Une majorité représentant entre deux tiers et quatre-vingt pour cent de la population

Le sondage IFOP – Le Monde, publié hier par ce journal et commenté par Anne Michel sous le titre La crise scelle le désamour entre banques et opinion s’inscrit en faux contre l’opinion de la majorité des commentateurs du « Blog de Paul Jorion », qu’ils ne représentent – aux côtés des rédacteurs des billets : Paul Jorion, François Leclerc, ainsi que les autres invités – qu’une part infime de l’opinion publique. Les chiffres révèlent au contraire qu’une très vaste majorité de la population partage le même sentiment, et ceci aussi bien au Royaume-Uni qu’en France, les deux pays où l’enquête fut menée. Les pourcentages s’étalent des 67 % de Français (70 % de Britanniques) – le pourcentage le plus faible – qui estiment que leur gouvernement « a eu raison » d’intervenir pour soutenir le secteur bancaire », aux 80 % des Français (73 % des Britanniques), pensant que « les banquiers n’ont pas tiré les leçons de la crise et conservent des comportements risqués », voire même aux 83 % de Français (81 %, Britanniques) qui « approuvent la taxe sur les bonus des salariés du secteur financier » mais qui estiment à 75 % pour les Français (à 73 % pour les Britanniques), que cette taxe « ne sera pas efficace, car les banques mettront en place d’autres systèmes pour rémunérer leurs traders et financiers ».

Le sentiment qui prévalait jusqu’ici parmi les lecteurs de ce blog, de ne représenter les vues que d’une minuscule minorité, s’explique par l’absence de ces opinions largement majoritaires dans le discours des politiques et dans les média. D’autres chiffres (mentionnés dans la première version de l’article) reflètent cette déconnexion entre le public et ceux censés représenter son opinion, puisque la confiance qu’il tèmoigne envers les média est plus médiocre que celle envers le milieu financier et pire encore vis-à-vis des politiques.

Ce ne sont donc pas les vues exprimées au fil des jours dans le cadre de ce blog qui sont minoritaires : elles reflètent une majorité représentant entre deux tiers et quatre-vingt pour cent des populations en France et au Royaume-Uni, ce sont au contraire les média – et, plus encore qu’eux, les politiques – qui expriment des sentiments que seuls vingt pour cent à un tiers de la population partagent.

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115 réflexions sur « Une majorité représentant entre deux tiers et quatre-vingt pour cent de la population »

  1. Quelqu’un avait écrit « Un Franc. Un Vote ». Aujourd’hui, les Euro votent. Ce sondage l’illustre.

    Je me reconnais pleinement dans ces deux opinions. Il fallait sauver ces banques. Elles n’ont rien appris.

    J’éprouve un curieux sentiment à l’idée que je suis en accord avec les 75 à 80 % de la population.

    1. Bonsoir,

      oui il fallait sauver ces banques, mais c’est surtout l’argent qu’elles étaient sensée avoir sur nos comptes bancaires qu’il fallait sauver, pas leurs dirigeants et actionnaires, la précision est de taille.

      Messieurs les banquiers : « veuillez cessez immédiatement d’utiliser mon argent dans les circuits spéculatifs de la finance mondialisée »

      Ce qui veux dire aussi  » faîtes joujou avec votre argent uniquement et pas le mien »

      Cordialement

  2. Qui décemment pourrait se vanter d’approuver le système financier tel qu’il est aujourd’hui ?
    Qui à part ceux qui en ont tirer le maximum de profits en inventant plus de transactions financières qu’il n’en est besoin pour faire fonctionner l’économie ??
    Qui à part les gouvernants qui n’ont pas envie d’efforts de réforme d’un système qui leur permet d’écouler les déficits si faciles à faire accepter depuis tant d’années et dont le changement nécessite un tout autre travail que les mots creux qui sont les leurs ???
    Qui aura le courage de s’attaquer au culte de l’argent quand bien même nous savons ????

  3. Mr Jorion, je crois au sondage de cet article. Autour de moi, je suis on pourra le dire le seul à avoir dès le début, été contre le plan d’aide aux banques (riches?). Mais comme on connait mon coté anarchiste, ils n’ont pas écouté mes arguments. Pour la plupart, sans le soutien de l’État, les banques auraient fait faillite et les gens auraient perdu leurs économies.

    Ce à quoi je répondais que la majorité des gens ont un compte courant avec pas grand chose dedans, des dettes et une hypothèque non payée. L’État de plus garanti 70000€ de dépôt en cas de faillite bancaire. Largement plus que la majorité a en dépôt simple.

    Je pense effectivement que 80% (ou plus) des gens savent que les banquiers sont des margoulins mafieux mais qu’il n’y a pas d’alternative parce que le système politique est complice (otage?) de ce monde financier et que la société est tricotée serrée autour d’eux.

    Sauver les banques à coups de milliards emprunté aux pauvres a été la plus grande supercherie que l’humanité a connue.

    L’homme a marché sur la lune en 69, il a marché sur la tête en 2008.

    1. @ yann

      vous dites:

      « sans le soutien de l’État, les banques auraient fait faillite et les gens auraient perdu leurs économies  »

      je réponds:

      Ce n’est pas exact, une banque sur deux, aurait déposé le bilan, et aurait été rachetée par son concurrent, assainissant du même coup le marché, les comptes des particuliers auraient tous été reconduits sans aucune perte, car garanti par l’état par un fond spécial.

      Ce n’est pas l’existence des banques qui est néfaste à l’économie réelle, c’est leur sur-nombre.

    2. Pensez-vous vraiment que la formation d’oligopoles soit la condition d’une régulation financière conséquente ?

      C’est exactement le contraire de ce que dénoncent tous ceux, aux Etats-Unis, qui réclament le démantèlement des grandes banques, bénéficiant de l’aléa moral que l’on sait.

    3. Market Makers,

      Et c’est grâce à leur sur-nombre, qu’elle créent l’illusion d’un marché concurrentiel.

      Alors qu’en réalité :

      – ce sont les millions d’échanges que les marchés qu’elles réalisent entre elles chaque jours par des machines automatisées, appelées market makers (transactions primaires d’achat et de ventes de toute sortes) qui à première vue s’équilibrent

      qu’elle gagnent beaucoup d’argent sur les marchés monétaires, sur les transactions secondaires, inhérente à chaque opération primaire) car:

      – chaque fois qu’il faut acheter quoi que ce soit il faut d’abord acheter du dollar
      – chaque fois qu’il faut vendre quoi que ce soit il faut ensuite revendre du dollar

      le bénéfice ce faisant dans les différences de taux d’intérêt et de changes sachant que :
      – le dollar s’achète à 0%
      – les autres devises à 1.25% euros, ou plus … autres pays

      et c’est pourquoi elles ont fait croire qu’il y avait un risque systémique si elle fermaient, alors que ce n’est que pour pouvoir continuer à animer les marchés en transactions primaires pour pouvoir gagner sur les transactions secondaires de change.

    4. @ Paul

      En quoi est-ce qu’une plus grande concentration des banques modifierait leur PRATIQUE insensée? Bear Stearns et Lehman Brothers ont chuté aux USA, mais ça n’a pas empêché Goldman Sachs, Morgan Stanley, etc., d’en ramasser les miettes et de renouer avec leurs pratiques ultra-spéculatives, et de se désintéresser du crédit aux entreprises et aux particuliers solvables. Elles trouvent que le soutien à l’économie réelle n’est pas suffisamment rentable…

    5. Market Makers (suite)

      l’ennui c’est que le bénéfice se fait uniquement en dollars.

      C’est pour cela que les us essaient à tout prix d’inonder les marché mondiaux avec leur devises, pour qu’elle reste la monnaie de référence,

      C’est pour cela que la Chine restera sur sa position concernant le yuan, et c’est elle qui sera la grande gagnante de cette course folle au dollar que l’occident soutien à tort.

      http://fr.news.yahoo.com/79/20100120/tbs-la-chine-est-irresponsable-8ce48fc.html

      http://fr.news.yahoo.com/4/20100119/tbs-usa-capitaux-7318940.html

    6. @ François Leclerc,

      vous dites :

      « Pensez-vous vraiment que la formation d’oligopoles soit la condition d’une régulation financière conséquente ?  »

      Je n’ai pas dit cela, j’ai expliqué le mécanisme de profit mis en place par une pseudo concurrence

      @ Jay-cib (gloire au corporate investment banking ? en indi )

      vous dites:

      « En quoi est-ce qu’une plus grande concentration des banques modifierait leur PRATIQUE insensée »

      Je parle du moment ou les banques ont été renflouées uniquement. Elles étaient à cours de liquidités pour faire fonctionner les automates Market markers décrits plus haut à cause du stockage des dollars de la Chine.

      Ne pas leur prêter à ce moment là, les aurait obligés à diviser le volume des transactions par deux, alors que grâce à l’argent du contribuables, elle l’ont multiplié par dix !!!

      l’argent du contribuable a permis de multiplier la capacité spéculative sur les monétaires (le marché des devises) par dix !!!

    7. Vous avez écrit :

      Ce n’est pas l’existence des banques qui est néfaste à l’économie réelle, c’est leur sur-nombre.

      Pas moi.

    8. @ François Leclerc

      vous dites :

      Pas Moi

      je réponds:

      Est ce la question est de savoir qui dit quoi ?

      J’ai expliqué le mécanisme de la pseudo-crise financière, par le système d’hyper-profits réalisé par la pseudo concurrence des banques qui attirent l’attention sur la pseudo-compétition sur les marchés financiers.

      Alors qu’en fait tout cela n’est qu’un camouflet pour cacher la machinerie du « Market maker » de ces machines qui réalisent des millions d’opération d’achat et de vente par jour sur les marchés mondiaux laissant croirent que le problème se trouve là …

      En fait ce n’est que pour détourner l’attention que les bénéfices colossaux qui sont fait lors des transactions secondaires associées sur les marchés monétaires

      avant tout achat il faut acheter du dollar
      apres tout achat il faut vendre du dollar

      et on gagne de 0.5 à 1 % grâce aux différents taux de change fixé par les banques centrale, représentent en réalité le coeur du système spéculatif à l’heure actuelle.

      par exemple: une banque française jour tous les jours 45 milliards d’euros en transactions secondaires, cela lui rapporte à peu près 400 millions d’euros par jour !!!

      et tout cela avec l’argent du contribuable

      Pouvez vous contester cela ?

    9. Markets Makers (fin)

      j’affine mon petit calcul sur les 400 millions reçus par jour:

      – 100 millions en frais de gestions à reverser aux places boursières
      – 100 millions en charges fixes de la banque (back office etc …)

      il reste 200 millions qu’il faut reconvertir en monnaie locale (rétribution de l’imprimeur)
      – 100 millions

      cela fait un solde net de 100 millions d’euros pour 45 milliards par jours, là je ne dois pas être lion du compte

  4. Les blogs sont de bons miroirs.

    Il semble en effet évident que le lectorat fidélisé, en quantité impressionnante, par votre blog est la preuve d’un sentiment très répandu, quoique fort peu relayé par les « médias dominants » , de défiance grandissante à l’égard de nos dirigeants, tant politiques que financiers.

    Soyez, une fois encore, remerciés, vous et ceux qui avec vous y oeuvrent, pour la qualité de votre travail, et le refus de toute corruption qui semble l’ animer.

    1. Hello, Piotr.
      Miroir… tu m’as fait tilter.

      Soit : est-ce la majorité qui nous rejoint ou nous qui rejoignons la majorité…??

    2. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil.Blogueur ou pas ,jorioniste ou pas, l’heure est à la défiance.
      Il n’y a plus une seule information,corporation qui ne soit l’objet d’une suspicion .
      La suspicion est elle toujours légitime ?,voilà la question.
      N »oublions pas qu’en temps que participant à ce blog ,nous sommes, qui plus est ,non pas dans l’information mais( le plus souvent )dans le commentaire,avec toute la subjectivité que cela implique.

    3. Je ne sais pas Piotr.
      Tu sais, toi comme d’autres, que nos convictions sont restées toujours intactes par respect mutuel. Soit, un gain par ajout du meilleur de ce que nous avons et la remise en question de nos idées n’allant pas dans le sens général. Sans les renier par ailleurs, d’où qu’elles viennent, soit de nous, soit d’autres.
      Notre Ami Haché me serait utile autant que toi en ces temps de remise en cause du blog vers un glissement politique.
      Comme Litzfr. Comme d’autres que tu connais ici de longue date.

      J’ignore si je résisterai à un glissement vers de la politique. Mais je veux connaître vos avis, comme je les ai toujours lu.

    4. Arg.. Betov, pierrot123,… je ne vous ai pas cité car vos avis coulent aussi de source.

      C’est ça le problème : chacun a un avis pertinent car il apporte une pierre à l’édifice.
      Hors, la politique nous a bien montré son désir de pensée unique…

  5. Paul, c’est la « loi » des 20/80 ou des 80/20 dit de Paréto, qui sans fondement réel, ni réellement démontrée, mais qui s’applique dans énormément de situation dont la votre dans ce billet.
    En conclusion, si les 80% voulaient bien défendre leurs intérêts essentiels communs, qui dans le cas de la  » crise financière « , sont à mon humble estimation au minimum 90 voir 95 ou même 98 99% ce qui confirmerait certainement
    cette règle Paréto. Le bon sens populaire voulant que chaque règle possède son exception?!!!!!!!!!!!!!

  6. Une majorité d’américain étaient contre la guerre en Irak (malgré l’immense propagande déployée), la plupart des français sont contre la privatisation de la poste, et la plupart des Romand sont pour la création d’une troisième ligne de train entre Genève et Lausanne…

    et ?

    Et « on » préfère discourir et légiférer abondamment sur le port de tel vêtement, qui concerne moins de 2000 personnes en France (environ 30 ppm), ou sur l’interdiction de tel bâtiment, il en existe déjà 3, mon Dieu…

    Donc oui, l’immense majorité a des idées qui ne sont pas forcément nuisibles, malgré le « lavage de cerveaux en régime de liberté » (Chomsky). Le travail des politique, grassement aidés par les médias (qui mentent, puisque juges et partie) est maintenant de contenir de « débat » à l’intérieur d’une étroite fenêtre de pensée, et si possible de faire diversion des questions importantes avec des artifices, de la forme, des ronds de jambes.

  7. Exact.
    Plus on « avance » et plus on recule dans la diffusion de l’information libre et non faussée :
    un exemple ,celui de ce jour relatif à la gréve des fonctionnaires.
    Je passe mes heures à lire la presse sur la toile.
    Jusqu’à ce matin : sur cette gréve : Rien ou quasiment rien.
    OK il y a beaucoup de titres plus importants dont,par exemple,le « salaire » d’un dirigeant d’entreprise publique ou encore les flots de milliards que perçoit tel chanteur…
    En réalité ce blog refléte parfaitement bien ce qui se passe dans l’opinion.
    Nous ne sommes plus à l’époque de Louis XIV….encore que quelquefois…!!! mais il est vrai aussi « qu’on ne nous dit pas tout »…
    Seulement voilà : il y a le net,les think tank,quelques blogs de trés haut niveau. Et puis,disons le à ceux qui ne le savent pas (car c’est une matiére peu contrôlée sans doute dans certaine grande école sans beaucoup de boursiers):
    Les Français sont aujourd’hui Gens adultes,instruits,cultivés,informés et ce quoi qu’on en pense.

    1. « Les Français sont aujourd’hui Gens adultes,instruits,cultivés,informés et ce quoi qu’on en pense. »
      Non, ce qui se passe sur la Toile, les personnes qui lisent, commentent, discutent, bloguent, et échange sur des forums représente une infime minorité (je ne retrouve plus le lien de l’étude).
      J’aime à penser que cette minorité grandi chaque jour, grâce à des blogs comme celui-ci ou grâce aux articles qui sont envoyés par mail…
      Mais que sont les quelques milliers de lecteurs de ce blog (merci Paul pour cela), face à l’artillerie (très) lourde des JT, du Figaro, du Monde etc. ?
      Heureusement que l’histoire de David contre Goliath nous donne un peu d’espoir…

  8. Les gouvernements racontent des bobards, les médias les diffusent. La tromperie ne peut perdurer indéfiniment.
    Tel est le résultat de ce sondage.
    L’opinion envers les banques résulte du hold-up constaté de ces dernières.
    L’opinion envers les politiques résulte de leurs mensonges, de leurs hypocrisies et de leur pusillanimité
    Il fut un temps où les politiques avaient du courage, Vincent Auriol qui n’était pas un violent révolutionnaire avait pu élever la voix en disant : « Les banques, je les ferme, les banquiers je les enferme ».
    On comprend le désamour des citoyens au vu des pleutres qui les gouvernent aujourd’hui.
    L’opinion envers les médias résulte de leur paresse voire leur ignorance.
    Il est normal que dans un premier temps on écarte d’un revers de main ceux qui sont les premiers à se lever pour demander des explications, les dits « les minoritaires ».
    Il arrive un moment où « marre », « ça va bien », « ça suffit » pour de plus en plus de monde.
    Je crois que nous entrons dans ce temps là.

    1. Les Français ont été consultés en 2005 pour parachever l’oeuvre de l’idéologie économique hégémonique « d’absence de règles » qui a favorisé depuis les années 90 l’instabilité financière -concurrence libre et ‘non faussée’- et approuver le TCE qui transforme irréversiblement l’Europe des 27 en un appendice étasunien
      et avaient dit NON
      en dépit de l’unanimité de la presse et la quasi-unanimité des politiques.

      preuve qu’une contestation motivée de la dérive capitaliste a trouvé un cheminement dans une expression populaire.

      le machin de Lisbonne est venu réduire à l’impuissance les gueux.

      si le peuple ne vote pas comme il faut, on dissout le peuple.

  9. Il en est de même pour l’Identité Nationale.

    Dans les médias et dans les interventions des politiques, les Bourguignons, les Auvergnats n’existent plus, pas plus que les Savoyards, Dauphinois, Provençaux, Picards, Lorrains, Alsaciens etc … sans oublier les Basques, les Bretons, les Corses.

    Sans doute ne représentent t’ils au total qu’une minorité de la « populace ».

  10. @ Paul Jorion (ou François Leclerc) : une question, concernant ce ‘désamour’ et sur les solutions à y apporter.
    Est-ce qu’une coopérative bancaire ‘en ligne’ pourrait-être une solution ? De nombreuses entités bancaires se sont créées sur internet (monabanq par exemple, où on retrouve d’ailleurs des acteurs très ‘classiques’ du monde bancaire, comme BNPPARRIBAS : http://www.monabanq.com/banque-en-ligne/qui-est-monabanq.asp).
    Par ailleurs, on a pu le constater sur d’autres banques de l’économie sociale, le fait d’appartenir au monde de l’économie sociale en soit n’est pas forcément une ‘garantie’ contre la défiance et l’adaptation aux besoins des clients ou contre l’implication de ces organismes dans le système financier actuel. C’est le cas par exemple, en ligne, de fortunéo (http://www.fortuneo.fr/fr/qui-sommes-nous/qui-sommes-nous.jsp, http://www.arkea.com/nohetoarkea/index.jspz), qui ‘appartient’ au Groupe Crédit Mutuel.
    Pourquoi pas une coopérative bancaire, étant donné que nombre de lecteurs ont pu souligner leur intérêt, suite au post de Corinne Lepage, sur les solutions de l’économie sociale et solidaire ?
    L’avantage, très important (justement sur la question de la défiance, en lien avec la traçabilité et la participation, par vote, des sociétaires-clients) est de permettre de se saisir des potentialités d’internet (votre blog en est un exemple, notamment sur le fonctionnement), de ne pas laisser ce champ libre aux opérateurs de ‘pur concurrence’ et d’utiliser les outils que peut procurer internet pour permettre justement une participation ‘en ligne’ des sociétaires : diffusion des informations (bilan, comptes de résultat, chiffrage, …), votes ‘en ligne’ (avec codes et mot de passe) sur les orientations de la dite coopérative, etc.
    L’interdiction du ‘pari sur les prix’, entre autres, serait intégré dans les statuts, de même qu’une ‘leviérisation’ très faible (fonds propres = 20% par exemple).
    Bref, une coopérative bancaire n’étant qu’une coopérative et donc une SARL à statut coopératif, avec apport de parts sociales et capital variable, quelles pourraient être les conditions (pratiques, déontologiques, financières, …) pour la mise en place d’un tel outil coopératif bancaire ‘en ligne’ selon vous ?
    Cordialement.

    1. Je ne suis pas compétent pour répondre à votre question sous l’angle technique, c’est à dire celui de la mise en place d’une ou plusieurs coopératives bancaires en ligne.

      Mais c’est me semble-t-il dans l’air du temps.

      Dans cette perspective, une étape intermédiaire pourrait être de lancer une campagne de contrôle des multiples frais des services bancaires qui figurent sur nos relevés de compte, en vue de faire supprimer les débits indus (cela m’est arrivé) et d’engager un mouvement en faveur de leur baisse.

      Un site Internet pourrait en être le vecteur, pourvu d’un forum et de conseils pratiques et juridiques.

      Bruno Lasserre, président de l’Autorité de la concurrence, a tout dernièrement dénoncé l’opacité des tarifs bancaires. La Commission européenne l’a également fait dans un rapport publié en septembre dernier, qui classait les banques Françaises, par ordre décroissant de montant de leur tarification, en troisième place au sein de l’Union européenne.

    2. Merci de votre réponse. Pour l’angle technique, faudra transmettre alors à Mme Lepage, qui semble bien connaître techniquement le sujet (avec La Nef, à priori). D’ailleurs, peut-être que La Nef pourrait (ou est en train de) s’en emparer pour mettre en place de tels systèmes.
      Concernant l’étape intermédiaire, à savoir le contrôle des frais, je ne peux que le conforter, ayant eu moi-même à faire valoir mes droits, suite à une défaillance de ma CB. Il a fallu plusieurs rendez-vous avec, directement, mon directeur d’agence, plusieurs relances (téléphone, visites, mails), deux courriers, dont un adressé au ‘médiateur de la banque’ pour finalement ‘proposer’ de porter l’affaire et/ou à l’AFUB (Association Française des Usagers des Banques) et/ou au juge de proximité.
      Résultat ? Au lieu des malheureux 150€ proposés (et encore a-t-il fallu que je réclamasse par lettre), j’ai obtenu … plus de 4 fois plus ! Il est vrai que mon directeur d’agence est en grande partie responsable de ce déblocage, comme quoi, le fait de s’adresser aussi à des êtres humains en face à face, poliment mais fermement, permet de mieux gérer les conflits qu’un ‘merdiateur’, tranquillement installé ‘à distance’ et dont l’unique travail consiste à décourager les plaignants (dans leur bon droits).
      Propositions pour des actions concrètes donc en la matière :
      1. Menacer de saisir l’AFUB – http://www.afub.org/index.php . En règle générale, ça ‘calme’ le banquier.
      D’ailleurs, l’AFUB publie sur son site la liste des ‘banksters’, en fonction du nombre de réclamations reçues :
      http://www.afub.org/prix%20rapetout%20janvier%202010%20.1.jpg
      Et que constate-t-on ? Que les réclamations concernent essentiellement les frais bancaires (pour les 5 ‘premières’ banques) mais aussi, oh ‘surprise’, que des établissements appartenant à l’économie sociale et solidaire font partis des 3 ‘pires’ banksters dans le classement : crédit agricole, caisse d’épargne, BP, ‘devant’ la BNP et LCL !!
      Alors oui, je confirme, il faudrait vraiment que les dits établissements dont nous sommes sociétaires (donc votants) arrêtent de nous prendre pour cons ! D’où …
      2. action suivante, surveiller votre organismes de crédit, SURTOUT s’il est coopératif, afin de faire valoir votre droit et voter aux AG !! C’est votre droit. Pour ma part, je le fais avec la CASDEN.
      3. Menacer enfin de saisir le JUGE DE PROXIMITE. C’est imparable et de nombreuses banques se sont faites condamnées par ce type de juridiction. Car le juge de proximité permet de juger les affaires ‘courantes’ de – 4000€, sans HUISSIER et sans frais d’AVOCAT (donc gratuit pour le plaignant) !! La saisine se fait très rapidement (1 mois 1/2) et est … sans appel !! Ce qui signifie que les banques ne peuvent pas, car elles en ont évidemment les moyens, ‘faire durer le plaisir’. Imparable, donc.
      4. Effectivement, je vous rejoins, encore faut-il que les usagers bancaires connaissent leurs droits, d’où la bonne idée de créer un forum, en sus éventuellement du site de l’AFUB (qui pourrait être citée comme ‘ressource’).
      Cordialement.

  11. Encore un autre sondage qui démontre qu’on n’est pas en démocratie. La majorité du peuple pense une chose et les dirigeants (y compris médias) pensent et décident autre chose, bien souvent en totale opposition.

  12. C’est très encourageant de se sentir moins seul, quand cette solitude de pensée, dans un environnement intellectuel sous perfusion, vous font douter, et pousse à la résignation.
    Il n’en reste pas moins que le « système » est verrouillé, notamment, par des politiques qui ne représentent pas les populations par lesquelles ils sont élus.
    Le labourage en profondeur des intellects est tel que les électeurs n’ont pas le discernement de leurs intérêts.
    Il est, par ailleurs, intéressant de constater que cette règle empirique des 80/20 trouve encore une confirmation.

  13. n’oublions pas que nous vivons dans un monde de communication, et ceux qui maîtrisent celle-ci sont les leaders, de sorte que les médias sont « aux ordres » ainsi il nous faut aller chercher l’information ailleurs que dans le médias traditionnels.

    Nous savons bien que le véritable décideur est ce « pouvoir occulte » ayant besoin d’agir impunément dans l’ombre…!
    il a par exemple briffé ses adhérents (dont les Pdg des multinationales du pétrole) pour aboutir au sommet de Copenhague. Au grand jour le président Sarkozy s’est fait le défenseur des véritables responsables de la crise en défendant « bec et ongles » le projet de création d’une « organisation mondiale de l’environnement », première étape fondatrice de la réforme de la gouvernance mondiale…!

    Heureusement, la Chine, l’Inde , le Brésil, l’Afrique du sud ont dit « niet »

    http://millesime.over-blog.com

  14. @ Paul

    Je ne peux pas retrouver le lien pertinent, mais le Monde d’hier (19/01/2010) a également publié un article intitulé « Face à la pénurie de crédit, des entreprises veulent créer leur propre banque », signé d’Anne Michel. Il s’agit d’entreprises françaises, britanniques, irlandaises, suisses et américaines qui entendent établir une « coopérative à statut bancaire » dont les capitaux seraient fournis par les sociétés partenaires et qui serait spécialisée exclusivement dans l’octroi de crédits aux entreprises. Juridiquement, cette coopérative serait basée en Irlande. Cette initiative, actuellement encore à l’étude, fait apparemment très peur aux banques.

    J’espère que vous pourrez retrouver le lien.

  15. Que le système de propagande ne parvienne pas à tordre la réalité de façon absolue, n’est pas particulièrement étonnant. Cela ne signifie en rien que les « 80% » vont parvenir à s’exprimer, ni à accéder à l’information. Les diversions du système sont prêtes depuis longtemps. Les « 80% » vont, au mieux, voter, comme d’habitude, pour l’une ou l’autre des illusions médiatiques parées du masque du changement sous un vocable à la mode.

    On sait que (à la louche) 70% des citoyens ont accès à l’internet. 70% de ces 70% l’utilisent effectivement. Sur les 50% résultants, peu ont le temps physique de rechercher l’information. Sur cette ultime minorité, combien cliquent sur les bons liens ? Je suppose que 100% des sondés seraient d’avis qu’un coup de marteau sur les doigts fait mal, même si les propagandistes disaient le contraire.

    Dans une société où les individus sont systématiquement trompés par des journalistes payés pour mentir, il ne suffit pas que les sondés soient conscients qu’on leur ment pour qu’ils soient informés, ni pour qu’ils sachent se servir d’un marteau.

    Pour Yann, je viens de tomber là-dessus:

    http://www.cnt-ait.info/article.php3?id_article=1761

    1. « Dans une société où les individus sont systématiquement trompés par des journalistes payés pour mentir.. »

      Votre accusation est pour le moins abusive et malvenue. Une chose est d’analyser les mécanismes de l’information, qui aboutissent à la défiance que l’on sait envers les media, une autre est de systématiquement traiter les journalistes de vendus !

      Tous les ans, une étude patronnée par La Croix vient rappeler cette défiance :

      http://www.tns-sofres.com/points-de-vue/E69E404147664AE19B85EED7EDA0995A.aspx

    2. François, il conviendrait de refaire une analyse complète des trucs et astuces de la propagande. Je me souviens d’une vidéo de Bourdieu (trop longue et pas assez incisive à mon goût…):

      http://www.youtube.com/results?search_query=bourdieu+sur+la+t%C3%A9l%C3%A9vision&search_type=&aq=1&oq=bourdieu

      Le mot « mensonge » n’est qu’un raccourci rapide. Il y a désinformation par omission, par détournement d’une information réelle, par choix des sujets, etc, etc… A part Taddéï, je vois mal celui qu’on ne pourrait pas taxer de « vendu ».

    3. concernant le contrôle de l’information Web:
      voir les négociations autour du traité ACTA, initié en 2006 entre les USA, la Commission Européenne, la Suisse et le Japon. Depuis, l’Australie, le Canada, l’Union Européenne, la Jordanie, le Mexique, le Maroc, la Nouvelle Zélande, la Corée, Singapour et les Emirats Arabes Unis. Hadopi n’est qu’un hors d’oeuvre.
      http://fr.readwriteweb.com/2010/01/20/a-la-une/traite-acta-censure-loppsi-hadopi/

    4. Vous persévérez et desservez votre propos. Je crois qu’il vaut mieux éviter ce type de « raccourcis rapides », surtout lorsqu’ils sont injurieux.

      L’étude de la manière dont se « fabrique » l’information est un sujet trop important pour être évoqué ainsi, surtout si l’on croît qu’il faudrait remédier à la défiance qui est constatée, ce qui suppose de modifier des mécanismes qu’il faut donc connaître.

      Je vais regarder la vidéo de Bourdieu.

    5. @ Betov

      Votre argument concernant les journaliste est populiste. Noam Chomsky a étudié comment on fabriquait le consensus à travers les médias aux Etats-Unis, il n’ a pas pour autant traité les journalistes de la sorte. La réalité est bien plus complexe. D’ailleurs, vous aviez déjà eu ce type de jugement envers les intellectuels. Quant à la CNT-AIT, s’est-elle réconcilié avec la CNT Vignolles ?

    6. « La Fabrication du Consentement:de la propagande médiatique en Démocratie ». par Chomsky et Herman – chez Agone.
      What else?

    7. Dans la lignée du lien de Roma:

      http://w41k.info/35326#35326

      Je note depuis plusieurs semaines des tentatives médiatiques pour discréditer le Web. Mises en causes de la crédibilité (comme si les gens étaient incapables de discriminer les choses…). Subventions aux sites Web les plus corruptibles (comme rue89, qu’il convient de s’empresser de supprimer du menu…). Etc.

      Attaques du Web tous azimuts. J’aurais tendance à y voir un signe que, peut-être, je me tromperais sur la toute puissance du système de propagande. Après tout, peut-être la consultation d’un seul site récapitulatif des évènements réels, suffirait-elle à permettre une information populaire, en lieu et place du 20h ?

      http://w41k.info/newsnet

    8. http://www.acrimed.org/

      Ce site très sérieux et réputé fournit de quoi soutenir les propos de Betov.

      Le premier abus est d’exclure la population du moyen de contrôle des médias, puisque comme pour tout le reste ne prévaut qu’une démocratie de façade à l’abri de laquelle comme le disait Tocqueville, un pouvoir oligarchique peut se lover, se cacher

      Le second abus est d’exclure des sujets ou de les traiter systématiquement d’un point de vue biaisé, etc. Ou de les dramatiser artificiellement.

      1) Ne jamais montrer comment les gens vivent en Iran, au Venezuela, aux USA, en Chine ne jamais montrer la vie concrète des gens ailleurs de peur qu’on ne remarque le sort commun qui nous lie à ceux avec qui nous sommes artificiellement mis en concurrence économique et politique.

      2) ne jamais donner la parole aux cheminots, professeurs, grévistes, toujours s’en remettre à des micros-trottoirs biaisés, bref, confisquer la parole, inviter toujours les mêmes, à peu près, contrôler la parole publique, le débat, le climat public, telle est le travail de 75% des journalistes, il faut bien le dire.

    9. @betov, leclerc
      J’abonde dans le sens de F Leclerc sur ce point
      Pour avoir travaillé en et hors l’entreprise surl’évolution et la mercantilisation du travail intellectuel, je peux témoigner que la manière dont l’information se travaille, se diffuse, n’a rien à voir avec ce qu’on appelle ici la propagande. Cela renvoie plus à de l’éidologie spontanée, ou des logiques de marché ‘ je dois plaire ‘ à mes lecteurs . Il n’y a aucun « deus ex machina « qui manipulerait l’information dans nos pays . Hélas ?
      cordialement

    10. @claude roche : pour avoir bien connu quelqu’un ayant travaillé dans le service de rédaction d’un JT de la chaîne publique belge, qui m’a un peu expliqué comment cela fonctionnait, je penche pour les affirmations de Betov. Il n’y a certes pas une propagande délibérée, consciente, avec des directives venant d’en haut, mais il y a bien une idéologie diffuse qui imprègne chaque décision rédactionnelle. Au final, c’est de la propagande. Et la motivation de « plaire aux lecteurs » n’intervient absolument pas, la plupart du temps « les lecteurs » sont même méprisés pour leurs idées qui ne rentrent pas souvent dans l’idéologie dominante.
      Il n’y a pas besoin de faire pression sur les journalistes, ils savent de quel côté ils sont, à quelques rares exceptions près qui sont vite exclues (cela se fait dès l’école de journalisme). Les journalistes savent très bien ce qu’ils ne peuvent pas dire ou en tous cas pas trop souvent et en prenant des pincettes (et c’est de toutes façons réservé à des émissions à très faible écoute). La plupart ne rêvent que de faire partie de la classe dominante (il suffit de voir les mariages entre journalistes, souvent féminines, et les hommes politiques ou PDG).

    11. Je vous conseil à tous la lecture du livre de François Ruffin : « Les petits soldats du journalisme » (ed Les arènes 2003)

      Pendant deux ans, François Ruffin a suivi les cours du centre de formation des journaliste. élève appliqué, il a pris en notes les conseils des professeurs et les confidences des « grandes plumes ». Il s’est coulé dans le moule pour voir. Et il a vu…
      Édifiant.
      Peu de journalistes dénoncent « le complot de famille » comme le nomme un des intervenants de cette « école. »… La meilleur d’Europe parait-il.

    1.  » Je ne pense pas qu’une écrasante majorité de l’opinion mondiale soit pour un contrôle total de nos vies. »

      Malheureusement détrompez-vous car en ce temps là tout le monde recherchera d’abord à sauver sa peau, sa place, sa VIE le premier au risque de voir se mettre en place peu à peu en place et à l’antenne un plus grand contrôle total de nos vies sur terre. Relire les écritures si vous en doutez encore de la bêtise du monde moderne.

      Quel avantage un homme aura-t-il à gagner le monde entier pour de l’argent, du commerce, du pouvoir, les honneurs, des marchandises si c’est pour en perdre dans le même temps un plus grand nombre avec lui, comme
      sa propre existence matérielle en le payant de sa propre personne le premier pire même et à l’antenne en plus ?

    2. Non je vous assure si cela continu le contrôle total de nos vies sur terre se mettra facilement en place, vous imaginez alors de quoi aura l’air l’homme en ce temps là et à l’antenne ?

      Qui se montre réellement courageux de nos jours lorsque nous en finissons tous par vivre dans la peur de perdre un emploi, un salaire, de l’argent, une position, une place, une idéologie ou bien alors parce que nous ne pouvons plus nous payer de quoi à manger et à boire comme auparavant pour rassurer et protéger nos enfants et notre famille.

      Qui donc dans tout ce beau moderne et ou le courage de l’homme est si peu présent ira jusqu’à risquer sa propre vie pour sauver celle d’un autre qu’on préférera sans doute encore conduire à l’abattoir, car si demain ce n’est plus pour l’amour de l’argent, des richesses, du commerce cela peut très bien aussi se faire pour autre chose de mieux, il y a hélas encore beaucoup d’hypocrites de première de nos jours.

      Dis moi Papa, dis moi Maman, et avant aussi que l’on me coupe prochainement les ailes en société pourquoi dit on encore que l’enfer est pavé des meilleures humaines ?

  16. @yann: vous oubliez les entreprises (certes les banques actuellement ne font pas grand chose pr elles) ? investissements, fonds de roulement etc…

    @zebu:
    http://www.innovations-finance.com/Petits-prets-entre-amis.html
    article reprenant le contexte de création de friendsclear, qui comporte deux faiblesses: la petite échelle des prêts (sutt pr les fins de mois, projet type achat véhicule d’occasion, quelques milliers d’euros) et la non garantie du prêteur (aïe), mais ça se développe!

    1. Donc voilou. Article intéressant sur un (micro-créneau) d’activité de crédit (et non bancaire), qui plus est entre membres d’un même réseau social. ça peut aider parfois.
      D’autres existent, sur l’aspect solidaire :
      Les CIGALES : http://www.cigales.asso.fr/
      GARRIGUE : http://www.garrigue.net/
      mais aussi pour du ‘peer to peer’ en micro-crédit (si si, ça existe) : http://www.babyloan.org/fr/accueil.html (à priori, dans quelques temps, on devrait voir ce type d’organisme élargir leur champ d’activité au territoire français un de ces jours).
      Le souci ? Des micro-créneaux, tous pertinents et nécessaires. Mais qui, restant ‘à la marge’, ne viennent absolument pas remettre en cause le système bancaire et financier (ce qui n’est d’ailleurs pas leur objectif). De fait, et étant donné le (très) faible volume généré, no souci pour les banques.
      Concernant internet cette fois, cette outil est souvent encore utilisé comme un outil de présentation (ce n’est pas un reproche, de mon clavier, hein …) et assez peu comme un outil de gestion ou d’interaction.
      Babyloan est l’organisme qui a le plus développé cet aspect là. Mais tout comme les grandes banques ont toutes développé un outil d’interface internet de gestion … des comptes pour les clients, il n’y a pas (à ma connaissance) un outil internet qui permette aux sociétaires (par exemple, pour commencer par le secteur de l’économie sociale et solidaire) :
      1. d’accéder facilement aux données de leur organisme bancaire, à savoir les bilans, les orientations (prise et à prendre), etc., sauf les grandes banques mais uniquement pour les actionnaires, où les personnes physiques sont ultras minoritaires en termes de poids de vote (1 action = 1 voix) et uniquement pour le vote en Ag des rapports d’activités.
      2. de prendre part aux délibérations et votes, notamment aux AG, par ce biais là, ou même d’utiliser des outils interactifs (forums, tchat, etc.) pour échanger sur les stratégies des banques.
      On dira : manquerait plus que les banques scient la branche sur laquelle elles sont assises !!
      Oui mais en ces temps de défiance, justement, c’est sans doute là que peut se trouver la porte de sortie.
      Et d’ailleurs La NEF l’a mise en place, en proposant différents outils, dont un forum et des animations locales :
      http://www.lanef.com/lacooperative/vie_cooperative.php.
      Et des comptes courant (avec les services dédiés : CB, virement, etc.) sont aussi accessibles avec le crédit coopératif.
      Reste que ce type d’organisme est encore peu connu et que la démocratie ‘directe’ par l’exercice du droit de vote ‘en ligne’ (par internet) pour ces organismes n’est pas apparu, qui permettrait d’impliquer concrètement les sociétaires dans l’exercice de leur droits, et pas que lors des AG avec approbation/désapprobation du bilan annuel d’activité …

    1. Si seulement des gens comme Melenchon pouvaient mieux rassurer le monde, hélas j’ai bien peur qu’il ne vaille guère mieux que les autres sur le fond, enfin si c’est cela c’est que nous préférons plutôt mettre à la place alors pourquoi pas, surtout qu’il me semble éprouver un très grand dégout de la religion et du spirituel aussi en société.

      Que disait-il encore au sujet du tibet et pour ne pas trop déplaire aux dirigeants communistes chinois ?

  17. Bonjour,
    Les banques qu’on le veuille ou non, font partie de nos commerçants privilégiés dont on a besoin pour garer ses précieux bijoux de famille et son bas de laine pour les petits aléas de vie.
    Je ne sais si vous avez entendu hier, apparemment les Belges auraient les familels le plus de millionnaires en dollars.
    http://www.sudpresse.be/actualite/economie/2010-01-18/un-menage-belge-sur-dix-millionnaire-en-dollars-754714.shtml
    Les comptes de dépôts n’ont jamais été aussi bien remplis.
    Alors, oui, confiance obligatoire envers elles mais avec plus d’esprit critique et une meilleure recherche de compréhension au départ. Mais les habitudes de ne pas le faire reprendront très vite.
    L’économie n’est qu’une science humaine qui tente de chiffrer le hasard par une analyse du passé, des PE d’une année antérieure, des statistiques, des courbes et des rumeurs.

  18. mea culpa !

    Quoi que… le sondage est plutôt flou : aucune précision sur « le panel » interrogé, la csp etc… sur la façon et sur qui précisément il a été mené ! Les français, les britanniques, c’est plutôt large… je ne pense pas qu’ils aient interrogé 60 millions de français… d’accord je chipote 😀

    1. Ou de faire confiance au rédacteur, merci Mr Leclerc. Et moi qui est visité la grande distribution dont les » leclerc »rien
      que d’évoquer ce nom me donne des frissons.
      Comme pour les banques évitons la grande distribution.

  19. Il y a donc de l’espoir au regard de tous ces chiffres.

    Les gens ne sont pas si bêtes quand même, surtout lorsque cela fait de plus en plus mal au fil des jours, je prolongerais néanmoins mon propos autrement au sujet de ces pourcentages.

    Une majorité de gens peut très bien manifester aujourd’hui un profond dégout du monde de la finance et des banquiers même si c’est vrai tout cela n’est pas encore bien relayé dans les médias officiels, on pourrait alors se
    dire que la partie est gagnée que le monde est sauvé, hélas la majorité des hommes peut très bien aussi refléter et manifester dans le même temps un plus grand désir de vivre sous un autre et même système matérialiste rendu certes plus présentable et rassurant au regard des dernières malversations boursières, question de vernis.

    A contrario, je maintiens que les probabilités ( voir l’arbre des possibles comme des événements ) de passer à une autre forme de société plus sagement et moins durement sur l’esprit des hommes sans passer obligatoirement par la phase ( apocalypse – catastrophe économique ou climatique ) sont encore et paradoxalement extrêmement faibles
    de nos jours, surtout au regard du très grand pourcentage de gens se préoccupant principalement de questions matérielles, je m’inscris également dans le lot pour payer principalement mes factures comme vous tous, le conditionnement du monde marchand, sur quoi repose donc la base même de ces pourcentages sur du Matériel ou sur du Spirituel ?

    Néanmoins on ne peut rejeter le fait de constater une plus grande prise de conscience c’est déjà ça, mais cela suffira-t-il suffisant ? J’espère de tout cœur me tromper dans le cas contraire préparons nous à recevoir d’autres épreuves supplémentaires. Apparemment il y a encore un bon nombre de gens entêtés qui refusent encore d’admettre certaines évidences.

    C’est l’histoire aléatoire en cours, vu que nous recherchons même plus en société à élever et à mettre d’abord au monde des enfants un peu moins conditionnés spirituellement comme nous.

  20. Je trouve que ce sondage a un coté un peu pernicieux, car il laisse accroire l’idée que les « méchants » ce sont avant tout les banquiers, comme si les politiques n’avaient fait que leur travail. Six propositions sous soumises aux sondés et la seule qui concerne l’attitude des gouvernements est celle ci : « Le gouvernement a eu raison d’intervenir pour soutenir le secteur bancaire pendant la crise ? » A respectivement 67 % et 70 % les français et les britanniques adhèrent à la proposition.

    Les banquiers ne font que ce qu’on leur dit de faire. Si on ne leur dit rien ou sur un ton par trop accommodant, c’est à dire sans s’en donner les moyens, elles ne font rien ou trois fois rien. C’est l’irrésolution des politiques qui est la plus blâmable. Les gouvernants n’ont à ce jour pas donné de nouvelles règles du jeu aux banquiers, il ne faut pas s’étonner qu’ils continuent d’agir comme si rien n’avait changé !

    Le danger maintenant serait que des politiques peu scrupuleux rejettent la faute sur les seuls banquiers en prenant à témoin les opinions publiques, se disculpant par avance de toute responsabilité. Un peu comme les gouvernements nationaux font avec l’Europe pour justifier leur impuissance.

  21. J’ai eu une discussion récemment avec mes parents à ce sujet (retraités, sud de la France, tendance « quand y’en à un ça va… »).
    Ils sont dans les 80%.
    Mais aucune réaction.
    « qu’est-ce qu’on peut y faire? »
    Par contre, ce qui les fout en rogne, c’est le statut et les « privilèges » des agents EDF.
    Et les 35 heures

    1. La frustration doit se décharger quelque part et elle prend le chemin le plus aisé.
      C’est comme le mari qui rentre frustré et humilié du boulot et qui se soulage en tapant sur sa femme et ses gamins.
      Là où le peuple sent fortement la domination qui pèse sur lui, les décharges de frustration prennent souvent des formes très violentes et dirigées le plus souvent contre les plus faibles, les « minorités » (juifs là où il en reste, musulmans en pays chrétien ou hindou, chrétiens en pays musulman, noirs chez les blancs, blancs chez les noirs, homosexuels, femmes, etc.).

  22. Y-a-t-il vraiment quelque chose de rassurant à savoir qu’une immense majorité partage avec nous une très mauvaise opinion des banques ?
    Ce sentiment est ‘naturellement’ installé dans l’opinion , et qu’il soit ravivé en temps de crise n’a rien d’extraordinaire.

    Mais le problème est que les raisons précises en sont extrêmement diverses, floues voir même contradictoire. Et ceci même parmi les commentateurs de ce blog, à qui il arrive de tellement simplifier à outrance les raisons minutieusement élaborées de PJ ou FL, que cela en arrive à presqu’ être de mauvaises raisons.

    Cette position se traduit même -moi y compris- par un sentiment purement émotionnel de rejet et de jugement moral. Or on ne doit pas oublier que les acteurs d’un système ne font -en très grande partie- qu’obéir à sa logique.

    En ce qui concerne l’idée générale qu’il fallait , aussi, sauver les banques, bien entendu , à première vue …

    MAIS cette idée est fondamentalement faussée : car bien évidemment personne ne pense que le système financier devait être abandonné, MAIS sauver ce système passait-il vraiment par ce ‘sauvetage’ – ci , sous ces formes précises , des banques ?

    J’ai l’impression d’une arnaque totale .
    Comme si on avait réussi à nous persuader que la banque, telle qu’elle existe concrètement, actuellement , est essentielle, fondamentale, constitutive et que sans elle tout s’ effondre définitivement .

    (Comme F.Lordon confie qu’il a pu penser fin septembre 2008 qu’une catastrophe paralysante cataclysmique a été évité de justesse : ce faisant, il « croit » presque plus au système que ses propres défenseurs)

    J’en arrive à me dire , plus généralement, que la vision catastrophiste d’un système qui imploserait et nous mènerait au néant , tire son argumentaire de valeurs inhérentes à ce système lui-même.

    Bref il y a une sorte de complaisance , non pas dans l’exagération , car ce coup ci l’imbroglio financier nous a bien mis dans une sacrée nasse, mais dans la ‘naturalisation’ de ce phénomène.

    Or il ne s’agit que de dérèglement purement financiers et monétaires , et de mauvaises allocations dans le partage des revenus.
    Bien entendu d’autres crises se mélangent à celle ci , comme la fable du réchauffement anthropique de la terre ou la très réelle finitude de nos ressources, crises que le système récupère et entretient , pour être lui-même au centre des mutations qui se profilent.

    (Bref le problème de ‘sauver les banques’ n’a probablement aucun sens)

  23. Citations (Jaycib + Le Monde)

    1 Jaycib: « Le Monde d’hier (19/01/2010) a également publié un article intitulé « Face à la pénurie de crédit, des entreprises veulent créer leur propre banque « …

    2) Et l’extrait du Monde: « La crise financière oblige à repenser nos modèles de financement de l’économie » , explique au Monde Sylvain de Forges, conseiller spécial du projet, par ailleurs directeur des opérations financières de Veolia Environnement…

    Ma réaction: Heu, Veolia, vous dites?…Non, pas pour moi, merci…

  24. Ce que ne dit pas ce billet, étonnamment, c’est que si 60 à 80% des personnes interrogées approuvent les taxes sur les bonus, cela signifie aussi que 60 à 80% des personnes interrogées se trompent totalement d’enjeu. Et ils se trompent doublement:

    1/ Pour reprendre une expression chère à notre hôte, il s’agit ici d’une mesure « en aval ». On peut également évoquer l’image du cataplasme sur une jambe de bois. Même un analyste financier tel que Marc Fiorentino, qui se proclame pourtant ultra libéral, indique que le niveau de taxation prévu n’est même pas l’équivalent du total des bonus versé par une seule banque, et qu’il aurait fallu instaurer un taux autrement plus conséquent.

    Contre-pied direct de ce sondage: Si effectivement la mesure n’est pas efficace, en bonne logique cela signifie que les financiers n’auront absolument pas besoin de recourir au moindre subterfuge pour s’en exonérer. Ce que semble confirmer l’analyse de Fiorentino.

    2/ Cataplasme sur une jambe de bois disais-je, car si des bonus sont versés aux cadres financiers, c’est que la législation le leur permet. C’est donc en dernier ressort une responsabilité politique qui n’est pas assumée.

    En résumé, cette question des bonus est un épiphénomène. Si toute l’attention se focalise sur ce point (comme il y a quelques mois elle se focalisait sur la question des paradis fiscaux), la chose n’en est pas plus pertinente pour autant. Et cela me désole toujours autant de voir que même sur ce blog, elle reste pourtant à ce point discutée…

    Je trouve par ailleurs assez amusant que certains des commentateurs abondent dans le sens de ce billet, fustigeant les médias « main-stream », sans tenir compte du fait que ce sondage soit un produit IFOP-Le monde, soit précisément ces médias soit-disant tout dévoués à la pensée dominante. Il y a là une jolie contradiction que j’aimerais beaucoup voir justifiée.

  25. Ou peut-être pas 75 %, mais une bonne partie….

    Tout ceux qui ont soutenus le traité pour la constitution européenne (libérale, qui n’ont donc rien compris au sens d’une Constitution) ou qui soutiennent les visions du monde manichéennes du bien contre le mal, de l’Occident contre la Russie, de l’occident en guerre contre d’autres civilisations, tout ceux qui accusent systématiquement l’Autre au lieu de regarder nos propres responsabilités, ceux-là galvaudent leur non de journaliste, avilissent leur profession, au rang de « chien de garde ». Piétaille au service de la propagande orwellienne, des 3 continents appuyés les uns contre les autres pour se soutenir comme 3 gerbes de blés.

    Oui je les déteste pour la majorité. Lorsque j’écoute france culture, j’ai envie de vomir, car il n’y a que du soutient au pouvoir et une façon biaisée de traiter les problèmes. On devient amer à force de subir ce mensonge, quotidiennement, cette propagande infernale ! les bonnes émissions sont souvent supprimées. Il reste Mermet et radio Libertaire… Et en Allemagne c’est pire.

    1. Mermet je ne sais pas, mais Radio Libertaire, pour ce que j’en sais, bien que ça soit souvent très bon, les problèmes y sont également traités de façon biaisée.
      Cela me parait incontournable.
      D’où l’intérêt d’une pluralité d’opinions, et de leur confrontation (intelligente, si possible). C’est ce qui se passe, j’ai l’impression, dans l’émission de Taddéi, à laquelle M. Jorion participe parfois… Dommage que le format de cette émission culturelle ne permette pas d’aller plus au fond des choses…

      Ce qui me gêne, ce n’est pas qu’il ait un « biais », mais que le biais en question ait toujours les mêmes orientations…. car habituellement, parmi les opinions, celles des « contestataires » sont bien souvent écartées et/ou sciemment déconsidérées…

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