De nouvelles méthodes pour produire et financer, par Corinne Lepage

Billet invité.

La dégradation de la situation financière de certains Etats européens dans un premier temps, mais d’autres pourraient suivre, démontre que :

– la crise n’est évidemment pas terminée, au contraire

– la puissance des banques est plus grande qu’avant la crise

– les Etats et donc les citoyens sont désormais en première ligne et ce pour deux raisons : d’une part, les mesures d’austérité réclamées vont se faire sur le dos des politiques sociales, d’autre part, les citoyens et les économies locales vont être les premières victimes des spéculateurs.

Cette situation impose de revenir aux fondamentaux en ce qui concerne le rôle du politique et à s’interroger sur ce que les sociétés civiles peuvent faire pour n’être pas éternellement spectatrices d’une descente aux enfers annoncée…

Sur le rôle du politique, force est de constater que les réformes en profondeur n’ont pas été engagées, que les Etats n’ont pas su utiliser ce moment unique qu’a été le renflouement du système bancaire pour changer les règles du jeu, imposer une nouvelle régulation, changer les méthodes de rémunération, encadrer les agences de notation, réglementer voire interdire les ventes à découvert.

Cette faiblesse très coupable fait que les Etats ne sont non seulement plus en mesure d’agir sauf collectivement, car ils dépendent des banques pour leur dette, mais encore sont victimes des spéculations auxquelles les banques renflouées contribuent au moins indirectement (voir l’exemple de la Grèce). Le sujet est donc celui de savoir comment, aujourd’hui les Etats à supposer qu’ils aient la volonté politique de le faire, pourraient agir. Cette question est particulièrement posée pour l’Europe qui accumule les difficultés. Or, l’orientation très libérale actuelle ne prédispose guère à prendre des mesures drastiques à l’égard du marché financier.

Restent les citoyens qui, après avoir assisté au hold-up du siècle, constatent que ce qui a été pris dans les poches des contribuables et qui était officiellement destiné à renflouer l’économie réelle, sert en réalité, à les dépouiller un peu plus. La montée du chômage et des personnes en fin de droit, la mise en cause de ce qui reste de la protection sociale, la charge sur le budget des dettes qui impose un relèvement inéluctable de la fiscalité ne peuvent rester sans réaction et ce d’autant plus que les bonus continuent dans l’allégresse… il est donc impératif de trouver de nouvelles méthodes pour produire et financer qui reposent sur le bottom-up et la décentralisation, sur les mécanismes coopératifs et mutualistes.

C’est dans cette logique que j’avais, voici 15 jours, sur ce même blog lancé un débat sur les banques. Je pense qu’il devrait continuer. Le thème de la décentralisation est fondamental car il permet d’inverser le sens de la pyramide et de se réapproprier sa vie et ses choix pour sortir de la torpeur dans laquelle la situation anxiogène dans laquelle nous vivons, nous plonge.

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194 réflexions sur « De nouvelles méthodes pour produire et financer, par Corinne Lepage »

  1. N’empêche que la monnaie fondante reste une idée à creuser, dont seulement la concrétisation peut poser surtout un problème. Mais chaque nuit, les banques pourraient calculer une sorte d’intérêt à défalquer de chaque compte et reverser les sommes obtenues ainsi en paiement de la dette publique.

    Note : cela suppose un contrôle des banques et une certaine transparence des comptes.

    Le but ou le sens de la monnaie fondante reste valable. Mais sa mise en œuvre peut prendre une direction détournée.

    Il faudrait un système qui, au lieu de ratisser large et indifféremment, neutralise les effets cumulatifs dus au fait que les calculs de pourcentage et d’intérêts n’intègrent jamais dans leurs paramètres le montant sur lequel ils s’appliquent. Il faudrait un taux d’intérêt automatiquement variable suivant le montant sur lequel il s’applique.

    Cela concernerait uniquement les comptes courants. Chaque nuit un intérêt négatif proportionnel serait calculé et retiré de chaque compte. Le taux de cet intérêt serait calculé en fonction du montant total du compte, c’est-à-dire qu’au final l’intérêt serait proportionnellement plus élevé pour un compte avec une grosse somme que pour un compte avec une petite somme. Donc si on a 2000 sur son compte, il y aurait, proportionnellement parlant, plus d’intérêt retiré que si on a seulement 100.

    Exemple (fantaisiste, n’étant pas mathématicien) :

    – si on a 2000€
    (2000/100)/100 = 0,2
    2000 – 0,2% = 1996€

    – si on a 100€
    (100/100)/100 = 0,01
    100 – 0,01% = 99,99€

    On voit que l’intérêt est proportionnel à la base (de calcul de l’intérêt). 0,2% est à 0,01% comme 2000 est à 100, c’est-à-dire 20 fois plus.

    Sans proportionnalité on aurait eu le même taux d’intérêt dans les 2 cas.

    C’est un exemple. Sans doute qu’il faudrait ici utiliser des logarithmes ou des indices de ce genre, à variation exponentielle ou géométrique plutôt qu’arithmétique, je ne me souviens de rien de toute façon.

    Cela se ferait automatiquement chaque nuit sur les ordinateurs des banques. Les sommes ainsi obtenues serviraient à rembourser la dette de l’État – étant entendu qu’il faudrait d’abord arrêter de l’augmenter et ensuite rembourser au minimum chaque jour l’intérêt du jour plus quelque chose.

    Il ne faudrait rien changer aux pièces et billets, vu qu’ils sont peu nombreux.

    Dans la mise au point du calcul de cet intérêt négatif, on tiendrait compte de divers paramètres, outre le montant du compte, qui interviendrait donc lui-même dans le calcul du chiffre de l’intérêt négatif (sa proportion), il y aurait aussi : la dette publique totale; le nombre d’habitants. Ces paramètres supplémentaires, qui seraient d’ailleurs variables puisque évoluant dans le temps vu que l’objectif est la diminution de la dette, interviendraient dans le calcul de l’intérêt négatif proportionnel, comme une sorte d’intérêt de départ ou de fourchette sur lequel baser le calcul de l’intérêt négatif proportionnel ou intérêt social.

    Évidemment ce système s’en prendrait tout d’abord aux salariés… Mais puisque le but est de rembourser la dette, au final cela sert aussi à neutraliser l’accumulation aux mains de ceux qui prêtent à l’État ce qu’ils ont accumulé en trop. Et il y a aussi le fait que nombre de salariés sont des salariés de l’État et donc leurs salaires sont de la dette.

    Mais un tel principe (de taux ajusté ou proportionnel à la base) pourrait également s’appliquer aux taxations, par exemple la TVA. et à tous les autres revenus ou bonus.

    On a souvent fait remarquer que c’est l’accumulation, en faisant bouchon ou pompe aspirante, qui assèche le système économique ou financier. Donc ce sont les mécanismes cumulatifs qu’il faut combattre, et cela sans tabou, car ces effets existent aussi au niveau des salaires.

    Vous allez manifester pour une augmentation de 5%. Si vous gagnez 1000€, pour 50€ en plus. Votre chef qui gagne 3000€, obtiendra 150€. Autrement dit 3 fois plus que vous, alors qu’il gagne déjà 3 fois plus que vous. Dans ce cas-ci, il vaudrait mieux aussi employer une augmentation à taux proportionnel, mais en sens inverse : au moins vous gagnez, au plus le taux de l’augmentation sera proportionnellement élevé, et au plus vous gagnez, au moins vous serez proportionnellement augmenté.

  2. Madame Lepage, votre Président raconte n’importe quoi.. parce qu’il n’a pas compris que la seule solution est de faire sauter l’interdiction à la Banque Centrale de financer les besoins de trésorerie et de se faire transférer la dette

    Estimant que la France pourrait avoir les mêmes problèmes financiers que la Grèce, le président du Mouvement démocrate (MoDem) François Bayrou a de nouveau dénoncé jeudi le poids de la dette dans les finances de la France.

    A la question de savoir si la France pourrait connaître dans un horizon rapproché les problèmes que subit la Grèce, le président du MoDem a acquiescé: « Avec gravité, avec inquiétude, je réponds oui », a-t-il répété sur RTL, alors que le Conseil européen se réunit ce jeudi à Bruxelles pour se pencher sur le lourd déficit de la Grèce, également fragilisée par la spéculation boursière.

    La Grèce est endettée, mais « la France l’est énormément », a souligné M. Bayrou. « La Cour des Comptes dit: ‘D’ici deux à trois ans, on peut être non plus à 40 milliards mais à 90 milliards d’euros pour payer les intérêts de la dette’. Ça signifie qu’il faudrait le double de l’impôt sur le revenu des Français », qui s’établit aujourd’hui à « 40 milliards d’euros », a affirmé le centriste. « Est-ce que vous imaginez ce que ce prélèvement représente sur la vitalité du pays et sur son travail? », s’est-il alarmé.

    « Les responsables politiques, en France, qui adoptent l’attitude qui était celle des responsables politiques grecs, il y a encore trois mois ou quatre mois, en disant que ce n’était pas grave, que ça s’arrangerait, ceux-là, à mon sens, ne rendent pas service au pays », a-t-il accusé. AP

  3. Madame Lepage,

    Que pensez-vous des mesures de plus en plus dures mises en place à l’égard des personnes sans emploi, pire même surtout en période de crise, pourquoi vous n’en dites rien à l’antenne, dans les médias, comme tant d’autres de personnes de la haute finance ou pas, serait-ce encore parce que ces mesures de plus en plus infernales ne vous touchent et ne vous tourmentent pas encore réellement vous et vos proches à l’esprit comme dans votre Ame ?

    Oui cela pourrait peut-être expliquer pourquoi vous préférer d’abord réfléchir à de nos nouvelles méthodes pour produire et financer, décidément j’ai vraiment l’impression que beaucoup de gens de nos jours préfèrent encore parler que de ceci d’abord, mais ça peut se comprendre avec une telle mentalité actuelle dans notre monde …

    Évidemment cette situation et qui touche d’abord douloureusement les gens, les autres, et d’autres encore en plus, vous impose surtout de revenir aussi aux fondamentaux en ce qui concerne le rôle du politique et à s’interroger sur ce que pourrait réellement faire les sociétés civiles ou des gens comme vous afin que les gens en soient déjà beaucoup moins touchés, ne soient pas non plus toujours éternellement spectatrices et indifférentes à cette grande descente aux enfers et pas seulement annoncée, pour le monde, mais déjà bien vécue en premier par beaucoup de personnes dans leur chair comme leur Ame croyez moi, si vous êtes vraiment bien en mesure de réellement comprendre cela à travers votre position d’élu, régional ou politique, j’ose encore l’espérer pour nos sociétés déjà si mal en points …

    Sur le rôle du politique vous y compris, quand bien même vous auriez eu approche plus écolo ou pas de la politique, force est de constater aussi que des gens comme vous, hélas ne se conduisent pas toujours non plus de manière plus différente à l’égard d’un certain public de personnes, surtout à l’égard de gens comme moi, ou d’autres croyez moi, oui je vous assure les réformes en profondeur n’ont toujours pas été réellement engagées, pour moins nous faire du mal au quotidien faute d’emploi ou d’argent, à moins bien sur comme d’autres que vous ne préfériez d’abord parler et vous préoccuper que des problèmes de la finance mondiale, et cela jour après jour si seulement cela pouvait suffire pour tant de gens, en fait sans réels avocats ou défenseurs au quotidien, oui je ne crois pas que vouloir changer d’abord et par exemple les méthodes de rémunération, encadrer les agences de notation, réglementer voire interdire les ventes à découvert, que les gens d’en bas en soient aussi automatiquement plus bénéficiaires, c’est-à-dire d’être traités un peu moins durement et bêtement par le politique mondial de nos jours vous ne croyez pas.

    Et oui cette faiblesse très coupable de la part du politique aussi et pas seulement que des Etats,  » Oh mais vous savez c’est par ce qu’il nous est pas encore possible d’agir plus collectivement  » Je vous cite:

    « ne sont non seulement plus en mesure d’agir sauf collectivement, car ils dépendent des banques pour leur dette, mais encore sont victimes des spéculations auxquelles les banques renflouées contribuent au moins indirectement (voir l’exemple de la Grèce) »

    Ben voyons évidemment à force de penser toujours comme le collectif, je me demande si le collectif et cela même en période de croise nous aide vraiment bien toujours à penser plus différent que le collectif et à votre propre niveau personnel, et en réalité à l’égard des personnes les plus durement touchées par la crise, c’est pourquoi je savais bien l’autre jour, que vous vous donnez même pas la peine non seulement de me répondre, mais encore de faire simplement un tout petit geste matériel à mon égard, non c’était bien sur encore trop vous demander.

    Alors le sujet du jour ce n’est bien sur plus du tout le mien, ma vie, ma souffrance, ma douleur, mon propre témoignage de vie, non il est de savoir avant tout et comment, comment nous alllons aujourd’hui à supposer que nos états aient encore la volonté politique de le faire, de pouvoir réellement agir contre le méchant ou la bétise.

    Bref, bla, bla, bla, enfin vous connaissez le même petit refrain habituel venant souvent de la plupart du politique, et oui Mme Lepage malgré tout le respect que je vous porte et votre intelligence, je me demande si vous valez vraiment beaucoup mieux que ces gens là, je peux bien sur me tromper j’ose encore l’espérer pour vous, comme pour la société, évidemment cette question est particulièrement beaucoup moins posée de nos jours en Europe qui accumule tant les difficultés.

    Or, vous savez il n’y a pas plus que des gens ayant une très grande orientation libérale qui oublie parfois de mieux en compte certaines choses, et oui Mme Lepage à part les financiers, les banquiers, je m’interroge parfois aussi sur le rôle de gens comme vous dans une société, restent les citoyens qui, après avoir assisté au hold-up du siècle, constatent bien également autre chose de plus, croyez moi, c’est-à-dire de se voir encore toujours autant oubliés, stigmatisés, maltraités, pire même maintenant dans le public et forte période de crise mondiale, oui je trouve que c’est vraiment de mieux en mieux à voir de jours, vous ne trouvez pas, mais c’est normal Madame c’est par ce que vous n’avez peut-être pas encore réellement connu et subit cela dans votre vie. Oui puissiez-vous toujours en réchapper de ces enfers surtout avec autant de gens qui en font même maintenant une profession de foi, quelle grande exploitation éhontée et marchande de plus quand même de l’homme moderne par l’homme moderne.

    A si c’est vrai j’allais oublié, vous parlez quand même un peu dans votre billet, des contribuables et aussi de la montée très importante du chômage et des personnes en fin de droit, la mise en cause de ce qui reste de la protection sociale, bien sur vous n’irez pas plus loin que ça, et comme tant d’autres préférant encore penser et se conduire comme vous, leur même propos quotidien se résumera alors toujours à ceci :

    « Il est donc impératif de trouver de nouvelles méthodes pour produire et financer qui reposent sur le bottom-up et la décentralisation, sur les mécanismes coopératifs et mutualistes. C’est dans cette logique que j’avais, voici 15 jours, sur ce même blog lancé un débat sur les banques. Je pense qu’il devrait continuer. Le thème de la décentralisation est fondamental car il permet d’inverser le sens de la pyramide et de se réapproprier sa vie et ses choix pour sortir de la torpeur dans laquelle la situation anxiogène dans laquelle nous vivons, nous plonge.  »

    Oui merci encore à des gens comme vous Mme Lepage j’en souffre déjà beaucoup moins dans ma vie, comme dans mon quotidien, amen je vous le dis avec mes salutations les plus sincères et franches à votre égard, si bien sur j’en suis encore en vivant demain pour le témoigner faute de mieux.

  4. Et à travers aussi mes propres fautes d’ortographes ou de langage puissiez vous bien aussi en souffrir autant que moi .

  5. Je suis affolé de lire une enième speudo solutions miracles qui sauveraient notre économie…..pourtant je voudrais juste rappeller qu il existent des structures avec des gens honnêtes et compétant mais au ordre de politik inculte et je pèse mots…
    les y a qu a faut k on désolé mais il faut que cela cesse…. lorsque je vois comment on s acharne à vouloir sauver Heuliez alors que cette entreprise est morte…et oui cela n est pas très politikement correct mais la crise n a parachever la situation calamiteuse dans laquelle e était de cette société..
    et la liste est longue de ces interventionisme politique au nom d interet de petits seigneurs régionaux…et non de la raison d état….
    que l Etat joue le role qui doit être le sien o profit de tous et non celui de groupes d interets….
    Nous aurons tous à y gagner….

  6. « les y a qu a faut k on désolé mais il faut que cela cesse »mais alors comment?
    Des exemples d’interventionnisme malheureux il y en a des tas dans la vie politique en France.
    Il y a deux cas:
    Ou on subventionne pour maintenir l’emploi et c’est le contribuable qui paye.
    Ou on exonère d’impôts des entreprises sous prétexte de créer d’éventuels emplois (ex:TVA dans restauration) dans ce cas c’est encore l’imbécile de contribuable que je suis qui paye son tribut à la dette qui se creuse à la place des exonérés qui profitent de l’effet d’aubaine.
    En effet certains ont tout à y gagner.

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