L’actualité de la crise: des taxes très politiques aux résultats incertains, par François Leclerc

Billet invité.

DES TAXES TRES POLITIQUES AUX RESULTATS INCERTAINS

Il est soudainement beaucoup parlé de taxes en Europe – sur les bonus, ainsi que sur les transactions financières – tandis qu’aux Etats-Unis la loi instituant la réforme de la régulation financière subit les derniers assauts des membres de la Chambre des représentants, avant que les sénateurs ne prennent le relais, pour conclure à l’été 2010 sans doute. Les membres de la Chambre des représentants n’ayant pas – encore – la tête a discuter des taxes, le Sénat étant pour sa part en plein examen de la réforme de la santé.

Sans se décourager pour autant, reprenant son costume de franc-tireur, Gordon Brown, le premier ministre britannique, a pris l’initiative, comme il l’avait précédemment fait en annonçant les mesures de sauvetage initiales des banques britanniques, avant le premier G20 de Londres. Il s’efforce, semble-t-il avec succès, d’entraîner dans un premier temps toute l’Union européenne derrière lui à propos de la taxation des bonus (et non plus d’un appel à leur limitation), bénéficiant du ralliement dans la foulée de Nicolas Sarkozy et de celui, mais encore du bout des lèvres, d’une Angela Merckel qui rencontre à tout bout de champ des obstacles au sein de sa coalition gouvernementale.

C’est une taxe sur les bonus bancaires qui tient donc dans l’immédiat le haut de l’affiche, la nécessité d’étudier une taxation des transactions financières venant d’être cependant réaffirmée par les chefs d’Etat européens à Bruxelles, dans le cadre du mandat de réflexion qui a été donné lors du dernier G20 au FMI. En dépit du rejet immédiat, en clôture du dernier G20 finances de St Andrews, de toute perspective de cette nature par Tim Geithner, secrétaire d’Etat au Trésor américain.

Beaucoup va être dit et discuté à propos de ces deux projets, dont les caractéristiques ne sont pas précisément cernées et les décisions de les appliquer pas encore formellement prises. Ce qui laisse du grain à moudre à ceux qui vont s’efforcer d’en minorer à tout prix les portées, voire d’en empêcher l’avènement. Mais nous sommes vraisemblablement entrés dans un nouvel épisode de la crise. En regard de la poursuite et de l’approfondissement social de celle-ci, il n’était en effet plus pensable pour les gouvernements européens, qui vont devoir demander dans leurs pays de lourds sacrifices avec un important coût social, afin de réduire les déficits publics, de partir la fleur au fusil et sans munitions. Ils doivent prendre en compte le sourd ressentiment qui s’est installé dans l’opinion publique envers les banques, symboles du système financier, et y répondre par des actes tout aussi symboliques. Cela s’appelle faire de la politique de nos jours.

Le sujet qui montait dans l’actualité, l’éventualité d’une banqueroute grecque, n’est pas pour autant remisé. La place importante qui lui a subitement été accordée n’avait pas pour seule raison la situation d’endettement déjà préoccupante du pays, la qualité douteuse de ses statistiques économiques n’arrangeant rien, mais également le fait que d’autres pays européens sont dans la ligne de mire des marchés financiers.

Toutefois, il est apparu qu’en dépit de quelques batailles d’arrière-garde (menées au sein même du gouvernement allemand de coalition), un consensus s’était vite fait sur la nécessité de faire corps, ayant entretemps exercé une pression maximum sur le gouvernement grec afin qu’il s’engage résolument sur la voie des sacrifices (ceux qu’il va imposer aux Grecs). Nous rappelant que si les statuts de la BCE lui interdisent de financer la dette d’un Etat, ils autorisent de fermer les yeux sur les liquidités massivement apportées par celle-ci aux banques grecques, afin qu’elle achètent cette même dette ! L’idée est d’éviter une intervention du FMI, qui ferait désordre au sein de la zone euro. Et d’y faire de la Grèce un exemple à suivre. On dit à ce propos que les financiers de la City auraient déjà adopté le charmant acronyme de PIGS (cochons) pour identifier, à la manière du BRIC des pays émergents (Brésil-Russie-Inde-Chine) cette fois-ci le Portugal, l’Irlande, la Grèce et l’Espagne. Oubliant de faire figurer dans cette liste de l’infamie (mais ils sont hors zone euro)… le Royaume-Uni, ainsi que l’Islande, déjà enterrée, pour ne pas traverser l’Atlantique.

Ce qui nous amène à nous demander s’il n’y aurait pas une corrélation entre ces deux campagnes – taxes sur les bonus et prochaines mesures drastiques de réduction des déficits publics – la première étant une sorte de tir de barrage d’artillerie qui précéderait une forte offensive en faveur de la seconde (qui devra tôt ou tard être lancée). Il est toutefois également possible de s’interroger : cette même campagne allant à la rencontre de l’opinion publique – lui vendant l’idée qu’elle ne sera pas seule à supporter les énormes coûts d’une crise dont elle n’est pas responsable – ne risque-t-elle pas d’avoir un effet contraire à celui recherché  ? Offrant certes un exutoire à la vindicte populaire, mais risquant que celui-ci devienne un point d’appui pour que plus soit exigé ? « Ne quittez pas l’antenne ! » (stay in tune), comme on disait sur les postes radiophoniques !

Il est tout aussi envisageable, dans cette affaire qui ne fait que débuter, que les gouvernements réagissent ainsi face à l’inextricable situation dans laquelle ils se trouvent. Indéniables complices consentants d’une finance qui se révèle pourtant ouvertement rebelle à leur égard, dès qu’ils envisagent ne serait-ce que légèrement en heurter les intérêts. Rabaissés dans la pratique au rang de simples exécutants chargés des basses besognes. Ayant cependant besoin, eux, d’être réélus selon les règles d’un suffrage universel parfois porteur de mauvaises surprises. La concrétisation éventuelle d’une taxe sur les transactions financières reflète le besoin qu’éprouvent ces mêmes gouvernements, qui multiplient les accommodements plus ou moins discrets avec les financiers, de se protéger un peu mieux des éclaboussures que ces derniers provoquent par leur comportement, ainsi de ce qu’ils vont devoir annoncer et endosser.

Quelles conséquences pourraient être attendues d’une telle taxe ? Si tout du moins elle voit effectivement le jour et ne se réduit pas, au final, à une mesure totalement ridicule, tel le projet de Bernard Kouchner, ministre Français des affaires étrangères, auquel s’était opportunément ralliée Christine Lagarde, ministre de l’économie et des finances. Si toutefois les Américains ne parviennent pas à en étouffer totalement le projet. Le fameux diable qui se vautre dans les arguties et se repaît des détails va faire une apparition de plus, et avec lui toutes les craintes que cette taxe soit dévitalisée derrière un épais nuage de soufre.

Ces obstacles franchis, s’ils doivent l’être, il est communément admis qu’elle pourrait contribuer à notablement réduire le volume des activités spéculatives financières, enchérissant leur coût, rendant même certaines d’entre elles non rentables, diminuant ainsi la taille des futures bulles financières est-il espéré. Mais l’effet pourrait être contraire, amenant les opérateurs financiers à accroître la rentabilité de leurs opérations, afin de compenser ce nouveau coût, augmentant leur prise de risque et précipitant d’autant de nouvelles crises. Taillées à minima, enfin, elles pourraient permettre de tenter de justifier un solde de tout compte. Le bilan escompté d’une taxe financière, financier aussi bien que politique, n’est donc pas garanti par avance.

Par ailleurs, ces projets de taxe (comme ceux qui portent sur le démantèlement des mégabanques), ne sont pas porteurs d’une solution principielle aux dérèglements majeurs du capitalisme financier. Ils ne s’attaquent pas à leurs causes et ne cherchent qu’à en limiter les effets. En ce sens, seules des interdictions drastiques pourraient empêcher que se renouvellent les crises financières, avec le risque annoncé que la prochaine soit encore plus dévastatrice que l’actuelle, les Etats ayant épuisé leurs munitions, leur endettement ne pouvant augmenter à l’infini. L’interdiction des paris sur les fluctuations de prix est de ce point de vue une mesure centrale, dont les conséquences décisives sont masquées par le caractère faussement anodin de son énoncé. Toutefois, vu l’extrême fragilité des édifices financiers, on peut se demander si mêmes des mesures limitées de taxation n’auraient pas des effets imprévus en chaîne. Qui seraient, eux aussi, en quelque sorte systémiques  !

Dans l’immédiat, les regards vont nécessairement se tourner vers les Etats-Unis, afin de mieux estimer les chances que le soutien européen au principe d’une taxe financière y soit repris, une fois mis en forme par le FMI au printemps prochain, car c’est bien entendu la condition préalable à son sacrement. Les débats du Congrès sur la régulation financière, acharnés depuis plusieurs mois, se poursuivent encore aujourd’hui à la Chambre des représentants, avant que le Sénat ne prenne le relais, sur la base d’une autre proposition de loi, considérée comme plus dure pour l’industrie financière. Tous les amendements sur la table n’ont pas encore été adoptés ou rejetés à l’heure où ce billet est publié, de telle sorte qu’il est difficile de faire même un premier point d’étape sur un document qui fait 1.279 pages et qui fourmille de nouvelles mesures.

Quelle sera la résultante de ces débats, de ces stratégies d’influence des lobbies, des convictions quasi religieuses de certains, sans oublier la manière dont les congressmen anticipent la pression de leurs électeurs ? Il est peu probable que la face du monde de la finance en sorte bouleversée, que les boulons seront vissés là où ils devraient l’être. Alors que les décisions prises à Washington auront vocation à faire internationalement jurisprudence, comme autant de faits accomplis, les Européens étant à la traîne, retardés par des Britanniques qui jouaient pour cette raison même la montre.

Le débat à propos d’une taxe sur les transactions financières, lui, couve sous la cendre : une proposition de loi est sur le bureau du Congrès, des signaux sont apparus qui montrent qu’il est discrètement engagé au sein de l’administration Obama, à la recherche de réponses politiques à la baisse de la popularité du président et à ses conséquences pour les élus démocrates à l’occasion des élections de mi-mandat qui s’approchent.

Les dés n’ont pas fini de rouler sur le tapis. Le débat sur la manière de se prémunir du danger représenté par les établissements financiers TBTF ne va pas non plus s’éteindre. Pour une simple raison : la crise est loin d’avoir encore produit tous ses effets. Nous sommes engagés dans une dynamique imprévisible, de tous points de vue. La crise proprement financière n’est absolument pas près d’être terminée, la crise économique est profonde – résultant à certains égards de causes que l’on peut désormais analyser comme durables, si ce n’est même structurelles – ses conséquences sociales s’approfondissent et vont être de moins en moins supportables.

Le pari d’une croissance retrouvée qui allégerait du poids croissant des défauts de remboursement les banques, et éviterait de trop éprouvantes mesures de réduction des déficits publics, est plus qu’incertain. François Fillon, le premier ministre Français, vient de déclarer, jeudi à Bonn, que « la sortie de crise est dangereuse », pensant notamment aux pertes d’emploi et à ce qui va les accompagner. Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat Français à l’emploi, vient de l’évoquer à sa manière en déclarant sur une radio « La politique sociale, ça ne peut plus être s’occuper uniquement des plus défavorisés. Ceux qui trinquent le plus dans la crise sociale, ce sont les classes moyennes. Il y a un moment où il faut arrêter le « politiquement social correct ». La France a « un système de protection sociale fondé systématiquement sur les seuils de revenus et qui laisse de côté les classes moyennes, notamment modestes » a-t-il poursuivi.

Nous y sommes : la crise, en Europe comme aux Etats-Unis, va avoir des conséquences inédites. Les classes moyennes vont être touchées, et c’est cela qui, des deux côtés de l’Atlantique, est le phénomène le plus politiquement préoccupant pour les pouvoirs en place, pas seulement pour les gouvernements.

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20 réflexions sur « L’actualité de la crise: des taxes très politiques aux résultats incertains, par François Leclerc »

  1. Bravo pour ce texte, parfaitement réfléchi et pas du tout rassurant (mais qui aurait espéré le contraire parmi nous, lecteurs de ce blog?)! Une question, cependant: vous ne dites rien de l’initiative chinoise qui impose désormais aux banques nationales et internationales (celles établies sur son sol) de s’abstenir de toute opération spéculative et de se limiter aux opérations « plain vanilla », selon les propres termes du DG de Calyon à Shanghai (à savoir: banque de dépôts, d’épargne, prêts aux entreprises et aux particuliers). Est-ce un moyen pour la Chine de se prémunir (du moins en partie) des effets dévastateurs d’une crise financière nouvelle? Et peut-être aussi de limiter en partie la surchauffe de l’économie chinoise ?

  2. Nous n’y sommes pas encore… mais presque. A mi-chemin semantique ?

    Les « classes », d’accord, « moyennes » pour l’instant ? En attendant, les gouvernements americains et europeens tenteraient-ils de noyer le poisson de la « mer sociale » ? Pour reprendre les categories de Paul Jorion, de Frederic Lordon et de bien d’autres avant eux, on pourrait presque renifler au lointain l’apparition prochaine des « travailleurs »…

    Le nombre des « travailleurs touches » (Juin 2010 ? pour une source gouvernementale…) pourrait meme progressivement devenir « dangereux » (Octobre 2010 ? journal Le Monde ?) pour les divers detenteurs de pouvoir… Mais dans un tel cas, que faire ? Distinguer entre les travailleurs membres de « l’identite nationale » et les autres ? Les opposer aux faineants nihilisto-autonomes ?

    Un bien triste parcours semantique en perspective, qui en rapellerait malheureusement d’autres…

  3. Des « classes moyennes » aux « classes dangereuses »…en quelques sortes ! Attachez vos ceintures ça risque de secouer pour les professionnels cumulards de la politique d’ici pas longtemps. Contrairement aux « défavorisés », peu enclins à se servir d’un bulletin de vote, les « classes moyennes » forment le gros des bataillons des participants électoraux.

  4. Pendant qu’Herman Van Rompuy propose un prochain sommet européen de l’emploi ( 15 millions, la taille d’un pays ) et souhaite que l’Europe double sa croissance, les autres dirigeants tentent de se refaire une virginité avec une taxe dont les difficultés d’application sont considérables.

    BRUSSELS BEAT DECEMBER 11, 2009 Accounting Gets Harder as Politics Color the Rules
    « Deadlines on the road to 2011 already are being missed — even within Europe. In the wake of the financial crisis, the European Commission led efforts to accelerate implementation of a key international accounting standard on the valuation of financial instruments, called IFRS 9.

    It was supposed to happen at the end of this year. But in a letter last month to the International Accounting Standards Board, Ireland’s Charlie McCreevy, the commissioner for internal markets, said that the standard wouldn’t be implemented as planned after all. Instead, the commission would await the IASB’s proposed rules on related issues: the valuation of financial liabilities (IFRS 9 deals with assets) and hedge accounting, which covers the effectiveness of financial hedges. »

    http://online.wsj.com/article/SB126048242726986229.html

  5. Bonsoir !

    J’apprécie la conclusion de votre article …
    Je mettais déjà exprimé à ce sujet, sur l’abandon des classes moyennes, lâchées par les classes « hautes », et les plus puissants des politiques, des investisseurs et industriels….
    Et parmi cette classe moyenne, je suis convaincu qu’on a les nouveaux « appelants au soulèvement »… Les « prolétaires » suivront…. leur berger!!!
    Il faut juste attendre le bon moment … qu’ils deviennent quantité non négligeable ( certains diraient massification), et suffisamment inconscients , pour être hors d’eux, et décider de vivre dans le présent !!!
    Et mlaheureusement… ce sera reparti pour un tour … Pffff!
    Je lance un appel aux bactéries : Vous n’auriez un gendre parmi les vôtres, qui , bien en colère et bien chargé contre notre espèce, pourrait nous donner des…cours !!! On en aurait bien besoin!

  6. La Chambre des représentants vient d’adopter la loi de régulation financière. Les mesures phares en sont: la création d’une agence de défense des consommateurs en matière financière, des mesures restrictives à propos des hedge funds et des agences de notation, un conseil de prévention des risques systémiques regroupant les différentes agences gouvernementales concernées, ainsi que la possibilité pour le Congrès d’examiner la politique monétaire de la Fed.

    1. Bref, ils ne sont pas encore mûrs pour la moindre mesure contraignante INTERDISANT de faire du profit à partir de RIEN, ou de saisir des biens pour banqueroute personnelle provoquée par un tiers. Effets d’annonces en série pour calmer l’opinion publique proche de la révolte, mais combien de temps ça tiendra ? Aux EU, 36 millions de personnes dépendent de l’aide alimentaire. Presque 12% de la population…Pour eux il ne s’agit plus de faire des annonces sans effet, il leur faut des actes forts. Et ils les attendent, ils les attendent…

  7. Les classes moyennes, nous y voilà.Si l’économie et la croissance repartent un petit peu c’est grace aux classes moyennes touchées marginalement par la crise.L’effet percolateur de la richesse du capitalisme arrive tant bien que mal à arroser 50% de la population pour maintenir une croissance atone pendant des années, ainsi que les pouvoirs politiques libéraux en place.
    Pour les autres 50% de quoi se plaignent-ils, on les vaccine à tour de bras, ils ont Jonhy Halliday,Arsenal ou Berlusconi pour les amuser…

    1. Dans les classes moyennes, il y a aussi un autre barrage à la révolte, ceux qui se croient au dessus de la masse et qui pensent les autres fainéants ou que sais je, il y a encore à se croire plus proche du Medef que du Smicard,
      c’est quand ces gens là réaliseront leur véritable place dans la société actuelle que l’on pourra espérer un changement, pour l’instant ceux là se prennent encore pour ce qu’ils ne sont pas et ne sont pas prêt de bouger.
      Quand aux jeunes qui n’ont pas connu le monde d’avant la mondialisation et les libertés que nous avions avant Bruxelles comment peuvent ils appréhender ce qu’on leur a volé….????

  8. Le président de l’association Les Restos du Coeur lance, sur France Info, un appel à la générosité des donateurs.

    Olivier Berthe parle de « grosse surprise » : l’an dernier, la campagne des Restos du Coeur avait déjà enregistré une hausse de 14 % des bénéficiaires de repas gratuits, et ils sont déjà 8 % de plus sur la première semaine de distribution cette année.

    Cela correspond à 800.000 personnes accueillies chaque jour.

    Il y a, explique le président des Restos du Coeur, « de plus en plus de travailleurs pauvres, de chômeurs en fin de droits, de personnes âgées »… et notamment dans les départements ruraux.

  9. Les banquiers sont les nouveaux terroristes de ce monde. A l’instar des terroristes ordinaires, ils détruisent le consensus social en instaurant des mécanismes fondés sur la peur.

    Comme disait une vieille fripouille non dénuée de bon sens : Terrorisons les terroristes.

    Il est sans cesse plus proche le jour où la viande froide de banquier ira rejoindre celle de chômeur dans les étals d’une société renouvelée.

  10. Le projet de taxe sur les transactions dit « Taxe Tobin » date de 1972.
    A l’époque le Pix Nobel de l’économie, Tobin, proposait une taxe faible, de 0,05 % à 1 %.
    Dans ce cas, on parle de 0,01 si je me souviens bien.
    La spéculation ne serait pas arrêtée.

    « la sortie de crise est dangereuse », pensant notamment aux pertes d’emploi et à ce qui va les accompagner.
    Cela me fait penser à un autre cynisme. « Mieux vaut profiter de la guerre. La paix sera pire ».

    « Les classes moyennes vont être touchées »
    Ne va-t-on pas dans un sens qui ressemble à la Chine? La boucle serait bouclée. La « vengeance » des classes possédantes serait ainsi conclue après les 30 glorieuses, les 30 mortifiées dans les extrêmes.

    1. IL est possible que si la taxe s’applique au montant des transactions ,dans le cas des HFT elle absorbe plus que la plusvalue.
      N’oublions pas que si les flux sont énormes et hypervéloces ils génèrent peu de PV.
      Les pauvres!

  11. Les classes moyennes n’ont pas attendu la crise pour voir leur niveau de vie chuter… pour ma part et ceux que je connais autour de moi (des bacs +qq chose hérités de l’ascenseur social des années 50-80), voilà dix ans que la descente a commencé… Conserver son salaire lors d’un changement d’entreprise est le mieux que l’on puisse attendre. On nos a fait miroiter les baisses d’impôt comme devant rehausser le « pouvoir d’achat », en oubliant de préciser que non content de ne profiter qu’aux plus riches, les baisses d’impôts ont pour fâcheuse conséquence de faire disparaître les services publics ou du moins de les affaiblir afin de mieux les supprimer ensuite (« Voyez, ils ne sont pas rentables, rien que des feignaces ! »).
    La noblesse et le clergé sont deux fois gagnants, au grattage avec des baisses d’impôts conséquentes, au tirage avec la privatisation de moult services pour le plus grand plaisir financier et boursier des gros actionnaires…

    On comprends mieux que la notion de taxe et d’impôt ne passe pas bien chez nos dirigeants politiques et économiques !
    Quel parti va réhabiliter la notion d’impôts progressif sur le revenu ? Quel parti va dénoncer les télétons et autres « appels à la charité pour les grandes causes » comme devant être financés par les impôts quand le superflu devrait l’être par les dons (ce ne sont pas les exemples qui manquent) ?

    Au delà de l’anecdote « people » : «L’identité française, c’est être révolutionnaire» dixit Cantona

  12. Je tiens à remercier François Leclerc pour la qualité de ses articles tant du point de vue du style que de la densité du contenu.
    Le fond et la forme.

    Merci et Bravo Monsieur!!!

    Les classes moyennes…celles qui travaillent, payent et n’ont plus les moyens de thésauriser …Gesell out.
    Les UP délocalisent leurs impôts et les down n’en payent pas même si elles travaillent.
    Le lumpenprolétariat lui est aidé pour ne surtout pas demander à travailler et rester calme.
    Quant à la question immigration ; what else,

  13. Une chose est certaine : la peur commence à s’installer parmi nos pseudos-élites. La dégradation des finances publiques est enclenchée pour le long terme et les mesures à prendre seront d’autant plus douloureuses que les classes sociales privilégiées seront exlues de l’effort à fournir. Cette situation est intenable à long terme mais je pense qu’elle sera maintenue au moins jusqu’aux éléctions de 2012 sauf raz de marée aux régionales en défaveur des partis dits  »libéraux ».
    Au niveau international, la dégradation de la dette des USA, GB aurait l’effet d’une bombe atomique planétaire car ce serait reconnaître officiellement que ces états sont en faillite réelle, que le système tout en entier est en faillite, c’est à dire qu’il est mort quand bien même il n’ait pas implosé comme en 1929. Avec à la clé des bouleversements sociaux que l’on a du mal à quantifier mais qui seraient majeurs.
    Les agences de notation sont confrontées à un dilemme : laquelle appuiera la première sur le bouton endossant cette responsabilité ?

    Pour ma part, je n’attends rien de majeur d’ici à la fin de l’année pour des raison d’habillage de bilan, trêve des confiseurs, etc, etc.
    Par contre, début 2010 risque d’être une période très difficile car les effets bulles de champagne se seront estompés, ramenant à la dure réalité sociale et économique.

  14. La réduction des dépenses publiques est un serpent de mer. Pourquoi ce sera très difficile cette fois ci encore? Parce que la plupart des grands groupes, gros employeurs, vivent des marchés publics et assimilés. Imaginons les conséquences d’une diminution importante de l’enveloppe servant à l’entretien des routes. Non seulement le chômage augmenterait aussitôt parmi la population la plus faible mais la sécurité de ceux qui les utilisent serait mise en cause.

    Il serait plus simple et plus sain de commencer par la réduction des subventions qui atteignaient en 2007, 110 milliards (industrie agro alimentaire comprise).

    Les subventions nuisent à la concurrence loyale tant souhaitées par Bruxelles et constituent une sorte de protectionnisme national caché. Les subventions entretiennent les monopoles privés en les favorisant financièrement face à leurs pauvres concurrents moins influents.

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