Les glaneurs

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Vous aurez noté le fossé qui va se creusant entre les commentaires lénifiants de la presse selon qui, si tout ne va pas bien, tout va en tout cas beaucoup mieux, et les commentaires de plus en plus apocalyptiques des blogueurs – dont je suis.

C’est que pour nous, blogueurs, notre crédibilité est en jeu. La pièce du « tout va bien » est essentiellement écrite en ce moment aux États–Unis mais il n’y a pas critique plus sévère pour un auteur que des spectateurs riant à contretemps. Mr. Geithner, Secrétaire au Trésor américain, l’a appris à ses dépens quand les étudiants de l’université de Pékin se sont esclaffés à sa remarque que l’achat par la Chine de Bons du Trésor américains avaient été un excellent placement.

La crédibilité est cruciale aussi pour les hommes politiques. S’ils entendent durer bien entendu. C’est à cela qu’a dû penser Mr. Sarkozy quand il a affirmé il y a quelques jours devant le Bureau International du Travail à Genève qu’il est « chimérique et irresponsable de croire que les peuples subiront sans rien dire les conséquences de la crise ». Il avait ajouté : « On ne règlera rien si on ne règle pas d’abord la question du capitalisme financier qui impose à l’économie et à la société son propre système et ses propres normes ». C’est vrai. « Il faut tout revoir : la surveillance prudentielle des banques, la réglementation des hedge funds, les règles comptables, les modes de rémunération », avait-il encore déclaré. C’est vrai aussi. « La crise nous rend de nouveau libre d’imaginer. C’est le moment d’aller le plus loin possible », avait-il conclu. Comment mieux dire ?

Les Etats-Unis, qui dirigent aujourd’hui la claque du « tout va mieux », s’enferrent dans l’erreur. Dans leur « A New Financial Foundation », l’article du Washington Post où ils présentent le plan de supervision des institutions financières de l’administration Obama, Mrs. Summers et Geithner préconisent diverses mesures : une surveillance renforcée, comprise comme davantage d’informations autorisant davantage de laisser-faire, une meilleure protection des consommateurs contre les organismes de crédit, sans rien prévoir pour qu’ils aient moins à s’endetter, l’accent mis désormais sur le risque systémique plutôt que sur celui que présentent les entreprises individuelles, alors que les chaires prestigieuses d’économie de leurs universités continueront de prêcher l’individualisme méthodologique qui nie l’existence d’effets économiques globaux distincts de la somme des comportements individuels.

Face aux États–Unis, la Chine pratique depuis vingt ans l’art martial du Tai-Chi, dont le principe fondamental est d’utiliser pour le défaire, la force de son adversaire : détourner d’une chiquenaude son élan pour l’envoyer s’écraser sur un mur. La tactique lui a bien réussi lorsqu’elle était encore seule, elle s’avérera plus rentable encore étendue ces jours-ci à l’échelle du BRIC (Brésil-Russie-Inde-Chine), dont elle est le leader incontesté.

Et l’Europe dans tout ça ? On entend bien quelques rares voix : celle de Mme Merkel et celle donc de Mr. Sarkozy : « Je veux dire à tous les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne que l’Europe doit être exemplaire parce c’est ainsi qu’elle sera la plus fidèle à ses valeurs et qu’elle aura une chance de les faire partager », a affirmé celui-ci lors de cette même réunion à Genève. « La France veillera à ce qu’aucun débat ne soit enterré, à ce qu’aucune question ne soit éludée ». Dont acte.

Il reste en effet un monde à sauver mais pas simplement celui de l’entrepreneur-héros contre le spéculateur-canaille, comme l’entend le président français : un monde fait des peuples tout entiers, avec l’accent mis, pourquoi pas – une fois n’est pas coutume, sur ceux qui doivent se contenter de ramasser les restes : sur les glaneurs.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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75 réflexions sur « Les glaneurs »

  1. Comme vous le pointez, ce que dit Sarkozy depuis des mois est assez juste. Le problème, c’est qu’il est de plus en plus évident que nous sommes en face d’une machine de communication, qui si elle va dans votre sens, n’a strictement aucune application pratique. Je veux dire, Sarkozy peut faire toutes les grandes phrases et récupérer tous les discours d’Henri Guaino qu’il veut, tout son cercle relationnel est lié à la finance (en même, temps, le type est avocat d’affaires…) .

    Comment Sarkozy pourrait-il faire croire une seconde à ce qu’il prétend promouvoir vigoureusement quand n’importe qui peut constater que non seulement il est incapable de faire appliquer le quart du dixième de ces belles paroles au niveau national (par manque de volonté politique essentiellement, il suffit de voir la méthode « hors-bilan & prêt non conditionné » appliquée quand nos banques réclamaient des sous) , mais qu’en plus la plupart de ses actions politiques visent à affaiblir des spécificités françaises positives en ces temps de crise (franchise médicale, RSA en période de chômage massif, heures supplémentaires défiscalisées, etc..) . Notre président est à la fois libéral et dirigiste économiquement (cela dépendant systématiquement du contexte politique et de qui est sa « tête pensante » du moment, sachant que les discours, eux, penchent toujours vers le dirigisme à cause d’Henri Guaino, souverainiste devant l’éternel) dans lequel il parle, tellement « pragmatique » , dans des revirements qui donnent le tournis à qui écoute ses discours et regarde ses actes depuis deux ans. Je plains les services diplomatiques internationaux…en espérant (pour eux) qu’ils aient compris que le ressort majeur de cet homme reste son auto-promotion.

  2. Bonjour Paul,

    Cela fait six mois que je suis un lecteur assidu de votre blog et les interruptions volontaires que vous avez subies, en me privant de vos billets et de ceux de François, m’ont fait prendre conscience à quel point vous étiez devenu une source d’information précieuse. J’espère que vous continuerez longtemps ce que vous faites.

    Vous avez écrit dans ce billet que la gouvernement américain persistait dans l’erreur. Pourquoi selon vous ? Certes, Geithner et Summers sont proches de Wall Street. Mais cela ne constitue pas une réponse suffisante. J’imagine que ces personnes croient sincèrement ( je l’espère) en leur action.

    Par conséquent, j’en viens à poser cette question : quelle est leur vision du monde ? Quelles sont leurs convictions politiques, morales et philosophiques qui déterminent leur action qui, in fine, se contente d’essayer de réparer la machine pour qu’elle reparte de plus belle ?

  3. Sarkozy n’est qu’une girouette verbale. Ou le pilote d’un état qui peut pratiquer le looping des idées dans un espace politique vide de toute opposition aux idées construites. Peut être que les verts sont ceux qui ont le plus une vision long terme, mais leur couleur avait hélas une fâcheuse tendance jusqu’à peu à faire oublier de prêter attention à leur discours.

    Sur notre petit Nicolas, Rien dans ses comportements, ses raisonnements à raccourcis et simplification systématiques, ses outrages, ses mobilisations forcées de la dernière heure, ses affinités, son goût mal dissimulé du pouvoir et du luxe, pire son programme et sa politique ne font penser à un homme sain dans sa tête et franc dans ses idées.
    Développement durable, partage, régulation financière, écologie, humanisme ne sont que des escabeaux qu’il utilisera en fonction des besoins les piétinants avec le même aplomb le sur-lendemain, comblant ça et là bruyamment la vacuité des idées et visions long terme dont font preuve les dirigeants du monde devant le désastre qui se répand.

    Paul si vous démarrez aujourd’hui l’inventaire, du gloubi-boulga de l’idéation du président, vous allez perdre un temps précieux.

  4. @ Moktarama

    Vous avez raison. Sarkozy est le roi du double discours. C’est lui que les Guignols auraient du appeler « Supermenteur ».

  5. Arrêter de parler de Sarkozy à Paul, sinon il va nous pondre une vidéo où il va se fâcher tout rouge. 😉

  6. Sarkozy est l’incarnation du principe du tiers inclus. Une chose peut-être ce qu’elle est et son contraire. C’est sarkoxymoron notre petit patapon.

  7. @tous
    il faut quand même avouer que le pékin moyen a quand même plus de chances de ramasser des miettes du côté des entreprises plutôt que du côté du système financier d’où l’intérêt d’avoir une part de gateau plus importante qui revienne vers les entreprises…
    sur ce bonne journée…

  8. Sarko est un récupérateur verbal.
    Il pique les meilleures idées, si possible démagogiques, et ne s’en sert qu’à des fins politiques, ne les appliquant que rarement.
    Gaino écrit, Sarko escamotte.

    Disparition des paradis fiscaux?
    Un avocat d’affaires entouré d’avocats d’affaires ne peut le vouloir.
    Lagarde,Devedjian,Borloo,Strauss-Kahn …y aurait pas des banques (Balladur?) derrière notre président?

  9. Excellentissime votre dernier billet sur « Les glaneurs ». (Le titre rime même avec glandeurs ! ceux que dénonçaient Sarkozy quand il visait les « assistés ».
    Vous voilà donc « revenu » en grande forme !

    Très bien amenée aussi votre façon de montrer les limites du discours sarkozien. La chute de votre billet fait mouche !
    La référence au tai’chi pour caractériser l’attitude chinoise est également très pertinente, car si en t’ai chi on ne touche pas l’adversaire on développe une acuité, une perception des déséquilibres qui s’établissent au sein des forces en présence, ce avec tout le corps, dont l’esprit est une dimension ou plutôt un raffinement.
    Les mouvements lents, assimilés par les occidentaux non avertis à des mouvements de gym tout juste bons pour les personnes agées, s’intègrent dans l’espace global d’un monde de transformations continues.
    Les grands maîtres du tai’chi seraient capables — dit-on — de faire tomber l’adversaire à distance, simplement en libérant le t’chi, invisible à l’oeil nu !
    Evidemment la Chine est très à l’aise avec la mondialisation et ses mouvements ! Elle joue habilement de tous les différentiels de potentiels, et ce au fur et à mesure de l’évolution d’une situation sur laquelle elle n’a pas d’idée préconçue, même si, par ailleurs, elle peut être aussi prisonnière d’un mode de développement productiviste calqué sur celui des occidentaux, sur lequel elle butera, elle aussi. A moins que, un changement de paradigme prenne de la consistance … y compris en Chine.

    Avez-vous un avis sur le cas Geithner ? Voilà un homme qui parle, dit-on, le mandarin, et a fait des études en « économie internationale et études est-asiatiques ».
    Il a joué un rôle important dans la crise asiatique de 97-98. Sa connaissance de la Chine pourrait-elle n’être que superficielle ? Je suppute que sa formation était avant tout en relations internationales et commerciale, et ne concernait pas la pensée chinoise en tant que telle. De même il travailla dans l’agence de Kissinger, certes un diplomate de haut vol, mais qui est surtout connu pour la théorie du containment (a moins que ce ne soit Mc Namara), laquelle n’est plus pertinente dans un monde globalisé.
    Ou bien ses déclarations ne sont-elles que de la mise en scène ? Ce degré d’aveuglement des autorités américaines me sidère.

  10. Pierre-Yves D. : « Ce degré d’aveuglement des autorités américaines me sidère. »

    Toujours comme ça en fin de régime. D’ailleurs s’ils n’étaient pas aveugles, il n’y aurait pas de fin de régime. 🙂

  11. J’avais rédigé ce message dès avoir pris connaisance des principaux passages de l’intervention de Sarkozy devant le B.I.T. à Genève et ne le modifie pas. J’attendais simplement qu’on y fasse allusion sur le blog de Paul.
    Effectivement, comme le disent plusieurs intervenants ici plus haut, Nicolas Sarkozy, sans doute par conseillers interposés, court après l’opinion et ne la rattrape pas…

    Extrait de Nicolas Sarkozy au Bureau International du Travail, Genève, le 15 juin 2009

    » La régulation de la mondialisation. Nicolas Sarkozy a plaidé avec force lundi pour une régulation de la mondialisation. «Il faut changer de modèle de croissance, il faut réguler la mondialisation», a-t-il lancé, ajoutant que «le monde ne peut pas être gouverné par la seule loi de l’offre et de la demande» et appelant de ses vœux «un système de règles qui tire tout le monde vers le haut au lieu de tirer chacun vers le bas».
    Le chef de l’Etat a en particulier souhaité que des règles internationales limitent le dumping social et environnemental. Pour les pays les moins développés, il a souhaité que ces règles s’accompagnent d’un renforcement de l’aide au développement.
    «Il faut tout revoir», a encore martelé Nicolas Sarkozy, énumérant «la surveillance prudentielle des banques, la réglementation des hedges funds, les règles comptables, les modes de rémunération».
    » Les décisions du G20. Nicolas Sarkozy a tout à la fois défendu les décisions prises par le G20 le 2 avril à Londres, et enjoint à ne pas en réduire la portée. «Céder à cette tentation serait une faute historique», a-t-il lancé, appelant notamment les Etats-Unis à se montrer plus ambitieux.
    «Je le dis à tous les chefs d’Etat et de gouvernement du G20 : c’est pour chacun d’entre nous une responsabilité historique d’aller au bout de ce que nous avons entrepris, c’est une responsabilité historique de ne laisser aucun groupe de pression, aucune bureaucratie, aucun intérêt particulier y faire obstacle.»

    Sarkozy est en plein « socialisme », mixturé à la sauce « néo-libérale » (s’entend le néo libéralisme style années 1995-2007). Il croit en la « mondialisation » qu’il traite comme un socialisme, c’est logique, c’est ce qu’elle est d’ailleurs.
    Enfin, il dit qu’il faut « règlementer », et ce qu’il ne dit pas c’est que ce qu’il faut réglementer c’est ce qui a pu exister parce qu’on avait délibérément dérèglementé partout… Quelle contradiction majeure!… On a permi la maladie en déreglementant au maximum, et maintenant: réglementons la maladie… Autrement dit instaurons le socialisme avec les moyens du capitalisme. Les inconvénients de l’un, plus les inconvénients de l’autre. Cette révolution par en haut, et non pas par la rue car risquant d’échapper aux « intéressés », était pour l’essentiel le but politique de la société fabienne (la Société fabienne initiée par Bernard Shaw avec Sidney et Béatrice Webb) cette société qui accoucha plus tard du parti travailliste britannique dont Tony Blair fut le plus représentatif dans l’actualité encore récente et dont Sarkozy a pris le relais…

  12. Les hommes politiques mesurent leur pouvoir au nombre des faveurs qu’on vient leur demander (en plus).
    Maurice Druont

  13. @ Tous,

    Et si Paul et notre président avaient tous les deux raison et en final, se rejoignaient ?

    J’ai personnellement glané comme représenté par l’illustration choisie par Paul, à la main, dans les champs de mes voisins cultivateurs, après leurs moisons. A cette époque on se saluait respectueusement entre riches et pauvres et les encouragements que nous recevions de leur part, loin d’être perçus comme méprisants, nous faisait chaud au cœur. Ils respectaient les travailleurs que nous étions tout comme eux, même s’ils nous apparaissaient différents parce que nettement plus riches que nous. Ils avaient déjà des voitures…

    A l’immédiat après guerre, glaner n’était pas déshonorant pour les pauvres. C’était une voie possible pour améliorer sa situation sociale à condition de vouloir s’en donner la peine. Ma famille s’en est sortie grâce à une multitude d’activités du même ordre accessibles aux personnes plus entreprenantes que gémissantes. Il faut avouer qu’elle disposait, en dépit de sa grande pauvreté, d’un fond souverain redoutable. Elle avait en effet accumulé, au fil des générations de travailleurs pauvres, un capital moral colossal fondé sur la vénération du travail, le respect de la richesse des autres, le respect des autres tout simplement.
    De nos jours, et parfois sur ce blog, il me semble que trop de gens insatisfaits de leur situation s’en prennent un peu trop aux autres, surtout si ces derniers sont riches ou ont des amis riches. Pourquoi serait-ce un crime d’être riche ou d’avoir des amis riches ? Cela peut au contraire aider quand il s’agit de réorienter notre marche commune. Ces critiques a priori qu’on adresse à notre président me semblent inefficaces d’autant qu’il vénère le travail et montre l’exemple en glanant lui-même.
    C’est en effet un très grand glaneur. Il sait récupérer sur les champs bataille de ses opposants systématiques, le bon grain abandonné, les bonnes idées, les bonnes volontés et en général les bons éléments plus enclins à œuvrer au bien commun qu’au dénigrement systématique. De plus, il a derrière la tête une idée de politique de civilisation où la morale ne peut être absente.

    Alors bravo Paul pour avoir associé notre président à cette évocation des Glaneurs. Vous êtes dans le vrai !

  14. Deux langages, deux visages, telles sont les normes du grand système qui nous contrôle. Si vous voulez être dans la parade vous devez jouer le jeu. Tout va très bien madame la marquise!
    Pour peu qu’on gratte la surface, apparaît la réalité, la grande manipulation. À lire :Sarkozy Israël et les Juifs de Paul-Éric Blandur. Livre publié en Belgique, qui est malheureusement banni en France. Vous ne le retrouverai pas dans les librairies mais en passant par le site Votairenet. org.
    Ceux qui connaissent l’histoire des origines du capitalisme et son cheminement, puis l’arrivée du sionisme, peuvent facilement faire le lien entre la crise actuelle et ceux qui tordent la vérité… Aux États-Unis et en Europe.
    La vérité finit toujours par triompher!

  15. N’ayant semble-t-il pas la réputation de présenter une vision particulièrement optimiste de la situation, tant pour le court terme que pour plus tard, je me défie beaucoup de moi-même. De la tendance qui pourrai s’emparer de moi et m’inciter à peindre systématiquement tout en noir, me faisant perdre ma crédibilité, mais m’amenant aussi à penser que j’ai raconté des âneries…

    Bref, je ne me revendique pas de l’Apocalypse, encore qu’il y soit dit: « Écris donc ce que tu as vu, ce qui est, et ce qui doit arriver ensuite » (chapitre 1, verset 19). Et que le terme, traduit de l’hébreu nigla, signifie mise à nu, enlèvement du voile ou révélation (ma nouvelle science venant elle de wikipédia).

  16. @ jducac

    On se serrait même parfois la main à la sortie de la messe,
    entre riches et pauvres ! …
    C’était le bon temps.

  17. @ Jduca

    Des riches bienfaiteurs et de belles âmes il y en a toujours eu. Au XIX siècles les riches finançaient ce qu’on appelait alors les patronages ou les sociétés de bienfaisance. Cela avait une utilité indéniable, mais à coté de cela quelle misère noire !
    Ce n’était pas cher payé l’exploitation des travailleurs que de leur rendre la vie juste supportable. Et si ceux-ci ne s’étaient pas organisés pour avoir des salaires plus décents, où en serions-nous aujourd’hui ?

    Quant à notre président je trouve qu’il a une façon bien particulière de vénérer le travail lorsque qu’il accorde un bouclier fiscal aux plus riches d’entre-nous, lesquels se sont beaucoup enrichi en faisant simplement travailler leur argent en bourse ou en investissant dans l’immobilier, sans parler de certains salaires qu’aucune utilité sociale ne justifie, si ce n’est une habileté à faire des profits, lesquels, dit-on, doivent bénéficier au plus grand nombre, en contradiction flagrante avec la réalité des faits. La crise actuelle est d’abord une crise d’insolvabilité. D’où le recours aux expédients que sont les crédits à la consommation.
    La réalité de ces dernières décennies c’est que les classes moyennes et pauvres voient leurs salaires stagner, voire régresser, quand ils ont dû y consentir, ou tout simplement ont « perdu » leur travail ou accepter un travail précaire. S’il respectait tant le travail qu’il l’a annoncé Monsieur Sarkozy se dépêcherait de mettre en application sa proposition de rééquilibrage substantiel du partage des fruits du travail au profit des salariés dans la triade qu’ils forment avec entrepreneurs et investisseurs.

    Cela n’enlève rien à la justesse du discours fait par notre président au Bureau International du Travail.
    Mais des paroles aux actes il y a, je le crains, un monde, qui reste à construire.

  18. Qui peut vraiment savoir s’il est dans le vrai ou pas au regard de ce tableau le bon grain abandonné de tous ? Pourquoi serait-ce un crime que d’avoir encore un esprit de pauvreté de doute et de réflexion de nos jours si seulement ces critiques qu’on adresse parfois au Président retomber de temps en temps sur son électorat qui s’illusionne encore,
    sa gouvernance alors ne se montrerait pas toujours inefficace et dépensière aux yeux de beaucoup. Hélas l’amour du pouvoir conduit inévitablement à ne plus servir réellement une société différemment.

    L’homme désire plus vivement le pouvoir sur autrui à mesure qu’il en a moins sur lui-même.
    Louis de Bonald

    Tout pouvoir est une violence exercée sur les gens.
    Mikhaïl Boulgakov

    Donnez tout pouvoir à l’homme le plus vertueux qui soit, vous le verrez bientôt changer d’attitude.
    Hérodote ( qui s’en soucie encore de nos jours sans forcément tomber dans l’idolatrie )

    On est en droit de se poser la question de savoir si un parti au pouvoir adopte la même attitude que lorsqu’il n’y est pas. David Ben Gourion

    Il n’y a jamais eu qu’un moyen de se hisser au pouvoir, c’est de crier : Peuple, on te trompe ! Louis Latzarus

    Plus les talents d’un homme sont grands, plus il a le pouvoir de fourvoyer les autres. Aldous Huxley

    Le plus sûr moyen de ruiner un pays est de donner le pouvoir aux démagogues ( aux glaneurs ? ) Denys d’Halicarnasse

    De nos jours, la richesse, c’est le pouvoir ( Qui sont vraiment les glaneurs des écritures ? ) Jules-Paul Tardivel

    Les hommes politiques deviennent automatiquement pessimistes le jour où le jeu de bascule les éloigne du pouvoir.
    Ferdinand Bac

    Le pouvoir de l’homme s’est accru dans tous les domaines, excepté sur lui-même. Winston Churchill

    Un pouvoir est faible s’il ne tolère pas qu’on l’avertisse de ses erreurs. Pierre Dehaye

    Tout pouvoir excessif meurt par son excès même. Casimir Delavigne

    L’abus du pouvoir enfante tous les crimes ( pourvu que cela ne donne pas aussi de meilleures idées d’autoritatisme aux autres pour demain ). Jean-François de La Harpe

    C’est toujours sur une démission collective que les tyrans fondent leur puissance. Maurice Druon

    Le trafic d’influences constitue le pain quotidien du pouvoir. Jacques Attali

    Ne sous-estimez jamais le pouvoir de la stupidité humaine. Robert Heinlein ( du plus grand nombre aussi )

    Le pouvoir ne se partage pas. Jacques Chirac ( tel père tel fils dans la guerre des étoiles filantes ou pas ? )

    Quelqu’un que vous avez privé de tout n’est plus en votre pouvoir. Il est de nouveau entièrement libre.
    Alexandre Soljenitsyne

    Il s’agirait de voir jusqu’à quel point vont aller nos pouvoirs, à nous les hommes, car ils augmentent sans cesse, tandis que ceux de la nature diminuent d’autant. Charles-Ferdinand Ramuz

    Pour certains ayant des amis forts riches et puissants tout le monde bien sur ne peut-être dans le vrai ou être bon travailleur surtout au dénigrement systématique de celui qui en montre si souvent le bon exemple en société …

  19. @jduca
    Tant de détresse chagrine autour de nous;
    Des siècles et des siècles où la loi du plus fort nous offense  » glaner n’est pas déshonorant pour les pauvres »
    Un système qui ne valorise que le commerce et l’individualisme.
     » Pourquoi serait- ce un crime d’être riche » nenni ! un crime! au contraire cela fait pitié une telle ‘addiction AVOIR .
    A la chute du mur de Berlin, Isaac Asimov a écrit  » Dommage que la seule chose que nous ayons à leur apporter c’est COCA COLA ».
    jduca ,ce qui est terrible, c’est cette misére.

  20. jducac dit :
    17 juin 2009 à 13:13
    @ Tous,

    J’ai passé le plus clair de mon enfance dans un village alors peuplé de ~300 habitants très près de Lyon où mes parents avaient une petite maison et 0,7 hectare de terrain. C’était déjà un village dortoir, mais il y avait à l’époque encore 3 fermes en activité, plus quelques productions de vin maison, et même une société de chasse communale. Combien de fois ai-je glané aussi dans mon enfance! Glané du blé et l’on m’apprenaniat à faire du pain (pain au son s’entend) avec ma « moisson », glané aussi des raisins après les vendanges, grappes un peu ratées ou abîmées laissées par les vendangeurs. De même mon père qui soignait avec un zèle exemplaire le jardin potager (nous étions une famille nombreuse et fauchée) m’envoyait, moi le dernier de la famille, dans les rues et chemins du village avec une pelle et une brouette ramasser précieusement les bouses de vaches (il devait y en avoir une quinzaine dans le coin) et le crotin de cheval, il y avait, encore en service, deux chevaux de ferme, c’était de l’engrais pour le jardin potager.
    Je ne m’imaginais vraiment pas à ce moment bien lointain que j’étais aussi en avance! J’en suis vraiment ému et très fier!

  21. @ Jducac

    C’est amusant, votre discours, j’avais exactement le même problème quand je discutais avec joli-papa naguère.

    Pour situer : moi du côté des geignards et lui du côté des valeureux : les 1% de fils d’ouvriers qui au bon temps des trente glorieuses servaient de légitimation à l’illusion de la promotion sociale, quand il s’agissait juste de pourvoir aux nécessaires rouages de l’économie et de relancer la machine, pour faire bref. En bon petit soldat qu’il était, docile, devenu chef d’établissement. Quelle réussite ! Il suffit d’obéir et de ne pas faire de vagues…

    Incapacité radicale à s’entendre sur les termes du problème. Son expérience et ses cadres de pensée eux-mêmes ne lui permettant pas – plus – de penser le monde qui est le nôtre, maintenant, avec ses réalités (chômage de masse, dévalorisation des diplômes : bac+3 pour la caissière, salaires maintenus au ras des pâquerettes…). Vous êtes bercé des illusions du système et célébrez votre joug : « aux personnes plus entreprenantes que gémissantes » ! mais par-là vous établissez la pérennité même de ce qui est l’objet de la critique des geignards dans mon genre.

    On devrait se contenter dignement des restes ? C’est bien cela qu’il faut entendre ? Retournez donc visionner « Parlons net » et demandez-vous si les 1 ou 2% de PIB partagés par 50% de la population ne sont pas les restes que ma dignité à moi – mais peut-être est-elle mal placée, allez savoir – m’empêche de trouver suffisants face aux 38% partagés par les 1% les plus riches. Ou cela doit-il être considéré comme normal ? Naturel ? Fatalité à laquelle il faudrait se résigner… dignement, si j’ai bien compris. Ce qui n’empêche pas de l’éprouver et de le vivre – on est toujours déjà dedans et de plus en plus tributaires (urbains, salariés) – mais certainement pas de s’en contenter, ni de s’en réjouir !

    Les geignards dans mon genre ne demandent pas la charité. Mais que le travail soit justement rémunéré et pensent qu’il est inacceptable que certains soient obligés de glaner quand d’autres s’étouffent avec leur richesse. Si la seule recherche du profit détruit l’emploi, maintient la précarité comme un outil de domination, en un mot produit et exploite la misère, rien n’est inutile quand il s’agit de s’indigner, dénoncer, informer et démonter cet « ordre naturel » que vous acceptez.

    Pour terminer sur la « glan(d)e » de notre bien aimé et vénéré omni-président, quelle est donc cette « politique de civilisation » à laquelle vous faites allusion (OTAN, Bases en Iran, quoi ?) ? Et quelle pourrait bien être sa « morale » sinon la « saine résurgence de notre très sainte mère l’église » (financement, collation des grades, atteintes à la laïcité répétées : voyez donc H. Pena-Ruiz à ce propos) doublée d’un utilitarisme ou pragmatisme quelconque, autrement dit : rien ? La valeur travail en ce qui me concerne dans une activité salariée c’est ma rémunération. Point. La « valeur » et tous ces arguments de réalisation personnelle, excusez-moi, mais ce n’est certainement pas dans un rapport de subordination et de loyauté imposé que je vais les chercher. Tout cela sent bon sa « morale citoyenne » si vous voulez mon avis et participe de l’incompréhension de ma génération avec celle de joli-papa. Nous ne marchons plus dans ces pièges, c’est sans doute le « cynisme » ou « l’incivilité » ou la « punk attitude » que l’on nous reproche tant.

    C’est tout le mérite de cette crise : faire apparaître ce système pour ce qu’il est, une énorme arnaque tournant toujours au profit des mêmes sous un fallacieux vernis démocratique. Mais peut-être qu’un âge critique est enfin venu et qu’internet est son outil… On peut toujours rêver. Ce qui fait de nous des geignards et de vous des valeureux…

  22. L’argent est un bon serviteur et un mauvais maître…
    On peut être riche et n’avoir aucune addiction à l’AVOIR…
    Je vous le concède cela deviens de plus en plus rare dans cette société qui a poussé le culte de la possession à son paroxysme, mais on peut être riche et vouloir faire travailler le plus de monde possible avec cet argent au sein d’une entreprise et en faire profiter toute la communauté…Alors qu’il était bien plus simple et lucratif jusqu’à maintenant d’introduire sa fortune dans le système financier avec le résultat que nous connaissons aujourd’hui sans en faire profiter quiconque.
    Le fait d’arriver à garder des entrepreneurs dans une société est vital pour celle ci.
    L’avidité et l’égoïsme sont les problèmes à la situation que nous connaissons aujourd’hui certainement pas la richesse en elle même…
    COCA COLA résulte de cela et de rien d’autre…

  23. @ François Leclerc

    Je vous propose une expérience médicale :prenez du prozac et écrivez une rubrique que l’on comparera aux autres. 😉

  24. @Pjorion

    1/La Chine se déleste de ses dollars en achetant des matières premières et des sociétés (hors de son sol).
    Ils préfèrent diversifier leurs actifs, ce qui est compréhensible.
    Cependant, malgré un plan de relance axé sur la demande intérieure, ils restent vulnérables.

    En effet, le flux des travailleurs provenant des campagnes se deverssent toujours dans les grandes villes chinoises….mais cette fois ci ils ne trouvent pas de travail…..La chine s’est engagé à trouver du travail aux étudiants (80% resterait sur le carreau à cause de la crise), signe que ça va mal aussi sur le marché du travail qualifié.

    N’oublions pas que toutes les révolutions chinoises proviennent des campagnes….or on meurt de faim dans les campagnes chinoises!!!

    2/Que pensez vous du GEAB N°36? et quelles conséquences pour l’europe?

    3/ En zone Euro déflation ou inflation (comme nos amis etanusiens)?

  25. @ 2Casa

    J’ai cité les chiffres de mémoire sur Parlons net.

    États–Unis 2001 :

    50% les plus pauvres : 2,8 % du patrimoine
    1 % le plus riche : 32,7 % du patrimoine.

    Cf. Vers la crise du capitalisme américain ? La Découverte 2007 : 123.

  26. ” Que peut-il ? Tout. Qu’a-t-il fait ? Rien.

    Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l’Europe peut-être.

    Seulement voilà, il a pris la France et n’en sait rien faire. Dieu sait pourtant que le Président se démène : il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c’est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! cette roue tourne à vide.

    L’homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux.

    Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir.

    Il a pour lui l’argent, l’agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort. Il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse.

    Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve énorme, il est impossible que l’esprit n’éprouve pas quelque surprise.

    On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l’insulte et la bafoue ! Triste spectacle que celui du galop, à travers l’absurde, d’un homme médiocre échappé “.

    Victor Hugo, dans “Napoléon, le petit”
    Toute ressemblance avec un personnage connu est fortuite ?

  27. @ dtx
     » L’avidité et l’égoïsme sont les problèmes à la situation que nous connaissons aujourd’hui »
    SEULEMENT » AUJOURD’HUI « ?

  28. jducac dit : « C’est en effet un très grand glaneur ».

    J’ai bien peur que non, le glaneur se baisse pour ramasser, c’est un geste empreint d’humilité alors que celui que vous désignez ne fait que bomber le torse. Il parade fièrement dans sa tenue de caméléon et monte à la tribune nous asséner des leçons de morale tirées des abus et dérives du moment.

  29. Comme à chaque fois dès que l’on parle de M Sarkozy c’est la foire d’empoigne!..
    Il est vrai que de la parole aux actes il y a un pas qui est difficile à franchir, certes…
    mais pouvons nous lui en faire vraiment grief?
    Même M Obama qui a pourtant bien plus de poids politique n’arrive pas à dire ou à faire quoi que ce soit…
    Ligoté qu’il est par la puissance de l’oligarchie financière qui a fagocité tout le système et miné nos pauvres démocraties…
    en attendant nous pouvons toujours douter de la sincérité ou mettre en avant l’ opportunisme de M Sarkozy mais en tout cas il y a des paroles que seuls disent certains leaders européens et d’autre pas.
    C’est juste un constat.

  30. Sarkozy parle comme s’il était un bloggeur sans pouvoir.
    Il répète pleins d’idée communes et/ou évidentes y ajoute un ton de vierge offensée, et voilà c’est tout. On dirait qu’il n’est pas président de la République, qu’il n’a aucun pouvoir, qu’il n’est qu’un simple spectateur.
    Rappelons-nous que Sarkozy était ministre de l’économie avant d’être président. Dans toutes les tâches qu’il fait c’est toujours la même chose: paroles vides, ZERO action. D’ailleurs c’est une évidence qu’il ne comprends strictement rien à l’économie ce qui explique ses propos sans cesse contradictoire sur le sujet.

    Ce qu’on aimerait crier à Sarkozy pendant qu’il parle: POURQUOI NE LE FAITES-VOUS PAS! Mais en fait tout le monde sait pourquoi: parce qu’il veut protéger ceux qui le financent et qui lui offriront des postes aux bonis mirobolants par la suite. Il vaut bien mieux, et c’est beaucoup plus facile, de mettre tout en oeuvre (jusqu’au ridicule) pour pourchasser des « criminels » qui volent 1 euro pour une chanson downloadée que de pourchasser d’autres (vrais) criminels qui se mettent entre 1 millions et 1 milliard dans leur poche mais qui ont des bons avocats et pour qui Sarkozy n’est qu’un petit pion qu’on manipule à souhait avec des carottes.

    Quant à Attali, laissez-moi rire. Il a été très effectivement et habillement « castré » par Sarkozy qui l’a mis en charge de sa commission de réforme bidon en échange de bons émoluments et d’un lift pour son ego. Personne ici n’est dupe.

  31. La puissance de ceux qui voudraient que rien ne change (oligarchie financière) est encore bien trop importante pour contenter ceux qui voudraient que cela change d’où cette impression d’impuissance de certains politiques.
    L’interêt que le système financier actuel se brise afin de pouvoir esperer enfin un changement est à portée de mains et à en croire Paul c’est pour bientôt…
    Laissons faire ce rebond fictif des bourses, nous n’avons, à mon avis, encore rien vu de la future grande dégringolade…
    @+

  32. Si dans le futur proche , les grains ou végétaux qui restent à glaner sont issus de l’agriculture OGM , on n’a pas fini d’être asservi.

  33. Les hommes politiques pratiquent pour certains au plus haut point l’art de la rhétorique. Dans l’antiquité grecque la rhétorique était aussi un art de l’ésthétique, un beau discours était apprécié comme une belle sculpture.
    Monsieur Sarkozy est un artiste…
    Monsieur Jorion, puisque vous avez de nouveau internet, prenez un peu de temps pour rechercer les discours tenus par monsieur Sarkozy pendant la campagne présidentielle (les Français doivent s’endetter plus notamment pour devenir propriétaires), puis pendant les premiers mois de sa fonction (Président Bush, vous êtes un homme formidable!!!). Au printemps 2008 il a fait un discours remarqué lors de sa visite au Royaume Uni en célébrant le modèle britannique.
    Et les juristes spécialisés en droit des affaires (droit des sociétés, droit commercial, droit fiscal etc..) dont je suis ont pu constaté et constatent encore les coups de boutoirs quasi-quotidiens donnés à la règlementation qui encadrent encore un peu les activités économiques. Avez-vous entendu parler des projets concernant la dépénalisation du droit des affaires? Si vous le souhaitez je vous apporterai quelques précisions…histoire de sortir des blagues moyennement rigolotes ou haineuses sur monsieur Sarkozy. Tirons les fils de ses vêtements jusqu’à ce que la vérité apparaisse: le Roi est nu…

  34. Plus fort que les « spéculateurs -canailles » , British Airways ,  » entrepreneur -héros « , vient d’inventer le travail gratuit .

    Y a même plus rien à glaner .

  35. Je n’aime pas votre billet!
    Je suis comme 2Casa, je refuse d’etre et d’accepter d’etre un glaneur. Je veux une remuneration juste de mon travail un point c’est tout.

    Votre article est mauvais, je suis desole de vous le dire droit dans les yeux.

    Vous parlez du double son de cloche concernant la situation economique.
    C’est vrai que l’establishment americaine ment au monde mais il n’ont pas le choix. C’est vrai que certains bloguent sont les apotres de la catastrophe imminente. Il y a quand des gens entre ces deux clivages.Lisez ce-ci par exemple
    The U.S. economy will not recover until the end of this year, and even then growth will remain meek and vulnerable to higher interest rates and commodity prices, economist Nouriel Roubini said yesterday. Mr. Roubini, who rose to prominence for predicting the global credit crisis, tore down the « green shoots » theory that a rebound is imminent, saying there was a significant risk of a « double-dip » recession where the economy expands slightly only to begin contracting again. « In addition to green shoots there are also yellow weeds, » he told the Reuters Investment Outlook Summit in New York. He pointed to the growing divergence between business sentiment surveys, which have been improving in recent months, and industrial production, which is down sharply and receded another 1.1 per cent in May.

    Ensuite vous passez a cette nouvelle ecomonie ou il n’y aurait pas de honte a etre un glaneur. Votre article est trop long ou trop court et paert dans tous les sens ; desole de vous le faire observer.

    Merci

  36. N’essayons pas de juger ce que M Sarkozy a pu dire ou faire dans le passé avant que cette crise n’explose, celle ci a brouillé tous les repères habituels…
    Nous ne pouvons nous en tenir qu’à ce qu’il dit en ce moment au sujet de cette crise et force est de constater que que ce qu’il dit va quand même dans le bon sens et n’est pas dit par beaucoup de monde…
    nous jugerons des actes par la suite …S’il y en a… c’est à mon avis juste ce qu’a voulu dire Paul

  37. Comme quoi l’analyse ne conduit pas à la synthèse.
    Vous avez déja réussi du 1er coup à choper une mouche vous ?

  38. @jducac: Après le « travailler plus pour gagner plus », voici le « rien de tel que faire les poubelles pour gravir l’échelle sociale »? Fallait oser, Sarko l’a fait. 🙂

    @John Barleykorn : « Ensuite vous passez a cette nouvelle ecomonie ou il n’y aurait pas de honte a etre un glaneur.  »

    Vous avez mal lu. La remise au goût du jour du glanage c’est plutôt jducac et Sarko. 🙂

    http://www.lexpress.fr/actualite/societe/qui-sont-les-glaneurs_736451.html

  39. @dtx

    J’ai bien compris le billet de Paul Jorion » Il reste en effet un monde à sauver mais pas simplement celui de l’entrepreneur-héros contre le spéculateur-canaille, comme l’entend le président français : un monde fait des peuples tout entiers, avec l’accent mis, pourquoi pas – une fois n’est pas coutume, sur ceux qui doivent se contenter de ramasser les restes : sur les glaneurs »
    .c’était votre réponse qui me chagrinait….. .ne pas envier les riches et patati et patata……. nous n’en sommes plus là, je crois.

  40. @ John Barleykorn

    Vous vous méprenez sur le sens du mot « glaneurs » dans le billet.
    Paul ne dit pas que la nouvelle économie consiste à glaner ce qu’il reste. C’est même rigoureusement l’inverse qu’il souhaite.

    Ce que l’on glane c’est ce qu’on ramasse quand on a rien d’autre à se mettre sous la dent ou quand le travail que l’on a ne nourrit pas suffisamment son homme. Autrement dit, dans la situation actuelle, les « glaneurs » sont les gens, de plus en plus nombreux, qui ne recueillent que les miettes de l’activité économique globale. Bref, en disant que des gens sont amenés à « glaner » Paul dresse le constat des inégalités sociales générées pas un système économique inique.

    La nouvelle économie c’est tout autre chose. En lisant Paul je n’ai pas eu l’impression qu’il prône une économie de la survie, c’est même tout le contraire. Et c’est bien pour cela qu’il n’aime pas l’idée de décroissance. Paul, et nous tous ici, comme vous, voulons une économie authentique, avec une production de richesses réparties plus équitablement et de vrais salaires.

    Ceci dit, je ne vois pas en quoi il faudrait avoir honte de glaner lorsque, en temps de crise, ne reste plus que cette solution pour (sur)vivre.
    Et même; en temps « normal », c’est plutôt bien que soient glanés des épis de blé ou des pommes de terre (j’ai vu cela à la campagne dans le nord de la France, et cela se pratique encore il me semble) qui sinon seraient perdus.

  41. @ pierre yves D.
    Avec votre precision j’y voit plus clair car cette derniere phrase a propos du « glaneur » venait comme un cheveu dans la soupe.

    Ceci dit je n’aime toujours pas ce texte car il place l’individu dans un role passif.

    En fait en ecrivant ces lignes je viens de realiser que ce que je deteste dans ce texte, c’est la veracite de la conclusion; le fait que nous n’ayons plus d’autre solution.

    Moi qui pensait que l’Homme avait toujours le choix qu’il pouvait toujours trouver une porte de sortie, imaginez la chute.

    Restons positif et partons a la peche.

    Merci

  42. @Guylaine
    excusez moi mais je ne vois pas vraiment d’autres solutions que de passer par les entreprises pour arriver à ce que les glaneurs aient plus à glaner si vous avez d’autres solutions je suis à votre écoute…
    @+

  43. Discours de notre PDG (depuis 6 mois) aujourd’hui et moins langue de bois que les précédents:

    – crise économique longue et dure
    – crise en W
    – au moins jusqu’à fin 2010 le chômage de mois en mois va exploser et croitre
    – Le dollar va tôt ou tard dévaluer

    voilà les autres nouvelles, pas forcément exécrables d’ailleurs, concernaient la boite
    cdlt

  44. A propos des glaneurs et des glaneuses… (ne pas oublier de revoir le film d’Agnès Varda)

    Dans l’ancien régime on avait interdit le glanage, cette tradition qui autorisait les pauvres à entrer dans les champs quelques jours après la moisson pour y ramasser ce qui n’avait pas été récolté, qu’on assimilait à un vol

    La Révolution a rétabli ce droit, qui était d’ailleurs bien réglementé

    En fait, les glaneuses ne volaient pas, elles avaient une autre fonction que les nobles propriétaires eurent tort de négliger – ce qui peut-être précipita leur chute (sait-on jamais, l’effet papillon)

    Elles ramassaient surtout les épis les plus lourds dont le poids faisait ployer les tiges que les faux couchaient et ne pouvaient couper

    Or ces épis portaient les meilleurs grains, les plus gros, elles les échangeaient contre de la farine

    Le champ était d’un côté exploité par une économie productive, d’un autre côté il était réensemencé par le glanage qui exploitait… les défauts de cette économie !

    Belle fable d’écologie humaine non ?

  45. 2Casa :

    « La valeur travail en ce qui me concerne dans une activité salariée c’est ma rémunération. Point.  »

    Frappé au coin du bon sens, mais qui évalue la valeur de la rémunération, dans le capitalisme ?

    Le capitaliste.
    Pourquoi ?
    Parce qu’il est propriétaire des moyens de production, le salarié n’ayant que sa force de travail.
    Si le propriétaire ne gagne pas ce qu’il compte, il cherche ailleurs ou ferme boutique.

  46. Pour ce qui est des riches la plupart aujourd’hui ne le doivent pas à leur propre travail cela n’était valable que pour la plupart juste après une guerre, déjà pas tous, mais pas trois ou quatre générations plus tard ! A la limite que peut t-on leur reprocher dans ce cas là ? Pourquoi ne nous expliqueraient t-ils pas que comme eux c’est mieux de ne pas travailler surtout que eux confondent facilement richesse et la valeur morale (un don divin peut être ?). La valeur morale du travail ne vaut t-elle pas que pour les pauvres qui y croiraient comme des dévôts volant leur voisin mais allant à la messe ! Et puis peut on parler de travail si tout ce que l’on fait pour travailler est polluant (voiture etc…) et ce que l’on gagne ne peut être dépensé qu’en nécessaire (mais emballé surtout) pour une faible part et superflu polluant encore une fois. On peut certes avoir un salaire mais on ne peut rien s’acheter d’intéressant et abordable donc il ne faut pas confondre travail et occupation frénétique stupide et polluante même si elle en a socialement le nom qui au point de vue moral a plus à voir avec la bêtise que la valeur. Le travail a eu plusieurs définitions dans le dictionnaire et la définition même a fortement varié si ce n’est depuis la dernière guerre (il faut aimer les livres et savoir plutôt que croire). Au départ le travail était l’action a effectuer en vue d’obtenir un résultat (positif). Le résultat était le sens du travail et non l’action qui elle n’était finalement qu’ anecdotique ! Mais aujourd’hui c’est principalement une occupation reconnue socialement et rémunérée. Alors peut être y avait il, il y a encore 60 ans, une valeur morale associée là où aujourd’hui il n’ y en aurait plus qu’un mot phonétiquement similaire mais plus du tout le sens. On peut dire aujourd’hui qu’un footballeur travaille là où il y a cinquante ans cela aurait été un non sens complet voire même incompréhensible (il faisait du sport c’est tout). Et cela pour plein d’ « occupations sociales » (je ne mets pas de jugement de valeur) aujourd’hui dénommées travail ! Donc si historiquement nos ancêtres voyait une valeur morale c’est bien dans le résultat positif (ancien sens) obtenu et pas dans le fait d’être rémunéré ou de s’occuper (nouveau seul sens) sachant qu’il n’y a hélàs pas de relation franche de cause à effet. Le même mot désignait historiquement un BUT là où aujourd’hui il n’en même plus que rarement le moyen !!!

  47. L utilisation du terme glanage et les reactions qu il entraine me pousse a reagir.

    En effet, la supression progressive du glanage en particulier a la fin du 18eme siecle sous l impulsion
    du courant philosophique/economique des physiocrates ( voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Physiocrate par ailleurs une des premiere ecole de pensee economique en tant que telle)
    marque aussi une revolution agricole d importance permettant d augmenter les rendements de maniere considerable, et ainsi de « liberer des actifs », se traduisant dans les faits par un afflux de travailleurs non qualifies dans les villes.
    Capable de nourrir la revolution industrielle.
    En effet, la supression du glanage en tat que pratique agricole ( aussi appelle phenomene des enclosures, voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_des_enclosures )
    Concernant principalement la possibilite auparavant interdite pour un agriculteur ou un proprietaire d enclore ses terres ( ce qui n etait pas du tout acquis a l origine!)
    afin de se liberer de la contrainte du collectif et de pouvoir mettre en place des pratiques agricoles innovantes pour l epoque comme des plantes sarclees ( sans rentrer dans les details agronomiques!) ou des engrais verts
    Le glanage etait en fait surtout celui des animaux autorises a paitre a peu pres n importe ou des lors que la recolte etait faite.
    Le glanage en tant que ramassage des restes par l homme est encors je crois autorise par la code rural.
    Ce mouvement de suppression du glanage avec enclosure des proprietes va de pair avec un fort mouvement d individualisme: Auparavant les communautes agricoles decidaient le plus souvent en commun l assolement ( rotation des cultures)
    et il n y avait pas de place laisse a l initiative personelle.

    Ce mouvement va aussi de pair avec un appauvrissement des classes les plus basses des societes rurales de l epoque, les sans terres vivant uniquement de leur force manuelle et de quelques animaux vivant de glanage.
    Il s accompagne aussi d une premiere mecanisation de l agriculture.

    Tout ceci forme en quelque sorte quelques uns des evennements de base de la revolution industrielle.
    On pourrait regretter la fin de telles pratiques mais il ne faut pas oublier que ces evolutions ont permis de liberer des hommes ( bien sur avec des ajustements sociaux douloureux)
    pour faire autre chose qu assurer leur subsistance directe: apparition d un secteur non agricole!

    On ne se rend pas assez compte de l influence de l agriculture sur les evolutions de nos societes et la mise en perspective que l on peut faire a ce sujet.

    On peut cependant noter que quand une civilisation detruit son environnement agricole et en particulier ses sols elle meurt:
    Civilisation de l ile de Paques, Mayas, empire romain probablement ( responsable d une degradation massive des sols des pays mediterraneen)…

    Si ces idees vous interessent je ne peux que vous conseiller la lecture de Histoire des agricultures du monde : Du néolithique à la crise contemporaine
    ( je n ai pas de lien avec les auteurs!)
    http://www.amazon.fr/Histoire-agricultures-monde-n%C3%A9olithique-contemporaine/dp/2020530619

    Qui mettent tres bien en perspectives par une approche d agroeconomiste les murs auquels notre civilisation fait face.

    Finalement la crise financiere et economique n est telle pas qu un phenomene accessoire au vu des challenges auquels notre civilisation fait face?

  48. « [La] sociologie économique [de Boisguilbert (1646-1714)], d’esprit presque marxiste, se fonde sur la distinction de deux classes sociales, les riches et les pauvres, dont il explique l’existence d’une façon qui allait devenir tout à fait courante durant le XVIIIe siècle. Par crime et violence [en fr.], les individus les plus forts s’emparent des moyens de production, puis décident de ne plus travailler ; de plus – idée très moderne que le lecteur ne manquera pas d’apprécier –, ces voleurs, devenus riches, tendent à accumuler de l’argent plutôt que des biens (l’argent thésaurisé, le « moloch du monde » !), contribuant par là à déprécier les richesses véritables et à perturber le courant de la vie économique. » (Joseph A. Schumpeter, Histoire de l’analyse économique, Tome I, 1983 [1954], Gallimard : 303).

  49. @John Barleykorn
    @ tous

    Concernant le débat sur l’omnipresident français :
    – élections presidentielles mai 2007 : 53% pour l’omnicandidat UMP
    – élections europeennes juin 2009 : 27 % pour UMP => l’omnipresident vainqueur
    – élections europeennes jui 2009 : pres de 70 % d’ABSTENSION !!!!! en pleine crise majeure.
    Alors, raz le bol de mes concitoyens qui se plaignent et sont incapables d’aller mettre un bulletin dans une urne .
    Et que l’on ne m’opposent pas les arguments-tartes-à-la-creme éculés, rebattus, rancis, du genre : la politique n’est plus credible, les élus sont responsables, les citoyens sanctionnent l’Europe, les citoyens sont desabusés …

    MOI, J’EN AI RAZ LE BOL DES CITOYENS IRRESPONSABLES, DERESPONSABILISES ET PASSIFS !

    Je rêve qu’une femme ou un homme politique ose, sans langue de bois, renvoyer le citoyen-consummeriste à sa propre responsabilité.

  50. Jducac a connu le glanage et dit : « A cette époque on se saluait respectueusement entre riches et pauvres »

    Moi aussi. Les riches nous saluaient, certes. Mais respectueusement… faut l’dire vite. Extrait de mon deuxième livre :

    Les Châtelains. Ces gens dont il fallait appeler les enfants Mademoiselle ou Monsieur même s’ils n’avaient que l’âge de parader en landau bleu royal à grandes roues et filets dorés poussé par des nurses en blanc et de, comme tout jeune mortel ici-bas, emmerder leurs couches. Ces gens possédant notre vie, maîtres des terres qui nous exploitaient, terres qu’ils s’échangeaient au jeu l’hiver à Paris où ils tenaient hôtel particulier, n’occupant leurs châteaux de campagne qu’aux beaux jours pour y promener mollement falbalas, sloughis et jolis enfants enrubannés sous les frais ombrages de parcs aux bois exotiques et puissants. Nous ne les jalousions pas. Jalouser, c’est croire qu’on est privé d’un dû. Qu’aurions-nous exigé, gens de si peu tenus le nez hors la misère par ces bienfaiteurs donnant sans cesse et le faisant savoir : vitraux armoriés à l’église, pain aux pauvres à la sortie de leurs enterrements, et écoles bâties par nos pères qui, le bail l’ordonnait, devaient des journées gratuites à cela. Le mortier des murs était la sueur de ces ilotes, leurs cals aux mains et leurs reins brisés par les lourds moellons, qu’ils vieillissent pliés en deux, de ça et de tout. Ils avaient aussi charroyé les pierres dures des enceintes de Leurs parcs, paysages des nos impossibles rêves, plus volés que préservés par des kilomètres de hautes murailles, ces frontières qu’en fourmis aveugles ils avaient levées, ne les franchissant désormais que pour une nouvelle corvée.
    Peu alors auraient osé contester ces baux minés de conditions léonines. Oublions le métayage, cet engraissement proportionné au labeur du paysan, et voyons les sillons à labourer pour le maître, qu’il ait légumes à volonté. A qui timidement osa prier Madame sa baronne que l’arpent de terre nourrisse plutôt les siens, fut rétorqué d’un ton outré de dame patronnesse :
    – Mais enfin, mon pauvre Félix, avec quoi ferais-je mes charités ?
    Venu demander qu’au moins le loyer n’augmentât pas, tel père se vit reprocher le chocolat donné à sa progéniture – oh, une fois le temps, carré par carré millimétrés. Ce luxe gourmand était l’apanage de leurs goûters chics, quel scandale que les culs-terreux imitassent les sang-bleu, la Révolution allait revenir, n’en doutez pas !
    Certains tutoyaient leurs fermiers et vouvoyaient leurs chiens : voulez-vous descendre du canapé, Homer ? (Pas d’accent ni e oubliés pour ce king-charles à la babine hautaine venu de la meilleure gentry canine, non, sa maîtresse était une starlette américaine au pedigree incertain achetée en mariage afin de redonner du chic au vieux tableau). Celui-là, décorant mon parrain pour faits de guerre, l’accola d’un « tu » que même moi m’interdisais. Cet autre, inspectant ses fermes, restait à cheval au milieu des cours, et de haut chapitrait ses sujets tous alignés dans la crotte, de la benjamine à l’aîné bonnet baissé ou béret roulé par des mains soudain maladroites. Cette dernière, fort titrée, le boucher et sa bouchère prétendant nommer leur fille Marie-Hortense, fit savoir aux effrontés que ce prénom à soufflet était comme un bijou de famille et devait le rester : bonnes gens, bornez-vous à Josette, Huguette ou Ginette.
    Les plus arrogants étaient souvent de fraîche noblesse, révolutionnaire si on veut car acquise en solde aux Biens Nationaux une fois les aristos raccourcis, arrachée à la pointe de l’épée par des palefreniers d’Empire partageant les rapines de Napoléon, ou endossée par des chevaliers d’industrie rachetant tel titre à l’abandon, telle tour fendue mangée de lierre, telle pucelle de maigres dot et appas mais grands blason et particule. Les gueux enrichis ne valent rien, disait-on. Ces noblaillons-là, moins encore. Si nos révoltes étaient secrètes, il y avait parfois des explosions. Montrant la terre où il suait, Grand-père jeta un jour à Monsieur le Comte rubicond et furibond : « C’est pas toi qui as volé tout ça, c’est tes insectes ! » Paronymie avec ancêtres aussi involontaire que révélatrice du souverain mépris où ce fermier de père en fils tenait son parvenu de seigneur. Quelques hobereaux arboraient leur nom articulé comme Isadora Duncan son écharpe : le plus long possible. D’autres le retaillaient ; non qu’ils voulussent danser le menuet de la modestie, mais le début supprimé dudit nom, et de la lignée, venait du marais de la bien banale roture, si pas triviale. Le nôtre avait ainsi escamoté une homonymie fâcheusement légumière.
    Et le jour où mon oncle enfant, monté au Château recevoir en toute humilité rituelle ses étrennes dans l’anonymat des jeunes récipiendaires accourus des fermes alentour, toucha un sac de billes : le maître n’avait pas vu qu’il portait enfin pantalon, qu’il ne fréquentait plus l’école et travaillait aux champs. Le petit paysan attendit d’avoir vidé les lieux tête basse pour, furieux, jeter le pochon.
    Quand leurs descendants convolaient en glorieuses noces, c’était carnaval à la sortie de l’église, comme le jour où ledit nôtre maria son héritier : foule des vilains abrutis de splendeur et contenus par un garde-champêtre obséquieux loin d’un parterre d’invités en grand tralala, spécialement une coquette soutane violette porteuse de la bénédiction vaticane, et la savoureuse queue-de-pie gris souris du marié ondulant de biais comme sur un bas-relief égyptien. La veille, il avait convoqué ses anciens petits camarades de jeu des fermes alentour :
    – Maintenant que je me marie, vous direz Monsieur Philippe.
    – De qui de quaï ? On t’appellera Fifi, comme avant ! T’es ben comme nous, t’as qu’un cul pour t’asseoir !
    A l’église, bancs clos et surélevés au premier rang ou dans une chapelle latérale les préservaient de la populace. Splendide isolement, comme au cimetière de C… où l’enceinte carrée présente une excroissance protégeant du vulgaire quelques dalles à particule grisonnées par le temps.
    Ils régentaient tout, et donc les esprits. Du bon journal à la bonne école et au bon commerce, gare aux indociles. Leurs fermiers se montraient parfois aussi liberticides. Le forgeron ayant eu le toupet d’envoyer son fils à l’école du Diable (avec Vulcain pour saint patron, étonnez-vous), mon père illico lui annonça :
    – Tu mets ton gars à la laïque, dame, t’auras pus ma pratique !
    Les Inventaires, où les héritiers des Bleus et des Blancs s’étaient violemment affrontés peu d’années avant, infestaient toujours les cerveaux et les cœurs.
    Les plus lucides virent venir la fin de leur temps. Les plus futés surent prendre le train du changement – dont certains souffrirent, comme celui qui philosophait : il existe pour nous trois moyens de se ruiner, les femmes, les chevaux et l’agriculture, ce dernier étant le moins agréable et le plus rapide (les ayant tâtés tous, il parlait d’or).
    Pas les plus rigides. Au fermier venu mendier quelque obole pour le fils qu’il voulait envoyer au collège, son nobliau répondit du haut de ses guêtres :
    – Oh, Baptiste, à quoi bon l’école ? Ces petites mains-là, c’est tout ce qu’il faut pour arracher les ravenelles dans les choux !
    Sentaient-ils que les études pouvaient ouvrir des portes, débrouiller des esprits, transformer l’ancestrale résignation en fierté ou colère. Seuls les candidats au sacerdoce issus de familles honnêtes voyaient parfois flotter les cordons de leur bourse. Un placement, quoi.

    Il y en eut de pittoresques. Tel celui qui, montant souvent conter soubrette à la ville discrète, trouvait beau que son fiacre stoppe comme par magie devant cet accueillant café à l’enseigne en vers de mirliton : A Curette, On s’arrête. Disons plutôt que le cocher savait prévoir la pépie nobiliaire – et voir la fatigue des chevaux. Le bon Albert devenu des années après chauffeur en peau de bique d’une fumante torpédo, le miracle perdurait : l’automobile imitait le fiacre !
    Sa fin amusa moins. Assoiffé aussi d’amours agricoles, il voulut trinquer après l’âge de raison et, le sang trop chauffé par une accorte fermière, mourut sur un tas de fumier.

    Il y en eut de vraiment nobles, capables de bâtir des fermes belles, modernes et propres, laisser le train éventrer leurs propriétés de sa vapeur fuligineuse, ou se découvrir devant la plus humble domestique.
    Pas chez nous.

  51. @ clémence Dardenne

    Je n’en ai pas la certitude mais je pense que si l’on faisait un sondage on verrait que la plus grande part des lecteurs de ce blog
    vont voter. Ce sont, majoritairement, les couches populaires qui ne sont pas allé voter aux européennes ! Mais comment le leur reprocher quand les grands médias proclament d’avance et en boucle que le taux d’abstention sera élevé. Et d’interroger les politiques de ce qu’ils pensent de tel concurrent, de ses chances aux prochaines présidentielles, de sa stratégie électorale, plutôt que de les interroger de façon rigoureuse sur les enjeux européens proprement dits, et le poids de décisions précises prises à Bruxelles ou Strasbourg sur la vie économique et sociale nationales ?

    Le pouvoir médiatique — je devrais dire financier — n’incite pas à la mobilisation et à la réflexion. Toute idée forte est noyée dans un magma de propos insipides ou anecdotiques qui donnent toutes les apparences d’une absence d’enjeu et ôtent toute cohérence aux propos des politiques, lesquels sont comme de pièces d’un puzzle qu’il s’agit de reconstituer.
    Il faut avoir une bonne culture politique pour déceler ces enjeux par delà les petites phrases. Les politiques sont prisonniers des enjeux électoraux alors pour faire avancer leur cause, même quand ils y croient, ils se positionnent pour être les mieux placés sur la ligne d’arrivée.
    Evidemment les sources d’information sont nombreuses. L’accès à Internet est quasi universel mais la société du spectacle fait diversion, et il faut avoir beaucoup de curiosité ou de révolte positive en soi pour aller chercher l’information et penser que chaque vote compte.

  52. @clemence Daerdenne

    Quelques faits :
    – La majorité des citoyens a voté NON au traité constitutionnel européen. Qu’à cela ne tienne, les députés ont voté OUI quelques mois plus tard.
    – Si l’on vote pour un parti minoritaire, le mode de scrutin fait que nous ne sommes pas représentés.
    – Obama, sur lequel tant d’espoirs se sont portés change-t-il la donne ? d’après Paul, il s’agirait de Bush III …
    – les hauts dirigeants des partis majoritaires (UMP et PS) sont prêts à se renier sasn hésiter pour un poste. Ils ne défendent ni des idées ni les gens. Quelques exemples : Pascal Lamy, un socialiste à la tête de l’OMC organisme quelque peu libéral, Dominique Strauss Khan proposé par Sarkozy pour diriger le FMI , Bernard kouchner, ministre de Sarkozy, Besson au ministère de l’immigration et de l’identité nationale… bref ils sont tous interchangeables.

    De mon point de vue, nous vivons dans une démocratie dévoyée, les dés sont pipés, par la manipulation de l’opinion publique (la fabrique du consentement). Ecoutez à ce sujet les émissions de Daniel Mermet sur Bernays ou Chomsky.
    Je vote à chaque élection, y compris la dernière, pour apporter mon soutien à des idées et des personnes, mais je sais pertinemment que mon vote ne sera pas pris en compte.
    Ouvrez les yeux, plutôt que d’accabler des citoyens qui ne font que constater leur impuissance lorsqu’ils jouent le jeu du vote, de la « démocratie », etc …

    Vous êtes une personne sincère, et de manière générale j’apprécie vos interventions sur ce blog, mais le système me parait bel et bien verrouillé.

  53. @Un Agro
    « Finalement la crise financière et économique n’est telle pas qu’un phénomène accessoire au vu des challenges auxquels notre civilisation fait face? »

    Il me semble que cette crise, aux conséquences gravissimes, est avant tout le révélateur d’une prise de conscience. Les acteurs les plus éclairés et les plus influents sur la marche du monde, ceux qui ont le plus exploité les propriétés extraordinaires qu’offre un capital, prennent peur. Ils ont pris conscience que les richesses de l’humanité, celles qui ont permis peu à peu à l’homme de se libérer de sa condition animale, sont en train de s’épuiser très rapidement du fait d’un accroissement très rapide de la population mondiale. Les matières premières non renouvelables, métaux, énergies fossiles, fertilité naturelle des sols, deviendront de plus en plus coûteuses parce que de plus en plus rares tant qu’on n’aura pas trouvé les moyens de les remplacer par d’autres sources accessibles à aussi bon marché. Le futur qui se profile à un horizon proche est donc nettement moins prometteur que le futur qui se présentait il y a 60 ans. Seul le Club de Rome s’en était préoccupé dans les années 70, sans que cela soit pris en considération.
    Le mieux que l’on puisse espérer est que ce renchérissement, auquel on ne pourra pas échapper, se passe sans déflagration mondiale ou nationale. Il est à mon avis illusoire de croire à une amélioration du niveau de vie moyen sur la planète. Au mieux, peut-on espérer un rééquilibrage mondial, dans lequel les pays les plus développés ont le plus à perdre. C’est d’autant plus vrai que notre pays et l’Europe sont très pauvres en ressources naturelles non renouvelables.
    Quelles aient été récoltées par travail de la terre ou par travail de glanage, les graines mises au sec dans les greniers des fourmis sont appelées à leur servir dans le futur. Les cigales qui rechignent à se baisser pour en ramasser tant que c’est possible, ne risquent-t-elles pas de le regretter. A moins qu’elles préfèrent s’en emparer d’une autre manière, certainement pas plus morale. Et pour rester avec La Fontaine, il ne me semble sage de ré-enseigner dans les écoles « Le laboureur et ses enfants ». Cela ne sera pas utile qu’à ceux qui envisagent un retour à la terre.
    http://www.revolution-lente.com/jean-marc-jancovici.php

  54. @ Un agro

    A propos des enclosures, mouvement qui démarra en Angleterre, et qui fut le préambule de la Révolution industrielle.
    Certes il libérait les paysans d’un certain esprit communautaire qui pouvait être envahissant et qui freinait l’innovation.
    Mais à quel « prix » ?
    Il brisa les liens de solidarité et mit sur le carreau des milliers de paysans pauvres qui n’avaient que les terres comunales pour vivre. Il sonnait aussi le glas de l’idée de biens collectifs constitués par la loi ou la coutume, celle qui fait tant défaut dans la réalité de l’économie dite libérale, qui considéra que la propriété individuelle était le sésame ouvre-toi d’un avenir radieux, celui de la richesse des nations supposée reposer sur le socle des intérêts individuels.

    Je ne suis pas certain que ces paysans y aient gagné au change en allant dans les usines fermées, ces véritables camps de travail, clos, et à la discipline de fer que la classe montante des entrepreneurs avaient ouverts pour les exploiter !
    Karl Polanyi, explique dans La grande transformation que ces paysans étaient si peu habitués au temps chronométré qu’il fallut aux entrepreneurs attendre la seconde génération, conditionnée au temps morcelé de l’industrie, pour obtenir des rendements intéressants. Les paysans enfermés, goûtaient peu à la discipline ! Il ne s’agit pas d’être nostalgique d’un ordre ancien, révolu, mais il faut reconnaître que le temps social des paysans n’était pas encore celui de l’utilitarisme, lequel est devenu l’idéologie de l’occident jusqu’à ce que, aujourd’hui, à la faveur d’une crise exceptionnelle, il soit battu en brèche, non plus seulement par la critique, mais par des faits.

    La première vague de paysans qui durent se résigner, ou furent forcés, à entrer dans ces camps de travail, n’avaient pas l’ardeur au travail requise par le productivisme naissant. Le calendrier chrétien comportait un nombre très important de jours chômés, et les paysans ne travaillaient pas plus qu’il ne leur était nécessaire pour vivre.

    Ce terrible épisode de l’histoire paysanne n’est pas simplement un fait historique, car il a toujours son actualité, partout dans le monde où des paysans sont chassés de leurs terres, le plus souvent au profit de riches exploitants agricoles, qui se soucient comme d’une guigne du monde rural, et sont prêts à toutes les innovations hasardeuses, pour leur seul profit, aidés le plus souvent par des pouvoirs locaux corrompus, ou la compromission de régimes qui ne pensent qu’à leurs juteuses exportations.

  55. @ Un peu de logique

    Désolé pour cette réponse lapidaire au petit matin.

    Ce que je cherchais à exprimer par la phrase que vous citez, ce ne sont pas les processus de détermination de la « valeur pécuniaire » d’un quelconque travail, en quoi je rejoindrais certainement à peu de choses près ce que vous en dites, mais l’amalgame qui est fait entre « valeur morale » et « travail ». Du type : « tu gagneras ton pain à la sueur de ton front » (religion) ou « le travail est un trésor » (moralisme) ou plus à la mode « la valeur travail » (démagogie politicienne).

    Il me semble que dans ce cas on ne fait que prétendre à des arguments moraux destinés à maintenir le « brave petit citoyen » dans les clous. Sachant que dans le salariat l’exploitation est la norme et que compte tenu du partage de la richesse il serait à mon sens de bon ton d’arrêter de prendre les gens pour des c… en leur fourguant le tout sous un enrobage moraliste bien suave.

    La distinction étant donc ici sur le terme de « valeur » qui ne recoupe pas les mêmes réalités.

    Une distinction similaire est sans doute nécessaire à effectuer pour éviter la tension avec le discours sur le « travail ». Peut-être entre « salariat » et « travail » ou entre « activité » et « travail » ce qui permettrait sûrement de fouler les mêmes chemins que jducac. Pour autant que l’acceptation passive de la situation – « c’est la vie, c’est comme ça » – ne préside pas à la réflexion.

    Non plus que les schèmes de pensée de joli-papa où, rentrant avec le certificat d’études dans une entreprise on pouvait décemment espérer une ascension. Ce qui, à mon avis, n’est nullement le fait d’un mérite personnel quelconque mais seulement d’une période de forte croissance (30 glorieuses, reconstruction…) où les places disponibles étaient nombreuses, point.

    Servant d’ailleurs parfaitement en cela l’illusion de la « méritocratie républicaine » où 1% de fils d’ouvriers pouvaient espérer quelque chose ! (En 2007 ils étaient encore 1 ou 2 % environ à entreprendre des études supérieures quand ils représentent 30% de la population…) Illusion que l’on retrouve aujourd’hui dans les mythes divers balancés par l’Education Nationale : égalité des chances par exemple.

    « L’égalité des chances c’est quand l’Etat promet que pour le lièvre et la tortue la ligne de départ est la même » !

    (Voir à ce propos le spectacle de Franck Lepage, « l’éducation populaire, monsieur, ils n’en ont pas voulu » petit bijou de dérision sur les mythes modernes véhiculés par l’éducation, entre autres, à l’adresse suivante : http://tvbruits.org/spip.php?article981 )

    @ Clémence Daerdenne

    J’admire votre fougue et votre engagement mais…

    …Pour finir de me mettre à dos tout le monde je dirai simplement que pas plus que la paresse (péché capital est-il besoin de le souligner ?!!) ne préside au chômage, la dé-responsabilisation ne préside à l’abstention. A cet égard merci à Lemar de rappeler que quelle que soit la complexité des textes et discussions présentés en 2005 (TCE) une majorité de Français (et même les catégories populaires) s’est exprimée et que l’on voit bien le peu de cas qui est fait de cette expression ! Alors de caution démocratique à tout ce bazar : point !

    Personne n’aurait donc remarqué que la politique est l’art de rebondir sur n’importe quelle situation pour la retourner à son avantage ? Voir en cela les exégèses savantes sur les scores à ces mêmes européennes : blablabla bla bla.

    @ Pierre-Yves D.

    Quelles idées fortes ? Quelle solide culture politique ? Quels enjeux au-delà des petites phrases ? Dans Europe écologie vous voulez dire ? Ou chez les socialistes ? Inutile d’évoquer l’UMP on sait pour qui ils roulent ! 🙁

  56. @pierre yves
    Oui, ce sont les couches populaires qui traditionnellement vont peu voter, mais aussi et SURTOUT massivement les jeunes (tous niveaux et couches sociales).
    Pourquoi le parti majoritaire qui tient toute la comm et la presse ne lutte t-il pas plus contre l’abstention ?
    Parce que : 1) 70% des electeurs votant à droite ont plus de 55 ans ; 2) les plus de 55 ans sont majoritairement inscrits sur les listes et votent ; 3) appeler à voter, battrait le rappel des jeunes qui , eux, votent plus à gauche.

    CQFD, La droite conservarice n’a aucune envie de se tirer une balle dans le pied, je les comprends.

    A chaque election depuis 2002, je suis présidente d’un bureau de vote parisien et je verifie ces tendances sur le terrain.

    Jusqu’à peu, je comprenais, tout en m’en inquietant, que les plus modestes et les plus jeunes remettent leur destin dans les mains des plus aisés et plus agées.

    Depuis, les Europeennes , en pleine crise qui va laminer les plus fragiles, ça me revolte que ceux qui ont peu ou rien fassent le choix de laisser les mieux servis, les plus nantis décider pour eux.
    C’est un blanc-seing, un tapis-rouge, un boulevard pour la casse sociale dont ils seront les premiers frappés.

    Je connais tous les arguments que vous evoquez et je les partage. Mais mon coup de gueule dénonce une tendance de fond qui banalise , encourage et excuse la deresponsabilisation de nombreux citoyens et qui les confortent dans un ideal de consummerisme beat et dans une passivité plaintive.

    @lemar
    L’argument du « NON » à la constitution dénié qui justifierait un choix d’abstention à CES elections Europeennes , en pleine crise majeure, historique, devastatrice est un argument faible et anachronique.

    L’argument des « élus tous pourris » est encore plus faible.

    Ce type d’argument, pour moi, fait partie du processus de deresponsabilisation banalisée des citoyens qui gagne du terrain de maniére inquietante et enterine l’idée fausse que la Démocratie est eternelle , acquise, évidente comme l’air que l’on respire.

    Alors, que les periodes de grande crise sur fond d’ideologie du moins d’état, moins de fonctionniaires, de loi de la jungle, on peut ajouter de pénurie , est une mise en danger de la démocratie et des plus fragiles.

    Alors,oui ça me revolte que pres de 70% des europeens ne soit pas aller voter et qu’ils valident par leur choix une gouvernance europeenne encore plus conservatrice au service des plus conservateurs.

    @pierre-yves : a dit
    « Je n’en ai pas la certitude mais je pense que si l’on faisait un sondage on verrait que la plus grande part des lecteurs de ce blog »

    Pierre Yves , ça me reconforte :=)

    @lemar
    bon, j’arrete, comme vous le voyez je suis colére et je ne suis pas sure que ce soit le moment, le lieu et l’endroit pour l’exprimer :=)

  57. alors voici la nouvelle trinité économique : « les investisseurs, les entrepreneurs et les glaneurs ».

  58. @ 2casa

    Si vous savez lire, vous pouvez savoir pour qui n’est pas allé mon bulletin de vote.
    C’est très facile à deviner 😉

    La politique ce n’est pas, — c’est ce que rappelle à juste titre Clémence Daerdenne — un marché, même si beaucoup de politiques agissent comme s’il fallait cibler des consommateurs politiques pour des produits électoraux.
    Pour cette raison même nous ne pouvons nous attendre à ce que les différents partis proposent des programmes idéaux, ceux qui correspondraient exactement à nos attentes. Sauf à faire la Révolution et couper des têtes, la politique est donc l’art du compromis.

    Mais ce n’est pas parce que les programmes politiques nous déçoivent, que les apparences médiatiques des politiques sont ce qu’elles sont, qu’il n’y a plus d’enjeu économiques, sociaux, écologiques. Je vous concède que l’Union a une inertie considérable, que les avancées se font au compte goutte. Mais il n’en demeure pas moins que des décisions sont prises au parlement européen et qu’il n’es pas indifférent que telle ou telle majorité soit confortée ou non.

    Quant aux idées fortes ce sont hélas souvent toujours les mêmes, je vous le concède. Mais il n’empêche que tout discours politique, derrière son coté anodin, voire son populisme, il y à une cohérence. Sarkozy, pour le nommer, applique son programme de démolition du modèle social français issus du programme du Conseil national de la Résistance. Il est cohérent avec lui-même.

    Les ténors socialistes — pas tous — derrière les discours sur la modernisation, de l’entreprise créatrice de richesses, ne font pas autre chose que de dire que le modèle actuel reste le bon, il suffirait de l’aménager, de redistribuer un peu par voie fiscale et d’injecter une certaine dose d’écologie. Ou alors il y a des idées nouvelles, de grands mots sont alors lâchés comme l’économie solidaire, la participation.. mais cela reste des voeux pieux car leur horizon de pensée est toujours bouché par l’économie capitaliste productiviste et consumériste.

    Les Verts ont une critique plus radicale, mais, hélas, au parlement européen il leur arrive de voter des directives libérales — comme la libéralisation de la poste ou du chemin de fer — en échange des voix du parti libéral pour obtenir quelques avancées dans le domaine de l’écologie. Bref, pas enthousiasmant non plus.

    Le parlement est à droite, et les sociales-démocraties ont du plomb dans l’aile, faute de véritable projet alternatif. Mais est-ce une raison pour laisser le champ libre aux forces réactionnaires ? Les élections ne sont qu’un terrain parmi d’autres pour faire de la politique. Mais si nous le désertons, toute la place sera occupée par l’adversaire.

  59. @ Pierre-Yves D.

    Merci de votre réponse et je n’attends absolument pas de révélations sur qui vote quoi 🙂 !

    Pourtant : Quand s’arrête le compromis et commence la compromission ? Le « votez rutile » on voit depuis 30 ans à quoi ça conduit. A rien.

    Hélas…

  60. @clemence Daerdenne: « Oui, ce sont les couches populaires qui traditionnellement vont peu voter, mais aussi et SURTOUT massivement les jeunes (tous niveaux et couches sociales). »

    Est-il si sûr que les abstentionnistes changeraient la donne? En Belgique, le vote est obligatoire (même s’il y a 15% d’absents ou de votes blancs) et cela ne change rien, on y vote comme ailleurs pour les partis dominants.
    Les abstentionnistes ne sont pas des opposants, sinon ils iraient voter ou s’engageraient politiquement d’une manière ou d’une autre. Ce sont souvent des gens peu instruits qui acceptent l’état des choses sans se poser de questions tels les paysans de l’ancien régime et qui sont surtout occupés à survivre dans leur petit monde. Il en faut beaucoup pour qu’ils se révoltent. Par contre, lorsque ceux-là se révoltent, ce n’est pas en mettant un papier dans une urne, ça pète pour de bon.

  61. La crise financière sévit et bien qu’elle ne semble plus être dans sa phase paroxysmique, les médias continuent d’inviter les politiques, économistes et autres experts de tous bords afin que ces sachants puissent nous expliquer, analyser les événements. L’objectif est louable car il convient effectivement d’éclairer les béotiens que nous sommes. Nous devons comprendre ce qui se passe vraiment dans cette nébuleuse financière ou des produits complexes, développés par des escrocs internationaux grassement rémunérés par des deniers publics et distribués via des paradis fiscaux vont finalement contribuer à augmenter le prix de la baguette et à licencier les derniers embauchés d’une PME du Loiret.

    Si vous faite l’expérience de lire ou d’écouter les propos du moment vous ferez le constat que les experts, dont les analyses sont souvent divergentes, se retrouvent cependant sur un point précis : nous sommes toujours au cœur d’un tsunami financier dont l’ampleur sans précédent renvoie la crise de 1929 au rang de simple hoquet de l’économique. On constate par ailleurs que l’expert le plus catastrophiste est également le plus invité aux différents débats télévisés du moment. Nous vivons très certainement une crise extrêmement importante mais pourquoi cette orgie de superlatifs cauchemardesques ? Car il est important d’être un expert pessimiste.

    La première raison est médiatique. L’optimisme se vend mal à 20 heures, ou dans les blogs, au milieu de quelques émeutes en Iran ou de l’infanticide d’une mère. Le réalisme est quant à lui terriblement ennuyeux. Il faut inviter celui qui fait peur. Çà rassure !

    La seconde raison est purement liée à la crédibilité de l’expert. Bien évidemment, l’expert est avant tout un analyste du passé. Pour le futur, il peut avoir quelques pistes mais globalement, il est comme vous : Il n’en sait rien. Le réalisme ennuie on l’a déjà dit. Il ennuie parce qu’il est souvent tiède, impersonnel et technique. Il demande des explications mesurées, impartiales et fouillées auxquelles personne ne comprend quoique ce soit. L’expert n’a finalement que le choix théorique entre optimisme et pessimisme. Or l’optimisme est totalement à exclure. D’abord il devient vite béat voir neuneu ce qui est totalement à proscrire lorsqu’on est expert. Ensuite, il n’a aucune chance sur la durée. Si les prévisions optimistes se réalisent, au mieux, l’expert a été chanceux dans son analyse bénéficiant de facteurs improbables qui lui ont finalement donné raison. Mais si les prévisions optimistes sont infirmées, alors le verdict est imparable. L’expert est incompétent et adieu les émissions ou les papiers. Le pessimisme n’a pas tous ces travers. Si la situation s’améliore alors personne ne lui tient rigueur de ses excès. A l’opposé si ses prédictions s’avèrent exactes il devient THE expert. Celui qui savait, celui qu’on doit croire. Celui qu’on reverra ou qu’on lira souvent.

    Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais la crise financière ne contribuerait-elle pas à accélérer le réchauffement climatique ?

  62. @moi dit
    je sais que le vote est obligatoire en Belgique mais je ne connais pas l’electorat belge.

    En France, depuis 2002, à chaque fois qu’il y’a une forte participation, notamment dans les elections locales (régionales, cantonales, municipales) et aussi lors du referundum pour la constitution, c’est les partis de gauche-verts-centre gauche qui l’ont emporté.

    La grande majorité des élus en France est de gauche ou alliance gauche-verts-centre gauche.
    Bon, par contre ça marche moins bien pour les presidentielles et les legislatives où il y’a eu aussi une bonne participation.

    Par contre, quand la participation est faible, c’est sur que ce sont les conservateurs qui gagnent car 70% d’entre eux ont plus de 55 ans, et cette generation vote massivement.

  63. @clemence Daerdenne : Concernant le référendum sur la constitution ce n’est pas un victoire de gauche ou de droite. Vous savez très bien que nombre de gens de droite (et même très à droite) ont voté pour le non.
    Pour le reste, vous dites que la participation est bonne pour les présidentielles et législatives donc c’est bien que le problème du PS n’est pas la participation.

  64. @Paul Jorion.

    Comme la récolte demande patience et temps, ne pensez-vous pas qu’il existe de nouveaux économes ? Des économes anti-capitalistes… Des épargnants minimalistes. D’où ma question : comment distinguez l’argent thésaurisé (des grands voleurs pervers), de l’argent économisé (des pas encore tout à fait pauvres) qui refusent un futur-à-crédit ?
    Il me faudrait un billet sur les semailles : sur cette économie dont le nom est aussi économie… 😉

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