« L’argent, mode d’emploi » : un commentaire, par Johannes Finckh

Billet invité.

J’ai fini la lecture de votre livre !

Je confirme pour dire qu’il est très bien. J’espère qu’il réveillera les économistes attachés et adeptes de la confusion entre « argent » et « reconnaissance de dette ».

Votre dernier passage sur la « dimensionnalité » de la monnaie apporte le fait que l’ordre monétaire, qui génère toujours l’intérêt, même faible et même proposé selon des règles plus « convenables », à savoir dans la production en obtenant un partage entre capitaliste et entrepreneur tout en produisant une « croissance », car l’argent est correctement investi – et sans les trop fréquents abus dans la consommation et la spéculation – va tout de même dans le mur ! Car l’insolvabilité qu’engendre ce système est mathématiquement inéluctable ! Cela est encore vrai pour des intérêts très faibles et même nuls ! Vous signalez le côté physique de cet événement ! Par ailleurs, vous rendez hommage, en fin de votre ouvrage, à certaines de vos sources, notamment Emile Zola.

Pour ma part, j’ai regretté que vous ayez, tout en ayant souligné dans la discussion des solutions proposées, souligné la grande « subtilité » de la solution de Gesell, pas davantage médité et retenu sa solution !

Il me semble y avoir deux raisons essentielles.

1) La première, vous semblez craindre que la monnaie dite « fondante » incite à une sorte de « pousse » à la consommation, car cette monnaie qui perd de la substance en fonction du seul temps qui passe, c’est en effet son principe, pourrait inciter à des achats inutiles et à une fuite en avant de la consommation ! Je vous ai déjà démontré que cette analyse est radicalement fausse, car, bien au contraire, celui qui se trouverait dans une telle situation d’avoir de la « richesse à gaspiller, à perdre », autrement dit le capitaliste, n’a certainement pas cette mentalité-là. Au contraire, il chercherait plutôt à acquérir des actifs durables, des terres, des valeurs industrielles, des placements financiers rentables ou, à défaut, qui maintiennent la valeur et donc l’épargne en question ! Car, dans le nouveau contexte où la rétention liquide ne peut plus fonctionner comme moyen de retirer de la monnaie circulante, il est sensible que la seule possibilité de transférer sa richesse d’aujourd’hui dans le futur sans subir la fonte ou, mieux, en réalisant des gains de valeur liés aux actifs qui ont des chances de s’apprécier (ou pas), restera le vrai moteur de l’épargne de précaution que tout un chacun envisage dès que ses revenus lui permettent.

En clair, le fait de rester positionné sur les « nouvelles valeurs refuge » aura pour effet de réduire substantiellement les mouvements boursiers et les transactions immobilières, car les mouvements spéculatifs cesseraient très très vite. Car vous savez bien que ces mouvements, quelle que soit leur sophistication par le biais des achats/vente à terme ou non, nécessitent toujours et encore les passage par la « réalisation » pour transformer les gains virtuels en gains réels. Et dans un contexte où l’argent, devenu « fondant », devient lui-même un risque réel et assez sérieux, les mouvements spéculatifs se calmeront plus sûrement qu’avec une taxe « Tobin ». La taxe Tobin pourrait tout à fait être proposée « en plus » pour compléter ce système. De plus, certainement, il faudra taxer davantage la propriété foncière, car seule une taxe suffisante « oblige » les propriétaires à faire un usage économique optimal de la terre dans le but de produire suffisamment de richesses à distribuer (notamment avec l’aide d’une telle taxe).

Pour les matières premières pour lesquelles vous signalez les fortes fluctuations spéculatives si nuisibles à l’économie, il s’appliquera aussi, comme pour les actions et autres actifs financiers, le fait que les aller-retour entre la matière première achetée avec de seules visées spéculatives et sa revente avec profit « oblige » ensuite les spéculateur/profiteur déjà à trouver un acheteur au prix qu’il exige, et s’il y parvient, de se repositionner aussitôt, sans quoi, les gains obtenus menacent de lui « fondre » entre les mains. Et puisque tous les spéculateurs seront confrontés à cette réalité nouvelle, il y a fort à parier que ce marché, tout comme le marché boursier et immobilier, se calmerait plutôt, permettant une stabilisation assez sensible sur le front des investissements industrielles qui pourront se faire désormais avec bien moins de risques financiers. Cela contribuera à stabiliser sensiblement les échanges économiques.

Je rappelle, enfin, que dite « fonte » n’aboutit pas, selon la proposition de Gesell, à une réduction de la masse monétaire circulante de l’ordre de 5% annuels par exemple, car Gesell précise chaque fois que cette masse doit toujours être « compensée » par autant d’émission de billets nouveaux, par exemple en dotant l’État de ces sommes ou alors, chaque nouveau- né ! Imaginons une masse circulante de 12 milliards (j’ignore le chiffres réels pour la France), cela produirait une « fonte » annuelle à 5% de 60 millions, et, pour 600 000 naissances, cela verserait à chaque nouveau-né, comme cadeau de bienvenue en ce monde dangereux, la somme de 1000 !
Cela aurait alors le côté festif qui convient à une telle réforme et maintiendrait constante la masse circulante!

Par ailleurs, même sans croissance économique (croissance nulle du PIB), cette monnaie circule constamment et ne pourra plus aggraver les écarts de richesse qui croissent, comme vous le montrez dans votre dernier chapitre avec la dimensionnalité de la monnaie et qu’Helmut Creutz place sur une courbe exponentielle selon la loi bien connue des intérêts et des intérêts composés (les intérêts qui s’ajoutent au capital tous les ans produisant des intérêts à leur tour).

2) Vous objectez, d’une façon effectivement pertinente sans doute, que ce coup d’arrêt ainsi généré de l’auto-accumulation du capital et, symétriquement, des dettes, serait « un peu lent », et que les fortunés trouveraient certainement une parade comment s’y soustraire ! Il faut alors dire comment ! Il ne faut pas s’interdire, non plus, que l’État doit veiller quand même au bon déroulement d’un tel changement en informant la population plus convenablement. Il ne faut pas s’interdire non plus, de réfléchir sur des nouvelles lois à appliquer à l’héritage !

Dans ce contexte, je rappelle que le principal « paradis fiscal » n’est pas l’évasion des placements sous de meilleurs cieux actuellement, mais simplement le fait de se réfugier dans la rétention liquide comme le montre Helmut Creutz dans un texte récent.

Par ailleurs, l’épargne deviendra bien plus disponible pour les investissements nécessaires, car les épargnants ne pourront faire autrement que de proposer tous leurs surplus, seule façon, pour eux, de sauver ce qui peut l’être ! C’est par ce biais-là, vous l’admettez, que les taux d’intérêt de crédit, tout comme les taux d’intérêt d’épargne, s’approcheront rapidement de zéro, comme cela doit être ! Le taux « négatif » sur la monnaie liquide se transmettra indubitablement aussi aux comptes courants bancaires, et cela incitera suffisamment les épargnants, pour y échapper, à chercher des placements d’épargne, car le fait de récupérer intégralement son capital à la sortie constituera une incitation tout à fait équivalente en faveur de l’épargne que la promesse actuelle d’intérêts.

Toute inflation aura disparu, ainsi que toute déflation, car la banque centrale a à gérer une masse circulante rigoureusement stable (grâce à cette « fonte » toujours compensée !), moyennant quoi, le raisonnement quantitatif peut s’appliquer à la formation des prix : P= M*V où V est constante et maximale à tout moment ! Le projet gesellien réalise donc bien « l’euthanasie lente du rentier » que Keynes appelle de ses vœux.

Par ailleurs, avec un système monétaire où toute l’épargne doit se réinvestir constamment dans l’investissement (et par ce biais-là à la consommation via les salaires distribués), le chômage se résorbera rapidement, car tout ce que le marché produit trouvera rapidement preneur nécessairement, car l’attente par rétention monétaire, qui est la forme la plus radicale de la spéculation (speculare = attendre pour voir ce qui se passe), disparaîtra instantanément!

L’élévation des salaires, couplée à la disparition de la charge des intérêts des dettes, fera que la redistribution plus « équitable » des richesses se réaliserait assez naturellement à partir de là, et cela est aussi la conséquence logique du fait que les grandes fortunes décroîtront dans un même mouvement.

Autre conséquence : l’argent cherchant toujours le meilleur « rendement », cela resterait vrai en régime de monnaie fondante, aura pour effet que les zones du monde où il y a encore beaucoup de « retard », où les populations manquent de tout, deviendront les zones les plus attractives pour les investisseurs, car, là, les taux d’intérêt se maintiendront au niveau des taux de profit productifs avant de baisser bien après les pays développés où l’efficacité marginale du capital (productif) est déjà faible. Sans pour autant nous « condamner » à aucun chômage d’aucune sorte, car cette monnaie fait bien demande inconditionnellement et ne pourra jamais se soustraire à la circulation ! L’aide au développement, tout comme une politique écologique et sociale véritablement crédibles ne seront envisageables qu’après la réforme gesellienne !

Car n’oublions pas que le destin des biens et services est bien celui d’être évacués au fur et à mesure de leur apparition sur le marché, à la différence de la monnaie qui, « marchandise spéciale », doit y rester indéfiniment !

Cela m’avait incité à produire un schéma sur lequel la production/consommation suit un mouvement linéaire en touchant, sur un mode tangentiel (contingent ?) le circuit de l’argent qui lui, doit toujours être bouclé!

A propos de la « dimensionnalité » : il faut insister, à mon sens, comme dans l’exemple de la « dame de Condé » (expérience mentale), sur le fait que l’argent est toujours à un seul endroit à la fois, et qu’il ne s’agit donc pas seulement que sa « quantité est conservée », ce qui est évident à mon sens, mais aussi qu’il doit être constamment en mouvement (circulaire !).

Il me semble que votre livre prépare assez bien les esprits à une réforme de type gesellien, si, toutefois, nous souhaitons une évolution démocratique et la préservation de la paix civile. On peut faire appel à la « solidarité » désormais nécessaire entre les hommes pour y parvenir, mais je crois davantage aux nécessités techniques ! Car même si on peut vous croire que les dirigeants des banques centrales sont complices et de connivence avec la haute finance parasitaire, il est sensible que la situation actuelle, où la prochaine crise systémique pointe son nez avant fin 2009 – j’ai lu dans Le Monde que les défaillances des crédits immobiliers atteignent maintenant les 10% des encours – il se pourrait, qu’une monnaie dite fondante, que j’appelle anticrise, pourrait devenir une simple nécessité de survie, que les banquiers centraux perçoivent sans aucun doute!

Et s’ils envisagent la réforme gesellienne comme transitoire, on s’apercevra qu’un retour en arrière serait bien problématique et difficilement acceptable.

Merci encore, bien à vous, jf

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111 réflexions sur « « L’argent, mode d’emploi » : un commentaire, par Johannes Finckh »

  1. Merci JF.

    La monnaie fondante est peut-être une bonne solution pour le jour d’après …après la cata.
    Elle suppose le plafonnement de la fortune privée et la réforme du droit de propriété et comme vous le dites du droit de succession.
    Et sans-doute la présence d’un controle électronique total et constant des actifs privés.
    La disparition des billets (pas de timbre ou de tag à péremtion automatique sur les billets).
    Autrement dit ce sera probablement le couronnement du système économique mondial succèdant au « changement de paradigme ».
    Fichtre…çà devrait marcher en dictature.

    1. @ Tartar,
      Dommage que vous n’ayez pas lu l’Ordre économique naturel de Silvio Gesell qui est l’opposé du totalitaire ! Déjà, en son temps Gesell ne connaissait pas la « monnaie » électronique ni de contrôle électronique d’aucune sorte mais il ne connaissait que la monnaie de papier et toutes les expériences (Schwanenkirchen, Wörgl, Lignières, Marans, Porto Alegre, etc…) ne fonctionnèrent qu’avec des signes monétaires en papier. L’anonymat garantissait toutes les transactions. Ne vous bilez donc pas sur le changement de paradigme qui est tout sauf le totalitarisme (ce dernier ayant permis l’extinction du mouvement franchiste à l’avènement d’Hitler en Allemagne).

    2. C’est triste de constater à quel point le malentendu est décidément constitutif de l’échange humain!
      Pour qu’il y ait « jour d’après », il suffit d’émettre cette nouvelle monnaie!
      Je dis le juste contraire, il ne me semble pas qu’un contrôle spécialement sévère ne soit nécessaire avec la réforme gesellienne, bien moins qu’actuellement de toute façon!
      Si vous m’avez bien lu, vous ne lisez rien de tel dans ce que je développe, car, au fond, un billet qui sera, disons révoqué et remplacé en quelques mois ne fera jamais autre chose que circuler et opérer des transactions, légales ou illégales, je m’en fiche un peu, en tout cas au niveau de cette réforme, l’important est que la circulation monétaire ne s’interrompe pas!
      Il n’est quand même pas difficile de pourvoir des billets de dates d’émission et de dates limites, il y a des ouleurs aussi etc… et cela peut aussi s’écrire en code barre, et j’en passe les détails techniques pour lesquels l’imagination ne manque pas.
      Pour les comptes courants, appliquer un taux n’agatif de l’ordre de 3 à 5 % annuels n’a rien de sorcier!
      Quant au dit « plafonnement de la fortune privée, elle ne peut qu’être la CONSEQUENCE de l’introduction d’une telle monnaie, alors, je ne saisis pas très bien comment vous argumentez.
      Pour ma part, je ne songe pas un instant à la disparition des billets, un mode de paiement anonyme et essentiel pour préserver une part de vie privée et non traçable, j’y tiens!
      Votre procès de soi-disant dictature qui suivrait l’introduction d’une telle monnaie est quand révélateur d’une volonté de ne rien comprendre de ce qui est en jeu là!

  2. Il y a urgence à démontrer à échelle restreinte, sans trop tarder, aux petits spéculateurs qui pullulent, aux accros de l’hyper-cupidité, mais aussi aux petits épargnants tout autant qu’aux détenteurs des plus grandes concentrations financières et plus globalement aux forcenés de l’enrichissement infini de quelques-uns au détriment du bien commun, QUE, POUR SE PROTEGER EUX-MEMES DE LA PAUVRETE ET DES GRANDES PRECARISATIONS, il va leur falloir EMPECHER LA PAUVRETE ET LES GRANDES PRECARISATIONS chez les autres !

    Et que, pour sauver au mieux leur fortune, s’extraire du château de carte apocalyptique des défaillances économiques et des crises systémiques en cascades, l’un des plus courts chemins est sans conteste d’expérimenter et d’affiner au plus vite, des nouveaux modèles d’organisation économique « écologiquement soutenables » du type des différentes variantes geselliennes envisageables, à la fiabilité déjà partiellement démontrée au cours des cent dernières années !

    1. A petite échelle, la preuve du fonctionnement très saisfaisant de ce système avait été apporté dans plusieurs expériences que Jean Louis M rappelle dans sa réponse!
      Cherchez sur wikipedia « Schwanenkirchen », Wära, Wörgl et lignières-en-Berry, et aussi mon blog http://monnaiefondante.canalblog, où vous trouverez des éléments.
      la difficulté de la mise en place d’une expérience de monnaie fondante provient du blocage des autorités monétaires et politiques et économiques sans doute, car pour qu’une monnaie fonctionne, il faut la caution de l’état de toute façon!
      Alors, si une quelconque autorité légitime accepte une expérimentation, cela pourrait démarrer tout de suite!

    2. L’essentiel reste de convaincre la population qui va prendre peur paniquer et risque de reagir de facon absurde et generer des effets pervers majeurs
      Nous risquons en plus d’etre manipulee par tout les politiciens et profiteurs sans scrupules qui n’ont pas interet a une telle reforme.
      Bien que ce systeme me semble seduisant et plus equitable et durable que l’actuel il remet en cause le fondement meme de la richesse et du developpement occidental :
      qu’est ce que je deviens si mon epargne fond comme neige au soleil
      pourquoi devrais je perdre mes economies si je n’ai pas besoin de comsommer aujourd’hui!
      Un troc et un trafic importatn risquent de se developper pour compenser les inconvenient su nouveau systeme (dans l’optique de l’ancien)
      Il me semble que la perception psychologique d’un tel systeme jouera un role majeur dans son development ou son echec

    1. quand même, reprenez- vous!
      Le « profit » ne me semble aucunement condamnable, ce qui pose problème, c’est le chantagepermanent, le véritable racket qu’exerce le système monétaire actuel qui est capitaliste par nature!
      Et enchangeant la monnai pour une monnaie anticrise (fondante), le système permettra toujours des profits, mais ne permettra plus l’instauration des enrichissements perennes par le truchement des intérêts et des intérêts composés qui sont effectivement la forme d’exploitation des ouvrier la plus odieus qui soit!
      L’accroissement des fortunes monétaires suit une courbe de type EXPONENTIEL, tout comme celui des dettes!
      Un tel système va dans le mur, comme je le rappelle en suivant aussi Paul Jorion!

    2. Même les SCOP font du profit qu’elles appellent (appelaient ?) excédent d’exploitation. Cela leur permet de distribuer des dividendes aux porteurs de parts sociales, aux réserves des entreprises et même et surtout à réinvestir dans leur développement. Je ne sais, par contre, si elles sont taxées sur leurs investissements.

    3. @Jean Louis M.

      SCOP
      Les Scop sont des sociétés commerciales qui relèvent de la loi sur les sociétés. Elles choisissent d’être SARL (société à responsabilité limitée) ou SA (société anonyme). A cette base juridique se greffent les principes du Droit coopératif et les dispositions propres aux Scop. Elles se caractérisent par :
      – La maîtrise de l’entreprise par ses salariés : les associés salariés (appelés également coopérateurs) détiennent au moins 51 % du capital social et représentent au moins 65 % des droits de vote.
      – La valorisation du travail et la primauté à la pérennité de l’entreprise plutôt qu’à la rémunération du capital : les bénéfices sont ristournés aux salariés et alimentent des réserves qui restent propriété de la Scop.
      – La variabilité du capital : les nouveaux salariés apportent progressivement leur part de capital à l’entreprise, ceux qui partent peuvent se faire rembourser.
      – Un poids égal pour chaque associé : les votes en Assemblée se font sur la base du principe  » une personne, une voix « , indépendamment du montant du capital détenu.

      Chaque associé salarié de la coopérative dispose d’une voix pour voter lors des assemblées. Ensemble, les coopérateurs ont toujours la majorité. Les associés extérieurs peuvent détenir (ensemble) jusqu’à 35% des droits de vote, voire jusqu’à 49% si l’associé extérieur est une société coopérative. Cette disposition vise à élargir les possibilités de partenariat avec d’autres entreprises. Chaque associé salarié de la coopérative dispose d’une voix pour voter lors des assemblées. Ensemble, les coopérateurs ont toujours la majorité. Les associés extérieurs peuvent détenir (ensemble) jusqu’à 35% des droits de vote, voire jusqu’à 49% si l’associé extérieur est une société coopérative. Cette disposition vise à élargir les possibilités de partenariat avec d’autres entreprises.

      Les bénéfices sont répartis en trois parts :
      – une part entreprise : les réserves (au minimum 16 %)
      – une part salariés : la participation (au minimum 25 % jusqu’à 84%)
      – une part capital : les dividendes (au maximum 33 %)
      Le traitement fiscal du résultat est fonction des choix opérés par les associés dans le cadre des règles données.

      Pour en savoir plus : http://www.scop.coop/societe-cooperative-de-production.htm

  3. Je ne crois pas que la monnaie fondante résoudrait un problème économique, à commencer par celui de l’emploi; or c’est le plus important, car même dans un monde sans aucune monnaie il y aurait du chômage, parce que la productivité implique qu’une part restreinte de travail suffit à combler les besoins de tous.

    La monnaie fondante se dévaloriserait en tant que produit d’épargne et dans un rapport darwinien, serait délaissée au profit de tout ce qui ne fond pas, et donc de bulles de toutes sortes;

    « Toute inflation aura disparu, ainsi que toute déflation »

    De plus, j’ai du mal à imaginer pourquoi une monnaie quelle qu’elle soit, en l’absence d’inflation, serait un bienfait pour le consommateur. Il n’est de salut hors de l’inflation car elle seule signe une consommation décente. Il n’y a pas d’autre signe indirect d’une consommation digne de ce nom, car l’absence d’inflation signifie que les consommateurs ne supportent pas la moindre augmentation des prix, parce qu’ils sont déjà en temps normal à court de ressources.

    Une déflation signe la catastrophe que nous avons. Personne n’achète, on n’investit plus etc.

    D’un point de vue monétariste, en temps normal la masse monétaire augmente en fonction de la croissance il me semble, donc selon votre théorie, il ne devrait pas non plus y avoir d’inflation/déflation puisqu’on suit les richesses créées.

    On contrôle la monnaie non en l’émettant mais plutôt en ajustant les taux directeurs des banques centrales… Dans une économie à l’agonie, ces leviers ne marchent plus. Le taux directeur est au plus bas aux USA, et pourtant, l’activité fait défaut. Du point de vue monétariste, l’argent est disponible, et pourtant vous voyez qu’il n’y a pas d’inflation. Contrôler la masse monétaire est donc actuellement insuffisant, elle n’est suffisante que lorsqu’il y a des marges de croissance. Nous sommes hors des limites du monétarisme classique, du « domaine de définition » de la fonction.

    De plus, il faut critiquer l’essence de la monnaie, à savoir qu’il est le support d’un avoir et d’un défaut d’avoir comme le sont pile et face d’une médaille. C’est la malédiction et le caractère non éthique, non égalitaire et non humaniste, inégalitaire et cynique de la monnaie. A savoir que l’idée même de valeur implique celle de pour qui elle vaut, c’est à dire pour être clair et au risque de me répéter, il faut pouvoir acheter une personne pour de l’argent qu’elle n’a donc pas et pour lequel elle accepte de se vendre, et elle se vend d’autant mieux qu’elle est aliénée à la valeur, et au manque qu’elle éprouve, qu’elle « escompte ». L’argent, c’est donner à quelqu’un qui en manque et qui sait qu’il en manque, pour paraphraser Lacan (l’amour c’est donner ce qu’on n’a pas à qui n’en veut pas).

    Le catholiscisme s’est justement défié de l’argent avec les meilleures raisons, car c’est une saloperie fondamentale, c’est l’outil de l’aliénation de tous, par tous et pour quelques-uns. L’argent, et le pire étant celui sans inflation n’est que l’autre nom de la pauvreté. Il n’y a pas de liaison plus indissociable que ça; la valeur n’existe que pour le cocainomane, ou le pauvre; Pour le riche, l’argent n’a aucune valeur. Donc si l’on n’amende pas le caractère d’airain de l’argent par une inflation, il n’y a dans ce système aucune amélioration possible de quoique ce soit.

    L

    1. Cher Lisztfr,
      Cette saloperie fondamentale, comme vous le dites injustement, qu’est la monnaie, fut bannie du Kampuchea « démocratique » (sic) où la pauvreté disparut ainsi avec les millions de morts qui échappèrent aussi à la pauvreté.
      Faites l’effort de lire l’oeuvre de Gesell : elle est en cours de publication sur Internet si vous ne pouvez la trouver sur papier (j’en ai encore plusieurs exemplaires).

    2. à Liszt: merci pour votre prise de position circonstanciée, je vousréponds donc point par point, vous écrivez:

      1)Je ne crois pas que la monnaie fondante résoudrait un problème économique, à commencer par celui de l’emploi; or c’est le plus important, car même dans un monde sans aucune monnaie il y aurait du chômage, parce que la productivité implique qu’une part restreinte de travail suffit à combler les besoins de tous.
      jf:
      A mon avis, l’impact sur l’emploi de la monnaie dite fondante (elle ne « fond » pas véritablement, car l’autorité monétaire est chargée de réstituer la part « fondue » en continu, comme je l’indique dans mon texte!) est tout à fait décisif!
      Car au moment où la monnaie circule sans stagnation et d’une façon très stable, il est certain que l’ensemble des biens et services présents sur le marché trouve preneur, car il serait insensé de « stocker » l’argent et donc de laisser sur le marché ce qui peut être acheté, car la perte pour l’hésitant est immédiate. S’il ne veut pas consommer lui-ême, car il n’en a pas l’usage, il sera incité à proposer sur un compte d’épargne les sommes excédentaires qu’il a, car cela sera l’autre façon de se prémunir contre la « fonte ». La banque se chargera dès lors de proposer des crédits bon marché, car en ne rémunérant pas (ou très peu) l’épargne, elle pourra prêter pour pas cher, et elle le fera certainement, car la banque ne pourra pas non plus se « permettre » de subir la « fonte » pour des dépôts d’épargne non employés.
      A cemoment-là, l’emprunteur consommera en se substituant à l’épargnant, comme c’est déjà le cas actuellement, mais il y aura les intérêts en moins à payer.
      pour aller plus loin, l’emprunteur pourraaussi refinancer d’anciens emprunts plus chers et diminuer ainsi ses charges. Ensite, il pourra consommer davantage, car ses revenus seront moins lourdement ponctionnés par les intérêts.
      Ainsi, on peut facilement faire le pari que la situation de l’emploi va s’améliorer rapidement, à cause d’une demande effective plus soutenue!
      Pour la productivité, vous avez tout à fait raison, et cela implique que temps du travail diminuera historiquement fortement.
      le chômage pose avant tout le problème des revenus inégalement répartis, et dès que les revenus bénéficient davantage au travailleur et moins aux rentiers, une diminution du temps de travail ne sera pas un problème quand les revenus horaires augmenteront comme cela ser le cas avec la monnaie dite fondante!

      2)Liszt:
      La monnaie fondante se dévaloriserait en tant que produit d’épargne et dans un rapport darwinien, serait délaissée au profit de tout ce qui ne fond pas, et donc de bulles de toutes sortes;
      jf: c’est exact, la monnaie fondante favorisera l’achat de biens durables et « écologiquement corrects »

      3)Liszt me cite:
      « Toute inflation aura disparu, ainsi que toute déflation »
      De plus, j’ai du mal à imaginer pourquoi une monnaie quelle qu’elle soit, en l’absence d’inflation, serait un bienfait pour le consommateur. Il n’est de salut hors de l’inflation car elle seule signe une consommation décente. Il n’y a pas d’autre signe indirect d’une consommation digne de ce nom, car l’absence d’inflation signifie que les consommateurs ne supportent pas la moindre augmentation des prix, parce qu’ils sont déjà en temps normal à court de ressources.
      jf:
      Les variations des prix résultent sans doute parfois de l’inflation ou de la déflation, mais il y a des variations liées aussi aux modifications de la productivité ou des salaires. Ce que vise la monnaie dite fondate est la stabilité de l’indice des prix, naturellement, je l’écris bien!
      La « valeur » en pouvoir d’achat de l’argent serait insi stabilisée. or, cela ne ralentira en rien le désir d’acheter (la demande) dès lors que la « fonte » constitue un stimulus suffisant!

      4)Liszt:
      Une déflation signe la catastrophe que nous avons. Personne n’achète, on n’investit plus etc.

      D’un point de vue monétariste, en temps normal la masse monétaire augmente en fonction de la croissance il me semble, donc selon votre théorie, il ne devrait pas non plus y avoir d’inflation/déflation puisqu’on suit les richesses créées.
      jf: en cas de croissance sensible de la productioin, il est, selon l’idée monétariste, probable que les prix pourraient baisser si on n’ajuste pas la masse monétaire! Or, la réforme gesellienne n’iterdit en rien cela!

      5)Liszt:
      On contrôle la monnaie non en l’émettant mais plutôt en ajustant les taux directeurs des banques centrales… Dans une économie à l’agonie, ces leviers ne marchent plus. Le taux directeur est au plus bas aux USA, et pourtant, l’activité fait défaut. Du point de vue monétariste, l’argent est disponible, et pourtant vous voyez qu’il n’y a pas d’inflation. Contrôler la masse monétaire est donc actuellement insuffisant, elle n’est suffisante que lorsqu’il y a des marges de croissance. Nous sommes hors des limites du monétarisme classique, du « domaine de définition » de la fonction.
      jf:
      C’est exact, mais nous en sommes là justement parce que la monnaie ne circule que très mal! Cela sera très différent en régime de monnaie fondante, car la logique quantitativiste s’y applique strictement comme je l’écris dans mon texte!
      6) liszt:
      De plus, il faut critiquer l’essence de la monnaie, à savoir qu’il est le support d’un avoir et d’un défaut d’avoir comme le sont pile et face d’une médaille. C’est la malédiction et le caractère non éthique, non égalitaire et non humaniste, inégalitaire et cynique de la monnaie. A savoir que l’idée même de valeur implique celle de pour qui elle vaut, c’est à dire pour être clair et au risque de me répéter, il faut pouvoir acheter une personne pour de l’argent qu’elle n’a donc pas et pour lequel elle accepte de se vendre, et elle se vend d’autant mieux qu’elle est aliénée à la valeur, et au manque qu’elle éprouve, qu’elle « escompte ». L’argent, c’est donner à quelqu’un qui en manque et qui sait qu’il en manque, pour paraphraser Lacan (l’amour c’est donner ce qu’on n’a pas à qui n’en veut pas).

      Le catholiscisme s’est justement défié de l’argent avec les meilleures raisons, car c’est une saloperie fondamentale, c’est l’outil de l’aliénation de tous, par tous et pour quelques-uns. L’argent, et le pire étant celui sans inflation n’est que l’autre nom de la pauvreté. Il n’y a pas de liaison plus indissociable que ça; la valeur n’existe que pour le cocainomane, ou le pauvre; Pour le riche, l’argent n’a aucune valeur. Donc si l’on n’amende pas le caractère d’airain de l’argent par une inflation, il n’y a dans ce système aucune amélioration possible de quoique ce soit.

      jf: je suis moins radical que vous, et je considère l’argent comme un « mal » pour un « bien » dès lors que, comme c’est le cas pour la monnaie dite fondante, l’argent ne peut plus être un istrument du pouvoir privilégiant systématiquement les dits capitalistes!

      merci encore de m’avoir donné l’occasion de ces précisions!

    3. L’idée d’une monnaie fondante n’est pas en tous points analogue à celle d’une monnaie inflationniste…? puisque la valeur « fond » également dans ces conditions !

      La façon la plus simple de créer la fonte ne serait-elle pas de créer de l’inflation ?

      Sinon, comment dire au détenteur de 1000 euro (en liquide) que son argent ne correspond plus qu’à 900 E ? sur un compte, vous pouvez ôtez la somme mais pas depuis son « bas de laine ».

      Et finalement je m’étonne qu’il soit si difficile à faire sentir que, l’argent est biface, bicéphale, comme Janus : Vous ne pouvez pas séparer la valeur qu’il a pour les uns au manque qu’en ressentent les autres, c’est une seule et même chose ! Or ceci est fondamentalement mauvais, puisque le bonheur des uns n’est rien d’autre que le malheur des autres. Voilà, c’est la malédiction, aggravée lorsque la devise est « forte ».

      L

  4. Vous écrivez  » imaginons une masse circulante de 12 milliards (j’ignore le chiffres réels pour la France), »

    Comment pouvez vous faire des « plans sur la comète » alors que vous ignorez même le montant de la « monnaie circulante » en France.
    Mais le problème est d’ailleurs que personne ne peut donner ce chiffre!!
    A moins que vous ne vouliez parler de M1 ?

    1. J’écris bien « imaginons », c’est pour illustrer mon raisonnement!
      Par ailleurs, M0 est parfaitement connu et publié tous les mois par la banque de France, et, pour la zon Euro, par la BCE!
      Pour M1, la « fonte » sera répercutée, par nécessité, par les banques, on peut leur faire confiance sur ce point. J’y réponds plus en détail dans ma réponse à fujisan!
      Par ailleurs, je propose encore quelques exemplaires de l' »ordre économique naturel » de Silvio Gesell, en traduction française, envoyés gratis et à mes frais aux premiers demandants, ces livres appartiennent à ceux qui se les approprient!
      En fait à l’humanité toute entière!
      Par ailleurs, ce livre est téléchargeable, c’est un peu long!

    2. M0, c’est, en toute rigueur, la quantité de billets et pièces émise par la banque centrale. Cela n’implique pas que « tout » circule, si c’est cela que vous voulez me faire préciser, nous sommes d’accord!
      De plus les quantités réellement circulantes et actives e cette M0 sont variables selon le contexte conjoncturel.
      Si vous considérez les transferts de « reconnaissances de dettes » selon la définition de Paul Jorion via les virements bancaires ou les chèques, il s’agit, en toute rigueur, pas de monnaie, car une reconnaissance de dette s’échange, dans ce cas contre un bien ou un service, il s’agit en toute rigueur d’un « troc ». Je crois que d’autres, moins rigoureux, s’aventurent vers des agregats monétaires, genre M1,M2,M3 en allant du plus ou moins « liquide » jusqu’à du « pas très liquide ».
      Dans ce cas, il confondent évidemment tout!
      Car, en fait, ce qui définit la monnaie est bien ce qui est « immédiatement disponible » pour acheter tout en restant à nouveau disponible pour acheter, comme c’est le cas, en toute rigueur, seulement avec la monnaie fiduciaire!
      Déjà, un compte bancaire est « moins liquide » que la monnaie fiduciaire, cela sa disponibilité dépend de l’approvisionnement du compte et du fonctionnement des circuits électriques.
      Comme le fait observer Jorion, quand tout va bien, cette « reconnaissance de dette » est bien payée à l’arrivée…

      Si vous deviez être un adepte de la « création monétaire via le crédit bancaire » j’en serai navré, car cela relèverait de la superstition tout simplement! Et, dans ce cas, vous ne saisirez jamais comment fonctionne la monnaie!

    3. JF
      Vous écrivez  » Si vous deviez être un adepte de la « création monétaire via le crédit bancaire » j’en serai navré, car cela relèverait de la superstition tout simplement! Et, dans ce cas, vous ne saisirez jamais comment fonctionne la monnaie! »

      Comme tous les économistes, les grands banquiers (voir certains articles d’Artus et de Peyrelevade par exemple) et les profs d’universités, alors, je serais superstitieux ?
      Vous ne voulez vraiment pas comprendre que les banques commerciales monétisent des reconnaissances de dettes dans ce qu’on appelle « monnaie scripturale » (libre à vous de considérer que ce n’est pas de la monnaie) , augmentant ainsi la masse monétaire si les crédits émis dépassent les crédits remboursés (et vice versa).
      Bien sur les banques sont également des intermédiaires entre une épargne existante et une demande de crédit. C’est aussi pour cela qu’il faudrait séparer les banques en plusieurs entités

      En ce qui concerne la définition de la monnaie, laissons parler Schumpeter puisqu’il semble être dans les bonnes graces de Paul Jorion

      La plupart de ceux qui ont écrit sur la monnaie ont répugné à appeler monnaie les dépôts à vue, ou au moins de les appeler ainsi sans quelques réserves. Comme nous l’avons vu, ils ont habituellement insisté sur la différence entre la monnaie et le « crédit » (voir ci-dessous, section6) ou entre la monnaie «primaire» et la monnaie «fiduciaire». Mais quand on en est venu à se servir de l’équation des échanges, la majorité – en particulier les Américains, qui ont assuré, et de loin, la plus grande partie du travail statistique – a inclu le type le plus important, en valeur, des « instruments de crédit», les dépôts à vue, comme si c’était tout naturel, allant souvent jusqu’à les appeler « monnaie de dépôt » (deposit currency). Le M de leur équation des échanges, dès lors correspondant essentiellement aux pièces de monnaie, à la monnaie fiduciaire inconvertible émise par l’État (government fiât), aux billets de banque, et aux dépôts à vue. Puisque cela inclut pratiquement « tout ce qui permet d’acheter quelque chose », il semblerait qu’ils auraient pu, d’une part, tenir compte des opérations de troc (et aussi du fait qu’une partie du produit social est consommée directement par ses producteurs) et, d’autre part, exclure la monnaie non circulante (les encaisses de réserve des banques et les « bas de laine » des particuliers).

      et pendant qu’on est avec ce grand économiste

      Les banques, bien sûr, ne « créent » pas de la monnaie à cours légal, et encore moins ne créent-elles pas de machines. Elles font, cependant, quelque chose – il est peut-être plus facile de s’en apercevoir dans notre cas que dans celui de billets de banque – qui, dans ces effets économiques, se rapproche de la création de monnaie à cours légal et qui peut conduire à la création d’un « capital réel » qui n’aurait pas existé sans la pratique du dépôt et du crédit bancaires. Mais cela modifie profondément la situation d’un point de vue analytique; il devient difficilement recommandable d’expliquer le crédit bancaire d’après un modèle où les fonds sont détournés de leur usage antérieur par un acte imaginaire d’épargne et ensuite prêtés par leurs détenteurs. Il est beaucoup plus réaliste de dire que les banquiers «créent du crédit», c’est-à-dire qu’ils créent des dépôts par leur activité de prêt, que de dire qu’ils prêtent les dépôts qui leur ont été confiés. Et si on insiste là-dessus, c’est que les déposants ne doivent pas être revêtus des insignes d’une fonction qu’ils n’exercent pas. La théorie à laquelle les économistes se cramponnaient avec tant de ténacité en faisait des épargnants alors qu’en fait ils n’épargnaient pas et n’avaient même pas envie de le faire; elle leur attribue une influence sur l’« offre de crédit » qu’ils n’ont pas. La théorie de la « création de crédit » ne se borne pas à percevoir des faits évidents sans les dissimuler par des constructions artificielles; elle fait également ressortir le mécanisme particulier de l’épargne et de l’investissement qui est caractéristique d’une société capitaliste pleinement développée et le véritable rôle des banques dans l’évolution capitaliste. C’est avec moins de restrictions qu’il n’est d’usage quand on avance une pareille affirmation que nous dirons que cette théorie constitue un progrès décisif dans l’analyse économique.

      Néanmoins, il a été extraordinairement difficile aux économistes d’admettre que les prêts bancaires et les placements bancaires créent des dépôts. En fait, pendant toute la période étudiée ici, ils s’y sont pratiquement tous refusés. Et même en 1930, quand la grande majorité s’était convertie et acceptait cette doctrine comme une évidence, Keynes a jugé nécessaire – et il avait raison – de la réexpliquer et de la défendre longuement, et on peut dire que, même aujourd’hui, beaucoup de ses aspects les plus importants ne sont pas parfaitement compris. C’est un exemple très intéressant des inhibitions que le progrès de l’analyse économique doit vaincre et du fait que les gens peuvent être parfaitement familiarisés avec un phénomène pendant des années et même en discuter fréquemment sans apercevoir sa signification véritable et sans l’admettre dans leur schéma général de pensée.

      rajoutons

      II est, en outre, hautement significatif que, à une date aussi tardive que le mois de juin 1927, on ait pu trouver une place pour l’article de F. W. CRICK, « The Genesis of Bank Deposits » (Economica), qui explique comment les prêts bancaires créent les dépôts et comment leur remboursement aux banques annulent ces dépôts –: et cela sous une forme qui aurait dû à l’époque, mais qui visiblement ne l’était pas encore, être considérée comme l’exposé d’une théorie rebattue.

      Tout Schumpeter nous explique comment les banques commerciales créent la monnaie (la monnaie scripturale de banque commerciale, évidemment)

  5. avec la monnaie fondante on pourrait créer un vaste marché d’échanges de monnaies selon leurs dates de validité respectives, plus ou moins décroissantes. L’investisseur en dépense immédiate échangerait sa monnaie long terme contre une « fonte » à très court terme, en encaissant une sorte de premium. Un grand marché dérivé sur la monnaie fondante finirait par se mettre en place au-delà de timides régulations dont les clés de contrôle se perdraient immanquablement…
    c’est étonnant, cette monnaie fondante, terriblement inflationniste au moins pour les actifs financiers, me fait penser aux warrants !

    1. Allons Karluss,
      Relisez le livre de Margrit Kennedy publié aux éditions « Vivez Soleil » qui s’intitule : « Libérer l’argent de l’inflation et des taux d’intérêts ». Imprimé en Novembre 1996, sur les presse de Clerc s.a à Saint-Amand-Montrond (non loin de Lignières).
      Lisez aussi le Wikipédia aux mots Silvio Gesell et notamment la partie Discussion.

    2. Paul récuse énergiquement Schumpeter, cela ne vous a pas échappé!
      Il m’est impossible de reprendre inlassablement ce débat!
      La monnaie dite « scripturale » peut bien opérer des transactions, mais elle se substitue dès lors à la monnaie fiduciaire qui circulera alors en moins!
      Il reste qu’un revenu n’est dépensé qu’une fois jusqu’au revenu suivant, et si j’opère exclusivement par les banques (virements etc…), cela implique que la monnaie fiduciaire retourne en masse à la banque centrale ou sous les matelas!
      Mais, je maintiens qu’il n’y a pas de possibilité de créer ainsi de la demande supplémentaire.
      De plus, tous les avoirs bancaires sont bien ce qu’écrit Paul, à savoir des reconnaissances de dette en faveur des détenteurs de comptes positifs!
      Cessons de nous laisser mystifier par les techniques bancaires, d’autant qu’il serait absolument impossible q’il y aurait des faillites bancaires si les banues pouvaient se contenter d’ouvrir des lignes de crédit sans penser à tout instant, via les compensations quotidiennes, à se procure de l’argentfrais.
      La seule « création » est bien la dotation liquide par la banque centrale!

  6. Le problème avec les théories globales est qu’elles suscitent controverses, débats sans fin et donc immobilisme durable. De plus, même si tous ceux qui partagent les valeurs positives d’un société plus juste et plus humaine se mettaient d’accord, il faudrait arracher le pouvoir à ceux qui le détiennent pour leur intérêt propre et celui de leur petite tribu et dont on connaît la capacité de contrôle sur nos sociétés.

    Donc, même si les idées de Gesell et le prosélytisme obstiné de Johannes sont très intéressantes, il faut aussi réfléchir aux étapes qui précèdent l’éventuelle mise en place d’une monnaie fondante.

    Aussi, reprenant la philosophie de Miguel Benasayag (

    « Résister c’est créer »

    et

    « Point n’est besoin d’avoir un objectif final bien ficelé pour agir dans la joie contre ce qui vous détruit »

    , en résumé caricatural) je me dis que mettre en place des monnaies locales alternatives, fondantes ou non-fondantes, est une première étape qui peut aider à sortir de la réflexion sans action. La relocalisation de la monnaie aurait déjà l’énorme avantage d’aider les économie locales, de favoriser les circuits courts (économies d’énergie) et de rendre aux échanges le lien humain et la convivialité que le marché globalisé néo-libéral a tué).
    A cet égard, Bernard Lietaer http://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Lietaer est un activiste infatigable qui tente de semer des initiatives monétaires alternatives sur le Terre entière http://www.lietaer.com/ .

    La confiance est un élément essentiel pour que des personnes en nombre suffisant se lancent dans des aventures telles que celle des monnaies alternatives. Parfois, des réactions lues sur ce blog ne déçoivent. Comme dit la sagesse populaire:

    « Si vous n’aimez pas ça, n’en dégoutez pas les autres… »

    1. je vous reçois bien, vous avez raison! Je soutien Lietar de ce point de vue!
      Mais il s’agit quand même aussi de générer le débat d’idées, car, vous me le rappelez bien, le point de vue gesellien n’est pas encore majoritaire…
      La « résistence » des politiques t des élus sera moindre dès que nous erons entendus!
      Quant aux étapes, je suis preneur bien sûr!
      Pour ma part, je propose par exemple de laisser l’argent tel qu’il est en place tout en émettant la nouvelle « fondante », mais uniquement les petites coupures de 5,10,20 et 50 euros, car eux seuls circulent d’une façon significative!
      Les autres peuvent bien rester thésaurisés sans dommage et seront repris par les banques à pleine valeur bien entendu!
      Seulement, il n’y aura pas de nouveaux émis.
      Cela permettra de mieux ajuster la masse circulante nécessaire, car elle sera de toute façon sensiblement moindre qu’actuellement, étant doné la rapide circulation de la monnaie dite fondante!

  7. Bonjour,

    j’ai une question idiote :

    La monnaie fondante ne produirait-elle pas exactement le même effet qu’une forte inflation, telle qu’on en a vu lors des trentes glorieuses ?

    Merci

    1. Vous avez raison, le résultat serait le même, mais tant que le taux de fongibilité et le taux d’inflation sont prévisibles! Le résultat est le même: plus la taux est élevé, moins le cash sera utilisé comme réserve de valeur.

      En particulier; le résultat est le même si:
      – le taux d’inflation est créé par de la création monétaire faite par le gouvernement et immédiatement dépensée dans l’économie par commande de biens et services
      – le taux de fongibilité est compensée par de la création monétaire faite par le gouvernement et immédiatement dépensée dans l’économie par commande de biens et services

      La seule différence sera que l’inflation sera nulle dans le cas de la monnaie fondante, et du pourcentage fixé dans l’autre cas. Mais tant que c’est prévisible et que le taux est le même dans les deux cas, ça ne change rien.

      L’inflation, tant qu’elle est prévisible, n’a rien de mal. Voyez Paul Krugman, prix nobel d’économie 2008, qui prône un objectif d’inflation de 5% plutôt que des 2% visés actuellement par la Fed, afin de relancer l’économie (pour moi cela correspond exactement à rendre le dollar fondant: les avantages attendus sont exactement les mêmes qu’avec une monnaie fondante).

      Le problème avec les périodes d’hyper-inflation, c’est que le taux d’inflation fluctue de manière sauvage, et rend tout investissement très aléatoire, et donc la machine économique s’arrête.

    2. Ce qu’écrit Mathieu peut se soutenir pour une bonne part, mais pas entièrement!
      Car l’inflation ne résoud absolument pas l’épineux problème des taux d’intérêt qui sont d’autant plus élevés que l’inflation est plus forte!
      Du coup, les monatnts de dette continueront à se gonfler et provoquer les insolvabilités que nous connaissons actuellement déjà!
      Il en résulte aussi des effets de surchauffe économique précédant des krachs et des chutes ainsi que des contractions monétaires violentes que les banques centrales ne savent absolument pas contrôler!
      En régime de monnaie fondante, rien de tel!
      Les intérêts baisseront massivement sans ouvrir la trappe aux liquidités, les prix seront rigoureusemnt stables, et il n’y aura pas de phénomènes de surchauffe suivis de crises! Le désendettement sera continu et la répartition des richesses bien plus équitable!
      L’économie sera stable, durable et « écologiquement correct »!

    3. @Johannes Finckh

      Ce n’est pas en écrivant des incantations ponctuées de points d’exclamation que vous allez convaincre quiconque. En tous cas, pour ma part, il me faut des arguments.

      Concentrons-nous sur la comparaison des deux situations suivantes:
      1) Un taux d’inflation fixe et prévisible (disons 7%) est créé par de la création monétaire faite par le gouvernement et immédiatement dépensée dans l’économie par commande de biens et services
      2) Le même taux de fongibilité (disons 7%) d’une monnaie fondante est compensée par de la création monétaire faite par le gouvernement et immédiatement dépensée dans l’économie par commande de biens et services
      Pouvez-vous me donner un acteur économique qui se comportera différemment sous le régime 1) comparé au régime 2)? Et pourquoi?

      Une autre remarque maintenant (qui j’espère ne vous découragera pas à répondre à ma question ci-dessous)
      J’aimerais attirer votre attention sur le fait qu’il peut parfaitement exister des taux d’intérêt usuriers dans un système monétaire à monnaie fondante. Il n’est d’ailleurs même pas nécessaire d’avoir une monnaie. Il suffit qu’un petit groupe de personnes détienne l’exclusivité d’une ressource rare et très désirée par la majorité. Dès que cette situation existe, ce petit groupe de nanti peut prêter à des très hauts taux d’intérêts (beaucoup plus hauts que l’inflation ou le taux de fongibilité), monnaie fondante ou pas.

    4. Mathieu me répond ceci, je vais essayer, encore une fois, de reprendre le débat, sans « incantations »!:

      Ce n’est pas en écrivant des incantations ponctuées de points d’exclamation que vous allez convaincre quiconque. En tous cas, pour ma part, il me faut des arguments.

      Concentrons-nous sur la comparaison des deux situations suivantes:
      1) Un taux d’inflation fixe et prévisible (disons 7%) est créé par de la création monétaire faite par le gouvernement et immédiatement dépensée dans l’économie par commande de biens et services
      jf réponds:
      Tout d’abord, un taux d’inflation me semble assez fort, trop fort à mon goût, car cela créer

      2) Le même taux de fongibilité (disons 7%) d’une monnaie fondante est compensée par de la création monétaire faite par le gouvernement et immédiatement dépensée dans l’économie par commande de biens et services
      Pouvez-vous me donner un acteur économique qui se comportera différemment sous le régime 1) comparé au régime 2)? Et pourquoi?

      Une autre remarque maintenant (qui j’espère ne vous découragera pas à répondre à ma question ci-dessous)
      J’aimerais attirer votre attention sur le fait qu’il peut parfaitement exister des taux d’intérêt usuriers dans un système monétaire à monnaie fondante. Il n’est d’ailleurs même pas nécessaire d’avoir une monnaie. Il suffit qu’un petit groupe de personnes détienne l’exclusivité d’une ressource rare et très désirée par la majorité. Dès que cette situation existe, ce petit groupe de nanti peut prêter à des très hauts taux d’intérêts (beaucoup plus hauts que l’inflation ou le taux de fongibilité), monnaie fondante ou pas.

  8. « il faudra taxer davantage la propriété foncière, car seule une taxe suffisante « oblige » les propriétaires à faire un usage économique optimal de la terre dans le but de produire suffisamment de richesses à distribuer »
    Les effets de cette politique seront terribles, les propriétaires soucieux de l’environnement seront pénalisés, seuls les exploitations industrielles pourront survivre, plus de betail en plein air, plus d’agriculture bio, Que du maïs et du soja OGM!
    Bravo pour cette proposition de citadin!

    1. Votre remarque est particulièrement judicieuse.

      En effet, par définition, la recherche du gain optimal (maximisation temporelle) passe par l’exploitation de ressources naturelles quitte à les détruire.
      Cela est logique et en même temps, suicidaire.

    2. à Thierry ruaux:
      Ce n’est pas ma conviction, mais je vous accorde qu’un cahier de charges pour une exploitation agricole plus écologique ne fera pas de mal!
      Ce que je visais, c’est l’achat de grandes quantités de terres que certains très riches pourraient se payer en vue de raréfier les ressources alimentaires par exemple!
      Obliger les propriétaires terriens à faire une usage agricole disons « normal » est la mondre des choses, soit en exploitant eux-meêmes, soit en louant ou envendant les terres aux vrais exploitants!
      c’est dans cet esprit qu’une taxation convenable pourrait intervenir comme un régulatif!
      Je ne suis pas « productiviste » à outrance ou « OGMiste » etc!
      Optimiser l’usage de la terre s’entend aussi dans une perspective logue telle que l’érosion et l’apauvrissement des sols seraient évités!
      Mais tout sera me semble relativement aisé à obtenir dès lors que l’économie fonctionnera convenablement et d’une façon plus stable et régulière en régoime de monnaie fondante!

  9. Je vais peut être dire une bétise, mais si nous passions au paiement de tout, en cash, ne serait ce pas une première amorce de la fin de l’emprise du financier sur l’économie réelle ?
    Retrait progressif dans le temps de l’épargne (sans émeutes ….) pour la garder chez soi plus de chèque plus de cb etc….
    Conséquences?

    1. Pourquoi « evidemment » ?
      Ne plus faire de chèque ni de transactions électronique retire aux banques les commissions sur ces opérations, opérations dont la forme leur est profitable étant donné que les processus sont automatisés et demande beaucoup moins de personnel que la manipulation physique de la monnaie.

    2. JF
      La suggestion d’enzobreizh n’est pas de thésaurisation mais d’utilisation de la seule monnaie centrale manuelle ( et non plus de la « monnaie bancaire/ reconnaissance de dette » issue du crédit)
      Sans dépôt ou pour un dépôt transformé immédiatement en monnaie centrale, les banques ne peuvent pas faire de crédit car (en simplifiant) leur bilan est détruit
      L’inconvénient reste évidemment celui des paiements « à distance » … on peut utiliser « western union », mais les garanties sont faibles: il faut donc bien connaitre son client ou son fournisseur.

  10. @Johannes Finckh

    Vous conviendez que nous sommes dans une crise d’insolvabilité voire de surendettement. En quoi une monnaie fondante va-t-elle aider les ménages et entreprises surendettés à faire face à leurs engagements ?

    Il me semble que vous faites à peu près la même erreur de diagnostic que les autorités, à savoir qu’il suffirait de favoriser la circulation de la monnaie pour sortir de la crise. Mais une solution monétariste ne va pas résoudre une crise d’insolvabilité. Une monnaie fondante serait certes plus « circulante », mais on ne peut forcer un âne à boire contre son gré, que la monnaie soit fondante ou pas. On ne peut forcer une banque à prêter à des ménages et entreprises avec un avenir incertain voire insolvables – ce qui serait d’ailleurs répéter les mêmes erreurs qui ont provoqué cette crise. On ne peut forcer des entreprises qui « manquent de vision » à investir. De même pour les ménages qui ont encore les moyens, mais craignent une baisse des revenus, une hausse d’impôts… Quand aux ménages et entreprises qui sont déjà trop endettés, ils veulent simplement trouver un job ou des clients pour ne pas se retrouver à la rue ou en faillite.

    « [le capitaliste] chercherait plutôt à acquérir des actifs durables, des terres, des valeurs industrielles, des placements financiers rentables »

    En quoi cela change de la situation actuelle ? Que la monnaie soit fondante ou non, le capitaliste cherche toujours des placements rentables selon son « profil de risque ». Mais dans le contexte de crise actuelle, il attache plus d’importance à la sécurité de son placement qu’à son rendement. En clair, une monnaie fondante ne va pas réduire les risques d’impayés, de faillite…

    « les mouvements spéculatifs cesseraient très très vite »

    Ah bon ? En quoi une monnaie fondante empêcherait la spéculation, la formation de bulles ? Mon sentiment, c’est au contraire que les riches vont justement chercher à préserver leur richesse de la fonte en achetant ce qu’ils considèrent comme valeurs refuges. L’argent va circuler entre ceux qui en ont déjà trop et former des bulles. Ils se fichent bien que ça soit utile ou non, ce qui compte avant tout c’est de préserver leur richesse.

    1. cher fujisan, ravi de vous lire, cela me rappelle nos échanges fructueux sur ce blog! Je vous réponds donc point par point! cela me permet d’apporter précisins, quitte à me répéter!

      1)Vous écrivez:
      Vous conviendez que nous sommes dans une crise d’insolvabilité voire de surendettement. En quoi une monnaie fondante va-t-elle aider les ménages et entreprises surendettés à faire face à leurs engagements ?
      jf vous réponds:
      Au moment même où une banque centrale décide d’émettre une monnaie anticrise (fondante), la donne change assez profondément!
      Tout d’abord, tout comme elle le fait déjà, elle pourra assurer le refinancement des banques devenues insolvables du fait d’un nombre trop élevé d’emprunteurs insolvables. mais en refinançant avec de la « monnaie fondante » exclusivement, il va sans dire que les sommes ainsi injectées sortiront immédiatement des banques et ne resteraient certainement pas « gelées » à la banque centrale même sur les comptes tenus par la banques centrale pour les banques, comme c’est le cas actuellement! Economiquement, cela sera beaucoup plus efficace!
      Car, vous en convenez, cela coûterait très cher aux banques sinon, alors qu’elles ont déjà eu recours à cette même banque centrale pour se refinancer! En même temps, cela débloquera instantanément le marché monétaire interbancaire, car, là aussi, les banques en excédent seront ravies de prêter leurs excédents aux autres plutôt que de subir une fonte!
      Cela implique pour le particuliers que tous les retraits liquides aux guichets mettront exclusivement de la « monnaie fondante » en circulation; pour faire bonne mesure, et puisque les banques auront le souci de se défaire le plus possible de leurs avoirs reçus en « fondants », les banques vont basculer d’elles-mêmes les comptes courants de leurs clients en régime de monnaie fondante, car, sinon, les clients laisseraient les sommes sur leurs comptes courants évidemment si cela les préserverait de la « fonte ».
      Nous assisterons dès lors au fait que les placements d’épargne, non fondants, seraient privilégiés dès que les clients pourront placer l’argent en banque.
      L’afflux des montants d’épargne auront tendance à gonfler, et devant cette abondance, la banque ne peut que baisser le taux d’intérêt qu’elle propose aux épargnants. Mais un faible taux (et même un taux nul éventuellement) est toujours meilleur qu’un taux négatif appliqué à l’argent liquide et aux comptes courants, et les afflux d’épargne se ralentiront à peine!
      Devant cette situation qui confronte les banques à nouveau à des liquidités en excès (l’argent que les épargnants lui prètent de par l’épargne même!), et elles doivent le replacer auprès d’emprunteurs nouveaux, au besoin en baissant les taux, ce qu’elles peuvent faire et vont faire, étant donné qu’elles payent moins d’ntérêts aux épargnants, la marge bancaire leur reste ainsi préservée!
      A ce moment-là, de nouveaux emprunteurs peuvent se présenter et vont se présenter pour financer des projets avec un coût financier plus faible!
      il pourra s’agir aussi de municipalités endettées, de particuliers surendettés ainsi que d’entreprises proches de l’insolvabilité du fait de leurs charges financières d’avant: tout ce beau monde pourra obtenir des refinancements moins coûteux et/ou bénéficier de taux d’intérêts réduits, car les banques DOIVENT, en régime de monnaie fondante, absolument replacer dans le public les fonds en trop.
      (‘Je rappelle que les fonds ne manqent évidemment pas, mais c’est le consentement à la baisse du rendement qui fait actullement défaut, du fait qu’une crise déflationniste des actifs compense un rendement moindre: la baisse des actifs pousse le rendements à la hausse)
      Il résulte de ce raisonnement que l’insolvabilité des ménages, des entreprises et des pouvoirs publics réculera immédiatement avec l’introduction de la monnaie fondante, et cela ne pourra que s’améliorer avec le temps!

      2)pour poursuivez:

      Il me semble que vous faites à peu près la même erreur de diagnostic que les autorités, à savoir qu’il suffirait de favoriser la circulation de la monnaie pour sortir de la crise. Mais une solution monétariste ne va pas résoudre une crise d’insolvabilité. Une monnaie fondante serait certes plus « circulante », mais on ne peut forcer un âne à boire contre son gré, que la monnaie soit fondante ou pas. On ne peut forcer une banque à prêter à des ménages et entreprises avec un avenir incertain voire insolvables – ce qui serait d’ailleurs répéter les mêmes erreurs qui ont provoqué cette crise. On ne peut forcer des entreprises qui « manquent de vision » à investir. De même pour les ménages qui ont encore les moyens, mais craignent une baisse des revenus, une hausse d’impôts… Quand aux ménages et entreprises qui sont déjà trop endettés, ils veulent simplement trouver un job ou des clients pour ne pas se retrouver à la rue ou en faillite.

      jf: je vous ai déjà répondu en partie en 1). J’ajoute que pour les plus endettés, il leur sera possible de redevenir solvables dès que les taux d’intérêt baissent, car elles pourront alors renégocier les mensualités à la baisse, ce que la banque peut accepter puisque la marge bancaire subsistera!

      3)fujisan me cite:
      « [le capitaliste] chercherait plutôt à acquérir des actifs durables, des terres, des valeurs industrielles, des placements financiers rentables »
      En quoi cela change de la situation actuelle ? Que la monnaie soit fondante ou non, le capitaliste cherche toujours des placements rentables selon son « profil de risque ». Mais dans le contexte de crise actuelle, il attache plus d’importance à la sécurité de son placement qu’à son rendement. En clair, une monnaie fondante ne va pas réduire les risques d’impayés, de faillite…

      jf: Si le capitaliste, comme vous le remarquez, « attache plus d’importance à la sécurité de son placement qu’à son rendement », il acceptera justement aussi qe son débiteur paye des intérrêts moins élevés puisque cela le maintiendra tout simplement solvable! Cela est donc également plus sûr pour le capitaliste!
      Mais, je ne cache pas que le rendement du capital dans son ensemble aura une tendance inexorable à la baisse en régime de monnaie fondante, mais c’est précisément l’effet recherché!

      4) fujisan me cite encore, même si un plus de contexte ferait mieux:
      « les mouvements spéculatifs cesseraient très très vite »

      Ah bon ? En quoi une monnaie fondante empêcherait la spéculation, la formation de bulles ? Mon sentiment, c’est au contraire que les riches vont justement chercher à préserver leur richesse de la fonte en achetant ce qu’ils considèrent comme valeurs refuges. L’argent va circuler entre ceux qui en ont déjà trop et former des bulles. Ils se fichent bien que ça soit utile ou non, ce qui compte avant tout c’est de préserver leur richesse.

      jf:
      Je suis un peu plus exhaustif dans mon exposé en remarquant qu’une spéculation foncière nécessiterait sans doute des interventions via des taxes foncières plus fortes par exemple, afin de rendre de tels agissements suffisamment coûteux pour ceux qui s’y risquent!
      Pour les matières premières ou les actifs financiers (cela est vrai aussi pour le foncier bein sovent!), des mouvements de hausse ne sont pas à exclure dans un premier temps, car les réserves liquides des particuliers chercheront à se replacer dans autre chose que l’argent lui-même pour la simple raison que le liquide « fond » désormais!
      Mais, en même temps, tous les détenteurs d’actifs tiennent ce raisonnement qu’il vaut meux pas se « rendre trop liquides » du fait du risque attaché désormais à la liquoidité, alors, la « bulle » de la hausse risque de rester haute, tout simplement parce que lesinvestisseurs NE REDEVIENDRONT PLUS GUERE VENDEUR AU-DELA D’UN MINIMUM A LEURS YEUX!
      Il en résulte que les gains spéculatifs seront tout simplement devenus non réalisables, en dehors de peut-être quelques coups sans lendemain! Car toute spéculation, en régime de monnaie fondante tout aussi bien qu’actuellement nécessite la REALISATION, c’est-à-dire le passage par la vente de ses actifs. Et vendre implique qu’il faut se « replacer » pour ne pas subir la « fonte » de plein fouet!

      Ai-je répondu à votre inquiétude, en tout cas, n’hésitez pas à revenir à la charge, cela m’obligera à préciser encore davantage mon point de vue!

      Bien amicalement,jf

    2. Votre raisonnement est bien monétariste comme je le pensais. Un économiste avait d’ailleurs calculé que, suivant la règle de Taylor, les taux directeurs des banques centrales devraient être négatifs.

      JF dit: « de nouveaux emprunteurs peuvent se présenter et vont se présenter pour financer des projets avec un coût financier plus faible! »

      Les taux d’intérêts sont secondaires dans les conditions actuelles. Il faut avant tout être capable de rembourser le principal. Une entreprise qui n’a pas de vision claire pour l’avenir ne va pas investir, ce n’est pas le moment, quel que soit le taux d’intérêt (même négatif en régime de monnaie fondante). Une banque ne va pas accorder de prêt si elle estime que c’est trop risqué. Etc.

      JF dit: « il pourra s’agir aussi de municipalités endettées, de particuliers surendettés ainsi que d’entreprises proches de l’insolvabilité du fait de leurs charges financières d’avant: tout ce beau monde pourra obtenir des refinancements moins coûteux et/ou bénéficier de taux d’intérêts réduits, car les banques DOIVENT, en régime de monnaie fondante, absolument replacer dans le public les fonds en trop. »
      JF dit: « J’ajoute que pour les plus endettés, il leur sera possible de redevenir solvables dès que les taux d’intérêt baissent, car elles pourront alors renégocier les mensualités à la baisse, ce que la banque peut accepter puisque la marge bancaire subsistera! »

      Pour ceux qui sont surendettés, si ils n’ont pas les revenus suffisants pour rembourser même le principal, ils sont tout autant insolvables quel que soit le taux d’intérêt. Si vous avez perdu votre emploi, que vous deviez rembourser mensuellement 2000 ou 1990 ne change pas grand chose. Vous n’avez pas les revenus pour les rembourser et êtes tout autant insolvable. Un point c’est tout. De même si votre entreprise a perdu 20% ou plus de ses profits.

      Quand à renégocier à la baisse les taux des prêts déjà contractés, j’ai des doutes. Les emprunts à taux fixe sont justement une garantie pour les deux parties que le taux ne va pas varier. Un refinancement ou une révision des taux non prévue initialement implique des frais supplémentaires à charge de l’emprunteur. Autre ex. le Trésor (l’état) va payer des intérêts inchangés sur les bons du Trésor et donc relativement plus élevés puisque la monnaie fond. Un investisseur qui « lacherait » des bons du Trésor à 3% fixe pour racheter des bons à -2% (négatif) serait bien idiot.

      JF dit: « Mais, je ne cache pas que le rendement du capital dans son ensemble aura une tendance inexorable à la baisse en régime de monnaie fondante, mais c’est précisément l’effet recherché! »

      Les taux d’intérêt sont tout relatifs. En régime de monnaie fondante à 5%, un placement à 0% (zéro) correspond à un placement à 5% actuellement. Il y a dans les deux cas ponction de 5%.

      Vous ne me convainquez pas sur la spéculation. En effet, vous oubliez que l’argent s’échange contre le bien ou l’actif. Autrement dit, le vendeur se retrouve avec de la monnaie fondante qu’il va replacer dans un autre actif pour la protéger de la fonte. Et donc formation de bulles.

      Putarque a dit « Le déséquilibre entre riches et pauvres est la plus ancienne et plus fatale maladie de toutes les républiques. » C’est un facteur qui me semble prépondérant quand à la spéculation. Quand on a trop d’argent à ne savoir qu’en faire, on cherche à le faire fructifier ce qui est suceptible de provoquer de la spéculation.

  11. Liszt écrit ceci:

    L’idée d’une monnaie fondante n’est pas en tous points analogue à celle d’une monnaie inflationniste…? puisque la valeur « fond » également dans ces conditions !

    La façon la plus simple de créer la fonte ne serait-elle pas de créer de l’inflation ?

    Sinon, comment dire au détenteur de 1000 euro (en liquide) que son argent ne correspond plus qu’à 900 E ? sur un compte, vous pouvez ôtez la somme mais pas depuis son « bas de laine ».

    Et finalement je m’étonne qu’il soit si difficile à faire sentir que, l’argent est biface, bicéphale, comme Janus : Vous ne pouvez pas séparer la valeur qu’il a pour les uns au manque qu’en ressentent les autres, c’est une seule et même chose ! Or ceci est fondamentalement mauvais, puisque le bonheur des uns n’est rien d’autre que le malheur des autres. Voilà, c’est la malédiction, aggravée lorsque la devise est « forte ».

    jf réponds, je reproduis la réponse faite à Mathieu:

    Ce qu’écrit Mathieu peut se soutenir pour une bonne part, mais pas entièrement!
    Car l’inflation ne résoud absolument pas l’épineux problème des taux d’intérêt qui sont d’autant plus élevés que l’inflation est plus forte!
    Du coup, les monatnts de dette continueront à se gonfler et provoquer les insolvabilités que nous connaissons actuellement déjà!
    Il en résulte aussi des effets de surchauffe économique précédant des krachs et des chutes ainsi que des contractions monétaires violentes que les banques centrales ne savent absolument pas contrôler!
    En régime de monnaie fondante, rien de tel!
    Les intérêts baisseront massivement sans ouvrir la trappe aux liquidités, les prix seront rigoureusemnt stables, et il n’y aura pas de phénomènes de surchauffe suivis de crises! Le désendettement sera continu et la répartition des richesses bien plus équitable!
    L’économie sera stable, durable et « écologiquement correct »!

    1. Ok, il faudrait avoir un pays cobaye à sacrifier, l’ex RDA par exemple, ils ont l’habitude des changements brusques.

      On pourrait aussi faire une simulation informatique de l’économie …? genre Sim City.

      Que les taux d’intérêts n’augmentent pas, soit.

      On pourrait aller plus loin dans l’arbitraire et distribuer des salaires au hasard…

      N’est ce pas finalement équivalent à une taxe sur le capital… ?

      L

    2. à liszt:
      ce que l’on peut dire, en effet, il s’agirait de faire en sorte que la monnaie ne soit plus le capitale « de refuge » qu’elle est actuellement.
      A ce moment-là, le c »apitalisme » comme tel ne sera plus!
      Car, si on y réfléchit, c’est que tous les autres investissments sont susceptibles d’évoluer vers la « baisse de l’efficacité marginale du ca^pital », et si l’argent ne peut plus entraver cette évolution, il est évident que la « rente du capital » disparaîtra bel et bien à terme!
      Cela ‘impliue cependant nullement que le travail et les investissements cessent, car, hormis le rendement du capital, il y aura toujours la nécessité de renouveler les équipements et de tenir compte des innovations technologiques!
      Ce qui changera, c’est que les revenus reviendront à ceux qui produisent les richesses, à savaoir les entrepreneurs et les ouvriers.
      Les ex-« capitalistes » verront leurs revenus renier baisser, mais ils pourront alors tranquillement « consommer leur magot » et/ou se remettre à travailler eux-mêmes!
      Cela sea une excellente thérapie pour eux!

  12. à Mathieu qui écrit ceci, j’essaye d’y répondre sans « incantations » mais en argumentant:

    Ce n’est pas en écrivant des incantations ponctuées de points d’exclamation que vous allez convaincre quiconque. En tous cas, pour ma part, il me faut des arguments.

    Concentrons-nous sur la comparaison des deux situations suivantes:
    1) Un taux d’inflation fixe et prévisible (disons 7%) est créé par de la création monétaire faite par le gouvernement et immédiatement dépensée dans l’économie par commande de biens et services
    jf réponds:
    Un taux d’inflation me semble top fort, mais, essayons cette expérience mentale, pourquoi pas.
    Le taux d’inflation prévisible et prévue par la banque centrale et le gouvernement est difficile à réaliser tel quel, car l’effet de stimulation qui résulte d’un tel taux ferait sortir de grandes quantités de monnaie thésaurisée actuellement.
    Du coup, l’inflation serait, à l’arrivée, beaucoup plus forte que prévue.
    Et si, dès lors, les autorités se mettaient à « freiner » via des taxes ou un resserrement des taux centraux, l’effet de freinage prendrait les investisseurs ayant anticipé un tel taux d’inflation véritablement à la gorge. Il est certain que ce taux nécessiterait un réajustement régulier des salaires à la hausse, sans quoi l’inflation ne produirait pas la relance espérée, on pourrait même craindre qu’elle s’arrêterait assez vite.
    Par ailleurs, comme je l’ai écrit, sans incantation, les taux d’intérêt des emprunts se renchériraient fortement pour intégrer ce taux de dépréciation monétaire.
    Nous assisterions sans doute à une relance pendant quelques mois, mais l’accroissement très sensible de la production aurait pour effet de créer une offre très abondante qui pourrait pousser les prix à la baisse.
    Il faudra aors toujours alimenter fortement en liquidités l’économie pour pousser à acheter et à consommer toute cette production nouvelle. Je doute que cela suffirait.
    De plus, les biens durables, ayant une « dépréciation » inférieure à 7%, seraient fortement poussés à la hausse, notamment les maisons, les loyers, le foncier, créant des bulles énormes. Si on peut bien construire davantage de logements, le nombre des terrains disponibles n’augmente pas cependant au même rythme.
    La forte stimulation marcherait aussi mieux si les niveaux d’endettement actuellement existants étaient faibles, ce qui n’est pas le cas.
    La surchauffe du court terme ne supporterait pas le moindre grain de sable survenant inévitablement. La forte inflation avait été tentée à la fin des années 1970, mais le chômage a finalement continué à se développer fortement malgré cela, car si cette inflation peut bien alléger la dette de certains, cela ne marche que si ses prévisions de revenus se réalisent. Et si elles se réalisent, elles seront « anticipées » par les prêteurs qui exigeront et obtiendront des taux d’emprunt très élévés.
    Vous voyez bien qu’un tel taux d’inflation nous engagerait dans une violent fuite en avant, et, un moment donné, sans ajustement drastique, l’inflation risque bien de virer à la « stagflation » ou l’hyperinflation.
    M’enfin, il faut que je réfléchisse encore au problème! Il reste que la monnaie dite fondante éviterait un grand nombre de ces écueils, sans incantation!

    2) Le même taux de fongibilité (disons 7%) d’une monnaie fondante est compensée par de la création monétaire faite par le gouvernement et immédiatement dépensée dans l’économie par commande de biens et services
    Pouvez-vous me donner un acteur économique qui se comportera différemment sous le régime 1) comparé au régime 2)? Et pourquoi?

    jf:
    Comme je l’affirme, les choses se passeraient différemment, mais je récuse d’abord une « fongibilité » de 7%, c’est bien trop fort, car le taux moyen d’amortissement du capital fixe est plutôt de 4 ou 5% maximum. A mon goût, la fongibilité doit s’aligner sur ce taux le mieux possible.
    De plus, sans inflation, les taux d’intérêt n’auront pas à intégrer ‘inflation pour maintenir le capital avancé, ce qui reste tout de même « légitime », notamment pour l’épargnant modeste.
    Nous aurions un soutien de l’économie sans surchauffe et sans inflation et donc sans chute ou « stagflation ».

    3)Mathieu signale:
    Une autre remarque maintenant (qui j’espère ne vous découragera pas à répondre à ma question ci-dessous)
    J’aimerais attirer votre attention sur le fait qu’il peut parfaitement exister des taux d’intérêt usuriers dans un système monétaire à monnaie fondante. Il n’est d’ailleurs même pas nécessaire d’avoir une monnaie. Il suffit qu’un petit groupe de personnes détienne l’exclusivité d’une ressource rare et très désirée par la majorité. Dès que cette situation existe, ce petit groupe de nanti peut prêter à des très hauts taux d’intérêts (beaucoup plus hauts que l’inflation ou le taux de fongibilité), monnaie fondante ou pas.

    jf réponds:
    Il ne me semble pas très crédible ou réaliste que les « usuriers » seraient plus « à l’aise » en régime de monnaie fondante qu’actuellement, même si vous avez raison, il y aura toujours des gens dépensiers qui se surendetteront par imprudence et qui trouveront des « usuriers » par nécessité subjective!
    Mais les usuriers n’aurongt que la monnaie fondante qu’ils ne pourront que placer dans les conditions de taux plus faibles ensuite…
    Oui, i y aura toujours des situations de privilèges rentiers, mais, là assi, toute « réalisation » passera par la monnaie fondante, tendanciellement orientée ers des taux bas. Je pense que les « excès » ne pourront que réculer.
    à+, jf

  13. JF dit « Je rappelle, enfin, que dite « fonte » n’aboutit pas, selon la proposition de Gesell, à une réduction de la masse monétaire circulante de l’ordre de 5% annuels par exemple, car Gesell précise chaque fois que cette masse doit toujours être « compensée » par autant d’émission de billets nouveaux, par exemple en dotant l’État de ces sommes ou alors, chaque nouveau- né ! Imaginons une masse circulante de 12 milliards (j’ignore le chiffres réels pour la France), cela produirait une « fonte » annuelle à 5% de 60 millions, et, pour 600 000 naissances, cela verserait à chaque nouveau-né, comme cadeau de bienvenue en ce monde dangereux, la somme de 1000 ! »

    Je ne suis pas du tout économiste, je suis là pour écouter et tenter de comprendre pour ne plus être seulement « esclave » d’un système.

    Une question qui me vient comme cela en lisant l’article : est ce que la partie « fondue » de la masse monétaire que l’état remplace tous les ans (dans cet exemple) ne peut pas remplacer l’impôt sur le revenu ?
    Je ne saisis pas toutes les conséquences de ma proposition au niveau notament de la répartition de cet « impot » pour qu’il soit solidaire entre les personnes gagnant beaucoup d’argent et celle en gagnant peu, j’ai toutefois l’impression que des personnes pauvres ont peu d’argent (par définition !) et qu’elles ont aussi peu d’épargne donc sont peu impactées par la fonte de la monnaie, par contre les personnes ayant plus d’argent ont éventuellement plus d’argent gardé liquide car la fonte est un plus faible pourcentage de leur revenu et donc contribuent plus au budget de l’état.
    Je n’ai aucune idée du rapport entre l’argent fondu chaque année et le budget de l’état peut être que les sommes n’ont aucun rapport entre elles et que les rendre dépendantes crérait un déséquilibre.

    1. excellentes questions de runn:
      La « fonte » ne suffira certainement pas pour remplacer l’impôt sur le revenu!
      S’appliquant à la monnaie effectivement circulante, l’effet de revenu pour l’état est intéressant, mais reste marginal!
      Car, en plus, cette monnaie circulant rapidement implique que sa masse sera faible!
      Et 5% d’une masse faible fait peu. La mesure est avant tout « technique ».
      Il n’empêche que les revenus de tous augmenteront sensiblement par le fait que l’intérêt du capital aura disparu, Par contre le revenu rentier baissera d’autant, nous assisterions simplement à une meilleure « justice sociale »!
      Vous avez raison, tous ceux qui gagnent juste ce qu’ils consomment dans le mois ne seront pas du tout « pénalisés » par la monnaie fondante,bien au contraire, leurs revenus augmenteront et le chômage réculera et disparaîtra à terme!

  14. La monnaie fondante, compensée par une création monétaire par l’état, n’est-ce pas équivalent à taxer l’épargne ?
    Si c’est le cas, le risque n’est-il pas d’encourager la consommation et l’investissement spéculatifs, qui sont déjà deux travers du capitalisme ?

    Vous dites que c’est une idée fausse que ce système pousserait à la consommation.
    Mais vous dites aussi dans les commentaires :

    « l’emprunteur pourra aussi refinancer d’anciens emprunts plus chers et diminuer ainsi ses charges. Ensuite, il pourra consommer davantage, car ses revenus seront moins lourdement ponctionnés par les intérêts.
    Ainsi, on peut facilement faire le pari que la situation de l’emploi va s’améliorer rapidement, à cause d’une demande effective plus soutenue! »

    Ce que je comprend, c’est bien une hausse de l’activité humaine sous toutes ses formes selon une logique de croissance, donc plus de déchets, plus de pollution et un poids toujours plus insoutenable pour la biosphère (qui n’en demandais pas tant…)

    Est-ce vraiment la direction à prendre aujourd’hui ?
    Pour baisser les revenus de la finance, plutôt que d’augmenter l’offre, ne faudrait-il pas plutôt diminuer la demande, en permettant par exemple à l’activité humaine d’être moins tributaire du monde financier ?

    1. à quentin:
      Merci pour vos questions!

      Vous avez raison, ceux qui sont surendettés pourront se désendetter et donc consommer davantage!
      Mais, à l’autre bout de la chaîne, cela implique que les revenus d’épargne baissent d’autant!
      C’est un jeu à somme nulle, et les fortunés vont devoir restreindre leur consommation du fait que les revenus rentiers disparaîtront!
      Il s’agit, dans les effets, d’une « taxe » de l’épargne, mais je préfère dire que les revenus rentiers retourneront vers ceux qui les produisent, à savoir les travailleurs.
      Il est clair que les gains de productivité permettraient de produire davantage, mais les individus privilégieront aussi une réduction du temps du travail qui deviendra possible dès que les revenus des citoyens seront suffisants.
      Sans inflation et sans la charge de l’intérêt, toute contrainte à la « croissance » aura disparu tout en maintenant le niveau de vie acquis.
      Pour faire bonne mesure, l’état pourra dès lors agir « écologiquement » en taxant le carbone, les déchets etc.
      Tout cela deviendra tout simplement possible en régime de monnaie fondante sans JAMAIS menacer la stabilité conjoncturelle!
      Je rappelle que l’instabilité conjoncturelle actuelle est un simple effet du chantage exercé par les capitalistes de déclarer que leurs investissments (leur compétitivité) seraient menacés dans le contexte international en raison des charges sociales, salariales et écologiques dans les pays riches.
      Dès que les capitalistes ne pourront plus exercer un tel chantage, les investissements pourront se faire dans un environnement respectueux de l’écologie, un peu partout dans le monde!
      J’ajoute que la monnaie fondante introduite dans un pays aura tendance à pousser d’autres pays à suivre l’exemple, car l’avantage économique pour le pays en régime de monnaie fondante deviendra rapidement décisif!

  15. La chose à bien comprendre, c’est que Johannes ne prétend pas que la monnaie « fondante » résolve à elle-seule tous les problèmes.

    Elle fournit un cadre différent, mais il est bien sûr possible de lui adjoindre d’autres mesures.
    Sur ce style de mesures, il y en a de deux types:
    – celles qui visent à garantir les effets recherchés par ce système de monnaie fondante en empêchant les stratégies d’empêchement.
    – celles qui visent « d’autres » objectifs, comme par exemple la proposition de Paul sur l’interdiction des paris sur la fluctuation des prix amenant des risques artificielles.
    Tout ceci est évidemment cumulable (aux incompatibilités d’incitation près, mais c’est là ce que Johannes a à clarifier). On n’est absolument pas dans le registre du ou bien ou bien. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai tiqué quand Paul semble renvoyer dos à dos l’Islam, Gesell et sa proposition de réforme.

    Les objections sont donc de deux types:
    – Soit « la monnaie fondante » ne résout rien (pour des raisons théoriques ou pour des raisons pratiques de détournement des nouvelles règles du jeu par les investisseurs)
    – Soit « on pourrait obtenir le même effet par des mesures appropriées en restant dans le système actuel », sans avoir à prendre des mesures aussi radicales.
    Je crois que Paul soutient les deux critiques en même temps (enfin c’est l’impression que ça laisse dans son livre la monnaie: mode d’emploi)…

    Les mauvaises objections sont celles qui impliquent des représentations mentales étrangères au nouveau « cadre », c’est à dire qui évoquent des problèmes dans des termes qui ne se poseraient plus du tout dans les mêmes termes dans ce cadre de référence.

    1. Merci à Antoine Y:
      Tout à fait d’accord pour l’essentiel!
      Ce que je peux « clarifier »:
      Empêcher et limiter certaines spéculations me semble tout à fait salutaire, et si on y arrive, tant mieux! Je ne suis pas assez « praticien » de la spéculation pour pouvoir répondre ici à tout.
      Il reste ce que j’écrivais déà plusiers fois: Même si des « coups spéculatifs » restent toujours possibles et sans doute inévitables, car la nature humaine n’aura pas changé pour autant, il reste que les « gagnants » sur un coup seront payés en monnaie fondante, garantie absolue qu’ils devront, ensuite, réinjecter SANS RESTE leurs gains dans le circuit économique, moyennant quoi, il contribueront à la hauteur même de leurs gains à l’irrigation de l’économie avec l’argent qu’ils ont ainsi « détourné » brièvement. Et ils n’auront pas la possibilité d’instaurer un régime rentier, car toute spéculation passe par la case « argent liquide » qui, lui, ne pourra plus être thésaurisé sans énormes risques pour son auteur! De plus, par le simple fait que tous les agents ayant de l’argent à placer vont devenir surtout plutôt acheteurs d’actifs que vendeurs, alors, en vendant beaucoup trop, le spéculateur prendrait le risque de ne pas trouver de « bonnes opportunités » pour se replacer.
      A mon sens, et peut-être après quelques « ratés », la spéculation se calmera très sensiblement au niveau mondial, dès que le régime de monnaie fondante sera adopté!

      D’autre « mesures appropriées », sans toucher au coeur du système qu’est l’argent me semblent vouées à l’échec sans monnaie fondante, car n’oublions pas que la spéculation, à sa racine, est la possibilité de pouvoir différer un achat ou un investissement afin d’obtenir des conditions plus favorables!
      Speculare veut dire: attendre pour voir!
      La thésaurisation de l’argent liquide est la racine même de toute spéculation possible!
      Ainsi, la principale fuite des capitaux, le paradis fiscal par excellence reste le matelas!
      Il suffit de mettre ainsi tout le système sous pression quand on est fortuné pour exercer une pression « spéculative »!
      D’ailleurs, l’inflation est bien aussi un moyen de limiter cela, mais, je l’expose aussi, cela marche moyennement bien.

  16. « Ce que je comprend, c’est bien une hausse de l’activité humaine sous toutes ses formes selon une logique de croissance, donc plus de déchets, plus de pollution et un poids toujours plus insoutenable pour la biosphère (qui n’en demandais pas tant…) »
    Encore une fois, Johannes peut faire deux types d’objection ici:
    1/ Non ce n’est pas le cas, car… ce qu’il tente de faire si je comprend bien.
    2/ Il faudrait montrer/prouver que les mesures qui permettraient de résoudre ce problème dans le système actuel ne seraient pas également transposables dans le système « monnaie fondante ». Si tel n’est pas le cas, alors l’objection n’a pas lieu d’être. Par exemple, admettons que la décroissance soit la seule option possible (je dis bien admettons…), l’objection devient « or justement la décroissance est impossible dans le contexte d’une monnaie fondante! ». On n’échapperait au Charybde de la misère que pour être soumis au Scylla d’une terre invivable!!!

    Ici Johannes peut répondre: Ou bien la décroissance n’est pas pratiquement réalisable, et elle ne l’est pas plus dans un des deux système que dans l’autre. Ou bien la nécessité finira que nous finirons par y venir de toute façon, et dans ce cas on y viendra dans un système comme dans l’autre, et la question devient: quels sont les mérites respectifs d’un évitement d’une catastrophe écologique un peu plus tardif (si tant est qu’un tel évitement soit possible) par rapport à une neutralisation plus ou moins importante du principal levier de la domination (ce que Johannes, à la suite de Gesell s’inspirant d’Aristote contre Marx, pense être la fonction d’épargne de la monnaie).

    Le principal mérite de Gesell est à mon sens de rompre en totalité avec l’approche économique qui, en plus de confondre « monnaie » et « reconnaissance de dette », ne voit pas que la monnaie n’est pas seulement un instrument remplissant certains fonctions, mais une construction technique (politique) remplissant des fonctions qui peuvent aller bien au delà de la simple « fonction d’échange ». Cette réduction fonctionnelle fait qu’on présente les systèmes monétaires actuels comme le seul produit possible d’une certaine logique, simplement actualisée à l’occasion de telle ou telle circonstance historique particulière.
    La monnaie dans sa fonction d’échange, n’est rien d’autre que l’ensemble des dispositifs qui structurent la façon dont les échanges peuvent se faire, c’est à dire in fine la manière dont la monnaie peut être générée et comment elle peut circuler. C’est d’abord le labyrinthe (les chemins possibles de la souris) avant d’être telle ou telle souris ou groupe de souris (flux) du labyrinthe. Il y a un usage politique possible de la monnaie qui va au delà de l’agencement des rapports de force issus du rapport entre « épargne » et « échange ».
    C’est seulement si on ne considère pas ce point, ou si on considère l’apport de la monnaie fondante sous le seul angle de l’allocation du capital (dans la perspective de Paul, il y a superposition parfaite entre les réquisits de la justice distributive et ceux de l’efficience économique et c’est ça qui est très très fort) qu’on peut présenter la mesure d’interdiction des paris sur la fluctuation des prix comme une alternative du style ou bien ou bien à la monnaie fondante. Mais ce n’est bien sur pas le seul angle disponible, et la monnaie fondante poursuit par ailleurs d’autres fins que celle-là, et je crois que c’est en partie pour cette raison que Paul a publié le billet de Johannes.

    1. Merci Antoine Y, vos réflexions me plaisent beaucoup!

      J’insiste pour dire que la décroissance, nous y sommes en quelque sorte! Et nous le serons davantage au fur et à mesure que l’énergie fossile se renchérira!
      Mais, pour vivre une décroissance « soutenable socialement », je ne vois pas comment on pourrait faire sans repenser la redistribution des richesses.
      Et en premier lieu, ce qui ruine, c’est bien la rente du capital, à savoir l’intérêt de la monnaie!
      En régime de monnaie fondante, une certaine décroissance, donc une diminution du PIB, sera beaucoup mieux supportée par tous qu’en régime capitaliste!
      De plus, l’inventivité humaine trouvera de toute évidence les moyens technologiques pour se passer de certaines technologies énergivores, moyennant quoi, la décroissance, en régime de monnaie fondante, n’aura vraiment rien de dramatique, en tout cas pas dans les pays riches.
      Quant aux pays pauvres, une certaine croissance se poursuivra, au moins pour obtenir une alimentation et des soins que tous souhaitent!
      Il me semble que ce seront surtout les équipements durables et écologiquement soutenables qui seront privilégiés, car cela deviendra, notamment pour les plus riches, le meilleur placement possible dès lors que le « bien durable, trop durable » qu’est l’argent lui-même ne pourra plus servir à cela!

  17. Du coup je propose une question à Johannes:
    Qu’est ce que la monnaie fondante permet que la proposition de Paul développée dans la monnaie: mode d’emploi ne permet pas?

    Et une autre, subsidiaire:
    Peut-on cumuler monnaie fondante et monnaies libres (genre le « papillon » pour les philatelistes, une « monnaie durable », voire des « monnaies individuelles… »)?

    1. à Antoine Y:
      Pour avoir lu et commenté le livre Paul et qui a abouti à sa publication sous forme de ce « billet invité », je ne peux que réitérer tout le bien que je pense de son livre!
      Cela dit, Paul valide l’approche gesellienne qu’il estime « subtile ».
      Mais je me devais d’apporter les précisions que je continuerai à fournir.
      Paul veut interdire certaines spéculations, il appelle de ses voeux une constitution économique plus solidaire, il démontre, comme les geselliens le font depuis cent ans déjà pourquoi le capitalisme va toujours dans le mur, et cette approche faite par lui qui n’était pas, « nourri » au départ par Gesell (comme moi, je suis « tombé dedans étant petit! »), est immense!

      Simplement, pour faire court: si on ne s’attaque pas à la monnaie « à la racine » même de ce capitalisme depuis la nuit des temps, il n’y aura pas d’issue!
      La monnaie thésaurisable comme elle l’est actuellement ne peut qu’abutir aux concentrations des richesses que nous vivons! Alors, il faut en finir!

      Quant aux monnaies libres, je n’ai rien contre, mais sans le sceau officiel, il n’y aura point de monnaie possible!
      C’est dans a nature même de toute monnaie, fondante ou pas!

  18. A Johannes Finckh

    Si la « nature humaine » n’a de désagréable que la spéculation, alors c’est le paradis sur terre ! La spéculation ? c’est ce qui différencie le vivant du néant: supprimez là et les plantes ne produiront plus d’oxygène, les animaux n’évolueront plus jusqu’à former des formes humaines, l’homme enfin se détournera de la valeur. Par ailleurs, la spéculation permet aussi de savoir où le capitalisme s’engouffre… pour le ramener dans le troupeau.

  19. @ Roujkine.
    Ce n’est pas là le sens de spéculation, ou alors il faut distinguer la bonne de la mauvaise, la mauvaise étant celle qui fait courir un risque artificiellement créé. Je crois que vous faites allusion à la théorie selon laquelle le vivant se distingue par ceci qu’il échange, et même constamment, avec son environnement, au fait qu’il prélève à l’extérieur de lui-même de quoi assurer sa subsistance (notez au passage que c’est très différent de la définition antique-scolastique qui définit le vivant comme « ce qui est mu par soi-même et non par un autre »). Il n’y a là aucun rapport autre que vaguement métaphorique avec la spéculation telle que nous l’entendons ici.

    Pour ce qui est de votre remarque sur la nature humaine, la « spéculation » n’est pas la moindre des choses désagréables: à tel point qu’elle s’enracine dans l’une des deux bases anthropologiques fondamentales qui expliquent l’état de nature pour Hobbes (qui n’est pas qu’une fiction): si les hommes spéculent, c’est parce-qu’ils souhaitent pouvoir jouir demain de ce dont il jouissent aujourd’hui même. Donc ils essaient d’accumuler.
    Notez aussi que la proposition habituelle qui voudrait que l’homme soit fondamentalement méchant ou un loup pour l’homme repose sur une interprétation erronée de l’anthropologie de Hobbes. Avant tout, les hommes ont peur.

    1. Et la bonne spéculation, c’est laquelle? Celle qui fait courir un risque naturellement créé? Du genre, un cerf est un spéculateur lorsqu’il prend le risque de se battre avec un autre cerf pour la possession d’une biche? 🙂

    2. Pas mal AntoineY, on peut dire que vous avez du ressort. Mais je vous trouve un peu optimiste quand-même: les hommes ont des raisons d’avoir peur s’il connaissent un peu l’Histoire, et leur environnement représente une opportunité qu’il serait illusoire de repousser. Je vous propose une synthèse : il est naturel de spéculer, et humain de dépasser cette spéculation.

  20. pour maintenir le débat, voici un raisonnement simple qui démontre à nouveau pourquoi il ne saurait y avoir de « création monétaire via le crédit bancaire »! C’est ne peut pas être est n’est pas, ne sera jamais!

    Il n’y a rien à comprendre, il n’y a qu’à considérer les faits !

    Je maintiens : il ne saurait y avoir de création monétaire par les banques autres que les banques centrales !
    En effet, s’il en était autrement, on ne comprendrait pas pourquoi les banques devraient se prêter de l’argent entre elles, ou, à défaut, se refinancer à la banque centrale !
    C’est une vérité sans doute trop simple et « simpliste » pour tous ces « savants » de l’université !

    Les banquiers ne le savent que trop bien, et ils méprisent à juste titre la « science économique ! »

    Les «bêtises » que les banques ont faites en spéculant et, en prenant des risques de plus en plus insensés, ne proviennent pas d’une « création monétaire » échevelée ou incontrôlée, mais très exactement d’un excès de dépôts du côté des fortunés qui cherchaient des rendements rémunérateurs, hautement rémunérateurs et donc hautement risqués ! Et qui devaient donc trouver à tout prix des emprunteurs, même insolvables !

    C’était évidemment tellement risqué que cela devenait, un moment donné, avec les crédits hypothécaires américains par exemple – titrisés à cause des risques insensés pour les intermédiaires bancaires! – nécessairement impossible à couvrir – même le refinancement forcé et délirant par la Fed n’y parviendra pas, et ce malgré une création monétaire réelle et massive.

    Car ces sommes astronomiques, destinées à couvrir et à boucher les trous, ne font que transiter et disparaissent très rapidement dans la thésaurisation – autant dire dans destruction monétaire (provisoire) sans doute supérieure ou égale aux sommes injectées.

    C’est pourquoi cela se déroule actuellement quasiment sans relance de l’inflation –pour le moment. Nous ne sommes cependant pas à l’abri d’une prochaine hyperinflation. En attendant, c’est la déflation qui menace…

    Seule la monnaie fondante constitue une réponse efficace et pacifique à ce problème !

    Johannes Finckh, Bordeaux, 12 décembre 2008

  21. Et à propos de la spéculation!

    Le 9 février 2009
    Réflexions sur la spéculation

    La monnaie anticrise règle-t-elle les problèmes posés par la spéculation ?

    La réponse ne m’est pas venue tout de suite, et ce n’est pas simple. L’effet est plutôt indirect comme nous allons voir.
    Fondamentalement, spéculer c’est, comme le mot l’indique, attendre et regarder ce qui se passe (speculare=regarder, ou aspettare=attendre).
    Ce qui nous « choque », me semble-t-il, nous, simple citoyen lambda, ce que nous semble obscène, c’est le côté voyeur du spéculateur. Le spéculateur fait un usage joueur de son argent, il attend et jouit, retire sans doute une jouissance du gain (ou de la perte ?) spéculatif.
    Ceci semble prouver qu’il a, au départ « trop » d’argent, tellement d’argent qu’il peut en user et abuser à sa guise.

    La question de l’effet de la monnaie anticrise (la monnaie fondante) sur la spéculation subsiste, mais on peut rattacher la réponse plus fondamentalement au risque du temps qui passe.
    La monnaie anticrise redistribue le risque autrement.
    En effet, la monnaie traditionnelle tire un avantage du fait d’être, en dehors de sa fonction d’échangeant comme la monnaie anticrise, aussi réserve de valeur au sens où son détenteur peut tirer avantage du fait d’attendre, d’hésiter et de différer sa décision d’achat. Le fait d’attendre n’est certes pas condamnable en soi, car il faut bien réfléchir et comparer, ce qui demande du temps.
    Ce qui pose, à mon sens, problème, c’est que le risque du temps qui passe est actuellement imputé au seul offreur de biens et services, pas à celui qui diffère sa décision d’achat dans un but d’en tirer avantage.
    Il doit être possible de se donner du temps, et cela l’est bien entendu aussi avec la monnaie anticrise. C’est là qu’il convient de noter la subtilité de la réforme proposée !
    Il ne s’agit en aucune façon d’une dévalorisation « violente » de l’avoir monétaire qu’a le détenteur, mais d’une petite perte régulière, fonction stricte du temps qui passe (par exemple 5,2% annuels ou 0,1% par semaine, le taux pourrait même, à terme être moindre dès lors que les biens et services produits s’inscriront dans une « durabilité écologique plus importante » – un des effets obtenus à terme par la monnaie anticrise).
    A ce moment-là, le spéculateur doit, comme tout un chacun, assumer sa part de risque. Et ce risque revient sous forme de gain à la collectivité avec la monnaie anticrise (ce qui n’est pas le cas avec la monnaie traditionnelle), car n’oublions pas que la BCE a pour mission, autant que possible, de maintenir l’indice des prix stables, en re-émettant autant de monnaie nouvelle que nécessaire.
    A supposer une spéculation massive sur de tel ou tel produit, par exemple la récolte du blé au marché de Chicago, cela renchérira nécessairement tout ce qui dérive du blé dans la vie, car le temps de la soustraction du blé (quelques mois dans les silos) et de la raréfaction qui en résulte modifie les rapports de tous les prix.
    En même temps, ce produit agricole sera, devant la perspective de hausse ainsi attendue, sans doute davantage semé, et les récoltes suivantes opéreront un retour à la normale, moyennant quoi les spéculateurs, qui savent cela aussi, se trouvent confrontés à des limites, disons naturelles, pour leurs appétits. Ce raisonnement s’applique à tous les biens et services reproductibles aisément.
    Il en va un peu autrement pour les ressources limitées, car on ne peut pas toujours produire autant qu’on veut, par exemple le pétrole, l’or et autres ressources minières rares. Ces objets trouvent une limite dans le fait que d’autres produits (l’énergie renouvelable par exemple, des alliages pour remplacer le platine dans certaines applications techniques, etc.) peuvent représenter une concurrence d’arbitrage des marchés.
    La spéculation foncière bâtie et agricole représente un autre problème délicat, car la raréfaction du sol du fait des abus spéculatifs qui peuvent très rapidement exercer un chantage comparable à celui de la rétention d’argent traditionnel. Là réponse est, là, à mon avis, une taxation suffisante et adaptée du foncier, ce qui oblige les détenteurs (inscrits au cadastre nécessairement !) à produire cette taxe ou à remettre en vente une partie de leurs acquisitions, et ceci permettra de contribuer à réguler le marché foncier. On pourra aussi imaginer des limitations de surfaces qu’un individu serait autorisé à détenir ou une appropriation collective des terrains par les municipalités par exemple et qui définit (comme c’est déjà le cas) l’usage qui doit être fait des terrains.
    Pour revenir à la spéculation plus purement financière, nous voyons donc que le problème posé est le fait que l’attente et la décision d’achat différé en soustrayant au marché des sommes liquides importantes pose le problème principal. Et justement, il me semble que la monnaie anticrise s’attaque au cœur de ce problème en imputant le risque du temps qui passe à ceux qui voudraient se mettre à profit ce temps-là dans le chantage capitaliste fondamental qu’est l’obtention d’un intérêt (fonction stricte du temps) pour le non-usage (l’abus, la mise en friche !) de leur pouvoir d’achat.
    Il convient cependant d’être modeste et prudent, car je ne pense pas que cela empêche dans le détail et au cas par cas des gains boursiers réalisés par des investisseurs « avisés » qui achètent et vendent avec chance et opportunisme aux bons moments. Mais aussi, cette façon de procéder est économiquement neutre, car l’acheteur transmet par son achat son pouvoir d’achat au vendeur qui doit à son tour le transmettre, toujours dans le but de ne pas perdre ou de perdre le moins possible lié au fait que le temps passe.
    Car, au fond, comme la mort, nul n’échappe au fait que le temps passe et que la monnaie anticrise exerce (dès son introduction) sur son détenteur (banque et particuliers) le doux et ferme rappel (une main de fer dans un gant de velours !) que le pouvoir d’achat lui appartient, certes, mais que l’instrument qui le véhicule (la monnaie) est une institution collective, publique et implique une responsabilité collective et sociale que la BCE est chargée de rendre efficace grâce à la taxe anticrise appliquée à la détention liquide, sans quoi, il lui est impossible de savoir ce qu’il en est de l’usage, de l’abus et de l’usure pratiqués par un petit nombre de capitalistes au détriment de l’immense majorité.
    En n’appliquant pas cette mesure anticrise, la BCE permets tous les excès les plus obscènes de la spéculation actuelle, et la principale « spéculation » consiste dans le fait de fait chanter le vendeur de biens et services en lui imputant la contrainte du temps qui passe tout en étant à l’abri de cela. Le « time is money » révèle que le capitaliste est, en fait, le rentier du temps (des autres !).

  22. Et encore ceci:

    le trou noir
    Bienvenus sur ce blog que mon ami Paul Jorion m’a gentiment prêté via un « billet invité » pour que je réponde à toutes les questions qui se posent autour de la crise financière que la théorie de la monnaie fondante de Silvio Gesell est seule à même de résoudre!
    Il s’agit d’une révolution de la pensée économique!
    Il faut savoir que les promesses faites par les gouvernements et les grandes banques centrales pour sauver le système d’une crise systémique sont à la fois nécessaires et insuffisantes!
    Ce qui cause le trou: c’est le fait que les liquidités promises ou déjà injectées ne restent pas dans le circuit du refinancement! Ces sommes ne font que passer – pour disparaître ensuite dans une position d’attente sur des comptes liquides ou (pire!) dans des coffres-forts sous forme de liquidités accumulées et inactives! En attendant des jours meilleurs!
    La perte de confiance des investisseurs a atteint un tel degré que la monnaie actuelle, thésaurisable, n’arrivera pas à relancer le système: résultat, toutes les injections nouvelles, même à taux de refinancement zéro (comme au Japon et aux USA!) n’arriveront plus à dégripper le système probablement.
    La réponse à ce souci serait l’émission d’un numéraire nouveau, dès maintenant, en euros et en dollars et en toute autre monnaie qui serait constitué autrement:
    Il faut qu’il soit frappé d’une perte de substance mensuelle de l’ordre de 0,5%; concrètement, les nouveaux billets doivent être retirés de la circulation en imputant à leurs porteurs d’un coût de 0,5% mensuels et à une date fixe!
    Ceci aura pour effet que les détenteurs ne pourront plus thésauriser la monnaie liquide sous peine de subir des pertes substantielles à mesure que le temps passe; le résultat sera que les liquidités se remettront à affluer dans les banques, car les particuliers voudront bien sûr échapper à ces pertes! Les banques à leur tour vont ramener les excès liquides – ceux qu’il n’utiliseront pas à rembourser leurs autres créanciers, aux banques centrales qui devront dès lors les retirer de la circulation; il est évident que les instituts d’émission auront le pouvoir de ce faire pour juguler d’éventuels effets inflationnistes liés à cette accélération efficace de la circulation monétaire! les effets sur les taux d’intérêts seront rapides, et nous nous orienterons dès lors résolument vers une conjoncture stable sans inflation et sans chômage, même si la croissance économique est nulle.
    J’en dirai plus e, répondant à ceux qui m’écriront! Johannes Finckh, Bordeaux

  23. Création monétaire par les banques privées,
    deux documents récents (une vidéo d’un banquier qui avoue et une brochure officielle de la Banque de France) :

    1) Georges Pauget, directeur général du Crédit Agricole répond aux questions de Nicolas Demorand et des auditeurs dans Interactiv’ sur France Inter (8 h 40 – 6 novembre 2009) :

    http://www.dailymotion.com/video/xb1zdu_georges-pauget-france-inter_news

    Bernard Maris pose sa question qui gêne à la minute 4:28.

    Le Directeur général du Crédit agricole dit alors (5:08), paradoxalement :

    « Je crois que vous faites une erreur (sic) au départ du raisonnement parce que, dans la banque d’aujourd’hui, pour faire 100 euros de crédit, vous devez avoir 8 euros de capital, y compris quand vous êtes une banque coopérative… »

    Mais, la suite de l’échange donne l’impression que ce patron de banque confond carrément les réserves fractionnaires obligatoires avec la rentabilité du prêt pour la banque… C’est surprenant (c’est un peu son métier, quand même).

    ___________________

    2) Par ailleurs, ces jours-ci (en 2009, donc), la Banque de France distribue dans les lycées un petit dépliant intitulé « La monnaie et nous ».

    On peut donc lire aujourd’hui encore (comme c’est le cas depuis des dizaines d’années) sous la plume de la Banque centrale de la France :

    « La création monétaire

    La masse monétaire est composée de l’ensemble des billets, des comptes de dépôt et de tous les placements que l’on peut facilement transformer en argent liquide comme les livrets d’épargne, les comptes à terme ou les OPCVM monétaires. Par définition, on exclut de la masse monétaire les placements à long terme (plans d’épargne logement, placements en obligations) et les placements risqués actions).

    (…)

    Cette masse monétaire n’est pas figée, et elle n’est pas liée à une base physique de métal précieux. Elle évolue avec les besoins et les résultats de l’activité économique, et cela grâce aux banques. Si l’on ne faisait qu’échanger des pièces, des billets et des dépôts inscrits sur des comptes, il n’y aurait pas de variation de la masse monétaire. Mais ce n’est pas ce qui se passe en réalité.

    Prenons le cas d’une entreprise : pour fonctionner, elle a souvent besoin d’argent frais. Car il lui faut du temps pour fabriquer ses produits, les vendre et être payée. Et en attendant, elle doit payer ses fournisseurs, acheter du matériel et rémunérer ses salariés.

    Elle s’adresse donc à sa banque, qui va pouvoir lui accorder un crédit, moyennant intérêt bien entendu. La banque inscrit le montant du crédit au compte de l’entreprise : la banque a créé de la monnaie.

    C’est ainsi que la banque augmente par le crédit le montant des dépôts et crée de la monnaie. De son côté, l’entrepreneur s’engage à rembourser le crédit et les intérêts correspondants, grâce aux profits qu’il compte retirer de son activité.

    L’entrepreneur a maintenant les moyens de produire, puis de vendre sa production. Il peut alors rembourser son banquier, et ses recettes lui permettent de payer les intérêts de son emprunt, qui sont la rémunération de la banque. Quand elle a reçu le remboursement, la banque annule le crédit accordé et la quantité de monnaie diminue.

    Au total, la masse monétaire ne cesse de varier au rythme des créations et des destructions continuelles de monnaie. »

    Source : Banque de France, « La monnaie et nous », 2009.
    BDF_2009_La_monnaie_et_nous.pdf

    Moi, je trouve ça clair.

    Sans rien déformer.

    Et tous les livres de Schumpeter que j’ai à la maison, –comme les soixante-dix autres livres que j’ai qui traitent de la monnaie–, confirment cette technique bancaire (ancestrale, d’ailleurs).

    Je trouve assez surprenant que Schumpeter puisse être mobilisé pour soutenir la thèse que les banques privées ne créeraient pas de monnaie : pour ce que j’en ai lu, il dit partout précisément le contraire.

    Pour m’en assurer encore davantage, j’ai commandé les deux ouvrages spécifiques de Schumpeter sur la monnaie (« Théorie de la monnaie et de la banque » : le tome 1, ‘L’essence de la monnaie’, et le tome 2 : ‘Théorie appliquée’). Je vous en reparlerai dès que j’aurai étudié ça.

    Ceci dit, mise à part cette interminable controverse sur la création monétaire (à mon avis fondée sur un simple –mais décisif– malentendu à propos du sens des mots « argent » et « monnaie »), le combat de Paul sur tous les autres sujets est tout simplement admirable : si Paul n’existait pas, il faudrait l’inventer 🙂

    Amicalement.

    Étienne.
    Forum ‘Reprendre le pouvoir sur notre monnaie’
    ___________________

    Peu de gens sont assez sages pour préférer le blâme qui leur est utile à la louange qui les trahit. La Rochefoucauld.

  24. Correctif : les 8%, que le patron du Crédit agricole semble confondre avec la rentabilité des prêts qu’il accorde, ne sont pas les réserves fractionnaires, bien sûr, mais les obligations de Bale 2 (ratio Mc Donought) qui imposent aux banques de disposer de 8% des prêts consentis en fonds propres.

    Comment peut-il confondre ces contraintes ?

    Étienne.
    _____________________

    Les convictions sont des ennemies de la vérité, parfois plus encore que le mensonge.
    Nietzsche.

  25. Bon, je réponds comme d’habitude!
    Les réserves fractionnaires, conformes à la convention de Bâle, ne sont pas, au sens strict, de la monnaie qui circule, mais elles restent normalement et essentiellement figées à la banque centrale, sans doute pour « garantir » un peu la solvabilité de la banque.
    En radicalisant mes propos, je dirais qu’elles ne servent à strictement rien!
    Mais, même dans ce cas, la banque qui puiserait dans ces réserves devra les réstituer le plus vite possible à la banque centrale, en empruntant aux autres banques, en récoltant des dépôts ou en mettant des actifs en gage à la BC.

    Pour les sommes prêtées, et via les compensations au jour le jour, la banque est tenue d’équilibrer ses comptes quotidiennement!
    Avant d’accorder un prêt, la banque vérifie si elle peut le faire en puisant dans ses dépôts.
    La particularité de la monnaie est qu’elle circule, c’est-à-dire qu’elle n’est jamais en deux endroits à la fois!
    Si c’est la banque qui l’a en dépôt, elle doit alors payer un intérêt à l’épargnant.
    Pour pouvoir payer cet intérêt, elle la prêtera aussitôt pour un intérêt un peu plus élevé pour assurer sa marge.

    En clair, ce que le déposant dépense en moins, l’emprunteur le dépense en plus, il n’y a pas, là, de création de monnaie, car cela impliquerait que la monnaie épargnée serait comptée comme susceptible d’être dépensée par l’épargnant et par l’emprunteur en même temps, ce qui n’est jamais le cas!
    Si la banque doit réstituer à l’épargnant le dépôt, elle devra obtenir, via une autre source (d’autres épargnants de la banque ou en empruntant l’épargne collectée par d’autres banques via le marché interbancaire!) ces sommes.
    En cas de crise de solvabilité du fait de la défaillance de (trop) d’emprunteurs de la banque, la banque aura un gros souci! De plus, cela assèchera toujours aussi le marché interbancaire, car la « confiance » n’y est plus!
    Et elle n’aurait pas ce souci si elle pouvait créer elle-même cette monnaie, ce qu’elle ne peut, bien entendu, pas!
    On pourra me citer des milliers d’ouvrages qui soutiendraient cela, et jusqu’aux plus grands économistes, cela ne deviendra cependant pas vrai!
    La citation de Nietzsche, je la retourne à l’envoyeur!
    Quant à Schumpeter, comme je l’ai rappelé, Paul Jorion récuse clairement sa thèse de la « création de monnaie via le crédit bancaire »!
    Pour aller plus loin, il suffit de se pencher suffisamment sur les exposés verbeux qui soutiennent cette insoutenable thèse pour y déceler toujours, au détour d’une phrase, que, bien sûr, la banque doit bien veiller à rentrer dans ses fonds.
    Au moment de la crise systémique, causée par l’insolvabiité croissante des débiteurs, c’est la banque centrale seule qui peut tenter de combler les trous comment elle l’avait fait fin 2008 et comme le font les grandes banques centrales toujours et tant quelles peuvent!
    Comment font-elles? En « monétisant » ce qui n’est pas « monétisable » autrement, à savoir les actifs toxiques qu’elles achètent ou prennent en pension pour des « prix » théoriques qui n’ont rien à voir avec les prix négociables qui sont à peu près nuls!
    Autrement dit, elles allongent leurs bilans autant qu’il le faudra, tout simplement pour tenter d’éviter l’écroulement du système!
    Mais parce qu’en même temps les déposants sont devenus frileux et les perspectives des emprunteurs mauvaises, il est clair que le crédit bancaire devient plus difficile à obtenir, malgré toutes les injonctions des pouvoirs publiques et toutes les « garanties » qu’ils apportent.
    Les déposants/épargnants expriment d’abord une préférence pour la liquidité avant de se repositionner dans de nouvelles bulles spéculatives d’actifs réputés pas chers qui, du coup, ont tedance à devenir chers.
    Mais le crédit ne devient pas véritablement disponible pour autant.
    La seule création possible est bien celle opérée par les banques centrale sous la pression du système!
    Je sens bien que je convaincrai pas, car il s’agit, ni plus ni moins, d’une remise en cause d’une grande partie de l’actuelle pseudoscience économique!

    1. JF dit :

      En clair, ce que le déposant dépense en moins, l’emprunteur le dépense en plus, il n’y a pas, là, de création de monnaie, car cela impliquerait que la monnaie épargnée serait comptée comme susceptible d’être dépensée par l’épargnant et par l’emprunteur en même temps, ce qui n’est jamais le cas!
      Si la banque doit réstituer à l’épargnant le dépôt, elle devra obtenir, via une autre source (d’autres épargnants de la banque ou en empruntant l’épargne collectée par d’autres banques via le marché interbancaire!) ces sommes.

      Tout de suite les grands mots JAMAIS. Pas de manichéisme SVP.

      Un simple contre exemple pour infimer votre assertion péremptoire:
      M. X touche son salaire de 1000 € et le dépose à la banque B.
      La banque B prête 1000 € à M. Y qui les dépense au magasin M qui a lui-même son compte à la même banque B.
      M. X dépense ses 1000 € au même magasin M qui a lui-même son compte à la même banque B.
      M. X et M. Y ont tous les deux dépensé 1000 €, le magasin M a touché 2000 €.
      Tous ont leur compte bancaire à la même banque B. Pas une seul cent n’est sorti de la banque B qui n’a donc pas eu besoin de refinancer quoi que ce soit à l’extérieur. Il y a bien eu augmentation du pouvoir d’achat immédiat (prêt de 1000 € à M. Y).
      Vous me direz peut-être que le magasin M devra payer ses fournisseurs et employés, mais s’ils ont tous leurs comptes ouverts auprès de la même banque B ? De même l’employeur de X peut lui aussi avoir un compte auprès de la banque B.

      Vous dites bien « Si la banque doit réstituer à l’épargnant le dépôt » donc vous admettez vous-même que ce n’est pas toujours le cas, mais uniquement quand l’argent sort effectivement de la banque B à la demande du déposant. Dans ce cas, et dans ce cas uniquement, la banque devra alors effectivement « trouver » l’argent ailleurs. Mais quand la monnaie ne fait que passer d’un compte client à l’autre au sein de la même banque, il n’y a pas besoin « trouver » l’argent ailleurs puisqu’il ne sort pas de la banque.

      Bien sûr, en cas de crise bancaire, les déposants font moins confiance à leur banque et vont retirer leur dépôts en espèces ou les transférer à une autre banque plus sûre.
      Bien sûr, pour une banque spécialisée dans l’immobiler où la banque prète à LT, elle devra « trouver » l’argent ailleurs avec une échéance équivalente et/ou avec refinancement régulier puisque les rentrées des prêts précédement octroyés ne sont pas suffisantes pour assurer l’auto fiancement des nouveaux prêts.
      Bien sûr vous trouverez d’autres cas particuliers où la banque devra « trouver » l’argent ailleurs, mais ne faites pas une généralité de cas particuliers. Il n’en reste pas moins vrai qu’en temps « normal » pour des grandes banques universelles avec une part de marché importante, une partie non négligeable des prêts octroyés reste ou revient au sein de la même banque sans en sortir. Je ne prétends pas que c’est toujours le cas, mais ne prétendez pas non plus que ce n’est jamais le cas.

  26. Voici un autre texte proposé à la réflexion:

    Le 20 décembre 2008

    A propos de la situation actuelle et ce qu’elle implique pour le capitalisme

    On peut remarquer que le système monétaire engendre le capitalisme tel qu’il est. Ce système fonctionne par la succession de phases d’expansion plus ou moins longues et de crises plus ou moins aigues, puis chroniques.
    Toute l’histoire depuis l’antiquité est émaillée de successions de ces cycles.
    Pour centrer le débat, il suffit de s’intéresser à la période présente, plus précisément à partir de 1945, c’est déjà beaucoup.
    Après les destructions liées à la deuxième guerre mondiale, notamment au Japon et en Europe, il se trouve que l’essentiel des richesses du monde capitaliste était américain en 1945. L’Amérique a eu des pertes aussi, bien sûr, mais elle s’est retrouvée créancière des autres pays, davantage touchés.
    Les Etats-Unis ont ensuite initié la période de reconstruction avec des dons et de prêts de capitaux considérables, je ne vais pas exposer les détails, ce serait trop long.
    Toujours est-il que le soutien matériel et surtout les garanties américaines ont permis de redémarrer et de redonner aux agents économiques la confiance toujours nécessaire.
    Au début, les capitaux européens et japonais étaient nuls ou plutôt faibles, et il n’était pas toujours possible de financer tout ce que l’on aurait voulu.
    Mais cela changea rapidement, et les années 50 et 60 restent dans l’histoire comme les années du « miracle économique », encore appelées les « trente glorieuses » (1945-1975 grosso modo).
    La période conjuguait très efficacement une économie de marché stimulant le jeu de la concurrence couplée à des taux de croissance forte ainsi qu’une redistribution des richesses qui irriguait très largement les populations, avec des hausses de salaire régulières et importantes, et des avancées de justice sociale considérables.
    Il est à remarquer que cela fonctionnait d’autant plus efficacement, selon les pays, que les destructions étaient plus massives, d’où notamment l’évolution remarquable du Japon et de l’Allemagne de l’Ouest. Tout cela est largement admis.
    Cette période de forte expansion capitaliste et marchande a cependant eu pour résultat, en dépit d’une redistribution meilleure qu’aujourd’hui, un enrichissement déjà très importante d’une petite minorité.
    Les grosses fortunes, reliées sans doute en partie aux héritages du passé, mais pas seulement, se constituaient ou se reconstituaient encore plus vite que la redistribution. L’accumulation des grandes fortunes suivait une courbe exponentielle beaucoup plus forte que la croissance économique dans son ensemble et celle des salaires.
    Ce phénomène s’est encore accentué entre 1975 et 2008, où la part des salaires a même sensiblement reculé par rapport à la part « revenu du capital ».
    Ces grandes fortunes cherchaient évidemment toujours des placements rentables et poussaient, par leurs investissements, au développement industriel et des infrastructures comme nous avons vu.
    On peut faire la remarque que le pétrole abondant et pas cher y a évidemment joué un rôle important.
    On dit d’ailleurs que le « choc pétrolier » de 1973 avait déclenché la fin de ce long cycle d’expansion et de prospérité « sans gros nuages ».
    Ce qui a suivi est lié au fait que les capitaux disponibles et très abondants ne trouvaient plus les rendements auxquels ils étaient habitués, d’où une première crise de « confiance » des investisseurs, les premières faillites ayant entraîné très vite un défaut d’investissement et une montée rapide d’un chômage de masse qui allait s’aggravant avec des hauts et des bas jusqu’à aujourd’hui.
    Les gouvernements ont réagi assez énergiquement en empruntant massivement ces capitaux auprès des épargnants pour les réinjecter, autant qu’ils pouvaient, dans l’économie via des infrastructures ou des productions initiées par eux. Les états apparaissaient, et cela aussi ne fait que s’accentuer, comme les débiteurs en dernier ressort, nécessaires pour recycler les capitaux énormes disponibles entre les mains des happy few.
    L’industrie de l’armement est aussi un moyen puissant de soutien à l’activité, car la fabrication tous ces « jouets » fort coûteux prélevait de la richesse et maintenait à flot le secteur de la production marchande du fait que celle-ci pouvait continuer à produire sans être noyée par sa propre efficacité qui aurait trop réduit les profits par une offre surabondante.
    Cela est vrai dans tous les pays, et cela est spécialement flagrant pour les USA qui ont assez largement délaissé la production marchande –relativement à leur consommation, s’entend- en créant un complexe militaro-industriel tout à fait énorme, détourné de la production marchande.
    On retrouve la conséquence de cela dans la balance commerciale constamment déficitaire, et de plus en plus, de ce pays qui apparaissait ainsi comme le soutien de l’économie marchande du reste du monde et des grands pays exportateurs, L’Allemagne, le Japon, aujourd’hui la Chine, et quelques autres « émergeants ».
    Le monde entier s’arrange de ce déséquilibre pendant très longtemps, car le « crédit » des USA vis-à-vis du monde semblait à ce point « illimité » et arrangeait tout le monde. Car la monnaie mondiale est bien le dollar, et il suffit aux américains d’en émettre suffisamment pour irriguer le monde entier. La monnaie fabriquée dans un pays en échange de la marchandise du reste du monde ! Cela va bien tant que la confiance n’est pas entamée et tant que le reste du monde reste pauvre et désireux de travailler pour une monnaie de singe.
    Cela implique que le reste du monde a ainsi soutenu une consommation extrême aux USA et qu’en réalité le reste du monde a travaillé pour les consommateurs américains qui ne pourront évidemment jamais rendre en produisant tout ce qu’ils ont pris tout en fabriquant des armes en générant un poids militaire équivalent à celui du reste du monde réuni!

    Or, tout cela ne suffit pas et surtout ne suffit plus pour stabiliser le système, car la logique du rendement capitaliste doit toujours chercher des placements nouveaux, les états ne peuvent pas s’endetter davantage du fait du poids de la charge de la dette, et les placements « risqués », genre subprimes, doivent être inventés pour capter l’épargne en excès. On doit déréguler, car, sans cela, il n’est plus possible de recycler les capitaux excédentaires d’une façon « rentable », en tout cas « rentables » selon les prévisions et les anticipations plus ou moins farfelues mais néanmoins longtemps acceptées par les agents économiques fortunés. De toute façon, ils ont tellement d’argent que la part placée à haut risque ne leur manque pas tout de suite, et le petit jeu peut ainsi bien durer quelques années. Pour Madoff, c’est en fait quelque chose de semblable, même s’il y a là encore plus clairement l’intention de frauder et de faire de la cavalerie financière, évidemment.

    La « vertu » que l’on peut trouver à Madoff, ce serait une destruction massive des fortunes qui entraînerait l’extinction d’autant de dettes, que Madoff est ce débiteur insolvable, donc les créanciers auront perdu au moins cela!
    In fine, on peut faire l’hypothèse que si la destruction des fortunes n’était pas « que » 50 milliards de dollars, mais si elle pouvait atteindre plusieurs milliers de milliards de dollars (ce qui est loin d’être le cas), il y aurait une extinction des dettes d’autant, et l’économie repartirait « comme en 1945 » !
    Ces destructions avaient été pratiquées dans le passé via des guerres et les faillites des états, peut-être pourrions-nous faire l’économie de la prochaine grande guerre mondiale ? Ce serait trop risqué, peut-être une prochaine cessation de paiement de l’état américain (probable !) est une étape nécessaire avant tout redémarrage possible ?
    Un tel événement comporterait évidemment des risques énormes de troubles sociaux ou de guerre civile mondiale.

    Une solution pacifique face à une telle menace serait l’instauration de la monnaie fondante qui organiserait non pas la destruction massive du capital mais une « euthanasie lente des rentiers » chère à Keynes qui a prélevé cette pensée chez Silvio Gesell.

    Johannes Finckh

  27. 27 novembre 2009 à 18:34
    Cher Paul, je suis évidemment heureux que vous allez rencontrer Bernard Liétar dont je connais le travail aussi!
    Vous mentionnez aussi la « monnaie fondante », cela me fait évidemment plaisir, et je vous remercie encore pour le billet invité.
    Par ailleurs, je connais plusieurs économistes à Bordeaux, et si vous êtes d’accord, une invitation à Bordeaux pour animer un débat pourrait s’ajouter à une de vos tournées?
    Vous pourriez parler de votre livre par exemple! Ou de ce que vous voulez!
    Alors, si vous êtes d’accord avec cette idée, je joindrai mes amis.
    D’autre part, j’espère que les événement de Dubaï vont peut-être réveiller quelques adeptes de la religion de « création monétaire via le crédit bancaire » pour enfin constater à quel point leur opinion est intenable!
    En tout cas, les investisseurs et le spéculateur ne croient pas une minute à ce créationnisme, même s’il surfent sur des vagues en tentant (et en réussiant) de se remplis les poches!
    Je pourrai aussi vous héberger évidemment!

  28. La définition de la monnaie et du crédit

    Ce qui engendre la confusion chez les économistes, c’est la définition même de la monnaie ainsi que la définition des avoirs monétaires, autrement dit du crédit.

    On m’a souvent objecté de ne m’intéresser qu’au numéraire qui, selon las économistes, ne jouerait plus qu’un rôle marginal dans les transactions.
    Selon eux, l’essentiel de la « monnaie » serait dématérialisée et circulerait entre banques…
    Pour eux, payer par virement bancaire ou par crédit serait toujours de la « monnaie ».

    On invente, on se contorsionne, on invente M1 (monnaie fiduciaire + réserves obligatoires sous forme de compte de dépôt des banques auprès de la Banque centrale).
    S’ajoute à cela M2, l’épargne facilement accessible et sans délais particuliers et qui contribuerait à acheter et il s’agirait donc aussi de monnaie
    Il y a ensuite M3, l’épargne à long terme et les placements financiers divers.

    Les économistes s’amusent ensuite à additionner tout cela pour arriver à des chiffres plus ou moins astronomiques qui seraient la « masse monétaire circulante ».

    Et dans cet ensemble, évidemment, M0 représente un faible pourcentage du tout, de l’ordre de 10%, cela varie selon les pays et les coutumes.

    Or, cette méthodologie est inacceptable d’un point de vue logique et pratique et ne tient absolument pas compte d’aucun fait économique réel.

    C’est comme additionner 2 pommes + 3 poires = 5 (quoi déjà ?) !

    Soyons sérieux !
    1) S’il est évident pour tout citoyen ayant un compte courant que l’on peut faire l’essentiel de ses achats sans sortir un billet de sa poche, est-ce que cela veut dire que mon compte en banque est de la monnaie ? C’est aller trop vite !
    Sans participation de la banque qui procède instantanément à des transferts de créances d’un compte à un autre, inscrivant de débit d’un côté et des créances ailleurs (somme : nulle), rien ne se fait.
    Et quiconque se heurte à un refus bancaire (provision insuffisante, refus de crédit, etc.) aura compris qu’il ne s’agit donc à aucun moment de monnaie !
    Les seules transactions sans intervention de tiers se font en monnaie liquide : billets et pièces ! On ne sort pas de là.
    2) Tant que le système de crédit tient debout et tant que les citoyens peuvent se faire confiance, nous ne remarquons presque rien de cette évidence !

    3) En même temps, les achats réalisés par transfert de créances, tous les achats « non liquides » , participent évidemment beaucoup à la « fluidité » économique, et leur côté sûr et pratique, surtout pour des montants élevés, est à reconnaître.

    4) Ceci dit, l’usage étendu de ces modes de paiement restreint le « besoin » de monnaie liquide pour se limiter à « droit à tant en billets ou pièces », et cela suffit largement le plus souvent.

    5) Cette pratique a pour effet de diminuer M0 circulante, et les banque rendent une partie de leurs excès liquides à la banque centrale qui leur inscrit un avoir équivalent, part des réserves bancaires susceptible d’être restituée aux banques sur demande et en cas de besoin.

    6) D’autre part, il faut bien voir que les banques sont amenées à créer du crédit pour ceux qui veulent acheter au-delà de leurs avoirs du moment, et cela fonctionne, car les banques peuvent recourir aux avoirs excédentaires des autres clients du réseau.
    Mais : cela revient à dire en substance : les emprunteurs achètent plus et les créanciers moins à l’instant T, et demain, quand le créancier veut récupérer son pouvoir d’achat, cela se fera par le biais d’une nouvelle double écriture bancaire.
    Il en résulte que l’usage des techniques bancaires n’a créé aucun centime de pouvoir d’achat supplémentaire, en tout cas dans l’ensemble, mais seulement un transfert temporaire de pouvoir d’achat par un jeu de créance – dette.

    7) En ce qui concerne les comptes d’épargne et, encore davantage, les divers placements financiers, il est encore davantage évident que les créances (des déposants) représentent des dettes pour les banques.
    Les banques sont alors chargées de placer les sommes qu’elles ont reçues (empruntées au sens strict !) de la part des épargnants pour les prêter aux emprunteurs (crédit maison, voiture etc…).
    Les emprunteurs auront ainsi une dette inscrite à la banque équivalente des créances des déposants.
    Somme : nulle encore une fois, aucune « création monétaire, là non plus.

    8) La seule création monétaire nette résulte de la volonté (libre ou contrainte, peu importe !) de la banque centrale qui peut diminuer les réserves obligatoires des banques, baisser le Refi, ou même émettre de la monnaie en la fabriquant –en échange de devises ou de titres plus ou moins « toxiques » par exemple – ou même en échange de rien du tout pour « accompagner le besoin de liquidités des agents économiques » !

    Nous voyons, c’est simple et logique !

    1. @JF
      Nous sommes d’accord, sauf pour votre refus obstiné de nommer « monnaie » ce qui se trouve déposé en banque. Pour vous ce n’est pas de la monnaie, même pas de la « monnaie scripturale » comme on l’appelle communément. Soit, admettons. Mais il faut bien utiliser une terminologie commune et je ne vois pas l’intérêt de semer la confusion en voulant à tout prix changer la terminologie courante. Quelle est alors selon votre terminologie toute personelle cette chose qui se trouve déposée en banque et qui sert de moyen de paiement le plus courant? Dit autrement, quand on paie par virement bancaire ou par chèque, on paie avec quoi selon vous?

      Il y a bien différents types de monnaie dont la fiabilité repose in fine sur la solvabilité de l’émetteur ou du dépositaire, la confiance qu’on lui accorde.
      Même la monnaie fiduciaire (du Latin fiducia = confiance, les billets de banque et pièces de monnaie) repose sur la confiance qu’on accorde à la banque centrale et l’état comme l’a dit ce plaisantin de Voltaire: « Une monnaie papier, basée sur la seule confiance dans le gouvernement qui l’imprime, finit toujours par retourner à sa valeur intrinsèque, c’est à dire zéro ». Demandez donc aux Zimbabwéens ce qu’ils pensent du dollar Zimbabwéen!
      La monnaie scripturale (dépôts en banque, épargne…) n’a effectivement pas la même fiabilité que la monnaie fiduciaire. Elle repose sur la solvabilité de la banque qui repose elle-même de la solvabilité de ses emprunteurs.

      Même des Schumpeter, von Mises et autres économistes reconnaissent qu’il y a différents types de monnaies. Mais là où on ne peut les suivre c’est quand ils les confondent dans une masse monétaire indistincte qui gomme toute différence de fiabilité, de solvabilité entre ces différentes formes de monnaie (ou autre nom que vous lui donnerez).

      En temps « normal » il y a peu de différence de fiabilité, de « qualité » entre les monnaies fiduciare et scripturale et les théories économiques en sont parvenues à prétendre que la « qualité » de ces différentes formes de monnaie se valent toutes en toute circonstance, ce qui est faux comme cette crise l’a encore démontré.

      JF dit: « 6) D’autre part, il faut bien voir que les banques sont amenées à créer du crédit pour ceux qui veulent acheter au-delà de leurs avoirs du moment, et cela fonctionne, car les banques peuvent recourir aux avoirs excédentaires des autres clients du réseau.
      Mais : cela revient à dire en substance : les emprunteurs achètent plus et les créanciers moins à l’instant T, et demain, quand le créancier veut récupérer son pouvoir d’achat, cela se fera par le biais d’une nouvelle double écriture bancaire.
      Il en résulte que l’usage des techniques bancaires n’a créé aucun centime de pouvoir d’achat supplémentaire, en tout cas dans l’ensemble, mais seulement un transfert temporaire de pouvoir d’achat par un jeu de créance – dette. »

      Là je ne peux vous suivre.

      Par ailleurs, le 28 novembre 2009 à 11:21 JF dit: « Eh bien non, la multiplication des petits pains n’a pas lieu! Je ne peux prêter que ce que je reçois, cela s’applique aussi aux banques! »

      Nous sommes d’accord, sauf que vous me semblez avoir une vision trop statique de cette opération appelée « crédit/dette » alors qu’il convient d’avoir une vision plus dynamique, plus étalée dans le temps. A l’instant T où l’argent est dépensé par l’emprunteur, la banque prête ce qu’elle a en dépôts, soit. Mais à l’instant T+1 jour, le même réseau bancaire peut très bien recevoir ce qu’il avait prêté et donc le re-prêter encore et encore avant que le premier emprunteur ait remboursé le premier centime. J’ai bien dit: le même réseau bancaire peut recevoir ce qu’il avait prêté. Ce n’est pas une certitude, mais en toute logique une banque devrait recevoir en dépôts une proportion de l’ensemble des nouveaux crédits accordés par toutes les banques en proportion de sa part de marché. Bien sûr il peut y avoir des « fuites » temporaires (ou non), des déséquilibres immédiats (ou permanants) entre réseaux bancaires, mais sur une plus longue période de quelques jours les dépôts des nouveaux crédits accordés sur cette période devraient correspondre à la part de marché de la banque, du moins en temps « normal » et pour de grandes banques universelles.

      Quand une banque prête, reçoit, re-prête, re-reçoit… plusieurs fois les mêmes sommes avant que les premiers emprunteurs aient remboursé le premier centime, moi je dis que c’est la multiplication des petits pains!

      JF dit: « Et, au niveau des achats, c’est l’emprunteur qui achète en se substituant au prêteur (épargnant)! Le crédit ne fait donc rien acheter « en plus »! »

      Laissons de côté l’épargnant et votre vision statique pour considérer le déposant (compte à vue) et l’emprunteur avec une vision dynamique.

      Tout d’abord, il est aburde de dire que l’emprunteur se substitue au déposant (compte à vue). Quand votre voisin dépense de la monnaie qu’il emprunte à votre banque, celle-ci ne débite pas plus votre compte à vue à vous qu’aucun autre compte à vue préexistant, la banque est toujours redevable de toutes les sommes déposées avant le prêt.

      Le crédit fait bel et bien acheter « en plus » à l’emprunteur à l’instant T, mais ce même emprunteur devra acheter « en moins » aux instants T + X mois à chaque échéance de remboursement, d’autant moins qu’il devra rembourser ces fichus intérêts. Je ne peux vous suivre quand vous laissez entendre que si l’emprunteur achète « en plus » à l’instant T, c’est que forcément une autre personne achète « en moins » au même instant T.

      La monnaie dépensée par l’emprunteur va se retrouver sur le compte à vue du vendeur. Comme je viens encore de le démontrer, la banque devrait recevoir en dépôts une partie l’ensemble des nouveaux crédits accordés pour la période considérée. Et au fil du temps, la banque peut donc recevoir, re-prêter, re-recevoir… tout cela avant qu’aucun emprunteur de cette chaine n’ai remboursé le moindre cent.

  29. Une monnaie anticrise ou l’oeuf de Colomb

    Il serait temps d’émettre une nouvelle monnaie !
    En effet, la thésaurisation de monnaie liquide a pris des formes extrêmes, et rien ne la ralentira sans l’introduction d’une monnaie nouvelle grevée de frais de circulation – une monnaie anticrise.

    La situation est telle qu’il vaudra mieux renoncer à un mouvement abrupte de réduction de la thésaurisation, et il s’avérera que cela n’est absolument pas nécessaire! Le problème se règlera de lui-même comme je le montrerai ici.

    1) Les coupures de 500,200 et 100 Euros devraient nous laisser indifférents parce qu’elles ne circulent guère!
    2) Seules les coupures de 50, 20, 10 et 5 Euros sont importantes!
    3) Il suffirait que la banque centrale décide de n’émettre plus que ces coupures-là!
    4) Mais la BCE ne devrait, du fait de la crise de refinancement, n’émettre plus que des « billets anticrise“, dès maintenant! C’est-à-dire de billets qui, selon l’idée de Gesell, seraient grevés de frais de circulation. Car il ne saurait être dans l’intention des gardiens de la monnaie que la monnaie émise serait simplement thésaurisée et mise de côté !
    5) La BCE a pour cela des raisons suffisantes. J’ai lu plusieurs fois dans la presse économique que les banques déposent en ce moment leurs excédents du marché au jour le jour préférentiellement sur leurs comptes à la BCE au lieu de les placer sur le marché interbancaire pour les reprendre les jours suivant, selon leurs besoins. La BCE regrette ceci, car ceci aggrave la crise de confiance entre banques, complique et ralentit les crédits consentis au secteur économique. La BCE veut à juste titre baisser le taux de rémunération pour de telles opérations, et elle le fera aussi sans doute.
    6) La crainte que, dans la situation présente, les banques continueront à déposer trop d’argent à la BCE, même à taux zéro, reste cependant fondée, justement par la crise de confiance.
    7) Il me semble ainsi que dans cette situation, reconnue par tous comme inhabituelle, la BCE pourrait être en droit, et cela sans aucun changement de loi, de grever ses billets nouveaux d’une taxe à la circulation, par exemple 5,2% annuels, et elle veut explicitement tout mettre en oeuvre pour empêcher que ces émissions nouvelles ne soient pas « pendant la nuit » immobilisées mais qu’elles alimentent effectivement le marché interbancaire de l’argent ! Cette taxe peut être marquée électroniquement et aussi être imprimée mensuellement, quoi qu’il en soit, si l’idée est juste, il y aura aussi un chemin.
    8) Puisque la BCE est largement indépendante et « autonome“, il est évident qu’elle pourra justifier cette mesure par la crise inhabituelle – si elle le veut!
    9) La résistance semble être surtout intellectuelle, tout comme jadis le problème de l’or. Nous savons que la seule « couverture“ de la monnaie est son seul pouvoir d’achat et sa validité légale.
    10) Une telle réorganisation de l’émission du numéraire ne provoquerait, seule aucune inflation dans le contexte actuel! C’est pourquoi le moment est aussi favorable que possible !
    11) Il est évident que les billets traditionnels seront repris par la BCE sans aucune retenue ni perte pour les banques et sans pertes pour les clients auprès des banques de détail!
    12) Les billets nouveaux ne seront repris par la BCE que moyennant une détaxe en fonction du temps – 5,2% annuels, 0,1% hebdomadaires ou 0,014% au jour le jour! Justement parce qu’il s’agit d’une monnaie anti-crise qui est censée circuler rester en usage quand il y a la crise de confiance comme maintenant !

    Retentissements d’une telle mesure vraiment simple:
    1) La monnaie anticrise serait toujours mise en mouvement préférentiellement et assurera la tâche stimulante de la conjoncture immédiatement!
    2) Lors d’une crise financière nouvelle survenant à coup sûr dans les mois à venir d’une façon répétée, la BCE devra répondre avec sa monnaie anti-crise parce qu’elle ne pourra faire autrement!
    3) Il est alors plus que vraisemblable que les prix des actions et des terrains ne cèderont plus et remonteront plutôt vite, événement actuellement plutôt souhaitable. Les liquidités ainsi dégelées retourneraient aux banques, car la baisse actuelle provient justement de la rétention liquide (thésaurisation!) des investisseurs.
    4) Les banques pourront régler leurs dettes auprès de la BCE, quand c’est nécessaire.
    5) La BCE devra geler et détruire dès lors des quantités importantes de monnaie liquide, car sa tâche est et reste le contrôle de l’inflation et le maintien du niveau des prix. En même temps, cela sera essentiellement la monnaie traditionnelle qui refluera, car elle sera reprise sans perte.
    6) Effets sur les comptes courants: Puisque le refinancement ne sera effectué qu’avec la monnaie anti-crise, les banques devront d’elles-mêmes appliquer la taxe circulante aux comptes courants, car le rôle de la monnaie liquide est, en fait, d’être prêtée dès que les usagers la demandent, et les banques doivent pouvoir fonctionner normalement.
    7) L’objection qui prétend que la monnaie liquide n’aurait qu’un impact faible est foncièrement fausse, car tous les comptes courants ne valent que si la promesse de liquide est tenable d’une façon crédible.
    8) Des excédents sur les comptes d’épargne, qui ne sont pas concernés par la taxe circulante, ne manqueront pas d’apparaître rapidement ; ils entraîneront le fait que les banques doivent accorder davantage de crédits à l’économie parce que les dépôts bancaires causent aux banques des taxes circulantes que les banques n’éviteront qu’en les redistribuant aux emprunteurs le moins cher possible. Une Baisse des taux de l’épargne et du crédit serait la conséquence, ce qui ne peut que stimuler la conjoncture.
    9) Ce mouvement de baisse des taux serait cependant freiné par le règlement des paiements d’intérêts contractuels du passé qui devront être faits pour rester crédible.
    10) Seuls les crédits nouveaux seront moins chers; ils se substitueront peu à peu aux anciens et les éteindront finalement.
    11) Fondamentalement, il doit être clair que les nostalgiques de la thésaurisation garderont le droit de le faire, mais ils s’apercevront bientôt qu’il ne leur revient de cela plus d’avantage particulier dès que la BCE ne fournit d’une façon constante que de la monnaie anticrise (la monnaie franche). Libre à eux d’échanger leurs beaux billets contre des nouveaux sans perte, et rien de plus. S’ils trouvent alors quelqu’un qui leur offre davantage d’intérêts ils auront de la chance !
    12) La monnaie thésaurisé et du pouvoir d’achat thésaurisé, et si cela reste ainsi, il faut re-émettre de la monnaie nouvelle, comme c’est déjà le cas, seulement : sans l’introduction de la monnaie anticrise, cela ne pourra plus continuer, sauf à accepter une « crise » qui ne durerait pas un ou deux ans, mais dix ou vingt et plus, exemple : Le Japon !

    Nous voyons donc, la réforme gesellienne est réalisable en une nuit, sans menacer ou déstabiliser le système, au contraire, elle stabiliserait l’ensemble.
    La rente du capital baisserait cependant, les salaires augmenteraient instantanément et le chômage reculerait rapidement.
    De même l’objection d’une fuite des capitaux est totalement intenable, jsutement parce que l’Euro vaut d’abord en Euroland!
    La fuite des capitaux est de toute façon toujours la thésaurisation, car il est absolument indifférent d’avoir des trésors dans le pays sous le matelas ou dans un coffre suisse.
    Le capitaux gigantesques circulant autour du globe ne sont que la conséquence du fait que la monnaie est thésaurisable et qui transfère sa propriété d’être capital sur les « produits financiers“ divers.
    Il serait, au contraire, vraisemblable que les autres banques centrales suivraient rapidement l’exemple, car l’avantage économique de la zone Euro serait énorme rapidement !

    Johannes Finckh, Bordeaux

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