  39. Je viens d’écouter le webcast de Larouche. Aucune analyse, une bordée d’insultes suivie de longues comparaisons sur un ton incantatoire avec le Moyen Âge (de retour) et la Révolution française (de retour) où il se perd dans des digressions sur Marie-Antoinette et que sais-je encore. Seule constante : un nombre invraisemblable de références à la Russie.

    D’une manière générale, c’est d’un très mauvais niveau : ça ne vient pas à la cheville des analyses de Roubini, Krugman, Evans-Pritchard, etc.

  40. S’il y a un message clair qu’il fait passer, c’est que si le renflouement passe, les Etats-Unis disparaîtront et le monde entier en paiera les conséquences.

    Ensuite, et surtout, que pensez vous des solutions?

    – Mise en redressement judiciaire des banques (Commission Pecora/Banking Holiday/Glass-steagall Act)
    – Système de monnaie à taux de change fixe, avec des systèmes de taux à deux vitesses pour les nations, pour défendre leur monnaie avec un taux élevé à l’extérieur et encourager l’iinvestissement dans l’économie réelle avec des taux bas à l’intérieur des pays.
    – Système de crédit plutôt que purement monétaire, c’est à dire émission monétaire réservé aux représentants des peuples, pour faire de la monnaie un instrument de crédit productif public assurant des conditions de vies meilleurs aux travailleurs et à leur familles. Plus de banques centrales indépendantes.
    – Réunir autour de ces propositions les Etats-Unis, la Russie, la Chine et l’Inde qui ont tous le même intérêt sur ces questions, afin de changer le rapport de force entre l’oligarchie financière et les Etats.

    Ce qu’il appelle un Nouveau Bretton Woods dans la tradition de Roosevelt, c’est à dire déterminer à détruire les puissances financières et coloniales et rée un environnement favorable au développement de chaque nation.

  41. C’est bizarre ça : le Capitole qui signe son plan « Troubled assets relief program » comme TARP (éen) … acte manqué, humour noir … ?

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