Un appel à l’action ? En voici un !

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Certains se plaignent de ce que je me cantonne à la formule blog : que je me contente de rédiger des billets « contemplatifs ». D’autres ou les mêmes se plaignent aussi quand mes billets ne restent pas strictement focalisés sur la crise économique et financière. J’ai réaffirmé au fil des ans que ce blog était consacré à l’ensemble de mes préoccupations intellectuelles (c’est toujours visible tout en haut : « Anthropologie, économie, sciences cognitives, philosophie ») mais quand je publie par exemple un billet relatif à l’histoire de la physique, l’indignation est à son comble devant ma trahison d’« un blog consacré à l’économie » (voire consacré uniquement à la Bourse dans l’esprit de – je l’espère – une minorité !) Pire encore, quand je consacre – comme j’ai l’habitude de le faire – un billet à une chanson où à un chanteur, je vois apparaître dans les commentaires des appels à ce que l’on me pende haut et court pour introduire ainsi des diversions non seulement coupables mais quasiment criminelles dans le contexte actuel.

Il faudrait donc que j’appelle plutôt à l’action.

Or j’ai appelé à l’action, il y aura deux ans le mois prochain, dans une tribune du journal Le Monde. J’ai appelé à une constitution et j’ai renouvelé cet appel dans d’autres journaux ainsi que dans des entretiens. On trouve aussi une version plus longue de mon appel dans mon livre L’implosion. La finance contre l’économie. Ce que révèle et annonce la crise des subprimes (2008), aux pages 311 à 322.

Le point focal de mon appel à une constitution est l’interdiction des paris relatifs à l’évolution d’un prix. C’est clair, c’est net, cela opère une coupe claire immédiate en interdisant certains produits financiers à certains acteurs. Cela n’interdit pas les produits dérivés, cela n’interdit pas même les maudits CDS (credit-default swaps), non, cela change simplement fondamentalement la nature du capitalisme pour en faire tout autre chose.

On m’oppose à cela deux choses : on me dit « Vous voulez interdire la spéculation, or tout le monde spécule ! » Et quand je demande d’expliquer ce que cela veut dire, que « tout le monde spécule », on me répond en m’offrant une définition de la spéculation essentiellement centrée sur la rêverie métaphysique : « c’est parier que les choses seront plutôt comme ceci qu’autrement ». Non : ce n’est pas de cela que je parle. Je parle des paris relatifs à l’évolution d’un prix, impliquant deux parieurs, dont l’un gagnera le pari et l’autre le perdra. Ce n’est pas très compliqué.

On me dit aussi « Votre interdiction pourra aisément être contournée ! » Ce n’est pas vrai. Mon interdiction pourra aisément être contournée si elle est inscrite dans un règlement ou dans une loi, qui contiendra autant de failles qu’elle comptera de mots. Mais pas s’il s’agit de l’article d’une constitution dont il faut respecter aussi bien l’esprit que la formulation explicite. Et c’est pourquoi je parle toujours de cette proposition comme sertie dans une constitution pour l’économie.

Ce que je dis là, depuis deux ans, tout le monde s’en fout. Ce n’est pas que le sujet n’inquiète pas : le mois dernier, Mrs. Gordon Brown et Nicolas Sarkozy ont exprimé leur crainte qu’une reprise éventuelle soit tuée dan l’œuf par une spéculation sur le prix du pétrole. J’ai répondu, « Messieurs Brown et Sarkozy, la solution est dans l’interdiction des paris relatifs à l’évolution d’un prix, et il n’y en a pas d’autres ».

Alors, si vous êtes en mal d’action, aidez-moi : soutenez la proposition d’interdiction des paris relatifs à l’évolution d’un prix. Ça paraît peu de choses mais le monde en serait changé. J’entends souvent parler ces jours-ci de pendre les banquiers, mais croyez-moi, les banquiers préféreraient de loin être pendus que de voir une telle mesure adoptée ! (à un niveau constitutionnel, je précise).

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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130 réflexions sur « Un appel à l’action ? En voici un ! »

  1. Eric Orsenna, grand éclectique comme Paul Jorion, inaugurait l’an dernier à Montpellier le Forum mondial de l’eau et justifiait sa présence en rappelant que la curiosité a la même racine que « care » en anglais qui signifie prendre soin.

  2. @paul Jorion :

    Dire qu’une loi sera contournée est vraiment l’argument nigaud, et on le ressort par exemple pour les bonus des traders et banquiers. Et les parachutes dorés, et le droit du travail prend le même chemin : Camille Sée écrit dans lemonde.fr que le contrat de travail est rejeté par l’employeur et les salariés (on rit).

    On dit qu’elle sera contournée car on n’en veut pas.

    Votre proposition n’étant qu’une étape vers la pendaison des banquiers, qui est inscrite dans le cours des choses.

    Comme disait John Locke que les libéraux ne lisent pas, c’est thésauriser -les noix- qui est criminel, non pas les ramasser. Il avait déjà vu que soustraire de la richesse du circuit économique est nocif… en revanche réinvestir est également impossible, car les capacités suffisent.

    L

  3. Pour que vive ce blog autour de TOUS les thèmes « Anthropologie, économie, sciences cognitives, philosophie ». Merci

  4. je soutiens à 100% cette initiative : organiser une campagne de soutien à la création d’une constitution qui interdise les paris relatifs à l’évolution d’un prix
    une proposition effectivement simple, claire et nette

    et la suggestion de c. daerdenne est peut–être la bonne : lancer une pétition

    trouvé ceci : http://www.ipetitions.com/start-petition/
    ils proposent une mise en page sobre et moderne

    ensuite il faut faire du bruit, beaucoup de bruit pour recueillir le plus de signatures possibles
    c’est le plus dur
    tellement de sollicitations partout …

    je proposerai de se donner du temps
    un horizon d’un an
    avec une date butoir claire (g20 en 2010?)

    sinon bravo encore pour votre site
    et bien sûr qu’il ne faut pas se cantonner à la bourse et l’économie : c’est tout le charme – l’intelligence – de ce site de croiser les sciences, de faire des apartés musique et poésie, de rester en éveil à tout ce qui se passe dans de multiples disciplines, de défendre la curiosité

    à bientôt et merci
    e

  5. Z’en avez de bonnes, monsieur Jorion ! D’abord vous annoncez, sans donner de détails, (à ceux qui n’ont pas [tout] lu votre blog), « l’interdiction des paris relatifs à l’évolution d’un prix« , puis vous vous plaignez que « tout le monde s’en fout, puis vous précisez qu’il s’agit seulement d’interdire certains marchés à certains acteurs, en particulier quand ces derniers se retrouvent antagonistes : « impliquant deux parieurs, dont l’un gagnera le pari et l’autre le perdra« . Mais ces « détails » changent tout, alors qu’ils ne sont pas du tout contenu dans le titre : « interdiction des paris relatifs à l’évolution d’un prix« .

    La première étape serait de trouver la formule choc qui montrerait exactement ce à quoi l’on veut aboutir, de sorte qu’il n’y aurait rien à ajouter pour se faire comprendre.

    1. Remarque… un pari qui n’impliquerait personne… ce serait amusant. Ou mieux: Un pari où tous les parieurs gagneraient la même chose… 🙂

    2. Sauf que là dans le cadre d’une spéculation sur le blé par exemple, il y a deux parieurs mais des millions de perdants, tous ceux qui ne peuvent plus acheter de pain parce qu’un type quelque part a fait un pari avec un autre.
      Vous voyez mieux l’enjeu de l’interdiction des paris relatifs à l’évolution d’un prix maintenant ?

    3. Un pari implique forcément 2 personnes au moins, mais pas forcément 2 parieurs. A la roulette, le casino ne parie sur rien, sinon sur des règles qu’il sait être statistiquement à son avantage.

    1. Bonjour,
      je découvre ce blog, extrêmement riche, et m’excuse à l’avance 1) si ce message est mal classé, adressé, par rapport aux différentes entrées du blog 2) de ne pas avoir (encore) lu tout ce que Paul Jorion a écrit sur la formation des prix.

      Si je me permets de résumer ma compréhension de la proposition de Paul Jorion, ce serait d’interdire les marchés secondaires sur les marchés à terme de commodités, au motif que ces marchés secondaires faussent la détermination du signal prix, signal indispensable à la bonne marche de tout système économique.

      Je suis très sensible à cet argument, d’autant que cette question va trouver une nouvelle actualité dans le cadre des marchés du CO2. Ceux-ci ont pour finalité de produire un signal prix du CO2 de nature à motiver les émetteurs de CO2 à réduire leurs émissions. Or à cet effet ils devront engager des investissements, donc avoir une vue raisonnable du prix moyen futur de la tonne de CO2. Comment espérer que des systèmes de Cap and Trade comme celui de l’ETS européen ou celui envisagé aujourd’hui aux USA, systèmes où l’offre est fixée par les gouvernements, ex ante, suivant des critères incluant prévisions, choix politiques, marchandages opaques, et une demande qui elle sera fonction de la conjoncture en temps réel, systèmes sur lesquels se greffent déjà en Europe des marchés à terme et des marchés secondaires, systèmes régionaux sans coordination internationale, puissent fournir un tel signal? Or ce marché du CO2 risque de devenir le plus important marché de commodités, certains caressent même l’idée de faire du CO2 le nouvel étalon monétaire! Mais personne ne semble mettre en garde contre le fait que ce signal prix sera hautement volatile et imprévisible, donc inexploitable pour la finalité prévue, à savoir justifier les investissements nécessaires pour réduire les émissions de CO2.

      Je reviens à la proposition de P Jorion, pour souligner qu’aujourd’hui (comme je l’ai fait remarquer par ailleurs sur ce blog) l’affirmation selon laquelle les marchés secondaires faussent le signal prix, que je crois pour ma part vraie, reste une position marginale, contestée par l’establishment non seulement financier, mais aussi universitaire (voir d’ailleurs certaines réactions sur ce blog, ainsi que la position de personalités comme J Attali) . La première étape ne devrait-elle pas consister à faire de la pédagogie sur cette question, à la démontrer, à l’illustrer, à l’évaluer (j’ai cité un cabinet qui fait ce travail de façon très claire sur les métaux du LME : cf http://www.bloomsburyminerals.com), et à répondre aux objections? Bref montrer la pertinence du diagnostic et chiffrer les effets induits , en vue de convaincre?

      Ensuite l’interdiction des marchés secondaires est-elle la seule parade ? Une telle mesure a-t-elle des précédents ? Il me semble que ce sont uniquement les « indexed funds », les nouveaux supports mis en place depuis 2004/2005 sur la base des indices de matières premières publiés par les grandes banques d’investissement, et les « long only investors » qui les utilisent, qui, par leur montée en puissance depuis 2006/2007, ont déréglé le signal prix , alimenté leur flambée d’avant la crise, et sans doute leur reprise depuis mars 2009. N’y aurait-il pas un moyen plus ciblé d’interdire ces seules pratiques?

      Par ailleurs l’un des risques d’une telle idée est qu’elle ne contribue à entretenir une illusion, celle qui consiste à croire que la volatilité des prix des commodités peut être jugulée. Même s’il est vrai que les « long only investors » ont accru cette volatilité, ils n’en sont pas, et de loin, la seule cause. Toutes les tentatives précédentes de stabilisation des cours des matières première, par le biais des stocks stratégiques, ont échoué. Et j’imagine que la mondialisation, l’intervention de nouveaux acteurs comme la Chine, l’Inde, la Russie, ne peut contribuer à la croissance de la volatilité. Paul Jorion, qui a beaucoup réfléchi aux mécanismes de formation des prix, a sûrement une vue très aiguisée sur la question. Or cette volatilité des prix est une gêne croissante à la prise de décisions rationnelles. A ce titre elle a participé au passage de l’économie des trente glorieuses, où le long terme orientait les décisions industrielles, à notre économie à court terme dirigée par le casino des marchés financiers.

      La proposition de Paul Jorion ne vise qu’à donner un exemple d’article de la constitution économique qu’il appelle de ses voeux. L’un des objectifs majeurs de cette nouvelle constitution ne devrait-il pas être un équilibre sain entre long terme et court terme dans les prises de décision? De ce point de vue, l’interdiction des marchés secondaires est-elle l’exemple le plus pédagogique, ou n’y aurait-il pas d’autres mesures plus parlantes pour le public non spécialisé, voire plus ambitieuses, pour s’attaquer à cette dérive court termiste? Paul Jorion cite par exemple, si j’ai bien compris sa réponse à ma question d’hier, le retour à un meilleur équilibre entre taxation des dividendes et des plus-values.

      L’idée ambitieuse d’une constitution pour l’économie et des propositions courageuses pour s’attaquer aux causes racines des dérives actuelles sont les initiatives dont nous avons de toute évidence le plus grand besoin. Il faut donc soutenir la démarche, l’alimenter, la diffuser. Mon propos ci-dessus vise seulement à insister sur l’immense effort de pédagogie que cela nécessitera.

      Je suis sûr que Paul Jorion connaît des forums de qualité, pourvus de moyens et d’influence, et qui pourraient peut-être contribuer à cet effort de validation et de diffusion. Je cite , au gré de mes fortunes sur internet:
      – le Glasshouse Forum: www. glasshouseforum.org (ex de publication: Short-termism in the long run).
      – l’institut Aspen: http://www.aspeninstitute.org (ex de publication:The Aspen Principles: a better way forward: a critical mass of ‘strange bedfellows’ came to market in 2007 with a plan to reverse the destructive pull of short-termism (SHAREHOLDER VALUE))

      Merci à Paul Jorion pour votre indulgence par rapport à ces propos: merci en particulier de prendre mes affirmations pour des questions, et mes erreurs de jugement pour un appel à des compétences telles que les vôtres.

  6. Pourquoi chercher la source de la catastrophe, alors qu’elle était pré-diagnostiquée..
    dans son constat, la solution s’y trouve. non !?

    Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis ».
    Thomas Jefferson lettre au Secrétaire au Trésor Albert Gallatin(1802)

    1. Il s’avère que cette citation ne serait pas de Thomas Jefferson ! dommage

      par contre celle ci appartient bien à son auteur.. je vous laisse trouver de qui. mais était t’ elle sincère sachant que cela ne peut que mener à une sorte de révolte, de tels propos..

      « Votre temps est limité, ne le gâchez pas en menant une existence qui n’est pas la vôtre. Ne soyez pas prisonnier des dogmes qui obligent à vivre en obéissant à la pensée d’autrui. Ne laissez pas le brouhaha extérieur étouffer votre voix intérieure. Ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition. L’un et l’autre savent ce que vous voulez réellement devenir. Le reste est secondaire »

    2. @ Innocent.

      C’est le secret d’une vie réussie et qui nous ressemblerait. C’est si vrai ! C’est de qui ?

    3. Ce discours est très émouvant et surprenant.. la proximité d’une fin possible et proche l’as secoué « dans le bon sens »

      Le Grand Constructeur a probablement raté sa machine, le passage de l’expérience acquise par ses parents ne semble pas se transmettre lors de la fin vers les nouvelles machines. surement une erreur de programmation,
      C’est tout le problème de l’Humanité, l’expérience ne se transmet pas, elle se construit au fil des années passées, un fois , l’expérience acquise, nous disparaissons.. c’est con non ???

  7. Bon, j’arrête. Je crois que j’ai compris la technique, mais je n’aime pas casser la maison d’autrui.

    Longue vie à tous. Bye.

  8. Ouais! les paris et les jeux de hasards doivent être le monopole de la francaise des jeux qu’il faut renationaliser. Fondons le parti antiparis dont le siége sera forcemment …. à Marseille.

    Sérieusement, il y a un grand écart entre la profession de foi « le capitalisme est foutu cette fois-ci » et le programme « interdiction des paris ».

    Il faut interdire aussi les CDS, les emprunts à taux variable, offrir un service public bancaire aux collectivité locales, aux PME et aux particuliers (laposte).
    Il faut rompre les relations diplomatiques avec les paradis fiscaux.
    Les plans de relance doivent être abandonnés car la faillite de l’état, qu’évoquait Fillon avant d’ouvrir les caisses de l’etat aux banques, entrainerai la privatisation de notre systéme social, ce qui serait pire que la faillite des banques.
    Le programme ci-dessus n’est pas socialiste, comme disait Jospin, mais quel socialiste oserait le proposer?

  9. Un pari c’est un jeu. On designe a l’avance le vainqueur. On gagne ou on perd un coup.
    La speculation c’est l’action de parier. On accepte de prendre un risque.

    Voila pourquoi on ne peut interdire les paris sur les prix sans tomber dans une economie de la penurie ou une economie administree. C’est la nature humaine qui est ainsi. Autrement on a la dictature militaire ou le fascisme rouge ou brun, c’est la meme chose.

    Parler d’etat de droit serait une idee plus globale.

    1. @ Captainsky

      « La spéculation c’est l’action de parier. On accepte de prendre un risque »
      Le problème c’est que ce risque le spéculateur le transmet à ceux qui n’avaient pas envie de parier.
      Les brusques augmentations du cours des matières premières, c’est chacun de nous qui les payons non??

       » Voila pourquoi on ne peut interdire les paris sur les prix sans tomber dans une économie de la pénurie  »
      C’est exactement le contraire, la spéculation peut créer un pénurie, mais elle ne peut pas multiplier les pains.

      Il y a trente ans tous ces marchés sophistiqués n’existaient pas, et nous n’étions pas en dictature, c’est plutôt de dictature des marchés dont il faudrait parler, il suffit de voir monter le cours des actions dès qu’une entreprise annonce un plan de licenciement!

      « Et ne laissez point prendre part à vos transactions ceux qui ont les mains stériles, car il chercherons à vous vendre leurs paroles en retour de votre labeur »
      Khalil Gibran

  10. Contrairement à quelques intervenants, je trouve qu’il faut rester les deux pieds sur terre et éviter de rêver à une révolution anticapitaliste, communiste… ou pire de tomber dans le mysticisme. Tout ce que j’ai écrit dans mes ‘post’ antérieurs se confirme. Les populations (américaines et européennes) ne sont pas prêtes pour des changements profonds. J’avais également prédit qu’il y aurait des répliques après le ‘tremblement de terre’ initial et pas une crise en ‘V’ ou en ‘W’. Pour l’instant, la Bourse augmente grâce aux bénéfices des entreprises qui consolident leurs positions : leur chiffre d’affaires diminue mais leurs bénéfices proviennent de la diminution de leurs frais (personnel etc). Malheureusement, cela va augmenter le chômage! Je pensais également que nous aurions une période de déflation suivie d’une période d’inflation. En tout cas, il vaut mieux parler des choses vraiment importantes, à savoir l’augmentation de la pauvreté, le chômage et la précarité en général, conséquences de cette crise qui risquent de s’installer durablement.

    1. citation :

      J’avais également prédit qu’il y aurait des répliques après le ‘tremblement de terre’ initial et pas une crise en ‘V’ ou en ‘W’

      =======

      Car elle sera en « \ », avec quelques aspérités.

      La révolution, l’exclure serait injurier l’avenir, personne n’a vu venir mai 68 non plus. L’avenir est ouvert, et parler des chômeurs, précaires etc, ne leur donnera pas du travail. L’action politique est à l’horizon de toute parole politique, et la nôtre également. par principe.

      La crise n’est pas une affaire statique comme vous sembler l’estimer, mais une chute. La pente de cette chute, eh bien cette pente est en rapport avec le rapport cout du travail/ prix, le cout du travail étant de 60% du prix, vous voyez que seuls 60% de la marchandise sera achetée. Ceci est un raisonnement de haute mathématique, inaccessible sans doctorat en math, c’est pourquoi personne n’y pense.

      La pente donc est de 50% à la louche ce qui est énorme.

      L

  11. « impliquant deux parieurs, dont l’un gagnera le pari et l’autre le perdra«

    Impliquant au moins 2 parieurs. Ou alors il faut parler de « 2 parties ». Chipotage juridique. 🙂

  12. @ Paul

    S’il s’agit de populariser le bien-fondé supposé de la prohibition des « paris sur l’évolution d’un prix », il me paraît nécessaire d’établir :
    – un glossaire précis : pour preuve de cette nécessité, bon nombre d’intervenants de ce blog ne sont pas en phase avec la notion de « pari » telle que vous l’entendez. On ne peut le leur reprocher : vos « explications » ont un caractère très général, si bien que se retrouvent supposément concernées toutes acquisitions de biens ou valeurs réalisées dans l’intention (ou l’espérance) d’un enrichissement par la hausse du prix, alors que tel n’est pas le propos ;
    – un argumentaire solide démontrant les dommages réels causés par ces paris, ou pouvant être provoqués, face aux bienfaits à attendre de leur disparition.
    Je ne sais si vous attendez des commentateurs qu’ils s’attellent à la tâche, ou si vous comptez y pourvoir…

    Faute d’un telle démarche, votre interdit s’apparente à un verset des Evangiles jorionniens, certes de nature à fédérer des sectateurs anti-tout-ce-que-l’on-veut, mais peu susceptible d’éveiller l’intérêt des hommes politiques (du moins ceux qui sont dotés d’un cerveau opérationnel…)

    1. Ce que vous dites n’est vrai que si vous déconnectez artificiellement ce billet de tout ce que j’ai écrit d’autre sur le sujet. Quand je rédige un billet, je tire parti du fait que sont accessibles au lecteur non seulement l’ensemble de mes autres billets mais aussi ce que j’ai écrit dans mes livres.

      Je conçois bien que nul n’est censé avoir lu tout ce que j’ai écrit mais on voudra bien m’accorder que je ne doive pas répéter tout ce que j’ai écrit dans chacun de mes billets.

      Si vous lisez ce blog régulièrement vous avez pu constater qu’on trouve tous les jours des commentaires qui 1) demandent : « On voudrait bien savoir ce que pense Paul Jorion sur le sujet X ? », alors qu’il s’agit d’un sujet auquel j’ai déjà consacré des dizaines, voire des centaines de pages, 2) affirment au contraire : « Paul Jorion ne comprend rien au sujet X », à la suite de quoi, ils proposent une explication qui semble recopiée d’un de mes livres.

    2. Désolé d’ajouter encore plus de bruit, M. Paul Jorion…

      J’ai bien compris votre définition de pari. Et je suis d’accord avec vous sur leurs effets nocifs. C’est particulièrement visible sur la spéculation sur les matières premières.

      Cependant, je fouille activement votre historique, mais je n’ai pas encore vu d’article reliant les « paris sur l’évolution d’un prix » et la crise des sub-primes ou avant cela la crise des dotcom.

      Ces 2 crises ne viennent elles pas respectivement d’une « surproduction » de subprime et d’entreprise dotcom ?

  13. @JJJ : tout à fait d’accord avec vous. Et tout à fait d’accord avec l’idée d’une constitution économique mais… Mais il y a beaucoup de mais dont monsieur Jorion lui-même a sûrement conscience, comme le suggère sa tribune au Monde et sa référence aux guerres de religions. A commencer par la culture, ce qui oblige à tenir compte de l’époque et du langage. Quand on dit : « Les hommes naissent libres et égaux en droit « , tout le monde « comprend », c’est « clair », « précis » et de portée « générale ». Mais quand on écrit : « « Les ventes à terme ainsi que les options d’achat sont autorisées. Elles lient leurs contreparties jusqu’à livraison. En conséquence, il n’existe pas pour elles de marché secondaire. Les paris relatifs à l’évolution d’un prix sont eux interdits ». « , faut être spécialiste pour comprendre, ce n’est ni clair ni précis, (au moins pour le profane), et l’on se demande si c’est ou non de portée générale, car les filous trouvent vite les contorsions qui conviennent pour passer outre. Or, une constitution qui ne serait pas voulue par le peuple, par ceux qui n’y comprennent rien, (façon de parler), ce n’est plus une constitution, mais une règlementation de plus.

  14. Bon ….
     » …interdire les paris sur l’évolution d »un prix …. »
    Bon ….
    Plusieurs réflexions :
    1- Un pari s’effectue, entre autres ( à vous tous de me confirmer ou non) sur un risque…
    2- Ce risque est – il obligatoirement réel ???? Non …
    A- si réel , il faut s’attaquer ( dans le sens :trouver des actions correctrices …les tester…les affiner…les vulgariser…les diffuser… pour qu’elle soit écoutées, comprises, admises, adoptées….) à la diminution du risque, par une augmentation de sa sécurisation…et…avec l’appui d’une offre alternative plus intéressante … et moins risquée..
    B- si non réel, il faut s’attaquer à l’argumentation de ce risque, pour le détruire ( SPARTANS !!!! WHAT IS YOUR PROFESSION ????? – AOUH !!!! AOUH !!!! AOUH !!!! – Veuillez m’excuser … mon Autre Moi, qui fait encore des siennes…il ne peu pas s’empêcher de s’inviter…. )
    3- Un pari est il responsabilisant ??? Pas toujours ….
    4- Serait il possible et envisageable qu’un pari soit responsabilisant ???? et culpabilisant ???
    5- Faut il interdire ???
    6- Faut il interdire d’interdire ???
    7- Suite aux point 5 et 6, comment s’organise t’on ??? Quelles sanctions pour les fraudeurs, les « frustrés »??? On leur coupe un doigt ??? ( Je veux bien pour le doigt, mais dans ce cas ce sera obligatoirement l’index, et non l’auriculaire…car l’individu disposerait d’une infirmité moins importante … et je ne veux pas verser un centime pour un fraudeur- infirme de niveau 2 … qui plus est !

  15. PS :
    Suite mon précédent post , une réflexion supplémentaire :

    8 – Quel sont nos appuis ??? concrètement …
    AHHH …. si nous pouvions influencer … et lobbyister les assureurs, ce secteur primordial dans l’avenir …. avant que les puissants d’aujourd’hui puissent utiliser davantage qu’ils ne le font aujourd’hui, nous aurions un appui de choix !!!!
    -« …. LUC !!!! Mon LUC !!!!! Tu m’entends ???? Ecoute moi…. Je suis ton père !!!!
    –  » POUET !!!! ( traduction : 5/5 ! C’est ti pas vrai !!!!! Toi ???? Mon père ???? Ben …. mince alors !!!! )

  16. @ Paul Jorion
    L’idée d’une constitution pour notamment rattacher l’esprit à la lettre est excellente mais n’oubliez pas les risques d’amendements au fil du temps.
    La pédagogie est un complément important afin de bien faire comprendre l’enjeu au plus grand nombre possible de citoyens. Plus l’opinion comprend clairement le danger, plus il sera difficile de modifier/d’altérer une telle constitution.

    S’agissant du prix et de la vérité, vous avez écrit un article dans le MAUSS n°37 du 2ème semestre, pourriez vous m’indiquer ou je peux trouver ces réflexions sur votre blog ? Cela me ferait gagner du temps.

    Merci

  17. Le très grand nombre de réactions sur le sujet très technique proposé par Monsieur Jorion aujourd’hui nous (me) montre de la perplexité ( de l’angoisse ?) dans laquelle sont plongés les têtes pensantes qui fréquentent ce blog à quelques jours de la rentrée. La curiosité, l’envie et le besoin de comprendre le déroulement des choses de l’avenir à la lumière des « lectures » du passé parle de désarroi et d’émotionnel submergé? Il est aussi du devoir du « regard distancié » par rapport aux événements en essayant de sauvegarder sa paix intérieure; notre vie sociale ne peut en être que facilitée

  18. Comment passer a l’action? De ce que je vois, l’exercice n’est pas si facile qu’il n’y parait…et peut etre que commencer par une proposition de solution (interdire les pari sur les prix) peut etre aussi source de probleme.

    Peut etre ne faut il pas echapper a des questions plus simples dans une premier temps – Pourquoi ? Quels acteurs mobilises? Pour quel objectifs ?

    * Pourquoi ?
    je me dit que la reponse a cette question devrait etre assez facile, et justement assez federatrice pour trouver des acteurs.

    * Quels acteurs mobilises?
    De mon point de vue, le sujet est trop technique en soit. Comme vous le constatez au vue des commentaires, malgre la lecture assidu de votre blog, l’explication donne ne semble pas couler de source…
    Tout ca me laisse penser, qu’il faut donc arriver a federer d’abord des specialistes du sujet, qui font le meme constats (le pourquoi), pour avoir plus de poids (plus que vos propre lecteurs). Le but etant plus dans un premier temps de trouver les personnes pour construire un objectif commun et des propositions en commun. Je ne dis pas ca pour exclure les lecteurs/commentateurs de ce blog, lecteur lambda comme moi, qui pourront toujours completer/soutenir au moment venu (ca donnera aussi un bon retour sur la clarte des travaux). Mais si vous voulez aboutir a un resultat, je ne vois mal la posture du chevalier solitaire, soutenu par ces lecteurs, avoir une chance de reussir (a l’heure actuelle en tout cas).
    Du peu que j’ai vu, d’autres personnes ont aussi lance des propositions, comme par exemple Lordon (que vous avez d’ailleurs commente). Mais faute d’objectif commun, je ne sais pas ou cela en est, j’imagine pas beaucoup plus loin que vous…commencer par la solution entre personne qui comprennent les implications posent tres souvent probleme. D’ou l’interet de ne pas sauter les etapes.
    Parmi les acteurs, vu la nature du probleme, j’aurai aussi la tendance a embarquer le plus tot possible des politiques. Par exemple, des personnes comme Eva Joli ont une raisonance publique sur ces problemes (idealement, il faudrait plusieurs parti en presence pour eviter la recuperation)…faire jouer vos contacts pour ca (Attali par exemple).

    * Quel objectifs ?
    Pas facile, car ce ca qui permettra d’arriver a federer (ou pas) des acteurs cle pour aller plus loin. Definir une cible, comme en finir avec « les crises financieres » ou avec la « speculation » me semblent tres differents par exemple.
    Et puis, il faut aussi vous fixer un premier objectif atteignable dans le temps, une constitution pour l’economie me parait un processus trop long pour mobiliser qui que ce soit des le depart. Un objectif « plus modeste » et court terme semble important, le but est de federer un reseau pour aller plus loin (de mon point de vue)

    Tout ca est bien joli, et demanderai beaucoup de travail en plus…avec votre nouveau ne, vous avez plus de temps la nuit a occuper peut etre 😉

  19. Cher Monsieur Jorion, plus vous devenez « célèbre », que votre blog prend de l' »audimat », plus vous serez attaqué, critiqué. Faites votre blog comme bon vous semble avec toute les diversions qui vous plaisent, musicales, scientifiques…la diversité des connaissances, des expériences alimentent la pensée, l’imagination et la création.

    Chef d’une petite entreprise « high tech », j’exporte mes produits partout dans le monde et j’essaie, de voir dans la « boule de cristal » une anticipation du future. Votre blog y contribue largement et je vous en remercie. Je suis votre blog régulièrement depuis plusieurs mois (billets et commentaires) avec grand intérêt et je le diffuse à qui veut en savoir plus. Il se corrèle avec d’autres sources (LEAP, cercle des économistes,..).

    Je suis particulièrement choqué des modes de fonctionnement de nos entreprises dirigés par des financiers et non des industriels. Les modes de rémunération délirants des dirigeants, qui favorisent le rendement financier à court terme plutôt que la viabilité à long terme. Une « mafia » se partage un gâteau réalisé par d’autres.
    La bourse est devenu un casino truqué ou les plus forts tirent les ficelles. Comme vous le dites trés justement, cet argent pris par quelques uns est détourné de son utilité économique. Il faut mettre un terme à ces pratiques.
    Les paradis fiscaux intéressent tous ceux qui ont un pouvoir national.

    Concernant une constitution pour l’économie, je ne me sens pas compétent pour agir dans un sens ou dans un autre. Chacun son métier. Je propose que des spécialistes comme vous formiez des groupes de réflexion, d’échange pour construire de nouvelles propositions de fonctionnement financier. Avec un consensus fort entre spécialistes vous aurez une large adhésion populaire ou de tous ceux qui suivent votre blog.
    http://www.lecercledeseconomistes.asso.fr/spip.php?article315
    http://www.europe2020.org/

    Il faut un contreproids important pour espérer influencer les choses.

    Bien amicalement,

    1. Bonjour,

      Les Paul a aussi été l’inventeur et metteur au point de cette merveille de guitare électrique.
      C’est plusieurs années après qu’il leur présenta le prototype, que Gibson en a décidé la fabrication à grande échelle.

  20. Paul, ta volonté de vouloir faire bouger les choses est bonne et respectable mais ceux qui s’abritent dans ces institutions n’en ont que faire. Leurs privilèges perdurent, c’est tout ce qui compte. Certains peuples courbent l’échine sans mot dire tout en regardant les minorités se gaver et de plus en plus de personnes crèvent. Nous le dénonçons au quotidien. Ces institutions ne sont pas bonnes. Le coût de la domination capitaliste continue d’augmenter mois après mois. Que vous le vouliez ou non, et l’histoire est riche en enseignements pour peu que l’on s’y intéresse, afin de sortir de cette crise systémique durable, il faudra des facteurs exogènes à cette « logique » économique. J’en ai trois en tête : politique globale, guerres et / ou révolution. Ce n’est pas un rêve mais la dure réalité. Je suis bien entendu pour une politique globale qui vire radicalement de cap.

    Et promis, je ne parlerai plus du N..

  21. @Lisztfr
    réponse sur art. 18/8 23:39

    Dans un ‘post’ envoyé sur ce site (6/8/2009), j’avais déjà expliqué pourquoi la France n’était actuellement pas « mûre » pour une révolution – extrait :

    Les masses populaires actuelles ont, notamment par ou à cause de leur «éducation », abandonné toute forme de contestation violente. Il suffit de regarder les manifestations contre la guerre en Irak : alors que 80% des gens étaient contre la guerre, les gouvernements (Grande-Bretagne, Espagne Italie …) n’ont pas eu beaucoup de problèmes à imposer leur agenda. Seul exception : les manifestations en France par une population en majorité d’origine étrangère, qui n’a pas encore été formatée à notre système…
    Tout cela pour dire qu’il ne faut ne pas s’attendre à une ‘Révolution’ telle que dans le passé en Europe ou aux USA : les mentalités ont changé

  22. Et pourquoi pas revenir aux fondamentaux comme avec l’exemple de la banque Zopa : http://www.zopa.com/global/default.htm ou bien une version moins lucrative mais française comme la Nef : http://www.lanef.com/index.php

    Est-ce qu’on ne pourrait pas imaginer un système bancaire (même privé) où les acteurs seraient surveillés par de réelles organisations publiques. Ce serait tué la poule aux oeufs d’or mais ce serait plus logique vu que ce sont les états qui s’engagent sur la valeur de la monnaie et non les banques privées…

  23. @Bob.

    Ce n’est pas vrai, il y a 30 ans, en 1979, nos pays etaient deux fois plus pauvres.

    En France il n’y avait pas d’allocation logement en fonction des revenus, pas d’allocation logement pour parents isoles, pas de RMI/RSA, pas de CMU, seulement 30% d’une classe d’age avait un diplome contre 80% aujourd’hui, pas de tiers payant dans les pharmacies, aucune concurrence dans la distribution, une inflation entre 10% et 15% l’an, pas de reduction pour les jeunes dans les transport, pas de telephone mobile , pas d’internet, deux chaines et demi de television, pas de cable, un billet d’avion en classe eco paris/ny c’etait 2000 euros contre 500 aujourd’hui, pas de carte bancaire, pas de distributeur de billets, pas de radio FM, pas d’autoroute, pas de TGV, aucun fast-food, uniquement trois fnac a Paris, rien en province, le magnetoscope n’existait meme pas on peut continuer la liste longtemps, si vous voulez revenir a cette epoque, retournez seul!

    1. @ Capitainsky

      Je ne comprend pas votre réponse par rapport au commentaire que je vous avais adressé.

      A moins d’attribuer à la seule spéculation et à la main invisible des marchés tous les » bienfaits » de la civilisation
      Le fait de devoir allouer le RMI, le RSA,et CMU à une frange de plus en plus grande de la population, plaide plutôt pour une mauvaise répartition des richesses à mon sens.

      Sans être excessivement pessimiste, face à la grande dépression qui s’annonce, si nous ne régressons qu’en 1979 sur le plan économique, nous nous en tirerons à bon compte.

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