France Culture, « La rumeur du monde », samedi 19 décembre de 12h45 à 13h30

Je fus l’invité de Jean-Marie Colombani et de Jean-Claude Casanova. On a parlé de l’année qui s’achève, de « L’argent, mode d’emploi » et de « Comment la vérité et la réalité furent inventées ».

Ci-dessous, un résumé. Le podcast en entier se trouve lui ici.

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229 réponses à “France Culture, « La rumeur du monde », samedi 19 décembre de 12h45 à 13h30”

  1. Avatar de de siebenthal
    de siebenthal

    On peut trouver l’adresse contact sur la page du site de l’émission. En ce qui me concerne j’ai été tellement outrée qu’on puisse traiter un invité de telle manière, que j’ai immédiatement envoyé mon avis.Il serait souhaitable que le maximum d’auditeurs leur fassent savoir qu’ils n’ont pas apprécié ce manque d’éthique journalistique.

  2. Avatar de dag
    dag

    Depuis le 13 décembre , avec les « mesures que je préconise » , la pensée de Paul Jorion a sérieusement et elle , avec succès , changé de braquet . Ses réflexions notoires et cohérentes deviennent des actes qui engagent de fortes adhésions et provoquent aussi naturellement de douloureuses remises en cause .

  3. Avatar de François Leclerc
    François Leclerc

    Les rondeurs professorales de Monsieur Casanova rappellent étrangement celles de Monsieur Barre, qu’il a servi en son temps.

    Elles ne l’ont pas empêché de laisser percer son agacement devant cet intrus. Au nom d’une caste mandarinale, à laquelle on croit comprendre qu’il appartient peut-être, ainsi que d’un savoir académique qui n’accepte pas de vulgaire remise en cause, qu’il pourraIt partager et défendre.

    Si c’était le cas, ce serait banal et galvaudé.

    Mais il a trébuché, Monsieur Casanova, associant comme si cela allait de soi innovations en matière d’ingénierie financière et progrès en général, ce grand mot qui clos le bec (comme libre, dans libre entreprise). Car, dans son système philosophique, est progrès ce qui est nouveau. Qui perturbe d’abord un peu, à chaque fois, avant que tout ne s’arrange finalement.

    Les faits lui donneront raison, n’en doutons pas.

    1. Avatar de Dissonance
      Dissonance

      La grippe A est un progrès. CQFD 🙂

    2. Avatar de Hervey

      Cher François Leclerc, vous avez toutes les dispositions intellectuelles pour devenir un excellent judoka.

  4. Avatar de Valéry Deniau
    Valéry Deniau

    Il me semble que Jean-Claude Casanova regarde toute remise en cause du système comme une révolution larvée qu’il imagine déjà déboulant fantastiquement hors de son cocon, répandant la mort et l’effroi, comme le firent, à ses yeux, toutes les révolutions historiques. Je comprends qu’il veuille garder ce pépère statu quo actuel et sa position personnelle pas trop mal assise où il peu se gargariser. D’habitude, après manger, je m’endors en écoutant cette émission, pas cette fois-ci.

  5. Avatar de jeanpaulmichel
    jeanpaulmichel

    Comme le chantait Guy Béart :  »Celui qui dit la vérité , il doit être exécuté… »
    J’ai l’impression que la classe dirigeante commence à paniquer tant à cause de la crise qui s’aggrave qu’à son incapacité à renier son mode de pensée. Elle pressent que tout lui échappe.

    Vos propos me font de plus songer au film d’Al Gore : Une vérité qui dérange.
    Décidément vous dérangez beaucoup de monde Mr Jorion est c’est tant mieux.
    Il n’y a que la vérité qui blesse. Continuez à nous livrer la vôtre, elle mérite d’être entendue et relayée.

  6. Avatar de dag
    dag

    @François Leclerc

    Je pensais aux remises en cause du genre de celles qu’ont connues des staliniens que j’ai aperçus , cela dura , ils crurent effectivement avoir encore raison un certain temps .
    La « crise » est trop profonde pour s’autoriser d’approches fallacieuses .
    Les jugements et les engagements seront les derniers dans de nombreux « champs » des activités humaines , autant bien les peser. Certains ont joué aux navettes à Copenhague , aux allers-retours , alors que nous n’avons justement plus de tickets de retour à la situation « ante » . En avant , la seule issue …

  7. Avatar de David Hume
    David Hume

    Je trouve que je suis tout à fait d’accord avec le commentaire de Bertrandpc dans Mediapart au sujet de Jean-Claude Casanova :  » des réactions outrancières d’un expert qui se sent menacé dans l’exercice de sa fonction « .  » Un seul souci semblait présider aux interventions de l’ancien conseiller de Raymond Barre (« plus grand économiste de France » selon VGE) : disqualifier ce griot qui avait eu l’outrecuidance de prédire la crise du capitalisme américain.  »

    ( http://www.mediapart.fr/club/blog/bertrandpc/191209/jean-claude-casanova-vs-paul-jorion-ou-la-volonte-de-disqualification )

    Quelle bagarre ! Ca commence à chauffer. Les dirigeants attaquent ! Un très bon signe.

    Bravo, Paul ! Vous avez bel et bien décontenancé ce monsieur « édicocrate ». Il était sûrement piqué au vif. Je suis presque tombé de mon fauteuil. Lui aussi.

    1. Avatar de Blake
      Blake

      Les commentaires sur ce blog sont très sympathiques, et réagissent bien à ce qui s’est passé lors de cette émission, mais viennent de la part, je crois, de gens prévenus en faveur de M. Jorion car ils le connaissent déjà.

      N’empêche que, si l’on ignorait M. Jorion avant l’émission, c’est quand même M. Casanova et Colombani qui en sortent vainqueurs CAR ils ont fait en sorte qu’on ne parle presque pas du contenu du livre en question !!!

      Les gens prévenus en faveur de M. Jorion sont peut-être furieux, mais l’auditeur quidam n’en sait pas plus sur le livre, et est-ce qu’il ou elle aura envie de le découvrir suite à ce débat.

    2. Avatar de Paul Jorion

      Vous vous trompez sans doute : les ventes de mes livres ont bondi !

  8. Avatar de Pierre-Yves D.
    Pierre-Yves D.

    Casanova a eu un mot très symptomatique aussi lorsqu’il a parlé du « dérèglement » du système pour évoquer les causes de la crise, comme si la crise ressortissait seulement à un mauvais réglage. Et le même Casanova de dire aussi plus loin qu’une politique populiste avait abouti à ce que l’on prête de l’argent pour favoriser à tout va l’accès à la propriété. (je traduis en substance).

    Dans un cas Casanova évoquait ainsi une cause purement technique — le mauvais réglage –, dans l’autre une cause politique — le populisme.
    Mais il manquait de toute évidence à l’analyse de Casanova une approche de type sociologique, approche qu’il assimila derechef à de l’économie pas sérieuse, ce à quoi Paul répondit fort justement qu’il n’avait à s’autoriser pour ses idées — et au premier chef concernant l’interdiction des paris sur la fluctuation des prix –, que de lui-même. Ce qui renvoyait les libéraux et les keynésiens à leurs chères études, et bien entendu le sieur Casanova qui suivant l’idée qu’il voulait mettre en avant pour confondre son interlocuteur fit de Keynes tantôt un bon Keynes pour lui tout acquis à la spéculation, tantôt un mauvais Keynes admirateur de l’économie allemande sous Hitler !

    Si J.-C. Casanova avait lu « La crise du capitalisme américain » au lieu d’avancer l’explication par la populisme il aurait pu donner l’explication plus convaincante de l’atavisme culturel rural selon laquelle les américains aiment à habiter des maisons individuelles et spacieuses en raison de leurs origines rurales et pauvres, car c’est cet atavisme culturel qui fournit le terreau anthropologique favorable au développement des subprimes.
    De même s’agissant du « dérèglement » du système financier il aurait pu parler de la dérèglementation progressivement mise en oeuvre aux Etats-Unis depuis 30 ans. Dérèglementation qui elle était bien d’origine politique ! Mais de cela il n’en fut pas question dans son analyse.

  9. Avatar de antoineY
    antoineY

    Interessant…

    Paul, comme je l’ai déjà dit, évite « droite »/ »gauche » même pour parler des « utopies de droite ». C’est s’exposer pour rien.
    Pourquoi, lorsqu’on t’ennuie sur ton « background », ne réponds tu pas que l’économie est une sous-discipline de l’anthropologie (en trois phrases le problème est réglé) ou, plus simplement, que ce n’est pas en tant qu’anthropologue seulement que tu parles des marchés à terme, mais que ta « bonne compréhension » vient sur doute de ta relativement longue expérience professionnelle dans le domaine. De là il t’est facile de montrer que c’est ton interlocuteur qui n’est pas à sa place, ou que « pour quelqu’un qui n’a jamais concrètement travaillé dans le secteur et qui n’a regardé ça que de loin à travers ses livres, il comprend relativement bien le fonctionnement des marchés à terme ». 😉 Ou plus dur « pour quelqu’un qui n’ a pas été foutu de comprendre ce qui allait venir en 2007 vous comprener quelques petites choses à l’économie ou aux ventes à terme, meêm s’il y a quand même encore beaucoup de choses à revoir, l’érudition ne pouvant compenser le manque d’expérience ».
    Ne laisse personne t’attaquer sur la légitimité.

    S’agissant des interventions de Mr Casanova: 3 étaient parfaitement ridicules.

    – son intervention sur Rousseau, à la fois auto-réfutante (on ne peut pas en même temps affirmer que les libertariens ne sont pas les premiers utopistes « de droite » et ne pas trop savoir comment placer Rousseau sur un axe gauche-droite,- ce qui n’est pas étonnant l’humanisme civique, le républicanisme et le néo-républicanisme ne pouvant pas se prêter à ce petit jeu de placement), et pathétique (confondre sens d un texte, histoire de ses interprétations et histoire de ses usages idéologiques lui aurait évité de croire qu’il disait quelque chose de sensé en reprenant de façon implicite l’interprétation hegelienne de Rousseau – qui n’y avait strictement rien compris au demeurant- et la filiation Hegel/marx, ou en reprenant les interprétations critiques de Rousseau d’inspiration plus libérales, également douteuses sur le plan philologiques). Bref avec M. Casanova on en reste à la vulgarisation de bas niveau et à l’idéologie, qui sont d’ailleurs souvent la même chose (normal direz vous ce n’est pas sa discipline). Paul fait de la recherche (il va chercher « à la racine ») et ce monsieur fait des batailles de pokemon (remplacez Pikachu par « interprétation hégelienne de Rousseau » ou « école de Chicago »).

    – son délire quant à la définition de « spéculation »: à tous ceux qui vous objectent l’étymologie pour masquer leur incapacité à donner une définition précise de ce terme plutôt « flou » ou « vague » de prime abord, et qui s’éloigne à mesure qu’on essaie de le cerner de façon plus précise, proposez de sortir un nouveau dictionnaire, bien meilleur que ceux qui trainent actuellement et qui ne sont sans doute pas très bons, selon leurs propres critères. Ce « nouveau » dictionnaire comprendrait seulement les étymologies des mots, qui c’est bien connu servent de définition… Pourquoi rajouter la signification du mot en effet, on se le demande…
    Bref M. Attali avait déjà raconté n’importe quoi sur ce terrain glissant, dommage qu’il soit imité à son tour.

    – Ses remarques sur « l’avenir de la crise ». En gros il tente de noyer le poisson en escamotant la discussion sur le « contenu » pour ne retenir que l’idée de marge d’incertitude plus grande que d’habitude. Il se garde bien de choisir parmi les 3 scénarios. Heureusement il ne s’est pas laissé aller à parier sur le 3e. L’idée qu’il puisse y avoir des évènements « périphériques » (Dubai, Grèce) à un « noyau » (le système économique et financier mondial) dans
    une économie globalisée comme le nôtre est idiote et parfaitement indigne de quelqu’un qui réfléchit, avec une formation d’économiste en plus! Je suppose qu’il n’avait plus toute sa tête à cet instant.

    1. Avatar de Quidam
      Quidam

      Si l’on s’en réfère à l’étymologie pour établir la respectabilité de telle ou telle activité, travail vient de tripalium (instrument de torture à trois pieux). Il faut vite interdire tout travail et promouvoir la spéculation, exclusivement.

    2. Avatar de Dissonance
      Dissonance

      Il ne faut pas tomber dans l’excès inverse non plus. L’étymologie, ce n’est pas sale 🙂

      Comme le suggère AntoineY, il est simplement nécessaire de ne pas s’en contenter.

  10. Avatar de Étienne Chouard

    Bonjour Paul.

    J’étais là, ce midi, rivé à mon poste radio, te supportant et t’encourageant : « Vas-y, mets-lui une droite, à ce prétentieux, voilà… Ah ! Comme il ment, le Tartuffe ! Réponds-lui, voilà, bien dit ! Mais que vient faire ici Rousseau, espèce de sophiste ?! Ah, mais ce Casanova est hautain à vomir, on voit bien qu’il n’est pas assez souvent contredit en public… Ah, mais tu t’étrangles enfin, Casanova, l’ami des spéculateurs, accusé de la plus vile propagande devant tout le monde… tu fais moins le mariole quand on t’oppose un contradicteur qui connaît son affaire et qui a du courage, hein ?… »

    Je pense que nous avons été nombreux ici à t’écouter avec plaisir.

    Casanova : – (…) Vous comprenez parfaitement le fonctionnement des marchés à terme, ce qui pour un anthropologue est parfaitement louable, mais… (…) Keynes a été le plus grand spéculateur de sa génération (…) donc, la condamnation… grossière de la spéculation pour en appeler au sentiment populaire contre la spéculation n’est pas un raisonnement digne d’une personne qui réfléchit.

    Jorion : – Oui, c’est parce que Keynes connaissait si bien la spéculation qu’il en a demandé l’interdiction lui aussi.

    Casanova : – Non non il n’a demandé aucune interdiction de la spéculation : je vous défie de me donner une phrase de Keynes sur ce sujet (…)

    Source : France Culture, La Rumeur Du Monde, 19/12/2009.

    Paul, pour t’aider à répondre au défi de Casanova Le Fier-à-bras, voici quelques extraits de la Théorie générale qui disent, directement ou indirectement, le plus grand mal des spéculateurs, comme tu le résumais à ta manière.

    Mieux : Keynes ne s’en prend, finalement, pas seulement aux spéculateurs, mais plus généralement à tous les rentiers… et il ne se contente pas de les interdire : il envisage carrément, sans sa conclusion devant l’Histoire, de les euthanasier… (Bon, par mansuétude, une inflation soutenue fera l’affaire, pas de massacre pour le moment…)

    Dans ces conditions, est-ce que le défi casanovesque est relevé ?

    Extraits de la Théorie générale de Keynes :

    (p. 170) « Pour l’investisseur professionnel, c’est donc une obligation impérieuse de s’attacher à anticiper ceux des changements prochains dans l’ambiance et l’information que l’expérience fait apparaître comme les plus propres à influencer la psychologie de masse du marché. Telle est la conséquence inévitable de l’existence de marchés financiers conçus en vue de ce qu’on est convenu d’appeler « la liquidité ». De toutes les maximes de la finance orthodoxe, il n’en est aucune, à coup sûr, de plus antisociale que le fétichisme de la liquidité, cette doctrine selon laquelle ce serait une vertu positive pour les institutions de placement de concentrer leurs ressources sur un portefeuille de valeurs « liquides ». Une telle doctrine néglige le fait que pour la communauté dans son ensemble il n’y a rien qui corresponde à la liquidité du placement. Du point de vue de l’utilité sociale l’objet de placements éclairés devrait être de vaincre les forces obscures du temps et de percer le mystère qui entoure le futur. En fait l’objet inavoué des placements les plus éclairés est à l’heure actuelle de « voler le départ », comme disent si bien les Américains, de piper le public, et de refiler la demi-couronne fausse ou décriée. »

    ______________

    (p. 173) « S’il nous est permis de désigner par le terme spéculation l’activité qui consiste à prévoir la psychologie du marché et par le terme entreprise celle qui consiste à prévoir le rendement escompté des actifs pendant leur existence entière, on ne saurait dire que la spéculation l’emporte toujours sur l’entreprise. Cependant le risque d’une prédominance de la spéculation tend à grandir à mesure que l’organisation des marchés financiers progresse. Dans une des principales Bourses des Valeurs du monde, à New York, la spéculation au sens précédent du mot exerce une influence énorme. Même en dehors du terrain financier la tendance des Américains est d’attacher un intérêt excessif à découvrir ce que l’opinion moyenne croit être l’opinion moyenne, et ce travers national trouve sa sanction à la Bourse des Valeurs. Il est rare, dit-on, qu’un Américain place de l’argent « pour le revenu » ainsi que nombre d’Anglais le font encore ; c’est seulement dans l’espoir d’une plus-value qu’il est enclin à acheter une valeur.

    Ceci n’est qu’une autre façon de dire que, lorsqu’un Américain achète une valeur, il mise moins sur le rendement escompté que sur un changement favorable de la base conventionnelle d’évaluation, ou encore qu’il fait une spéculation au sens précédent du mot. Les spéculateurs peuvent être aussi inoffensifs que des bulles d’air dans un courant régulier d’entreprise. Mais la situation devient sérieuse lorsque l’entreprise n’est plus qu’une bulle d’air dans le tourbillon spéculatif. Lorsque dans un pays le développement du capital devient le sous-produit de l’activité d’un casino, il risque de s’accomplir en des conditions défectueuses. Si on considère que le but proprement social des Bourses de Valeurs est de canaliser l’investissement nouveau vers les secteurs les plus favorables sur la base des rendements futurs, on ne peut revendiquer le genre de succès obtenu par Wall Street comme un éclatant triomphe du laissez-faire capitaliste. Et il n’y a là rien de surprenant, s’il est vrai, comme nous le pensons, que les meilleurs esprits de Wall Street étaient en fait préoccupés d’autre chose.

    De telles tendances sont une conséquence presque inévitable du succès avec lequel on a organisé la « liquidité » des marchés de capitaux. Il est généralement admis que, dans l’intérêt même du public, l’accès des casinos doit être difficile et coûteux. Peut-être ce principe vaut-il aussi en matière de Bourses. Le fait que le marché de Londres ait commis moins d’excès que Wall Street provient peut-être moins d’une différence entre les tempéraments nationaux que du caractère inaccessible et très dispendieux de Tlirogmorton Street pour un Anglais moyen comparée à Wall Street pour un Américain moyen. La marge des jobbers, les courtages onéreux des brokers, les lourdes taxes d’État sur les transferts, qui sont prélevés sur les transactions au Stock Exchange de Londres, diminuent suffisamment la liquidité du marché (l’usage des règlements de quinzaine agissant d’ailleurs en sens inverse) pour en éliminer une grande partie des opérations qui caractérisent Wall Street. La création d’une lourde taxe d’État frappant toutes les transactions se révélerait peut-être la plus salutaire des mesures permettant d’atténuer aux États-Unis la prédominance de la spéculation sur l’entreprise. »
    ___________________

    (p.174) « Devant le spectacle des marchés financiers modernes, nous avons parfois été tentés de croire que si, à l’instar du mariage, les opérations d’investissement étaient rendues définitives et irrévocables, hors le cas de mort ou d’autre raison grave, les maux de notre époque pourraient en être utilement soulagés ; car les détenteurs de fonds à placer se trouveraient obligés de porter leur attention sur les perspectives à long terme et sur celles-là seules. Mais il suffit d’un instant de réflexion pour comprendre qu’une telle méthode pose un dilemme ; car, si la liquidité du marché financier contrarie parfois l’investissement nouveau, en revanche elle le favorise le plus souvent. Le fait que chaque investisseur individuel se flatte de la « liquidité » de sa position (ce qui ne saurait être vrai de tous les investisseurs pris collectivement) calme ses nerfs et lui fait courir plus volontiers les risques. Si on enlevait aux achats individuels de valeurs leur caractère liquide, il en résulterait un sérieux obstacle à l’investissement nouveau tant que s’offriraient aux individus d’autres moyens de conserver leurs épargnes. C’est là que gît le dilemme. Tant que les individus auront l’alternative d’employer leur richesse, soit à thésauriser ou a prêter de l’argent, soit à acheter des biens capitaux réels, on ne pourra rendre le second terme de l’alternative assez attrayant (surtout pour ceux qui n’administrent pas les biens capitaux et qui n’ont aucune connaissance spéciale à leur sujet) qu’en organisant des marchés où ces biens puissent être aisément transformés en espèces.

    Le seul remède radical aux crises de confiance qui affligent la vie économique moderne serait de restreindre le choix de l’individu à la seule alternative de consommer son revenu ou de s’en servir pour faire fabriquer l’article de capital réel qui, même sur la base d’une information précaire, lui paraît être l’investissement le plus intéressant qui lui soit offert. Peut-être, à certains moments, lorsqu’il serait plus que de coutume harcelé par des doutes au sujet de l’avenir, l’incertitude le conduirait-elle à consommer plus et à investir moins. Mais on éviterait par ce moyen les répercussions désastreuses, cumulatives et presque illimitées du fait que les personnes envahies par le doute peuvent s’abstenir de dépenser leur revenu d’une façon ou d’une autre. »
    ______________

    (p. 368) « Mais il y a une seconde partie de notre analyse dont les conséquences sont beaucoup plus importantes pour l’avenir des inégalités de fortune ; c’est notre théorie du taux de l’intérêt. On justifiait jusqu’ici une certaine élévation du niveau de l’intérêt par la nécessité de fournir à l’épargne un encouragement suffisant. Mais nous avons démontré que le montant effectif de l’épargne est rigoureusement déterminé par le flux de l’investissement et que l’investissement grossit sous l’effet d’une baisse du taux de l’intérêt, pourvu qu’on ne cherche pas à le porter au delà du montant qui correspond au plein emploi. La politique la plus avantageuse consiste donc à faire baisser le taux de l’intérêt par rapport à la courbe de l’efficacité marginale du capital jusqu’à ce que le plein emploi soit réalisé.

    Ce critère conduira, sans aucun doute, à un taux de l’intérêt beaucoup plus faible que celui qui a régné jusqu’ici, et pour autant qu’on puisse faire des conjectures au sujet des courbes de l’efficacité marginale qui correspondent à un équipement en capital de plus en plus développé, il y a lieu de croire que le maintien plus ou moins continu d’une situation de plein emploi exigera une baisse profonde du taux de l’intérêt, sauf toutefois si dans la communauté tout entière (État compris) il se produit une forte variation de la propension à consommer.

    Nous sommes convaincu que la demande de capital est strictement limitée, en ce sens qu’il ne serait pas difficile d’accroître l’équipement jusqu’à ce que son efficacité marginale tombe à un chiffre très faible. Ceci ne veut pas dire que l’usage des biens de capital ne coûterait presque plus rien, mais seulement que le revenu qu’on en tirerait aurait tout au plus à couvrir la dépréciation due à l’usure et à la désuétude, et une certaine marge destinée à rémunérer les risques ainsi que l’exercice de l’habileté et du jugement. En bref, les biens durables de même que les biens éphémères fourniraient au cours de leur existence un revenu global couvrant tout au plus le coût du travail nécessaire à les produire, augmenté des coûts de l’habileté et de la surveillance et d’une allocation correspondant aux risques.

    Cet état de choses serait parfaitement compatible avec un certain degré d’individualisme. Mais il n’en impliquerait pas moins l’euthanasie [la disparition progressive] du rentier et par suite la disparition progressive chez le capitaliste du pouvoir oppressif additionnel d’exploiter la valeur conférée au capital par sa rareté. L’intérêt ne rémunère aujourd’hui aucun sacrifice véritable non plus que la rente du sol. Le détenteur du capital peut obtenir un intérêt parce que le capital est rare, de même que le détenteur du sol peut obtenir une rente parce que le sol est rare. Mais, tandis que la rareté du sol s’explique par une raison intrinsèque, il n’y a aucune raison intrinsèque qui justifie la rareté du capital. Il n’existerait de façon durable une raison intrinsèque de cette rareté, c’est-à-dire un sacrifice véritable que l’offre d’une récompense sous forme d’intérêt pourrait seule faire accepter, que si la propension individuelle à consommer était assez forte pour que l’épargne nette en situation de plein emploi devienne nulle avant que le capital fût suffisamment abondant. Et, même dans ce cas, les Pouvoirs Publics auraient encore la ressource d’entretenir une épargne commune assez importante pour permettre au capital de se développer jusqu’à ce qu’il cessât d’être rare.

    Dans l’évolution du capitalisme, la présence de rentiers nous semble marquer une phase intermédiaire qui prendra fin lorsqu’elle aura produit tous ses effets. Et la disparition du rentier entraînera bien d’autres changements radicaux dans ce régime. Le grand avantage du programme que nous préconisons, c’est que l’euthanasie du rentier ou du capitaliste oisif [sans profession] n’aura rien de soudain, qu’elle n’exigera aucune révolution, qu’elle résultera de la simple persistance pendant un certain temps de l’évolution graduelle que la Grande-Bretagne a connue récemment.

    Dans la pratique on pourrait donc se proposer (tout ceci n’a rien d’irréalisable) d’une part d’augmenter le volume de l’équipement jusqu’à ce qu’il cessât d’être rare, de manière à supprimer la prime attribuée au capitaliste oisif ; d’autre part d’aménager les impôts directs de manière à affecter au service de la communauté sur la base d’émoluments raisonnables l’intelligence, le dynamisme et la capacité administrative des financiers, entrepreneurs et tutti quanti (qui certainement aiment assez leurs métiers pour que leur travail puisse être obtenu à bien meilleur marché qu’à présent). »

    Source: J .M. Keynes, « Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie » (1936), Payot 2005.

    Pour vos recherches en plein texte, voyez aussi : Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie. (1936)

    Bon. Merci Paul. Tu as été très bien.

    Malheureusement, tu as oublié (ou tu n’as pas eu l’occasion), cette fois, de parler (comme tu le fais souvent, et tu es un des seuls « économistes » à le faire avec force) de la NÉCESSAIRE HAUSSE DES SALAIRES, de la nécessaire RELANCE PAR LA DEMANDE (au lieu de cette véritable escroquerie libérale – dénoncée comme escroquerie par Galbraith lui-même– qu’est la « relance par l’offre », technique d’enfumage qui n’a JAMAIS marché, comme on peut s’en douter quand on est de bonne foi). Tu n’as pas pu en parler cette fois, c’est dommage, ça manquait au tableau de la contradiction du chroniqueur-officiel-des-spéculateurs-et-des-privilégiés.

    Car le niveau des salaires est bien l’enjeu central, l’enjeu de société que révèlent toutes ces crises : le capitalisme permet aux plus riches de trop accumuler et donc de ne pas distribuer assez de pouvoir d’achat, ce qui voue le système à la ruine (mais pas pour tout le monde) de temps en temps.

    D’ailleurs, comme l’histoire le montre toujours et partout, la hantise éternelle des industriels et des banquiers, leur priorité absolue, au point de massacrer s’il le faut, c’est le niveau de salaires, salaires qu’ils tiennent par-dessus tout à garder le plus BAS possible. Vomitif. Tout part de là, tout s’explique par là, toute la théorie prétendument « classique » repose (sans le dire) sur cet objectif central injuste et révoltant.

    L’union européenne sert ce même objectif lamentable, d’ailleurs, à mon avis.

    Keynes lui-même soulignait cette mauvaise foi des prétendus « économistes », manifestement complices « professionnels » à la solde d’une classe privilégiée dont ils sont chargés d’assurer le fondement théorique, « scientifique », des privilèges.

    Exemple (extrait tiré de la Théorie générale, Payot, p 58 et s.) :

    « Dans l’Économie ricardienne, qui est à la base de tout ce qui a été enseigné depuis plus d’un siècle, l’idée qu’on a le droit de négliger la fonction de la demande globale est fondamentale.

    À vrai dire, la thèse de Ricardo que la demande effective ne peut être insuffisante avait été vivement combattue par Malthus, mais sans succès. Car faute d’expliquer (si ce n’est par les faits d’observation courante) comment et pourquoi la demande effective pouvait être insuffisante, Malthus n’est pas parvenu à fournir une thèse capable de remplacer celle qu’il attaquait ; et Ricardo conquit l’Angleterre aussi complètement que la Sainte Inquisition avait conquis l’Espagne. Non seulement sa théorie fut acceptée par la Cité, les hommes d’État et l’Université, mais toute controverse s’arrêta ; l’autre conception tomba dans l’oubli le plus complet et cessa même d’être discutée. LA GRANDE ÉNIGME DE LA DEMANDE EFFECTIVE, à laquelle Malthus s’était attaqué, disparut de la littérature économique. On ne la trouve même pas mentionnée une seule fois dans toute l’œuvre de Marshall, d’Edgeworth et du Professeur Pigou, qui ont donné à la théorie classique sa forme la plus accomplie. Elle n’a pu survivre qu’à la dérobée, sous le manteau et dans la pénombre de Karl Marx, de Silvio Gesell et du Major Douglas.

    Une victoire aussi décisive que celle de Ricardo a quelque chose de singulier et de mystérieux. Elle ne peut s’expliquer que par un ensemble de sympathies entre sa doctrine et le milieu où elle a été lancée.

    Le fait qu’elle aboutissait à des conclusions tout à fait différentes de celles qu’attendait le public profane ajoutait, semble-t-il, à son prestige intellectuel. Que son enseignement, appliqué aux faits, fût austère et souvent désagréable lui conférait de la grandeur morale. Qu’elle fût apte à supporter une superstructure logique, vaste et cohérente, lui donnait de l’éclat. Qu’elle présentât beaucoup d’injustices sociales et de cruautés apparentes comme des incidents inévitables dans la marche du progrès, et les efforts destinés à modifier cet état de choses comme de nature à faire en définitive plus de mal que de bien, la recommandait à l’autorité. Qu’elle fournît certaines justifications aux libres activités du capitalisme individuel, lui valait l’appui des forces sociales dominantes groupées derrière l’autorité.

    Jusqu’à une date récente la doctrine elle-même n’a jamais été contestée par les économistes orthodoxes, mais son inaptitude remarquable à servir à la prédiction scientifique a fini par diminuer grandement le prestige de ses adeptes. Car depuis Malthus les économistes professionnels paraissent avoir été insensibles au désaccord entre les conclusions de leur théorie et les faits d’observation. Le public au contraire n’a pas manqué de relever ce désaccord et c’est ce qui explique sa répugnance croissante à accorder aux économistes le tribut de respect qu’il alloue aux autres catégories de savants dont les conclusions théoriques sont confirmées par l’expérience, chaque fois qu’elles sont appliquées aux faits.

    Quant au fameux optimisme de la théorie économique traditionnelle, optimisme en raison duquel on a fini par considérer les économistes comme des Candide, qui, ayant abandonné le monde pour cultiver leur jardin, enseignent que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles pourvu qu’on le laisse aller tout seul, il a pour origine, selon nous, la méconnaissance de l’obstacle qui peut être opposé à la prospérité par l’insuffisance de la demande effective. »

    Source: J .M. Keynes, « Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie » (1936), Payot 2005, p 58 et s.

    ====================

    Par ailleurs, j’ai bien noté que Casanova Le Fourbe a prétendu que Keynes défendait ardemment la politique nazie de l’Allemagne et son ministre Schacht ; selon cet expert, c’était dans l’introduction de la Théorie générale. L’amalgame calomnieux, rien de tel quand on n’a pas d’arguments… C’est classique. En entendant ça, j’ai sursauté car je ne me souvenais pas du tout avoir lu cette admiration (prétendument coupable) sous la plume de Keynes, ni dans la Théorie générale, ni ailleurs.

    Alors, je suis retourné dans mes livres de Keynes et, après un après-midi de recherches (forcément trop rapides), je confirme ce soir que, jusqu’à plus ample informé, aussi bien dans sa Théorie générale que dans ses autres ouvrages et articles en ma possession :

    • « Les conséquences économiques de la paix » (1919),
    • « Nouvelles considérations sur les conséquences économiques de la paix » (1920),
    • « La réforme monétaire » (1923),
    • « Les effets sociaux des fluctuations de la valeur de la monnaie » Dans « A tract on Monetary Reform » (octobre 1923),
    • « Les objectifs possibles de la politique monétaire « , dans « A tract on Monetary Reform » (octobre 1923),
    • « La fin du laissez-faire « , dans « The end of Laissez-faire » (1926),
    • « Perspectives économiques pour nos petits-enfants », dans The Nation and Athenaeum (11 octobre 1930),
    • « La grande crise de 1930 », dans The Nation and Athenaeum (décembre 1930)
    • « Essais de persuasion » (1931),
    • « Le retour a l’étalon-or : auri sacra fames », dans « A treatise on Money » (septembre 1930),
    • « L’alternative : épargner ou dépenser ? », dans The Listener (janvier 1931),
    • « Le Rapport de la Commission économique », dans The New Statesman and Nation (août 1931),
    • « Les effets de l’effondrement des prix sur le système bancaire » (août 1931),
    • « Le projet de loi sur l’économie », dans The New Statesman and Nation (19 septembre 1931),
    • « La fin de l’étalon-or », dans The Sunday Express (27 septembre 1931),
    • « Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie » (1936),

    dans aucun de ces livres ou articles, donc, Keynes ne se répand en louanges accentués de la politique allemande de l’époque ; de même, je n’y ai pas trouvé une seule occurrence du nom de Schacht, pas une seule…

    Mais j’ai peut-être mal cherché : si quelqu’un a des citations précises de Keynes pour défendre les assertions calomnieuses de Casanova Le Médisant, je suis preneur 🙂

    _____

    Schacht était ce ministre d’Hitler –président de la Reichsbank (1933-1938) et ministre de l’économie du Troisième Reich (1934-1937)– qui est (très rapidement) venu à bout du chômage en Allemagne avec une politique de grands travaux, en distribuant beaucoup de revenus salariaux (une relance par la demande, donc, et qui a bien marché).

    Mais, comme c’était sous Hitler et que les grands travaux en question concernaient largement un réarmement odieusement agressif, il semble impossible, aujourd’hui, politiquement incorrect, de tirer une leçon positive de cette expérience, pourtant éclairante pour qui cherche vraiment les clefs objectives de la prospérité.

    Le fait que ces grands travaux-là aient été des travaux d’armement hyper belliqueux est une honte absolue, c’est une évidence, mais cette particularité n’explique en rien l’efficacité mécanique de la relance en termes économiques. On peut parfaitement attirer l’attention et l’intérêt des citoyens sur une expérience réussie de relance par une politique publique de grands travaux menée par les nazis tout en détestant profondément les nazis et leur idéologie diabolique, cela va sans dire.

    Et ceux qui prétendent le contraire sont, soit de mauvaise foi (ils ne veulent pas de vraie relance, en fait, parce que le chômage les arrange bien, comme instrument de torture conduisant tout le monde à une docilité propice au maintien des privilèges, et ils s’affairent donc à discréditer cette relance par la demande qui fut une démonstration historique de la pertinence des thèses keynésiennes), soit bêtes à bouffer du foin (pollués qu’ils sont par l’esprit de parti, ce détestable esprit d’orthodoxie qui ronge nos prétendues [oxymore]démocraties électives[/oxymore] au point de refuser LA bonne idée au seul prétexte que leur pire ennemi a eu la même idée…).

    En tout cas, bravo Paul, d’avoir aussi bien résisté à ce coriace.

    Amicalement.

    Étienne.
    _______________

    « Le premier qui, ayant enclos du terrain, s’avisa de dire : « Ceci est à moi » et trouva des gens assez simples pour le croire fut le vrai fondateur de la société civile.

    Gardez-vous d’écouter cet imposteur, vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n’est à personne.

    Quand les héritages se furent accrus en nombre et en étendue au point de couvrir le sol entier et de se toucher tous, les uns ne purent plus s’agrandir qu’aux dépens des autres.

    De là commencèrent à naître la domination et la servitude. »

    Jean-Jacques Rousseau
    (Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes)

    1. Avatar de brigitte
      brigitte

      Relire l’historienne Annie LACROIX-RIZ qui a bien compris la volonté des puissants (politiques-industriels-banquiers) pour maintenir la masse sous leur talon (commun) par des bas salaires, cela depuis longtemps et encore de nos jours. Les médias officiels nous mentent et nous endorment sous un tas de fadaises tels que des journaux télévisés très « orientés » des invités à la solde des pouvoirs politiques et financiers….
      Je suis heureuse que Monsieur JORION puisse s’exprimer car c’est un homme vrai, que ses interventions continuent à bousculer des individus comme Monsieur CASANOVA (que je ne connaissais pas) qui sont des prédateurs au service de pouvoirs bien mal définis et pour qui la vérité doit être cachée, niée.

    2. Avatar de daniel
      daniel

      Répondre au propagandiste à coup de citations savantes est une perte de temps:
      La crainte de changement investit sa victime d’une force supérieure à celle de la raison.
      30 ou 40 ans de croyances idéologiques qui ont bâti une position sociale enviable, et
      que l’expérience semblait confirmer, se trouvent tout à coup dévalidées: c’est un fait
      insupportable.
      Ces livres à contenu théorique sont des vieilleries. En abuser assèche le coeur.

      Une dénonciation humaniste, pondérée, me semble préférable :
      l’agressivité ne blesse que son auteur-propagandiste. Il va bien finir par décrocher
      ou revenir au réel, du moins je le lui souhaite.

      Selon mes souvenirs de lecture, le texte de Keynes, soit disant apologétique
      des oeuvres hitlériennes, apparaît dans le préface allemande de sa « théorie générale etc… ».
      J’ai fouillé dans mes livres actifs. Je trouve dans « lettre ouverte aux … économie … pour des
      imbéciles » , page 138 :
       » On peut accuser Keynes de tout — de ne pas goûter les économètres bien que président
      de la société d’économétrie, de ne pas aimer Marx et de mépriser Walras, de détester Say et
      de révérer Montesquieu, d’avoir fait une préface ‘douteuse’ à l’édition allemande
      de sa théorie générale — mais pas d’être un ‘expert’.  »

      Pas de quoi fouetter un chat…
      [ j’avais fait de la pub pour ce livre, il y a quelques jours ]

    3. Avatar de Paul Jorion

      Les références à « Keynes = nazi » renvoient à un seul élément : sa préface à une édition allemande de la Théorie générale publiée en Allemagne, fin 1936. Il faudrait retrouver cette préface pour en voir la formulation exacte. Ce que j’en sais, c’est par Skidelsky qui écrit dans sa biographie de Keynes (vol. II : 581) :

      … une préface aux termes malheureux, où Keynes défend une applicabilité toute spéciale de la macroéconomie aux « conditions d’une État totalitaire » ayant une « direction nationale » forte.

      Ça n’ajoute en effet pas grand-chose à la gloire de Keynes. Bien sûr, comme on l’a entendu, si Jean-Claude Casanova m’oppose ce Keynes « pro-nazi », c’est à partir de la prémisse que quiconque est anti-monétariste est automatiquement keynésien. Ce théorème s’applique aux économistes mais pas aux anthropologues, qui pour la plupart ignorent même qui est Keynes et dont les raisonnements, de manière générale, ne sont pas « dignes d’une personne qui réfléchit ».

    4. Avatar de Nikademus
      Nikademus

      The theory of aggregated production, which is the point of the following book, nevertheless can be much easier adapted to the conditions of a totalitarian state [eines totalen Staates] than the theory of production and distribution of a given production put forth under conditions of free competition and a large degree of laissez-faire. This is one of the reasons that justifies the fact that I call my theory a general theory. Since it is based on fewer hypotheses than the orthodox theory, it can accommodate itself all the easier to a wider field of varying conditions. Although I have, after all, worked it out with a view to the conditions prevailing in the Anglo-Saxon countries where a large degree of laissez-faire still prevails, nevertheless it remains applicable to situations in which state management is more pronounced.

      J. M. Keynes, 7 September 1936, Foreword to the German Edition of the General Theory : English and German

    5. Avatar de fujisan

      Jean-Claude Casanova n’a pas du écouter votre intervention sur BMF Radio du 7 décembre:

      Dans la pratique – comme l’innovation technologique chère à Schumpeter ne se commande pas – on procède par essais et erreurs. Et quand la solution de Keynes ne marche pas, on passe à celle de Friedman. Ou l’inverse.

      Pourquoi cela ne marche-t-il jamais ? Parce que le système est beaucoup plus compliqué qu’on ne veut le reconnaître, et qu’il y a toujours des facteurs dont on n’a pas tenu compte, soit intentionnellement (on introduit toujours des hypothèses simplificatrices), soit par accident.

      Il apparaît aussi que JC Casanova était directeur de la traduction française de « Histoire de l’analyse économique » de Schumpeter…

    6. Avatar de cdanslair2010
      cdanslair2010

      La hausse des salaires sans mesures protectionnistes « minimales » va induire nécessairement dans nos sociétés une augmentation néfaste de la dégradation de la balance des paiements.

    7. Avatar de daniel
      daniel

      Pour Nikademus 20 décembre 2009 à 16:48

      Un grand merci; précision salutaire.
      Peut-on tenir pour certain qu’il n’y a rien d’autre ?
      Si oui , comme probable:
      ‘Keynes, proche des nazis’ était une fable bien pratique.
      Les intello-universitaires, soutiens des corps constitués
      et gardiens de l’orthodoxie, ont des moeurs bien étranges.
      Mais c’est fini ; la baudruche a crevé.

  11. Avatar de Rumbo

    Je me souviens, il y a quelques années, dans la même émission, d’un choc frontal, dur, entre J.C. Casanova et Emmanuel Todd…

    J. C. Casanova, sauf erreur, a été chef de cabinet de Monsieur Raymond Barre pendant les presque 5 ans où ce dernier fut Premier ministre de Giscard d’Estaing. Raymond Barre, alors presqu’inconnu, était secrétaire d’État aux affaires européennes, il fut « parachuté » du jour au lendemain (fin août 1976) Premier ministre de Giscard en remplacement de Jacques Chirac en « froid » avec Giscard, et ce, jusqu’à l’arrivée de Mitterrand en mai 1981. J. C. Casanova a donc été Chef de cabinet de Raymond Barre pendant tout ce temps. À noter que Raymond Barre et J. C. Casanova furent des membres très assidus de la Commission Trilatérale (la Trilateral commission fut fondée par david Rockefeller en 1973); j’ignore si J.C. Casanova en fait encore partie, mais ce dernier est très représentatif du mondialisme actif par ses options de la Trilatérale dont il est un proche. Tout ceci est un indice de plus du cordon ombilical mondialiste auxquels sont rattachés les gouvernements français de toute couleur. C’est on ne peut plus vrai aujourd’hui…

    Il faut d’urgence se détacher du mondialisme qui n’est qu’un succédané des grandes idéologies qui ravagèrent l’humanité et œuvrer à la démocratie en économie. Pourquoi donc la grande échelle serait-elle « meilleure » que la petite?

  12. Avatar de Thierry
    Thierry

    Je viens de protester contre le manque de courtoisie et de respect affiché à l’égard de Paul Jorion par les animateurs de l’émission. Je pense qu’il serait bon que nous soyons nombreux à manifester notre indignation.
    Le lien est : http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/rumeur/contact.php

  13. Avatar de Vincent
    Vincent

    Bonsoir,

    J’ai été outrageusement censuré, c’est vrai on ne peut plus s’exprimer comme on veut en République, je vais donc m’exprimer en latin ! Casanova, est un un [long passage censuré en latin] ! C’était une petite blague de latiniste comme Casanova les aime tant ! Que le dieu Bacchus laisse cette outrecuidance s’étaler sur ces pages HTML ! 😉

  14. Avatar de auspitz
    auspitz

    Etienne Chouard
    tu es le créateur du « Blog du plan C » , lieu de discussion, où tu laisses des personnes de peu utiliser des propos diffamatoires et insultants à l’égard de ceux que j’apprécie;
    ton intervention utilise les mêmes méthodes ,même si c’est de façon plus subtile, puisque tu es plus intelligent,que celles que tu dénonces;
    puisque tu viens trainer par ici, je me permets de te faire savoir que je me considère comme insulté quand on me prend pour l’adepte illuminé d’une secte ;
    je ne serais pas fâché de ne plus avoir tes textes sous les yeux, alors même que je ne vais pas te lire sur ton blog;
    a-t-on vraiment besoin de pareils amis ?

    1. Avatar de pierrot123
      pierrot123

      @Auspitz…

      Vous semblez avoir de vrais griefs à l’endroit de Mr.Etienne Chouard…
      Mais je constate tout de même que ce Mr.Etienne Chouard, ( que je ne connais pas) a au moins le mérite de s’exprimer autrement que par des insultes.
      Et il donne l’impression de savoir citer des sources, chose importante lorsqu’on souhaite argumenter.
      En tous cas, merci de m’avoir signalé son blog, qui semble, après vérification, être le lieu d’une parole libre, un peu comme le blog de Mr.Jorion, d’ailleurs.

    2. Avatar de Étienne Chouard

      Censure ou liberté d’expression ?

      @ « Ausptiz » :

      Je fais moi-même l’objet de propos diffamatoires et insultants sur mon propre site, et je comprends votre ressentiment, ayant les mêmes tentations de censure que n’importe qui, devant un propos excessif et injuste.

      Mais, après mûre réflexion, j’ai fait le choix, dans le respect de la loi, autant que possible, de ne rien censurer.

      Au lieu de ça, je me défends comme je peux. Je préfère.
      Et pour l’instant, ça suffit.

      Quand on commence à accepter la censure (un peu, au début, et davantage ensuite), à mon avis, on dérive déjà vers une police de la pensée et on n’est plus en démocratie. C’est trop facile, vous comprenez : si on lâche la vraie liberté de parole, ça va dériver et s’accentuer, tout naturellement.

      J’ai déjà dit ici tout le bien que je pense du pilier fondateur de la démocratie grecque qu’était l’iségoria, droit de parole publique pour tous, à tout moment et à tout propos. Je vous invite à relire ce message.

      Au lieu de fuir une insulte publique (en appelant, en plus, si j’ai bien compris, à la censure), vous feriez mieux, peut-être, de prendre à votre tour la parole pour condamner publiquement cette insulte, pour montrer la sottise de l’agression, pour ridiculiser l’outrance de la critique, pour dénoncer l’injustice du reproche…

      Venez chez moi défendre qui vous voulez, comme vous voulez : si vous restez dans la légalité, je ne vous censurerai pas.

      Sans rancune.

      Étienne.
      __________________

      « Ou tu défends la liberté d’expression pour des opinions que tu détestes, ou tu ne la défends pas du tout. Même Hitler et Staline étaient ravis de défendre la liberté d’expression pour des idées qui leur convenaient. Voilà les enjeux essentiels. Pour pouvoir éluder ce débat, il y a toujours le flot de mensonges habituels. »

      Noam Chomsky.

  15. Avatar de vanina

    Durée annoncée pour l’émission  » la rumeur du monde  » : 45 minutes .

    Temps de parole de l’invité paul joiron : 20 minutes et 7 secondes.

  16. Avatar de Peter Hoopman

    Bonjour M. Jorion,

    J’ai écouté hier l’émission et j’ai une question à vous de poser:

    Ou s’arrète l’économie réelle et commence la spéculation?

    C’était curieux l’émission hier vous avez tout le deux des choses vrai à dire, mais sans apparement aucun base commun, intérêt général. C’est ça ‘la divorce’ de l’homme, plus de base commun et on se bat des idées en l’air sans racines essayer de faire des racines? C’est peut une challenge en général de (re)trouver la base commun?

    Peter

    1. Avatar de Moi
      Moi

      « vous avez tout le deux des choses vrai à dire »

      C’est quoi ces choses vraies pour Casanova? Je suis curieux de savoir.

    2. Avatar de Peter Hoopman

      @ Moi dit,

      Jean-Claude Casanova voit les choses dans la context économique actuelle, qui et ça c’est vrais est très fausse. Mais on besoin d’essayer dans la dialogue de voir a partir de quelle context chacun parle. C’est ‘normal’ psychologiquement parlent que le context actuel est défendu par ceux qui prend leur sécurité de cette système. Si i y quelquen comme Paul Jorion et aussi moi-même ( http://www.solution-simple.com/ ) met en causse le système actuelle, c’est logique que le gens qui sont bien servi par ce système font réagir pour protéger « leur » système.

      Sans créer une base commun, c’est impossible de créer une dialogue constructif et le débat reste dans l’air, sans contribution pour faire de racines communs dans la société.

      Je me sens plus proche de M. Jorion, mais la challenge est de voir aussi l’événtuellement peur pour laquelle on fuit une dialogue. Si on reconnait pas la peur ‘de chacun, pour changer les choses, on va continuer de tourner en rond. Même avec les meilleurs idées du monde. 😉

  17. Avatar de auspitz
    auspitz

    chers amis du blog,
    méfions-nous de trop d’enthousiasme; nous nous sommes faits plaisir; tant mieux, ça n’arrive pas si souvent;
    le vrai problème est de connaitre l’impact que l’émission a pu avoir sur les auditeurs, s’il y en a eu au-delà de notre cercle restreint;
    tout a été organisé pour démolir les thèses de Paul, et je ne suis pas sûr, que pour un auditeur inexpérimenté, le résultat n’ait pas été obtenu;
    ce que nous souhaitons, c’est bien de faire progresser nos idées; pas seulement de remporter des victoires dans un saladier ;
    cette émission a-t-elle convaincu quelqu’un d’autre que ceux qui étaient déjà convaincus ?
    en tout cas, elle aura été un bon entrainement pour Paul, pour le jour où il se retrouvera face à Sarkozy ;

    1. Avatar de yvan
      yvan

      Complètement d’accord avec toi, Auspitz.

      Mais…
      Le respect n’est une grande valeur que face à des personnes en ayant aussi…

      (et, malheureusement, j’ai trop souvent dû IMPOSER le respect, ce qui, vous en conviendrez, est la première pierre du manque de respect)

    2. Avatar de Piotr
      Piotr

      Oui ,évitons l’auto-célébration clanique.

    3. Avatar de Jean-Michel
      Jean-Michel

      C’est entendu cher auspitz, pas de banderoles ni d’autocars en vue !
      Le point essentiel c’est de repérer le début de la fin, le symptôme qui présage de la révélation d’une imposture,
      qui pouvait se justifiait à l’époque de la guerre froide, celle de la supériorité de la pensée aronienne sur la
      pensée sartrienne. Casanova en est la vague mourante. Le remède est devenu pire que le mal, et même toxique.
      L’essentiel est d’être là au bon moment, comme on a vu une éclipse totale de soleil.
      Et d’en revenir à une réflexion sur la fameuse chambre de commerce américaine pointée du doigt par Paul notre
      initiateur de samedi dernier. Et chahutée dernièrement par les Yes Men sur l’autre et nouveau New Deal écologique.
      Donc étudions cette chambre de commerce, avec l’aide de Paul Jorion et d’Internet, voilà un bon programme pour être moins vulnérables au débat.

    4. Avatar de Le marin
      Le marin

      @auspitz

      Je trouve que Paul s’est très bien défendu dans ce débat et, selon moi, on peut même dire qu’il l’a gagné. Comme beaucoup sur ce site, je ne suis pas toujours d’accord avec ce que dit Paul : nous avons chacun nos propres idées et valeurs, Paul n’est pas notre gourou… d’ailleurs, quand on n’est pas d’accord, on le fait savoir, et en ce qui me concerne, je ne suis jamais censuré. On est d’accord sur le principal, c’est-à-dire contre le néolibéralisme, la spéculation… Comme lui, je trouve que l’état a un rôle à jouer mais Paul est plus interventionniste que moi. En effet, moi, je défends un libéralisme social. Je déteste les sociétés trop hiérarchisées qui mènent souvent vers des abus. Je doute que la crise aura la forme d’un W : je crois qu’on va plutôt assister à une croissance « molle » avec un taux chômage élevé et une diminution du pouvoir d’achat, ainsi qu’une augmentation des inégalités et de la pauvreté, et ceci pendant plusieurs années – mais de toute façon, il est difficile de prédire l’avenir !

    5. Avatar de Iduunderstandanditsimpple
      Iduunderstandanditsimpple

      @marin

      Je doute que la crise aura la forme d’un W : je crois qu’on va plutôt assister à une croissance « molle » avec un taux chômage élevé et une diminution du pouvoir d’achat, ainsi qu’une augmentation des inégalités et de la pauvreté, et ceci pendant plusieurs années

      Es-tu bien sûr de parler d’une reprise ?

    6. Avatar de Papimam
      Papimam

      Sur ce blog nous sommes en phase, les auditeurs de France Culture font partie majoritairement d’une CSP spécifique.
      Pour diffuser large il faudrait passer par des médias plus populaires comme : Marianne, Libé, Le Nouvel Obs, BFM, RTL, ……Le Monde et pour rêver Europe 1, Le Figaro. Le papier devra être synthétique et mis au point avec l’aide d’un expert en com.

    7. Avatar de Le marin
      Le marin

      @Iduunderstandanditsimpple

      « Es-tu bien sûr de parler d’une reprise ? »

      Pour moi ce n’est pas une reprise ,mais pour certains (banquiers,spéculateurs,profiteurs en tout genre….)ça en est une.

  18. Avatar de Lisztfr
    Lisztfr

    L’émission de P Meyer, ce matin, « l’esprit public » qui défend le privé, était encore pire que celle de Colombani hier, de suffisance surtout et d’aplomb. Oui l’aplomb avec lequel ces gens-là assènent leurs idées est insupportable, ainsi que le dénigrement du « modèle » Français. Le dénigrement systématique de nos traditions, de notre identité institutionnelle, républicaine. Avec un ousider, Rony Browman

    Pour en revenir a hier, quand P Jorion demande « où étaient les économistes », (ont ils vu venir la crise), Casanova répond qu’ils l’expliquent parfaitement, avec un aplomb inoui, alors qu’ils ne l’ont pas prédite, et en prédisent faussement la sortie, alors que P Jorion lui est délégitimé en tant qu’économiste lui qui a vu venir la crise ! C’est quand-même inoui, P Jorion est 1000 fois plus en droit de parler d’économie que ces collèges d’économistes qui n’ont rien vu venir et n’ont rien fait pour alerter ou évite la crise, on se retrouve donc dans un processus de relégitimisation d’élites économiques (et politiques) qui ont faillis, et on se demande bien comment est-ce possible. Des gens qui méritent de disparaitre de la scène paradent encore comme si de rien n’était ! l’aplomb et la suffisance, et le mensonge qui caractérise cet esthablishment est inconcevable.

  19. Avatar de Ménard
    Ménard

    Vue d’une autre sphère : M Casanova apparaît comme l’archétype du peintre Pompier a qui tout les salons sont ouverts .Il assène son dogme avec violence a l’aimable Impressionniste
    P Jorion qui met « un peu d’air » dans sa peinture ,comme disait Rodin.

  20. Avatar de Orengo
    Orengo

    pour répondre à auspitz /

    Il semble que les participants du blog se soient rendu compte combien Casanova & Colombani aient été bousculés, pour le moins, des millions de personnes ont entendu ce que Jorion avait à dire , ce qui est très important, jusqu’à hier , vraiment, l’émission était un rituel ( qui durait depuis des années ) mais sous la forme d’un consensus , sorte de messe où le grand prêtre sacré Casanova ,seul et hautain officiait , cela est terminé , j’en suis certain , ébranlé , à la fois parce rapidement la crise s’approfondit de jour en jour , mais aussi parce que P- Jorion a su dire ce qu’il fallait dire ; le consensus a pris du plomb dans l’aile, comment pourrait -il en être autrement avec la misère qui s’est installé dans les pays industrialisés, des salaires qui eux prennent économiquement les salariés en Otages , les emprisonnent et les déciment . …

  21. Avatar de philippe valembois

    Dans le studio de la maison ronde, celui de « l’esprit public », émission privée du caractère de ce qui est contradictoire, il y a de la lumière et c’est chauffé.

  22. Avatar de antoineY
    antoineY

    Je l’ai réécouté…

    « Centre-droit » et disciple de Aron (et des opérations d’influences auxquelles il a été mêlé, ce qui n’est pas un reproche pour ma part, les conditions historiques historiques requérant ce genre de contre-offensive idéologique), M. Casanova ne se rend pas compte qu’il se trompe d’ennemi et de « carte du monde » (il en est resté aux années 60).

    Outre l’erreur habituelle qui consiste à se prendre pour le « centre droit » quand on n’est pas le centre du tout mais un libéral bon teint (je crois pourtant que sur ce point il est de bonne foi), le vrai centre s’enracinant dans un tout autre héritage intellectuel que le sien (Aristote – Ciceron – Machiavel – Hobbes – Rousseau- Montesquieu – Pocock – Pettit, voire le Walzer des « sphères de justice » et les interprétations égalitaristes de Rawls… et pour les hommes politiques sous certains aspects éventuellement Robespierre, Gambetta, De Gaulle), M. Casanova garde un point de vue sclérosé par la guerre froide, comme beaucoup de sa génération, avec les thèmes habituels qui associent libéralisme politique et libéralisme économique contre la menace totalitaire (marxiste ou fasciste)…

    Cette perspective « guerre des idées », qui est le contraire de la pensée (la pensée est orientée par des problèmes à résoudre et n’a pas pour but de s’acquérir le plus grand nombre (un cheptel) mais tout simplement de trouver la vérité) se traduit par des interprétations spécieuses ou carrément à côté de la plaque (à longueur de pages dans « Commentaire », qu’il faut déconseiller à tout étudiant sérieux).

    Aussi Paul n’avait pas en face de lui un « chercheur » mais un « polémiste ». Je ne crois pas qu’il ait jamais parlé du fond théorique. Le problème c’est que ce qu’il y a de plus précieux dans ce « nouvel espace » qui n’a rien de commun avec celui des chercheurs, c’est non pas la qualité de l’argumentation (il y a 10 bédouins qui sont au courant de la polémique sur l’interprétation des causes de la crise de 29 et sur la portée du New Deal) mais « l’impression que ca donne » et la légitimité est le point crucial. En guerre informationnelle (puisque c’était de ça qu’il s’agissait et non pas d’une discussion en vue de la recherche de la vérité ou même d’un « débat »), contrairement à ce qui se passe en guerre réelle où sur le terrain la position défensive est meilleure, l’attaque a des effets immédiatement dévastateurs. Donc protège ta légitimité Paul, qui n’est du reste nullement usurpée, parce que c’est ce que tu as de plus précieux et c’est toujours là qu’ils porteront les coups (jusqu’à ce qu’ils trouvent de quoi faire une critique indécidable aux yeux du public, mais M. Casanova ne s’abaisserait pas lui-même à cela, ayant trop de respect pour la recherche et l’intégrité intellectuelle je pense… même s’il n’en comprend jamais que les résultats et leurs implications, vite passés au tamis de sa conception politique du meilleur régime).

    Bref M. Casanova n’a ni le gout ni les qualités requises pour faire un bon chercheur… « la monnaie mode d’emploi » étant un apport bien plus important à la science économique que tous ceux qu’il a pu faire lui-même jusqu’ici, et qu’il ne fera jamais. C’est un professeur… et les professeur sont, du point de vue du chercheur authentique, du même côté que ceux qu’il qualifie lui-même d’ignorants (un érudit ignorant en fait, comme il y en a trop dans ces sphères).

    Le truc c’est qu’avec « la monnaie mode d’emploi » tu attaques M. Casanova, sans le savoir, sur ce qu’il a essayé de bâtir avec Commentaire : tu ne proposes pas un article de recherche dans une revue spécialisée qui ne sera lu que par quelques personnes, tu t’adresses… aux gens, avec le niveau argumentatif qui convient. C’est à la fois compréhensible pour le quidam que ca intéresse et dépourvu des concessions habituelles à l’exactitude qu’on fait dans les travaux de vulgarisation. Bref du « Commentaire » en plus efficace, et soutenant en plus des thèses terrifiantes vu son background (pour lui libéralisme politique et libéralisme économique sont les deux faces d’une même pièce… et tu avances donc des arguments « populistes » contre le libéralisme économique). C’est pour ça que ta clarification des concepts d’économie de marché, de capitalisme et de libéralisme économique va vite devenir essentielle.

    Du reste je suis persuadé qu’il na pas lu « la monnaie mode d’emploi ». il faudrait que tu demandes cela systématiquement à ton contradicteur. S’il l’avait lu, il aurait compris du premier coup que tu n’interdisais pas les marchés à terme, mais seulement les spéculateurs sur les marchés à terme. Il aurait compris que tu n’étais pas hostile à l’économie de marché (contre son interprétation de Rousseau…). Et il aurait pu parler de la distinction entre monnaie et reconnaissance de dette au lieu de partir sur… une citation de Zola.

    Le problème c’est que le monde a changé depuis le moment où il était « aux affaires », la distribution des rapports de force n’étant plus la même. Je crois qu’au mieux il pense Paul de bonne foi dans son désir de servir l’intérêt public mais, tout à sa morgue, pense également que la diffusion de ces idées qui pourraient être reprises tant par l’extrême droite que par l’extrême gauche, font courir un risque aux institutions. Au pire il pense que Paul est un crypto-marxiste révolutionnaire qui avance masqué…

    Le problème c’est qu’il se pourrait bien qu’in fine les positions de M. Casanova, et les croyances qui sont les siennes, ne soient plus du tout à la hauteur des enjeux géopolitiques actuels (j’aurais donné cher pour voir sa tête quand tu as évoqué les Chinois poussant méticuleusement leurs pions, ce qu’ils font bien évidemment)… Il se pourrait bien aussi que le refus de supprimer les activités financières parasitaires du libéralisme économique tel qu’il se pratique aujourd’hui fasse courir un risque plus grand pour la survie du libéralisme politique que les vaines tentatives plus ou moins idéologiques qui se refusent de prendre le problème « à la racine » et à bras le corps.

    Bref, au vu du nouveau contexte, le plus fidèle à la stature de R. Aron, tant sur le plan du courage que des vues, n’est à mon avis pas celui qu’il croit.

    1. Avatar de astarte
      astarte

      j’ai écouté et partage la remarque de AntoineY: les deux interrogateurs patentés n’ont pas lu les deux livres en question.

      où ai-je lu que Raymond Aron était appointé par la CIA?

      M. Jorion est resté d’un calme olympien, celui du sage sachant et expliquant à un ignorant qui ne voulait rien en savoir.
      Effectivement ces mises en scène sont asymétriques et le principe est de déstabiliser par administration de crocs en jambes répétés que sont de longues digressions. Le public non attentif compte les mises à terre même si elle sont déloyales.
      Sauf qu’ici Paul Jorion était sur un autre territoire, inaccessible depuis l’érudition pédante, pathétique et orientée politiquement de son « attaquant ».
      Bravo, M. Jorion.

  23. Avatar de Lisztfr
    Lisztfr

    http://www.citations-ses.net/index.php/?q=malthus

    Pour compléter les citation de d’Etienne Chouard :

    Robert Malthus

    « La première chose dont on ait besoin (…), avant même tout accroissement du capital et de population, c’est une demande effective de produit, c’est-à-dire une demande faite par ceux qui ont les moyens et la volonté d’en donner un prix suffisant. »

    Robert Malthus – Principes d’économie politique

    ============================

    Ceci dit en ce qui me concerne, le système actuel est fichu et rien ne pourra le sauver. P Jorion est le médecin en soins palliatifs, mais ça ne changera presque rien. Il suffit d’appuyer sur un bouton pour lancer une chaine de montage qui produit 10000 voitures par jour, or l’ingénieur qui actionne ce bouton ne pourra pas conduire ces voitures, même si elles sont jetables. Et il en va de même partout. Il faut réfléchir sur le statut philosophique, anthropologique, de la machine atteignant le stade de productivité où elle met en danger le travail humain.

    On peut imaginer des limites encore plus flagrantes qui contredisent le modèle séculier du capitalisme, par ex à côté des cohortes de d’employés remplaçables par des robots (maitres d’hotels, conducteurs de tram automatiques….), veilleurs de nuits, etc, si par exemple on pouvait se passer de dormir ? Si on avait 4 bras au lieu de 2 ? Penser que le domaine de validité du capitalisme couvre toute l’étendue de la productivité jusqu’à l’infini, c’est FAUX ! Le capitalisme fonctionne dans des limites sociales et technologiques, en dehors il ne fonctionne pas.

  24. Avatar de Bérénice
    Bérénice

    à auspitz

    Naïve, relativement, je suis. D’habitude, je reste rarement plus de 5/10 mn sur l’émission la « rumeur du monde », histoire de savoir de quoi ça cause puis je baille d’ennui et m’enfuis. Cette fois-ci, le thème ne m’affriolait pas particulièrement, mais curieuse j’ai attendu les mn de convenances avant de prendre congé.

    Et là, surprise ! Une voix nouvelle disait des choses que je comprenais même si je ne suis pas férue d’économie, un raisonnement qui dépasse les finances et leur spéculateurs m’emballait, un débat passionné et au combien instructif se déroulait. Je suis restée scotchée. Regrettant que M. Jorion n’ait pas plus la parole.

    Par ailleurs, l’attitude de M. Casanova, d’habitude soporifique à souhait, m’est apparue comique : quand on n’a plus que l’argument d’autorité à opposer à ses interlocuteurs c’est qu’on est très mal en point.

    Du coup, j’ai cherché et trouvé votre blog et commandé deux de vos ouvrages pour me faire une idée plus approfondie (dont un pour offrir à noël).

    Ce que vous avez dit pour finir sur la construction de la « vérité » et de la « réalité » m’a beaucoup intéressée, j’espère vous entendre plus avant sur ce thème un de ces jours en confrontation avec des philosophes (avec Latour, pourquoi pas ?). Vous pourriez l’envoyer à M. Finkielkraut : un débat sans doute passionnant à venir. 😉

    1. Avatar de Verywell
      Verywell

      A noter que la dernière émission – L’époque est-elle Camusienne? – de M. Finkielkraut n’est pas inintéressante, sur le fond comme sur la forme. Les désaccords sont profonds entre MM. Finkielkraut et Daniel et pourtant ils parviennent à dialoguer et parfois à se comprendre. Il y a chez M. Finkielkraut – quoiqu’on puisse penser par ailleurs de ses prises de position hallucinantes ou hallucinées – ce qui a manqué à M. Casanova : le respect et la tension (et l’attention) de qui celui cherche et pense encore contre soi-même.

      http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/repliques/

      Remarque : émission ‘catégorie dinosaures’ cependant (endormissement possible, hyperactifs s’abstenir)

    2. Avatar de pierrot123
      pierrot123

      A.Finkielkraut passe tous ses raisonnements dans un filtre très spécial… (voir sa sortie sur l’équipe de France « Black-Black-Black », par exemple.)
      Par moment, il peut être bien pire, question conservatisme, que Casanova.
      Et je ne suis pas sûr qu’il fasse un interlocuteur valable, ni même intéressant, pour P.Jorion.

  25. Avatar de juan nessy
    juan nessy

    En suite de mon post du 19 décembre à 20 h 40 , et remarque faite qu’à cette heure là le compteur de l’appel de décembre indiquait 1027 € alors qu’à l’instant il oscille à 1647 € , je tiens à péciser à l’intention des papys pointilleux et des services fiscaux , que la différence n’est pas de mon seul fait !

    Sur Finkelkraut et les philosophes : la philosophie nous aide à comprendre le passé et imaginer l’avenir , elle n’a jamais rien pu sur le présent . Le recours à la philosophie , pas plus que les pesanteurs historiques Casanavesques , ne sont à l’aune de l’urgence des quelques mesures  » leviers » à promouvoir et décider. C’est après trois ans de replongées dans mes prises de tête philosophiques que j’en suis arrivé à cette forte et « réelle vérité » .

    Etienne et Auspitz : j’offre une bouteille de St Joseph …virtuelle ( je dois faire des économies après mes excès cotisants . Auvergnat pas mort !).
     » Vous êtes ici comme chez vous …mais faîtes comme si vous êtiez comme chez moi », disait mon jumeau méridional , Yvan Audouard .

    1. Avatar de Boukovski
      Boukovski

      Il me semble que le rôle du philosophe est de poser des questions, pas d’y apporter des réponses. Un philosophe qui donne des réponses n’est plus un philosophe mais un doctrinaire. Il est donc vain d’attendre d’un philosophe quelque réponse que ce soit. L’action, c’est autre chose.

    2. Avatar de juan nessy
      juan nessy

      @ Boukovski : Da !

    3. Avatar de H.F.D
      H.F.D

      @ Boukovski

      « Un philosophe qui donne des réponses n’est plus un philosophe mais un doctrinaire. »

      Un philosophe qui donne des réponses, les donne en connaissance de causes. Il a étudié le pour et le contre. Il doit faire des choix, il les fait, et la vie continue. Et si ses choix s’avèrent mauvais, il le prend avec philosophie.

    4. Avatar de Verywell
      Verywell

      La fameuse rengaine sur l’inutilité du philosophe et de la philosophie…

      « L’exemple de Thalès te le fera comprendre, Théodore. Il observait les astres et, comme il avait les yeux au ciel, il tomba dans un puits. Une servante de Thrace, fine et spirituelle, le railla, dit-on, en disant qu’il s’évertuait à savoir ce qui se passait dans le ciel, et qu’il ne prenait pas garde à ce qui était devant lui et à ses pieds. La même plaisanterie s’applique à tous ceux qui passent leur vie à philosopher. Il est certain, en effet, qu’un tel homme ne connaît ni proche, ni voisin ; il ne sait pas ce qu’ils font, sait à peine si ce sont des hommes ou des créatures d’une autre espèce ; mais qu’est-ce que peut être l’homme et qu’est-ce qu’une telle nature doit faire ou supporter qui la distingue des autres êtres, voilà ce qu’il cherche et prend peine à découvrir. » Platon, Théétète, 174a

      M. Casanova dirait que le philosophe est avant tout celui qui aime la sagesse et qui pour le demeurer – philosophe – ne doit jamais l’atteindre…blablabla…

      C’est oublier un peu vite exercices philosophiques antiques, création de concepts et ce que peuvent dire les philosophes eux-mêmes – Bergson « Il faut agir en homme de pensée et penser en homme d’action »… On ne peut pas demander à la philosophie de répondre à l’urgence de la crise actuelle – court-terme -, c’est bête, elle ne dispose pas des outils nécessaires. D’autres logiques plus lentes sont en jeu ; des idées émanant de philosophes – ou de personnes qui se disent tels – pénètrent parfois petit à petit le corps social et impliquent changements de mentalités et actions nouvelles sur la matière du monde. Interprétations/illusions rétrospectives et unifactorielles? Peut-être…
      D’accord finalement avec Orengo/Adorno ; les philosophes qui ne s’occupent pas d’économie ont tort. La philosophie a trop souvent le goût de la consolation…

  26. Avatar de Orengo
    Orengo

    Adorno dans Minima Moralia, si je ne me trompe, si c’est le cas vous me rectifierez , peut -être dans la Dialectique de la raison …. ; dit que les philosophes qui ne s’occupent pas d’économie ont tort, Finkielkraut à mon avis devrait s’y mettre rapidement, au lieu de cela, il ouvre son émission avec Jean Daniel… et Camus, pathétique pour certains, récupéré pour d’autres, avec la dernière polémique, où sa fille vient au secours de l’ultra lib qu’est Sarkozy…; de plus j’ai horreur du clavecin….

    1. Avatar de Lou
      Lou

      à propos de Finkielkraut, il a eu son compte, me semble-t-il opposé à Alain Badiou dans les colonnes du Nouvel-Observateur : http://bibliobs.nouvelobs.com/20091217/16522/finkielkraut-badiou-le-face-a-face

    2. Avatar de Lisztfr
      Lisztfr

      Merci à Lou, excellent débat Finkel/Badiou sur le nouvel obs.

  27. Avatar de Moi
    Moi

    Puisqu’on en est à parler des philosophes, au moins dans ce domaine on ne demande pas un diplôme pour « être digne de réfléchir », on y juge le contenu. Il aurait été piquant qu’un philosophe d’université oppose à un Nietsche (qui était philologue de formation) ce genre d’argument d’autorité. Dieu merci, et c’est bien pour cela que j’apprécie la philosophie, les arguments d’autorité de type corporatiste n’y sont perçus que pour ce qu’ils sont: des effets de rhétorique de bas étage.

  28. Avatar de Papimam
    Papimam

    monsieur Casanova devrait se faire expliquer ce qu’est réellement la spéculation par Monsieur Jean-Pierre Jouyet.
    Durant son cours passage à l’exécutif j’avais pu apprécier à travers quelques articles du Monde les qualités d’honnêteté intellectuelle de JP Jouyet et son efficacité à recoller des fissures.
    Un article du Monde du 17/12 intitulé « Jean-Pierre Jouyet : Un an après Lehman on vit toujours sur la spéculation », nous précise « Sur le marché du pétrole les transactions financières représentent 10 fois les volumes de pétrole effectivement échangés ».
    L’AMF va donc tâcher d’être un gendarme efficient pour courir après les spéculateurs, à suivre, pour l’instant je n’ai pas une confiance aveugle en l’AMF.
    http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_ARCH_30J&objet_id=1109293

  29. Avatar de gattopardo
    gattopardo

    @ auspitz

    impact de l’émission?
    toujours pas disponible en podcast sur le site de france culture…
    d’habitude, il ne faut que quelques dizaines de minutes pour disposer, par exemple, du ‘hors-champ’ de Laure Adler ou de carnets nomades ou même de ‘réplique’ de Finkielkraut dont on fait bien de souligner la qualité d’écoute et d’attention (verywell)

    interprétations?
    explications?

  30. Avatar de Lisztfr
    Lisztfr

    Puisque vous vous demandez ce qu’est la philosophie, je reprendrais la même idée que Deleuze, à savoir que c’est créer des concepts. La philosophie s’occupe de concepts. La science s’occupe d’objets plus ou moins réels qu’elle doit pourtant définir, le philosophe, le mathématicien créent des concepts, ou des objets maths.

    On voit très bien comment fonctionne Deleuze dans son cours sur le pli, il a une idée puis tente d’en évaluer les capacités heuristiques. Ce que j’ai tenté de faire brièvement en invoquant Leibniz pour l’appliquer à l’économie, juste pour voir, d’où le principal intérêt de la philosophie à savoir décaler le regard, ne plus partir de ce qu’on voit, partir de tout à fait ailleurs pour rejoindre le sujet. C’est une libération du regard qui se fatigue et n’ose pas inventer face au problème, ici on lâche le problème un instant pour examiner une autre théorie et l’on tente de joindre les deux, en fait c’est une métaphore, un transvasement de formes…

    Je suis en train de relire Marx, le Chp 3, marchandise et monnaie, p 117.
    Le style est compréhensible et pourtant terrible. Très imagé et romancé, ce qui brouille la clarté. p 117 il a fait appel a Hégel, comment le concept passe de la nécessité à la liberté (?), un homard qui éclate sa carapace, et St jérome se débarrassant du vieil Adam pour expliquer le prix d’une tonne de fer. On a vu plus simple.
    Puis l’or, étalon idéel, « rôde » dans le procès d’échange…

    Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement. Le homard explique l’équivalent or de la forme-prix de la tonne de fer.

    Du coup, grâce à Marx je me plonge dans St jérome ! Et pourquoi pas ? Peut-être le catholicisme, notre culture après tout, peut nous apprendre des choses.

    Lettre à Eustochius : « Et tandis que je n’avais pour compagnons que les scorpions et les bêtes sauvages, souvent je me trouvais en esprit dans les assemblées des jeunes filles ; et dans un corps froid, dans une chair déjà morte, le feu de la débauche m’embrasait. De là des pleurs continuels. Je soumettais ma chair rebelle à des jeûnes pendant des semaines entières. Les jours et les nuits.

    St jérome n’était pas un consommateur-né. Cela par exemple fait découvrir un mode de vie totalement différent du nôtre… ascétique, spirituel et pourtant riche, riche d’une conscience d’être…

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