Nonfiction.fr, La crise vue par Paul Jorion

Un compte-rendu de La crise. Des subprimes au séisme financier planétaire (lundi en librairie) par Luc Goupil sur Nonfiction.fr. Où l’on trouve aussi le chapitre 3 : « Les États–Unis en 2008 » dans son entier.

Là réside la première source d’intérêt de l’ouvrage : proposer une lecture à distance et situer dans l’histoire du capitalisme les événements actuels, au risque de s’éloigner du langage courant de l’analyse économique et de s’exposer aux railleries de spécialistes trop contents de détourner d’eux les quolibets. Cette méthode peut énerver, mais elle a des réalisations heureuses.

La présentation de Jorion ne recevra sûrement pas l’approbation unanime des économistes – qui ne sont de toutes façons pas ses pairs – mais elle a le mérite de recéler, au sein d’une théorisation globale et par ailleurs fort stimulante, qui interroge la notion de « confiance des marchés » ou la place de la spéculation, un récit de la crise particulièrement instructif.

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6 réflexions sur « Nonfiction.fr, La crise vue par Paul Jorion »

  1. CRISE DE LIQUIDITE

    Lettre à ma banque

    Messieurs,

    Au regard de ce qui se passe actuellement dans le monde bancaire, je me demandais si vous pouviez m’apporter un élément de réponse à la question suivante :
    Si un des mes chèques est rejeté pour le motif « sans provision », comment saurai- je si ce manque d’argent vient de moi OU DE VOUS ?

    essai de traduction d’un commentaire en anglais sur FT alphaville en réaction à l’article « Artificial markets: the bailout isn’t working »

  2. lettre à ma banque

    Monsieur le directeur,

    Pouvez m’expliquez pourquoi mon prêt n’est pas accordé par vos service alors que l’Etat vous a versé des centaines de milliards de prêt à taux avantageux.
    Merci de votre réponse.

    Signé, un fidèle client

  3. Cher monsieur Bob,

    Nous ne vous avons pas accordé le prêt que vous demandiez car vous êtes insolvable ou le deviendrez bien vite avec la récession qui s’annonce.

    Les 320 milliards auxquels vous faites allusion sont un montant maximum de garantie –et non pas un prêt, nous ne disposons donc pas de ces sommes qui restent par conséquent purement virtuelles– que nous accorde l’Etat sur les défaillances qui pourraient advenir sur nos prêts déjà émis ou à émettre.

    L’Etat garantit, mais c’est le contribuable qui paie : vous ne voudriez tout de même pas avoir à rembourser en tant que contribuable les sommes que vous ne nous rembourseriez pas en tant qu’emprunteur, non ? sinon cela s’appellerait du socialisme et vous savez combien cela est néfaste. Même les cocos russes et chinois le savent. C’est dire.

    Nous avons bien, par ailleurs, bénéficié de 40 milliards « d’injection de liquidité », à vos frais de contribuable, mais il s’agit d’une opération de recapitalisation destinée à renforcer la structure de notre bilan –qui était au demeurant déjà fort robuste– mais que certaines opérations financières très techniques risquaient d’altérer vis à vis des règles prudentielles qui encadrent notre noble profession.

    Dans le métier, nous appelons cela « ratio de Bâle II », « Tier 1 » et d’autres expressions fort techniques. Mais je ne voudrais pas vous importuner avec ce jargon. Sachez simplement que ces 40 milliards vont nous permettre d’attendre tranquillement que certains de nos concurrents qui accorderaient imprudemment des crédits –à vous notamment–, en tapant dans cette réserve de 40 milliards, se retrouvent en mauvaise posture.

    Nous pourrons alors les racheter pour une bouchée de pain. Cela nous renforcera. Et vous, Cher Client, serez client d’une banque plus forte, n’est-ce pas rassurant par les temps qui courrent ? De plus, l’Etat, donc vous en tant que contribuable, toucherez un maximum de pogon : les intérêts sur votre injection de liquidité, n’est-ce pas souhaitable au vu des caisses vides et de tout ce que vont nous coûter tous ces futurs pauvres ?

    Signé, votre fondé de pouvoir de la Banque Root.

  4. Merci aux 3 qui m’ont précédé: je leur ai piqué leur dialogue fictif, l’ai mis en page et vais en faire bon usage dans une visée pédagogique. Cela marche pas mal, le cervau collectif… Bon week-end.

  5. Mr le Directeur,

    Votre conseiller financier (Armand) a pris contact avec moi mais je ne suis pas satisfait de ses explications.
    Je souhaite donc récupérer les économies que j’ai placé dans votre établissement.
    Espérant que l’argent que je vous ai prêter ne soit pas déja dilapider par vos sinistres Traders.

    Un ex fidèle client

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