« Limlom », « lomtalanitàs », en complément sur la Hongrie, par Auspitz

Billet invité.

En avant-propos, je veux rappeler que ce que nous désignions autrefois sous le nom de « bloc soviétique », ou d’« Europe de l’Est », avec le sous-entendu : là-bas, très loin à l’Est de Paris, se désigne aujourd’hui comme : Europe Centrale et Orientale ; et bien plus, quand on parle d’Europe Centrale, on parle du centre de l’Europe, pour ainsi dire, son centre géographique.

Le mur est tombé il y a 20 ans, le 9 novembre 1989, il faut fermer les yeux et se boucher les oreilles pour l’ignorer.

On aurait pu penser que l’Europe allait intégrer ces nouveaux pays pour leur éviter une dérive nationaliste et populiste ; que non ; l’Europe Occidentale a élargi son marché ; pas beaucoup d’intégration politique ; beaucoup d’intégration à la mondialisation libérale ; la Pologne achète des avions américains, alors qu’il s’en fabrique de très bons en France ; la Hongrie adhère à l’OTAN, et envoie des soldats en Irak ; le marché s’agrandit avec la bénédiction des multinationales ; l’Europe et l’idée d’Europe se diluent.

Certains feront semblant de ne pas me comprendre, mais je ne critique aucun pays en tant que tel, ni parmi les 27, ni parmi les 192 ; mais je mets le doigt là où ça fait mal, ce qui est derrière le décor, la façade, ce que l’on voudrait cacher, parce que ça dérange certains ; sur ce blog, nous savons tous que les banques sont en faillite, je dirais virtuellement en faillite ; oui, mais il ne faut pas le dire, parce que ça ferait peur à la population.

Pour ceux que ça intéresse, je pourrais faire un rappel historique, mais ce qu’il faut savoir, c’est que depuis 1920 la Hongrie est un pays pauvre ; on le désignait comme le pays des 3 millions de mendiants ; les paysans allaient pieds-nus ; et, pendant les 100 années écoulées depuis, rien n’a vraiment contribué à y accumuler des richesses ; les Russes se sont servis sur la bête, en dédommagement de guerre, la Hongrie s’étant alliée à Hitler ; quand le mur tombe, le pays est dans le même état que ses voisins ; et débrouille-toi comme tu peux ; à titre de comparaison, rappelons-nous que le mark de l’Est a été converti pour un mark de l’ouest ; et rappelons-nous que toute l’Europe a payé pour la réunification, l’Allemagne imposant des taux d’intérêt élevés à tout le monde pour drainer les capitaux nécessaires.

Budapest est une grande ville, les transports en commun sont très développés et performants, et relativement bon marché ; malgré ce qu’on peut croire, il n’y a pas tant de voitures que ça, beaucoup d’habitants n’ont pas le permis ; ils n’en ont d’ailleurs pas vraiment besoin ; et la population est vieillissante.

Le décor planté, un peu de vocabulaire.

Limlom ; un mot fabriqué de toute pièce, pour sa sonorité, veut dire : bric-à-brac, fatras, broutille ; disons qu’en France, dans un vocabulaire un peu administratif, dans le secteur du nettoiement, on parlerait « d’objet encombrant » ; en fait, tout ce qui ne rentre pas dans la catégorie des ordures ménagères qui sont enlevées tôt le matin.

Lomtalanitàs ; dans ce mot, on retrouve lom ; et talan, qui est un privatif ; et itàs qui désigne l’action de faire ; en français, donc, toujours dans le même langage un peu administratif, je traduirais par : enlèvement des objets encombrants.

Nous voilà donc face au problème ; une population faiblement motorisée, vieillissante, qui se déplace en bus et en métro, qui se lance dans les délices de la société de consommation, et qui, de ce fait, accumule des objets usés, ou cassés, ou démodés, ou n’ayant plus d’utilité ; qu’en faire ?

A la demande des concitoyens, les municipalités, et dans la capitale, les conseils municipaux d’arrondissement, organisent des campagnes de « lomtalanitàs », donc d’enlèvement des objets encombrants, périodiquement ; les habitants sont avertis qu’ils peuvent déposer devant chez eux, à partir du mercredi de la semaine en question, les objets dont ils souhaitent se débarrasser ; et suivant les quartiers, les services passeront, le vendredi, le samedi ou le dimanche.

Et on assiste au grand déballage.

Par exemple, ici.

Ici, un avis de la municipalité de mon quartier, avertissant des conditions dans lesquelles les opérations vont se dérouler.
Pour l’instant, tout va bien, me direz-vous ; voici la suite ; ici, des jeunes filment la scène où 2 personnes âgées cherchent à survivre en récupérant quelques vêtements dans le tas, et contestent le fait d’être filmées ; on remarquera la parfaite tenue vestimentaire et propreté de ces deux personnes et leur totale dignité ; à l’évidence, pas des sans-abris ; je reviendrai, si j’en ai l’occasion, sur le problème des retraites en Hongrie ; on remarquera également que les jeunes qui filment la scène s’amusent beaucoup.

Ici, un petit commentaire en anglais, pour rassurer.

Ici, le grand déballage ; sous le titre, des cueilleurs, des pêcheurs et des chasseurs en centre ville, on voit des Hongrois se plaindre de la présence des tziganes ; on voit les ferrailleurs faire leurs affaires ; et ceux qui appartiennent probablement à la frange des sans-abris, là où je voulais revenir, car il faut bien que ces gens-là survivent de quelque chose ; ils collectent.

Ici, des explications très détaillées dans le journal des francophones de Budapest.

Je ne suis pas en train de me moquer de qui que ce soit ; je présente des choses qui existent ; et je suis triste ; dans le meilleur des cas, on peut se situer à l’hiver 54 et à l’appel de l’abbé Pierre demandant aux sans-abris de se transformer en Chiffonniers d’Emmaüs.

Je fais le constat que nous avons placé des populations, qui n’y étaient pas préparées, dans notre propre civilisation, en leur imposant notre mode de vie, et nous détruisons une culture pauvre, mais digne ; quand je parle de culture pauvre, je veux parler du niveau de vie ; parce que la culture hongroise est, au contraire, extrêmement riche et foisonnante ; mais on contraint ce peuple à se débattre face dans des problèmes qu’il lui est impossible de résoudre et qui ne sont pas les siens à l’origine.

Cette série de textes pour dire qu’à la suite de 1929, il y a eu 1933 ; et bien entendu, après la guerre, personne ne savait, personne n’avait jamais entendu parler de rien ; aujourd’hui, nous sommes encore en 1931 ; ce blog est fait pour que personne ne puisse dire, plus tard, qu’il ne savait pas, qu’on ne lui avait pas dit.

En complément de La Hongrie hier et aujourd’hui

Mon texte a provoqué quelques réactions, et on ne peut pas s’en étonner ; le rideau de fer nous a privé de la culture de cette partie de l’Europe, et elle nous manque, à nous Français, Occidentaux ; combien entendons-nous, à la radio, de chanteurs de ces pays ? ne serait-ce qu’en allemand ? que de l’anglais !!

Je ne parle que de ce que je vois, et que j’interprète compte- tenu de mon éducation ; je suis bilingue de naissance et j’ai la double nationalité ; je vais chez moi, à Budapest, plusieurs fois par an.

Ce que je peux en dire n’a d’intérêt que si je ne recopie pas les dépliants des agences de voyage ; nous montrons du doigt la misère qui est chez les autres ; elle est chez nous, dans l’Union Européenne ; bon, je veux bien l’admettre : l’effondrement de la première puissance planétaire a de quoi nous surprendre.

Mais qu’est-ce qu’il ne serait pas bon de dire ? la meilleure façon pour ne pas résoudre un problème est de l’ignorer ! qui ne veut pas entendre ? le bon notable parisien, repu, que ça dérange dans sa digestion ?

Les relations entre l’Europe Centrale et l’Europe d’Occident ne sont qu’une longue suite de trahisons ; pour ne pas égrener plus d’une centaine de faits, je ne prendrais que deux exemples :

1- mes parents ont quitté leur pays natal pour échapper à la barbarie nazie, en 1935 ; pourquoi la France ? la petite bourgeoisie était imprégnée de son rayonnement culturel et démocratique, et de toutes ses valeurs , dans un pays qui sortait tout juste de la féodalité ; et en réaction à la pesanteur de la germanisation ; ma mère, comme étudiante, avait fait plusieurs séjours linguistiques à Grenoble ; son choix n’a donc pas été un hasard ; à l’âge de 20 ans elle quittait sa terre natale pour se réfugier dans cette grande nation qui allait la protéger ; qu’a-t-elle ressenti au plus profond de son cœur, quand Hitler s’est fait photographier devant la Tour Eiffel ?

2- à la chute du communisme, il ne restait sur place aucune idéologie, à part le nationalisme ; une bonne partie des Hongrois vivant de l’autre côté des frontières, il ne s’en est pas fallu de beaucoup pour qu’on anticipe l’aventure Serbe, dans un pays peu formé à la démocratie, en tout cas dans sa forme élective ; dans ce pays, soumis à la propagande du Parti, à laquelle plus personne ne croyait, le capitalisme et le libéralisme ne devaient sûrement pas être ce qu’on pouvait en entendre depuis 60 ; même plutôt le contraire !! d’ailleurs dans « libéralisme » il y a liberté !

Quand les conseillers financiers ont débarqué de Londres et de New-York, ils ont été accueillis comme des héros, des sauveurs ; on allait enfin remettre de l’ordre dans tout ça et choisir le bon chemin à suivre ; n’oublions pas que c’était l’époque Thatcher et Reagan-Bush.

Ces pays auraient eu besoin d’une transition en douceur, adaptée aux réalités de la situation dans laquelle ils se trouvaient à ce moment-là ; peut-être se protéger un peu aux frontières ? on a transformé ces pays en colonies de l’Occident ; une conquête digne de la prise de la Smala, sans un coup de fusil ; j’exagère ?

Quand la crise est arrivée, la monnaie hongroise a plongé de 230 Ft pour un Euro, en août, à 310 Ft en décembre ; on a bien sûr tout de suite crié à la spéculation ; quand les choses se sont un peu stabilisées à la suite du prêt du FMI, on s’est rendu compte que des spéculateurs, il n’y en avait pas tant que ça, mais par contre, tous les grands groupes internationaux, en particulier bancaires, avaient vidé les caisses de leurs filiales de l’Est, converti les avoirs dans leur bonne monnaie occidentale et laissé derrière eux la désolation ; j’exagère ?

Quand Sarkozy vient en aide au secteur automobile, il ajoute une condition : relocaliser la production en France ; et où se trouvent les usines qu’il faut faire revenir dans la Mère-Patrie? en Roumanie et en Hongrie.
Trahison, donc.

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36 réflexions sur « « Limlom », « lomtalanitàs », en complément sur la Hongrie, par Auspitz »

  1. Malheureusement, l’Union Européenne ne s’est jamais déclarée comme une union démocrate ou des peuples, mais bien une Europe du capital et de la libéralisation de l’économie.

    Quand on voit ce qui se passe dans les pays de l'”Ancienne Europe”, avec le désenchantement des populations vis à vis des parties de gauche qui ont été les principaux acteurs de la dégradation économique (cf le célèbre exemple de M. Jospin en France), il n’y a pas réellement de quoi s’étonner.

    @++

  2. Très intéressant billet. Amer également. D’abord la trahison. La France des années 30 est auréolée de sa victoire de 1918. Mais victoire qui ne fut possible que parce que les forces de la Triplice étaient divisées (grosso modo 50% sur le front de France et 50% sur le front russe). Sans la Russie pas de victoire en 1918. En 1939, la France a cru qu’elle pouvait substituer une alliance franco-polonaise à une alliance franco-russe. On connaît la suite. Votre mère a mal évalué (et comment le pouvait-elle sans doute ?) la force réelle de la France, oubliant le rôle crucial de son allié russe dans sa victoire. Certes, le pays aurait pu capituler et refuser l’armistice…. Donc ici, pas de trahison mais déception.

    Par contre, trahison économique, peut-être, après la chute du mur. Il y a eu malentendu: il ne s’agissait pas de subventionner la Hongrie pour la mettre à niveau (quoiqu’elle ait été aidée mais bien moins en proportion que l’Espagne et le Portugal) mais de lui appliquer le modèle économique et idéologique qui allait, comme par miracle, en faire un pays prospère et moderne. Une “sortie par le haut” en quelque sorte (les Polonais ont d’ailleurs fait avec leurs banques la même chose que les Hongrois). Quand un pays pauvre joue l’ouverture totale il est vraiment exceptionnel qu’il en tire des bienfaits authentiques et durables…. N’y-a-t-il pas en Hongrie une classe politique a qui l’on puisse demander des comptes ?

    La crise est profonde. Bien que peu mise en avant par nos médias, la pauvreté, voire la misère, s’étendent en Europe. Il va falloir revenir aux fondamentaux…

  3. Pourquoi nous parler de la hongrie ?
    Je ne savais pas qu’ils avaient été allié des nazis.
    ILS nous ont donné un sarko que je deteste.
    Ils ont préféré se ranger derriere l’oncle sam au moment ou un pays d’europe essayait d’ouvrir une autre voie.
    quel signes d’amour nous ont-ils donné ?

    1. Mais c’est n’importe quoi votre commentaire !
      Oui il faut parler de la Hongrie, de l’Europe centrale ou orientale ! “Ils” ont été alliés des nazis : on peut aussi dire que ad aeternam les “boches” sont nazis ! Dans cette même logique les Algériens, les Vietnamiens et autres de notre empire pourraient aussi avoir bien à dire des Français!
      Dans les pays baltes les élites locales ont été massacrées par Staline et ensuite des milliers de Russes sont arrivés comme les Chinois au Tibet : mais qu’a t’on à faire des Lettons, Estoniens ou autres peuples exténués des totalitarismes nazis et soviétiques ?
      Vous ne savez rien (comme vous l’avouez) et vous commentez ! Et vous quel signe d’amour vous donnez aux autres ?? Nous avons nous Européens de l’ouest une dette envers ceux de l'”est”. Je pourrais dire que c’est à nous de donner des signes d’amour mais visiblement ça n’en prend pas le chemin à lire des commentaires comme le vôtre !

    2. Si vous regardiez la télé noir et blanc dans les années soixante, rappelez-vous la musique du petit train d’Interlude. Souvenez-vous de le musique du générique de Téléphilatelie avec Jacqueline Caurat .Vous avez écouté un des plus grands musiciens du XXe siècle, Bela Bartok, un Hongrois.Nous avons donné un roi à la Hongrie, St-Etienne. La Hongrie nous a donné un Président. Est-ce un échange gagnant-gagnant ?

    3. juste un petit mot :ils se sont rangés derrière hitler parce qu’il leur a promis de leur rendre des territoires
      perdus en 1920 grace surtout à clémenceau….imaginons ce qui se serait pâssé en france si on avait perdu la guerre et avec l’alsace lorraine!!!imaginons le déchaînement de nationalisme!
      pourquoi l’oncle sam? rappelle toi de Munich où la France entre autres a donné l’exemple de la lâcheté en abandonnant la tchécoslovaquie …..pour eux qui ont été occupés 40 ans par les russes ,qui était a priori la
      meilleure protection quand ils sont sortis du bloc soviétique?
      ils ont été alliés des nazis certes ….mais ils ont accueillis des dizaines de prisonniers de guerre français échappés
      des camps et leur ont permis de vivre tranquillement ;ils ont fait de même avec les milliers de polonais qui ont fui
      devant l’invasion nazie (et russe) et se sont réfugiés là bas alors qu’a priori les polonais étaient dans le camp ennemi
      je pense que c’est plutot à nous de commencer par leur donner des signes d’amour
      ce qui me console c’est le développement des relations de jumelage avec eux (dans mon coin il y en a deux dont celui auquel j’appartiens et qui marche depuis 20 ans)
      à +

  4. Dans mon département, les landes de gascogne,
    Les habitants parlaient une langue propre,
    Ont vécu en autonomie et en harmonie avec
    Une terre aussi pauvre et hostile que possible
    Portés par une tradition orale aussi vaste
    Que celle de certains amérindiens,
    Pendant des siècles.

    “Notre civilisation”, comme vous dites,
    A balayé cela en cent ans, totalement.

    Personnellement, je ne pense pas qu’il s’agisse de “notre civilisation”,
    C’est un phénomène a juste commencé chez nous,
    Cette “chose” écrase toutes les civilisations
    Et parcoure la terre comme un feu de brousse,
    Elle n’est a personne, et plus personne ne la maitrise.

  5. Doit on mettre tout un peuple dans le même panier. Plutôt que d’attendre de l’amour il faut d’abord en donner.
    Combien de nos concitoyens comprennent les évènements qu’ils subissent. Sont ils responsables des décisions prises par les gouvernants?
    Pour nos politiques, et les financiers, qu’ils écoutent sagement, l’Europe de l’est, comme le pourtour Méditerranéen (l’Union pour la Méditerranée) constituent en fait une zone à faible coût de main d’oeuvre avant d’être une zone d’échange dans laquelle on investi. En élevant le niveau de vie des ces pays on crée aussi des marchés. C’est comme les délocalisations qui ne font que créer la désolation chez les consommateurs qui perdent leurs emplois. Cela marche un temps. Cette mondialisation que je dénonce sous cette forme actuelle, mais à la quelle je crois sous une autre forme, se condamne elle même.

  6. je suis surpris du peu d’ouverture d’esprit dans certains commentaires …
    je rappelle que si Paul a une si grande compréhension de l’économie, c’est justement qu’il n’est pas économiste !
    La spécialisation est un non-sens et mène vers l’incompréhension voire la confusion …
    Pour avoir une vision globale il faut une vue globale, ce qui implique une multitude de sources d’informations
    et un esprit totalement réceptif à ce qui l’entoure.
    Merci Paul, François et les autres pour votre ouverture d’esprit qui participe à la mienne …
    PS: même si je rame dur en économie 😉

    1. L’ouverture sera notre salut, la spécialisation notre perte.

      Dans nos sociétés avancées, le slogan l’expert ou le groupe d’experts et la formule magique de l’accompagnement
      psychologique et tout est dit, sans débat d’idées pourtant primordial pour notre devenir.

      Je ne suis pas surpris du peu d’ouverture d’esprit mais convaincu que nos compatriotes sont bornés et obtus.
      L’esprit simple dans un corps simple de nos racines terriennes a disparu de nos sociétés développées.

      Il va falloir un sacré coup de pied dans la fourmilière pour y remettre de l’ordre et du bon sens.

  7. Je trouve votre article très émouvant, et me fait penser par analogie à l’ex-Allemagne de l’Est, la Tchéquie et la Pologne.Il faudrait un ethnologue ou un sociologue pour rendre compte et de la “chape mentale”, qui doit etre à l’origine de l’installation d’Imre Kertesz à un age avancé à Berlin, cette chape dont il rend compte dans un de ses livres, et de la violence des désintégrations subies par le peuple hongrois depuis 1914.

    Je crois qu’il faut aussi refuser cette vision de l’Union Européenne à deux vitesses contraintes, que l’on trouve
    trop souvent sous la plume des europhobes, due à la fatale influence de J.M Barroso. L’ Histoire n’est pas qu’un poids,
    elle peut aussi etre un levier, et à ce titre ne pas s’etonner par exemple de la décision de la Pologne en matière de Défense et regarder les possibles, puisque le modèle neo-libéral est en faillite.Longue vie à la nouvelle Hongrie, qui nous a tant donné.
    tant de talents

  8. pourquoi parler de la Hongrie ?
    je comprends bien la question;
    c’est parce que s’il y avait un Togolais qui participait au blog, il parlerait du Togo, et de ce qu’il en sait;
    je crois comprendre que Paul veut rompre avec les statistiques dont la globalisation déforme ce que les gens vivent réellement; comme je ne connais que la Hongrie, je ne parle que de ce que je connais; je ne l’ai pas lu dans un grand journal pour cadres supérieurs, je l’ai vu de mes yeux; je l’ai lu dans la langue d’origine;
    la Hongrie est est pays hautement cultivé; je vous épargne de l’énumération de tous les Hongrois qui comptent au niveau international; mais le pays n’est pas cultivé par ses artistes d’élite, il est cultivé par son peuple; fin août, il y a une queue de 20 m devant une boutique; il est 14 h; intrigué je m’approche et je demande à une dame ce qu’elle attend ici; elle me répond qu’à 15 h ouvre l’agence qui vend les billets et abonnements pour la prochaine saison culturelle, et il y a plusieurs opéras qu’elle veut absolument ne pas manquer; les deux dames que l’on voit sur une des vidéos ont peut-être des abonnements pour des concerts;
    je ne joue pas les agences touristiques; nous parlons ici surtout de la crise, et comment s’en sortir; je témoigne de la crise, là où des populations en souffre; bien sûr, ce faisant, je suis un peu égoïste; je devrais aussi parler de la façon dont les milieux les plus favorisés subissent la réduction de leurs bonus; je m’excuse, je n’en sais rien;
    cependant, pourquoi parler de la Hongrie ?
    je reprends; la crise a éclaté en 1929; ensuite il y a eu 1933;
    nous savons à présent que les financiers des Etats-Unis ont contribué à la prise du pouvoir d’Hitler;
    dans la chronologie de l’Histoire, nous somme maintenant en 1931; on n’a pas encore décidé dans quel pays ça se ferait; mais la Hongrie est dans la liste;

    1. dans la chronologie de l’Histoire, nous somme maintenant en 1931;

      Dans la chronologie de l’histoire, nous sommes aujourd’hui en 2009 et demain en 2010.
      Les médias, le pétrole, E=MC², les guerres américaines, la démographie galopante, les armes automatiques à portées d’enfants, l’hyperconsommation, le climat , cette expérience de monnaie strictement fiduciaire mondialisée, Mc Donalds, Coca Cola .. etc. etc. etc.

      En 1930 dans la tête des gens (y compris des banquiers), la richesse avait pour nom or et argent et Keynes était un inconnu. Les gens qui avaient accès à l’éducation obéissaient au coups de règles des maîtres. etc. etc.

      Bref les comparaisons uniquement pour se rendre compte que rien n’est comparable, nous avons un concentré de ce qui se fait de “mieux”.

      PS: j’ai été très bien reçu en Hongrie et quand bien même, ce dont tu parles est bien triste.
      Cela-dit sous un certain regard, les pays de l’Est sont peut-être mieux armés que certains pays de l’ouest pour ce qui arrive.

  9. Merci beaucoup pour se billet, emblématique et déclinable sur un grand nombre de pays similaires. Quand à mrs John et Trevize, j’ai un malaise, ce témoignage sensible vaut mieux que ces réponses obtuses.

  10. J’ai eu l’opportunité de discuter avec un haut fonctionnaire hongrois. Il m’a raconté que dans son pays on constate une mortalité significative des hommes entre 35 et 45 ans environ, le plus souvent s’agit-il d’accidents cardiovasculaires. On explique ce phrénomène par le fait que de nombreux hongrois sont contraints d’avoir plusieurs, au moins deux emplois pour vivre. Cela crée du stress, il y a des cas pareils en France et ailleurs. En résumé, et quelque soit le pays, la Roumanie ou l’Hongrie, il y a beaucoup de perdants du nouveau régime néo-libéral. Les gens qui vivaient modestement mais sans précarité sous le régime communiste sentent le froid du vent capitaliste occidental et en souffrent beaucoup. Il ne faut s’étonner si nous assisterons à la montée d’un nouveau nationalisme dans ces pays. Et d’autre part, les nouveaux adhérents ne songent nullement à construire une Europe, ce qui les intéresse c’est de profiter des marchés libres au sein de l’Europe.

  11. je reviens sur quelques points concrets que l’on peut voir sur les vidéos;
    je m’étonne moi-même de voir la quantité de vêtements jetés dans la rue; une dame tzigane explique que ça fait des années qu’elle n’a pas acheté de vêtements dans une boutique; et moi qui ne suis pas dans le besoin, mais qui ai horreur du gaspillage, il n’est pas dit que je ne ….
    en France, massivement, tous ces vêtements iraient chez Emmaüs, la Croix Rouge, le Secours Catholique, etc , et ne seraient pas piétinés sur le trottoir; en 20 ans, ils n’ont pas réussi a organiser des centres de collectes pour personnes dans le besoin;
    je m’étonne aussi que dans ce pays, plutôt pauvre , il y ait tellement de “bonnes choses” qui soient jetées, des objets que l’on jette juste parce qu’on n’en veut plus; donc une frange de la population est assez aisée pour jeter des objets encore parfaitement utilisables par la frange inférieure de la population;

  12. pourquoi parler de la Hongrie ?
    voici un exemple des liens, très nombreux et méconnus, qui existent entre la France et ce pays;
    sur wikipédia :

    Léo Fränkel
    Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre.

    Léo Fränkel (né près de Budapest en 1844 – mort à Paris en 1896) est un militant syndicaliste français et un socialiste d’origine juive et hongroise. C’est une personnalité de la Commune de Paris de 1871.

    C’est un orfèvre. Il séjourne en Allemagne et en Angleterre. Il s’installe à Lyon en 1867 et s’affilie à l’Association internationale des travailleurs. Il s’installe à Paris comme ouvrier-bijoutier et représente la section allemande de l’Internationale. Il est également correspondant de la Volksstimme de Vienne. Arrêté fin avril 1870, il est condamné en juillet à deux mois de prison, pour complot et appartenance à une société secrète (troisième procès de l’Internationale). Il est libéré par la révolution du 4 septembre 1870 qui renverse le Second empire et proclame la République. Il devient membre de la Garde nationale, membre du Comité central républicain des Vingt arrondissements et reconstitue, avec Eugène Varlin, le Comité fédéral de l’Internationale pour Paris.

    Le 8 février 1871, il échoue dans sa candidature de député socialiste révolutionnaire aux élections à l’Assemblée nationale. Mais le 26 mars 1871, le XIII eme arrondissement de Paris l’élit au Conseil de la Commune. Il devient membre de la Commission du Travail et de l’Echange, puis de la Commission des Finances. Le 20 avril, il est nommé Délégué au Travail, à l’Industrie et à l’Echange. Il fait décréter des mesures sociales, comme l’interdiction du travail de nuit dans les boulangeries. Le 1er mai, il vote pour la création du Comité de Salut public mais se range vite dans la minorité du Conseil de la Commune. Pendant la Semaine sanglante, il est blessé sur une barricade de la rue du Faubourg-Saint-Antoine, à l’angle de la rue de Charonne. Il est sauvé par Élisabeth Dmitrieff, fondatrice de l’Union des Femmes. Il réussit à échapper aux soldats versaillais, se réfugie en Suisse puis en Angleterre. Le 19 octobre 1872, le sixième Conseil de guerre, le condamne à mort par contumace.

    En Angleterre, il rejoint Karl Marx et l’Internationale de laquelle, en 1872, il vote l’exclusion de Bakounine. En 1875, il passe en Allemagne d’où il est expulsé , puis en Autriche où il est arrêté en octobre. Libéré en 1876, il se rend en Hongrie où il organise le Parti ouvrier (qui naîtra en 1880). En mars 1881, il est condamné à dix huit mois de prison. Libéré en février 1883, il devient correcteur d’imprimerie et collabore à la revue socialiste Gleichhet. En 1890, il revient en France et participe au Congrès fondateur de la Deuxième internationale. Sans grands revenus, il collabore au Vorwärts (journal des socialistes allemands) et à La Bataille de Prosper-Olivier Lissagaray. Il meurt d’une pneumonie en 1896.
    Sources [modifier]

    * Bernard Noël: Dictionnaire de la Commune de Paris, Flammarion, collection Champs, 1971.

  13. Voyez comme les pays d’Europe centrale a été rapidement inclus dans l’Europe des marchés et encore une fois sans vote démocratique, sans demander l’avis aux populations du reste de l’Europe. Si des pays comme la Grèce, le Portugal et l’Irlande ont profité de la manne européenne pour développer leurs infrastructures, il était bien convenu que les pays de l’est bénéficieraient du fait qu’ils avaient des niveaux de vie moins élevés que ceux des pays du reste de la CEE et que les multinationales viendraient délocaliser leur industries et leurs services. Certains exploitants agricoles ont vu aussi la possibilité de s’installer sur des terres d’un prix abordables.

    L’Europe de l’Est c’est moins loin que la Chine pour délocaliser. Des industries automobiles qui faisaient fabriquer en Espagne ont arrêter les usines pour en ouvrir de nouvelles en Europe de l’est.

    Bolkenstein, ça vous dit quelques chose ? cet homme politique hollandais qui avait fait passer une directive pour faire travailler les plombiers polonais sur des chantiers français au prix payé en Pologne. Pas de charges sociales, pas de vacances, pas de chomage à payer pour les entreprises qui les employaient sur le territoire français.

    Dans la région, des viticulteurs font venir des travailleurs des pays de l’est pour faire les vendanges. Ils sont payés moitié moins que les français, mais ils sont contents car ça leur fait bien plus que s’ils restaient chez eux.

  14. A la veille de la Seconde Guerre une affiche présentait l’Allemagne nazie comme une tache noire encerclée des deux plus Grands Empires de la planète : l’Empire Anglais et l’Empire Français.
    Il n’en reste rien sinon l’arrogance, et cet article montre autant que les mythes règnent bien plus que la démocratie.

    L’europe c’est surtout la haine de 1870 à 1914 à 1940 à Srebrenica … ce serait benoitement fini ?
    L’europe c’est un archipel de terrains de guerres, de fosses communes, de cimetières, de ruines, de friches industrielles et toujours de camps de réfugiés.
    Des champs de mines terrestres et marines existent encore avec des armées d’ocupations aux bases dénationalisées et gigantesques. Nos armées ont liquidés leurs stocks de munitions dans le lac de Gerardmer, le détroit de Skagerrak, nos rivières etc … jusqu’aux lacs des cantons suisses (hors guerre !) : dans l’eau douce … symbole même de la vie … celle de leurs enfants … cadeaux de nos propres gradés polytechniciens !
    L’europe c’est donc le massacre à l’infini de l’avenir : un archipel de seniories gaspillant et rackettant les ressources tant qu’elles peuvent.
    Continent d’émigration et d’expulsions durant des siècles l’europe rejette viscéralement ceux-là même qu’elle a importé de ses empires pour la libérer puis pour renouveler sa main d’oeuvre enterrée. (Rappelons à l’occasion que pendant des siècles Venise a vendu les “ex-slaves” de l’Est, etymologie de “esclave”, sur les côtes barbaresques.)
    L’europe c’est enfin un chaudron nucléaire concentrant les quatres plus grandes puissances atomiques de la planète avec une myriade d’armées modernes et balkanisées à la botte de l’histoire.
    Il n’y a jamais eu autant de “Nations” en europe, autant de frontières créées et son climat social est crépusculaire avec la crise financière. La “paix européenne” est une pétaudière financière autant que militaire : Georgie, Irlande du Nord (murée), ETA, Balkans, Ukraine, Biélorussie, Chypres, banlieues Françaises, “nuits bleues” Corses, … et toujours le pire qui couve.

    L’UE est aussi impuissante que ses budgets : 1% du PIB. Les Nations “historiques” s’attribuent généralement près de 50% … les vrais pouvoirs et d’ailleurs les seuls armés (et malgré cela bientôt 100% de dettes nationales en plus). Evidemment la plus grosse part du “pourcent” géré par l’UE retourne aux Nations.
    La principale utilité de l’UE c’est de servir de crachoir aux politiciens des Nations, ils s’y défaussent de tous leurs échecs et combines. C’est un lieu d’aisance pour le prix d’une petite commission.

    La Hongrie est donc européenne, j’en suis autant désolé.

    1. ça c’est un portrait au vitriole, loin des discours sucrés, fleur d’orangé du monde médiatique qui coule comme un sirop dés que l’on zappe d’un poste à l’autre… ça décape votre commentaire. Du coup, on a les mains moins poisseuses.

  15. Ne connaissant rien de la Hongrie, je n’en parlerai pas. Mais quand même, je trouve certains des commentaires de ce billet d’une dureté extrême… (même si effectivement le parti-pris pro-US agace…

    Pourquoi ne pas partir sur une nouvelle base?
    1/ enjeux geopolitiques de la relation France-Hongrie- Europe (non pas que le passé ne soit pas important mais il ne nous intéresse que dans cette perspective là)
    2/ identification des exigences/souhaits 1,2,3,4… de X,Y,Z
    3/ compréhension des rapports de force internes/externes qui empêchent leur satisfaction
    4/ Mise au point d’un partenariat stratégique original et crédible mobilisant différents acteurs régionaux

    L’UE ferait bien d’utiliser ses réserves en dollars pour financer le le développement d’infrastructures en Europe centrale… avant que ces dollars ne valent plus rien… le problème étant de ne pas faire l’aumône mais de faire en sorte que chacun en tire un bénéfice au moins égal à ce qu’il serait si ce même argent était investi “chez soi” (en France par exemple). C’est peut être impossible ceci dit… A vous de nous éclairer (à vous et aux lecteurs du blog connaissant le mieux la situation).

  16. Superbe civilisation magyare manipulée par ses élites.
    Ce fut la brève existence mais combien historique de l’Autriche-Hongrie.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Autriche-Hongrie
    La guerre de 14…la grande.

    Aujourd’hui
    La Hongrie est en mauvais état, mais quelle nation peut se vanter du sien?.
    Du moins les Hongrois savent survivre.
    Mieux que nous sans-doute, en cas de graves évènements économiques.
    Voir le niveau de vie des français chuter à celui des hongrois est-il irréaliste?
    Il reste aux hongrois l’humour magyar …
    Un pessimiste est un optimiste qui s’est renseigné.

    1. Entendu à la radio, pendant la guerre en Yougoslavie, de la part d’un habitant de Sarajevo
      s’adressant en français à des journalistes du monde prétendu libre et démocratique … humour noir bosniaque :

      “Quand vous êtes au fond du trou, que faites-vous ? vous essayez d’en sortir… ici, quand on est au fond du trou, on creuse !”

  17. la Hongrie se définit elle-même comme étant “un petit pays”, par rapport aux grandes nations, dont la France;
    les siècles d’Histoire lui ont démontré que son sort ne se décide pas sur son sol, mais ailleurs;
    refusant toute polémique, je ne prendrai comme exemple que la guerre de libération menée par le prince François 2 Ràkoczi, entre 1702 et 1711,soutenu par son peuple, et allié de Louis XIV, le Roi Soleil, malheureusement sur son déclin;
    depuis cette époque, on peut dire que les relations au niveau institutionnel, entre la France et la Hongrie sont nulles et inexistantes; une sorte d’ignorance;
    et pourtant, les relations entre les individus, Français et Hongrois, sont d’une densité surprenante et méconnue;
    l’Histoire, avec un grand “H”, étant aussi celle des êtres humains, c’est ce qui m’intéresse avant tout;

  18. Voila pourquoi je ne veux pas de la Turquie dans l’Europe! Enfin est dit ce qui se chaque derrière une accession à l’UE.

    J’aime la Turquie, j’y ai vécu deux ans, j’y ai appris la langue, j’ai noué des liens humains très forts.
    Si je ne veux pas de la Turquie dans l’UE, “le rejet de l’autre” est surement le dernier de mes arguments. Si je suis contre, c’est pour protéger des millions de familles des prédateurs de la Finances et des dogmatiques libéraux aux commandes de l’UE.

    Il y a des millions de gens, pauvres, certes mais qui ne sont pas miséreux, qui vivent avec peu d’argent, de l’artisanat, sont heureux. Grâce à l’indépendance alimentaire de la Turquie les besoins de base de la population restent bon marché si on compare la Turquie à d’autres pays.

    L’accession à l’UE fera basculer ces milliers de familles dans la misère, sans tous ces petits boulots, certes fatiguants, mais qui permettent à ces gens d’être heureux. Oui on peut être pauvre et heureux, alors que la misère bafoue la dignité de l’Homme et fait sombrer en plus dans le désespoir. (Voir l’article sur la Hongrie parlant des SDF irrécupérables.)

    La culture turque est très riche et passionante, musique, philosophie, religions et j’en passe. Sauvons la en laissant ce pays se développer à son rythme, qu’elle fasse peu è peu son travail d’introspection historique (beaucoup reste à faire, mais des progrès sont en cours sur la révision du dogme Atatürk).

    JB

  19. le billet est superbe
    merci à son auteur et oui il faut aussi s’occuper de pays comme la Hongrie.
    J’ai eu l’occasion d’y faire un court séjour (1 semaine à Budapest en 2007) et oui ! l’histoire transpire dans cette ville et oui! la culture hongroise est formidable! et oui ! les transports en commun de Budapest sont très largement supérieurs à ceux de Paris.
    Si l’un de vous tous y va un jour il faut absolument visiter le “musée de la terreur”. En dehors du parcours très instructif à travers ce musée et qui montre ce vers quoi que 2 totalitarismes peuvent mener, appréciez alors la sortie:
    on passe dans un couloir dont les cotés sont remplis de noms de hongrois ayant collaboré au cours de ces 2 périodes sombres de l’histoire; Comme “devoir de mémoire” il n’y a pas mieux et les hongrois ont choisi.
    cela n’est pas possible en France. Alors oui la Hongrie mérite le respect et qu’on s’en occupe;

    1. à grizzly27 [12:39]
      “on passe dans un couloir dont les cotés sont remplis de noms de hongrois ayant collaboré au cours de ces 2 périodes sombres de l’histoire”
      Qu’est-ce que ça veut dire ? et quels en sont les enseignements (de valeur ou force-faiblesse, autre) ? Pas compris

  20. je souhaite revenir un instant sur la personne de Frankel Leo; il y a des précisions sur le wikipédia en hongrois, et par ailleurs;
    bien entendu, je ne fais ici aucune sorte de propagande pour quoi que ce soi; je m’intéresse d’un peu plus près à la vie d’une personne au parcours hors du commun; et je m’intéresse aussi à ces Hongrois amoureux de la France, qui oublient tout et ne gardent que le meilleur;
    rendons-nous compte; en mars 1871, il a 27 ans quand il est choisi, par ses camarades de la Commune, comme président de la commission chargée du travail et du commerce, poste que l’on appellerais aujourd’hui, ministre du Travail; entre autres mesures, il décrète la nationalisation de toutes les usines, limite à 8h la journée de travail, interdit le travail de nuit, apporte son soutien aux petites entreprises menacées de faillite, prend toute une série de mesures en faveur des femmes;
    comme testament, à l’hôpital, juste avant de mourir, il refuse la cérémonie religieuse et la présence d’un prêtre, ayant toute sa vie été Franc-maçon et libre penseur; pour linceul, il demande à être enveloppé dans un drapeau tricolore; enterré au cimetière du Père-Lachaise, ses volontés ont été respectées; c’est une foule d’au moins mille personnes qui l’a accompagné ;
    à Budapest, le peuple Hongrois l’a aussi reconnu; au moins une avenue et une rue portent son nom; un timbre a également été édité à son effigie;

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