Candide au pays de l’or noir, par Alexis

Billet invité.

CANDIDE AU PAYS DE L’OR NOIR

Comme de nombreux visiteurs sur ce site je découvre un monde jusqu’à présent masqué au commun des mortels, mais qui, grâce aux interventions éclairées des uns et des autres devient un peu plus limpide à ma cervelle de Candide…

Mais un truc me chiffonne toujours… Quid du pétrole ?

Certes il est vient de repasser au dessus de 50$ après avoir flirté avec les 35$ en février. Logique si le dollar est appelé à baisser après ce que nous savons du 18 mars 2009. Mais tout le monde sait, ou devrait savoir, que (indépendamment des fluctuations monétaires) le cours du pétrole n’est que transitoirement bas, conséquence d’une baisse de la consommation (deux millions de b/j en moins comparé à juin sur les 85mb/j « habituels »), et à la marge d’une spéculation moins marquée. Baisse de la consommation, baisse des prix… rien de nouveau sous le soleil de l’offre et de la demande.

Néanmoins, que cela nous fasse plaisir ou pas, si le pic officiel n’est pas atteint (s’agit-il en fait d’un pic ou plutôt d’un plateau ondulant temporaire ?), le pétrole brut de qualité issu des champs classique a lui « piqué » en 2007 comme le montre ce schémas extrait du dernier rapport de l’AIE.

(J’ai rajouté une série de verticales pour situer le début de décroissance de la courbe bleue – crude oil currently producing fields.)

Pour rappel, notre consommation n’est autre que la somme de ces jolies intégrales colorées… du moins jusqu’en 2008 (date du rapport), au delà…

J’ai tout de même un sentiment étrange en lisant « crude oil YET to be developed or found ». Cela devrait laisser rêveur tout lecteur attentif. Sans être fin spécialiste (que je ne suis pas) cet extrait d’intégrale bleue ciel ne manque pas de sel et d’optimisme… Au passage on se référera à l’intervention du PDG de Total disant récemment que la production mondiale ne dépasserait jamais les 89 mb/j. Ici, on appréciera surtout la remarque concernant les « six times the current capacity of Saudi Arabia »…

En d’autres termes, ce beau triangle bleu clair nous indique que pour continuer à consommer ce dont nous avons besoin, il va nous falloir trouver tous les ans des quantités phénoménales de pétrole brut de qualité à un rythme que nous ne connaissons plus depuis… les années 60, 70 (date du pic des découvertes : autour de 1965). Depuis, les découvertes faites sont d’année en année de moins en moins importantes et depuis longtemps, inférieures à notre consommation.

« This is unsustainable » : sans commentaire

Pour information, voici la courbe des prix (non corrigée) du pétrole depuis 1999.

Dès lors, me viennent certaines questions.

– Les cours du pétrole ne risquent-ils pas de remonter très bientôt à une vitesse grand V avec ou sans crise ?

– Peut-on sérieusement envisager une relance keynésienne avec une énergie de plus en plus chère et de moins en moins abondante ?

– Peut-on imaginer encore une relance de la consommation dont l’essentiel passe toujours par une économie carbonée ?

– L’effondrement de l’immobilier aux USA ne peut-il être imputé en partie à l’augmentation continue du prix du pétrole depuis 1998 dont l’habitat dispersé et mal isolé implique de longs trajets dans de grosses voitures gourmandes ?

– La crise à venir ne serait-elle pas pire que celle que nous connaissons aujourd’hui, n’ayant à ce jour aucune capacité à remplacer un pétrole au niveau de sa consommation actuelle si ce n’est à la marge (éoliennes, agro-carburants, hydrogène et autres gadgets journalistiques), même le nucléaire ne produisant QUE de l’électricité ne peut faire voler les avions, naviguer les porte-conteneurs et rouler les camions (dans des projets technicistes peut-être, mais pas demain et encore moins à l’échelle du parc actuel !) ?

– Seul remplaçant crédible : le charbon ! mais à quel prix environnemental (!) et pour combien de temps encore ?

Posons des questions encore plus surprenantes car, comme dirait Michel Audiard, » Les Candides osent tout, c’est d’ailleurs à ça qu’on les r’connaît ! »

– L’histoire du capitalisme ne se calquerait-elle pas sur celle de l’énergie fossile : charbon dans un premier temps, pétrole et gaz dans un second ; production puis surproduction dans une première phase et pour finir délocalisation (habitat, tourisme, production…) dans une seconde ?

– La fin du pétrole abondant et gratuit (on ne paye que le travail nécessaire pour l’extraire, le raffiner et le distribuer), ne marque-t-elle pas la fin du capitalisme ? (je ne parle pas de libre-entreprise, ce que beaucoup confondent, détracteurs comme zélateurs ).

– Au sens de Jean-Maxence Granier dans Sémiotique de la crise, peut-on encore sérieusement évoquer une posture A, B ou même C ?

– In fine, peut on encore discourir du sexe des anges ou de mécanique financière quand énergie et matières premières ont atteint leur plateau de production et sont appelées à décroître inexorablement dans un monde de six milliards et demi d’habitants, bientôt sept, huit et davantage d’ici peu ?

– Quel dirigeant politique ou économique ici ou ailleurs a pris conscience de ce que représente réellement une augmentation de 2°C minimum à la fin de ce siècle, une élévation de 1m (voire 2 m ou plus) des océans à cette échéance ? A-t-on le droit d’attendre encore plus longtemps ?

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73 réflexions sur « Candide au pays de l’or noir, par Alexis »

  1. @ Gilles

    En effet 🙂

    Euh, « demande » serait plus approprié que « consommation » je crois… Très simplement : des tensions apparaîtront tôt ou tard sur le marché physique du pétrole, il n’y en aura pas pour tout le monde – seulement pour ceux qui en auront les moyens -, certes, mais il y en aura quand même. Pour un temps très difficile à estimer, 40 ans est sûrement très optimiste je vous l’accorde.

  2. Notre problème c’est qu’il y a eu le pétrole et qu’il y en a encore trop ! Comment vite cesser de l’utiliser sans que les rivalités s’en trouve exacerber, en conservant une hégémonie, et en redéfinissant l’alliance.

    Je pense que cela prend des forums sociaux quasi continus d’échelle locale, dont la légitimité est municipale et qui nourrissent des engagements mutuels sur des objectifs d’autonomie à l’égard du système productiviste, protégeant les ressources locales d’un adressage à de trop vastes marchés. Ce qui ne signifie pas de couper intégralement les échanges au-delà du niveau local. Simplement, faut-il pouvoir faire attention au seuils naturels de contre-productivité qui peuvent même parfois être surexploité pour les seuls besoins des locaux.

    Ce qui implique d’avoir aussi suffisamment d’énergie disponible socialement pour libérer des individus à étudier et être attentifs à des excès possibles et d’avoir les structures institutionnelles qui permettent de coordonner ces attentions à de plus vastes échelles. En fait, on ne révolutionne pas trop la structure institutionnelle actuelle sinon à la pondérer par la relocalisation des économies.

  3. @ aficionados du site http://www.manicore.com,

    Sauriez-vous s’il existe des modèles explicatifs de la crise financière/économique basés sur des raisonnements chiffrés analogues à ceux que propose J-M Jancovici pour les problèmes énergétiques ?

    Merci par avance.

  4. Mais comme je suis partie sur un sujet qui me passionne, les échecs. Je vais continuer la partie de réflexion. Dans un contexte délicat, il y a deux pratique; la négociation et l’intimidation. Il y a une règle importante a savoir, c’est que l’intimidation ne fonctionne que sur le faible, celui qui a quelque chose a perdre, alors qui sur celui qui est prét a se battre ne peut qui concevoir que le pourcentage de résultat positif, a condition bien sur qu ‘il sache se battre ( sur se piont j’apprécie poutine car en plus de bien se débrouiller en politique économique il connait surement le politique de la guerre mieux que beaucoup que beaucoup de chef d’état au pouvoir. Donc la russie n’est pas morte elle a juste été prise sous le controle d’individualiste, qu’ils soit roi, dictateur ou président.

    Ca va ont est pas completement débil, il n’y a aucun espior si tout doit se terminer en holocoste. Donc, a 4 contre un il est possible de faire que cette planéte survive, même si le nombre de ses habitant devront e^tre déterminer afin de rspecter l’environemt qui ne nous appartient pas. Il appartient a notre espèce, les humains, et il n’est pas la proprièté d’un seul humain mais de tout les humains.

    M’enfin, si tu veux la paix, prepare la guerre. C’est juste pour facilité le repérage.

  5. > A tous

    Le grand problème avec la crise énergétique, c’est que cela touche immédiatement tout les paramètres de l’économie: on augmente ainsi mécaniquement le coût des intrants dans l’agriculture comme les engrais, et les pesticides. De même le coût du transport pour les denrées agricoles augmente, ce qui accroît le risque de tension alimentaire.
    De même les coups de productions des polymères et des médicaments augmentent: dans ce cas, on peut envisager deux voies.
    la première, c’est le passage vers la biomasse et le crackage des plantes, en ayant recours à des technologies douces, pour l’instant hypothétiques permettant de synthétiser certains précurseurs de la chimie à partir de résidu végétaux.
    La deuxième c’est l’usage du méthane comme base de synthèse.
    Dans les deux on entre en conflit avec soit la production agricole mondiale (ce qui accroît les tensions sur le prix des denrées alimentaires) soit avec l’usage énergétique du gaz naturel, qui lui est intéressant du fait de son excellent rapport production énergétique/production de gaz à effet de serre.
    Dans tout les cas, on risque donc de passer d’une crise à l’autre, et donc de faire monter les prix de fabrication.
    On est donc face à un risque inflationniste, parce qu’il s’agit de tension sur des produits essentiels (la nourriture, les matières premières)
    Or ceci arrive, si l’on raisonne en ordre de grandeur en même temps que les premiers effets du réchauffement global, qui affaiblie la production mondiale agricoles, rends plus intense les tensions hydriques et destabilise ainsi la répartition mondiale des ressources renouvelables.
    Par ailleurs, ceci va donc arriver au moment où une part de la population vieillissante d’occident des nations ayant eu recours aux fonds de pension désireront toucher leur cotisation et feront alors baisser les cours boursiers, réduisant ainsi le capital disponible pour les investissements verts.
    La crise actuelle semble donc arriver au pire moment, parce qu’elle accroit énormément l’endettement des états, et donc réduit leur marge possible d’action.

  6. @ thomas

    Ca va vous paraître un peu étrange, mais j’essaie seulement d’être réaliste ! Les intérêts financiers liés au pétrole sont tellement prédominants qu’ils passeront au dessus de tout le reste, c’est quelque chose qui me semble assez évident. Je pense que nos sociétés ne prépareront l’ère de l’après-pétrole ni aujourd’hui, ni dans dix ans, ni dans vingt, essentiellement parce que ça ne sera l’intérêt ni des politiciens, ni des industriels, ni des financiers.

    Je pense que l’homme ira chercher jusqu’à la dernière goutte de pétrole qu’il pourra extraire. Des tensions apparaitront sur le marché physique, c’est inévitable. Et les marchés financiers n’attendront peut-être pas les premiers signes pour faire exploser à la hausse le prix du baril, ce qui pourrait alors permettre la viabilité économique des gisements difficiles d’accès. Ca ne sera que lorsque le monde sera au pied du mur que les choses changeront vraiment. Mais tout cela ce n’est qu’un scénario parmi d’autres !

  7. @ Alexis : merci, c’est le type de représentation qui éclaire le tableau général, parce qu’elle incorpore les interactions entre les questions économiques et énergétiques.

  8. J’adore, les interventions déroutante.
    Il est nécéssaire qu’une conscience mondialiste ailles avec la mondialisations. La mondialisation ne doit pas être qe de l’esclavagisme, même si il doit être chinois. Ont sera oligé de considérer les races comme des exprésions naturel dénué de toute pensé consciente incoruptible a la notion de l’intéret.

    D’ailleurs mathématiquement parlant, si perssonne n’acceptait de payer des interets sur les prét, les banques ne pourrait pas exister que sous la forme de coffre fort (sécurité). Hors se n’et pas le cas, puisqu’elle ont le droit de battre monaie.

    C’est le monde a l’envers, et ont viens juste de s’en appercevoir. A par la russie qui en a fait les frait le premier.

    M’enfin soyont optimiste, car la vie ne demande qu’a durée.

  9. Le pétrole sera remplacé progressivement par l’utilisation du charbon et de ses sous-produits car ses réserves sont plus importantes. En revanche nous serons bien plus vite confrontés au réchauffement climatique et à ses conséquences pour la survie de l’humanité. Je crains fort qu’il n’y ait pas de solution raisonnable et qu’il ne soit déjà trop tard pour nos enfants et petits-enfants.

  10. Comme toute innovation elle sera remplacer par la suivante, ont est arrivé de la roue au fusé. Le pétrole suivrait le même chemin, ça c’est sur, mais j’ais cru comprendre que l’humain avait des capacité de réflexion et d’innovations. Donc pourquoi ne pourrait’il pas changer la donne est produire des hydro carburant. A mon avis un bon chimistre drevrait être en mesure de trouver des solutions.

    Et de toute façon si il nous est nécessaire de trouver une solution nous la trouveront. Ont est sencé être doué d’un capacité que les autres espéces n’ont qu’en partie. La logique, cette capacité a faire la distinction, c’est bon ou pas bon, est ensuite cela sert mes interet ou non, est ensuite cela correspond au habitude de mon environement de ma culture de ma région et de ma maison.

    Si chacun pense aux sien, tout le monde sera d’accord pour avancer vers une mondialisation ou les réserves seront devenu mondial. Mais je doute que cette mondialisation puisse voir le jour. Ont a besoin de se nourir est il faut bien asouvir cette pulsion destructrice, a croire qu’il faudrait que tout le monde soit végetarien pour que cette planéte soit paisible. Mais autant croire au père noél.

  11. Bonsoir !

    @allegra : je pense plutot que l’economie dépend de ce que vous appelez la question écologique . L’economie ( mais aussi la santé, la biologie, la physique, l’éducation, la sociologie, etc….) s’adapte, encore et encore, depuis que l’homme est homme, à ce que j’appelle l’ecopshère.
    Sans écosphère ( ou écologie et « sa question ») , il n’y a pas d’économie. Sans économie, la « question » écologique, se posera toujours à l’homme , mais l’écologie ou l’écosphère sont là….

    @ Alexis : J’ai appprécié votre article . Mes reflexions et questionnements :

    – Comme menace à court terme, en l’absence de découvertes sicentifiques et prise de décisions à très, très, très court terme : la disparition des pollinisateurs .Vous devez connaitre la réflexion d’Albert EINSTEIN. la diversité de notre alimentation présente une probabilité significative d’être encore plus réduite. Bien sur, il y a une solution qui est déjà pratiqué par nos amis chinois . Former, et donc créer un nouveau métier qui nécessitera beaucoup de main d’oeuvre : l’homme pollinisateur….. le prix de la pomme et de la tomate va s’envoler!!!!!!
    – la raréfaction de la ressource piscicole naturelle : Outre les problèmes d’alimentation, économiques, il ya le problème de la diversité génétique.
    – La raréfaction de la diversité du milieu végétal , avec une conséquence immédiate : difficulté et/ou impossibilité d’accéder au patrimoine médicinal de nombreuses plantes. Pour information, sur les 30 dernières années, 6 molécules découvertes,produites et commercialisées par l’industrie phamaceutique mondiale, présentent un principe actif réellement bénéfique : Elles sont le fait de plantes….. Aie! aie!!! Qui s’est que le chiendent ( la « mauvaise herbe ») , mais aussi la prêle ( encore une mauvaise herbe) , le coquelicot, les queues de cerise, le primevère officinale ( le fameux « COUCOU », le pissenlit, le carvi, ou encore le BOULEAU ( l’arbre) , préparé sous forme de decoction ou infusion, remplacent bon nombre de nos médicaments ( remboursés ou non , par ailleurs) . On a oublié ….Dommage !!!
    Dommage, car , lorsqu’on se place dans le futur possible ou vous ( et d’autres …) décrivez, ce savoir peut être bénéfique au niveau de la santé …
    – Energie : il existe des navires militaires et civils à propulsion nucléaire. UN PORTE CONTENEUR, doté de ce type de motorisation est techniquement réalisable…. En revanche, le transport de masse terrestre et aérien se trouve, pour les 5 années qui viennent dans une impasse. Maintenant , il existe des solutions techniques pour le transport terrestre qui permettent de réduire la part de pétrole comme carburant , et nettement moins polluantes. Elle s’inspire directement des systèmes PANTONE et GILLIER ( renault et PSA ont signé un accord pour étudier, et commercialiser une variante « elitiste » de ces systèmes plus propres. Pour ce qui concerne les systèmes électriques de motorisation, la rareté de certains composants conduisent à une production spécifique, et non de masse ( en l’état actuel des recherches).
    Il y a cependant une ouverture possible avec certaines bactéries, issues de nos déchets … A suivre donc….
    -Population : Bientôt 7 milliards …. Oui …oui…. pour le nombre … Mais , je préfère prendre d’autres paramètres pour désigner le nombre de nos semblables, car nous sommes différents : L’empreinte ecosphérique. Résultat : Nous sommes plus de 17 Milliards. Vous l’avez compris, ce nombre évolue constamment … et beaucoup plus rapidement que le paramètre que vous avez utilisé..

    Bon, je m’arrête là et vous souhaite une bonne fin de soirée ! ( Mais vous auriez pu parler des courants marins, de la contraction de notre atmosphère, les energies locales non utilisées et renouvelables, etc….).

  12. @tomate,

    désolé ce n’est pas vraiment ma priorité d’aujourd’hui, mais je reconnais que ton discours fait partie des priorités de demain.

  13. « Quid du pétrole ? »

    Merci à Alexis ! Il est en effet stupéfiant que personne ici n’ait encore posé aussi directement et clairement le problème en ces termes, alors que les liens vers les travaux de Jancovici ont été donnés sur ce blog il y a des mois ! Il y a, semble-t-il, beaucoup d’arbres qui cachent la forêt…

    Je signale à ceux que le visionnage de 16 heures de conférence rebuterait qu’il existe une version abrégée (je n’ose pas dire « digest »), disponible à l’adresse ci-dessous :

    http://storage02.brainsonic.com/customers2/entrecom/20080227_Spie/session_1_fr_new/files/index.html

    Il est évident que cette bombe à retardement est sans commune mesure avec les « aimables plaisanteries » financières dont nous débatons ici depuis des mois, sans véritablement tenir compte de cette « autre réalité ».

    À voir également, pour les anglophones, les chapitres 17 et suivants (mais les précédents sont tout aussi bons) de l’excellent « crash course » de Chris Martenson :

    http://www.chrismartenson.com/crashcourse

  14. @Candide: remarquable exposé et vous posez une bonne partie des bonnes questions…vous apportez même une bonne partie des réponses…mais vous connaissez mieux les questions énergétiques que l’oeuvre d’Audiart…personne n’est parfait 🙂

    Quand la bourse aura sombré les cours du pétrole ne pourront que remonter: pendant que nous essaierons de planter des patates et trouver du bois de chauffage certains auront toujours de l’argent (un peu moins toutefois…) à investir: ils joueront toujours au casino mais miserons plus sur ce qui restera concret: les matières premières et les énergies fossiles, voire sur les denrées alimentaires… Le pétrole étant rare (beaucoup ne s’en rendent pas encore compte, aveuglés par le niveau actuel de sa consommation) il ne peut que devenir cher.

    Ce que beaucoup d’entre nous n’ont pas saisi c’est que rien ne remplacera le pétrole. Jamais nous ne trouverons une autre énergie avec un rendement aussi phénoménal, sauf peut-être le Cosmogol 999 de nos amis les Gibis! Mais on n’a pas fini de pomper, bon courage! Donc il va falloir réduire notre train de vie, modifier nos comportements (et pas qu’un peu!) et dépenser moins d’énergie. J’ai bon espoir parce que l’être humain est quand-même programmé pour survivre. Le dinosaure aussi c’est vrai mais il était moins intelligent a priori. Et puis quel autre choix ai-je de parier sur un sursaut de l’être humain…et de me donner de la peine pour changer mon comportement à moi et en convaincre d’autres?

  15. @Candide – et les autres

    J’ai regardé en entier les 16 heures de cours de Jancovici l’été dernier. C’est évidemment très instructif. Ce sont des contraintes poids lourds ce dont il parle.

    Cependant, il y a une partie de moi qui reste sceptique. Il y aura probablement un déphasage entre l’apparition conséquentes de nouvelles infrastructures énergétiques et le pétrole devenu indisponible.

    Nous disposerons de moins d’énergie. Moins d’esclaves énergétiques disponibles à chacun.
    Pour un temps, pour très longtemps ?
    Déjà, je suis moins sûr. L’homme me semble vraiment devenu fou à cet égard et il inventera bien des choses pour remettre ou maintenir en marche la marchandisation du monde.

    Je crois aussi qu’il n’est pas impossible que nous assistions à un découplage considérable des économies et sociétés du monde. Comme si nous vivions chacun en nos temps, sourds aux autres. Que les rivalités s’exacerbent, comme c’est déjà le cas au sujet de l’Arctique. Il y aura peut-être des castes militaires puissantes et high-tech – contrôlant les ressources – au-dessus de sociétés civiles plus près des sociétés traditionnelles, pas nécessairement féodales.

    Ce qui est clair c’est que nos luttes sociales (Capital / Travail par exemple) se résorbent en des alliances contre la Nature. C’est une propension qui est devenu système avec le capitalisme et qui ne l’avait jamais été auparavant.

    Nous ne semblons pas près d’y mettre fin. Plusieurs générations passerons…à moins que que la Nature s’impose tous azimuts et nous arrache des larmes de modestie et d’humilité. Mais elle nous est indifférente….elle n’a pas cette intention.

    Je ne crois pas que la fin du pétrole soit un si grand défi. Il n’est qu’un défi énergétique. Cependant le pétrole a permis de pousser très loin la folie des hommes, dont le scientisme est une des formes. Le grand défi est l’autolimitation de notre démesure.

    Il faut comprendre que Nature et Environnement sont deux choses distinctes. L’environnement c’est la Nature appropriée, celle que l’on conforme à notre usage, celle qui est impliquée dans une éventuelle écologie industrielle, celle qui est externalité à nos économies.

    Mais il y a la Nature que l’on protège de l’état d’environnement. Celle qui peut assurer les services qu’elle se rend à elle-même, qui constitue la meilleure garantie au maintien de ses équilibres (Gaia). L’ONU appelle à ce que 12% des territoires nationaux, choisis pour étayer leur diversité, soient soustrait de toute exploitation. Est-ce suffisant ?
    C’est aussi ça être responsable de notre planète. choisir de ne pas toucher à certaines surfaces.

    Actuellement on cumule les espaces fait environnement et certaines idées expertes sur l’environnement.
    On minimise la nature, on ne lui octroie aucune substitution, sinon à l’état de désert.
    Je pense qu’il y a quelque chose là à ne pas dépasser et qui est une frontière toujours un peu mobile, tout dépendant de nos façons de faire dans l’environnement. Vivre sensiblement en deçà de cette frontière est la situation optimale tout bénéfice, où nous sommes graciés d’un maximum de gratuité.

    Peut-être faut-il inverser la chaine de légitimité du local au mondial. Redonner au local une légitimité qu’il a perdu depuis les Empires antiques (sauf peut-être aux USA au début de la colonisation) et organiser de là une subsidiarité des pouvoirs jusqu’au mondial. Non le gouvernement mondial, mais le local informé et démocratiquement «normé» par le mondial.

  16. @Blob
    No offense, mais vous n’allez pas assez du côté de la bonne campagne.
    Dommage que la structure du blog de permette pas de se référer à l’ensemble des posts par intervenant, sinon je vous aurais renvoyé vers un homme de terrain : Di Girolamo.

    Contrairement à ce que vous jurent les lobbies en faisant la promotion, l’agriculture intensive n’est pas la plus productive. Elle demande juste moins de bras. C’est du capitalisme !!
    Là où vous avez raison, est qu’elle n’est pas durable, car basée sur le pétrole, en épuisant la vie régénératrice des sols. Sur le long terme, elle est donc plutôt destructive contrairement à ce qu’affirme bon nombre de technocrates rangés derrière leur bureau, et qui n’ont jamais testé la terre avec le bout de leur langue.

    Les solutions sont recherchées, trouvées, et expérimentés partout. Ce n’est pas toujours à la pointe de l’actualité des médias : biodiversité, et bénéfice réciproque de l’association des plantes et autres organismes pour résumer.

    Le gros tracteur n’étant pas l’outil le mieux adapté pour passer entre les rangs, vous l’aurez compris! … ainsi que, le pourquoi de ne pas trop faire de publicité pour ce genre de techniques, puisque ne rapportant pas aux firmes puissantes tenant la plus grande partie du marché… marchés conquis vous savez à quel prix et par quelle type de stratégies guerrières.

    De plus, chaque climax possède sa propre solution. Tout ingénieur occidental venant tenter d’appliquer les techniques productivistes des grandes plaines du nord, à l’Afrique, l’Asie, l’Amazonie, n’a rien compris au delà de l’obtention de ses diplômes en sortie d’école.

  17. @Alexis
    Le pétrole a permis l’accélération de ces 50 dernières années, par l’exploitation facile de son potentiel calorifique, même si la plus grande part du profit a été capturée par une caste restreinte, comme l’avait très judicieusement fait remarquer @Bernard, sur un autre post que je n’arrive pas à retrouver.

    La suite vers des énergies de substitution est longue à mettre ne place, car infiniment plus technicienne. Or, nous savons ce que vous disent les rentiers en general, à propos d’investissement qui coûte trop cher par rapport à ce que ça leur rapporte, à eux, sur le court terme. Et oui, c’est triste de prétendre diriger le monde et d’avoir une si courte vue.

  18. @logique:

    Hydro carburants? Comme je ne suis pas sur de comprendre cette terminologie, je vous fais un exposé « rapide ». 😉

    1/ La filière « hydrocarbures »:

    Les hydrocarbures de synthèse (partielle) existent dors et déjà. Ceux là ont déjà montré leurs limites.

    Très sommairement, un hydrocarbure est un assemblage de carbone et d’hydrogène. On sait par ailleurs que les hydrocarbures naturels, dit fossiles, sont le produit de la décomposition de la biosphère à l’échelle géologique (millions d’années).

    La thèse qui a donc prévalu a été de produire des carburants de synthèse à partir de végétaux (colza, sucre de canne), qu’on appelle biocarburants ou encore agrocarburants. L’effet pervers de cette invention est qu’elle mobilise des sols fertiles de l’agriculture classique pour produire autre chose que de l’alimentaire, avec pour conséquence directe une perte sèche dans la production alimentaire, et pour conséquence indirecte la spéculation sur les matières premières concernées. Dans les deux cas, le résultat qui en découle c’est un risque de famines.

    Il semblerait que des recherches aient également été réalisées pour produire des hydrocarbures de synthèse (complète cette fois-ci), en reproduisant les conditions de pression et de température connues dans le cycle de formation naturelle. Ces travaux ont pour l’instant permis de produire du méthane, soit la plus petite molécule classable sous le terme générique d’hydrocarbure.
    http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/physique-1/d/des-chercheurs-reproduisent-la-synthese-inorganique-dun-hydrocarbure_4395/
    (L’article étant daté de 2004, la recherche a peut-être avancé depuis, ou a été abandonnée, j’avoue ne pas avoir trouvé quoi que ce soit de plus récent…)

    Cependant, quel que soit le mode de synthèse des hydrocarbures, reste le soucis majeur des produits de combustion. La combustion de tout hydrocarbure entraine invariablement la production de dioxyde de carbone, qui participe à l’effet de serre s’il est relâché dans l’atmosphère. Autrement dit, il n’existe pas d’hydrocarbure propre.

    2/ La filière « hydrogène »:
    L’hydrogène (dihydrogène pour être précis, soit 2 atomes hydrogène accolés) est à lui seul un produit énergétique exploitable. Sa combustion entraine la formation d’eau, qui n’est a priori pas connue pour contribuer à l’effet de serre. Problème: L’hydrogène n’existe pour ainsi dire pas dans la forme adéquate (dihydrogène) à l’état naturel. Son mode de production le plus courant est l’électrolyse de l’eau, ce qui revient à dire, sans entrer dans le détail, que vous décomposez l’eau au moyen d’un courant électrique. A ce stade, on observe déjà la limite du procédé: La production de dihydrogène requiert de l’électricité, donc une énergie préalable. On ne fait que déplacer le problème en amont.

    @tomate
    N’ayez crainte, les acteurs de l’industrie pharmaceutique savent pertinemment ce qu’ils doivent au monde végétal, la quantité de principes actifs qui en sont tirés étant pléthorique. L’autre méthode de production étant le « criblage pharmacologique » (énoncé un peu pompeux pour dire « avancée à tâtons ») 🙂
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Cr%C3%A9ation_des_m%C3%A9dicaments

  19. Réchauffement climatique :
    méfiez-vous des chiffres, ils sont tous faux ! Faux, parce qu’impossible à calculer : c’est la raison pour laquelle on nous les change tout le temps.
    Vincent Courtillot, patron de l’institut de géophysique du globe, dont on ne peut douter de l’honnêteté dans sa démarche intellectuelle, a essayé de mieux cerner l’anthropo-influence dans la concentration C02 de l’atmosphère, histoire de ne pas adhérer à la pensée unique.
    Il a été obligé de se rétracter sur les modérations qu’il voulait apporter ( un petit bémol ), aux rapports du GIEC… ayant lui bossé, sur des mesures de températures passées, mal interprétées.

    Mauvaise nouvelle :
    -Si il avait eu raison, le réchauffement climatique naturel risquait de se poursuivre.
    Mauvaise nouvelle suivante :
    -Si l’homme est en grande partie responsable de modification de concentration de CO2 ( en particulier ), dans l’atmosphère, le réchauffement continue aussi.

    Mais, bonne nouvelle pour les russes !! Ils vont pouvoir aller exploiter à moindre frais, les ressources naturelles des trapps de Sibérie.
    Mauvaise nouvelle pour les Sibériens eux-mêmes , surtout au sud : des tornades continentales comme les géantes très présentes en Amérique du nord, viendront aussi leur faire de petits coucous.

    Suite, car je ne crois pas l’avoir lu sur ce blog :
    Les carottages polaires, en particulier en Antarctique, permettent d’étudier assez précisément l’évolution des climats. Année par année, sur 7 à 800 000 ans. Plus en amont, il faut analyser les dépôts calcaires ( partout ), et ils sont moins précis.
    La concentration en CO2, est toujours lié à la température globale, l’un impliquant l’autre, l’un ,ou l’autre, en cause, générant … l’autre :
    Réchauffement dû au soleil = plus de CO2
    Plus de CO2 = réchauffement.

    En cas de réchauffement, il y a déplacements des zones tropicales sèches, vers le nord dans l’hémisphère nord, sud dans l’hémisphère sud.
    Plus chaud, fait qu’il y a plus d’évaporation d’eau, ce qui augmente d’autant l’effet de serre ( H2O étant le gaz à effet de serre le plus important ), mais l’eau finit toujours par retomber, donc, on a plus de pluies en général.
    Dans les périodes terrestres plus chaudes, il a plu sur le Sahara ! Si la zone désertique se déplace vers le sud de l’Europe … dommage si vous aimiez passer vos vacances à St Tropez …

    Avec l’inertie de ces phénomènes, plus l’inertie des décisions politiques, plus l’inertie dans la progression des idées permettant de sortir du capitalisme ayant trouvé son meilleur essor par l’exploitation assez récente du pétrole, le réchauffement climatique, quoiqu’on fasse, on y a droit.
    On ne peut qu’espérer en limiter les effets et déjà rendre ringards, des gens qui continuent à croire en leur puissance, parce qu’ils possèdent une grosse voiture. C’est symbolique, mais ce genre de symbole a besoin de tomber parce qu’ils sont aussi synonyme d’arrogance, autre cause de bien des maux pour l’humanité…

    Se préoccuper de réchauffement climatique devient donc un bon prétexte pour progresser sur beaucoup d’autres questions, peu importe les causes du réchauffement.

  20. @Dissonance
    A propos d’hydrocarbures de synthèse :
    Depuis l’agriculture, par les quantités demandées pour alimenter les consommations ne serait-ce qu’actuelles, ceci impliquerait des grands espaces de monoculture. Ce qui mène forcement au désastre, avant même de parler de concurrence pour les terres consacrées à l’alimentation.

    Les chaines carbone et hydrogène ont été produites par accumulation végétale sur de longues périodes, et par photosynthèse. Le carbone de ces plantes, venait, comme de nos jours, de l’atmosphère.

    Ensuite, si vous voulez fabriquer ces chaines de manière artificielle, vous avez besoin d’un source d’énergie. Le flux solaire est limité. Il lui faut son temps. Si vous voulez aller plus vite, vous avez besoin d’une autre source d’énergie. Votre hydrocarbure synthétique permet de stocker un potentiel énergétique. Mieux qu’une pile, par exemple.

    Si vous fabriquez avec de bons rendements un hydrocarbure synthétique, vous empruntez les atomes de carbone à l’atmosphère. Lors de la combustion, vous restituer ceux-ci à l’atmosphère.

    L’enjeu devient donc de constituer un cycle équilibré. Si avec votre méthode de transformation, le rendement est mauvais, voire négatif comme ça peut être le cas actuellement, il s’agit d’une escroquerie totale, mais plébiscitée par certains, soyez en sûr, à leur profit, sans chercher à regarder au delà.

  21. @barbe-toute-bleue

    Concernant les agrocarburants, j’ai bien conscience des problèmes qu’ils génèrent, et si ce n’était pas déjà le cas, le billet de Samuel Gérard, fraichement publié, m’en informe dans les grandes largeurs 😉

    Concernant la suite, je suppose que vous parlez de rendement au sens économique du terme?

  22. @ Vince

    Je suis d’accord là-dessus, l’homme ira jusqu’ai pied du mur. Cela nous empêche-t-il de prendre un peu de recul.

    @ Paul Jorion

    Content que le nom de J M Jancovici soit cité ici par d’autres : il y a entre vous et lui une certaine convergence dans l’analyse de la situation, même si vous avez chacun vos spécialités respectives.
    Et puis vous avez en commun plusieurs qualités précieuses :
    – Beaucoup d’humanité dans l’analyse, ce qui donne un peu de chaleur aux chiffres.
    – L’envie de partager un espoir, « chevillé » au corps.
    – Un esprit taquin.

  23. @ Vince (si il lit encore) ….

    « aller chercher jusqu’à la dernière goutte » ne veut pas dire grand chose , à part un truisme : il ira forcément chercher jusqu’à la dernière goutte, puisque quand il arrêtera ça aura été forcément la dernière goutte.
    Le problème n’est pas là : IL EST QU’UNE PRODUCTION DECROISSANTE EST UNE CATASTROPHE POUR L’ECONOMIE ACTUELLE. l’économie actuelle est fondée sur la CROISSANCE, ne serait-ce que pour rembourser les interêts des dettes. Il est très peu vraisemblable que l’intensité énergétique puisse s’améliorer assez rapidement pour contrebalancer le double effet de la décroissance de la production d’énergie et de la croissance démographique, qui tendent toutes les deux à faire baisser le PIB/habitants. LES PROBLEMES N’ARRIVENT PAS QUAND ON A EPUISE TOUT LE PETROLE, MAIS QUAND SA PRODUCTION MONDIALE COMMENCE A DECLINER, C’EST A DIRE AU MILIEU DE SA PRODUCTION ENVIRON. Avez vous bien compris ce point essentiel ou non ?

  24. >Barbe-toute-Bleue

    Vous dites:
    >Réchauffement climatique :
    >méfiez-vous des chiffres, ils sont tous faux ! Faux, parce qu’impossible à calculer : c’est la raison pour laquelle on nous les change tout le >temps.
    >Vincent Courtillot, patron de l’institut de géophysique du globe, dont on ne peut douter de l’honnêteté dans sa démarche intellectuelle, a >essayé de mieux cerner l’anthropo-influence dans la concentration C02 de l’atmosphère, histoire de ne pas adhérer à la pensée unique.
    > Il a été obligé de se rétracter sur les modérations qu’il voulait apporter ( un petit bémol ), aux rapports du GIEC… ayant lui bossé, sur des >mesures de températures passées, mal interprétées

    Vous tendez des perches pour vous faire battre: Courtillot a du se rétracter, non parce que, tel un Galilé des temps modernes, il se serait attaqué à l’orthodoxie d’une Sainte Église du GIEC, mais tout simplement parce qu’il a pratiqué le délit de bidonnage de données et d’arguments d’autorité.
    En fait Mr Courtillot s’est aventuré dans un domaine qu’il ne maitrisé pas, la physique du changement climatique, et guidé par ses a-priori idéologique il a fait de la mauvaise science. son travail, bien analysé par Edouard Bard, titulaire de la chaire de changement climatique du Collège de France. Mr Courtillot est un très bon géophysicien, mais sa compréhension fine de la dynamique interne de la Terre ne le rends pas compétent à priori pour la mécanique des fluide: on s’est rendu compte par exemple que Mr Courtillot avait modélisé la Terre comme une surface noire plane de forme carré pour fitter ses données.

    Plus haut, vous dites:
    >Contrairement à ce que vous jurent les lobbies en faisant la promotion, l’agriculture intensive n’est pas la plus productive. Elle demande >juste moins de bras. C’est du capitalisme !!

    Je crois que nous ne parlons pas de la même chose: la question n’est pas la productivité mais tout simplement la quantité d’azote que l’on peut apporter dans chaque ration alimentaire: cette quantité est relativement faible pour des raisons géochimique.
    L’essentiel de l’azote nous est apporté par le travail des bactéries de l’humus ou en symbiose avec certaines légumineuse. Il existe aussi quelques gisements de nitrate naturel, mais l’on peut démontrer que ces composés azotés ne sont pas en quantité suffisante pour fournir l’azote nécessaire à notre population humaine. Smil montre des graphiques fascinant montrant le parallélisme entre l’augmentation de la population mondiale et l’accroissement de l’enrichissement en azote.
    Smil a pu faire des bilans précis chimiques montrant la nécessité de cet enrichissement, à partir d’estimation réaliste de la quantité d’azote d’une ration alimentaire.

    Bien sur, l’agriculture intensive pose d’enormes problèmes, que Smil souligne, et qui nécessite les différentes mesures que vous évoquez, afin d’assurer la résistance de nos cultures aux risques épidémiologiques et climatiques. Mais malgré cela, il nous faudra quand même ajouter des engrais, sans doute d’une manière plus raisonnée et plus adapté.

    Nous sommes donc piégé de ce côté là.

  25. Au sujet de la démographie (texte 2005)

    La transition démographique,
    le passage entre un régime démographique traditionnel
    -caractérisé par un taux de mortalité et un taux de natalité, tous les deux élevés-,
    a un régime moderne
    -caractérisé par des taux de mortalité et de natalité bas
    est un fait étudié en Europe et dans le monde

    Il existe diverses modalités de transition en fonction du pays concerné et de son état de développement (cad Selon les pays la transition démographique est plus ou moins longue)
    -En France, le modèle est assez original car le taux de mortalité et de natalité ont évolués sensiblement au même rythme, diminuant de moitié en un siècle et demi (cad elle a duré 150 ans et elle a atteint un taux d’accroissement de 2.)
    -De façon général, les pays en voie de développement réalisent dans la période contemporaine leur transition démographique à un rythme beaucoup plus élevé que ne l’ont fait les pays industrialisés au XX siècle.
    -Le taux d’accroissement naturel varie beaucoup d’un pays à l’autre, en moyenne 8 pour le monde entier, il a été de 2 pour la France et a pu atteindre 20 au Kenya . Certains pays comme la Chine tentent d’accélérer le processus de transition démographique par une politique restrictive du taux de natalité (cad Dans le monde, le taux d’accroissement moyen est de 8 , au Kenya, il atteint un taux de 20. D’autres pays comme la Chine, essaient de faire en sorte que leur transition démographique s’accélère, pour cela ils prennent des mesures règlementaires fortes, un enfant par famille pour diminuer le taux de natalité)

    La transition démographique intervient dans un contexte de modernisation (sous l’impact du progrès moderne )
    L’effet de multiplication de la population (taux d’accroissement naturel) passe par trois phases pendant la transition démographique: une phase de gonflement , une phase de plafonnement, une phase de rétrécissement
    (Autrement dit le modèle général montre l’effet de l’accroissement transitoire de la population dû au décalage
    -entre la baisse initiale de la mortalité sous l’effet des progrès économique et sanitaire
    -et la baisse plus tardive du taux de natalité relevant plutôt de facteurs culturels,
    ce qui explique cette inertie plus importante dans la baisse du taux de natalité)

    Le pouvoir prédictif de la démographie reste cependant limité dans la mesure où l’évolution de l’effectif des populations dépend de la structure présente de la population mais aussi de facteurs d’évolution médicaux, politiques, économiques et comportementaux

  26. @Blob

    Pour Courtillot, on dit la même chose : péché d’orgueil, excés narscissique, ce qui ne le rend pas malhonnête ( je ne sais pas ce qu’il vous a personnellement raconté ?? ).
    Je crois qu’on fait référence aux mêmes rapport de Bard : Courtillot s’est aveuglé lui-même, et s’est rattrapé comme il a pu. Il est un des gars les plus crédibles ( d’habitude ) ayant remis en cause l’importance de l’action humaine dans ce réchauffement. Depuis, je n’ai pas entendu de voix dissonante. C’est pour cette raison que je cite Courtillot : lui non plus ne pouvant pas justifier ce qu’il aurait voulu croire, la faute à son collègue russe ou pas…

    Le GIEC lui-même, dans son dernier rapport se montre plus pessimiste.

    Sur l’azote, toutes mes excuses, j’avais pensé que vous évoquiez uniquement l’azote apportée artificiellement.

    Mais je réitère le « tous les calculs sont faux, parce que trop compliqués à faire » même si la quantité d’azote a ses raisons d’être limitée, ce n’est pas à vous que je vais le contester.
    On ne peut savoir combien précisement il y a déjà d’azote à avoir déjà aidé à synthétiser toute la protéine sur pattes parcourant le globe ( à quel facteur près ? ). C’est pour le moment une hypothèse de travail… il faut certainement la prendre en compte. Il faut aussi lui trouver ses antithèses.

    Bien sûr je reste incompétant pour cela.

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