Fannie, Freddie et la deuxième mort d’Alan Greenspan

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

L’un des commentateurs du blog a fait la remarque facétieuse que s’il y a bien une preuve que je suis un anthropologue et non un économiste, c’est le fait que mes prédictions se vérifient.

Parmi celles-ci, la suivante a reçu un sérieux coup de pouce jeudi soir, alors que les réveillonneurs, ignorant que le monde était en train de changer, se mettaient à table :

Le plus fascinant sans doute est que c’était le petit tango que la Chine et les États–Unis dansaient ensemble depuis quelques années qui avait conduit là l’Amérique. L’évolution qui se dessinait suggérait un scénario tout à fait surprenant : une convergence du système économique et politique des deux nations comme conséquence de leur symbiose de fait. On entrevoyait qu’à brève échéance, de l’ordre de cinq ans, les systèmes politique et économique de la Chine et des États–Unis seraient quasi-identiques : un capitalisme d’Etat comprenant comme une enclave en son sein un capitalisme de marché sous très haute surveillance.

On trouve cette prédiction à la page 93 de « La crise. Des subprimes au séisme financier planétaire » (Fayard 2008). Qu’est-ce qui rend cette prédiction plus plausible aujourd’hui qu’hier ? Le fait que le gouvernement américain a levé le plafonnement de son financement des Government–Sponsored Entities, Fannie Mae et Freddie Mac, signifiant qu’il garantit leurs opérations quoi qu’il advienne – autrement dit il garantit l’avenir du secteur du crédit immobilier résidentiel américain dans sa totalité –, faisant d’elles, de facto des organismes d’État à part entière. La somme maximale des titres constitués de crédits hypothécaires que les GSE peuvent conserver dans leur propre portefeuille a été fixée à 900 milliards de dollars, autrement dit a été relevée si on compare ce chiffre aux 772 milliards du portefeuille actuel de Fannie Mae et aux 762 milliards de celui de Freddie Mac.

Ceux d’entre vous qui ont eu l’occasion de lire « La crise du capitalisme américain » (La Découverte 2007 ; Le Croquant 2009), se souviennent que les GSE étaient les vedettes de cet ouvrage. Ils se souviendront aussi que dans les toutes premières années du nouveau millénaire, Mr. Greenspan recommandait avec une certaine véhémence le démantèlement de ces géants semi-étatiques déjà perçus comme « too big to fail » (trop gros pour tomber) pour les remplacer par des entités plus petites et purement privées (pages 105 à 108).

Les parlementaires républicains parlent à juste titre de coup fourré : un communiqué diffusé le soir d’un réveillon de Noël tombant avec beaucoup de générosité cette année un jeudi, ce qui offre trois jours à la presse pour oublier la nouvelle. La fureur des républicains s’alimente du fait que la nouvelle a une portée beaucoup plus générale : elle révèle en effet la politique globale de l’administration Obama devant le « too big to fail ». Il est clair qu’en haut-lieu on a cessé de voir dans le secteur privé un recours possible pour le « too big to fail » – même sous la forme éclatée d’organismes de taille plus réduite (la formule utilisée autrefois pour mettre à la raison les trusts), au contraire, il est manifeste que tout ce qui est trop gros pour qu’on le laisse tomber, l’État le phagocytera désormais … sans jamais le reconnaître bien entendu, afin d’éviter qu’on ne revoie dans les rues des manifestants « Tea Party », hurlant : « Socialisme ! Socialisme ! » Pauvre Monsieur Greenspan : les « libertariens » en viendront bientôt à regretter Keynes !

On comprend mieux du coup l’attitude de l’administration Obama envers les rares survivantes de Wall Street au cours des mois passés : si les frontières entre grandes banques et administration sont devenues plus poreuses que jamais dans l’histoire américains, pourquoi s’en faire ? administration et banques ne constituent plus que les différents rouages d’un immense capitalisme d’État.

Les manifestants « Tea Party » manquent de culture politique : rien à voir ici avec le socialisme : sous le nouveau régime, les patrons de Fannie et Freddie se voient garantir des salaires annuels de 6 millions de dollars (à la poubelle, les stock options du défunt capitalisme sauvage ! Qui en voudrait d’ailleurs, avec des actions à 2 $ et des pertes à venir s’élevant vers le ciel !). Leurs adjoints immédiats recevront environ trois millions – ce qui est, admettons-le, bien payé pour s’abstenir d’aucune initiative et obéir passivement aux ordres de leurs confrères au sein de l’administration. Brave Amérique : elle passe du capitalisme privé au capitalisme d’État, mais sans vouloir sacrifier pour autant la lutte de classes ! On se débarrasse de ce qui ne marche pas, et on garde le meilleur : « On entrevoyait qu’à brève échéance, de l’ordre de cinq ans, les systèmes politique et économique de la Chine et des États–Unis seraient quasi-identiques ».

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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65 réflexions sur « Fannie, Freddie et la deuxième mort d’Alan Greenspan »

  1. La confluence des deux système a déjà connu une heure de gloire, c’était sous Krouchtchev en URSS et Kennedy aux Etats-Unis. Mais elle n’a pas eu lieu, en tout cas pas sous la forme idyllique sous laquelle elle était présentée. Une deuxième occasion se présente, plus sérieuse. Faut-il la présenter comme la consécration du capitalisme d’Etat ?

    Il y a beaucoup de cela, puisque l’on constate que, selon le titre en Français du dernier livre de James.K. Galbraith (que je n’ai pas encore lu), « l’Etat prédateur », le capitalisme Américain a investi à son profit l’Etat, dont il a fait sa créature et dont il abuse. La découverte pourra paraître tardive à certains, mais elle s’appuie sur un retour à l’Etat indéniable et durable, tel que Paul l’a effectivement parfaitement anticipé en analysant la crise du capitalisme Américain.

    La nature des régimes comme ceux de l’ex-URSS (ou même de la Russie d’aujourd’hui), ou bien encore de la Chine, a pour sa part déjà fait couler beaucoup d’encre et suscité de nombreuses controverses. Il est possible d’y revenir, mais c’est un peu daté, car ces pays ont tellement évolué en si peu d’années.

    La question se pose: de quoi serait faite cette confluence, ce régime qui aurait triomphé aussi bien aux Etats-Unis qu’en Chine (et qui s’apprêterait à imprimer sa marque au monde) ? Il y a deux points de départ possibles pour l’analyser: l’un et l’autre de ces deux pays mêmes, bien évidemment.

    Leur dissemblances, tant historiques que présentes, ont toujours été mises en avant, tellement elles allaient de soi. Faut-il désormais jouer au jeu des ressemblances cachées ? Il me semble qu’avant de conclure au capitalisme d’Etat, qui peut dans l’immédiat convenir, faute de mieux, il faut s’engager dans cette réflexion.

    Je n’ai pas fait cet exercice en m’appuyant sur la Chine, mais sur un autre pays du Bric, le Brésil (pour y avoir vécu). Je me suis demandé en quoi ce dernier pays représentait l’avenir du monde occidental. Un sacré paradoxe qui m’a fait regarder de travers par ceux à qui je l’énonçais, non sans quelque prudence. Et j’ai cherché les points de convergence dans les évolutions respectives des sociétés brésilienne et française.

    Ma modeste conclusion provisoire, sur laquelle je travaille, et qui me semble être confortée par la crise actuelle et ses conséquences, est que le changement d’axe de la puissance économique mondiale va être plus rapide que nous l’estimons. Et que les conséquences de ce basculement vont être très importants pour nos sociétés occidentales. Que ces dernières vont se rapprocher par certains de leurs traits, toutes proportions gardées, de celles des pays émergents. Par certains de leurs mécanismes en général, et par l’accroissement des inégalités sociales en particulier.

    Le problème que va affronter ce processus, c’est la viabilité très incertaine du système qui se met en place des deux côtés. La crise actuelle démontre qu’il n’est actuellement capable, dans sa logique et en s’appuyant sur les rapports de force dont il bénéficie aujourd’hui, que de pratiquer une impressionnante et dangereuse fuite en avant. C’est là où la discussion peut s’engager et se poursuivre…

    1. Que faire, par conséquent? Dénoncer une dictature de fait aux Etats-Unis, ce que certains réveille-tard dans ce pays ne manqueront pas de faire, avec sans doute quelques manifestations de masse à la clef? Une fois le pot-aux-roses éventé, je n’imagine pas que la vie puisse continuer comme devant aux USA, qui recèlent trop de gens épris de liberté pour accepter un fait accompli de cette nature. La presse n’y est pas aux ordres, elle ne l’a jamais été, et je ne conçois pas qu’elle s’abstienne d’appeler un chat un chat (lequel n’a pas neuf vies, contrairement à ce qu’affirme le dicton populaire).

      Du même coup, démontrer par A+B aux Européens qu’ils n’ont rien à faire à s’enfermer dans les cales profondes de cette galère? Mais alors, qu’adviendra-t-il de l’OTAN? Je veux bien qu’un « nouvel ordre » réunissant l’Europe et les pays émergents se forme, mais alors sur quelles bases, et avec quel système monétaire, notamment?

      Vient ensuite la question qui tue: l’Europe, le Brésil, etc., combien de divisions? Je laisse aux géopoliticiens le soin de définir les différentes configurations de « puissances » auxquelles le kapo-système formé par l’empire américain agonisant « allié » au nouvel Empire du Milieu va conduire. Allons-nous devoir notre salut à la mafia de Poutine? Avec le soutien des potentats arabes? Je tremble de la tête aux pieds rien que d’y penser.

  2. Nous nous dirigeons clairement vers un système féodal
    Quelques centaines de millions de possédants, 2 ou 3 milliards très contents de travailler pour eux et le reste dont plus personne n’a rien à faire. A mon avis, c’est cuit pour quelques centaines d’années.

  3. C’est vrai qu’aux Etats-Unis il se passe des choses intéressantes en ce moment.
    Voici ci dessous un lien
    http://firedoglake.com/2009/12/23/jane-hamsher-grover-norquist-call-for-rahm-emmanuel%E2%80%99s-resignation/
    qui par le de l’alliance de circonstance entre une libérale ‘Jane Hamsher, figure du journalisme de gauche Américain et de Grover Norquist un libertarien, un dingue il est vrai, contre Emmanuel Rahm un membre de l’équipe d’OBama.

    Ce Rahm fait partie de ce que les les américains appellent de « Crony capitalism » sorte de capitalisme des copains
    qui a certes toujours existé mais qui dans l’Amérique hyper-individualiste choque toujours.

    On voit bien que des américains de bord différent sentent que le catastrophe approche et font tout pour l’éviter.

    Les républicains à chaque intrusion de l »état crie au socialisme et à l’Européanisation mais leur manque de culture les empechent de voir la différence entre le socialisme (en fait la social-démocratie) européenne et le « leur ».

    Les Etats-Unis se rapprochent plus d’une forme de fascisme/féodalisme ou concrétement du capitalisme Latino-américain que de l’Europe.

  4. Quels sont les conséquences concretes d un tel système?Peut il permettre de reculer la seconde etape de la crise ?Cest comme ci la dette ne sera à jamais remboursé… »ils » ont créaient un système et en modifie ces paramètres, l’ adapte aux evènements sans jamais perdre…pile je gagne ,face tu perd…

  5. Admettons que ces 2 pays se trouve sur des trajectoires
    concourantes, mais dans le long terme.

    La liste des différences entre les 2 pays est interminable.
    Une au hasard:
    Le « système » US inclus toute la population
    y compris 30 à 40 millions de pauvres et déshérités.
    Le même « système » en Chine comprend 300 à 400
    millions de happy few ( happy, pour peut-être pas très longtemps),
    ceux des provinces maritimes. Et laisse de côté plus d’un milliard
    dont les conditions de vie, l’impuissance face à la corruption et aux abus,
    et à l’autarcie obligée fait des citoyens de seconde zone.
    Avec une particularité: 200 à 300 millions de sous-travailleurs
    exploités migrent continuellement entre les 2 mondes.
    Ils sont plein d’espoir à l’aller, et sans doute pas loin du ressentiment
    lorsqu’ ils sont obligés de retourner dans leurs villages.

    Ce que fait l’oligarchie US n’est pas la construction d’un « système »,
    même contre son intention. Elle n’est pas guidée par le souci du bien public.
    C’est l’action d’une classe aux abois, qui a perdu une bonne partie
    de son sens moral et qui se sert au tas avant sa chute finale.
    Des décisions guidées par l’intérêt du moment, purement
    conjoncturelles et opportunnistes, ne construisent pas, en
    période de décadence, un « système » lisible.
    (Au sujet des garanties accordées aux 2 GSE, la furtivité permise
    par la date des fêtes est le signe d’un gouvernement pas très
    sûr de l’ approbation publique de son fait.)

    Ce n’est qu’un modeste avis ; je manque
    d’informations vraiment récentes et complètes.

    Chine et Brésil veulent, et obtiennent le plus souvent,
    des transferts technologiques importants ou stratégiques.
    Ces transferts commencent à nous priver de notre substance.
    Le rapport de force change.

    1. Tout à fait d’accord avec vous. C’est clair qu’il y a beaucoup plus d’urgence derrière les décisions de l’équipe d’Obama que de planification à moyen terme. Si l’Amérique « passe du capitalisme privé au capitalisme d’État » ça ne peut être que de façon provisoire, pour essayer de sauver le système…

  6. L’évolution de nos sociétés occidentales vers une sorte de capitalisme d’État, pour autant qu’elle se confirme serait-elle principalement due au « petit tango » que les Etats-Unis ont dansé avec la Chine, par « confluence » entre les deux systèmes ? C’est possible, mais il me semble que cette évolution est également imputable au fait qu’en temps de guerre le contrôle étatique tend à se resserrer. Nous ne sommes certes pas vraiment en temps de guerre (malgré l’Irak et l’Afghanistan) mais nous évoluons vers une situation qui y ressemble en partie. Les métaphores utilisées en rapport avec la crise économique sont souvent guerrières (il est question de « combattre » la crise, de « lutter » sur le front de l’emploi, de « sauver » le système…) et par ailleurs le spectre qui hante les esprits, au cas où le système s’effondre, ce sont bel et bien les troubles civils, voire la guerre civile (sans compter le spectre de la guerre tout court puisque dans une situation désespérée où chacun ne songe plus qu’à sauver sa peau, le risque de conflits inter-étatiques devient plus grand).
    Or, je pense que le système ne peut que s’effondrer, dans un avenir assez proche, principalement du fait de l’épuisement des ressources naturelles, en particulier de l’épuisement des ressources énergétiques (pic pétrolier, puis gazier…). A cet égard je signale l’intéressante page de Jancovici qui montre que les évaluations du « Club de Rome » (1972), qui avaient si durement été tournées en dérision, étaient assez justes et que la décroissance est, à terme, absolument inévitable (ce n’est même pas la question d’être « pour  » ou « contre », c’est le fait qu’elle va se produire de touts façons, qu’on le veuille ou non).
    Il s’agit seulement de savoir si on peut « l’accompagner », la moduler en sorte qu’elle ne nous jette pas dans la famine et donc dans les affres des pires conflits qui soient et où dans un totalitarisme (ou, en tous cas une tyrannie) dont le capitalisme d’État ne risque d’être qu’une aspect parmi bien d’autres.
    Référence de la page de Jancovici : http://www.manicore.com/documentation/club_rome.html

  7. J’ai écouté hier votre « allocution hebdomadaire » et vous disiez à chacun de ne pas se décourager, que la lumière était au bout du tunnel. Et bien, en lisant votre article, j’ai la bonne impression que vous ne mettriez pas un seul kopeck sur un sursaut démocratique aux Etats-Unis…
    Par exemple, « les manifestants « Tea Party » manquent de culture politique » m’a fait froid dans le dos…s’il y a révolte aux Etats-Unis, ce ne sera qu’anarchie et guerre civile à vous entendre…
    Dans le monde occidental, on assiste à des décisions politiques de plus en plus effrayantes et tout ceci n’a été rendu possible que par un individualisme des plus bêtes…prenez les grèves des transports publiques, c’est toujours un bon moyen de remettre en cause un droit social sous prétexte que l’on prendrait en otage des usagers, ce qui est faux. On exhibe alors des usagers furieux affirmant crânement qui s’ils faisaient grève, ils seraient virés et qu’en conséquence les grévistes étaient des privilégiés. Ceux-ci ne se demandent même pas pourquoi ils ne peuvent plus faire grève. Les dépressions sont de plus en plus courantes, autre signe montrant un découragement généralisé… sans parler des débats identitaires, contrecoup de cet individualisme rampant…
    L’équilibre entre droits collectifs et droits individuels est aujourd’hui une nécessité si l’on ne veut pas finir dans un monde néo-fasciste.
    Mais bon, il faut continuer à espérer, c’est ce que font les banquiers en essayant de trouver des techniques de camouflage toujours plus perfectionné…le système aurait dû s’effondrer mille fois cette année, il tient toujours, et il est malin, profitant des jours fériés pour faire passer les couleuvres; la bonne nouvelle, c’est qu’en juin, il y aura la coupe du monde, vous vous rendez compte ce qu’ils pourront faire gober au monde entier occupé à regarder la télévision ! En 2006 (ou en 2002 ???), déjà, des chefs d’Etat européens (Berlusconi et Blair je crois) avait cru bon d’interrompre une réunion de la FAO pour aller regarder je ne sais quel match…pour un match de foot, les crève-la-faim peuvent bien attendre !

  8. @ à Paul

    Paul , vous mettez le doigt sur les points essentiels. Comme de juste, mais pour le coup, vous n’êtes pas le seul à avoir prévu cette évolution bizarre vers une politisation rampante de nos systèmes économiques !
    De mon point de vue cette origine est double
    Elle tient d’une part à ce que les systèmes financiers sont organisés par l’Etat depuis les origines du libéralisme ( même si cela dérange tout le monde de le reconnaître !) Que l’Etat US cherche à renforcer son contrôle politique sur les Banques n’a rien de révolutionnaire
    Mais ce phénomène tient aussi – chose que l’on n’a que peu discutée ici – au phénomène de dématérialisation de l’économie qui rend de plus en plus difficile un fonctionnement autonome de marché
    . Dans un système libéral, il est alors normal que la sphère politique intervienne de plus en plus dans l’univers marchand (je vais vite, bien sûr)
    De ce point de vue, les tribulations du système financier sont peut être l’arbre qui cache la forêt. Plus grave me semble la juridiciarisation croissante des transactions commerciales dont le « subprime  » n’est qu’un des avatars – avec ses 60 pages illisibles que l’on faisait signer aux contractants ( le droit appartient à la sphère politique en système libéral). ou encore le poids croissant des agences de notation qui ne reflète en rien leur expertise ni une quelconque action économique : celles-ci vont devenir un enjeu politique à court terme, surtout si le dollar continue à faiblir !

    Si cette analyse est exacte, alors on doit s’attendre à une crise d’identité croissante chez ceux qui portent les valeurs les plus profondes de l’Amérique historique – l’Amérique de Tocqueville ! . Et sans doute le mouvement des tea party est-il très représentatif.

    Mais encore une fois soulignons l’effarante erreur d’analyse de la pensée économique dominante qui n’a pas arrêté de nous conter l’histoire d’une tendance inexorable au reflux de l’Etat et de la sphère politique depuis 30 ans . Idem d’ailleurs pour les marxistes .

    Il faut dire – ceci dit pour répondre à François – qu’elle nous avait servi « à la mode de Galbraith » un autre mythe : celui de la convergence USA-URSS . et s’il s’agissait en fait de la même erreur d’analyse ?

    amicalement

    1. Vers un mouvement global d’en bas :

      Echec et victoire à Copenhague

      Mercredi, décembre 23, 2009

      Pour nous, qui sommes revenus de Copenhagen pleins d’espoir et d’énergie, c’était étrange de se rendre compte que beaucoup de ceux et celles qui ont suivi l’affaire de loin l’on vécu comme une catastrophe. / Olivier, de la Caravane du Commerce au Climat

      Pourtant, c’était évident depuis un moment qu’il y aurait « au mieux » un accord sur de fausses (quoique très profitables) solutions. Les analystes critiques, comme des savants de pointe comme James Hansen, disaient déjà que No Deal serait mieux que leur Bad Deal. Finalement le deal proposé était si mauvais qu’il était impossible de l’imposer (le soi-disant Accord de Copenhague n’a pas été accepté par toutes les parties).

      Dégoûtés par la cupidité et irresponsabilité totale des puissants, beaucoup ne se rendent pas compte que cette farce tragique – et l’action unitaire de différents réseaux de base – a ouvert un nouvel espace politique dans lequel de vraies solutions ont une chance.

      Alors que j’écris, arrive l’invitation de Evo Morales à un sommet mondial des mouvements sociaux sur le changement climatique. L’espace grandit. Comme disait un des slogans à Copenhague « Who’s summit ? Our summit ! »

      Reclaiming Power à Copenhague

      Un pas décisif vers un mouvement global pour la justice climatique

      On dit souvent que la révolution française a commencé quand une partie du clergé et de la petite noblesse a déserté leurs assemblées respectives, convoquées par le roi, pour se joindre à l’assemblée du peuple, le tiers état.

      Si ce qui s’est passé à Copenhague se communique, peut-être que la manifestation Reclaim Power du  16 décembre et son Assemblée Populaire sera le point de départ de quelque chose d’aussi important…….

      http://infosud.tele.free.fr/?p=1126

    2. @claude roche: « Mais encore une fois soulignons l’effarante erreur d’analyse de la pensée économique dominante qui n’a pas arrêté de nous conter l’histoire d’une tendance inexorable au reflux de l’Etat et de la sphère politique depuis 30 ans . » Ce n’était pas une « effarante erreur d’analyse » mais une vaste entreprise d’intox !!!

    3. @crapaud rouge

      Je suis résolument en désaccord avec cette appréciation. Et pour tt dire je vous trouve terriblement optimiste. Si les erreurs de la science économique se résumaient à de la propagande de quelques uns, et à la crédulité de quelques autres, mon dieu, la solution à cette impasse serait simplissime
      Permettez moi d’être plus pessimiste

      amitiés et bonne année

  9. De l’eau au moulin de Paul concernant les « outils financiers »…

    Princeton Economist and Computer Scientists Show that Derivatives Are Inherently Vulnerable to Fraud

    As I have previously noted, credit default swaps are destabilizing for the economy. See this. And the models used to evaluate financial instruments – such as the Gaussian copula formula for CDOs – are inherently flawed.
    Now, Princeton University economists and computer scientists have demonstrated that financial derivatives are also inherently vulnerable to fraudulent pricing.

    affaire EADS jeudi24 décembre 2009
    Le délit d’initiés se cacherait sur le marché des options
    Pierre-Alexandre Sallier

    Une enquête de l’université de Zurich suspecte de nombreux abus sur ces produits opaques. Et confirme une étrange activité sur les contrats du fabricant de l’Airbus, début 2006. Alors que l’autorité française de surveillance des marchés s’apprête pourtant à refermer le dossier

  10. A Paul JORION,
    utiliser le concept de capitalisme d’ETAT pour définir le nouveau système qui se met en place ne peut qu’accroître la confusion dans les esprits ;est ce volontaire de votre part?(je ne crois pas aux vertus du second degré dans ce cas d’éspèce )

    1. Mais le capitalisme ne suppose pas (en tout cas, ne suppose PLUS) la préservation des libertés publiques! Les entrepreneurs « libres » et leurs représentants (au parlement et dans d’autres assemblées délibératives) ne font plus la loi, l’Etat la fait à leur place. Il s’agit donc bien de « capitalisme d’Etat » au sens littéral du terme. Il n’y a aucune ambiguïté. Il existe même plusieurs antécédents notoires, dont les états fascistes d’avant-guerre, nazisme compris. S’il existe un problème, c’est celui de l’erreur manifeste de Bill Schactman et Max Eastman, qui, membres du mouvement trotskyste américain avant la guerre, ont voulu appliquer le qualificatif à l’URSS contre la volonté et le raisonnement de Trotsky lui-même, pour qui l’URSS était un « état ouvrier bureaucratisé et dégénéré », non pas une forme nouvelle d’état capitaliste.

      En revanche, la Chine actuelle pratique le capitalisme d’Etat: la « liberté d’entreprendre » est autorisée (dans une certaine mesure et pas dans tous les secteurs de l’économie, loin s’en faut) mais strictement limitée et encadrée, et le pouvoir politique est dictatorial jusque dans ses moindres aspects.

  11. FM et FM sont des « entités » sponsorisées par le govt.
    Ce ne sont donc pas des agences ni des banques mais des objets atypiquesque les libéraux ont toujours pointé du doigt.
    Le niveau de sponsoring était-il limité par leurs statuts?

    Il y a d’autres étrangetés US.
    Comme le fait que les forces armées soient « privatisées » en partie de plus en plus importante du fait de l’énorme sous-traitance à des « entités » souvent étrangères (Blackwater,BAe S ou divers PMC private military contractors) dans les zones de conflit.
    Le partage des dividendes en fin d’exercice s’opérant sans-doute à due proportion avec le CMI.

  12. Bon, tout cela donne effectivement une curieuse chose!
    En attendant, il me semble que le problème posé par un apauvrissement rapide d’une partie de la popoulation toujours plus nombreuse fer nous ressembler aux pays émergeants et leurs problèmes sociaux loin d’être résolus.
    Mais la consommation qui va donc encore baisser dans nos pays ainsi qu’aux Etats-Unis fera basculer nécessairement même la Chine en récession à son tour.
    Il est plus que probable que la décroissance sera mondiale et violente dans les anées à venir avec son cortège de situations sociales ultracritiques.
    Si les banques centrales, avec l’appui des gouvernements, n’inventent pas un nuveau mode de circulation monétaire, je prédis qu’il n’y aura aucune issue paisible possible.
    La guerre civile ou la guerre tout simplement viendra au terme de ce processus si on ne change pas de monnaie.
    Il y a là comme une fatalité infernale.
    La décroissance mondiale aura, par contre, l’effet positif de limiter l’émission des gaz à effet de serre…et cela sans autre accord mondial.
    Au prix de la survie, effectivement d’une partie de la population de plus en plus affamée.

    1. La très forte probabilité de décroissance mondiale n’a guère à voir avec un quelconque mode de circulation monétaire, mais simplement qu’il y a de plus en plus de demande (population) sur des biens – et des énergies facilement utilisables – en quantités finies dont l’extraction facile commence à prendre fin.

    2. C’est exact, bravo!
      Je suis d’accord pleinement!
      Par contre, c’est la concentration des richesses qui est fortement favorisée par la mauvaise circulation monétaire, et la misère qui accompagne dès lors l’ambiance de décroissance rend la situation spécialement insoutenable.
      Si déjà une décroissance sensible est à prévoir du fait des ressources limitées, mais aussi du fait d’une demande de consommation en berne (du fait de la misère!), la seule chose qui rendrait « soutenable » une telle situation serait bien une meilleure répartition des revenus et des richesses.

    3. Dire que cela n’aurait rien à voir est abusif, car une meilleure circulation stimulerait quand même les échanges et la production, mais, comme je l’ai dit dans ma réponse à l’instant, la décroissance n’est pas forcément « condamnable » mais il faudrait qu’elle soit « soutenable »!

  13. J’ai du mal avec ce billet.
    Que la nationalisation de fait des deux GSE traduise une convergence du système économique de la Chine et des USA, soit, on peut en discuter, même s’il me parait plus judicieux de parler de politique économique (et encore sous un aspect particulier)! Mais de là à conclure à une convergence de leur système politique proprement dit, il y a un pas qu’il me parait périlleux de franchir, même à moyen terme (5 ans).

    1. Peu convaincu par le raisonnement j’ai publié, hier soir, en réponse à André et pour aller dans le même sens que lui, ce commentaire: « La convergence USA/Chine … conclusion hâtive » (ou à peu prêt), je constate que ce commentaire a disparu aujourd’hui, peut être du fait du modérateur (?), à cause de son faible intérêt (!). Je ne suis pas vexé, mais je n’en ai pas été informé sur le mail de contact que j’ai donné, ce qui m’interpelle !

  14. andré ,prend les stats :

    usa 1 402 227 militaires actifs (2009)

    chine 2,3 millions (2007)

    usa 2 186 230 prisonniers (2005)

    chine 1 548 498 prisonniers (2003)

    non seulement il ya convergence d’interet mais rapporté au nombre d’habitants les usa ont régime plus dur que la chine!

    1. Dire qu’il y a une convergence entre la Chine et les USA est pour moi un non-sens…
      En effet, la Chine est toujours un pays communiste (parti unique) qui permet à certains membres du parti de devenir des capitalistes…toutes les libertés politiques et individuelles sont réprimées (y compris internet…)
      Si un état commence à réprimer les libertés individuelles, quelle qu’en soit la raison, le contre-pouvoir disparaît avec le risque de se retrouver dans une ploutocratie …(pour 3000 ans…). Ce n’est pas à cause des libertés individuelles octroyées aux gens que nous avons des probèmes et des inégalités, mais plutôt à cause des abus de certains au sommet de la hiérarchie (l’état, les banques, les capitalistes, …) ! Le rôle de l’état est de combattre les abus en tous genres et pas d’y participer….

    2. Converger : Tendre ou se diriger vers un point commun.

      Chine = pas de liberté d’opinion, de la presse, syndicale … ; parti unique, pas d’élection au suffrage universel …; persécution des minorités ethniques et religieuses, et des opposants politiques etc.

      Aux USA = rien de tout cela

      A quoi Chine et USA vont-ils renoncer, si convergence de leur régime politique respectif il doit y avoir? Telle est la question !

    3. USA
      Républicains et démocrates:politique unique.
      Le rôle des représentants du Peuple est d’adapter la Loi aux circonstances.
      Le rôle de l’état est de contrôler le respect de la loi…et de sanctionner.
      En régime « démocratique » s’entend.
      Reste à voir si la démocratie ne serait pas un masque?

    4. A mon avis, deux systèmes qui progressent en parallèle ou même dans une direction opposée ne se rencontrent jamais (ne se dirigent pas vers un point commun)…Pour moi, le système chinois n’est pas comparable au système américain (occidental) : autre culture,autre histoire…Mais ce n’est qu’une opinion personnelle….(je parle bien sûr du futur proche …In the long run …who knows…).

  15. Je serais un rupin , je ferais quand même gaffe à la nature de mes placements. Comme le dit Todd dans le monde d’aujourd’hui, ça se transforme doucement en société féodale. On peut remarquer par ailleurs une croyance, qui a l’air de se répandre chez les puissants, que la richesse va pouvoir continuer à fasciner longtemps des gueux aux ventres vides. Fasciner, comme ça, gratos…Ils les prennent pour des caves. La misère, c’est que quand tu as du pognon tu peux le placer dans quoi de sûr ? Des CDS, des Bonds ? Hou la la, misère. Non, l’idéal c’est le toujours rare, le bonifiable, tableaux, livres rares, collections diverses, la pierre aussi sans doute, malgré tout, la belle pierre. Hé bien, moi je crois que que c’est pas plus sûr que la junk finance internationale ! (qui escroque ses propres clients, comme Goldman Sachs, qui faisait acheter à tour de bras des subprimes avant de tout bazarder au profit de quelques happy few…). Non , les tableaux ça brûle, les livres aussi , c’est triste mais ça brûle bien. Les chateaux de seigneurs féodaux ça s’écroule en un rien de temps, voyez tous ces Paradors borgnes le long des routes de France, vieux manoirs fortifiés retapés, parfois, au BA 13…Bref, ne croyez pas que ce peuple que vous acculturez, se laissera avoir au charme. Il retrouvera plus vite que vous ne le pensez les vieilles recettes de méchouis, de lanternes de grand-maman. A bons entendeurs, messires !

    1. @ Pineda
      C’est vrai !en cas de vraie crise même les terres et les pierres ne valent que ce que vaut un titre de propriété…
      Rien que du papier.
      Les valeurs refuge n’existent pas.
      L’or qui est si « à la mode » peut être réquisitionné, son négoce interdit par un droit pénal aggravé.
      Ce qui vaut c’est un savoir-faire négociable…et une bonne santé.
      Ce qui vaut c’est ..la jeunesse.

  16. S’agit il d’une reprise en main de l’économie par l’administratif ou bien d’une hybridation, une forme de mutation par échange/fusion de matériel génétique entre la finance privée et les politiques?

    Je lis, dans les commentaires, que nous entrerions dans une nouvelle féodalité. Pourquoi pas, après tout ne sommes nous pas dans un certain sens assujettis, les cartes de fidélité des distributeurs (Carrefour, Auchan, Leclerc) et nos habitudes d’achats automobiles, ne parle-t-on pas des peugeotistes ou des fans de BMW sont elles différentes des liens féodaux?

    Tout de même le Moyen Âge s »est mille ans et le début c’est l’Âge des ténèbres…

  17. Capitalismes d’état américain et chinois. Bonne analyse. Mais quid du problème majeur de l’insolvabilité des couches populaires et moyennes générée par un système structurellement inégalitaire ? Est-il seulement différé ou bien le système va se survivre tant bien que mal sous cette nouvelle forme ? Le poids de plus en plus exorbitant de la dette ne va pas manquer de se répercuter sur les prix et/ou les salaires. Le tissus social risque d’être mis à rude épreuve. Jusqu’où le contrôle social peut encore aller ?
    Bref, quelle est maintenant la prochaine étape du scénario ?

    1. Mais quel capitalisme d’Etat ?

      Celui des pays occidentaux du temps des « trente glorieuses » avec secteurs-clés nationalisés, Commissaire du Plan, rôle mineur de la Bourse et rôle majeur des banques dans le financement des entreprises, Etat-Providence, lutte des classes, syndicalisme combatif, échelle des salaires de 1 à 40, entreprise bureaucratico-hiérarchique, taylorisme, barrières douanières … ?

      Celui des pays communistes ?

      Un mélange des deux ?

      Ou alors un horrible régime, totalement inédit dans l’histoire de l’humanité ? Et dont il serait vain de dresser, dès maintenant, le portrait, car (et c’est mon sentiment), l’histoire, dans ses mouvements de fond et non pas dans son écume, ne repasse jamais les mêmes plats.

      Il se pourrait bien que l’alternative posée par Rosa Luxembourg (socialisme ou barbarie) redevienne d’une actualité brûlante. A nous de construire un socialisme radicalement neuf plutôt que de spéculer sur un phantasmatique retour à l’ancien. Le MAUSS (son site est renseigné sur ce blog), parmi tant d’autres, contribue activement à cette construction.

  18. Voilà qui s’annonce mal pour l’Europe!

    Elle n’est pas une Nation et même pas un État. Comment pourra-t-elle construire ce nouveau capitalisme sans dérives autoritaires. Le Traité de Lisbonne ne me semble pas compatible avec cette révolution et je le vois, très vite, partir en vrille.

    Il ne faut pas oublier que, comme la Fed, la BCE n’a pas la moindre légitimité démocratique. Un capitalisme d’Etat à la chinoise doit avant tout apprendre à se mettre au servir du bien commun. Ce n’est pas demain la veille.

    Ainsi que Paul le rappelle, le capitalisme étatique n’est pas synonyme de socialisme. Il faudra donc forcer cet animal-là à aller dans cette voie.

  19. Over the last two years, the world has faced a series of unprecedented financial crises …

    The 2010 Food Crisis is different. It is THE CRISIS.

    The government bailouts and central bank interventions, which have held the financial world together during the last two years, will be powerless to prevent the 2010 Food Crisis from bringing the global financial system to its knees.

    There is overwhelming, undeniable evidence that the world will run out of food next year.

    When this happens, the resulting triple digit food inflation will lead panicking central banks around the world to dump their foreign reserves to appreciate their currencies and lower the cost of food imports, causing the collapse of the dollar, the treasury market, derivative markets, and the global financial system. The US will experience economic disintegration.

    Two countries which will follow the US into economic oblivion are Britain and Japan.

    Britain is probably the only country worse off than the US, and they know it. Privately, something close to desperation is starting to develop inside government …
    Japan meanwhile is facing a demographic collapse and its debt to GDP is approaching 200%. The dollar’s collapse is going to wipe out the value of Japan’s foreign reserves and destroy the country’s largest export market (the US), heavily damaging the economy. The yen, like the pound and dollar, will not survive.

    => Quelques extraits d’un très long article, bourré de références et statistiques.
    L’agriculture a toujours été le talon d’achille des civilisations … les empires y sont pires encore (URSS).

    http://www.marketskeptics.com/2009/12/2010-food-crisis-for-dummies.html

    1. Quand j’étais à l’école primaire (le siècle dernier) la France était encore qualifiée de « grenier de l’Europe ».
      Comme gouverner c’est prévoir, il serait judicieux de la part de notre chef bien aimé de suggérer un projet de loi favorisant un retour d’urgence à cet état de fournisseur de nourriture.
      Et puis tenter une petite réindustrialisation afin de produire sui généris des biens aussi simples que des vêtements…

    2. @TARTAR
      Et l’Ukraine, le « grenier de l’URSS » 😉

      Vous postulez des impossibilités pour notre « bonne » Union Européenne (et l’OMC) qui a gravé dans le marbre du Traité de Lisbonne le dogme de la « concurrence libre et non faussée ». Lesquels traités européens sont portés et soutenus par presque tous les partis dits « démocratiques », de gauche comme de droite. En focalisant sur les distorsions strictement commerciales, l’UE occulte toutes les autres formes de distortions, qui sont un avantage pour celui qui en profite et donc une protection de fait. Qu’on arrête de nous agiter le spectre du protectionnisme car l’UE est de fait protectionniste pour les moins-disants salariaux, sociaux, environnementaux, fiscaux, monétaires…

      [ MODE DÉMAGO ON ]

      Référendum d’initiative populaire:
      – Etes-vous pour les baisses de salaires, la destruction des protections sociales, la précarisation, les délocalisations… ?

      Jugement du Tribunal Populaire:
      Attendu que l’Union Européenne et l’OMC portent dans leurs gènes le dogme de la « concurrence libre et non faussée ».
      Attendu que la « concurrence libre et non faussée » est du protectionnisme de fait, un alignement sur les moins-disants salariaux, sociaux, environnementaux, fiscaux, monétaires.
      Attendu que la « concurrence libre et non faussée » est destructice de la société et de l’environnement.
      Nous, Peuple Souverain, condamnons l’Union Européenne et l’OMC à abondonner le dogme de la « concurrence libre et non faussée » et à garantir un juste équilibre contre toute forme de distortions qu’elles soient salariales, sociales, environnementales, fiscales, monétaires ou commerciales.

      [ MODE DÉMAGO OFF ]

  20. Merci pour cet article lumineux.

    @Pierre-Yves D, EchoGMT7, etc…

    L’étape suivante, c’est l’instauration d’un salaire minimum universel. Ajouté à l’actuel système de propagande, il fermera toute possibilité de révolte. « Révolte » pour… quoi, d’ailleurs ? En l’absence totale d’alternative politique, des « révoltes contre » sont encore actuellement possibles, mais la cible du problème réel est hors d’atteinte, puisqu’elle n’est pas même abordée, même pas sur les sites alternatifs.

    On sous-estime gravement la puissance du système de propagande, et la virtualité du système:

    * « Les gens » n’ayant pas accès à l’information (tout le monde ne peut pas passer entre deux et quatre heures par jour, à s’informer sur internet), le système démocratique est clos. Il l’est d’ailleurs officiellement dans la plupart des pays, comme actuellement… en Europe. Sans information, le vote des citoyens n’a plus aucun sens.

    * « Virtualité ». Supposons qu’on efface toutes les dettes du jour au lendemain. Que se passerait-il ? Rien. Absolument rien. Quelques dominants sociaux en seraient certes pour leurs frais – raison pour laquelle, cela risque peu d’arriver – mais globalement… rien.

    1. @Betov

      Dites « qui ça « on » ? et vous verrez immédiatement la virtualité démasquée, toute petite, réduite à du flan.

      Car à supposer que certains souhaiteraient effectivement prendre le risque de l’effacement plutôt que de continuer à imiter les autruches — au risque, tout de même, de mettre un sacré coup de pied au cul cette fois-ci à l’illusion virtualiste, et voir le flan glisser dangereusement sous la table —, qui, sur la scène internationale actuelle à le pouvoir politique de conjuguer, pour lui-même ou pour autrui, le verbe effacer ? Ah.

    2. « Supposons qu’on efface toutes les dettes du jour au lendemain. Que se passerait-il ? »

      Il n’y aurait plus de créances non plus. Tous les épargants seraient ruinés.

      Alternative: gel des comptes bancaires, limitation des retraits, conversion forcée des comptes en devise en monnaie nationale, conversion forcée des comptes bancaires en épargne à long-terme inaccessible. Comme cela s’est produit en Argentine fin 2001 (Corralito, Corralón).

  21. dans le journal le monde, un article paru le 24-12 :
    Le jeu toujours gagnant de Goldman Sachs
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/12/24/le-jeu-toujours-gagnant-de-goldman-sachs_1284548_3234.html

    il y est dit que les grandes banques avaient prévu la chute des CDO, et s’étaient couvertes auprès des assureurs; pendant que leurs clients perdaient tout, elles engrangeaient des plus values; les clients, 2 ans après, commencent à se poser des questions; ont-ils été bien conseillés ?

    1. Dans un « Que choisir » récent se trouve un article sur les pertes des particuliers sur des produits à risques conseillés par des banques françaises, du genre PEA (plan d’epargne en action) ou Assurance-vie basée sur des unités cotées en bourse… dans le même numéro, des agents se déguisent en agents EDF pour faire souscrire à Direct Energie, hors tarifs réglementés. Ce n’est plus du capitalisme mais de l’escroquerie…

  22. l’analyse de Paul est exacte;
    sauf que l’on va très rapidement revenir à la féodalité; quel système économique va supporter que l’on verse de pareils « revenus » à des personnes pour la seule raison qu’elles sont assises dans le bon fauteuil ?
    on aura tout de même assisté à une prise de pouvoir de la finance sur le politique;
    la population le laissera-t-elle faire ?

    1. Il suffit de connaître un peu l’Histoire pour répondre non. Ici presque tout le monde a l’air d’ignorer comment les Révolutions se produisent et à quelle vitesse « le peuple » peut renverser des dictatures qui paraissaient très solides (la chute du bloc de l’Est que personne avait prévu -à part deux ou trois astrologues- n’est pourtant pas si loin, et les images de Ceaucescu fusillé encore dans toutes les mémoires).

      Moi si j’étais un riche banquier (pléonasme) je serais très inquiet pour mon fric, mes propriétés et ma sécurité personnelle.

  23. Bonjour,

    Ce n’est pas le système qu’il faut changer, c’est l’homme.
    Quel que soit le système, l’homme tel qu’il est actuellement le pourrira.
    Sauf à évoluer très rapidement à un niveau supérieur d’empathie, la race humaine est condamnée à disparaitre.

  24. Petite anecdote triviale :

    On apprend à la lecture du JO du 26 décembre que le père noël , pardon , Nicolas Sarkozy , a nommé par décret ,au titre de « mesures nominatives », Monsieur François Baudot inspecteur général des Affaires Culturelles( 5 ème tour) , le conseil des ministres ( comme de bien ) entendu , et vu l’avis …..DEFAVORABLE de la commisssion ad-hoc .

    Fait à Paris le 24 décembre 2009 et signé Sarkozy ( + Fillon et Frédéric Mitterand qui ont été bien sur convoqués à cet amusement ) .

    Il est vrai que ce Monsieur était quand même écrivain journaliste dans …Elle-Décoration , et ….parrain du fils de Carla Bruni .

    Dédié à Jducac qui veut me rassembler derrière un président parait -il rassembleur .

    En tous cas en maière de féodalité renaissante , la France n’a rien à envier à la Chine et aux US .

  25. Comme l’a dit Tartar, l’or n’est une valeur refuge que tant que le gouvernement d’un pays ne décide pas de le réquisitionner comme il en a le pouvoir . Roosevelt l’a déjà fait dans un contexte de crise financière :  » The Roosevelt Gold Confiscation Order Of April 3 1933. ]Franklin D Roosevelt, under Presidential Executive Order number 6102, confiscated all privately held Gold in the United States on April 5, 1933. »
    Certains, croyant protéger leur fortune, oeuvrent sans le savoir pour renflouer l’Etat.

  26. la décision du gouvernement us est un constat que la crise va durer encore, contrairement à ce qui se dit officiellement; les pertes dont on parle sont le résultat des expropriations et de la revente des biens à un prix très inférieur au montant de l’emprunt; mais également des gains du détenteur de cds qui a parié sur la faillite de l’emprunteur;
    depuis le début de la crise, nous savons que d’aider les emprunteurs à rembourser aurait engendré beaucoup moins de pertes financières et de souffrances humaines;
    gouverner c’est choisir;
    le prix nobel de la paix a donc choisi de donner la victoire au camp de ceux qui ont parié sur la catastrophe et la faillite de leurs contemporains;
    y en a-t-il encore pour applaudir ?
    il va se prendre la statue de la liberté dans la figure !!( un peu comme Berlusconi)

  27. Que les Etats-Unis s’orientent vers un « capitalisme d’état », je veux bien l’admettre, mais, sachant qu’ils ont toujours été des adversaires acharnés et paranoïaques de tout ce qui ressemble de près ou de loin à du collectivisme, quelque chose ne colle pas.

    « Fannie Mae et Freddie Mac, signifiant qu’il garantit leurs opérations quoi qu’il advienne – autrement dit il garantit l’avenir du secteur du crédit immobilier résidentiel américain dans sa totalité –, faisant d’elles, de facto des organismes d’État à part entière. » : on aimerait avoir le point de vue des Américains eux-mêmes. Pensent-ils que Fannie Mae et Freddie Mac soient devenus « de facto des organismes d’État » ? Je parie que non. Si je me trompe, il faudrait expliquer comment ils ont pu changer si rapidement de psychologie.

    A l’époque où « la vérité et la réalité furent inventées », l’enjeu était de faire coller le discours à la réalité pour que le premier soit crédible. Aujourd’hui, – et depuis longtemps -, il semble que ce soit le contraire qui prime : pour qu’un discours politique soit crédible, (je ne vise pas monsieur Jorion, évidemment), il ne doit surtout pas dire la réalité. C’est ainsi que la Chine, adversaire acharnée et paranoïaque de tout ce qui ressemble de près ou de loin à du privé, a pu instaurer son capitalisme privé sous régime communiste.

    Pour reprendre un point important que l’on découvre dans « Comment la vérité… », celui de l’adhésion du locuteur à son discours, on peut dire que les systèmes capitalistes et chinois ont en commun de produire un discours auquel ils n’adhèrent pas du tout. Faut-il s’y résigner ou espérer que cela change ?

  28. Découverte pour moi que cette évolution révélée par l’article de Paul Jorion.
    Moins surpris par les commentaires sur le retour des manants-gueux et les plus minoritaires possédants.
    De fait ,à court terme,ils seront « possédants » de quoi ??? Or,Energie…C’est bientôt fini.
    Je vais tenter de rester dans le ton mais en y apportant mon « rêve » ….(qui est pour moi réalité ultime !) :
    L’Homme,ainsi dépouillé,d’une manière ou d’une autre,acculé à la survie,s’en sortira par justement ses capacités révélées par ses instincts de survie en question = recherches,suivies de découvertes,quelles qu’elles soient,mais toutes à visée utilitaire collective.
    Là sera le carrefour où devront être choisis les voies à suivre.
    Deux voies : l’une qui conduit à la Vie ,l’autre à la mort. (La mort étant la voie qui nous a menés au point zéro d’aujourd’hui ).
    La vie ? : les principes essentiels donnés par Paul Jorion ,Homme inspiré =
    –Suppression de la spéculation.
    –Augmentation sensible des salaires des prolétaires
    et quelques autres de Samuel Rouvillois « Frère Samuel »:
    –Humilité dans la reconnaissance de notre finitude
    –bienveillance dans les relations interpersonnelles

  29. Convergence USA/Chine…Pour combien de temps ?
    Pour l’heure ,on panse les blessures,on a assez dit que les états n’avaient pas correctement pris leurs responsabilités dans les premiers temps de la crise de 1929,et maintenant nous nous offusquerions de leurs mainmise.Je vous pose la question ou se situerait le bon point d’équilibre?
    Au delà de la crise financière reste le problême du leadership.Au moment ou un un avion de la Northwest Airlines a été l’objet d’un attentat ne devrait on pas s’inquiéter du fait qu’après avoir été le prisonnier de Wall-Street, le suzerain ne devienne un peu plus, le joujou(Nöel oblige), du Pentagone?.Avec toutes les conséquences pour les vassaux (puisque certains évoquent le retour de la féodalité).

  30. pour savoir si les deux systèmes convergent vers un point commun, il faut aussi partir de l’origine;
    dans l’ un des cas, le pouvoir a été pris par les plus miséreux du pays;
    dans l’autre par les plus nantis;
    je pense que cette divergence doit laisser des traces dans les mémoires et donc dans l’Histoire telle qu’elle s’écrira dans les siècles futurs;

    1. C’est vrai, on ne gomme pas cette histoire, mais il n’en reste pas moins intéressant de dresser et de remplir un tableau, avec deux colonnes: dissemblances / ressemblances.

      On parle toujours des premières, parlons des secondes, pour une fois !

      Il est également possible de partir d’un autre point de vue, plus spéculatif : si nous devions nous diriger vers un système unique, quitte à ce qu’il ait naturellement des variantes, quelles pourraient être ses principales caractéristiques ?

      L’intérêt de ces exercices est de mieux comprendre des mécaniques, dans leur dimension mondiale, qu’elles soient financières, économiques ou sociales, ainsi que leur globalité. En un mot, de décrire un système en construction.

    2. Si vous vous voulez remonter à l’origine, vous ne pouvez pas dire que, à l’origine, le pouvoir a été pris, au USA, par les nantis : les immigrés du Mayflower n’en étaient pas. Pendant longtemps, la société idéale, rêvée et partiellement réalisée, par les américains a été celle de petits producteurs indépendants, très impliqués dans la gestion directe de la politique de leur communauté. Je ne sais pas quand les choses ont commencé à déraper: il semblerait que Tocqueville n’ait pas vu la mutation déjà en cours (développement de l’industrie et donc du salariat, naissance de l’oligarchie libérale …) lors de son voyage américain en 1830-31.

      Si j’avais un conseil à donner aux américains, ce ne serait pas d’ « imiter’ je ne sais quel modèle de capitalisme d’Etat (lequel ? voir mon commentaire précédent) mais de renouer avec leur grande tradition de populisme (le vrai ! Pas la caricature du populisme que certaines personnes, intéressées, divulguent, chez nous, dans les médias). Retour, non pas pas reprendre cette tradition, telle quelle, mais pour s’en inspirer pour crérer du nouveau.

  31. La comparaison avec les économistes était une référence à l’adage « on a inventé les économistes pour que les météorologues ne soient pas les seuls à se tromper. » Les économistes passent leurs temps à se planter ils ne savent qu’extrapoler. Bien sûr le hasard veut qu’ils aient quelques fois raison (le contraire serait une forme d’exploit) mais vous sembliez avoir raison bien au dela faisant de vous un suspect…

    Sinon si la gouvernance américaine prends effectivement un peu un gout de canard laqué, les américains ne sont par contre pas les chinois; je ne suis pas convaincu du tout qu’ils acceptent d’être mangé à la sauce aigre-douce.
    Ce pays ne ressemblera à aucun autre (on va bien rigoler)

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