L’actualité de la crise: banques zombies et trading mutant, par François Leclerc

Billet invité.

BANQUES ZOMBIES ET TRADING MUTANT

Une course de vitesse est engagée entre les grandes places boursières du monde entier ; c’est à celle qui aura le système informatique de traitement des ordres le plus rapide. Leurs performances sont désormais comparées en utilisant les millisecondes (millièmes de secondes), alors que la norme était de l’ordre des 2 à 3 secondes il y a encore à peine deux ans. Cette sévère compétition ne se déroule pas seulement entre les Bourses elles-mêmes, mais également entre celles-ci et tous ces nouveaux venus sur le marché que sont les plate-formes alternatives de négociations ultra-rapides, souvent créées et soutenues par les mégabanques elles-mêmes. En un temps lui aussi record, on a assisté à la montée en puissance du trading algorithmique (appelé High Frequency Trading), aux Etats-Unis en premier lieu, puis en Europe. L’Asie n’est encore que peu touchée, mais elle se prépare à suivre.

Les chiffres les plus divers circulent, mais il est permis de penser que ce trading à très haute vitesse représente 60% des volumes échangés sur le marché américain et 30 % sur le marché européen. L’amélioration très récente des performances des systèmes informatiques des grandes places boursières contribue grandement à cette fulgurante progression. Nyse-Euronext a ouvert le bal en 2009, suivie par le London Stock Exchange et Deutsche Börse. Le Tokyo Stock Exchange vient d’annoncer qu’il avait sauté le pas à son tour. L’objectif stratégique est d’attirer la clientèle des hedge funds et des arbitragistes et de faire ainsi face, à temps espèrent les Bourses, à la menace potentielle que représentent les plate-formes alternatives qui se sont multipliées en très peu de temps, mais qui sont encore à la recherche de leur rentabilité.

La mutation en cours ne s’arrête pas là. Toutes les ressources de l’informatique sont mises à profit, et l’on assiste à la mise en service de réseaux locaux destinés à optimiser le temps de transport des données, impliquant l’hébergement des serveurs des clients dans les emprises techniques mêmes des sociétés de bourse. On en arrive ainsi à garantir des temps de transaction de l’ordre de la milliseconde. Rapidité et volatilité sont les maîtres-mots dans ce nouvel univers boursier qui n’a strictement plus rien à voir avec la corbeille d’antan.

Un gigantesque pas de plus a été franchi dans le domaine de la dématérialisation de l’activité financière. Les traders concentrés devant leurs multiples écrans d’ordinateur, jonglant avec des logiciels graphiques ultra sophistiqués connectés à des flux de données délivrées en temps réel (ou presque), vont prochainement faire figure de grand pères bientôt désoeuvrés. Pour une partie de plus en plus importante de l’activité de trading, ce sont des algorithmes qui les remplacent, afin de prendre un nombre gigantesque de décisions en extrêmement peu de temps, dépassant et de loin les capacités du cerveau humain. Ce n’est pas de la science fiction, c’est aujourd’hui : des fortunes se font et se défont grâce à des dialogues entre des machines dans des chambres sécurisées et réfrigérées, sans intervention humaine. Le but du jeu est de gagner à chaque transaction un petit quelque chose, qui devient très grand vu le nombre de transactions opérées. Mais pour gagner à ce jeu, il faut être le plus rapide et disposer des meilleurs algorithmes.

Qu’est-ce que toute cette activité a à voir avec la fonction d’origine de l’activité boursière : mettre à disposition de l’économie des ressources et les faire ainsi fructifier ? Le High Frequency Trading est, sinon l’expression la plus achevée, la plus symbolique de l’autonomisation de l’activité financière et de sa déconnexion grandissante avec l’économie. Avec le HFT, elle se suffit à elle-même, elle s’exerce en vase clos, elle suit sa propre logique. Ce qui est parfaitement en phase avec ces nouveaux instruments dont la finance s’est dotée, qui mettent à profit des mathématiques complexes, et dont le rapport avec la réalité économique est également vite perdue, oubliée comme chose négligeable, jusqu’au jour où….

S’il fallait un signe que les acteurs de la finance n’ont comme seul projet que de recommencer leur activité comme avant, dans un contexte simplement un tout de peu moins souple, mais tout aussi contournable avec un peu d’adresse, l’impressionnante mue informatique des sociétés de bourse est là pour nous le confirmer. Ce monde-là, décidément, se nourrit de lui même et ne veut avoir à rendre des comptes qu’à lui-même. Il a ses juges de paix, ses lois, ses châtiments, et n’aime pas que l’on regarde par dessus son épaule. Il est convaincu de son excellence, de sa supériorité et d’être le seul à pouvoir comprendre la portée de ce qu’il fait. « Un travail de Dieu », a laissé, un jour à Londres, malencontreusement échapper Lloyd Blankfein, le Pdg de Goldman Sachs.

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100 réflexions sur « L’actualité de la crise: banques zombies et trading mutant, par François Leclerc »

  1. Depuis hier soir j’essaie d’écrire quelque chose de sensé sur ce sujet, sans y parvenir…

    1) Ce ne sont pas des mathématiques complexes, mais du niveau maternelle. Elles sont complexes pour pouvoir justifier un salaire. Sinon, les chercheurs en maths n’ont pas de temps à perdre avec ces bêtises (analyses mélodiques, statistiques, corrélations). Rien de nouveau sous le soleil !

    2) Les machines vont faire match nul entre elles.

    3) le mythe technologique se niche à la bourse, la bourse devient elle même sa matière spéculative, un tel solipsisme est malin ! Comme si le HFT pouvait créer la richesse alors qu’ailleurs on n’y parvient plus. Le nième gadget.

    Le mot complexe m’énerve, la complexité dépend de la personne concernée, ce qui est complexe pour l’un est d’une grande évidence pour l’autre, de plus tout le monde a un cerveau d’une infinie plasticité, et peut se hisser au niveau du complexe, avec du temps; Par définition, le complexe en terme absolu n’existe pas. Je laisse le complexe à ceux qui veulent se laisser impressionner

    Avec le temps, tout le monde peut écrire Madame Bovary, en mieux. Il suffit de 20 ans, 30 ans de temps libre, sans soucis, etc.

    Wagner est complexe et Nietzsche en fut très impressionné. d’autres musiques sont encore plus complexes, ce qui signifie simplement qu’elles dépassent notre mémoire de travail. Cependant seul dieu serait incompréhensible, le reste est fait par l’homme, un homme qui n’est à bien considérer comme dit céline, qu’un enclos de tripes mal pourries 🙂

    A chaque fois qu’on veut impressionner on utilise le mot complexe, un mot interdit pour moi; Complexe ou pas, j’en ai rien à faire; Ensuite certaines belles âmes utilisent l’expression « arrogance des ignorants » alors que cette expression est-elle même le sumum de l’arrogance. Attitude anti-démocratique qu’on retrouve chez un Voltaire, nostalgique de l’Ancien Régime.

    Le prédicat complexe n’ajoute donc rien au concept de la chose, comme le prédicat existe.

    1. Complètement d’accord, Lisztfr.
      Et, de plus, il ne faut pas oublier non plus une dimension supplémentaire.
      On devient bon en math lorsqu’une résolution d’équation, un raisonnement ou l’admiration pour la complexité vous fait ba.. plaisir.
      Cela doit se passer tout petit, je pense. En fonction de ce que l’on découvre en premier comme lecture.
      (moi, c’était les math..)

    2. Pas de prédicat dans l’aléa.
      Quel algo pour inventer une suite de datas aléatoires?
      22/7 ?
      C’est une pirouette, car ré-« inventer » une suite de nombres n’est pas prédire l’avenir.

      Les prévisions sont difficiles ,surtout en ce qui concerne l’avenir!

    3. Ami Haché.
      Je suis le premier bien placé pour savoir qu’on ne peut « créer » une suite aléatoire avec une machine.
      (d’ailleurs, à l’inverse, savais-tu que les Orgues de Staline sont volontairement non alignés afin de taper au pif et utiliser une loi de la Statitisque..??)
      Et cela me conforte dans mon amour de la complexité.
      Je dois être à soigner, quelque part… 🙂

  2. @Yvan:

    Quand j’étais môme, un prof de math nous a demandé de dessiner un *beau* rectangle sur une feuille de papier. Puis il a fait le relevé et les moyennes des x et des y. Puis leur rapport. En retournant le tableau nous étions tous babas de voir qu’il y avait inscrit le résultat avant l’exercice. Première découverte, pour moi, du nombre d’or. Magique !

    Les courbes boursières correspondent étrangement bien à la formule, qui a même des dispositifs automatiques pour tracer des « Fibonacci »s. Ce n’est pas nouveau, et c’est lié à la psychologie des rapports.

    Bien sûr, on pourrait imaginer un logiciel qui simule ce comportement humain. Mais on se demande pourquoi on le ferait. Restera toujours le fait incontournable que pour faire monter, il faut acheter, et que pour faire baisser, il faut vendre. Logiciel ou pas.

    A l’inverse, si le logiciel simulait les vagues d’Elliott, on observerait un net renforcement de la validation de ces vagues. Ce n’est pas le cas non plus.

    La remarque de Paul, sur la récompense accordée au « marquet-makers », me laisse un peu dubitatif. Je ne vois pas de lien logique entre cette récompense et le fait de jouer avec HFT plutôt que sans…

    Le « marché » est déjà bien assez faussé comme ça, avec des délits d’initiés plus gros les uns que les autres (du genre des patrons d’entreprises autorisés à détenir des actions de leur propre société -comme s’il était concevable qu’ils ne sachent pas ce qui se passe chez eux…-), ou avec un système de propagande où il est manifeste que les journaliztes et les zpécialites sont payés pour mentir au delà du pensable.

    Pour le terrorisme, prépare toi à *deux* stages, et non pas un. D’abord un stage CIA, puis un stage Al-Kaikai 🙂

    1. C’est en effet là que le sujet me gène.
      Tout le monde ici doit savoir que « deep blue » à battu le plus joueur d’échec depuis longtemps…(ça y est : l’ordinateur est intelligent 🙂 )

      Hors, un ordinateur n’est rien de plus qu’une pince multiprise. Un outil. Et quand on fouille un peu dans ses profondeurs, on se rend compte qu’il n’est qu’un assemblage de fonction dont ce n’est pas la complexité de chacune qui fait le plus souvent la beauté…
      La complexité vient du nombre énorme de fonctions différentes et qu’il faut accorder. D’où les phases de test avant de lancer un programme. Les télescopages sont nombreux et surprenants…

      Revenons au sujet et surtout ma pince multiprise. Elle est comme un ordinateur :
      Elle sert à différentes applications.
      Mais elle peut aussi servir à tuer. Et c’est comme à chaque fois : l’outil est dirigé par l’humain…

      Alors, dans ce HFT : où précisement l’humain est-il encore utile dans l’utilisation de l’outil…??
      (et si c’est pour se passer d’humain, autant que nous offrions un paquet de billets de Monopoly aux gens de la finance pour qu’ils jouent dans leur coin)

  3. Bonjour,
    Jusque il y a peu, je croyais encore naïvement que la BOURSE était l’endroit où se rencontraient les financiers, les épargnants, bref, ceux qui possédaient quelques capitaux à investir et les entreprises désirant se développer, donc à la recherche de capitaux. Pour schématiser, la Bourse était au service de l’économie avec un profit à la clef.
    Maintenant, il semble que l’ordre des choses ait été inversé: l’économie est au service des financiers et la Bourse est devenue une sorte de P.M.U. mondial où l’on parie sur tel ou tel cheval (entreprise) sans rapport direct avec la possession d’une part ou de la totalité des parts du cheval en question.
    Quant aux décisions politiques visant à réguler le système financier…….pfuittt, la seule grosse voix qui osait encore « la ramener » Philippe Seguin vient de nous quitter.
    Une voix vient de nous quitter également, la chanteuse Lhasa de Sela:http://www.youtube.com/watch?v=qnDl9a6FqSA
    http://www.trilulilu.ro/JuliaAgripina/7ca416d4bb2fcb

  4. AN AMERICAN TRAGEDY

    Americans still do not understand the significance of what has happened. The tragedy of America is that Americans see the present crisis in material terms. Americans still believe they are facing a crisis that can be cured with more jobs, more credit, a rising stock market and perhaps, God willing, another bubble to rescue them from the last.

    Today, as long as Americans qualify for a loan they believe themselves free. They also believe themselves better than those who do not qualify…at least until they no longer qualify themselves.

    America long ago chose material security over liberty; but now that its material security is threatened and its liberties gone, it is clear America chose badly. Still, Americans prefer to imagine themselves as heroic, capable of understanding and overcoming life’s myriad challenges, unique in their ability to do so.

    But, today, America’s founding fathers are nowhere to be found, its political process a cesspool of corruption and its treasury increasingly filled with IOUs issued to itself. Today, the America of 1776 is but a faded memory Americans use to soothe themselves in their now troubled sleep.

    Dream on, America, dream on. But if you want to survive, you’d better wake up–and soon.

    extrait de : http://www.24hgold.com/english/news-gold-silver-the-united-states-of-america–an-american-tragedy.aspx?article=2542154042G10020&redirect=false&contributor=Darryl+Robert+Schoon

    Le referendum du 20 février prochain en Islande sera un signal populaire fort à destination des autres nations qui se sentiront concernées.

  5. Pour mémoire un petit commentaire du billet « Sergey Aleynikov, évitez les balcons » du 7 juillet 2009, commentaire toujours plus d’actualité :

    Bien que ce soit plus dans le domaine d’expérience de Paul Jorion, je me permets ce petit commentaire.

    Pour un féru de programmation linéaire, il n’est pas impossible d’imaginer un système (d’inéquations) permettant de prendre en compte pour chaque valeur un grand nombre de paramètres, relevant aussi bien de l’analyse fondamentale que de l’analyse graphique, et même de paramètre généraux (ambiants).
    Ceci permet de déterminer au minimum un champs opératoire dans lequel on va pouvoir opérer sur une valeur. Ensuite, on peut envisager et programmer les opérations de base (transactions) qui font sens en termes des objectifs que l’on poursuit.

    Grâce à la puissance des ordinateurs, on peut remettre à jour en temps réel tous les paramètres. En sus des opérations de base, quand on a les moyens (financiers), on peut aussi tenter d’élargir ou de déplacer le champs opératoire dans un sens favorable, en effectuant par exemple des opérations de stimulus-response ciblées.
    On conçoit que les programmes en question sont complexes et que le savoir-faire et l’expérience qui a présidé à leur élaboration sont de grande valeur. Les possibilités offertes par ces outils et méthodes sont vertigineuses. Mais c’est comme pour l’énergie nucléaire et bien d’autres sciences, qui sans conscience …

    Note : quelquefois, le programme peut nécessiter des mises au point ou carrément être buggé (cela a été largement prouvé), et le système de stimulus-response peut dépasser les « espérances » comme récemment lors d’une courte impulsion sur les cours du pétrole. Dans tous les cas, il est important (voire vital) de vérifier le domaine de validité des équations et paramètres utilisés.

  6. > ALFE
    « Oui mais quelque chose ne colle pas : Pourquoi acheter et revendre LE JOUR MEME… ? »

    Peut-être bien afin de réduire et de niveler de plus en plus les rapports entre les êtres qu’à de simples ordres d’achats et de ventes supplémentaires, comme avec les marchandises ou avec un autre homme de plus, plus rapidement encore par l’usage de la machine quelqu’un qu’on ne connaît pas aussi bien ses enfants comme ses parents il est plus facile alors de le virer du jour au lendemain et à distance, toujours dans l’idée d’en récolter une plus value supplémentaire à la microseconde près comme le concurrent quoi.

    C’est la grande braderie Humaine dépêchez-vous de vendre et d’acheter encore …

  7. C’est rigolo: Ma réponse à Yvan (commentaire de 13 h.32) est listée avant sa question de 12 h. 43. Je savais que j’étais voyant, mais pas à ce point là.

    Le blog va exploser !!! 🙂

  8. @ François78.

    Plus qu’intéressant,surtout affligeant et désespérant ce phénoméne.
    Pertinents votre rappel et aussi votre remarque
    je me permets , modestement, de redire ce que Paul Jorion et vous même ce jour reprenez à propos de places  » à éviter » telle celle sur un balcon et ce quel que soit le jour de « fête » :
    ces gens là n’ont ni foi ni loi : ils tuent !!!

  9. Pour le plaisir, petites citations :

    « Le folklore est abondant, en ce qui concerne les élections, les campagnes électorales, les négociations, l’administration, l’action militaire. Mais nous sommes quelques-uns qui ne seraient pas surpris si un ensemble de programmes heuristiques, rassemblés et utilisés à la place de quelques élus ou de quelques maires, faisaient un meilleur travail que les titulaires eux-mêmes. De l’aveu de tous, un I.B.M 7090 ne saurait embrasser les bébés avec autant de dextérité qu’un politicien faisant campagne, mais en dehors de cela, il pourrait être plus sensible aux besoins et aux aspirations du corps électoral. »

    Game-Theory and Related Approaches to Social Behavior 1964
    M. Shubik
    Théorie des jeux
    Traduit par Jean-Pierre Séris

    « Il a besoin d’un esprit clair, pouvant s’abstraire de toutes considérations humaines, enregistrer les informations comme un ordinateur, et ensuite, prévoyant en toute exactitude, produire les conclusions logiques des ensembles de données qui lui ont été fournies : le war gamester, en vérité, c’est l’ordinateur fait homme. »

    Western Defence in the 1960s
    R. H. S. Crossman
    Journal of the Royal United Services Inst., août 1961
    Traduit par Jean-Pierre Séris
    La théorie des jeux

    « Il y a cependant quelque chose de trompeur dans le fait que cette stratégie conduit à une victoire complète de Sherlock Holmes, alors que, comme nous l’avons vu, l’avantage (c’est-à-dire de la valeur d’une partie) est définitivement en faveur de Moriarty. (Notre résultat pour E, N indique que Sherlock Holmes est mort à 48 % quand son train s’ébranle à Victoria Station. Suggestion de Morgenstern : le voyage est inutile, car le perdant pourrait être déterminé avant le départ.) »

    Theory of Games and Economic Behavior 1953
    J. von Neumann et O. Morgenstern
    Traduit par Jean-Pierre Séris
    Théorie des jeux

    Cela faisait des décennies que la réalité résistait à leur folie, et leur patiente ténacité se révèle payante (bientôt en monnaie de singe ?)…

  10. Il semble que les commentaires soient dans un ordre on ne peut plus aléatoire…
    C’était le premier cours de stat du jour. Demain, on passe aux permutations circulaires et tirage au sort.. :-))

  11. @alfe, pour une raison bien simple, le profit, quand tu peux gagner $10000 en 2 secondes et bien tu le fais, d’ailleurs je ne comprends pas pourquoi PJ ne spécule pas, il connait bien le système.

  12. @ tartar

    « Je voulais dire que l’ »optimisme » ou le pessimisme d’une équipe de traders ne joue pas comparé à la détection hypervéloce du « trend » par les machines… »

    Et si Israel décide d’attaquer demain l’Iran, qu’en penseront les robots de Goldman Sachs ? Que deviendra le « trend », uhm ?

  13. Délire basic :
    2010-IF NO « GREED IS GOOD » GOTO to  » GREEN IS GOOD »
    2011-IF « HFT IS GOOD » GOTO TO  » SPEED IS GOOD », THEN GOTO TO « BLANKFEIN IS GOD »
    2012- ( en chantier )

  14. Quoique fasse la bourse,les tradings mutants .les USA c est Zombieland :les « dooms » pronostiques se multiplient http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/01/07/01011-20100107FILWWW00720-usa-un-economiste-predit-une-2e-crise.php ,les « predictions  » et les faits aussi :bientot arrivent les vagues de ALT A,Options ARM, de Prime et autre Jumbo Prime…..http://crisevousavezditcrises.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/02/11/pourquoi-la-crise-du-credit-va-continuer-jusqu-en-2011.html
    Paul jorion ,dans un billet précédent, avait exposé les evenements de cette année et des suivantes http://www.pauljorion.com/blog/?p=6164

  15. Simon Johnson: We’re Setting Ourselves Up For A Big Catastrophe, ‘Crisis Is Just Beginning’.

    « For the six major banks of the United States, their total balance sheet is over 60 percent of U.S. GDP. [The banks] got bigger during the crisis. All the big guys are out there looking to take risk. So would you, and so would I, if we felt we were immune. If you had a ‘get out of jail free card,’ wouldn’t you go take a lot risk right now? »

    Le total des actifs des six plus grosses banques étasuniennes représente désormais plus de 60% du PIB nord-américain.

    http://www.huffingtonpost.com/2010/01/07/simon-johnson-the-financi_n_414662.html

    Merci à Dedefensa.org pour le lien.

  16. Est-ce que tout les participants à ce blog ont lu l’article signalé par SKINNER un peu plus haut ? Quand j’ai lu cet article, je l’ai trouvé très très important :

    Mercredi 7 janvier 2010, sur le site LE FIGARO.FR :

    Tout est en place pour une nouvelle catastrophe économique mondiale, a estimé aujourd’hui Simon Johnson, ancien économiste en chef du Fonds monétaire international.

    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/01/07/01011-20100107FILWWW00720-usa-un-economiste-predit-une-2e-crise.php

  17. 7 janvier 2010. Philippe Béchade pause les bonnes question:

    « Paris aligne une seconde séance consécutive de prudente « consolidation à l’horizontale » entre 3 997 et 4 022 points (et 4 018 points au final, soit +0,11%). Le CAC 40 reprend son souffle, affirment les optimistes béats.

    Mais la réalité telle que les salles de marché la vivent depuis 15 jours, c’est que la Bourse est devenue proprement soporifique. C’est comme si certains opérateurs avaient décidé de débrancher les automates, ces fameux logiciels de trading qui gèrent les ordres à la milliseconde… et qui parasitent les carnets d’ordres en devançant systématiquement ceux placés par les investisseurs particuliers ou les gérants de portefeuilles.

    Où sont donc passés les acheteurs qui se sont précipités en masse en fin de séance lundi, propulsant le CAC 40 au-delà des 4 000 ? Pourquoi le marché parisien ne bénéficie-t-il pas d’une inertie haussière comme nous en observons chaque fois qu’une résistance majeure a été vaincue ? »

    Pelleteuse ou terrassier, un trou est un trou.

  18. Volatilité et allers-retours en bourse.

    Je me suis fâché, il y a bien longtemps, avec mes collègues du département Finance (je crois que c’était au moment du mini-Krach de 1987) quand je leur ai dit que les jeux boursiers étaient un « jeu à somme nulle » – sauf si, bien sûr, on détourne l’argent du circuit économique pour l’amener dans la sphère financière (auquel cas le jeu total devient négatif, les « revenus gagnés » perdant plus que ce que les « revenus non gagnés » gagnent).

    Par ailleurs, lorsque vous faites 5 ou 6 aller-retours dans la m^me journée, comme vous payez les frais de transaction, les seuls qui sont sûr de gagner, ce sont les courtiers.
    Lorsque le marché est haussier (mais il ne le restera pas toujours) des A-R peuvent même rapporter à ceux qui procèdent ainsi. Mais ma remarque précédente reste vraie.

    Entre 1980 et 2005, les différentes bourses ont vu leurs indices augmenter 2 à 3 fois plus vite que les PIB correspondants. On a pourtant eu affaire à un jeu (dynamique) à somme négative, au sens où si les bourses étaient montées au m^me rythme que les PIB, le taux de croissance des PIB aurait été plus important.

    La crise banco-financière des 2 dernières années a ramené – ou presque – le niveau des bourses à leur niveau « normal ». Mais la perte de confiance a causé des dégâts au moins aussi importants dans la sphère « réelle ». Et la relance actuelle de la bourse annonce des catastrophes encore plus grandes, si on n’arrive pas à museler ce « cancer » banco-financier. Pour cela une réforme, voire une révolution , monétaire est indispensable.

    Cordialement,

    Bruno Lemaire.

    PS. L’utilisation d’algorithmes et de machines de plus en plus puissantes ne fera qu’accélérer la crise: se cacher derrière eux, alors que 99% de la population est incapable de savoir ce qu’est un algorithme, m^me aussi simple que celui des tours de Hanoi, des nombres de Fibonacci ou même du PGCD relève de la manipulation mentale.
    Les machines ne feront que ce que les hommes voudront en faire. Par contre cette idée est excellente pour les fabricants d’ordinateurs, de logiciels, et d’installateurs de salles de marché, de m^me que la grippe A était pain béni pour les laboratoires pharmaceutiques. Quand à mes collègues de Finance, X ou non, …

    1. Attention monsieur Lemaire , monsieur Seguin qui lui aussi voulait s’y opposer ,
      est mort …. d’une crise cardiaque

  19. USA : la dynamique de l’emploi se dégrade.

    L’économie américaine a détruit 85000 emplois en décembre, soit un chiffre sensiblement plus important que celui qui était prévu, selon des statistiques officielles publiées vendredi.

    http://www.cerclefinance.com/

    Comment ça,  » un chiffre sensiblement plus important que celui qui était prévu  » ?

    Je croyais que la récession était finie ?

    On nous aurait menti ?

  20. Je suis un profane, mais je ne crois guère que rapidité des transactions et complexité des algorithmes signifient déconnexion de l’économie réelle. Si Peugeot vend tout à coup beaucoup de voitures et réalise des bénéfices majeurs, je suis bien sûr que l’algorithme enregistrera ce « réel » sans barguigner. Il y a toujours, guidée par l’espoir du profit et la destruction créatrice, optimisation de l’allocation des ressources.

    On peut toujours dire, comme certains commentateurs, qu’il faut inventer la slow finance ou fermer les bourses : on se joindra alors aux gros bataillons de ceux qui veulent interdire les OGM, les antennes-relais et toutes les nouvelletés, à la façon du paterfamilias qui va construire un monde sans progrès à la fin du roman de Barjavel, « Ravage ».

    Mais on risque alors de ne rien faire que signer son appartenance à une vieille Europe fatiguée, qui rêve d’un bon gros dodo, comme le monde de l’islam de l’an 1000. l’Espagne aux temps de la Réforme ou la Chine de l’ère manchoue. Dans ce cas, les innovations techniques (telles que le HFT) seront simplement mises en place par des civilisations plus dynamiques et plus confiantes que la nôtre…

  21. 1er septembre 2011 : Des nouvelles du High Frequency Trading

    La SEC demande qu’on leur remette les algorithmes des programmes informatiques de HFT (High Frequency Trading), dans le but de contrôler la conformité de ces algorithmes vis à vis des lois américaines !!!

    Serait ce le fin du High Frequency Trading ? Et le début d’une remise en ordre des places boursières ??

    Source : REUTERS

    Eclairage : Zero Hedge

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