Le Monde – Économie, lundi 23 – mardi 24 novembre

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L’ETAT D’URGENCE

Les États–Unis se trouvent aujourd’hui dans une situation paradoxale puisque deux projets de loi, l’un au Sénat, émanant de Chris Dodd, l’autre au Congrès, proposé lui par Barney Frank, visent respectivement à restreindre les pouvoirs de la Federal Reserve, la banque centrale américaine, et à les étendre. L’explication de cette divergence de vue entre parlementaires démocrates, s’explique par leur attitude vis-à-vis de ce que j’appellerai – avant de m’en expliquer – « l’état d’urgence » : Dodd pense qu’il convient de le lever au plus tôt, tandis que Frank considère qu’il faut le renforcer.

Pourquoi parler d’« état d’urgence » ? Rappelons en quelques mots la relation existant entre banques centrales et États. La puissance publique relève du politique dont la transparence est garantie pour permettre aux élus de rendre compte de leurs actes. Les banques centrales ont été créées autonomes et indépendantes pour mettre leur gestion monétaire et le maintien par elles de la stabilité financière, à l’abri des préoccupations à court terme de ces élus.

Le refus des banques centrales de divulguer au politique certaines informations sur leur fonctionnement propre serait un corollaire de leur indépendance. C’est du moins ainsi que la Fed justifie par exemple son refus de révéler le nom des bénéficiaires de ses mesures de soutien, affirmant que la divulgation des noms fausserait la logique concurrentielle. Conséquence immédiate d’une telle rétention d’information : plus les responsabilités des banques centrales sont importantes, moins le public est informé de l’impact des mesures qu’elles prennent.

Confrontées en septembre dernier à la tâche de sauver la finance en perdition, les autorités eurent d’abord recours aux moyens « conventionnels » à leur disposition, avant de les compléter par d’autres, qualifiés eux de « non-conventionnels ». Des règles économiques et comptables, jugées jusque-là intangibles, furent alors enfreintes, tandis qu’un « état d’urgence » s’instaurait de facto.

La théorie économique dominante met l’accent sur la transparence comme condition de la vérité des prix. L’état d’urgence nécessitait lui au contraire le blackout, la dissimulation, non seulement des mesures effectivement prises mais aussi de l’identité de leurs bénéficiaires. La transparence fut sacrifiée. Son maintien aurait révélé lui que les autorités avaient cessé de croire à certains principes qu’elles continuaient cependant à clamer haut et fort.

La relative opacité des opérations des banques centrales, censée garantir leur indépendance, tombait donc à point nommé. L’extension de leur pouvoir aux dépens des organismes étatiques, augmentait leur aptitude à juger au coup par coup des gestes à poser « pour la bonne cause ». La capacité du politique à prendre des mesures s’en trouvait bien sûr restreinte d’autant. Le transfert aux banques centrales de certaines prérogatives permettait de cacher non seulement des infractions sérieuses aux grands principes mais surtout l’affreuse fragilisation du système qu’entraînait l’insolvabilité généralisée des établissements financiers. Mieux encore, l’opacité permettait la mise en place de « villages Potemkine » mettant en scène le spectacle d’une reprise, qui servirait d’aiguillon à une reprise effective.

L’hémorragie du système financier se trouve aujourd’hui apparemment stoppée mais c’est dans un contexte d’état d’urgence où les principes de régulation du monde financier ont été de facto suspendus. Les responsables de cette situation sont sans doute convaincus que cet état d’urgence sera levé dès que possible et l’état de droit rétabli. Mais n’ayant pas dit clairement qu’un état d’urgence avait été instauré, ils ont en réalité rendu possible sa prolongation sine die.

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28 réflexions sur « Le Monde – Économie, lundi 23 – mardi 24 novembre »

  1. Paul, vous avez une façon inimitable de nous amener, l’air de rien, à identifier la béquille qui tient la situation en équilibre. L’ayant montré, vous l’agitez un peu, et l’on voit bien que tout l’édifice tremble, et qu’il ne tient que grâce à elle.

    Je suis heureux qu’on puisse lire ça dans « Le Monde ». On ne saurait, en une page, être plus efficace.

    Vous êtes (aussi) un artiste!

  2. Bonjour, Paul

    Pourquoi ne pas avoir dit noir sur blanc qu’il y a eu coup d’état de facto aux Etats-Unis, un peu comme le vote des pleins pouvoirs à Pétain en France en 1940, qui était, rappelons-le, légal mais non LEGITIME, ainsi que n’ont cessé de le proclamer les gaullistes? Certains (Dodd, Grayson, Paul, pour ne citer qu’eux) s’efforcent d’en faire prendre conscience à la population, mais avec peu de chances de faire triompher leur point de vue au bout du compte…

    Est-ce votre sens de la mesure, votre rigueur d’analyste clinique qui vous freine? Ou la crainte que mettre les points sur les i n’indispose la direction du Monde, qui par ailleurs n’hésite pas à mettre en première page du Monde de l’Economie une chronique de Nicolas Baverez qui s’apparente à un truisme frelaté: « La reprise, sans l’emploi »?

    Sur votre blog, vous n’avez pas hésité à fixer en mars 2009 la date de fin du capitalisme américain. Je n’aurais pas trouvé déplacé que, même dans un journal centriste comme le Monde (que je lis tous les jours), vous choisissiez un autre titre, du genre « La Fed: fin du capitalisme démocratique? ».

    [Sur le fond de l’affaire, vous savez que nous sommes d’accord! Amicalement!]

    1. mars 2009 ? je l’ai loupé celle la ! vous pouvez mettre l’URL et la citation please que je vois ça par moi même ?
      Il y a une explication sur la cause ou le déclencheur ? cette fin est définie de quelle manière au juste ???
      J’ai loupé le post le plus important du blog ? lol

    2. « Est-ce votre sens de la mesure, votre rigueur d’analyste clinique qui vous freine? Ou la crainte que mettre les points sur les i n’indispose la direction du Monde »
      La réponse a déjà été donnée par Paul à propos d’un conte (façon Montesquieu) qu’il avait écrit sur la crise il y a quelques mois: il y a des manières de dire au journal le Monde. On peut tout dire…mais pas trop…durement. Le lectorat du monde reste particulièrement bien peigné. Les seules vagues autorisées sont celles que fixent le brushing ou la laque de votre coiffeur de quartier.

    3. @ Olivier

      A supposer que le brushing (soi dit en passant: brushing est un anglicisme; demandez un « brushing » à un coiffeur anglo-saxon et il n’aura aucune idée de ce que voulez dire…) soit la caractéristique première du lecteur du Monde, on comprend mal comment ce journal pourrait à ce jour demeurer un journal « de référence » (admettons-le: malgré une perte de qualité notable depuis plusieurs années). Le JT de France2 du 25/11/09 était presque entièrement calqué sur les titres principaux du Monde, par exemple. Par ailleurs, je note avec plaisir que le Monde se situe au premier plan en ce qui concerne la défense des libertés fondamentales des Français (cf. Affaire dite de Tarnac: c’est Isabelle Mandraud du Monde qui a démontré que le dossier monté contre les neuf de Tarnac était quasiment vide de preuves; elle en a lu l’intégralité). De ce point de vue, la persistance des journalistes est plus « décoiffante » qu’autre chose.

      Dans le domaine économique, je reconnais que le Monde offre davantage à boire qu’à manger, ou l’inverse (c’est question de goût). La preuve en est donnée par la chronique de Nicolas Baverez, une médiocrité affichée dès la première page, alors que le billet de Paul Jorion est relégué dans une page intérieure, au point que c’est pitié de le voir utilisé de la sorte.

      Cela dit, mieux vaut sans doute être publié dans le Monde que ne pas l’être du tout.

  3. Oui enfin, hémorragie stoppée, c’est vite dit !
    L’hémorragie est plutôt péniblement compensée par une transfusion permanente … ce n’est pas tout à fait la même chose.
    En attendant, la plaie continue de s’élargir, et quand viendra le moment (obligatoire) de cesser la transfusion, on s’apercevra alors que la vitesse d’écoulement du sang est pire que quand la blessure s’était ouverte initialement …
    Il aurait mieux valu la refermer que de la laisser dans l’eau, ce qui a attiré les requins (inutile de dire de qui il s’agit).

    1. On crut Dieu caché, on chercha le centre et ceux qui vont l’élire, ce fut un tombeau, dieu était déjà mort. Voyez vous tous ces chefs d’église, ces têtes tombées, et maintenant derrière ces murs règnent la banque. Étrange sont ces danses boursières, où chômage faim guerre misère n’entament rien au jeu.

    2. … »apparemment » stoppée, pour la fuite vasculaire,
      et si on ne voir plus l’hémoglobine, c’est que la chambre du malade est obscure.

  4. Poser deux projets de loi contradictoires par deux membres du même parti est un sacré symptôme de désarroi. Je ne conçois ce sentiment que si le système de pensée à disposition est complètement dépassé et que le seul mode de gestion disponible est de naviguer à vue en espérant que tout ira bien.

    Cacher, camoufler ses pensées, ses actes, ses décisions est un symptôme de faiblesse. L’opposition à ces actes est assez forte pour les paralyser en cas de transparence. Cela donne une situation atroce. Les acteurs savent que la situation se dégrade, mais ils se paralysent mutuellement. Tout le monde va vers l’abîme. Tout le monde perd car il n’y a plus d’accord sur ce qui est bien.

    La Fed se retrouve avec la responsabilité d’un pilotage hors de la crise. Ses moyens apparaissent bien limités pour une telle responsabilité. Elle porte le monde. La Fed n’a pas assez de pouvoir.
    Réciproquement, elle ne veille que sur le bien-être de Wall Street. C’est à dire au bien être de gens qui me laissent les miettes de leurs bénéfices parce qu’elles sont trop petites pour qu’ils puissent les attraper. C’est le cas favorable, quand tout va bien. La Fed a donc trop de pouvoir.

    Deux logiques rationnelles se percutent. Deux groupes humains se contredisent, ne se comprennent plus, s’ignorent. Ce n’est même pas volontaire. C’est juste logique. Si le sentiment d’unité des USA est assez fort, le désarroi règne. Sinon, le rapport de force au Congrès va décider de qui va s’imposer. Je parie sur le renforcement des pouvoirs de la Fed. La légitimité du Congrès US en prendra un coup, un sale coup.

    Un autre trait d’union de ce pays en sera méchamment affaibli. Un contre pouvoir déjà bien discrédité sera encore diminué. Beurk

  5. La dissimulation renvoie toujours à la culpabilité.

    Pourquoi donc le capitalisme et le monde financier feraient-ils exception? Fussent-ils nord-américains, et surtout s’ils le sont. Mais comme la « civilisation » nord-américaine procède du libre examen et de l’auto-justification, la banalisation de la dissimulation est passée dans les mœurs.
    Une exeption, mais tellement tard! On peut lire les deux livre de John Perkins:

    En Anglais: ‘Confessions of an economic hit man’, ed. Berrett-Kœhler (2004), San Francisco, CA 94104-2916
    et: ‘The Secret History of the Amrican Empire’, ed. Penguin Group (USA) Inc0 New-York, NY 10014 USA

    En Français: ‘Les Confessions d’un Assassin Financier’, éd. AlTERRE (2005), Outremont, Canada-Québec,
    et: ‘L’Histoire Secrète de l’Empire Américain’…..même édition (2008)……………………..

    Voici un témoignage (mais tellement tardif!) irréfutable d’un des acteurs, John Perkins, qui fut parmis les plus impliqués dans cette ploutocratie qu’il appelle la corporatocratie, et dont on ne sait pas clairement si elle a encore, ou non, sa pleine capacité de nuisance dans le monde. Il indique qu’il fut très largement payé pour se taire… alors que son premier livre devait paraître. Ce témoignage qui courre sur environ 35 ans confirme tout les faiscaux de convergence de preuve qu’on avait sur ce « sytème » qui procède évidemment du système financier que certains cherchent par tous les moyens à remettre sur pieds. Ils échoueront sûrement, autrement, plus dure sera la chute et encore plus la catarsis… Seule reste la question éventuelle: à quel prix?

  6. Le texte de PJ est une merveille de synthèse et de précision.
    Mais qu’il fasse attention : à force de faire le travail que les journalistes ne font plus depuis bien longtemps, il va faire des jaloux !
    J’en profite pour répondre ici à ceux qui parlent de coup d’Etat et de changement de régime : je pense que les grands mots, l’exagération ne servent qu’à se soulager soi-même, mais sont en général contrelégitime. En réalité les américains ont un rapport quasi-religieux à leurs institutions, et on ne pourra pas changer ces institutions « par la bande » , « sans que le peuple s’en apreçoive » . La réaction serait d’ailleurs immédiate et violente ( la peine de mort n’est pas abolie là bas) . Ceci pour dire deux choses :
    1/ que tout ce qui se passe aux US est légal et même légitime de leur point de vue. Seules apparaissent les premières manifestations du doute , et il faudra un long chemin pour que cela ait un effet
    2/ Que l’on voit bien dans cette affaire la différence avec la tradition institutionnelle européenne. Notamment avec la BCE – pourtant si décriée en France – laquelle a un pouvoir clairement défini (la stabilité monétaire ) .
    Je suis d’ailleurs surpris que par la timidité des commentateurs quand il s’agit de souligner les forces des europééns !
    amicalement

    1. « Les banques centrales ont été créées autonomes et indépendantes pour mettre leur gestion monétaire et le maintien par elles de la stabilité financière, à l’abri des préoccupations à court terme de ces élus »

      Cette phrase doit être à destination des lecteurs du monde, pour qu’ils puissent reconnaître une formule qu’on leur répète avec grand plaisir, d’autant qu’elle sert aussi à leur réjouissance.

      Mais il me semble que vous voudriez faire une différence entre Fed et les autres banques centrales version occidentale, Mr Roche.

      Vous devriez penser à l’envers, et vous demander quel doit le cursus des personnes derrière ces institutions, et quel intérêt personnel, mais un peu partagé, ces positions peuvent-elles bien procurer.

      … puisque pour l’indépendance des Banques Centrales vis à vis du ciel, il n’y a que les carassins dorés pour y croire.

    2. Pour avoir eu la chance d’y avoir vécu et travaillé pendant les années Clinton, Je pense que vous avez tout à fait raison quant à leur rapport à ces institutions que sont la Chambre et le Sénat, suffisant pour ne pas enclencher un audit des sommes dépensées par leurs membres, faisant suite au scandale des MPs britanniques Je crois que le doute est profond, public, ayant commencé avec ENROP et les dupes de l’administration précédente ( voir les sondages sur cette nouvelle administration, approbation aussi basse que la précédente dans le meme laps de temps ) et en parralèle, par exemple, http://www.truthdig.com/report/item/still_doing_gods_work_on_wall_street_20091125/ Still Doing God’s Work on Wall Street by Robert Scheer – Is anyone ever going to be held accountable for the sweetheart deals that passed billions of taxpayer dollars through the AIG shell game to the banks that caused the meltdown?
      Et pour ce qui concerne le changement de régime tant souhaité voici 13 mois, le commentaire d’un spécialiste,
      autre vieux sage comme Robert Scheer, pas vraiment des animateurs de ‘tea-parties’: Bill Black: Why is Obama Championing Bush’s Financial Wrecking Crew? http://www.huffingtonpost.com/william-k-black/why-is-obama-championing_b_367540.html

    3. Mais la BCE est coupable des mêmes crimes (encore les grands mots, direz-vous) que la Fed! En quoi les procédures de la BCE sont-elles moins opaques que celles de la Fed? Au moins, aux USA, on a quelques parlementaires qui essaient de faire parler la poudre en demandant des comptes: il faut avoir vu en vidéo disponible sur le site du Huffington Post comment Alan Grayson a tenté d’arracher des bribes d’information à la VP de la Fed — « Avez-vous réalisé un audit afin de déterminer à qui vous aviez mis des fonds à disposition? » – « Savez-vous qui a bénéficié des avances de la Fed? »- etc. — et se voir répondre non à chaque question, ce qui l’a conduit à demander au Chairman de la commission de bien noter (1) qu’aucune information n’était disponible pour les parlementaires, (2) que la VP de la Fed ne semblait pas avoir la moindre idée des activités de financement et de garantie menées depuis des mois par l’institution qu’elle était censée représenter devant le Congrès des Etats-Unis. L' »indépendance » de la Fed a bon dos! S’il n’y a pas encore coup d’état au sens juridique du terme, il y a coup d’état au sein même de l’Etat. Vous direz peut-être que ce n’est pas exactement nouveau. Il n’empêche: l’oligarchie financière aux Etats-Unis ne vaut pas mieux que l’oligarchie russe; elle fait désormais ce qu’elle veut avec la bénédiction de l’administration Obama.

      De son côté, que fait donc M. Trichet? En savez-vous plus long sur ses menées? (La « stabilité monétaire », « juguler l’inflation », tu parles!). On comparera peut-être bientôt Trichet au tristement célèbre général Trochu, « participe passé du verbe ‘trop choir’, disait Hugo.

  7. C’est bien de présenter les choses au travers d’un projet de lois opposant deux adversaires d’un même parti. Le problème est ainsi plus facile à saisir.
    Dans les jeux de cordes où s’opposent deux équipes avant qu’ils ne s’affrontent, on regarde les gabarits des deux équipes qui vont tirer sur la corde. Le suspens toujours en pareille occasion.
    Et l’on fait les paris.
    Ici, il faut voir qui tire derrière les personnes citées Chirs Dodd et Frank Berney et quel est l’enjeu. Les deux informations valent cher. Si ça ne concerne que peu de monde, l’enjeu n’aura pas grande répercussion et le feuilleton continue. Si c’est l’Amérique toute entière qui doit assister à cette confrontation, c’est tout autre chose. Et là, Attention aux tricheries ! On vient de voir qu’une main peut faire couler beaucoup d’encre dans un enjeu tout bêtement sportif. On peut donc penser que selon l’enjeu le match Dodd-Berney fera psitt ou crac boum hi.

  8. « La prochaine bulle : celle des obligations d’Etat » par Bill Bonner

    « […] C’est une dépression. Cela n’a rien à voir avec une des petites récessions de la période d’après-guerre.
    C’est une dépression à cause du travail qu’elle doit faire. Elle doit nettoyer trois décennies de mauvais bilans. Elle doit balayer des milliers de milliards de dollars de dettes de crédit à la consommation. Elle doit désamorcer la bombe de milliers de milliards supplémentaires de dettes à Wall Street. Elle doit nettoyer des milliards… peut-être des milliers de milliards de dollars de mauvaises décisions — des maisons trop grandes, trop chères, trop grandioses pour leurs propriétaires, des centres commerciaux avec trop d’espaces de vente pour les nouveaux consommateurs économes, des entreprises outillées pour produire des biens et des services pour des millions de gens qui ne peuvent plus se les acheter.

    […]

    http://www.la-chronique-agora.com/articles/20091124-2304.html

  9. Ca fait peur tout ca. Les états d’exception, on parle d’état d’urgence, on pourrait bien passer à l’état de siège et la loi martiale.

  10.  » Le refus des banques centrales de divulguer au politique certaines informations sur leur fonctionnement propre serait un corollaire de leur indépendance. C’est du moins ainsi que la Fed justifie par exemple son refus de révéler le nom des bénéficiaires de ses mesures de soutien, affirmant que la divulgation des noms fausserait la logique concurrentielle. Conséquence immédiate d’une telle rétention d’information : plus les responsabilités des banques centrales sont importantes, moins le public est informé de l’impact des mesures qu’elles prennent.  »
    en fait, révéler au politique reviendrait à révéler à tout le monde; révéler quoi ?
    une monstrueuse atteinte à la loi sacrée de la libre concurrence; aide à un secteur d’activité, qui pourrait être dénoncée par l’OMC, autant que par l’Union Européenne; à l’intérieur de ce secteur, aide apportée à quelques entreprises, laissant toutes les autres aller à leur destin de faillite;
    ce jour-là, le capitalisme a été assassiné une fois encore;

    1. @Charles

      Merci pour le lien. Faut-il être abonné à FT.com pour pouvoir avoir accès à ce genre d’article? Tous les jours je me heurte à la clause d’abonnement au FT. Et je refuse de payer! Comment faites-vous?

  11. Je comprends qu’elle refuse de rendre des comptes, imaginez vous lire sur un rapport qu’elle a imprimé de la monnaie virtuelle à gogo pour sauver des banques en faillites alors qu’elle laisse sans aucun remord mourir les entreprises et les peuples… Oui, nous le savons tous, que c’est la plus grande escroquerie de tous les temps qui s’est déroulé sous nos yeux, mais l’écrire aux yeux du monde revient à faire sauter la BANQUE et leurs privilèges, ce qu’ils veulent à tout prix éviter en saignant la masse au nom du soit disant intérêt commun comme la mondialisation était soit disant le meilleur avenir de nos sociétés…

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