TED : Le test de la confiance inter-bancaire

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Voilà c’était le test : tant de bonnes nouvelles allaient-elles rétablir la confiance entre les banques ? Les marchés boursiers étaient eux euphoriques : + 11,18 % pour le CAC 40, + 11,08 % pour l’indice Dow Jones. Mais les banques, qui sont au centre de nos préoccupations ?

Las ! le TED (*), le baromètre de la confiance inter-bancaire, qui indique un mieux quand il baisse, n’a perdu que 7 points de base : 7 centièmes de pourcent, baissant de 4,64 % vendredi à 4,57 % lundi.

C’est le petit cran vers le bas tout à droite sur le graphique.


© Dow Jones

La confiance s’est donc améliorée de 1,5 % (0,07 % / 4,64 %) à la nouvelle des 250 milliards de dollars investis par le gouvernement US dans l’achat d’actions privilégiées des neufs principales banques américaines dans le cadre de l’opération de leur semi-nationalisation.

Espérons que le TED baisse davantage parce que jusqu’ici, ça fait vraiment cher du pourcent ! Bien sûr l’enveloppe votée par le Congrès est de 700 milliards, il en reste donc 450 !

(*) Le TED (Treasury-Bill – Euro Dollar) est la différence entre le taux qui s’applique aux bons du Trésor américains à trois mois et le taux que les banques exigent l’une de l’autre pour un prêt à trois mois. Pour en savoir plus, voir La paralysie complète n’est plus qu’une question de jours

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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50 réflexions sur « TED : Le test de la confiance inter-bancaire »

  1. Bonjour,
    Je suis maintenant régulièrement vos analyses, le plus souvent pertinentes et éclairantes.
    Toutefois j’y trouve ce qui me semble des approximations de raisonnement, sur lesquelles j’aimerais vos réactions/corrections.
    1) dans cet article, calculer 7 centimes sur 4,64 est grossier: il faut ramener les 7 au taux moyen historique du TED, qui d’après votre graphique est de l’ordre de 1,5%, soit une « anomalie » de 3% seulement environ. On est alors un peu mieux même si c’est encore trop fragile pour être concluant.
    2) dans d’autres articles récents, vous désignez le crédit à la consommation comme la source de tous les maux. Ce n’est pas inexact globalement (endettement total des agents économiques US), mais rappelons quand même que la crise actuelle vient des crédits immobiliers US et de leurs aberrations (taux variables, taux d’appel, non vérification des revenus, etc.), qui au passage sont censés permettre la création de capital fixe (les logements), donc d’actifs réels, à la différence des voitures et autres vacances payées par le crédit conso…

  2. @ Vauban : je suis désolé de vous contredire, mais :

    – votre point 1 n’a pas de sens. Substituer la lecture analytique d’une baisse par rapport à un niveau « plus haut » (jusqu’à présent) par cette même baisse rapportée à une tendance « long terme » ne veut rien dire. Le fait est que le TedSP reste à un niveau qui ne permet pas de relancer le marché interbancaire.

    – votre point 2 est intéressant car il illustre à merveille l’opposition entre les tenants de la simple correction du système et ceux qui prônent un changement de paradigme.

    L’analyse de Paul Jorion, pour reprendre le vocable de Bachelard, va dans le sens d’une « rupture épistémologique », si tant est qu’elle puisse s’appliquer stricto sensu à la « science » économique. Le crédit à la consommation constitue l’obstacle épistémologique, l’horizon indépassable propre au fonctionnement du système actuel.

    Pour finir sur une note légère, je rappellerais simplement qu’aucun des astrophysiciens actuels n’essaie de franchir le mur de Planck à l’aide d’un trampoline (« se donner les moyens de », ou pour reprendre l’expression de Paul « faire tout ce que les hommes peuvent faire ») et qu’il existe un consensus dans la communauté scientifique pour dire que la solution viendra de l’unification de la physique classique et quantique.

    Bien cordialement

  3. Vauban, l’actif que représente une maison en balsa chauffée au gaz naturel à cinquante kilomètre du lieu de travail n’est réel que dans des conditions très particulières. C’est là que l’inscription de l’épuisement du système « terre » au passif de la comptabilité des hommes prends tout son sens. Merci de me donner l’occasion de le dire.

  4. Cher Paul
    Si je n’étais pas aussi « riche », avec une quantité conséquente de « liquide » placée sur des CAT et super livret, je pleurerai de lire en vous lisant …
    Là je souris, mais bon, j’ai peur quand même, pour moi d’abord mais aussi pour tout le monde !

    Ce que vous n’avez pas noté, dans ce rebonds, c’est le faible volume: les optimistes diront que les gros ont (déjà) acheté pendant la baisse, les pessimistes diront que ce sont les pigeons qui sont revenus se faire plumer.

  5. @ Vauban
    Il existe des raisonnements pragmatiques instantanés à l’extérieur des fortifications analytiques.On peut voir les crédits à la consommation comme un substitut de l’augmentation salariale, un artefact de richesse, une titrisation de l’augmentation de pouvoir d’achat avec un avenir qu’on lui devine.Par ailleurs, à la vue du graphe TED, mon cousin paysan a déclaré : »Quand la confiance yè pu, elle yè pu ».(Paradigme agricole)

  6. @ms
    je pense également à la même chose (mais pas au jour le jour) : garder un oeil sur les taux longs des emprunts d’états (de tous ces états). On verra bien si/quand le marché criera « stop ! »

  7. @Jacques
    Jái pas pu résister à ces autres adages paysan remit dans le contexte:

    La bourse ça a eu gagner, mais ça gagn pu, non non.

    On est ben peu’d chose ma bonne dame.

  8. @paul

    quelle etrange impression d’être dans l’oeil du cyclone. Le calme est revenu, plus aucun bruit mais subsistent quelques bruissements.

    Comme souvent en finance on confonds progression arithmétique et progression géométrique, les dégats seront exponentiels et le developpement n’a déjà plus rien de linéaire. Cela peut sembler un peu opaque pour les non « initiés » mais il faut juste retenir que si la nouvelle digue élevée à la hate céde sous les assauts de l’échéance CDS Lehman du 21 octobre 1700 Mds ne suffiront pas c’est certain…

    Puisse l’avenir me contredire

    Christophe

  9. Est-ce que les systèmes bancaires et financiers ne se retrouvent pas maintenant dans la situation d’un ménage surendetté qui vient de faire de souscrire « laborieusement » de nouveaux prêts « pour s’en sortir ». Ah! Un peu d’air frais, ouf, enfin!…

  10. Le TED est tombé aujourd’hui (14 octobre) à 4,45 %, donc de 12 points de base supplémentaires par rapport aux 4,57 % d’hier lundi (eux-mêmes 7 points de base de moins par rapport aux 4,64 % de vendredi), c’est–à–dire une baisse de 2,6 % supplémentaires (oui, c’est bien comme cela que l’on calcule un pourcentage de baisse). Vous pouvez être d’un avis différent du mien et vous extasier comme l’agence Bloomberg (« la baisse la plus spectaculaire depuis que Bloomberg a commencé à collecter les données en 1984 »), mais il s’agit toujours pour moi de baisses insignifiantes. La valeur historique du TED était de 0,30 %, alors avec 4,45 %, c’est toujours près de 15 fois plus.

    La confiance sera revenue – très partiellement : au niveau du mois d’août – quand le TED sera retombé sous la barre du 1 %, soit une baisse de 77 % par rapport à aujourd’hui et revenue totalement quand on sera retourné aux 0,3 % historiques, soit une baisse de 93 % par rapport à aujourd’hui.

  11. Faut-il vraiment sauver l’économie actuelle avec des mesures prises au jour le jour sans vision à long terme ?
    En essayant de sauver le système, ne risque t-on pas d’amplifier à plus long terme la crise du capitalisme financier ??
    En ayant conscience que cette économie basée sur une consommation effrénée mène à une impasse, pourquoi persister ???

  12. C’est très joli de se regarder le nombril et d’étudier l’évolution d’un TED dont tout le monde se fout..

  13. Lolo personne ne se regarde le nombril ici, chacun essaie d’agir à sa manière…

    Paul touche des dizaines, des centaines de milliers de personne à chaque fois qu’il est contacté par les médias…

    D’autres font des pétitions, d’autres des manifestations devant leur banque, d’autres créent des groupes sur ce sujet…

    On agit et on progresse doucement… Aidez-nous !

  14. @ lolo

    Je me fiche éperduement des slogans des cohortes de syndicaliste qui braillent la même rengaine depuis 1968, ceux qu ‘on écoute à peine tellement ils se ressemblent, slogan inamovible, quelque soit le contexte.

    L’ information disponible ici est pertinente, utilement (pas excessivement) technique, de haut niveau, dénuée de parti pris ideologique, permettant a chacun et a son niveau de comprendre ce qui se passe.
    Il appartient aux politiques de faire leur TRAVAIL, qu’ils n’ont pas fait jusqu’a présent : expliquer le problème au peuple, proposer au peuple les solutions issues de leurs convictions politiques.

    Si ce blog devait se politiser, il perdrait tout interet.

    Paul sera plus utile au monde en continuant a l’observer, il ne faut pas le brusquer, pas l’obliger a faire le boulot que les politiques ne font toujours pas : il suffit de les ecouter parler de la crise pour voir qu’ils n’en comprennent ni les causes, ni les enjeux.

  15. Ce blog est vraiment très bien réalisé, les analyses sont intéressantes.
    La confiance inter-bancaire est peut-être un paramètre important pour la survie de l’économie, mais ce système auto-destructeur ou le surendettement nous permet de vire au dessus de nos moyens et des ressources de la terre doit-il survivre ? La crise actuelle n’est-elle pas une occasion qui nous est donné de penser à une économie plus humaine, moins matérialiste ?

  16. @ lolo

    Vous vous êtes trompé de billet. Allez dans la colonne de droite « Catégories » et cliquez sur Constitution pour l’économie ou Questions essentielles et vous aurez un aperçu des valeurs qui sont défendues dans mon blog.

  17. Quand même, c’est absolument extraordinaire que les gouvernements européens proposent 1 700 milliards pour sauver le système ! C’est en moyenne entre 3 000 et 5 000 euros par européen quand même ! En France, je peux potentiellement contribuer 5 000 euros pour sauver le système ! C’est colossal.

    Même si certains disent que cela ne suffira pas (j’aurais aussi tendance à le penser, parce que d’après certaines infos que j’ai pu avoir sur internet, la vague des subprimes est loin d’être terminée et on craint aux Etats-Unis l’éclatement d’autres bulles de crédits tout aussi importantes…), il n’empêche que les marchés ont DEJA été confrontés à de très grandes tensions qui n’ont jamais été connues depuis 1929 ! et c’est ce que reflète le TED (mais aussi l’indice de la volatilité qui est très élevée aussi –> les bourses connaissent des ampleurs énormes qui montrent bien l’incertitude sur les marchés).

    Ce qui sous-entend qu’il y a des craintes non négligeables pour le futur et un manque important de capitaux frais sur les marchés… Il ne faut pas être aveugle, c’est une situation précaire et dans ces conditions, de la part des décideurs politiques, il faut absolument savoir toucher en plein mille pour remettre l’économie sur de bonnes bases.

    Et à ce sujet, je pense qu’il faudra effectivement créer un nouveau système monétaire mondial (Keynes proposait le bancor, qui est à mes yeux une solution absolument géniale) parce que nous ne pouvons pas permettre aux Etats-Unis de mettre en danger le système financier mondial avec cet immense pouvoir de pouvoir s’endetter à l’infini avec le dollar qui est une monnaie étalon.

    (Au fait, pourquoi ne pas VOULOIR exiger une monnaie étalon vraiment internationale, ce qui permettrait d’empêcher à un seul pays de s’endetter d’une manière exubérante comme c’est le cas des Etats-Unis ?? -> voir Rueff : « C’est ainsi que que l’étalon de change-or accompli cette immense révolution de livrer aux pays pourvus d’une monnaie bénéficiant d’un prestige international le merveilleux secret du déficit sans pleurs, qui permet de donner sans prendre, de prêter sans emprunter et d’acquérir sans payer », in L’âge de l’inflation, éditions Payot).

    Pour défendre Paul : personne ne peut vraiment savoir ce qu’il va se passer maintenant, c’est tellement énorme ! Alors chacun essaie de montre tout son bon sens en argumentant… Epistémologiquement ça montre bien quelque part que les théories d’économie se fissurent, chacun explique ce qu’il peut : à ma connaissance, en ce moment, aucun modèle ne tient la route face aux évènements.

  18. De cette histoire de crédit bancaire et de maisons uniquement individuelles, ne me satisfait pas pour expliquer pleinement l’ampleur de la crise, qu’elle en ait favorisée le déclenchement oui, mais sur l’immobilier des particuliers, il y a aussi des locataires
    Et les loyers ne font qu’augmenter, en proportion des salaires, de la entre payer un loyer et un crédit, c’est à dire verser un prélèvement mensuel et conséquent
    De là, de ceux qui ne peuvent pas payer un crédit à ceux qui ne peuvent plus payer leurs loyers, la marge n’est pas si grande, …

    Ma question sera donc celle-là : que ce passe-t-il lorsque le marché a investi dans le déménagement des populations et donc la construction, mais ce que ceux qui ont besoin d’un simple logement, n’ont pas le budget nécessaire pour y accéder ?

    Etant donné, l’esprit que je ressens du plan Pauson et co, , je crains que cela ne se termine de détruire les maisons à coup de bombes, Pourtant ce serait dommage, c’était logique d’investir dans la construction, à cause de l’allongement de la durée de vie, et de la mégapolisation, les entreprises qui déménagent, les études ici, les stages ailleurs, il fallait construire des logements, le besoin est là
    mais pas l’argent dans les poches de ceux-là qui serait intéressé d’y loger,…

    Je veux bien qu’on renfloue les banques, mais je ne vois pas la logique de cette affaire, …
    et puis s’il me semble les banques n’ont pas joué que dans l’urbanisme, elles ont aussi beaucoup joué sur les marchés captifs, tél, eau, poubelles, et les matières premières, (électricité :le scandale d’ ENRON, riz, maïs : émeutes de la faim…)

    Toute cette précarisation, qui à terme provoque une concentration de l’assiette du marché, c’est les premiers effets de la contraction du marché sur lui-même, auquel nous assistons
    Le fait d’en rajouter encore plus, que les états se prennent de donner aux gestionnaires de banques des moyens qu’il n’a pas, pour faire se recroqueviller encore plus surement férocement le marché sur lui-même, je ne vois pas quel sens ça a financièrement…

    A moins d’investir dans les armes, la sécurité, les blindages magnétiques, les caméras de surveillance, mercenaires privées, prisons privés, et donc de par la même catalyser la pollution, …
    pour moi, le plan du désastre,

    Mais bon j’en suis de réfléchir sur l’usage du temps dans la loi de l’échange, comme de notre Liberté humaine, celle du jugement réfléchissant de notre humanité, La liberté du marché, d’un système, qui n’a pas d’état d’âme, ne pense pas, ne réfléchit pas, n’est pas pour moi la Liberté, c’est une autorisation que l’on s’accorde, une permission que l’on se donne, mais ce n’est pas la Liberté de l’humanité de légiferer de ses lois, dont je verrai bien qu’il en soit ainsi de la loi de l’échange, mais pour cela, comment peut-on dire, … : tout est à recommencer!

  19. Je répercute ce que j’ai trouvé. Le VIX a-t-il toujours un coefficient d’interprétation valable dans les circonstances présentes?

    Pour mesurer l’ampleur du Krach, il existe un instrument, un indice.

    Celui-ci s’appelle le Vix. Ce n’est pas un chiffre romain mais l’acronyme de « Volatility Index ». On le surnomme aussi le trouillomètre.

    Que signifie cet indice ? Il est construit sur la base des prix des « options », un produit qui sert à parier sur la hausse ou la baisse des actions, et il reflète les anticipations de « volatilité » dans les trente jours à venir. Plus on prévoit des mouvements erratiques de la bourse, plus le Vix grimpe.

    Certains y voient un « indicateur avancé » de l’évolution de la bourse. Quand il est au plus haut, celle ci est sur le point d’atteindre son plus bas. Et vice versa.

    Grâce à l’expérience du passé, peut-on prévoir, à partir de la courbe du Vix, où se situera le « point bas » du krach actuel ? Certains s’y essaient, comme Jean d’Anjou, responsable de la stratégie d’Oddo Securities, qui a étudié de très près les mouvements de 2001 et 2002 : il y eu alors quatorze séances de « Vix de crise » et le point bas boursier fut atteint pour la dernière des séances de crise, le 9 octobre 2002…

    Concernant la période actuelle, les séances de « Vix de crise » n’ont commencé que très récemment (le 29 septembre). Jean Danjou fait tourner sa calculette et à quoi aboutit-il? « En résumé, on approche d’un possible point bas mais il n’a peut-être pas encore été franchi », écrit-il dans une note datée de mercredi. Bref, on ne sait rien de rien. Capitulation !


    © Dow Jones

  20. Une idée sur les TED LIBOR EURIBOR qui ne baissent toujours pas. Les pays européens ont émis de la dette pour leurs plans. Cette dette sert à fiancer en capital les banques et autres. Est-ce que ce n’est pas le même mécanisme que la titrisation des prêts pourris? Au vu de la dette publique conséquente des pays européens, si cette dette devait être notée comme une dette privée, n’aurait elle pas une note genre BBB et surement pas AAA. Ce qui pourrait expliquer que les marchés financiers ne soient pas mieux.
    Des spécialistes qui pourraient éclairer ce point??
    Bernard.

  21. Oui oui, ya celle-la aussi. Les 15 jours qui viennent vont etre chaud, avec la fin de moi boursier dans cette semaine la ça va valser.

  22. En effet, les banques proposaient de la gestion alternative avec des fonds de fonds du type hedge fund des Iles Vierges, des fonds offshore de droit X, des fonds de droit luxembourgeois, etc… un bon quart d’activité de crédits divers… tout ca fleure bon la titrisation. Ils savent qu’ils sont exposés mais ne savent pas le chiffrer. Ils attendent la note pour annoncer de nouvelles dépréciations. Quand on pense que le hedge fund de Soros considéré comme un cador a perdu déja la moitié de sa valeur, on imagine les autres. De plus, cerise sur le gateau, la dernière tranche de subprime est prévue pour l’été 2009. Les CDS toxiques concernant Lehman et AIG ont encore trois trimestres pour se répandre. Dans une ambiance pareille, ce ne sont pas les injections massives qui vont faire baisser les taux interbancaires. (11.75 pts de base sur les prets à 3 mois, soit 0.1175% d’après FT Alphaville…. notre ami Vauban vérifiera).

  23. Quelques faits certains dans cette période d’incertitude.

    1- Le choc attendu (ampleur inconnue à ma connaissance) des CDS Lehman le 21 oct. (victimes bancaires, hedge funds only ou investisseurs couverts et qui ne seront finalement pas assurés?)

    2- Bon nombre de hedge funds vont fermer précipitamment au dernier trimestre (rachats dans les pipes pour exécution jusqu’en décembre pour les fonds trimestriels). Les banques auront-elles suffisamment de deposits ?

    3- La chute de PNB des activités BFI est effroyable et perdure. Cela change les perspectives de CAF des banques et donc le pricing du risque corporate sur ces établissements qui auront moins de CAF pour rembourser un stock de dette qui et est bien parti pour rester au moins au niveau actuel.

    Pour ces 3 raisons, même si le/les plans de sauvetage visent au coeur du problème (refi et AK) et ont fait l’objet d’une excellente communication, les raisons de douter des banques perdurent. Au moins jusqu’au possible climax du 21 octobre.

    ps. Le Vix est plus un incertitudomètre qu’un trouillomète. Il ne fait pas ressortir le smile, qui a tourné son joli sourire entre vendredi et lundi sur la plupart des dérivés.

  24. @ strategix

    Peux-tu nous traduire :
     » La chute de PNB des activités BFI est effroyable et perdure. » (?)
     » CAF. » (?)
     » AK. » (?)
    Merci.

  25. Pour le climax du 21/10 pas mal de bruit sur le Net dúne somme totale de 6 milliards. Tout petit donc. Info ou intox??

  26. Les actifs bancaires drainés dans les paradis fiscaux seraient estimés à quelques 10 000 milliards de dollars. Compte tenu de la brume, voire de l’opacité absolue qui plane sur les dits paradis. Ce ne sont pas les incantations du politique du genre: « je prends la ferme résolution de… » qui éclaire quoique ce soit au sujet « sacré » des paradis fiscaux. Y a-t-il des moyens (ou des formules) pour estimer les « interactions » des « paradis », leurs « réserves », avec les « réserves » bancaires et autres « fonds »? Quelle possibilité de détecter la « plomberie secrète » entre l’économie et la finance apparente (la nôtre, celle qu’on vit) et les effets sur elle, pendant cette crise, venant des « paradis »? Là encore, il y a des « choses » à comprendre en creux et par défaut comme toujours…

    En attendant on peut constater que le « système financier » et les économies « officielles » des pays et régions, qui sont donc des économies en principe règlementées (mêmes quand les « règlements » donnent les directives de dérèglementer…) sont plongés jusqu’au coup dans la « crise »! Mais pas les paradis fiscaux??

  27. Maxime dit : 14 octobre 2008 à 17:09
    « Et à ce sujet, je pense qu’il faudra effectivement créer un nouveau système monétaire mondial (Keynes proposait le bancor, qui est à mes yeux une solution absolument géniale) «
    Bonjour,
    Je recherche justement cette proposition de Keynes – en français- quelqu’un peut peut-être m’aider, et pourrait aussi servir a d’autres ?
    Merci par avance. Roland

  28. Bonjour à tous,

    Les échanges que j’ai eus avec vous sur ce blog m’ont mis sur la piste d’une solution, non pas à la crise mais vers une autre approche que celle du plan Paulson, pour résoudre les difficultés rencontrées sur les marchés interbancaires, celles-ci provenant principalement de la méfiance des banques, les unes envers les autres.

    En fait, sauf erreur de ma part, la solution est simple et toujours d’actualité.

    Comme vous le savez, à la sortie de la compensation, les positions débitrices des unes sont égales aux positions créditrices des autres. Les banques ne trouvant plus à s’entendre pour régler entre elles leurs positions, la Fed a dû fournir des garanties (échange de titres du Trésor contre des titres pourris) afin que les prêteuses acceptent de prêter aux emprunteuses.

    La solution que je préconise, consiste à mettre en court-circuit, à un point précis de leur processus, les opérations monétaires interbancaires. Cette solution est valable pour tous les pays, dès lors qu’ils fonctionnent sur le même schéma :

    L’Etat met la Banque centrale dans l’obligation de court-circuiter les marchés de gré à gré et interbancaires à la sortie de la compensation. Les positions sont inscrites aux comptes des banques chez la BC, comme c’est le cas actuellement, mais les banques ne règlent plus leurs positions les unes vis-à-vis des autres, mais vis-à-vis de l’Institut d’émission. Celui-ci prête aux banques débitrices et empruntent aux créditrices (montants équivalents) à un taux d’intérêt qu’elle fixe au jour le jour, puisque les positions changent quotidiennement. Ces comptes sont indisponibles. Accessoirement, les RO qui ne servent à rien, à mon sens, disparaissent.

    Les marché de gré à gré et interbancaires sont provisoirement suspendus.

    Ces mesures s’inscrivent dans un vaste plan d’ensemble des réformes des systèmes monétaires nationaux sur lequel je planche depuis pas mal de temps.

    Si l’un d’entre vous conteste la solution ci-dessus, qu’il me le dise avec de solides arguments à l’appui. Merci.
    A bientôt.
    jean

  29. Bonjour,

    Je suis depuis quelques jours ce blog, que j’ai découvert alors que j’errais sur Internet… et j’en apprécie chaque jour les sujets de discussions et les remarques des uns et des autres.

    Je serais particulièrement curieux d’avoir votre avis sur les actions menées par la France pour « sortir »/ »contenir » la crise (qui vient?).

    Si j’en crois les grands médias « traditionnels », elles sont exemplaires et adaptées.

    Merci.

  30. Je voudrais revenir sur mon billet de ce jour (11h09), parce qu’il manque une précision à propos du plan Paulson que j’y évoque. L’approche, dont j’ai parlé, ne concerne pas la partie du plan consacré à la nationalisation des banques en quasi faillite, mais celle relative au système monétaire dont les tares sont toujours là. Mais, je pense que vous aviez vous-mêmes fait la part des choses. Merci.
    A très bientôt
    jean

  31. Jean,

    cela revient à placer la chambre de compensation inter-bancaire sous la tutelle de la BC. A l’image de ce que fait la FDIC aujourd’hui lorsqu’elle prend le contrôle d’une banque.

    L’octroi de cette nouvelle fonction à la BC permettrait effectivement de s’assurer qu’il n’y ait pas de « cavalerie » entre banques en imposant, dans sa monnaie, le règlement quotidien des soldes. Son capital garantissant les acteurs d’une défaillance de l’un d’entre eux, comme sur tout marché réglementé.

    De plus je suppose qu’elle pourrait alors imposer son objectif de taux monétaire et non plus d’en faire une cible vers laquelle elle tente (vainement) de converger avec ses interventions.

    Ca remettrait effectivement, par construction, de l’huile dans les rouages.

  32. @ Rumbo,
    Je me souvient d’avoir envoyé à Paul, il y a quelques mois, des documents relatifs aux recherches de Denis Robert sur le fonctionnement des chambres de compensation. Denis Robert a prouvé que toutes les grosses transactions -on ne parle pas de valises de billet;) – étaient effectuées par les chambres de compensation et que ces dernières conservent TOUTES infos relatives à ces transactions, y compris celles dirigées vers des comptes offshores…

    La solution de Jean Bayard me semble très interessante dans cette perspective également.

    Pour ceux qui veulent revenir sur les banques de compensation et sur les recherches de Denis Robert, un extrait du message transmis à Paul:

    Un résumé de l’affaire sur fr2 chaine publique:
    http://www.dailymotion.com/relevance/search/denis%2Brobert/video/xt1r4_denis-robert-clearstream-envoye-spe_events

    Une interview dans une des rares émission TV de qualité en France où il explique sa démarche, les problèmes rencontrés:
    http://www.dailymotion.com/relevance/search/denis%2Brobert/video/x2jjhj_denis-robert_politics

    Une interview type de désinformation sur l’affaire, ou comment décrédibilisé un journaliste quand ses écrits sont fiables:
    http://www.dailymotion.com/relevance/search/clearstream/video/xfbbz_asi-clearstream_news

    Enfin, un blog de soutien, D.Robert sur un message vidéo annonce qu’il abandonne et nous explique pourquoi; un grand pas en arrière pour la liberté de la presse et pour la démocratie en générale…
    http://www.ladominationdumonde.blogspot.com/

  33. Je suis tout à fait d’accord avec la proposition de Jean Bayard, bien que la trouvant insuffisante (mais ce serait un premier pas dans le bon sens, évidemment)
    Je pense qu’en plus, en cas de défaillance d’une banque qui oblige la BCE a agir en garantie, la BCE doit récupérer les parts sociales correspondantes… mais est ce techniquement et légalement faisable ?

  34. Oui la proposition de Jean Bayard constituerait un assainissement certain et autant de points de repères et de pistage en plus (il y en a tellement besoin en ce domaine!). Mais aussi, que la (les) banque Centrale redevienne un instrument au service de la société et non plus au service des actionnaires. Sauf erreur de ma part, l’exemple du Bureau Véritas, ou du services des Mines, est, je crois, très didactique, car ces bureaux ne travaillent pas pour les fournisseurs industriels, sinon pour garantir la sécurité des matériels.

  35. @ Lepaysan Roland,

    Je n’étudie plus l’économie (j’étais dégoûté par l’orthodoxie des enseignements), mais en maîtrise, j’avais fait un mémoire sur le taux de change euro / dollar. Malheureusement, je ne trouve plus les références précises. Quoique je peux vous recopier ce que j’ai pu trouver :
    « Keynes est favorable à un système monétaire supranational éliminant l’or sans donner de privilèges à une monnaie internationale : il est favorable au bancor, une monnaie qui ne serait pas gagée sur l’or, mais définie par ses rapports avec les diverses monnaies. Cela impliquait un système de compensations entre les déficits et les excédents des balances courantes des pays partenaires ».
    Ce qui impliquait bien évidement un transfert de la souveraineté des Etats-Unis vers une institution supranationale… transfert qui a été bien entendu refusé.

    Je ne sais pas trop, ça fait longtemps que je n’y travaille plus, mais en tapant ce passage, j’ai eu l’impression que cela rejoint la proposition de Jean-Bayard (bien sûr sans penser que cela soit réalisable maintenant pour résoudre les problèmes qui subsistent en ce moment).

    Références possibles à propos du Bancor : « Cinquante ans après Bretton Woods », sous la direction de Michel Aglietta, Economica 1995
    et
    « Bretton Woods – Mélanges pour un cinquantenaire », sous la direction de Thierry Walrafen, Le Monde éditions, 1994.

    Voir aussi éventuellement des livres de Jacques Rueff et de Mundell (prix nobel qui a proposé l’idée de créer une monnaie internationale) et des ouvrages sur le plan de Triffin. A chercher dans une bibliothèque universitaire…

  36. La proposition de Jean ne manque effectivement pas d’intérêt, le contrôle des chambres de compensation est une condition indispensable de l’assainissement des marchés financiers. Je fais cette remarque tout particulièrement en direction de Rumbo qui évoque « la brume entourant les paradis fiscaux ». J’ai fait un post qui doit être en modération pour revenir sur le travail de Denis Robert qui a eu le mérite de prouver que l’argent à une odeur, que toutes les transactions -même vers les paradis fiscaux- sont traçables. La seule limite est le secret bancaire. Il est purement inadmissible que des organisme privés puissent ainsi échapper aux contrôles des autorités publiques et judiciaires, profitant d’un statut quo qui n’a que trop duré…

    Peut être serait-t-il possible que Paul ouvre un post spécifique sur les chambres de compensation dont le rôle centrale n’a d’égale que la méconnaissance de leurs fonctions (admises et plus discrètes) de la part du public, même averti…

  37. @ Benoît,

    Effectivement, j’étais pressé ce matin et j’ai utilisé cet abominable et hérmétique jargon.

    Aussi:

    PNB = Produit Net Bancaire = en gros, le chiffre d’affaires des banques(pertes et profits compris, avec les résultats de la transformation résultant de la gestion actif passif).

    AK = Augmentation de capital (recapitalisation).

    CAF = Capacité d’AutoFinancement (en gros, capacité d’un emprunteur à payer ses dettes sur la base des rentrées de cash attendues de son activité).

    BFI = Banque de Finacement et d’Investissement (en gros, le département activités de marchés des banques).

    Cela vaut bien l’Art Goth de la Cour des Miracles.

  38. @ Jean Bayard,

    Effectivement, la nécessité de chambres de compensation est conforté lors de chaque crise.
    Du reste, de même que celle que vous évoquez pour le marché interbancaire, une telle chambre serait encore plus souhaitable sur les dérivés de gré à gré (cf. margin calls inexistants sur les CDS).

    Les chambres de compensation offrent trois avantages majeurs, mais aussi un gros défaut et une parade:

    avantage n°1, le risque de contrepartie est effectivement pris par la chambre (qui doit être capitalisés en conséquence, ou dotée d’un fonds de garantie);

    avantage n°2
    , chaque adhérent se voit appelé des deposits et margin calls permettant d’assurer la bonne fin des opérations engagées;

    avantage n°3, cela offre un max de bon jobs et de profits (cf. Clearnet, Euroclear et Clearstream);

    La parade, les adhérents développent des systèmes de précompensations permettant de limiter leurs encours nets vis à vis de la chambre, y compris avec des mécanismes complexes et démultiplicateurs du risque (cf. Clearing XXI).

    Gros défaut, les chambres de compensations sont des autoroutes du blanchiment. Il est très regrettable que Denis Robert ait été détruit pour avoir attiré, à juste titre et de manière documentée l’attention sur ce grave défaut. Comme je le disais dans un post précédent, le flinguage de Denis Robert a été une leçon pour nous tous. L’omerta donc. R.I.P. Denis Robert.

  39. Maxime dit : 15 octobre 2008 à 1548
    « « Je n’étudie plus l’économie (j’étais dégoûté par l’orthodoxie des enseignements), mais en maîtrise, j’avais fait un mémoire sur le taux de change euro / dollar. Malheureusement, je ne trouve plus les références précises. Quoique je peux vous recopier ce que j’ai pu trouver :
    “Keynes est favorable à un système monétaire supranational éliminant l’or sans donner de privilèges à une monnaie internationale : il est favorable au bancor, une monnaie qui ne serait pas gagée sur l’or, mais définie par ses rapports avec les diverses monnaies. Cela impliquait un système de compensations entre les déficits et les excédents des balances courantes des pays partenaires”.
    Ce qui impliquait bien évidement un transfert de la souveraineté des Etats-Unis vers une institution supranationale… transfert qui a été bien entendu refusé. » »

    MERCI, j’avais connaissance de ça mais pas plus. Donc merci pour la suite.
    C’est pour cela qu’il serait peut être pas mauvais de ‘’remettre sur le métier’’. Sans en faire LA solution d’un nouveau Bretton Woods à venir (les temps changent et ‘pas de gourou’) mais, malgré les nombreux détracteurs, il n’était pas si mauvais.
    Cordialement
    Roland

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