L’actualité de la crise: quand vient le moment de présenter la douloureuse, par François Leclerc

Billet invité.

QUAND VIENT LE MOMENT DE PRESENTER LA DOULOUREUSE

Alors que le montant de l’addition de la crise n’est pas encore connu – car pendant les travaux, les dépenses continuent – la question de la facture qu’il va devoir falloir d’une manière ou d’une autre payer commence à devenir lancinante. Qui va la régler et comment ?

Il est pour l’instant encore considéré de mauvais goût de trop insister à ce propos, étant donné le caractère délicat de la chose, mais l’on y vient. Alors que les esprits sont déjà échauffés par l’attitude des managers des banques, qui s’apprêtent à nouveau à annoncer de nouvelles largesses extravagantes (à l’intention exclusive de leur management et de leurs traders). Nous amenant à nous demander s’ils font preuve d’inconscience. De manque de sens politique, diraient ceux qui cherchent à en faire preuve et à qui cela complique la vie. Ou, plus simplement, s’ils se croient tout permis et sont sûrs de leur fait, ce que l’on hésite à admettre devant l’énormité de la chose, et pourtant… Considérant, somme toute, que c’est leur dû et qu’ils n’ont de compte à rendre qu’à eux-mêmes. Car même leurs actionnaires, dont les dividendes sont minorés d’autant, sont mis devant le fait accompli, au nom d’un talent et d’un mérite qui pourrait sembler un peu usurpé, vu les circonstances.

Afin de tenter de répondre à un ressentiment profond envers les banques, dont ils craignent la montée, les gouvernements occidentaux disposent d’un épouvantail, qu’ils agitent régulièrement afin d’attirer l’attention : la taxation des bonus. Tous s’y essayent, Barack Obama s’apprêtant, selon un haut responsable Américain ayant requis l’anonymat, à suivre dans ce domaine ses collègues européens. Des commentaires peu charitables faisant cependant remarquer, à propos de la Grande-Bretagne qui a été en pointe à ce sujet, que les banques préfèrent payer les taxes que diminuer les bonus, et qu’il n’a de toute façon jamais été envisagé de leur part de diminuer le montant des bonus pour augmenter les crédits à l’économie, ce qui était l’objectif proclamé de la taxation…

Sans perdre de temps, ces mêmes banques ont essayé de s’exonérer du règlement de l’addition globale, en remboursant dès que possible les aides directes reçues des pouvoirs publics, afin de revendiquer un solde de tout compte. La taxation des bonus, justifiés par les résultats mirobolants des mégabanques, est maintenant présentée comme une manière de récupérer un peu plus de deniers publics, comme s’il était reconnu par les gouvernements que le compte n’y était pas précédemment, sous pression de l’opinion publique. Car l’écart est énorme entre ce qui a été débloqué de fonds et de garanties publiques au titre du sauvetage des banques et de l’économie et les sommes que les banques ont restitué, non compte tenu que les robinets ne sont pas prêts d’être fermés.

En arrière fond de l’actualité, d’autres propositions de taxes – notamment sur les transactions financières – ne vont pas manquer de resurgir, si comme probable l’opinion publique réclame de nouvelles initiatives. Une certaine dynamique est de ce point de vue enclenchée, n’ayant eu jusqu’à maintenant que des résultats très symboliques et limités, pris à titre préventif par les gouvernements. Jusqu’où ira-t-elle  ? Comment va-t-elle s’exercer  ?

Il faudra attendre un peu pour connaître la réponse à cette question, mais il est possible de s’avancer et de prédire que les nouvelles contributions de cette nature, qui pourront être décidées, seront d’autant plus significatives que seront élevés les sacrifices – un mot qui ne sera pas employé – demandés aux contribuables et d’une manière générale aux citoyens. Le tout selon un partage qui s’annonce fort inégal et qu’il va falloir justifier à contre-courant.

Or, les gouvernements occidentaux disposent de marges de manoeuvre qui se réduisent. Ils ont cherché tout d’abord, fidèles à leur sempiternelle ligne de conduite, à gagner du temps, ne se résolvant pas à trancher et agir. Mais ils ont perdu tout espoir que le retour d’une croissance salvatrice, venue d’on ne sait où et dont ils savent désormais qu’elle ne va pas se manifester par magie, leur évite de devoir le faire prochainement. Afin de ne pas aggraver les choses, ils s’efforcent maintenant d’éviter ou de limiter de nouveaux engagements financiers, au nom de la relance, pourtant nécessaires s’ils voulaient que celle-ci se confirme. Mais cela contribuerait à creuser les déficits qu’ils sont sommés de réduire. Ils risquent fort d’hériter, à la clé, d’une aggravation prévisible de la crise sociale, ainsi que de ses conséquences politiques, elles beaucoup plus imprévisibles.

Pris sur leur lancée, ils voudraient au nom de leur credo libéral continuer de diminuer la pression fiscale, en particulier sur les plus riches, ou tout du moins ne pas l’accroître. A moins qu’ils ne se résolvent, mais cela n’en prend pas le chemin en France et en République fédérale, à symboliquement augmenter les taux d’imposition des tranches supérieures comme les travaillistes Britanniques l’ont annoncé. Ils jurent leurs grands Dieux qu’ils vont réduire le train de vie de l’Etat, sabrer dans les dépenses inutiles, racler jusqu’à l’os le budget… En réalité, ils vont immanquablement couper dans les comptes sociaux : couverture maladie, indemnités de chômage, retraites, aides sociales en tous genres. Un par un mais toujours au nom de leurs déficits spécifiques, avec comme origine déjà répertoriée la surconsommation médicale, la rigidité de la réglementation du travail et l’absence de mobilité ou bien encore les méfaits de la pyramide des âges. Toutes causes devant lesquelles ils sont malheureusement impuissants, et ce n’est pas faute d’avoir essayé.

Afin de faire face aux déficits, de nombreuses nouvelles dispositions sont préparées dans la discrétion des cabinets ministériels, dont peut-être une augmentation de la TVA, l’impôt de ce point de vue le plus injuste, car il touche les non-imposables. A moins que de nouvelles taxes ne soient inventées, au nom de la solidarité. Quant aux retraites, elles vont fondre dans une société où travailler passé 50 ans va relever de l’exploit. Les mutuelles de santé vont, quant à elles, devoir continuer à augmenter leurs cotisations afin de faire face aux diminution de remboursement de la sécurité sociale et aux transferts de charges. Etc, etc…

L’organisation en France de la conférence sur les déficits publics de fin janvier, annoncée par Nicolas Sarkozy, afin d’étudier comment « sortir de la spirale des déficits et de l’endettement », n’a pas d’autre objectif que de justifier des mesures dans ces différents domaines, de définir « une méthode » annonce-t-il dans un premier temps. Par souci de pédagogie, et également par prudence, afin de tâter le terrain. Le temps des arbitrages viendra ensuite, les annonces étant échelonnées dans le temps.

Plus ou moins rapidement et avec des variantes suivant les pays, savamment dosé afin de mesurer les réactions qu’il va susciter, un cocktail d’austérité va être servi. Proscrivant, en raison du repoussoir de l’inflation et de son statut, le recours à un soutien de la BCE pour contribuer au financement des déficits publics, alors que le guichet reste toujours ouvert pour les établissements financiers. Arguant de l’impossibilité de revenir sur des décisions prises au niveau européen, à propos du plafonnement des déficits publics et au nom de l’intégrité de la zone euro. Sans qu’une réflexion s’engage sur ce qui devrait et pourrait être fait à ce même niveau, afin que la construction de l’Europe prenne enfin en compte le volet social qu’elle a négligé, (et fiscal, qu’elle a écarté), au risque de susciter de fortes réactions de repli national qui auront encore moins de chance d’aboutir à des issues.

La tentative de la présidence espagnole de l’Union européenne, selon laquelle un régime de « sanctions » devrait être envisagé envers les pays qui ne suivraient pas la politique économique commune adoptée en commun, pour l’instant avortée au profit « d’incitations » (l’Allemagne ne voulant pas s’engager sur la voie d’un « gouvernement économique européen ») illustre ce besoin que vont avoir les gouvernements de pouvoir se réfugier derrière des instances qu’ils ne contrôlent pas (quand ce ne seront pas des phénomènes qu’ils ne maitrisent pas), pour imposer leur politique.

Tous autant qu’ils sont, les gouvernements occidentaux vont devoir naviguer à vue, pris entre des impératifs contradictoires, prisonniers des choix initiaux qu’ils ont faits et qui n’ont pas abouti aux résultats escomptés. Enchaînés à la crise chronique d’un capitalisme financier appelée à durer sinon même à s’éterniser. Craignant de nouvelles embardées, qu’elles proviennent de soubresauts financiers imprévisibles ou d’un brusque et impétueux réveil social qui ne se sera pas annoncé.

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80 réflexions sur « L’actualité de la crise: quand vient le moment de présenter la douloureuse, par François Leclerc »

  1. Un bon article comme d’habitude de François Leclerc.

    « la crise chronique d’un capitalisme financier appelée à durer sinon même à s’éterniser. Craignant de nouvelles embardées, qu’elles proviennent de soubresauts financiers imprévisibles ou d’un brusque et impétueux réveil social qui ne se sera pas annoncé »

    C’est en effet le scénario que je craignais.Ajoutons à cela qu’une révolution sociale dans un seule pays ne fera que empirer la situation économique de ce pays à cause de la mondialisation (les entreprises s’installeront ailleurs…).
    C’est vraiment désespérant.

    1. En Europe, il n’y a déjà plus d’entreprise…Ils se sont déjà installés ailleurs…Par contre pour les profits….

  2. Mardi 12 janvier 2010, LE FIGARO interroge Christine Lagarde sur la taxation des bonus des traders.

    LE FIGARO. – Combien cela rapportera-t-il ?

    Christine LAGARDE. – Nous escomptons une rentrée de 360 millions d’euros, dont 270 millions seront consacrés à alimenter le Fonds de garantie des dépôts pour renforcer la sécurité des déposants. Les besoins ont en effet augmenté avec le relèvement de 70 000 à 100 000 euros du plafond de la garantie décidé par l’Union européenne. Le solde, soit 90 millions, sera directement reversé au budget de l’État. Ce chiffre de 360 millions repose sur les estimations fournies par les banques des bonus qu’elles prévoient de verser en 2010. Les niveaux de bonus sont en recul global de 16 % par rapport à ce qu’elles avaient payé en 2008 (au titre des résultats 2007), dernier exercice avant la crise.

    Source : lefigaro.fr

    En clair :

    La taxation exceptionnelle des bonus des traders rapportera 360 millions d’euros à l’Etat.

    Seulement 90 millions d’euros seront reversés au budget de l’Etat.

    En revanche, 270 millions d’euros seront consacrés à alimenter le Fonds de garantie des dépôts pour renforcer la sécurité des déposants. Si une banque française fait faillite, ce Fonds de garantie remboursera (en théorie) à chaque épargnant le montant de ces dépôts. Maximum remboursé : 100 000 euros.

    En réalité : si une banque française fait faillite, le Fonds de garantie sera dans l’incapacité de rembourser tous les épargnants. Les sommes en jeu sont beaucoup trop élevées. Le Fonds de garantie ne pourra pas rembourser tous les dépôts.

    Si une banque française fait faillite, les contribuables français devront payer pour rembourser les conneries des banquiers. Comme d’habitude.

    Aux Etats-Unis, 140 banques américaines ont fait faillite en 2009.

    Aux Etats-Unis, il existe aussi un Fonds de garantie pour rembourser les épargnants quand une banque fait faillite. Il s’appelle la FDIC. Mais la FDIC est débordée par le nombre de banques en faillite : elle est elle-même en faillite ! ! !

    Situation budgétaire de la FDIC au 30 septembre 2009 : 8,2 milliards de dollars de perte.

    A propos de la FDIC, lisez cet article très inquiétant :

     » à la lumière des éléments actuels, la faillite de la FDIC semble inévitable à terme, et probablement au premier trimestre 2011. En effet, du côté du secteur bancaire, aucun élément n’indique à l’heure actuelle une amélioration sur le terrain et on voit mal la FDIC demander d’autres primes en avance à un secteur en proie à de grandes difficultés.

    A l’instar d’autres institutions financières aux Etats-Unis, la FDIC va devoir elle-aussi se mettre sous la tutelle gouvernementale. Cet échec aura probablement de grandes répercussions, la FDIC jouant un rôle essentiel dans la confiance des citoyens envers le système bancaire.

    La nécessité de restaurer la confiance fut d’ailleurs la raison de la fondation de la FDIC en 1933 alors que les Etats-Unis connaissaient une vague de faillites sans précédent, provoquée notamment par le retrait massif des dépôts par les citoyens.

    Son effondrement annoncé symbolise également celui du néolibéralisme. En effet, ceux qui ont vu « Capitalism : a Love Story » de Michael Moore se rappelleront peut-être de l’image où l’on voit un groupe de personnes s’attaquant fièrement à un tas de paperasse réglementaire et parmi lequel figurait un responsable de la FDIC.

    On peut s’étonner de l’écart entre cette sombre prévision quant au sort de la FDIC et la confiance affichée par celle-ci à l’égard des citoyens des Etats-Unis. Néanmoins, celle-ci ne fait que parfaitement jouer sa partition qui est de maintenir aussi longtemps que possible la confiance et l’illusion d’un système qui ne peut se maintenir tel quel et qui se sait condamné.

    http://faillitesbancairesusa.over-blog.com/article-bilan-2009-et-perspectives-pour-2010-41978377.html

    1. Question innocente à Françaois Leclerc,
      En dehors du »contribuable » c’est à dire le citoyen qui paye des impôts et le consommateur qui en payera les conséquences, qui voyez vous donc.?

  3. Ce que nous appelons « démocratie » est en train de devenir un vrai jeu de dupes…(Avant, peut-être de tourner à un bien incertain rapport de force…)

    1. à simplesanstete et aux autres lecteurs

      Egalité et réconciliation est une organisation d’extrème droite prônant le nationalisme à outrance ( mais ça on s’en doute venant de l’extrème droite )

      je me permet de la signaler car de temps en temps cette organisation est citée sans qu’il n’y ait un petit rappel …..

    1. Je propose la création d’une nouvelle agence de notation totalement indépendante qu’on baptiserait :FICHTRE!

  4. Excellente analyse. Mais avec vous, à force de le ré-écrire, j’ai l’impression de bégayer.
    Méfiez-vous néanmoins de ne pas trop critiquer les politiques…
    Le site Contreinfo est fermé pour une durée indéterminée et le LEAP est devenu excessivement silencieux….

    Sur un registre plus optimiste : je donne jusqu’à mai-juin à la paix sociale aux US. Juillet maxi vu leur niveau intellectuel qui leur permet juste de monter sur un cheval. A condition de pouvoir parier sur le cheval.

    1. Les américains sont increvable .. ils ont cette capacité à redémarrer à zéro avec rien et un moral d’acier à l’autre bout du monde .. Envions-leur cette valeur et force du travail… Alors ne les sous-estimez pas svp.
      De plus, pour avoir vécu de nombreuses annéesà NY, vous apprendrez ce qu’est la générosité aux US, mais sans doute pas en France pays de l’égoisme absolu.
      Merci

    2. Il ne faut pas exagérer… 😉

      « Contre Info souhaite une heureuse année 2010 à tous ses lecteurs ainsi qu’à leurs proches et remercie chaleureusement tous ceux et celles qui lui ont apporté leur soutien.
      Ndlr : Le site reprend son activité après un incident d’hébergement imprévisible, mais heureusement sans gravité. »

    3. Astrorock.
      Les ricains achètent les scientifiques d’autres pays à prix d’or… (green card for all)(bizarre… les pubs de green card ont disparu du net…)

      Cela ne vous interpelle pas un peu, quelque part..???

      Une étude venant de Norvège, Suède ou Danemark a montré que les US sont le pays où l’ascenseur social fonctionne le moins. (ce qui est logique en parlant de social)

      Hé oui : il est rare de naître à la fois riche et intelligent. (voir les banques de sperme qui se font des cou… boules en or en vendant des « futurs supérieurs » et il ne faut pas confondre richesse et intelligence, comme l’a bien remarqué cet excellent Madoff)

    4. Heu…

      On veus faire la meme chose avec l’immigration selective.

      Et on le fait deja pour certaines professions.

  5. jusqu’au jour ou les stratégies dégringolerons sur du vent et réveillé le sable dans les yeux, d’avoir trop tard entendu « les dès sont lancés rien ne va plus » (la corbeille prend feu ?!). Et de quelles règles alors ferons-nous usage?
    aujourd’hui « Le cours de l’action Japan Airlines est en chute libre ce mardi à la Bourse de Tokyo allant jusqu’au plus bas niveau autorisé »
    de l’AFP « La Banque centrale de Chine a annoncé mardi deux mesures pour tenter d’enrayer la surchauffe de l’économie, le relèvement du taux de réserves obligatoires pour les grandes banques et la hausse du taux d’intérêt sur les bons du Trésor à un an. » « Cette mesure a été prise au lendemain de l’annonce d’une envolée des crédits accordés dans la première semaine de 2010, à 600 milliards de yuans (61 milliards d’euros), soit davantage que les 547,8 milliards de yuans enregistrés pour les mois d’octobre et novembre combinés. (…) Mais, pour Chen Xingdong, économiste de BNP Paribas basé à Pékin, la Banque centrale devrait appliquer des mesures plus sévères pour contenir la hausse du crédit ».
    « Le durcissement devrait être plus intense, pas aussi léger que maintenant », a-t-expliqué à l’AFP. Sorti de la cellule de dégrisement avec une gueule de bois la panique prend à l’idée que le cours du champagne risque de s’envoler…

  6. En France le deuxième tour des régionales ayant lieu le 21 Mars 2010,nous avons donc encore quelques temps devant nous avant de se serrer la ceinture. A moins que redoutant Mai, les pouvoirs publics ne nous convient à cet exercice qu’à partir de l’été.Congés payés aidant, il n’est pas en effet pas envisageable, de prendre la Bastille ou Bercy en Juillet,d’autant que les soldes d’été commencent le 30 juin.

  7. Bonsoir.

    Un chapitre presque exclusivement politique de « l’actualite de la crise ». Enfin, dirais je, le temps du commentaire sur le temps qu’il fait du poinr de vue de la seule economie etant effectivement passe, il faut aborder les choses par le versant politique.

    N’attendons rien de l’UE car il n’y a rien a en attendre. Pour la bonne et simple raison et que le projet comme il a ete cree a l’origine, c’est dire les « united states of europa » est mort mais qu’a l’instar du canard a qui ont a coupe la tete, l’UE continue d’avancer.

    Les nations, que les reveurs et les ideologues ont cru diminuer, voire eradiquer, se vengent car le fait national est indepassable avant longtemps voire meme definitivement.

    Donc les etats relevent la tete et chacun joue sa partition en fonction de son histoire et de son present. Et agiter la menace de sanctions envers des etats qui n’en peuvent deja mais, releve de l’incantation « europeiste », ce mot n’etant pas pejoratif dans ma bouche, je n’en ais pas trouve d’autre. D’ailleurs l’Allemagne n’as jamais joue le jeu du gouvernement economique europeen, se payant une devaluation competitive de fait lors de la hausse de sa TVA, le tout au detriment des autres acteurs de ce jeu plombe par des regles que nul ne peut plus observer.

    Sur la TVA il faut cesser d’agiter le dogme de l’impot injuste car touchant tous les consommateurs par rapport a la supposee justice de l’impot progressif. Que je sache, Bernard Arnault (l’homme le plus riche de france si ma memoire est bonne) laisse plus de tva que le smicard, mais echappe pour une large part a l’IRPP et a l’ISF. A defaut d’un vraie reforme ficale, qui n’est pas a l’ordre du jour, la loi TEPA etant l’alpha et l’omega du sarkozysme, et c’est bien la seule vraie reforme qu’il ais realisee, l’augmentation d’un point ou deux de TVA ne me semble pas scandaleux. Y compris sur la restauration.

    Sur le travail, donc les retraites, je vous rejoint, il faut arreter de se bercer, entre des debut de carriere a 25 ans, des plans de preretraite a 55 et une esperance de vie de 75 ans pour les hommes et pres de 10 ans de plus pour les femmes, l’equation n’est pas tenable en se contentant de la enieme amplatre sur la jambe de bois, dont on n’appercois plus l’essence d’origine au gre des sois disant reformes passees et probablement a venir.

    Sur les banques, je ne crois meme plus que ce soit de la provocation, juste qu’ils se sentent assez fort face aux etats qui s’empressent depuis des années d’abandonner leur souverainetes a des « machins » style OMC qui n’en demandaient pas tant. Qu’il faille des organisation supra nationales pour organiser les choses est une evidence, qu’on leur abandonne des pans entier des souverainete est une abberation et l’histoire se venge. Il est donc plus que temps de reprendre la main.

    Sur les solutions je pense que la debat vas s’ouvrir un jour ou l’autre ici meme.

    1. J’ai considéré comme injuste l’augmentation de la TVA d’un point de vue que j’ai explicité: il touche aussi les plus démunis, ce qui n’est pas le cas de l’impôt sur le revenu.

    2. Preretraite à 55 ans il a 10 ans de celà … on peut dire qu’ à 50 ans aujourd’hui vous êtes déjà pratiquement hors système.

    3. Le système actuel des retraites n’est effectivement plus tenable. Pour autant, en l’état il est déjà scandaleusement injuste.
      Peut-on d’ailleurs parler « des retraites ». Il y a de telles diférences de revenus entre une veuve d’ouvrier ou de petit artisan et un ancien salarié, du public ou du privé, des classes moyennes / supérieures.
      Le contraste entre certains « inactifs » aisés et les travailleurs pauvres, aussi, est effrayant. On voit les premiers faire leurs courses dans les grandes surfaces au volant de leurs grosses et belles voitures neuves pendant que les seconds vont chez les hards discounts avec leurs vieilles gimbardes en fin de vie. Quelle sens donner à cette société où les riches deviennent des vieux riches entretenus par des pauvres qui finiront vieux pauvres ?
      Certes, la logique de ce sytème on la connaît. Les revenus du retraité sont calculés à partir de ses anciens revenus de la vie active, d’où la prolongation dans la retraite des inégalités sociales. Au nom de quoi ? La prolongation d’un niveau de vie plus ou moins équivalent à celui de la vie active.
      Une solution (certe un peu maoïste) un revenu égal et décent pour tous les retraités, déconectés des revenus antécédents, une retraite universelle.

    4. « le fait national est indepassable avant longtemps voire meme definitivement »

      Comme vous y allez!

      Les cimetieres de l’Histoire sont plein de chose indépassables.

    5. « Que je sache, Bernard Arnault (l’homme le plus riche de france si ma memoire est bonne) laisse plus de tva que le smicard »

      Je suis smicard, et même chomeur moins qu’au smic.

      100% de mes revenus sont alloués à la consommation de biens de première necessité.
      Sur l’alimentaire et le vestimentaire, je suis imposé à 20,6%.

      Que représente le montant de ma dépense de ces deux catégories en part du revenu de Bernard Arnaud?

    6. Pour loup des mers: J’ai ecrit « indepassable avant longtemps, voire defintivement ». En effet je ne crois pas aux etats unis d’europe ce qui etais le projet des peres fondateurs de l’UE. L’UE est compose de nations, millenaires pour certaines, il n’y a pas d’unification par la langue, nous nous sommes fait la guerre de tous temps et la paix est toute recnete (l’entente cordiale date de 100 ans et la paix avec l’allemagne de 65 ans..), bref je crois en une union a geometrie variable sur des objectifs precis. Mais nos elites ne croient plus a la nation et poussent les peuples, qui le refusent, en direction de le federation. Je n’exclus pas qu’on y arrive un jour, mais je pronostique ce jour tres lointains. S’il arrive, ce que je n’y crois pas.

    7. Pour espagnoux: Oui en effet, on peut considerer cela comme une injustice. Je pense qu’a defaut d’une reforme fiscale ET sociale de fond, qui permetrais de payer des salaires nets plus important, donc d’etre imposables, la situation actuelle est la meilleure. D’autant que cet impot est a rendement catastrophique. Je me demande meme s’il ne faut pas envisager de le supprimer pour le remplacer par une augmentation de la CSG et/ou de la TVA qui me semble d’un meilleur rendement.

    8. Pour Alexmex: Pardonnez moi d’avance si je vous choque. Mais toute la consomation de 1ere necessite n’est pas soumise a tva de 20,6%. En l’admettant meme, votre taux d’imposition serais de 20,6%.

      Je me siterais pour ma part a 50% de mes revenus csg, irpp et tva reunis.

      Arnault (mauvais exemple?) plus pres de 60 a 70%.

      Ma proposition est une solution temporaire qui n’exonere pas d’une reflexion de fond, donc d’une reforme de fond, du finnancement de l’etat, des collectivites territoriales et du paitarisme.

  8. « Mais [les gouvernements occidentaux] ont perdu tout espoir que le retour d’une croissance salvatrice, venue d’on ne sait où et dont ils savent désormais qu’elle ne va pas se manifester par magie, leur évite de devoir le faire prochainement »

    En Belgique, ils croient encore au père Noël…

    http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/555137/pres-de-3-pc-en-2012-grace-a-l-effet-mecanique-de-la-croissance.html

    Le gouvernement attend dans les prochaines jours les dernières projections du Conseil supérieur des Finances pour élaborer le nouveau pacte de stabilité qu’il doit remettre à l’Europe.

    Interrogé à ce sujet lors de la conférence de presse de présentation des résultats budgétaires de 2009, les vices-premiers ministres Didier Reynders et Laurette Onkelinx et le secrétaire d’Etat au Budget, Melchior Wathelet, ont dit que les éventuelles marges qui pourraient se dégager d’une croissance plus importante que prévue initialement lors de la confection des budgets 2010 et 2011 seront affectées à l’assainissement des finances publiques.

    En clair: L’Europe veut un déficit sous les 3% du PIB ? Rien de plus simple, prévoyons une croissance bidon de façon à rentrer dans les chiffres !

    1. La douloureuse belge comme symptome : Le déficit des finances publiques belges est passé de 1,2% en 2008 à 5,9 % en 2009. La dette publique atteint 97% du PIB…

  9. En France, je pense que ça va vraiment commencer à se bagarrer lors du prochain débat sur les retraites. La… CFDT a déjà mis Sarkozy en garde: ne touchez pas à la retraite à 60 ans! Je rappelle qu’aux USA, l’âge officiel de la retraite est désormais de 67 ans et 8 mois (la date de départ en retraite est retardée d’environ 4 mois chaque année depuis 2007).

  10. « … une augmentation de la TVA, l’impôt de ce point de vue le plus injuste… »

    Certes. Dans le contexte actuel. Vous raisonnez en tenant compte du monde tel qu’il est. Mais si, comme moi, vous veniez de la planète Mars, vous seriez sans doute stupéfait d’apprendre, qu’ici, on fait peser la charge de la solidarité sur le travail, plutôt que sur la consommation.

    1. L’injustice sociale de la TVA est un dogme, comme les bienfaits de la mondialisation, comme les mefaits du protectionnisme et comme tant d’autres dogmes.

    2. Tout à fait d’accord !
      Bien au contraire une hausse globale de la TVA fera peser la contribution sur les plus gros consommateurs. Mais au-delà de cette banalité peut-être faut-il changer le concept même de la TVA : moi j’imagine un dispositif à deux volets variables indépendamment : une TVA « sociale » taxant progressivement les produits en fonction de leur nécessité (ex : pain 0 %, tél GSM 100 %), adossée à une TVA « écologique » (en fait de rééquilibrage industriel) taxant progressivement les produits en fonction de la distance séparant leur lieu de production de leur lieu de consommation. Ainsi on pourrait acheter des pommes sud-africaines taxées à 0% en social mais à 100% en écologique !
      Qu’en pensez-vous ?

    3. D’accord avec la TVA modulable d’Yves.
      Ce serait intelligent et logique….mais couteux comme usine à gaz fiscale.
      Bourré de dérogations et de récupérations sarko-borlooiennes comme la momentanément defunte taxe carbone.

    4. Idee interessante mais un poil usine a gaz quand meme.

      Plus haut j’evoque la possibilite de supprimer l’irpp pour le remplacer par une hausse de la CSG et de la TVA.

      Ca vas faire hurler les belles ames persuades de l’efficacite de la progressivite de l’IRPP, mais dans l’etat actuel des choses (niches fiscales + bouclier fiscal + inclusion de la politique familliale), l’objectif initial est revenu caduque.

  11. Selon LEAP/E2020, la crise systémique globale va connaître un nouveau point d’inflexion à partir du Printemps 2010. En effet, à cette date, les finances publiques des principaux pays occidentaux vont devenir ingérables parce qu’il deviendra simultanément évident que de nouvelles mesures de soutien à l’économie s’imposent au vu de l’échec des différents stimulus de 2009 [1] et que l’ampleur des déficits budgétaires interdit tout nouvelle dépense significative.
    http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=16623

  12. Il était question opportunément de la BRI , sera-telle la Banque du Règlement International des dommages de la guerre financière qui a tant détruit , dommages dont l’inventaire non commencé dépasse déjà l’entendement ?
    A l’heure de la mondialisation , pourquoi ne pas d’abord présenter « la douloureuse » à la BRI plutôt quà la BFCE ?
    De toute façon la dimension de la ‘faille’ est internationale , il ne s’agit pas de rester dans la dimension européenne sinon
    nous allons tout droit dans la série de taxes  » méga Krise » à l’image de la taxe carbone , puisque qui dit « réflexion et solution politique » dit taxe . La taxe Tobin se voulait internationale . Il faut se bouger pour pousser dans cette dimension .

  13. Bref, toujours aucun espoir en vue, tant que l’on n’impute pas, enfin, au signe monétaire lui-même, les mêmes charges qu’il cause. Sans réforme de l’émission de monnaie, au sens d’une monnaie fondante, il n’y aura vraiment pas d’issue!

    1. il est vrai que la monnaie est l’objet central de la crise mais l’histoire de monnaie fondante comme solution à la crise, c’est à voir…il serait intéressant d’appliquer ce système monétaire tout d’abord à une région ou un petit pays avant de s’y lancer réellement; il est sûr que ça limitera le crédit qui a entraîné ces deux dernières décennies une surconsommation…
      à part ça, ça va être bien moche ces prochaines années : croissance nulle, chômage très élevé, déficits abyssaux, crise sociale, émeutes urbaines, l’extrême-droite qui reprend du poil de la bête, anti-élitisme généralisé (après tout, ces élites l’ont bien cherché et ont besoin d’une vraie remise en cause)
      Il y a autre chose qu’il faudra redéfinir, c’est la place des banques commerciales dans nos sociétés et celle aussi de la banque centrale (pourquoi les citoyens ne sont jamais représentés dans ces banques centrales ??? un organisme aussi important devrait être sous le contrôle total des peuples et des gouvernements) et plus généralement du crédit (le crédit était présenté par bon nombre d’économistes comme la panacée, notamment le micro-crédit pour faciliter le développement des pays pauvres)

    2. A propos de la monnaie fondante je comprends bien que l’argument valable est d’inciter à la circulation de la monnaie afin de stabiliser dans le temps l’équation « masse de productions et de services offerts = masse de monnaie ». Mais il y a un aspect que je ne comprends pas : certains biens ne peuvent être achetés qu’après une longue épargne ou à crédit. C’est le cas par exemple des logements.

      Le crédit conduit à des comportements d’achat irresponsables et à des situations financières inextricables (voir par exemple les subprimes bâties sur les titrisations des dettes hypothécaires qui ne pourront jamais être remboursées par des emprunteurs lesquels les ont achetés au dessus de leurs moyens).
      L’alternative c’est qu’il faut épargner pour pouvoir tout simplement se loger (ou pour pouvoir investir dans les moyens de production etc.).

      Il y a longtemps j’ai cru comprendre que l’épargne est une vertu car cela permet d’acheter ce qu’on a effectivement les moyens financiers d’acheter plutôt que ce qu’on espère pouvoir rembourser sur une période plus ou moins longue. L’instauration de la monnaie fondante signifie la fin de l’épargne. Ai-je bien compris ? Dans ce nouveau schéma épargner n’est donc plus une vertu.

      En supprimant le système de crédit et en généralisant la monnaie fondante comment pourra-t-on concrètement par exemple accéder à la propriété d’un logement ?

  14. Personnellement, je serai plus favorable à une augmentation de la CSG. C’est pour moi le seul impôt juste basé sur un pourcentage des revenus.

    1. Une sorte de flat taxe en quelque sorte.

      L’idee ressort regulierement, constatant que la progressivite de l’impot sur le revenu est mise a mal par le biais des niches fiscales et que les plus bas revenus ne le payent pas, c’est une idee iconoclaste qui merite debat.

    2. Et c’est aussi donné un avantage commercial gigantesque aux paradis fiscaux et autres centres off-shore….
      Dommage, l’idée aurait pu être bonne.

      Si vous voulez que je vous donne d’autres bonnes idées, je suis honnête-ment ouvert à tout bakchich.. 😉

    1. oui elles ont remboursé (pour la bnp, crédit mutuel et la socgen) l’été dernier en avance comme on dit. L’état français a fait une plus-value dérisoire…de toute façon ces histoires de prêts me paraissent louches : de ce que je sais (rectifiez-moi si je me trompe) ces prêts sont en quelque sorte des jeux d’écriture : un état doit ma somme A à une banque à un temps zéro. Au temps un, la banque se sentant en danger demande à l’état de lui venir en aide et de lui prêter une somme B, somme qu’elle retranchera à A.

  15. La raison n’a plus court.

    Les dix commandements du banquier.
    – de toute les opportunités tu profiteras
    – les conséquences de tes actes tu ignoreras
    – ton profit tu maximiseras
    – les perdants tu mépriseras
    – l’immédiat tu privilégieras
    – qu’en tes pairs tu croiras
    – au futur aveugle tu seras
    – …

    Il ne restera bientôt plus que l’ironie.

  16. @ François

    « Car l’écart est énorme entre ce qui a été débloqué de fonds et de garanties publiques au titre du sauvetage des banques et de l’économie et les sommes que les banques ont restitué »

    Que faut-il comprendre ? Que les banques mentent quand elles affirment avoir remboursé les avances de l’automne 2008 ?

    1. Je souhaitais signifier que si elles avaient bien remboursé les aides directes qu’elles ont reçu, il reste à payer les dégâts qu’elles ont causé.

  17. Au sujet des bonus et pour se détendre un peu, avis autorisé de Marc Fiorentino lors de la pause déjeuner ce midi sur France INFO.
    Il pourrait prévenir avant d’intervenir, j’ai failli avaler ma fourchette.
    http://www.france-info.com/economie-finance-patrimoine-2010-01-12-les-banques-vont-payer-360-millions-d-euros-de-taxe-391012-22-24.html

    D’après mes notes prises à la volée entre la poire et le fromage :
    « C. Engarde comme BO prépare la foule à être informé des chiffres EFFARANTS de profits des banques et éviter au public de se mettre trop en colère.
    Le timing est opportun, les annonces ne vont pas tarder.
    Sans nos aides les banques auraient fait faillite alors que là elles réalisent des profits comme jamais.
    Aux USA, contrairement à la France l’Etat s’est porté proprio.
    360 Mo, une goutte d’eau, juste le montant des bonus payés par une banque moyenne française.
    Rappelez vous les banquiers sur les marches de l’Elysée, tout contris….buables. Ca va changer aurait dit quelqu’un
    360 Mo à qui ? 1/4 pour l’Etat, le reste pour un fond de garanti des petits épargnants »

    Questions subsidiaires et sans importance et pour lesqeulles on doit trouver des réponses sur ce blog sérieux :
    ces bonus sont payés à quel titre ?
    quel est montant des bonus non concernés, des augmentations de salaires, des stock-options, ….. ?
    les bilans sont ils fiables ?
    combien reste t’il de tas de poussière sous les tapis (+ 35 Ma $ ou + pour la SG, super gros) ?

    1. Papimam demande à propos des banques :  » les bilans sont ils fiables ?  »

      Je ne veux pas passer pour un extrémiste, donc je laisse répondre Dominique Strauss-Kahn.

      Extrait d’une interview du 24 novembre 2009 :

      « Le Figaro : Quel est aujourd’hui le niveau des pertes non reconnues des banques ?

      Dominique Strauss-Kahn : Il reste d’importantes pertes non dévoilées : 50 % sont peut-être encore cachées dans les bilans. La proportion est plus forte en Europe qu’aux États-Unis. Je le redis : l’histoire des crises bancaires, notamment au Japon, démontre qu’il n’y aura pas de croissance vive et saine sans un nettoyage complet du bilan des banques. »

      Source : lefigaro.fr

      Les bilans des banques ne sont pas fiables car les banquiers communiquent de magnifiques bilans, remplis à ras bord de soi-disant  » actifs  » … mais les banquiers savent très bien que ces soi-disant  » actifs  » ont en réalité une valeur égale à zéro.

      Ce sont des prêts qu’ils ont accordés, mais qu’ils ne récupèreront jamais.

      Ces soi-disant  » actifs  » sont en réalité des actifs pourris.

      Dernière chose : n’oubliez pas que la Société Générale vient d’avouer qu’elle avait 35 milliards d’actifs pourris dans son bilan, mais c’est sans compter les dérivés.

      Lisez cet article :

       » Ces actifs illiquides, c’est-à-dire pour lesquels il n’existe pas de marché, sont d’une valeur comptable de 35 milliards d’euros, hors produits dérivés.  »

      http://marches.lefigaro.fr/news/societes.html?&ID_NEWS=130981848

      Et en comptant les produits dérivés, ça fait combien de dizaines de milliards d’euros d’actifs pourris dans le bilan de la Société Générale ?

  18. Je rêve d’un beau final à la fight club… avec la BRI comme personnage principal… lol.

    Les américains ne sont pas stupides… les américains sont courageux, etc etc… « Les américains » ca n’existe pas. Je partage entièrement le point de vue de Dedefensa sur ce point: tous ces drapeaux ce n’est que de la poudre aux yeux, une vaste entreprise de com qui tente pathétiquement de faire exister ce qui n’existe pas là bas: un peuple.
    Je me souviens que Cohen, le spécialiste de la zone Caraïbe et des transitions démocratiques en Amérique latine, et non pas l’économiste, décrivait la constitution américaine et le système américaniste comme l’exemple le plus parfait d’anarchie qui puisse exister.

    Et vous le verrez bientôt, quand les hispaniques, les WASPS et la communauté noire se livreront une guerre sans merci sur ce territoire (disons d’ici une dizaine d’années), territoire qui aura déjà été ravagé comme l’URSS le fut en son temps par une incapacité structurelle à penser autrement qu’elle ne le fait (les US auraient l’impression de se perdre s’ils le faisaient; ils ne peuvent même pas envisager s’être « trompés » et malheureusement pour eux sitôt que le dollar aura été destitué de son rôle ils en paieront durement le prix). Le pire dans le cas US c’est que ce qui les lie les lie dans les deux sens du terme, c’est à dire que ce qui les unit est celà même qui les empêche d’éviter la catastrophe politique qui se prépare déjà.

    Il n’y a aucune « loi de nature » dans la prétendue « résilience » américaine, qui n’est qu’un mythe (certes un mythe savamment entretenu). Les US n’ont jamais eu à reconstruire quoique ce soit de comparable avec ce que les nations européennes ou asiatiques ont eu à reconstruire. Ils n’ont jamais eu la guerre chez eux. Bref ils ne savent pas de quoi ils parlent quand ils vantent leur prétendue « résilience à toute épreuve ». On verra bien ce qu’il en est. Mais ce qui est sûr c’est que dans un sens comme dans l’autre on ne risque pas d’être déçus du spectacle. L’avantage qu’ils ont c’est que les institutions donnent la possibilité aux meilleurs de crier ce qu’ils estiment être vrai et même d’émerger politiquement en cas de crise, alors que tout est sclérosé sur le vieux continent.

    1. C’est même particulièrement pertinent, cette étude comparée de Mr Orlov.

      Il note aussi la différence flagrante d’environnement. Argument que j’ai repris face à un économiste qui voulait comparer la crise du Japon avec la crise actuelle.
      Un pays peut s’effondrer seul, si le reste de la planète est à peu prés en forme. Mais si tout le monde est dans le même cas, sa chute est encore plus profonde.
      Ceci dit, je ne pense pas que nous aurons le temps de vérifier son exposé : les US seront passés en économie de guerre dès les premiers signes inquiétants.

  19. Dans l’attente que se précise une éventuelle taxation des banques ayant bénéficié de l’aide de l’Etat, à laquelle il se confirme que Barack Obama réfléchirait, la FDIC – qui garantit les dépôts des banques auprès des déposants – vient d’annoncer qu’elle envisageait d’augmenter les primes d’assurance des banques dont la politique de rémunération présenterait des risques.

    Ces projets interviennent alors que les mégabanques s’apprêtent à publier leurs résultats annuels et que les Etats-Unis vont entrer dans ce qui s’appelle désormais la saison des bonus, qui s’annoncent crever tous les plafonds.

  20. En dehors du « contribuable » qui paye des impôts et du consommateur qui en subira les effets induits, qui d’aprés vous Mr F. Leclerc pourrait payer.? Comme dit le proverbe et que beaucoup de dirigeants politiques appliquent sans état d’âme « Il faut prendre aux Pauvres car ils n’ont pas beaucoup mais ils sont beaucoup ».

  21. En langue de bois, lisez cet article :

    La Société Générale a annoncé ce mercredi que ses résultats du quatrième trimestre seraient inférieurs aux attentes du marché et seulement légèrement bénéficiaires en raison de 1,4 milliard d’euros de nouvelles dépréciations et de provisions sur ses actifs à risques. Le consensus des analystes tablait sur un bénéfice net de 959,75 millions d’euros pour le dernier trimestre 2009.

    La banque indique dans un communiqué que « s’agissant des actifs à risque et prenant en compte les signaux contrastés provenant du marché immobilier résidentiel américain au quatrième trimestre, le groupe a décidé de durcir significativement ses hypothèses de valorisation de CDOs et de RMBS. »

    Les CDO (collateralized debt obligation) sont des structures de titrisation d’actifs financiers créées sur mesure par les banques à destination d’investisseurs, et qui regroupent en général des titres issus de 120 à 250 actifs différents pour un montant compris entre 1 et 2 milliards de dollars.

    Les RMBS (residential mortgage-backed securities) sont eux des titrisations de crédits hypothécaires.

    Dans les deux cas, il s’agit des produits qui ont connu les plus fortes chutes de cours lors de la crise financière liée aux subprimes, ces prêts immobiliers américains à risque sur lesquels ont été adossés des véhicules financiers comme ces CDO et RMBS. Ils sont en outre très difficiles à évaluer.

    http://www.latribune.fr/entreprises/banques-finance/banque/20100113trib000461462/la-societe-generale-lance-un-avertissement-sur-resultats.html

    En langue française, lisez le même article :

    La Société Générale a dans son bilan des dizaines de milliards d’euros d’actifs pourris.

    Ce sont peut-être des centaines de milliards d’euros d’actifs pourris.

    La Société Générale ne le sait pas elle-même.

    De toute façon, la Société Générale n’en est plus à ça près.

    Contribuables français, préparez-vous à payer.

    Contribuables français, merci pour votre argent : c’est pour la bonne cause.

  22. De toute façon les comptes bancaires sont faux et les bonus immérités. Je vous en propose une démonstration :

    Il est parfois utile de démonter les mécanismes d’un scandale pour faire bien comprendre son ampleur. Le cas actuel des bonus en est un excellent exemple.

    Cette année encore les bénéfices réalisés par les grandes banques permettront de distribuer d’importants bonus aux traders et aux cadres dirigeants des banques.

    Mais qui sait que les bilans actuels de banques sont falsifiés ? uniquement les spécialistes; pourtant c’est une vérité qui n’a rien de cachée et qu’il est facile de comprendre. Fin 2008 les banquiers ont découvert dans leurs comptes de grandes quantités d’actifs « pourris », c’est à dire de titres et autres créances devenus sans valeur : le marché où ils s’échangeaient était fermé et plus aucun spécialiste n’était capable d’en donner une évaluation crédible. En un tel cas la législation bancaire est formelle, ces actifs doivent être classés à part dans la comptabilité de la banque et leur valeur forfaitairement réduite pour tenir compte de ce qu’ils ne seront probablement jamais revendus pour un prix égal à ce qu’ils ont coûté.

    Mais, dans les circonstances dramatiques de l’automne 2008, toute le banques se sont aperçues que l’application de cette règle comptable les mettaient en faillite. Les autorités les ont donc autorisé à déroger à cette règle d’airain et à maintenir ces actifs dans leurs comptes à leur « valeur historique » c’est à dire au prix où elles les avaient acheté. Ce tour de passe passe a voilé l’insolvabilité de ces banques pendant que les Etats et les banques centrales leur avançait de quoi payer leurs échéances.

    Cette dérogation qui n’aurait du être appliqué que pour une période très provisoire est toujours en vigueur. Ainsi les bilans actuels des banque sont faux. Et puisque ces bilans sont faux les bénéfices qu’elles nous annoncent sont fictifs.

    Le trucage ne s’arrête pas là. Les grandes banques ont renoué avec les bénéfices parce que les marchés ont continué à fonctionner et que leurs contreparties ont tenu leurs engagements. Or, parmi ces contreparties on trouvées AIG, Fannie Mae, Freddy Mac. et quelques autres qui seraient en faillite si les pouvoirs publics ne continuaient pas à leur verse régulièrement des sommes considérables. Ainsi l’argent qui rentre dans les caisses de ces banques qui se prétendent sauvées de tout péril n’est que l’argent du contribuable qui a simplement transité par ces institutions faillies. Si les pouvoirs publics américains arrêtent cette transfusion permanente de fonds publics, toutes les banques US plongeraient dans le rouge et seraient peut-être à nouveau au bord du dépôt de bilan. La meilleur preuve en est qu’au mois de Décembre dernier le gouvernement fédéral a annoncé qu’il prolongerait de 3ans et sans limite de montant son soutien à Fannie Mae et Freddy mac. C’est une deuxième raison de penser que les bénéfices annoncés ne correspondent pas à une réalité économique.

    Mais le scandale des bonus ne date pas de 2008. Depuis des années, donc bien avant le déclenchement de la crise, les bénéfices des banques aux Etats-unis représentent une part disproportionnée du total des bénéfices déclarés par le secteur privé. En 2007 par exemple les bénéfices déclarés par les établissement financiers représentaient 45% du total des bénéfices déclarés aux USA, ce qui ne représente évidement pas la contribution de ce secteur à l’enrichissement national. On est donc amené à penser que les banques captent à leur profit une part très significative des plus values réalisées ailleurs : dans « l’économie réelle », c’est dire l’agriculture, l’industrie et les autres services. Comment cela se peut-il ? Tout simplement par ce que les banques sont protégées de la concurrence ce qui leur permet d’administrer leur prix, de vendre leur prestation beaucoup plus cher que leurs prix de revient .

    Les banque sont protégées de la concurrence : la réglementation qui leur est appliquée rend très difficile la création d’un nouvel établissement. Par exemple, l’une des conditions que l’on retrouve dans presque tous les pays développés est la nécessité de confier les deux ou trois premiers postes de dirigeants (Président, directeur général, directeur financier) à des personnalités dont la compétence et l’honorabilité sont reconnues, ce qui se traduit par : ne les choisir que parmi des banquiers déjà expérimentés. Cela interdit l’entrée de personnages trop iconoclastes dans le cercle des banquiers. De plus, pour pratiquer des activités de banque il faut être reconnu de ses pairs pour participer à l’activité interbancaire y trouver des sources de refinancement ou des occasions de placements. Une pression discrète écarte de cette activité ceux qui remettraient en cause les méthodes (et les tarifs) de ses confrères.

    Ainsi protégées de la concurrence, les banques disposent d’une rente de situation qui leur permet de dégager des profits exagérés. Ce sont ces profits qui sont scandaleux. Qu’ils soient ensuite versés sous forme de bonus aux cadres supérieurs de l’entreprise ou sous forme de dividendes à ses actionnaires est en fait secondaire.

    Et ce qui est grave c’est que les banquiers sont tous convaincus que ce sont leurs qualités éminentes qui leur permettent de faire ces bénéfices et que, finalement, ils méritent ces bonus !

  23. L’intérêt de la TVA, c’est que tout acheteur en fin de chaine
    la paye. Elle est universelle. Nous avons même une TVA sur prix taxé,
    ( une taxe sur taxes: le fin du fin).
    La fraude à la TVA n’existe pas.
    Une TVA élévée taxe la consommation et donc préserve les revenus
    du travail, c’est simplement moral.
    La TVA est donc un impôt juste.

    L’existence des niches fiscales et la volonté du gouvernement
    font que la progressivité de l’impôt directe n’existe quasiment plus.
    Et beaucoup d’unité fiscale sont éxonérée de l’impôt directe.
    Dans sa réalité l’impôt directe est inégalitaire et injuste : les pauvres
    ne payent pas et les riches ne payent pas à proportion.
    Il devrait être supprimé surtout parce qu’il empêche les riches
    d’ accumuler: pourquoi faire effort si la récompense de cet effort
    est confisqué par un Etat dépensier.
    C’est au surplus un impôt anti-national: les riches n’hésitent pas à,
    et ont les moyens de, s’expatrier. Double perte et balle dans le pieds.

    [ ironie et foireux; pour ceux qui en douteraient, le chômage et la pauvreté,
    j’ai connu et expérimenté. Il y a quelque temps, un auditeur demande au ministre
    en charge des impôts pourquoi ne pas baisser la TVA pour relancer
    la consommation ? réponse résumée: nous ne pouvons pas augmenter
    la TVA au-delà de 25 %. Toutes les études de mes services montrent que
    25% est une limite.]

    1. « La fraude à la TVA n’existe pas ».!!!!

      Sauf le travail au noir qui ne sera pas facturé et sauf les « oublis de reversement » de la TVA qui justifient pour une grande partie l’existence des contentieux dasn les services fiscaux.

    2. Mes propositions ou affirmations sont toutes à retourner.
      Il faut se rappeler l’ observation selon laquelle un gouvernement
      tend à faire échapper à l’impôt la classe dont il est issu, ou
      qu’il représente.
      La destruction de la notion de progressivité ou
      la destruction de la notion d’une contribution proportionnée
      aux ressources est un long, mais sûr, processus
      tendant à préserver les « riches » de l’effort fiscal, avec l’approbation des
      « pauvres ». ( l’aide de « raisonnements » que j’ai essayé
      de reproduire sans outrance )
      La méthode est toujours la même:
      – le gouvernement vide de sa substance une notion
      normalement opérationnelle puis il fait constater
      son inutilité.
      Pour rendre inévitable la suppression d’un service
      collectif, il suffit de le priver de ressources.
      La méthode marche toujours; les USA ont
      atteind le stade probablement ultime de la régression:
      Social-Démocrate est devenue une insulte politique.
      C ‘est un-american…

  24. J’ai lu que la taxe unique sur les banques américaine prévue par l’équipe Obama rapportera à l’Etat 90 milliards USD. Cette taxe est censée compenser en partie les 120 milliards USD (estimation) engouffrés à fonds perdus dans le sauvetage de GM et surtout d’AIG. J’ai lu aussi que chez Goldman et les autres, ça râle sec en ce moment car les bonus ne seront pas payés en cash mais en actions. Or, il est probable que les grandes banques ont mangé leur pain blanc et que les résultats seront moins favorables dans les mois à venir, notamment à cause des dépréciations (on le voit déjà avec la Société Générale).

    Sur un site financier, j’ai lu (sans rire) que nous devrions avoir un peu de compassion pour les traders qui ne recevront pas leur bonus en cash. En effet, ma pauvre dame, ces malheureux ont des engagements à tenir. Comme tout le monde, ils ont encore des traites à régler sur leur résidence secondaire dans les Hamptons.

    Les bonus mirifiques sont scandaleux à plus d’un titre. Et l’un d’entre eux, sur lequel on n’insiste pas assez, est leur côté incitatif. En effet, ils incitent les banques et leurs employés à prendre des risques démesurés.

  25. « Car l’écart est énorme entre ce qui a été débloqué de fonds et de garanties publiques au titre du sauvetage des banques et de l’économie et les sommes que les banques ont restitué, non compte tenu que les robinets ne sont pas prêts d’être fermés. »

    Qu’en savons-nous précisément, avons-nous seulement les moyens d’être précis ? Cette allégation semble une évidence mais jamais je ne trouve ni les chiffres, ni les outils pour les interpréter.

    1. Ce qui est bien maintenant avec l’internationale des banquiers, Goldman Sach en tête ( bonus maudit entre eux ) c’est qu’il y a toujours autant d’inconnus toxiques à épurer sur le dos des populations, oui c’est vraiment énorme je trouve quand même ( Equation à combien d’inconnus à votre avis ) Comment mieux l’exprimer par une formule littérale ?

  26. « En réalité, ils vont immanquablement couper dans les comptes sociaux : couverture maladie, indemnités de chômage, retraites, aides sociales en tous genres. »

    Si seulement cela pouvait suffire, oui on l’a déjà entendu celle-là par le politique et on voit mieux ce que cela donne ensuite.

    Et si pour changer rien qu’une seule fois on commençait déjà par couper dans les comptes bien peu sociaux de gens comme Golman Sach et c° si bien sur cela ne dérange pas trop le petit caniche de Madame. Quelle bande d’hypocrites.

  27. http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/01/13/crise-financiere-comment-eviter-l-explosion-par-pierre-larrouturou_1291024_3232.html
    Ou on reparle d’emplois, de part des salaires dans la VA, temps de travail et ‘plein emploi’ (plein d’emplois à temps partiel), etc. C’est un peu la réapparition de l’armée de réserve des chômeurs, chère à Marx, comme mécanisme ‘régulateur’ du système, non ?
    Je suis néanmoins plus circonspect sur les exemples du Danemark et des Pays-Bas, quant à leur perméabilités au ‘système financier’ actuel.

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