Un moyen révolutionnaire de réduire le surplus commercial de la Chine

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

En 2005, le yuan – encore appelé renminbi – la monnaie chinoise, cessa d’être exclusivement ancré au dollar pour l’être dorénavant à un panier de devises où le dollar américain continue cependant de dominer massivement. Depuis juillet 2008, le cours du yuan a à peine fluctué autour du cours de 6,83 yuan pour un dollar. Cet ancrage permet une grande stabilité dans les opérations commerciales entre la Chine et les États-Unis. Ces derniers se plaignent amèrement de cet état de fait qui équivaut selon eux à un dumping sur l’ensemble des marchandises produites en Chine, la monnaie chinoise s’étant de facto appréciée mais étant sérieusement sous-évaluée du fait de cet ancrage.

Quand les États-Unis réclament le désancrage du yuan par rapport au dollar, ils invoquent en sus du caractère « déloyal » de l’ancrage actuel, également la simple logique économique : « Votre surplus commercial est considérable, disent-il en substance aux Chinois : réévaluer votre devise vous permettra de le faire baisser ». Ce surplus s’élève en effet aujourd’hui à 284,1 milliards de dollars, une somme qui reste considérable même si elle est en baisse de 35 % par rapport au montant qui était le sien l’année dernière.

Mais depuis janvier, la Chine est moins disposée que jamais à se conformer aux vœux des États-Unis puisque ceux-ci ont promis de livrer à Taïwan du matériel militaire pour un montant de 6,4 milliards de dollars. Une consigne circulerait en Chine enjoignant aux banques de cesser d’acheter de la dette émise par les compagnies américaines ainsi que les titres adossés à des crédits immobiliers émis par les Government–Sponsored Entities, Fannie Mae et Freddie Mac. Il y a d’autres motifs possibles à cet arrêt que des représailles pour les ventes d’armes à Taïwan : le simple bon sens économique en est un, alors que la reprise aux États-Unis – si reprise il y eut – s’essouffle, un autre est le fait que la Federal Reserve cessera au printemps d’acquérir ces titres constitués de crédits immobiliers et que leur valeur pourrait du coup baisser considérablement. Quoi qu’il en soit, la Chine s’abstient soigneusement de démentir qu’il pourrait y avoir un rapport entre l’arrêt dans l’achat de la dette immobilière ou des entreprises et la vente d’armes à Taiwan.

« Il serait bon que nous réduisions notre surplus commercial, disent les Chinois, qu’à cela ne tienne, nous connaissons le moyen, et il est indépendant du cours de notre devise ». Le moyen auquel ils ont décidé de recourir n’a en effet qu’un rapport indirect avec le yuan : il réduit la dépendance vis-à-vis du taux de change de la devise parce qu’il fait que la bonne santé économique de la Chine dépendra moins à l’avenir du niveau de ses exportations, l’accent étant désormais mis sur le développement du marché intérieur.

J’expliquais dans « La crise du capitalisme américain » (2007 ; 2009) que la Chine ferait des États-Unis la locomotive de sa révolution industrielle aussi longtemps que cela serait possible et qu’une fois l’Amérique épuisée, elle se tournerait alors vers son marché intérieur (pp. 237-238). La stratégie n’a peut-être pas pu être appliquée aussi longtemps que les dirigeants chinois l’auraient espéré mais ils mettent maintenant en pratique la recette envisagée dès l’origine : le moyen qui permettra de réduire le surplus commercial de la Chine est aussi celui qui lui autorisera le développement de son marché intérieur. La stratégie choisie est à la fois logique et révolutionnaire – il s’agit du type-même de remède que l’Europe et les États-Unis ont exclu de leur panoplie pour des raisons idéologiques : augmenter les salaires. Dans la province du Jiangsu, en Chine Orientale, le salaire minimum vient d’être augmenté de 13 % pour y attirer la main d’œuvre et il ne s’agit pas d’une mesure isolée : Shanghai augmentera le salaire minimum au 1er avril. D’autres provinces ont déjà annoncé qu’elles suivront. Et il n’y a là matière à aucune surprise : les ordres viennent d’en haut.

Les Chinois ne sont décidément pas des gens comme nous !

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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106 réflexions sur « Un moyen révolutionnaire de réduire le surplus commercial de la Chine »

    1. Chanos prévoit des catastrophes depuis toujours, c’est son image de marque : son fonds parie sur la perte de tout et n’importe quoi depuis trente ans. Parfois ça marche, comme sur Enron.

  1. La Chine peut se permettre d’appliquer les principes d’Henri Ford.
    Elle est en 1925.
    Les chinois voyant leurs salaires augmenter vont acheter en masse des clones de voitures européennes et voyager en masse dans des succédanés de TGV et d’Airbusses.

  2. La Chine est pour peu de temps dans une situation démographique idéale: peu de jeunes, peu de vieux. 72% d’age actif contre environ 65% ailleurs. Mais cela ne durera pas le vieillissement est inéluctable. Or la Chine n’a ni système de retraite ni véritable système de santé. C’est d’ailleurs pour cela que les chinois épargnent comme personne avant eux. Mais quand ils découvriront que leur épargne est en dollars et dans un dollar en chute ….

    1. Le vieillissement est d’autant plus inéluctable que lorsque le pouvoir communiste a tenté de réduire la natalité en limitant la procréation à un enfant par famille, celles-ci, en fonction de réflexes traditionnels, ont souvent éliminé les filles pour garder des garçons, plus productifs à la campagne. La Chine dans quelques décennies sera donc un pays de vieillards célibataires.

  3.  » Démocratie de manipulation »
    Le libre échange c’est certainement l’ouverture des frontières aux échanges de marchandises, mais c’est la pression sur les salaires, c’est le tous contre tous.
    Ce qui commence à nourrir la xénophobie, les haines internationales , c’est le libre échange parce que le résultat, c’est que si on continue comme ça , je vous garantis que les gens vont haïr les chinois. (…)

    Parce que la réalité c’est que le système de libre échange aboutit au fait que la Chine est en train de détruire le niveau de vie des français.

    Le monde du libre échange produit l’occidentalisme qui est une doctrine ethnocentrique haineuse. »

    Emmanuel Todd

    http://www.agoravox.tv/actualites/economie/article/emmanuel-todd-sur-la-situation-25221

    Cet entretien date d’un an et j’entends comme une rumeur qui monte,monte. Bientôt les media ne parleront plus de l’Iran, mais de la Chine, des chinois…..

  4. Pettis a fait un excellent article au sujet du papier de Chanos.

    http://mpettis.com/2010/02/never-short-a-country-with-2-trillion-in-reserves/

    Je suis d’accord avec Mr Pettis: je pense qu’il y a beaucoup d’illusion sur la puissance actuelle de la Chine. Par exemple, le système universitaire, en dehors de quelques universités d’excellents niveaux n’est pas très bon en général, et semble incapable de produire des idées nouvelles. Par ailleurs, même si le pays semble vouloir aller de l’avant, ce qui contraste avec l’atmosphère de fin de regne occidentale, il y manque quelque chose qui serait un « esprit » de confiance entre les gens et un goût pour la gratuité de l’esprit. Le consommérisme à tout les niveaux étouffe les esprit, aussi surement que l’autoritarisme, ce qui me semble être à la fois le contrecoup du 20eme siècle perdu par les Chinois, mais aussi la peur d’un avenir imprévisible du fait d’un manque total de confiance à l’égard du PCC.

  5. En chine, en cas de révolte dans les régions ou Tibet le pouvoir central envoie ses toupes. Une intervention policière ou militaire des états membres de l’U.E. est-elle possible contre 1 autre état membre ou sa population en révolte ? http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=2005
    La Grèce (sa population) sera-t-elle la première a être occupée ?

  6. Hallucinant …
    C’est contre-info qui le dit : 20 milliards d’euros de cadeaux fiscaux aux investisseurs financiers, sans qu’aucune évaluation ne soit possible sur son (éventuel) impact sur l’emploi.
    « Bercy n’explique d’ailleurs pas pourquoi de très nombreuses opérations de « hedge funds » (fonds d’investissements) ont bénéficié d’une mesure qui ne leur était pas apparemment destinée. »

    Qui plus est, cela a permis à des hedge funds de faire du LBO !! C’est complètement délirant ! Et l’Etat français est incapable d’expliquer pourquoi …

    On vit dans un état bananier et tout le monde s’en fout. Même Didier Migaud semble désabusé : « Je continuerai à soutenir les amendements visant à réduire la portée et l’impact budgétaire de cette mesure. »

    ‘tain, ils font quoi au PS, à part penser à se faire réélire ?!! Un plan médias comme ça, juste avant des élections locales, on n’a jamais vu ça. Et personne n’en parle, à part contre-info et un député.

    Ils sont de mèche ou quoi ? Révoltant.

    20 milliards d’euros, en 3 ans. Soit environ 7 milliards par an. C’est plus, chaque année, que la CRDS ou l’ISF en recettes …

    http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2978

    1. Le PS(ainsi que la droite) préfère s’occuper de la Burka, c’est visible et ça excite l’électeur de gôche. Les hedge funds, les électeurs ne savent pas ce que c’est, c’est pas payant électoralement (chez les marketeurs politiques du PS qui devraient retourner dans le Grande Distribution s’occuper de têtes de gondoles)

      A part ça, sur BFM, très bon édito ce matin de Marc Fiorentino sur le comportement de Godman Sachs vis à vis de la Grece. Pour lui le comportement de l’ensemble des banques d’affaires qui consiste à conseiller les Etats sur leur finances (contre commissions) et de conseiller d’un autre côté des hedges (contre commissions quand ils ne les controlent pas) sur la manière de spéculer contre eux est un PHENOMENE GENERALISE. On voit bien ce qui reste à faire, selon l’approche de PJ par exemple, pour éviter plus violent.

    2. C’est pourquoi Laurence Parisot rappelle que taxer les entreprises pour résoudre le problème des retraites est une illusion (sic). Heureusement que sur france culture ce matin la question n’a même pas été évoquée. Débat lamentable : l’évocation du modèle suedois n’a pas donné lieu au rappel de son taux d’endettement bien supérieur au nôtre par ex. ni à la notion de justice. L’invité a parlé de l’efficacité du modèle suedois, mais pas de la question de sa justice, à savoir que chaque génération est traitée différemment en fonction de sa démographie. C’est un communautarisme générationnel…

      De plus a été affirmé que les français veulent partir plus tard, or les sondages disent que 64% sont contre l’augmentation de l’âge de la retraite…

      C’est bien beau de critiquer internet car il s’y dit n’importe quoi, quand dans les médias officiels on assène les plus gros mensonges et les plus grosses contre-vérités ! Et ceci chaque jour que dieu fait.

      Autre exemple, le peu de cas qui est fait du Honduras, vite oublié.

    3. @ Phil de Saint Naz :
      Correction : la droite (ainsi que la gôche) préfère s’occuper de la burka, c’est visible et ça excite l’électeur de droite. 😉 (cf. le fumeux débat sur « l’identité nationale » ou le voile en 1995).
      Concernant les ‘marketeurs politiques’ (ça existe ?) du PS, il ferait surtout mieux de retourner sur le terrain et pas en grande distribution car c’est de la qu’ils viennent : ça explique pas mal de choses …
      Enfin, on focalise pas mal sur GS (sans doute à raison en partie) mais ‘on’ oublie aussi ceux qui jouent le même jeu, en sous-main et des acteurs bien plus propres : Deutsche Bank, ou Crédit Agricole et Société Générale, par exemple. Mais il est vrai qu’il n’y a rien tant pour exciter une foule que de crier ‘haro sur les américains !’, tant il est vrai aussi que ‘l’on’ a besoin d’un bouc émissaire commode et facile à cerner …

    4. @Lisztfr :
      Pour le Honduras, c’est l’extension du domaine de la lutte. Ne pas oublier que le honduras servit de base arrière contre le nicaragua et le Salvador (‘contras’), qui ont été les premières ‘cibles’ d’une reconquête américaine reaganienne dans les années 80.
      ça en dit long sur la pérennité des politiques américaines dans leur arrière-cour de l’Amérique Latine. Et sur la faible emprise qu’a Obama sur une partie de son appareil d’état, y compris le département d’Etat. Mme Clinton joue son propre jeu et il est aussi peu reluisant que celui de son mari en son temps.

    5. @zébu

      Ok pour changer le sens, c’est bien la droite qui est au pouvoir et qui manipule, mais si j’ai évoqué le PS, c’est parce que c’était de lui qu’il était question dans ton billet précédent. Malgré tout, quant à la conception de la politique, je pense que l’ensemble des partis (y compris extrêmes) sont de mèche pour la réduire à de la promo de super-marché.

  7. petite apparté :

    Sur son blog Boursonomics, Marc Aragon vient de publier un article intitulé Agence de notation. L’implosion (ouvrage de PJ) est cité 2 fois :

    Page 221 – « Au printemps de 2008, les rehausseurs de crédit se trouvaient toujours sur le fil du rasoir : les plus importants d’entre eux étaient parvenus à se recapitaliser, mais jamais à la hauteur du risque encouru. Les rapports entre eux et les notateurs avaient monté d’un cran dans l’acrimonie. MBIA s’était rebiffée contre la notation que Fitch lui accordait, et avait enjoint au notateur de s’abstenir dorénavant. Fitch avait répondu que s’il s’agissait d’une question d’argent, il décernerait les grades gratuitement ! MBIA n’avait pas apprécié la plaisanterie et avait réclamé les données qu’elle avait communiquées au notateur, sur quoi celui-ci avait déclaré qu’il n’avait pas besoin de celles-ci pour continuer de noter. Et ainsi de suite … »

    Page 130 – « … Les agences sont rémunérées pour deux types de services distincts : elles aident les firmes émettrices à structurer ces obligations, et (…) elles fixent les seuils auxquels des déclencheurs permettent à des fonds de réserve d’être réallouées à des tranches déficitaires : elles émettent ensuite une opinion quant au grade de crédit (AAA, AA, A, BBB, etc) que cette obligation mérite. Il y a là bien entendu, une apparence de conflit d’intérêts, puisque la rémunération par le client pourrait encourager au laxisme dans la notation … »

    Ensuite un rappel sur les expressions de PJ et Mandelbroot :
    l’aléatoire apprivoisé ou le hasard bénin 11

    L’article traite de la miopie des agences de notation

  8. Bonjour,

    Le yuan fixe est une raison du desequlibre mondiale commerciale. Un pays fortement exportateur doit avoir sa currency apprecie, due a la reception de foreign devise, et achat de locale devise, ce qui permet un adjustment des prix d’exportations par la currency.

    Donc, Le yuan faible a ete une cause (laterale) de la crise des subprimes (entre autres: les agences de notations, la de regulation financiere de Bush, la periode de low rates,).

    Un moyen simple de re equilibrer le yuan est de developper un marche offshore de settlement du yuan pour les echanges commerciaux. Le cours offshore yuan serait adjuste par les mouvements de marches, et si la volumetrie est suffisante, cela forcerait naturellement le yuan onshore d’adjuster par parite/arbitrage sur le yuan offshore.

    Thx

    Kevin Noel

    1. @ Kevin

      Le yuan est fixe car sinon il n’y aurait pas de croissance en chine.

      Les USA « provoque » la chine (en apparence) pour simuler un conflit entre les usa et la chine.

      En réalité, les gouvernants de la Chine et des usa sont conscients tous les deux qu’il ne peut plus y avoir de croissance dans un pays au delà d’un certain seuil de spéculation (comme c’est le cas aux usa),

      … alors ils simulent un conflit politique pour cacher un accord de principe sur le fait que l’état actuel de l’économie chinoise permettant encore de la croissance est accepté en échange de la préservation du dollar comme monnaie de réserve (grâce au stockage partiel par la chine et au déficit comblé par la planche à billet).

      Faudra espérer qu’ils n’envoient pas les pauvres des deux pays se battre entre eux pour couronner le tout ! Ni qu’ils créent un conflit au proche orient pour détourner l’attention .

      Soyons optimistes, peut être que la sagesse détournera l’intérêt du plus grand nombre des illusion du plus petit nombre … la convoitise et la cupidité … dont l’une et l’autre s’auto entretiennent.

  9. @ astarte,
    je retrouve ici la réponse que vous m’avez faite hier pour un autre billet…
    Je ne sais pas quoi dire sauf peut-être que j’ai honte. Honte pcq nous avons tjs profité ici d’une énergie dont on ne s’est jamais soucié (je parle pour moi) du coût et de la détresse humaine qu’elle supposait.
    Peut-être que ca semble naïf ou bête, sûrement les deux.

    @ Pad alors oui commençons une cure de désintoxication au plus vite et avant de faire du mal ailleurs!
    Evidemment, avec tout ce que je viens de lire ici, le contexte est vraiment difficile et complexe mais peut-être que le moment est venu de penser, d’aborder tout autrement, avec d’autres priorités : L’homme au centre de tout
    …Les chinois suivant notre chemein -catastrophique- , l’agriculture délocalisée, des cadeaux fiscaux ‘inexplicables’ et tant de choses incohérentes, vaines et infructueuses…

    Je vous lis, du mieux que je peux, et je me dis qu’on doit se tromper qlq part, qu’il doit y avoir une autre approche du monde

    Ou alors nous ne sommes pas fait pou lui ou lui pour nous

    1. Mr Jorion, parlons nous du même pays ?

      De 1988 à 2007, l’écart de revenus entre les 10% de personnes les plus riches en Chine et les 10% des plus pauvres s’est agrandi de 2.7 fois à 23 fois. L’écart de revenus entre les zones urbaine et rurale a atteint le plus haut niveau de l’histoire avec un coefficient de Gini de 0.465.

      Jusqu’à présent la « modernisation » de la chine continentale s’est faite selon un programme ultra-libéral :
      – dans les villes, « casse » des systèmes de santé, de retraites, de logement bon marché datant de l’époque communiste
      – dans les campagnes, départ progressif de la main d’œuvre en surplus vers les villes où ceux-ci bénéficient d’un statut de « sans papier » leur permettant de se faire exploiter à la guise des « patrons » locaux

      Le « Enrichissez vous » de 1979 indiquait très clairement qu’il fallait se mettre à l’économie de marché parce que les cadres dirigeants du parti avaient déjà commencé.. Aujourd’hui nous pouvons dire qu’ils ont gagné, mais contre leurs population !

    2. Le discours sur le recul mondial de la pauvreté (que l’on entend moins avec la crise), masque un phénomène distinct, que l’on a tendance à confondre : l’accroissement des inégalités sociales. On peut avoir le nez hors de l’eau et être encore plus relégué dans une autre société !

      Cet accroissement des inégalités est d’ailleurs une donnée commune aux pays émergents et aux pays développés. Que l’on souligne rarement, car il est plus aisé de faire référence à ce qui les différencie qu’à ce qu’ils ont en commun.

      Dans les deux cas, il résulte d’une distribution inégalitaire des fruits de la croissance, mais aussi de la nature et du modèle de cette croissance même. Les deux mécanismes, là aussi, ne doivent pas être confondus, même s’ils ne sont pas sans relation l’un avec l’autre.

  10. Appelons un chat un chat :

    Que vont faire les chinois de leurs 13% d’augmentation de salaire..? 13% de consommation en plus sur 1,4 milliard de chinois, et moi et moi émoi, ça fait pas mal ! Ou plutôt si : ça risque de faire mal…pour les quelques milliards de crève-la-faim…J’y pense et puis j’oublie : c’est la vie…c’est la vie ! Bref : De nouvelles méthodes pour produire et financer, fort bien, mais produire et financer quoi, et pourquoi ?

    La définition chinoise de l’argent :
    L’argent : c’est la dette de l’homme envers la société.
    1) Maturité du prêt : durée de vie (synonyme de maturité).
    2) Montant des intérêts : le travail de l’homme + la préparation de sa descendance pour qu’elle accepte sans rechigner la même dette.

    Et tant qu’on y est, pour faire le lien avec un précédent billet où il était question des lois, de liberté, d’égalité et de fraternité, continuons d’appeler un chat par son nom :

    La Chine « envahit » les pays en voie de développement.

    Heureusement, les grandes démocraties sont à l’abri : life is life, , ,
    , , !

    Bonne année du tigre de métal (Arcelor ?) à tous.

    PS : pour ceux qui n’auraient pas le temps ou le courage de tout lire, un extrait d’un des liens :

    « Car ce qui s’avère, sous les dehors d’une « crise économique », d’un « effondrement de la confiance », d’un « rejet massif des classes dirigeantes », c’est bien la fin d’une civilisation, l’implosion d’un paradigme : celui du gouvernement, qui réglait tout en Occident – le rapport des êtres à eux-mêmes non moins que l’ordre politique, la religion ou l’organisation des entreprises. »

  11. J’aime beaucoup lire ses articles ainsi que les réactions.
    Souvent j’y trouve une jolie pertinence.
    Pour ajouter de l’eau aux différents moulins.
    Effectivement la Chine peut cesser de prendre des emprunts US. Cela sera une arme à double tranchant pour eux. La décote des emprunts possédés sera immédiate mais aussi la situation de crise leur sera favorable car leur monnaie est fixe. Pourquoi diable alors la rendre flottante.
    De surcroit une manière de réduire la dette est d’acheter des mines, des terres, des entreprises et de les payer en dollar… Ca c’est excellent…
    Il me semble que les deux antagonistes se tiennent réciproquement.

    Le système est despotique. Il faut se rappeler que tant le joug sera très dur, les tentatives politique de vouloir venir à la démocratie seront vaines. Par contre, quand la situation d’une majorité des chinois se sera améliorée, les risques d’un bouleversement politiques deviendront plus nets. En 1789, c’est au sortir d’une crise très dure, alors que la situation économique s’améliorait qu’a éclaté la Révolution Française.
    Les politiques chinois veulent leur part sur la scène politique mondiale. Pour l’instant ils revendiquent Taïwan et le Tibet. Mais l’objectif réel ne serait-il pas la Sibérie Est avec ses ressources minérales diverses ?

  12. @Paul,

    Suis d’accord que le yuan fixe a permis la croissance chinoise, le desequilibre de currency a permis d’entretenir une exportation. Pour revenir au sujet, qui est la reevaluation du yuan.

    Il y a la methode francaise, c’est a dire la maniere politique, faire pression politiquement pour que le pays accepte de devaluer. Ce qui est impossible, car je ne vois pas pourquoi la chine accepterait de « s’appauvrir » parce que les autres pays demandent (ex: fiasco de Copenhague). C’est illusoire de croire que la chine va arreter sa « pompe a petrole »…..
    Les forces politiques restent bien faibles aux forces du marche (meme Sarko n’y peut grand).
    Pour vous donner un ordre d’idee, le marche USD cross JPY, EUR est de 1400 billions USD par jour…. et la chine a une reserve monetaire de 2000 billions…. Sarkozy doit s’incliner aux forces du marche pour vendre les petits airbus francais, des TGVS, du vin, et un peu de fromage….

    Il y a aussi un autre moyen, utiliser les forces du marche pour pouvoir re equilibrer la currency.

    Le fait de creer un offshore CNY settlement, permet aux agents economiques d’acheter/vendre du CNY et d’avoir un equilibre de marche due aux fluctuations de demande/offre. Dans ce cas, le CNY s’evaluera car les exportateurs convertissent le dollar en CNY (buy yuan, sell dollar), principe de physique.

    S’il suffit quelques majors acteurs commerciaux commencent a agir dans ce sens, ce qui est possible si le gouvernement US appuient ce sens.

    Pour revenir a la relation US/Chine, la relation s’est radicalement change depuis l’arrive de Obama.
    Pour simplier, sous Bush, Al Qaida, Middle East, Iran, North Du Nord etaient l’axe a combattre… la chine etait un partenaire commercial (cf deplacement de H. Paulson en chine).

    Sous Obama, reunification avec le Middle East (discours du Caire), avec la Russie, mais la chine est devenu l’axe a combattre (concurrent commercial, militaire et culturel).

    Obama a sans doute raison, car la chine menacent plus l’empire US que quelques terroristes (qui ont aucun impact economique)…..

    1. @ Kévin,

      Il me semble Kévin sans vouloir aucunement vous juger, que vous confondez deux choses importantes:

      – ce qui est dit
      – ce qui est factuel

  13. Les américains ne sont pas si sots.

    Ils s’agitent beaucoup pour soit-disant lutter contre le déficit des échanges, mais en fait cela les arrange, et c’ets pour cela que cela continue.

    Moins de déficit US, c’est moins d’excédent Chinois, donc moins d’achats chinois d’obligations de l’État US, qui doit juste trouver des préteurs pour 1400 Md$ cette année…

    Mais tout à fait d’accord avec Paul, tant sur l’indispensable hausse des salaires (il faut juste comprendre comment marche une économie en marché libre), que sur la dérive autocratique vers un capitalisme d’État à la chinoise…

  14. 13% en plus pour consommer? non pour épargner , car la Chine n’a pas d’état providence, ni véritable système de retrates , ni couverture maladie. Alors il faut mettre de l’argent de coté…qui finit en bons du trésor US…

  15. tout ça c’est du vent ,ce qui est important c’est le NERU ,le nombre de chomeurs qu’un état peut encaisser sans guerre civile ,tous les politiciens modernes naviguent grace à cet amer …

    ne jamais oublier que pour les chinois la boussole indique le sud !

    GuéPéHou :Государственное Политическое Управление ; en français : Direction Politique d’État

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