85 réflexions sur « Le temps qu’il fait, le 15 janvier 2010 »

    1.  »mais que se passe-t-il? »

      Tout n’a pas encore été publié ce ne sont que les premiers chiffres du secteur financier, peut-être bien une première petite secousse sismique.

      Là bien sur on n’est plus du tout dans le virtuel c’est la réalité qui refait la une qui reprend sa place.

  1. Avant que cela ne craque, contribuez amis blogueurs à la croissance des circuits courts, et sains.
    Grenoble explose tous les records avec plus de 50 AMAP.
    L’agriculture reste une bonne base à la culture.

    1. Bonne remarque Pipas ! derrière cet exemple d’AMAP, ce profile un aspect important de la clef du problème, la reprise en main par nous, le peuple de la société. Un circuit court et sain, c’est moins de pétrole (énergie et matière première), moins d’intermédiaires, moins de voyous encravatés décidant ici du sort de ceux, là bas à l’instar de la guerre presse bouton qui envoie un missile détruire 800 km plus loin la cible « Charlie-Romeo » qui sur le terrain n’est autre qu’une ferme afghane où festoyaient deux familles unis par un mariage…

    2. Retour à des choses simples & basiques, les besoins élémentaires et le bonheur de vivre heureux ensemble, c’est naif mais ça peut marcher du moins entre gens de bon aloi, je le pratique depuis des lustres plus que moins. Pas de course effrénée à la consommation, au placard les pubs et les publicistes tout bronzés avec leurs discours empatés et leurs clichés révolus. Tout simplement, préférer la raquette au ski de piste par exemple, des plaisirs authentiques et vrais. C’est stérile de transposer la vie parisienne à la cote en été pour 2 ou 3 mois au risque de polluer notre littoral et en hiver rebelote dans les stations de ski.

    3. Oui Pipas : c’est aussi ce que je pense dans ma petite tête. Mais il faut aussi qu’il y ait suffisamment de « porteurs de projet » pour cette agriculture des circuits courts. Ce n’est pas impossible. Il faut reconsidérer les agriculteurs et surtout ceux dont vous parlez comme des personnes éminemment respectables (alors qu’il qu’il y a 30 ans, il n’y avait pas de railleries tout aussi bêtes que nombreuses sur eux). On commence à voir des jeunes, non issus du milieu rural, se tourner vers ces activités : il faut les encourager et le monde associatif et celui de l’épargne sociale et solidaire ont commencé réellement à le faire.

  2. 661 000 personnes ont quitté les US en 2009.
    Pourquoi encore parler d’un pays qui n’a plus rien à vendre…?

    Il est quelque part amusant que vous repreniez ce sur quoi je m’appuie pour de votre coté « corriger » le système alors que je suis partisan d’un bon effondrement bien massif et catastrophique qui lui seul permettrait de remettre les choses à plat en repartant sur de bonnes bases tout comme l’a dit Sorros qui prêchant pour sa paroisse voulait sauver sa fortune en évitant qu’un soulèvement populaire ne vienne géner ses projets.
    (la phrase est trop longue : relisez)

    Sinon, merci d’avoir cité Orlov et bon week-end. (de la différence nait la richesse)

    1. Arg.. veuillez lire : « de la DIVERSITE nait la richesse ».
      Par cette erreur, je vous montre que je n’ai aucune différence avec un âne…
      Qui a, de toute façon, une « sainte » horreur des différences.

  3. Une petite histoire qui circule sur Internet concernant une explication de la crise :

    Ça se passe dans un village qui vit du tourisme, sauf qu’à cause de la crise il n’y a plus de touristes.
    Tout le monde emprunte à tout le monde pour survivre.
    Plusieurs mois passent, misérables.
    Arrive enfin un touriste qui prend une chambre. Il la paie avec un billet de 100€.
    Le touriste n’est pas plutôt monté à sa chambre que l’hôtelier court porter le billet chez le boucher, à qui il doit justement cent euros.
    Le boucher va aussitôt porter le même billet au paysan qui l’approvisionne en viande.
    Le paysan, à son tour, se dépêche d’aller payer sa dette à la prostituée à laquelle il doit quelques passes.
    La prostituée boucle la boucle en se rendant à l’hôtel pour rembourser l’hôtelier qu’elle ne payait plus quand elle prenait une chambre à l’heure.
    Comme elle dépose le billet de 100€ sur le comptoir, le touriste, qui venait dire à l’hôtelier qu’il n’aimait pas sa chambre et n’en voulait plus, ramasse son billet et disparaît.
    Rien n’a été dépensé, ni gagné, ni perdu.
    N’empêche que plus personne dans le village n’a de dettes.
    N’est-ce pas ainsi qu’on est en train de résoudre la crise mondiale?

    1. L’equivalent de 100 euros de viande ont ete transferes du paysan vers l’hotelier par le paysan, si j’ai bien suivi. Le paysan joue donc le pigeon dans l’histoire, car il a travaille pour rien et a perdu une vache.

    2. Pas tout à fait Enrique, car cette jolie histoire oublie un détail ! tout comme les explications officielles de la crise d’ailleurs.

      Tout le système repose sur l’idée de la croissance, financière et matérielle (peut-on imaginer l’une sans l’autre ?). Or, notre monde matériel est limité, nos ressources sont finies et leur production, extraction devrait-on dire, passeront tôt au tard par un maximum avant de décliner. C’est par exemple le cas (cf les rapports 2008 et 2009 de l’AIE) du pétrole conventionnel. Celui ci a « piqué » en 2007 et la croissance de « production » n’a été permise que par l’exploitation de pétroles non conventionnels (pour faire court, voir les rapports AIE). Or, l’énergie nécessaire à l’extraction de ces pétroles est bien plus importante que ce qui est nécessaire pour le pétrole conventionnel classique. Si le pic global n’est pas encore passé, il est en passe de l’être… Ce n’est pas la fin du pétrole ou du monde, mais la fin assurée de la croissance sous toutes ses formes.
      L’énergie aujourd’hui ne coûte rien et n’a jamais été aussi abondante… plus pour longtemps.

  4. En passant, sans vouloir dévoyer le bulletin qui porte bien plus sur les bouleversements et les chantiers qui nous attendent …

    La chine (les gens, les individus) a encore une belle marge de progression, et nous (UE, USA …) avons une belle marge de régression.

    En suivant un lien ( http://blog.mondediplo.net/2010-01-12-Derriere-les-records-chinois ) donné sur le présent blog par Yvan, dans « Pourquoi dialoguer avec Marx »,ci-après un extrait d’un commentaire rencontré :

    « Chengyang : N’annonce-t-on pas une crise imminente de l’économie chinoise parce que, en définitive, on en comprend pas les ressorts et parce que, secrètement, on espère l’enrayement du processus de déclin de l’Occident. Pour ma part, j’en doute »

  5. Obama?
    Vous pensez qu’il a mis en place les mauvaises personnes?..C’est presque certain…

    Mais, en fait, même à supposer qu’il savait qu’il donnait les postes les plus importants aux plus mauvaises personnes…avait-il la moindre marge de manoeuvre? N’était-il pas « tenu »?
    A-t-il eu, aura-t-il un jour seulement, voix au chapitre ?

    J’en doute.

  6. Tout-à-fait, Stiglitz et Krugman sont trop optimistes.

    Krugman voit le salut dans des plans de relance ^10 …

    Je suis toujours un peu surpris de lire sous la plume de P Jorion des analyses auxquelles on peut souscrire sans réserve, et enrichissantes, car c’est bien le seul, avec une vision qui va au delà de l’économie. De plus, c’est compréhensible.

    Le grand mérite de resituer l’économie dans l’anthropologie, ou la sociologie, et de la dénaturaliser, de voir comment elle s’est constituée autour objectifs politiques, opportunistes, que la mythologie des marchés sert à cacher la construction des prix comme rapports de forces… Que Marx lui même a objectivé certaines choses, comme les salaires….

    Comme Tocquville, P J a fait un séjour aux USA qu’il a appris à connaitre, puis est revenu en Europe…

  7. Parallèle avec Haïti :

    Nous avons été victimes d’un séisme.
    Des répliques se produisent à chaque instant (faillites de banques, d’entreprises, de particuliers…)
    On sait qu’un autre séisme va se produire d’ici quelques mois.
    En attendant on rafistole les gros batiments qui semblent ne pas avoir trop souffert, sans espoir car ils sont complètement lézardés.
    (les sauveteurs se concentrent vers les batiments « officiels » qui sont encore à peu près debout car c’est là qu’ils ont le plus de chance de trouver des survivants :reportage à la télé à 13h)
    On laisse les populations se débrouiller face aux prédateurs qui s’entendent pour les tondre à qui mieux mieux
    (il est impossible aux sauveteurs d’entrer dans le centre ville de Port au Prince sans une bonne escorte armée en raison des bandes de pillards qui sévissent dans la ville : reportage à la télé à 13h)

  8. Votre prestation d’aujourd’hui me conforte dans l’idée que j’ai de cette crise.
    Ils ne savaient pas ce qu’ils faisaient , ils l’ont fait quand même, ils ont reçu un coup de semonce et ils n’ont rien compris ils continuent à faire la même chose.
    Au point où on en est rappeler les bonnes personnes ne sert à rien puisque vous nous dites qu’il faut continuer à réfléchir à la façon de changer la donne.
    C’est donc que personne ne sait à l’heure actuelle ce qu’il faut faire.
    Dire aux gens : « il va y avoir une autre crise, on ne sait pas très bien quand, mais bientôt, restez tranquilles, perdez votre emploi, faites faillite, retrouvez-vous à la rue, etc,etc, ne vous inquietez pas, on réfléchit ! »
    c’est tout sauf rassurant!

  9. Olivier Delamarche (connu depuis peu pour son coup de gueule sur BFM), le fondateur du cabinet Platinium Gestion donne sa vision des évènements à venir.

    Consultez la vidéo ci dessous et avancez à 1h29 pour arriver directement à son intervention.
    http://www.ustream.tv/recorded/3948255

    Mr Jorion, partagez vous son point du vue sur un krach pour 2010 ?

    1. il ne fait que de la pub pour attirer de potentiels clients … les sociétés de gestion se font une guerre ans merci en ces temps difficiles.

    2. Je ne pense pas que ce soit de la pub. Je l’ai entendu sur bfm, les deux journalistes qui l’interviewaient ne savaient plus comment le faire taire.

  10. Il est certes fort probable qu’une bulle financière liée à la spéculation immobilière éclate en Chine. Il n’en reste pas moins que ce pays dispose de grandes ressources en matières premières, en tissus industriel, en liquidités, en mains-d’oeuvre et un réservoir énorme de consommateurs (il lui suffit juste d’augmenter progressivement les salaires). Si crise mondiale il y a, la Chine est peut-être le seul pays à avoir les capacités à la surmonter à moyen terme, malgré quelques soubressauts.
    Cela dit, je ne crois pas que la Chine soit appelée à remplacer les USA comme puissance hégémonique mondiale. Le contrôle de l’espace asiatique ainsi que les marges africaines et moyen-orientales lui suffit largement. La Chine est en train de retrouver exactement la place qu’elle avait entre les XVIe et XVIIIe siècles, avant l’apogée de l’expensionisme occidental. Un retour de balancier comme l’Histoire nous en a souvent montré des exemples (cf Fernand Braudel, par exemple, ou Jared Diamond).

  11. Je suis tourjours surpris et, je dois dire, un peu désappointé de voir, comme vous le faites, poser les problèmes en termes de compétences.

    J’ai un parti pris qui est de penser qu’en général, les gens ont globalement tendance à prendre les meilleures décisions dans le contexte qui est le leur et en fonction de leur compréhension de ce qui est bien et ce qui est mal.

    Est-ce que Timothy Geithner ou John Paulson étaient essentiellement incompétents ? Ou bien défendaient-ils , défendent-ils avec compétence un monde qui est le leur mais qui est voué à disparaître ?

    Mickael Moore dans son dernier film défend une autre thèse celle du « hold up », simultanément financier et démocratique. Sans entrer dans une grande théorie du complot, il est clair que ceux qui ont oeuvré pour produire les bonus banquier d’auourd’hui ont fait preuve d’une très grande compétence et, de point de vue de ce système, il est tout à fait normal d’ailleurs qu’ils soient grassement récompensés.

    Alors quid d’Obama ?

    Peut-être, est-il effectivement très intelligent et attends l’écoeurement pour prendre par la gauche l’establishment new yorkais, disant en quelques sortes, nous avons essayé de laisser les tenants du système le sauver, nous voyons que ce n’est pas possible, nous devons maintenant changer de système …

    Mais sur qui va-t-l s’appuyer alors ? Ce n’est pas seulement le secrétaire d’état au trésor qui est en jeu ! C’est le congrès qui limite considérablement sa marge de manoeuvre et rappelons nous que c’est le groupe démocrate qui, en 2008 a finalement permis à Paulson de passer son plan…

  12. Parmi les personnes qui ont vu venir la crise de loin ,il est correct de signaler Lyndon LaRouche .Cela fait plus de 20 ans qu’il a anticipé ce qui arrive.
    Je ne comprends pas pourquoi vous le situez à l’extrême droite de l’échiquier politique.
    Sur son site: Solidarité et progrès. org, voir notamment sa triple courbe: production physique , agrégats monétaires , agrégats financiers.

    Gerald Celente est une autre personne douée pour anticiper: en 30 ans il a signalé à l’avance une quarantaine d’infos vérifiable. son site : Trend Research Institute New-York.

    Pour ma part, j’anticipe l’effondrement que vous situez avec justesse bien avant 2011 ou 2012.

    Nous verrons bien, ….
    Au sujet de Obama, désolé de vous indiquer ce que je sens:Quelqu’un sous influence , insignifiant.Sa stature correspond à une fabrication médiatique….

  13. Bonjour

    Je sais bien que les hommes sont faillibles, mais votre analyse, quand même un peu d’essence anglo-saxonne, me chiffonne : « erreurs » ? « mauvaises personnes » ? Non, non, non. Pour ce qui est d’Obama, tout était joué lorsqu’il a accepté le changement du mode de financement de sa campagne (en passant d’un financement populaire aux dons institutionnels privés, c’est à dire des lobbies patronaux, alors qu’il se savait sans doute gagnant). Et tout le monde le sait : il est pied et poings liés aux « mauvaises personnes », bonnes petites marionnettes nord-américaines et clones des mêmes qu’on a ici. Ces gens là ne commettent pas d’erreur, et je trouve qu’il font au contraire diablement bien leur sale boulot. Leur accorder, de fait, des excuses – car chaque erreur n’a-t-elle pas vocation à être pardonnée ? – c’est déjà avoir perdu sur le plan des idées.
    Ensuite, mettre bientôt les « bonnes » personnes aux commandes pour tenter de sauver ce qui peut l’être, c’est encore se placer comme recours d’une organisation économico-sociale de la planète qui n’en finit pas de démonter sa nocivité (pourriture m’est venue en premier, mais, bon).
    S’agissant de la chine, je leur souhaite bien du courage pour arriver à créer les millions d’emplois annuellement nécessaires pour éviter l’explosion sociale.
    Et chez nous, il semble bien que les caniches soient toujours en place.

  14. Presque tous les chefs d’états européens s’entourent de conseillers qui ont contribué au marasme actuel. Prenez le cas de la chancelière Merkel en Allemagne. Elle consulte ceux qui ne cachent pas leur ferveur pour un capitalisme « sauvage », sans contraintes ni limites. Parmi ces personnes: un certain Joseph Ackermann, chef de la Deutsche Bank, un ami de Merkel, qui symbolise, aux yeux des Allemands, le capitalisme rapace. On a l’impression que la classe politique se fait complice des apôtres de l’idéologie néolibérale, ou, plus précisement, cède à leurs chantages. On dirait que ce sont eux qui déterminent (« conseillent ») les grandes lignes de la politique, la classe politique ne fait qu’administrer le pays. Même le président des USA tremble devant les lobbys. (Un phénomène qui dailleurs a été admirablement bien décrit par Galbraith dans son ouvrage « La République des satisfaits »)

  15. Grande nouvelle ! Les marché financiers sont socialo-communistes !!!

    En effet il a suffi que ce brave Trichet déclare que la Grèce ne devait pas s’attendre à un traitement de faveur (à être renflouée par la zone euro ?) pour que le tx des obligations de l’état grec grimpe aussitôt. J’en déduis que le « marché » n’approuve pas Trichet et ne croit pas à la capacité de la Grèce à s’en sortir toute seule. Pire le « marché » l’enfonce un peu plus ! Ce qui nous amène tout droit à la révolution à court terme, rien de moins ! A la répudiation au minimum ! J’en déduis que le « marché » est socialiste tendance léniniste 🙂

    Une chose est sûre, ce brave Trichet aurait mieux fait de se taire sur ce coup-là. Score sans appel, Marché 1 Trichet 0 ou variante selon, Peuple 1 Capitalisme 0

  16. On commence à abandonner le navire US …. :

    Il est temps de sortir des emprunts d’Etat selon Merrill Lynch WM :

    (AOF / Funds) – Merrill Lynch Wealth Management estime que le moment est venu en 2010 de sortir des emprunts d’Etat. « Les rendements des obligations américaines et britanniques semblent trop bas. Dès que les taux courts commenceront à augmenter, le marché obligataire corrigera. Les risques nous semblent particulièrement patents sur les courbes de taux américaines et britanniques, » a déclaré Bill O’Neill, Responsable de la Stratégie.

    Il s’attend à ce que les émissions des Etats, la hausse des taux d’intérêt et une plus grande sensibilité aux manifestations d’inflation pèsent sur ces titres. Bill O’Neill estime toutefois que l’inflation ne devrait pas représenter un réel danger au cours de l’année à venir.

  17. http://economicedge.blogspot.com/2009/02/martin-armstrongs-latest-from-behind.html

    Summary :

    Unless we attack the debt structure directly, there is no point in counting upon any government to help mitigate the problem and more-likely-than-not, our very future may be recast in so many ways, the level of frustration will rise, and that leads to war because war distracts the people from hanging their own politicians. The oldest trick in the book is to blame the guy next-door down.

  18. Monsieur Jorion, vous lisant et écoutant toujours avec la plus grande attention, je crois déceler un changement assez net dans vos interventions sur ce blog. Depuis le début de l’année, vos billets dénotent une confiance dans le pouvoir des idées qui est exagérée. Il est vrai qu’elles changent le monde, à la vitesse grand V qui plus est, mais seulement quand elles sortent des usines capitalistes sous les formes diversifiées que nous leur connaissons. Il me semble aussi, vous qui êtes pourtant un inconditionnel d’Aristote, que vous négligez la force des rapports de force. Mais cela s’explique très bien: penser ces rapports n’est compatible ni avec l’optimisme ni avec le désir de changer le système, car on ne sait pas ce qui les fait bouger, ni surtout, comment ils le pourraient sous ce régime de dictature masquée qui est le nôtre.

  19. @ M.Jorion

    Pouvez-vous marteler un peu plus, partout où vous parlez, cette idée du travail comme étant « une denrée rare » ?
    Cela me semble être une idée forte autour de laquelle les gens peuvent se fédérer de plus en plus …
    Est-ce que vous pourriez la développer dans de futurs billets ?

    Merci !

    1. Une denrée encore plus rare si on l’exprime en « espérance mathématique de gain par le travail ». Mais cette « rareté » est désormais un truisme, et je crois avoir constaté que ce n’est pas dans le style de Paul d’enfoncer les portes ouvertes.

  20. Quelle Chine, Quelle europe, Quels Etats Unis

    Il y a une grande erreur qui est commise dans ce blog lors des discussions. On dit:

    la chine, l’europe, les usa, ça ne va pas du tout.

    En chine il y a : les dirigeants, les patrons, les cadres sups, la mafia, les employé, les chomeurs, les pauvres etc …

    idem pour l’europe et les usa.

    Alors les consensus et stratégies ne sont pas à chercher entre les trois blocs nationaux, mais plutôt entre les classes sociales.

    La mondialisation a fait que la lutte des classes est mondialisée. Les dirigeants des différents pays sont dans une classe. ils défendent les intérêts de leur classe, idem pour les autres classes.

    Le problème ou l’astuce (cela dépend de qui l’on parle) est qu’il n’existe aucun moyen de solidarité entre une même classe des trois blocs.

    on a affaire à un grand DIVISER POUR REGNER planétaire !!!

  21. D’autres encore ont vu venir la crise de plus loin encore… de très loin même !
    En 1972 le rapport Meadows et leurs rédacteurs du Club de Rome ont pointé du doigt la croyance en une croissance infinie dans un monde fini… Aujourd’hui encore la plupart de nos acteurs ne voient dans la sortie de crise que le salut par la relance et la croissance… Si dans les années 30 et 40 la solution a pu venir de ce côté là, si la reconstruction européenne a pu prendre corps après une guerre destructrice, c’est bien par la grâce d’une énergie, le pétrole, qui était de moins en moins cher et de plus en plus abondant, autorisant non seulement l’exploitation de ressources de plus en plus lointaines et difficiles d’accès, non seulement une production, une surproduction et une surconsommation à jamais égalée, mais aussi le déplacement des moyens de production dans des pays aux règles sociales moins « contraignantes », les fameuses délocalisations !

    Manque de pot, ce produit miracle (le mot est faible), énergie et matière première, n’est ni renouvelable à l’échelle humaine, ni infini. Ce n’est pas la fin du pétrole, mais nous sommes en passe d’atteindre et nous avons peut-être même déjà atteint, le maximum possible de son extraction. Le « pic » atteint marque la fin de l’idée de croissance. Le pétrole est aujourd’hui irremplaçable, même si nous avons l’illusion qu’à la marge les solutions existent et pourraient être par quelque volonté politique et inventions fabuleuses à venir, être généralisées et nous sauver pour l’éternité… C’est oublier un peu vite la réalité thermodynamique de notre monde, aucun système ne produit plus d’énergie qu’il n’en consomme.

  22. je suis assez d’accord avec les commentaires soutenant l’idée que Obama n’est qu’une marionette au service de certains lobbys comme Bush avant lui était la marionnette d’autres lobbys, de la même manière notre Nicolas est le jouet de forces qui le dépasse.
    Tout le monde influence tout le monde dans le sens de ses intérets.
    si une deuxième grande crise venait à arriver prochainement, je ne suis pas sûre que les personnes compétentes pour l’ensemble de la société soient appelées, je pense au contraire que les appelés seront les personnes aptes à sauvegarder les intérets des lobbys au pouvoir. hélas 3 fois hélas, et l’on nous dira « plus jamais ça!!! avec les tremolos dans la voix » et tout continuera avec les mêmes.
    d’ailleurs il me semble que le discours tentant de faire croire que tout va s’arranger avec le W est quelque peu dangereux, car même si nous sommes pret avec des idées merveilleuses et bien concu, on ne nous appelera pas.
    Cela dit j’aimerais que les bonnes personnes soient appellées..
    je le souhaite.

  23. Monsieur, je viens de vous découvrir aujourd’hui sur le site dailymotion. Ingénieur dans le secteur automobile j’ai été licencié en décembre et avec le temps libre, je donne libre cours à ma passion pour les débats sociétaux et économiques. Comme je le disais en préambule, vous êtes le premier économiste sur lequel je tombe sur internet qui croit et même pense inéluctable cette phase en W avec une seconde chute encore plus terrible que la première.

    J’espère profondément que vous vous trompez. Hélas je n’ai pas le moindre argument à vous opposer… Aucune des causes de la crise n’a été traité et pire, ayant mes amis traders pour les grandes banques depuis plus de 5 ans, je mesure parfaitement leur endoctrinement. Ils justifient si bien ce système pourtant en faillite que celà m’inspire une crainte: Ils ne réaliseront leur faillite intellectuelle uniquement le jour de la faillite financière de leur banque comme si ce culte de l’argent s’agrémentait nécessairement de cet aveuglement fou face à la réalité.

    J’espère que vous avez tort. Mais si vous avez malheureusement raison, avec le cortège de précarité que celà va engendrer, je ne vois qu’une lueur d’espoir: Une prise de conscience massive qui permettra enfin que de vraies décisions soient prises et pas des mesurettes sur des problèmes subalternes commes les bonus ou les paradis fiscaux.

    Amitiés.

    HD

  24. @ Paul
    Limpide mais pas réjouissant du tout !
    Une autre composante sociologique liée à 2012 qui sévit sur le web, et qui reliée aux prévisions économiques catastrophiques appuiera sur le climat de terreur : En 2011 les bookmakers anglais parieront sur la divulgation du fait OVNI. L’écroulement du système capitaliste sera illustré par des vidéos sur YouTube rappelant les prophéties mayas, et tout son folklore new-age destiné aux jeunes occidentaux désoeuvrés. Un terreau fertile pour tout sociologue souhaitant étudier la naissance d’une nouvelle « religion » dans la phase terminale de la maladie capitalisme.

    1. Je ne pense pas que quelque chose d’énorme se produira à la date clé de 2012, il n’y aurait plus alors de suspense, de surprise, d’inattendu, et puis de nos jours qui voudrait réellement changer de conduite quand bien même ce serait la crise du capitalisme comme en voiture ou à la tête ou pas d’une société d’ailleurs ?

      En vérité le monde actuel ne veut pas réellement changer ou alors prioritairement en apparence hélas au fil au temps il faut bien se rendre à l’évidence. Non je vois plutôt venir une plus longue descente aux enfers pour l’homme moderne.

      Celui ou celle qui préfère encore continuer à tromper son ami(e) et cela même en période de crise continuera encore comme il en sera encore ainsi pour un bon nombre de gens oui mieux vaut pas en énumérer tout la liste des exemples, c’est tellement visible un peu partout jusqu’au moment bien évidemment ou il ne sera même plus possible de faire machine arrière.

      Malheureuse alors à ce moment là, la femme qui mettra au monde un enfant. En vérité de crise en crise de socialisme en capitalisme et vice versa à chaque fois de plus depuis pas mal de temps déjà les gens ne veulent pas vraiment changer quand bien même dans un autre contact ou autre échange de plus avec l’autre. Qui d’ailleurs dans tout ce beau monde s’est réellement repenti devant un autre, vous, moi, personne bien évidemment en commençant par un forum comme sur un autre de plus pareillement. La crise du monde moderne nous y participons tous en fait chacun à notre propre échelle, croire qu’il serait aussi possible de changer l’autre comme le monde dans un plus grand rapport de force est encore une grande impasse spirituelle pour l’homme.

      Enfin nous ne pourrons plus dire comme avant que nous ne savions pas, si si je vous assure l’homme moderne adore beaucoup tourner en rond, comme pareillement avec une grande meule, car après la grande meule du capitalisme il faudra certainement en mettre une autre rapidement à la place.

      On arrête pas bien sur comme ça du jour au lendemain le grand mal-être supplémentaire du monde. bref personne dans le monde ne veut surtout pas changer avant l’autre car celui que je n’aime toujours pas mieux voir et entendre doit d’abord changer avant moi.

      Aujourd’hui c’est hélas le monde de la finance il est vrai qu’ils nous encouragent beaucoup à les mettre sur des crochets, demain sans doute encore avec d’autres gens et puis après je ne sais qui d’autre encore.

  25. Le millénarisme, c’est la fin du monde tous les 1000 ans.
    Et la fin du monde tous les 10 ans, c’est quoi ?
    Le dixénarisme ?

    1. Subventionner directement les ménages endettés ne permet en rien de sortir de la logique du crédit comme panacée. Tu parles d’une solution. Et puis ce ton, ce côté universitaire, pitié.

  26. ça va craquer en 2011 ? 2112 ? Non, ça peut craquer d’un jour à l’autre, je dirais…! les ficelles qui retiennent ce système sont de plus en plus minces ! quand à une reprise en W … non plus… Pas de reprise dans les décennies à venir. Le spectacle de marionnettes va voir s’abaisser le rideau. Chefs d’états marionnettes ( O’Bama en est un exemple de président fantoche) et banquiers apprentis sorciers nous font leur dernier numéro tragi-comique. Comme chantait Maurice Chevalier en 39 : « dans la vie faut pas s’en faire….tout ça s’arrangera »

    1. « ça va craquer en 2011 ? en 2012  »

      Pour nos élites, nos privilégiés et autres dirigeants secrets du monde qui ne connaissent pas encore la crise, la vie pas du tout.

      Ca va-t-il d’abord craquer pour eux ? Pas du tout aussi ! Tout va bien surtout s’il peuvent encore se permettre d’aller en vacances, d’aller au paradis, dans les iles d’avoir encore bonne mine et bon moral à l’antenne.

      Ha si tout le monde pouvait avoir la chance d’avoir ne serait ce qu’un seul politicien privilégié dans sa famille alors bien évidemment plus personne ne ferait attention à la crise.

      Qui a déjà vu un politicien craqué à l’antenne faute de pouvoir mieux payer ses factures ?

      Que savent-ils vraiment de la vie tous ces gens bien hypocrites à l’antenne.

  27. Est-ce que réinstaurer certaines règles au sein de la bourse serait envisageable? Je pense notamment à la loi Glass Steagal qui a été retirée au nom du « libre échange » et qui interdisait aux banques de dépôt de spéculer.

  28. Bonjour Paul.
    Vous êtes toujours convaincu que le « double dip » aura lieu bientôt (2010, 2011,2012) : vous en êtes tellement convaincu que vous suggérez aux commentateurs de penser au nouveau système à mettre en place. Selon vous, il est trop tard : rien ne peut être fait pour éviter l’effondrement total du système actuel (le néolibéralisme-capitalisme).La situation actuelle ne serait rien d’autre qu’un dernier sursaut de la bête agonisante.
    Inutile de rappeler que je suis en désaccord avec vous : pour moi, ce ne sont pas les crises économiques qui changent les systèmes mais les gens (révoltes, guerres…) ! Un système, quel qu’i l soit et quel le que soit la misère qu’il provoque, peut rester en place tant que les peuples restent passifs (d’ailleurs, je crois que le chômage dû à la désindustrialisation va augmenter et perdurer, les inégalités seront de plus en plus grandes, le pouvoir d’achat en Occident continuera à baisser … mais il n’y aura plus de crise pouvant mettre en péril le système néolibéral comme nous l’avons connue avec la crise du système financier). Que constatons-nous actuellement ? La seule « opposition » semble venir de l’extrême-droite, notamment aux USA. On est d’ailleurs encore très loin d’une véritable révolte ! Les systèmes de propagande et de contrôle (au nom de la sécurité et lutte contre le terrorisme) sont tels que toute révolte des populations semble exclue… On peut d’ailleurs constater que ce sont les partis de droite qui on le vent en poupe, ce qui, s’ils sont élus ou réélus, ne peut à mon avis qu’entraîner une consolidation du néolibéralisme : certains diront une ploutocratie ou une oligarchie.
    Conclusion : une guerre ou une révolte populaire pourrait changer le système mais pas une crise économique, qui n’est en fin compte qu’un éventuel catalyseur (comme il y en d’autres comme la religion, les problèmes ethniques…) pour elles.

    1. C’est ce que j’écrivais dans un lien précédent … les changements dans l’Histoire ne sont venus que de la rue par la force (la vraie (celle du nombre .. ) … les lois de la nature reprennent alors le dessus .. Les convrsations de salons ne font alors pas le poids

    2. « Les changements dans l’Histoire ne sont venus que de la rue par la force (la vraie (celle du nombre .. )  »

      Oui peut-être bien en apparence, mais sur le fond était-ce vraiment bien des changements ? Car le nombre peut tout aussi bien recommencer à vouloir refaire la même chose qu’hier. Pardonnez moi mais j’ai souvent pris peur devant la foule, cela vient peut-être d’un mauvais souvenir d’enfance qui sait.

      Pourquoi vouloir toujours associer le changement de l’homme à une notion de quantité ou de nombre comme dans le capitalisme ?

  29. Le W prend un forme très bizarre. J’ai du mal à imaginer que le système puisse tenir encore 2 ans. Vous savez que plus long sera cet état de semi-convalescence, plus dure sera la chute. Les citoyens n’ont aucun intérêt à ce que ça dure. Si ça dure encore 2 ans, je serai vieux quand la vraie reprise reviendra. (On peut imaginer une dépression de 30 ans ?).
    Il y a quelque chose qui m’épate aussi, c’est la capacité des citoyens à accepter cette situation où l’on se fout ouvertement d’eux. Comme si la société était tombé dans un état de servitude.
    La situation en Chine est explosive : une bulle de crédit énorme est en train de se former, ça n’éclatera pas demain, mais la Chine n’aura probablement pas la chance de finir son développement économique avant l’éclatement de cette bulle.
    Quant à Obama, il me fait penser à Gorbatchev. Sa mission principale est d’amener son pays au déclin de manière pacifique. Une folie (guerre en Iran) pourrait mener son pays plus rapidement à la chute.

    1.  » J’ai du mal à imaginer que le système puisse tenir encore 2 ans.  »

      Vous sous-estimez beaucoup l’imagination sans limite de l’homme moderne celui de la matrice du système.

    1. Pour Yves Cochet , la solution est de se reconcentrer sur les marchés locaux au Nord et au Sud , ce qui revient à restaurer une forme de protectionnisme. Je préconise moi même cette seule et unique solution depuis pas mal de temps, bien que j’adhère au libéralisme social car il est aussi garant de nos libertés individuelles. Pour réinstaurer le protectionnisme, il faut simplement corriger le système, à savoir abandonner le néolibéralisme (capitalisme sauvage).

    2. > Le marin

      Oui, mais tant que les gens ou le plus le grand monde recherchera à vivre sous une nouvelle forme ou une autre sur le seul plan du matérialisme je ne vois guère comment les choses et les rapports entre les êtres pourraient réellement s’améliorer sur le fond, la nature en souffre déjà tellement. Pas seulement le capitalisme sauvage .

    3. Bonne remarque, Flo. Cochet l’explique mieux que moi. Les modèles économiques avec lesquels nous vivons encore ne sont plus adaptés pour des raisons bêtement matérielles. Mais tout le monde s’en fout ! Alors tant pis !
      Nous ne voulons pas organiser la décroissance, alors nous la subirons !

  30. Bonjour Paul, Bon vendredi de réflexion. Questions:

    Bulle économique chinoise ? Si elle gardait le cap de l’exportation en exclusivité, oui. Mais elle se tourne vers l’intérieur pour écouler leurs produits qui ne sont nécessairement homologués pour l’exportation.
    Comme je l’ai compris à la lecture d’un interview de Tata, l’Inde n’a même pas connu la crise. Elle leur a été imposée. disait-il.
    La Chine, c’est l’emploi dans l’optimisme et la motivation et sans la peur occidentale.
    Croire à son drapeau, parfois cela marche.
    L’Occident, c’est plutôt rechercher en soi les raisons du flop.
    « La vie est belle, chic et pas chère. », chante Arno. Les retours de flammes, c’est toujours quand on plane.
    Craquer en 2011 et 2012?
    Voilà, une nouvelle preuve, la diffusion de cette peur qui fait perdre le potentiel à l’Occident. Pourquoi se bouger, si on est perdu?
    Réchauffement climatique, on cale même sur des possibilités de changements que cela apporterait, en recherchant qui a fait quoi, au lieu de chercher comment on pourrait faire autrement.

  31. Sur ceux qui sont aux commandes:

    « Comme dit Pascal, il y a trois sortes d’hommes: les uns ne savent pas et restent tranquilles, également tranquilles restent ceux qui savent, mais il a la ceux qui ne savent pas et croient qu’ils savent: d’eux vient tout le mal du monde ». (Tolstoi. Journal)

  32. Bonjour.
    Ce post pourrait trouver sa place dans les posts sur l’identité nationale, mais il risque de se perdre dans les méandres (et si j’écris, c’est pas pour être reconnu mais pour être lu) et il trouve aussi sa place dans le temps qu’il fait le 15 janvier après tout.

    Un débat qui tourne mal hier soir dans l’émission de FOG sur France2 (Vous aurez le dernier mot du 15 janvier 2010 ) à partir de la minute 55.

    Ce débat me semble être l’archétype de ce que nous vivons en ce moment sur l’identité nationale. Dans l’impossibilité qu’il y a à faire dialoguer sereinement des personnes sur ce sujet sensible pour bon nombre.
    Mme Elisabeth LEVY qui se bloque sur des éléments effectivement choquants pour tous comme la Burqa, des prières islamiques dans les rues de Paris, …) mais qui oublie de préciser qu’il convient de ne surtout pas généraliser ces pratiques à l’ensemble de la communauté musulmane française et mondiale, qui va même jusqu’à y associer le visage de l’ennemi.
    M Yasmina Khadra qui tente de l’amener à réfléchir au pourquoi de ces pratiques plus qu’à leur stigmatisation. Hélas peut-être un peu maladroitement quand il lui demande de se cultiver ou qu’il frôle le point de Godwin lorsqu’il lui dit que cela lui rappelle les années 30, ce qui n’a pas manqué de la mettre hors d’elle (ce qu’elle était déjà par ailleurs).

    Il me semble que M KHADRA met le doigt sur ce qui compte vraiment, pourquoi le monde musulman semble-t-il se transformer en ce moment en monde islamiste radical aux yeux des occidentaux.

    J’ai eu récemment une discussion animée avec un inconnu dans la rue sur le thème de la religion. A un moment du débat, je lui dis qu’étant donné le passé de la religion chrétienne, elle avait assez peu de leçons de tolérance à donner aux autres religions, ce à quoi il m’a rétorqué avec raison qu’il ne s’agissait pas de religion, mais de politique.
    Effectivement, ces manifestations détestables des religions se présentent lorsque celles-ci se promènent du côté de la politique. Elles sont alors un instrument de manipulation extrêmement puissant si elles sont utilisées à des fins partisanes.
    L’explication politique des dérives de la religion musulmane est à chercher selon moi dans la manière globale dont le monde fonctionne à savoir que les impérialismes territoriaux par le passé ou économiques de nos jours ont toujours écrasé les faibles pour exploiter les richesses des pays dominés (voir la film La fin de la pauvreté ? qui en fournit un bon résumé, même si je trouve qu’il épargne un peu trop la France, mais passons). Partant de là, il est aisé pour des manipulateurs d’agiter ces foules misérables en quête de coupable et d’explications simples. Attention, par misérable, entendre ici les misérables de l’esprit et de la réflexion, car le fait d’être riche ne met pas du tout à l’abri de la pensée courte, tout comme le fait d’être pauvre n’implique pas d’être un imbécile).
    De manière générale, c’est dans la misère et l’injustice que l’extrémisme trouve son terreau le plus fertile. Les manipulations partisanes et les misères de pensées s’y associant, elles créent une dynamique destructrice.

    Les réactions de replis identitaire face à cela en France et partout dans le monde relèvent de la même dynamique destructrice.

    M. KHADRA représente pour moi un type de pensée qui, je l’espère, sera celui de l’humanité. Peut-être pas pour demain mais pour après demain. Une pensée de tolérance, d’intérêt pour la différence et de l’amour pour les autres.
    Qu’on ne m’oppose pas le « tout le monde il est beau…. », je ne sais que trop bien hélas que ce n’est pas le cas.

    Je l’ai déjà exprimé ici, je ne suis pas croyant. Je pense que la richesse de la pensée est en nous et pas dans une transcendance quelconque. Et je penserai comme cela jusqu’à ce qu’on m’apporte la preuve irréfutable de l’existence d’une entité divine. Cela dit, je comprends et j’accepte le besoin de fait religieux pour bon nombre. Les religions ont des choses à nous dire. Quitte à choquer et à faire un blasphème, je prends la Bible comme un ouvrage philosophique avec ses vérités et ses erreurs, comme tout ouvrage écrit par des hommes, fussent-ils « inspirés ». Les interprétations et les utilisations qu’en font ensuite d’autres hommes sont elles aussi sujettes à des vérités et des erreurs.

    Je vais donc tenter d’être pragmatique : puisque les religions existent et sont puissantes, demandons aux tenants de ces religions de se parler et de stopper les dérives de basse politique et d’exploitation qui en sont faites. Je parle ici des tenants incluant par là tous les participants et pas simplement les dirigeants qui ne sont hélas pas toujours les mieux à mêmes de parler vrai.

    Pour en revenir au débat sur l’identité nationale (et pas simplement ce qui le concentre et le cristallise en ce moment). Je l’ai déjà exprimé aussi sur ce blog, la notion de nation avec ce qu’elle véhicule de crispations doit être dépassée. Je ne parle pas d’abandonner ni de diluer les unes dans les autres des cultures différentes qui sont autant de richesses, je parle de replis communautaires possibles et à venir en temps de difficultés comme celles qui se profilent à l’horizon. Nous sommes une et une seule espèce qui vit sur une petite planète fragile (en tout cas l’équilibre de la biosphère dont notre vie dépend l’est).

    Faut-il toujours une catastrophe comme celle d’Haïti pour nous le rappeler ?

    Avant le séisme, personne (ou presque) ne se souciait d’Haïti. Tout comme tout le monde (ou presque) se fout en ce moment du prochain pays qui sera frappé par une calamité de ce genre.
    Faudra-t-il qu’une calamité s’abatte sur le monde entier pour que nos mentalités évoluent ?
    Je n’ose pas exprimer d’avis sur ce dernier point.
    Je stoppe là ce post qui va devenir trop long. Merci de m’avoir lu, et merci de me donner quelques retours si cela vous dit.

    1. « Avant le séisme, personne (ou presque) ne se souciait d’Haïti.  »

      C’est la bonne conscience médiatique tout comme avec les premières personnes touchés par la crise.

      Mais bon ça peut se comprendre à qui appartiennent les principaux médias de ce monde.

    2. Excellent lien Fujisan, merci. Je ne connaissais pas. C’est limpide. N’ai pas fini de regarder, mais j’adore déjà.

      Merci beaucoup.

  33. Révision: le pay option ARM. L’implosion par P.Jorion . pp 33-34.
    On y est à plus de 115%. Méchante accélération pour 2010 et 2011, avec les conséquences bien connues.

    1. L’implosion (Fayard 2008), pp. 33 – 34

      1. Le « Pay Option ARM »

      J’ai mentionné les prêts « Interest Only » où le principal reste à rembourser à l’échéance. Deux autres formules allaient permettre à l’emprunteur « en cavalerie » d’accéder au statut envié de propriétaire : le « Pay Option ARM » et les différentes variantes du prêt subprime, dont la principale est dite « 2/28 », deux ans au taux promotionnel, suivis de vingt-huit ans au taux réel.

      Dans le prêt hypothécaire « Pay Option ARM », adjusted rate mortgage signifie prêt hypothécaire à taux flottant, tandis que « pay option » veut dire « avec options de paiement ». Celles–ci sont principalement au nombre de deux. La première consiste en la possibilité d’opter pour un prêt sans amortissement, ce qui revient à la formule « Interest Only », déjà mentionnée. Très peu de consommateurs y ont cependant souscrit dans ce cadre du « Pay Option ARM », car il y existe une formule bien plus avantageuse encore, qui fut choisie elle par 85 % des souscripteurs : la possibilité de rembourser mensuellement un montant inférieur aux intérêts dus – le solde étant remboursé à l’échéance en même temps que le principal ; la formule est dite negative amortization ou « amortissement négatif ». On remet ainsi à plus tard non seulement l’amortissement, mais aussi une partie du remboursement des intérêts… Une clause protège les prêteurs : si le montant du prêt effectif (c’est-à-dire avec les intérêts restants dus ajoutés au capital) atteint 115 % (ou 125 % dans certains cas) de la valeur de l’habitation, le prêt est automatiquement transformé en prêt à amortissement standard. Échappatoire hypocrite car on voit mal comment une personne ayant du mal à s’acquitter de mensualités diminuées pourrait rembourser les intérêts plus l’amortissement. Si le problème n’a pas surgi encore, c’est que la plupart des prêts de ce type furent accordés en 2006 et que le niveau des 115 % ne fut pas atteint en 2007. Avec la poursuite de la chute des cours de l’immobilier, le seuil fatidique des 115 % sera atteint en 2008 ou 2009.

  34. En tant que Belge de souche depuis des siècles qui habite à Bruxelles, je trouve que non seulement le problème d’identité se pose mais également les problèmes économiques et sociaux qui y sont liés. Pour s’en rendre compte, je vais vous donner quelques chiffres qui ont été publiés dans Le Vif/L’Express du 11/12/2009.
    Bruxelles est une ville musulmane en devenir : actuellement, 17% de la population est musulmane.
    30 nationalités différentes (plus de 1000 personnes) sont représentées à Bruxelles : la première (80 %) est le Maroc (via le regroupement familial).
    Un Bruxellois sur 20 dépend du CPAS (minimex) et 30% vivent sous le seuil de pauvreté.
    Le taux de chômage des 15-24 ans est de 35.3%.
    32% des enfants bruxellois (0-17 ans) vivent dans un ménage ne disposant pas de revenus du travail.
    Le revenu imposable des Bruxellois est inférieur de 15 % à la moyenne nationale.
    Plus de la moitié des Bruxellois dépensent entre 41 % et 61% de leur budget au logement alors que la norme dans le pays est de 25%.
    Le budget de la Région de Bruxelles équivaut à 1% du PIB.
    Le dénominateur commun des Bruxellois : 95% parlent le français.

    1. Pour être complet d’après ce Vif: La population du grand Bruxelles s’élève de 1.032.000 d’habitants plus 100.000 résidents européens de tous horizons et les SDF. 95% de francophone, même si le nombre de multilingues est en augmentation. Trente nationalités. La natalité galopante des immigrés fait craindre à une bombe démographique et sociale. La mobilité autour de Bruxelles est un problème croissant et fait craindre que le Ring sera complètement bloqué en 2015 avec les 350.000 navetteurs quotidiens.

  35. On devrait profiter de la pandémie de gastro-entérite sévissant pour saisir l’écœurement à la gorge et le brandir à l’opinion, par association, la finance vomira alors sa honte et demandera pardon.
    Bon, je fais mon scout … pardon… mais où est mon opinel ? aux armes !

    1. On pourrait presque dire que le socialisme a évolué vers « le caviar » et la corruption et le libéralisme vers le néolibéralisme ….pas étonnant qu’ils s’entendent si bien sur la mondialisation et collaborent depuis 30 ans…

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