Pour une approche apocalyptique de la crise, par Christophe Perrin

Billet invité. Pierre-Yves D. a écrit hier (pardonnons-lui le ton révérencieux) : « Paul Jorion ne manque pas de citer les réflexions et travaux de ses pairs, quand bien même il ne partage pas tous leurs points de vue. Nous nous en étonnons presque, pourtant cela ne devrait-il pas être la règle ? Peut-on, aujourd’hui, prétendre être un intellectuel si l’on n’est pas capable de dialoguer avec ses pairs, et ce au vu et au su de tous, c’est-à-dire avec les citoyens, dont on fait des partenaires et non pas seulement des réceptacles d’une connaissance infuse ? » Pierre-Yves D. a saisi en tout cas, l’amour chez moi de l’antithèse, quand je défends la thèse, et l’amour de la thèse quand je défends (beaucoup plus souvent, il est vrai), l’antithèse.

POUR UNE APPROCHE APOCALYPTIQUE DE LA CRISE

La rapidité avec laquelle la crise financière et économique s’intensifie et prend de l’ampleur, et sa visibilité portée par la présentation médiatique tant des faits que des analyses, quasiment en temps réel, tendent à masquer le caractère premier du bouleversement que nous connaissons. S’il est indéniable que son déclenchement est lié aux déséquilibres économiques et financiers, ceux-ci n’en sont qu’une expression très visible. Les racines de la crise sont plus profondes ; plus que des modes d’activité, la crise relève des fondements de ces modes d’activité : notre perception du réel.

Nous sommes les témoins et les acteurs d’une crise civilisationnelle, une crise qui met avant tout en cause le paradigme hégémonique de notre civilisation : la rationalité comme unique grille de lecture de la réalité et comme unique moyen d’action autorisé quelle que soit la sphère d’activité. La prépondérance de l’économie dans la civilisation capitaliste mondialisée favorise les tendances à limiter le questionnement aux questions économiques. Cette focalisation est compréhensible, tant la mise en cause de nos fondements de civilisation peut sembler effrayante. C’est bien le sol qui se dérobe sous nos pieds. L’accepter c’est faire preuve de courage mais aussi d’humilité ; ces vertus ont malheureusement déserté notre monde post-moderne.

Certes, les dommages qui se donnent à voir, qu’ils soient humains, sociaux ou écologiques, ont pour cause évidente l’activité économique telle qu’elle est pensée et organisée rationnellement, et que l’on désigne communément par le vocable de marché. Certes, en soi, la rationalité ne peut se réduire à la rationalité économique. Mais il est indéniable que l’une comme l’autre partagent le même projet de domination et de soumission du réel à leur axiomatique respective. Or même si elles diffèrent du point de vue des fins, la première, au nom du bien de tous, prétend émanciper l’Homme et le conduire vers un horizon de progrès et de liberté, la seconde vise à maximiser l’activité de production et de consommation aux fins de réaliser les profits les plus grands et le bonheur du plus grand nombre possible de libres individus ; l’une comme l’autre se prétendent l’unique voie par laquelle l’humanité peut cheminer. Elles partagent ce paradoxe qui associe à la liberté une dimension indéniablement totalitaire.

La rationalité, comme la rationalité économique, permettent l’hétérogénéité à leurs marges, en ce sens elle sont tolérantes. Mais ce qu’elles tolèrent est sans danger, désarmé, rendu exotique par une opération de déconstruction conduite grâce à l’outil rationnel par excellence, l’esprit critique au service de leurs fins respectives.

Dans le domaine de l’économie, la mise en œuvre du concept de partage par exemple n’est pas interdite, elle est même parfois encouragée, mais seulement dans le but d’adoucir, aux marges, les inégalités les plus tragiques produites par le système de concurrence généralisée régissant le marché. Le partage comme concept exotique peut aussi servir de ressource aux acteurs du marché soucieux de la moralité de leur image : les pires prédateurs transnationaux rivalisent en matière de philanthropie via leur fondation respective. Le concept est donc toléré, mais récusé par les tenants de la pensée économique rationnelle quant à sa pertinence comme paradigme central créateur d’un ordre économique viable dans un monde peuplé d’individus. Ils n’ont d’ailleurs pas tort car si en effet le monde n’est peuplé que d’individus, le partage ne peut faire sens que de manière limitée.

Ce processus de délégitimation n’est pas propre à l’économie, les apôtres du marché n’en sont pas plus les inventeurs que les initiateurs. Les penseurs comme les acteurs du marché mondialisé n’ont pas fait œuvre de création pour arriver à leurs fins. Les esprits étaient déjà convertis tout comme les outils étaient disponibles. Le processus de délégitimation participe en effet de la rationalité dès son origine. Sans projet d’émancipation de l’Homme passant par la déconstruction de tous les liens qui s’y opposent, énoncés comme illusions aliénantes, le marché transparent, libre de toute entrave et non faussé, c’est-à-dire investi des seuls intérêts individuels, n’aurait pu voir le jour, d’abord comme projet, puis comme réalisation humaine, et enfin en tant qu’étalon à partir duquel toute chose doit être évaluée. Sans l’invention de l’individu en quête de progrès, sans ce petit être solitaire et avide s’identifiant à la chose pensante, doté de tous les pouvoirs sur la chose étendue, l’économie monde telle que nous la connaissons n’aurait jamais vu le jour.

Mais le fait que l’analyse sur la crise se focalise sur l’économie, portée, comme nous l’énoncions en introduction, par la priorité qui lui est donnée par les médias, ne peut s’expliquer par ce seul fait de communication. La prépondérance de la rationalité économique ne tient pas à quelques caprices de journalistes ou de faiseurs d’opinion. Nous émettons l’hypothèse que cette prépondérance est un fait qui s’explique par la colonisation de la rationalité par la rationalité économique. La seconde s’étant substituée partout à la première, ce qui veut dire que parler de l’une ou de l’autre aujourd’hui, c’est parler de la même chose, de rationalité économique. Nous sommes en quelques sortes pris au piège d’un golem que nous avons nous même façonné. Imaginer les voies susceptibles de nous conduire hors de ce piège nécessite de comprendre Pourquoi et comment cela s’est produit ?

Le principal élément de réponse doit être tiré de l’échec de la rationalité en tant que projet visant à émanciper l’homme tout en le conduisant en Eden grâce au Progrès. La rationalité dans ses dimensions anthropo-psycho-politique et scientifique a échoué. L’émancipation individuelle, lumineuse et positive sous bien des aspects, possède aussi sa part de ténèbres. Elle a été, elle est toujours d’ailleurs, une formidable machine de guerre servant à éradiquer le lien sous toutes ses formes. Elle s’en est même fait un ennemi personnel. Le lien de par sa nature n’est pas quantifiable, on ne peut mesurer sa progression. Crime de lèse majesté, il récuse la pertinence du dispositif du laboratoire. La rationalité devait donc se construire contre lui, et si possible l’abattre partout où elle le rencontrait. Pour caractériser ce pouvoir destructeur de la rationalité, le concept de « colonialité du pouvoir » forgé par Henrique DUSSEL, théoricien de la théologie de la libération, nous semble parfaitement convenir. DUSSEL et MARX avant lui, ont saisi l’importance de 1492 comme événement fondateur permettant le déploiement du projet rationnel par le pillage et l’accumulation primitive du capital, mais aussi par l’extermination radicale des cultures indiennes participant à la construction de l’identité de l’individu démiurge européen.

Et pourtant le lien résiste, et joue parfois quelques tours à ceux qui le traquent. La crise épistémologique des sciences, crise du lien par excellence entre les disciplines scientifiques, n’est pas le moindre de ses tours. Qu’importe cette persistance, la machine à déconstruire trouve toujours de nouveaux terrains d’action. Ainsi, la quintessence de l’avant-garde déconstructionniste entend nous faire comprendre par sa théorie du queer que la polarité des sexes qui nous lie à l’univers polarisé ne relève en fait que d’une économie culturelle de rôles parmi lesquels il nous est loisible de choisir, et grâce à la technique de modifier notre corps en conséquence.

En déconstruisant les liens de toute nature, la rationalité a produit une humanité faible dans le sens où celle-ci a perdu le sens de sa défense par le lien au collectif et par celui qui la lie à l’écoumène. La perte de ce sens est certes inégalement partagée aujourd’hui, mais il est parfois total, comme chez ces citoyens américains qui vivent dans la même rue, à qui « l’on » saisit les habitations, et qui réagissent en acceptant intellectuellement ce qu’ils subissent par une analyse de la conjoncture économique justifiant le système. Il ne nous semble pas injustifié de penser que la faiblesse corporelle et psychique des individus, nécessitant une technologie médicale de réparation des corps et une ingénierie de remise aux normes psychiques toujours en expansion, puisse en grande partie découler de ce processus de déliaison. L’utopie de l’émancipation débouche sur un être, parfois plein de savoirs abstraits, le plus souvent déboussolé, triste et malade.

Or, le substitut rationnel aux liens, le contrat social construit sur la seule volonté, ne pouvait faire sens dans la durée qu’à la condition que l’émancipation ne cesse de rendre l’Homme plus libre et conscient, plus engagé volontairement dans son actualisation. Sorti du corps des hommes et placé devant eux, donc fragilisé par ce processus d’extériorisation, le contrat nécessitait que les hommes ne cessent de toujours se mieux porter pour le nourrir. Nous voyons ce qu’il en est advenu.

Le projet politique démocratique né sur le socle de la rationalité s’est fracassé sur la faiblesse de l’Homme, mais aussi sur le manque de vigueur du lien qu’il proposait. Par la force des choses, ou plutôt par leur faiblesse, le personnel politique issu essentiellement des classes bourgeoises, plus désemparé qu’adepte du complot, a intégré de manière inconsciente l’échec du projet émancipateur dans sa dimension politique. Ce personnel politique a alors été conduit pour conserver sa légitimité à intensifier ses connexions avec les sphères d’activités économiques, toujours porteuses du projet rationnel sur le plan des réalisations matérielles justifiables par la mesure quantitative, ainsi que de l’idée de progrès.

L’abandon du projet politique émancipateur initial et le transfert de sa part de l’utopie rationnelle vers l’activité économique ne sont pas sans conséquences.

D’abord, il induit une dégradation évidente de la rationalité du fait de la disparition de l’un de ses principaux objectifs, et de fait, de l’un de ses acteurs héroïques, l’Homme en tant qu’horizon des hommes. N’étant plus acteur mais ne pouvant disparaître totalement l’Homme s’est momifié et a été satellisé à distance du monde de l’action ; de la position d’acteur de l’histoire, il est devenu outil publicitaire et juridique, mobilisable à volonté par les autres agents du projet rationnel. Les Droits de l’Homme, déconnectés du substrat vivant, représentent en effet une formidable ressource pour imposer tant les recherches scientifiques équivoques que l’ouverture des marchés ou la multiplication de structures politico-bureaucratiques.

Ensuite et surtout, du fait de l’effacement précédemment énoncé, cet abandon a provoqué un déséquilibre dans les rapports entre les autres groupes d’agents héroïques de la rationalité – les scientifiques, les politiques et les entrepreneurs – au profit de ces derniers. Le transfert de la part humaine de l’utopie rationnelle aux acteurs économiques a modifié les rapports de forces à leur profit et leur a donné toute latitude pour redéfinir le projet rationnel a partir de leurs propres objectifs. Et de fait, afin de survivre et ne pas être évacué de la scène rationnelle, le personnel politique a recomposé son discours en adoptant le discours et les objectifs des modernes entrepreneurs. La question de la légitimité populaire, difficilement contrôlable voir anti-rationnelle dans ses manifestations, se réglant par la professionnalisation de la fonction politique. Là encore, nulle trace de complot. Les protagonistes sont en fait moins acteurs que sujets maistriens subissant une dynamique de moins en moins contrôlée, mise en action dès la genèse du projet rationnel. Il est assez ironique de constater que la gauche gouvernementale française, travaillée par une sorte de remords moral inconscient réalise son « coming out » et déclare sa flamme au marché tardivement, au moment où ce dernier entre en crise terminale. Les derniers convertis sont souvent les plus virulents, leur hébétude aurait quelque chose de tragi-comique si l’heure n’était pas si grave.

Reste un acteur héroïque dont nous avons jusqu’à présent peu parlé pour une raison de clarté de discours. Sur ce point, nous tenons à préciser que le processus historique que nous décrivons n’est pas un processus divisible en phases bien ordonnées. Les forces dynamiques que la rationalité détermine se mêlent et se séparent, s’alignent les unes par rapport aux autres ou s’affrontent, mais toutes réunies poursuivent le même objectif final, la transparence ultime par déconstruction de toute réalité, ou dit autrement la fin de l’écoumène, notre monde habité. Mais revenons à nos derniers héros, les énonciateurs des tables de la Loi.

Le monde des scientifiques n’est pas homogène. Quelques uns sont d’éminents chercheurs, libres, capables d’intuitions fulgurantes, et perpétuant l’esprit d’aventure des origines du projet rationnel, ils se font rares. La plupart des scientifiques sont aujourd’hui de médiocres tâcherons dont les pratiques taylorisées visent à produire de « l’innovation » rapidement commercialisable. C’est actuellement chez les bidouilleurs de gènes que cette médiocrité est la plus frappante. S’ils diffèrent dans leurs pratiques, la quasi majorité d’entre eux a toujours veillé à dénoncer les interrogations sur le projet rationnel. Toute approche globale du réel non réductible et inassimilable par les techniques de laboratoire, toute validation culturelle de la prééminence du lien, les trouvent sur leur chemin, sujettes d’abord à leurs ricanements puis au passage à la moulinette de la déconstruction.

Les scientifiques ne sont finalement que très peu intervenus directement dans le jeux des acteurs rationnels tant que la promesse d’émancipation offrait aux hommes un horizon. L’échec de cette promesse a conduit quelqu’uns d’entre eux a sortir de leur silence aristocratique sur les affaires des hommes et à s’émouvoir. Mais trop peu nombreux à le faire, se tenant à distance des réalités mondaines et peu structurés contrairement aux politiques et aux entrepreneurs, leur parole manqua de puissance. Quoiqu’il en soit, le travail de déconstruction n’attendait pas, et finalement même réduit à l’état de fiction irréalisable, l’instrumentation politique de l’émancipation présentait l’avantage de désamorcer toute intervention populaire et irrationnelle dans la détermination des nouveaux champs de recherches. C’est bien connu, la science est en marche et rien ne doit ralentir son mouvement.

Les modifications de rapports de pouvoir au détriment des politiques et au profit des entrepreneurs évoquées précédemment ont indéniablement été perçues comme un potentiel d’opportunités par nombre de scientifiques. La capacité des entrepreneurs à mobiliser des moyens considérables, en mettant en œuvre des procédures de décision très courtes, et dans un premier temps sans imposer de conditionnalités excessives, contrairement aux politiques, s’est traduite dans le chef des hommes de science en la possibilité de pouvoir mener tous les travaux possibles et imaginables mais aussi celle de connaître enfin l’aisance matérielle. Mais comme pour les politiques, l’acceptation de cette sujétion ne pouvait pour les hommes de science, de manière automatique, ne pas se traduire par une dégradation de la qualité de leur pouvoir. De fait, ils abandonnaient une part de la colonialité de ce dernier aux entrepreneurs, qui ne tardèrent pas au regard de leurs objectifs s’inscrivant dans un temps court, et même de plus en plus court au regard des nécessités imposées par l’accélération des opérations des marchés, à réclamer des retours sur investissement sonnants et trébuchants. Assumant le leadership quant à la mise en œuvre du pouvoir rationnel, les entrepreneurs se doivent d’énoncer les fins et les modalités de son exercice. Si celles-ci permettent l’expression de ce qu’il y a de pire chez les hommes, et si ce pire, de la cupidité à l’insensibilité en passant par l’exercice multiforme de la violence, s’exprime particulièrement dans les intentions et les actes des entrepreneurs, cela tient en partie à la faiblesse de la qualité humaine de ces entrepreneurs, mais surtout au fait que rien ne vient contraindre l’exercice hégémonique de la colonialité du pouvoir qu’ils assument seuls à présent.

Pour revenir à l’énonciation des fins et des modalités de la rationalité par les entrepreneurs, nous en avons un parfait exemple dans l’actuel projet de réforme de la recherche française qui vise à faire de l’évaluation des retours sur investissements l’alpha et l’oméga de l’activité scientifique. Cela ne posera pas problème aux légions de tâcherons qui servent avec zèle Monsanto, Areva ou Véolia. Les quelques autres qui pensent, doivent saisir rétrospectivement la nature du piège qui les a capturés et qu’ils ont contribué à construire en toute liberté.

Mais ce problème ne leur appartient pas, car de fait, nous sommes aujourd’hui tous piégés, et il est certain que ce dans quoi l’écoumène est enchâssé, la planète, n’attendra pas longtemps avant de nous signifier le prix des conséquences de nos illusions. LE problème peut être discuté, mais discuter ne suffit pas pour qu’émerge une solution. Avant toute chose, LE problème ne relève pas de la discussion mais de la conversion. S’il nous apparaît évident que la perception et la compréhension du lien sont au cœur de cette conversion, il nous semble également évident que des paradigmes tels que le sang ou le religieux réactualisés ne sont porteurs d’aucune réponse répondant aux défis de ces temps apocalyptiques.

Par la force de l’esprit critique nos yeux se sont ouverts, sommes-nous en mesure de déterminer les voies de sa re-qualification afin de le rendre spirituel, c’est-à-dire de créer un nouveau rapport entre les hommes, mais aussi entre les hommes et le monde, afin de nous permettre de retrouver le pouvoir commun que nous avons perdu ?

Certes la maison brûle, et dès à présent, dans l’urgence, il faut lutter de toutes nos forces pour que l’incendie soit contenu avec les outils immédiatement mobilisables dont nous disposons. Mais il indéniable que ces outils ont participé à la construction du champ de ruines. S’obstiner à ne penser qu’à partir de ces seuls outils pour construire un monde plus juste, c’est agir comme Ubu le héros de Jarry, qui, se posant la question : « Mais comment ruiner aussi les ruines ?  » Répond : « Je n’y vois d’autres solutions que d’en faire de beaux édifices ordonnés par raison. »

Christophe Perrin
Montpellier, avril 2009

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109 réflexions sur « Pour une approche apocalyptique de la crise, par Christophe Perrin »

  1. Le progrès plutôt que la rationalité.
    Êtes-vous certain que le socle de notre civilisation soit « la rationalité »?
    Je vais défendre l’idée que « le progrès », soit nettement plus fondateur du sens commun et qu’il soit en effet en crise: nous ne sommes plus certains que nos enfants auront une vie meilleure que la nôtre. Allons-nous trop loin avec la manipulation génétique? Autant de signes indiquant que le progrès est en cause. La rationalité joue le rôle d’alibi et d’amplificateur de l’efficacité du progrès sans prendre la vedette.
    La séparation de l’église et de l’état est la consécration du culte du progrès qui a réussi à pousser la religion à l’arrière plan. La laïcité est le compère du progrès, elle l’aide à se libérer du joug des anciennes dominations et conservatismes s’y opposant. La liberté est le troisième compère renforçant la position dominante du progrès.
    On ne change pas de socle social comme de chemise et la question est: quelle sera notre prochaine religion? Rénoverons nous le progrès ou est-ce le grand Manitou qui guidera nos pas?

  2. Des décisions rationnelles « locales » aboutissent à une macroéconomie irrationnelle.

    Il est rationnel de fonctionner sur le principe subprime…si l’immobilier grimpe ad lib.
    Il était juste irrationnel de penser « ad lib »…

    Il est rationnel de dégraisser une boite dont la seule variable est la RH.
    Il est juste irrationnel de penser que le chômage peut augmenter sans tuer l’economie.

    Dans les 2 cas il eut fallu envisager le facteur temps .
    Mais çà…çà bloque…on est dans un monde rapide ..faire fortune vite..avant la concurrence.

  3. et si -aussi-
    le marché (gaminerie à l’état pure) => infantile, -infantilisant-
    infantilisme = égocentrisme, exhibitionniste, protectionniste
    « les bonbons, (récompenses, …) valent mieux que la raison »

  4. @Christophe Perrin,

    Votre critique de la pensée QUEER me met très mal à l’aise, d’abord parce que votre résumé me paraît simpliste, il évacue la dimension politique essentielle que constitue les remises en cause de la notion de sexe et de genre par exemple. Vous ne parlez par ailleurs absolument pas du fait qu’il s’agit de questionner des représentations. Je ne vois pas en quoi des femmes qui tentent de définir leur féminité en dehors de la simple altrérité au masculin remettent en cause les liens ou le relationnel.

    a part bien entendu si votre notre notion de relationnel ou de lien proscrit les rapports homosexuels, lesbiens ou transgenres…

    Merci de m’éclairez sur ce point précis…

  5. Quote: « La plupart des scientifiques sont aujourd’hui de médiocres tâcherons » !??

    Mais qu’espérez-vous, que l’on redécouvre la structure de l’ADN chaque année ?
    Les scientifiques sont le fruit du système et celui-dit leurs dit de faire vite, efficace mais souvent superficiel, pas lentement et fondamental.

    Et parlant du lent et du fondamental, combien de vrai talents se sont perdus dans la théorie des cordes car « d’éminents scientifiques » leurs ont dictés que c’était la voie à suivre ?
    Lente la théorie des cordes certes, niveau fondamentaux doit par contre faire ses preuves …

    Quote: « Le sang ou le religieux réactualisés ne sont porteurs d’aucune réponse répondant aux défis de ces temps apocalyptiques » ??
    Mais qui êtes vous pour dicter à dame nature quelles doivent être les réponses ?? A vous lire nous en somme le « produit » le plus abouti mais nous ne sommes pas capable de nous extraire du système. J’ai l’impression que vous reformulez Türing. Si l’homme en arrive à se battre avec l’homme, le sang coulera and so be it. Qui est l’homme qui sait ce qui est bon pour l’homme ? Vous ? Ce genre d’homme est celui qui me fait le plus peur.

    Si dame nature ne sait plus se défendre de l’homme autrement que par l’homme alors elle le fera, je ne vois pas en quoi ce n’est pas une solution si c’est la sienne car à mes yeux, nous restons un produit de la terre qui qelques soient ses raisons aura toujours raison.
    Cela ne signifie pas raison de tous les hommes mais si pour comprendre et évoluer, il doit encore se battre et souffrir comme cela semble se profiler, ce ne sera pas drôle mais pas non plus l’apocalypse, je n’aperçois pas de chiens et de chats forniquants entre eux.
    On a déja eu droit au déluge de billets verts, il y’a un temps pour tout…

  6. PS: A Michel Martin: Quel sera notre prochaine religion.
    L’actuelle est la consommation à tout prix mais le prix semble nous avoir rattraper.
    Un Français bien connu a parler de spiritualité…

  7. @John Smith: Avec la consommation à tout prix, on est déjà dans la spiritualité. Celui qui sert Mammon n’est pas moins croyant que celui qui sert Dieu.

  8. Dieu ,quelles envolées à cette intervention de Christophe Perrin…!
    Et quelles leçons,bien envoyées,tout en subtilité,finesse et sagesse.
    J’en conclue,provisoirement,mais trés optimiste quant aux retombées de ces analyses et points de vue,que l’à venir demeure possible..pour le meilleur et pour l’Humain.

    A Auguste,depuis Brest-même :
    merci pour la référence du livre de Young.

  9. La croissance que nous avons connue ces dernières décennies n’était basée que sur une consommation et un endettement grandissants. Notre monde se résume à l’économie. On voit déjà dans les solutions de la crise apparaître certaines racines du mal. À en écouter certains, il faudrait comme se remettre à consommer à tout va et s’endetter davantage pour que la machine reparte alors que c’est justement de là que vient le problème. Quel modèle de croissance nous voulons, étant donné que notre rapport à l’économie, à l’environnement, etc. sont peut-être en train de changer. Si nous ne voulons pas nous faire imposer par Wall Street les mêmes recettes que nous avons connues et les mêmes chances de retomber dans des crises semblables (si nous sortons un jour de celle que nous vivons), pouvons-nous sortir du « tout économie » ?

    Chaque jour, dans les médias, on s’émoustille au moindre signe de hausse de la Bourse alors que dès le lendemain, on retombe dans le rouge et ainsi de suite. C’est quand même assez pathétique. Certains espèrent sans doute une relance au plus vite avant que l’on ai trop d’envie de réguler et de constater qu’il s’agit bien plus d’une crise systémique que d’une petite crisette de plus, comparable à celles des années 80 et 90, comme on aime à le dire ici au Canada, où je vis, de façon à ne pas trop inquiéter la population.

  10. Je cite ce commentaire de Christian Perrin

    «De ce point de vue, la réalité des individus pose problème parce qu’ils n’existent pas en eux-mêmes, mais seulement comme des perturbations locales dans ce flux d’énergie universel”. Dans un langage simple, cela signifie que les notions d’interdépendance et de relation, sont consubstantielles à notre univers, à notre environnement ainsi qu’à nos vies. Alors qu’elle est première, nous avons considéré jusqu’à présent la relation comme accessoire, notamment dans nos modes d’organisation et par là-même dans nos modes d’action.»

    Je crois qu’il faudrait identifier au plus près ce qui nous a mobilisé contre le lien, la relation.
    Quelle est cette puissance qui nous a imposée cette croyance ?

    J’ai bien l’impression qu’il nous faut suivre le CRÉDIT, son histoire, ses modalités, les formes concrètes de l’engagement par l’endettement, l’effet de levier qui nous a isolé dans le couple travail/famille

    Si c’est le cas, peut-on imaginer un crédit reconstructeur de liens ?

    La rationalité économique s’est affectée à construire l’homme déliée en s’adressant à l’individu. C’est son excès.

    Le NOUS des communautés locales (ville, quartier) a été esquivé, surmonté, transpercé, désactivé, écartelé pour s’adresser directement aux individus et à leur famille.
    Probablement avait-il déjà été fort affaibli, surtout en Amérique du Nord, aux EU en particulier, dans l’articulation marchande des «petits» propriétaires, entrepreneurs d’eux-mêmes depuis l’origine.

    Ce faible NOUS local, il aura été pour partie importé par l’Europe pendant et après les guerres. C’est probablement trop en remettre sur l’Amérique.

    C’est un tel NOUS qu’il nous faut remettre en selle par une préférence au crédit à des collectifs et des collectivités.

    Remettre en selle le mutualisme démocratique de Jaurès, de Mauss, de Malon.

    On pourrait bâtir sur notre rationalité limitée, apprendre à la reconnaître aussi.

    C’était aussi Les Lumières le mutualisme.
    Mais comme le dit Philippe Chanial, l’associationnisme et le mutualisme sont des traditions vaincues….

    J’ajouterai, vaincue par le taylorisme, le fordisme, l’énorme puissance transformatrice des paysages des énergies fossiles bon marché, la motorisation à bon marché, le marxisme des forces productives, le keynésianisme, L’État social et le Crédit qui nous a ficelé un système d’engagement à tout ça.

    C’est davantage cela qui a été déterminant.

    Avec en bout de parcours des empreintes écologiques à la hauteur de cette déliaison, démesurée.

    Nous avons probablement été dramatiquement opportuniste, dans le sens animal du terme.

    De deux routes, nous avons pris ou avons été conduit à prendre la mauvaise au début du XXème siècle au plus tard.

    C’est ce sillon performatif qui a été creusé et qui ne tient plus.
    Le «logiciel» fordiste comme l’on résumé Lipietz, Mamère, Cochet et quelques autres, avec le crédit au centre, comme moteur de déliaison, où l’on est pris pour se battre que pour ses proches.
    Les liens forts dans la famille, on fait avec le travail car il conditionne tout, les liens faibles partout au-delà.

  11. @Ch. Perrin
    Merci d’être intervenu pour développer et préciser vos idées. J’allais vous le suggérer.
    Pour moi, ça va bien mieux dit comme ça, et je ne vois pas de scandale…

  12. @ Tigue … normand ?
    actuellement à <…ville (ou micro-pays)…> [ 14:39 ]
    lycée à la campagne ?
    J’ai utilisé MiMx comme « repère-marqueur » de mes entrelacements relatifs aux types de Rationnels et aux formes de rationnalités.
    Selon vous le référentiel MiMx rendrait compte de champs de masses-energies
    corrélées à des formes dynamiques complexes,
    touchées par la Grâce de significations probabilistes ?    
    … … si vos cocons sensoriels (crédibles) vous l’ont suggéré … pourquoi pas … assez surement même … non ?
    des formes de « dysfonctionnements rationnels » (chaos frustré) étant proches
          [cf supra avatar
    Moi à 11:38 … paranos puis
    Eugène 15:12 ]
    à Tigue :
    que de richesses dans les flashbacks !
    Vous dites : « Une sup dans le même lycée (Corneille ?) … bien plus tard ? décennie 80 ?
    Vous dites : « Un bac C a la campagne ? … (un autre Fontenelle ? ailleurs ? )
    où le prof de physique descendait les notes à la moindre erreur de notation algébrique.

    L’intuition MiMx est postérieure à mes 50-55 ans.

    Autre regard sur la crise 26 janvier 7:19

    A ce stade, il m’est difficile de résumer en deux lignes :
    Recherches, autres travaux parallèles n’ayant rien à voir, modélisations-destructions X fois, dédogmatisations,
    reprises autrement par l’art, etc. dans les années 2004-2007 grosso modo
    déjouant le bric-à-brac incohérent.
    Parmi les sillons :  » Part d’Ordre + %Desordre d’un cosmos cognitif d’anticipation avec flashbacks « 

  13. « Puisque toutes choses ont été faites, elles peuvent être défaites, à condition qu’on sache comment elles ont été faites. » Michel Foucault

  14. @ Tigue, Moi et Eugène
    Reference LeClownBlanc+Auguste 21:36

    ah! … plus de huit dynaTerritoires « élémentaires » (moyennes Ξ) MiMx,
    mais aussi deux autres dynaSphères très différentes, assez spéciales, niMi-niMx,
    dont l’une avec différentes formes de révolte, rébellion ou « rire » (façon Woody Allen, par exemple)
    sont à considérer … avec des ambivalences parfois déroutantes.
    Tout cela également «  »rationnel » » (ou «  »mental » ») … avec guillements doubles

    à Marc Peltier [13:38]
    Alain Rey en son “Dictionnaire culturel EN langue française” entre t-il dans ce genre de considérations ?

  15. @moi
    La spiritualité n’est pas la religion. La pratique d’une religion peut sans aucun doute mener à une certaine forme de spiritualité je veux bien y croire. J’ai repris cette phrase de Malraux car je pense que l’homme changera profondément d’aspiration après la crise de cette société d’hyperconsommation qui l’a asservit comme jamais.

    Sinon pourqui me faire dire ce que je n’ai pas dis.
    La croyance est un autre mot.
    Chaque homme croit en quelque chose, que ce soit un dieu bon ou mauvais, ce qu’il voit, ce qu’il pense… Je crois en ce que j’écris la tout de suite et cela m’est suffisant. Je peux ne plus y croire demain.

    Les idéologues qui se disent non croyant font une erreur monumentale à mon sens, ils nourissent une croyance aveugle dans leurs intellects sans admettre que c’est une croyance.
    Je n’ai pas la prétention de savoir ce qu’est la vérité si il y en a une. Mais je crois au sens je nourris la croyance que dans disons 500 ans, la conscience des hommes (je ne sais pas comment l’appeler) ira bien au dela de la simple conscience de la relation de causalité.
    En un mot, je crois que l’homme d’aujourd’hui survalorise l’intellect qui est un outil certe très puissant mais reste un outil.
    La simple croyance est aussi un outil extrêmement puissant.

  16. Il y avait un trait bon texte de Zygmunt Bauman dans Le Monde du 27 février dernier dont le titre est:

    «Nous sommes devenus les gestionnaires de nos propres jouissances». Bien sûr, il est maintenant indisponible
    (j’en ai copie numérique)

    Il donnait cette importance au crédit, en faisant référence aussi à Rosa Luxembourg, révolutionnaire du début du siècle.

    Que le système ait marché tout au long des Trente Glorieuses (1945-1975), c’est que l’on s’efforçait de le mettre en place avant et qu’il a persisté dans le post-fordisme, avec plus d’endettement et moins de salaire.

    Il est simplement devenu intenable socialement, mais il était déjà convenu que le XXème siècle serait une alliance autour de la productivité du capitalisme et contre la Nature.
    Formant une alliance tout à fait hégémonique durant les Trente Glorieuses, fragilisé depuis, mais continué néanmoins par plus de crédit.

    Il importe peu pour moi que le système ait marché socialement durant un temps.
    Il était dès l’origine contre la Nature et ne pouvait marcher durablement.
    Le capitalisme a bénéficié de l’opportunité non durable de l’usage du pétrole.
    Il faut le compter parmi les forces productives.
    Avec la motorisation, il a été sans doute été le vecteur premier de la réussite de l’alliance sociale contre la Nature.
    Les prix de tous produits seraient bas, encore plus bas.
    Un foison d’effets-rebond avec circulation marchande de la Nature.

    Ce qu’il y a à défaire (citation de Foucault) nous fait remonter au début du XXème siècle et s’est durci après la révolution Russe aussi, dans l’opposition industrialiste des 2 blocs.

    Nous n’avons pas manqué d’énergie pour transformer le monde, nous en avons eu trop, d’où l’ère de l’Anthropocène dans laquelle nous vivons.
    Nous en avons encore trop, et probablement risquons nous toujours de pouvoir en produire trop.
    L’apocalypse du pétrole est liée à l’existence des infrastructures du trop d’énergie pas chère.
    Cela caractérise ces infrastructures.
    Trop parce que les surfaces terrestres et certaines ressources sont limitées.
    Les stocks reproductibles ne peuvent circuler plus vite que leur temps de reproduction.
    Trop aussi, parce que certaines surfaces (combien ?) doivent demeurer aux services de la Nature, pour elle seule.
    Nous en bénéficions indirectement par l’entretien de la diversité.

    Alors que là on fait migrer l’exploitation en tous lieux de plus en plus vite, souvent sans substitution de lieu, juste des cumuls de surfaces en exploitation. 17% de forêt amazonienne en moins en 5 ou 6 ans.

    Il nous faudra limiter l’énergie, qu’elle soit propre ou non, à ce qu’impose l’usage optimal des surfaces, dont nous extrayons tout.
    Il ne servira à rien d’en produire davantage. C’est une chose à apprendre à contrôler. L’Europe fait déjà miexu que l’Amérique
    Le capitalisme mu par le pétrole aura été l’inattention garantie à la Nature, dans le contexte des rivalités du XXème siècle, qui réclamait de fortes alliances intérieures.
    L’hyperproductivité motorisée, automatisée – tout s’est mis à aller trop vite pour faire attention – du capitalisme commandait son marché.

    En fait, sans doute nous faut-il simultanément faire mieux circuler la monnaie dans une contexte utilisant beaucoup moins d’énergie. Ce serait le nouveau contexte à construire.

  17. @ John Smith [17:29 et 22:09]
    @ Moi [18:25]
    @ Marc Craipeau (14:52]
    – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – –
    Mettons de côté les sciences dures (physique, biologie, électronique, etc.) où les chercheurs cherchent en progresser en certains de vos thèmes de découverte ou technologie : structure de l’ADN, cybernétique avec feebacks, etc.
    Afin de pouvoir mieux cerner, d’abord, les trois groupes de dynamiques et enjeux SWOT ci-après :

    [E] – les Gammes-de-Sentiments-Qui-Parlent en rapport (ou non) avec l’éthico-affectif ou la « spiritualité » selon l’avatar Moi

    [M] – la Raison en rapport à la part MiMx et à la part niMi-niMx dans les croyances-raisonnements et « calculs » plus ou moins rusés ou vicieux dans les sphères financières et/ou Economie Relle

    [α-ω] – Les rapports singuliers, plutôt rares, entre les deux

    [Nota: A ce stade, mettons par exemple à l’écart « les-HeteroSensations-qui-Parlent »
    ne compliquons pas le schéma élémentaire de base.]
    Il pourrait y avoir une sortie de crise plus saine qu’avant
    car tous les cerveaux ne sont pas MxSi, SxMi et niEi-niEx.

    La Raison ? … mot d’une réalité physique ? … laquelle ? … neocorticale ?
    Et les trois territoires médians du corps calleux ? … en rapport à quel mot abstrait (douteux) du dicationnaire ?
    … en rapport à certaines parts de l’intuition ? … à certaines parts de l’équilibre entre « E » et « M » (supra) ?
    Beaucoup de questions.
    Les dynamiques « E » ne seraient-elles — le plus souvent — essentiellement limbiques pour de pas dire « instinctives chez certains » … ou souvent « occultées chez un grand nombre » ?
    Les labos américains n’hésitent pas à fournir des stats !!!
    Ils ne doutent pas, eux, dans leur « sciences cognitives » !!

    Ne devrions-nous pas nous méfier de tous ces mots du dictionnaire — spiritualité, croyance réflexe au quotidien (issue d’observations rodees (que l’on ne croit pas fausses … toujours la même erreur d’interprétation,…), causalité, intellectuel, croyance aveugle —
    sucessions de lettres pouvant ne pas avoir un grand rapport avec les phénomènes cérébraux,

    sucessions de lettres incapables de représenter la grande diversité des « packs hétérogènes » d’équilibres+déséquilibres des cerveaux singuliers.

  18. Je m’étonnais précisément ces derniers jours de ne rien trouver d’autre que des analyses économiques, ou au mieux écologiques, sur la crise. Il suffit pourtant d’être un peu familier de l’entreprise, en tout cas les « grandes entreprises », pour se rendre compte que le mal être n’a rien de fondamentalement économique. La grande majorité des gens y sont simplement perdus, y mènent une vie artificielle, qu’ils soient indifféremment du côté des dirigeants ou des dirigés, en haut ou en bas de l’échelle, dominants ou dominés. Perdition qui s’étend largement en dehors de la vie professionnelle par ailleurs.
    Je pense avec beaucoup d’autres dans ce fil de discussion, que ce dont nous manquons cruellement dans nos vies, c’est effectivement d’autres perspectives que celles de la rationalité et de la rationalité économique. La recherche d’une authentique liberté, qui faute d’exigence et de courage authentiques, du soutien quasiment incontournable d’aînés éclairés, reste presque toujours un mythe. Quand on arrive à faire deux pas dans cette direction et qu’on regarde autour de soi, on ne reconnaît plus grand chose de ce vieux monde à bout de souffle.

  19. à : Alain Vézina [ 23:03 ]
    Vous dites :

    « Que le système ait marché …
    « Il est simplement devenu intenable socialement, mais il était déjà convenu que le XXème siècle serait une alliance autour de la productivité du capitalisme et contre la Nature.
    Formant une alliance tout à fait hégémonique durant les Trente Glorieuses, fragilisé depuis, mais continué néanmoins par plus de crédit. »

    « Il importe peu pour moi que le système ait marché socialement durant un temps.
    Il était dès l’origine contre la Nature et ne pouvait marcher durablement.
    Le capitalisme (…)

    Pour moi :
    Il est sûr que 99% des gens ne voudront pas repartir de zéro,
    avec l’hypothèse que tout serait de traviole depuis 1900 (ou 1848).

    Je vais caricaturer un peu. Je vous saurais gré de bien vouloir m’en excuser.
    C’est simplement pour faciliter le passage aux idées qui suivent
    Vous avez le mérite, notamment, de souligner l’excès de productions inadaptées,
    les sur-exploitations des forêts amazoniennes (aussi indonésiennes, camerounaises, etc.)

    Pensez-vous que toute la réalité de plus de 160 ans (1848-2008) puisse être contenue
    en l’un ou l’autre des deux mots qui semblent vous servir de « conteneur dysfonctionnel par essence »
    depuis l’origine : « Le Système » ou « Le Capitalisme » ?

    Si vous corrélez « Capitalisme »
    … avec « Endettement toujours excessif » et « Taux souvent abusivement élevé »
    … avec « Ploutocratie d’Etat » et/ou « Ultralibéralisme natiofurtif » (débridé ou non)
    … avec « Inflation-Rançonnage d’Etat » systématique par le maintien de « Bank Associations » et/ou de banques centrales jouant avec les taux selon leur niveau dans la hiérarchie des grands pourvoyeurs de fonds extérieurs aux Exécutifs nationaux
    Mettons provisoirement de côté, un instant, la question monétaire (taux abusifs, etc.) et la spéculation financière.
    Il est clair que nous n’allons pas trouver de mot dans le dictionnaire
    pour imaginer des alliances innovantes, en partie décentralisées,
    entre des projets et formes d’orga à fort « ressort XXIe siècle », d’une part,
    et les formes statutaires à parts sociales (capitalistiques) que des centaines de millions comprennent.

    Dans le billet 2638 du 3 Avril, Auguste à 10:10
    rappelait que bien des formes statutaires présentent des avantages (et inconvénients) spécifiques.

    http://www.pauljorion.com/blog/?p=2638#comment-22339

    Chacune peut trouver sa place dans le morphing ad hoc
    dans la « transformation-évolution en douceur » il peut y avoir des différences d’appréciation
    Parfois, surtout au début, il pourrait d’agir d’écarts de curseurs entre 0 et 100 … puis entre 20-80
    Evidemment, il faut croire que note « matière-énergie cérébrale » est susceptible de quitter certaines de ses certitudes de quelques unités (mm, herz, etc). Pas évident.
    N’attachons-nous pas tellement de choses insensées à certains mots ?
    Une fois que les mots et les concepts se précisent est-ce que tout ne peut pas se discuter assez sereinement ?

  20. à lao
    C’est le temps, plus que l’espace, dans la perspective (u-topie , u-chronie ) il faut passer la quatrième, (comme du noir et blanc -jeu d’échec- vers un monde en couleurs, – en gris colorés-)
    « La flèche du temps qui est le géométral de l’histoire des hommes les prédisposent à attendre l’improbable, source de néguentropie, autrement nommée, espérance »
    relire TARTAR [16.46]
    « Quand le post-moderne est aussi le post-historique, quand la présupposition ou le postulat du sens de l’histoire est catégoriquement abandonné à force de s’être trop matérialisé comme menace systémique ou totalitaire,
    [ ya qu’à regarder les « politiques » , considérer l’abandon, s’en sont presque qu’on pourrait leur chanter « Gaston y a le téléléphon qui son, mais ya jamais person qui y répond », ???]
    alors il faut décider de son sens , ici et maintenant, localement, et dans ce que benjamin appelait « l’instant du péril ». Hic et nunc mais aussi ad hoc : judicieusement en vue de là »
    et moi, et moi, et moi, que tout ça c’est bien trop compliqué pour ma tête à moi, je reste à ma place et je dis
    (que même s’il faut je crie)
    « on veut des bretzels pas des policiers »

  21. @Christophe Perrin

    Peut on lutter contre la séparation avec les armes de la séparation ?

    C’est entendu, la rationalité contient un principe de division. Mais n’est-ce pas tout simplement penser que d’établir des divisions dans le réel ? Ou, plus exactement, que de construire des modèles pour appréhender le réel ?
    Or, il me semble que les liens pour être simplement appréhendés procèdent toujours d’un principe de division.

    Je m’explique : les liens familiaux, économiques, culturels, religieux et autres sont ce qui constituent les individus, lesquels ne doivent leurs individualité qu’à des liens. Sur ce point, je vous suis tout à fait.

    Mais ces liens dont vous parlez ont une histoire, et ne sont pas non plus exempts de tensions contradictoires, ce qui suppose des ruptures, par destruction du lien ou recomposition. Ces ruptures, plutôt que de les nommer résultat négatif, et dévoiement, d’un principe rationnel, peuvent tout aussi bien être appréhendées comme résultant de l’action d’autres liens, lesquels, du fait de leur force singulière en certaines circonstances défont les premiers liens ou s’y substituent pour former nouvel appariement. Autant dire que tout lien contient en son principe des bornes, celles de ses origines, origines qui à leur tour ont une histoire. Bref, le lien est toujours du lien brisé. Le lien de par son existence même opère des séparations. Le lien se détache sur un fond et donc le divise. Aux liens anciens sont venus se substituer des liens nouveaux.

    Alors, je dis, oui, ,nous ne pouvons faire autrement que de procéder avec les armes de la division, ce qui n’est pas forcément violent, puisque les liens procèdent toujours de la division, ou pour être plus précis d’un découpage du réel à partir d’une catégorisation de ce que nous pensons être le monde empirique, qui n’est qu’un monde possible, une modélisation d’un supposé réel. Argumenter, débattre, comme nous le faisons ici, c’est ainsi proposer des assemblages de liens qui expriment de par le contexte de leur énonciation ou dans les formes mêmes de cette énonciation, nos points de vue uniques et irremplaçables sur le monde.

    Je fais ainsi mienne l’idée que l’humain est un être de langage, le langage étant le moyen le plus élaboré qu’ait trouvé l’humanité pour penser le monde, et donc s’en séparer, ce par quoi il participe à sa création. Le langage c’est ce qui fait que nous ne sommes ni des atomes ni des ensembles : le langage — en tant que création sociale — préexiste à notre existence d’individu, mais tout autant il doit ses énoncés effectivement prononcés et/ou écrits à des individus singuliers qui eux-mêmes se situent toujours dans une histoire personnelle, elle-même impliquée dans une histoire collective.

    Les liens dont vous regrettez l’absence ne sont pas victimes de la rationalité en tant que telle, mais de l’arrangement de certains liens spécifiques — le capitalisme par exemple — qui nous enferment, nous emprisonnent dans leurs filets, faute pour nous d’avoir aisément accès aux mailles des ces filets. Le capitalisme en tant que promoteur de l’individualisme méthodologique, idéologique, lorsqu’il segmente, atomise la société pour faire de chacun de nous des consommateurs sans tête, et à la sensibilité émoussée, a préalablement resserré, entretenu, renouvelé les liens institutionnels que sont les marchés.

    En toute logique, c’est donc en opposant un autre discours rationnel visant à montrer la nocivité de certains liens que l’on peut combattre ce qui nous aliène. La rationalité contient donc en elle-même une dimension éthico-politique qui ne demande qu’à être développée. Si effectivement nous voulons du lien il faut pouvoir confronter sa propre pensée à celle des autres, et c’est d’ailleurs bien ce que vous faites.

  22. à ClownBlanc
    quelque part, c’est mon point de vue, on nous coupe la langue ( les mots ne veulent plus rien dire, c’est quasi on peut leur faire dire n’importe quoi , surtout en isme, ex : rationnalisme, … mais aussi liberté, démocratie … )
    alors que -si je peux me permettre de dire ce que je pense- il me semble qu’on ferait surtout dire n’importe quoi aux chiffres (naturels, rationnels ou imaginaires)
    donc soit l’idée du marché n’est pas neuve, elle existe fatalement depuis qu’il existe un marché (dont le marché -aux esclaves-, le marché -du travail-…mais pas seulement)
    mais capital, capitalisme – en isme .. – (orgueilleux comme Marseille la capitale de la Provence, triste comme la peine capitale infligée des condamnés à mort) …

  23. @LeClownBlanc

    Je ne suis pas contre les systèmes, il nous en faut un autre, qui ne soit pas contre la Nature comme l’est le capitalisme, dès l’origine.

    Il est incontrôlable à cet égard.

    Ça ne veut pas dire qu’il n’a pas été aménagé, qu’il n’a pas d’histoire, qu’il ne puisse est caractérisé selon les lieux et les moments, qu’il occupe tout l’espace social.
    (Je crois l’avoir suffisamment caractérisé dans mon texte pour ne pas en faire un fourre-tout).

    S’il n’occupe pas tout l’espace social, il est néanmoins immensément corrosif.

    Il est possible de le suivre avec Marx puis Polanyi (esprit marchand et société de marché), puis autour de son processus de financiarisation.

    Le domestiquer pourrait être possible, mais il faut pour cela lui opposer un contre-système, un alter-système qu’il l’altère, le bride, le ralentisse. L’État n’a pas fait ça. Il l’a accompagné dans la marchandisation du monde.
    La société civile n’a pas fait ça. Elle a été séduite par la marchandisation du monde.

    Je ne cherche pas à vivre comme en 1900.
    J’identifie qu’il y a eu d’autres possibles en 1900 qui ont été battus, conduits au silence.
    On peut s’en inspirer mais on doit surtout imaginer un contresystème actualisé.

    De plus, il s’agit surtout de le mettre en pratique et je suis convaincu que la société civile peut l’entreprendre sans l’État et sans le Capital. Les monnaies fondantes en donne la capacité.

    Il ne faut pas en faire une affaire d’État mais de société civile. L’échelle territoriale à considérer est alors importante.
    Il s’agit d’un réseau que l’on peut appareiller davantage, pas d’un centre redistributif comme l’État. La proximité, l’échelle du possible face-à-face s’impose.

    «Le résultat auquel nous arrivons n’est pas que la production, la distribution, l’échange, la consommation sont identiques, mais qu’ils sont tous les éléments d’une totalité, les différenciations à l’intérieur d’une unité.» (Marx, 1857)

    Voilà un système de production. Un altersystème doit réinventer/réorienter chacun des éléments de cette unité pour que celle-ci soit cohérente à une autre fin que celle qu’impose le capitalisme, l’accumulation sans fin.

    L’unité fordiste, puis post-fordiste, est non viable.

    On peut tenter de faire cohabiter le capitalisme avec son altersystème pour voir comment cela se passe. Mais il faut le faire….Mise en pratique.

  24. à Christophe Perrin
    J’ai adoré votre texte, il est très bien (même si la perfection n’est pas de ce monde, les hommes ne sont pas des Dieux, omniscients et tout et tout…)
    mais pourquoi cette attaque contre le « rationnalisme », la « raison »
    le profit n’est-t-il pas matériel ? (donc bassement « matérialiste » « matérialisme ») la profitation n’est-t-elle pas réelle ( « réaliste » « réalisme » »la loi de la réalité, loi de l’échange, la seule à être réalisée et universelle en régime capitaliste »)

    OK d’accord on peut dire que d’avoir trop brillé les lumières se sont éteintes, et tout ça, ….
    mais il en va de notre Liberté…
    (la Liberté – celle avec un L majuscule- n’est pas libérale, elle n’est pas une permission que l’on se donne, une autorisation que l’on reçoit…)
    donc il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain : nous sommes les gardiens de la tradition moderne…

    donc , (désolée je ne suis pas claire, j’ai un esprit alambiqué), citation
    « l’ange historique marche à reculons dans le vent de l’histoire son regard est retrospectif d’une façon qui n’est pas dialectique, il n’est pas tourné vers le passé pour prédire l’avenir. Il juge le passé dans l’urgence impérative du moment présent et sans savoir ce qui l’attend. D’où la mékancilie infinie de celui qui vit avec le sentiment de la catastrophe en permanence. L’ange de l’histoire juge le passé et communique à l’historien le devoir de le réinterpréter. C’est ce devoir, et à lui seul, que j’aimerais appeler postmoderne. Il est en même temps moderne, non parce que la modernité est un projet inachevée, – elle est achevée et elle n’est plus un projet- mais parce que la modernité doit être gardée. Pas même sauvegardée, pour la réinterpréter « (morphing) » il faudra au contraire lui faire violence, mais gardée. Nous sommes les gardiens de la tradition moderne, d’une tradition, comme dit toujours l’adage, à traduire et à trahir. « 

  25. à Alain Vézina
    je ne sais pas ce que veut dire « capitalisme »,
    je comprends que cela vient du latin , je dirais : capio, cepis, cepere, cepi, captum,
    quelque chose comme dirriger, être à la tête de, d’où : capitale, capitaine…
    ce que je pressens c’est que si le capitalisme est mort, alors Marx est mort (il ne sortira pas pour autant de l’histoire, il restera la dialectique…)
    c’est idem du fait que la chutte du communisme (l’URSS) se répercute de celle du libéralisme (les USA)
    avant il y a la révolution, Kant, Shakespeare, Montesquieu… (sans dire les grecs et les romains, un bon bagage, mais on a tout à apprendre)

    Sinon 1848, c’est la dictature de Lamartine (dictature parce qu’il n’a été élu ni par le peuple, ni par dieu, bref il est le chef du gouvernement provisoire sorti de la révolution de 1848), donc c’est le bordel, et cela particulièrement dans l’économie,(d’ailleurs, on s’en serait douté) ils appellent ça la crise métallique, et après tergiversation le peuple n’a accordé que trois mois de misère au gouvernement , (le préfet de Paris, grand chef de la police est leur garant) il n’y a pas d’argent, les boulangers sont obligés de faire du pain, et vla pas que les riches font chier, ils disent vous allez voir ce que vous allez voir si on vire tout le monde, le gouvernement appelle un banquier suisse, mais la situation est tellement désespérée qu’il ne sait pas quoi faire, alors ils font, bref le gouvernement provisoire se lance dans la création monétaire, (des billets en papier, de l’argent inventé ) et ça marche, l’économie reprend (faut qu’en même dire que les riches de l’époque que proportionnellement à la notre n’étaient peut-être pas si riches, étaient malgré leur baroufs, vraiment ils sont odieux, justement fin prêt d’accepter n’importe quelle monnaie pourvu que ça tourne et qu’elle circule, et qu’ils fassent des affaires, je dirais qu’il y a eu aussi dans le même temps créations d’ ateliers nationaux mais il faudrait que je relise, ce que je sais c’est que dans mon livre écrit en 1860, par un catho, mitigé politiquement, il est éberlué que ça ait marché, alors que sur leur constitution, il les déclare tarés, le président élu après le gouvernement provisoire soit Napoléon III a plus de pouvoir qu’un monarche, son mandat est de 4 ans , il n’est pas rééligible, pour l’être il doit changer la constitution, il échoue de peu, il a -et organisé depuis 4 ans – ses soutiens dans l’armée, coup d’état)

  26. @Clown Blanc
    Lycée les Fontenelles Louviers (TC)
    Lycée Corneille Rouen 87 (prof Disdet, Thorez…)
    Puis virage médical..

  27. @ tous,

    Bon! Si personne ne percute sur ce que j’ai avancé concernant quatre rationnalités dialectiques en nous, c’est la preuve que vous continuez de raisonner (résonner a ecrit ici je ne sais plus qui; le Clown Blanc peur être) dans vos vieux schémas de la seule rationalité verbale à propos d’une question ( crises éco. et solutions de sortie de crise) qui, précisément, échappe à cette rationalité là, sauf par les mots pour essayer de s’en expliquer.
    Logique.
    Et surdité.

  28. à Eugène
    paranoïac, soit
    mais et aussi schizoïde ( dédoublement, miroir , paraïtre … )
    d’où 8 « rationnalités » ? (qui s’annulent, s’anéantissent et pas de perspective -court-circuit ?- …)

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