Le Machin se rebiffe

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Quand le 18 mars, les États–Unis ont annoncé l’enterrement programmé du dollar, la presse française n’en a pas parlé. Rebelote aujourd’hui avec la proposition de Joseph Stiglitz aux Nations-Unies en assemblée générale de « création d’une nouvelle facilité du crédit et d’un autre système mondial de réserves pour surmonter la crise ». Le monde uni, promettant la création d’un G-192 (le nombre de nations sur la planète), déclare la guerre aux États–Unis, et personne n’y prête attention.

©Marvel

Pourtant le programme est sans ambiguïté : il faut « aller au-delà des intérêts étroits des différents États, et en particulier des plus grands d’entre eux ». Stiglitz, Président de la Commission des experts, a déclaré que « si l’on ne prend pas les mesures qui s’imposent, il n’est pas certain que l’on sorte de la crise climatique qui gronde à l’horizon ». François Houtart, représentant du Président de l’Assemblée générale au sein de la Commission d’experts, a lui précisé que « nous nous trouvons face à l’effondrement de tout un système économique et pas seulement d’un système financier. Pourquoi simplement réformer ou réparer un système qui a détruit des millions d’emplois et des millions de personnes et continue de détruire la planète, alors qu’il faudrait reconstruire le système financier mondial ? »

Il est question de « transformer, de manière radicale, les bases de l’économie mondiale ». On demande « la création de nouvelles instances qui prennent en compte à la fois la crise climatique à venir et les exigences de démocratisation ». Et pour ceux qui n’auraient pas compris, le communiqué déclare que « Le G-8 et le G-20, s’étant montrés incapables de corriger les défaillances des cadres économique et réglementaire , les experts ont proposé la mise en place d’institutions dotées de la légitimité politique et réelle de tous les habitants de la planète, soit un « New Deal mondial », ou un G-192 travaillant sous les auspices des Nations Unies ».

Mais comme pour la fin annoncée du dollar, tout cela passe inaperçu dans le brouhaha général : le Wall Street Journal titre sur la bourse de New York qui a gagné 175 points, Le Monde, sur les bonus chez Natixis, le Washington Post sur des fonds supplémentaires pour la guerre en Afghanistan et Le Figaro sur les bandes qui défient la loi dans les banlieues. Néron lui joue de la lyre.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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42 réflexions sur « Le Machin se rebiffe »

  1. Qu’est-ce que cela changera pour les E-U ? Quelles seront les conséquences pour eux de la fin de la fonction de réserve et de moyen de règlement internationaux du dollar ?

  2. Enfin ça commence à bouger. Du grand étalage des turpitudes de la nature humaine sortira finalement -espérons le- un monde autre.
    mais pourra-t-on vraiment oublier le » greed is good, good, so goooooooood! »

  3. Les « bandes », justement. Je vois bien le décalage et le côté risible et affligeant de la situation d’un gouvernement (le notre, chers concitoyens !) qui laisse faire la délinquance en col blanc qui est tout de même la « bande » qui vient d’escroquer la planète (excusez du peu !) mais qui en urgence veut légiférer sur une autre « bande », de loubard cette fois, au fin fond d’une banlieue, comme si c’était là la réponse et le symbole même de la protection de l’Etat. Tant d’hypocrisie devrait faire sauter du lit les démocrates les plus assoupis… pas du tout. Il faut s’y résoudre, la France de Sarkosy est en état de coma dépassé. C’est vraiment bête à pleurer. Et c’est inquiétant. Très !

  4. Boutros Ghali ,Ministre Egyptien des Finances ,ainsi que D Straus-Kahn,ont su dire pécisément et heureusement,sur le plateau d’Antenne 2 hier soir,l’impérieuse nécessité de réunir enfin tous les responsables démocrates de la planéte,condition première pour la mise en oeuvre d’une possible architecture d’une NOUVELLE Gouvernance mondiale à tous les étages(ou niveaux).
    La mutation est en cours et il faut cesser la fuite en avant absurde ,il faut cesser ce sabordage,ce naufrage quasi calculé à la « Titanic »…
    Nous,d « en bas »,y compris dans l’hexagone,comme en Amérique du Nord,et sur les cinq continents,sommes dangereusement guettés par des jacqueries qui,en fin de compte,nuiraient à tous.
    Ecouter de grâce les Jorion,Stiglitz et les autres qui parlent dans le même sens. Et réféchissons ,discutons tous ensemble à l’instar de ce site décidément salutaire.

  5. Autant la gravité de la situation justifie le consensus au sein d’un G192, autant lhypoyhèse d’un « gouvernement mondial » fait froid dans le dos…

  6. Une remarquable pertinence d’analyse et de faits occultés dans trop de médias :
    voir sur le site de =
    lumen vitae
    -les nouveautés du mois
    -« de la crise financière à la récession économique »
    Indice encourageant dans la mesure où par le biais de cette publication (Belgique) on peut se féliciter de constater que tout le monde et avec le plus grand sérieux se met au travail de réflexion engagé.

  7. @Rumbo: « Dans un tout autre contexte, celui du XVIIIème siècle en France »

    Tout autre? Pas si sûr. Les nobles ne payaient pas l’impôt contrairement au tiers-état, c’était leur privilège. Devinez qui de nos jours paye l’impôt et qui ne le paye pas grâce à des paradis fiscaux aimablement installés autour de chaque grand Etat.

  8. « Le G-8 et le G-20, s’étant montrés incapables de corriger les défaillances des cadres économique et réglementaire , les experts ont proposé la mise en place d’institutions dotées de la légitimité politique et réelle de tous les habitants de la planète, soit un « New Deal mondial », ou un G-192 travaillant sous les auspices des Nations Unies »

    enfin ! c’est pas trop tôt !!!
    Comment peut-on aider ou participer a cette initiative, du moins juste dire qu’on la soutient … ? y a un site quelque part ?

  9. et comment se porte l’innovation « solf and clean » ? (très ordo-libérale, communication => publicité … -du marché- , liberté =>sécurité … -du marché- )
    par exemple dans ce genre là :
    http://www.metrobus.fr/numerique/numeriflash.html

    « Communiqué de presse – 10 mars 2009
    Cinq associations (Résistance à l’agression publicitaire, Souriez vous êtes filmés, Big brother awards, Robin des toits et Le Publiphobe) viennent d’assigner la RATP et sa régie publicitaire Métrobus (filiale de Publicis et JCDecaux) devant le juge des référés du Tribunal de grande instance de Paris, pour leur projet d’installation massive d’écrans publicitaires « espions » dans les couloirs du métro parisien. Quatre écrans sont déjà actifs à la station Étoile, et 400 autres sont prévus d’ici à fin juin 2009. Par ailleurs, 800 écrans doivent être installés dans les gares SNCF d’ici à la fin de l’année 2009….. »
    lire la suite c’est là :
    http://www.antipub.org/documentation/index.php?page=cp/cp_100309

  10. Paul écrit:

    «  » François Houtart, représentant du Président de l’Assemblée générale au sein de la Commission d’experts, a lui précisé que « nous nous trouvons face à l’effondrement de tout un système économique et pas seulement d’un système financier. Pourquoi simplement réformer ou réparer un système qui a détruit des millions d’emplois et des millions de personnes et continue de détruire la planète, alors qu’il faudrait reconstruire le système financier
    mondial ? » «  »

    Attention un peu tout de même. Le très « influent » François Houtart, né en 1925, prêtre catholique belge, marxiste de longue date. Ce très ancien routier des milieux de la gauche révlutionnaire latino-américaine n’est nullement étranger, bien au contraire, à la « Théologie de la Libération » en Amérique Latine. Je l’ai beaucoup lu durant les années 1970.

    Bien sûr on ne peut être que d’accord avec ce qui est rapporté ici – vu les circonstances présentes – qui, cette fois, étalent les pratiques financières qui nous amènent là où nous en sommes. Mais, – attention -, c’est aussi risquer beaucoup et risquer, en particulier, de réactiver, même inconsciemment, un « renouveau » marxiste qui ne vit rien, vraiment rien, de l’emprise de l’économie strictement financière et les ravages qui s’étalent devant nous, – mais qui existaient depuis des décennies -. Simplement, et j’en sais vraiment quelque chose, comme le « système financier » parvenait toujours « à s’en sortir » par l’opacité absolue qu’il entretenait alors très facilement autour de lui, les quelques uns, dont j’étais, qui s’efforcaient de le dénoncer pour mettre au grand jour ses mécanismes bancaires et financiers frauduleux et usuriers, étaient éconduits systématiquement par les tenants des deux bords: capitalistes et marxistes qui n’auraient pas cédé leur « audience » pour rien au monde…

    Exemple marquant.
    Rien qu’au sujet de la Théologie de la Libération. Le résultat paradoxal de tout cela est que la Théologie de la Libération contribua avec ses shémas idéologiques à apporter la mort à des milliers de personnes impliquées d’une façon ou d’une autre, dans ce que fut le long processus de la guerre révolutionnaire ou subversive en Amérique su Sud et Centrale. De plus, consécutivement à l’extraordinnaire phénomène d’endettement des nations latino-américaines: phénomène que l’on monta en épingle comme excuse pour justifier leur action politico-militaire: les gouvernements avaient besoin de beaucoup de crédits en dollars pour accélérer le développement et accroître le bien-être matériel, et avec lui, éviter aux peuples de tomber dans les mains de la subversion communiste. Précisement, tandis que l’objectif théorique déclamé de cette subversion communiste prétendait libérer les peuples des griffes du capitalisme ou de l’impérialisme, dans la pratique, cela entraina les conditions pour que le capitalisme ou l’impérialisme assurent l’esclavage permanent des peuples en question. Pour cette cause, les erreurs de Marx par rapport à l’argent, que la Théologie de la Libération ne sut ou ne voulu prévenir ni remarquer, se traduisirent par une conséquence tragique au terme de la guerre révolutionnaire qu’elle inspira.

    Voilà un condensé de l’ « épisode marxiste ». Ce « renouveau marxiste » sorti alors de la riche et repue Europe de l’Ouest durant le dernier tiers du XXème siècle, ici relatif à l’Amérique Latine (1). Pendant ce temps-là ce fut le « triomphe » du monde financier et sa dictature non inscrite nulle part. Ronald Reagan et Mme Thatcher et consorts, plus leurs « idées », allaient règner durant largement 20 ans (rappelez-vous ce couple infernal Pinochet-Thatcher, ça ne vous dit rien?). L’on risque gros d’oublier que le capitalisme financier et le marxisme sont les deux face de la même monnaie. Le résultat est là, et bien là, il nous préoccupe maintenant tous les jours.

    (1) L’Afrique de son côté ne s’est pas encore complètement remise de la partition du monde qui s’exerca durant l’ « affrontement » (pseudo-affrontement?) Est-Ouest « Américano-Soviétique », entre autres, l’exemple de la Somalie parle de lui-même.

  11. Du calme! Il y a une différence entre le voulu et le réél.
    Il est évident que le traitement médiatique est superficiel, convenu et suiviste. Cependant, même si une réorganisation est en cours, elle ne sera pas radicale, notamment pour des raisons psychologiques. Ce n’est pas le grand soir, les états-unis resteront une nation dominante…

    La crise écologique (à mon sens la plus grave de toutes) a des causes économiques, mais pas seulement. L’économie n’englobe pas tout le reste. Quel que soit le modèle économique en place, la démographie sera l’un des critères les plus pertinents pour mesurer l’impact, très lourd, de l’homme sur la planète.

    Et aussi, lorsque l’on parle de crise écologique, on a tendance à la réduire à la crise climatique (c’est ce que fait Stiglitz). C’est non seulement réducteur, mais aussi dangereux. Que se passera-t il si on se rend compte que cette crise climatique est moins grave que prévue? On jette tout les discours et les actes à la poubelle? En oubliant l’acidification des océans, l’appauvrissement des sols, l’érosion de la bio diversité, la pollution de l’air / de l’eau, la déforestation….?
    Bonne journée.

  12. Pas de panique…….
    qui a reproduit les déclarations des chefs d’Etat et de gouvernement participant au 18e Sommet ibéro-américain, réuni les 30 et 31 octobre 2008?
    …… LatinReporters.com extraits:

    « Des consultations seront tenues pour évaluer la possibilité de convoquer d’urgence une réunion des chefs d’Etat et de gouvernement, dans le cadre des Nations Unies, compte tenu de la gravité de la crise financière » affirme ce communiqué.

    Il indique que ses signataires « ont rappelé la responsabilité du système financier des pays développés dans la crise actuelle » et « ont souligné l’importance de la participation universelle, démocratique et équitable, au débat sur l’actuelle crise financière internationale et à sa solution ».

    Les pays de l’Ibéro-Amérique expriment aussi dans le même communiqué leur propre « détermination à participer et contribuer activement à un processus de large et profonde transformation de l’architecture financière internationale, qui établisse des instruments de prévention et de réponse immédiate aux crises futures et qui assure une régulation efficace des marchés de capitaux. »

    Le thème officiel du sommet de San Salvador, « Jeunesse et Développement », a ainsi été éclipsé par un débat sur la crise financière mondiale et une prise de position commune qui fait écho à l’appel lancé par le président actuel de l’Assemblée générale des Nations Unies, le sandiniste nicaraguayen Miguel D’Escoto.

    Ce dernier estimait le 30 octobre qu’il faut cesser de considérer l’économie mondiale comme le domaine réservé de quelques groupes de pays. Le G8, le G15 et le G20 ne sont pas suffisamment larges pour pouvoir résoudre ces problèmes, précisait Miguel D’Escoto. Selon lui, un G192, réunissant donc tous les pays membres de l’ONU, serait plus adapté à la situation actuelle.
    « La voix des pays les plus pauvres doit être entendue, car ils sont les victimes et non les coupables d’une crise face à laquelle les pays riches n’ont pas su réagir » a déclaré le président brésilien Lula da Silva en séance plénière du sommet ibéro-américain. Les 22 pays participants ont admis, y compris le président conservateur colombien Alvaro Uribe, que l’heure est au retour, à des degrés divers, de la politique et de l’Etat dans l’économie pour conjurer le néolibéralisme ou pour le moins ses excès.

    S’ils sont convenus de faire entendre, théoriquement, leur même voix commune à Washington et ailleurs, les pays ibéro-américains n’en sont pas moins divisés sur la philosophie de la solution à apporter à la crise. Le Venezuela, la Bolivie, l’Equateur, Cuba et le Nicaragua croient nécessaire la recherche d’un nouveau modèle face à « l’échec et la crise globale du capitalisme ». Les autres pays (Espagne! »Institutions financières, oui, mais avec des règles, de l’ordre, en considérant toujours qu’elle doivent répondre à la recherche d’un profit et, simultanément, de l’intérêt général ».
    ..!!!)défendent une réforme du système financier existant.

    « Il ne s’agit pas de sauver le capitalisme. Le capitalisme ne résoudra jamais les problèmes de l’humanité » s’est exclamé à San Salvador le président bolivien Evo Morales.

  13. @ Rumbo

    C’est précisément pourquoi il faut se monter prudent face aux touchants appels à une « gouvernance mondiale », car un gouvernement mondial pourrait bien conjuguer les oppressions caractéristiques des régimes capitalistes et marxistes – une sorte de Meilleur des mondes à la chinoise…

  14. à Rumbo, ( encore un autre )

    « La crise économique est une « bénédiction » selon le patriarche orthodoxe Cyrille
    lundi 23 mars

    Le patriarche Cyrille de Moscou et de toutes les Russies a noté dimanche l’impact « salutaire » de la crise économique mondiale sur les individus en la qualifiant de « bénédiction » de Dieu.

    « Je pense que la crise n’est pas seulement une malédiction, c’est aussi une bénédiction, car elle pousse les gens à réfléchir et à remettre en cause leurs valeurs. Cette crise pourrait en quelque sorte permettre aux Russes de trouver une juste attitude à l’égard du travail », a-t-il estimé lors d’une conférence de presse à Kaliningrad, chef-lieu d’une enclave russe coincée entre la Pologne et la Lituanie.

    Selon le patriarche Cyrille, le chômage a ceci de salutaire qu’il mobilise « les fainéants et les ivrognes ». « Chacun doit se demander si son salaire correspond à sa contribution réelle », a-t-il noté, appelant les Russes à ne pas tomber dans l’hystérie et à ne pas rechercher les responsables au sein des autorités.

    Le chef de l’Eglise orthodoxe russe a espéré que la crise allait « enfin percer la paroi fine et artificielle de cette bulle de savon qu’est l’économie virtuelle » et qu’elle permettrait de « sortir l’économie russe de la dimension virtuelle ». D’après lui, alors que certains deviennent immensément riches en un clin d’oeil sans travailler, d’autres sont contraints de créer de la valeur ajoutée à leur place.

    Lors d’une réception donnée ensuite à l’évêché de Kaliningrad en présence du gouverneur Gueorgui Boos, le patriarche Cyrille a comparé la crise au Déluge biblique balayant les « injustices économiques » et le « sybaritisme ».

    « Nous avons toute une classe de sybarites et de fainéants qui s’amusent à jeter l’argent par les fenêtres, mais le Seigneur est là pour nous le faire comprendre », a-t-il souligné.

    Sources Novosti
    http://fr.rian.ru/society/20090323/120685075.html

  15. autre

    MOSCOU, 27 mars – RIA Novosti. Le président russe Dmitri Medvedev a appuyé la proposition de convoquer sous l’égide de l’ONU une conférence sur le problème de la crise financière et économique mondiale.

    « Nous ne serons sûrement pas en mesure de trouver toutes les solutions au sommet du G20 de Londres. J’approuve dans cet ordre d’idées la proposition de mener sous l’égide de l’ONU une conférence sur la crise mondiale », a indiqué M. Medvedev recevant vendredi le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon qui prend part à la conférence internationale sur l’Afghanistan à Moscou.

    M. Ban Ki-moon a indiqué de son côté qu’il tenait, à la veille de la rencontre de Londres, à soulever, dans son entretien avec M. Medvedev, les questions figurant à l’ordre du jour du sommet et à passer en revue le réchauffement climatique et la sécurité alimentaire.
    http://fr.rian.ru/world/20090327/120765989.html

  16. Que la proposition de Stiglitz passe inaperçue n’est qu’une confirmation d’observations précédentes
    Les causes profondes de cette forme de déni journalistique restent à décrypter

    Cela étant, pour avoir un peu fréquenté le « machin », ses multiples sous-commissions et innombrables rapports au style inimitable, je plaiderai, à titre exceptionnel, la clémence à l’égard des médias débordés -)

  17. Les anthropologues devraient être une espèce protégée. C’est tout du moins ce qu’il est nécessaire d’affirmer, après que Chris Knight, professeur d’anthropologie à l’Université de Londres, ait été suspendu pour avoir déclaré à la BBC que les banquiers pourraient être pendus, lors des manifestations du 1er avril à Londres, en prélude au G20. Rappelons que la maison de Fred Goldwin, ancien président de RBS, a été vandalisée en Ecosse, pour avoir négocié et obtenu une retraite en or aux frais des contribuables qui ont renfloué sa banque.

    Que Paul Jorion surveille un peu son langage et tout ira bien.

  18. @ Rumbo

    « Simplement, et j’en sais vraiment quelque chose, comme le “système financier” parvenait toujours “à s’en sortir” par l’opacité absolue qu’il entretenait alors très facilement autour de lui, les quelques uns, dont j’étais, qui s’efforcaient de le dénoncer pour mettre au grand jour ses mécanismes bancaires et financiers frauduleux et usuriers, étaient éconduits systématiquement par les tenants des deux bords: capitalistes et marxistes qui n’auraient pas cédé leur “audience” pour rien au monde… »

    merci.

  19. Tout centralisme est une erreur . Relire Prigogine sur la complexité et la théorie du Chaos . Aucun système naturel n’utilise le centralisme. L’augmentation de taille se fait par scissiparité et l’autorégulation est la règle et la condition de la stabilité (attracteur) .
    Ce n’est pas l ‘idéologie qui est en cause mais l’outil . Ne sachant gérer la complexité de l’économie d’un groupe archaique , pour augmenter sa taille , Sapiens a l’arrogance d’inventer d’autres outils de gestion …linéaires bien sur , qui divergent au premier pet .

  20. @Kercoz
    Je ne suis pas sûr de comprendre le sens de votre intervention.
    Vous considérez que le système financier est un système naturel, doté d’un rendement thermodynamique?
    Ou bien ai-je mal compris?

  21. J’ais compris de l’intervention de Kercoz et de jean mayard que comme tout systéme thermo il est inportant de mettre en relation (le volume d’eau, l’energie de chuffe et la pression). Hors dans un systeme monnaitaire qui ne fait que croitra il est necessaire soit de rajouter de l’eau pour faire diminuer la pression (renflouement) soit faire baisse l’énergie (crédit). Hors lorsque le recipient contenant l’eau n’as plus de place pour un rajoue de liquide il faut soit changer de récipient soit faire baisser l’energie de chauffe. Il y a bien une troisièmme solution c’est de laisser sortir la vapeur, mais la c’est comme si ont diminuait la quantité de liquide. Donc il semblerait qu’un nouvelle outils deviennent necessaire si l’économie veux pouvoir être compatible avec la mondialisation qui n’as d’autre objectif de rempli le recipient et d’augmenter la chauffe.

  22. @ Jean Meyrand

    Je ne suis pas là pour parler à la place de @Kercoz, mais il semble évoquer la géométrie basique, plus que la thermodynamique, il parle plus de concentration du pouvoir comme un long objet pointu et vertical, que de finance. Voyez une pyramide hégémonique, dont le sommet est si haut au dessus de la base, qu’on ne peut pas avoir trop d’espoir pour sa viabilité, et surtout si ça s’agite en bas. C’est aussi simple que ça !
    Si l’explication est plus complexe, ou différente, je lui laisse le soin de vous détailler tout ceci.

    En thermodynamique, voyez simple aussi, @Logique. Voyez l’augmentation d’entropie, ou, homogénéisation d’un ensemble, dans un milieu approximativement fermé ( bien que pas rigoureusement d’application sur notre planète ). C’est l’image employée pour illustrer cette augmentation d’entropie, qui n’est pas un concept facilement accessible, même si vous regardez de près un pot de confiture en train de travailler grâce aux bactéries. Ça reste un principe caractérisant les évolutions naturelles.

  23. Lire J.H. Kunstler reste un vrai régal, texte du 23/3

    « If central casting called for a poised, straight-talking, and capable-seeming president, it would be hard to come up with someone better than the Barack Obama who walked and talked around the White House grounds with Steve Croft on « 60-Minutes » Sunday night. He may perfectly represent the majority who elected him, though, because he also appears to be in full commanding denial of the realities overtaking our American experience.
    Those realities include the fact that we can’t possibly return to the easy credit and no money down « consumer » economy no matter how many nominal dollars get shoveled into the fiery furnaces of banks too-big-to-fail. As Treasury Secretary Geithner’s underling, Stephanie Cutter, said last week, « Our singular focus is on increasing lending to support economic recovery. Everything we do to stabilize the financial system is done with that goal in mind. »
    Lending on the scale that became normal over the last decade is for sure the one thing that we will not recover. We turn around in 2009 to find ourselves a much poorer nation than we thought we were a year ago, especially among that broad range of formerly middle-class wage-earners who lived so luxuriously until yesterday. The public can’t process this reality and the president, for all his relaxed charm, is either not ready to articulate it, or can’t process it himself.
    Everything that we’re doing right now is engineered to avoid reality, to sustain the unsustainable, to recover the unrecoverable, when the mandate of reality compels us to face our losses in order to move on to the next chapter of a collective American life. The next chapter would be a society that runs on a much more local and modest scale, centered on essential activities like growing food, requiring harder physical work, and focused attention — in other words, the opposite of a society lost in abstractions, long-range daisy chains of off-loaded responsibility, and incessant pleasure-seeking.
    In retreat from this reality, we’ve set in motion two forces that are pretty certain to bring us to grief. The first proceeds from the fateful FMOC decision last week at the Federal Reserve Bank to begin buying massive amounts of our own treasury bonds and bills. This is predicated on the idea that the mechanisms of wealth production — even of illusory wealth, such as the fortunes created by trading securitized unpayable debt — can keep chugging along, spinning off limitless additional suburban villas, chain stores, car trips, and deep-fried snacks. It would be sententious to explain how this destroys currencies, but wherever « monetizing debt » has been tried before in history, that is the outcome. The result would be ruinous at every level and would lead straight to the second terrible force: social upheaval brought on by the conversion of economic problems into political turbulence.
    Those two forces are underway right now, in fact, since the overt monetizing of last week was preceded by the shoveling of bail-outs, which tacitly guaranteed a collapse of credibility in US debt instruments. I’m not in favor of violence and anarchy, but after the AIG bonus affair, it’s hard to imagine that we are not one more corporate misdeed away from a rocket-propelled-grenade, or something like that, being fired into a glass office tower somewhere — and then the « first-broken-window » rule of social disintegration comes into play. Meanwhile, I stick to my time-table of six-to-eighteen months before the reckless creation of new money-for-nothing filters through the system, overcomes even compressive mass bankruptcy, and starts expressing itself in the sinking value of dollars and the revved up velocity of their circulation in pursuit of tangible commodities.
    We’re already seeing the first twinges of that in the up-creep of oil prices, busting through the $50-a-barrel barrier last week. Since scarcity tends to express itself in gross volatility, it’s easy to imagine oil prices rising swiftly beyond the $147-per-barrel record level of last year. As that occurs, the most basic premises of everyday life in the USA will be called into question. If you think car sales have been bad lately, with oil in the $35-a-barrel range most of the winter, just wait. The newly-minted unemployed will be marooned in their subdivisions. They will not be buying GMC Yukons on 48-month installment contracts, let alone X-boxes on their Visa cards. They might be very very hungry, though. All bets are off as to how these social classes may organize themselves to alleviate their hunger (and express their anger about it).
    Given all this, it’s kind of hard to believe that the savvy, thoughtful Mr. Obama is going along with such a disastrous program as the one his « team » is rolling out. Perhaps his ease and confidence masks a tragically conventional world-view, an incapacity to imagine « change » outside a very narrow range of possibility. I must say I doubt this is the case. I think, he is going along, for the moment, with a consensus of wishes to prop up life as we know it at all costs. This consensus emanates from the top down and the bottom up. The millions of « Joe-the-Plumber(s) » out there don’t want to rethink the terms of existence anymore than the lords of Goldman Sachs. I also think that circumstances will force Mr. Obama’s hand before long — specifically that a moment will arrive when he goes on TV and tells the American public that things have changed way beyond the scope of what they even imagined when they pulled the levers last fall and voted for an uncharted future.
    Capable observers are calling, meanwhile, for a robust bear market rally moving through Spring, on technical grounds that have little to do with the greater forces roistering in the background. Reality is a cruel mistress. If the stock market rally rolls out as predicted, it will surely fake-out the mainstream media. They’ll conclude wishfully and foolishly that something like « recovery » is underway. They may even interpret rising oil prices as a « positive sign » that the great groaning enterprise of the something-for-nothing economy is back « on track. »
    They’ll be shocked sometime after Memorial Day when it all comes off the rails again. We have a lot to sort out and very little time to get on with job. Notice, I haven’t even mentioned the potential for mischief and instability coming out of the rest of the world — enough black swans to blot out the sun. Want some concrete advice? For those of you sitting on US Treasury bonds and bills, now would be a good time to get out.

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