Le temps qu’il fait, le 25 décembre 2009

J’aurais dû dire « proscription » de l’inceste ou « prohibition » de l’inceste.

Rapport entre la conscience et l’écoulement du temps.

Alfred de Vigny, La mort du loup

Gémir, pleurer prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le sort a voulu t’appeler,
Puis, après, comme moi, souffre et meurs sans parler. »

La Raison dans l’histoire
Mondes multiples et conscience
Pourquoi nous avons neuf vies comme les chats.

Bing Crosby et Rosemary Clooney, Count your blessings (Irving Berlin)

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113 réflexions sur « Le temps qu’il fait, le 25 décembre 2009 »

  1. Mais merde ! Dans quelle langue il faut le dire ? Ce système capitaliste est obsolète et meurtrier. Il est inévitable que la majorité des dirigeants des pays riches se retiennent de le dire pour sauver leurs fesses afin de profiter de leurs retraites luxueuses. Ce n’est pas plus simple que cela: après eux le déluge ! C’est effectivement à nous, citoyens du monde, bafoués et écrasés par la bêtise des profiteurs de prendre la main. Point barre ! Il n’y a que deux chemins possibles qui s’offrent à nous, et dans un laps de temps assez court:
    – soit les peuples s’informent enfin et passent à l’action pour virer les gouvernements profiteurs et menteurs pour installer un système révolutionnaire qui demande une participation et une collaboration sans précédent.
    – soit les peuples restent endormis et collaborent au crime le plus transparent et le plus grand que l’humanité aie connu.

  2. Bien d’accord avec vous sur le découragement, il vient toujours lorsque l’on arrive plus à voir d’issue(s), c’est pourquoi il faut se forcer à en voir une, coûte que coûte car il y en a une même si on la perd de vue.
    Dans un cas extrême mais de circonstance puisque c’est l’hiver, pris dans une tempête de neige en montagne, se décourager, ne serait-ce que se dire que l’on est cuit, que l’on ne va pas s’en sortir, c’est le début de la fin…pour soi, seulement pour soi.
    J’imagine que françois passe beaucoup de temps à trouver des informations et rédiger ses analyses, peut être a-t-il d’autres problèmes mais il est sûrement victime d’un coup de fatigue (que j’espère petit) et les « nouvelles du front » contribuent peut être également à faire vaciller son monde, ses convictions.

    Il faut continuer de marcher dans le vent et sous la neige, dans la tourmente, c’est dur mais il n’y a que comme cela que l’on verra le soleil se lever le lendemain. Oui c’est dur, personne ne dira le contraire, mais un pied devant l’autre, petit à petit, lentement mais continuer en attendant de retrouver des forces. Une mauvaise passe n’est jamais la fin.

    Bonne route françois, paul et les autres…et joyeux noël.

    1. Joyeux Nöel ! Je fais une simple petite pause avant la seconde vague de la crise…Nous n’allons pas être surpris, mais nous allons être étonnés. Encore que ce ne soient pas les émerveillements que l’on aimerait souhaiter pour Noël. Et que nous attendons un peu que vienne le temps des voeux de bonne résolution !

    2. Monsieur Leclerc.
      Je vous trouve de plus en plus proche de mes opinions sachant que pour ma part, et tout le déroulement du léger retournement m’a montré la pertinence des paroles d’un milliardaire qui est devenu très discret par la suite….
      En fin 2008, lorsqu’a eu lieu l’annonce des plans de sauvetage, le gars Sorros a dit ceci : « il aurait mieux valu ne pas aider le système financier. La crise aurait plus violente, mais plus brève. »

      Ainsi, tout comme pour la construction des pyramides d’Egypte, tout le monde est recruté non plus pour les construire, mais les porter à bout de bras.
      On recule pour mieux sauter, globalement…

      N’hésitons pas à continuer à hurler la vérité en ayant les bras en l’air. A un moment, certains esclaves que nous sommes lâcheront la pyramide et courront pour ne pas se faire écraser par sa chute.

      Noyeux Joël à tous.

    3. Je parlais de « bout de bras »… Je ne croyais pas si bien dire :
      http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2009/12/25/crise-financiere-soutien-massif-de-l-etat-a-fannie-mae-et-freddie-mac_1284816_3222.html
      « L’administration Obama soutient massivement Fannie Mae et Freddie Mac »
      « La banque centrale américaine (FED) a aussi consacré des montants astronomiques à ces deux organismes. Elle prévoit qu’elle aura racheté d’ici au 31 mars pour 1 425 milliards de dollars de leurs titres de dette. »

    4. Tout va très bien Madame la Marquise, nos politiques sont en congé. Paul Jorion est là, fidèle au poste, même le jour de Noël. « C’est un rock, c’est un pic, c’est un cap,…. » Quitte à citer encore Edmond Rostand, Cyrano, comme JLM, sur une tout autre sujet ; la tirade du nez.

      Bien nous voilà rassurés, François Leclerc est en vie. Après le discours de PJ on pouvait craindre le pire. C’est « marche ou crève ».

      La vie c’est la diversité. Les plus brillants, les plus forts, les plus solides s’opposent mais se complètent. Une des propriétés de la naissance et de la mort, de la limitation de la vie, c’est de remettre en cause les habitudes, de se les réapproprier avec discernement et compréhension. La connaissance et l’expérience, l’esprit critique, nous permettent de construire notre propre vision, nos modes de vies en adaptant les « us et coutumes » de nos prédécesseurs.

      Alors M. Leclerc, ne lâchez rien, poursuivez votre « œuvre » avec persévérance tant que rien ne vous fait apparaître une raison de changer. Même quand on ne voit pas, il se passe quelque chose. J’en ai fait l’expérience. Ne craignez pas PJ, je le soupçonne d’être moins terrible qu’il ne veut bien le dire…..

      Quant à l’existence de Dieu : ?, peut-on rester insensible aux questions suivantes :
      • Qu’est-ce que l’infini ? Comment se peut-il qu’il n’y ait pas de fin selon notre sens?
      • La complexité et l’imbrication du vivant sur la terre, animal, végétal et minéral, fait qu’on lui attribue un état d’organisme vivant, Gaya.
      • Aussi loin que l’on observe l’univers, on ne voit pas d’équivalent à notre planète. Il n’y a pas de raison qu’une situation proche n’ait pas produit les mêmes effets.

  3. Je l’écris sans ironie ,ceci n’est pas un blog,c’est une psychothérapie de groupe…
    Merci à Paul ,François et les autres…

  4. Vous ne pouvez pas savoir combien votre message vient à propos, et ce jour. Je suis sensible au fait que le courage est quantiquement justifié.
    Faites savoir à Monsieur LECLERC que nous avons besoin de lui, comme de vous.

  5. le temps qui s’écoule ,sur le wiki,

     » La conscience parcourrait le temps qui est figé, un peu comme une voiture parcourt une route. … Notre conscience se divise-t-elle aussi pour coexister simultanément dans des mondes parallèles ? Paul Jorion répond négativement à cette question. Selon lui, la conscience emprunterait le chemin d’évolution qui est le plus favorable pour elle »

    est ce à dire que le temps est une particule physique comme les autres ? qui se déplacerait comme en méca flu ou electricité en choisissant le parcours de moindre effort et/ou résistance ?

    euh ,à part ça j’ai compris en retard comme « le ravi de la creche  » (grace à certains commentateurs du blog) pourquoi paul jorion compare l’economie à la physique quantique : la monnaie porte en elle la dualité onde/particule : quand on connait la valeur d’une monnaie on ignore son parcours et réciproquement lorsqu’on connait les flux financiers on ne sait plus ce que représente sa valeur:

    l’économie aurait donc une part fondamentalement indécidable qui échapperait à toute tentative de rationalisation .

  6. Nous avons 4 grands parents, 8 arrières grands parents, 16, 32, 64, 128, 256, 512, 1024, 2048, 4096, etc arrières grands parents au bout de 10 générations, 300 ans… plus loin, nos grands parents sont sans doutes les mêmes.

    De même il y avait une affiche sur un bus montrant un jeune asiatique, suivit de la légende : nous sommes tous parents, ou frères … oui, sans doute, et nous sommes même parent avec la vache.

    Ils se sont toujours débrouillé pour procréer, depuis le terrier jusqu’à la chaumière, dans le froid, sur la paille, dans des lits miteux, périodes incertaines sous le joug féodal, et j’en passe… Avant de passer ce que Conrad appelle la ligne d’ombre.

    Sanglots

    Notre amour est réglé par les calmes étoiles
    Or nous savons qu’en nous beaucoup d’hommes respirent
    Qui vinrent de trés loin et sont un sous nos fronts

    Apolinaire

    Le découragement est une vaste question, il faut un bon tempérament dit Schopenhauer, et puis peut-être attendre du nouveau de ce que les psy ont définis comme la relation d’inconnu. Le rapport que l’on a vis-à-vis de l’inconnu, du nouveau de ce qui échappe… ouverture.

    En contrepoint, Lacan dirait qu’on n’interrompt pas la chaine du signifiant, qui se transmet entre les générations.

    Quand à cette crise, il y aura un après. C’est juste un moment difficile à passer !

  7. superposés jusqu’à ce qu’un événement tel que leur observation – ou plutôt l’interaction avec eux que suppose leur mesure – les oblige à choisir une manière de se présenter, et ceci sans que l’alternative implicite à la superposition initiale perde pour autant de sa réalité.

    Vous dites que c’est bien l’instrument de mesure et non l’observateur qui « force » la réalité.
    Alors pourquoi continue-on avec cette expérience du chat de Schrodinger ? Il n’y a pas d’instrument qui interfère avec le dispositif expérimental* mais juste un observateur pour constater le cas échéant.
    Cette expérience pourrait-elle n’être qu’un malentendu anthropocentrique ?
    Merci Mr PJ.

    *Ce qui n’est pas vrai pour les fentes d’Young par exemple ou les photons servent d’instrument de mesure et interfère avec les electron.

    1. Very clever.
      Tout devient simple si on arrive à admettre que temps n’est pas autre chose qu’un paramètre virtuel, une sorte de béquille à la représentation physique du réel.
      Il n’y a que de l’espace-temps, otez le temps.

    2. Il n’y a pas « d’interférences » dans l’expérience du chat, c’est la seule présence d’un observateur qui pose problème.

  8. Cher Paul, merci pour ce magnifique message!
    Peut-être que mes racines protestantes allemandes, très marquées par Luther bien sûr, contribuent aussi à mes positions « à l’insu de mon plein gré »?
    Ce matin, en achetant le « Monde », c’est le petit livre de Max Weber « l’éthique protestante et capitalisme » qui était en vente pour 4,90 euros. On m’en a souvent parlé, alors je l’ai acheté et feuilleté, c’est vraiment très bien!
    Silvio Gesell est issu aussi d’un père allemand, douanier protestant vivant à St Vith (la Belgique germanophone actuelle, empire allemnd avant la première guerre), et, sans doute, l’éthique protestante l’avait également marqué.
    En tout cas, pour évoquer votre ami François Leclerc, que j’ai appris à beaucoup estimer à travers ses analyses si impeccables sur le blog, je lui souhaite bien sûr de retrouver le courage de poursuivre, sinon, cela serait très « décourageant »…
    Pour ma part, c’est la « foi » de Silvio Gesell qui me donne courage, un courage désormais à toute épreuve tant que j’aurai la force de le dire et de l’écrire, et il me semble qu’une issue du capitalisme passe par lui, comme Keynes le pensait aussi, d’ailleurs, ainsi qu’Irving Fisher, malgré leurs incompréhensions partielles.
    Je continue d’encourager les économistes à avoir le COURAGE de réviser totalement leurs doctrines et l’enseignement de l’économie politique, car, sans doute plus radical que vous-même, je sais ou crois savoir autant qu’il est possible de savoir que l’issue du capitalisme doit en passer par la réforme de la monnaie elle-même et pas seulement par des mesures régulatrices.
    En effet, ma lecture de l’histoire depuis l’antiquité m’indique que la logique capitaliste n’est pas une affaire issue de la Renaissance ou de l’industrialisation mais qu’elle est à l’oeuvre excactement depuis que la monnaie, sous forme de pièces d’or avait été inventée.
    Et c’est bien parce notre monnaie actuelle, faite de papier et d’encre voire de simples écritures, reste marquée par cette conception d’origine qu’elle perpétue aussi ses effets capitalistes, en tant que le capitalisme est et reste un système rentier du capital monétaire comme tel, comme il la toujours été.
    Inventer donc une monnaie nouvelle est sans doute pour cette raison si difficile, mais néanmoins indispendsable, qu’il ne s’agit pas de rompre avec seulement 500 ans d’histoire mais plutôt avec 5000 ans d’histoire, depuis l’invention de la monnaie au néolithique!
    Comme m’avait dit un jour Bernard Liétar à un moment de découragement de ma part, changer de « paradigme », c’est cela le plus difficile!
    Nous en sommes bien là, mon sens.
    Car continuer comme avant, cela nourrira le pessimisme qui n’a, je l’espère comme vous, que transitoirement frappé François Leclerc.
    Ce que je propose a l’air d’une « recette », mais cela repose sur des analyses profondes et démontrables par les faits économiques de tous les jours.
    Evidemment, tant que je suis à ce point minoritaire, je ne vois guère comment cela peut évoluer. Je garde courage
    En tout cas, le découragement de François Leclerc doit vous enseigner quelque chose à vous:
    Ne vos laissez pas enfermer dans des correctifs secondaires des éléments paraissant les plus choquants du capitalisme contemporain comme les spéculations que vous voulez encadrer ou interdire, car, à la lumière du fait que le capitalisme n’a pas 500 mais 5000 ans, cela ne peut convenir comme réponse suffisante.
    Depuis toujours, le capitalisme a généré une grande prospérité transitoire suivie de longues périodes de dépression, de découragement, de crises sociales et de guerres.
    Pour sortir de cette lgique diabolique, il faudra bien trouver autre chose que l’ordre capitaliste (changer de « système » comme vous écrivez), et c’est là qu’intervient ma proposition de réforme, une « lumière au bout du tunnel », le lien avec la physique quantique me dépasse pour le moment, mais faites-le, je vous encourage!
    Un excellent exemple du capitalisme antique serait l’empire romain du premier siècle qui était immensément riche, mais les dépenses luxueuses des patriciens envoyaient de grandes quantités d’or vers l’extrême orient (on y trouve encore aujourd’hui des trésors de pièces d’or enfouies, frappées de l’empereur romain), et en même temps, les mines d’espagne s’épuisaient, et c’en était fini, et le déclin s’amorçait, surtout en occident. Les milles ans supplémentaires de Byzance sont sant doute aussi à mettre en relation avec le fait que Constantinople était plus à l’est et au carrefour entre l’asie et l’europe.
    Tout cela est un peu rapide, il faudrait que des historiens se penchent sur cette façon de lire l’histoire, je crois que ce serait enseignant.
    Passez de bonnes fêtes, et j’espère que François Leclerc lira aussi ce petit texte.
    jf

    1. Johannes, votre excellente réflexion m’incite à vous exposer ma théorie du « chef de meute ». Ou du dirigeant élu par la tribu.

      En effet, j’ai souvent pu vivre la situation dans laquelle vous pouvez vous retrouver à diriger une équipe et, lorsque vous regardez bien, cela fait largement appel à l’esprit animal qui nous habite encore largement.

      Et que cela est-il reposant de désigner un dirigeant qui pensera et décidera pour vous…

      P.S. : je ne suis pas franchement non plus pour l’anarchie, je le précise. Car j’ai aussi un peu trop expérimenté les extrêmes et leurs contraires… opposés aurais-je dû écrire… inverse, plutôt… contre-pouvoir, sinon… (veuillez barrer la mention inutile 😉 ). L’esprit d’équipe demande du recul, mais son résultat est flagrant… : quelle puissance !

      Et quel dilemme !

    2. C’est un thème récurrent chez vous ,cette histoire de monnaie fondante,au delà de cette limite ,vos avoirs ne valent plus un clou,il y a quelque chose de psychanalytique là dedans ,comme une tentative de dépasser le stade anal…Je n’y comprend pas grand chose, mais j’ai l’impression qu’avec ce système, vous encouragez plus les cigales que les fourmis…Ce qui n’est pas forcément du gôut des écologistes qui sont des sortes de néo-épargnants…Vous me direz ,il mélange tout! Joyeux Noel !

    3. @Yvan

      « je ne suis pas franchement non plus pour l’anarchie, je le précise. Car j’ai aussi un peu trop expérimenté les extrêmes et leurs contraires… »
      Alors votez Bayrou. D’ailleurs, il paraît qu’i a disparu en 2009 (cf. Le Monde)…

    4. La monnaie fondante ne constitue pas un changement de paradigme.
      Poussant à la « consommation » elle renforce le système actuel fondé sur le mythe de la croissance à tout prix.

  9. je note que François Leclerc reste, à juste titre, pessimiste, quant à ce que le capitalisme nous réserve dans la « seconde vague » comme il écrit.
    Etonné, je ne le suis guère, je m’attends au pire, mais comme tous les vivants, je suis optimiste que la (ma) vie continue – ce qui est évidemment une cause perdue.

  10. Je suis sensible à l’aspect « psychothérapique » de ce blog.
    J’ai constaté, en tout cas, que depuis que j me « lâche » sur ce blog, mon travail de psychanalyste est devenu par ailleurs beaucoup plus juste et attentif, c’est mon antidépresseurà moi!

    1. Vous êtes psychanaliste?
      Je suis d’accord avec l’aspect, comment dire ?, écoute compassionnelle.
      Mais c’est une petite part de l’intérêt de ce blog!
      François Leclerc a beau ,à juste titre ,nous part des raisons logiques de craindre une supercrise je ne le considère pas comme « défaitiste »!
      Nous chercjons surtout comment faire rendre gorge à court terme aux politiciens qui par manque de clairvoyance nous ont fourvoyés.
      Je dis manque de claivoyance par charité, il s’agit en fait de démagogie électoraliste, quand il ne s’agit pas de simple corruption sous l’emprise de lobbies.
      J’ai dit « rendre gorge », je me demande si le terme est politiquement correct.
      La colère couve en embuscade derrière le découragement interdit par Paul’s Grootmoeder.

  11. il n’y a pas bien longtemps,j’essaillais d’expliquer la crise passée,presente,et à venir à ma fille (22 ans) qui veux et va devenir chercheuse
    voici ce qu’elle m’a dit : tu sais,papa,on s’en sortira toujours! (dans le sens,si on s’en donne les moyens et elle s’en donne les moyens)(on est athée par raisonnement)
    et apres un instant de reflexion,j’acquiesçai
    bon noel à tous (une fete,c’est important d’ou qu’elle vienne)
    bruno
    ps:une mosquée est plus jolie avec son minaret ainsi qu’une église avec son clocher(çà ne veut pas dire qu’il faut s’en servir)

  12. Je préfère lire les propos décourageants (lucides ?) de François que les propos convenus de ceux qui veulent nous faire croire qu’ils sont capables de changer le cours des choses.

  13. La fréquence importante des parutions pose un léger problème de logistique et de circulation de l’information.
    Ainsi un billet enfoui dans les profondeurs (insondables) du blog et pour lequel un commentaire aurait été posté, a peu de chance de voir cette contribution portée à la connaissance des lecteurs. En effet, une seule et éphémère trace apparaitra dans la rubrique « Les commentaires récents », bientôt ensevelie sous le flot des commentaires suscités par le dernier billet publié.
    Est-il donc possible, pour donner autant de nouvelles vies aux billets presque oubliés, que l’on en accorde aux chats, de présenter la rubrique « Articles récents » non plus par ordre chronologique de leur parution, mais par celui des derniers commentaires postés? L’article le plus récent serait celui qui aurait été commenté le plus récemment.
    Ce qui devrait permettre de faire remonter à la surface un billet oublié, sans bouleverser de façon importante le classement actuel des « Articles récents ».

    1. D’accord avec çà !
      Mais l’histoire accélère et piétine les idées à la vitesse du net.
      Ceci paricipe aussi du:
      Règne de la quantité.

  14. Joyeux Noël à vous tous.
    Et oui, les valeurs religieuses imprègnent notre mental même pour ceux qui se disent athées ou sans religions, ce fait partie de la culture et de l’éducation. La culture chinoise a aussi émis une idée similaire à celle que Paul expose (pas de découragement) :

    « Quelque critique que puissent être la situation et les circonstances où vous vous trouvez, ne désespérez de rien, c’est dans les occasions où tout est à craindre qu’il ne faut rien craindre ; c’est lorsqu’on est environné de tous les dangers qu’il n’en faut redouter aucun ; c’est lorsqu’on est sans aucune ressource qu’il faut compter sur toutes ; c’est lorsqu’on est surpris qu’il faut surprendre l’ennemi lui-même. »

    Sun Tzu, L’art de la guerre.

  15. il y a une différence entre : » je suis découragé, j’arrête tout, je laisse tomber, je quitte la lutte « ,
    et  » tout ce que je vois est décourageant », qui n’implique pas qu’on arrête de se battre , mais un simple constat ;

  16. Dans le genre injonction familiale « à poursuivre », mais plus légère que Vigny et particulièrement adaptée aux familles de tradition athée.

    « …et c’ est bien plus beau lorsque c’est inutile »

    (Edmond Rostand, Cyrano).

  17. Dans l’article « Mondes multiples et conscience » je comprend la phrase « ’il existe certaines stratégies de vie concurrentes où le choix malheureux signifie la mort inéluctable de celui qui le pose, son auteur ne s’en apercevra jamais, sa conscience de soi restant nécessairement attachée à celui (ou ceux) des mondes multiples où il reste en vie »

    L’article ne parle pas trop de ce « ou ceux » entre parenthèse car si je comprend bien comment la concurrence mort/vie permet peut être d’écarter 99,99% des scénarios il reste un sous-groupe (mais néanmoins infini) de scénarios possibles qui permettent à notre conscience d’exister. Par exemple le monde ou Paul Jorion est un économiste libertarien et ou je suis curé. Donc, dans ce sous-groupe, comment ce fait la sélection?

  18. Arrivés là, ils s’arrêtèrent un moment pour regarder derrière eux; les wagons faisaient des taches rouge foncé sur la flaque lisse et les camions et les autos disparaissaient à moitié sous l’eau qui s’écoulait lentement. Et tandis qu’ils étaient plantés là, une petite pluie fine se mit à tomber.
    — Faut continuer, dit Man. Rosasharn, tu crois que tu pourrais marcher?
    — J’ai la tête qui me tourne un peu, répondit-elle. Comme si on m’avait tapé dessus
    Pa s’impatienta.
    — Continuer, c’est très joli… Mais où aller?
    — J’sais pas. Allons, donne la main à Rosasharn.
    Man lui prit le bras droit et Pa le bras gauche.
    — On va tâcher de trouver un endroit sec. Il le faut. Ça fait deux jours que vous n’avez rien eu de sec à vous mettre sur le dos, les hommes.
    Ils s’avancèrent avec lenteur. Ils entendaient l’eau bruisser dans le torrent qui longeait la route. Ruthie et Winfield marchaient ensemble, faisant gicler l’eau sous leurs pieds, Lentement, ils s’avançaient sur la route. Le ciel s’assombrit et la pluie augmenta. La route était déserte.
    — Dépêchons-nous, dit Man. Si c’te pauvre fille se fait saucer… je ne sais pas ce qui lui arrivera.
    — T’as pas encore dit où fallait se dépêcher d’aller, lui fit remarquer Pa d’un ton sarcastique.
    La route épousait la courbe de la berge. Man fouillait du regard toute l’étendue de terrain envahie par les eaux. Très loin de Ia route, sur la gauche, une grange noire se dressait sur une petite éminence.
    — Regardez! dit Man. Regardez là-bas! Je suis sûre qu’on y est au sec, dans cette grange. Allons là jusqu’à ce qu’il ne pleuve plus.
    […]
    Man dit :
    — Il y a peut-être du foin, en dedans. Regarde, il y a une porte!
    Elle fit grincer la porte sur ses gonds rouilles. Un peu de lumière filtrait par les fentes du plancher.
    […]
    Le Jeune garçon était de nouveau à ses côtés et continuait ses explications :
    — Je ne savais pas. Il disait qu’il avait mangé, ou qu’il avait pas faim. Hier soir j’ai cassé un carreau et j’ai volé du pain. Je l’ai forcé à le mâcher. Mais il a tout rendu et ça l’a encore affaibli. Lui faudrait de la soupe ou du lait. Vous avez de l’argent pour acheter du lait, vous aut’?
    – Chut! fit Man. Ne t’inquiète pas. On va s’arranger.
    Soudain l’enfant s’écria :
    — Il va mourir, j’vous dis! Il est en train de mourir de faim.
    – Chut! fit Man.
    Ses yeux consultèrent Pa et l’oncle John; tous deux étaient plantés devant le malade et le regardaient d’un air désemparé. Puis elle se tourna vers Rose de Saron, pelotonnée dans son châle. Ses yeux l’effleurèrent, la dépassèrent, puis revinrent se poser sur les yeux de sa fille. Et les deux femmes se regardèrent dans les yeux. La respiration de la jeune femme était courte et saccadée.
    — Oui, dit-elle.
    Man sourit.
    — Je le savais que tu le ferais. Je le savais!
    […]
    Dans la grange pleine de chuchotements et de murmures, Rose de Saron resta un instant immobile. Puis elle se remit péniblement debout, serrant le châle autour de ses épaules. Lentement, elle gagna le coin de la grange et se tint plantée devant l’étranger, considérant la face ravagée, les grands yeux angoissés. Et lentement elle s’étendit près de lui. Il secoua faiblement la tête. Rose de Saron écarta un coin du châle, découvrait un sein.
    — Si, il le faut, dit-elle.
    Elle se pressa contre lui et attira sa tête vers elle.
    — Là! Là.
    Sa main glissa derrière la tête et la soutint. Ses doigts caressaient doucement les cheveux de l’homme. Elle leva les yeux, puis les baissa et regarda autour d’elle, dans l’ombre de la grange. Alors ses lèvres se rejoignirent dans un mystérieux sourire.

    John Steinbeck, Les raisins de la colère (1939) ou la descente aux enfers « Pour atteindre l’inaccessible étoile »…

  19. @Paul
    Merci pour ce message et joyeuses fêtes à vous

    J’ai une bonne nouvelle en ce jour de Noël : malgré les économies d’énergie, Saint-Pierre a décidé, de commun accord avec les Anges, de laisser la lumière allumée au bout du tunnel…

    Une autre petite réflexion : puisque le temps est relatif … une fois vécu, toujours vécu…

  20. le réalisme de François Leclerc est aussi une forme de courage, ce n’est point du nihilisme primaire. En plein stade de l’écoeurement, son doute est légitime et courageux. La motion Leclerc reste digne.
    alors, au bout du tunnel, cette lumière, c’est le tout solaire ou la mort ?
    (quelle perte pour le blog si vous deviez vous séparer de François Leclerc à cause de votre grand oncle)

  21. Bonjour et joyeux noël à tous.

    A la question du découragement, je suis tenté de répondre par celle du désespoir:

    J’ai dans l’idée que l’espoir soit un vecteur d’illusions, et que par conséquent seul le désespoir puisse permettre la lucidité (en supposant que le désespoir ne soit pas également vecteur d’illusions – je n’ai pas encore pris le temps d’y réfléchir). Mais par ailleurs, le désespoir est une attitude risquée: Le suicide est « l’acte de désespoir » par excellence.

    C’est ainsi qu’apparaît le courage: Accepter de vivre en refusant de se laisser aller à l’espoir.

    Une vision qui peut paraître très noire pour ce jour de fête, mais finalement pas tant que ça: Abandonner l’espoir revient en définitive à refuser de spéculer…

    1. Bien vu! à propos du « spéculer »!
      Il me semble aussi qu’il ne faut surtout pas interdire la spéculation, car ce serait décourageant!
      Par contre, quand on spécule, un peu comme au loto, il ne faut pas jouer un jeu truqué!
      Et c’est bien ce qui se passe dans le capitalisme!
      Le billet de banque est une carte truquée quand il devient capital!
      Celui qui prête joue avec un tour d’avance que l’on appelle INTERET.
      C’est comme aux échecs quand toujours les mêmes jouent avec les blancs!
      Ou pire, car les « bons » noirs ont tout à fait leur chance, alors c’est plutôt un genre de grand chelem que joue le capitaliste!
      D’où l’idée de la monnaie fondante: cela répartit les chances d’une façon très équilibrée!
      Bon noël!

    2. @johannes

      N’auriez-vous pas « zappé » une partie de mon raisonnement par hasard?

      Je crois comprendre que vous envisagiez l’espoir comme une valeur positive, tandis qu’au contraire, je la décrive comme mensongère.

      En tout cas, lorsque vous dites « il ne faut surtout pas interdire la spéculation, car ce serait décourageant! », vous êtes en contradiction avec ce que je dis ici: « C’est ainsi qu’apparaît le courage: Accepter de vivre en refusant de se laisser aller à l’espoir. » puisque je suggère que le courageux soit en fait celui qui choisit de vivre malgré sa désespérance.

    3. c’est vrai que beaucoup de choses nous poussent au désespoir. Cela dit, tant que l’espèce se reproduit, on peut dire qu’il y a des indécrottables optimistes, moi-même, les enfants m’attendrissent toujours;
      il reste que c’est bien l’espoir des lendemains qui chantent qui nous fait avancer, vous n’y changerez rien!
      Que ce soit mensonger, certainement, mais mon métier me fait dire que nous avons sans doute tous besoin de ce mensonge.
      Par ailleurs, la situation de cette époque du capitalisme spéculant échevelé qui verse 40% des revenus aux rentiers (au moins) est effectivement très désespérante.
      Mon « espoir »(mon rêve en quelque sorte) serait qu’enfin la monnaie soit correctement thématisée par les professionnels de l’économie politique!
      Car ceux-là, pour l’instant me désespèrent!

  22. Votre message est très sympathique, Paul, merci ! Mais n’oublions pas qu’à l’impossible nul n’est tenu. Je veux dire par là que François a de quoi se sentir découragé à force de tenir la chronique d’un système absurde, néfaste, et qui nous dépasse. Pour ne pas se décourager, il faut trouver des motifs de satisfaction, du « positif » comme on dit. Ce n’est pas dans le système financier international qu’on risque d’en trouver. En tout cas, grand merci à vous deux pour ce blog dont je ne me lasse pas.

  23. Si on regarde les chiffres, un cartésien ne peut que voir notre avenir en noir…bien que certains arrivent encore à y distinguer des éléments positifs…
    Mais tout le monde sait maintenant que les chiffres officiels sont tronqués…
    On peut résumer la situation de la façon suivante : chaque nation a son imprimeur de billets et son comptable. Il suffit que les nations s’entendent entre elles, et aucun pays, grande banque ou entreprise ne fera faillite. Et si de tout cet argent créé, il n’y en a pas trop qui part dans l’économie réel, il n’y aura pas d’inflation…et cette situation peut durer éternellement…Seul problème : la desindustrialisation (à cause des délocalisations), le chômage, la baisse du pouvoir d’achat peuvent aboutir à une révolution (ce que certains espèrent)…

  24. Pour en finir avec l’optimisme et oublier Pagnol.

    « Gémir, pleurer prier est également lâche.
    Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
    Dans la voie où le sort a voulu t’appeler,
    Puis, après, comme moi, souffre et meurs sans parler.  »

    Que dit Google Ads, le nec plus ultra en matière de recherche contextuelle, en présence de cette strophe. Que va proposer Google Ad, pour permettre à son auteur de s’en sortir?
    J’ai fait l’essai, voici la réponse de l’Oracle:
    . d’abord aller faire ses achats à Velizy 2. Là, je ne vois pas. Alfred de Vigny c’est pas du genre « fashion victim ».

    . puis une autre suggestion:  » Prenez soin de votre peau avec les produits Docteur Pierre Ricaud ». Aurait-il diagnostiqué une manifestation narcissique travestie en haine de soi?

    . enfin une analyse psychologique qui me semble plus pertinente: « Mieux vous connaître vous aide à vous affirmer et ainsi à mieux communiquer avec autrui, à harmoniser votre vie de couple et également à vous réaliser dans une profession qui vous correspond. Vous ressentirez une amélioration dans tous les domaines de votre vie.  »
    En plein dans le mille: affirmation de soi, vie de couple, profession, relation aux autres … Pour « l’amélioration dans tous les domaines de votre vie », je crains que ce soit par contre trop tard.

  25. A propos de ce fameux chat de Schrödinger, question de l’idiot de service : et si sa boîte était transparente, ne devrait-on pas le voir à la fois mort et vivant ? (Question adressée au vent…)

    1. Sais pas!
      Mais au moins le chat à moitié vivant pourrait apercevoir ce bon vieux pervers de Schroed!
      Au fait Schroed est bien mort?

  26. Que se passe t’il ? (là je suis surpris) François ça fait 1 an révolu que vous publiez sur ce blog, une boucle, du coup on se dit  »bah merde je tourne en rond ». c’est pas vrai mais c’est normal, vous en avez vu d’autres pourtant. Le déroulement des évenements ces 12 derniers mois je ne le trouve pas décourageant, il est au niveau du reste, ni surprise ni étonnement, alors du coup pour 2010 quand vous dites etonné mais pas surpris je n’arrive pas à l’imaginer.
    Je vais devenir méchant ?

  27. Etre découragé, c’est manquer de courage… mais a-t-on besoin de courage ?
    Les animaux, les bébés, n’en n’ont pas besoin, leur instinct les guide.
    La nécessité et/ou la volonté s’impose
    Le courage parasite

  28. Un « Le Temps qu’il Fait », même aujourd’hui. Je me considère comme vraiment gâté ce noel-ci !

    Que vivent les fois des hommes – en tout cas, toutes celles qui sont portées par l’amour, l’espoir et la passion pour la vérité. Ce sont elles, n’en doutons pas, qui continuent de faire de cette planète un monde viable et humainement vivable.

    Merci beaucoup !

  29. Voilà quelqu’un qui parle simple et ne se décourage pas ! Bonnes Fêtes à Tous

    http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2930

    Discours prononcé par Hugo Chavez Frias, président de la République bolivarienne du Venezuela, au Sommet des Nations unies sur le changement climatique, à Copenhague, le 16 décembre 2009, transcription Granma

    Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, Excellences, chers amis,

    Je vous promets de ne pas parler plus longuement que celui qui a parlé le plus ici, cet après-midi.

    Permettez-moi un premier commentaire, que j’aurais voulu aborder avec le point précédent, traité par les délégations du Brésil, de Chine, de l’Inde et de la Bolivie. Depuis notre place, nous avons demandé la parole, mais il ne nous a pas été possible de la prendre.

    Un processus non démocratique
    La représentante de Bolivie a dit -j’en profite pour saluer le camarade président Evo Morales, ici présent (Applaudissements), président de la République de Bolivie-, elle a dit entre autres choses ce qui suit -je l’ai noté sur ce papier : « Le texte présenté n’est pas démocratique, il ne part pas d’une politique d’inclusion ».

    A peine suis-je arrivé que nous avons entendu la présidente de la séance précédente, la ministre, dire qu’il y avait un document, mais personne ne le connaît. J’ai réclamé le document, mais il ne nous est pas encore parvenu. Je crois que personne ne sait au juste ce que c’est que ce document, il doit être « top secret ». La camarade bolivienne n’avait donc pas tort de dire : « Il n‘est pas démocratique, il ne part pas d’une politique d’inclusion ».

    Mais, Mesdames et Messieurs, ceci n’est-il pas justement à l’image de la réalité du monde ? Vivons-nous dans un monde démocratique ? Le système mondial se base-t-il sur l’inclusion ? Y a-t-il une once de démocratie ou d’inclusion à attendre du système mondial actuel ? Cette planète est régie par une dictature impériale, et depuis cette tribune, nous continuons de le dénoncer. A bas la dictature impériale, et vivent les peuples, la démocratie et l’égalité sur cette planète ! (Applaudissements)

    L’exclusion que nous constatons ici en est le reflet. Il existe un groupe de pays qui se croient supérieurs à nous, ceux du Sud, à nous, ceux du tiers monde, à nous, les sous-développés, ou, comme le dit le grand ami Eduardo Galeano : nous, les pays écrasés par l’histoire qui nous est passée dessus comme un train.

    Il n’y a donc vraiment pas lieu de s’en étonner : il n’y a pas de démocratie dans ce monde, et nous sommes confrontés ici, une fois de plus, à une preuve évidente de l’existence de la dictature impériale mondiale.

    Deux jeunes gens ont fait irruption ici, bien heureusement les forces de l’ordre se sont comportées correctement, il n’y a eu qu’une petite bousculade, et ils se sont montrés coopératifs, si j’ai bien compris…

    Mais dehors, vous savez, il y a beaucoup de monde. Bien sûr, ils ne tiennent pas tous dans cette salle. J’ai lu dans la presse que quelques personnes ont été arrêtées, qu’il y a eu des manifestations intenses dans les rues de Copenhague, et je tiens à saluer tous ces gens qui sont dehors, des jeunes pour la plupart (Applaudissements). Ce sont des jeunes qui s’inquiètent, et avec raison, beaucoup plus que nous de l’avenir du monde. La plupart d’entre nous qui sommes dans cette salle ont le soleil dans le dos, alors qu’eux le reçoivent en pleine figure, et ils s’en inquiètent sérieusement.

    On pourrait dire, Monsieur le Président, qu’un spectre hante Copenhague, pour paraphraser Karl Marx, le grand Karl Marx. Un spectre hante les rues de Copenhague, et je crois qu’il hante cette salle en silence, il est là, parmi nous, il se glisse dans les couloirs, monte, descend. Ce spectre est un spectre qui épouvante tellement que presque personne n’ose même le nommer. Ce spectre, c’est le capitalisme ! (Applaudissements) Presque personne n’ose le nommer, mais il s’appelle capitalisme, et les peuples grondent dehors, entendez-les !

    Je lisais certains des slogans que les jeunes scandaient dans les rues, et je crois en avoir entendu de nouveau quelques-uns quand ces deux jeunes gens ont fait irruption ici. J’en cite un : « Ne changez pas le climat, changez le système. » (Applaudissements). Je le reprends à notre compte : Ne changeons pas le climat, changeons de système, et c’est ainsi que nous pourrons commencer à sauver la planète. Le capitalisme, ce modèle de développement destructeur, est en train d’en finir avec la vie, il menace de détruire définitivement l’espèce humaine.

    Un autre slogan donne à réfléchir, parce qu’il est tout à fait d’actualité, avec cette crise bancaire qui a ébranlé le monde et qui continue de le secouer, et la manière dont le Nord riche a volé au secours des banquiers et des grandes banques. Les Etats-Unis à eux seuls… Le montant de la somme qu’ils ont versée pour sauver les banques est astronomique, on s’y perd… Voilà ce qu’on dit dans la rue : « Si le climat avait été une banque, il aurait déjà été sauvé. » Et je crois que c’est vrai (Applaudissements). Si le climat avait été une banque capitaliste, une des plus grandes, il y a belle lurette que les gouvernements riches l’auraient sauvé.

    Je crois qu’Obama n’est pas arrivé. Il a reçu le prix Nobel de la Paix pratiquement le même jour où il envoyait 30 000 soldats de plus tuer des innocents en Afghanistan, et le président des Etats-Unis va se présenter ici auréolé du prix Nobel de la Paix.

    Les Etats-Unis détiennent la planche à billets, la machine à faire des dollars. C’est ainsi qu’ils ont sauvé, ou du moins croient avoir sauvé, les banques et le système capitaliste.

    Chavez à Copenhague 1/2 Sous-titré fr

    Changement climatique et surconsommation
    Bien, ceci était un commentaire en marge. Je voulais le faire avant, je levais la main pour pouvoir accompagner le Brésil, l’Inde, la Bolivie, la Chine, soutenir leur position intéressante et dire que le Venezuela et les pays de l’Alliance bolivarienne la partagent totalement, mais la parole ne m’a pas été donnée. Je vous demande seulement de ne pas compter ces minutes, M. le Président, ce n’était qu’une petite mise au point. (Applaudissements)

    Figurez-vous que j’ai eu le plaisir de rencontrer ici cet écrivain français, Hervé Kempf. Je vous recommande vivement ce livre, il existe en espagnol -Hervé est par ici-, en français bien sûr et en anglais sûrement : Comment les riches détruisent la planète, d’Hervé Kempf. Voilà pourquoi le Christ a dit : « Il sera plus facile de faire passer un chameau par le chas d’une aiguille que de faire entrer un riche au Royaume des Cieux. » C’est ce qu’a dit le Christ, Notre Seigneur. (Applaudissements)

    Les riches détruisent la planète. Ils veulent peut-être aller s’installer dans une autre quand ils auront fini de détruire celle-ci. Peut-être caressent-ils ce projet. Mais pour le moment, on n’en voit pas d’autre à l’horizon de la galaxie.

    J’ai feuilleté ce livre dès qu’il m’est parvenu – c’est Ignacio Ramonet, lui aussi présent dans cette salle, qui me l’a offert – et je retiens du prologue ou du préambule cette phrase, significative. Voilà ce qu’écrit Kempf : « Nous ne pourrons pas réduire la consommation de biens matériels à l’échelle mondiale si nous ne faisons pas en sorte que les puissants diminuent la leur de plusieurs crans, et si nous ne combattons pas l’inégalité. Il est nécessaire d’adjoindre au principe écologiste, si utile à l’heure de la prise de conscience -penser globalement et agir localement-, un autre principe qu’impose la situation : consommer moins et distribuer mieux. » C’est là un bon conseil que nous donne l’écrivain français Hervé Kempf.

    Monsieur le Président, le changement climatique est sans aucun doute le problème environnemental le plus dévastateur de ce siècle : inondations, sécheresses, tempêtes sévères, ouragans, dégel ; montée du niveau moyen de la mer, acidification des océans, vagues de chaleur… Tous ceci aggrave l’impact des crises mondiales qui s’abattent sur nous.

    L’activité humaine actuelle dépasse le seuil du développement durable et met en danger la vie sur la planète. Mais, je tiens à le souligner, nous sommes là aussi profondément inégaux. Les 500 millions de personnes les plus riches, soit 7%, sept pour cent, seven, de la population mondiale, ces 7% sont responsables de 50% des émissions polluantes, alors que la moitié la plus pauvre de la population de la planète – la moitié, 50% – n’émet que 7% des gaz polluants. Voilà pourquoi je m’étonne : il me paraît bizarre de solliciter ici la Chine et les Etats-Unis dans les mêmes termes. Les Etats-Unis comptent peut-être 300 millions d’habitants, et la Chine, cinq fois plus. Les Etats-Unis consomment plus de 20 millions de barils de pétrole par jour, et la Chine arrive à peine à 5 ou 6 millions. On ne peut pas demander la même chose aux Etats-Unis et à la Chine. Voilà un sujet qui mérite discussion. Espérons que les chefs d’Etat et de gouvernement pourront s’asseoir ensemble et discuter ces questions pour de bon, cartes sur table.

    En outre, Monsieur le Président, 60% des écosystèmes de la planète sont endommagés, et 20% de l’écorce terrestre est dégradée. Nous avons été les témoins impassibles de la déforestation, de la conversion de terres, de la désertification, des altérations des systèmes d’eau douce, de la surexploitation des ressources marines, de la contamination et de la perte de la diversité biologique. La surexploitation de la terre dépasse de 30% sa capacité de régénération. La planète perd sa capacité d’autorégulation, elle est en train de la perdre. Nous produisons chaque jour bien plus de déchets que nous ne sommes capables d’en traiter. La survie de notre espèce est une question qui hante la conscience de l’humanité.

    Malgré l’urgence, deux années de négociations se sont écoulées pour élaborer une seconde série d’engagements sous le Protocole de Kyoto, et nous participons à cette réunion sans être parvenus à un accord réel et significatif.

    Soit dit en passant, sur ce texte surgi du néant – c’est ce qu’ont dit certains, dont le représentant chinois – le Venezuela annonce, les pays de l’ALBA, de l’Alliance bolivarienne annoncent que nous n’accepterons pas, qu’on le sache déjà, d’autre texte que celui qui provient des groupes de travail, du Protocole de Kyoto et de la Convention. Ce sont des textes légitimes qui ont donné lieu ces dernières années et ces dernières heures à des débats intenses. Je crois que vous n’avez pas dormi. Vous n’avez ni déjeuné ni dormi, c’est bien cela ? Il ne semble pas logique, dans ces conditions, qu’un texte surgisse du néant, comme vous le dites.

    Aujourd’hui, en ce moment même et jusqu’à présent, de toute évidence l’objectif scientifiquement établi de réduire les émissions de gaz polluants et de parvenir à un accord de coopération à long terme semble avoir échoué. Quelle en est la raison ? Il ne fait aucun doute que la raison est l’attitude irresponsable et le manque de volonté politique des nations les plus puissantes de la planète. Que personne ne se sente blessée. Je ne fais que reprendre les propos du grand José Gervasio Artigas quand il affirmait : « Avec la vérité, je n’offense ni ne crains personne » ; mais il s’agit vraiment d’une attitude irresponsable, caractérisée par ses tergiversations, son exclusion, sa manipulation élitiste d’un problème qui nous incombe à tous et que nous ne pourrons résoudre que tous ensemble.

    L’égoïsme des pays riches
    Le conservatisme politique et l’égoïsme des grands consommateurs, des pays les plus riches, révèlent un manque de sensibilité et de solidarité flagrant envers les plus pauvres, les affamés, les plus vulnérables aux maladies et aux désastres naturels.

    M. le Président : il est indispensable de parvenir à un nouvel et seul accord applicable à des parties absolument inégales, par l’ampleur de leurs contributions et de leurs capacités économiques, financières et technologiques, et basé sur le strict respect des principes énoncés dans la Convention.

    Les pays développés devraient contracter des engagements contraignants, clairs et concrets de réduction de leurs émissions, et assumer des obligations d’assistance financière et technologique aux pays pauvres, pour faire face aux dangers destructeurs du changement climatique. A cet égard, la situation particulière des Etats insulaires et des pays les moins développés devrait être pleinement reconnue.

    M. le Président : le changement climatique n’est pas le seul problème qui frappe aujourd’hui l’humanité. D’autres fléaux et d’autres injustices nous guettent. Le fossé qui sépare les pays riches des pays pauvres n’a cessé de se creuser en dépit de tous les Objectifs du millénaire, du Sommet de Monterrey sur le financement, de tous ces sommets, comme le faisait remarquer ici le président du Sénégal, qui dénonçait une grande vérité : les promesses, tant de promesses non tenues, alors que le monde continue sa marche destructrice.

    Le revenu total des 500 individus les plus riches du monde est supérieur au revenu des 416 millions de personnes les plus pauvres. Les 2,8 milliards de personnes qui vivent dans la pauvreté, avec moins de deux dollars par jour et qui représentent 40% de la population mondiale -je dis bien 40% de la population de la planète !- se partagent seulement 5% du revenu mondial.

    Aujourd’hui, environ 9,2 millions d’enfants meurent avant l’âge de cinq ans, et 99,9% de ces décès ont lieu dans les pays les plus pauvres. La mortalité infantile est de 47% décès pour 1 000 naissances vivantes ; mais elle est de 5 décès seulement dans les pays riches. L’espérance de vie sur la planète est de 67 ans, mais de 79 ans dans les pays riches et de 40 ans seulement dans certains pays pauvres.

    En outre, il existe 1,1 milliard d’habitants privés d’accès à l’eau potable ; 2,6 milliards sans services sanitaires et plus de 1,02 milliard de personnes affamées. Tel est le tableau actuel du monde.

    Le modèle destructeur de l’accumulation illimitée
    Mais, et la cause ? Quelle en est la cause ? Parlons-en un peu, ne nous dégageons pas de nos responsabilités, n’éludons pas la profondeur du problème. La cause, sans l’ombre d’un doute -je reviens sur cette question- de tout cette situation désastreuse, c’est le système métabolique destructeur du capital et son modèle incarné : le capitalisme.

    J’ai ici une citation que j’aimerais vous lire, brièvement, de ce grand théologien de la Libération, Leonardo Boff, qui comme chacun sait, est brésilien, c’est-à-dire « notre-américain ».

    Voici ce que dit Leonardo Boff sur cette question : « Qu’elle est la cause ? Eh bien, la cause c’est le rêve de vouloir chercher le bonheur à travers l’accumulation matérielle et du progrès sans fin, en recourant à la science et à la technique, avec lesquelles on peut exploiter de manière illimitée toutes les ressources de la Terre ». Et il cite quelque part Charles Darwin et sa théorie de la sélection naturelle, la survie des plus forts ; mais nous savons que les plus forts survivent sur les cendres des plus faibles.

    Jean-Jacques Rousseau -il est bon de s’en souvenir- signalait quant à lui : « Entre le faible et le fort, c’est la liberté qui opprime ». C’est pourquoi l’empire parle de liberté : la liberté d’opprimer, d’envahir, d’assassiner, d’anéantir, d’exploiter, voilà sa liberté. Et Rousseau ajoute la phrase libératrice : « Seule la loi libère ».

    Certains pays s’amusent à empêcher qu’un document soit adopté à cette rencontre. Pourquoi ? Parce que, précisément, ils ne veulent pas de loi, ils ne veulent pas de norme, car le fait qu’il n’y ait pas de norme leur permet d’exercer leur liberté d’exploiter, leur liberté destructrice.

    Faisons un effort et faisons pression, ici et dans les rues, pour qu’ici, de cette rencontre, naisse un engagement, un document qui engage les pays les plus puissants de la Terre ! (Applaudissements).

    M. le Président : Leonardo Boff se demande – vous avez connu Leonardo Boff ? J’ignore si Leonardo a pu faire le voyage. J’ai fait sa connaissance au Paraguay ; je l’ai toujours beaucoup lu : « Une Terre finie peut-elle supporter un projet infini ? ». La thèse du capitalisme du développement infini est un modèle destructeur. C’est un état de fait et nous devons l’accepter.

    Et Boff de nous demander : « Que pouvons-nous attendre de Copenhague ? » A peine ce simple aveu : nous ne pouvons plus continuer ainsi, et un objectif simple : nous allons changer de cap ? Faisons-le, mais sans cynisme, sans mensonges, sans doubles agendas, sans documents issus du néant, et avec la vérité comme valeur ultime.

    M. le Président, Mesdames et Messieurs, depuis le Venezuela nous demandons jusqu’à quand allons-nous permettre de telles injustices et de telles inégalités ? Jusqu’à quand allons-nous tolérer l’actuel ordre économique international et les mécanismes de marché en vigueur ? Jusqu’à quand allons-nous permettre que de grandes épidémies comme le VIH/sida déciment des populations entières ? Jusqu’à quand allons-nous permettre que les affamés soient privés de la possibilité de se nourrir et de nourrir leurs enfants ? Jusqu’à quand allons-nous permettre que des millions d’enfants continuent de mourir de maladies curables ? Jusqu’à quand allons-nous permettre des conflits armés qui massacrent des millions d’être innocents à seule fin que les puissants puissent s’approprier les ressources d’autres peuples ?

    Que cessent les agressions et les guerres ! C’est que nous, les peuples du monde, demandons aux empires, à ceux qui prétendent continuer de dominer le monde et à nous exploiter. Nous ne voulons plus de bases militaires impériales ni de coups d’Etat ! Construisons un ordre économique et social plus juste et équitable. Eradiquons la pauvreté. Stoppons immédiatement les niveaux élevés d’émission de gaz, freinons la dégradation environnementale et évitons la grande catastrophe du changement climatique. Adhérons au noble objectif d’être tous plus libres et solidaires !

    M. le Président, il y a près de deux siècles, un Vénézuélien universel, libérateur de nations et précurseur de consciences, légua à la postérité cet apophtegme, chargé de volonté : « Si la nature s’oppose, nous lutterons contre elle et nous la forcerons à nous obéir ». C’était Simon Bolivar, le Libertador.

    Depuis le Venezuela bolivarien où, un jour comme aujourd’hui… à propos, il y a exactement dix ans que nous avons vécu la plus grande tragédie climatique de notre histoire, la tragédie dite de Vargas ; depuis ce Venezuela dont la révolution tente de conquérir la justice pour tout son peuple, uniquement possible à travers la voie du socialisme… Le socialisme, cet autre spectre dont parlait Karl Marx, se promène aussi par là-bas ; mais il s’agit plutôt d’un « contre-spectre ». Le socialisme est la voie à suivre, c’est la seule voie qui permettra de sauver la planète, je n’ai pas l’ombre d’un doute là-dessus. Et le capitalisme est le chemin de l’enfer, le chemin qui mènera à la destruction du monde.

    Le socialisme, depuis ce même Venezuela qui, pour cette même raison, est en butte aux menaces de l’empire nord-américain, depuis les pays qui forment l’ALBA, l’Alliance bolivarienne, nous lançons notre exhortation. J’aimerais, avec tout le respect que je vous dois et du plus profond de mon âme, au nom de beaucoup sur cette planète, exhorter les gouvernements et les peuples de la Terre, en paraphrasant Simon Bolivar, le Libertador : Si la nature destructrice du capitalisme s’oppose, alors luttons contre elle et forçons-la à nous obéir ; n’attendons pas le bras croisés la mort de l’humanité.

    L’histoire nous appelle à l’union et à la lutte. Si le capitalisme s’oppose, nous sommes dans l’obligation de livrer la bataille contre le capitalisme et d’ouvrir les voies du salut de l’espèce humaine. Cette tâche nous incombe à tous, sous les bannières du Christ, de Mahomet, de l’égalité, de l’amour, de la justice, de l’humanisme, du véritable et plus profond humanisme. Si nous ne le faisons pas, la plus merveilleuse création de l’univers, l’être humain, disparaîtra, elle disparaîtra !

    Cette planète à des milliards d’années, et elle a vécu pendant des milliards d’années sans nous, l’espèce humaine. Autrement dit, elle n’a pas besoin de nous pour exister. Par contre, nous ne pouvons pas vivre sans la Terre, et nous sommes en train de détruire la Pachamama, comme dit Evo, comme disent nos frères aborigènes d’Amérique du Sud.

    Pour conclure, M. le président, écoutons Fidel Castro lorsqu’il a dit : « Une espèce est en voie d’extinction : l’Homme ». Ecoutons Rosa Luxembourg lorsqu’elle a lancé : « Socialisme ou barbarie ». Ecoutons le Christ rédempteur lorsqu’il dit : « Bienvenus les pauvres, car le royaume des cieux leur appartient ».

    M. le Président, Mesdames et Messieurs, soyons capables de faire de cette Terre non pas la tombe de l’humanité ; faisons de cette Terre un ciel, un ciel de vie, de paix et de fraternité pour toute l’humanité, pour l’espèce humaine.

    M. le président, Mesdames et Messieurs, merci beaucoup et bon appétit.

    1. Je me méfie des slogans et du prêt-à-penser….

      Au lieu de toujours rejeter la faute sur les autres, ayez le courage de regarder ce qui se passe chez vous…

      L’URSS, ce n’était pas le paradis non plus : dans les années 60 les inégalités y étaient plus grandes qu’aux USA, sans parler de la Chine communiste… Et tout cela sans aborder la question des libertés politiques et individuelles!

    2. Merci Di Girolamo pour l’info. J’adhère largement au discours même si ce n’est pas du 100%. Nous avons beaucoup déconné, il nous faut beaucoup corriger et c’est bien là que cela coince. Changer les habitudes.

    3. @ JFF

      Le 100% nierait l’idée même que je perçois dans ce discours :une société qui passe de l’idéologie à la politique ;on a effectivement tellement déconné ! que l’option n’est plus facultative !

  30. Ma grand-mère maternelle à moi s’appelait Adrienne, elle était parisienne. C’était une institutrice laïque de la IIIéme République, comme dans les histoires, avec cent pour cent de réussite de ses élèves au certificat d’études. Sa mère à elle, que je n’ai pas connue, était une ouvrière du Faubourg (Saint Antoine) et avait participé à la Commune de Paris. Alors, Martin Luther, je n’en ai jamais connu grand chose dans ma famille, car la suite a été du même tonneau  !

    J’étais du côté de Gavroche et je le suis resté, par conviction mais avec la force de l’habitude. J’ai toutefois fréquenté des parpaillots très engagés, bien après la disparition de ma grand-mère, et j’avais l’habitude de leur dire, pour leur faire plaisir, que le mécréant que j’étais, s’il devait un jour rechercher la foi, irait sans doute voir de leur côté. Parce qu’ils étaient moins ostentatoires, j’expliquais, et faisaient de leur affaire spirituelle une chose qui leur était très personnelle. Aussi, parce que j’étais né dans un pays où ils étaient minoritaires et avaient connu les persécutions, et cela aussi m’en rapprochait.

    Tous ces détours pour dire que l’Oeil de Dieu n’a jamais réussi à m’impressionner, même sur les gravures le représentant, et que si je ne peux prétendre ignorer la culpabilité, la notion de pêché a toujours été pour moi l’objet d’une certaine curiosité. Quant aux églises, religieuses et politiques, je n’en ai franchi le porche que pour en admirer les volumes intérieurs, et en sortir vite fait dès que les cérémonies commençaient.

    Toutefois, intrigué, j’ai voulu y regarder de plus près, à propos de ce découragement assimilé à un lourd pêché, et j’ai découvert qu’il était souvent présenté comme un outil du diable, ce qui me l’a rendu plus familier. Car je rencontre celui-là souvent, puisqu’il est toujours fourré dans les détails! Mais je ne vais pas l’invoquer plus avant, on ne sait jamais  ! Ni me décourager de poursuivre mes investigations…

    Alors  ? Découragement, ou pas  ? Faiblesse passagère et heureusement vite surmontée, ou spleen durable et malencontreux  ? Rien de tout cela, mais juste les effets raisonnés d’une grande accumulation de signaux au fil d’un consciencieux suivi de l’actualité, qui font plus pencher le plateau du mauvais côté. Dans l’attente des autres, qui se manifestent de manière encore bien faible, et que l’on attend avec impatience, ne craignant pas d’être surpris. Affligé de ce type de regard que vous acquérez sur les choses de ce monde après en avoir pas mal côtoyées, ici ou là, au dénouement pas toujours des plus heureux, et alors que parfois vous vous y êtes un peu brûlé. Mais toujours avec l’espoir d’être détrompé la prochaine fois (ce qui est parfois advenu). Avec tout de même une certitude, pour s’y raccrocher : celle de s’être déjà carrément trompé  !

    1. En franchissant les porches d’églises, l’on tombe parfois sur des trucs rigolos, comme ce texte écrit sur un mur :

      TITRES D’ERECTION

      Par un Rescrit en date du 24 avril 1851 S.S. Pie IX a daigné communiquer
      à perpétuité toutes les indulgences accordées à la première Congrégation
      érigée dans la ville de Rome sous le nom de Congrégation de la Bonne Mort.
      A la pieuse Confrérie du même nom érigée en cette Église par ordonnance
      de Mgr Louis-Théophile PALLU DU PARC Évèque de Blois en date du 2
      février 1852

      Suivent les avantages accordées à la Confrérie en question et que je n’ai pas eu le courage de recopier.

      SOMMAIRE DES INDULGENCES

      Accordées à la Confrérie dite de la Bonne Mort.

      Indulgences Plénières; aux conditions ordinaires. (confession et
      communion)
      1° à chaque Associé le jour de son entrée dans l’Association;
      2° un vendredi ou un dimanche de chaque mois, au choix des
      Associés pourvu qu’ils assistent à la bénédiction du ST Sacrement;
      3° aux Fêtes suivantes; Noël, l’Epiphanie, Pâque, l’Ascencion;
      la Pentecôte, la STE Trinité, la Fête Dieu, la Purification, l’Assomption,
      la Conception, la Nativité de la STE Vierge, la Nativité de ST Jean Baptiste,
      les Fêtes des Apôtres, de ST Joseph, la Toussaint; pourvu que chacun
      des Associés prie dévotement dans l’Église de la confrérie selon les
      intentions du Souverain Pontife;
      4° à l’article de la Mort.

      Indulgences Partielles;

      1° sept ans et sept quarantaines aux associés qui assistent à la bénédiction du
      Saint Sacrement, le vendredi de chaque semaine;
      2° une année aux associés qui accompagnent le corps des défunts à la sépulture,
      ou qui font une bonne œuvre quelconque;
      3° Indulgences attachées à la visite des Églises stationnales de Rome les jours
      indiqués dans le Missel Romain, à la condition de visiter l’Église de la Confrérie.

      Toutes ces indulgences tant plénières que partielles sont applicables aux âmes
      du purgatoire.
      Tous les Associés, en quelque lieu qu’ils se trouvent, s’ils accomplissent les œuvres
      ci-dessus indiquées selon leur pouvoir peuvent gagner les mêmes indulgences et
      faveurs spirituelles que ceux qui les accomplissent dans le lieu même où la
      Confrérie est érigée.

    2. Je suis rassuré, François Leclerc continuera à faire du François Leclerc, et Paul Jorion du Paul Jorion 😉

      Cette différence d’appréciation ne relève pas en effet d’une divergence fondamentale dans les analyses. Ce sont plutôt vos tendances intellectuelles, vos tempéraments contrastés, eux-mêmes influencés par vos imprégnations d’origine familiale, ainsi que les formats et objets respectifs de vos interventions qui donnent cette impression que l’un serait plus optimiste et l’autre beaucoup moins.

      L’un géant intrépide arpenteur du monde malicieux parfois sourcilleux enjambe siècles et sociétés comme pas deux.
      L’autre loupe et carnet en mains jour après jour scrute coins et recoins inaperçus ou déjà oubliés du grand théâtre des opérations, coté public, coté scène et coté coulisses, non sans humour d’ailleurs. Alors évidemment quand le géant intrépide et arpenteur des mondes un jour de fête après la messe repu d’avoir si bien chanté s’avise d’aller voir d’un peu plus près ce que fait l’enquêteur au long cours à l’esprit cartésien cela produit de « drôles » de choses. Rien de bien méchant, rassurez-vous !

    3. La « complémentarité » Paul+François est magique.
      Autre chose qui me plait il y a « la forme » , la langue ,en plus.
      Merci Messieurs!

    4. @ François Leclerc
      Merci pour cette bouffée d’air pur.
      Il commençait ici à régner une atmosphère de confessionnal.
      Ou plus exactement à l’idée que je me fais de l’atmosphère d’un confessionnal, repentance et mortification n’étant pas ma tasse d’athée.

  31. @ françois
    Gavroche n’a jamais fait de révolution, il n’a fait que la singer.
    Mais si vous y réfléchissez , Luther, lui il en fait une énorme – avec un simple bout de papier sur la porte d’une église
    Il y a donc plus d’une raison d’espérer !
    amicalement

  32. Il y a des textes de Paul qui sont parfois tellement compliqués que ca me donne mal à la tête.

    Le découragement à un bon coté parce qu’un des choix suivant et le ‘je-m’en-foutisme’ qui évite de se casser la tête plus qu’il n’en faut, moi j’en suis arrivé là, l’humanité est une cause perdue, on ferme ce dossier et on revient à des choses plus simples même si ca doit terminer dans le mur. (j’ai assez fait ma part)

    A propos du temps:
    Donc il suffit que notre vie soit une expérience désagréable pour que le temps semble s’écouler plus lentement et par conséquence avoir l’impression de vivre très longtemps.
    Ceux qui vivent agréablement on donc l’impression de vivre très peu.

    Finalement il y a un peu de justice la-dedans.

    Joyeux noel.

  33. Eli, Eli, lama sabactani.
    Le monde a-t-il jamais entendu paroles de découragement plus pathétiques?
    Et oui, il a été abandonné,vraiment.
    et…ressuscité…voilà, c’est tout simple.
    Dormez en paix…âtres de de toute obédience.

  34. à François Leclerc,
    merci pour votre belle réponse en ce jour de noël 2009!
    mon éducation était effectivement protestante, mais je ne suis plus du tout proche de toute forme de religion, c’était juste un souvenir. Et comme je suis tombé, en achetant « le monde » sur Max Weber, et en plus, Paul évoquait ses souvenirs, alors tout cela a donné le texte que j’ai écrit.
    Mon « espoir », ma « foi », mon « rêve » serait, évidemment, que des économistes professionnels et vous aussi ,vous vous penchiez en grand nombre sur l’apport gesellien, car je suis convaincu qu’un rapport de forces en faveur de cet apport pourrait tout à fait se créer dans ce cas!
    Pour l’instant, très seul (pas tout à fait, mais pas loin), je ne nie pas le côté « doux rêve » ou utopie de ma démarche.
    Ceci dit, vous le soulignez dans chacun de vos billets, le désarroi des banques centrales est absolu!
    Même en leur prêtant les plus mauvaises intentions du monde que beaucoup leur prêtent (pas moi ni vous nécessairement), il reste, à mon sens, totalement exclu qu’elles puissent se satisfaire de leur quasi impuissance à agir sur les événements et la circulation monétaire. Quant aux gouvernements, ils ne semblent que courir après les événements qui leur échappent aussi.
    Je reste convaincu que la monnaie fondante telle que je la préconise changerait les choses et permettrait aux banques centrales d’avoir à nouveau les moyens d’une plitique monétaire convenable.
    En plus, je suis convaincu que cela se passerait sans difficulté technique majeure dès lors qu’il y aurait un consensus pour le faire.

  35. Il y a une loi de la nature: on remonte après avoir touché le fond et on redescend une fois le sommet atteint.
    Le mauvais côté, c’est que les bonnes choses sont éphémères. Le bon côté, c’est que les mauvaises choses ne durent pas non plus. 🙂

  36. Bonsoir,

    @ Claude Animo

    Vous dites :

    La fréquence importante des parutions pose un léger problème de logistique et de circulation de l’information.

    Ainsi un billet enfoui dans les profondeurs (insondables) du blog et pour lequel un commentaire aurait été posté, a peu de chance de voir cette contribution portée à la connaissance des lecteurs. En effet, une seule et éphémère trace apparaitra dans la rubrique « Les commentaires récents », bientôt ensevelie sous le flot des commentaires suscités par le dernier billet publié.

    Est-il donc possible, pour donner autant de nouvelles vies aux billets presque oubliés, que l’on en accorde aux chats, de présenter la rubrique « Articles récents » non plus par ordre chronologique de leur parution, mais par celui des derniers commentaires postés ? L’article le plus récent serait celui qui aurait été commenté le plus récemment.

    Ce qui devrait permettre de faire remonter à la surface un billet oublié, sans bouleverser de façon importante le classement actuel des « Articles récents ».

    C’est vrai : actuellement, il est difficile de ne rater aucun commentaire utile.

    Autre suggestion : une page spéciale pourrait afficher, à la demande, TOUS les commentaires depuis quelques semaines ou quelques mois (et pas seulement les dix derniers), dans une liste triable sur la date, sur le billet, sur l’auteur du commentaire, etc.

    _________________

    @ François Leclerc :

    Je comprends votre découragement, que je partage souvent ces temps-ci.

    Le piège où nous débattons est particulièrement sophistiqué : il me semble que, bien conseillés par des assistants cultivés, les voleurs de pouvoir ont mieux intégré que nous les modalités passées des résistances possibles, et qu’ils s’y sont très bien adaptés : ils ont progressivement INSTITUÉ des tyrannies nouvelles qui présentent toutes les APPARENCES de la démocratie et, en complément, ils font passer tous les résistants un tant soit peu dangereux pour des paranoïaques ridicules ou des antisémites odieux (parfois les deux).

    Alors que nous, nous continuons à résister à la papa : débats publics en petit comité, manifestations, grèves, pétitions, vote aux élections… sans prêter la moindre attention ni aux institutions, ni au processus constituant.

    Et quand on trouve la faille : (le processus constituant et le mécanisme de l’élection qui permet aux riches d’acheter le pouvoir d’écrire le droit), personne n’embraye et tout le monde continue à résister comme avant contre un ennemi qui, pourtant, a disparu en ne laissant que des SIMULACRES contre lesquels il est vain de lutter puisque le pouvoir est ailleurs.

    Ceux qui ont le pouvoir ne sont plus élus et ceux qui sont élus n’ont plus de pouvoir…, et tout le monde se détourne quand on signale que l’écriture de ces institutions factices constitue LE problème de fond ; tout le monde s’en fout.

    Il y a de quoi être découragé, effectivement.

    Les industriels et les banquiers sont moins bêtes que nous : eux, ils écrivent eux-mêmes les institutions européennes (celles qui vident le suffrage universel de toute substance et qui neutralisent nos élus nationaux). Pour voir, dénombrez les industriels et les banquiers parmi les initiateurs de l’UE et ses plus ardents supporters. Ça ne vous met pas la puce à l’oreille ? N’est-ce pas un signe clair que nous devrions, nous aussi, peut-être, avoir une analyse personnelle du processus constituant ?

    Et si les citoyens se mettaient enfin en tête d’écrire eux-mêmes des (fragments de) constitutions ?!

    En tout cas, merci pour toutes vos précieuses analyses.

    Étienne.
    http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2007/10/02/83-naissance-de-l-upcpa-et-ateliers-d-ecriture-des-institutions-par-de-simples-citoyens
    ___________________

    Les gens se divisent en deux catégories : les optimistes qui croient que demain, nous en seront tous réduits à manger des cailloux, et les pessimistes qui savent qu’il n’y en aura pas pour tout le monde.

    1. Etienne,

      … ils font passer tous les résistants un tant soit peu dangereux pour des paranoïaques ridicules ou des antisémites odieux (parfois les deux).

      D’où une première mesure d’hygiène mentale si l’on veut être écouté et entendu : éviter de présenter des paranoïaques ridicules, des antisémites odieux, et ceux qui sont les deux à la fois, comme des « résistants ». Un monde nouveau n’a rien à attendre d’eux : ils furent les piliers de tous les ordres anciens que personne ne regrette.

    2. • Exiger que les accusés soient publiquement entendus avant de les condamner (liberté de pensée, présomption d’innocence et droits de la défense),
      • dénoncer des idées plutôt que des personnes : ne pas étiqueter des personnes, à vie (ni en bien ni en mal),
      • laisser une place au pardon et à l’amendement,
      • devant l’impossibilité de définir de façon juste et à l’avance les pensées utiles et les pensées nuisibles, respecter une très générale liberté d’expression et faire confiance au débat public pour faire le tri.
      ____________

      Paul,

      Je te comprends, mais va jusqu’au bout : selon toi, QUI décide ceux qui SONT (vraiment) des paranoïaques et/ou des antisémites ?

      Toi ?

      Qui d’autre ?

      Il y a là une aporie, une difficulté majeure.

      Autrement dit, suffit-il d’accuser quelqu’un de paranoïa et/ou d’antisémitisme pour le discréditer, définitivement, lui et même tous ceux qui ont été intéressés un jour ou l’autre par une partie de sa pensée ?

      Faut-il, ou pas, PROUVER la réalité de l’accusation ?

      Autrement dit, es-tu bien sûr de passer toi-même, comme d’autres valeureux, à travers les balles de la calomnie ? Es-tu certain, par exemple, de n’avoir jamais profondément admiré et porté au pinacle quelqu’un qui était par ailleurs, sans que tu le saches, ou même malgré le fait de le savoir, disons raciste ?

      Est-ce qu’une mauvaise pensée peut discréditer un homme entier pour toujours ? Et alors, qui fixe (et tient à jour) la liste des pensées interdites ?

      Quelle église ?

      Quels prêtres ?

      Parce que, si tu te retrouves toi-même un jour injustement calomnié —ce qui est un pléonasme : si on est calomnié, c’est par définition toujours injuste—, traité d’antisémite ou de collaborateur ou je ne sais quelle saloperie infamante, ce sera trop tard : tu seras sans défense à cause du système de pensée que tu avais laissé grandir à l’époque où tu n’avais pas encore été calomnié.

      Autrement dit, et vu sous l’angle plus général de l’état de droit (imaginé pour protéger tout le monde, par principe), est-ce que nous sommes capables, chacun d’entre nous, de nous mettre à la place des accusés en présumant leur innocence, pour nous protéger nous-mêmes le jour où nous seront injustement mis en cause ?

      Respecter les droits de la défense pour les autres, c’est anticiper les injustices à venir et se protéger soi-même, le jour où on en aura peut-être grandement besoin, en toute justice.

      ___

      Par ailleurs, est-il raisonnable d’apposer (ou de laisser apposer) des ÉTIQUETTES définitives et globales (qualifiantes ou infamantes) sur le front de qui que ce soit ? Ne faut-il pas, dans les deux sens, rester VIGILANT par rapport à ceux qui ont toujours été valeureux jusqu’ici, mais qui peuvent changer (en mal) et OUVERT par rapport à ceux à qui il est arrivé de dire les pires sottises, mais qui peuvent changer (en bien).

      Est-ce que l’étiquetage politique, par définition, par construction, ne nous conduit pas progressivement à une caricature de pensée dans laquelle il n’y a plus que deux camps : ceux-qui-pensent-exactement-comme-moi et tous-les-autres, définitivement SALIS pour avoir osé penser un jour une des pensées interdites dans mon camp ?

      Est-ce que l’amalgame qui consiste à discréditer un humain tout entier et pour toujours au lieu de limiter la condamnation, éventuellement solennelle, aux seules idées nuisibles (sans préjuger du reste, ni de l’avenir), est-ce cet amalgame n’est pas une forme de l’esprit d’orthodoxie, l’esprit partisan qui empêche toute concorde en exacerbant toutes les différences, en montant en épingle les dissensions qui devraient rester à leur place relative ?
      _______

      Mais surtout, Paul, est-ce que cette propension à l’amalgame (que nous avons tous, je ne me considère nullement supérieur en quoi que ce soit, cela va sans dire), est-ce que cette tendance que nous avons à simplifier l’autre pour aller plus vite n’est pas un formidable outil pour les calomniateurs, ceux qui redoutent toute critique parce qu’ils sont les privilégiés du moment ?

      Et alors, ne serions-nous pas LES IDIOTS UTILES DES PRIVILÉGIÉS CALOMNIATEURS, en acceptant de salir des personnes au lieu de salir des idées ?
      ______

      Au risque de me tromper, je reste donc sur la position athénienne, l’isègoria, vieille de 2 500 ans, que TOUS doivent avoir un accès libre à la parole publique, même et surtout ceux dont je tiens à combattre publiquement les idées nuisibles, et je compte sur le débat public pour permettre à chacun de séparer le bon grain de l’ivraie, les bonnes idées des mauvaises, quel que soit leur auteur.

      Amicalement.

      Étienne.
      _____________________________

      La liberté seulement pour les partisans du gouvernement, pour les membres d’un parti, aussi nombreux soient-ils, ce n’est pas la liberté. La liberté, c’est toujours la liberté de celui qui pense autrement. Non pas par fanatisme de la « justice », mais parce que tout ce qu’il y a d’instructif, de salutaire et de purifiant dans la liberté politique tient à cela et perd de son efficacité quand la « liberté » devient un privilège.

      Rosa Luxembourg (La révolution russe).

      ___

      Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose.

      Francis Bacon.

      ___

      Ou tu défends la liberté d’expression pour des opinions que tu détestes, ou tu ne la défends pas du tout. Même Hitler et Staline étaient ravis de défendre la liberté d’expression pour des idées qui leur convenaient.

      Voilà les enjeux essentiels. Pour pouvoir éluder ce débat, il y a toujours le flot de mensonges habituels.

      Noam Chomsky

    3. @ Paul Jorion
      « D’où une première mesure d’hygiène mentale si l’on veut être écouté et entendu : éviter de présenter des paranoïaques ridicules, des antisémites odieux, et ceux qui sont les deux à la fois, comme des « résistants ». »

      La conscience et l’intelligence des mots nous préserve instinctivement des amalgames odieux.
      Ceux qui veulent être écoutés et entendus en utilisant les seuls arguments de la raison, sont constitutivement équipés pour éviter les comparaisons ignobles.
      Je pense par contre que la propension à discourir sur le mode du politiquement correct est paradoxalement un moyen imparable de disqualifier un interlocuteur, dès lors que l’on sait utiliser signes et symboles puisés dans la vulgate contemporaine.

    4. Une (bonne ) constitution ne peut être que l’écriture de l’organisation de la recherche sociétale .
      Une constitution permet aux hommes que nous sommes de faire société au double sens de solidarité et recheche : construction de .
      Ainsi une bonne constitution nous permettrait de bâtir ensemble une société juste et durable (ce qui est idem bien sûr) )

      Mais là où (je pense que ) tu fais erreur c’est de placer la lettre, la constitution , ou pour Paul l’économie, avant la volonté de .
      Hugo Chavez (voir son discours sur mon commentaire ou sur contre info ), sans faire de cet homme ni de son discours une vérité à 100% comme dirait JFF , a l’intérêt de placer la volonté avant , et concrètement sur le terrain ; constitution et économie suivront .
      Et c’est bien sur le terrain ,au local qu’il faut agir ensemble et dans le cadre de l’existant : communes ,communautés de communes , »pays » inventer , expérimeter , mettre en oeuvre une autre société .

      Sinon on reste dans un bocal et bien d’accord pour dire qu’à l

    5. @ Paul, qui me dit « pas de liberté pour les ennemis de la liberté (Saint-Just). » :

      Liberté avant toute autre chose ?

      Vraiment ?

      Mais QUI donc a INTÉRÊT à cette devise libérale qui met la liberté AVANT l’égalité et même avant la fraternité ?

      Les plus forts, assurément, et eux seuls.

      Ce beau slogan (qui me fait réfléchir, bien sûr) me semble aussi séduisant que trompeur.

      Je tiens, très prioritairement, à l’état de droit.

      Et la liberté, la vraie, mesurée, tempérée, généralisée, en découlera.

      Pas l’inverse.

      _______________

      Tu ne m’as pas bien lu, Paul, je crois.

      Je répète mes questions, en les adaptant à ta pensée la plus récente :

      D’après toi, au-delà du slogan révolutionnaire, qui décide qui est « ennemi de la liberté » ? Et comment ? Avec quels droits pour la défense ? Quels recours ? Quels débats contradictoires publics ? Quels remparts contre l’injustice ?

      La rumeur ?

      Non merci.

      Que deviendras-tu quand ce sera ton tour d’être crucifié politiquement comme « ennemi de la liberté » (ou autre anathème), sans droit de te défendre publiquement, interdit de parole publique, sans recours, au cœur de l’injustice la plus crasse ? Dis, que deviendras-tu ?

      L’injustice, ça n’arrive pas qu’aux autres.

      Amicalement.

      Étienne.
      _________________________

      Entre le fort et le faible,
      entre le riche et le pauvre,
      entre le maître et le serviteur,
      c’est la liberté qui opprime,
      c’est la loi qui affranchit.

      Henri Lacordaire (1802-1861).

    6. @ Paul:

      On est toujours l’ennemi de la liberté de quelqu’un. Les justes devraient toujours être les ennemis de ceux qui bâtissent « leur » liberté, tels qu’ils l’entendent, en piétinant la liberté d’autrui. Pire, pas juste leur liberté, même leurs possibilités basiques de survie.

      Saint-Just… c’est le juste d’une certaine façon de voir le monde, la chrétienne-médievale. Il n’était pas nécessairement universellement juste.

      Quelle liberté donc? La juste, ou celle des soit-disants justes (auto-proclamées, ou idiots utiles de quelqu’un)?

    7. Non, on ne parle pas du même personnage, ne soit-ce parce-que je commente la citation pour son contenu sans m’intéresser à celui qui l’a prononcé.

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Antoine_de_Saint-Just

      La liaison avec le moyen-age que je fais n’est pas temporelle, mais idéologique, dans le sens de jouer avec le nom « Saint »+ »Just » et ce qui fut dans ce temps le dogmatisme intransigeant de la Sainte Mère Église.

      Pas de liberté pour les ennemis de la liberté… fais ce que je dis, pas ce que je fais! Comme prétendu allié de la liberté, il n’aurait pas du dire cela sans trahir sa propre logique, et comme ennemi, il n’en aurait pas eu besoin.

      La liberté, sans logique, n’est point liberté
      La liberté, sans éthique, n’est point liberté

      On n’est libre que quand ce qu’on doit faire coïncide avec ce qu’on veut faire.

      On n’est point libre quand la logique impose d’autres priorités que la volonté.
      On n’est point libre quand l’éthique impose d’autres priorités que la volonté.

      On n’est humain que quand la logique et l’éthique ont un sens, même si cela impose des priorités qui limitent notre liberté.

      Moi, je ne serais libre que quand il ne restera plus personne à libérer.

      Alors, peut-être on ne parlait pas du même personnage, mais j’ai comme l’impression qu’on ne parle non plus du même concept, la liberté.

    8. En Espagne, on a gardé longtemps un mauvais souvenir des « libérateurs » français, dignes successeurs de Saint-Just (regardez les peintures de Goya pour vous faire une idée, lui qui pourtant au début était favorable à la « liberté »). Il est vrai que les espagnols étaient rétrogrades et les français portaient le flambeau des « Lumières ». Cela rappelle un peu ce que font les américains maintenant partout où il y a des ennemis de la liberté.
      Ne pas oublier que c’est au nom de la liberté que, depuis la Révolution Française, les occidentaux ont colonisé et opprimé les autres peuples. C’est un concept très suspect.

  37. Ce n’est pas pour rien que la poportion de cadres d’origine protestante dans l’administration française est bien plus importante que le nombre statistique compté de protestants en France. Depuis, disons, l’Édit de Nantes la France est devenue progressivement politiquement protestante, c’est surtout flagrant avec la Révoluion française et après. Mais la société civile française était restée socialement catholique encore environ un siècle et demi après la Révolution. Aujourd’hui la « transformation » est à peu près achevée dirait-on. Les différentes « obédiences », par influences politiques interposées continues et des générations durant, ont fini de saper le substrat chrétien, particulièrement le substrat catholique de la France qui aujourd’hui n’est plus du tout elle-même. Personnellement, je le regrette amèrement car c’est là une cause fatale (?) du déclin accéléré, du moins à ce qui semble, de ce pays. On dirait qu’on a volontairement fait oublier à ce pays et son histoire et son essence. Nous voici devant une grande inconnue.

    Ceci dit, le capitalisme, dont l’esprit a très bien été mis en reflief ainsi que l’éthique protestante s’y rapportant par Max Weber (1), qui est un vrai investigateur apportant une aide précieuse, montre le capitalisme effectivement très mâtiné de protestantisme, et qui, à présent, tourne (dans le sens d’un aliment qui n’est plus comestible) à vue d’œil. Comment les tenants du capitalisme, un capitalisme qui, historiquement, est majoritairement formaté par la pensée protestante, ont-ils pu à ce point s’auto-justifier (libre-examen du protestantisme) donc dans l’ « édification » du capitalisme en entraînant à présent dans le désastre peut-être les 2/3 de la planète, après en avoir tant remontré au monde entier par les immenses fortunes édifiées. Des fortunes, par exemple, celles qui ont soutenu Obama, après d’autres présidences. Ces fortunes étant généralement commanditaires de la « démocratie » dans le monde…Et l’on voit quelle démocratie quand on regarde à la loupe le système financier entièrement frauduleux qui utilise aussi les armes pour imposer sa démocratie… Voilà dévoilés au grand jour les vices, les fraudes massives cachées dans les têtes des génies « prédestinés » (certains, pas très nombreux, devaient être de bonne fois mais ça ne suffisait pas). Aujourd’hui encore, la pensée protestante, infiltrée presque partout, consciemment ou pas, n’a pas encore pris conscience du fourvoiement de son déterminisme. Une exeption (pourquoi si tard?), c’est celle de John Perkins, assassin financier, dont l’éducation était calviniste pur jus, qui, des années durant, œuvra pour le triomphe du capitalisme souché aux États-Unis par les moyens les plus odieux, les plus sales, les plus dégueulasses, dans la vermine et le secret de la couverture des services « spéciaux » non répertoriés par « prudence », donc, à la différence des autres types de « puissances », par la dissimulation, la ruse, la trahison, les assassinats dans l’ombre, etc.
    Vraiment, peut-on appeler cela une civilisation? Sûrement pas!

    (1) chose curieuse, j’avais sûrement trop mal lu en bibliothèque il y a bien longtemps cet ouvrage L’Éthique Protestante et l’Esprit du Capitalisme de Max Weber, et dans le même temps que J. Finck, je viens aussi de l’acheter, (éd. Plon 1967), pour 1,5 euros d’occasion, juste avant Noël, car je voudrais le relire posément.

    1. La France terre d’un catholicisme équilibré
      éclairant les destinées du monde. Bien pratique
      pour justifier les conquêtes coloniales et la stabilité sociale.
      Tout cela, c’est fini et n’a jamais existé que dans des cercles étroits.

      Weber est intéressant parce qu’il attribue à Calvin un rôle non
      négligeable dans l’éthique entrepreneuriale des cultures
      protestantes. Calvin, le père fouettard inlassable de Genève.
      Calvin créateur de la premiére théocratie totalitaire.
      Les genevois, plutôt gaulois et franc chahuteurs lui ont donné
      bien des difficultés.

      Je rappelle que le municipalité d’Annemasse a érigé devant sa mairie
      une statut de Michel Servais aux fers avec le texte:
       » Clavin me fait mourir à petit feu ; je n’ai qu’une culotte trouée
      et il me refuse d’en changer ». ( adaptation du texte original)
      C’est une litote. Calvin a assassiné un esprit libre.

      Je préfère la pensée de Mounier : « les peuples se donnent
      les dirigeants ( et les systèmes philosophiques) qui peuvent
      le mieux leur faire atteindre leurs sourdes destinées ».
      Elle opère un renversement créatif. Evidemment, il faudrait
      d’abord établir que les peuples veuillent quelque chose.

      Une seule conclusion; les religions sont mortifères.
      Notre grandeur est d’ être seul.

      J’en parle à l’aise mais en ces jours de fête je pense aux victimes
      d’une crise inepte : les chomeurs et les femmes seules en charge
      d’enfants. Nos ratiocinations sont toutes relatives.

    2. Au moins 2 fautes :
      Statue et surtout Michel Servet.
      Je ne me manque pas de me recueillir quelques
      secondes devant cette statue chaque fois que
      l’occasion se présente. Non à la gloire
      de Michel mais à la constatation que les croyances
      abstraites sont dangereuses.
      Le témoignage de John Perkins est accablant.
      Ses commettants – le capitalisme conquérant
      et sans état d’ame – sont de vulgaires assassins.
      Et ils sont parmi nous.
      Il n’est pas indifferent que la BM et le FMI,
      deux extensions du Treasury, en soient partie prenante.

  38. En attendant la catastrophe et pour ceux qui n’y pourront rien, un mega blues :

    Marvin Gaye – Inner City Blues

    Malheureusement de si belles fleurs poussent dans le malheur, de là à décomplexer les gouvernants…

    Lisez bien les paroles, ça parle d’inflation.

  39. Le « découragement » de Francois Leclerc ne peut-il pas être lu comme une étape necessaire dans son parcours critique. Ne doit-on pas juste le constater?
    N’etait ce la dernière once d’espoir cachée qui, se fanant, emporta l’engouement vers le sol.

    Et maintenant après repos et humification du corp-esprit. L’absence de sens n’est elle pas libératrice, dans une perspective vague et volontairement imprécise mais de ce fait globale, comme le regard qui ne fixe rien mais percoit l’ensemble sans discrimination.

    En dehors ou au dela des notions d’utile ou d’inutile, de but souverain…rien n’empèche alors dans les actes, de continuer a analyser, critiquer, se battre, savoir ce que l’on veut atteindre comme valeur, attendre….et tacler aux bons endroits pour que le phénomène global dont nous sommes partie se transforme en ce que l’on croit meilleur …

    …et tant pis si ca ne marche pas…le soleil finira par exploser et notre corp-planette-poubelle alimentera en combustible ce beau feux d’artifice observable sur Zblorg%{] pour la Saint-Martien…

    …et si quelques actions marchent, on aura juste été la partie du processus faite pour tendre vers un point ou les conditions sont plus égalitaires/fraternelles/…./selon les goûts.

    Et tout cela pour « la beauté du geste » dans l’instant présent mais  » en dehors » de l’espoir/desespoir, « attente/non-attente » notions toutes relatives, qui même non définies n’empècheraient pas d’être une partie de la globalité qui ne peux s’empécher d’empecher la souffrance des enfants mourrants de faim

  40. Si le découragement est pire que la mort d’après les héritiers de Luther, remercions S.Freud pour l’invention de la psychanalyse, H.Laborit pour celle de l’Anafranil , M.Planck pour sa théorie des quantas et P.Jorion pour son projet d’interdiction des paris sur la fluctuation des prix.Bon bout d’an à tous et à l’an que vain!

  41. désespérer, ou selon son étymologie ne rien attendre, est la voie de la sagesse: cela relève avant tout d’une pratique, mais ne peut relever que d’un travail personnel sur soi. Ne pas retenir par les remords et les regrets, le passé qui n’existe plus; ne pas attendre par la projection, l’espoir l’anticipation, un futur qui n’existe pas. Bref, vivre l’instant, plein et entier (contrairement à une consommation du présent à laquelle nous assistons). Espérer est évidemment ce que nous enseigne les religion, mais plus généralement notre civilisation. Je ne sais pas comment se situe la philosophie chinoise dans laquelle l’action n’est pas conçue en vue de, selon un plan, un objectif à atteindre.Peut être y a t il enseignement de ce coté là. Mais dans le cadre de pensée qu’est le notre, je suis d’accord avec Paul Jorion, le désespoir ne peut être un programme collectif, la construction du vivre ensemble, le politique, est pari sur l’avenir, anticipation, prévision. Je me sens constamment tiraillée entre la nécessité individuelle de cesser d’attendre, car l’attente de quelque chose qui n’existe pas est évidemment angoisse, et la nécessite collective d’espérer, de travailler à la construction d’un avenir meilleur. C’est la question qui demeure, quant aux volontés de certains (philosophes ou décrétés tels) de vanter les mérites de la sagesse, mais qui sont incapables d’expliquer comment on passe des préoccupations du Je au Nous.

  42. pour prolonger la réponse que fait Paul à quelqu’un, la meilleure façon de contribuer à la lisibilité du blog est d’éviter de le remplir de » tartines » de textes par lesquels on se donne des airs de donneur de leçon;

  43. Daniel écrit le 26décembre 2009 à 10:26

    «  »Une seule conclusion; les religions sont mortifères.
    Notre grandeur est d’ être seul. » »

    En principe, nous les hommes, ne sommes pas seuls et, contrairement à nos attitudes, ne pouvons pas être – cause – de nous même. Tant d’effets le montrent. De même, un athée, ou un pur rationaliste, etc, produisent inconsciemment une « religion » qui leur convient.
    À mon humble avis, il faut, en toute modestie et charité (ici chrétienne) examiner le contenu de toute religion et pensée, approcher si possible le sens qui s’en dégage, et chercher à comprendre la bonne fois des autres.
    Et surtout, à l’inverse de tant d’autres, je ne considère pas du tout le catholicisme comme une maladie honteuse, tout le contraire. Sans la moindre vanité, car il ne faut jamais hésiter à dire la vérité, j’ai souvent été en avance, même en étant à l’opposé des opinions dominantes du moment.

    Je profite de ce message pour féliciter et encourager grandement notre ami Étienne.

    1. johannes, je vois que ce que je suggère plus haut vous remue 🙂

      Il me semble que l’implication n’aille pas dans les deux sens.

      La spéculation est une conséquence d’un espoir, celui de gagner un pari, mais ça ne veut pas dire que tout espoir soit une spéculation. Comme le fait remarquer Paul, un espoir peut aussi n’impliquer que vous, sans contre-partie.

  44. Paul, Bonjour, Merry Xmas, avec un peu de retard.
    Le découragement interdit. Absolument. C’est justement le sujet de mon article article de début d’année.
    Self made man, complet, pour beaucoup de choses. Des études, oui, mais des études de moi-même, ensuite, qui m’ont permis de poursuivre souvent en cavalier seul. Si j’avais joué dans les eaux du découragement, je serais mort aujourd’hui, comme vous dites. L’enfance est un guide pour toute l’existence. J’ai eu beaucoup de chance, j’ai fait ce que j’ai voulu. Mon travail était un hobby. Ce n’est qu’en fin que je suis devenu et que j’ai pris le pseudo d’enfoiré (avec minuscule, j’y tiens). Cela permet de remonter le courant général. Que cela s’appelle du Lutherianisme, je n’en savais rien. Vous êtes connu. Bien. L’ombre, personnellement, j’aime. Elle permet de réfléchir sans influence et pour compter les points. Aujourd’hui, souvent, il faut être en avant, bling bling ou simplement con_sommateur pour exister.
    La mécanique quantique, j’en suis un adepte en essayant de la cerner. C’est évident, les mystères de la religions vont tomber un à un avec le rationnel. Cartésien et numérique, je l’étais sans le savoir. Ma profession l’a confirmée.
    C’était le sujet de mon Noël 2008. http://vanrinsg.hautetfort.com/archive/2008/12/18/la-theorie-du-tout.html
    Deux eBook, dans le tiroir Internet, pour me localiser dans le jeu. Un autre en préparation plus intimiste encore.
    Have a good count blessing for Xmas.

  45. Voir « Lecons sur Zhuang-zi » et « Etudes sur le Zhuang zi » de JF Billeter ainsi que les livres de Jean Lévi sur le même sujet.

    Deux livres traitants d’une interprétation phénoménologiste de textes utilisés plus tard pour fonder le taoisme. Au travers de sainettes entre boucher et prince notament pendant l’antiquité chinoise, époque troublée par des guerres multiples entre principautés, on traite d’intervention politique, des ressorts de l’action ainsi que d’hypnothérapie sous un angle assez éclairant.

    Extrait:
    Le cuisinier Ding dépeçait un boeuf pour le prince Wenhui. On entendait des « hua » lorsqu’il empoignait de la main l’animal, qu’il retenait sa masse de l’épaule et que, les jambes arcboutées, il l’immobilisait un instant du genou. On entendait des « hua » quand son couteau frappait en cadence comme s’il eût accompagné la danse du Bosquet des Mûriers ou le rythme de la Tête de lynx.
    – Oh ! Que c’est admirable ! S’exclama le prince. Je n’aurais jamais imaginé paraille maîtrise.
    Le cuisinier posa son couteau et répondit :
    – Ce qui intéresse votre serviteur, ce n’est pas simplement la technique, mais le fonctionnement des choses (dao). Lorsque j’ai commencé à pratiquer mon métier, je voyais tout le boeuf devant moi. Trois ans plus tard, je n’en voyais plus que certaines parties. Aujourd’hui je le trouve par l’esprit sans plus le voir de mes yeux. Mes sens n’interviennent plus, mon esprit agit comme il l’entend et suit de lui-même les linéaments du boeuf. Lorsque ma lame tranche et disjoint, elle suit les failles et les fentes qui s’offrent à elle. Elle ne touche ni aux veines, ni aux tendons, ni à l’enveloppe des os, ni bien sûr à l’os même. Les bons cuisiniers doivent changer de couteau chaque année parce qu’ils taillent dans la chair. Le commun des cuisiniers en change tous les mois parce qu’ils charcutent au hasard. Mais avec ce couteau, qui lui sert depuis dix-neuf ans, votre serviteur a dépecé plusieurs milliers de boeufs et sa lame est encore tranchante comme au premier jour, car il y a des interstices entre les parties de l’animal et le fil de ma lame, n’ayant pas d’épaisseur, y trouve tout l’espace qu’il lui faut pour évoluer. C’est ainsi qu’après dix-neuf ans, elle est encore comme fraîchement aiguisée. Quand je rencontre une articulation, je repère l’endroit difficile, je le fixe du regard et agissant avec une prudence extrême, lentement je découpe. Sous l’action délicate de la lame les parties se séparent avec un « huo » léger comme celui d’une poignée de terre que l’on pose sur le sol. Mon couteau à la main, je me redresse, je regarde autour de moi amusé et satisfait ; après avoir nettoyé la lame, je la remets au fourreau.
    Le prince Wenhui s’exclama :
    – Admirable ! En écoutant le cuisinier Ding, j’ai compris l’art de nourrir en soi la vie.
    (Trad. : Jean-François Billeter)

  46. Bonne qustion que je vous retourne, si vous voulez bien!
    Le spéculateur s’en fout pas mal de l’acheteur pourvu qu’il achète à un prix plus élvé, sinon, sa spéculation est perdante.
    « l’avenir » c’est qui veut en être, je suppose.
    Enfin, vous annoncez votre prochain livre qui précisera les choses,alors je suis impatient de cela.
    En tout cas, ma proposition de réforme monétaire a aussi un coté « spéculatif », j’en conviens, mais cela est même le cas des grandes théories de la physique.
    Tant qu’il n’y a pas de faits qui remettra en cause la validité d’une théorie, elle reste valable.
    Pour la monnaie dite fondante, je ne vois aucun fait qui puisse pour le moment la contredire, sauf un: son manque d’acceptation au point qu’elle ne fait fait guère débat.
    Si, un jour, on m’oppose des arguments techniques redhibitoires, je capitulerai!

    1. « Ceux qui ont des idées mais ne savent pas les présenter sont, peu à peu, exclus des débats. »
      Bernard Werber
      Extrait de La révolution des fourmis

  47. De plus en plus, je constate sur ce blog le désir de certains intervenants de retourner en arrière, vers l’extrême gauche (communisme, socialisme de l’est,…).Ont-ils déjà oublié les horreurs auxquelles ce « socialisme » nous a amenés (et je ne parle pas bien sûr pas du socialisme moderne à l’occidentale) ? … Inutile de rappeler Staline, Pol pot, Kim Jong, Ceausescu…
    On pourra critiquer le système occidental autant que l’on voudra et le rendre responsable de tous les maux de la terre entière, il faut quand même accepter qu’au niveau individuel et politique, les libertés n’ont jamais été aussi grandes (liberté d’expression, politique…) et moi, personnellement, je n’ai pas envie que cela change !
    Le problème de l’Occident, ce n’est pas le manque de pouvoir de l’état mais plutôt la complicité du sommet de l’état avec des acteurs privés comme les banques et certains capitalistes richissimes. Nos « élus », au lieu de représenter les intérêts de leurs électeurs, défendent trop souvent leurs propres intérêts et des « causes » (mondialisation, marché unique, Europe….) qui vont à l’encontre de l’opinion de leurs électeurs. Il y a un déni de démocratie manifeste pour l’instant….
    Nous devons à nouveau définir le rôle de nos états et de leurs représentants. Et ceci n’implique certainement pas un retour à l’état totalitaire de droite ou de gauche …
    Le rôle des politiciens est en premier lieu de représenter la population…
    Le rôle de chaque état est d’abord de protéger sa population, la démocratie, son patrimoine, ses entreprises, l’environnement … mais aussi d’assurer la justice et une distribution des richesses équitable (par les impôts), de protéger et assurer une vie décente aux plus faibles…
    Il me semble que les dérives des états et de leurs représentants sont une conséquence du néolibéralisme (capitalisme sauvage) qui n’a d’ailleurs, quant au rôle de l’état, plus rien à voir avec l’idéologie du libéralisme, qui voulait certes diminuer le pouvoir des états vis-à-vis des citoyens (vu les dérives au début du 20ème siècle) mais qui ne préconisait pas une association entre le pouvoir de l’état et les capitalistes (ce qui portait aussi le nom de fascisme en d’autres temps) aboutissant inévitablement à une ploutocratie…

  48. Pas du tout d’accord avec ces histoires de chat quantifié, d’états superposés et autres mondes parallèles. Il y a une autre hypothèse : que la nature soit absolument indifférente à ce qui nous apparaît comme des bifurcations (une possibilité se réalise, l’autre non). Je veux dire que, de son point de vue, c’est pareil que le chat ressorte vivant ou mort de sa boîte : dans les deux cas il ressort chat, et non pas Christ ressuscité. La différence entre les deux états n’existe que pour l’observateur doué de mémoire, pas pour la nature. Quoiqu’il en soit, je n’arrive pas à gober cette histoire « d’états superposés », pas plus que la fameuse « intrication » issue du même tonneau, parce que les interprétations qu’on en fait ici et là font l’impasse sur la mémoire humaine et ses extensions artificielles, alors que rien ne saurait être dit sans elle.

  49. Paul Jorion cite Saint Just  » Pas de liberté pour les ennemis de la liberté.  »

    C’est peut être pas une excellente référence…

    Louis Antoine Léon de Saint-Just est un homme politique français, né à Decize (Nièvre) le 25 août 1767 et mort à Paris le 28 juillet 1794 (10 thermidor an II), à 26 ans, qui se distingua pour son intransigeance sous la Terreur. Il fut surnommé « l’archange de la Terreur » ou encore « l’archange de la Révolution ».

    (Wikipedia)

    Bon, maintenant on veut des noms …

    1. « Il fut surnommé… »

      Un peu de nuance et de sens critique, svp. Pourquoi wikipedia ne dit-il pas que c’est Michelet qui l’a surnommé ainsi et qu’ensuite tous les historiens ont repris ce surnom? Et puis, pourquoi dit-on par exemple de Louis XIV qu’il fut le roi Soleil alors qu’il avait sans doute beaucoup plus de sang sur les mains qu’un Saint-Just? Et puis enfin, il faudrait discuter de si la Terreur (d’où vient l’expression?) fut une nécessité pour sauver la Révolution face aux forces contre-révolutionnaires.

      http://www.royet.org/nea1789-1794/notes/articles/article_stjust.htm

  50. Au sujet de la spéculation.
    1) le second dans un pari spéculatif est consentant et s’il perd il en avait accepté les règles.
    2) si ce pari est fait entre un spéculateur et un investisseur cela ne veut plus rien dire, l’investisseur n’achète pas un titre pour le revendre 2 heures plus tard (à moins d’un miracle) et il fait généralement ses devoirs en profondeurs.
    3) il faut également faire une différence entre le gros spéculateur (équations, programme automatique, et cetera) et le petit.
    En fait il faudrait plutôt interdire la spéculation au zinzin (institution) car c’est eux qui biaise le marché.

    Toto, club des pessimistes.

  51. A propos de la proscription du decouragement, je vous conseille « Terre des Hommes » de Saint Exupery ou on trouve le meme discourt sans references religieuses explicites me semble t il. Du vecu et rien que du vecu….

    Joyeux Noel a tous

  52. Je prends connaissance de votre billet video hebdo .

    Mon sentiment : Déçu !!!

    – Francois LECLERC était il pessimiste , dans ce fameux billet ??? Vous semblez être dans la confidence . Soit ! Si tel est le cas, Pourquoi ( Et là , je m’adresse à Mr LECLERC …) êtiez – vous pessimiste ???
    Le contenu de son billet n’est en rien pessimiste … Il traduit le passage d’une porte, par l’auteur du billet, … Une ouverture … Que beaucoup ne veulent pas même envisager … même avec leur confident (e).
    – Vous avez tout de même parlé de JC …. Pffff ! Et jamais … non !!! Ohhh grand jamais , vous ne parlez du COCHON !!!
    Pourtant , « …dans le cochon , tout est bon !!! « . Et le cochon nous montre la voie que doit suivre l’homme …!!!
    – « …Le système luthérianisme … et le découragement…c’est du solide…!!! »:Je ne connais pas ce ‘système ( jevais me renseigner …) , mais ignorer / et /ou interdire / se détourner du découragement, c’est comme … c’est comme…comme s’interdire de manger ce qui vient de l’océan… alors qu’elle se trouve à vs pieds … mince alors !!!
    « … L’homme qui n’a pas connu le découragement… et vécu en sa compagnie ( une expérience très humaine… pour une fois … ) , n’a rien connu !!! » dixit le chou chinois … Mais , nous les solanacaes, nous n’aimons pas trop les brassicaces.

    1. A dire vrai, je n’étais pas spécialement optimiste ! Pour autant, étais-je découragé ? Je ne le vis pas ainsi.

  53. @ Etienne : Mes salutations … même si je ne suis pas d’accord avec vous, sur tout ce que vous avez évoqué …
    C’est trop « inapplicable » . De part ma petite expérience, les minorités ont dirigé le monde, attirant à eux , la plus grande majorité ( brebis et béliers , bien entendu…). Quelque soit mon regard posé sur le passé, je ne vois ( sui – je aveugle??? dites le moi , je vous en prie !!! ) que cela !!!
    Pour ce qui est de la loi, j’y suis favorable …
    Pour ce qui est du noir à un instant, qui devient gris foncé quelque temps plus tard, et blanc cassé, encore plus tard, je suis d’accord !!! Car , c’est très mathematique … et donc , très naturel ( je n’ai pas dit humain … car, mes connaissances actuelles ne me permettent pas de conduire à cela …).

    Mes salutations.

  54. @ Mr LECLERC : Fort bien !!!!
    Se pourrait ‘il que vous êtiez conscient ??? De quelque chose ???
    Vous dites : « … Je n’étais pas spécialement optimiste … » . Imparfait !!! Vous ne l’êtes plus . Vous êtes entré … et Vous en êtes sortis !!! intéressant !!!! Très intéressant, et mathématiquement démontrable !
    Y aurait il quelque chose ( DES quelque choses …???!!!) entre le pessimisme et l’optimisme ???
    Y aurait t’il quelquechose que l’on peut percevoir, nous envahir…quelque chose d’autre que le côté singulier » salvateur/destructeur » ????
    Y aurait il, à notre portée, quelque chose de semblable, à ce noyer, et ce cerisier, qui me permette d’anticiper, dès octobre, ce que sera la récolte , la saison prochaine ???
    Enfin, je ne crois pas que vous étiez découragé … On veut me détourner, moi la tomate, du contenu de ce billet … Libre aux autres … mais, je demeure concentré … En clair, DEMEUREZ CONCENTRE !!!

    PS: Comme beaucoup ici—-> Mr Paul JORION, JOHANNES FINCK, et bien d’autres, vous êtes complémentaires .
    Je vous remercie pour cela , vous Mr LECLERC , et tous les autres !!!
    Vous êtes conscients, également, des munitions que vous offrez aux autres minorités, qui veulent vous nuire … et sur le point d’y arriver !!! Bientôt !!! Bientôt !!!
    Vos rôles de vulgarisateurs et decripteurs nous sont indispensables !!!
    Pour ce qui est du combat …. Y a du boulot !!!!

    Bonne soirée !!!

  55. Dans mon blog personnel je m’étais lancé dans une comparaison hasardeuse entre l’intelligence collective des colonies de fourmis et celle des sociétés humaines. Certains, dont moi, admettaient alors l’idée que nos individualités, supposées créatives et contrariantes, nous poussaient, tel Lucky Luke, à suivre une route solitaire pour « sauver le monde » plutôt que d’adopter une solution collective qui aurait pu se révéler plus efficace. Je comprends en lisant l’article  » Pourquoi nous avons neuf vies comme les chats » que ce comportement héroïque n’est en fait qu’un banal artefact produit par notre conscience !

    Un ami physicien m’a mis en garde fort justement contre les dangers des interprétations macroscopiques des phénomènes quantiques. Une propriété physique appelé « décohérence » fige les états quantiques à grande échelle. « C’est dommage » me dit-il car en l’absence de celle ci, « en te précipitant suffisamment de fois contre un mur, tu finirais par passer au travers ! ». Mais précisément Paul Jorion nous explique que l’espèce humaine se caractérise des autres animaux par une grande persistance dans l’erreur. Il écrit:  » l’animal privé de conscience est confronté à l’objectivité de la réussite ou de l’échec de ses comportements ; au contraire, l’homme dont la conscience s’attache nécessairement au monde où son corps demeure en vie, est encouragé à persévérer, quelque soit la stupidité objective de son jugement quant à la tâche d’assurer sa survie ».

    Ne serions nous pas suffisamment « décohérents » ?

  56. Les oeuvres et les écrits de P.J. doivent se lire « à double détente » (détente signifie également plusieurs choses relativement contradictoires).

    J’ignore si P.J. s’en est déjà ouvert mais « Le temps qu’il fait » outre être le titre de sa rubrique du « jour du poisson » est également le titre d’un roman (l’unique roman) d’un auteur Breton Armand ROBIN.

    Le thème du roman, est bien dans la veine « Jorionesque ». Je laisse à chacun le soin de le découvrir.

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