Un moyen révolutionnaire de réduire le surplus commercial de la Chine

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

En 2005, le yuan – encore appelé renminbi – la monnaie chinoise, cessa d’être exclusivement ancré au dollar pour l’être dorénavant à un panier de devises où le dollar américain continue cependant de dominer massivement. Depuis juillet 2008, le cours du yuan a à peine fluctué autour du cours de 6,83 yuan pour un dollar. Cet ancrage permet une grande stabilité dans les opérations commerciales entre la Chine et les États-Unis. Ces derniers se plaignent amèrement de cet état de fait qui équivaut selon eux à un dumping sur l’ensemble des marchandises produites en Chine, la monnaie chinoise s’étant de facto appréciée mais étant sérieusement sous-évaluée du fait de cet ancrage.

Quand les États-Unis réclament le désancrage du yuan par rapport au dollar, ils invoquent en sus du caractère « déloyal » de l’ancrage actuel, également la simple logique économique : « Votre surplus commercial est considérable, disent-il en substance aux Chinois : réévaluer votre devise vous permettra de le faire baisser ». Ce surplus s’élève en effet aujourd’hui à 284,1 milliards de dollars, une somme qui reste considérable même si elle est en baisse de 35 % par rapport au montant qui était le sien l’année dernière.

Mais depuis janvier, la Chine est moins disposée que jamais à se conformer aux vœux des États-Unis puisque ceux-ci ont promis de livrer à Taïwan du matériel militaire pour un montant de 6,4 milliards de dollars. Une consigne circulerait en Chine enjoignant aux banques de cesser d’acheter de la dette émise par les compagnies américaines ainsi que les titres adossés à des crédits immobiliers émis par les Government–Sponsored Entities, Fannie Mae et Freddie Mac. Il y a d’autres motifs possibles à cet arrêt que des représailles pour les ventes d’armes à Taïwan : le simple bon sens économique en est un, alors que la reprise aux États-Unis – si reprise il y eut – s’essouffle, un autre est le fait que la Federal Reserve cessera au printemps d’acquérir ces titres constitués de crédits immobiliers et que leur valeur pourrait du coup baisser considérablement. Quoi qu’il en soit, la Chine s’abstient soigneusement de démentir qu’il pourrait y avoir un rapport entre l’arrêt dans l’achat de la dette immobilière ou des entreprises et la vente d’armes à Taiwan.

« Il serait bon que nous réduisions notre surplus commercial, disent les Chinois, qu’à cela ne tienne, nous connaissons le moyen, et il est indépendant du cours de notre devise ». Le moyen auquel ils ont décidé de recourir n’a en effet qu’un rapport indirect avec le yuan : il réduit la dépendance vis-à-vis du taux de change de la devise parce qu’il fait que la bonne santé économique de la Chine dépendra moins à l’avenir du niveau de ses exportations, l’accent étant désormais mis sur le développement du marché intérieur.

J’expliquais dans « La crise du capitalisme américain » (2007 ; 2009) que la Chine ferait des États-Unis la locomotive de sa révolution industrielle aussi longtemps que cela serait possible et qu’une fois l’Amérique épuisée, elle se tournerait alors vers son marché intérieur (pp. 237-238). La stratégie n’a peut-être pas pu être appliquée aussi longtemps que les dirigeants chinois l’auraient espéré mais ils mettent maintenant en pratique la recette envisagée dès l’origine : le moyen qui permettra de réduire le surplus commercial de la Chine est aussi celui qui lui autorisera le développement de son marché intérieur. La stratégie choisie est à la fois logique et révolutionnaire – il s’agit du type-même de remède que l’Europe et les États-Unis ont exclu de leur panoplie pour des raisons idéologiques : augmenter les salaires. Dans la province du Jiangsu, en Chine Orientale, le salaire minimum vient d’être augmenté de 13 % pour y attirer la main d’œuvre et il ne s’agit pas d’une mesure isolée : Shanghai augmentera le salaire minimum au 1er avril. D’autres provinces ont déjà annoncé qu’elles suivront. Et il n’y a là matière à aucune surprise : les ordres viennent d’en haut.

Les Chinois ne sont décidément pas des gens comme nous !

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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106 réflexions sur « Un moyen révolutionnaire de réduire le surplus commercial de la Chine »

  1. La limite de cette politique, et les étincelles qui pourraient en surgir, y compris en prenant cela en prétexte, est : les sources d’énergie.
    La Chine est en effet un potentiel bassin de développement économique, si, l’approvisionnement énergétique est assuré. Le pays dispose de beaucoup de ressources en charbon. On entendra donc : « salauds de chinois, ils accélèrent les rejets de CO2 », ou alors, vont-ils aller marchander leur part de pétrole avec la Russie, le Turkménistan, pétrole et uranium avec l’Iran, en sachant que par une vallée, la Chine communique directement avec l’Afghanistan.

    Eh non, l’histoire n’est pas finie, et son futur, très imprévisible.

    1. Exact !
      Le positionnement militaire sur les ressources ne fait que s’accélérer car nous entrons dans la courte-finale – 1 à 3 ans-

    2. Ils ont beaucoup de charbon, certes, mais ils sont déjà depuis quelques années importateurs nets. Ils viennent d’ailleurs de signer un gros contrat de fourniture avec des australiens, voir le lien suivant pour une discussion à ce propos:
      http://dotearth.blogs.nytimes.com/2010/02/09/when-coal-flows-between-countries-who-owns-the-co2/

      Toute augmentation de leur consommation d’énergie devra donc se faire via une augmentation de leurs importations. Cela sera difficile pour eux dans un contexte énergétique très compétitif.

    3. L’humanité a deux cent ans de réserve de charbon répartit pour 85% entre les six pays suivants de façon décroissante: USA-Russie-Inde-Chine-Australie-Afrique du sud.

    4. Ce chiffre de 200ans de réserve se base sur l’hypothèse d’une consommation future égale à la consommation actuelle.

      Avec l’hypothèse au moins aussi valable que la croissance de la consommation restera constante par rapport à ce qu’elle a été ces dernières années (3-4%), il n’y a plus que pour 50ans de réserve.

      De toutes manières, la production et la consommation commenceront à diminuer bien avant l’épuisement des réserves. Cela arrive plutôt quand on a épuisé la moitié des réserves totales dont on disposait au départ.

      De plus, à cause de l’effet de serre et de la question climatique, il va falloir s’empêcher de tout exploiter. Exploiter tout le charbon voudrait de facto dire dépasser de très loin les objectifs de Copenhagen en terme de concentration en CO2. Et là, je n’ai encore entendu personne donner une idée de comment ça pourrait se faire en pratique…

    5. Exact Mathieu!
      Ces données tiennent compte pour la chine d’une consommation actuelle de 38,6 % de la consommation mondiale, USA 18,4%, Inde 7.7%, Japon 3,9% et Russie 3,6%.

    6. Je ne partage pas la l’étrange fascination de Mr Jorion pour la Chine mais il faut admettre qu’ils font beaucoup de choses mieux que nous.

      A tailles égales, les rémunérations des directeurs de banques chinoises sont sans commune mesures avec le pillage occidentale. http://www.ritholtz.com/blog/2010/02/banking-compensation-around-the-world/

      @ Mr Jorion

      J’ai une question qui me turlupine, les banques chinoises pratiquent-elles le crédit à la consommation ? L’état chinois a t’il autorisé ce type de pratique ? (qui devraient être proscrites)…

  2. Je n’arrive pour ma part pas bien a m’expliquer pourquoi les USA « provoquent » la chine avec ces ventes d’armes a Taiwan et, cette semaine je crois, la reception du Dalai-Lama. Quel sens cela a t’il sur l’echiquier international?

    1. Il ne s’agit pas de provocation, c’est la politique des USA, point.

      Il se trouve que cela deplais aux chinois.

      Dans un mois on n’en parleras plus, c’est le jeu traditionnel de la diplomatie.

    2. Les chinois sont provoques donc, par definition, la politique des USA dans le cas present c’est bien la provocation.

      On ne me fera pas croire que les USA vont finaliser une vente d’arme a Taiwan sans se soucier des consequences quant a leurs relations avec un pays qui peut les envoyer par le fond, economiquement parlant. Ils ont sans doutes de bonnes raisons mais j’ai du mal a les discerner.

    3. @Jonas: la vente d’armes à Taiwan était dans les tuyaux depuis longtemps, quant à la réception du Dalai-Lama,
      je voudrais simplement rappeler que Bill Clinton avait promis la reconnaisance du Tibet avec l’attribution
      d’un siège aux Nations-Unies…Par ailleurs HAPPY LOSAR à tous, le nouvel an tibétain aujourd’hui,l’année du Tigre
      de Fer

      Par ailleurs, une traduction d’un article d’EL PAIS du 24.01:

      « El Pais dévoile aujourd’hui que le CNI, Centro National de Intelligencia a comptabilisé 40 cyber-attaques en 2009, de niveau grave, contre les ministères, quatre contre les services de rensiegnement ( CNI ), deux contre le CCN, le Centre cryptographique national, l’organisme qui garantit la sécurité des technologies de l’information de l’adminsitation espagnoles. Selon le CNI, si voici trois ans les services de renseignement des pays occidentaux utilisaient 1% de leur budget à la cyber-défense, aujourd’hui ce meme poste représente 15% des budgets.Le CNI a triplé ses effectifs en quatre ans.Le CNI estime à 100 000 le nombre de « reds trojans » chinois…Le quotidien rend compte aussi d’un rapport secret du FBI qui indique que la Chine a mis en place une armée de 180 000 cyberespions, à l’origine de 90 000 attaques par an seulement contre les ordinateurs du Pentagone. 30 000 de ces cyberespions appartiendraient à l’Armée chinoise, les autres employés par le Ministère de la Sécurité publique chinoise (..) Selon l’analyste du FBI, sous couvert d’anonymat, une attaque informatique massive chinoise pourrait atteindre l’ampleur d’une arme de destuction massive. »

    4. « On ne me fera pas croire que les USA vont finaliser une vente d’arme a
      Taiwan sans se soucier des consequences quant a leurs relations avec un pays
      qui peut les envoyer par le fond, economiquement parlant. Ils ont sans doutes de bonnes raisons
      mais j’ai du mal a les discerner. »

      Les US ne vont pas modifier leur engagements vis à vis de Taiwan:
      Cela ferait mal dans le décor, le monde prendrait encore plus conscience qu’être ami
      des US est sans valeur.
      US et Chine sont comme la corde et le pendu. Qui perdrait le plus à une dénonciation
      de la dette US détenue par la Chine, une Chine qui a cessé d’être suicidaire ?
      ( si elle ne l’a jamais été)

      Plus largement la question US m’intrigue depuis longtemps.
      A gros traits et sans fioritures:

      Le personnel dirigeant US est ‘impérialiste’:
      Il a conscience de son exemplarité universelle.
      Il a conscience de l’importance du rapport de forces, du renseignement,
      et de la force qu’une opinion publique bien instrumentée peut apporter.
      Il est dressé à répondre au couple ‘identification d’un problème-solution immédiate’.
      Il a conscience de sa puissance et il a conscience que sa puissance se mesure à sa possibilité
      à ne pas tenir compte des avis ou opinions non US, même ami.
      Il sait que la puissance US lui permet d’enquêter puis d’intervenir dans les affaires intérieures
      d’autre pays.
      Il sait que les rétorsions l’ égratigneront à peine.
      Les USA signe un grand nombre d’accord bilatéraux qui sous réserve
      de droits mutuels lui donnent la possibilités d’ influer sur la partie
      signataire. Pour son bien, naturellement. Ce n’est pas de l’ingérance.

      On pourra consulter la dernière livraison de Immanuel Wallerstein
      à http://fbc.binghamton.edu/274fr.htm
      On peut retracer aussi la mission au USA de Léon Blum en fin de 2.nde guerre mondiale.
      A côté de l’aide économique attendue ( pré plan Marshall), les négociateurs US ont rajouté
      cette obligation bizarre de consommer des films américains. Il a fallu
      que la France ‘prouve’ que cette part du contrat était satisfaite
      et que les attachés commerciaux US soient dotés du droit de le vérifier.
      Les exemples sont nombreux et sont une partie de l’ouvrage sur les relations Franco-US 1944-54: « l’influence américaine sur la politique française 1944-1954″. Irwin M. Wall. traduit. Editions Balland 1989 ».

      Le personnel dirigeant US est ‘matérialiste’ ou ‘techniciste’:
      Vendre ou employer un matériel de haute technologie est garant du succès
      et d’un succès rapide et complet.
      Il est plus rapide d’envoyer une flotte ( 15 navires dont un porte-avions)
      que de réunir des diplotames pour des discussions sans fin.

      C’est cet ensemble confus qui donne l’impression que les USA ont besoin
      d’ ennemis. Ils se les créent par simple négligence et ignorance.
      Ils sont ‘impérialistes’, sans idéologie consciente, comme un éléphant dans un magasin de porcelaine.
      A l’opposé, l’ Europe a peur de son ombre ( JF Deniau); et les dirigeants français oublie toujours
      que la France est mieux, et peut plus, que ce qu’ils se laissent accroire. Dommage…

  3. À vous lire, j’oublierai presque la dictature.
    Que ses asservis soient augmentés de 13%, et même de 50%, ou pourquoi pas de 140%, à l’instar de notre très petit père des peuples, me fait une belle jambe.
    Le jour où les chinois troqueront définitivement leur liberté et leur érudition contre du pouvoir d’achat, ils ne vaudront pas mieux que nous tous, entourés d’Homo oeconomicus caméras et armes aux poings.
    Si c’est là leur stratégie, pitié, faites qu’il la garde pour eux…

    1. Le régime chinois est despotique. Il s’agit maintenant de savoir si ce despotisme va être « éclairé » ou non. Force est de constater que les dirigeants du PCC font actuellement preuve d’un rare sens politique (purement égoïste, naturellement) malgré les contraintes qui pèsent encore lourd dans leur pays (ultra sous-développement de nombreuses campagnes, régions longtemps laissées à l’abandon et dont les chefs sont très corrompus — cf. la crise du lait pollué –, etc.). Mais ils ont bien compris Marx, surtout en ce qui concerne l’idéologie des dirigeants politiques capitalistes et leur « crétinisme parlementaire ». En tout cas, ils font preuve d’une grande souplesse. Dommage que ce soient des dictateurs sanguinaires…

    2. @ Jaycib

      « Dommage que ce soient des dictateurs sanguinaires ».

      Là n’est pas le problème. Le régime étasunien n’est certes pas un régime despotique. Et cependant, depuis 30 ou 40 ans, les victimes civiles directes de sa politique étrangère (il faut compter par millions), les victimes indirectes (cumul des effets collatéraux de la multitude des embargos qu’il a imposé),
      le nombre des (petits) pays qu’il a allégrement bombardé, le nombre étonnant de dictatures qu’il a soutenu, de régimes légitimes qu’il a corrompu ou renversé, le nombre encore plus surprenant de mouvements extrémistes qu’il a favorisé et entretenu, le nombre de règles internationales et de résolutions onusiennes qu’il a bafoué, font de ce régime un adversaire bien plus dangereux pour les « droits de l’homme » que le régime chinois.

    3. @ Boukovski

      Je ne fais pas l’apologie des Etats-Unis et suis d’accord avec votre constat. Mais il ne faut pas tout mélanger. Les libertés publiques, notamment en matière de droit des personnes, d’information, de droit d’association, etc., sont gravement bafouées en Chine alors qu’elles ne le sont pas (encore) aux USA. Le présent blog ne pourrait pas exister en Chine. Paul Jorion lui-même a pu faire tout un travail d’exploration des travers suicidaires du système aux Etats-Unis. La liberté de recherche n’y est pas un vain mot!

      L’impérialisme américain reproduit (peut-être en pire, ça se discute) ce qu’ont fait les impérialismes antérieurs. Les premières victimes en sont toujours les populations colonisées et/ou asservies à l’extérieur du pays (sauf, historiquement, dans le cas des Amérindiens). Je ne veux certainement pas que l’on substitue aux structures capitalistes libérales américaines un système autoritaire dans lequel ni vous ni moi ne pourrions nous exprimer. Les Chinois, par leur politique de conquête « pacifique » (ce n’est pas le cas au Tibet ou à Urumqi, qui font partie intégrante du territoire chinois, où la violation des droits des personnes colonisées est constante) de terres minières et agricoles destinées à nourrir l’appétit croissant des industries chinoises, démontrent qu’ils seront parfaitement capables de dupliquer les excès de leurs prédécesseurs capitalistes européens et américains… sans la liberté d’expression, sauf, peut-être pour les Hans nationalistes. Je ne vois vraiment pas ce que nous gagnerions au change. Le refus du libéralisme économique (encore faudrait-il s’entendre sur le sens de cette expression: Paul Jorion ne va pas jusque là, que je sache) n’implique pas le rejet des règles de droit libérales qui nous ont permis, à vous et moi, de développer notre sens critique et de nous exprimer ici.

  4. « Quoi qu’il en soit, la Chine s’abstient soigneusement de démentir qu’il pourrait y avoir un rapport entre l’arrêt dans l’achat de la dette immobilière ou des entreprises et la vente d’armes à Taiwan. »

    Cela dit, la Chine n’a pas attendu cette vente d’armes pour arrêter d’acheter des tbonds ; on imagine mal comment les taux obligataires us ne pourraient pas augmenter d’ici 2015-2020, et ma foi les hauts responsables chinois doivent également s’y attendre. Taux obligataires en hausse, dollar en baisse… Ils y reviendront peut-être, quand ça vaudra le coup… Et, oui, les chinois ne sont décidément pas comme nous : ils appliquent une stratégie. Dingue, non ? Dommage que les droits de l’homme ne suivent pas…

  5. Bonjour,

    Oui, mais augmenter les salaires marche quand la majorité des gens sont salariés : ce qui corresond au développement de la Chine sur le mode industriel.
    Mais dans nos sociétés, la part des salariés dans la population active est immanquablement amenée à diminuer, du fait, notamment, de la course au moins disant social. Dans ce contexte, comme je l’ai fait remarqué à propos d’un autre billet : augmenter les salaires d’un nombre de personnes dont l’effectif tend vers 0, me semble illusoire comme méthode de réappropriation des richesses et des biens par le citoyen contribuable.

    Cordialement,

    1. @VB
      De moins en moins de salariés dites vous, et que fait le reste de la population ?De l’auto entreprise ? mais c’est du pipeau qui dure quelques mois….

  6. C’est tout à fait logique ! Les chinois ont bien compris ce que nous refusons de voir – pour des pures raisons idéologiques : la politique de réduction croissante des coûts salariaux est catastrophique. Les Etats-Unis ont prouvé que la recherche systématique de l’alignement des salaires vers le bas tout en voulant maintenir un niveau de vie équivalent n’était possible qu’avec la solution de l’emprunt de masse par les particuliers, solution qui s’est avérée, in fine, désastreuse.

    Imaginons : une crise grave secoue l’occident. Branlebas de combat ! on sauve les banques sans vraiment réfléchir aux moyens qui s’offrent à nous (plutôt que de garantir les emprunts des particuliers vis à vis des banques, on garantie les banques vis à vis des autres banques). Manque d’imagination et de réflexion dû, on le conçoit, à plusieurs années d’idéologie et d’enfermement, enclavement qui est d’ailleurs une cause de la crise (la fameuse distorsion entre l’économie dite réelle et l’économie financière, spéculative et donc la création de la bulle) : l’urgence empêcha que l’on re-considérât et que l’on re-configurât les matrices conceptuelles de l’économie en aussi peu de temps. Dont acte. Cependant, une fois les banques sauvées, patatras ! surtout, que la réflexion ne prenne pas, que toutes les causes profondes soient oblitérées (autant par enfermement idéologique que par appât du gain rapide). Les différences de salaire incognoscibles (dans le sens d’inconcevable pour l’entendement humain – les chiffres deviennent tellement énorme qu’on ne peut se représenter à quoi cela correspond) ne doivent surtout pas être contestée, et pourtant, elles sont hautement contestables. On repart comme avant : plus vite, plus fort.

    Augmenter les salaires ? Surtout pas, pensent-ils. Pas plus aujourd’hui qu’hier, surtout moins aujourd’hui qu’hier ! Idéologiquement trop connoté.

    Et on se réveillera (trop ?) en retard.

  7. @ Pierre-Antoine

    Tout à fait ! Et, chose amusante, que vont faire les états pour continuer à payer les intérêts de la dette ? Baisser les aides sociales ! C’est à dire fragiliser encore un peu plus l’économie ! la stabilité sociale étant gage de stabilité économique. Clap ! clap !

    1. Mais où se cache donc Mistsuhirato, dans la concession internationale de Shangaï ?

      Ce qui est sur, c’est qu’ensemble, décideurs financiers et gouvernementaux ont du être piqués par le poison qui rend fou!

  8. On sent poindre, aux alentours, une certaine hystérie, et sur le blog, une certaine inquiétude…. voire radicalité. Et pourtant, Harvard, une école à 150 000 $ par an, vous n’allez pas me dire qu’elle formait des nigauds ? Ce sont tous des gens très intelligents, ceux qui ont mis en place ce système et l’ont continué, l’ont reconduit, aggravé, etc. Ils devaient donc savoir où il mène…

    Harvard a formé l’élite économique, et d’autres écoles de ce genre, comment se seraient-ils trompés ? Ils ne peuvent pas se tromper, parce qu’ils sortent d’une école prestigieuse, ont appris à réfléchir; l’élite est par définition, infaillible, comme le Pape. Qui ose sérieusement contester le discours d’un ancien élève de Harvard ? Personne. Un ancien élève de Harvard peut ressortir une théorie pré copernicienne sans être contredit, car il est de Harvard.

    On ose contredire Bill gates, parce qu’il existe une communauté de programmeurs qui ne s’en laisse pas compter.

    Comment une élite qui jouit du meilleur enseignement possible peut-elle commettre l’erreur fatal au système … ?

    Comme dit mon père, les USA avaient tout pour réussir….

    1. Le « meilleur enseignement possible »: il est peut-être là, le problème de fond d’ordre culturel, car « le meilleur » ça veut à la fois tout dire et rien dire. Ca veut tout dire dans ces sociétés anglo-saxonnes qui n’estiment « le meilleur » qu’en termes de compétitivité et de performances mesurables. Mais ça ne veut rien dire car « le meilleur » ainsi pensé n’est jamais que le moins mauvais mesuré à la même aune.

  9. les chinois sont tout simplement plus pragmatiques que les occidentaux et moins égoïstes aussi. Ils semblent vouloir partager les profits à l’ensemble de la population. Ils ont compris (enfin !), avant tout les autres que si beaucoup de gens peuvent consommer, alors les produits pourront d’autant mieux se vendre. Le profit « à l’occidental » pour quelques uns seulement ne permet pas la relance de la consommation. Ces gens vont crever comme chacun et seront les plus riches du cimetière, le belle affaire, avec en prime le risque de révoltes, de violences, voire de guerres. Tout ça à cause de l’égoïste et l’appât du gain !

  10. Il me semble qu’une objection émise souvent par les autorités chinoises pour se défendre des accusations de dumping, est qu’il leur parait peu probable que les USA ou l’Europe se remettent à fabriquer du textile et de l’électronique bas de gamme chez eux !

    Quant à pourvoir le marché intérieur, est-ce incompatible avec le fait de conserver un niveau élevé d’exportations ?

  11. Je reprends mon message précédent: « Quant à pourvoir le marché intérieur, est-ce incompatible avec le fait de conserver un niveau élevé d’exportations ? »

    Je voulais dire est-ce incompatible avec un excédent commercial élevé ?
    La Chine n’est pas la seule, le Japon et surtout l’Allemagne en ce qui nous concerne posent un problème considérable !

  12. @ P. Jorion,
    @ tous :

    Pour le parallèle inverse, en France, puisqu’on a des chômeurs et que l’on a énormément de mal à ‘produire’ des emplois salariés, sauf de ‘qualité’ médiocre comme dans les services à la personne (je parle de la ‘qualité’ de ces emplois, pas des salariés qui occupent ces postes bien évidemment car il faut beaucoup de courage à ces femmes, à 90%, pour accepter des postes de travail de 14 heures hebdomadaire, en CDD et au SMIC le plus souvent).
    Dès lors, le gouvernement a ‘libéralisé’ la création d’entreprise individuelle en créant l’auto-entreprise, pour plusieurs raisons :
    1. pour répondre à « l’impératif » politique de Sarkozy de sa campagne présidentielle : ‘travailler plus pour gagner plus’. Une bonne partie des auto-entrepreneurs sont justement des salariés et des retraités, qui n’auraient de par leurs ‘statuts’ d’actifs pas pu trouver d’augmentation de salaires puisque le travail se fait rare (heures supplémentaires). L’auto-entreprise est donc un ‘dérivatif’ à cette injonction politique du produire plus pour gagner plus (en lieu et place de l’augmentation des revenus salariaux). A une autre époque, le gouvernement (socialiste, notamment) faisait la promotion de l’épargne salariale, pour permettre aux salariés d’augmenter leurs revenus en tentant d’accéder aux revenus financiers. Ce qui relativement échoué mais durablement marqué les politiques ‘de gauche’ ainsi que les salariés, sur l’absence de débouchés politiques quant à la question de l’augmentation des revenus salariaux.
    2. pour les demandeurs d’emploi, c’est devenu l’unique ‘ressource’ pour ‘tenter sa chance’ de créer son activité (tout comme le CESU, Chèque Emploi Services Universel, l’a été pour les salariés des particuliers-employeurs, en ‘recherchant’ leurs futurs employeurs), en l’absence d’offre d’emplois, à fortiori d’offres d’emplois correspondant aux compétences des demandeurs d’emploi. Pôle Emploi oriente ainsi massivement ces demandeurs d’emploi vers ce type de statut, faisant même ce que renaclent de faire les autres organismes d’accompagnement à la création d’activité, consulaires ou non : l’accompagnement aux démarches et à la création en auto-entrepreneurs. Une fois le statut créé, le demandeur d’emploi sort automatiquement des listes des DE. IMPARABLE.
    3. pour augmenter le degré de concurrence dans les secteurs d’activité, notamment dans les services, en mettant en concurrence des acteurs dont la fiscalité n’a rien à voir (TVA 0%, 24% de cotisations + prélèvements libératoires sur impôts). La CAPEB, qui a une poids très important politiquement (artisans du BTP), pour le gouvernement actuel, est actuellement la seule à avoir réussi à faire plier NOVELLI pour imposer l’obligation de détenir une qualification pour exercer un métier du BTP en auto-entrepreneur et devenir ressortissant à la Chambre es Méteirs (afin de mieux les ‘contrôler’). Pour le reste, c’est « as you want », y compris pour les métiers qui relèvent de la CIPAV (professions libérales), les seules restrictions relevant des professions réglementées (architecte, expert-comptable, etc.).
    4. pour faire baisser le coût salarial, en développant la sous-traitance en aout-entreprise, y compris pour des sous-traitants d’entreprises eux-même, en particulier dans les services aux entreprises (informatiques, nettoyage, …). Ces activités étaient réalisées auparavant au sein des entreprises, par des salariés. Comme la fiscalité sur la TVA est nulle (0%), en lieu et place d’une TVA à 19,6% pour des prestations de services et que les cotisations sont de 21,7% pour les services en lieu et place des cotisations salariales et patronales ‘élevées’ (près de 25%), les entreprises ont tout intérêt ainsi à proposer à certains salariés, face à la crise, de se mettre à leur compte (ah, se mettre à son compte, en plus avoir de patron !!), pour faire ce qu’ils faisaient avant au sein de l’entreprise, mais sans les charges de gestion et d’administration qui lui aurait incombé si elle avait continué à l’employer en son sein. Avec l’avantage indéniable de pouvoir se permettre d’arrêter quand et comme elle le souhaite avec cet auto-entrepreneur sans avoir à le licencier (et payer ainsi 2 mois de salaires chargés + prime de licenciement en cas de licenciement économique) !! Il est alors clair que ce type de fonctionnement permet aisément de dissuader ceux ‘qui restent’ au sein de l’entreprise de demander des augmentations de salaires car l’auto-entrepreneur, pour rester compétitif (dans un cadre où il sera mis en compétition avec d’autres auto-entrepreneurs), tirera les prix vers le bas. Il gagnera ainsi autant qu’avant mais en travaillant 50% plus qu’avant. Travailler plus pour gagner pareil …
    Comme les ‘anciens’ salariés restent par ailleurs souvent en contact avec les ‘toujours’ salariés, il est clair que ce type de fonctionnement peut difficilement resté méconnu et joue donc une pression forte sur les salariés.

    Actuellement, la réalité quant à l’auto-entreprise est que :
    – 60% des auto-entreprise ne sont actives (0 € de CA) !!
    – moins d’un tiers arrivent à tirer la majorité de leurs revenus de cette activité (ce qui signifie que les deux autres tiers ont uniquement pou but d’obtenir des revenus complémentaires, soit les salariés et les retraités),
    – le revenu moyen net est de 775€/mois, soit … le seuil de pauvreté en France !!
    http://www.journaldunet.com/economie/magazine/article/creation-d-entreprise-2009-dope-par-l-auto-entrepreneur.shtml

    Et comme le dit NOVELLI aux jeunes de l’UMP, vrai ultra-libéral provenant de la frange dure de le droite extrême (ex-GUD) :
    « Avec ce nouveau régime de l’auto-entrepreneur, les pouvoirs publics fournissent un outil supplémentaire de lutte contre la crise. »
    http://www.jeunesump.fr/2009/03/11/premier-bilan-du-dispositif-de-lauto-entrepreneur/

    Lutter contre la crise ou lutter contre les salaires ?

    Ce système existe déjà (depuis le 1er janvier 2009). Pas besoin de ‘crise financière’ en Grèce. Ou de crise de la dette publique. C’est ce que l’UMP et les libéraux prévoit de mieux pour la France.
    Il serait temps d’ouvrir les yeux !!! Et de faire circuler l’information …

    1. Juste pour rire (jaune), une assurance rc/decenale, obligatoire dans les metiers du batiment, coute aux alentours de 1500€ l’an, une assurance rc/dommages pour un voiturier 2000€ l’an.

      Bref, les autos entrepreneurs ignorent meme pour la plupart qu’a un moment ils vont quitter ce statut a tres faibles charges pour un statut classique, et la, les mauvaises surprises vont arriver.

      L’idee semblais bonne, mais effectivement, les gros malins habituels ont vite trouve les failles du dispositif pour les exploiter.

      Je pense qu’on manque encore de recul, il faudras rexaminer la situation fin 2010/2011.

    2. je reprend…

      statut a tres faibles charges pour un statut classique, et la, les mauvaises surprises vont arriver.

      L’idee semblais bonne, mais effectivement, les gros malins habituels ont vite trouve les failles du dispositif pour les exploiter.

      Je pense qu’on manque encore de recul, il faudras rexaminer la situation fin 2010/2011.

    3. bin non, je pense plutôt qu’ils n’ont aucuns recul 🙂

      Si en un an, alors que le gouvernement trompette (en 2009, t’en chie en 2010) que c’est foooooormidable, on a les résultats qu’on a vu (60% inactifs, 1/3 en retirent leur revenu majoritaire, un revenu égal au seuil de pauvreté, etc.), je crains très fort que ce ne soit pire cette année.

      Par contre, ce sera super pour les stats de Pôle Emploi !! Au moins un objectif d’atteint pour le gouvernement …

  13. Pensons également au taux d’équipement (in fine k/déchets, beurk!) des ménages ici, puis là-bas.
    Nos amis bridés n’en sont-ils pas au stade « Ford » du capitalisme?
    Toute comparaison avec la Chine doit comprendre les outrages de la flèche du temps.
    Notre économie (civile) n’est plus industrielle… cessons de nous lamenter.
    À quoi serviraient ici des augmentations de salaires, sinon à accroître le Gâchis?

    1. « Pour le gouvernement chinois c’est de se maintenir au pouvoir tout simplement en calmant son peuple ! »

      Alors qu’en « démocratie », les politiciens ne craignent pas le peuple et savent qu’ils se maintiendront au pouvoir.

  14. Pardon, j’ai oublié une autre ‘raison’, moins directe, pour le gouvernement de promouvoir ce ‘statut’ d’auto-entrepreneur :

    5. pour mettre le ‘ver dans le fruit’ des ressources de l’Etat et de la Sécurité sociale. A l’inverse d’un statut salarié, qui cotise au taux plein à la Sécurité Sociale (quand il n’est pas employé avec des exonérations de cotisations patronales à la clef) et qui déclare ses revenus aux impôts. Car le taux de cotisations est au maximum (!!) de 21,3% pour les services, d’environ 18,3% pour les services en profession libérale et d’environ 12% pour des activités commerciales (!!!).
    Quand, évidemment, les auto-entrepreneurs ont un CA, car dans le cas inverse, aucune cotisation. C’est la Sécurité Sociale qui doit être ravie … Pour comparaison, un demandeur d’emploi qui reçoit une allocation (ARE), quand il en reçoit une (50% des cas), cotise lui aussi à la Sécurité Sociale et déclare ses revenus aux impôts selon les tranches de revenus classiques. Ce qui n’est pas le cas pour les auto-entrepreneurs qui ‘bénéficient’ automatiquement du prélèvement libératoire sur l’impôt sur le revenu, à moins de déclarer ne pas souhaiter le statut micro-fiscal, ce qui, dans ce cas, ne permet pas de bénéficier de l’exonération de TP (et de la future taxe qui la remplacera) pendant 3 ans.
    Ce qui, on l’admettra, en fera réfléchir plus d’un sur sa volonté de « s’affranchir » de ce prélèvement libératoire …
    Pour ceux qui ne le savent pas, le ‘prélèvement libératoire’ permet, par un taux fixe, de s’acquitter de ses impôts sur le revenu une fois pour toute : les impôts ne pourront plus reprocher quoique ce soi à celui qui s’en acquitte (sil choisit cette ‘option’). En clair, un prélèvement ‘forfaitaire’ (1% pour la vente de marchandises, 1,7% pour les services et 2,2% en profession libérale), pour ‘solde de tout compte’.
    Un ‘outil’ clairement OPPOSE à l’impôt sur le revenu progressif, limitant ainsi les ressources fiscales pour l’Etat.

    Bref, en langage informatique, ce qu’on pourrait appeler un ‘trojan’. Redoutable.

  15. « Les chinois ne sont décidément pas des gens comme nous »
    C’est pour celà qu’il faudrait cesser de constater les dérives du capitalisme financier- mauvais que par sa fonction de taux de retour sur investissement à très court terme pour quelque uns- et le réglementer par voie constitutionnelle.
    Etre fier d’être européen , passer au protectionnisme-à quinze s’il le faut-taxer le carbone et pas le travail !
    Notre niveau de vie actuel n’a été possible que par la disposition, à nos économies de transformation, d’une énergie fossile bon marché, à savoir le pétrole. Les lecteurs de ce blog doivent être informés que l’offre pétrolière mondiale est désormais techniquement limitée à 87-88 millions de barils par jour. En ce moment nous consommons 85 millions de barils/jour et le pétrole représente un tiers de notre énergie et conditionne le prix de toutes les autres sources d’énergie!
    L’Europe n’ a pas de pétrole mais des idées et des peuples éduqués capable d’interpeller ses politiques pour l’intérêt commun !

    1. l’offre pétrolière à prix dérisoire est le résultat d’une guerre menée depuis plus de 80 ans contre les pays qui en possèdent
      les pays et leurs peuples

      doit-on le rappeler sans cesse

      qui va chiffrer ce coût du pétrole pas cher pour ceux qui l’ont payer de leur sang
      presque gratuit pour l’occident et combien catastrophique pour les autres contrées
      voir ce qui se passe dans le delta du Niger
      l’Iran après Mossadegh etc etc etc
      3000 types qui se prétendent princes assis sur les puits arabes pour la plus grande gloire d’Esso, Mobil etc depuis la nuit de cet or noir

      non le maintien de cette quasi-gratuité a ruiné le monde

  16. « …Les Chinois ne sont décidément pas des gens comme nous !… »

    et si , pourtant , c’est peut-être là le problème ….
    ils ont vraisemblablement autant de différence avec nous qu’il n’y en a entre mon fils et moi.
    pas la même culture,pas la même histoire ,pas le même physique…….
    et pourtant , il y a un même « air de famille »….
    ce sont des hommes comme vous et moi….

    mais , au fait , que voulez-vous dire par cette conclusion , j’ai peur de vous comprendre ?

    1. Paul,

      « nous allons droit vers ce genre de régime nous-mêmes : c’est ce qu’on nous prépare. »

      Vous parlez:
      1) Du sujet de votre article, à savoir le développement des marchés intérieurs -protectionnisme in fine?.
      2) Du régime chinois, hybride des types de concentration du pouvoir, le communisme et le capitalisme financiarisé
      3) Autre chose – qui m’échappe

    2. Il est clair que lorsqu’on écoute sur BFM, le dimanche matin, ces gogos de patrons qui écarquillent les yeux et bavent fascinés par la Chine, on sent leur envie face à un monde où les ouvriers ne font pas grève, où l’on peut renvoyer les gens dans leur campagne sans indemnité. Il est certain qu’une partie des grands entrepreneurs-financiers rêvent pour nous d’un régime à la schlag, quelque soit la forme qu’il prend. Les familles nostalgiques de Pétain ne manquent pas dans notre Pays.

      Mais heureusement, quelquefois leur aveuglement vis à vis de la Chine leur revient dans le nez, comme lorsqu’on marche sur un rateau. Frank Riboud de Danone, en montant une co-entreprise de production d’eau minérale, s’est fait arnaquer par son co-entrepreneur (Wa ha ha en phonétique, je ne suis pas sur de l’orthographe, mais avec un nom comme ça, je me serais méfié, ça sonne comme une moquerie) et par la justice chinoise. Ca devrait leur servir de leçon, mais non, ils sont tous aveuglés par la taille du marché.

      Leur aveuglement vis à vis de la Chine peut nous interroger sur leur « normalité » et leur réelle intelligence. Un patron normal loucherait vers le Brésil où on peut aussi faire de bonnes affaires. Les concours de Samba, c’est quand même plus sympa que les défilés sur la Place Rouge

    3. On est d’accord…

      Mais alors; « il n’y a pas de raison d’avoir peur », c’est:
      1) Du deuxième degré
      2) Autre chose -qui m’échappe

    4. @ Paul Jorion

      « ..nous allons droit vers ce genre de régime nous-mêmes.. »

      Ah ! ,me voila rassuré , depuis des dizaines d’années que je subodorais cette mauvaise fortune…..
      Les hommes sont vraiment très prévisibles.

      cordialement

    5. Correctif

      « c’est quand même plus sympa que les défilés sur la Place Rouge » Il s’agit évidemment de la Place Tien An Men

    6. C’est ce que le capitalisme recherche : une alliance entre les ‘nouvelles classes moyennes’ des pays émergents mais cette fois-ci contrôlés par un pouvoir ‘centralisé’ (que ce soit par le PCC et/ou les triades).
      Le capitalisme est un alien qui a besoin d’un corps ‘hôte’ pour se reproduire. « L’occident » a succombé, à ses yeux. Il recherche un nouveau, plus gros encore. L’Asie. S’il y arrive, s’en est fini des ‘classes moyennes’ en « occident ». Modération salariale partout et richesse nulle part (sauf là où elle doit être, c’est-à-dire en Asie).
      C’est ce qu’on appelle un capitalisme de prédation.
      Marx le disait et plus récemment Emmanuel Todd, notamment dans « Après la démocratie ». Le pire à craindre pour la démocratie, c’est l’alliance du capitalisme et de l’Etat, l’Etat ‘monstre froid’ de Nietzsche. Le PCC chinois peut apporter cela au capitalisme.

    7. @ Phil de Saint Naz
      Les chinois ne font pas grève ? Détrompez-vous…
      http://sitt.wordpress.com/2010/01/24/chine_conflits/
      http://sitt.wordpress.com/2010/01/19/les-sweathshop-du-iphone-ca-degenere-en-chine/

      Les conflits ouvriers sont probablement la principale raison de l’augmentation des salaires en Chine. La création du marché intérieur, c’est important mais il ne faut pas oublier que chaque yuan de donné en salaire supplémentaire est un yuan qui n’est pas disponible pour l’accumulation.

  17. L’occident a son point « fort » dans la production des armes. La vente des armes a grimpé en 2009 d’environ 5% aux USA, 10% en Russie et 20% en France. La Belgique n’a jamais autant exporter d’armes.
    La tentation des USA n’est-elle pas de recréer un Mur de toutes les tensions avec les Chinois (Taïwan, Tibet, Iran, Afganistan? Créer de la tension, fabriquer et vendre des armes, n’est-elle pas la seule ressource pour l’Occident d’ essayer une dernière fois de relancer son économie, avant l’effondrement ?
    Les Chinois n’ont plus qu’à attendre que le fruit tombe. Ils n’ont même plus besoin de bouger.

    1. C’est exact !
      La reprise dont on nous parle depuis plus d’un an n’est que la somme de l’injection de liquidités pris aux générations futures et de l’industrie de l’armement.
      N’oublions pas que le plein emploi a été atteint aux USA en 1940!

    2. Ne vous méprenez pas sur la capacité des chinois à fabriquer des armes !
      Depuis des années-et particulièrement depuis cinq ans- nos gouvernements-Europe et USA- se couchent devant la dictature chinoise pour essayer-surtout pour les Français- de leur vendre nos technologies qu’ils s’empressent de copier et de nous les revendre quelques années plus-tard deux fois moins cher… voir moins encore …

    3. Que la culture chinoise s’exprime du terreau pragmatique, non vissée à la question de l’origine et de la fin, implique des habiletés et des libertés sociales à intervenir sur le cours des événements, ce qui n’absout pas les acteurs de leur penchant d’interroger la carte comme boule de cristal ou table d’examen des viscères de Hiboux Tibétains. Mais au moins la question de l’action est posée (quoi où quand comment avec) alors que confinés à notre prison scolastique la formule de l’infaillibilité brouille enfume le vide de la captation des consciences, resserre. L’exercice démocratique en période de crise risque de plus en plus en plus de nous être confisqué, et des élites formant des clans de la peur où les plus proches se trouvent exposés au plus grand ressentiment. A part ça le bien du peuple on se le fait en sortant de temps à autre la défroque de Mao parmi la poussière d’autres Dragons. Néanmoins je n’échangerai pas les motifs qui appuient la dominance des puissants aux raisons des lumières qui légitiment celle qu’on subit. Y aurait-il le choix ? Imaginer l’alliage de ces 2 modes, le nihilisme intégral ? A la question de Nietzsche : «Qu’est-il de plus humain ?» dans l’avant-dernier aphorisme du troisième livre du Gai Savoir, «Épargner la honte à quelqu’un»…de quoi s’armer au quotidien, le plus trivial, non ?

  18. @Paul: « logique et révolutionnaire » ? D’après ce que j’ai pu comprendre, la Chine se décide à appliquer la recette fordiste, ça n’a rien de révolutionnaire, sauf pour nos politiques qui se bouchent les yeux depuis trois décennies. Il faut donc saisir le mot avec une connotation ironique mais, accolé à « logique », qui est à prendre tel qu’il est, ça ne colle pas: on n’attelle pas ensemble le bœuf et le cheval. Pensez-vous que la politique chinoise va influencer celle des pays occidentaux, et y provoquer une « révolution » ?

  19. Bonjour,

    Le controle du yuan a en effet un desequilibre sur les marches et sur l’economie.
    Le mecanismedu yuan devalue peut etre vue comme une des causes laterales de la crise des subprimes.
    Une economie avec une forte exportation vers les US: recoit des dollars et re convertit en devise locale, ce qui rend la devise locale a s’apprecier, ce qui permet de requilibrer le rapport commercial puisque les denree d’exportation deviennent plus couteuses. Avec une devise fixe,le re equilibrage ne s’effectue pas.

    Dans ce cas, au lieu de forcer le pays a re evaluer sa currency, un autre moyen plus simple.
    Il suffit de creer un marche offshore de settlement du yuan. Les agents commerciaux peuvent y settler en offshore yuan, avec un cours fixe fixe par les fluctuations du marche. Si la volumetrie est suffisante, cela obligera le marche onshore a suivre le cours du offshore (arbitrage condition).

    Kevin

  20. D’un point de vue historique, la Chine – et l’Inde, dans une moindre mesure – est actuellement engagée dans le même processus d’industrialisation accélérée qu’ont connu l’Europe occidentale ou les USA au XXième siècle. Ca me fait un peu rire d’entendre parler de « bulle chinoise », oh surement est-ce que ça spécule sur l’immobilier ! mais un tel processus ne s’arrête pas du jour au lendemain. Ca débute toujours par une accélération exponentielle (cf courbe du pib us sur le très long terme), c’est d’ailleurs ce que montre la consommation pétrolière chinoise : allure exponentielle.

    La première conséquence directe, c’est un choc pétrolier d’ici 2015 environ (offre inférieure à la demande). La production pétrolière irakienne peut « en théorie » compenser la chute de production de tous les autres pays, car ses réserves sont immenses, mais comment croire que cette exploitation sera faite dans les temps ? Et puis l’Irak n’est pas vraiment un pays, disons, très « stable » (uhm uhm). Pour l’Europe, là est le véritable enjeu.

    En 2015, Goldman Sachs fera péter le champagne.

  21. Les chinois ont une autre culture parce qu’ils sont confrontés depuis toujours à la difficulté du nombre.
    Ils sont comme nous , mais différents parce que confrontés à d’autres problèmes.

    Le marché mondial a fourni du travail aux chinois .
    Sans le travail , la chine explose .
    C’est , à mon sens, une cause première qui fait que les dirigeants chinois s’orientent actuellement vers un
    développement de leur marché intérieur.

    Nos démocraties pré-dictatoriales estiment pouvoir encaisser un certain taux de chômage.Elles trouvent une justification dans la course au sacro-saint positionnement sur le marché mondial.

    Comme un dessin vaut mieux qu’un long discours
    http://www.chine-informations.com/guide/les-differences-culturelles-entre-chinois-et-occidentaux-en-images_1974.html

  22. JC TRICHET vient d’afficher sur LCI le spectre d’un gouvernement économique européen. Celui-ci imposera ses dogmes et sesdécisions économiques aux pays de la zone Euro. J’appelle çà l’aboutissement de l’asservissement à souhait des peuples européens sous le pretexte de la crise ….. Le piège se referme !

  23. Il n’existe objectivement aucune raison pour que la Chine ne joue pas son propre jeu.

    Elle dispose d’un marché de plus d’1 milliard d’individus. Il y a là de quoi faire du business.

    D’ailleurs, il n’y a pas plus de raison que nos biens aimés détenteurs de capitaux ne viennent investir dans ce nouveau merveilleux marché. Rendez-vous compte du rêve pour un détenteur de capitaux. Un marché énorme, une masse laborieuse et consommatrice toute neuve, prête à travailler dur. Un gouvernement qui peut appliquer quasiment du jour au lendemain des « ajustements » dans sa politique, sans qu’une quelconque voix d’opposition ne puisse s’exprimer. Le rêve !!! Pas de démocratie et un marché capitaliste débridé. Le mélange idéal pour quelqu’un souhaitant faire du business.
    Objectivement, pour quelqu’un disposant de quelques milliards de $, et d’un sens humain … absent, il n’y a aucune raison pour ne pas aller y investir.

    Tout de même, j’aimerais leur mettre un petit doute en tête… Avec un Etat comme celui-ci, il est toujours possible que vos biens soient confisqués du jour au lendemain, sans préavis…Pas grave, on vous donnera asile dans notre nouvelle société rebâtie sur de nouvelles bases, on ne sera pas mesquins (bon, là, après avoir été pessimiste dans le début du message, je deviens trop optimiste).

  24. Chine : 20 % de la population mondiale, 9 % des terres arables.
    C’est pas le tout d’augmenter le salaire du prolétaire, il va falloir aussi le faire manger ! A part la délocalisation de leur agriculture, je ne vois pas comment ils vont faire pour alimenter la nouvelle classe moyenne issue de ce « fabuleux nouveau marché ».

    1. @Bertrand

      Et bien oui, ils délocalisent leur agriculture. Le gouvernement Ethiopien par exemple leur « loue » (la terre est officiellement propriété de l’Etat) des milliers d’hectares de terre.

      La « délocalisation » de l’agriculture sous la poussée de la finance constitue de toutes façons un nouveau problème mondial. La nouvelle société qu’a créé Begbeider (ex président-fondateur de Poweo) possède, par exemple, d’ores et déjà 22 000 hectares en Ukraine.

      Il se passe la même chose au sein même de la Communauté Européenne. En parcourant la Valachie à vélo, j’ai eu l’occasion de contempler moultes vignobles (plusieurs milliers d’Ha) possédées par des entreprises Allemandes.

      Cette dérégulation-délocalisation de l’agriculture a quelquechose de surréaliste, à l’instant auquel les producteurs de lait français déposent leur bilan en masse, après un mouvement spéculatif sur le lait.

      On ne le dira jamais assez, la devise de la « Banque Verte » qui était « Le Crédit Agricole: le bon sens près de chez vous » pourrait actuellement être avantageusement être remplacée par « Le Crédit Agricole: le suicide près de chez vous ». (graffitis fréquemment rencontrés en Bretagne centrale)

  25. Merci Monsieur Jorion pour cette magnifique journée passée en votre compagnie et celle de tous les lecteurs!! 😀

  26. @zebu

    A propos de l’analyse du « travailleur libre » , comme disait Mr Junker nous avons péché par légèreté en omettant de considérer que nos voisins grecs n’étaient pas en forme olympique, plus généralement , et si nous oubliions la lorgnette franco-française dans nos approches pour lui donner un tout petit peu de couleur européenne ?
    Le REM est aussi à analyser , entre autres , pour étoffer votre point de vue

    http://www.european-microfinance.org/autoemployes.php

    « Un travailleur indépendant est un individu qui rend des services réels et authentiques à un autre individu en échange de percevoir une rémunération. Ce service peut être effectué sans rapport de subordination et de façon périodique, continue et régulière. »
    Quel est le nombre de travailleurs indépendants dans l’UE des 25?

    Eurostat, le Centre de Statistiques des Communautés Européennes, indique que 1/6 des travailleurs travaillaient à leur compte en 2005 (19,5 millions de personnes auto employées sur 122 millions) et que 2/3 des personnes étaient employées dans des petites et moyennes entreprises dans l’économie marchande non financière de l’Europe des 25. »

    Bien sûr les travailleurs indépendants ne feront pas la révolution rassurez-vous , surtout pas face aux solutions chinoises .

    1. Merci pour l’info. Edifiant. Rien que de savoir que la BNP est membre de ce réseau, c’est instructif …
      La révolution, non. Mais un des ‘outils’ pour la révolution libérale, oui. Et il me semble que même si la ‘menace chinoise’ (pas les chinois en eux-mêmes) existe, l’atout majeur de ce type ‘d’outil’ est justement qu’il est à l’intérieur du dispositif européen.

    1. Chanos prévoit des catastrophes depuis toujours, c’est son image de marque : son fonds parie sur la perte de tout et n’importe quoi depuis trente ans. Parfois ça marche, comme sur Enron.

  27. La Chine peut se permettre d’appliquer les principes d’Henri Ford.
    Elle est en 1925.
    Les chinois voyant leurs salaires augmenter vont acheter en masse des clones de voitures européennes et voyager en masse dans des succédanés de TGV et d’Airbusses.

  28. La Chine est pour peu de temps dans une situation démographique idéale: peu de jeunes, peu de vieux. 72% d’age actif contre environ 65% ailleurs. Mais cela ne durera pas le vieillissement est inéluctable. Or la Chine n’a ni système de retraite ni véritable système de santé. C’est d’ailleurs pour cela que les chinois épargnent comme personne avant eux. Mais quand ils découvriront que leur épargne est en dollars et dans un dollar en chute ….

    1. Le vieillissement est d’autant plus inéluctable que lorsque le pouvoir communiste a tenté de réduire la natalité en limitant la procréation à un enfant par famille, celles-ci, en fonction de réflexes traditionnels, ont souvent éliminé les filles pour garder des garçons, plus productifs à la campagne. La Chine dans quelques décennies sera donc un pays de vieillards célibataires.

  29.  » Démocratie de manipulation »
    Le libre échange c’est certainement l’ouverture des frontières aux échanges de marchandises, mais c’est la pression sur les salaires, c’est le tous contre tous.
    Ce qui commence à nourrir la xénophobie, les haines internationales , c’est le libre échange parce que le résultat, c’est que si on continue comme ça , je vous garantis que les gens vont haïr les chinois. (…)

    Parce que la réalité c’est que le système de libre échange aboutit au fait que la Chine est en train de détruire le niveau de vie des français.

    Le monde du libre échange produit l’occidentalisme qui est une doctrine ethnocentrique haineuse. »

    Emmanuel Todd

    http://www.agoravox.tv/actualites/economie/article/emmanuel-todd-sur-la-situation-25221

    Cet entretien date d’un an et j’entends comme une rumeur qui monte,monte. Bientôt les media ne parleront plus de l’Iran, mais de la Chine, des chinois…..

  30. Pettis a fait un excellent article au sujet du papier de Chanos.

    http://mpettis.com/2010/02/never-short-a-country-with-2-trillion-in-reserves/

    Je suis d’accord avec Mr Pettis: je pense qu’il y a beaucoup d’illusion sur la puissance actuelle de la Chine. Par exemple, le système universitaire, en dehors de quelques universités d’excellents niveaux n’est pas très bon en général, et semble incapable de produire des idées nouvelles. Par ailleurs, même si le pays semble vouloir aller de l’avant, ce qui contraste avec l’atmosphère de fin de regne occidentale, il y manque quelque chose qui serait un « esprit » de confiance entre les gens et un goût pour la gratuité de l’esprit. Le consommérisme à tout les niveaux étouffe les esprit, aussi surement que l’autoritarisme, ce qui me semble être à la fois le contrecoup du 20eme siècle perdu par les Chinois, mais aussi la peur d’un avenir imprévisible du fait d’un manque total de confiance à l’égard du PCC.

  31. Hallucinant …
    C’est contre-info qui le dit : 20 milliards d’euros de cadeaux fiscaux aux investisseurs financiers, sans qu’aucune évaluation ne soit possible sur son (éventuel) impact sur l’emploi.
    « Bercy n’explique d’ailleurs pas pourquoi de très nombreuses opérations de « hedge funds » (fonds d’investissements) ont bénéficié d’une mesure qui ne leur était pas apparemment destinée. »

    Qui plus est, cela a permis à des hedge funds de faire du LBO !! C’est complètement délirant ! Et l’Etat français est incapable d’expliquer pourquoi …

    On vit dans un état bananier et tout le monde s’en fout. Même Didier Migaud semble désabusé : « Je continuerai à soutenir les amendements visant à réduire la portée et l’impact budgétaire de cette mesure. »

    ‘tain, ils font quoi au PS, à part penser à se faire réélire ?!! Un plan médias comme ça, juste avant des élections locales, on n’a jamais vu ça. Et personne n’en parle, à part contre-info et un député.

    Ils sont de mèche ou quoi ? Révoltant.

    20 milliards d’euros, en 3 ans. Soit environ 7 milliards par an. C’est plus, chaque année, que la CRDS ou l’ISF en recettes …

    http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2978

    1. Le PS(ainsi que la droite) préfère s’occuper de la Burka, c’est visible et ça excite l’électeur de gôche. Les hedge funds, les électeurs ne savent pas ce que c’est, c’est pas payant électoralement (chez les marketeurs politiques du PS qui devraient retourner dans le Grande Distribution s’occuper de têtes de gondoles)

      A part ça, sur BFM, très bon édito ce matin de Marc Fiorentino sur le comportement de Godman Sachs vis à vis de la Grece. Pour lui le comportement de l’ensemble des banques d’affaires qui consiste à conseiller les Etats sur leur finances (contre commissions) et de conseiller d’un autre côté des hedges (contre commissions quand ils ne les controlent pas) sur la manière de spéculer contre eux est un PHENOMENE GENERALISE. On voit bien ce qui reste à faire, selon l’approche de PJ par exemple, pour éviter plus violent.

    2. C’est pourquoi Laurence Parisot rappelle que taxer les entreprises pour résoudre le problème des retraites est une illusion (sic). Heureusement que sur france culture ce matin la question n’a même pas été évoquée. Débat lamentable : l’évocation du modèle suedois n’a pas donné lieu au rappel de son taux d’endettement bien supérieur au nôtre par ex. ni à la notion de justice. L’invité a parlé de l’efficacité du modèle suedois, mais pas de la question de sa justice, à savoir que chaque génération est traitée différemment en fonction de sa démographie. C’est un communautarisme générationnel…

      De plus a été affirmé que les français veulent partir plus tard, or les sondages disent que 64% sont contre l’augmentation de l’âge de la retraite…

      C’est bien beau de critiquer internet car il s’y dit n’importe quoi, quand dans les médias officiels on assène les plus gros mensonges et les plus grosses contre-vérités ! Et ceci chaque jour que dieu fait.

      Autre exemple, le peu de cas qui est fait du Honduras, vite oublié.

    3. @ Phil de Saint Naz :
      Correction : la droite (ainsi que la gôche) préfère s’occuper de la burka, c’est visible et ça excite l’électeur de droite. 😉 (cf. le fumeux débat sur « l’identité nationale » ou le voile en 1995).
      Concernant les ‘marketeurs politiques’ (ça existe ?) du PS, il ferait surtout mieux de retourner sur le terrain et pas en grande distribution car c’est de la qu’ils viennent : ça explique pas mal de choses …
      Enfin, on focalise pas mal sur GS (sans doute à raison en partie) mais ‘on’ oublie aussi ceux qui jouent le même jeu, en sous-main et des acteurs bien plus propres : Deutsche Bank, ou Crédit Agricole et Société Générale, par exemple. Mais il est vrai qu’il n’y a rien tant pour exciter une foule que de crier ‘haro sur les américains !’, tant il est vrai aussi que ‘l’on’ a besoin d’un bouc émissaire commode et facile à cerner …

    4. @Lisztfr :
      Pour le Honduras, c’est l’extension du domaine de la lutte. Ne pas oublier que le honduras servit de base arrière contre le nicaragua et le Salvador (‘contras’), qui ont été les premières ‘cibles’ d’une reconquête américaine reaganienne dans les années 80.
      ça en dit long sur la pérennité des politiques américaines dans leur arrière-cour de l’Amérique Latine. Et sur la faible emprise qu’a Obama sur une partie de son appareil d’état, y compris le département d’Etat. Mme Clinton joue son propre jeu et il est aussi peu reluisant que celui de son mari en son temps.

    5. @zébu

      Ok pour changer le sens, c’est bien la droite qui est au pouvoir et qui manipule, mais si j’ai évoqué le PS, c’est parce que c’était de lui qu’il était question dans ton billet précédent. Malgré tout, quant à la conception de la politique, je pense que l’ensemble des partis (y compris extrêmes) sont de mèche pour la réduire à de la promo de super-marché.

  32. petite apparté :

    Sur son blog Boursonomics, Marc Aragon vient de publier un article intitulé Agence de notation. L’implosion (ouvrage de PJ) est cité 2 fois :

    Page 221 – « Au printemps de 2008, les rehausseurs de crédit se trouvaient toujours sur le fil du rasoir : les plus importants d’entre eux étaient parvenus à se recapitaliser, mais jamais à la hauteur du risque encouru. Les rapports entre eux et les notateurs avaient monté d’un cran dans l’acrimonie. MBIA s’était rebiffée contre la notation que Fitch lui accordait, et avait enjoint au notateur de s’abstenir dorénavant. Fitch avait répondu que s’il s’agissait d’une question d’argent, il décernerait les grades gratuitement ! MBIA n’avait pas apprécié la plaisanterie et avait réclamé les données qu’elle avait communiquées au notateur, sur quoi celui-ci avait déclaré qu’il n’avait pas besoin de celles-ci pour continuer de noter. Et ainsi de suite … »

    Page 130 – « … Les agences sont rémunérées pour deux types de services distincts : elles aident les firmes émettrices à structurer ces obligations, et (…) elles fixent les seuils auxquels des déclencheurs permettent à des fonds de réserve d’être réallouées à des tranches déficitaires : elles émettent ensuite une opinion quant au grade de crédit (AAA, AA, A, BBB, etc) que cette obligation mérite. Il y a là bien entendu, une apparence de conflit d’intérêts, puisque la rémunération par le client pourrait encourager au laxisme dans la notation … »

    Ensuite un rappel sur les expressions de PJ et Mandelbroot :
    l’aléatoire apprivoisé ou le hasard bénin 11

    L’article traite de la miopie des agences de notation

  33. Bonjour,

    Le yuan fixe est une raison du desequlibre mondiale commerciale. Un pays fortement exportateur doit avoir sa currency apprecie, due a la reception de foreign devise, et achat de locale devise, ce qui permet un adjustment des prix d’exportations par la currency.

    Donc, Le yuan faible a ete une cause (laterale) de la crise des subprimes (entre autres: les agences de notations, la de regulation financiere de Bush, la periode de low rates,).

    Un moyen simple de re equilibrer le yuan est de developper un marche offshore de settlement du yuan pour les echanges commerciaux. Le cours offshore yuan serait adjuste par les mouvements de marches, et si la volumetrie est suffisante, cela forcerait naturellement le yuan onshore d’adjuster par parite/arbitrage sur le yuan offshore.

    Thx

    Kevin Noel

    1. @ Kevin

      Le yuan est fixe car sinon il n’y aurait pas de croissance en chine.

      Les USA « provoque » la chine (en apparence) pour simuler un conflit entre les usa et la chine.

      En réalité, les gouvernants de la Chine et des usa sont conscients tous les deux qu’il ne peut plus y avoir de croissance dans un pays au delà d’un certain seuil de spéculation (comme c’est le cas aux usa),

      … alors ils simulent un conflit politique pour cacher un accord de principe sur le fait que l’état actuel de l’économie chinoise permettant encore de la croissance est accepté en échange de la préservation du dollar comme monnaie de réserve (grâce au stockage partiel par la chine et au déficit comblé par la planche à billet).

      Faudra espérer qu’ils n’envoient pas les pauvres des deux pays se battre entre eux pour couronner le tout ! Ni qu’ils créent un conflit au proche orient pour détourner l’attention .

      Soyons optimistes, peut être que la sagesse détournera l’intérêt du plus grand nombre des illusion du plus petit nombre … la convoitise et la cupidité … dont l’une et l’autre s’auto entretiennent.

  34. @ astarte,
    je retrouve ici la réponse que vous m’avez faite hier pour un autre billet…
    Je ne sais pas quoi dire sauf peut-être que j’ai honte. Honte pcq nous avons tjs profité ici d’une énergie dont on ne s’est jamais soucié (je parle pour moi) du coût et de la détresse humaine qu’elle supposait.
    Peut-être que ca semble naïf ou bête, sûrement les deux.

    @ Pad alors oui commençons une cure de désintoxication au plus vite et avant de faire du mal ailleurs!
    Evidemment, avec tout ce que je viens de lire ici, le contexte est vraiment difficile et complexe mais peut-être que le moment est venu de penser, d’aborder tout autrement, avec d’autres priorités : L’homme au centre de tout
    …Les chinois suivant notre chemein -catastrophique- , l’agriculture délocalisée, des cadeaux fiscaux ‘inexplicables’ et tant de choses incohérentes, vaines et infructueuses…

    Je vous lis, du mieux que je peux, et je me dis qu’on doit se tromper qlq part, qu’il doit y avoir une autre approche du monde

    Ou alors nous ne sommes pas fait pou lui ou lui pour nous

    1. Mr Jorion, parlons nous du même pays ?

      De 1988 à 2007, l’écart de revenus entre les 10% de personnes les plus riches en Chine et les 10% des plus pauvres s’est agrandi de 2.7 fois à 23 fois. L’écart de revenus entre les zones urbaine et rurale a atteint le plus haut niveau de l’histoire avec un coefficient de Gini de 0.465.

      Jusqu’à présent la « modernisation » de la chine continentale s’est faite selon un programme ultra-libéral :
      – dans les villes, « casse » des systèmes de santé, de retraites, de logement bon marché datant de l’époque communiste
      – dans les campagnes, départ progressif de la main d’œuvre en surplus vers les villes où ceux-ci bénéficient d’un statut de « sans papier » leur permettant de se faire exploiter à la guise des « patrons » locaux

      Le « Enrichissez vous » de 1979 indiquait très clairement qu’il fallait se mettre à l’économie de marché parce que les cadres dirigeants du parti avaient déjà commencé.. Aujourd’hui nous pouvons dire qu’ils ont gagné, mais contre leurs population !

    2. Le discours sur le recul mondial de la pauvreté (que l’on entend moins avec la crise), masque un phénomène distinct, que l’on a tendance à confondre : l’accroissement des inégalités sociales. On peut avoir le nez hors de l’eau et être encore plus relégué dans une autre société !

      Cet accroissement des inégalités est d’ailleurs une donnée commune aux pays émergents et aux pays développés. Que l’on souligne rarement, car il est plus aisé de faire référence à ce qui les différencie qu’à ce qu’ils ont en commun.

      Dans les deux cas, il résulte d’une distribution inégalitaire des fruits de la croissance, mais aussi de la nature et du modèle de cette croissance même. Les deux mécanismes, là aussi, ne doivent pas être confondus, même s’ils ne sont pas sans relation l’un avec l’autre.

  35. Appelons un chat un chat :

    Que vont faire les chinois de leurs 13% d’augmentation de salaire..? 13% de consommation en plus sur 1,4 milliard de chinois, et moi et moi émoi, ça fait pas mal ! Ou plutôt si : ça risque de faire mal…pour les quelques milliards de crève-la-faim…J’y pense et puis j’oublie : c’est la vie…c’est la vie ! Bref : De nouvelles méthodes pour produire et financer, fort bien, mais produire et financer quoi, et pourquoi ?

    La définition chinoise de l’argent :
    L’argent : c’est la dette de l’homme envers la société.
    1) Maturité du prêt : durée de vie (synonyme de maturité).
    2) Montant des intérêts : le travail de l’homme + la préparation de sa descendance pour qu’elle accepte sans rechigner la même dette.

    Et tant qu’on y est, pour faire le lien avec un précédent billet où il était question des lois, de liberté, d’égalité et de fraternité, continuons d’appeler un chat par son nom :

    La Chine « envahit » les pays en voie de développement.

    Heureusement, les grandes démocraties sont à l’abri : life is life, , ,
    , , !

    Bonne année du tigre de métal (Arcelor ?) à tous.

    PS : pour ceux qui n’auraient pas le temps ou le courage de tout lire, un extrait d’un des liens :

    « Car ce qui s’avère, sous les dehors d’une « crise économique », d’un « effondrement de la confiance », d’un « rejet massif des classes dirigeantes », c’est bien la fin d’une civilisation, l’implosion d’un paradigme : celui du gouvernement, qui réglait tout en Occident – le rapport des êtres à eux-mêmes non moins que l’ordre politique, la religion ou l’organisation des entreprises. »

  36. J’aime beaucoup lire ses articles ainsi que les réactions.
    Souvent j’y trouve une jolie pertinence.
    Pour ajouter de l’eau aux différents moulins.
    Effectivement la Chine peut cesser de prendre des emprunts US. Cela sera une arme à double tranchant pour eux. La décote des emprunts possédés sera immédiate mais aussi la situation de crise leur sera favorable car leur monnaie est fixe. Pourquoi diable alors la rendre flottante.
    De surcroit une manière de réduire la dette est d’acheter des mines, des terres, des entreprises et de les payer en dollar… Ca c’est excellent…
    Il me semble que les deux antagonistes se tiennent réciproquement.

    Le système est despotique. Il faut se rappeler que tant le joug sera très dur, les tentatives politique de vouloir venir à la démocratie seront vaines. Par contre, quand la situation d’une majorité des chinois se sera améliorée, les risques d’un bouleversement politiques deviendront plus nets. En 1789, c’est au sortir d’une crise très dure, alors que la situation économique s’améliorait qu’a éclaté la Révolution Française.
    Les politiques chinois veulent leur part sur la scène politique mondiale. Pour l’instant ils revendiquent Taïwan et le Tibet. Mais l’objectif réel ne serait-il pas la Sibérie Est avec ses ressources minérales diverses ?

  37. @Paul,

    Suis d’accord que le yuan fixe a permis la croissance chinoise, le desequilibre de currency a permis d’entretenir une exportation. Pour revenir au sujet, qui est la reevaluation du yuan.

    Il y a la methode francaise, c’est a dire la maniere politique, faire pression politiquement pour que le pays accepte de devaluer. Ce qui est impossible, car je ne vois pas pourquoi la chine accepterait de « s’appauvrir » parce que les autres pays demandent (ex: fiasco de Copenhague). C’est illusoire de croire que la chine va arreter sa « pompe a petrole »…..
    Les forces politiques restent bien faibles aux forces du marche (meme Sarko n’y peut grand).
    Pour vous donner un ordre d’idee, le marche USD cross JPY, EUR est de 1400 billions USD par jour…. et la chine a une reserve monetaire de 2000 billions…. Sarkozy doit s’incliner aux forces du marche pour vendre les petits airbus francais, des TGVS, du vin, et un peu de fromage….

    Il y a aussi un autre moyen, utiliser les forces du marche pour pouvoir re equilibrer la currency.

    Le fait de creer un offshore CNY settlement, permet aux agents economiques d’acheter/vendre du CNY et d’avoir un equilibre de marche due aux fluctuations de demande/offre. Dans ce cas, le CNY s’evaluera car les exportateurs convertissent le dollar en CNY (buy yuan, sell dollar), principe de physique.

    S’il suffit quelques majors acteurs commerciaux commencent a agir dans ce sens, ce qui est possible si le gouvernement US appuient ce sens.

    Pour revenir a la relation US/Chine, la relation s’est radicalement change depuis l’arrive de Obama.
    Pour simplier, sous Bush, Al Qaida, Middle East, Iran, North Du Nord etaient l’axe a combattre… la chine etait un partenaire commercial (cf deplacement de H. Paulson en chine).

    Sous Obama, reunification avec le Middle East (discours du Caire), avec la Russie, mais la chine est devenu l’axe a combattre (concurrent commercial, militaire et culturel).

    Obama a sans doute raison, car la chine menacent plus l’empire US que quelques terroristes (qui ont aucun impact economique)…..

    1. @ Kévin,

      Il me semble Kévin sans vouloir aucunement vous juger, que vous confondez deux choses importantes:

      – ce qui est dit
      – ce qui est factuel

  38. Les américains ne sont pas si sots.

    Ils s’agitent beaucoup pour soit-disant lutter contre le déficit des échanges, mais en fait cela les arrange, et c’ets pour cela que cela continue.

    Moins de déficit US, c’est moins d’excédent Chinois, donc moins d’achats chinois d’obligations de l’État US, qui doit juste trouver des préteurs pour 1400 Md$ cette année…

    Mais tout à fait d’accord avec Paul, tant sur l’indispensable hausse des salaires (il faut juste comprendre comment marche une économie en marché libre), que sur la dérive autocratique vers un capitalisme d’État à la chinoise…

  39. 13% en plus pour consommer? non pour épargner , car la Chine n’a pas d’état providence, ni véritable système de retrates , ni couverture maladie. Alors il faut mettre de l’argent de coté…qui finit en bons du trésor US…

  40. tout ça c’est du vent ,ce qui est important c’est le NERU ,le nombre de chomeurs qu’un état peut encaisser sans guerre civile ,tous les politiciens modernes naviguent grace à cet amer …

    ne jamais oublier que pour les chinois la boussole indique le sud !

    GuéPéHou :Государственное Политическое Управление ; en français : Direction Politique d’État

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